AVISEUR INTERNATIONAL

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NARCO-MONDIALISATION: histoire et géopolitique du trafic des opiacés en Asie du Sud-Est

En 1972, l’universitaire américain Alfred McCoy, professeur à l’université du Wisconsin, publiait un ouvrage désormais classique: La politique de l’héroïne en Asie du Sud-Est.

Il y étudiait dans la (longue) durée le trafic des opiacés dans cette région du monde, pointant les relations troubles de pouvoir entre États, agences de renseignement (notamment la CIA), armées régulières, guérillas, contrebandiers, confréries mafieuses et populations traditionnelles, tous pris dans la nasse de la guerre froide.

En s’appuyant en partie sur McCoy et sur d’autres travaux, retraçons ici la géopolitique de cette région-clé dans le trafic international d’opiacés, dont l’âge d’or fut les années 1960-1980.

Publié le 25 Septembre 2017
par  Alexandre Marchant, ENS, Cachan

L’économie coloniale de l’opium

L’opium a une vieille histoire en Asie du Sud-Est. Les populations Hmongs (ou Méos) des régions montagneuses du Laos, de Thaïlande ou du Vietnam, ou encore les communautés chinoises du Yunnan, cultivent traditionnellement le pavot depuis des siècles. Mais les premiers acteurs géopolitiques qui firent de cette région du monde un foyer majeur du trafic de stupéfiants furent les États.

Au XIXe siècle, les Britanniques inondèrent l’Empire de Chine d’opium indien à la suite de deux guerres authentiquement impérialistes (1839-1842, 1856-1860), afin d’ouvrir un juteux marché les armes à la main. Dès lors, l’économie de l’opium fut au cœur des empires coloniaux qui se mirent en place au XIXe siècle. Dès la conquête de l’Annam et du Tonkin, les colons français du Second Empire puis de la IIIe République comprirent le profit qu’ils pouvaient tirer de la culture et de la vente de l’opium. D’une «ferme de l’opium» mise en place dans les années 1860, l’administration coloniale mit en place en 1881 le régime de la Régie directe, en situation de monopole. Une manufacture d’opium fut installée à Saïgon, raffinant de l’opium acheté principalement aux Indes (et non dans les régions périphériques du pays), à destination des pharmacies mais aussi des fumeries. Au début du XXe siècle, un quart des recettes dans le budget de l’Indochine, soit environ 8 millions de piastres, provenait de la vente d’opium à prix fixé par la Régie1. Ailleurs, les colonisateurs établirent le même type de régime, comme les Néerlandais en Indonésie, ou privilégièrent la libre concurrence des compagnies d’opium, comme les Britanniques à partir de leurs concessions chinoises. Le gâteau chinois était aussi partagé par les Français qui jouirent, entre 1898 et 1945, de la possession d’un petit territoire côtier, Kouang-Tchéou Wan ou Fort Bayard.

À partir de 1914, l’administration française y créa une petite Régie, raffinant l’opium et le vendant à des intermédiaires commerciaux (y compris des contrebandiers chinois) pour l’exporter vers la Chine continentale2.

Lire aussi: INDOCHINE (Saïgon): quand la Douane vendait de l’opium pour le gouvernement français…

Cependant, cette économie florissante se retrouvait en porte-à-faux avec le système des conventions internationales, institué à la conférence de La Haye en 1911, perfectionné après la Grande Guerre sous l’égide de la Société des Nations (SDN)3. La catastrophe sanitaire de l’opiomanie en Chine fournissait les images de décadence pointées par les ligues de vertus en Europe et aux États-Unis. Mais toutes les administrations coloniales violèrent hypocritement, pendant des années encore, la prohibition internationale. Le profit était trop important: en Indochine française, par exemple, les recettes des ventes d’opium passèrent à 30 millions de piastres dans l’entre-deux-guerres. Le Japon eut une trajectoire différente, imitant les méthodes des Européens: il raffina industriellement de l’opium cultivé massivement dans le protectorat du Mandchoukouo, en injectant une grande partie dans la contrebande internationale. La SDN considérait en 1937 que 90% des opiacés illicites vendus dans le monde venait des Japonais. Le Japon dissimula à Genève la production de plus de sept tonnes d’héroïne dans les années 1930 et se lança jusqu’à la fin de la guerre dans une politique d’intoxication des populations occupées aussi bien en Chine qu’en Corée4. Il fallut la guerre et la décolonisation pour mettre un terme à ces économies semi-légales. L’ONU se chargea de rappeler après-guerre les règles du contrôle des stupéfiants au Japon vaincu. En 1949, la Chine devint communiste et Mao lança une véritable guerre à la drogue, assimilée à un poison déversé sciemment par les colonisateurs occidentaux. Cependant, au début des années 1960, les Américains soupçonnaient la persistance de cultures clandestines dans la province du Yunnan, avec la complicité des autorités, malgré le discours antidrogue de Pékin. De grosses quantités d’opium auraient franchi la frontière sino-birmane ou sino-thaïlandaise, leur vente servant à financer, par des revenus occultes, le parti communiste chinois. Pour transformer cet opium, des laboratoires clandestins fonctionnaient à Hong Kong, en Thaïlande, à Singapour, au Laos ou encore à Macao, et utilisaient depuis les années 1950 une main d’œuvre essentiellement composée de Chinois, dont la diaspora avait historiquement essaimé dans toute l’Asie du SudEst5. Enfin, toute activité de production légale d’opium cessa en Indochine à l’indépendance en 1954, mais la contrebande régionale survécut.

Armées, agences de renseignements et contrebandiers au temps des guerres indochinoises

Après les États, la géopolitique de la drogue fut aussi façonnée par les armées et surtout les agences de renseignements («l’État profond») qui participèrent à leur manière à l’effort de guerre, sachant que la péninsule indochinoise fut ensanglantée pendant presque trente ans. Pendant la guerre d’Indochine, le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE), autrement dit le contre-espionnage français, encouragea la culture du pavot par les Hmongs et les Thaïs des montagnes du nord et organisa son transport et sa revente, ramenant ensuite les fonds récoltés aux producteurs. Les commissions prélevées permirent de financer une partie des opérations militaires. Cette «Opération X» fut découverte en 1953 à la suite d’irrégularités comptables pointées par un officier trésorier du Groupement de commandos mixtes aéroportés (GCMA), émanation du SDECE créée en 1951. Elle dévoilait les responsabilités du général Salan, de l’armée régulière, et du colonel Belleux, du SDECE. Un avion Dakota avait transporté 1,5 tonne d’opium depuis le Laos en janvier 1953, marchandise ensuite stockée dans les locaux du GCMA à Saigon. L’opium était ensuite confié pour la revente locale et internationale aux Bihn Xuyen, confrérie criminelle de Cochinchine dont le quartier général, la salle de jeux du «Grand Monde», était basé à Saïgon et dont le chef, le parrain de la pègre Le Van Vien, était un ancien révolutionnaire qui s’était désolidarisé du Vietminh. Alfred McCoy fut l’un des premiers à évoquer cette trouble affaire dans son ouvrage de 1972, sur laquelle d’autres historiens ont travaillé depuis6.

En réalité, utiliser les ressources de la drogue pour financer un conflit n’avait rien d’exceptionnel, et l’Armée populaire du Vietminh ne se gênait pas pour faire de même de son côté, sur des surfaces bien plus conséquentes. Le financement des forces françaises par ce biais demeurait modeste: le trafic de piastres avait dans le même temps rapporté bien plus. Il s’agissait avant tout de s’attacher les populations montagnardes, opposées aux ethnies annamites constituant le Vietminh, afin d’obtenir des renseignements dans une zone stratégique, non loin de la frontière chinoise, puis de créer des maquis chargés de prendre à revers les forces d’Ho Chi Minh. Après la découverte du pot-aux-roses, le GCMA proposa de faire transiter les cargaisons par Bangkok mais Paris n’écoutait plus et le trafic fut stoppé net.

En 1954, tous les Français ne quittèrent pas l’Indochine. Des contrebandiers-aventuriers restés à Saïgon, à Ventiane ou à Phnom-Penh, reprirent le flambeau du commerce informel de l’opium, mais aussi de la morphine et de l’héroïne, produits par les laboratoires clandestins de la région. Ils se dissimulaient derrière la façade d’hôtels, de restaurants ou de sociétés de transports, tel un certain Roger Lasen propriétaire et exploitant de la bijouterie Mondia de Ventiane ou Henri Flamant lançant à Bangkok une affaire de produits alimentaires congelés. Parmi eux, on trouvait de nombreux Corses. Ils pouvaient aussi s’appuyer sur la corruption des administrations de ces pays, jeunes et encore fragiles (hormis la Thaïlande), parmi les hauts dignitaires de l’armée ou du gouvernement. Les trafiquants décidèrent à partir de 1962 d’abandonner la voie terrestre pour recourir au transport aérien, moins risqué. Avec la complicité de certains employés de la compagnie Air Lao, des lâchers d’opium, empaqueté dans des boîtes de conserve enveloppées de mousse, furent organisés par Dakotas au-dessus de la mer de Siam. La marchandise était ensuite récupérée par des bateaux de pêche mettant le cap vers Hong Kong ou Singapour. D’autres lâchers avaient lieu au-dessus du Sud Vietnam, rongé par la guérilla révolutionnaire, et dont les autorités, particulièrement corrompues, cherchaient à financer le conflit en faisant flèche de tout bois. Ainsi, l’organisation de Roger Lasen avait passé un accord avec le vice-président du Sud Vietnam, le général N’guyen Cao Ky, afin d’utiliser les aéroports militaires du pays. Cet accord tacite n’empêchait cependant pas les officiers sud-vietnamiens de procéder à des saisies arbitraires sur des appareils pilotés par des militaires laotiens. D’autres lâchers, enfin, étaient effectués dans les hautes montagnes, avec la complicité du général Ouan Rattikoun, chef d’état-major de l’armée laotienne. Ce dernier fournissait aux trafiquants la protection de ses troupes: les avions chargés de stupéfiants atterrissaient sur des bases où le personnel de l’armée les déchargeait. Si un pilote devait atterrir à l’étranger, comme en Thaïlande, l’état-major laotien exerçait des pressions pour le faire libérer. Mais, avec le début de l’intervention militaire américaine au Vietnam en 1964, le survol de la région devint plus risqué: radars et canons antiaériens abattirent plusieurs avions chargés en opium et morphine-base7.

