MALAISIE 🇲🇾 (Pelabuhan Klang – Selangor) : les douaniers ont saisi 95 millions de pilules de captagon

En Asie, les douanes malaisiennes déclarent ce mardi 23 mars, avoir intercepté de 94,8 millions de pilules de Captagon, contenant du chlorhydrate de fenetylline (un amphétamine).

Abdul Latif Abdul Kadir, Directeur général des douanes a précisé : «Cette cargaison de drogues d’un poids de 16 tonnes a été trouvées cachée dans des pneus de chariot et était destinée à être expédiée vers un pays tiers d’Extrême-Orient ».

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DUBAÏ 🇦🇪 : Moufid Bouchibi aka ‘Mouf’ se serait fait serré… A confirmer!

Moufide Bouchibi aurait été interpellé dans l’émirat alors qu’il voyageait sous une fausse identité. Considéré comme u des gros importateur de cannabis en France, il est en fuite depuis plusieurs années.

Depuis ce week-end, l’arrestation d’un homme par les autorités de Dubaï met les services de police français en ébullition.

Plusieurs sources concordantes avaient affirmé à « l’Obs » qu’il s’agissait de Moufide Bouchibi, le plus important trafiquant de drogue français, cible numéro un de l’office central des stups, l’un des hommes les plus recherchés de France. Des sources émanant de la police nationale nous confirment qu’il s’agit bien de celui qui est surnommé « Mouf », recherché depuis de longues années. Au sein de l’institution, certains se montrent toutefois encore prudents. « Des vérifications sont en cours », commentait-on, ce matin, du côté du ministère de l’Intérieur.

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DUBAÏ 🇦🇪 : recherché par l’OFAST Marseille, Hakim Berrebouh a été arrêté

Hakim Berrebouh, l’un des parrains du trafic de drogue à Marseille, en fuite depuis qu’il avait été la cible d’une tentative d’assassinat, et que son frère avait été tué dans un règlement de comptes, a été arrêté à Dubaï à la sortie d’une résidence qu’il occupait depuis la fin de l’année 2020.

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DUBAÏ 🇦🇪 (appartements luxueux, grosses cylindrées et prostituées) : la vie des barons de la drogue

À Dubaï, presque personne ne remet en question l’origine des dollars, surtout s’ils se comptent par millions.

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L’époque où les dealers se planquaient à Marbella est révolue.

Dubaï est désormais the place to be. Les barons de la drogue se prélassent au bord des piscines de leurs luxueux appartements ou hôtels, bien souvent accompagnés de prostituées venues des quatre coins du monde.

“Il y en a deux à Dubaï qui pèsent des milliards”, déclarait le bourgmestre d’Anvers, Bart De Wever, au lendemain de l’opération Sky. De Wever n’a pas cité de noms, mais il faisait allusion à Nordin El H.,32 ans, surnommé “‘Dikke Nordin van den Dam”, et à Othman El B., 33 ans. Deux barons, qui se cachent à Dubaï depuis des années, où ils blanchissent l’argent de la coke en investissant dans l’immobilier, entre autres excès.

 

Pêche aux gros poissons

En revanche, pas question à Dubaï de sniffer la coke gardée pour soi. Les Emirats adoptent une posture claire en matière de drogues: la tolérance zéro. En 2012, un père de famille anglais en transit a été condamné à quatre ans de prison pour seulement 0,003 gramme de cannabis. Un morceau microscopique de cannabis qui était collé sur une de ses chaussures.

Les autorités dubaïotes s’attaquent aussi de temps à autres aux gros poissons, qu’elles parviennent parfois à pêcher.

Ridouan Taghi, célèbre mafieux néerlandais d’origine marocaine, a ainsi été arrêté à Dubaï en 2019 et croupit désormais dans une cellule aux Pays-Bas.

L’année passée, “Dikke Nordin” a lui aussi été arrêté, avant d’être finalement libéré après le paiement de sa caution. Pour l’instant, la justice semble le laisser tranquille, mais la Belgique fait maintenant pression pour lui mettre des bâtons dans les roues.

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INDONESIE 🇮🇩 (Jakarta) : l’Agence nationale des stupéfiants (BNN) a demandé la peine capitale pour les personnes impliquées dans le trafic de drogue dans le pays

Au moins 404,9 kilogrammes de drogues confisquées lors de raids de drogue au cours des trois derniers mois ont été détruits mercredi dans la cour du quartier général de la police d’Aceh à Banda Aceh.

