AERONARCOTRAFIC (Coke en stock (CXLIX) – dossier Venezuela 🇻🇪): les crashs ignorés et ceux médiatisés

Comment ne pas revenir au pays suscitant le plus d’inquiétudes en Amérique du Sud. 

Je parle du Venezuela, bien sûr, en proie à une déliquescence du pouvoir inimaginable, et surtout à l’emprise, comme on a pu le voir, des narco-trafiquants, dont les généraux à la tête du pays sont les relais, sinon les organisateurs eux-mêmes du trafic de cocaïne, comme j’ai pu vous l’expliquer déjà ici à plusieurs reprises.  Temps aussi de revenir en détail sur ce trafic, dans ses moindres détails, en commençant dès aujourd’hui par un énième crash aérien, survenu à la rentrée dernière, et impliquant une personne dont je viens de vous parler dans l’épisode précédent de cette longue saga… mais ça nous allons le découvrir dans quelques épisodes, seulement… car le sujet est vaste, très vaste, et le trafic… intense.

 

Entretenir le doute, tout mélanger, pour éviter de parler des sujets qui fâchent

La presse entretient le doute, sans trop s’en apercevoir.  Est-elle manipulée ou est-ce de l’incompétence, on laissera le débat se faire.  Seul un magazine affirme que pour le jet calciné, « les journalistes n’ont pas été conviés à se rendre sur les lieux », c’est tout, et c’est tout aussi saisissant :  on cherche vraiment à cacher quelque chose, c’est sûr !!!  Intéressons-nous donc plutôt pour commencer aux clichés « supplémentaires » montrés le même jour avant d’attaquer l’étude du crash du moment, ce qui va nous prendre quelques jours de recherche, pour sûr (ça prendra quelques semaines en fait !).  Ces images ce sont sont celles d’une queue d’avion qui n’est visiblement pas celle d’un Hawker et d’un réacteur passablement abîmé, dont les aubes de turbines ont été sorties du corps même du réacteur, ou plutôt dont l’enveloppe extérieure a explosé.  Un étude du réacteur indique qu’il est muni de grilles, celles d’un inverseur de poussée dont on retrouve assez vite l’origine :  c’est bien celui d’un Gulfstream modèle II ou III.  Et une fois encore, on s’aperçoit que c’est un vieux cliché :  il date en fait du 19 octobre 2014 ! Chercherait-on, sciemment ou pas à tromper les gens en mélangeant les informations à ce point sur ce crash ?  Ou bien mélangerait-on tout, en raison de la multiplicité de ces crashs aériens dans la région ???

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AERONARCOTRAFIC (dossier Venezuela 🇻🇪): le Venezuela a progressivement remplacé les cartels de Medellin et Cali, pour une nouvelle caste militaire

Le rôle primordial des « fincas »

Coke en stock (CL)

Cette longue enquête a vu des choses répétitives se produire : des arrivées d’avions, dans des endroits bien précis.  Des pistes d’atterrissages clandestines, souvent situées dans des propriétés terriennes agricoles appelées là-bas « fincas » (synonyme en quelque sorte des haciendas andalouses importées en Amérique du Sud).  Si bien qu’il est normal d’en arriver à étudier en détail quelques unes d’entre elles, qui, surprise, se détectent assez vite sur Google Earth, à croire que l’armée vénézuélienne est incapable de les voir elle-même avec un outil qui n’a pourtant rien de militaire.  Ou ne souhaite pas les voir, car on en trouve vite de beaux exemplaires, en effet, en cherchant de cette manière:  toutes équipées de leur piste particulière, le plus souvent celle d’appareils destinés à l’épandage agricole et détournées ainsi de leur fonction première…

Des « fincas », de grandes propriétés terriennes, vous-avais-je dit, dans le Cojedes, pour accueillir les avions de la drogue, tel que celui-ci, le Cessna XB-NVX, tombé en mai 2015  à El Baúl, admiré de près par des hommes venus à cheval de la finca « Cañaote » (1) ?  On avait découvert à bord  deux cadavres et près d’une demi-tonne de cocaïne, mais aussi deux passeports étrangers, des téléphones dont un satellitaire et l’indispensable GPS, en deux exemplaires… la panoplie complète du trafiquant.  Ce n’est pas ce qui manque, en effet, des « fincas » de ce genre, certaines équipées d’une piste d’atterrissage bien meilleure qu’une piste de terre mal entretenue.  Même Google Earth peut vous en trouver, à croire que les services de Maduro ne sont pas équipés de cette recherche trop « capitaliste » à leur goût, à coup sûr.  Dans le Cojedes ou dans l’Etat voisin, d’ailleurs.  Tenez, celle-ci, située au  9° 2’14.95″N et 67°46’51.71″O, c’est à dire à moins de 5 km au sud-est de Hato San Teresa, un autre finca, et à moins de Guardatinajas, un des petits villages de la municipalité de Sebastián Francisco de Miranda, dans l’État de Guárico au Venezuela.

Une cité dont je vous ai déjà parlé ici-même, avec ce fameux Cessna 421 retrouvé prêt à partir (loin) avec ses effarantes provisions de combustible…

 

Et on en trouve d’autres, de pistes, parfois longues de plus d’un kilomètre.  Dont une à l’est de Zaraza, à moins de 100 km de la côte Nord (9°21’0.96″N,  65°13’15.24″O).  Ou encore là, au 9°12’6.51″N, 66°18’32.19″O), à savoir au nord-ouest de San Nicola, avec son apparence d’aéroport complet :

 

Ou encore en s’approchant vers l’état de Cojedes avec (9° 7’49.27″N, 66°23’14.94″O) liée elle aussi à une « finca« , au nord-nord ouest de Mercedes del Lano :

Pour se faire une idée de ce genre d’atterrissage en Apure même, voici celui d’un Cessna à Sabanas de Alto Apure, village fort touristique à paysage de savane tropicale aux abords de la Colombie. L’avion est le Cessna YV1763.  On peut voir que c’est plutôt sportif en plein jour, en imaginant que les trafiquants font ça plutôt de nuit.  On ne peut pas parler de piste, mais plutôt de chemin dont le seul guide est la trace laissée par le décollage ou l’atterrissage précédent…  On notera à la fin l’aide précieuse apportée par le Garmin GPS Map modèle 196(copie d’écran ici à droite (2).  Se poser la nuit de la sorte représente quand même une belle prouesse.  Les pilotes qui le font ne peuvent être des novices : souvent leur âge dépasse en effet la cinquantaine.

L’implication obligatoire des militaires 

Le système des fincas accueillant les avions ne marche pas qu’avec des paysans sans le sou et de riches trafiquants.  C’est bien d’un narco-état dont parle désormais Cardoza, qui dénonce aussi le rôle des militaires :  « Il ne s’agit pas seulement de troupeaux et de propriétaires, mais il y a quelque chose au-delà: une collaboration officielle.  Il serait beaucoup plus compliqué pour les réseaux de trafic de drogue d’étendre leurs activités si le personnel militaire, sous une forme ou une autre, n’était pas impliqué.  Il n’est pas possible, en tant que pays, d’avoir une présence dans les ports et les aéroports européens s’il n’y a pas un niveau de complicité structurelle qui garantit le passage des drogues », a déclaré Julio Montoya (il est député), ajoutant:  « Le Venezuela a progressivement remplacé les cartels de Medellin et Cali, pour une nouvelle caste militaire  » (…)  Il est très difficile de déterminer combien de soldats sont impliqués dans l’entreprise.  Le gouvernement n’a pas entamé d’enquêtes formelles à cet égard. La justice locale exige des éclaircissements sur certains points.  Par exemple, d’enquêter sur leur proportion et sur le thème du « cartel des soleils » et de savoir si cela  n’attaque pas les forces armées, parce qu’elle croit avoir plusieurs généraux impliqués dans le trafic de drogue et que cela génère une démoralisation et la démotivation « , explique l’assemblée ». L’homme mis en cause étant bien entendu Walid Makled celui par qui tout est arrivé :  « ces sentiments se développent lorsque l’existence d’une route appelé Makled est mise en évidence.  »  Walid Makled, qui est arrivé à avoir une carte de la Garde nationale, une autre de la Cour suprême de justice (TSJ) et des concessions – presque une coutume privée de l’aéroport de Michelena à Valence.  Il a également contrôlé près de 30% des exploitations de Puerto Cabello et un crédit de concession d’Urea dans Pequiven, qui a utilisé comme précurseur dans le chlorhydrate de cocaïne pour remplacer l’acétone, entre autres « , a déclaré le législateur.  Le député dit que l’enquête a déterminé que la route était vers Arauca, Alto Apure – et les zones adjacentes de l’état.  Par terre ou par avion, il est arrivé à Valencia et plus tard en Amérique Centrale. Makled lui-même a déclaré lors d’une interview avec Univisión en 2011 qu’ « à San Fernando de Apure arrivent chaque jour, cinq ou six avions sont chargés de cocaïne au Honduras, du Honduras au Mexique et du Mexique aux États-Unis », tout en soulignant des complicités supposées de l’armée vénézuélienne.  Pour Montoya, « il était clair qu’Apure n’est pas protégé. L’extension de l’état et les conditions géographiques favorisent les indices clandestins dans de nombreuses fermes et favorisent le développement des narco-opérations « .  Le député Julio Montoya affirme que Apure est mentionné dans les dossiers internationaux sur la question, car c’est une route terrestre qui tend les routes vers la Colombie.  C’est aussi une voie aérienne vers l’Amérique centrale, le Mexique et les États-Unis. En plus petite dimension vers le Brésil. « Cela a déclenché diverses opérations comme celle du Clotilde: le blanchiment d’argent qui comprenait des gens de la Banque d’Andorre et de la Mafia russe. La DEA, avec le gouvernement colombien et mexicain, étudie la zone pour les connexions avec le «cartel de Sinaloa».  Les faits concluants ont montré une relation étroite entre le «Cartel de Sinaloa» et ce que l’on appelle au Venezuela le Cartel de los Soles, qu’on ne sait pas s’il s’agit d’une affiche avec ses propres caractéristiques ou son travail pour le Sinaloa », a-t-il expliqué. Montoya, en rappelant que «Apure est le lieu du passage».  Le 2 mars 2016, le chef des crimes spéciaux de DIJIN, la police judiciaire colombienne, a déclaré qu’il avait démantelé un réseau de trafic de cocaïne qui «a déplacé environ deux tonnes et demi par mois aux États-Unis, lié aux cartels vénézuéliens, Honduriens et avec l’affiche du Zeta au Mexique « .  Selon le fonctionnaire, 12 personnes ont été capturées, « parmi lesquelles le responsable du réseau, les partenaires capitalistes, les propriétaires de laboratoires, les routes, les moyens de transport et les liens internationaux », a déclaré DIJIN dans un communiqué détaillant que  » opéré par voie aérienne dans des pistes clandestines dans l’État vénézuélien d’Apure avec des stupéfiants qui partent pour que le Honduras soit distribué à différentes cartels « , a cité un câble de l’agence de presse AFP.  

Sur Makled lire ici ce qui a été rédigé en 2015.

Les militaires visés : enfin des noms !

