Publié le Lundi 07 Mars 2016
Ancienne figure du grand banditisme, Michel Lepage, 70 ans, comparaît lundi devant le tribunal correctionnel de Marseille qui juge les auteurs présumés d’un trafic ayant conduit, en mars 2014, à la saisie d’un kilo de cocaïne pure à 84,4%.
Cinq prévenus dont l’un est en fuite sont jugés aux côtés de Michel Lepage, la plupart ayant déjà été condamnés pour des affaires de stupéfiants.
Poursuivi pour association de malfaiteurs, Michel Lepage, surnommé « Le gros », s’était rendu célèbre pour sa participation, dans les années 1970, au gang dit de la banlieue sud de Paris mais surtout pour deux évasions spectaculaires, l’une d’un fourgon cellulaire en 1977 place Denfert-Rochereau à Paris, l’autre par hélicoptère, en 1992, depuis la prison de Bois d’Arcy.
Quatorze condamnations figurent sur son casier judiciaire dont trois comparutions devant une cour d’assises, ce qui l’a conduit à passer près de vingt-cinq années derrière les barreaux. Auteur d’un livre de mémoires intitulé « Banlieue Sud, ma vie de gangster », il y raconte son existence depuis son premier « coup » – le vol de la recette de la cantine de son école à l’âge de 14 ans, un butin de 200.000 anciens francs – jusqu’à sa décision de « se ranger » pour vivre une vie de famille et « en finir avec son ancienne vie ».
Celle-ci semble l’avoir rattrapé lorsqu’il apparaît en contact avec un de ses anciens complices, Marc Lazaroo, soupçonné d’avoir été l’interlocuteur parisien du Marseillais, Jean-Marc Santelli, 44 ans, chez lequel a été saisi, en mars 2014, un kilo de cocaïne. Coupée, cette marchandise pouvait rapporter jusqu’à 240.000 euros, selon l’accusation.
Chez un maçon de Martigues, ex-beau-frère de Jean-Marc Santelli, les policiers avaient aussi découvert l’attirail du trafiquant mais également 144 grammes d’explosif de type pentrite et des gilets pare-balle, contenus dans une malle en fer appartenant à Santelli, le seul des prévenus à comparaître détenu.
Au cours de ce procès, Michel Lepage devra s’expliquer sur le contenu de ses conversations avec Marc Lazaroo depuis de discrètes cabines téléphoniques et en empruntant des pseudonymes.
Le juge d’instruction de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille a considéré qu' »il n’est pas formellement démontré que Michel Lepage ait participé à ce réseau de vente de drogue ». Cependant il estime que le septuagénaire « contribuait aux agissements d’une organisation préparant l’écoulement des stupéfiants ». En mars 2014, il a été placé en détention provisoire durant deux mois.
Le procès devrait s’achever jeudi. ll/cr/bir
Posté avec WordPress pour Android
0000000000000000000000000000000000