FRANCE: le 36 sort, pair et passe. Mis en examen, Bernard Petit est suspendu.

Le siège de la PJ parisienne, situé au Quai des Orfèvres, est entaché d'un nouveau scandale.Le 36 éclaboussé par un nouveau scandale
Le directeur de la PJ parisienne Bernard Petit le 23 juin 2012 à Bobigny
Bernard Petit

Le patron de la PJ parisienne a été placé en garde à vue hier, soupçonné d’avoir violé le secret d’une enquête. Du jamais-vu!

Adrien Cadorel | 05 Févr. 2015, 07h00 | MAJ : 05 Févr. 2015, 07h32

Quai des orfèvres (Paris Ier), hier. Déjà entachée par deux scandales, la PJ parisienne doit faire face au placement en garde vue de son patron et de trois autres fonctionnaires.
Quai des orfèvres (Paris Ier), hier. Déjà entachée par deux scandales, la PJ parisienne doit faire face au placement en garde vue de son patron et de trois autres fonctionnaires.
(LP/Philippe Lavieille.)

La police judiciaire parisienne perd la tête. Après une année noire, en 2014, marquée par le viol présumé d’une touriste canadienne dans les locaux de la brigade de recherche et d’intervention en avril, puis le vol de 52 kg de cocaïne dans les scellés trois mois plus tard, un intrigant scandale éclabousse depuis hier le mythique 36, quai des Orfèvres.

Le directeur de la police judiciaire parisienne, Bernard Petit, a été placé en garde à vue ainsi que son chef de cabinet, Richard Atlan, le patron de l’association nationale d’action sociale des personnels de la police et du ministère de l’Intérieur, Joaquin Masanet, et l’un de ses collaborateurs, Philippe Lemaître.

Une mise en cause sans précédent

La personnalité des mis en cause démontre la gravité de l’affaire. Jamais un patron de la PJ parisienne n’avait été placé en garde à vue. Bernard Petit, que certains surnomment le Florentin (comprendre l’intrigant), et les trois autres fonctionnaires sont suspectés à des degrés divers de « violation du secret de l’instruction ». En clair, d’avoir renseigné l’ancien patron du GIGN, Christian Prouteau, d’une prochaine audition dans l’affaire visant « l’escroc des stars » Christophe Rocancourt, mis en examen et écroué pour escroquerie, trafic d’influence et blanchiment.

De lourdes suspicions

« Ce sont des charges très lourdes qui pèsent sur eux », admet, effaré, un haut gradé du 36. On ne prend pas la décision de placer en garde à vue de telles personnalités si on n’a pas de « biscuit ». D’autant que les juges d’instruction en charge du dossier, Charlotte Bilger et Roger Le Loire, sont réputés pour leur sérieux. Le juge Le Loire, qui a débuté sa carrière comme inspecteur à la brigade des stups dans les années 1970, jouit d’une réputation de magistrat particulièrement rigoureux, rompu aux affaires sensibles. « Il n’est pas dans une lutte corporatiste. Ce n’est pas un juge qui veut se faire un flic, puisqu’il l’a été, assure un policier habitué à le fréquenter. Je ne suis pas le seul à me dire qu’il y a du lourd dans le dossier. Et sans doute bien plus que ce qui a été révélé. »

Le 36, entre colère et consternation

« Après les deux affaires de l’année dernière, on se disait qu’on ne pouvait pas descendre plus bas, souffle, dépité, un officier du Quai des Orfèvres. Si les accusations se confirment, ça va être le très grand ménage ici… » Historiquement décrite comme un Etat dans l’Etat, où se résolvent, dans le plus grand secret, les enquêtes sensibles et où se fait — parfois sous l’égide de puissantes loges franc-maçonniques — le destin des grands policiers, la préfecture de police cristallise autant d’envieux que de détracteurs.

« Il est peut-être temps de s’interroger sur son fonctionnement et de tout remettre à plat », avance un parlementaire de la majorité. Une idée qui est loin de faire l’unanimité. « Malgré les affaires, c’est un lieu d’excellence, composé de brigades et d’hommes et femmes qui le sont tout autant, le taux d’élucidation le prouve. Remodeler la PP ? Mais pour mettre quoi à la place ? », rétorque un député de l’opposition.

Une succession déjà ouverte

Dans cette enquête qui ne fait que commencer, les quatre mis en cause, qui bénéficient de la présomption d’innocence, risquent quoi qu’il arrive de ne pas en sortir indemnes. « S’il apparaît que des manquements graves ont été commis par des policiers ou d’anciens policiers, je serai d’une fermeté absolue », a prévenu le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui, en privé, n’a pas caché sa « très forte irritation ». En coulisses, le bal des prétendants se prépare déjà. « C’est un poste qui offre un pouvoir incroyable, note un haut fonctionnaire. L’obtenir est une consécration mais y échouer signifie parfois une fin de carrière », confie-t-il, assurant que « trois ou quatre noms » circulent déjà comme possible successeur à Bernard Petit.

Scandale au « 36 » : la PJ parisienne dans la tourmente

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VIDEO Violation du secret de l’instruction : des policiers en garde à vue, confirme Cazeneuve

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Cocaïne volée au 36, quai des Orfèvres (suite) – un deuxième policier en garde à vue

36-quai-des-orfevres-siege-de-la-police_e7dc85121297d519056f5be4ee85e815Un deuxième de la brigade des stupéfiants a été placé en garde à vue lundi dans le cadre de l’ sur le de cocaïne au 36 quai des Orfèvres, siège de la police judiciaire parisienne. Parallèlement, Jonathan G., brigadier des Stups’ interpellé samedi à Perpignan, a continué à nier en bloc au troisième jour de sa garde à vue, prolongée lundi, à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN, «police des polices»).
Le second policier placé en garde à vue «apparaît sur les relevés bancaires du brigadier interpellé samedi à Perpignan», a expliqué une source judiciaire confirmant une information de BFMTV. Selon nos informations, les sommes d’argent mentionnées sur ces documents saisis lors des perquisitions des appartements du suspect principal, à Perpignan et Paris, ne sont pas négligeables.

Si l’IGPN cherche toujours à déterminer s’il y a eu d’éventuelles complicités internes ou externes, elle se montre prudente à ce stade de l’enquête. «Il s’agit de vérifications normales dans le service et cela ne préjuge en rien de la suite de l’enquête», a expliqué une source proche du dossier. Les enquêteurs cherchent également à vérifier si ce gardien de la paix a pu faciliter l’accès au brigadier jusqu’à la salle où sont gardés les scellés.