« Un cas récent concerne cinq hauts fonctionnaires militaires, dont le colonel d’Aviation Rafael Ponce Delgado, âgé de 46 ans, accusé par le ministère public d’aggraver le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes, une association pour commettre des crimes et la formation de groupes armés. Il était responsable de la zone de communication de la Tour de contrôle de l’aéroport de Las Flecheras à San Fernando. Des crimes semblables ont été attribués au commandant de la Force aérienne de base de Sucre (Maracay), le Major Fernando Antonio Silva (40 ans); et au capitaine Rafael Vargas Arreaga (37 ans ) rattaché au groupe de soutien logistique de ladite base; au lieutenant Rider José Silva (36 ans); appartenant au département de supervision et de contrôle 2911 de l’escadron de surveillance et de contrôle de la ville de San Fernando de Apure; en plus du lieutenant Juan José Mujica (24 ans), qui a travaillé dans cette dépendance. Ont également participé le major militaire retraité Fernando Alonzo Pereira León (68 ans); et son frère, le second sergent technique de la Garde nationale bolivarienne, Jonny Alfredo Pereira León (48 ans). Selon le 7e et 30e bureau du Procureur national de l’État d’Aragua, par Marisela de Abreu et Eylin Ruiz, «l’enquête date du 18 mai 2015 lorsqu’il a été signalé à la Direction générale du contre-espionnage militaire qu’un groupe de personnes appartenant à plusieurs composantes des forces armées nationales bolivariennes, ont été prêtées pour permettre les départs et les entrées d’aéronefs non autorisés par le Commandement stratégique opérationnel du territoire aérien vénézuélien « .  Non précisé, le ministère public a révélé qu’un officier militaire de haut rang, pour faciliter les vols illicites sans rapport, a offert de payer une somme importante en dollars par mois.  Aucun des fonctionnaires n’a été reconnu coupable et l’enquête est en cours.  Cependant, Juan José Gil Flores (58 ans), Léon Darío (59 ans) et son frère Cesar Marín Zapata (42 ns), ainsi que José Omar Umaña (49 ans), ont été condamnés à cinq ans de prison et ont admis les trois crimes mentionnés.  Une décision de la Cour d’Appel est attendue, alors que le Bureau du Procureur ne sera pas d’accord avec la peine et fera appel de la décision. »

 

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BELIZE 🇧🇿 (Coke en stock – CCLXXIX) : les débuts du trafic, celui des Zetas

Le trafic à Belize va mettre un temps à se mettre en place, facilité par la proximité du Guatemala et son régime hautement politique corrompu.

Au début, au seuil des années 2000, les gros
porteurs ne l’ont pas encore atteint : les plus gros appareils aperçus se limitent à des Beechcrafts de type Queen Air (puis C-90 au fil du temps).  Mais un Cartel mexicain y fait tranquillement son chemin, carsans concurrent sur place. Et c’est l’un des pires, celui des Zetas, des anciens policiers véreux mexicains virés trafiquants, ceux qui vont commettre rapidement les pires exactions au Mexique, en torturant, décapitant, pendant aux ponts des villes tous ceux qui s’opposent à leur hégémonie malfaisante.

Au passage, nous allons retomber sur une famille mormone bien particulière, communauté qui est déjà revenue plusieurs fois ici dans cet énorme dossier de cocaïne.

Première alerte en 2001

En 2001, première apparition d’un trafic aérien, avec la découverte d’un appareil carbonisé, dans le district de Toledo, au sud du pays, dont la ville principale est Punta Gorda. « Le soir du 21 mars, un B.D.F. La patrouille a observé un avion qui tournait dans la zone du Sarstoon supérieur et, lorsqu’ils ont enquêté le lendemain matin, ils ont trouvé les restes brûlés d’un petit bimoteur. L’avion avait apparemment effectué un atterrissage sans succès sur une piste d’atterrissage illégale près des rives de la succursale de Savery du Sarstoon, à environ cinq kilomètres à l’est de Gracias a Dios Falls. La piste en question avait auparavant été désactivée par le B.D.F. en faisant de grands trous dans la piste en terre avec des explosifs. Les trafiquants de drogue avaient tenté de réparer les dégâts, mais on pense que le train d’atterrissage de l’avion s’est effondré au contact de la surface inégale. Aucun signe du pilote ou de drogue n’a été trouvé dans la région et il n’est pas clair si l’avion était là pour livrer ou ramasser une cargaison des États-Unis. stupéfiants liés. Mercredi, le B.D.F. a découvert une autre piste d’atterrissage précédemment désactivée à un mile à l’est, cette fois sur la rive nord de la rivière Sarstoon dans un endroit appelé « Happy Home ». Elle avait également été réhabilitée et était en cours de préparation pour être utilisée car plusieurs bidons d’essence et d’huile de lubrification ont été trouvés sur le site et pourraient être utilisés par des bateaux de grande puissance. Il n’y a pas d’accès routier à l’une ou l’autre des pistes
d’atterrissage clandestines et les autorités sont fermement convaincues que la main-d’œuvre nécessaire pour reconstruire les pistes ne pouvait provenir que des villages guatémaltèques situés au sud du fleuve. La zone frontalière éloignée autour de l’embouchure du Sarstoon a longtemps été un foyer d’activité de drogue, car il y a de nombreuses criques pour que les bateaux se cachent et une présence policière très limitée par les deux pays ».

L’article, hélas, ne précisait pas le type d’avion : Piper Aztec, Beech Baron, le temps n’était pas encore à de plus gros engins.

Le premier Beechraft

Le 5 septembre 2007 c’était cette fois un Beechcraft Queen Air qui s’était posé sur la piste d’Hector Silva Airstrip à Belmopan
(on cite aussi le San Ignacio Airstrip dans son cas). L’avion avait été
« strippé », complètement vidé de ses sièges, portait un registre américain (N75TM) et avait endommagé son train lors de l’atterrissage. En 2002, l’armée
anglaise avait apporté son soutien à l’agrandissement de la piste de Belmopan pour les plus gros porteurs… tels les C-130 (ou même les C-17 !) ! Officiellement pour faciliter l’arrivée de l’aide humanitaire en cas de besoin.

L’inauguration avait eu lieu le 24 mai 2002. L’avion des trafiquants a fini ses jours au Matthew Spain Airport de Cayo, à Belize.

Si les premiers avions détectés étaient plutôt des Piper Aztec, les Beechcraft Queen Air puis King Air employés pour larguer des balles de marijuana avaient été vite réquisitionnés par les trafiquants pour se poser sur les routes de Belize pour y décharger plus facilement leur
contenu de cocaïne, désormais. Le premier du genre est un Beechcraft C90 qui s’était posé sur la Northern Highway le 7 mars 2008. Un modèle post N°317, à extrémité de queue plate (voir ici l’explication). Très vite cela avait été « chaud » sur place: « La police d’Orange Walk a reçu un appel disant qu’il y avait des hommes masqués armés sur la Northern Highway entre les kilomètres 40 et 41 sur la route qui arrêtaient les véhicules (c’est est l’une des quatre routes principales du Belize) Elle relie Belize City au nord-ouest du pays).

« En conséquence, ils ont alerté la Force de défense du Belize ainsi que l’Unité antidrogue et toutes les équipes ont répondu.

L’avion devait initialement atterrir, déposer la drogue, se ravitaille, puis redécoller, Mais alors que l’avion était en train de faire le plein, les soldats du BDF étaient arrivés sur les lieux. Il y a eu un échange de coups de feu alors que les suspects ont ouvert le feu sur les soldats. «Ils ont immédiatement essuyé des tirs, ils ont répondu en nature et en conséquence, les hommes qui semblaient avoir fait le plein de l’avion se sont précipités dans les buissons voisins et un camion, qui était à côté de l’avion, s’est également envolé dans les buissons voisins. » Cependant, cinq des balles ont déchiré le pare-brise du camion, blessant peut-être son conducteur, qui serait un ressortissant bélizien que la police connaît et il est recherché ».

L’avion était affublé d’une immatriculation vénézuélienne fantaisiste.

« À l’arrière du camion, la police a trouvé un réservoir Rotoplast de neuf cents gallons qui, selon les autorités, a été utilisé pour faire le plein de l’avion. Les plaques d’immatriculation Orange Walk du camion ont également été trouvées dans la cabine du véhicule. La police ne sait pas exactement combien se trouvaient à bord, mais ils se sont tous enfuis, laissant derrière eux des preuves à récupérer par les autorités. À ce moment-là, la police ne sait pas si la cargaison de drogue a été larguée à un autre endroit avant l’atterrissage de l’avion ou s’il a été transporté loin des lieux. Mais lorsque les policiers ont fouillé l’avion, ils n’ont trouvé que du kérosène. »

Nous retrouverons bientôt cet avion ici-même…

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COKE en STOCK (CCLXXVIII) : Belize 🇧🇿 , le maillon faible, retour historique

Des pistes et des pilotes de la CIA (Abbott), un système de blanchiment mis en place par un industriel et financier anglais, devenu lord éminemment respecté (Lord Ashcroft), le Belize avait plusieurs cartes dans son jeu pour devenir un pays-clé du trafic de coke.

Tout a commencé là-bas à la fin des années 80
L’arrivée de bateaux et d’avions chargés de cocaïne au Belize date de la fin des années 80. C’est ce que dit ici avec justesse Julie López dans « Organized Crime and Insecurity in Belize » de janvier 2013. « Le rôle du Belize dans le commerce international de la drogue a suivi une trajectoire similaire à celle de ses voisins. Lorsque le pays a obtenu son indépendance de la Grande-Bretagne le 21 septembre 1981, l’Amérique centrale n’était pas encore un couloir clé pour les expéditions de cocaïne. Les trafiquants utilisaient plutôt les Caraïbes, en particulier les Bahamas. Cela a commencé à changer à la fin des années 1980, les États-Unis ayant bloqué les opérations aux Bahamas et les trafiquants alliés au dictateur du Panama Manuel Noriega pour ouvrir l’Amérique centrale comme couloir de trafic. Depuis lors, le trafic de drogue est devenu le principal déclencheur de crimes violents en la région. Au Belize, les forces de sécurité et de défense relativement jeunes et institutionnellement faibles, incapables de limiter le trafic de drogue, ont été encore plus mises à l’épreuve ».
La géographie s’y prêtait, alors que la consommation sur place était très faible, cette drogue était donc en transit au Belize : « la faible consommation de cocaïne – moins de 0,3% de la population du Belize, selon l’ONUDC – fait du Belize également un point de transit pour la cocaïne. Lovell note que la taille de la population ne rend pas le pays financièrement viable en tant que consommateur, mais son emplacement continue d’attirer les trafiquants. Sur le plan géographique, les principaux sujets de
préoccupation sont la frontière nord du Belize de 174 milles avec le Mexique, comprenant les districts d’Orange Walk et de Corozal; et les quartiers sud de Tolède, à la frontière avec le Guatemala, et Stann Creek, avec une zone côtière sujette aux activités de transbordement. Selon le commissaire aux ports John Flowers, toute la zone côtière du Belize, parsemée de centaines de petites îles (connues localement sous le nom de cayes), est en danger. »
Enfumer l’insurrection au Guatemala, via Belize ?

Les américains donc prévenus, et même déjà arrivés sur place mais pour toute autre chose. Episode méconnu de la présence US à Belize : venir en « aide » au Guatemala. Une drôle d’aide d’ailleurs, racontée ici dans le Magazine Mother Jones de févr.-mars 1989, un article
signé Mary Jo Mc Conahay et Robin Kirk. Une « aide » qui ressemble comme deux gouttes à ce qui a été fait au Viet-Nam avec l’Agent Orange de sinistre mémoire : «
Les Guatémaltèques ne cultivent pas de coca (nota : ils y viennent) et la production de marijuana et de pavot à opium du pays est si faible qu’elle ne figure pas sur la liste des Nations Unies des pays producteurs de drogue. Nous y sommes entrés malgré tout.

Selon un porte-parole du Département d’État, «les Guatémaltèques nous ont demandé de l’aide.»  À partir du printemps 1987, des pilotes américains ont volé du Belize pour pulvériser le défoliant Roundup Up. L’ambassade au Guatemala indique qu’elle note « une augmentation significative de la culture de marijuana et de pavot » au cours de l’année dernière, donc la pulvérisation continue, le gouvernement guatémaltèque refusant « pour des raisons de sécurité » d’informer la population rurale où et quand cela se produira.
Les régions guatémaltèques ciblées sont précisément celles où les troupes gouvernementales luttent contre trois armées de guérilla de gauche. Ces hautes terres et la jungle du nord abritent la mer civile dans laquelle nagent les poissons de la guérilla, et l’armée aimerait voir la mer se vider.