CIA Air Operations in Laos, 1955-1974

Air America C-123 on ramp at Long Tieng, 1970. Photo courtesy of D. Williams

C’est alors que les services de renseignement américains rentrèrent en scène en reprenant l’habitude des collaborations troubles de leurs collègues français.

Recueillant nombre de témoignages au Laos, c’est ce que démontra Alfred McCoy dans son ouvrage en 1972. La compagnie aérienne Air America, utilisée par la CIA pour ses opérations clandestines en Asie depuis 1946 (soutien aux nationalistes chinois, puis aux forces anticommunistes d’Indochine), transportant déjà des marchandises de ravitaillement, fut mobilisée pour acheminer… de l’opium cultivé par les Hmongs et les Thaïs. Les buts de guerre étaient les mêmes que dix ans plus tôt: s’assurer du soutien des maquis Hmong contre le Nord-Vietnam et pouvoir compter sur de brillants meneurs d’hommes comme le général Vang Pao. Le trafic ainsi mis en place dura de 1965 à 1971. Mais il fut lourd d’effets pervers: produit à hauteur de 200 tonnes annuelles, l’opium était raffiné en héroïne dans des laboratoires clandestins de Ventiane ou de Long Tien, sous le couvert de généraux laotiens comme Rattikoun. Puis le produit se retrouva dans les veines des soldats américains en mal de paradis artificiels dans l’enfer de la jungle8. Ces opérations secrètes de la CIA cessèrent (curieusement…) l’année même où le président Nixon lançait aux États-Unis la «guerre à la drogue». Pour autant, l’agence continua d’un autre côté de soutenir le gouvernement thaïlandais, farouchement anticommuniste, fermant les yeux sur l’implication de certains militaires dans le trafic des opiacés.

Guérillas, pouvoirs corrompus et contrebandiers: la genèse du «triangle d’or»

Au début des années 1970, ressources en pavot, pouvoir corrompu et réseaux de contrebandiers faisaient la fortune du Laos dans le trafic d’héroïne en Asie du Sud-Est. Par exemple, un rapport franco-américain sur cette question, en 1971, indiquait que «Georges Campello, patron de bar français à Vientiane, un certain Michel Théodas, le général Kouprasith Abbhay, commandant de l’armée à Vientiane ont réussi à introduire en France de grandes quantités de stupéfiants dans les bagages du Premier ministre du Laos, Souvanna Phouma. Pour la contrebande de ces drogues, ces trafiquants utilisent les bagages diplomatiques, le personnel de la mission culturelle française et les membres de la mission militaire française au Laos. En retournant chez lui en France, chaque membre de cette mission a droit à 350 kg de bagages, avec le privilège d’être étiquetés diplomatiques, pouvant servir au transport de stupéfiants»9. L’utilisation de valises diplomatiques (et la corruption permettant d’accéder à ce type de contenant) est un moyen classique du grand trafic… Tandis que les notables français de l’ex-Indochine jouaient toujours un rôle prépondérant, tel un certain Michel Théodas, évoqué ci-dessus. Notable très en vue à Vientiane, directeur de la Société générale d’exploitation hôtelière et touristique du Laos entre 1963 et 1976, délégué au Conseil supérieur des Français de l’étranger entre 1967 et 1970, il assura, durant cette période, la vice-présidence du Rotary Club. Proche du ministère des Affaires étrangères laotien, il était en étroite relation avec Tiao Sopsaisana, ambassadeur du Laos en France et un dénommé Roger Zoile, trafiquant notoire et associé de la compagnie Lao Air Charter dont les cales servirent à la contrebande d’opiacés. En 1956, Théodas œuvrait pour le compte de la Mission officielle des États-Unis au Laos (USOM) et en utilisait les moyens pour amener des stupéfiants en contrebande à Saïgon et à Hong Kong. Dans les années 1960, il usa de ses réseaux diplomatiques pour envoyer des opiacés dans le reste de l’Asie et même en Europe. Mais aucune enquête ne parvint à débusquer cet intouchable: «En 1968, le service de police en civil de Bangkok a enquêté sur la famille Théodas à l’ambassade française de Vientiane. On lui a répondu que la famille Théodas était au-dessus de tout soupçon et qu’elle était étroitement liée d’amitié avec le Premier ministre Souvanna Phouma.»10… En 1975, la prise du pouvoir par les communistes obligea Théodas à revenir en France mais il poursuivit ses activités de contrebandier. En 1977, la Direction de la surveillance du territoire (DST) identifiait l’un des restaurants asiatiques parisiens dont Théodas était désormais le gérant, le Hang Tcheou, comme un point de passage obligé dans la revente d’une héroïne en provenance d’Asie du Sud-Est11.

À partir de 1975, le régime communiste laotien, la réunification du Vietnam par le Vietminh et la tragédie des Khmers rouges au Cambodge entravèrent pour un temps la production d’opium. Mais un pays indochinois épargné par le péril rouge avait pris la relève: la Birmanie. Le pays n’était pas pour autant stable, ne connaissant que la junte militaire comme forme de gouvernement depuis 1962. Ce qui favorisait les cultures illicites dans les régions frontalières difficiles d’accès et la vente d’opium comme moyen de financer un autre type d’acteurs: les guérillas politiques. Dès la fin des années 1960, le gouvernement birman, afin de lutter contre des groupes ethniques dissidents et contre la présence de groupes armés du Kuomintang (KMT) chinois, chassés de Chine populaire depuis 1949, et contrôlant des régions entières de Birmanie, créa des milices d’autodéfense (KKY). Ces dernières furent autorisées à pratiquer la culture et le commerce de l’opium pour se financer. De son côté, le KMT avait mis en place, dans le même but, des cultures et des raffineries de morphine-base employant des Chinois de Hong Kong. De même, deux chinois de Birmanie, les frères Lo Hsing-Han et Lo Hsing-Minh, fondèrent l’Armée révolutionnaire de l’État Shan-ARES, mouvement sécessionniste en apparence, paravent d’un gigantesque trafic d’héroïne à l’échelle asiatique qui enrichit considérablement les frères Lo. La junte militaire finit par les laisser faire, l’ARES s’imposant comme un utile instrument de lutte contre la démultiplication des maquis communistes. Alliée à des reliquats du KMT, elle bénéficia de soutiens financiers de la part de la CIA, en échange de l’envoi d’agents en Chine «rouge». Même la Thaïlande aida en douce l’ARES, convaincue que son activité affaiblissait directement ou indirectement ses ennemis héréditaires birmans et chinois12.

De leur côté, dissoutes en 1973, les KKY ne rendirent pas les armes mais entrèrent à leur tour en dissidence contre le pouvoir central, à commencer derrière un certain Chan Shee-Fu, surnommé Khun Sa (http://www.liberation.fr/portrait/1995/12/26/khun-sa-61-ans-seigneur-birman-du-triangle-d-or-se-range-des-voitures-apres-avoir-mene-une-vie-qui-s_151421). Ce dernier s’imposa vite sur les couvertures de magazines occidentaux comme le terrible «Seigneur de l’opium», à la tête de la Shan United Army. Dans sa lutte contre le gouvernement de Rangoon, la production et le commerce du pavot constituaient aussi l’essentiel de son financement. Comprenant les potentialités du marché des GI englués au Vietnam, Kuhn Sa accrut sa production annuelle à 400 tonnes13. Mais le départ des Américains au mitan de la décennie l’obligea à trouver de nouveaux débouchés pour éviter la surproduction. Cependant, la réputation du «triangle d’or» (zone frontalière entre Birmanie, Laos et Thaïlande) était désormais faite: des trafiquants d’autres régions du monde vinrent directement s’approvisionner à la source, tel l’Américain Frank Lucas, le «parrain de Harlem», à qui Ridley Scott consacra un film en 2008 (American Gangster). L’héroïne partit donc directement vers l’Amérique du Nord. Dès 1973, les policiers canadiens constataient qu’une héroïne ayant transité par Hong Kong ou Bangkok entrait clandestinement via le port de Vancouver14. Puis ce fut le tour de l’Europe. En 1974, un passeur d’héroïne chinois fut interpellé dans un aéroport parisien: pour l’OCRTIS, la Chinese Connection était née, même si cette expression des policiers français était un peu trop simplificatrice.

