Aviseur International renseigne, sans complaisance, sur la problématique de la drogue, du narcotrafic, de la corruption et sur les politiques mises en œuvre par les différents Etats et les dérives que s'autorisent les fonctionnaires des administrations — marcfievet@live.fr — 33 (0) 6 84 30 31 81
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Un sommet consacré au problème de la drogue se tenait à Cali, avec une vingtaine de pays d’Amérique latine et des Caraïbes.
Alors que le belliqueux Gerald Darmanin débute sa bataille de Stalingrad, les présidents du Mexique et de la Colombie ont fustigé samedi 9 septembre « l’échec » de la guerre contre le trafic de drogue soutenu par les États-Unis, demandant une approche moins axée sur la répression.
Le président colombien, Gustavo Petro, a profité de cette occasion pour présenter la politique qu’il compte mettre en place dans le pays, premier producteur mondial de cocaïne, pour éradiquer la culture et la consommation de drogue.
Le titre du document présenté par Gustavo Petro est le suivant : « Semer la vie, c’est bannir le trafic de stupéfiants ».
Mais pour vraiment « transformer le territoire », » il faut toucher les gros acteurs du trafic, par la destruction des laboratoires, l’augmentation des saisies, le contrôle des produits chimiques utilisés pour produire la drogue, la lutte contre le blanchiment et la corruption. »
C’est là que le texte prévoit le renforcement de différents corps de police.
« Narco-État » : le terme est désormais très répandu pour qualifier un territoire où de colossales sommes d’argent issues du trafic de drogue structurent l’économie criminelle. Cette formule est parfois employée pour désigner certains pays européens, y compris la France, la Belgique et les Pays-Bas.
Certes, au regard des milliards d’euros produits par les entreprises, ces trois pays sont loin d’être des narco-États où tout l’appareil de production serait dédié à une activité criminelle. Il n’en demeure pas moins que le crime organisé est en plein essor en Europe et en France.
La drogue reste le premier facteur d’accumulation de richesse du crime organisé. Quelles sont les raisons qui font de la France un pays situé au cœur de la majorité des trafics sur le continent européen ?
France : augmentation continue du trafic et de la consommation
Pour dresser un état des lieux du trafic de drogue, les chercheurs s’appuient sur trois indicateurs : les saisies, les surfaces de production et les enquêtes de consommation. Ces informations peuvent être croisées avec les déclarations des trafiquants qui témoignent devant les tribunaux ou dans des livres.
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La situation de la France, notamment en termes d’augmentation des saisies (cf. tableau ci-dessous), est en cohérence avec la géopolitique mondiale des drogues.
Les prix médians de toutes les drogues sont relativement stables, mais la pureté des produits est de plus en plus élevée. Le cannabis consommé aujourd’hui en France contient 4 à 5 fois plus de THC que celui consommé il y a 20 ans. Le nombre de personnes interpellées pour trafic de stupéfiants en France est en forte augmentation depuis 20 ans (doublement de 2005 à 2009). 44 000 personnes ont été interpellées en 2020.
Le secteur de la drogue générerait en France environ 3 milliards d’euros de gains par an et impliquerait 240 000 personnes pour le seul trafic de cannabis. Un des principaux moyens de distribution des drogues en France demeure le consommateur-revendeur. Une partie d’entre eux constituent une multitude de petits réseaux d’usagers-revendeurs qui s’approvisionnent via un trafic de « fourmis », en particulier aux Pays-Bas ou en Espagne. Le reste de la drogue consommée en France est acheminée par des réseaux criminels qui profitent de la mondialisation de l’économie.
Géopolitique des drogues en France : des contraintes structurelles
Produites au Sud, les drogues sont consommées au Nord. Ni la France, ni la Belgique, ni les Pays-Bas ne sont en capacité de stopper leur arrivée. Le cannabis provient avant tout du Maroc, qui est l’un des principaux producteurs de résine de cannabis au monde. Cette production est un facteur de stabilité sociale dans la région du Rif, traditionnellement rebelle, très pauvre, où le cannabis fait vivre des centaines de milliers de personnes.
Si le cannabis marocain arrive si aisément en France, c’est dans une vaste mesure parce que Paris et Rabat ont des intérêts géopolitiques communs dont la préservation se fait au détriment de la lutte contre le trafic. Les forces de l’ordre sont tributaires de ces intérêts géopolitiques qu’elles ne maîtrisent pas. D’une part, une partie de l’élite politique et administrative marocaine est impliquée dans le trafic de drogue à travers des schémas de corruption ; mais, d’autre part, le Maroc est un allié important de la France dans la lutte contre le djihadisme en Afrique du Nord et dans la lutte contre l’immigration clandestine. C’est pourquoi, en dépit d’actions répressives dans les deux pays (éradication des plants de cannabis au Maroc et saisies en France), le trafic de cannabis perdure.