« Que ce soit contre la drogue ou contre la guérilla, la pulvérisation ne peut-elle pas se faire de manière plus humaine? » a récemment plaidé un fermier dans les montagnes occidentales à un journaliste de la BBC alors qu’il était assis parmi des tomates rétrécies et des tas de feuilles tachées de noir de sa récolte de café, de maïs et de haricots. « Les fumigations nous achèvent », a déclaré un paysan près de Huehuetenango à un autre journaliste. Le porte-parole de l’opposition guatémaltèque Frank LaRue accuse la campagne de pulvérisation d’effacer les récoltes des paysans afin de détruire l’approvisionnement alimentaire des insurgés. Par conséquent, les paysans indiens sont obligés de quitter les zones reculées et dépendent de l’armée pour se nourrir.

Des diplomates et des observateurs des droits de l’homme confirment que l’armée guatémaltèque, avec les États-Unis aide, fournit des vivres dans des conditions contrôlées dans le cadre de son vaste programme de contre-insurrection. Le Département d’État nie toute intention de contre-insurrection à la pulvérisation. Mais pour ceux qui sont sur le terrain, les dénégations sonnent creux.

Curt Wands, un ancien technicien médical d’urgence qui forme des «médecins pieds nus», a passé deux mois à voyager dans des régions montagneuses reculées. « Les gens avaient peur », dit-il, à cause des avions qui ont déferlé et fumigé. Dans de nombreuses cliniques, Wands a vu des soldats, ce qui, selon lui, découragerait les Indiens touchés par les embruns de sortir de leur cachette pour obtenir de l’aide. Un membre de la tribu Mam sur les flancs d’un volcan à San Marcos l’a clairement expliqué à Wands: La guerre contre la drogue, a-t-il dit, «n’est qu’une autre tactique» de la contre-insurrection ». Lire ici le dossier sur la Guerre à la drogue via les herbicides.
Les photos on été prises en Colombie semble-t-il, où on a pratiqué de même avec le mêmes engins … et le même produit. La photo du militaire US, le colonel Christopher Hughes, commandant de la Joint Task Force-Bravo de la Soto Cano Air Base, au Honduras a été prise a Belize durant l’exercice New Horizons Belize 2007.

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KILO: Inside the Deadliest Cocaine Cartels

Dans un nouveau livre, «  »Kilo: Inside the Deadliest Cocaine Cartels » », le correspondant de guerre Toby Muse rapporte les histoires humaines derrière le passage de la drogue à travers la Colombie, des cueilleurs de feuilles de coca et des chimistes de la jungle aux sicarios du cartel et aux contrebandiers du hors-bord.

Co-caïne.

Le nom à lui seul fait écho à Caïn et marquerait l’entreprise dès le départ, frère massacrant son frère. Un commerce qui corrompt les pays, fausse les économies, emploie des centaines de milliers de personnes et rend des monstres multimilliardaires. Une vie dans la cocaïne a cette énergie nerveuse d’un casino où tout le monde continue de gagner de l’argent, le sexe est partout et à tout moment, quelqu’un peut intervenir et vous mettre une balle dans la tête.

La drogue du glamour.

Le champagne des stupéfiants, la drogue des riches. Et ceux qui aspirent à l’être. Exclusif et promiscuité. La cocaïne suit l’argent. Il était là pour les banquiers de New York et de Londres dans les années 80, les oligarques russes des années 90. Les trafiquants colombiens ciblent désormais les nouveaux entrepreneurs chinois.

Et il y en a plus que jamais auparavant. Vous le savez, nous le ressentons. Les États-Unis ont trouvé près de 20 tonnes de cocaïne en une seule opération l’année dernière, un record. L’Allemagne a fait de même, le Costa Rica aussi. Au Royaume-Uni, la police recueille plus de cocaïne que jamais auparavant.

source

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AERONARCOTRAFIC (Coke en stock – CCLXXVII): il y dix ans, une analyse visionnaire sur le trafic au Guatemala

Les moyens dérisoires des guatémaltèques et leur manque de coordination avec les mexicains et les américains

 

Après le déversement des vols vers le Honduras voici quelques années, qui se poursuit aujourd’hui encore, c’est désormais le Guatemala qui sert de terre d’accueil aux avions bourrés de coke venant d’Amérique du Sud. Plus éloigné, il accueille des avions plus gros et davantage chargés. Les trafiquants sont de véritable businessmen (comme les banquiers auxquels ils empruntent pour investir dans le matériel nécessaire !) et ont vite calculé le nouveau rapport poids-distance pour éliminer les vols directs de moins d’une tonne, en effet, réservés à ceux qui font des sauts de puce passant par le Nicaragua ou le Costa Rica, voire le Salvador, lui aussi touché par l’invasion.

C’est la troisième fois, historiquement que le flux d’apport de cocaïne par voie aérienne change de direction : une véritable révolution, qui laisse le Guatemala fort démuni face à ce fléau.

Un article prophétique écrit il y a a dix ans avait pourtant déjà annoncé ces déboires à venir….

Un bilan géographique et cartographique s’impose avant tout, au vu de tout ce que l’on vient d’absorber. En somme, c’est une troisième révolution qui est en marche, là-bas. C’est en effet la troisième réorientation du trafic aérien de la coke en Amérique Centrale qui est actuellement en cours.
« Souvenons-nous, depuis les années 2000 jusque 2007, les couloirs aériens ont d’abord ressemblé à ça (ici à gauche).

A cette époque c’est vers la République Dominicaine, la plus proche, que s’oriente trafic partant essentiellement du Venezuela. Certains vols traversent, en partant eux de la Colombie, toute l’Amérique Central pour se poser directement au Mexique. Le Yucatan n’est alors toujours pas touché.

En 2010-2012, changement de cap : on se dirige en masse vers le Honduras (lire la série d’articles ici-même). A la même période, ce sont essentiellement des Cessna, des Piper ou des bimoteurs Beechcraft qui occupent le devant de la scène, selon la distance à parcourir et non le tonnage. On pourrait en tenir le catalogue ou plutôt en faire une taxonomie : certains modèles plus que d’autres, certains équipements en plus, etc.. je ne désespère pas de vous l’écrire un jour ici. Le Yucatan est progressivement abordé. Et puis depuis 2018, tout a changé avec l’apparition de nos gros porteurs à réaction pour doubler ceux à turbines, déjà apparus en éclaireurs, et qui font d’une seule traite le trajet du Venezuela au Guatemala ou à Belize, pour la majeure partie d’entre eux. Le Yucatan est davantage impacté, au niveau de sa frontière Est Atlantique, dans le département du Quintana Roo, au plus proche, puis dans le Campeche pour une autre raison: la présence de communautés mennonites, qui entretiennent d’étranges relations avec les trafiquants, comme elles le font en Bolivie ou au Paraguay par exemple.

Pour le seul Guatemala (c’est à noter) ça donne désormais ceci et c’est… frappant cette évolution des vols chargés de cocaïne :

La troisième révolution des transports de coke

Ceci n’étant qu’un aspect, qui ignore totalement le sud du pays qui, lui, fait face à une double invasion, celle directe de la Colombie (et c’est nouveau de l’Equateur, touché également) et du Costa Rica qui sert également désormais de relais aux colombiens.

Le tarif maritime est bien plus imposant en part de tonnage transporté, on le sait et on le voit, à comptabiliser le contenu d’un seul semi-submersible (jusqu’à 5 tonnes d’un coup), alors que le premier découvert au Guatemala l’a été en août 2016 ! Ceux-ci voyagent par centaines chaque année pour déposer leur cargaison sur la côte Sud, la plus impactée, où parfois les avions les secondent (et ça se renforcera plus le contrôle des submersibles deviendra plus efficace).

Schématiquement ça donnait ceci comme tracés en 2016 : en rouge l’énorme « arc » maritime, partant des deux pays cités et en jaune les vols, dont ceux des jets dont fort peu atterrissent directement au Mexique (mais avec un chargement conséquent). Depuis, les vols arrivant sur le sud de la côte se sont accentués, doublés par le nouveau rôle joué par le Costa Rica ou le Nicaragua, pays où l’on s’obstine toujours à nier un quelconque trafic, alors que le passé du pays raconte tout le contraire nous rappelle ici Insight Crime. C’est donc cela cette troisième réorganisation du trafic, ou la troisième révolution des transferts de coke par voie aérienne (Escobar avait fait la sienne en son temps en remplaçant les vieux DC-3 ou DC-6 par des Caravelle !).

En août 2015 déjà le journal Cronica Viva avait fait le lien entre la drogue qui partait de Colombie et le relais du Costa Rica, aidé par une infographie fort explicite, en citant El Chapo Guzman comme responsable de tout le réseau, qui, au final, conduisait au Mexique !

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BELGIQUE 🇧🇪 (Port d’Anvers): plus de 1,6 tonne de cocaïne a ainsi été interceptée entre le 27 et le 30 mars, lors de trois contrôles.

Le trafic de cocaïne par voie aérienne et maritime a augmenté en mars entre l’Amérique du Sud et la Belgique, les trafiquants anticipant une réduction des voyages et du commerce en raison de la nouvelle pandémie de coronavirus.

« Ces derniers jours, nous avons constaté une augmentation substantielle des saisies« , a expliqué à l’AFP Kristian Vanderwaeren, administrateur général des douanes de ce pays, sur la route de la cocaïne vers l’Europe via le port d’Anvers.

Selon le chef des douanes, « les narcos en Amérique du Sud ont organisé et placé autant de marchandises que possible dans les conteneurs, sachant que le trafic de conteneurs diminuerait vers l’Europe dans les prochains mois« .

Plus de 1,6 tonne de cocaïne a ainsi été interceptée dans le port d’Anvers, le deuxième plus grand d’Europe derrière Rotterdam (Pays-Bas), entre le 27 et le 30 mars, dans trois contrôles.

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AMÉRIQUE LATINE – CARAÏBES: depuis le 1er janvier 2020, saisie de plus de 20 tonnes de coke

4,8 tonnes étaient destinées à la Belgique

 

Plus de 20,5 tonnes de cocaïne ont été saisies au cours des trois premiers mois de l’année dans 45 affaires différentes en Amérique latine et dans les Caraïbes, dont 4,8 tonnes étaient destinées à la Belgique, rapporte lundi le Programme de contrôle des conteneurs (CCP) des Nations unies.

 

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GUATEMALA 🇬🇹 (aeronarcotrafic): tout le système politique du Guatemala était de mèche avec les trafiquants, qui devenaient grâce lui intouchables !

Otto Herrera Garcia, alias « el ingeniero« avait fait du Guatemala un véritable corridor à transfert de coke.

Travaillaient une effet pour lui des gens comme Jorge Mario « le gros » Paredes Córdova, Otoniel « le fou » Turcios (nous reparlerons de lui), Byron Berganza , la famille Lorenzana, Horst Walther Overdick et Mario Ponce. Que du beau linge en effet ! Après avoir travaillé (honnêtement) dans sa jeunesse aux Etats-Unis, il était reparti s’établir au Guatemala, pour très vite se lancer dans un tout autre commerce florissant : « en 1998, Herrera, 33 ans, était déjà un trafiquant de drogue bien connu. Selon l’agent López de la DEA, l’une des premières photographies publiées dans la presse locale montrait Otto Herrera profitant d’une journée à la plage, une bière dans la main, avec une jeune femme en bikini – sa femme américaine, Sherry Blailey -. «À cette époque, Otto était un puissant trafiquant international en raison des contacts qu’il avait; il a conclu des accords importants avec l’armée guatémaltèque et avec certains représentants du gouvernement», explique Vigil, qui a pris sa retraite en 2004 et est consultant pour le cabinet international de conseil en sécurité Mission Essential Personnel à Washington D.C. « Otto opérait au niveau latino-américain et était connu pour sa capacité à acheter une protection. » En fait, un détective de la police a déclaré qu’au domicile d’un passeur dans la capitale guatémaltèque, les autorités avaient trouvé une lettre – datée de la fin des années 1990 – adressée à Herrera García et signée par un haut fonctionnaire du gouvernement. Le responsable a écrit pour le remercier de l’aide apportée à plusieurs communautés touchées par la tempête Mitch en novembre 1998, ajoute-t-il. » Recherché, il avait sa fiche sur Interpol (ici à droite).