Mondialisation du trafic: la Chinese Connection (1974-années 1980)

L’ouverture du triangle d’or vers le marché international était d’autant plus nécessaire que le Laos produisait à nouveau. Dès 1978, afin d’acheter la paix avec les populations Hmongs en sécession, l’État laotien reprit ses mauvaises habitudes en autorisant dans l’ombre: achat, raffinement et transport de l’opium cultivé dans les montagnes. La production, de 50 tonnes en 1984, passa à 250 tonnes en 1987, le pavot devenant la première ressource agricole du Laos15. De son côté, Kuhn Sa se vantait toujours d’une production en centaines de tonnes d’opium. En 1988, interviewé au cœur de la jungle birmane par le journaliste australien Stephen Rice, il proposa, goguenard, au gouvernement australien de lui acheter sa production des huit années à venir pour 50 millions de dollars, afin de mettre un terme au trafic international. Un an après, il narguait les États-Unis en proposant une offre similaire16.

Les laboratoires clandestins d’Asie diversifiaient également les héroïnes acheminées depuis le triangle d’or et proposées sur le marché clandestin à Bangkok, Kuala-Lumpur, Singapour et Hong Kong puis dans le reste du monde. Il y eut l’héroïne brune ou brown sugar, de piètre qualité, coupée à la strychnine ou à la caféine, destinée normalement à être fumée par les consommateurs de Hong Kong mais injectée par les toxicomanes en Europe et en Amérique. Il y eut aussi une héroïne blanche de très grande qualité, purifiée à l’éther après acétylisation: surnommée White China aux États-Unis, sa pureté avoisinait celle de la «marseillaise» de la French Connection. Enfin, au début des années 1980, on trouvait aussi une héroïne «rose» (dite «chinoise» en France) qu’il fallait s’injecter rapidement car elle gélifiait dans la cuillère17. La réexpédition de ces marchandises vers le monde occidental était le fait d’un autre type d’acteurs: les organisations criminelles, les mafias asiatiques étant de gigantesques réseaux transnationaux aux sociabilités très ritualisées et régnant sur le monde du jeu, de la prostitution et de la contrebande. La nouvelle filière internationale de l’héroïne asiatique fut donc dominée dès les années 1970 par les «triades» chinoises implantées dans les communautés chinoises extérieures à la République populaire de Chine: la 14 K, de loin la plus puissante, originaire de Canton, puis repliée sur Hong Kong ; la Ka Ki Nang, basée en Thaïlande ; la Gi Kin San, opérant depuis Singapour et la Sap Baat Chai, ou groupe des 18 Immortels, implantée en Malaisie. Les passeurs recrutés pouvaient être vietnamiens, cambodgiens, laotiens, malais, etc. Des relais, prenant appui sur les diasporas asiatiques, s’implantèrent partout dans le monde: en Europe, c’est aux Pays-Bas que les chefs de la 14 K, composés pour beaucoup de criminels en fuite s’installèrent pour réceptionner et distribuer la marchandise aux autres pays, tel Li Hin Hing, ancien policier de Hong Kong corrompu, devenu trafiquant et dirigeant une maison de jeux à Rotterdam18. Les largesses de la loi néerlandaise anti-opium de 1919 autorisaient les immigrés asiatiques à fumer l’opium dans leurs arrière-salles de boutiques, ou dans des fumeries semi-légales, à condition que ces consommateurs s’abstiennent de tout prosélytisme envers la jeunesse batave19. Le nouvel Opiumwet de 1976 revint sur ces libéralités mais la brèche avait été entrouverte, créant un appel d’air pour les trafiquants asiatiques quand il s’agit d’exporter les surplus du triangle d’or et répondre à la hausse de la demande en Europe. Enfin, n’oublions pas ces particuliers qui, en dehors de toute mafia, se rendirent massivement dans les années 1970-1980 en Thaïlande ou en Malaisie pour acheter de l’héroïne, brune ou blanche, et en ramener pour leurs proches: ce trafic de «fourmis» dépeint par Armand Lercot dans son roman autobiographique Les chiens de Bangkok (1982). Usager-revendeur parti à Bangkok, il se fit trafiquant amateur avant d’être arrêté en 1977 et de connaître pour quelques années les sordides établissements pénitentiaires du pays20.

La filière asiatique de l’héroïne s’essouffla à la fin des années 1980. Les pressions diplomatiques sur les pays producteurs avaient fini par payer: les autorités thaïlandaises appliquaient désormais de façon drastique l’interdiction des produits servant à transformer l’opium et contrôlaient mieux leur frontière au nord de Chiangmai ; le nombre de laboratoires clandestins de production d’héroïne décrut progressivement au Laos et au Cambodge21. Puis les Drug Lords birmans se rendirent: en 1992, Lo Hsing-Han se reconvertit officiellement en homme d’affaires, à la tête de l’Asia World Group, entre Rangoon et Singapour, continuant cependant son activité trafiquante en sous-main ; Khun Sa déposa les armes en 1996 en échange de la promesse de la junte militaire de ne pas être extradé vers les États-Unis. Surtout, le triangle d’or subit la forte concurrence du «croissant d’or», en Asie centrale, qui le supplanta définitivement dans les années 1990: l’Afghanistan est depuis le premier producteur mondial d’opium.

Pour autant, la géopolitique de la drogue en Asie du SudEst n’est pas un domaine forclos. Des guérillas et des mafias restent actives dans le triangle d’or et de nouveaux barons de la drogue, tel le sino-birman Wei Shao Kang, à la tête de la United Wa State Army, une nouvelle guérilla fédérant cette fois l’ethnie Wa, ont mis en place dès les années 1990 des laboratoires de drogues de synthèse. L’ecstasy et surtout la méthamphétamine (yaa baa), après avoir saturé le marché thaïlandais, déferlent désormais sur toute l’Asie…

  • 1. PauleS X. L’opium, une passion chinoise (1750-1950). Paris: Fayard, 2011.
  • 2. Matot B. Fort Bayard: quand la France vendait son opium. Paris: François Bourrin, 2013.
  • 3. Marchant A. Une brève histoire des conventions internationales sur les stupéfiants au XXe siècle. Swaps 2015 ; 80-81: 3-4.
  • 4. Jennings J. The Opium Empire: Japanese Imperialism and Drug Trafficking in Asia, 1895-1945. Wesport: Preager, 1997.
  • 5. United State Senate, Rapport Organized crime and illicit traffic in narcotics. 1965: 680-8.
  • 6. Lepage JM. Les services secrets en Indochine. Paris: Nouveau Monde 2012: 104-11.
  • 7. Dossier Trafic des stupéfiants dans le sud-est asiatique. Archives de l’OCRTIS 1971, 38
  • 8. McCoy A. La politique de l’héroïne en Asie du Sud-Est. Paris: Flammarion, 1992 (1972).
  • 9. Dossier Trafic des stupéfiants dans le sud-est asiatique. Archives de l’OCRTIS 1971, 38
  • 10. Fiche de renseignement sur Michel Theodas. Archives de l’OCRTIS, 1972.
  • 11. Note «trafic de drogue Laos – France» juillet 1972 ; note «détection de restaurants chinois susceptibles de servir de couverture à des trafics de stupéfiants». OCRTIS, mai 1977.
  • 12. Dasse M. Les réseaux de la drogue dans le triangle d’or. In: Cultures et conflits 1991 ; 3: 75-86.
  • 13. Labrousse A. Géopolitique des drogues. Paris: PUF 2004: 20-2.
  • 14. Dasse M. Les réseaux de la drogue dans le triangle d’or. In: Cultures et conflits 1991 ; 3: 75-86.
  • 15. Le problème de la drogue au Canada, 1972-1973. OCRTIS.
  • 16. Khun Sa (Chan Chee Fu), master of the heroin trade, died on October 26th, aged 73. The Economist 8 novembre 2007.
  • 17. LeteurS.Lesproduitsstupéfiants. École nationale de police, 1989.
  • 18. Synthèse des affaires chinoises. OCRTIS 1984.
  • 19. Kort(de)M.Tüssenpatientendeliquent; Het Geschiedenis van het Nederlandse Drugsbeleid.Rotterdam:Verloren 1995: 81-115.
  • 20. LercotA.LeschiensdeBangkok. Paris: Grasset, 1982.
  • 21. Revue internationale de Police criminelle novembre 1988; 415, et janvier 1990; 422.

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URUGUAY: recherché depuis 1995, l’italien Rocco Morabito a été arrêté à Montevideo

Rocco Morabito, un Italien recherché depuis plus de vingt ans par la justice de son pays pour trafic de drogues et activités mafieuses, a été arrêté dimanche dans un hôtel de Montevideo, a annoncé le ministère uruguayen de l’Intérieur. Morabito, «membre de la Ndrangheta, la mafia calabraise, est recherché par l’Italie depuis 1995» et une notice rouge a été émise contre lui par Interpol pour avoir appartenu de 1988 à 1994 à une organisation criminelle dédiée au trafic international de drogues, a précisé le communiqué du ministère.

