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Archives pour la catégorie Aeronarcotrafic
AERO-NARCOTRAFIC: l’interview
Les internautes scandalisés par l’attitude de Bruno Odos, l’un des pilotes « Air cocaïne », au JT de France 2
Invités à s’exprimer pendant le journal télévisé de France 2 mardi 27 octobre, les deux hommes ont expliqué avoir été aidés « par des amis, des gens exceptionnels et quand ça nous a semblé jouable, on est partis ». « Je préférais l’action à la résignation », a avancé Pascal Fauret qui était sur le plateau du 20H.
Interrogé en duplex, Bruno Odos s’est cependant montré moins avenant face à Julian Bugier (voir la vidéo en tête d’article). Refusant de répondre à une première question sur « la peur, l’angoisse » pendant sa fuite, le pilote a déclaré: « Avant de poser la question de pourquoi on est partis, il faudrait aussi demander pourquoi on est resté », assurant s’être conformé à « tout ce qui [leur] avait été demandé » en République dominicaine « jusqu’à ce que [leur] confiance soit trahie ».
Alors que le journaliste a tenté d’en savoir plus sur les moyens utilisés pour s’échapper et les coûts de cette opération, Bruno Odos a estimé que ces thèmes « ne [l’intéressaient pas], ça n’a pas d’intérêt ». « Laissez moi terminer, a-t-il ensuite demandé à Julian Bugier qui voulait lui poser une nouvelle question, tout ça je m’en moque ».
Une fois la parole donnée à Pascal Fauret, Bruno Odos a de nouveau coupé l’entretien. « Vous m’avez demandé d’être chez moi, à votre disposition, alors si vous n’avez pas de questions à me poser, je vais retourner à mes occupations », a-t-il annoncé face au journaliste qui essayait « d’équilibrer les prises de parole ».
Une attitude qui a scandalisé bon nombre d’internautes. Sur Twitter, plusieurs messages critiquant la « condescendance », l' »impolitesse » ou encore l' »agressivité » de cet invité ont été publiés parmi les élans de soutien à Julian Bugier pour « son calme » et son professionnalisme », comme vous pouvez le voir ci-dessous.
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plus
Toute l’actualité sur http://www.bfmtv.com/ Bruno Odos, l’un des deux pilotes qui se sont échappés de République dominicaine, a témoigné mercredi sur BFMTV. L’ancien militaire n’avait pas participé à la conférence de presse organisée mardi par ses avocats en présence de l’autre pilote Pascal Fauret. Bruno Odos s’est voulu combatif: « je n’ai pas peur à partir du moment où je n’ai rien à me reprocher » mais il admet rester « prudent et attentif à tout ce qui se passe « . Le pilote demande que « sa vérité soit entendue » par la justice et il reste persuadé qu’elle servira à l’enquête.
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Air Cocaïne: « Il y a forcément eu des complicités au sein de l’Etat français » – L’Express
Par Jérémie Pham-Lê, publié le 28/10/2015 à 16:57 , mis à jour à 19:13
Les deux pilotes français Pascal Fauret et Bruno Odos affirment avoir fui la République dominicaine pour chercher la justice française.
AFP Photo / Erika Santelices
Déjouer les gardes-côtes dominicains, quitter la Martinique en avion et sans passeport… « L’exfiltration » des deux pilotes impliqués dans l’affaire Air Cocaïne semble être inspirée d’un film d’espionnage. Mais était-ce vraiment si compliqué à mettre en place? Pas sûr.
S’ils sont plutôt diserts pour clamer leur innocence, Pascal Fauret et Bruno Odos se montrent bien plus avares en commentaires lorsqu’il s’agit d’évoquer les coulisses de leur exfiltration. Les pilotes français sont parvenus à quitter la République dominicaine, où ils ont été condamnés à 20 ans de prison dans l’affaire Air Cocaïne, pour regagner la France. Les deux hommes étaient pourtant visés par une interdiction de quitter le territoire.
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AERONARCOTRAFIC: les jets privés, des outils d’évasion fiscale? Mais pas que.. puisque les douaniers sont absents!.
VIDEO
http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/les-jets-prives-des-outils-d-evasion-fiscale-925535.html
L’évasion de deux pilotes français de République Dominicaine relance l’affaire Air Cocaïne. Et met sous le feu des projecteurs le rôle des avions privés dans les trafics internationaux.
L’affaire Air Cocaïne et l’évasion des deux pilotes français de République Dominicaine est sur toutes les lèvres. Alors qu’ils avaient interdiction de quitter le territoire dominicain, les deux hommes ont réussi à prendre la fuite et à rentrer en France. Condamnés à 20 ans de prison pour trafic de drogue et laissés en liberté dans l’attente de leur appel, ils avaient été interpellés en 2013 aux commandes d’un Falcon dans lequel se trouvaient 26 valises remplies de cocaïne. Les deux pilotes ont toujours nié avoir connaissance de la nature de leur chargement.
Cette affaire est l’occasion de se pencher sur l’aviation d’affaires et son rôle parfois trouble dans les trafics en tous genres. Louer un avion privé et y transporter ce que l’on veut, en toute tranquillité: rien de plus facile. C’est presque une règle établie.
En effet, avion d’affaires équivaut à confidentialité. Lors d’un vol en jet privé, les bagages ne sont que très peu contrôlés. Les douaniers sont quasi-absents et les plans de vol peuvent se faire en toute discrétion. Rien qu’en Suisse, par exemple, il existe 29 aéroports sans bureau de douane. Il y en a même sans tour de contrôle!
Europol sur le coup
En France, un petit avion a été intercepté sur un aérodrome du Pas-de-Calais avec à son bord 63 kg d’amphétamines. Mais le premier produit qui circule en toute illégalité, c’est l’argent liquide. Il y a quelques années, un comptable de la Banque du Vatican avait été mis en cause pour avoir tenté de faire passer plusieurs millions d’euros dans les soutes d’un avion d’affaires.
D’autres peuvent transporter des tableaux de maîtres ou des bijoux. On estime que les trajets illégaux représentent 7% du trafic d’affaires européen. Europol, la police européenne, dénonce régulièrement la situation, en premier lieu de simples fraudes à la TVA, que ce moyen de transport permet facilement de ne pas déclarer, donc de ne pas payer.
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AERO-NARCOTRAFIC (Air Cocaïne): « Une fuite irresponsable et déloyale », dénonce l’un des Français resté en République dominicaine
AERO-NARCOTRAFIC (Affaire « Air Cocaïne »): les deux pilotes français ont fui la République dominicaine et sont en France
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NARCOTRAFIC (aéroport de Dublin – Irlande): le passager mort dans le vol Lisbonne-Dublin avait probablement de la cocaïne dans l’estomac
L’autopsie a révélé qu’il avait avalé ce qui semble être des sachets de cocaïne : l’un d’eux a explosé dans son ventre.
La police irlandaise semble avoir élucidé, mardi 20 octobre, l’étrange mort d’un passager d’un vol Dublin-Lisbonne de la compagnie Aer Lingus, dimanche. Ce Brésilien de 24 ans s’était subitement agité, mordant notamment un autre passager, avant de convulser et de s’écrouler. L’autopsie a révélé qu’il avait avalé ce qui semble être des sachets de cocaïne : l’un d’eux a explosé dans son estomac, rapporte le Irish Times (en anglais).
John Kennedy Santos Gurjao avait ingéré 800 grammes de ce que les enquêteurs pensent être de la cocaïne, sous forme de 80 petites boulettes, explique le journal, qui précise que des analyses toxicologiques sont toujours en cours. Le journal estime que cette quantité de cocaïne aurait une valeur d’environ 56 000 euros sur le marché.
Il s’évanouit puis mord un homme qui lui venait en aide
Selon une passagère, citée par le Irish Times, le jeune homme, qui n’avait « vraiment pas l’air bien », a tenté de rejoindre précipitamment les toilettes, à l’arrière de l’avion, grimpant sur les sièges pour contourner un chariot qui se trouvait dans l’allée. Quelques minutes plus tard, il a été retrouvé évanoui.
Des passagers ont tenté de l’aider en lui prodiguant un massage cardiaque, raconte-t-elle : « On pouvait l’entendre… Euh, crier n’est pas vraiment le mot. C’était un bruit guttural, comme un animal blessé. » Pris de convulsions, le jeune homme a alors mordu un passager qui tentait de le retenir.
Assis seul dans l’avion, le passager voyageait en réalité avec une femme, que des passagers ont reconnue comme l’ayant accompagné à l’aéroport. Dans ses bagages, la police irlandaise a découvert 1,8 kg de poudre blanche. Des analyses ont révélé qu’il s’agissait de bicarbonate de soude, toujours selon le Irish Times. Elle a été placée en garde à vue.
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AERO-NARCOTRAFIC (coke en stock (C): et si c’était des mormons ?

Autant vous le dire, je ne m’attendais pas à tomber sur ça (et mon collègue Falcon non plus !). Car le bout de métal de l’appareil tombé devant la plage de Puerto Columbia ce 20 mai 2015 va nous mener à une découverte inattendue, qui en dit long sur le trafic qui sévit en partance du Venezuela, comme j’ai déjà pu vous le décrire ici, dans une série précédente. La bande de trafiquants à l’origine du transfert de plus d’une tonne de cocaïne à en effet de quoi étonner. Elle n’est ne serait ni vénézuélienne, ni mexicaine, comme on pouvait s’y attendre, mais semblerait avoir des liens avec les USA. Voilà qui va nuancer sérieusement les soupçons envers le régime de Maduro, dites-vous. Pas exactement, car l’appareil, s’il s’est posé aussi facilement en Apure, n’a encore une fois en rien été l’objet d’une poursuite par avion de chasse vénézuélien, comme l’a pourtant encore une fois clamé le régime. Les avions colombiens qui ont suivi sa chute ne lui ont certainement pas tiré dessus non plus. L’avion s’est très certainement écrasé en mer à bout de carburant, avec un moteur en surchauffe qui s’est incendié… tout bêtement.
L’avion qui a fini par s’écraser devant la plage de Puerto Columbia est en effet symptomatique du degré d’importance qu’a atteint le trafic en partance du Venezuela : au bout de plusieurs heures de recherches, dont l’envoi de nageurs colombiens filmés (avec leur téléphone portable, ici à droite, une pêche assez folklorique !) en train de récupérer à la main les paquets de drogue surnageant l’endroit du crash, les autorités colombiennes vont en effet rassembler 1314 paquets de cocaïne (certains encore emballés dans de grands sacs blancs de toile), représentant la bagatelle de 1.329 kilos de cocaïne au total. Avec ce crash, on a une petite idée de l’intensité du trafic, vu que d’autres avions de type similaire (des Gulfstream notamment) ont été vus partant du même endroit, l’Apure, au Venezuela comme je l’ai déjà décrit dans cette série. Au final, les paquets ramenés sur un ponton représentent une belle prise, en effet :
Un morceau révélateur
Reste à savoir quel avion emportait un tel tonnage de coke. Le morceau flottant entr’aperçu à l’épisode précédent est fort heureusement un morceau reconnaissable d’un Hawker 700. Ma bibliothèque d’ouvrage de plans d’avions (et l’aide du fureteur Falcon !) en retrouve assez vite l’emplacement précis au sein de la structure de l’avion. La série des HS 125 et leur évolution utilise le même système de refroidissement pour l’échangeur chargé de réguler la circulation de l’air à l’intérieur de l’appareil.
Ce système puise l’air extérieur par une écope reconnaissable située sur le dessus du fuselage, à l’arrière, en prolongement de la base de la dérive. Juste en bas de celle-ci, derrière l’écope elle-même se situe un petit réservoir de kérosène supplémentaire de 232 litres. Or c’est bien un morceau de cet embase qui flottait dans les eaux colombiennes, et mieux, beaucoup mieux, ce débris porte une décoration… alors qu’habituellement aucun marquage n’est pratiqué à cette endroit, en dehors parfois du numéro d’immatriculation de l’aéronef. Et c’est ce simple détail de déco qui va nous permettre de remonter le fil de l’histoire !
Ce marquage est visiblement noir et jaune, ou noir et doré. Il suffisait donc d’observer les appareils de type 700 arborant cette décoration pour retrouver un avion susceptible d’être le candidat malheureux au plongeon dans l’océan. Après avoir visionné des centaines de clichés, à plus de 95% dotés d’une absence de décoration à cet endroit, on finit par trouver l’oiseau rare.
L’engin ne serait autre que le N917TF, anciennement N80K, et N298BP (en 2000) qui lui aussi portait une décoration d’un autre ton mais disposé de la même façon. On rappelle ici que c’est une pratique courante des peintres avionneurs, de suivre les tracés existants de décoration pour en changer seulement le coloris. Les deux filets visibles, autrefois bleu foncé et bleu clair sont devenus en 2000… noir et doré (et la « remontée » du bandeau sur la queue a été redessinée, mais heureusement pas son origine sur l’entrée d’air).
Pas un Hawker 800, mais un modèle 700B
L’avion est bien un modèle 700B, justement, qui en était donc à sa dizième immatriculation (mexicaine pour la dernière) depuis son premier vol en janvier 1981. Son avant dernière appellation de 2010 est signée Blue Briar 2 LLC, une enteprise installée à St Thomas, dans les Iles Vierges l’ayant acquise en Floride chez Florida Aircraft Sales. L’adresse de l’enregistreur est celle d’un hangar, celui de Dial Rent to Own, un vendeur d’équipements de maison installé aussi à Guam et à l’île située au nord, à savoir Saipan, mais aussi à Aruba, une île fort « sensible » dirons nous, côté trafic d
ivers. L’appareil était un habitué des vols de Floride vers les Caraïbes, vu ici à l’aéroport de la Isla Grande de Puerto Rico, en République Dominicaine, visiblement en très bon état. En novembre 2010, il volait encore au dessus de Curaçao, dans les Antilles Néerlandaises. En 2010, on le trouvait également annoncé en location chez Walkabout Air, mais sans immatriculation visible… Fait notable, en 2011 il était inscrit sur la Blocked Aircraft List de la NBAA (la BARR), à savoir des appareils non désireux de montrer leurs déplacements, alors qu’il était toujours chez Blue Briar 2, paravent de Dial Rent to Own. Pour beaucoup d’observateurs, la raison donnée par la FAA pour empêcher la visualisation des trajets via FlighRadar par exemple, à savoir une « Valid Security Concern » sert à dissimuler un trafic dont elle a pleinement confiance et dont elle participe. Je rappelle ici l’article sur sa gestion anarchique des immatriculations, qui conduisent à cette situation aberrante sinon surréaliste comme quoi 1/3 des avions aux USA vole sans avoir de papiers en règle, ce qui est indéniable, et a été l’objet de nombreux questionnements à ce jour, et ce qui ne risque pas de s’améliorer, les employés de la FAA devant bientôt voir des coupes drastiques dans leurs effectifs.Quand je vous dis que c’est le foin dans les immatriculations, aux USA c’est le foin en effet. Un dossier effarant à listé les liens entre l’incurie de la FAA et les nombreux accidents d’avions, mettant l’accent sur la corruption régnante. Une mise au point avait dû être faite par l‘administration US à ce sujet. Le 30 septembre dernier, plus de 15000 fonctionnaires de la FAA avaient craint être mis à la porte faute d’agent dans les caisses (1). Si c’est bien cet appareil, ce qui semble être le cas après voir visionné des centaines de photos, on tient là une information importante. Ne reste plus qu’à en trouver le propriétaire.
Miami, le porte-avions à appareils douteux
D’où vient donc l’appareil ? Un piste évidente s’ordre à nous. Miami regorge de vendeurs d’avions : c’est ainsi LJ Florida Aircraft Sales Inc, qui a vendu l’avion du ministre argentin décrié Jaime Cupeiro, ancien partenaire de Carlos Menem, un Learjet, a été vendu par cette société « en 2011, on avait découvert que le Learjet avait discrètement changé d’immatriculation pour devenir le N31MC, appartenant désormais à la société LJ Aircraft Sales INC, de Miami, pour être proposé à la vente par Bell Atlantic pour 2 195 000 dollars et aboutir en 2011 chez Holloman Northeast LLC (et donc avoir été vendu). En plus du Learjet, Jaime possède aussi un yacht (un Altamar 64), une maison à Cordoba, une autre maison à Carlos Paz, un hôtel dans la même ville, des voitures, et encore une autre maison de week-end dans un quartier fermé de San Isidro… en qualité de secrétaire au transports, c’est lui qui a pris toutes les décisions dans le domaine ces dernières années, en se faisant offrir pot de vin sur pot de vin !!! » Or le président de LJ, ancien pilote d’hélicoptère au VietNam, fait partie du National Air Transportation Association (NATA) !
Un trajet qui questionne
Cela ne suffit pas pour en faire notre candidat au plongeon, me direz-vous. Certes, mais un événement apporte de l’eau à notre moulin. Le 1er mai 2015, l’avion a en effet changé de mains. Vendu à nouveau par Florida Aircraft Sales, il est radié du registre américain le 28 mai 2015 pour cause de vente au Mexique à un dénommé Marc Didier : voilà un nom qui ne sonne pas vraiment mexicain. Or l’avion se serait écrasé le 20 mai 2015, huit jours auparavant, et la FAA ne l’a radié définitivement que le 2 juin !!! Mieux encore, quand on regarde son dernier vol enregistré, en date du 1er mai 2015, pour effectuer un trajet Fort-Lauderdale – Toluca. Toluca, le point de départ de notre fameux Gulfstream de brousse, posé en plein Apure, au Venezuela !!! Que le monde des trafiquants est donc petit, les colombiens ayant affirmé que l’avion avait bien décollé de l’Etat vénézuélien, lieu d’un intense trafic depuis des années, avec visites de « jets » se posant régulièrement en pleine terre battue ! L’avion écrasé avait toujours comme propriétaire notre homme, en tout cas.
Découverte du dernier propriétaire en date
La preuve de nos découvertes purement visuelles arrive enfin. Le certificat de vente (ici à gauche, merci « Falcon »), même succinct, signé par Florida Aircraft Sales est en effet sans appel : c’est bien le dénommé Marc Didier qui en est devenu propriétaire le 28 mai dernier. Le contrat de dé-engistrement précise bien qu’il s’agît du numéro de série 257138/NA-0298, chez BAE (j’ai coupé en deux le contrat car il prenait trop de place à l’écran). On aurait donc bien affaire au même appareil, et j’aurais donc bien perçu le modèle, rien qu’au morceau recouvrant son entrée d’air à la base de sa dérive, ce que confirme l’ami Falcon. Et son nouveau et fugace propriétaire, pour le moins, étonne. On a pour l’instant découvert un pilote mexicain (le premier corps repêché est celui de José Hugo Urquidi Canton, un citoyen mexicain de 60 ans, né le 27 novembre 1954 dans la ville de Puebla, que l’on suppose un pilote confirmé vu son âge), puis un jeune assistant colombien (le second étant Behiker Castañeda Medina, né le 6 mars 1991 à Cravo Norte, près d’Arauca) comme pilote ou plutôt passager, le genre petite main pour aider à charger l’avion.
Un dernier doute…
L’appareil découvert a donc changé de mains juste avant de disparaître. Notre enquête peut s’arrêter là, faute d’autres preuves; mais il lui manque un élément encore. Ce fameux propriétaire américain, qu’en a-t-il fait ? L’a-t-il immédiatement revendu, ou l’a-t-il loué à des trafiquants sans les connaître ? L’homme avait créé une société de vente et d’achats d’avions qui affiche aujourd’hui une page vide. A-t-il eu le temps d’effectuer une transaction, et avec qui ? Savait-il à qui il avait à faire ? En tout cas, il n’y a plus de traces sur le site, et personne à ce jour n’est capable de dire ce qu’il a pu contenir, sauf la justice américaine, sil elle se décidait à y fouiner un peu. Pourquoi alors avoir vidé la page où l’on aurait pu voir l’appareil cité; ou l’annonce de sa vente ? Est-ce bien le même appareil, au moins, après ses fortes présomptions apparues ? Sur le sujet, je n’ai que fort peu de doutes, personnellement : il n’existe que fort peu d’appareils peints de cette manière, ce qui permettrait effectivement de conclure qu’il s’agit de l’appareil en question. Pour retrouver l’élément il a fallu analyser des dizaines, voire une bonne centaine de photos du modèle découvert, qui est bien un modèle 700 et non un 800 comme un peut trop rapidement annoncé par les colombiens. Il est temps d’étudier, toujours dans cette facheuse incertitude, le cas de son dernier propriétaire, qui pour le moins, est lui aussi intriguant.
Drôle d’ambiance dans la famille…
Etrange personnage que ce propriétaire-là, effet. Ou plutôt étrange famille et étranges comportements. L’homme, qui se présente comme habitant la Région de Salt Lake City (il habite sa banlieue fort cossue de Draper) et gère des fonds de Capital-risque de LBO («Leverage Buy-Out », autrement dit du rachat d’entreprise à la Bernard Tapie) est en effet un affairiste, spécialiste des emprunts… non remboursés. Sur la photo de son Linked’in, il pose sur le perron de son imposante habitation. On retrouve sa trace dans une annonce de la cour d’Appel du Tribunal de l’Etat d’Arizona au sujet d’une affaire portant le nom de James C.Sell Trustee, du nom d’un des responsables d’un fonds d’investissement appelé Mathon Management. Nous sommes en 1987 et l’affaire porte sur le détournement de 87 millions de dollars, pas moins, dans un schéma bien classique de prêts selon le principe de Ponzi. Un pré-Madoff, en quelque sorte. Les personnes visées ayant profité du système étaient « Ross Farnsworth Jr. et des membres de sa famille de Mesa, pour 727,000 dollars », « James S. Cundiff et sa famille de Show Low et Mesa », qui avaient « perçu des versements de 700 000 dollars » … et Marc Didier, qui s’en était goinfré 1,1 million à lui tout seul selon le compte-rendu du jugement !!! Les deux autres créateurs de Mathon Management, Guy Williams et Duane Slade avaient alors plaidé coupable et avaient tout révélé, en échange d’une protection juridique !!! La société d’investissement avait été fermée en 2005, et seulement 21 millions de dollars avaient pu être récupérés deux ans plus tard… sur les 75,3 investis par les prêteurs… Plus de 50 millions de dollars avaient littéralement disparu ! Bref, ça démarre plutôt mal pour notre propriétaire de jet.