Herrera était associé à « El Rey », autre ténor colombien fournisseur de coke : « Selon le dossier d’extradition colombien de Phanor Arizabaleta Arzayús, alias el Rey, au milieu des années 90, il était associé à Otto Herrrera et son frère Guillermo, alias Willy, Byron Linares Cordón, lieutenant d’Herrera et famille Lorenzana pour expédier des milliers de tonnes de cocaïne par bateau de la Colombie au Salvador, où elle était déchargée, inventoriée et cachée dans des camions chargés de bananes à transporter au Guatemala puis au Mexique où elle a été livrée au cartel de Sinaloa, qui l’a introduite aux États-Unis. . L’enquête de López révèle une note datée du 12 novembre 2010, établit qu’entre fin 1999 et début 2000, les membres de l’organisation dirigée par le roi Arizabaleta ont rencontré des membres de l’organisation d’Otto Herrera. En conséquence, les Colombiens ont accepté de fournir de la cocaïne à diverses structures de trafic de drogue au Mexique, via le réseau Herrera. Son travail consistait à transporter la drogue de la Colombie en Amérique centrale puis au Mexique. Cette association a fonctionné entre mars 1996 et juin 2007, selon le dossier d’extradition d’Arizabaleta, capturé par les autorités colombiennes en mars 2012 ». Herrera était bien un intermédiaire, un transporteur, avant tout. Et devait donc avoir croisé sur son chemin celui qui montait alors, à savoir « El Chapo Guzman », qui avait besoin d’une infrastructure aérienne de transport.

Otto Herrera, poursuivi, est repéré et arrêté une première fois dans son fief guatémaltèque : « le 2 avril 2003, la police guatémaltèque a fait une descente dans une maison située dans la zone exclusive 14 de la ville de Guatemala et, après avoir examiné une résidence adjacente, a trouvé 14,4 millions de dollars en espèces, la résidence faisant l’objet de la descente appartenait à Jorge Mario «el gordo». Les murs, où l’argent a été trouvé, avaient cependant été loués par Otto Herrera. Dans l’opération, la police a capturé deux Colombiens qui gardaient l’argent: Carlos Eduardo Rodríguez Monar et José Fernando «Zimber» Arizabaleta Lenis, neveu et émissaire du « roi » Arizabaleta, le dernier pivot central du Cartel de Cali, Colombie, selon López.  Cette capture a mis Herrera sur le radar de la DEA. Son organisation gérait de l’argent pour le cartel de Cali et pour le cartel de Sinaloa et envoyait de l’argent en Amérique du Nord et du Sud; Selon le dossier, devant un tribunal de district de Floride, entre octobre 2003 et juin 2006, le cartel de Sinaloa a effectué 35 virements électroniques pour 3,3 millions de dollars depuis des bureaux de change du Mexique vers les États-Unis. pour acheter des avions. Le dossier répertorie parmi les accusés Joaquín el Chapo Guzmán, chef du cartel de Sinaloa, le colombien Jorge Miltón Cifuentes Vila, Otto Herera et son frère Guillermo. » On y est : c’est bien Herrera qui a été à la base d’une bonne partie de la flotte aérienne d’El Chapo !

Un recruteur… d’avions

Un peu plus d’un douzaine d’avions ont été sélectionnés et achetés par lui.  » Ces transferts du cartel de Sinaloa ont permis d’acheter 13 avions à des sociétés américaines. Les avions ont été emmenés au Venezuela et en Colombie, où ils ont été chargés de cocaïne et dirigés vers l’Amérique centrale ou le Mexique. L’un des avions achetés par Herrera aux États-Unis a été saisi près de la rivière Usumacinta, au Guatemala, en janvier 2004, avec deux tonnes de cocaïne à bord. Cet avion a été acheté par le truchement du trust Powell Aircraft Title Services aux États-Unis (http://airtitle.com), ouvert au cartel de Sinaloa, selon des informations que le délégué en chef de la DEA au Mexique, David Gaddis, a envoyées au procureur général de la République (PGR). ). Ces avions je vous les avais présentés ici comme étant ceux d’El Chapo : sorti du tunnel, El Chapo a pris l’avion.  Il a toujours adoré les avions, en fait : il en acheté pas mal (est cité un peu partout le chiffre de treize exemplaires, rien qu’à titre personnel). Il avait démarré tôt ce goût pour les avions en En Colombie, le 11 septembre 2005, jour où l’armée de l’air colombienne avait détecté un appareil King Air 65-C90 immatriculé N193A, se dirigeant vers l’île de San Andrés, lieu où sera arrêté le pilote avec 300 kilos de coke à bord. L’avion avait été acheté 415 000 dollars, à Powell Aircraft Title Services, (1) par le biais de six transferts électroniques effectués par Angelina Huerta García, David Alejo Lázaro, Édgar García Roa, Esteban García Campos et Tania Martínez Rodríguez les 25 et 26 juillet 2005, par l’intermédiaire de la branche de la Casa de Cambio Puebla.  Les transferts d’argent avaient été envoyés au compte 00-28680-48493 de la succursale de Bank of America de New York !!!  Casa de Cambio Puebla allait tomber plus tard avec la gestion de d’argent pour l’achat d’avions américains pour le cartel de Sinaloa, après la saisie au Guatemala, en octobre 2003, de près de 2 tonnes de cocaïne à bord d’un avion Beach Craft King Air 200, numéroté N694FC, (ex Guatemalan Air Force, ici à droite) posé près de la rivière Usumacinta.  L’avion avait été acheté par par Jorge Milton Cifuentes Villa alias « Jota » ou  » J », par 20 transferts électroniques d’une valeur totale de 1, 289 million de dollars.  Les noms utilisés ayant été Juan Granados Patiño, Fernando Camargo López, Raquel Aguirre Reséndiz y María Aurelia Trejo Valle.  Le 19 août 2005, le N193A confisqué passait chez l’armée colombienne sous l’appellation FAC5730 (ici en haut à droite). A ses heures aussi, Herrera avait été pilote pour Elchapo, qui  possédait aussi un Falcon-20 bien connu, l’enregistré XB-IYK, vu aussi à  Campeche… resté célèbre en train d’attendre ce qu’allait faire le DC-9 rempli de 128 sacs de cocaïne qui avait fait couler tant d’encre (pour le rôle qu’avait joué la CIA dans l’histoire.  A bord devait monter le pilote, Otto Roberto Herrera Garcia qui, une fois déguisé en policier, était tranquillement sorti de l’aéroport, dans le Ford Lobo du chef des gardiens Alfredo Cazares. Otto Herrera était alors recherché aux États-Unis (par la DEA) qui offrait 5 millions de dollars en récompense pour sa capture (le gouvernement mexicain promettait 2 millions de dollars). L’avion, gris, est devenu tout noir (ci-dessus à droite)  sous l’immatriculation XC-HID (PF-203 ci-dessus à gauche), et appartient désormais à la Police mexicaine, après avoir été XC-DIP de la Banco Nacional de Crédito Rural et le fameux YB-IYK 

En 2004, donc le nouveau « seigneur du ciel  » tombe. En janvier 2008, ajoute le rapport de López, six mois après la saisie dans la zone 14, le bureau du procureur américain a accusé Herrera de trafic de drogue et a offert une récompense de 2 millions de dollars pour des informations qui permettent sa localisation et sa capture. Le 21 avril 2004, la police mexicaine a capturé Herrera en attendant sa petite amie Marcela González à l’aéroport international de Mexico. Le Département américain de la Justice a célébré la capture de « l’un des plus grands trafiquants de drogue en Amérique centrale » et qui était le résultat d’une enquête multinationale impliquant des agents de la DEA au Mexique, au Guatemala et au Salvador, et a lié Herrera et quatre autres accusés au transfert de cinq expéditions de cocaïne totalisant 6 500 kilos entre mars 1996 et octobre 2003. Ils ont également demandé son extradition rapide vers les États-Unis. »

Deux tonnes de coke par mois, en moyenne… et des pontes enrôlés dans le réseau

D’une efficacité redoutable avec ses avions, il arrivait en effet à transporter environ 2 tonnes chaque mois aux USA, à  l’époque de sa capture. « En 2004, l’USDOJ qualifiait Herrera de « l’un des plus grands trafiquants de drogue en Amérique centrale ». Son organisation a servi d’intermédiaire entre les restes du cartel colombien de Cali et du cartel mexicain de Sinaloa. Selon le Département d’État américain (DOS), il était responsable du transport de plus de 18 tonnes de cocaïne à travers l’Amérique centrale et le Mexique aux États-Unis à partir de 1998. Les dossiers montrent qu’il a également envoyé des millions de dollars en virements bancaires du Mexique vers les États-Unis, dont certains étaient utilisés pour acheter des avions à une société américaine. Il était lié à l’homme d’affaires et courtier politique guatémaltèque Gustavo Herrera (sans lien de parenté, (ici à droite), qui aurait aidé l’organisation d’Otto Herrera à déplacer et à stocker des cargaisons de drogue ».

Or en 2004, justement, alors qu’il venait d’être capturé au Mexique, et attendait une demande d’extradition vers les USA, il avait réussi à s’enfuir de sa prison… déguisé en policier, après avoir largement arrosé en dollars tout le personnel pénitentiaire (on parle de pots-de-vin allant de 200 000 à 2 millions de dollars !). Fait notable, l’intelligentsia politique guatémaltèque était de mèche directe avec lui : Gustavo Herrera était en fait le gestionnaire du Patriot Party (PP), dont il détournait allègement les fonds, en ne déclarant rien au impôts (IGSS) et en les plaçant dans une entité appelée Jekyll Properties, constituée à la fois aux Bahamas et au Guatemala, créée au départ par l’avocat Francisco Palomo, assassiné en 2015.

Parmi la liste des personnes bénéficiant des transactions effectuées en sous-mains par Jekyll Properties figuraient Conrado Arnulfo Reyes (ici à gauche) – l’ancien procureur général

et  Óscar Eugenio Dubón Palma (ici à droite)- ancien contrôleur général des comptes -, qui auraient reçu respectivement 100 000 et 350 000 Quetzals.

Herrera, qui avait fui au Nicaragua, avait pompé à lui tout seul 350 millions de dollars de l’IGSS !

Tout le système politique du Guatemala était de mèche avec les trafiquants, qui devenaient grâce à lui intouchables !!!