La cocaïne arrive en France par différents moyens. La voie maritime du commerce mondial demeure prégnante. La drogue voyage par conteneurs, avec la complicité de sociétés de transport ou à leur insu selon la technique du rip off. Les saisies de cocaïne dans le port du Havre sont passées de 2,8 tonnes en 2019 à 3,8 tonnes en 2020 puis 11 tonnes en 2021. Les ballots de cocaïne peuvent aussi être largués en mer et récupérés par des trafiquants, selon une technique mise en place par les clans galiciens dans les années 1980.
En outre, le trafic vers la France passe par les zones de stockage mises en place par les trafiquants dans les années 2000 en Afrique subsaharienne (500 kilos saisis en 1997, 5 tonnes en 2007), puis dans les Caraïbes. Les trafiquants français installés dans les Caraïbes ont créé une « autoroute de la cocaïne par voilier » comme le démontrent les saisies de cocaïne depuis 10 ans.
Les zones de transit de la cocaïne dans les Caraïbes et en Afrique. Carte de Pascale Perez, dans Crime trafics et réseaux, Ellipes, 2012, p. 61.
De nouvelles routes s’ouvrent en envoyant la cocaïne par bateau en Russie et en Ukraine. Cette cocaïne revient ensuite sur le marché occidental par camion, comme en témoignent les saisies de cocaïne impliquant des organisations serbes et monténégrines. La guerre actuelle semble toutefois avoir provisoirement interrompu cette route.
La route « Amérique du Sud-Europe de l’Est » pour livrer la cocaine en Europe de l’Ouest. Carte Pascale Perez dans Crime trafics et réseaux, ed. Ellipes, 2012, p. 61.
Enfin, en ce qui concerne les drogues de synthèse, le trafic est moins documenté mais il fait l’objet d’un « trafic de fourmis », en particulier en provenance des Pays-Bas (et de la province belge du Limbourg) devenus le principal producteur d’ecstasy au monde.
La force des organisations criminelles françaises
L’émergence des organisations trafiquantes des quartiers populaires est confirmée. Investies dans la vente de tous les stupéfiants soit en gros, soit en détail, elles gèrent 4 000 grands points de deal en France dans les grandes métropoles comme dans les villes moyennes.
Ces dernières années, on observe leur mainmise croissante sur le marché de la cocaïne, la diversification des produits revendus dérivés du cannabis (variétés hybrides, huiles, résines, concentrés) et le recours de plus en plus fréquent aux livraisons à domicile via des « centrales d’achat » recourant aux techniques propres au marketing direct (packaging, promotions, carte de fidélité…) par l’entremise des réseaux sociaux.
Pour protéger leur système, les coteries trafiquantes françaises n’hésitent plus désormais à employer des armes de guerre lors des règlements de comptes. Les enlèvements et séquestrations liés au trafic de stupéfiants sont devenus une pratique courante en France : 129 en 2020, 128 en 2022, soit une fois tous les trois jours, les chiffres réels étant sans doute plus élevés, toutes les victimes ne se signalant pas au regard de leurs activités.
La violence systémique déjà évoquée s’accompagne parfois d’une véritable force de corruption. À Canteleu, dans la banlieue de Rouen, une bande avait acquis un tel pouvoir d’intimidation qu’elle exerçait des pressions sur la mairie afin que celle-ci ferme les yeux sur ses activités. Les affaires de corruption des forces de l’ordre se succèdent. Sur la corruption du personnel politique, nous manquons de données judiciaires mais des sources existent.
Les narco-comptoirs du nouveau banditisme français
Les réseaux dits « de cité » sont très organisés et efficaces en matière de logistique. Ils ne sont plus les petites mains des anciens gangsters français, qui dépendaient de l’approvisionnement de ces derniers. Dans les années 1990/2000, les caïds des cités devaient se rendre en Espagne pour discuter avec un narco-courtier de l’ancienne génération pour obtenir du cannabis. Depuis vingt ans, les narco-bandits des cités ont acquis une dimension transnationale en s’approvisionnant directement en Colombie et au Maroc, où ils sont parfois propriétaires des champs de cannabis.
Ce phénomène d’alliance est favorisé par le fait que la France est aussi une terre de repli, de blanchiment et parfois de trafic de drogue pour les organisations étrangères. Par exemple, la mafia albanophone joue un rôle important dans le trafic d’héroïne, particulièrement dans la région Rhône-Alpes, où elle tient 90 % du trafic d’héroïne.
Cet article, rédigé à l’aide de la revue de presse quotidienne du site crimorg.com a été co-écrit avec Mehdi Ajerar, spécialiste de la géopolitique du crime organisé et du terrorisme. Mehdi Ajerar a rédigé, à l’Université Paris 8, un mémoire de géopolitique sur les représentations criminelles du trafic de drogue à Saint-Ouen à l’Université Paris 8. Il est titulaire d’un master 2 de criminologie au CNAM et membre de l’association Crim’HALT.
En la cabeza de la lista figura Óscar Noé Medina González, el jefe de sicarios y mano derecha de Iván Archivaldo Guzmán Salazar, uno de los hijos del líder del cartel de Sinaloa, quien purga una cadena perpetua en una prisión de máxima seguridad de Colorado.
Avec l’essor du fentanyl, la DEA part à la chasse de nouveaux trafiquants mexicains.