Gruger ses propres amis
Fait notable, en 2013, après moult appels procéduriers, l’épilogue du dossier se profilait enfin en la personne de deux autres escrocs de Mesa, ayant « visé de façon prioritaire les membres de l’Eglise des Saints des Derniers Jours« , selon le jugement, à savoir les… Mormons. A Salt Lake City la moitié de la population l’est, mormon (soit pour nos deux lascars plus de 90 000 investisseurs potentiels !). A gauche le temple en forme de bunker de l’Eglise mormon de Draper). Or les deux personnes incriminées étaient à la tête elles aussi de… Mathon Management. « Selon les preuves présentées au procès, Guy Andrew Williams et son père, Brent F. Williams, ont servi de directeur général et directeur financier, respectivement, d’un groupe de fonds d’investissement basé en Arizona Mesa, connu sous le nom des fonds « Mathon ». La preuve au procès a montré que les fonds Mathon ont recueilli plus de 100 millions de dollars auprès d’investisseurs de février 2002 à avril 2005. Le procès a en outre montré que parmi les investisseurs de Mathon, la majorité d’entre eux étaient des membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, originaires de l’Arizona, de l’Utah et du Nevada, à qui ont généralement été dit que leur argent serait utilisé pour faire des prêts à court terme à des emprunteurs tiers, selon un taux d’intérêt élevé, Mathon devant leur rembourser ces prêts et leurs intérêts. En fait, le procès a montré que les accusés de Mathon et leurs partenaires d’affaires ont fait fonctionner une chaîne de Ponzi, en utilisant l’écrasante majorité de l’argent entrant de nouveaux investisseurs pour payer les investisseurs initiaux. Enfin, le procès a montré que les accusés et leurs partenaires d’affaires se payaient eux-mêmes des salaires et des bonus extravagants dépassant 10 millions de dollars avec l’argent de leurs investisseurs, également utilisé pour faire des millions de dollars de «prêts» à des sociétés qu’ils contrôlaient secrètement ». Ce texte provenant du bureau du procureur de Phoenix, est toujours aujourd’hui affiché dans le site du FBI depuis le 2 juillet 2013. Et parmi les bénéficiaires de l’escroquerie, on l’a vu, figurait en bonne place Marc Didier. Notre homme était en fait un récidiviste, et pire encore, puisqu’il est issu lui-même d’une famille de Mormons ! Et pas n’importe laquelle !
Un spécialiste de la fraude
Le hic en effet, c’est qu’on avait déjà trouvé trace d’ennuis avec la justice pour Marc Didier dès 1992, pour une autre accusation de fraude, liée à un associé, dont il avait clamé ne pas être au courant des malversations : « Didier a témoigné qu’il est entré dans les affaires avec Parrish, âgé de 35 ans, pour acheter des jeans Levi’s aux États-Unis et de les revendre avec profit en France et dans son pays d’origine, la Belgique. Il a dit ne pas savoir qu’au départ Parrish faisait la vente de forfaits de voyage avec la même entreprise « Premier International Inc ». Des voyages qui n’avaient pas lieu, et qui n’étaient pas, bien sûr, remboursés ! Des voyages pour Hawaï, la Floride ou le Mexique, qui avaient grugé 204 personnes pour un montant total de 173 000 dollars. L’argent collecté avait en fait servi… à acheter les Jean’s ! L’escroquerie avait alors impliqué une radio, KTKK (située à Sandy en Utah, visible ici, devenue depuis K-Talk). Didier avait avoué qu’elle touchait 200 dollars de commission pour chaque voyage à 600 dollars, alors que les vendeurs de Premier en touchaient 100. Lors du procès, Didier avait affirmé « qu’il était impossible de faire des voyages de ce type à ce prix là« . Hasard ou coïncidence, en 1999, le nouveau (et jeune) directeur de Levis Belgique s’appellait Bernard Didier (il deviendra celui de Levis France deux ans plus tard). Aucune trace d’un quelconque jugement le concernant toutefois.
Des emprunts jamais remboursés et un palais saisi
Marc Didier est un un homme qui, visiblement, a échappé plusieurs fois à la justice américaine. En 2013, en effet, on le retrouve à nouveau dans une autre affaire douteuse : celle de sa société « Ventures Group Arce Zapata ». « Le 6 septembre, 2013 notre filiale, Headlamp Ventures, LLC, a déposé une plainte contre Marc Didier au troisième tribunal de district de Salt Lake County, État de l’Utah. La plainte allègue un prêt à Ventures Group Arce Zapata (« Zapata ») de 400 000 dollars, garantis par M. Didier, mais Zapata a omis de rembourser le prêt à la date d’échéance du 31 août 2013 et a donc été déclaré en défaut. Conformément à l’accord de Sécurité et de Garantie, M. Didier est obligé de régler pour tous les montants dus. Headlamp Ventures, LLC cherche le remboursement du montant du prêt, plus les intérêts, les frais d’avocat et dommages-intérêts punitifs. À compter de la date de cet avis, M. Didier n’a pas répondu à la plainte ». Pour mémoire, la société « Zapata » n’était pas la seule créée par Didier, qui avait aussi enregistré « Dominican Oil and Gas Exploration LLC », par exemple ou la « Caja de Servicios Financieros A.C. LLC »… ou encore « Passport Finance LLC« (
qui annonce ici 2 employés et 120 000 dollars de revenus annuels) et « Passport Finance International LLC« . La trace de la présence de Marc Didier dans ce schéma caractérise et incessant de malversation, on a retrouve avec une autre décision de justice, deux ans auparavant : en 2011, la mise en vente ordonnée de sa luxueuse maison, hypothéquée, à la suite d’un manquement de paiement à l’organisme régulateur informatisé MERS (imaginez avant cette modernisation combien de coups tordus ne reposant que sur du papier ont pu être réalisés, dans des Etats US ne possédant pas entre eux les mêmes juridictions !). C’est l’adresse même de la maison qui était sidérante : située au 14701 Nested Cove, à Draper, banlieue ultra-chic de Draper (les hauteurs de la ville ou « Draper Heights »), on la retrouvait sous Google Earth… sans pouvoir la voir de près par Street View, car elle fasait partie d’un groupe d’habitations de milliardaires protégés par une grille d’accès où la voiture de Google n’avait pas eu le droit de passer. Une maison évaluée… 915 300 dollars, pas moins (ou plus même : ici, où elle est estimée à 991 220 dollars !). Une maison… habitée par des mormons ! Toutes ces escroqueries ne prouvent pas que Marc Didier soit responsable du trafic de drogue auquel l’avion qu’il a acheté a servi on est bien d’accord : tout cela repose, je le redis, sur la supposition comme quoi l’avion qui a sombré devant une plage colombienne était bien le sien, avec à bord des trafiquants, qui peuvent très bien lui avoir loué l’appareil, sans qu’il n’ait connaissance de son emploi comme transporteur de coke : en France, lors de l’affaire de Punta Cana, le lunettier milliardaire Afflelou avait vite été élargi des accusations portées contre lui, pour les mêmes raisons.
L’un des « douze »
Si on avance un peu, le trouble est évident, et on attendra des explications de sa part pour lever l’hypothèque, en cas de confirmation de l’appareil. On découvre par exemple que l’homme fait aussi partie d’une lignée bien spéciale. Dans l’acte de mise en vente forcée de la maison, on tombe sur lui, Debrah G. Didier mais aussi Charles (ici à gauche) et Lucie Didier. Or ce Charles-là n’est pas un inconnu. Debra (Griffiths) est bien la femme de Marc, ce qu’on découvre ici, et Charles et Lucie les parents de Marc. Or Charles, marié à Lucie Lodomez, venus tous deux de Belgique, de Namur, n’est autre qu’une sommité chez les Mormons, appelé dans les années 60 et 70 successivement par Eldon Tanner, puis par Marion G. Romney (Mitt Romney est mormon, on le rappelle) et Spencer W. Kimball pour faire partie du membre du « premier collège des soixante-dix« , le sommet de l’organisation sectaire, mais aussi pour diriger l’Eglise en Europe, avant d’aller diriger l’Amérique du Sud et d’aller vivre même à Quito. Puis devenir l’un des membres du « Collège des douze apôtres » qui dirigent l’Eglise. Il est aussi devenu le représentant consulaire honoraire de la Belgique à Salt Lake City, une charge qu’a repris – par décision royale belge – son propre fils, Patrick (Marcel). Or une petite recherche chez les Mormons, qui adorent aussi parler d’eux nous indique que le couple a eu « deux enfants ».
Une autre page visible ici nous indique que ce sont deux garçons, qui s’appellent Marc et Patrick, ce dernier étant l’aîné (à une année d’intervalle). Patrick, qui est aussi manager chez Passport Financial, LLC. Un consul honoraire (ci-dessous à gauche) qui bosse également chez Monavie… le système de distribution fondé par Dallin Larsen, un système pyramidal de ventes de jus de fruits « magiques », tel celui extrait les baies de l’açai brésilien (en fait de l’Euterpe). Comme chez d’autres systèmes du genre, le ticket d’entrée d’achat de matériel pour le futur vendeur est fixé (en France, par exemple) entre 250 € et 1300 €, et c’est ça qui alimente la machine davantage que les ventes pures !!! Sur l’une des publicités du jus de fruits, il était indiqué qu’il soignait le cancer et l’arthrite, ce qui a été jugé illégal par les autorités US. Selon un article du magazine Forbes de 2008, le système est bien pyramidal, et n’enrichit donc que ceux au sommet de la pyramide.
L’histoire de Monavie n’est qu’une longue suite de procès : voilà deux frangins habitués des prétoires !!! Le système est proche de la distribution Amway, avec qui une tentative de rapprochement a eu lieu un temps, pour se terminer… par un procès. Selon Wikipédia « le système fonctionne par un pourcentage de gains sur les produits vendus, soit à un particulier, soit à un vendeur que l’on a recruté, ce qui se rapproche d’une arnaque pyramidale. » Rappelons ici au passage les liens politiques de ces entrepreneurs d’un genre particulier : le patron d’Amway, Dick Devos est l’époux de Betsy qui n’est autre que la sœur d’Eric Prince, le fondateur de Blackwater !!! « Un sidérant reportage visible ici a de quoi effrayer …. sur les méthodes de vente, les mêmes que celles des évangélistes ! Effrayant, très, TRÈS effrayant !!! Finalement, à regarder ces images incroyables de manipulation des esprits, on se dit qu’il n’y a que très peu de différences entre les mercenaires de Blackwater et les franchisés d’Amway, appelés assez cyniquement des « volontaires »….avais-je écrit ici en 2009 déjà. Bref, tout cela sent fort l’argent facile, gagné sur le dos des crédules. Et tout ça sent aussi l’extrême droite affairiste US… A Draper, 91,25 % de la population est blanche, et les descendants d’indiens ou les noirs ne dépassent pas 1,5% de la population ! Et le premier employeur, devant E-Bay est la prison de l’Etat (ici la maison de l’ambassadeur honoraire , qui abrite 12 personnes et vaut 700 000 dollars).
Des liens avec le monde de l’aviation
Accessoirement, il est aussi « managing partner » de la filiale américaine – toujours dans l’Utah, du « Grupo Zapata Arce Division Metales y Minerales LLC« , une société travaillant au Mexique et en Chine dans l’extraction du minerai de fer et la fabrication d’acier. C’est cette société qui a acheté le Hawker. Il dirige aussi la société Senon Gulfstream SA, à Dakar, qui prospecte une mine d’or dont la notoriété n’a pas dépassé les frontières du Sénégal, et Axex Aviation LLC, à Newport Beach, Californie, qui a loué le Gulfstream II N226RM en 2010 / 2012 et exploite le Beechjet N455DW, une activité bien réduite. Car notre phénomène Marc a aussi été mouillé dans l’aviation d’affaires, ou du moins c’est ce qu’il a prétendu lui-même : il était aussi à la tête d‘Axex Aviation LLC, qui s’est vite avéré être une coquille vide comme le révélait son site indigent. Si ce dernier ne nous apprenait rien, son collaborateur, Brian Dopp, posant fièrement près d’un Falcon 50, bien davantage. Lui prétendait opérer des « jet charters, mais aussi neuf avions de chasse F-5 pour des contrats militaires ou d’entraînement » (?), et annonçait comme points de chute « Fort Lauderdale« , mais aussi « Toulouse » et… même « le Sénégal » !!! Bref, on navigue en plein flou artistique sur les activité réelle du sieur Didier ! Le troisième de l’entreprise, Bryan Deak, provenant d’Aeroworld Services Inc, comme pilote et broker. Une société dissoute en 2010. Broyer, Marc Didier l’aurait été un cours temps : un site, vide lui aussi, le présente ainsi avec son avatar de courrier (il joue au golf et se fait appeler… « didiergolf ») comme vendeur d’avions, présentant une liste chez Aircraft Shopper Online… vide elle aussi.
Comme localisation, on avait eu droit à un hangar de la banlieue industrielle de Salt Lake City (ici à droite) : une boîte aux lettres, à l’évidence. Est-ce celle avec laquelle il a acheté le fameux Hawker 700 qui se serait écrasé, très certainement. L’appareil était en attente de son immatriculation mexicaine, mais il ne l’a pas obtenue. Il était toujours à son nom, si c’est bien celui qui a chuté. A la vente, il ne valait plus que 250 000 dollars, pas plus, étant donné son âge avancé. A-t-il été acheté ou loué par des trafiquants, voilà toute la question. Au final, on reste sidéré par ces découvertes : le frère du consul honoraire de Belgique, qui a grugé les propres ouailles de son père, responsable haut placé chez les Mormons, aurait vu son avion utilisé par des trafiquants de cocaïne !!! Quel rôle exact a-t-il joué, en tout cas ? Est-il ou non « involved« comme on dit si bien là-bas, dans ce transfert (raté) de plus d’une tonne de cocaïne. Un mormon mouillé jusqu’au cou dans une affaire d’argent… voilà qui ne serait pas nouveau, à vrai dire…
Le détournement, une spécialité mormone ?
Car on se pose toujours la même question. Mais d’où vient donc l’argent des Mormons, à voir leurs fantastiques temples érigés une peu partout ? Seraient-ils tournés vers cette pratique délibérée d’organiser des schémas de Ponzi jusque dans leur propre entourage, en détournant les préceptes religieux à leur sec profit ? Prenons par exemple le cas pendable de Shawn Merriman (ici à droite), qui a été surnommé le « Madoff Mormon » (un de plus ?) lorsqu’a rententi son procès en 2012. Un analyse du système de Ponzi avait alors décelé une certaine affinité entre la pensée religieuse et l’excroquerie financière, tentant à prouver que les Mormons, par leur obéissance légendaire, sont des pigeons rêvés pour la chose. « Les combines à la Ponzi sont presque toujours commercialisées comme quelque chose d’exclusif ou de sélectif», a déclaré Tracy Coenen, un enquêteur judiciaire sur la fraude . « les combines à la Ponzi jouent sur notre nature humaine, y compris notre confiance et de notre désir de faire partie de quelque chose de spécial. Voilà pourquoi l’aide d’une église ou d’un groupe ethnique comme « entrée » est si efficace, dit-il. Les gens dans ces groupes sont généralement confiants envers d’autres membres. Le terrain commun aide à surmonter l’obstacle de la confiance. «Amener les gens à se séparer de leur argent exige de la confiance », a déclaré Coenen. « Si une personne ou un groupe de confiance fait partie de l’investissement ou l’a recommandé, la victime est plus susceptible d’être impliquée. Mais il y a mieux encore, avec la pratique du culte du secret, si cher aux Mormons : » si l’exclusivité est un outil utilisé pour attirer les gens dedans, elle est également utilisée pour expliquer le secret de l’investissement ou de répondre aux questions qui peuvent se poser des investisseurs. Les »[Investisseurs] ne peut pas parler à [leur] comptable ou un avocat, parce que ce serait violer le secret et l’exclusivité», a encore déclaré Coenen. Le maître-mot étant le secret à garder sur les destinataires finaux des prêts. On laisse miroiter qu’il s’agit d’autres, alors que tout converge vers celui qui sert d’intermédiaire : «Vous n’êtes pas en mesure de rechercher l’investissement car il est top secret. Si les choses ne font pas de sens pour vous et vous commencez à remettre en cause l’investissement, le facteur d’exclusivité permettra de renvoyer au loin les questions ». Un cercle vicieux, et fort peu vertueux !
Des bolides de sport ou de collection
Notre enquêteur conclut : « alors que certains membres de la congrégation de Merriman lui faisaient confiance avec leur argent, il l’a utilisé pour financer un style de vie somptueux – pour acheter des voitures classiques, un bateau et une collection de 350 œuvres d’art. La propre mère de Merriman, Sally Merriman, était une de ses victimes ». Il s’est pris 12 ans de pénitencier à Yankton et ne devrait pas sortir avant 2020. On peut voir ici sa collection de voitures, dont une Aston Martin Vantage V12 modèle 2007 (valeur 180 000 euros minimum !) dernier cri et des roadsters Ford des années 30 transformés façon course de lac salé, une Harley, une nouvelle Mini Cooper S de 2006, un bus aménagé, un mini-yacht Tigre 22VE, des motos ‘dirt bike », un pick-up Ford « Highboy », un Ski Doo Summit Rotax 800R … un tractopelle John Deere 240 Series II Skid Steer Loader (?), une tondeuse (Cub Cadet 2146 Riding Lawn Mower), et même des voitures à pédales et une Hoist fitness station HF985. Et au milieu du bric à brac la pièce majeure : une Lincoln Phaeton de 1930 dans un état impeccable, avec moteur qui ronronne, plus une magnifique Cord 1932, modèle inestimable, toutes deux en cours de restauration chez un spécialiste renommé. Et rebelote en 2013 en Australie cette fois, à Perth, avec Catherine Thompson, membre elle aussi de l’Eglise, partie dans le délire d’un village complet (« Mormonville ») situé à Canning Vale, qui devait être bâti avec son fond d’investissements appelé « Mortgage Miracle« , aux 24 gros investisseurs grugés de 30 000 à 400 000 dollars dont beaucoup de mormons… retraités, qui ont perdu leur propre maison dans l’affaire. Elle appliquait un schéma de Ponzi classique, annonçant des intérêts de 17,5%… au pic supérieur de son schéma, elle empochait personnellement 58 000 dollars par mois ! Pressée par les recouvrements, elle avait fait fondre progressivement la surface des terrains à acheter, et le « village » n’a donc pas pu être construit. Parmi ces victimes, ses propres amis !
La guerre entre narcos et mormons à la frontière mexicaine
Mais il n’y a pas que cela. Dans un documentaire saisissant de Brendan Fitzgerald, pour Vice, présenté par Shane Smith en personne, que je vous recommande de regarder, le responsable de Vice relie parfaitement les Mormons chassés de l’Utah pour polygamie à la fin du XIXeme pour aller s’établir à la frontière du Mexique, là où se passe actuellement la majeure partie du trafic de drogue, à la violence qui déferle aujourd’hui. Là où la violence est extrême, et où elle est aujourd’hui attribuée aux seuls narcotrafiquants. Or, selon le reportage, les Mormons réfugiés dans une communauté appelée « Los Molinos » sur la péninsule de Baja California appliquaient sur place une pratique ultra-violente entre clans, appelée « blood atonement », à savoir « l’expiation par le sang« , une doctrine controversée imaginée par Brigham Young et qui définit que certains meurtres peuvent ne pas être pardonnés par Dieu : ce qu’appliquera à la lettre le mormon Ervil Lebaron dans les années 1980, ainsi que ses successeurs, transformant la région en bain de sang continuel, en pratiquant le kidnapping sanglant entre clans mormons différents. La famille Lebaron avait en fait recréé sa propre secte au sein de la secte des Mormons, reposant selon lui sur les écrits de Joseph Smith, ses successeurs étant des escrocs. Ervil avait commencé par son frère, Joel, puis ses opposants Mormons comme Rulon C Allred, puis Dean Grover Vest, un de ses hommes de main. Lebaron s’en est pris aussi à sa propre fille de 17 ans, Rebecca, qui était enceinte de son deuxième enfant et qui avait annoncé vouloir quitter la région. Là dessus, les narcotrafiquants ont eux aussi kidnappé, et les heurts entre eux et les derniers polygames sont devenus très fréquents.