La méthamphétamine cristalline a été détruite à l’aide d’une bétonnière en présence du gouverneur d’Aceh Nova Iriansyah et de représentants du gouvernement local. Les drogues ont été examinées par la Food and Drug Monitoring Agency (BPOM) avant d’être détruites, a indiqué la police.

L’inspecteur général Wahyu Widada, chef de la police d’Aceh, a déclaré que la méthamphétamine détruite mercredi avait été saisie par une équipe conjointe composée de responsables d’Aceh et de la police nationale lors d’une série de raids contre la drogue depuis le début de cette année.

L’année dernière, près d’une tonne de crystal meth a été confisquée lors de raids contre la drogue. L’Agence nationale des stupéfiants (BNN) a demandé la peine capitale pour les personnes impliquées dans le trafic de drogue dans le pays. Le président indonésien Joko Widodo a également émis des ordonnances de fusillade à vue contre les piliers de la drogue.

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Police Confiscate 144.5 tons Marijuana from Huge Dealer

TEMPO.CO, Jakarta – The West Jakarta Police busted a top drug dealer specializing in cannabis or marijuana. The police confiscated 144.5 tons of evidence. 

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BELGIQUE 🇧🇪 : quand les gendarmes jouent aux pirates pour rattraper les voleurs !

« Il est clair qu’on ne pouvait pas moralement se permettre de laisser passer certaines choses. Les images sont pires que ce que j’ai déjà vu dans certaines séries » entame Frédéric Van Leeuw. Concrètement ? « Des règlements de compte, des tueurs à gage, des photos de victimes, des personnes qui sont envoyées d’un pays à un autre pour tuer quelqu’un, des messages qui disent que si on ne trouve pas une cible, on s’attaque à la famille. C’est une violence incroyable, un monde où la morale a totalement disparu. »

Les policiers ont intercepté au total 1 milliard de messages, dont la moitié a déjà pu être décryptée à ce stade. Pour donner une idée : 3 millions de messages cryptés, écrits, enregistrements ou photos, s’échangent chaque jour entre les utilisateurs de Sky ECC.

Belgique, plaque tournante du trafic de drogue

Si l’on peut parler en ces termes, 2020 a été une année record : 65 tonnes de cocaïne ont été saisies au port d’Anvers l’an dernier. C’était 62 en 2019 contre 50 en 2018. Un chiffre qui augmente donc d’année en année. Selon plusieurs experts, le port d’Anvers capitalise à lui seul 20 à 25% des importations européennes de cocaïne.

 Frédéric Van Leeuw, procureur fédéral.

« La lutte contre le trafic de drogue devrait devenir une priorité absolue dans le monde entier« , commente le procureur fédéral. « C’est en train de tout pourrir : il y a évidemment le côté catastrophique de la consommation de drogue, mais il y a aussi ces sommes d’argent extravagantes qui pourrissent des systèmes entiers et qui génèrent une extrême violence. La vie n’a plus de valeur avec cet argent. »

Des structures venues de l’étranger et dont les méthodes arrivent en Belgique pour notre interlocuteur : « Je suis allé au Brésil il y a deux ans pour un accord de coopération. Le parquet général de Brasilia m’a présenté des situations de violence que je pensais inimaginables en Belgique. Force est de constater qu’en deux ans, chez nous, les attentats à la grenade et les tirs à la kalachnikov deviennent quasiment hebdomadaires. »

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USA 🇺🇸 (FAA) : la pourvoyeuse d’avions pour les narcos enfin poursuivie

Je vous propose aujourd’hui de vous plonger dans l’effarant listing d’avions ayant servi soit à transporter de la cocaïne, soit simplement à en dissimuler le véritable propriétaire. Des individus en majorité mexicains, comme on va le voir, dont un bon nombre d’avions se sont écrasés… pour se voir dé-enregistrer un an après parfois.  C’est l’une des surprises de ce dossier, phénomène qui éclaire beaucoup les « pannes » de registre constatées depuis des années à propos de ces appareils fantômes. On commence par un premier lot… d’une quinzaine d’avions dont plusieurs ont fait la « une » des journaux et dont une grande partie à mal fini !!!

Un impressionnant listing en forme de réquisitoire à charge

J’ignore donc si le juge Amos Mazzant (ici à droite) est venu relever les noms des avions dans les épisodes de Coke en Stock, ou si le FBI l’a fait à sa place, mais l’acte d’accusation détaillé qu’il a fourni recèle les mêmes noms et les mêmes affaires. Il en a relevé une vingtaine (22, exactement, il en manque encore donc !), que l’on va reprendre aujourd’hui, ce qui pourrait figurer comme une révision de ces six dernières années de trafic en fait.