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http://www.journaldemontreal.com/2017/09/03/uruguay-un-italien-recherche-depuis-1995-arrete-a-montevideo

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ESPANA (Mijas): detenido en Mijas el jefe de la mafia rusa Kemerovo, que iba a ser asesinado

El jefe de la mafia rusa Kemerovo ha sido detenido en Mijas (Málaga), donde se había refugiado para protegerse de la guerra de bandas desatada en Estonia, donde la red mafiosa había extendido de tentáculos.

Vyacheslav Gulevich dormía con un hacha y un machete bajo la almohada de su casa malagueña, ya que sabía que sus rivales habían mandado ya a España un sicario para matarlo.

Vyacheslav Gulevich

El detenido había llegado a España tras el asesinato, en septiembre de 2016 del jefe de los jefes de las mafias de Estonia, Nikolai Tarankov, el hombre que controlaba la obshack o caja común de la delincuencia organizada dedicada a todo tipo de negocios (tráfico de armas, tráfico de drogas, extorsiones, prostitución, trata de seres humanos…).

« Su poder era reconocido desde los años 90, presidiendo las denominadas shodkas, a las que asistían los 15 ‘ladrones en ley’ más influyentes. Tal era su poder que dichas reuniones eran conocidas en el ámbito delictivo como La mesa redonda”, reza la nota en la que el Ministerio del Interior detalla la operación conjunta de la Policía Nacional, la Guardia Civil y la Policía de la República de Estonia.

leer mas: https://politica.elpais.com/politica/2017/08/08/actualidad/1502179337_708651.html

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BLANCHIMENT: la mafia italienne préfère blanchir l’argent en Allemagne

Des millions d’euros seraient blanchis chaque année en Allemagne par la mafia italienne, qui exploite les failles du droit dans ce pays alors que les Allemands, convaincus que la mafia n’existe plus, se croient hors de danger.

Dix ans se sont écoulés depuis le massacre à Duisbourg entre les représentants de deux clans mafieux, le pire attentat jamais commis en Europe par la Ndrangheta, la mafia calabraise. Les Allemands, convaincus que la mafia n’existe plus, se croient aujourd’hui hors de danger, mais il n’en est rien.

«La mafia est toujours là pour blanchir l’argent», a prévenu David Ellero, chef du département d’Europol pour la lutte contre les crimes économiques et les crimes contre la propriété, intervenant lors d’une conférence organisée à l’ambassade italienne par l’association «Mafia? Nein Danke!» (Mafia, non merci!).

Et de souligner que l’Allemagne était un vrai paradis pour le blanchiment d’argent, vu sa législation par trop clémente en la matière.

Un autre participant à cette conférence intitulée «Pour la liberté et la sécurité: comment réprimer le crime organisé en Europe», Andreas Frank, spécialiste de la prévention du blanchiment d’argent auprès du Bundestag et du Conseil européen, est du même avis.

«En Allemagne, le risque d’être dénoncé est nul», a expliqué l’expert, ajoutant que, selon les données officielles, le volume de l’argent blanchi en Allemagne chaque année dépassait 100 millions d’euros, alors que les sommes réelles pourraient être bien plus importantes.

Les spécialistes insistent sur l’adoption en Allemagne de lois plus dures, ainsi que sur la conjugaison des efforts en Europe, car tant que la mafia persécutée en Italie trouvera refuge en Allemagne, rien ne changera.

«Celui qui ne veut pas se réveiller un jour sous la dictature, doit lutter contre le blanchiment d’argent, car la mafia, qui se soucie avant tout de son influence politique et économique, ne cesse de recruter dans ses rangs des représentants de ces deux sphères que sont la politique et l’économie», a relevé M.Frank.

L’ancien chef de la police criminelle de Berlin Bernd Finger a signalé pour sa part les liens qui existent entre le terrorisme islamiste et les crimes mafieux.

«La mafia italienne, mais aussi des mafieux d’autres pays, se livrent essentiellement à la vente et à la contrebande d’armes et de matériel militaire aux islamistes et à d’autres groupes terroristes. Il s’agit tout simplement d’un business très rentable», a indiqué l’expert.

Hôtes de marque à cette conférence, les ministres allemand et italien de l’Intérieur, Thomas de Maiziere et Marco Minniti, se sont prononcés eux aussi en faveur d’un renforcement de la coopération dans la lutte contre le crime organisé.

«L’Allemagne veut puiser dans l’expérience italienne en la matière», a déclaré M. de Maiziere.

LIRE Plus: https://fr.sputniknews.com/international/201707161032250150-mafia-italie-allemagne-blanchiment-argent-conference/

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MAFIA (la ‘Ndrangheta): en Italie, «des milliers de mafieux sont en prison et 12 milliards saisis tous les deux ans» 

Le 4 juillet, la police italienne a mené une opération d’envergure contre la mafia calabraise. Vingt-quatre familles du sud du pays étaient visées. Pour «Libération», Fabrice Rizzoli, auteur de «la Mafia de A à Z», revient sur ces arrestations, sur les activités de la mafia calabraise, ainsi que sur l’implantation des mafias en Europe.Encore plus réel que la série italienne Gomorra tirée du livre (2006) de Roberto Saviano, condamné à mort par la Camorra, et qui vit depuis sous protection policière. Mardi 4 juillet, quelque 1 000 carabiniers débarqués par hélicoptères, avec des chiens et des spécialistes de la recherche de bunkers pouvant servir de cachette pour les chefs mafieux, ont été déployés avant d’arrêter 116 membres de la ‘Ndrangheta (la mafia calabraise) visés par des mandats d’arrêt. L’opération a permis de mettre à jour les nouvelles structures de l’organisation, dont des sortes de tribunaux supposés résoudre les conflits internes entre les divers clans. Active depuis le milieu du XIXe siècle, la tentaculaire ‘Ndrangheta dépasse désormais sa rivale sicilienne Cosa Nostra sur le plan du chiffre d’affaires comme sur celui des effectifs. Entretien avec Fabrice Rizzoli, auteur de la Mafia de A à Z.

Qu’est-ce que la ‘Ndrangheta ? Quelles sont ses activités ? Selon une étude de l’institut italien Demoskopika, elle serait aussi rentable que la Deutsche Bank et McDonald’s réunis…

La ‘Ndrangheta est tout simplement la mafia italienne la plus puissante. Elle est considérée comme numéro un, aussi bien en nombre d’affiliés [ils seraient au nombre de 60 000, ndlr], qu’en termes de revenus : près de 40 milliards d’euros par an. Originaire de Calabre dans le sud de l’Italie, elle opère dans tout le pays et même ailleurs en Europe, au Canada, et en Australie, mais aussi en Amérique Latine où elle a établi de véritables narco-comptoirs. 

LIRE la suite 

http://www.liberation.fr/planete/2017/07/07/en-italie-des-milliers-de-mafieux-sont-en-prison-et-12-milliards-saisis-tous-les-deux-ans_1582092

EUROPOL (Opération antimafia): au moins 30 arrestations

Près d’une tonne de drogue -quelque 520 kilos de cocaïne et 450 de haschich- et des biens d’une valeur de cinq millions d’euros ont été saisis en Allemagne, Italie, Portugal, Espagne et au Royaume-Uni, indique Europol.

« Les revenus de la drogue étaient blanchis via des réinvestissements dans la restauration, l’import-export d’alimentation, le commerce de métaux précieux et véhicules, et le football« , selon Eurojust, tandis qu’un porte-parole de la garde civile espagnole évoquait des maisons de jeux, des sociétés de location de voitures ou des boutiques d’achat-vente d’or.

lire plus: http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20170705.AFP6707/operation-europeenne-antimafia-au-moins-30-arrestations.html

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POLOGNE (Glogow): Antonio Cella du clan ‘Contini’ de la Camorra a été arrêté par la police polonaise 

Les carabiniers de Naples ont réussi à  mettre hors jeu un des membres important de la Camorra ‘Contini’.

Ce camorriste était recherché depuis 2011. 

Considéré comme le « Broker », une des pièces principales dans le trafic  de drogue au départ d’Espagne et des Pays-Bas, Antonio Cella, 45 ans, avait été condamné en 2015 à 10 ans et 11 mois pour narcotrafic.

Il avait tenté de redémarrer une nouvelle vie en Pologne depuis 4 ans, en vain.

Source: http://www.rainews.it/dl/rainews/articoli/ContentItem-291cedcd-01ff-4fe9-8acf-44f91df6441a.html

http://mobile.marigliano.net/articolo.php?ru_id=1&sr_id=26&ar_id=50788

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CANADA (Québec): des sicaires de la mafia envoyés au pénitencier

Deux meurtres sont élucidés par les plaidoyers de cinq membres d’un gang de rue

«Jamais deux sans trois . Envoie le troisième. Je commence à y prendre goût…»

C’est le message texte enthousiaste qu’Olivier Gay expédiait à son patron après avoir participé à son deuxième meurtre en neuf jours , le 31 janvier 2013, au sein d’une bande de sous-traitants à qui la mafia montréalaise confiait ses règlements de compte.