Les cimetières visités par le reporter sont éloquents du conflit entre les deux groupes. Et sur place, la colonie de Mormons est devenue aujourd’hui un vrai camp retranché, où circule un nombre d’armes incroyable, avec des gens prêts à tirer sur tout ce qui bouge. Pour se fournir en armes (on utilise jusqu’au calibre .50 comme ce modèle LAR-Grizzly à plus de 3000 dollars saisi aux narcos !), et y répondre, les trafiquants se sont tournés vers les USA, en échange de cocaïne. Comme le résume mon confrère Falcon « les armes sont interdites au Mexique, la drogue est interdite aux USA : les armes américaines descendent au Mexique illégalement, la drogue mexicaine remonte aux USA illégalement ! »… Tout le problème est là, aujourd’hui. Comme le précise le reportage, Mitt Romney est né à cet endroit, justement, et sa propre famille a été elle-même l’objet de kidnappings (son cousin, interviewé dans le reportage)… tout ceci se passant, rappelons-le, dans le secteur du défunt Carillo Fuentes, le roi du ciel !!! A noter que chez les Mormons, le fondateur Joseph Smith, tué en prison par des émeutiers avait ce jour-là tiré sur ses assaillants et en aurait tué ou blessé un , mais il n’avait pas agi de façon incompatible avec sa croyance religieuse (son pistolet est depuis exposé à Salt Lake City).
Et à Paris, le (gigantesque) premier temple en construction !
Ironie du sort, à Paris, Au 46, Boulevard Saint-Antoine, au Chesney, près de Versailles, on édifie en ce moment même le premier temple mormon de France. Un petit malin a calculé que les fidèles auraient pu fournir jusqu’à 99 millions d’euros pour l’édifier, (ils auraient payé 20 millions le terrain et 60 pour le bâtiment) chaque converti devant laisser une partie de son salaire à la secte. La fortune a fortune des mormons au niveau mondial étant évaluée à 30 milliards de dollars (23 milliards d’euros). Fichte, joli pactole !
Tout cela, à partir d’un simple bout d’avion découvert flottant dans l’eau. En tous cas, début octobre 2015, le Hawker abattu n’était toujours pas officiellement identifié, mais nous pensons qu’il s’agit bien de celui que nous avons découvert ensemble. Nous pensons que cette étude va au moins y contribuer, qui sait. L’ange gardien (« Moroni ») qui surmonte toutes les églises mormones semble leur avoir joué un vilain tour, là, si c’était le cas. Mais il y d’autres appareils à étudier encore, tel celui incendié en Apure en 2013, dont l’histoire vient de connaître un revirement tout aussi étonnant que nôtre découverte du jour. On verra ça bientôt, si vous le voulez bien…
(1) « le NBAA (la National Business Aviation Association) a dit aux membres qu’il surveille de près les développements étant donné le potentiel de ramifications importantes pour l’industrie de l’aviation d’affaires. Lorsque le gouvernement a fermé en 2013, la FAA à licencié plus de 15.000 employés et fermé les registres des aéronefs à Oklahoma City. Cela a arrêté toutes les transactions d’avions d’affaires, les recherches de titres et autres activités nécessaires pour le financement des avions et les ventes. La fermeture du registre a été sans précédent, car elle était restée ouverte malgré des arrêts précédents. Le NBAA a averti qu’une situation similaire pourrait se produire pendant cette fermeture, si elle se produisait. »
Falcon&GhostofMomo
documents :
http://www.charlatans.info/mormons.shtml
Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.
source: http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-c-quand-les-mormons-sen-melent/
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COLOMBIA (Narcotrafico): capturan en Barranquilla a sobrino de un socio de Daniel ‘el Loco’ Barrera

Foto: Archivo particular
Redacción EFE
Según la Policía, ‘Yuca’ distribuía dos toneladas de cocaína al mes a EE.UU.
Bogotá. Agentes de la Policía de Colombia detuvieron en Barranquilla a un individuo identificado con el alias Yuca que, según las autoridades, distribuía alrededor de dos toneladas mensuales de cocaína a Estados Unidos, informaron hoy fuentes policiales.
‘Yuca’, señalado además de ser líder del Bloque Libertadores del Vichada, una banda criminal de origen paramilitar, es sobrino de José Evaristo Linares Castillo, enlace del extraditado capo del narcotráfico colombiano Daniel ‘el Loco » Barrera, que trabajaba al servicio de carteles mexicanos, detalló la Policía en un comunicado.
El detenido tenía bajo su control, según la investigación policial, « la totalidad de la infraestructura del narcotráfico (del Bloque Libertadores), contando con laboratorios para el procesamiento de alcaloide con una capacidad de producción mensual de dos toneladas de cocaína ».
Toda esa carga era transportada por tierra hasta el estado de Apure, en Venezuela, donde aeronaves a su servicio enviaban la droga a Estados Unidos para su comercialización.
Alias « Yuca » será ahora extraditado para responder ante la Corte Federal del Distrito Sur de la Florida (EE.UU.) por el delito de tráfico de estupefacientes, agregó la información.
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AERO NARCOTRAFICO (Mexico): se desploma avioneta cargada con cocaína en Michoacán

Se desploma avioneta cargada con cocaína en Michoacán
El avión tipo Cessna se incendió tras el desplome se encontraron dos cuerpos calcinados que aún no han sido identificados
Miguel García Tinoco
La avioneta se desplomó e incendió a dos kilómetros de la comunidad de Maruata, en Aquila.
MORELIA, Michoacán.
Un avión tipo Cessna cargado de cocaínase desplomó e incendió a dos kilómetros de la comunidad de Maruata, en Aquila, Michoacán.

Los reportes policiales indican que la aeronave volaba a baja altura la noche del miércoles, cuando cayó entre el cerro conocido como El Organito, vecinos del lugar tras darse cuenta del siniestro dieron aviso a las autoridades federales en la estación naval ubicada en esta zona.
Elementos de la Marina Armada de México acudieron a verificar la información y ubicaron los restos del avión ligero entre el cerro todavía quemándose; en el interior de la aeronave particular de la cual no se conoce la matrícula, había dos cuerpos calcinados, así como un número no determinado de paquetes envueltos en cinta plástica, que se presume es cocaína.
Peritos del Ministerio Público de la Federación se hicieron cargo de las investigaciones y de hacer el levantamiento de los cuerpos para tratar de identificarlos.
La zona quedó acordonada por marinos de la X Zona Naval con sede en el puerto michoacano.
Bfm
FUENTE: http://www.excelsior.com.mx/nacional/2015/10/08/1050111
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FRANCE (Air Cocaïne): libéré le 17 avril 2015, qu’est devenu le douanier François-Xavier Manchet?
François-Xavier Manchet avait été mis en examen et placé en détention provisoire, soupçonné d’être impliqué dans le trafic présumé. La présence du douanier François-Xavier Manchet à l’aéroport de La Môle lors d’un précédent passage de l’aéronef et la découverte de 30.000 euros à son domicile avaient éveillé les soupçons de la juge chargée d’instruire le volet français de l’affaire.
« On a apporté la preuve que ces espèces provenaient des retraits sur ses comptes bancaires, réagit son avocat Thierry Fradet. A l’aéroport, sa présence était sans intérêt. Il ne s’est rien passé d’inhabituel. »
François-Xavier Manchet se trouvait là à titre personnel, et non en tant que douanier.
« Cette première remise en liberté crée une brèche dans le dossier », commente Maitre Thierry Fradet, saluant le « courage » de son client placé à l’isolement pendant un an. « La justice a du mal à reconnaître qu’elle s’est trompée. Je me suis attaché à ce qu’on lui (le douanier, Ndlr) rende sa liberté, maintenant il faut lui rendre son honneur. »
François-Xavier Manchet reste mis en examen. Il a été placé sous contrôle judiciaire sans interdiction de reprendre son activité professionnelle.
source: http://www.varmatin.com/la-mole/air-cocaine-le-douanier-toulonnais-remis-en-liberte.1654695.html
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DEA (SAN JUAN, Puerto Rico): Federal Authorities Dismantle Drug Trafficking Organization Responsible for Transporting Cocaine and Money between Puerto Rico-Florida-Connecticut
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| District of Puerto Rico announce the results of the DEA lead arrest operation during a news conference at the U.S. Attorney’s Office. Picture are (L-R) ATF RAC Felix Rios, DEA ASAC James Doby and U.S. Attorney Rosa Emilia Rodriguez |
OCT 07 (SAN JUAN, Puerto Rico) –This morning, the Organized Crime Drug Enforcement Task Force (OCEDTF) dismantled a drug trafficking organization responsible for the transportation of multi-kilogram quantities of cocaine and drug money between Puerto Rico and the Continental United States, announced United States Attorney Rosa Emilia Rodríguez-Vélez. The Drug Enforcement Administration (DEA) is in charge of the investigation with the collaboration of Immigration and Customs Enforcement, Homeland Security Investigations (ICE-HIS), and the Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives (ATF).
On September 30, 2015, a federal grand jury returned a three-count indictment charging 37 individuals with participating in a conspiracy to possess with intent to distribute cocaine, and conspiracy to tamper with a witness. The defendants are: Luis Rivera-Ramos, aka “Luigi;” Rubén Barceló-Severino, aka “Chucky;” Jesús M. Vázquez-Rivera; Glarivy Rivera-Huertas; Luis Pintor; Antonio Llano-Mulley, aka “Pupolo;” Valeria Ramos-Ruiz; Ashley Flores-Carter; Kenneth Rivera-Ramos, aka “Gazu;” Kelvin Collazo-Rodríguez, aka “Pirulo;” Eddie Fernández-Ruiz; Carmen Yaritza Povez-James; Xavier Camacho-Valdés; Carmen Odalis Flores-Dávila; Valeria Mojica-De Jesús; José Burgos-Estrada; Joselyn Alicea-Villegas; David Reyes-Santiago; Deyaneira Reyes-Santiago; Kevin Reyes-Santiago; Jonathan Reyes-Santiago; Pedro Ramos-Ruiz; Lynn Ramos; Alba Torres-Suárez; Aníbal Torres-Pérez; Ayleen Santana-Gómez; Blanca Calo-Vázquez; Dariana Santiago-Falcón; Esteban A. Rivera-Guzmán; Gilberto Villegas; Joson F. Abreu; Jessica Martínez-Alfaro; Juan Figueroa-Cabrera; Kacsy Maldonado-Giegel; Liliana Geigel-Rivera; Llinozca Delgado-Ríos; and Nayad Pujols-Noboa.
The investigation leading to today’s arrests uncovered that members of this organization utilized drug mules to smuggle kilograms of cocaine hidden in suitcases on airplanes flying out of the Luis Muñoz Marín International Airport (LMMIA). The kilograms of cocaine were vacuum sealed and pressed into the approximate width of a magazine, and were then wrapped in carbon paper. The suitcases were altered to contain a hidden compartment in the bottom, where the kilograms of cocaine were concealed. The suitcases typically contained two kilograms each, and the mules would travel with one or two suitcases at a time.
The organization instructed the mules on how to handle law enforcement in the event that they were arrested for smuggling. The organization’s leadership would provide the mules with a story to tell law enforcement to lead them in the wrong direction and away from the organization. The organization also utilized intimidation and threats of violence to prevent the mules from cooperating with law enforcement.
“These arrests are a clear indication of the success of the OCEDTF in the fight against drug trafficking. Today’s arrests dismantle an organization that coordinated not only the traffic of cocaine between Puerto Rico and the Continental United States, but also the movement of drug money, essential to the success of these illegal activities,” said Rosa Emilia Rodríguez-Vélez, U.S. Attorney for the District of Puerto Rico. “We will continue maximizing all of our combined resources to investigate and prosecute those who disregard our laws and try to smuggle illegal contraband into our jurisdiction.”
The case is being prosecuted by Assistant United States Attorney Aaron Howell.
If found guilty, the defendants face terms of imprisonment from 10 years to life. Criminal indictments are only charges and not evidence of guilt. A defendant is presumed to be innocent until and unless proven guilty.
The case was investigated by agents from the Organized Crime Drug Enforcement Task Force (OCDETF) that investigates South American-based drug trafficking organizations responsible for the movement of multi-kilogram quantities of narcotics using the Caribbean as a transshipment point for further distribution to the United States. The initiative is composed of DEA, HSI, FBI, US Coast Guard, US Attorney’s Office for the District of Puerto Rico, and PRPD’s Joint Forces for Rapid Action.
The Airport Investigations and Tactical Team (AirTAT) operates in the District of Puerto Rico as an OCDEFT strategic initiative that is part of the National Airport Initiative. It is a multi-agency, co-located task force that includes DEA, HSI, FBI, USPIS, CBP – Office of Field Operations, and ATF. AirTAT also works closely with the Police of Puerto Rico. AirTAT’s mission is to identify, locate, disrupt, dismantle, and prosecute TCOs and their operatives using the Luis Muñoz Marín International Airport (LMMIA), the Fernando Luis Rivas Dominicci Airport (FLRDA), and airport peripherals as platforms to smuggle narcotics, weapons, human cargo, counterfeit documents, illicit proceeds, and other contraband through these critical airport infrastructures.
http://www.dea.gov/divisions/car/2015/car100715.shtml
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AERO-NARCOTRAFIC (Coke en stock – XCIX): une belle découverte

Depuis le temps où j’ai démarré (ailleurs qu’ici) cette saga, j’en ai vu des appareils passer. Depuis cet énorme Boeing 727 retrouvé calciné au Mali, et la noria de petits bimoteurs qui ont traversé l’Atlantique, j’en ai vu, en effet, défiler des engins bourrés de cocaïne A force, mon regard s’est affiné : après m’être trompé de zinc (mais pas de modèle) pour celui de Tarkint, et avoir découvert le bon deux ans plus tard (1) voici qu’un autre « jet » est venu chatouiller ma curiosité. Souvenez-vous, c’était le 20 mai dernier seulement, avec une séquence ahurissante de crash filmé en direct d’un jet bourré de cocaïne, poursuivi par des avions de l’armée colombienne. On avait pu suivre sa fin, en vidéo infra rouge, son moteur droit en feu, jusqu’à qu’il touche l’océan et se désintègre. Avec les vidéos prises au Pérou, la séquence demeure une des plus saisissantes de ces dernières années. Le lendemain, trois corps sur les quatre occupants étaient retrouvés sur une plage de Puerto Colombia, des centaines de paquets de cocaïne flottant alentour. De l’avion, il ne restait rien… à part un morceau qui, vous allez le voir, va nous mener bien loin…
Les morceaux retrouvés sur les plages ne nous avaient rien appris. Des bouts de ferraille couleur zinc chromate, un bout de cône avant sans marquage… aux côtés d’un corps rejeté par la mer. Peu de choses pour retrouver la trace de l’appareil. Le coin est sinon propice aux crashs, du moins il semble les attirer, comme les interceptions, étant dans l’axe partant du Venezuela pour rejoindre l’Amérique centrale. A Capurgana par exemple, les touristes peuvent visiter les vestiges laissés sur place d’un vieil avion de trafiquants datant des sixties, un Beechcraft 65 B-80 (semblable à celui-ci) à moteurs à pistons et grands hublots carrés, arborant le symbole de l’ONU pour passer pour un autre… comme quoi les trafiquants actuels n’ont rien inventé et comme quoi le trafic existe depuis très longtemps… C’est à Capurgana également que s‘était écrasé en 2013 un avion des narcotiques US, un Dash-8 sophistiqué venu du Panama, immatriculé N356PH et emportant justement des moyens de vision nocturnes sophistiqués. Un « Prospector » préparé par Sierra Nevada, firme liée étroitement au Pentagone et à la CIA; et dont le pilote, un mercenaire, était… borgne.
Un biréacteur reconnaissable de loin
Etrangement, pour notre appareil, présenté par les colombiens comme étant un petit biréacteur Hawker, aisément reconnaissable sur la vidéo était présenté à la télévision par une toute autre représentation. Celle du Cessna 208B V3-HH de Tropic Air tombé en mer à Belize le 4 décembre 2014. L’avion avait été acquis à peine 4 mois avant ! Non, l’avion filmé dans sa chute finale était pourtant bien un Hawker bien reconnaissable, le descendant du bon vieux HS-125 de 1962 (celui de l’armée anglaise, appelé « Dominie » dans la Royal Air Force), présenté comme un modèle « 800 » par l’aviation colombienne. Tout le problème consistant à déterminer quel appareil exactement, tant les versions du bon vieux HS-125 (pour Hawker-Siddeley) devenu BAE et tout simplement ensuite Hawker se ressemblent. On exclut d’emblée les modèles125 de base, de 1 à 600 avec leur cockpit en goutte d’eau sur le dessus hérité des bombardiers de la guerre froide, et leurs réacteurs Rolls Royce Viper pour hésiter entre un Hawker 700 et un 800. Pour l’armée colombienne, pas de doute c’était un modèle 800 venant du Venezuela. Il faut savoir que le petit bimoteur anglais possède en effet une particularité que n’ont pas nécessairement ses confrères : dans sa conception même, il peut se poser sur terrains « non préparés », à savoir en herbe ou en terre, une chose imposée au départ par… les militaires anglais.
Un modèle habitué aux transports de coke
Des appareils de ce type ont tenté l’expérience et l’ont réussi, en Apure notamment, où ils ont été incendiés après, mais pas nécessairement par les trafiquants comme j’ai déjà pu l’expliquer. Un modèle 400, plus petit et plutôt ancien, immatriculé XB-MGM, avait subi le sort en novembre 2013. (**) « le 6 novembre dernier, l’armée vénézuélienne a carrément arrêté après poursuite aérienne un biréacteur Hawker HS-125 400A datant de 1968, immatriculé XB-MGM (ex N773AA appartenant à Gulf Air de Huston) bourré de drogue à Buena Vista del Meta, dans l’état de l’Apure. L’avion avait été vendu sous le numéro G-AWPC (c’était donc l’ex G-AWPC, N217F, photographié ici au Kansas en 1992, YV-825CP, N272B, N773AA, pour finir XB-MGM). Il venait d’être acheté sous le nom de Jorge Salazar Ochoa le 31 octobre 2013 et était basé à Monterrey-Mexico : l’engin avait donc à peine 6 jours de vol chez son nouveau propriétaire , qui a préféré le sacrifier plutôt que de se faire prendre !!!! » avais-je expliqué : or l’avion ne s’était pas posé sous la menace, mais tout bonnement pour décharger son contenu, et avait été découvert bien après. Comme gamme de prix, il faut savoir que ce genre d’avion très ancien (années 60-70) ne dépasse pas les 100 000 dollars. Un broker du Michigan montrant ici un Hawker 700 plus gros, et datant de 1977 qui affiche 12 500 heures de vol, l’annonce à 240 000 dollars seulement. Pour la question de savoir s’il avait été abattu ou non, peut relire ceci. Certains ne sont même pas achetés… mais dérobés, tel le N600AE, un modèle 600, appartenant à Aircraft Holding Solutions llc Trustee « subtilisé » le 11 septembre 2014 en République Dominicaine. Plus intriguant selon le Kathryn Report, les pilotes (vénézuéliens) de l’avion, en déclarant une défaillance mécanique, avaient quitté la zone de surveillance de l’aviation générale du pays après son décollage de Santo Domingo. Les radars l’auraient vu partir pour le Venezuela puis bifurquer vers le Honduras. Selon le site et selon des informateurs, cet avion aurait déjà fait auparavant deux autres voyages de République Dominicaine au Venezuela, et lors de l’un d’entre « une personne très proche du président Nicolas Maduro et un général de l’armée vénézuélienne » auraient fait partie du voyage.
Pas exactement le modèle décrit par les colombiens…
Si l’on examine de plus près les images captées par les colombiens, équipés par les américains de caméras infra-rouges, on distingue vite que l’on n’a pas affaire à un ancien appareil de type 125 mais bel et bien d’un modèle 700 ou 800. Le nez et les sorties de réacteurs plaident pour le second type. Mais les surfaces planes des vitres avant plaident aussi pour un Hawker 700 et non un modèle 800 : comme on peut le voir en comparant un Hawker 700 et un Hawker 800 (pour la démonstration, les valeurs de gris de la saisie nocturne ont été inversées). Les observateurs colombiens se sont donc trompés. On analysera plus tard pour quelle raison…
Au lendemain de sa chute, l’océan est constellé de paquets, qui, repêchés, ne laissent aucun doute avec leurs images de Bugs Bunny ou de… Christiano Ronaldo, alias CR7. Ce sont bien des paquets de cocaïne, dont le poids total est estimé par les garde-côtes colombiens à environ une tonne. A 35 000 euros le paquet d’1 kilo (prix de revente en Europe), il y en avait pour au minimum 35 millions d’euros à bord. Sacrifier un avion en valant 195 000 (250 000 dollars) n’est donc rien, dans ce système.
… et pas un avion « abattu »
L’avion a été filmé en grande difficulté avant de s’écraser : son réacteur droit en feu, et son réacteur gauche n’émettant plus aucune chaleur, d’où sa chute rapide, la portance d’un jet de ce type étant celle d’une brique, ou presque. Cet avion n’avait aucune chance de s’en sortir. Quant à savoir si on lui a tiré dessus ou non, il ne semble pas, et l’armée de l’air colombienne, en ce sens ne dit rien d’autre, et ne suit pas les allégations vénézuéliennes en forme de fanfaronnades, habituelles chez eux. Il semble plutôt avoir été atteint d’une panne d’essence, avec entre temps une surchauffe moteur qui lui aurait fait tout consommer plus vite, tout simplement. On est donc en face d’un Hawker 700 et non d’un 800 XP, comme annoncé, un appareil qui a été introduit sur le marché en 1976, déjà, et il n’a été remplacé que huit ans plus tard par le modèle 800, l’année 1984 marquant la fin de sa production : l’avion qui s’est crashé avait donc au minimum 31 ans, ce qui fait un âge respectable pour un jet.