Un général froidement éliminé

Recapturé (comme El Chapo) en 2007, à Bogota, en Colombie après deux années de cavale, il avait été finalement extradé en 2008 aux USA, où il encourait une très lourde peine avec ses 18 tonnes de coke transportées au total et son accusation pour blanchiment d’argent. Il en prendra en effet pour 30 ans, à effectuer au Rivers Correctional Facility en Caroline du Nord, pas vraiment un hôtel de repos… Or surprise, il sort de prison aux USA dès 2013, une annonce dissimulée par les autorités US pendant un an au moins.  Pourquoi les américains l’avaient-il aussi vitre relâché, mystère. L’idée de l’avoir « retourné » pour en avoir fait un informateur est un peu risquée à prendre, étant donné sa violence incontrôlable (une de ses cibles avait reçu 18 impacts de balle !)… Alors pourquoi, donc ? Un câble de 2013 (Confidencial Guatemala 001673) de leur ambassadeur, John Hamiltonresté célèbre depuis, nous donne une indication  : « L’ambassade a appris début juin que le juge Felix Eliseo Garcia Arenas (largement considéré comme un juge honnête) qui avait présidé le cas de Byron Linares (commandant en second de l’ organisation de stupéfiants Otto Herrera) et deux accusés colombiens dans une affaire de millions de blanchiment d’argent impliquant l’organisation Herrera, avait été remplacé par le juge Luis Alfredo Morales Lopez à travers une  procédure irrégulière. Morales était le juge qui a libéré un certain nombre de personnalités prétendument corrompues ayant des liens étroits avec le président Portillo – y compris le banquier Alvarado McDonald… » En somme les américains s’attendaient à voir d’autres narcos-trafiquants arriver de nouveau au Guatemala, systématiquement relâchés dans la nature par des juges corrompus...  » la capacité du GOG à poursuivre les principaux trafiquants de stupéfiants et toute l’action d’un juge pour libérer les accusés dans cette affaire serait une grave coup à la guerre contre la drogue au Guatemala »… Espérait-on en secret que les deux chefs de car s’étrillent entre eux, si Herrera ressortait plus vite que prévu ? La lecture ds messages hebdomadaires envoyés par l’ambassadeur Hamilton est édifiante, tel cet extrait étonnant posté le 17 décembre 2014 dévoyant un énième détournement au sein du gouvernement de Portillo : » Nous avons mentionné dans notre dernière lettre le cas mystérieux du colonel Raul Cerna, l’ancien chef des finances disparu de la sécurité militaire présidentielle (EMP) et témoin clé des efforts pour retrouver les 115 millions de dollars ou plus qui ont disparu dans des mains militaires sous l’administration Portillo. Alors que les Guatémaltèques placent toujours des paris entre eux sur le sort de Cerna (cf mort en 2004), les autorités ont exhumé un cadavre d’un cimetière. La presse a rapporté qu’un dentiste avait identifié le reste comme Cerna (ici droite), mais, pour être sûr, un échantillon d’ADN a été envoyé en Espagne pour voir s’il correspond aux échantillons fournis par le fils et le père de Cerna. »A son décès personne n’avait réclamé son corps, de là les autorités ! On avait découvert entre-temps qu’il savait que l’argent destiné aux repas scolaires avait disparu dans le parti de Portillo, l’ensemble des détournements présidentiel avoisinant les 2 milliards de dollars ! « Le colonel José Raúl Cerna Ramírez, qui était le directeur financier de l’EMP, était considéré comme le principal suspect, avec 13 autres personnes impliquées. Cerna collaborait aux enquêtes et son témoignage a été déterminant pour déterminer l’implication des suspects dans le détournement de fonds. Après sa mort, Juan José de León Pineda, Surama Payeras, Jorge Rivera, David Elías et William Rivera, anciens employés de l’agence, sont morts de causes mystérieuses » écrit ici Prensa Libre.  Dans un tel état miné de partout par la corruption, relâcher Herrera n’était-ce pas aussi envenimer encore les choses ? Et tenter de faire tomber Portillo pour trafic de drogue ? Pourrir davantage encore la situation pour se proposer ensuite en sauveur nimbés de tous les bons sentiments, voilà bien une technique chère… à la CIA !!!

Avec Herrera, une révolution s’était donc produite au Guatemala  ?

Après coup, il faut s’apercevoir de ce qu’avait amené le fameux Herrera au Guatemala : tout simplement une autre et nouvelle façon de faire (du trafic) indiquent ici fort judicieusement Ralph Espach, Javier Meléndez Quiñonez Daniel Haering, et Miguel Castillo Girón dans le superbe dossier « Criminal Organizations and Illicit Trafficking in Guatemala’s Border Communities » : « Avant 2008, le trafic local de drogues, d’êtres humains, d’armes et d’autres objets de contrebande était principalement contrôlé par des capos locaux, des individus et des familles ayant une longue tradition de propriété et d’influence au sein de leurs communautés. Non seulement les criminels, les capos étaient des propriétaires fonciers et des hommes d’affaires, des employeurs communautaires, des bienfaiteurs et des dirigeants dans une certaine mesure dont les opérations bénéficiaient d’une légitimité aux yeux des résidents locaux. Ils avaient construit des routes, des cliniques, des terrains de football; ils avaient fourni de l’argent aux citoyens locaux pour les fêtes de leurs enfants et pour les urgences médicales; et – comme le montrent les études de cas – ils avaient assuré l’ordre et la sécurité dans les rues afin que les résidents se sentent en sécurité dans leurs activités quotidiennes. Ils avaient pu mener ces diverses activités, licites et illicites, sous la protection fournie par leurs relations avec les militaires, les services de renseignement et les représentants du gouvernement. Cependant, le système de traite stable, contrôlé et relativement pacifique au Guatemala, dans lequel des groupes étrangers ont payé les trafiquants guatémaltèques pour un passage sûr et sécurisé et sinon les a laissés pour la plupart, a pris fin en 2008. Une partie de la rupture de ce système peut être attribué aux arrestations de « transportistas » guatémaltèques de haut niveau. Otto Herrera, considéré comme le contact principal du cartel mexicain du Golfe au Guatemala, a été arrêté en 2007 et Jorge Mario Paredes, lié au cartel de Sinaloa, a été arrêté en 2008. Ces arrestations ont déclenché une série de compétitions entre des groupes et des individus subordonnés, qui cherchait à établir le contrôle de certains territoires et à éliminer ses rivaux. Cela a provoqué des turbulences et de l’incertitude sur plusieurs itinéraires de trafic clés ». En somme, on avait toujours trafic au Guatemala, par définition zone de passage entre l’Amérique du Sud et les Etats-Unis, mais avant Herrera ça se passait à la bonne franquette, avec des trafiquants plutôt fondus dans la population et acceptés, car ce sont  eux qui empêchaient la violence (le pays ne disposant pas d’une police autre que corrompue !), un calme qui leur garantissait une circulation tranquille de leurs produits. Herrera a tout flanqué par terre, en amenant Los Zetas et leur violence intrinsèque.

L’étape entre les « trafiquants à l’ancienne » et le nouveaux a été cruciale, et a été marquée par d’horribles massacres…

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AMÉRIQUE CENTRALE (Coke en stock – CCLXXVI): au Guatemala 🇬🇹, les aéroports aux mains des narcos

Tous ces avions remplis de cocaïne se posent, on l’a vu, plutôt sur des pistes clandestines. Faut rester discret. Sur les aéroports, c’est à une autre ballet auquel on assiste au Guatemala. Là, ce sont des valises pleines d’argent liquide qui circulent, la monnaie d’échange des trafiquants étant le dollar américain, plus rarement la monnaie du pays.

Dans le genre on a assisté à de beaux cas d’exemples ces dernières années. Un avion qui cachait ses billets dans le plafond de sa cabine, une ex star de la TV essayant de sortir discrètement un demi-million de dollars du pays, un entraîneur de foot avec ses millions, et toujours une corruption tous azimuts dans le pays.

En résumé c’est plutôt simple : la majorité des aéroports est aux mains des trafiquants !

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Retour sur une vieille affaire

C’est bien cela en effet, des avions, transporteurs de cocaïne, qui se posent partout, car les trafiquants ont mis la main sur tout l’infrastructure aérienne du pays : « Les trafiquants de drogue pourraient même être à l’origine du meurtre d’un contrôleur aérien qui a empêché un avion chargé de cocaïne d’atterrir en 2007. Des sources de l’aviation civile ont assuré aux Américains dans le premier des deux câbles que «des officiers de l’aviation impliqués étaient impliqués dans le meurtre le 17 août 2007, le contrôleur José Emanuel Méndez, qui avait refusé l’autorisation d’atterrir à un avion chargé de trois tonnes de cocaïne et qui, après cinq tours à l’aéroport, a fini par tomber » (Mendez était aussi le fils de l’activiste des droits humains et ancien congressman Amilcar Mendez). « En représailles, Méndez aurait été tué », explique le câble, qui s’appuie sur l’aviation civile, la police et les autorités syndicales. (…) « Pour ce meurtre, son collègue Erwin Omar Gudiel Arias a été reconnu coupable par un tribunal. Le journaliste Andreas Bourke, ami de Méndez, a exigé le 22 juillet 2010 dans le journal que la paternité intellectuelle soit poursuivie. Et il s’est souvenu que Carlos Castresana, alors qu’il était le chef de la Commission internationale contre l’impunité (Cicig), a déclaré que la Commission avait trouvé des indications comme quoi Juan Roberto Garrido, responsable de la sécurité de l’aéroport, avait été impliqué dans le meurtre. » Cet effort de nettoyage de l’aéronautique et des aéroports du Guatemala, pays qui compte le plus d’avions par habitant sur le continent, ne fait que commencer. » Il n’est pas allé loin, pour l’instant semble-t-il, hélas.

Les aéroports du pays aux mains des trafiquants

En 2012, le site Cosecha Roja avait pourtant déjà alarmé sur ce qui se passait à La Aurora : « de nombreux avions ont atterri en provenance d’Amérique du Sud et sont stationnés sur la piste d’atterrissage abandonnée et incontrôlée de Puerto Barrios.

Et même une partie est contrôlée par un trafiquant de drogue connu », dit le câble « 08GUATEMALA1360 » du 31 octobre 2008, signé par l’ancien ambassadeur Stephen McFarland, après une réunion avec les autorités de l’aviation civile. Un autre câble, « 08GUATEMALA1180 », a indiqué que cette piste de 2060 mètres de long avait été abandonnée par l’armée en 2004 (elle est bien visible ici sur Google Earth). Le câble en premier disait aussi ceci : « Le commissaire Carlos Castresana était au courant de la situation à la suite de l’arrestation, en juillet 2008, de Luis Fernando Archila Lima, Chef de la sécurité de la Direction générale de la société civile Chef de la sécurité de la Direction générale de la société civile Aviation (DGAC) à Puerto Barrios, pour possession de drogue. Selon la presse, Archila Lima a été arrêtée bientôt après que les autorités ont perquisitionné une tour de contrôle de l’aéroport où deux des onces d’héroïne ont été trouvées dans son lit ».
Le chef de la sécurité de l’aéroport se droguait ! Un comble !

 

« Des cas d’atterrissages sur les pistes de Cobán et Zacapa ont été documentés. Par exemple, en décembre 2010, les autorités ont trouvé trois petits avions à l’aéroport de Cobán: dans l’un, il y avait 300 milles quetzals et deux autres n’avaient pas la permission d’entrer dans le pays. Tous trois étaient au service des Zetas, selon des sources des renseignements civils. Ils ont également utilisé un côté de la piste pour les courses de chevaux. Ces cas dans lesquels des trafiquants de drogue utilisent les aéroports nationaux comme pistes privées ont été étendus au port de San José, selon les câbles (…) « en juillet 2005, l’ancien chef du secrétaire à l’analyse et à l’information contre la drogue (Saia), Adán Castillo, a déclaré que l’aéroport international de La Aurora était utilisé pour introduire de grandes expéditions de drogues dans le pays et que c’était la famille Mendoza de Izabal qui gérait l’essentiel du trafic de drogue (ils s’en occupaient toujours en 2019 selon Insight Crime et « anonguatemala » ). Quatre mois plus tard, Castillo a été capturé aux États-Unis pour avoir convenu avec les trafiquants de la prise en charge d’une cargaison de drogue. Il a été condamné en 2007 à dix ans de prison. »

A gauche, la famille Mendoza avec le politicien Mario Estrada aujourd’hui derrière les barreaux, devant son hélicoptère de campagne TG-MEO controversé. Ce trafic perdure : les deux photos ici sont celles diffusés dans un journal télévisé du matin en mars 2018 au lendemain de la découverte d’un Cessna incendié sur une piste clandestine au nord de Zacapa, visible ci-dessous (au 15° 4.902’N et 89° 40.490’O) :

Dans le plafond

L’argent continue à circuler : si en 2010 c’était une dame qui avait été pincée avec une valise pleine de billets, en mars 2019 c’est un avion au complet, un petit Cessna 340 reconnaissable à ses bidons de bout d’aile, sa vitre latérale de cockpit en demi-cercle, ses hublots ovales: un avion immatriculé XB-FKB, venu du Mexique, donc, avec à l’intérieur un compartiment « secret », parfaitement dissimulé à l’intérieur du plafond de l’appareil qui allait surprendre les enquêteurs montés à son bord (il avait été soigneusement recousu sans laisser de traces !)

