NARCO-DISTRIBUTION : la violence était omniprésente, je devais me protéger en ayant aussi une arme à feu… Le tout faisait que j’étais vraiment un peu perdu

Belgique, France, Espagne, Pays-Bas… Le constat est le même: les saisies de drogue augmentent parce que le trafic augmente, lui-même stimulé par une consommation en hausse. Les saisies de cocaïne ont ainsi crû de près de 600% en dix ans, selon les chiffres de l’agence de l’UE sur les drogue

L’émission Tout un monde de la RTS a diffusé jeudi un témoignage rare, celui de Tess (Tidiane Karaguera), 38 ans, ancien dealer de crack et de cocaïne à Paris. Il est monté très haut dans la hiérarchie du narcotrafic, puis retombé tout en bas. Il a fait de la prison en Turquie pendant sept ans. Sorti de cet enfer, il veut maintenant raconter son histoire pour faire de la prévention auprès des jeunes.

Il a publié ce printemps « Goutte d’Or connexion », un livre qui retrace son parcours dans le milieu du narcotrafic

Grand, le regard direct, rien dans la tenue ou l’attitude de Tess ne le distingue de Monsieur Tout-le-monde. Mais son histoire de vie est assez folle.

Elle commence dans les années 2000 à La Goutte d’Or, un quartier parisien coincé entre la butte Montmartre et les voies ferrées issues de la Gare du Nord, gangréné par le trafic de drogue. Il y grandit avec ses parents, arrivés du Mali. A cette époque, il est bon élève. Geek, fan de mangas. Il ne consomme pas et ne deale pas, même s’il a déjà un certain sens du business: il se fait de l’argent de poche en livrant des pizzas et en copiant des CD et des jeux vidéo qu’il revend.

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FRANCE: meurtres, drogue, clientélisme… Le « roman vrai » de Marseille

Meurtres, drogue, clientelisme; Le roman vrai de MarseilleA Marseille, 80% des règlements de compte sont liés au trafic de drogue (CAVALLERA/SIPA)

Marie-France Etchegoin, auteure de « Marseille, le roman vrai », a enquêté sur les bas-fonds d’une ville gangrénée par les trafics.

Interview.

Publié le 22 avril 2016

Marie-France Etchegoin est journaliste, ancien grand reporter à « l’Obs ». Son livre « Marseille, le roman vrai », vient de paraître aux éditions Stock.

Les raccourcis sont nombreux mais les chiffres parlent d’eux-mêmes. Marseille a connu 11 règlements de compte depuis le début de l’année. Tous sont liés à la drogue. Quelle est l’emprise du trafic sur la ville ?  

L’emprise la plus visible se calcule d’abord au nombre de morts. Banalisés à force d’être répétitifs. Pour 2016, on en est à 11. Mais en moins de dix ans, on en compte plus de cents ! A tel point qu’une note confidentielle du ministère de l’Intérieur parle de « narco-banditisme« . Comme à Naples ou à Bogota.

L’emprise est aussi économique. A la Castellane, la cité de Zidane, devenue « supermarché de la drogue », un seul plan stup peut générer 60.000 euros de chiffres d’affaires par jour, 23 millions d’euros par an. Le marché est tellement juteux que le milieu dit « traditionnel », ou « corso marseillais », commence à nouer des alliances avec les trafiquants des cités.

L’emprise est aussi sociale. Des générations de gamins vivent avec l’idée qu’aucune autre activité n’est possible quand on est un jeune promis au chômage. Et que cette activité est un commerce comme un autre. Les chefs de réseau se prennent pour des chefs d’entreprise. Ils demandent à leurs petites mains d’être polis avec les habitants. « Ils sont gentils, ils nous aident à monter les courses ». Combien de fois je ne l’ai pas entendu.

Les dealers ont remplacé les concierges ?

Rien de la vie de la cité ne leur échappe. Par exemple, ils guettent dans les boîtes à lettres des immeubles, les courriers des huissiers pour repérer les familles les plus endettées. Ils en font des « nourrices » qui stockent de la drogue chez eux.

C’est une cohabitation forcée. Et parfois aussi acceptée. J’ai assisté à des réunions de mères qui avaient perdu…………………..

LIRE sur:http://m.nouvelobs.com/societe/20160421.OBS8963/meurtres-drogue-clientelisme-le-roman-vrai-de-marseille.html#

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