Dans les deux épisodes précédents, nous avons vu que des avions de trafiquants de cocaïne venus de Colombie ont pris l’habitude de venir se poser en Guayana. Le 18 septembre 2016, la découverte d’un appareil abandonné car tombé en panne nous avait laisser entrevoir d’autres arrivées prochaines dans le secteur autour de la ville de Lethem, devenue la plaque tournante de ce réseau. Chose confirmée l’année suivante avec la découverte d’un deuxième engin, plus gros encore et lui aussi retrouvé abandonné. On se disait alors que les autorités du pays allaient réagir pour endiguer le fléau… lorsqu’au début de cet été 2018 un troisième surprenant appareil vienne jouer les trouble-fête en se posant carrément cette fois sur l’aéroport principal du pays, celui du Cheddi Jagan International Airport. Une drôle d’arrivée comme on va le voir, qui nous mener tout droit… au Venezuela !
La presse elle-même fait part de son étonnement (en parlant tout de suite de « fake registration » comme ici dans le Guyana Chronicle) dès l’arrivée au milieu de l’après-midi du 7 juillet 2018 de l’avion, arrivé sans prévenir les autorités : « en se basant sur les rapports reçus, le vol charter privé, qui serait enregistré au Venezuela, a atterri vers 15h20 et était géré par Roraima Airways Inc. Toutefois, conformément aux mesures de sécurité renforcées et à la collaboration accrue avec la direction des différentes unités / agences opérant à la CJIA, les hommes de l’Unité des stupéfiants des douanes (CANU) ont été alertés et ont conduit une inspection préliminaire de l’appareil. Guyana Times affirme que le numéro d’enregistrement de l’aéronef est faux, car un autre avion porte le même numéro. En outre, plusieurs autres irrégularités ont été découvertes. À ce titre, l’affaire a été signalée au siège de la CANU et des ordres ont été donnés pour que l’avion soit détenu ». Bref, voilà un avion arrivé à la sauvette qui, pour un fois, a vu une réaction immédiate de la police guyanaise. Saluons l’événement à sa juste valeur (car en Guyana, par exemple, si vous faites du bateau, la douane vous laisse entrer dans le pays sans aucun contrôle), et tentons de comprendre pourquoi ça s’est passé ainsi. Et pourquoi on a cru d’emblée à une fausse immatriculation.
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