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ARMÉNIE 🇦🇲 (State Revenue Committee) : les douaniers ont saisi 365 kilos d’héroïne

EREVAN (RFE / RL) – Le State Revenue Committee (SRC) a rapporté que le 3 mars, six personnes de «nationalités différentes» ont été arrêtées. L’agence gouvernementale comprenant les services fiscaux et douaniers arméniens n’a pas donné l’identité des suspects.

Dans un communiqué, le SRC a déclaré que des agents de son unité de lutte contre la contrebande avaient trouvé 365 kilos d’héroïne cachée dans 33 boîtes censées contenir de la levure de boulanger importée d’Iran et stockée dans un entrepôt douanier à Erevan.

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PANAMA 🇵🇦 (PSA): saisie de plus de 1.500 kilos de cocaïne dans un conteneur qui allait en Belgique et en Inde

Mis à jour le 8 mars à 9 h 45

Panama, 7 mars (EFE) .- Au total, 1500 colis de drogue ont été saisis dans un conteneur en provenance du Costa Rica et à destination finale de l’Inde, après une escale de transbordement en Belgique, ont fait savoir ce dimanche les autorités.

La cargaison a été trouvée dans un conteneur au port PSA, à Rodman, sur la côte pacifique panaméenne.

« Le conteneur dans lequel la cargaison de cocaïne était cachée transportait du bois et venait de Caldera, Costa Rica, avec transit par le Panama vers le port de transbordement d’Anvers en Belgique, avec destination finale Ennore, Inde », a indiqué le National Aeronaval Service (Senan) du Panama.

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Unidades de la Dirección Nacional de Inteligencia de la Policía Nacional de Panamá, en coordinación con la Fiscalía de Drogas de Colón y Guna Yala, hallaron 1736,7 kilogramos de cocaína en un contenedor de café proveniente de Guatemala con tránsito en Panamá y Bélgica, y cuyo destino final era Estonia, dijo a Diálogo el Fiscal Regional de Drogas de Colón Eduardo Enrique Rodríguez.

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NIGER 🇳🇪 : saisie inédite de 17 tonnes de résine de cannabis

Dix-sept tonnes de résine cannabis d’une valeur marchande de 20 milliards de FCFA (plus de 30,4 millions d’euros) en provenance du Liban, via le port togolais de Lomé, ont été interceptées par les autorités nigériennes, une saisie record dans ce pays.

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VIETNAM 🇻🇳 (province de Tây Ninh) : un Nigérian condamné à mort pour trafic de drogue

Le Tribunal populaire de la province méridionale de Tây Ninh a condamné à mort, par jugement de mardi 2 mars, Ekwegbalu James Nzube, né en 1976, de nationalité nigériane, pour trafic de drogue.
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Ekwegbalu James Nzube a été arrêté, à 20h00 le 30 juillet 2020, en train d’entrer illégalement au Vietnam depuis le Cambodge par des gardes-frontières à la borne frontière N°170/3 dans la commune Loi Thuân, district de Bên Câu, province de Tây Ninh.

Il venait du Cambodge avec quatre paquets dans ses bagages contenant près de 4 kg de cristaux blancs, confirmés plus tard comme de la méthamphétamine.

A t-il été utilisé comme appât ‘offert’ aux gardes-frontières alors qu’une quantité plus importante passait au même moment?

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THAÏLANDE 🇹🇭 (province de Tak): des policiers seraient impliqués dans un trafic de méthamphétamine

Le chef de la police thaïlandaise a ordonné une enquête sur un lieutenant général et un colonel qui seraient impliqués dans la tentative de contrebande de 1,5 tonne de méthamphétamine dans la province de Tak.

L’enquête fait suite aux revendications des députés de l’opposition lors du débat de censure de la semaine dernière au Parlement.

Le général Pol Suwat Jangyodsuk a déclaré que la tentative de contrebande avait été déjouée le 18 octobre 2019, selon une source du Bangkok Post.

 

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IRAN 🇮🇷: au cours de la conférence de presse avec les anti-stups espagnols, l’Iran annonce avoir saisi 1.150 tonnes de stups en 2020

Samedi, le webinaire conjoint de la police anti-stupéfiants de la République islamique d’Iran avec la police espagnole des drogues et des crimes organisés s’est tenu en présence du chef de la police anti-stupéfiants de la NAJA (forces de police de la République islamique) et de son homologue espagnol.