 

 

 

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Olivier Gay, Stanley Minuty, Kevin Tate, Léonard Faustin Étienne et Édrick Antoine

Mais jeudi, Gay et quatre autres membres d’un gang de rue — Stanley Minuty, Kevin Tate, Léonard Faustin Étienne et Édrick Antoine — d’allégeance rouge se sont reconnus coupables de complot. Le premier écopera de 18 ans de pénitencier et les autres se retrouveront à l’ombre pour des périodes variant entre 16 et neuf ans si le juge Guy Cournoyer entérine les suggestions des procureurs, mercredi prochain.

 

LIRE la suite: http://www.journaldemontreal.com/2017/06/15/mafia-montrealaise-deux-meurtres-resolus-cinq-accuses-plaident-coupable

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ITALIE: Totò Riina,le parrain de la mafia, peut « mourir dans la dignité » 

L’ancien parrain de la mafia sicilienne, Totò Riina surnommé « la bête », a « le droit de mourir dignement », a estimé la Cour de cassation italienne, ouvrant ainsi la voie à une éventuelle sortie de prison et suscitant des réactions outrées.

Par  Marcelle Padova

Le « boss des boss », dit « la belva » (la bête), remis en liberté? En publiant le 5 juin dernier un arrêté qui établit que le parrain de Cosa Nostra, Totò Riina en personne, en prison depuis 24 ans, a droit à une « mort décente » en dehors des murs de sa geôle de Parme, la Cour de cassation italienne a mis le pays sens dessus dessous. 

 »Lorsqu’on se sent fort, on peut être indulgent même avec les criminels« . Et de citer le juge Giovanni Falcone, assassiné il y a juste 25 ans, qui fut capable lors du « maxi procès » de 1987, d’éviter une condamnation hâtive d’un autre boss, Luciano Liggio, parce qu’il ne trouvait pas les preuves de culpabilité « totalement convaincantes ».

Lire

http://m.nouvelobs.com/monde/20170607.OBS0386/le-parrain-de-la-mafia-peut-mourir-dans-la-dignite-l-italie-choquee.html#

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IRAN (TEHRAN): Police Seize 4 Tons of Illicit Drugs, Kill Wanted Criminal in Southeastern Iran

سردار رحیمیTEHRAN

Speaking to the Tasnim News Agency, General Hossein Rahimi said in an operation mounted early on Wednesday morning, the law enforcement forces managed to kill Khodabakhsh Balouch, a notorious outlaw who was behind the deaths of several polices officers in the province.

He further highlighted two other operations in the cities of Iranshahr and Saravan in Sistan and Balouchestan over the past 24 hours and said two major drug rings were smashed in the operations.

The commander added that seven members of the drug rings were arrested and four tons of illicit drugs and some weapons and ammunition were also seized from the smugglers.

Police and security forces have been quite successful in ensuring security in the province despite its long borders with Pakistan and Afghanistan, harsh weather and vast desert areas.

Iran, which has a 900-kilometer common border with Afghanistan, has been used as the main conduit for smuggling Afghan drugs to narcotics kingpins in Europe.

Despite high economic and human costs, the Islamic Republic has been actively fighting drug-trafficking over the past three decades.

The country has spent more than $700 million on sealing its borders and preventing the transit of narcotics destined for European, Arab and Central Asian countries.

The war on drug trade originating from Afghanistan has claimed the lives of nearly 4,000 Iranian police officers over the past four decades.

source: https://www.tasnimnews.com/en/news/2017/05/10/1403683/police-seize-4-tons-of-illicit-drugs-kill-wanted-criminal-in-southeastern-iran

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SUISSE: un trafiquant de drogue membre de la mafia arrêté 

«Il a été arrêté suite à une demande de la justice italienne», a confirmé Folco Galli, porte-parole de l’Office fédéral de la justice (OFJ), contacté lundi par la Tribune de Genève. «Il était recherché pour purger sa peine, notamment pour trafic de drogue. Entendu samedi, il s’est opposé à son extradition. L’Italie va donc nous soumettre une demande formelle d’extradition», a précisé M. Galli. En attendant, cet homme de 39 ans est incarcéré à la prison genevoise de Champ-Dollon.

Lire

http://mobile2.lematin.ch/articles/5935a907ab5c371c13000001

http://mobile2.24heures.ch/articles/593589faab5c375eaa000001

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VIETNAM: la police d’Hô Chi Minh-Ville vient de saisir deux cents kilos d’ecstasy, 25 kilos de méthamphétamine, 440 000 dollars en liquide, sept voitures et d’autres marchandises

Résultat de recherche d'images pour "aeroport d’Hô Chi Minh-Ville"Les autorités vietnamiennes ont démantelé un immense réseau de drogue. De nombreux laboratoires mobiles de fabrication d’ecstasy y étaient reliés. Au total, 15 personnes ont été arrêtées et près de 9 millions de dollars de marchandises ont été confisqués.

Avec notre correspondant à Hô Chi Minh-Ville,  Frédéric Noir

Deux cents kilos d’ecstasy, 25 kilos de méthamphétamine, 440 000  dollars en liquide, sept voitures et d’autres marchandises saisies. La police d’Hô Chi Minh-Ville vient de frapper un grand coup dans sa lutte contre le trafic de drogue.

Les photos des suspects, une quinzaine au total, s’affichent en première page de la plupart des journaux vietnamiens. D’après la police, le laboratoire de fabrication de la drogue n’était pas situé dans un endroit fixe. Par mesure de précaution, les trafiquants changeaient régulièrement de lieu et les produits chimiques nécessaires à la confection de la drogue étaient entreposés dans une autre cache à l’abri des regards.

lire: http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20170603-vietnam-coup-filet-historique-le-milieu-drogue

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Dien Bien (VNA) – Anti-drug forces from Vietnam’s northwestern province of Dien Bien and Laos’ Oudomxay province have uncovered a major drug ring in Oudomxay.

At 8:00 pm on June 1, the two sides coordinated to arrest two drug traffickers and seize 30 cakes of heroin, 160,000 synthetic pills, and 37 million KIP (4,500 USD).

READ: http://en.vietnamplus.vn/vietnam-laos-bust-major-drug-ring/112731.vnp

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Vietnam cops bust gang using mobile labs to make ecstasy

HANOI: Vietnamese cops have smashed a multi-million-dollar drug ring that pumped out ecstasy pills from mobile labs, police and state media said Friday, in what could be the country’s largest ever narcotics bust.

Fifteen people were arrested including the alleged ringleader Van Kinh Duong, who used live video or social media to monitor his labs as they moved house-to-house to evade authorities in Hanoi and Ho Chi Minh City.

The labs churned out ‘E’ and other synthetic drugs, according to Cong An Thanh Pho Ho Chi Minh City on Friday, the southern hub’s official newspaper.

Photographs showed bins full of white powder, cooking flasks and scales, along with suitcases stuffed with ecstasy pill packets.

READ MORE: http://www.thesundaily.my/news/2017/06/02/vietnam-cops-bust-gang-using-mobile-labs-make-ecstasy

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FRANCE: le mépris du renseignement, un mal français ?

Par Eric Denécé – 03-10-2012

Dans une démocratie, il est indispensable de s’interroger sur l’utilité et l’efficacité des services de renseignement et de sécurité, d’autant qu’ils ont longtemps échappé à tout contrôle et à toute évaluation.

 

Que valent véritablement nos « services » ?

Nous permettent-ils de conduire efficacement notre politique étrangère et nos interventions extérieures ? Nous protègent-ils efficacement du terrorisme et de l’agressivité nos concurrents politiques et économiques ?
Il convient de regarder la réalité en face : si les services français sont d’un niveau honorable – essentiellement grâce à la qualité des femmes et des hommes qui les composent – et s’ils ne commettent pas plus de bévues que les autres, force est de reconnaître que nous ne sommes pas les meilleurs au monde dans cette discipline. D’autant que nos agences sont largement sous-dimensionnées par rapport à celles des autres Etats occidentaux. Nos effectifs et nos budgets sont en effet de loin inférieurs à ceux du Royaume Uni ou de l’Allemagne, pays aux responsabilités internationales équivalentes à celles de la France.
A qui la faute ?

