FRANCE 🇫🇷 (Vannes): des régaliennes inefficaces et…un citoyens excédé, menacé par les dealers du trafic local de stups, qui veut mobiliser

Un Vannetais de 52 ans veut fédérer les riverains qui n’en peuvent plus du trafic de drogue. Il a créé une adresse mail pour ceux qui sont prêts à s’opposer aux trafiquants.

« Je vous informe qu’à aucun moment je compte me laisser intimider par ce type de menaces, générées par les dealers du secteur qui m’ont conseillé de ne plus remettre les pieds dans le quartier. »

Dans le courriel, qu’il a adressé, samedi 29 février 2020, au directeur départemental de la sécurité publique, à la mairie de Vannes et à la préfecture du Morbihan, Stéphane se montre particulièrement déterminé.

L’incident, qui a mis le feu aux poudres, est survenu quelques heures plus tôt.

Le quinquagénaire allait faire une course, au Carrefour express du square de La Bourdonnaye (photo à droite), comme il a l’habitude de le faire, lorsqu’il a été pris à partie par deux individus. « J’étais en train de regarder mon portable, raconte-t-il. Ils pensaient que je les filmais et m’ont demandé de leur donner mon téléphone. J’ai refusé et quand je suis sorti du magasin, je me suis aperçu, en reprenant ma voiture, que mon pneu arrière gauche avait été volontairement dégonflé. »

Dans son mail, Stéphane évoque la possibilité, s’il n’est pas entendu par les autorités, de « mettre sur pied une milice suffisamment efficace pour pouvoir, au moins, accéder au commerce de La Bourdonnaye sans devoir rendre des comptes à des individus se réclamant les chefs du quartier. »

la mairie de Vannes

« Un sentiment d’impunité »

Un terme fort que cet habitant de Saint-Guen de 52 ans, parfaitement inséré dans la vie active, revendique. « Parler de milice, c’est un peu de la provoc’, admet-il, mais il y a un fond de réalité. On n’est pas loin de ne plus pouvoir passer dans le quartier, sans avoir à se justifier… »

Estimant que le trafic « gagne du terrain » et de la visibilité, le Vannetais a décidé d’agir. « Il y a un sentiment d’impunité chez les trafiquants. Les habitants en ont marre, mais commencent à avoir peur. Certains envisagent de quitter La Bourdonnaye. Mais leur céder le territoire, ce n’est pas la solution. »

Plutôt que de se résigner, le Vannetais veut croire qu’il est possible d’agir, notamment auprès des pouvoirs publics, pour chasser les trafiquants. « Si les habitants estiment que les trafiquants ne sont pas les bienvenus, la peur peut changer de camp, assure Stéphane, qui estime que « les policiers sont actifs, mais ce n’est pas suffisant. »

« On ne peut pas tolérer ça »

Insuffisant, c’est aussi ce qu’estime un autre quinquagénaire vannetais, qui réside à proximité du quartier de Ménimur. Avec une poignée d’autres habitants, qui ne veulent plus voir le trafic de stupéfiants gangrener leur ville, il a décidé d’agir, en rebaptisant les noms de rue du quartier : « Avant, le trafic se faisait dans les caves, puis dans les halls d’immeuble. Maintenant, c’est sur le trottoir. On ne peut pas laisser faire ça pour nos ados. On ne peut pas tolérer ça. »

« Ça va se terminer comment ?, s’inquiète un jeune habitant dont l’appartement donne la rue Sonia-Delaunay, nouveau haut lieu du trafic à Ménimur. Maintenant, ils affichent carrément les prix sur les murs. Un jour, il ne faudra pas s’étonner qu’ils soient armés. »

C’est pour éviter cela que Stéphane a décidé de fédérer tous ceux qui ne veulent pas voir le trafic de stupéfiants l’emporter.

En créant une adresse mail:

vannesdealstop@gmail.com

SOURCE

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