L’Iran a obtenu des résultats favorables dans le domaine de l’arrestation des passeurs, de la lutte contre les principaux réseaux de transit de drogue aux niveaux régional et international, de la confiscation de stupéfiants, ainsi que de la prévention de la toxicomanie dans la société, a déclaré Karimi lors de la réunion.

Faisant référence à la volonté sérieuse de la République islamique d’Iran dans la lutte contre le trafic de drogue, il a déclaré: «Avec les efforts de mes collègues dans tout l’Iran, heureusement, en 2020, un total de 1150 tonnes de stupéfiants ont été découverts par l’anti – narcotique. »

Tout en invitant officiellement son homologue iranien à regarder les réalisations de la police espagnole dans le domaine de la lutte contre les stupéfiants, le chef de la police espagnole des drogues et des crimes organisés a déclaré: « La police espagnole de lutte contre les stupéfiants est pleinement prête à développer des relations avec l’Iran dans les domaines de la formation des chiens de détection, d’un développement de programmes de formation  et de nouvelles méthodes de traitement, de réadaptation et d’entretien des narco-dépendants. »

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DUBAI 🇦🇪 (OFAST): Hakim Berrebouh, alias « Marca », « Marcassin », « Grosse Culotte » ou encore « La Baleine », a été interpellé hier soir

Celui que les autorités considèrent comme « un homme faisant partie du top 5 des narcotrafiquants marseillais » et qui était recherché depuis des années en tant que « cible prioritaire » par l’Ofast (office anti-stupéfiants) de Marseille mais aussi au siège de Nanterre, a été appréhendé par les policiers locaux sur la voie publique, au sortir d’une résidence dans laquelle il aurait élu domicile fin 2020.

Hakim Berrebouh , alias « Marca », « Marcassin », « Grosse Culotte » ou encore « La Baleine » faisait l’objet d’une notice rouge Interpol (une alerte sur des fugitifs recherchés), diffusée depuis la fin du mois de janvier dans l’ensemble des pays membres de cet organe international de police

Victime d’une tentative d’assassinat fin 2013 à Château-Gombert, peu avant l’élimination de son frère Medhi, dans un règlement de comptes sur l’autoroute A7 qui avait marqué les mémoires, Hakim Berrebouh avait quitté la France direction le Maroc.

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TURQUIE 🇹🇷 (province d’Agri): saisie de 808 kilos d’héroïne par les douaniers

Les agents de la douane turque ont saisi 808 kilogrammes d’héroïne à la frontière avec l’Iran à Bazargan (Gurbulak en turc)  dans la province d’Agri Est.

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THAÏLANDE 🇹🇭 (Bangkok): arrestation de Lee Chung Chak, citoyen de Hong Kong, ancien camarade de prison de Tse Chi Lop

Lee Chung Chak

Après l’arrestation à Amsterdam de Tse Chi Lop, présumé être le numéro un de la drogue dans le Triangle d’Or, c’est au tour de Lee Chung Chak, un deuxième haut dirigeant d’un vaste syndicat de la drogue, d’être arrêté, a déclaré un responsable thaïlandais des narcotiques, alors qu’un filet transnational se resserre sur le groupe Sam Gor, qui, selon la police, domine le commerce annuel de la drogue dans la région Asie-Pacifique, d’une valeur de 70 milliards de dollars.

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IRAN 🇮🇷 (Sistan and Baluchestan police): arrest of 4 smugglers and the confiscation of 1,403 kilograms of illicit drugs in an armed clash.

TEHRAN, Feb. 01 (MNA) –The Police Chief of Sistan and Baluchistan Province Second Brigadier General Ahmad Taheri made the announcement on Monday, saying that the anti-narcotics police of the province and the cities of Iranshahr and Mehrestan obtained clues about the transfer of drug shipments from the southern parts of the province to the central area of Iranshahr city.

After several days of extensive intelligence work in the region, the province’s anti-narcotics police identified armed smugglers who were intended to transfer illicit drugs by 5 vehicles, he added.

Some smugglers fled to the highlands of the area using the darkness of the night when they found themselves ambushed and surrounded by police forces, he said, adding that but the police forces have managed to arrest four smugglers during the operation.

According to the police chief, the police forces seized 1.116 tons of opium, 228 kilograms of hashish and 59 kilograms of heroin addition to confiscation of some weapons and ammunition.

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La lutte contre le trafic de drogue nuit-elle aux politiques de développement ?