A nos politiques de tout bord, qui n’ont jamais compris à quoi pouvaient servir les services. Depuis toujours, le pouvoir, qu’il soit de droite ou de gauche, manifeste une profonde incompréhension et une véritable défiance à l’égard du renseignement. En conséquence, il s’attache à neutraliser les services ou les cantonne dans des missions indignes de leurs capacités, par peur des échecs et des scandales.
Cette attitude est liée à un travers culturel national profond. En France, l’espionnage a mauvaise presse. C’est une activité infamante et perfide, aux antipodes du sens de l’honneur auquel nous nous référons si souvent, à défaut de toujours le mettre en pratique. La profession est tolérée, mais honteuse, un mal nécessaire en somme. Surtout, les élites françaises, confinées dans les certitudes que leur a conféré un diplôme obtenu vers l’âge de 25 ans, ne considèrent guère que l’information soit utile, puisqu’elles savent ! Et quand on sait, on ne demande pas ! Dès lors, le renseignement est perçu comme un facteur inutile, ou pire dérangeant, lorsque les faits viennent remettre en cause leur vision du monde et leur « supériorité » intellectuelle.
La conséquence de ce désintérêt est que les capacités du renseignement national ont toujours été sous-dimensionnées et sous-utilisées. Si les services chargés de protéger le pays contre les ingérences étrangères ou les institutions démocratiques contre les extrémismes n’en ont pas trop souffert, le renseignement extérieur a été le plus souvent livré lui-même, sans directives. Il a parfois du les inventer lui-même, ce qu’une démocratie ne saurait accepter. Or les professionnels le savent bien : rapporter aux autorités des informations qu’elles n’ont pas demandé ne les convainc pas de l’utilité des services…
Pire, depuis le 11 septembre, nous sommes entrés dans le règne de la « sécurité spectacle ». Les dirigeants actuels ne sont préoccupés que par une chose : qu’aucun attentat ne vienne perturber leur mandat et compromettre leur réélection. Les autres sujets ne comptent pas, car leurs effets ne se mesurent pas à l’aune d’une échéance électorale. Aussi, depuis 2001, nos services – DCRI et DGSE – ont été conduits à se polariser quasi exclusivement sur la lutte antiterroriste et la libération d’otages, alors que ce ne sont là que deux menaces parmi d’autres.
Par exemple, en matière de renseignement extérieur, peu de choses sont faites pour discerner l’avenir et l’anticiper, afin de promouvoir ou de défendre nos intérêts nationaux à moyen terme : décrypter l’évolution chaotique du monde, identifier de nouvelles menaces avant qu’elles ne prennent forme, garantir notre libre accès aux marchés mondiaux et aux ressources naturelles rares, etc. La politique étrangère française étant de moins en moins autonome – nous sommes aujourd’hui dans un suivisme total des positions américaines – la DGSE est conduite à faire des « grands écarts » pour le moins paradoxaux : en Libye comme en Syrie, au prétexte légitime de renverser des dictatures, des officiers du service forment des combattants djihadistes et participent au soutien logistique de leurs mouvements. Ces actions ont lieu en collaboration étroite avec l’Arabie saoudite et le Qatar, pays qui ont toujours soutenu Al-Qaeda et auprès desquels le régime de Bachar al-Assad, malgré ses défauts évidents, est une démocratie avancée…
Sur le plan intérieur, la focalisation antiterroriste amène à négliger la lutte contre l’espionnage politique et économique étranger, qui reste bien réel. En particulier, nos services ne travaillent plus contre nos alliés, ce qu’eux ne se privent pas de faire, en particulier les Etats-Unis, en opérant, au mépris des lois diplomatiques, dans nos banlieues mêmes. Plus grave, les nouvelles menaces émergentes (agroterrorisme, écoterrorisme, etc.) sont insuffisamment suivies. Suite à la réforme de 2008, plus des deux tiers des ex-RG ayant rejoint la SDIG[2] ont quitté ce service en raison du manque de moyens et de la réduction du périmètre de leurs missions. En effet, ces policiers sont chargés de surveiller les mosquées radicales et les groupes politiques extrémistes. Mais dès qu’un individu est soupçonné d’activisme, c’est la DCRI qui reprend le dossier. En outre, le travail de la SDIG est peu valorisé au sein de la Sécurité publique, à laquelle elle a été rattachée.
Ceux qui aiment positiver rappelleront qu’il n’y a jamais eu autant de réformes majeures du renseignement français – une dizaine – que sous le mandat de Nicolas Sarkozy. Mais pour quel effet ? L’affaire Merah a mis en lumière l’échec de la réforme du renseignement intérieur. Si la fusion de l’ex DST et de l’ex DCRG paraissait pertinente par bien des aspects, elle a été faite en dépit du bon sens et n’a contribué qu’à déplacer la frontière entre les deux spécialités. La non-intégration de la totalité des RG dans le nouvel ensemble a affaibli la qualité du maillage territorial qui a fait pendant longtemps le succès de notre sécurité intérieure.
Pour ne rien arranger, nos services sont parfois pris en flagrant délit d’incompétence, comme l’a cruellement souligné Le Canard Enchaîné, mettant en lumière la destruction, par la DCRI, d’une note confidentielle concernant l’attentat perpétré, le 18 juillet dernier en Bulgarie, contre des touristes israéliens, avant qu’elle ne parvienne à son nouveau directeur. Certes, quelques semaines auparavant, celui-ci avait tancé ses troupes quant à la médiocrité des papiers qui lui parvenaient.
Cet épisode malheureux est doublement significatif. D’une part de la démotivation d’une grande part des cadres du renseignement intérieur. D’autre part, de la résistance de la confusion des rôles entre administrations : ce n’est pas la mission de la DCRI d’informer les autorités sur ce qui se passe à l’étranger. Elle n’a ni la ressource humaine ni les moyens de le faire : sa « cécité » en cette occasion n’a donc rien d’anormal. Cette mission revient à la DGSE et, en l’occurrence, les intérêts français n’étaient pas directement visés.

Une autre regrettable caractéristique française est la nomination d’hommes non spécialistes à la tête des services. A l’exception notable des deux derniers directeurs de la DCRI, les responsables des administrations du renseignement ont toujours été choisis pour leur méconnaissance du métier et pour leur allégeance au président. Cela est particulièrement vrai pour la DGSE, un peu moins pour la DST où quelques préfets d’expérience ont été nommés. De même, rares sont les officiers généraux nommés à la tête des services militaires – DRM et DPSD – à disposer d’une vraie expérience du renseignement. Or, le renseignement, comme tous les métiers, est une activité de professionnels expérimentés. Nommerait-on un inspecteur des finances à la tête d’un porte-avions ou un ambassadeur dans un commissariat ? 

Non ! C’est pourtant ce que nous faisons avec les services.

Dernière illustration en date, la nomination d’un diplomate – d’excellente réputation au demeurant – comme directeur du renseignement (DR) de la DGSE. Or le DR est l’un des principaux responsables de ce service, en charge notamment de la recherche. C’est donc à un professionnel des opérations clandestines que le poste aurait du être confié[8]. Cette nomination, qui a surpris en interne, est une erreur de casting complète.
L’une des conséquences néfastes de ces pratiques et de la politique de « sécurité spectacle » est la politisation des services de sécurité, incarnée par Bernard Squarcini, l’ex directeur de la DCRI, et par l’affaire de Toulouse, dans laquelle a pu être observée l’ingérence des plus hautes autorités politiques dans une affaire qui aurait du normalement être conduite par le procureur de la République local.
On notera enfin que la nouvelle commission du Livre Blanc, mise sur pied par le président de la République, chargée d’identifier les menaces à vingt ans et de construire notre politique de sécurité, ne comprend pas un seul expert du renseignement dans ses rangs. Cela en dit long sur l’importance accordée à la discipline.
Pour autant, les services secrets français sont-ils « nuls » ?

Certes non. Mais, nous pourrions mieux faire, alors que nous nous contentons du minimum ! Le renseignement n’est ni de droite ni de gauche. Mais son mépris et sa mauvaise utilisation sont également partagés par les deux composantes de notre classe politique.

En ce domaine, point d’alternance : plus cela change, moins cela change !

Source & plus:
http://www.cf2r.org/fr/editorial-eric-denece-lst/le-mepris-du-renseignement-un-mal-francais.php

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DNRED (Douane Française): «refonder les opérations douanières», c’est l’objectif de Rodolphe Gintz…Mais sans assumer le passé, comment réformer efficacement?

« Refonder les opérations douanières », c’est l’objectif de Rodolphe Gintz…Mais… Sera-t-il plus compétent et courageux que ses prédécesseurs Duhamel, Auvigne, Mongin, Fournel et Crocquevieille qui n’ont su démontrer qu’incompétence caractérisée et lâcheté confirmée!

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Retour sur une action d’infiltration de la DNRED

GIBRALTAR – 1993

gibraltar55

Infiltration débutée en février 1993 :
Début février 1993,  Marc Fievet, enregistré comme NS 55 DNRED est présenté à Gibraltar à Mario Marroni par  des membres des familles Victori et Sheldon, contrebandiers connus sur Gibraltar, et déjà signalés à Christian Gatard, chef d’échelon DNRED de Nantes.

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Claudio Pasquale Locatelli

AKA

Mario Marroni

 Mariano Zizzi

Mario de Madrid

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Christian Gatard 

Photo: http://www.ouest-france.fr/jai-recrute-le-vrai-heros-du-film-gibraltar-1659460

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Le signalement de Mario Marroni à Christian Gatard, chef d’Echelon DNRED à Nantes, sera effectué avec envoi des détails du faux passeport utilisé par Marroni.

Le samedi 13 février 1993, Christian Gatard annonce à NS 55 qu’il descend  voir le mercredi 17 février 1993 Michel Rotard, le douanier sous couverture, associé du restaurant St Georges.

rotard Restaurant Saint Georges – Estepona (Andalousie)

Michel Rotard (de profil), l’agent de la DNRED, avec Marc Fievet

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Le chef de l’échelon de la DNRED Nantes, Christian Gatard, s’intéresse à l’opération en projet avec Mario que NS 55 lui relate dans le détail.

NS 55 lui demande assistance pour l’aider à déménager du Saint Georges avec l’aide de douaniers français, pour éviter que les hommes de Carlos Ferran, le responsable du GAL ne puisse le positionner. En effet ce dernier pouvait utiliser les services du commissaire Ricardo Kohl d’Estepona pour éventuellement le rechercher. Carlos Ferran savait que NS 55 travaillait pour la douane française, suite aux informations transmises par la police espagnole et comme NS 55 commençait à sérieusement perturber ses trafics (Saisie de 500 kgs de cannabis sur le Scarab de Daudet AKA Roger Martens par le SVA).