Même si la cocaïne est loin d’être en voie de disparition, la montée en puissance du fentanyl, produit au Mexique comme drogue de synthèse et qui fait des ravages aux États-Unis, incite l’agence antidrogue américaine à mettre de nouveaux visages sur sa liste des personnes les plus recherchées.
C’est à quelques encablures de Punta Coco, une île située dans la zone Pacifique du Panama, que des agents du SENAN (Service national aéronaval) ont saisi 560 kilos de cocaïne.
Il ne fait aucun doute que l’embarcation arrivait de Colombie. Les trois passagers ont été arrêtés et se trouvent actuellement dans les geôles du Procureur général.
Autoridades de Estados Unidos detuvieron a dos ciudadanos dominicanos tras hacer llegar a playa la embarcación en la que viajaban con 300 kilos de cocaína en Puerto Rico
Cette saisie annoncée le 12 août par Aviseur international, c’est en réalité jeudi dernier 10 août, que les douaniers de Fort-de-France ont saisi plusieurs sacs de drogue ajoutés dans un conteneur en provenance du Havre. Le conteneur avait été ciblé par les agents de la CELTICS.
Cette saisie n’est pas le fruit du hasard mais bien le résultat des investigations menées par la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières) et la CELTICS.
Que Stéphanie Cherbonnier se rassure, la cargaison de cannabis a été remise à l’antenne OFAST de Fort de France pour destruction et ouverture d’une enquête pour identifier les commanditaires et les destinataires de cette cargaison.C’est vrai, il faut que tout le monde travaille !
Les agents du CBP ont saisi près de 2 136 livres de méthamphétamine à l’intérieur de la remorque d’un véhicule transportant une cargaison de plâtre. La saisie a eu lieu le lundi 7 août au pont Colombia-Solidaridad.
CIBLAGE
Pour Alberto Flores, cette saisie massive de drogue est un excellent exemple des stratégies de ciblage utilisées dans l’environnement du fret pour lutter contre le flux de stupéfiants durs qui entre dans le pays.
Les dernières enquêtes menées par la DNRED et la CELTICS confirment l’existence d’une voie d’échange de haschisch contre cocaïne en utilisant des conteneurs entre le port du Havre et la Martinique.
La cargaison de haschich a été introduite dans le conteneur par le biais du système de « rip-off » .
En anglais, « rip off », c’est à la fois un verbe, à traduire par ‘arracher’, et une expression d’argot qui signifie ‘arnaque’.
Pour les douaniers, l’expression tient un peu des deux et désigne une technique de contrebande très prisée des narcos. Les stupéfiants, en quantité transportable par quelques hommes sont placés à l’entrée d’un conteneur, facilement et rapidement accessibles.
La Aduana francesa incautó 610 kilos de hachís en un contenedor en el puerto de Le Havre e investiga si la droga iba a ser cambiada por cocaína en Martinica, punto de destino del alijo
Au Mexique, les cartels de la drogue et groupes criminels fabriquent des camions blindés colossaux afin de régner en maîtres dans les zones les plus dangereuses du pays, rapporte le New York Times.
Des camions blindés « immunisés contre tout »
Ces véhicules blindés, aussi appelés rinocerontes par les autorités mexicaines, résultent d’un véritable travail acharné élaboré par des mécaniciens appartenant aux cartels.
Par Rinsy Xieng 22/06/2023 – 17:56 • Mis à jour le 22/06/2023 – 19:28
Le 6 juilet 2022, le voilier, les deux présumés narcotrafiquants ainsi que les 445 kg de cocaïne ont étaient remis à l’office anti-stupéfiants à Fort de France.
Le 3 juillet 2022, le bâtiment de soutien et d’assistance outre-mer Dumont-d’Urville, basé à Fort-de-France, a réalisé une nouvelle saisie de stupéfiants. Un voilier suspect a été détecté, avec à son bord, deux individus et 445 kg de cocaïne
Plusieurs suspects ont été identifiés et appréhendés à l’issue d’une longue enquête menée concernant un trafic de drogue présumé, entre les Antilles et la France hexagonale. 8 au total dont 4 qui ont depuis été déférés devant les autorités judiciaires.
Fueron destruidos 14 vehículos con blindaje artesanal (Monstruo), asegurados en diversos enfrentamientos del Cártel del Golfo (CDG) y el Cártel del Noreste (CDN) en Tamaulipas.
Depuis le 6 avril 2023, la MILDECA (Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues Et les Conduites Addictives) a mis en place en accord avec le territoire de la Martinique, un plan d’actions contre la vente d’alcool, de tabac, de drogues et de jeux de hasard chez les mineurs de moins de 18 ans. C’est ce qu’on appelle les « interdits protecteurs ».
Le Lamentin, ville pilote
Il existe déjà une législation portant sur ces interdictions à travers différents articles de loi du code de la santé publique. C’est le cas des articles 3512-12, 3515-5 ou encore du 3342-1, lesquels encadrent l’interdiction de la vente de produits non autorisés aux mineurs en général.*