Chercheur invité au GSI, et secrétaire exécutif de la Global Commission on Drug Policy, Graduate Institute – Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID)

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Depuis la ratification de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961, le régime mondial de contrôle des drogues a tenté de changer le comportement humain et de prévenir la consommation de drogues par la punition, afin d’atteindre un « monde sans drogues ».

Cette ambition clé, basée sur la simple prédiction que la prohibition assécherait éventuellement la demande des drogues illégales, a été réaffirmée par la communauté internationale depuis trente ans à travers des déclarations politiques aux Nations unies.

Pourtant, la demande, l’offre et le trafic des drogues illégales augmentent chaque année et de manière ininterrompue dans le même laps de temps. De plus, le paradigme de la prohibition, qui base la quasi-totalité des interventions publiques sur la répression, a créé des conséquences négatives majeures qui remettent en cause l’accomplissement d’autres objectifs globaux de développement.

Contrôle des drogues et conséquences « surprises »

Ce sont ces conséquences, reconnues par les Nations unies en 2008 comme conséquences « inattendues » du régime du contrôle des drogues, qui semblent montrer que le régime de contrôle (somme toute construit sur de bonnes intentions mais mis en place par la répression) met à mal la réalisation des objectifs du développement durable et l’Agenda de 2030.

Elles incluent les dommages causés par la prohibition : déplacement budgétaire et politique dans les priorités nationales (du secteur de la santé vers celui de la justice, par exemple) ; déplacement géographique de la production et de la violence sans qu’elles soient réduites pour autant (effet ballon gonflable) ; et un marché illégal de plus de 500 milliards de dollars dans les mains d’intérêts illégaux.

Un policier se tient devant une pile de drogue lors d'une cérémonie de destruction
Cérémonie de destruction de drogue à l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues des Nations unies à Yangon (Myanmar), le 26 juin 2020. Sai Aung Main/AFP

Autres conséquences dont la source est corrélée au contrôle répressif des drogues : l’augmentation de la violence et de l’insécurité du fait de l’affrontement entre forces de l’ordre et trafiquants dans des quartiers souvent défavorisés ; la surincarcération et la surpopulation carcérale pour des délits mineurs ; l’enrichissement de groupes criminels ; ou encore la transmission de maladies infectieuses.

Voici deux problèmes liés que le régime international – en termes de droit international – pose aux politiques et aux objectifs de développement : alors que les conventions internationales sur les drogues sont construites autour de la notion que la dépendance est un fléau (un terme exclusif aux conventions sur les drogues dans l’arsenal normatif international), le système international n’arrive pas à y intégrer la définition même du syndrome de la dépendance par l’OMS, qui inclut un désir incontrôlable de consommation ; un risque réaliste de rechute ; et des symptômes physiques et psychologiques de sevrage. Cette situation s’aggrave même lorsqu’est pris en compte le manque d’évaluation scientifique dans la classification de ces substances, entre ce qui est légal ou pas, dangereux ou moins.

Les objectifs de développement durable mis à mal

Sur la base de ces conclusions, le récent numéro spécial de International Development Policy consacré aux politiques de développement et de contrôle des drogues tente de répondre à une question simple : ces politiques se renforcent-elles mutuellement ou sont-elles contradictoires ? Il examine un large spectre de problématiques liées au développement, afin d’identifier les impacts réels du contrôle des drogues, et d’analyser à quel point les barrières au développement durable sont endogènes ou exogènes au contrôle des drogues.

 

L’exploration des interactions entre le développement et le contrôle des drogues commence par les programmes de « développement alternatif », qui sont vus principalement du point de vue agricole ou répressif, sans prise en compte des autres problématiques socio-économiques induites par ces programmes d’éradication ou de substitution des cultures agricoles, et spécifiquement dans les communautés rurales des pays producteurs. L’Afghanistan sert de miroir de l’incapacité de ces programmes à tenir compte des besoins des populations locales, ou de leur offrir des perspectives de long terme. Toutefois les agences gouvernementales adoptent une autre position, tout en reconnaissant les lacunes du développement alternatif.

Ces interactions concernent également des dimensions du développement qui subissent elles-mêmes des changements profonds actuellement : le climat, l’égalité des genres, les droits de l’enfant ou la santé publique. En effet, comment concilier la protection des enfants et un contrôle des drogues moins répressif ? Pourquoi les femmes subissent-elles bien plus les impacts négatifs de la répression que les hommes ? Est-ce lié aux structures patriarcales des systèmes de justice ? De la même manière, le numéro spécial aborde l’impact de la production illégale et intensive du cannabis sur le climat ; le débat autour du commerce équitable en cas de légalisation globale du cannabis afin de ne pas laisser les producteurs traditionnels sur le côté ; ou la difficulté de déploiement des services sanitaires nécessaires aux consommateurs de drogues, souvent sur des bases idéologiques.

