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Gérald Darmanin a demandé jeudi 21 mars aux préfets d’intensifier la lutte contre le développement via les réseaux sociaux de la livraison à domicile de drogue, baptisée « Ubershit », notamment en renforçant les cyberpatrouilles et les enquêtes sous pseudonyme sur internet.
Avec « les opérations de démantèlement systématique » des points de deal, dans le cadre des opérations « place nette », et « sous l’influence des évolutions technologiques », le trafic de drogue « se dématérialise, voire ‘s’ubérise’ toujours davantage », écrit le ministre de l’Intérieur dans un télégramme daté de jeudi, dévoilé par Le Parisien.
Les forces de l’ordre doivent renforcer leur « veille numérique » par des « cyberpatrouilles », généraliser les enquêtes sous pseudonyme et multiplier les « coups d’achat », en se faisant passer pour des trafiquants, afin d’infiltrer les réseaux, à l’instar de la lutte contre la cyberpédopornographie.
A la recherche des avions de trafiquants tombés au Belize (démarrée ici début février), nous avons croisé le Honduras, sur lequel bien d’autres s’étaient posés auparavant, leur arrivée facilitée par la police et l’armée alors aux mains d’un président depuis hier condamné pour trafic de cocaïne aux USA, lui et son fils, déjà incarcéré à vie. Sa sentence définitive prononcée bientôt devrait être la même.Pendant des années, en réalité, les américains qui s’étaient historiquement appuyés sur ce pays pour repousser l’extension du communisme à la cubaine, débarqué notamment au Venezuela avec Hugo Chavez, avaient laissé faire et avaient fermé les yeux sur toutes les dérives (1), à savoir l’autoritarisme de certains grands patrons qui reproduisaient un esclavage oublié ailleurs, ou saccageaient allègrement leur pays et une partie de la planète en convertissant toutes les terres en plantations de palmiers à huile, destructeurs agricoles et nécessitant des quantités astronomiques de pesticides pour tenir le coup.
Un sombre tableau, dont le pays aura beaucoup de mal à se relever, tant l’emprise actuelle des gangs qui y ont proliféré, sur ce terreau favorable, reste forte.
En somme, une fois encore c’est la résultante d’une vielle histoire, dans lequel un capitalisme forcené broie tout sur son passage, au profit de quelques grands fortunes, les nouvelles ayant été amassées grâce aux profits faramineux du trafic.
La cocaïne est aussi devenue, hélas, une industrie, et la plus florissante !
C’est EUROPE 1 qui revient sur cette opération « place nette » annoncée comme « XXL » à Marseille.
Selon la préfecture de police des Bouches-du-Rhône, près de 120 personnes ont été interpellées et environ 22 kg de stupéfiants ont été saisis après trois jours d’opération.
Mais alors, comment ramener la paix à Marseille ou dans d’autres villes ?
Une partie de la réponse est entre les mains des enquêteurs de police judiciaire qui a perdu son autonomie, en fusionnant avec les Sûretés départementales (de la Sécurité Publique) dans la filière dite « police judiciaire ». Il est donc possible, pour les Directeurs Départementaux de la Police Nationale, de « ventiler » les effectifs en fonction de l’actualité immédiate et des priorités politiques du gouvernement : la répression du trafic de cannabis au pied des immeubles au lieu de celle contre les filières internationales de « drogues dures ».
Leur travail est aujourd’hui quasi-impossible.
D’un côté, les 600.000 euros de budget annuel pour l’office anti-stupéfiants, l’OFAST. De l’autre, les 3 milliards d’euros de chiffres d’affaires du trafic de drogue chaque année en France.
Quand l’État français débourse un tout petit euro pour lutter contre les organisations criminelles, le stupéfiant en rapporte 5.000.
Deuxième constat, l’État de droit ne permet pas aux services de police de démanteler en profondeur les structures criminelles.
Des enquêteurs qui, même lorsqu’ils sont tatillons, se heurtent quotidiennement au mur de la coopération judiciaire, à sa lenteur, à la concurrence inter-services et à la diplomatie.
Les services de renseignement savent parfaitement où se trouvent les 20 plus gros narcotrafiquants français. Ils sont stationnés à Dubaï, en Thaïlande et au Maroc. Bien au fait de l’impuissance de l’État français à l’extérieur de ses frontières.
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Le nombre d’anomalies ‘Juridico-administratives’ constatées en France où des magistrats ont perdu tout sens du discernement remettant en liberté des narcotrafiquants pour respecter des textes abscons et contradictoires du Dalloz, faisant le jeu indirectement de la montée du narco-business.
Souvenons-nous de cette affaire à Toulouse:
L’article 67 bis du code des Douanes autorise bien le travail de taupes mais cette sorte d’opération ne vaut devant les tribunaux qu’à la condition expresse que toutes les autorisations, y compris celle de la chancellerie, figurent dans la procédure pénale.