Dans cet espace inattendu et difficilement, détectable (à moins de disposer d’une information sur la modification faite quelque part sur l’appareil, ce qui à sans doute été le cas dans cette affaire) étaient dissimulés 64 400 dollars américains et 16 500 pesos mexicains, plus huit téléphones portables, un GPS et même un iPad. Une caverne d’Ali Baba, mais au-dessus de la tête !

Fait à noter, les membres d’équipage et les passagers avaient été identifiés comme étant tous des jeunes, aucun ne dépassant la quarantaine : Jonathan Quezada Flores, 35 ans; Alejandro Galindo Benítez, 33 ans, Abraham Galindo Escamilla, 21 ans et Alexia Sarahí Herrera Inzunza, 24 ans, tous également de nationalité mexicaine. La nouvelle génération des trafiquants mexicains, certainement trop bavards sur le net… Depuis, « leur » avion pourrit sur le tarmac de la Aurora (et ce n’est pas un Cessna 401 comme indiqué !). En vérité, l’immatriculation était certainement fausse. Aucune recherche ne pointe vers elle en effet. L’avion est donné comme étant le 340A-0646 qui est celui du N8875K, annoncé comme invendu en avril 2017, et reversé à la Cessna Aircraft Company.

L’évasion de devises, le sport roi au Guatemala : sortir l’agent !

C’est Global Voices qui nous le confirme ici le 26 juillet 2014 : l’évasion de numéraire a pris des proportions inquiétantes ces dernières années au Guatemala et l’endroit principal par lequel cela se fait est l’aéroport de la Aurora. L’article débute par un exemple précis, celui de « la présentatrice de télévision María Magdalena Stahl Hurtado, par ailleurs mannequin et « psychologue » (elle a participé à la finale de Miss Equateur en 2005), une citoyenne américaine d’origine allemande » dont l’attitude avait interpellé un agent des douanes suspicieux. La belle, ici à droite, interrogée, finit par craquer devant le douanier : « après plusieurs heures de comptage, le ministère public a calculé qu’il y avait 435 762 dollars USD cachés dans les bagages que Mme Stahl s’apprêtait à emporter à Panama ». Elle avait tenté de dissimuler 1/2 million de dollars dans ses bagages !!! Un phénomène courant, nous apprend l’article : « le dernier cas signalé est celui de M. Richard Alexis Preza Herrera, l’entraîneur de l’équipe de football Coatepeque qui a été arrêté pour le transport de 14,6 millions de dollars US. Lors de son procès, il a été condamné à une amende de 600 000 quetzales (7 750 dollars US) et il lui est interdit de quitter le pays. » Ces transferts interdits, les trafiquants les font aussi, mais de manière plus adroite à vrai dire : “La loi stipule que jusqu’à un montant de 10 000 dollars peut être transporté sans déclaration. Aussi y a-t-il des gens qui voyagent avec 9 700 ou 9 800 dollars, tout juste, pour rester dans la limite légale “, dit M. Rodenas. Au moins deux grands groupes de « courriers », chacun transportant un montant légal d”argent, ont été capturés transportant de ‘l’argent à Panama, la destination principale pour le blanchiment d’argent. Selon M. Rodenas, un autre moyen de transporter de l’argent était de prétendre que les courriers étaient des directeurs ou des employés d’entreprises qui voyageaient pour affaires ou faire des achats. Ensuite, après des mois d’enquête, on arrive à la conclusion que les entreprises n’étaient qu’une couverture et qu’elles n’avaient pas d’activités financières réelles.

En fait, les trafiquants continuent à utiliser cette méthode. “Voilà comment ils exportent l’argent hors du pays. Ils font ce que la loi permet”, dit M. Rodenas, qui ne s’aventure pas à avancer une hypothèse quant aux montants totaux d’argent qui sont exportés hors du pays illégalement. “Il est difficile de donner un chiffre ; une étude devrait être réalisée”, dit-il.

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DOCUMENTAIRE: Histoire du trafic de drogues

Histoire du trafic de drogue

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Comment, deux siècles durant, les pouvoirs en place ont fait naître et prospérer le commerce des drogues, envers occulté du libre-échange.

Cette fresque dense et limpide pulvérise les idées reçues en démontrant l’impasse de la prohibition.

Au XIXe siècle, l’opium se répand à travers toute l’Asie, sous l’impulsion des puissances coloniales. Parallèlement, l’industrie pharmaceutique occidentale découvre des produits miraculeux : morphine, cocaïne, héroïne. L’addiction devient un fléau mondial et un enjeu de santé publique ; la prohibition va progressivement s’imposer. L’interdit donne naissance aux premiers réseaux du trafic de drogue, qui ne vont cesser de chercher la protection des États. Cette criminalité connaît un essor sans précédent pendant la guerre froide, quand les services secrets utilisent les drogues comme un instrument politique. Les États-Unis en paient le prix : en 1970, un tiers de leurs soldats au Viêtnam sont accros à l’héroïne. Un an plus tard, le président Richard Nixon lance la guerre contre la drogue.

Frontières mouvantes
Héroïne, cocaïne : deux produits qui pèsent aussi lourd dans l’économie mondiale que le pétrole ou le textile. Ces drogues, responsables en deux siècles de millions de morts, ont d’abord été mises au point, le plus légalement du monde, par l’industrie pharmaceutique occidentale. Les systèmes bancaires et les services secrets du monde entier, en lien plus ou moins direct avec des organisations criminelles, ont contribué à les faire prospérer. La répression s’est toujours révélée impuissante à mettre fin à ce commerce immensément lucratif, car le secteur des stupéfiants, « le plus agile du monde« , selon l’un des passionnants analystes interrogés ici, parvient à se recomposer chaque fois qu’un coup lui est porté. Surtout, les masses d’argent qu’il injecte dans l’économie mondiale ne cessent de remodeler les frontières d’une légalité dont Julie Lerat et Christophe Bouquet (Mafia et République) démontrent la porosité. Tissant avec fluidité archives, lumineux entretiens et, dans la dernière partie, séquences de reportages, leur brillant traité de géopolitique mondiale dévoile les logiques cachées du trafic de drogue et ses liens organiques avec les pouvoirs en place.

Histoire du trafic de drogue (1/3)

VIDÉO d’un clic

53 min
Disponible du 24/03/2020 au 29/05/2020
Prochaine diffusion le mardi 31 mars à 20:55
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Avec leur bras armé, la DEA (Drug Enforcement Administration), les États-Unis frappent fort. Mais le trafic se déplace, se transforme, s’adapte. Une nouvelle génération de trafiquants émerge à la fin des années 1970, qui recherche à la fois l’argent et le pouvoir. Si Pablo Escobar est le plus emblématique de tous, Totò Riina en Sicile, Khun Sa dans le Triangle d’or, et Félix Gallardo au Mexique ont aussi bouleversé le destin de leur pays et fait exploser le trafic à l’échelle mondiale. Ils défient les États, menacent les pouvoirs en place. Il faut près de vingt ans pour que ces derniers s’organisent et fassent tomber les quatre barons de la drogue.

Frontières mouvantes
Héroïne, cocaïne : deux produits qui pèsent aussi lourd dans l’économie mondiale que le pétrole ou le textile. Ces drogues, responsables en deux siècles de millions de morts, ont d’abord été mises au point, le plus légalement du monde, par l’industrie pharmaceutique occidentale. Les systèmes bancaires et les services secrets du monde entier, en lien plus ou moins direct avec des organisations criminelles, ont contribué à les faire prospérer. La répression s’est toujours révélée impuissante à mettre fin à ce commerce immensément lucratif, car le secteur des stupéfiants, « le plus agile du monde« , selon l’un des passionnants analystes interrogés ici, parvient à se recomposer chaque fois qu’un coup lui est porté. Surtout, les masses d’argent qu’il injecte dans l’économie mondiale ne cessent de remodeler les frontières d’une légalité dont Julie Lerat et Christophe Bouquet (Mafia et République) démontrent la porosité. Tissant avec fluidité archives, lumineux entretiens et, dans la dernière partie, séquences de reportages, leur brillant traité de géopolitique mondiale dévoile les logiques cachées du trafic de drogue et ses liens organiques avec les pouvoirs en place.

Histoire du trafic de drogue (2/3)

VIDÉO d’un clic

53 min
Disponible du 24/03/2020 au 29/05/2020
Prochaine diffusion le mardi 31 mars à 21:50
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Comment, deux siècles durant, les pouvoirs en place ont fait naître et prospérer le commerce des drogues, envers occulté du libre-échange. Cette fresque dense et limpide pulvérise les idées reçues en démontrant l’impasse de la prohibition. Dernier volet : les trafiquants de drogue d’aujourd’hui ont muté. L’invisibilité est leur arme…

Le paysage s’est désormais morcelé, voire atomisé. Les trafiquants d’aujourd’hui ont muté. L’invisibilité est leur arme. Le trafic s’enracine dans des zones hors de contrôle, comme l’Afghanistan ou la Colombie, où une guerre d’intensité variable se poursuit. Au Mexique, les cartels ont fait entrer le pays entier dans une spirale de violence sans précédent, et partout, le bilan de la guerre contre la drogue se réduit à un décompte macabre. Faciles à fabriquer et à dissimuler, les drogues de synthèse, comme le fentanyl, cinquante fois plus puissant que l’héroïne, annoncent la génération à venir, celle des trafiquants en blouse blanche. Aux États-Unis, les antidouleurs prescrits sur ordonnance ont ouvert la voie aux opioïdes, qui sèment la mort à l’échelle d’une épidémie.

Frontières mouvantes
Héroïne, cocaïne : deux produits qui pèsent aussi lourd dans l’économie mondiale que le pétrole ou le textile. Ces drogues, responsables en deux siècles de millions de morts, ont d’abord été mises au point, le plus légalement du monde, par l’industrie pharmaceutique occidentale. Les systèmes bancaires et les services secrets du monde entier, en lien plus ou moins direct avec des organisations criminelles, ont contribué à les faire prospérer. La répression s’est toujours révélée impuissante à mettre fin à ce commerce immensément lucratif, car le secteur des stupéfiants, « le plus agile du monde« , selon l’un des passionnants analystes interrogés ici, parvient à se recomposer chaque fois qu’un coup lui est porté. Surtout, les masses d’argent qu’il injecte dans l’économie mondiale ne cessent de remodeler les frontières d’une légalité dont Julie Lerat et Christophe Bouquet (Mafia et République) démontrent la porosité. Tissant avec fluidité archives, lumineux entretiens et, dans la dernière partie, séquences de reportages, leur brillant traité de géopolitique mondiale dévoile les logiques cachées du trafic de drogue et ses liens organiques avec les pouvoirs en place.