Politique et dilemmes sociétaux

Ce numéro spécial apporte surtout une première lecture « politique » du désaccord entre développement et contrôle des drogues : à travers l’analyse des flux financiers illicites dans les zones de conflits ; l’utilisation du contrôle des drogues afin d’influencer, par l’émotion politique, la compétition et la participation aux processus électoraux ; ou la définition large des acteurs du contrôle des drogues (par ailleurs tous acteurs du développement), des dimensions nouvelles sont ajoutées à la littérature existante. Ces discussions conceptuelles sont ancrées dans la théorie et dans l’empirique à travers différents exemples nationaux, de l’Afrique du Sud au Mexique, et du Maroc au Croissant d’Or (Afghanistan-Myanmar-Pakistan).

« Drogue : le Covid contre le trafic » (Arte).

Il semble ainsi certain que l’agenda de développement durable pourrait être mis en place pour la majorité des populations sans la réforme du régime de contrôle des drogues. Toutefois, ce développement laisserait de côté les personnes concernées par les drogues illégales (consommateurs, producteurs, chimistes, trafiquants, passeurs, etc.) ainsi que leurs communautés, qui sont statistiquement peu nombreuses pour influencer le résultat quantitatif de l’agenda de 2030.

La conclusion finale tirée de ce numéro spécial est la « vulnérabilisation » par la loi des personnes concernées par les drogues illégales, ces personnes perdant par leur implication dans le marché des drogues leur place dans le débat public et leur poids politique comme citoyens, et peuvent ainsi être négligées par les politiques de développement.

Ceci s’entend dans le cadre de politiques de contrôle des drogues qui ne réduisent ni le trafic ni la consommation problématique, tout en ne permettant pas aux communautés concernées d’être plus résilientes ou plus intégrées dans la société.

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PHILIPPINES 🇵🇭 : la campagne contre la drogue du président Duterte vivement critiquée

La Police, bras droit du président Dutertre, dans le collimateur du parlement européen

La « guerre contre la drogue » lancée en 2016 par le président philippin tourne au carnage, avec plus de 8 000 morts, selon des sources officielles, jusqu’à quatre fois plus selon les ONG. De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer une campagne violente encouragée par le chef de l’État.

Parmi elles, Hannah Neumann, députée allemande du groupe les Verts/Alliance européenne libre au sein du Parlement européen.

Par : Jelena Tomic

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TURQUIE 🇹🇷 (cartel de Zindashti): le renseignement iranien serait-il impliqué dans le trafic international de la Turquie vers la Roumanie ?

La police turque a déclaré le 14 décembre qu’elle avait arrêté 13 membres d’un groupe criminel connu sous le nom de cartel de Zindashti travaillant en Turquie, accusés de collaboration avec les organes de renseignement de la République islamique d’Iran

L’agence de presse officielle du gouvernement turc, Anatoli, a déclaré que le ministère iranien des renseignements employait ce groupe criminel pour assassiner ou enlever des dissidents iraniens en Turquie au moins depuis 2015.

Selon les rapports des médias turcs ainsi que les vidéos diffusées par Sky News le 16 décembre, en Grande-Bretagne, l’enlèvement d’Habib Asyud ou Chaab, un séparatiste irano-arabe de premier plan de la province pétrolière du Khouzistan avec une importante population arabophone, était la dernière mission effectuée par le groupe criminel pour le compte du ministère iranien des renseignements.

Naji Sharifi Zindashti

A côté de ses associés dans le trafic de drogue, Naji Sharifi Zindashti, l’homme qui porte le nom du cartel, est également soupçonné d’avoir été à l’origine de l’assassinat du dissident iranien Masoud Mowlavi à Istanbul en novembre 2019.

En 2018, certains membres du groupe et Zindashti lui-même ont été arrêtés en Turquie parce qu’ils étaient soupçonnés d’avoir assassiné Saeed Karimian, fondateur et directeur de Gem TV, et d’autres meurtres liés au trafic de drogue. Ils ont été libérés après un certain temps, apparemment à la suite de pressions, de pots-de-vin et d’un manque de preuves adéquates.

Après sa libération, Zindashti est retourné en Iran et malgré ses condamnations pour trafic de drogue et le meurtre d’un gardien de prison dans le passé, Zindashti mène une vie libre en Iran. Des sources en Iran affirment qu’il collabore ouvertement avec le ministère du renseignement et y dirige même son commerce de la drogue. Il a construit des maisons dans son village natal et un bloc d’appartements à Urmia.