Un modèle connu, mais un avion inconnu
Mais à ce stade, toujours il est toujours impossible de déterminer de quel appareil il pouvait bien s’agir. Or une prise de vue inattendue va nous mettre sur la voie, fort peu de débris nous ayant été montrés. On a certes pu voir un cône de pointe avant, échoué avec le corps d’un des occupants, mais cela ne nous a permis que d’appuyer la thèse d’un modèle 700, au nez plus pointu que celui de l‘ancien HS 125. Mais sur ce débris, aucune marque distinctive. En revanche,
un autre cliché nous donne une bonne piste ; c’est celui d’un morceau flottant, photographié du bord d’un des canots colombiens ayant servi à collecter les paquets de cocaïne flottant au dessus de l’eau, une fois l’avion éparpillé en centaines de morceaux. Et ce morceau là va nous livrer la clé de l’énigme…
C’est ce simple morceau, qui en effet nous permet d’affirmer que l’appareil tombé ce jour-là en face de la plage de Puerto Colombia (ici son môle), est bien celui que nous allons décrire prochainement, si vous le voulez bien. Oui, « nous », car pour cette recherche ardue, comme pour d’autres désormais, un chercheur professionnel, c’est comme ça que je le définis personnellement, est venu me donner un sacré coup de main. Il se fait appeler « Falcon », sur le net (à vous d’imaginer pourquoi !), et c’est en lisant mes recherches précédentes qu’il a accepté de se joindre à ce travail de fourmi : il va vous proposer bientôt d’autres résultats de découvertes, qui risquent fort d’en étonner plus d’un…
Nous vous révélerons bien des surprises, en effet…
Falcon&GhostofMomo
SOURCE: http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-xcix-une-belle-decouverte/
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(1- le voici à l’atterrissage à Tenerife le 25 juillet 2007.
on peut revoir les reportages suivants sur le sujet des avions cargos détournés de leur usage traditionnel :
http://www.youtube.com/watch?v=Dtle…
http://www.youtube.com/watch?v=FPYt…
http://www.youtube.com/watch?v=fVHq…
http://www.youtube.com/watch?v=FKyg…
http://www.youtube.com/watch?v=8hIS…
Mais aussi le « Complèment d’Enquêtes » de novembre 2006, premier et second épisode.
http://www.youtube.com/watch?v=2eUx…
http://www.youtube.com/watch?v=50mM…
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LIRE aussi AERO-NARCOTRAFIC (Coke en stock – XCVIII): encore des tripatouillages flagrants
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AERO-NARCOTRAFIC (Coke en stock – XCVIII): encore des tripatouillages flagrants

Quatre et deux jours avant notre fameux Embraer-Navajo, on a donc un autre avion qui s’est vautré dans l’eau avec une tonne de coke à bord, dont les paquets ont été en partie ramassés et mis en camionnette, et un autre tout près de Cojedes, avec 500 kilos de cocaïne à bord, que les services de police ou de l’armée n’ont pas monté pas, comme ç’est pourtant l’habitude dans le cas. Pourquoi donc, voilà qui intrigue en effet. Notre troisième visiteur du mois survient donc après ces évènements successifs, et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est présenté de façon tout aussi étonnante.
D’abord la scène principale, celle de l’impact de l’avion prétendument abattu, qui a été soigneusement rangée…. en trois tas bien distincts. Un énorme amas de ferraille, d’où les moteurs semblent absents (ou pas visibles alors qu’une photo officielle est légendée « moteurs« ), et dont une partie conséquente a subi un feu intense. A quelques mètres de là, comme extrait de l’incendie, des morceaux de métal nettement moins abîmés mais qui intriguent tout autant. On déjà vu celui du fuselage avec la fausse immatriculation, semblant être de papier, ce qui étonne déjà quelque peu (voir précédents épisodes) : comment ce truc mal collé aurait pu supporter le vent relatif, par exemple. Un agrandissement jette encore plus le trouble : c’est tout sauf un adhésif !!! Un coup de zoom montre que le dessous du support est… noir !
Plus intrigante encore, une deuxième image de ces morceaux « propres » montre…. un morceau d’aile, où figure en plus grand l’immatriculation… brésilienne de l’appareil. Si les trafiquants auraient voulu cacher leur origine, c’était raté : du sol, on distingue de loin, et nettement, l’immatriculation figurant sur l’aile gauche de ce genre d’avion (voir ici) ! Autre bizarreté : parmi les débris « propres », l’aileron vertical de queue reconnaissable à son petit déflecteur monté à 90°. Elle est ici aux couleurs générales de l’appareil (blanc avec trois stries, doré, rouge et noir) alors que la photo du même appareil prise en février dernier, la montre de teinte bleu ciel. Sa base est manquante sur le même cliché, mais on la retrouve sur une autre photo mise en évidence par l’armée vénézuélienne. Cette pièce montre des impacts… qui n’ont strictement rien d’impacts de balles (des obus de 20 mm nous avait-on dit !). Non, des traces d’éléments projetés par une explosion, plutôt… qui aurait très bien pu se faire… au sol.
Si l’on pense en l’air, on songe alors à un missile. Et là, ça devient tout aussi croquignolet. Car les fameux F-16 vénézuéliens semblent bien démunis dans ce genre d’armement. Le lot de 24 F-16 a été acheté, rappelons-le en 1982. Trois ont été perdus depuis. Les F-16 ont semble-t-il utilisé depuis leur dotation de missiles (leurs rails sont souvent vides) et se sont tournés vers l’équivalent israélien (et oui, Chavez a acheté à ce pays !) à savoir le Pyhon IV. Une commande de 180 devait se faire, mais tout a été annulé en 2006, les américains étant hostiles à la mise à jour globale des appareils, et l’intégration du missile israélien posant également des problèmes de bus de data…
Si bien qu’on a pu admirer à plusieurs reprises (voir ci-dessus) un F-16 vénézuélien arborant un missile Python IV factice, démuni de ses ailettes arrière. Le hic étant que le Sidewinder détecte l’adversaire par sa chaleur, et qu’en ce cas ce n’est pas la queue du Navajo qui aurait dû être marquée. Un missile de ce type sur un appareil civil l’aurait mis en pièces, plutôt avec l’essence à bord. En prime, les Sidewinder, non remis à jour (refusé par les USA), sont périmés depuis longtemps, comme on le rappelle ici., et leur emploi est même dangereux. Bref, rien ne correspond : pas de traces d’obus et pas davantage de missile aérien. Résultat : l’avion n’a certainement pas été abattu ! Seules de fines traces sur différentes tôles pourraient accréditer la thèse du missile ; mais pas d’un Sidewinder, mais plutôt d’un… missile terrestre type ManPad, comme l’Igla. Voici ces dégâts en effet sur un avion (et ici un autre) Et voici une photo de Padrino en train d’en essayer un, justement ! L’armée vénézuelienne en est équipée depuis 2008, fournie par la Russie. Mais si l’Embraer de Cojedes a été ainsi détruit, pourquoi donc avoir raconté la fable de la poursuite par F-16 ? Car un autre élément vient contredire la thèse de la poursuite : l’heure à laquelle s’est produit le crash. Et c’est l’armée qui nous le donne… grâce à sa com’ de crise… et ses montages où l’avion représenté est un Beech 200 ou 350 et les avions des F-5 que le pays a remisé depuis plusieurs années.
On peut pardonner aux autorités leur erreur de représentation, pour faire rapidement un schéma présentable. Mais on ne peut les suivre lorsqu’ils disent avoir envoyé deux Falcon F-16 de la base de Libertador pour intercepter l’Embraer. Car ils ont oublié une chose : les modèles de F-16 que possèdent les vénézuéliens sont bien anciens. Chavez avait proposé ses F-16 à Cuba, qui avait dit non, et le Pakistan qui en cherchait avait aussi refusé les siens. Trop vieux ! Idem pour l’Iran. Trop tard pur les appareils vénézuéliens de type « Block 15 », à savoir un engin certes amélioré face au Block 10, mais qui a des capacités limitées de nuit : il faudra attendre le Block 40 pour pouvoir parler de « Night Fighter » véritable. Or l’Embraer est tombé à 00H51 exactement, heure locale. C’est aussi à Libertador qu’avait été créé l’hoax de l’envoi d’un F-16 aux iraniens pour tester leurs propres radars : la photo n’avait pas été prise en Iran mais bien sous les hangars vénézuéliens, hautement reconnaissables. En revanche, le radar chinois JYL-1 qu’ils emploient à une portée de 320 km et Cojedes est à peine à 120 km de Libertador. A se demander pourquoi autant d’avions se posent en Apure, par exemple, sans jamais être détectés…
Car les débris ont été rassemblés, après que l’appareil ait été détruit par le feu, une fois qu’il était au sol – sans préciser comment il y est arrivé (ici une photo grand format parue plus tard). Et il n’a pas impacté le sol, mais semble bien s’être posé : le terrain ne montre aucun cratère ou aucune trace d’un impact d’objet volant avec des débris répandus sur une longue zone (avec un tel nez broyé et plus de moteurs visibles on pourrait s’attendre à ça en effet). En comparaison, le crash de ce Navajo australien en 2008 à Bathurst, est fort représentatif : l’avion avait heurté un arbre au décollage. Idem pour celui de Riverwoods du 28 novembre 2011. Pourquoi donc avoir ainsi rassemblé en deux tas distincts les débris, et pourquoi donc cette séparation entre morceaux calcinés et les autres, pliés mais immaculés, voilà qui étonne. Pour mieux exposer le coup de l’autocollant ? Autoutr des bidons d’essence en plastique ont été retrouvés… non brûlés et couverts de boue.
Des pompes à main, typiques des petits aéroports, de couleur bleue, sont montrées également : celles servant à remplir les bidons de fuselage et les réservoirs d’aille à partir des bidons restés au sol (doù la boue). Près de l’appareil, on tient à le montrer aussi, on peut voir un système à bord de transvasement d’essence grâce à des tuyaux : il était donc destiné à un long trajet, selon un procédé déjà décrit ici. Sur l’une des photos, on distingue 12 bidons d’essence en plastique translucide, ceux restés au sol visiblement : l’avion devait se ravitailler à cet endroit et était donc attendu !!! Près des pompes électriques montrées, reliées à une batterie noire, on distingue 5 réservoirs internes. Ceux qui devaient à nouveau être remplis. Visiblement, l’avion était donc… bel et bien attendu sur place !!!
Certains, pour expliquer les débris (et même des brésiliens !) ont eux une explication : « le surintendant de la police fédérale Mauro Spósito, qui participe à un raid de la police à la frontière du Brésil et du Pérou avec la Colombie, a déclaré que l’avion a été abattu et s’est cassé en l’air pour se transformer en un tas de décombres, mais il n’a pas explosé permettant de récupérer le chargement de drogue et des éléments préservés, bien que cassés ». OK, le fuselage avec ses bidons d’essence, ça vous fait logiquement un bel incendie à l’impact ,pourtant, normalement. Or une des contradictions est là, flagrante, devant nous : les bidons d’essence internes ajouté en cabine sont intacts, ou en tout cas ne montrent pas de signes d’incendie. Ils ont donc été enlevés avant celui-ci… Un incendie de tout l’avion, ce qui n’est pas le cas. Si le fuselage étant occupé par des bidons, il ne reste que les deux soutes pour caser la coke. Or, on l’a vu elles ne dépassent pas 600 livres de capacité : 272 kilos. On devrait donc décompter ce chiffre parmi les plaquettes d’1 kilo de coke étalées devant l’appareil : or on en annonce (et on en montre)… 616. A-t-on pu glisser 300 kilos de coke derrière les 5 futs d’essence visibles ? Pourquoi pas, me direz vous ? Certes, mais le coffre principal étant à l’avant, complètement disparu, un plus petit derrière la porte d’accès, à l’arrière. Mais ce n’est même pas le nombre qui surprend. Car l’appareil a un avant en miettes, un fuselage en morceaux… et fort peu des paquets de coke étalés présentent de marques de défectuosité ou de déchirement. L’hypothèse de l’éclatement en vol tombe : il y en aurait eu partout, de disséminés, des paquets ! C’est tout simplement… incompréhensible (ce que des lecteurs de blogs ont déjà fait remarquer) !!!
Les paquets sont aussi de forme et de « signatures » fort différentes : c’est un chargement bien hétéroclite de coke ! Et qu’en est-il de celui du Cessna tombé deux jours avant presqu’au même endroit ?? Toujours invisible ? Plus on scrute, et plus le mystère s’épaissit… et l’idée de la mise en scène fait son chemin. Autre questionnement : une photo de plus grand format montre un bout d’hélice sortant du sol : l’avion se serait donc bien crashé nez en avant, en enfouissant directement les moteurs dans un sol meuble ? Ou l’on a essayé d’enfouir les morceaux ? Depuis quand en effet un appareil qui tombe de la sorte referme-t-il la terre derrière lui ? Les nombreuses traces laissées alentour penchent plutôt pour la solution d’un enfouissement des débris. Les débris montrés et rassemblés auraient été extraits du sol ? C’est encore une fois… incompréhensible !
Et pour ajouter à la confusion, il y a le site versionfinal.com.ve, qui le 25 mai présente un tout autre cliché : celui de ruines encore fumantes, dans lesquelles on distingue effectivement les trois couleurs doré, rouge et noir des filets décorant l’avion… Une photo qui ajoute à l’intrigue, car elle montre un appareil détruit par un incendie, mais dont les vestiges n’ont pas été relevés en tas. Est-ce bien le même appareil, au moin, qui ne ce cas se serait retourné en brûlant : c’est difficile à dire, le journal cité ayant tendance à puiser dans ses archives et ne pas mettre ls clichés correspondant à ce que décrit l’article qu’il illustre !!! Tombé au même endroit, qui plus est, à Cojedes, en tout cas. Mais alors pourquoi ne pas avoir montré ce cliché plutôt que le tas de vestiges manfestement rassemblé ? Pourquoi modifier une scène de crime, sinon pour dissimuler des preuves ? Et pourquoi donc l’article cité n’évoque-t-il la découverte que d’un seul corps ; à ce moment là ? Un autre site associe clairement l’avion brésilien à ces vestiges. Comme commentaire, on a a ceci « sur place, les militaires ont trouvé l’avion partiellement brûlé« ... un avion qui, selon la même source, « s’est écrasé ». Une vision d’appareil similaire (un Chieftain, voisin) s’étant crashé, posé sur le ventre, en Afrique du Sud, montre des débris calcinés assez voisins au final, alors qu’il n’avait eu qu’un moteur incendié lors de son arrivée au sol. Et tout cela, sans oublier l’intervention sur Twitter de l’ineffable Padrino, qui rappelle comme exemple un appareil tombé un… Piper 23… extrait d’une de ses archives du 4 février 2014... tombé le 24 janvier à Calabozo, dans l’état de Guárico. Encore un avion « abattu » selon lui… bien entendu ! Le même avait cité « 12 avions » « capturés ou immobilisés » en « moins de 6 mois », en mai 2014 !!! Parmi eux, ceux que l’armée avait-elle incendié, alors qu’ils s’étaient posés sans avoir été poursuivi… dont notre surperbe jet de brousse (voir le premier épisode sur le Venezuela)… « Très bien, mais où sont passés ces avions ? » note un lecteur sarcastique… un autre ajoutant « et où sont les pilotes » ? Et que dire de l’YV1674 répertorié aussi comme « abandonné » ? Le voici, en effet…dans une rue du quartier de Southwest Miami-Dade County, ou plutôt ce qu’il en reste. L’avion s’est écrasé en février dernier en tuant tous ses occupants. L’avion vénézuélien appartenait à la Brink’s. Le (jeune) pilote,s Raul Chirivella, était un employé du Servicio Pan Americano de Protección. L’avion, transporteur de fonds venu de Caracas devait se rendre au Providenciales International Airport dans les îles Turks and Caicos…
A la décharge du pouvoir, le sort du dernier de liste, un King 90, immatriculé PR-LUT (N°LT-783), appartenant à « Aeroplan Aviacao Ltda » (et ayant appartenu jadis à Richmor, paravent de la CIA) et de ses occupants Juan Daniel Silio Cengotitabengoa, et Janeth Nernández Avila, un couple de colombiens, a déjà été scellé le 20 février 2014 par un jugement les emprisonnants tous deux. L’avion brésilien (saisi !), évoqué ici, avait à bord des réservoirs supplémentaires en bidons, un petit dinghy et des GPS Garmin (GPSMap)… l’attirail du parfait candidat au transfert de drogue. Fait notable : il s’était posé après que deux F-16 lui en aient intimé l’ordre….sans lui tirer dessus… !!! Un avion qui ne figure pas dans les « abandonnés », car ne possédant pas d’immatriculation en YV…. !!!
Pour ce qui est des pilotes… je vous ai déjà montré les restes du siège de l’un d’entre eux (et même son cadavre calciné, apparu plus tard sur les sites gouvernementaux, une horrible vision). C’est très certainement celui du plus jeune des deux, qui est bien mort carbonisé.. On sait qui il est car dans les sac à dos aperçus, il y avait leurs passeports : le premier s’appelle Klender Hideo Ida De Paula et il avait 25 ans seulement. Il était membre d’un aéroclub brésilien et semblait très fier d’avoir été recruté, montrant à l’envi ses atterrissages sur petit Cessna sur le net. Selon sa mère, il avait quitté la capitale vendredi pour « faire un vol d’instruction en Itacoatiara ». C’est à l’Est de Manaus, sur l’Amazone. Selon elle, son fils lui aurait dit que c’était un de ses derniers vols, « car il ne gagnait pas assez d’argent et souhaitait reprendre ses études de mécanique et d’électronique ». Pour son collègue, présenté un temps dans certains sites comme « ayant réussi à s’échapper » (à se demander comment à partir d’un cockpit broyé !) c’est tout autre chose. Fernando Cesar Silva da Graça, âgé de 29 ans est en effet le fils d’un homme d’affaires suspecté jadis d’avoir financé le trafic de drogue. Il a été arrêté en 2008 dans la ville d’Ananindeua.
L’arrestation faisait partie d’une vaste opération déclenchée par la police fédérale dans neuf Etats du pays. En fait c’était déjà sa deuxième arrestation car il était déjà allé en prison pour contrebande de 540 kilogrammes de cocaïne. La famille de Graça est en effet connue de la police brésilienne comme faisant partie d’une organisation criminelle de « Curica » qui a duré plus de 30 ans. Antonio Mota da Graça l’oncle trafiquant de « Curica » est en effet un membre du groupe criminel de la Família do Norte (FDN). Le second aurait-il entraîné le premier dans cette maudite aventure ? Le premier pilote aurait-il tenté un coup d’argent facile ??? Le 19 août, on enterrait au Brésil, à Manaus, le jeune Kiender, dont le corps n’avait pu être reconnu que par la dentition. Selon la propre mère du second, les deux occupants ont bien subi le même sort. Son fils aussi aurait lui aussi péri carbonisé. Mais pour l’instant un seul corps a été montré. Et à ma connaissance, c’est aussi la première fois qu’un cadavre de trafiquant supposé est ainsi montré par les autorités : pourquoi donc celui-là et pas les autres ? Mais pourquoi donc les renseignements n’évoquent-ils qu’un seul corps découvert, comme ici où on peut lire « Jusqu’ici, les militaires ont découvert de la drogue dispersée tout autour d’un corps carbonisé et un passeport d’un citoyen de nationalité brésilienne. » Un seul corps…
A la lueur des constatations, un scénario possible et plausible s’ébauche : le 22 mai, c’est la date où le Cessna aux 500 kilos de coke s’est vautré à Cogedes : or c’est le même jour que le jeune Kiender a annoncé à sa mère qu’il partait. L’accident a eu lieu le dimanche 24 mai. Lui aurait-ton chargé, lui et son collègue, d’aller chercher les 500 kilos restés en rade, qui représentait une jolie somme (et une belle part pour lui on suppose) ? Rappelons que les occupants du Cessna n’ont pas été arrêtés le jour de l’accident, mais le lendemain seulement, à 5 km de leur appareil. Tout était prêt sur place pour accueillir les deux « sauveteurs », comme on l’a vu, y compris deux pompes à main pour renouveler l’essence à bord. Au quel cas l’avion aurait réussi à atterrir, mais les choses se seraient ensuite mal passées, l’armée attendant peut-être sur place elle aussi. L’appareil aurait pu se poser et il aurait alors été détruit, à l’explosif et incendié, comme les autres précédemment, la scène passée au bulldozer, les morceaux cleans séparés du reste, et l’un des deux hommes tués dans des circonstances inconnues (aurait-il refusé d’aller plus loin ?) : l’avant broyé de l’appareil laissant subsister quand même la possibilité d’un crash, ne refusons pas non plus l’hypothèse ! N’aurait-il pas plutôt raté son redécollage, alors qu’il était bourré d’essence ? Le pilote aurait-il tenté de redécoller seul à bord ? L’avion aurait-il été atteint par un tir de ManPad Igla ? Et où est donc passé exactement le second pilote, celui qui avait des liens « familiaux » avec les trafiquants ? A-t-il vraiment subi le même sort que le premier ? La variante étant que ce seraient les vénézuéliens qui auraient ramené tout le système de transfert de carburant du Cessna et sa coke, mais le volume total est tel que ça ne tient pas dans ce premier appareil. En tout cas, ce que l’on daigne montrer n’est certainement pas ce qui s’est effectivement passé : les deux photos différentes de ruines fumantes et des deux tas rassemblés signifient quelque chose, mais quoi ? La fabrication de toutes pièces d’une accusation ? Pourquoi donc faire ainsi ? Pourquoi manipuler autant la scène du crash ? En épilogue on pouvait lire que « le vendredi 29 mai au matin a été incinérée les 616 paquets de cocaïne recueillis par le commandement de la région four à pyrolyse efficace de San Juan de los Morros, dans l’État de Guárico ». Dans un article où aucune vue de l’incinération proprement dite n’a été montrée… décidément, au Venezuela, on a beaucoup de mal à montrer les choses, et en revanche beaucoup beaucoup d’aisance pour les modifier !!!