Histoire du trafic de drogue (3/3)

VIDÉO d’un clic

53 min
Disponible du 24/03/2020 au 29/05/2020
Prochaine diffusion le mardi 31 mars à 22:45
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AMERIQUE CENTRALE (Coke en stock – CCLXXV): en 2016, une première prise de conscience… sans grand lendemain

En 2015, au Guatemala, on change de président : c’est le populiste Jimmy Morales qui est élu, au lieu de Sandra Torres sa rivale de gauche. Le pays venait d’être secoué par la démission en mai de la vice-présidente Roxana Baldetti, accusée de corruption, qui avait embarqué avec elle toute une clique tournant autour du président Otto Pérez Molina. La classe politique avait été secouée, certes, mais c’est le peuple surtout qui réclamait un coup de balai. Jimmy Morales, pas très chaud au départ, se voit donc contraint de commencer à épurer le pays des corrompus notoires et de demander à ses différents ministères d’effectuer un nettoyage de fond. La drogue étant un des sujets et un des objets fondamentaux de cette corruption, l’accent est mis sur les vecteurs d’arrivage de cette dernière. Cette drogue s’invite en effet dans toutes les campagnes électorales depuis 1986, comme on le fait remarquer ici. En ligne de mire, le soutien de Los Zetas au Partido Patriota et les affaires autour de la longue piste semi-clandestine de Playa Grande et les trois morts récemment parmi les soldats faits prisonniers par les trafiquants, alors qu’ils venaient de surprendre à El Estor un déchargement de cocaïne d’un avion clandestin. Des armes, des fusils à pompe, avait été retrouvés à proximité du triple assassinat, le président en personne s’étant rendu aux obsèques pour porter l’un de cercueils (une image forte s’il en est)…

Des avions perquisitionnés et vérifiés

Des ports sont donc inspectés mais aussi un aéroport, le principal situé dans la capitale, El Aurora, soupçonné depuis longtemps d’être la plaque tournante du trafic de coke.  En 2016, les autorités décident donc dans un premier temps d’inspecter 42 avions réputés douteux à la Aurora. Un joli nombre comme on le voit. On affiche dans la presse une série de vignettes minuscules les présentant, sans préciser leur propriétaire. Pour rassurer la populace, visiblement (on s’apercevra plus tard que les promesses de Morales étaient plutôt du pipeau et que lui-même était corrompu !).  Dedans, il y a même un hélicoptère (noir à immatriculation rouge, au milieu ici, parmi un beau lot de Beechcrafts) :

 

l’aéroport international de La Aurora 

Au final, 17 engins sont immobilisés pour des erreurs de déclaration administratives, 3 pour infractions pénales et 1 pour une irrégularité d’enregistrement. Rien de transcendant donc, pas de détection de traces de cocaïne menée à l’intérieur des aéronefs. L’Etat comptait ainsi faire un exemple et montrer qu’il agissait. Sans plus ajoutera-t-on. La presse du moment se régale de la décision, l’Etat lui-même étant mis en cause par son laxisme précédent : « les coups portés au ministère public continuent de révéler les réseaux entre le légal et l’illégal. Cette fois, plusieurs avions ont été retenus dans des actions conjointes qui avaient le soutien des États-Unis. Les informations fournies par le député (à la sécurité) ne détaillent pas l’immatriculation ou la propriété des avions arrêtés. Mais sur les photos présentées lors de la conférence de presse, il est possible d’identifier certains avions. Le CMI a trouvé des informations sur certains d’entre eux dans les bases de données d’immatriculation des avions. Lors d’une conférence le 21 octobre, le ministère public et d’autres instances de l’État ont annoncé que 21 avions, pour la plupart de petits avions, avaient été retenus pour irrégularités à l’aéroport international de La Aurora ».

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COLOMBIE 🇨🇴 (Barranquilla): Cliver Alcalá s’est rendu aux agents de la DEA (Drug Enforcement Administration)

Cliver Alcalá, considéré comme l’un des principaux détracteurs du président vénézuélien Nicolás Maduro, a été arrêté pour avoir prétendument aidé le dirigeant à expédier 250 tonnes de cocaïne par an aux États-Unis.

Le général à la retraite de l’armée vénézuélienne Cliver Alcalá a été accusé de complot en vue de commettre du narco-terrorisme, de complot en vue d’importer de la cocaïne et des armes à feu, selon l’Associated Press.

Alcalá s’est rendu aux agents de la Drug Enforcement Administration à Barranquilla, en Colombie, avant d’être transféré en détention à New York. Les accords qu’il a pu négocier avec la DEA n’ont pas encore été divulgués.

Cette arrestation intervient deux jours après que le ministère américain de la Justice a inculpé Maduro ainsi que quatre co-conspirateurs pour narco-terrorisme.

Alcalá vivait en Colombie depuis 2018 après avoir tenté d’organiser un coup d’État pour évincer Maduro. ¨Pour mémoire, lorsqu’il était assistant du président de l’époque, Hugo Chavez, en 2008, Alcalá avait reçu l’ordre d’organiser des livraisons de cocaine avec le groupe terroriste des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie).

Le ministère américain de la Justice a inculpé le président vénézuélien Nicolás Maduro ainsi que quatre co-comploteurs pour narcoterrorisme.

En retour, Maduro a accusé la DEA de travailler avec Alcalá pour l’assassiner.

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AMÉRIQUE CENTRALE (Coke en stock – CCLXVI): des jeunes trafiquants et des vieux souvenirs

Le conflit des générations, ce n’est pas réservé qu’aux familles. Chez les trafiquants aussi, les jeunes poussent la porte pour prendre la place de leur aînés, apportant avec eux d’autres méthodes (il sont plus tournés vers l’usage d’outils électroniques, notamment) mais aussi une violence encore accrue.

Aucune inhibition chez eux, aucun code d’honneur mafieux à suivre. Mais ici, ils ne font que réutiliser de vieilles recettes déjà décrites il y a plusieurs années.

En recyclant les mêmes petits vieux coucous, les « grands anciens » utilisant des jets énormes comme on vient de le voir et comme on va encore le découvrir bientôt…

D’autres engins se sont posés au Guatemala, dont des inévitables Cessna, bien sûr, mais pas n’importe lesquels non plus.

Plus rares sont les habituels appareils de ce type aperçus sur place. Le 17 août, à Estrella del Norte, dans la Laguna del Tigre, c’est un classique Cessna Turbo Centurión II qui s’est posé de façon impeccable sur une piste clandestine. Il était immatriculé N6782R (un appareil sous cette immatriculation existe vraiment, c’est un T210F)

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AMÉRIQUE CENTRALE (Coke en Stock – CCLXIV): de la coke, des pistes partout et des armes de guerre

Il n’y a pas que le trajet, allongé jusqu’au Guatemala, qui a changé pour les arrivages de coke partis du Venezuela ou de Colombie.

Les tonnages étant plus gros, la somme transportée plus rondelette, les avions emportent aussi avec eux plus d’armes qu’auparavant, depuis quelques mois.

De véritables arsenaux de guerre, comportant des armes de plus en plus lourdes, jamais vues avant à bord de ces aéronefs. La surprise étant qu’au Guatemala même, ces armes ont été parfois fournies par… le frère du Président !!!

Les avions de tous types atterrissent un peu partout le long des innombrables pistes clandestines ou semi-clandestines du pays, des endroits peu (ou mal) surveillés en tout cas, faute d’une aviation militaire inexistante.

Les plus petits appareils venant des pays voisins, tels le Costa-Rica, le Salvador ou le Nicaragua, entré lui aussi dans la danse, malgré les dénégations de ses dirigeants qui ferment les yeux sur le trafic (on se doute un peu pourquoi) .

Avec ce déplacement du marché, celui de l’augmentation des homicides, qui se calque à l’identique.  Avec en plus un désastre écologique annoncé !

L’avion de l’autoroute et son engin de guerre à bord

On quitte provisoirement le Guatemala mais on ne va pas très loin pour autant. Car comme ça n’a jamais de fin, le jour même où le Gulfstream décrit à l’épisode précédent est arrivé, on a assisté vers Chetumal-Mérida, au Mexique, à la hauteur de Bacalar, près de la ville de Nuevo Israel (près de Quintana Roo, la zone en gris tout au nord de notre carte) à un autre phénomène sidérant : l’atterrissage sur une route d’un bimoteur de taille respectable.

L’avion a été suivi de près par l’avion d’observation Cessna des douanes mexicaines, qui l’ont photographié dans leur viseur posé sur le bord de la route (ici à droite). L’avion s’est posé de plus de nuit, comme le montre le tout premier cliché de sa découverte, fait par le passager d’une voiture l’ayant croisé sur son passage sur le bord de la route (ici à gauche)

C’est un Beechcraft C90 (faussement) immatriculé N2204 qui semble avoir connu un atterrissage délicat, son aile gauche enfoncée à l’emplanture du moteur comme s’il avait heurté un poteau (l’extrémité de l’aile droite est aussi tordue, et surtout une hélice côté gauche est complètement pliée comme on peut le voir ci-dessous).

Il s’est posé en plein trafic routier, des camions restant bloqués devant lui… à peine posé, un intense échange de tirs soutenus a eu lieu et quatre militaires ont été blessés (dont le commandant général José Luis Vázquez Araiza), et l’un d’entre eux, le caporal Emiliano Medina Ramírez, est décédé peu après.

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BRÉSIL 🇧🇷 (aéroport international de São Paulo): PF saisit plus de 20 kg de cocaïne

Guarulhos / SP – La police fédérale, avec l’IRS, a saisi samedi 29 février, plus de 20 kg de cocaïne sur des passagers qui souhaitaient se rendre en Afrique, en Asie et en Europe.

Comunicação Social da Polícia Federal no Aeroporto Internacional de São Paulo/Guarulhos

Contato: (11) 2445-2212

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BRÉSIL 🇧🇷 (Juscimeira): la police saisit d’abord 514 kilos de cocaïne, puis l’avion bimoteur qui avait servi au transport

La police, avec le soutien de l’armée de l’air brésilienne, a saisi 514 kg de cocaïne à Juscimeira (157 km au sud de Cuiabá).

La cargaison avait été laissée par un bimoteur au milieu d’une plantation d’eucalyptus dans une ferme.

L’avion bimoteur, modèle Baron, a redécollé du chemin de terre à Juscimeira, et a poursuivi son voyage pour atterrir à Nova Mutum (à 400 km de Juscimeira) où il a finalement été appréhendé.

Le pilote a été arrêté et envoyé au poste de police fédéral de Cáceres où les enquêtes se poursuivent. Le vol suspect a été identifié vers 11 heures et l’itinéraire de l’avion a été surveillé et la police a agi au sol.

Des policiers ont également saisi une camionnette blanche Misubishi L200 Triton. L’endroit où la cargaison de coke a été chargé n’a pas encore été confirmé.

source

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OFAST (France 🇫🇷): sans tuyau, pas de saisie des 3,3 tonnes de cocaïne réalisée entre l’Italie et Marseille

Par Marc Fievet

Le « tuyau » est tombé à l’OFAST (office anti-stupéfiants) il y a seulement quelques jours.

Tuyau d’un agent infiltré de L’OFAST ? D’un aviseur-infiltré de la DNRED? D’une source policière? D’un indic? Parce que tout dépend de l’origine du tuyau…pour savoir si dans le même temps, une dizaine de tonnes passait alors sans encombre, déchargée dans un container à Livorno, Genova ou Marseille.

Le tuyau expliquait qu’une cargaison venue d’Amérique du Sud faisait route, dans un container rempli de
purée de bananes, sur un cargo à destination de Marseille.

La mobilisation est déclenchée, et les carabiniers italiens sont mis à contribution, coopération internationale oblige, par la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée) de Marseille. Un transconteneur qui allait d’abord faire escale à Livorno puis à Genova avant de toucher Marseille….

Le travail des enquêteurs était simplifié et déjà le branle bas de combat médiatique pouvait se mettre en place.

« Saisie historique », « Saisie record », « Saisie exceptionnelle »…

On se calme!

La demande explose et il y a plus de 25 ans, les narcos faisaient déjà transporter des cargaisons de dix tonnes… voire plus.

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FRANCE 🇫🇷 (DNRED de la Douane française): relire l’interview de Marc Fievet par 24 Ore

Marc Fiévet est une sorte de Donnie Brasco à la française – du nom de cet agent qui a infiltré des années durant une des principales familles de la mafia italo-américaine et dont l’histoire avait été portée à l’écran avec le duo Johnny Depp-Al Pacino.

Michel Charasse

A partir de1988, à la demande des autorités douanières françaises et de leur service action, la DNRED, l’agent NS55 a vécu au cœur d’une des principales organisations du trafic mondial, en devenant le numéro deux opérationnel. Fiévet a notamment été encouragé dans son action par le ministre du Budget de l’époque, Michel Charasse. Présenté par la justice canadienne comme le n° 1 du trafic mondial, condamné à perpétuité au Canada, finalement extradé, il aura au final payé de 11 années de prison les risques qu’il a pris pour le compte du gouvernement français, après avoir été lâché par ceux qui l’avaient envoyé au combat. En première ligne.

