Le journaliste britannique Johann Hari a enquêté durant trois ans sur la guerre à la drogue. Il en a tiré un livre, qui paraît en français
Johann Hari, 37 ans, a parcouru 50 000 kilomètres et 15 pays différents pour remonter aux origines de la guerre à la drogue. Il s’est entretenu avec un dealer de cocaïne de Brooklyn, un membre repenti des cartels de la drogue mexicain, des scientifiques, des policiers, des politiciens. Son enquête, menée durant trois ans, l’a aussi conduit à Genève. Le journaliste britannique aux origines suisses, qui collabore au Los Angeles Times, au New York Times et au Monde diplomatique, raconte ce périple dans une livre passionnant, dont la traduction en français vient de paraître*.
Le Temps: Qu’est-ce qui vous a le plus frappé au cours de votre enquête?
Johann Hari: Les drogues, la guerre aux drogues ne sont pas ce que nous pensons. J’ai découvert, surtout, notre profonde méconnaissance du mécanisme de l’addiction. Prenons l’héroïne: nous pensons que c’est le produit qui cause la dépendance. La chimie joue un rôle important, mais ce n’est pas elle qui rend toxicomane. Si la dépendance était causée par la molécule, tous les patients traités dans les hôpitaux aux antidouleurs dérivés d’opioïdes, comme la diamorphine, devraient devenir accros. Or ce n’est pas le cas.
LIRE sur:
https://www.letemps.ch/suisse/2016/05/16/legaliser-drogues-c-restaurer-ordre-chaos
000000000000000000000000000000000