Ce qui intrigue, de bout en bout, c’est cette énième mise en scène ratée, qui rend la thèse de la poursuite de F-16 caduque. Car il n’y a aucun doute sur la volonté des deux occupants à rejoindre un point déterminé où se tenaient des trafiquants avec leurs bidons d’essence prêts. Là n’est pas la question. L’armée vénézuélienne une fois encore est arrivée pour nettoyer la scène du crime et pour mettre en place son show habituel d’une poursuite hypothétique, suivie de tirs inexistants et de la fin brutale du petit bimoteur. Histoire de raconter au bon peuple que l’armée veille, et qu’elle empêche les trafiquants d’entrer dans le pays, et de ne pas avoir à évoquer des problèmes de « poulet » et de ses liens avec le Cartel de Los Soles,
Et histoire de mouiller davantage le Brésil, des textes déjà apparus citant une nette détérioration des relations avec Dilma Rousseff. Mais aussi que ses avions de chasse fonctionnent bien (alors que leurs limites et leurs lacunes sont bien connues). Le pays a aussi de superbes Sukkhoi Su-30 (à 24 exemplaires, achetés en 2006) mais la légende voudrait qu’ils n’ont pas été armés car Chavez craignait qu’on s’en serve contre lui… Pourquoi donc toujours avoir recours à des mises en scènes discutables, plutôt que de présenter les faits tels quels (et dans ce cas les photos brutes du crash et non leur « aménagement ») ? La réponse, Collon et ses acolytes doivent l’avoir, c’est sûr. Je vais leur laisser le loisir de le faire, vu que leur site s’intitule Investig’action... comme le dit le même Collon chez… Soral, ou Chavez est entouré par Poutine, Kadhafi et Ahmadinejad, « les images, ça se manipule » !!!! A l’évidence, en effet… surtout au Venezuela !!!
Tous ces tripatouillages ont un but caché. Et c’est ce qu’on découvre en lisant la presse nous annoncer que le Venezuela vient brusquement de fermer sa frontière avec la Colombie, visiblement sous un prétexte (celui de trois soldats blessés), forçant des centaines de personnes à fuir la zone. Derrière cette double agitation (Madur vient d’ajouter une seconde zone « interite » se dissimule en fait tout autre chose … et c’est un ancien ambassadeur du Venezuela à l’ONU, Diego Arria, qui nous le dit : ça n’a rien à voir avec ce qui est raconté par Maduro.
Ancien ambassadeur du Venezuela à l’ONU, Diego Arria (où il a laissé sa patte) ami d’Orlando Letelier, a déclaré que la confrontation militaire entre gangs pour le contrôle des drogues et la contrebande est à l’origine de la fermeture de la frontière vénézuélienne dans Tachira et de l’état d’urgence décrétés par le président Nicolas Maduro, pour qui il a quelques griefs. En 2010, le ranch d’Arria, la Carolina, avait indument été saisi par le gouvernement, pour ne « pas être productif » : il avait aussitôt répondu en mettant sur le net les photos de ses têtes de bétail. Il avait aussi été l’objet en mai 2014 d’une tentative de déstabilisation par de faux e-mails. L’ex ambassadeur affirme en effet que les militaires vénézuéliens « se battent sur place entre eux pour le contrôle de la contrebande de drogue, mais aussi pour l’essence et les produits réglementés. Le contrôle de la drogue est plus en fait beaucoup plus lucratif, bien que l’essence, soit vendue cinf fois plus cher dans les pays voisins ». Selon lui, les autorités de la Colombie et les militaires sont complices de la contrebande provenant du Venezuela. « Ils envoient des centaines de semi-remorques par jour entre la Colombie et le Brésil. Cela explique pourquoi les stations d’essence ne sont souvent pas fournis au Venezuela « .
En fait deux partis souhaitent avoir le contrôle total des deux trafics juteux : l’ex ambassadeur parle en effet de « guerre des des cartels militaires vénézuéliens », « entre le Cartel de los Soles (l’Armée) contre celui de La Guajira Cartel (la Garde Nationale) ». Selon lui toujours, c’est « comme dans les années 80 en Colombie, le cartel de Medellin contre le cartel de Cali. » Et selon Arria, Maduro ne reste en place que parce qu »il est soutenu par… Vladimir Padrino López, le Ministre de la Défense, le véritable maître du pays… et l’homme omniprésent dans chaque découverte importante de cocaïne. Le grand orchestrateur des fables anti-drogue vénézuéliennes. Un grand metteur en scène !
Comme explication, il rappelle un fait dérangeant qui aurait été à l’orgine de la fermeture de la zone. « Le 17 Août, 2015, une commission de Armée conduite par le lieutenant Daniel Veloz Santaella et le lieutenant Alexis Rodriguez Arias et d’autres membres de l’armée arrête à proximité de Peracal une camionnette conduite par deux soldats de de la Garde Nationale. Aors que leur l’identification était requise, les fonctionnaires de la Garde Nationale ont refusé de donner l’immatriculation du véhicule, ce qui a nécessité la présence d’un procureur. (…)
Voilà qui rappelle un cas pendable étudié ici : celui de Googlis Martin Caballero Casanova, le colonel de la Garde Nationale surpris en photo à bord de son yachet personnel (très en verve, visiblement encore, en 2013 !) et lui aussi transporteur de coke à Mérida (à droite le contenu de son 4×4)… À ce stade, les fonctionnaires de la GN ont en effet exigé la présence d’un procureur pour ouvrir le camion. Le véhicule a été ouvert en présence d’un procureur compétent et de la drogue et de l’argent ont été saisis pour un montant proche de 47 millions de bolivars et de trois millions de dollars (…) La fermeture de la frontière avec la Colombie dans l’Etat de Tachira, a été faite sur la recommandation du major-général Velasco Lugo puis sous la pression de Vladimir Padrino pour déclarer l’état d’urgence dans les municipalités mentionnées dans le trafic de drogue relevant de la compétence Garde Nationale, car la région a toujours été historiquement sous le contrôle exclusif de la Garde Nationale pour ce qui est de la drogue et de l’alcool de contrebande… »
Or les trois noms cités (Daniel Veloz Santaella,Alexis Rodríguez Arias, et Miguel Núñez Martínez sont justement les soldats qui ont été attaqués et blessés !!! « Plusieurs sources conviennent que cette attaque est le résultat d’une « guerre entre les fonctionnaires de l’Ejércitio et les cartels de la drogue dont des agents concernés de la Garde Nationale, » comme le dit José Antonio Colina, le président des réfugiés politiques vénézuéliens à l’étranger (1). »
« C’est un combat entre les cartels, y compris les membres de la garde nationale et l’armée, et l’attaque (la tentative d’assassinat par des hommes armés) s’est produite parce que le civil qui était dans la voiture avait indiqué la maison où ils avaient caché l’argent « , a déclaré une source » ajoute Reportero24.. le site, il faut le noter, est installé à… Miami, et il est très anti-Maduro. Y écrit notamment Antonio Maria Delgado, de El Nuevo Herald. Il n’empêche : les 500 kilos de coke « manquants » de notre fameux Cessna de Cojedes… on bien été découverts par la Garde Nationale, en effet. Et le lendemain, c’était Sergio Rivero Marcano, commandant de la Garde Nationale et non Padrino, qui avait mis en scène la « découverte » de l’avion… sans montrer une seule plaqiuette de coke… !!!
Une situation plus que délicate, qu’un homme particulier, Joaquin Villalobos, qui n’est autre qu’un bon connaisseur, en qualité d’ancien guérillero salvadorien,avait pressenti dès 2010 : « il n’y a cependant pas de risques que cela dégénère en guerre civile. Au cours des douze dernières années et malgré la profonde division du pays, les Vénézuéliens ont toujours refusé la violence politique. Il n’y aura pas non plus de déclaration de guerre entre la Colombie et le Venezuela parce que ces deux sociétés sont profondément hostiles à cette éventualité. Le danger viendrait plutôt d’un conflit interne entre un Etat affaibli et les divers groupes armés qui se convertiront au crime organisé. L’affaiblissement de l’Etat, la multiplication de pouvoirs armés informels, alliés à la position géographique très rentable du pays pour le trafic de drogue, ouvrent la voie à un nouveau type de conflit où les militaires se mêleront aux bandits et les policiers aux rebelles corrompus. » Cinq ans plus tard, nous y sommes, hélas.
(1) il a fait partie du groupe d’officiers qui en octobre 2002 a exigé la démission d’Hugo Chavez, pour violation de la constitution nationale et permis la présence de guérilleros colombiens et des éléments étrangers dans le territoire vénézuélien, ce qui est connu sous le nom de Plaza Altamira, devenue depuis emblématique de l’opposition.
PS : sur le rôle de l’armée au Venezuela, on peut et doit lire ceci :
http://naufrageur.fr/le-mythe-de-la-nature-democratique-des-forces-armees-venezueliennes-2/  ;
Sa conclusion est lumineuse : « en raison des considérations précédentes, il est donc impossible de compter sur l’armée, sur sa structure actuelle, pour construire un modèle social différent. L’armée représente un outil fondamental pour consolider un régime caractérisé par l’autoritarisme. Elle ne symbolise absolument pas une institution fiable parce qu’elle est une structure de pouvoir, de nature prétorienne, depuis sa création par Juan Vicente Gomez [en 1948]. Le peuple vénézuélien n’est pas en armes, il subit le joug des armes ».
PS : quand à savoir où ça atterrit tout cela, au final regardez plutôt cette édifiante vidéo faite par les douaniers d’Halluin-Reckem, dans le nord de la France, cet été en août… le véhicule venait des Pays-Bas. Il y avait 79 kilos de cocaïne à bord.
En juillet, c’était 44 kilos dans un véhicule venant de Belgique mais immatriculée en Espagne. Plus de 7 millions d’euros au total…
SOURCE: http://www.centpapiers.com/coke-stock-xcviii-tripatouillages-flagrants/
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sources photos
http://fronteradigital.com.ve/avioneta-siniestrada-en-cojedes-cargaria-500-kilos-de-cocaina/
http://aviation-safety.net/wikibase/wiki.php?id=176385
http://agronoticiasvenezuela.com.ve/?p=1373
http://www.baaa-acro.com/2015/archives/crash-of-a-embraer-emb-820c-navajo-in-ricaurte-2-killed/
un rappel de lectures :
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxviii-un-second-164974
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxvix-le-precedent-165608
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxx-l-heritage-du-160160
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxi-l-esbrouffe-160211
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxii-le-venezuela-160618
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiii-au-venezuela-160235
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiv-pris-la-main-160456
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxv-un-temoignage-165293
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvi-l-implication-165185
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvii-un-procureur-160617
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxviii-chavez-le-160616
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxix-la-corruption-165661
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xc-la-route-de-l-165730
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xciii-on-revient-165740
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AERO-NARCOTRAFIC (Coke en stock – XCVII): la semaine des crashs successifs

Le crash qui nous intéresse n’a pas été le seul de la semaine où il s’est produit, ce qui en fait un événement encore plus à part. Si le premier n’est pas directement à relier à notre incident de Cojedes, un second, qui s’est produit à peine deux jours avant, pourrait très bien y être associé. Entre les deux en effet, de nombreux paquets de drogue ont soit disparu, soit ont été transférés. Car on a beaucoup de mal à croire que d’un appareil réduit à l’état de miettes, autant de paquets de cocaïne aient pu être extraits intacts… C’est l’un des points les plus intrigants de notre nouvelle étude du jour… mais revenons d’abord sur ces deux prédécesseurs de cette semaine de mai dernier… où il a plus des avions …
Les photos du crash, proposées exclusivement par des médias arrivés après la prise en mains des pouvoirs locaux et nationaux sont fort évocatrices. L’appareil a été réduit en miettes, bizarrement présentées sous deux tas bien distincts, et les paquets habituels de coke ont été étalés pour en montrer leur nombre conséquent consituant un troisième tas à scruter. Certains paquets de coke étalés portent de façon visible le label « Golty » (d’autres « BOSS » ou une étoile jaune à cinq branches avec un P dessus) : c’est un pied de nez des fabricants colombiens au producteur de ballons de football du même nom, une entreprise portant le nom d’Escobar & Martínez S.A, qui distribue les ballons officiels en Colombie !!! Visiblement, la coke à bord n’a rien de brésilienne !!!
L’affaire n’est pas commune, et en mélange plusieurs en fait. Car avant d’étudier les restes du crash, il convient de revenir sur les jours précédents, où deux crashs consécutifs ont eu lieu. Le premier est très impressionnant... mais ces images ont été fournies par les forces aériennes colombiennes et non par le Venezuela. On y voit un petit jet, un Hawker 800 XP, suivi par une caméra à vision nocturne, tenter de s’échapper en rasant les vagues, une source de chaleur forte émanant de son réacteur droit. Jusqu’à l’impact avec les flots, qui se situe à 40 secondes de la séquence d’une minute environ. Le crash s’est produit le 20 mai, soit quatre jours avant celui dont je parle. Les sites divers relatant l’accident ne parlent pas de quelconque tir de la part des avions colombiens.
L’avion est un Hawker 800, annoncé comme ayant emporté une tonne de cocaïne (iici on annonce un Hawker 600). L’avion avait décollé du Venezuela, dans l’Apure. Le lendemain, on découvre trois corps avec les vestiges rejetés sur la côte colombienne. Un premier passeport retrouvé donne le nom de José Hugo Urquidi Canton, 60 ans, né à Puebla. Une personne impliquée dans un procès commerciale en 2007, par un tribunal de l’État de Nuevo Leon (c’est au Mexique). « L’autre document a été trouvé dans la poche du pantalon qu’avait laissé l’un des trois corps retrouvés vendredi sur les plages de Fray Domingo et Puerto Velero.
C’est un certificat au nom de Behiker Castaneda Medina, 24 ans, de Cravo Norte, dans le département d’Arauca » (en Colombie). Sur Facebook il apparait comme employé d’une « Maison de la Culture ». Au lendemain du crash, deux plages se retrouvent jonchées de paquets de coke et les corps y apparaissent. Certains paquets sont siglés CR7, en hommage à Cristiano Ronaldo… décidément, les colombiens adorent le foot. D’autres sont décorés d’images de Tiiti ou de Bugs Bunny. C’est le schéma de la chute du 30 janvier 2015 qui recommence, un crash de Challenger dont je vous ai parlé ici-même. A ce jour, le numéro de l’appareil reste indéterminé. Seule une image de débrit flottant donne les couleurs de ses filets de décoration : or c’est une bonne pêche, car il semble bien que ce morceau provienne de l’embase de la queue, avec son entrée d’air. Un endroit portant rarement de la décoration.
A peine le crash annoncé, notre irrésistible ministre de la défense vénézuélienne, Vladimir Padrino López, annonce que l’appareil « a été attaqué par la force aérienne du vénézuela« …et notre homme d’y aller d’un laïus encore une fois surréaliste : « une fois que tous les moyens ont été épuisés, notre aviation militaire fonctionne comme établi dans le droit international et dans notre droit, et l’avion Hawker des trafiquants a été touché par des cartouches d’explosif incendiaire de 20 mm » déclare-t-il avec l’emphase qui le caractérise. On appuie son délire par communiqué officiel :« un avion de type Hawker 800 , qui a quitté le Venezuela à destination de l’Amérique centrale a été détecté dans plus tôt aujourd’hui (mercredi) (…) quand il est entré illégalement dans l’espace aérien colombien en essayant d’aterrir à l’aéroport de Santa Marta « . Le Ministre de la Défense du Venezuela a déclaré que « l’avion a été frappé par deux tirs très près de Barinas (sud-ouest) et un troisième sur la côte orientale du lac (nord-ouest). « A partir de ce moment, l’avion a commencé à descendre rapidement » et « l’armée vénézuélienne a perdu sa trace » affirme Padrino. La « précision » de la taille du canon de l’avion supposé avoir tiré n’est pas anodine : le F-16 en possède bien un, rotatif, de canon de ce calibre. Retenons donc l’idée en tout cas, que les appareils de Padrino ne lancent pas de missiles mais tirent au canon… pour lui, en tout cas,l’avion ne provenait pas du Venezuela…. selon Padrino, l’appareil portait le sigle « N-NPFT » : un indicatif inopérant, il aurait dû le savoir. A noter que toute la phase finale de l’avion a été filmée par des colombiens, qui n’ont pas parlé de « tirs » en ce qui les concerne. On évoque plutôt chez eux une surchauffe moteur….
Car des Hawker 800, ça court un peu les rues. Des curieux en ont trouvé un de fort intéressant. En fouinant dans les archives de l’avocat vénézuélien Mariano Diaz, accusé de blanchiment, ils ont trouvé un lien avec Juan Carlos Araujo, un entrepreneur de spectacles arrêté à Caracas après avoir été accusé d’avoir dirigé un réseau de trafic de cocaïne ayant tenté d’envoyer 450 kilos de cocaïne à destination de la République Dominicaine. Avec lui, également arrêté, un Garde National Bolivarien, (GNB), Pablo José Silva Loyo. Sur les photos de la saisie on pouvait voir au fond l’avion qui avait servi à transporter les valises : ce n’était pas un jet, mais un Gulfstream I à hélices (du moins c’est ce qui avait été visible sur le cliché car on parlait alors d’un « jet »). Mariano Díaz et son associé Juan Carlos Ferros, actionnaires de la société Ferrdi Sport avaient un lien en effet avec Solid Show. La société Ferrdi Sport avait été créée dans le Delaware, ce paradis pour tous les trafics, en septembre 2012. Or la société détenait un… Hawker 800, immatriculé N745UP, d’une valeur de 3 millions de dollars. Et ce n’est pas tout :
Diaz avait comme protecteur José Vicente Rangel, il défendait Wilmer Ruperti., lié à Chavez en personne. D’autres, dont des banquiers, avaient été l’objet de pareils « protections », mais Diaz se vantait surtout de bénéficier ce celle de Hugo Carvajal, et s’affairait autour d’Oberto Anselmi. Une photo volée montre une réunion entre Mariano Diaz, Juan Carlos Araujo, Luis Anselmi, Oberto et son frère Ignacio. Mais était-ce Hawker-là qui était tombé ? Non pas : cet été encore, il circulait entre la Floride (à partit d’Opa Locka), la Colombie et Nassau.
Il n’y a pas eu que le Hawker qui a précédé notre Embraer du jour. Beaucoup plus intrigant pour la suite de notre histoire, un petit Cessna T210, portant les initiales XB-NVX, (il était donc mexicain) ayant décollé de Chiapas, avait fait un atterrissage d’urgence dans la ville de Cojedes, après une panne de carburant. Doté d’un train rentrant, il n’a pas l’air de s’en être servi : il s’est posé sur le ventre, ou plus exactement sur son seul train gauche, le seul montré sorti. On a déjà vu ce genre d’engin évoluer aux mains des trafiquants péruviens dont c’est l’avion préféré. Débarqué au même endroit, oui, que pour le crash qui nous intéresse aujourd’hui. Les deux occupants de l’avion, enfuis, sont vite retrouvés et arrêtés : il s’agit de Jaime Alexander Duarte Lopez, 23 ans, et de Reynaldo Mendoza Reza, 63 ans, qui avouent rapidement avoir été embauchés par une organisation criminelle dont le chef serait surnommé « El Pariente ». L’appareil transportait 500 kilos de cocaïne, selon Sergio Rivero Marcano, le chef du commandement des opérations de la Garde Nationale bolivarienne.
Dans l’avion accidenté ont été trouvés deux appareils GPS, deux téléphones satellitaires, un pistolet calibre .38 automatique Colt mais aussi 2800 dollars, des pesos mexicains, plus un radeau de fortune (l’avion devait survoler la mer…), des passeports et des documents personnels. Il n’y aucune trace de paquets de coke, comme on le montre habituellement, mais on en retrouve sur un autre cliché, dans un autre article, montrant des paquets serrés dans une camionnette, en date du 22 mai. Ce ne sont pas ceux du Cessna accidenté ; mais ceux récupérés en mer, à la suite du crash du Hawker 800, disent les vénézuéliens. Les autorités tiennent à préciser que « lors de la vérification de la documentation des citoyens détenus, il a été révélé que le pilote dispose d’un visa américain, et le passager de plusieurs enregistrements d’entrée au Guatemala, au Brésil, en Argentine, en Uruguay, en Espagne (?) et au Honduras… »
L’endroit en tout cas semble « attractif » pour les trafiquants ; le 1er avril 2015, un autre appareil, le Cessna 441 Conquest II XB-KGS, (« spotté » ici à Mexico) s’était écrasé, presqu’au même endroit. A bord, il y avait 863 paquets de cocaïne. Le 8 avril qui avait suivi, on avait appris que l’on avait retrouvé sur un des corps le passeport de Norberto Filemón Miranda Pérez, l’ancien chef de la Direction générale des services aériens (DGSA) du Bureau du procureur général de la République mexicaine (PGR). Un Miranda Perez qui était à la tête de la Direction générale des services aériens de la PGR lors de l’administration de l’ancien président Felipe Calderon !!! Un procureur, Jesús Murillo Karam, nommé lors du changement de gouvernement, avait mis en doute le fonctionnement même du PGR l’accusant à plusieurs reprises d’utiliser des avions pour transporter illégalement de la drogue . Un cas pendable avait été découvert, avec la découverte dans le bureau de l’ancien chef de la DGSA de trois valises contenant environ 60 kilos d’alcaloïde, à l’intérieur de l’agence officielle même !!! L’homme a été arrêté et 15 fonctionnaires également. L’avion crashé rappelons-le, avait été vendu par l’équivalent des domaines, géré… par le PGR (c’était l’ancien XB-KFC devenu XC-AA12) !!! La gangrène mexicaine s’est infiltrée partout dans le pays !