Pour mémoire, le narcotrafic des « GAL » était couvert par la police espagnole et la Guardia Civil en récompense des services rendus!

M/V MELOR (Ex LARISSA)

Financé par John Short, narcotrafiquant anglais et par la Douane française.

Mars 1993 :

Signalement à Christian Gatard du premier chargement (1 600 kg de cannabis) par le M/V MELOR, pour le compte de Mario Marroni à destination du sud Italie (livraison au large de Brindisi).

Christian Gatard ne signalera pas ce voyage aux autorités italiennes qui aurait compromis l’action d’infiltration en cours au sein de l’organisation de ce Mario Marroni (Locatelli).

Intervention de Jean-Paul Garcia, attaché des douanes à Madrid, en charge des relations avec Malte, pour faire en sorte que le navire Melor qui après livraison s’était réfugié à Malte (port de La Valette) pour se mettre à l’abri d’une tempête, soit autorisé à quitter le port sans devoir passer les contrôles techniques exigées par la règlementation maritime et les autorités locales.

Mars 1993 :

NS 55 doit se sortir seul de son action d’infiltration au sein de L’IRA débutée en avril 1992 avec les autorités anglaises du HM Customs Excise.

Signalement à Christian Gatard d’un chargement à destination de l’Angleterre de 12 tonnes de cannabis organisé par Marroni (chargement récupéré au large du Cap Vert). Cette livraison a échoué et à la suite de cet échec, NS 55 s’est rendu à Milford Haven, dans le sud du Pays de Galles en Cornouailles à la demande de Mario Marroni (Locatelli) pour demander à l’équipage de ramener le bateau Almeer 3 à Cadix (Espagne). Déplacement en Angleterre préalablement signalé à Christian Gatard pour que les autorités anglaises soient avisées.

L'infiltrato di Julien Leclercq. The Informant, con Lellouche, Rahim e ScamarcioMY Poseidon

Signalement de l’acquisition par Mario Marroni (Locatelli) du Poséidon (Navire Hopital transformé en Yacht – 75 mètres) lors d’une réunion de travail (une journée entière) à Barcelone à Christian Gatard et Jo Le Squert: les photos et plans du navire ainsi que sa localisation dans une darse d’un chantier hollandais ont été communiqué lors de cette journée.

Lors de cette journée, NS 55 a informé ses interlocuteurs de tous les détails qu’il avait pu recueillir au contact de Mario Marroni.

NS 55 constate que le dénommé Marroni n’a pas encore été identifié…  Christian Gatard répond que la chose n’est  pas aisée car il devait prendre un maximun de précautions pour ne pas alerter les autres services.

Christian Gatard informe NS 55 qu’il ne peut pas lui envoyer des agents de l’échelon DNRED de Nantes pour l’aider à déménager.

Avril 1993 :

Signalement du deuxième voyage de 2 000 Kgs de cannabis sur Cagliari (Sardaigne) en route vers Djibouti assuré par le Melor pour le compte de Marroni.

Alors que NS 55 lui avait demandé de faire « sauter » ce chargement; Christian Gatard refusera invoquant que, questionné par la Guardia di Finanza, il avait déjà répondu aux autorités italiennes qu’il ne connaissait pas le navire MELOR et qu’il ne connaissait pas Marc Fievet.

Mai 1993 :
Marroni fait établir un passeport français au nom Charles Henri de Bossieu avec la photo de Marc Fievet (passeport établi en mai 1993). Ce passeport a été immédiatement signalé à Christian Gatard à qui une copie a été remise.

Juin 1993 : MELOR

Signalement à Christian Gatard du chargement de 32 000 Kgs de cannabis sur le Melor au large de Djibouti par transbordement à destination du Nord atlantique via le cap de bonne espérance.
NS 55 signale son voyage sur Le Caire pour arranger le transit du canal de Suez puis du voyage sur Djibouti pour présenter l’homme de confiance de Mario Marroni et le faire monter à bord du Melor.

NS 55 a voyagé avec l’identité de Charles Henri de Bossieu et il est descendu au Sofitel de Djibouti.

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roissy

NS 55 fait un compte rendu à trois agents de la DNRED à son retour de Djibouti à l’aéroport de Roissy.

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mousson-so-nePour des raisons météorologiques (La mousson) et manque de puissance du moteur du Melor, le chargement  de 32 tonnes de cannabis afghan a été transféré sur un « supplyer » venu de Muscat (Oman), le transfèrement a été effectué derrière l’ile de Socotra (Yemen). Ce transfèrement a été signalé aux douanes françaises qui ont en outre été en mesure de suivre la marchandise grâce au télex ouvert au nom de Rio Plata ldt (la compagnie off shore de Gibraltar parfaitement connue des douanes) qui se trouvait à bord du Melor et qui a été transféré sur le supplyer avec l’homme de confiance de Marroni.

Les douanes ont pu récupérer tous les éléments de contact ayant transités par ce télex (les factures avec la liste des numéros entrants et sortants ont été remises en main propre à Jean Paul Garcia, attaché des douanes françaises à Madrid (Espagne).

Les numéros contactés parleront: des échanges avec un télex dans le Var en France mais sur liste rouge…Et de nombreux échanges avec une grande banque de New York!

Sur ces 32 tonnes, 27 tonnes ont été saisies par les autorités canadiennes (Opération Cutknife II) et 5 tonnes par les autorités anglaises (Opération Schema).

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Juillet/août 1993 :

Signalement d’un rendez-vous avec Graham, une personne d’origine australienne, vivant sur la Côte d’Azur qui souhaitait recourir aux services de Locatelli pour transporter du cannabis.

Ce rendez-vous s’est tenu à l’Hôtel Meurice à Paris. Joseph Le Louarn, le patron de la DNRED, refusera de couvrir le rdv avec les moyens parisiens (Dixit Christian Gatard), information qui n’a été donnée que la veille à NS 55.

Christian Gatard fera descendre des hommes des échelons DNRED de Nantes et Lille  sans les « contacts » avec le portier et le personnel de cet hôtel. Au final, l’australien Graham et son acolyte Gil ne seront même pas pris en photo alors que NS 55 les a  rencontrés comme cela était prévu et signalé.

Septembre 1993 :

Christian Gatard descend spécialement à Malaga pour annoncer à NS 55 lors d’un rdv au Parador de Malaga que Marroni n’est autre que Locatelli, lequel est en cavale et recherché par les autorités françaises en raison d’une évasion de la prison de Grasse, 4 ans plus tôt.
Lors de ce rendez-vous, NS 55 précise et confirme à Christian Gatard la mise en route d’une opération consistant, dans un premier temps, à charger + ou – 5 000 Kgs de cocaïne au large de la Colombie à destination du Canada puis, au retour, de recharger 10 tonnes de cocaïne prévues pour être déchargées à Propriano en Corse.

Le bateau prévu pour réaliser ces opérations est le Poséidon, déjà signalé.L'infiltrato di Julien Leclercq. The Informant, con Lellouche, Rahim e Scamarcio

Fin septembre/octobre 1993 :
Signalement de la prise en charge préalable par le Poseidon de cannabis au large de Tanger, pour livraison initialement au Canada mais finalement, dérouté vers l’Angleterre (membre de l’équipage malade).

Novembre 1993 :

concordelafayetteDans le cadre du suivi de l’opération signalée plus haut, NS 55 de retour de Londres, rencontre Joseph Le Louarn (directeur de la DNRED, successeur de Jean Henri Hoguet) et Christian Gatard au Concorde Lafayette de Paris pour évoquer le voyage en « cours » du Poseidon. La veille au soir, NS 55 a diné avec Hervé Maigner et la collaboratrice de Christian Gatard prénommée Nicole. Lors du rdv avec Le Louarn et Gatard, il a été abordé et convenu qu’il semblait indispensable que NS 55 réclame une rémunération à Locatelli en raison de la réussite des deux livraisons intermédiaires dont, notamment, celle qui devait délivrer 5 000 Kgs de cocaïne au Canada.

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Joseph Le Louarn

Joseph Le Louarn était d’accord pour blanchir 2 000 000 US$ que NS 55 estimait nécessaire de réclamer à Locatelli. Le nom du banquier Weber (ancien DG des douanes et alors directeur du Crédit Mutuel d’Alsace) avait été retenu pour assurer les opérations de blanchiment.

Marc Fievet (NS 55) a demandé expressément à Joseph Le Louarn qu’il le fasse sortir de cette spirale infernale qu’il ne contrôlait plus.

Joseph Le Louarn n’a même pas relevé, lui rétorquant seulement que ce serait préférable qu’il fasse atterrir la quantité prévue à Propiano, sur Marseille où, là, lui a t’il dit, la Douane française disposait de moyens plus conséquents….

A la suite de cette réunion, c’est le douanier Francis Geoffroy qui a été chargé de  conduire NS 55 à Orly pour reprendre un avion sur Gibraltar où NS 55 devait présenter l’avocat de Locatelli dénommé Pascuale Ciolla au Banco Atlantico pour faire blanchir quelques milliards de lires destinés à l’acquisition du Pacifico, un cargo de 150 mètres.
NS 55 a signalé l’acquisition du Pacifico et les conditions de son acquisition à Messieurs Joseph Le Louarn et Christian Gatard lors de ce rendez-vous à Paris.

