FRANCE (affaire Avoine): les dégâts sont considérables, mais pas de poursuite pénale pour François, Laurent, Karine et Véronique

 Après trois jours de garde à vue dans les locaux de l’inspection générale de la police nationale (IGPN), le commissaire divisionnaire François Thierry, 50 ans, ex-patron de l’office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), a été remis en liberté, mercredi 10 octobre au soir, sans poursuite pénale.

Même chose pour les deux magistrates qui avaient été placées en garde à vue depuis mardi. Elles ont été libérées après quelques heures seulement d’audition pour l’une, et au terme de plus de vingt-quatre heures pour l’autre.

Tout comme un autre policier, Laurent Ferrer, ancien de l’OCRTIS, qui était également entendu.

L’ »audition » de magistrats par l’IGPN est rarissime.

L’une des deux femmes entendues, Véronique Degermann, est actuellement procureure adjointe au parquet de Paris chargée de l’antiterrorisme. Elle a été confrontée à François Thierry lors de sa garde à vue. L’autre, Karine Roussy-Sabourin, est ancienne procureure à la juridiction interrégionale spécialisée de Paris et aujourd’hui en poste à la cour d’appel…

SOURCE…

Affaire à suivre…

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FRANCE (gardes à vue): les méthodes de François Thierry passées au crible

Les gardes à vue de deux policiers et de deux magistrates ont été levées mardi et mercredi mais le scandale des méthodes de la lutte anti-drogue, qui a éclaté avec une saisie de cannabis record à Paris en 2015, ne semble pas épuisé.

Le commissaire François Thierry, ex-patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis), et Véronique Degermann, actuelle procureure adjointe au parquet de Paris, étaient entendus, depuis lundi et mardi respectivement, à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

« Aucune suite n’a été évoquée par les enquêteurs », a indiqué Me Jean Veil, avocat de la magistrate, joint par l’AFP.

Selon une source proche du dossier, le policier et la magistrate ont été confrontés.

Interrogée également, Karine Roussy-Sabourin, ancienne procureure à la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris, aujourd’hui en poste à la cour d’appel d’Aix-en-Provence, était ressortie dès mardi. Un second policier, Laurent Ferrer, a lui aussi été placé en garde à vue.

Des convocations ultérieures devant les juges d’instruction pourraient intervenir s’ils estiment les charges suffisantes. Contacté, l’avocat de M. Thierry n’a pas donné suite.

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FRANCE (Stups and co): les liens troubles de François, Karine et Sofiane

Liens troubles

Les faits visés par l’enquête («infraction à la législation sur les stupéfiants», «faux et usage de faux en écriture publique» et «association de malfaiteurs») témoignent de la gravité des infractions présumées. A travers le cas d’Hubert Avoine, entendu en septembre sous le statut de simple témoin, les juges d’instruction cherchent à faire la lumière sur certaines méthodes douteuses des Stups et de leur ancien patron, soupçonné d’avoir laissé passer des quantités de drogue bien plus importantes que celles saisies. Mais aussi sur d’éventuels appuis au sein de l’appareil judiciaire.

Depuis août 2017, François Thierry est déjà mis en examen dans un dossier connexe pour «complicité de trafic de stupéfiants» en raison de ses liens troubles avec un autre informateur, Sofiane Hambli. Trafiquant de haut vol condamné à de multiples reprises, ce dernier a été recruté en 2009 dans une prison espagnole par François Thierry lui-même, qui lui promet alors l’indulgence de la justice en échange de ses services. Sofiane Hambli va alors servir de pivot à une nouvelle stratégie ultraconfidentielle, baptisée «Myrmidon», qui consiste à infiltrer les réseaux de revente pour mieux suivre le cheminement de la drogue.

Mais dès le début de sa collaboration avec l’Ocrtis, Sofiane Hambli ne se contente pas de livrer de nombreuses informations sur ses rivaux, il participe aussi activement au trafic. Avec l’aval des policiers, mais également de certains magistrats. L’enquête à l’origine des gardes à vue actuelles se cristallise ainsi sur un épisode de 2012 : alors qu’Hambli est incarcéré à la prison de Nancy, ses officiers traitants vont l’extraire de sa cellule pour l’installer durant deux jours dans un hôtel de Nanterre, juste en face des locaux de la Direction centrale de la police judiciaire. Le seul objectif de cette virée francilienne : permettre au trafiquant de passer des coups de fil et de pouvoir être joint sans interruption afin de gérer une grosse importation de drogue entre le Maroc, l’Espagne et la France.

«Parfaitement informé»

«Pour cette garde à vue bidon, le parquet de Paris était parfaitement informé, il est intervenu, j’ai été présenté à un juge des libertés et de la détention (JLD) qui était parfaitement au courant de ce que je faisais», a expliqué Hambli aux juges dans le cadre d’une enquête distincte.

Une magistrate soupçonnée d’avoir prêté son concours à cette fausse garde-à-vue, Karine Roussy-Sabourin, ancienne procureure à la Juridiction interrégionale spécialisée de Paris, a été entendue mardi par l’IGPN. Selon nos informations, cette opération pilotée depuis Nanterre grâce à Sofiane Hambli est aussi celle à laquelle Hubert Avoine a participé côté espagnol.

Jusqu’où les magistrats parisiens étaient-ils informés de ces méthodes ?

«Dès l’origine, le parquet de Paris a été associé», a répété François Thierry face aux juges, désignant comme interlocutrice privilégiée Véronique Degermann, anciennement en charge des affaires de criminalité organisée et aujourd’hui procureur adjointe du parquet de Paris. «C’est Mme Degermann qui était le référent désigné et qui suivait tout cela de près», a-t-il insisté. La garde à vue peut durer jusqu’à quatre-vingt-seize heures.

Par Emmanuel Fansten

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