Pour présenter le cas du jour, au Venezuela, on a à nouveau réuni une belle brochette de généraux (ci-dessous à gauche) : le commandant du Commandement des Opérations D, Sergio Rivero Marcano, le Chef du Commandement antidrogue du GNB, Hector Hernandez Dacosta, le commandant du Secteur du Commandement de la Garde Nationale bolivarienne No. 32, Fraino Miguel Angel Arellano, le gouverneur de l’Etat de Cojedes Erika Farias et le chef de la Zone n ° 34, Abraham Valladares. Ce sont les cavaliers du lieutenant-colonel Engelberth Franco Garcia, commandant du détachement « N° 329 La Rural » qui ont détecté l’emplacement du crash du Cessna qui a précédé celui qui nous intéresse.
Deux jours avant le héros du jour, en somme, 500 kilos de coke trouvés dans un avion ayant fait intact un atterrissage forcé ont disparu, à Cojedes. Ou les militaires, si prompts à étaler leurs prises, ont oublié de le faire, ce jour là… ce qui semble bien étonnant. En revanche, ils ont pensé à photographier les deux narcotrafiquants qui en étaient descendus, et retrouvés à 5 km de là.
Mais pourquoi diantre les avoir photographiés de dos ??? Demain, nous étudierons plus en détail ces mystères… si vous le voulez bien.
SOURCE: http://www.centpapiers.com/coke-stock-xcvii-semaine-crashs-successifs/
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rappel de lecture :
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxviii-un-second-164974
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxvix-le-precedent-165608
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxx-l-heritage-du-160160
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxi-l-esbrouffe-160211
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxii-le-venezuela-160618
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiii-au-venezuela-160235
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiv-pris-la-main-160456
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxv-un-temoignage-165293
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvi-l-implication-165185
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvii-un-procureur-160617
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxviii-chavez-le-160616
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxix-la-corruption-165661
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xc-la-route-de-l-165730
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xciii-on-revient-165740
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AERO-NARCOTRAFIC (Coke en stock – XCVI) : le rappel d’une sombre histoire vénézuélienne

Comme on l’a vu dans l’épisode précédent, la gestion des appareils « abandonnés » effectuée par l’administration vénézuélienne frise le surréalisme. Le moment est donc venu de lui rappeler l’existence d’un avion qu’elle semble avoir oublié (il a en effet totalement disparu !!!). Celui du descendant d’une dynastie industrielle vénézuélienne, dont l’enlèvement était resté une énigme, jusqu’à sa réapparition surprise. Pendant deux ans, on avait imaginé tout autre ravisseur que celui qui le libérera. Et personne n’avait non plus pu imaginer que le gouvernement d’Hugo Chavez de l’époque avait dissimulé beaucoup de choses sur cette affaire. Retour sur un autre cas pendable pouvant servir aujourd’hui de décor explicatif à notre récente découverte. Celle de tripatouillages éhontés de l’information, par un pouvoir désormais aux abois, qui a de plus en plus de mal à dissimuler ses turpitudes (1).
Parmi les numéros d’avions annoncés comme « abandonnés » (voir notre épisode précédent) figure aussi l’immatriculation YV465T, qui semble rappeler un Beechcraft, modèle B-90C, modèle King Air, LJ-556, (ex N9456Q) immatriculé exactement YV465CP, chez Servivensa, (une division d’Avensa qui exploitait aussi des Boeing 727 après avoir débuté avec des DC-3 et des C-46). C’est il est vrai, un avion datant de 1972. Un avion un peu particulier, celui-là, qui va nous permettre de tracer un décor pas vraiment idyllique du régime, ce qui va encore déplaire à notre lecteur assidu. Un avion « enlevé » un jour où il s’était posé, au Haras San Francisco Tocuyito, avec poussé à l’intérieur son propriétaire Winckelmann Richard Boulton, dont le grand père avait fondé l’entreprise de gaz nationale et le père la compagnie aérienne Avensa (qui s’est mise en faillite en 2002, quoi qu’un de ses appareils volera un peu plus tard encore et est aujourd’hui entreposé). Etrangement, Avensa, qui a possédé de gros porteurs comme le DC-10 ci-dessous a disparu des radars vers 2004. Pourtant, on découvrira longtemps encore une société portant de nom, vensa Servivensa (pour Aerovías Venezolanas S.A) installée à… Medellin en Colombie, sur l’aéroport Jose María Cordoba. Une page Facebook célèbre encore aujourd’hui les Caravelle de l’entrprise. Tout s’est arrêté pourtant, depuis. Son Boeing 757 YV-78C a été revendu à American Express Bank (N270AE) Air Europa EC-845, puis Iberia EC-GCA pour devenir Avianca N951PG en 2001, être stocké en 2003 ; faire une apparition chez Orient Thai Airlines HS-OTB en 2003 et être à nouveau stocké en 2006. Le 24 décembre 1998, un 727 de Servivensa avait fait quelques frayeurs sur la piste N°6 de l’aéroport Alberto Carnevali de Mérida en sortant de la piste de 1630 m de long seulement. On s’écrase pas mal au Venezuela, semble-t-il.
Un enlèvement à bord de son propre avion, donc, pour l’héritier de la dynastie, c’est plutôt rare, le samedi 15 juillet, 2000, à Libertador, dans l’état de Carabobo, par un groupe de 12 hommes armés lié aux Farcs semblait-il, déguisés en policiers de la Garde Nationale ! Les preneurs d’otage n’emportent avec eux que le fils de l’industriel, Richard Boulton. Un (riche) propriétaire, qui avait épousé en décembre 1998 Marena Bencomo (élue Miss Venezuela 1996, à 18 ans). Cette dernière, lors du kidnapping, avait été lors laissée sur place, attachée à un poteau avec du barbelé… Les preneurs d’otage n’avaient pas fait dans la dentelle ! (ci-dessous à gauche la photo de leur mariage). On retiendra leur uniforme : celui de la Garde Nationale, et non celle de policiers ni de l’armée proprement dite.
Un enlèvement qui visiblement avait embarrassé à l’époque Hugo Chavez : à la télévision, à plusieurs reprises, il avait juré qu’il ferait tout pour faire libérer l’héritier industriel. Il ira même jusqu’à dire le 23 juillet 2000 pour rassurer la famille ou la population que « l’avion a été trouvé en Colombie grâce à un système de satellite ». Les vénézuéliens étant ravis d’apprendre qu’ils en possédaient alors un… lancé en réalité 8 ans plus tard (le 29 octobre 2008). Baptisé « Simon Bolivar », de type CAST muni de caméras, il était censé en effet lutter contre le trafic de drogue. Un deuxième (Miranda)tourne même depuis trois ans maintenant en orbite (un troisième est prévu). Les images montrées révélant que le deuxième a une résolution maximale de 2,5 mètres… mais il a été lancé en 2012, celui-là
Chavez, qui avait donc largmement anticipé ses prouesses astronautiques, racontent Jennifer L. McCoy, et David J. Myer « The Unraveling of Representative Democracy in Venezuela » avait dû composer avec les industriels pour assurer son élection, certains ayant déjà pris position en sa faveur : « des membres éminents de l’entreprise et de l’élite sociale, ont accordé leur soutien au mouvement bolivarien d’Hugo Chavez mis en place dans les années 1990, même si
Chavez lui-même avait attaqué le secteur privé, pour avoir soutenu le pacte démocratique de Punto Fijo (qui excluait les communistes). Parmi eux : il y avait les hommes d’affaires Reinaldo Cervini (de l’agro-industrie, du fer et de l’acier) ; Luis Vallenilla, un banquier et financier de Fundapatria, une organisation qui s’était opposée à la politique pétrolière de Caldera ; et Henry Lord Boulton, actionnaire principal et président du Avensa, la plus grande compagnie aérienne du Venezuela ». Chavez, pour cela, avait pris contact avec la Fedecámaras, la « Fédération de Chambres et Associations de Commerce et de Production » du Venezuela, devant laquelle il avait tenu un discours fort modéré. Plus tard, Senen Torrealba, président de l’union des entrepreneurs de l’État de Bolivar affirmera clairement que des patrons votaient aussi Chavez. Le Figaro, en 2006, expliquera que des brouilles ont même été mises sous le boisseau : « l’exemple le plus remarquable est celui du milliardaire Gustavo Cisneros. Le propriétaire de la chaîne privée Venevision était en guerre ouverte avec Hugo Chavez jusqu’à ce qu’en août 2004, l’ex-président américain Jimmy Carter, soucieux de diminuer la tension politique, organise une rencontre. Le contenu de l’échange est secret, mais, depuis, Hugo Chavez a cessé de traiter Cisneros de conspirateur et ce dernier a demandé à sa télévision de moins attaquer le président. Ses affaires s’en portent mieux. « C’est un traité de non-agression », confirme un proche du président. »
Chavez avait finement joué en 1998, selon les deux auteurs, en séduisant la presse et une chaîne de télévision : « pendant la première partie de la campagne, les sondages ont constaté que lorsque l’intention de voter pour Chavez dépassait à peine 10 pour cent (loin derrière Irene Saez et Claudio Fermin), le seul média majeur qui avait accordé beaucoup d’attention au lieutenant-colonel défroqué était le journal El Nacional. Cela a changé lorsque les candidatures de Saez et de Fermin ont implosé et la course est devenu un concours entre Chavez et le gouverneur de l’État de Carabobo, Henrique Salas Römer, qui a rapidement gagné le soutien de deux des principaux médias les plus conservateurs, le journal El Universal et Radio Caracas TV. La décision prise par ces médias de soutenir Romer a provoqué une réponse attendue de leurs concurrents, les médias rivaux comme El Nacional (et les chaînes Venevision et Televen) qui ont par conséquent donné une grande couverture à Chavez. Immédiatement après la victoire de Chavez, les décisions prises par les entrepreneurs des médias pour soutenir les candidats devenaient des dividendes pour ceux qui avaient soutenu le gagnant. Le site choisi par le président nouvellement élu pour son premier discours devant le pays (le soir des élections) était l’Ateneo de Caracas, une institution culturelle étroitement liée à El Nacional. Le lendemain, le nouveau président et la première dame ont passé la matinée à Venevisión, comme invités sur plusieurs de ses programmes du matin ».
Le soutien de la famille Boulton avait donc été suivi de quelques… compensations. La gêne était telle pour le pouvoir, que le ministre José Vicente Rangel Vale (qui deviendra aussi plus tard vice-président) avait été obligé de faire une mise au point sur les prérogatives sur l’usage par la compagnie Servivensa, de la famille Boulton, de l’aéroport militaire vénézuélien de La Carlota (ici à gauche) : « en outre, plusieurs sociétés aéronautiques dont Servivensa s’exploitent commercialement auprès de La Carlota et portent alors les initiales de l’aéroport « CP », alors que c’est interdit à d’autres opérateurs. Parmi ces avions il y a les King Air 90, acronymes YV-465-CP ; YV-467-CP et YV-516-CP, dont les activités sont disponibles à la base aérienne de Francisco de Miranda ».
Les trois appareils cités étant ceux de Servivensa (ici l’YV-467CP).… reconnaissables à leur déco, appliquée de la même façon sur un 737 ou un B-757... la ligne Avensa ayant été créée au départ, rappelons-le, avec des capitaux américains, apportés par TWA, preuve que Chavez savait aussi parfois oublier certaines choses. Boulton, l’héritier d’une véritable dynastie industrielle, restera en fait presque deux ans en captivité avant d’être libéré… contre rançon, comme on le supposait dès le départ. Exigée à 30 millions de dollars au départ ; elle aurait été au final négociée à un demi million selon les sources journalistiques… étrangement, le ministre de l’intérieur vénézuélien avait d’emblée déclaré que ceux qui l’avaient enlevé n’avaient rien à voir avec les Farcs et étaient « des criminels de droit commun »….
L’embarras en effet était palpable, Chavez, on le sait, soutenant ouvertement les Farcs (comme le montre la photo avec Reyes). Les ravisseurs semblaient en tout cas bien renseignés : l’avion ne s’était pas posé aux Haras San Francisco, la propriété de Richard Boulton, mais chez le voisin de ce dernier, le vétérinaire Francisco Larrazabal…. S’en était suivi tout un imbroglio : on annoncera avoir vu l’avion à plusieurs reprises au Venezuela, mais des annonces qui furent toutes de fausses alertes. Pour beaucoup, l’avion n’avait jamais quitté le territoire vénézuélien…
Des auteurs supposés de l’enlèvement sont néanmoins vite retrouvés et jugés : le 4 décembre 2001, la juge Ana Herminia Arellano de l’État de Carabobo, avait condamné sur des accusations de vol qualifié, des responsables de l’enlèvement, Juan José Meneses un jeune fermier, Jose Gregorio Perozo, Jose Gregorio Montana, Alexander Mata, Douglas Calderon Carlos Noguera, mais son jugement avait aussitôt été remis en cause. Les deux plus chargés avaient obtenu 14 ans de prison, les autres 7, 6 et 5 pour complicité. Calderon, un ancien sergent technique dans la Garde Nationale, avait été arrêté pour avoir coordonné l’opération dans le Haras San Francisco (ci-dessus à gauche) : on semble l’avoir oublié, cela. Le rôle trouble de la Garde Nationale, on en reparlera un peu plus loin… Le ver aurait déjà dans le fruit en 2000 !!! On avait certes emprisonné des responsables, mais l’homme enlevé demeurait toujours introuvable : le véritable organisateur manquait toujours à l’appel, et les Farcs étaient régulièrement citées. Tout n’avait pas été dit lors du procès, à l’évidence. En fait de Farcs, cela aurait été un commandant de l’ELN – fondée par Fabio Vásquez Castaño – un certain Anatole Martinez, et « un pilote colombien » qui auraient fait le coup semble-t-il, du moins c’est ce qui a été raconté lors de ce procès : ce qu l’ELN avait aussitôt nié avec véhémence. L’histoire lui donnera raison.
On reste ainsi dans le doute pendant des mois sur la personnalité des ravisseurs, qui demeure floue, sinon totalement inconnue. Or, à la surprise générale, en 2002, c’est le chef paramilitaire Carlos Castano, le fondateur des Autodéfenses paysannes de Córdoba et d’Urabá (l’AUC) une organisation paramilitaire d’extrême droite colombienne, qui annonçait une libération possible pour l’otage, et revendique en même temps l’enlèvement et négocie donc dans la foulée la rançon ! Lors de l’enlèvement, Castano, qui avait été entraïné par Yaïr Klein *, (qui entraînait aussi Pablo Escobar et José Gonzalo Rodríguez Gacha dit le « Mexicain ») avait tenu soin à faire dire aux personnes présentes que c’étaient les Farcs les ravisseurs ! Les détails de la détention resteront en fait à jamais forts obscurs, car beaucoup de participants sont morts depuis.
Castano, le leader de Los Pepes, ceux qui avait aussi mis fin à l’empire d’Escobar, et qui faisait régner dans son propre groupe la terreur, un homme aussi fort porté sur la bouteille, est mort le 16 avril 2004 dans des circonstances surprenantes : il a été abattu par ordre de son propre frère, et on en a récupéré depuis que les ossements…. ce même frère qui sera lui même tué à coup de machette le 11 mars 2007, son corps étant brûlé entouré de pneus et ses cendres seront jetés dans la rivière Nechi: on ne rigole pas dans ce milieu, c’est sûr !!!
Le 15 juillet 2002, l’héritier Boulton était entretemps réapparu libre (fort marqué, c’est visible ici à droite) , à … l’aéroport de Villavicencio. Sa libération sonnait en fait la fin du mouvement de ses ravisseurs. Le 19 juillet 2002, l’AUC annonçait en effet sa dissolution. Une dernière suprise quand on découvre que le Beechcraft déclaré abandonné ayant a été déclaré détruit… le 15 juillet 2000. Le jour même de l’enlèvement… Pour Chavez, qui l’avait annoncé comme aperçu des semaines après l’enlèvement, l’annonce jetait comme un froid. Pire encore peut-être avec une déclaration de Richard Boulton, qui remerciait le même Chavez pour son intercession dans sa libération… sachant qui le détenait… car cela avait de quoi surprendre en effet. On apprenait de même que prix de sa libération avait été de 460 000 dollars de rançon, versée en février 2002, alors que l’ineffable président avait évoqué une « opération commando » pour le libérer !
Mais ce n’est rien encore pour le pouvoir avec l’arrestation surprise de Freddy Barros Sotillo, un des négociateurs assermenté, arrêté en avril 2001 comme ayant participé à l’enlèvement : sa première déclaration ayant résonné comme un coup de tonnerre : « commandant Chavez, si tel est le moyen de payer l’une des unités de sa mission accomplie, je vous offre ma démission à la révolution bolivarienne ». Un ange était alors passé dans les rédactions à l’entendre : Sotillo avait-il été l’intermédiaire avec Castano, l’ennemi juré du régime, ce qui était inavouable, ou avait-il détourné une partie de l’argent (la famille s’était effectivement plainte d’avoir à donner pour chacune des approches de transaction, sans savoir dans quelles poches ça partait), on ne le saura jamais. En tout cas, Sotillo avait clamé haut et clair que le gouvernement Chavez savait tout… depuis le début de l’enlèvement !!! Ce qui était désastreux pour l’image du maître de Caracas, qui préféra se priver de son représentant… envoyé au cachot ! Pour Germán Jaramillo, le responsable de la DAS, toujours prêt à emballer les poissons les plus pourris, cette libération devait être plutôt perçue comme « une œuvre de l’intelligence de niveau supérieur entreprise dans le pays ». Pas moins !!!
Pour ce qui est de la propriété des Boulton, le Haras San Francisco, le vétérinaire et voisin des Boulton, José Francisco Larrazabal (ici à droite), y avait été assassiné de trois coups de feu dès le lundi 5 janvier 2009. Pour mettre la pression sur la famille, très certainement… La police y avait vu au départ l’œuvre d’un membre du groupe des « Piloneros » , Jose Joaquin Martinez Orozco, surnommé « Le Joaquin Black ». L’homme aurait aussi assassiné l’avocat et journaliste Orel Sambrano, disait-on alors. Parmi les explications données à ces meurtres, on avait retenu une information fort inquiétante donnée par le commissaire Castillo. Selon lui c’était « l’interview du vétérinaire à propos de la saisie de près de 400 kilos de la drogue, trouvée à El Rosario chez Walid Makled le 13 Novembre 2008. La propriété jouxte en effet le Haras San Francisco, appartenant au vétérinaire ». Pour l’avocat et journaliste Orel Sambrano, 62 ans, « le chef de la police scientifique a déclaré la cause serait liée à la pratique du journalisme en raison d’allégations de trafic de drogue… » Le trafiquant Makled avait été un temps fort proche de la présidence, comme j’ai déjà pu vous le dire également ici. Arrêté, il avait mouillé tout les rangs du pouvoir vénézuélien. Mais on avait complètement oublié que sa propriété jouxtait celle des Boulton et de Larrazabal !!!
Cela je vous l’avais raconté ici en effet (ce devait être à une époque ou Collon ne lisait pas Agoravox…) : « en 2008, avec ses trois frères, Makled à acquis la compagnie phare du Venezuela en transport aérien, Aeropostal, qui a été nationalisé cette année. Mais les affaires les plus lucratives de la famille ont été l’installation de fret et un entrepôt à Puerto Cabello, sur la côte nord du pays (on calculera qu »il possédait à lui seul 12,46% des entrepôts du port). La riche famille Makled entretient une relation étroite avec des alliés influents du président Hugo Chavez, dont les gouverneurs et les juges de la Cour suprême, selon El Nuevo Herald, citant la presse locale et les documents obtenus par le journal. Aldala Makled, l’un des frères, a été président de la « Fédération des hommes d’affaires bolivariens », une des organisations pro-Chavez ». Vu sous cet angle, on voit bien que ce qu’on avait soupçonné dans un des épisodes précédents, à savoir que la CIA désirait ainsi mouiller Chavez, avait plutôt pris le bon chemin.
Un chemin que l’habile politicien Chavez lui-même coupera net : « mais les affaires de la famille et de l’empire politique n’ont pas tardé à s’effondrer. En novembre 2008, des officiers vénézuéliens du renseignement militaire ont signalé avoir trouvé 392 kilos de cocaïne stockés au ranch El Rosario, géré par les frères Makled qui ont été accusés de trafic de drogue et arrêtés, sauf Walid ». Selon l’avocat des deux frères arrêtés, cette arrestation était une représaille de Chavez pour avoir soutenu un candidat d’opposition. Il n’empêche : la principale agence aérienne du pays achetée par des trafiquants notoires, cela reste un bel exploit dont les services de Chavez peuvent difficilement être fiers ! »avais-je écrit dès 2011.