Les Douanes françaises (DNRED) connaissaient l’ensemble du projet d’acquisition du Pacifico dont, en particulier, le fait que Locatelli l’avait fait acheter par un Hollandais du nom de Ralph De Groot à Gdansk (Pologne).

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Novembre/décembre 1993 :

MS Avenger F-185

Lorsque le Poséidon est arraisonné au milieu de l’Atlantique par l’Avenger, un destroyer anglais, Claudio Locatelli emmène NS 55 en « cavale » avec lui.

A Westland Lynx

C’est John Hector du HM Customs-Excise qui sera le premier a être hélitreuillé sur le Poséidon.L'infiltrato di Julien Leclercq. The Informant, con Lellouche, Rahim e Scamarcio

M/V POSEIDON

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pacificoL’EVE PACIFIQUE qui deviendra le PACIFICO dans un chantier de Gdansk (Pologne)

NS 55 prévient Christian Gatard, et reste en contact avec lui en lui demandant de dire aux autorités anglaises de ne pas le « ménager », vu la précarité de sa situation. Dans les semaines qui suivent, NS 55 informe Christian Gatard que  Claudio Locatelli, après l’arraisonnement du Poséidon par les autorités anglaises, a décidé de substituer au Poséidon,  le Pacifico et qu’il lui a fait acheter un yacht de 27 mètres à Palma de Majorque du nom de Sea Harmony auprès d’une compagnie off shore de Jersey.

Palma de Majorque

Signalement du Sea Harmony et communication à Christian Gatard de l’identité de toutes les personnes que NS 55 rencontre et de tous les renseignements que NS 55 peut glaner à cette occasion.

M/Y Sea Harmony

En particulier, le signalement d’ un dénommé Leblanc, ressortissant canadien, en visite à Benalmadena costa, qui d’ailleurs sera arrêté plus tard par les autorités canadiennes lors de la saisie du Pacifico.

NS 55 a fourni une photocopie de son passeport au nom de Charles Henri de Bossieu pour que la transaction soit enregistrée à Jersey; Christian Gatard décide alors d’envoyer Hervé Maignier (Divisionnaire de la Douane, Echelon DNRED de Nantes) à Jersey pour faire noircir cette photocopie pour que la photo qui y figure ne permette pas aux autorités anglaises de le reconnaître et d’orienter les poursuites sur Marc Fievet – NS 55.

Hervé Maignier indiquera au téléphone qu’il a pu rencontrer les responsables du Customs de Jersey et réussir à rendre invisible la photo sur les documents enregistrant l’acquisition de ce yacht qui devait être utilisé pour transborder les 10 000 kilos de cocaïne du cargo Pacifico vers la Corse.

sea harmonyM/Y Sea Harmony

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Février 1994 :
Le Pacifico a été intercepté en février 1994, par les autorités canadiennes. NS 55 a téléphoné à Christian Gatard à 03 H 00 pour l’en informer et sa  réponse a été: « Mais bon sang, c’est pas possible, vous êtes infiltrés… ».

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Mars/juillet 1994 :

DEAA la suite de cette interception et ayant pris conscience que l’infiltration de NS 55 intéressait de nombreux Etats, il a été décidé avec Christian Gatard de rencontrer les responsables du DEA.

NS 55 a continué à donner les informations en sa possession sur Claudio Pasquale Locatelli directement aux enquêteurs du DEA Paris (David May), du DEA Rome et de la police italienne, à l’occasion de séances de travail qui se sont tenues 4 fois sur Paris et une fois sur Nantes, en présence des douaniers Jo Le Squert  et Hervé Maignier.

Le DEA savait depuis l'opération DINERO!

     DEA David May

Les agents du DEA n’informeront pas NS 55 que leur opération DINERO (DNRED: retour sur l’Opération Dinero.) est en cours sur l’organisation Locatelli depuis le milieu de l’année 1992.

A l’époque, le DEA a défrayé NS 55 de ses voyages à Saint Martin (WI) à hauteur de 10.000$ US en deux versements en cash faits devant les douaniers Le Squert et Maignier à l’ambassade américaine de Paris.

NS 55 était entré à l’ambassade avec son identité de Charles Henri de Bossieu accompagné de Le Squert et Maignier.

Le reçu de ces versements a été établi au nom de Marc Fievet, sans qu’il ne lui soit donné un double.

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Rencontre avec le nouveau patron de la DNRED, Bernard Puyanet en compagnie de Christian Gatard, courant mai, dans un café de la Bastille.

Bernard Puyanet  proposera 3.000.000 de francs à NS 55 s’il réussissait à faire charger quelques tonnes de cocaïne sur le Sea Harmony.

Marc Fievet, infiltré dans l’organisation Locatelli jusqu’au 23 septembre 1994, date de son arrestation à Fuengirola par la police espagnole suite activation du mandat Interpol par les autorités anglaises et canadiennes, restera 3888 jours dans des prisons espagnoles, anglaises, canadiennes et françaises.

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Marie-France Vergara du consulat de France de Séville visitera Marc Fievet à la prison d’Alhaurin de la Torre suite à la demande de Jean Paul Garcia, attaché de la douane française à Madrid.

Jean Paul Garcia visitera Marc Fievet à la Prison d’Alhaurin de la Torre (Malaga) et lui précisera que c’est l’ambassade de France qui va gérer son dossier.

Jean Paul Garcia témoignera devant « l’audience nationale » en faveur de Marc Fievet lors du jugement devant décider de ses extraditions vers l’Angleterre et le Canada.

Michel Charasse (ex ministre du budget), contacté par Marc Fievet, ne fera rien.

Le directeur général de la douane française, Jean Luc Vialla, informé, laissera pourrir la situation.

Pierre Mathieu Duhamel, directeur de la douane française,  rencontre Madame Strachan, la directrice générale du « HM Customs-Excise » à Stockholm (Suède) pour aborder la situation de Marc Fievet.

Philippe Galy, attaché de la douane française à Londres visite de nombreuses fois Marc Fievet dans différentes prisons anglaises et pratiquera le chantage pour obtenir son plaidoyer de culpabilité en Angleterre. (Si vous ne plaidez pas coupable, on s’arrangera pour vous en faire prendre pour 10 ans! (SIC)).

Jean Puons, le DI de la DNRED, rencontre  Marc Fievet dans les prisons françaises et demande une intervention du DG François Auvigne.

François Auvigne, inspecteur des finances, directeur général de la douane française, dit à Jean Puons qu’il ne veut plus entendre parler de ce Marc Fievet et refuse d’assumer les promesses émises par ses prédécesseurs écartant ainsi toute continuité du service de l’Etat!

ÉCOUTER:

INTERVIEW de Marc Fievet sur France Bleu Nord.

Lire et écouter:

Mais qui est donc l’énarque inspecteur général des finances François Auvigne? Un salaud qui s’est planqué derrière les textes? par Marc Fievet AKA « NS 55 DNRED ».

Écouter:

FRANCE (Bercy – Ministère des finances): confidences de NS 55 à bord d’un camping-car….

***

PLUS: https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Fievet

Toutes informations complémentaires et précisions supplémentaires sur cette opération en écrivant  à  marcfievet@live.fr  ou par contact au 0684303181

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FRANCE (OCRTIS): il y a un an, Arnaud Ardoin de LCP (La Chaine Parlementaire) avait cherché à comprendre les opérations policières menées contre le narcotrafic

FRANCE (Drogue): quand la police devient dealer

Publié: 27 mai 2016

LCPNS55Les invités d’Arnaud Ardoin

Emmanuel Fansten, journaliste à Libération, auteur de l’enquête – Dominique Perben, ancien Garde des sceaux et aujourd’hui avocat – Gilbert Collard, avocat, député RBM-FN du Gard et Secrétaire Général du Rassemblement Bleu Marine, auteur du livre  » Les dérives judiciaires : et si ça vous arrivait ?  » Paru aux Editions Eyrolles  – Marc Fievet, ancien infiltré des douanes françaises, inscrit sous le matricule  » NS 55 DNRED « , auteur des livres  » Infiltré au coeur de la mafia  » paru aux Editions Hugo Doc, et  » Gibraltar « , paru aux Editions Michel Lafon.

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Pour regarder l’émission sur LCP: http://www.lcp.fr/emissions/ca-vous-regarde/274542-drogue-quand-la-police-devient-dealer

source: https://ns55dnred.wordpress.com/2016/05/27/france-drogue-quand-la-police-devient-dealer/

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SICILE (Palerme): Giuseppe Dainotti, 67 ans, de « Cosa Nostra », a été tué de deux balles dans la tête

Un boss de Cosa Nostra, la mafia sicilienne, a été exécuté à Palerme lundi en plein jour, à la veille du 25e anniversaire du meurtre du célèbre juge antimafia Giovanni Falcone.
Giuseppe Dainotti, 67 ans, a été tué de deux balles dans la tête pendant qu’il roulait à vélo, peu avant 08H00, à une cinquantaine de mètres de l’entrée d’une école. Ses meurtriers se sont approchés de lui en scooter avant de l’abattre, selon les médias.
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