Claudio Pasquale Locatelli

24 Ore : C’est nous qui lui avons appris la nouvelle de la chute de Locatelli. Fiévet a travaillé à ses côtés pendant des années. Au cœur d’une des principales organisations du trafic international de came. En dépit de son évasion de la prison de Grâce en 1989, peu de monde sait qui est Locatelli en France. Après ceci, vous n’aurez plus d’excuses…

24 Ore: On vient d’apprendre ce week-end l’arrestation de Pasquale Claudio Locatelli. Pas vraiment un inconnu, pour vous…Alors, Locatelli, c’est qui?

Marc Fievet

Locatelli, c’était, c’est, et je suis certain que ce sera demain encore, un des principaux distributeurs de la cocaïne colombienne en Europe, doublé d’un des plus importants fournisseurs de cannabis marocain, notamment sur la péninsule italienne. C’est un gros faiseur, comme on dit. Un industriel de la came, pas un petit trafiquant. Du très très lourd. À l’époque où je m’étais rapproché de lui – j’étais chargé du transport et de la logistique de son réseau –, on dépassait toujours les 20 ou 30 tonnes en matière de cannabis. Et en matière de cocaïne, il n’était pas rare de parler de 5, 10 ou 15 tonnes.

24 Ore: Ce Locatelli a plusieurs noms, je crois, de multiples identités…

Oui. Moi, je connaissais Mario Maroni et Claudio Pasquale Locatelli. Plus une autre, que j’ai oubliée.

24 Ore: C’est vraiment la pointure au-dessus?

Quelqu’un d’excessivement brillant. Une belle machine, dotée d’une intelligence supérieure. Un type qui prend d’ailleurs lui-même de la coke pour accélérer ses propres capacités de raisonnement.

24 Ore: Si on établit une sorte de classement du business international de la came, avec de telles quantités, comme celles que vous évoquez, ça le placerait comment?

Écoutez…Là, on parle de l’élite mondiale. Avec Locatelli, on est face aux dix ou quinze personnes capables dans le monde de donner confiance aux expéditeurs et aux fournisseurs, d’une part, et, de l’autre côté, d’être en mesure d’exiger de la part des mafias locales un bon règlement, dans les meilleures conditions. Le genre de choses que peu de personnes sont capables de faire. C’est-à-dire que son nom est une garantie. Clairement, ici, on est au niveau du trafic d’État. Ce monsieur fait partie de ceux qui gèrent un business qui ne peut pas être stoppé par l’activité policière traditionnelle.

24 Ore: Quand on s’appelle Locatelli, les sommes en jeu, ça pèse quoi?

Quand je travaillais avec lui, il prenait 30%de la marchandise. Ça, c’était le prix du passage. En échange, il mettait à disposition les bateaux, l’avion et les infrastructures nécessaires. Très souvent, il négociait aussi l’acquisition des 70 % restants avec les expéditeurs. Il s’occupait lui-même de la redistribution et négociait le prix dans le territoire de destination. À l’époque, le kilo de coke, récupérée par parachutages en mer, se négociait à 2000 dollars. Derrière, pour la revente sur le territoire espagnol, c’était entre 18000 et 20000dollars le kilo. Dans ce cas, généralement, Locatelli redistribuait par 500 kg.

24 Ore: Au fond, il a quoi de plus que les autres? Qu’est-ce qu’il a su faire mieux, ou différemment?

Il a simplement fait grimper le volume des mouvements, n’hésitant pas à passer au stade industriel. Il a été un des tout premiers à faire du regroupement pour plusieurs organisations mafieuses à la fois. Du transport mutualisé, en réalité. Pour ça, il faut avoir la capacité de garantir l’atterrissage de la marchandise, sa tranquillité et sa bonne organisation. Notamment pour éviter que les différents destinataires ne se rencontrent au même moment, et que ça ne dégénère pas. En résumé, Locatelli est à la fois un très fin diplomate, mais avec, derrière, certainement une force de frappe. Deux qualités qui lui permettent d’imposer sa façon de concevoir le business.

24 Ore: Il est très bien entouré, je crois…

Oui. Il a des relais et des connections incroyables. À l’époque, on se retrouvait à l’apéro avec un magistrat. Il avait un avocat rayé du barreau pour quelques irrégularités mais qui avait une connaissance approfondie des procédures judiciaires. Il est capable aussi de trouver des appuis chez les policiers, des services qui lui permettent de repartir (Locatelli a été arrêté à plusieurs reprises en Espagne, avant d’être de façon assez incompréhensible relâché, alors que plusieurs pays demandaient son extradition, ndlr] et d’être à nouveau dehors. Enfin, j’en suis persuadé, il a des connexions étroites avec la DEA (le service anti-stups des Américains, ndlr), qui l’ont certainement aidé à sortir plus d’une fois d’un mauvais pas. Je ne peux pas imaginer avoir payé pour son compte, alors que ma situation d’agent infiltré des douanes était connue, et que lui n’ait pas été poursuivi, sans qu’il y ait eu une intervention des Américains. Il y a eu une guerre des services, et on a préféré sacrifier un agent infiltré français pour laisser se développer un marché qui génère d’énormes profits en matière d’économie souterraine.

24 Ore: Vous semblez toujours amer, même après l’annonce de cette arrestation…

Il y a de quoi. Ce monsieur a été arrêté dix jours avant moi, en 1994. Il a fait un peu de prison. Il est ressorti et s’est arrangé pour être de nouveau arrêté, plusieurs fois.
À chaque fois, il se débrouille pour faire frapper d’annulation toutes les demandes d’extradition, alors qu’il est poursuivi par la France, les États-Unis, le Canada…Une fois encore, j’ai la nausée. Pas parce qu’on vient de l’arrêter, mais parce qu’on m’a laissé pourrir en prison et que je suis toujours considéré comme un narco par le Canada.
Je vais vous dire…On a affaire à des ‘petites frappes’ policières qui font tout, sauf empêcher que nos économies et nos propres banques soient financées par le narcotrafic. Le reste, c’est encore du cinéma.

D’après 24 Ore

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Une partie de la flotte de Claudio Pasquale Locatelli

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General cargo ships PACIFICO

Enregistré à Chypre 🇨🇾 – propriétaire Jurgen Kirchoff financé par Locatelli

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MV Poseidon

Enregistré à Saint Vincent 🇻🇨 – Propriétaire Fortitude Maritime Research ltd à Gibraltar

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MY Sea Harmony

Enregistré à Jersey 🇬🇧 – Propriétaire Charles Henri De Bossieu, un des noms d’emprunt de NS 55

 

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COKE EN STOCK (CCLXIII): Jet de brousse et détour par l’Argentine

Les narco-trafiquants on fêté l’arrivée de l’année 2020 à leur façon, en envoyant leurs plus gros porteurs de coke dans le Yucatan, en visant le Guatemala, Belize ou le Quintana Roo, apportant de ce fait des tonnages impressionnants d’un seul coup : souvent plus de deux tonnes… représentant des centaines de millions de dollars. Ces arrivages conséquents ont de quoi inquiéter, comme inquiète également le passage de certains pays du stade d’importateur au stade de producteur. 

L’Amérique Centrale entière devient terre de coke, déversant une production, devenue pléthorique, venue du Pérou, de Bolivie, du Paraguay, de Colombie et du Venezuela, les deux derniers étant les points de départ essentiels de ces jets pour milliardaires transformés en simples avions cargos, et jetés ou incendiés pou la plupart après usage.

Comme les sommes emportées sont conséquentes, ces appareils détournés de leur vocation première emportent de plus en plus à bord des armes, de véritables arsenaux parfois, comprenant des armes lourdes. 

C’est une véritable guerre qui s’installe, désormais.

Un Gulfstream de brousse de plus

Si le 27 janvier c’est un Hawker 800 qui avait atterri, le 16 décembre c’était un énorme Gulfstream III G1159A (23,72 m d’envergure contre 20,98 m pour son prédécesseur, il a été rallongé de 97 cm et peut faire jusqu’à 31 tonnes à pleine charge !), qui s’était posé pas loin, toujours proche de San Andres, et toujours dans le Peten, mais en pleine brousse cette fois, à proximité de la municipalité de Candelaria, une apparition surprenante, à l’image de son prédécesseur vénézuélien, premier du genre aperçu ainsi en 2015. Cette fois il s’est posé sur une piste clandestine plus que conséquente, car faisant 300 mètres de large sur 3 km de long celle-là (ci-dessous à gauche (1)) !

L’avion abandonné a été retrouvé vide, hélas, supposé ayant transporté  au moins « pour 40 millions de dollars de coke, (750 millions de pesos) » selon les autorités.  Sans surprise on constate qu’à l’intérieur l’avion a été complètement vidé (cf ci-dessous à droite), comme il est de norme chez les trafiquants pour en faire une avion-cargo, ce qui sur ce type de modèle de grande taille octroie un volume conséquent on s’en doute…

Logistique préparatoire et armement

Lui aussi avait été l’objet d’une logistique préparatoire importante, deux camionnettes et pick-ups l’attendant sur place, près de l’énorme piste clandestine prête  pour son arrivée nocturne.

Sa cargaison  (ci-dessous à droite) étant rapidement retrouvée (une partie dans des fourrés, l’autre chargée déjà à bord des pick-ups attendant à proximité, ainsi que de nombreuses armes plutôt hétéroclites (il y a même un fusil ordinaire), combinant surtout Kalachnikovs et M-16, ainsi qu’un Colt, et de nombreux chargeurs sans oublier les indispensables téléphones et talkie-walkies. Visiblement, on avait encore une fois affaire à tout sauf des amateurs. Tout présentait l’image d’une opération interrompue par l’armée au moment le plus crucial, celui de la réception de la marchandise (il y en avait au total pour 2,572 kilos répartis dans 86 sacs, visibles ici à droite !). L’engin avait été doublement attendu !!! L’histoire ne s’arrête pas pour autant car, le 20 décembre, on apprend que l’arrestation d’un des trafiquants s’était en fait mal passée : des tirs avaient en effet été échangés avec l’armée à l’arrivée de l’avion (on parle d’une heure et demie d’échanges de coups de feu !), et un homme avait été blessé : il s’agît d’un dénommé Miguel Acosta González et c’est en fait le directeur de la Défense Civile de Calendaria !!! Une vidéo de l’arrestation des trafiquants, proposée par les colombiens (qui avaient suivi l’appareil) est visible en ligne. (On peut supposer que les images du suivi de l’atterrissage et du transvasement des 2,5 tonnes de coke proviennent d’un avion de la DEA américaine et non des forces colombiennes, quoique ces derniers nous ont déjà prouvé qu’elles savaient le faire en filmant en 2015 un Hawker bourré de coke de perdition avant son crash) : le nombre de participants pour transporter les sacs est impressionnant, en tout cas ! L’aviation colombienne, c’est à noter pour tempérer l’avis précédent, possède un engin très capable et fort efficace pour suivre les jets de drogue et les filmer : c’est un Cessna Citation 560 (OT-47B ) numéroté FAC5764 bardé de capteurs et d’un caméra-boule de type FLIR rétractable, comme on peut le voir ici à droite.

La filière costaricienne en évidence

Le 18, c’était un autre participant à ce trafic qui avait été arrêté : Héctor Alberto García Tejocote, un autre responsable de la Défense Civile du Campeche (au Mexique, donc, cette fois). Parmi les hommes interpellés, tous des mexicains, sauf un autre guatémaltèque (Emanuel López López), et un costa-ricain.  Celui-là nous intéresse davantage, il s’agit en effet d‘Albán Azofeifa Chacón, c’est un ex-policier, ici  à gauche, qui a travaillé de 2008 à 2010 au « Ministerio de Seguridad Pública,  Servicio de Vigilancia Aérea » : autrement dit celui qui surveillait la circulation aérienne au dessus du Costa-Rica !!!  Il laissait tout passer, déjà, on suppose au-dessus de son pays …

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