Wikileaks avait révélé les affres du gouvernement vénézuélien face au cas embarrassant de Makled : « un certain nombre de documents divulgués par WikiLeaks et étudiés par El Nuevo Herald font la lumière sur les véritables motivations de cet épisode. En particulier, ils expliquent la ferveur avec laquelle le président vénézuélien Hugo Chaveza exigé que Makled soit amené au Venezuela,où il a été interrogé sous de fortes suspicions, à la suite de l’incapacité de ce dernier de donner son témoignage aux États-Unis. L’analyse du journal de Miami sur les documents Stratfor – dont Wikileaks a récemment publié plus de cinq millions de documents montre que Chavez a été contraint par les généraux des Forces armées bolivariennes, qui étaient très préoccupés par ce « roi parmi les barons de la drogue « comme décrit Washington, et la ventilation de leurs activités illégales. Après avoir été arrêté en Colombie, Makled dit que plusieurs hauts fonctionnaires de Caracas font partie de sa masse salariale, y compris les officiers supérieurs des Forces armées,
et il a accusé l’armée vénézuélienne d’être directement impliquée dans le transport de la drogue. « On croit que Makled est en possession de précieux enregistrements de transactions incriminant les membres supérieurs du gouvernement vénézuélien avec le blanchiment d’argent, le trafic de drogue et peut-être le terrorisme », a déclaré l’un de ces rapports. » Il valait mieux rapatrier vite fait le « narco trop bavard » comme l’avait appelé ici Le Monde. Il le sera d’ailleurs dans un un des fameux Learjets gouvernementaux…
Episode supplémentaire à l’histoire : Francisco Larrazabal, mort, sa propriété de 400 hectares avait vite attiré les convoitises… dont celle de Walid Makled. Boulton viendra au tribunal raconter en 2012 que « Makled était intéressé par la propriété car ses avions pouvaient y atterrir« , et c’est pour cela qu’il était devenu propriétaire des terrains en 2006 « sans jamais avoir vraiment effectué tous les versements » qu’il aurait dû faire. Il en a avait assumé deux seulement, et encore « pour un faible pourcentage de la somme due« . « Selon l’accusation, la drogue apportée par avion sur la dite piste, et de était transportée à la maison don Makled était propriétaire, à travers un chemin qui, selon plusieurs témoins, se connectait directement à la ferme El Rosario . » Un employé des Haras avait confirmé la venue et le débarquement de « boîtes blanches, transportées par camionnette à l’hacienda de Makled ».
« Un des travailleurs Haras San Francisco, qui a refusé d’être identifié par crainte, dit que son patron a été tué pour avoir parlé. Pour cette raison, il craint d’être la prochaine. Cinq écuries avec plus de 500 chevaux, trois hangars, un théâtre et des animaux de laboratoire en ville et l’exploitation de deux gorilles, trois zèbres, des autruches, des deux un chameau et un hippopotame, tous les biens du Safari Valencia étaient les actifs les plus précieux de Larrazabal » peut-on lire. Les animaux ont vite disparu, et et la ferme a périclité ensuite. Boulton, retenu par un le mercenaire d’extrême droite avec lequel Chavez discutait pourtant, était venu ce jour là charger Makled au possible.
Pour ajouter à cela, l’l’Institut National des Terres avait exproprié une partie des terrains de Larrazabal, pour en faire des terres constructibles et y installer des habitations, un projet qu’avait accepté le vétérinaire la veille de son décès. Depuis, d’autres bâtiments avaient gagné du terrain sur les 400 hectares de départ… à l’hacienda (finca) de Makled, on trouvera effectivement un petit avion, plutôt de type ULM. La piste bitumée de la propriété avait pourtant 950 m de long… la drogue était effectivement dissimulée dans des boîtes blanches… portant le signe de la Croix Rouge !
Makled avait été mouillé dans un plus gros appareil, dans l’affaire du British Aerospace 3212 Jetstream 32 d’inscription vénézuélienne YV1467 (ex N927AE) qui avait disparu le 31 mars 2009, après avoir décollé de l’aéroport Charallave à destination de la ville de Carora, dans l’État de Lara. Plus d’un mois après il était réapparu au Honduras, puis après dans un voyage qui avait commencé dans l’État d’Apure et qui s’était terminé par un crash près d’Utila ; l’avion étant tombé tout bêtement à cours d’essence. Les pilotes étaient colombiens et il y avait 1,5 tonne de coke à bord. Le 2 août 2010, Walid Makled García, alias » El Turco « , alias » L’Arabe « , avait fait un appel téléphonique de Colombie dans lequel réclamait le paiement d’environ 200 000 dollars dans le cadre du transfert de cocaïne lié à ce vol. Croyez-le si vous le voulez, mais le Jetstream en morceau figure, on ne rit pas, dans la liste des avions « abandonnés » de l’INAC vénézuélien… !!!
En réalité, les auteurs des deux assassinats sont Rafael Segundo Pérez, condamné depuis à 25 ans de prison et un ancien policier, David Antonio Yánez, le troisième larron étant José Manuel Luque Daboín. Le commanditaire était le chef du Cartel del Soles… lié, on le sait, aux militaires vénézuéliens comme expliqué ici en 2010 : « connu pour être le chef du Cartel del Soles dans l’État de Monagas, José Ceferino García Fermín a été arrêté et renvoyé en prison le 23 février. L’enquête le désigne comme commanditaire de l’assassinat de Mauro Marcano, le 1er septembre 2004. José Ceferino García avait été arrêté à Trinidad-et-Tobago puis extradé en 2006. Il avait obtenu sa remise en liberté d’un tribunal de l’État de Monagas, deux ans plus tard. Soupçonnant des pressions sur la justice locale, le ministère public avait fait appel de cette décision. La cour d’appel de Monagas, accédant à la demande de renvoi en prison, a ordonné qu’une autre juridiction tranche l’affaire sur le fond. » Il aura fallu attendre février 2015 pour voir Ceferino Garcia condamné à 23 années de prison. Après bien des tergiversations !
Après ce tableau évocateur de l’ambiance dans le pays, il est temps de revenir à notre crash du jour, après cette mise en bouche destinée à montrer qu’il ne faut pas nécessairement avaler les couleuvres données en pâture au public par le gouvernement vénézuélien, des assertions qui tombent jusqu’au fond des paniers du Grand Soir, par exemple ou des admirateurs du chavisme ayant perdu leur sens critique. Le journal alternatif, sous la plume de Gaël Brustier (Collaborateur du Centre d’étude de la vie politique (Cevipol) à l’Université libre de Bruxelles) et de Christophe Ventura (chercheur à l’Institut de Relations Internationales et Stratégique (IRIS) avait en effet ainsi décrit la libération de Boulton (en réponse à ce texte paru dans Libération sur « l’opportunisme humanitaire de Chavez » : « les auteurs accusent le président vénézuélien d’avoir, « pendant des années, (.) ignoré le sort des Vénézuéliens otages des Farc et (de) ne (s’être) nullement soucié de leur famille. » Jusqu’à aujourd’hui, personne ne sait si des Vénézuéliens comptent effectivement parmi les otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). En 2002, Hugo Chávez s’était pourtant préoccupé du sort de Richard Boulton, homme d’affaires vénézuélien, que tout le monde pensait otage de la guérilla colombienne. Il a même réussi, en juillet 2002, à organiser une opération de sauvetage qui a abouti à la libération de M.Boulton. C’est alors que les autorités ont découvert qu’il avait en réalité été repris aux paramilitaires des Autodéfenses unies de Colombie (AUC)« . Une rançon d’un demi-million de dollars, ou presque, appelée « opération de sauvetage » ? Chavez aurait « découvert » au dernier moment celui avec qui il négociait la libération de l’otage fortuné ? On aura tout lu, décidément !!! Les mêmes auteurs ajoutant : « s’il est vrai que le gouvernement vénézuélien a récemment acheté 25 avions de chasse russe, c’est pour remplacer la flotte de F-16 qui n’était plus utilisable à cause de l’embargo d’équipements militaires imposé par les Etats-Unis. De même, 100 000 fusils d’assaut Kalachnikov ont bien étachetés pour remplacer un stock de vieux fusils belges périmés. » Des avions périmés, eux aussi, pourtant présentés encore une fois dans notre exemple du jour comme l’ayant « descendu » (et dans les autres, cités dans les épisodes précédents qui ont tant plus aux amis de Collon … Décidément, le Venezuela est bien un pays de paradoxes !!! Comment croire alors les militaires vénézuéliens, qui ne cessent de dire que ce sont bien les vieux F-16 de l’armée nationale qui abattent à tour de bras les avions des narcotraficants ??? S’il ne sont pas « utilisables ? Nous reviendrons un peu plus loin sur ces fameux F-16 et leur armement, surtout : l’étude s’impose, avec de telles contradictions étalées par les propre soutiens du régime !
Notre avion du jour, tombé au beau milieu de la nuit dans l’Etat de Cojedes (voir carte ci-dessus) est donc ce fameux Embraer venu du Brésil voisin, bourré de cocaïne, comme il se doit. Demain, je vous propose d’en parler plus en détail : ces deux pilotes, décédés, valent qu’on s’intéresse à leur sort, comme le vaut largement la mise en scène organisée par l’ineffable général de Brigade Irwin Ascanio, responsable de la Oficina Nacional Antidrogas (ONA) depuis juillet 2014,accompagné du General Valladares, responsable de la « Zone de Défense Intégrale (ZODI) Nº34 », et de Fraino Arellano commandant de la Zone GNB-32 de Cojedes » (l en manquait que l’ineffable et gaffeur Vladimir Padrino López). Venus, photographies en main, comme on a désormais l’habitude, faire un show vantant les mérites de la lutte antidrogue dans le pays. Mais encore une fois, on a fait vite, comme on va le voir, et cela sonne faux…Padrino s’empêtrant assez vite dans deux histoires de poursuite. Les clichés les montrant sont en date du 25 mai, pour le journal La Noticia, par exemple.
Ils montrent une certaine effervescence médiatique, sur place. En une journée, seulement, on a donc rapidement monté la présentation, amenant sur place de petits chapiteaux, des photocopies, des pieds de caméras et des tables pour étaler les documents découverts. C’est très bien fabriqué, à vrai dire, en terme de… propagande. On montre les vestiges de l’avion et on étale largement son contenu de drogue. La routine, là-bas, désormais. Des infortunés pilotes, il ne reste plus rien ou presque : un des premiers documents montré sont les vestiges d’un siège de pilote, totalement carbonisé, aux tubes déjà couverts de rouille. Et il n’y pas de doute, c’est bien le siège pilote d’un Navajo... quelques jours plus tard, un journal montre le corps carbonisé de ce même pilote (attention image choquante). Mais pas de trace du second : où et-il donc passé ? Cela intrigue. Mais d’autres choses encore clochent, ce que je vous propose de découvrir demain… en fait de décor, c’est manifestement un trompe-l’oeil qui a été dressé !!! Un de plus !
(*) « Il a été arrêté en août 2007 à l’aéroport de Domodedovo à Moscou alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour Tel-Aviv avec un faux passeport 9. La Colombie demande alors son extradition. En mai 2008, la Cour Suprême de Russie confirme la décision du Parquet russe prise en janvier 2008 d’extrader l’Israélien, mais la Cour européenne des droits de l’homme que Klein avait déjà interpelée pour empêcher son expulsion eu égard au risque sérieux de mauvais traitements à son égard en Colombie, somme la Russie à s’abstenir de l’extrader jusqu’à nouvel ordre 10. La Colombie a jugé inacceptable cette décision, et a protesté contre la déclaration de la Cour selon laquelle Bogota serait incapable de garantir que Yair Klein ne subira pas de mauvais traitements. Le ministre colombien des Affaires étrangères Jaime Bermúdez a déclaré que la suprématie de la loi est assurée en Colombie qui respecte les droits de l’homme et que la Colombie garantit que les droits de Yair Klein ne seront pas lésés 11 » (selon Wikiipedia). On est aujourd’hui à vouloir l’entendre en Israël. En 2012, il avait provoqué un choc en affirmant qu’Alvaro Uribe, avant même d’arriver au pouvoir avait payé pour former des milices paramilitaires d’extrême droite. Le narcotrafiquant « »El Alemán », le frère de « Don Mario », alias Daniel Rendon, un des trafiquants de drogue et des paramilitaires en Colombie le plus recherché et qui a aussi affirmé avoir été l’ancien commandant du groupe (Bloque) « Élmer Cárdenas » (ou) BEC dira de même le 23 août 2009. Selon lui, Uribe savait que Castano allait être assassiné.
(1) mais possède toujours une bonne claque pour l’applaudir, dont l’ineffable Collon, encensé par le pouvoir que lui même encense (ils tournent en rond ici en direct !) Jean Araud, cité précédemment, ou notre ami du net québecquois, Oscar Fortin, qui voit des coups d’Etat là où il n’en a pas, et qui écrit : « je suis pour la démocratie, celle qui fait participer le peuple. Je suis pour le néo-libéralisme, soumis aux exigences du bien commun dont l’État est l’ultime responsable. Je suis pour l’humanisme chrétien, celui qui met l’institution ecclésiale au service des Évangiles et qui fait des Évangiles une source d’inspiration pour les peuples.. » On lui demandera un jour si son humanisme chrétien accepte de répandre la cocaïne sur la jeunesse d’un pays, tiens…
SOURCE: http://www.centpapiers.com/coke-stock-xcvi-rappel-d%E2%80%99une-sombre-histoire-venezuelienne/
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Rappel de lecture :
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxviii-un-second-164974
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxvix-le-precedent-165608
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxx-l-heritage-du-160160
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxi-l-esbrouffe-160211
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxii-le-venezuela-160618
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiii-au-venezuela-160235
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiv-pris-la-main-160456
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxv-un-temoignage-165293
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvi-l-implication-165185
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvii-un-procureur-160617
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxviii-chavez-le-160616
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxix-la-corruption-165661
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xc-la-route-de-l-165730
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xciii-on-revient-165740
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AERO-NARCOTRAFIC (Coke en stock – XCV): une nouvelle mise en scène au Venezuela

Ma série d’articles sur le trafic de drogue au Venezuela (1) a été un franc succès : j’ai même eu le droit à des réactions… amusantes. Telle celle de Michel Collon, l’homme qui voulait remettre il y quelque temps le prix Nobel à Ahmadinejad (ici sponsorisé par le sinistre Croah de Joe le Corbeau) ou plus exactement une réaction de Jean Araud, qui écrit chez Collon (2). Oh un gars dont l’indépendance ne fait aucun doute à lire ses activités actuelles : « il travaille pour le ministère de la Femme. il y coordonne un travail de lutte contre la désinformation que les grands médias internationaux véhiculent dès que l’on a affaire au Venezuela. » peut on lire ici. On retrouve le même dans le « fameux » Cercle des Volontaires » du rouge-brun Raphael Berland (celui qui invite facilement la négationniste María Poumier) pour affirmer chez Berland qu’il « vit des journées exceptionnelles à Caracas », ou « il n’a vu aucune violence ». L’homme est aveugle, ou ne connait pas les statistiques, c’est sûr. Caracas avec 119 meurtres par 100 000 habitants était en 2012 a troisième ville la plus dangereuse au monde après San Pedro Sula (au Honduras et Acapulco. Et ça empire (on est aujourd’hui à 125 pour 100 000 à Caracas), Valencia et Maracaibo s’ajoutant à la liste. De quoi dissuader les touristes, en effet. Plantons donc tout d’abord le décor… n’en déplaise à Michel Collon et ses amis …
La violence endémique au pays est bien dissimulée, nous dit aussi MadmoiZelle.com : « une partie du problème est liée à la violence et aux criminels eux-mêmes, qui ne cessent de se multiplier : la violence est en augmentation depuis des années (+14% en 2012) notamment à cause de la quasi-impunité de ces crimes. Très souvent, il n’y a aucun suivi, aucune enquête, donc forcément les criminels ne se sentent pas menacés et n’hésitent pas à recommencer. En cela la politique n’aide pas ; l’insécurité, principal cheval de bataille de l’opposition, est étouffée par le gouvernement, qui depuis 9 ans a interdit de diffuser régulièrement toute information officielle sur les chiffres de la criminalité et la violence. Les journalistes se rendent eux-mêmes tous les lundis matins à la morgue de Bello Monte, principale morgue de Caracas, pour tenter d’obtenir des informations de première main’ ». Un régime qui n’étouffe pas que ça… les chiffes sont atterrants : rien que pour le mois d’août, 368 corps ont été apportés à la morgue de Bello Monte (un quartier de collines à Caracas même) raconte cet été même El Nacional.
A se demander comment Jean Araud fait donc pour ne pas la voir, cette violence !!! « Caracas est la ville la plus dangereuse du pays. Si la majorité des crimes sont commis dans les « Barrios », bidonvilles locaux disséminés dans la ville, aucun autre quartier n’est réellement épargné par ce fléau. Le quartier de Chacaito (avenue de « Sabana Grande » notamment), pourtant situé dans l’est de la capitale, zone plus résidentielle et considérée comme relativement moins dangereuse que l’ouest et le centre, n’est pas non plus sans risque. Plusieurs de nos compatriotes ont été victimes d’agressions dans ce quartier. » Le gouvernement français, donne comme consigne à ses ressortissants de faire attention, à Caracas mais aussi dans « les autres grands centres urbains (qui) ne sont pas épargnés ». L’une des zones les plus dangereuses décrites étant le « les zones frontalières avec la Colombie et le Brésil, particulièrement dangereuses en raison des activités de la guérilla colombienne ainsi que des mafias spécialisées dans le trafic de stupéfiants, la contrebande d’essence et les enlèvements. » On y vient, effet… a ce générateur de violence qu’est le trafic de drogue.
Le 24 mai dernier s’est produit un événement désormais habituel là-bas. Un crash d’avion, lié à un trafic de drogue. Ou en tout cas présenté comme tel par les autorités, toujours les seules habilitées à en parler, dans le pays. Ça s’est passé à Ricaurte, dans près de Cojedes, au Venezuela, endroit où la ville principale s’appelle… Libertad. C’est situé au Nord du pays, mais l’avion, selon les autorités, venait de Manaus, au Brésil. Par la route, 2352 km, et un peu plus de 1600 en avion (en ligne droite). Ce dernier étant un Embraer EMB-820C, la version sous licence brésilienne du Piper Navajo, appareil qui semble avoir la prédilection des trafiquants brésiliens en ce moment : souvenez-vous du PT-LHO (choisi sur Wikipedia ?) découvert en Apure, muni de bidons d’essence supplémentaires pour augmenter son rayon d’action, comme j’avais ci vous le montrer. L’avion a au départ une portée de 1,875 km, mais pas à charge maximale. Dans ses soutes, avant et arrière, l’avion peut emporter 600 livres (soit 272 kg) de bagages ; comme on le sait.
Pour ce qui est de l’avion tombé ce 24 mai dernier, et présenté encore une fois comme « abattu » par la chasse bolivarienne, il n’y pas de doute : c‘est bien un Embraer… venu du Brésil, une information confirmée par Le député fédéral brésilien Marcelo Rezende Salvio Vieira le surintendant régional de la police fédérale dans l’Etat d’Amazonie, qui affirme aussi que le Brésil n’enquêtera pas, car l’avion était en règle là-bas. Sur place, au Venezuela, en effet, on a vite semble-t-il déjoué la fausse immatriculation arborée par l’avion détruit. Cétait un simple autocollant affichant le numéro YV1246 (vénézuélien) qui recouvrait l’original, qui était bien le PT-RCN brésilien (montré ici par Irwin Ascanio, le responsable de la lutte antidrogue, qui enlèvera lui-même l’autocollant pour mieux le montrer). Vu de plus près, l’autocollant semble fort peu adhésif, pourtant, et ressemble plutôt à une feuille de papier froissé : c’est de la bâche adhésive, tout simplement.
Un avion visible ici, au Manaus Aeroclube de Flores (un aérodrome assez actif à une seule piste, ici sa page Facebook, celle de passionnés d’aviation où règne une sympathique ambiance) une photo prise le 21 février 2015, à peine trois mois avant où il se présentait dans la livrée dans laquelle il s’est écrasé, ou presque. A un détail près… A signaler que l’approche de l’aérodrome de Manaus, situé au bord de la ville, est plutôt dangereuse. De gros porteurs s’y posent pourtant tel ce Boeing 767 Cargo d’Absa vu ici en phase de descente.
Pour clore le débat, sur la provenance de l’appareil, rien de tel que sa plaque de fabrication, qui ôte tous les doutes : pas de problème puisqu’on nous la propose officiellement, photographiée en gros plan :
Avant d’appartenir à une école de pilotage, l’avion avait été loué par deux vedettes locales brésiliennes, un duo (plutôt pénible à écouter) intitulé Fernando et Sorocaba, qui ont abandonné l’appareil pour un Beechcraft C-90 plus puissant, immatriculé PT-FES vu ici au décollage sur la piste de Raimundo de Andrade devant des fans extasiés. On peut voir ici le cockpit, et là l’arrivée de l’appareil. Les deux loustics collectionnent les vols sur avion-taxi, comme ici sur un Beech 200, toujours à Raimundo de Andrade. Au Brésil, l’avion d’affaires de ce type est courant, tant il existe de petits aérodrome herbeux. Et là aussi, on y abandonne parfois de superbes montures. Surtout les trafiquants !!! Le Beechcraft King Air B-200 GT PR-ARN, datant de 2007 (N° BY-021, ex N34651 par exemple, vu ici au décollage de São José do Rio Preto-SP, en 2009. Un reportage assez ahurissant de la télévision brésilienne du 20 décembre 2010 nous l’annonçait comme… abandonné sur un aérodrome privé d’Iturama par une firme censée être une société fabricante de sucre et d’alcool.
Le Brésil est confronté à des trafiquants, qui ne font pas tous dans la drogue et qui n’hésitent pas à abandonner leurs appareils quand il le faut, comme leurs collègues andins : ceux du Twin Commander 500-S, immatriculé PT-DRO ayant tenté de se poser en pleine nuit sur une piste à à 3 km de la ville de Piracuruca avaient été obligés de le faire… vu l’état de leur avion, au train brisé. L’avion appartenait à la société Marnanglo Empreendimentos e Participaçôes S / C / Ltda. Une société mise hors de cause, la personnalité du véritable utilisateur étant celle d’un ancien vérificateur fiscal condamné par la Cour fédérale à São Paulo pour inconduite.