Certaines preuves ont maintenant fait surface qui montrent que le cartel de Zindashti pourrait également avoir été impliqué dans le meurtre du juge iranien Gholamreza Mansouri dans la capitale roumaine Bucarest en juin

Le juge fugitif accusé d’avoir reçu environ un demi-million de dollars de pots-de-vin, en fuite en Europe, a été retrouvé mort dans des circonstances suspectes à son hôtel.

L’assassinat du juge Mansouri à Bucarest peut avoir été commis par des hommes liés à Hossein Karimi-Rigabadi, le cousin maternel et beau-frère de Zindashti. L’implication de Karimi-Rigabadi peut expliquer les obscurités restantes dans le cas de Mansouri: les autorités iraniennes qui disent que Mansouri s’est suicidé peuvent l’avoir attiré d’Allemagne en Roumanie où les tueurs à contrat avaient de meilleures possibilités de l’abattre. Mansouri s’était rendu en Roumanie sur les conseils du ministère iranien des Affaires étrangères pour éviter d’être arrêté pour violation des droits de l’homme en Allemagne.

Gholamreza Mansouri, juge en fuite et initié du régime, tué à Bucarest en juin 2020

La façon dont la police et les tribunaux roumains ont traité l’affaire et le fait que l’ambassade d’Iran à Bucarest a ignoré l’avertissement de Mansouri concernant le danger pour sa vie font partie d’un puzzle créé par les organes de renseignement iraniens qui utilisent des groupes criminels à l’étranger, tels que le Zindashti, le cartel en Turquie et le cartel de Rigabadi en Roumanie pour effectuer leur sale boulot à leur place.

Karimi-Rigabadi a vécu à Bucarest pendant plus de 25 ans où il dirigeait l’un des principaux cartels de la drogue de la ville. Il a été recherché par la Drug Enforcement Administration (DEA) des États-Unis pendant de nombreuses années pour son rôle dans le trafic international d’héroïne et a finalement été arrêté en Autriche en mars 2007 et extradé vers les États-Unis .

Il a été libéré après cinq ans et est retourné en Iran où il vit actuellement.

Naji Sharifi Zindashti a été impliqué dans une opération massive de trafic de drogue en 2014 permettant à la police grecque de saisir plus de deux tonnes d’héroïne pure.

le navire Noor 1

L’arrestation à Istanbul du narcotrafiquant Serifi Zindashti, âgé de 44 ans – sur mandat d’arrêt émis par les autorités grecques – est le développement le plus significatif de ces derniers mois dans le cas du transport de 2,1 tonnes d’héroïne sur le le navire Noor 1, qui a été repéré en juin 2014 à Elefsina. lire plus

Des dizaines de personnes ont été arrêtées et une chaîne de meurtres suspects a eu lieu dans divers pays, dont la Turquie, où Zindashti et sa famille vivaient. Au moins 17 personnes liées à l’opération ont été tuées sur trois continents au cours des six dernières années.

Au cours des vingt-six dernières années, Zindashti, 46 ans, a été arrêté trois fois pour trafic de drogue et meurtre, mais à chaque fois, il a réussi à échapper à la punition. Il est le plus jeune enfant d’une famille aisée et bien connue du village de Mamkan dans la province de l’Azarbaïjan occidental en Iran.

Le père et le frère aîné de Zindashti, dissidents kurdes combattant pour le Parti démocratique du Kurdistan iranien, sont tous deux morts dans une rencontre armée entre les hommes du parti (peshmarga) et les Gardiens de la révolution de la République islamique en 1983.

La police iranienne a arrêté Zindashti en 1996 pour un trafic de drogue. Lui et son complice Esfandiar Rigi ont été condamnés à perpétuité, mais ont tué un garde lors de leur transfert au tribunal pour témoigner dans une autre affaire et se sont enfuis.

Rigi s’est rendu au Pakistan et Zindashti s’est enfui en Turquie où il s’est installé avec sa sœur dans un village près de la ville de Van et a commencé à établir son cartel de la drogue.

Zindashti’s villa in Istanbul

En 2001, Zindashti a déménagé à Istanbul où il a établi des relations avec le mouvement politique de Fethullah Gulen et a fait de généreux dons au groupe. Gulen, qui à l’époque était un religieux et une personnalité politique influente, soutenait l’étoile montante Recep Tayyip Erdogan.

Plus tard, les deux hommes forts de la politique turque se sont effondrés et Gulen vit maintenant aux États-Unis alors qu’Erdogan souhaiterait vraiment l’extrader.

En 2007, la police turque a arrêté Zindashti  avec plus de 77 kilos d’héroïne près d’Istanbul.

Selon certaines informations, Zindashti a affirmé qu’il s’appelait Kamal Sharifi-Seyedani et a coopéré avec les autorités pour identifier les itinéraires du trafic de drogue pendant l’enquête et le procès en échange d’une réduction de sa peine.

Le procureur chargé de l’affaire a demandé une peine d’emprisonnement à perpétuité, mais Zindashti, utilisant toujours son pseudonyme de Sharifi-Seyedani, a finalement été libéré, probablement en payant des centaines de milliers de dollars en pots-de-vin et en acceptant de témoigner dans l’affaire Ergenekon.

Pots de vin aux juges

Deux mois après sa sortie de prison sous un autre pseudonyme, Tarazi, il a témoigné contre les juges dans l’affaire du trafic de 350 kilos d’héroïne. Il a déclaré à la Cour que les juges avaient reçu 1,2 million d’euros de pots-de-vin pour permettre à tous les prévenus  de marcher librement.

Témoigner contre d’autres a endommagé la réputation de Zindashti parmi ses pairs et il est devenu la bête noire. La disgrâce parmi ses pairs lui a coûté cher quelques années plus tard quand ils l’ont soupçonné de les avoir vendus dans l’affaire de la découverte massive d’héroïne grecque Noor One, la plus importante jamais réalisée en Europe, qui a engendré des retombées sanglantes dans le monde entier et a déclenché des scandales de corruption politique qui font toujours rage en Turquie, en Grèce et au Moyen-Orient;

Esfandiar Rigi

L’une des personnes arrêtées par la police était Esfandiar Rigi, la personne qui s’était évadée avec Zindashti de prison en Iran des années auparavant. Rigi a fui la garde à vue de la police grecque et s’est rendu en Turquie où son vieil ami l’a aidé à se rendre à Dubaï où il vivait.

D’autres barons de la drogue qui avaient investi dans l’accord ont commencé à soupçonner Zindashti après l’échec de l’accord et les arrestations en Grèce et ont même assassiné par erreur sa fille Avin, étudiante universitaire, à Istanbul au lieu de lui quelques mois plus tard. Zindashti a affirmé qu’il avait averti les autorités turques et pensait que lui et sa famille étaient sous leur protection.

Zindashti, qui ne savait pas qui avait ciblé sa famille, a décidé l’élimination de ses anciens partenaires

La première cible, Murad Garki, a été tuée à Amsterdam, puis deux autres en Turquie. Les meurtres d’anciens associés, dont Esfandiar Rigi, connu sous le nom de Mohammad Diesel, se sont poursuivis en Turquie, aux Émirats arabes unis, aux Pays-Bas et en Iran.

Zindashti a finalement été arrêté en mars 2018 par la police turque lorsque la Grèce a émis un mandat d’arrêt international contre lui, mais a été libéré avec l’aide du politicien turc Burhan Kuzu, un haut fonctionnaire du Parti de la justice et du développement (AK) au pouvoir, et s’est rendu en Iran.

Kuzu avait déclaré au juge que la libération de Zindashti aurait un effet positif sur les relations turco-iraniennes.  Kuzu a-t il agi de sa propre initiative ou à la demande d’un responsable diplomatique ou de sécurité iranien. Le politicien turc a ensuite été jugé pour son rôle dans cette affaire.

Jusque-là, Zindashti semblait toujours fonder ses espoirs pour  un avenir en Turquie et… sur la scène politique turque, mais pas en République islamique.

Les médias turcs l’ont désigné comme l’homme derrière l’enlèvement d’Habib Asyud le 16 décembre et ont affirmé qu’il était lié au ministère iranien des renseignements.

Dans une interview vidéo avec un journaliste turc publiée sur YouTube  le 20 décembre, Zindashti a nié les allégations de collaboration avec le ministère iranien des renseignements, portées contre lui par Bakhtiar Forat, un parent arrêté en Turquie en novembre. Zindashti a déclaré que les aveux de Forat avaient été faits sous la torture et étaient sans fondement.

La Turquie a arrêté un certain nombre de citoyens turcs pour leur rôle dans l’enlèvement d’Asyud remis aux services de renseignement iraniens, vraisemblablement sur ordre de Zindashti.

A suivre

Shahed Alavi – Iran International staff journalist

source

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