En mars 2013, il avait déjà été visé par l’opération de police « Persona », qui avait montré qu’avec un partenaire, il avait créé un groupe avec plusieurs sociétés destiné à des importations frauduleuses, qui ont laissé un déficit de 3,3 milliards de reals en impôts. À l’époque, avaient été saisis de 86 milliards de reals de marchandises. Cette fois-ci, l’appareil avait bien transporté de la coke : à bord avaient été trouvés des fragments de cocaïne, deux équipements GPS (Global Positioning System), neuf bidons d’essence et des tuyaux de carburant. L’avion avait une fausse immatriculation, collée à l’adhésif…
L’immatriculation qui masque l’originale de notre cas d’étude du jour, étrangement, rappelle des choses. En 2009, un document judiciaire chargeait deux vénézuéliens, Alfredo Rolando Martinez (alias Freddy Doe) Luis González, responsables de l’entreprise Taller Aeronautico Maracaibo installés à l’aéroclub de l’aéroport international de La Chinita (indicatid SVMC), qui avaient été accusés de trafic de cocaïne. Des traces évidentes de coke et de chlorhydrate avaient été relevées sur trois de leurs avions. Le numéro YV1410, de modèle Piper Seneca II, N° de série 34-757286, certificat d’immatriculation 6644, le YV1246, de marque Cessna Modèle 210N, numéro de série 21064761, mais aussi le YV1217,
un Cessna T210M, numéro de série 21062899, précédemment enegistré HK-4576 (avec comme propriétaire en 2008 Ramirez Perez Jose Antono). Le Cessna, ex N110M de 1982 provenait de la société International Oilfield Chemicals inc à Lafayette, USA. Avant le procès, d’autres noms de trafiquants avaient alors été cités par le chef de l’antidrogue vénézuélienne, Néstor Reverol, et d’autres avions encore, tel le YV2186 et le YV2513 (le YV2513 ou le YV1028P?), lors d’une présentation médiatisée du 2 Juin, 2009, comme le pouvoir vénézuélien en a pris l’habitude. Les gens qui ont choisi l’immatriculation de l’appareil qui s’est récemment écrasé n’avaient donc, on suppose, aucune connaissance de l’existence de son ancien confrère, un Cessna 210N, immatriculé pareil, et saisi voici six ans par les autorités pour trafic de drogue !!! Une inconscience révélatrice ? A croire, en tout cas qu’il y en a beaucoup, d’appareils, qui, saisis par les autorités vénézuéliennes, sont restés sur place, immobilisés, au point que plus personne ne sache exactement leur immatriculation, ou leur nombre exact. Certains ont même complètement… disparu !
Le 24 juillet dernier, le Ministère des Transports annonçait d’ailleurs en écho à cette constatation la liste (impressionnante) des avions « abandonnés » (3), selon lui, au Venezuela. Mal lui en a pris : on pense à une clarification, sur l’intensité du trafic de drogue, et c’est tout l’inverse en fait, tant le répertoire offert est truffé d’erreurs flagrantes. Sont notamment comptabilisés comme « abandonnés » des avions complètement en miettes ou même disparus…. Cela ressemble à un beau mic-mac, en effet : il y en aurait 500 exemplaires en effe laissés sur place par leur propriétaire... selon les autorités. Or la liste est pour le moins…fantaisiste. Figurent par exemple le Cessna 310R (YV1975) parti de Puerto Ordaz et crashé en Apure : l’avion, pris dans des turbulences le 26 août 2008, s’était désintégré et ses morceaux éparpillés sur 1,5 km !! Comme exemple d « abandon » on pourrait trouver mieux !!! Le YV2193 y est aussi cité, un Cessna modèle 182P, qui avait été contraint d’atterrir sur la route dans à San Sebastian de los Reyes… avant de s’enficher dans l’arrière d’un camion : l’avion avait été détruit : drôle « d’abandon », encore une fois !
Le YV2615, un Britten-Islander de 1968 (le N°20) avait lui complètement disparu avec 6 personnes à bord début 2013 au large du parc de l’archipel de « Los Roques » (ici son dernier décollage, avec sa porte mal fermée !). On le retrouvera le 27 juin 2013 gisant par 73 mètres de fond : un total « abandon », passagers compris, pour cette fois-là ? Pour le numéro YV2527 cité, ce n’est guère mieux : cest un hélicoptère Bell 206B complètement détruit, lui encore, à Las Malvinas II, près de San José de Guanipa, dans l’état d’Anzoátegui, en 2012. L’YV2663 est lui un Cessna 402B qui a plongé en pleine mer le 9 février 2012 à Punto Fijo, dans l’état de Falcon : un appareil « abandonné » aux poissons du coin ? Dans la liste on trouve aussi un autre tas de ferraille qui pourra difficilement revoler : le Britten Islander YV2238, accidenté le 16 janvier 2015 lors d’un atterrissage violent sur l’île Gran Roque. Idem pour le YV1315 au même endroit, avec cette fois un beau plongeon le 10 octobre 2014…
l’avion avait été littéralement coupé en deux avant d’aller à la baille ! il n’y avait eu que des blessés (sept), un vrai miracle ! Etc et etc… le sommet étant atteint, je pense, avec le Beechcraft 200 immatriculé 2531, qui avait servi à faire un show médiatique sur une prétendue saisie de drogue (lire ici la version de Daniel Hopsicker), et que des observateurs avaient retrouvé plus tard… incendié : on ne peut mieux comme abandon (4) !! Bref, un ministère qui compte comme « abandonnés » par leur propriétaire des avions détruits, irréparables ou même complètement disparus, voilà qui ne fait pas franchement sérieux….
Et ce qui vaut pour les petits vaut aussi pour les plus gros : est cité par exemple dans la liste le YV2749, qui est en fait un DC-9-32 comme l’est aussi le YV368T, lui aussi cité. Or ce sont des appareils commerciaux de la société Avesa Airlines, photographiés ici en 2007 à La Guaira avec un troisième collègue en cours de démontage de réacteurs… la firme vénézuélienne existe toujours, et elle a été obligée de changer en 2014 ces derniers DC-9 contre des MD-88 plus récents, provenant de Floride, et d‘Opa-locka !!! Ce sont nullement des abandons, mais bien des appareils réformés !!! Et que dire du YV397T : un Boeing 737 certes de 35 ans d’âge, mais toujours vaillant chez Rutaca Airlines, qui ne présente parmi ses appareils aucun avion réformé ou scrappé. Pour ne rien améliorer, est aussi listé l’YV379T et le YV369T, tous deux encore en état de fonctionnement, avec le même propriétaire bien actuel ! Le 2 mai dernier encore, un MD-88 d’Aeropostal, numéroté YV485T, subissait une explosion de réacteur au moment de l’atterrissage a l’aéorport Internacional Jacinto Lara… Idem pour le cas du DC-9 YV136T datant de 1976, ex Finnair, qui avait subi un « hard landing » à Puerto Ordaz comme on dit sobrement dans sa fiche de décès : un atterrissage tellement brusque le 13 juillet 2011 que ses deux réacteurs étaient tombés, le fuselage se tordant par la même occasion. Il y avait ce jour là 130 personnes à bord ! Un vrai miracle ! Direction la casse (avant, « l’abandon »... ») !
Le plus amusant, dans cette annonce, est que le Ministère du Pouvoir Populaire pour le Transport Aérien et Aquatique (MPPTAA), l’organisation des aéroports bolivariens (BAER), dans la foulée déclaré « l’expulsion des aéronefs déclarés juridiquement abandonnés », au terminal international « Jacinto Lara » situé à Barquisimeto, dans l’Etat de Lara mais aussi sur l’aérooport « Oscar Machado Zuloaga » de Miranda ; celui de la La Chinita » à Zulia et à l’aéroport international « Arturo Michelena » de Valence, dans l’État de Carabobo. Joint à l’article de presse, on pouvait en effet voir une pelleteuse munie d’une mâchoire s’en prendre à un birmoteur Piper. D’autres aéroports font l’objet d’un « nettoyage » d’épaves. A la Chinita, SVMC (les DC-9 de Zuliana y sont), il y a fort à faire,comme le montre ce reportage vidéo comme ici au SVMI (l’aéroport Int’l Maiquetía Simón Bolívar).
Celles-ci sont broyées par une pelleteuse, les morceaux rassemblés en tas (comme ci-dessus) avant d’être jetés dans une benne de un semi-remorque de ferrailleur. L’aéroport de José Antonio Anzoátegui fait de même. L’opération fait l’objet d‘une communication officielle du BAER. Le pouvoir en place annonce la destruction de 69 épaves. Par rappport à la liste des manquants, c’est une goutte d’eau ridicule. Celle-ci en affiche… 1068. Les écuries d’Augias de l’aviation vénézuélienne sont encore loin d’être nettoyées… !!!
Des avions « abandonnés », ou réduits à des tas de ferraille, des avions broyés, comme celui qui nous intéresse aujourd’hui (visible ci-dessus qui semble effectivement aussi avoir été victime de l’opération de « nettoyage » des débris), et que nous allons étudier en détail très bientôt, si vous le voulez bien… un peu de patience… que diable !
(1) pour tout dire, j’ai commencé cette série début 2010 chez Agoravox avec la découverte en novembre 2009 du Boeing 727 retrouvé incendié à Tarkint au Mali, sous le nom de Morice. Un sujet riche : j’en suis à bientôt 100 articles en effet. Dès le premier article, j’ai aussitôt été l’objet d’un post-mining qui aujourd’hui ne m’étonne plus, quand je vois les personnes que cela a pu concerné. L’article d’abord refusé (alors que j’étais un des premier à avoir analysé l’évènement) a été ensuite accepté, des mois après, quand les auteurs des attaques et des votes négatifs en masse ont été virés du site. Ici, j’avais alors résolu de m’appeler Momo, pour éditer notamment une longue série de 17 épisodes décrivant Dieudonné et ses turpitudes, longue enquête bloquée chez Agoravox pour les raisons que vous pouvez facilement soupçonner. Le site Cent Papiers étant tombé entre temps en rade, et moi-même ayant perdu ma connexion « Momo », j’ai recréé rapidement un « fantôme de Momo », d’où l’appellation actuelle. N’en déplaise à certains; Morice=Ghostofmomo » en effet. Je garde ainsi ma liberté de parole, que ça plaise ou non… (surtout ici aux partisans du régime vénézuélien, parodie de démocratie), voici donc le 95eme épisode d’une série sur le trafic de cocaïne dans le monde, dans lequel je ne retiens en général que le trafic aérien (seul, je ne peux pas tout traiter en effet !!).
(2) avec deux articles censés répondre aux miens…
http://www.michelcollon.info/Venezuela-un-article-d-Agoravox.html
http://www.michelcollon.info/Venezuela-un-article-d-Agoravox,5205.html?lang=fr
C’est amusant de constater que l’auteur s’appuie pour la Colombie sur les dires remontant à 1998 de Paul Coverdall, sénateur américain républicain, responsable du fameux Peace Corps créé en 1961 par John Fitzgerald Kennedy et nommé par Bush (père) et plus tard a soutenu directement le fils dans sa campagne électorale contre McCain… ou quand les rouges-bruns s’appuient sur du bleu.
Dans le second volet, la phrase hilarante du « guérillero médiatique » (c’est comme ça quil se décrit) est « Mais comme le show doit continuer, Washington et ses larbins vénézuéliens apatrides s´entêtent à poursuivre leurs tentatives cycliques d´impliquer le gouvernement vénézuélien avec le narcotrafic, un moyen comme un autre de justifier tout type d´interventions, incluant coup d´état ou invasion made in USA. Les épisodes se succèdent donc au rythme d´objectifs soigneusement choisis. » Selon Araud, il ne faut donc pas être « apatride » au Venezuela , alors quil est lui-même français, pour parler correctement du pays, et comme il le laisse entendre, je serais le « larbin » des USA, après avoir dénoncé sans répit ici les activités de la CIA, celles de G.W.Bush pendant la guerre en Irak ou mon nombre d’articles conséquent sur la militarisation des esprits aux USA ou les gabegies du Pentagone…. « larbins apatrides » on croirait entendre le PCF des années 50, voire un clone de Dieudonné … !!!
(3) la liste complète est là :
http://www.inac.gob.ve/informacion/AvisoDeclaratoria
(4) lire ici la terrible charge contre le gouvernement, accusé d’avoir assassiné deux personnes susceptibles d’être compromettantes : Edilberto Rosales Escalante, le conducteur de la Ford F-350 (N°A76AEOB) qui avait recueilli le chargement de cocaïne et Luis Alberto Fuentes Garde nationale Pernia, le second pilote qui savait qui était le fournisseur et qui servait d’intermédiaire avec les trafiquants. Selon lui, l’avion avait fait pas moins de 5 aller-retours entre La Carlota et Cabo San Roman. La lutte antidrogue, le CICPC étant selon l’auteur le grand manipulateur de l’opération, ainsi que le ministre Tarek Zaidan El Aissami Maddah, devenu depuis gouverneur d’Aragua, largement impliqué dans l’affaire. L’homme est lié à « El Pollo » Carjaval (voir mes articles).
PS : Il semble bien en effet que notre lecteur assidu n’ait pas tout lu. Alors voici donc les articles concernés :
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxviii-un-second-164974
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxvix-le-precedent-165608
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxx-l-heritage-du-160160
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxi-l-esbrouffe-160211
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxii-le-venezuela-160618
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiii-au-venezuela-160235
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiv-pris-la-main-160456
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxv-un-temoignage-165293
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvi-l-implication-165185
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvii-un-procureur-160617
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxviii-chavez-le-160616
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxix-la-corruption-165661
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xc-la-route-de-l-165730
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xciii-on-revient-165740
on peut lire aussi :
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ESPAGNE: quand des trafiquants larguent du haschich par hélicoptère


La garde civile espagnole a démantelé un réseau de trafic de cannabis en provenance du Maroc comprenant sept Français, six Espagnols et deux Marocains, qui acheminaient la drogue à bord d’hélicoptères larguant le haschich en Andalousie (Sud), a-t-elle annoncé jeudi. La drogue était larguée lors de dangereuses expéditions nocturnes et « cachée dans des propriétés isolées de la côte de Malaga (sud de l’Espagne), d’où elle était expédiée vers plusieurs pays européens par voie terrestre », précise la Garde civile dans son communiqué. Quinze personnes ont été interpellées au fil de cette enquête qui s’est achevée début octobre, a précisé un porte-parole.
810 kilos de haschich saisis
« En raison du danger des vols nocturnes à basse altitude (…), un des réseaux employait un instructeur expert en sauvetage de haute montagne et vols nocturnes, qui recrutait et entraînait d’autres pilotes », précise la Garde civile. Cet homme avait notamment officié dans les Pyrénées françaises et les Alpes suisses. Il a été interpellé à l’issue d’une mission en vue de la livraison de 600 kilos de cannabis au cours de laquelle il a aussi formé un autre pilote, utilisant « du matériel de vision nocturne dernière génération et des systèmes de navigation sophistiqués ».
Les autorités ont saisi au total 810 kilos de haschich et trois hélicoptères, d’une valeur de 2,5 millions d’euros. L’enquête de la garde civile a commencé après un accident d’hélicoptère, en mai 2014, entraîné par une collision avec des câbles électriques, et dans lequel s’était tué un pilote. Les suspects ont été inculpés pour trafic de drogue en bande organisée et détention d’armes notamment.
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Helicóptero siniestrado y abandonado en Níjar el pasado abril.
El misterio de los narcovuelos
Son vehículos de narcos para trasladar hachís desde Marruecos
El comandante Sokol Feka fue piloto de helicóptero de las fuerzas armadas albanesas durante 15 años. En el momento del accidente tenía 40 años y era instructor en la base aérea de Farka, en Albania. Todo un experto en vuelos de este tipo. Pero su pericia no le sirvió para esquivar la torre de alta tensión de la sierra malagueña contra la que él y su copiloto gaditano, de 32 años, se estamparon en plena noche abordo del BO-105 en el que volaban. Sus cuerpos y los 900 kilos de hachís que transportaban para una organización de narcos españoles quedaron esparcidos por la montaña. Sokol Feka quiso sacarse un sobresueldo durante sus vacaciones en España, pero ese último vuelo le costó la vida. El suceso, ocurrido el pasado 28 de enero, sirvió a la Guardia Civil para detener luego a 19 miembros de una organización de narcotraficantes que estaba a punto de de comprar dos helicópteros más para continuar con el lucrativo negocio del tráfico de hachís por aire procedente de Marruecos.
Helicóptero accidentado en Málaga que pilotaba un miltar albanés. Junto al aparato, los fardos de hachís que transportaba. / Guardia Civil
El cielo está de moda entre los traficantes de esta sustancia. Los vuelos son rápidos y efectivos. Pero los accidentes son frecuentes. Cada cierto tiempo, cuatro o cinco meses como mucho, aparece en un lugar de Andalucía un misterioso helicóptero abandonado. Suele estar volcado en alguna ladera, con las aspas rotas o sin algún pedazo del fuselaje. Carece de plan de vuelo y no queda ni rastro de la tripulación. Y lo más extraño, como sucedió en Níjar (en el Cabo de Gata, Almería) el pasado abril con un enorme aparato amarillo, es que nunca nadie reclama el artefacto, aunque pueda llegar a costar 500.000 euros. Aquel caso, que llamó enormemente la atención de los medios, sigue bajo secreto de sumario, pero fuentes de la Guardia Civil, que ya tiene prácticamente cerrada la investigación, no dejan lugar a otra posibilidad que otro narcovuelo fallido.
La Guardia Civil está a punto de cerrar la investigación del helicóptero amarillo de Níjar: no hay duda de que se trataba de un ‘narcovuelo’
Volar es más costoso y requiere de pilotos más experimentados que los que se buscan para las lanchas semirrígidas (se hace de noche y a muy baja altura para no ser detectados por los radares), pero permite a los narcos alijar su carga en infinidad de puntos de Andalucía. “La lancha obliga a llegar a costa, pero en el helicóptero el punto de llegada tiene un radio de acción más grande. Quizá es más caro, pero es más difícil de intervenir”, señalan en la Guardia Civil. Además, la velocidad de estos viajes permite a los cuerpos policiales operar con mucho menos margen. Avionetas fumigadoras, helicópteros, ultraligeros y hasta artefactos de radiocontrol. Cualquier aparato volador vale.

Avión teledirigido con el que se pretendía introducir dos kilos de bellotas de hachís. / Guardia Civil
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El futuro: los drones
De hecho, en los últimos tiempos muchos expertos apuntan ya a que lo siguiente que se encontrarán serán los drones no tripulados, como empieza a suceder en la frontera entre México y EE UU. La Guardia Civil ya ha hallado aviones teledirigidos flotando en el mar con pequeñas cargas de dos kilos de droga. “Pero para que eso pase a gran escala, tendrán que ser más potentes. De momento un dron no podría levantar ni los 30 kilos que suele pesar un fardo”, explica el Teniente Coronel de la Guardia Civil Andrés López, jefe de Operaciones en Andalucía. De vez en cuando también se utilizan avionetas robadas (algunas veces fumigadoras), que permiten aterrizar en infinidad de caminos de toda Andalucía.
En el caso de los helicópteros, las organizaciones suelen emplear tres modelos de aparatos que en el mercado de segunda mano pueden costar de 140.000 a 650.000 euros. Acostumbran a ser máquinas viejas, algunas veces compradas en subastas a ejércitos del norte de África o países del este, que demasiadas veces carecen de mantenimiento. Por eso son frecuentes los accidentes. Su capacidad alcanza a los 700 kilos (siempre por debajo de los 1.500 que puede llegar a transportar una embarcación semirrígida) y a bordo suelen viajar el copiloto y el piloto, en ocasiones militares de repúblicas exsoviéticas muy experimentados, ya que los vuelos requieren de equipos de visión nocturna y mucha habilidad para esquivar obstáculos en plena noche.

Ultraligero utilizado para pasar hachís de Marruecos a España.
La rentabilidad de estos viajes a corto plazo es menor (al transportar menos peso que en una embarcación tienen que ir y venir de Marruecos más veces), pero al mismo tiempo minimizan los riesgos de ser cazados. “La mayor dificultad son los tiempos de reacción, un vuelo de este tipo no dura más de una hora ida y vuelta; ese es el tiempo que tenemos para reaccionar; una vez que han sido localizados por nuestros radares del SIVE, los del Ejercito marroquí o los propios del Ejército del Aire”, explica el teniente coronel Andrés López. Quizá en parte por ello, el número de incautaciones de hachís es pequeño comparado con el que se produce en otras vías de tráfico. En lo que va de año, representa el 1,79% de todo lo que ha aprehendido la Guardia Civil en España (900 kg de 50.176). Los años anteriores fue de 0,6% y 0,8% respectivamente.
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Falta de mantenimiento
A veces, en plena noche, el radar de la Guardia Civil (el SIVE) detecta una aeronave cruzando por algún punto del Estrecho. Tras comprobar que no pertenece a ninguno de los cuerpos que operan en la zona, se activa el plan para interceptarla. Se calcula la ruta y el punto de intersección, y otro helicóptero, con un equipo de intervención, sale a darle caza. Normalmente, se espera a que tome tierra para abordarles y evitar que lancen la droga en pleno vuelo. “Pero a veces los dos o tres cargadores que esperan abajo se confunden de helicóptero y nos empiezan a hacer señas a nosotros”, explica López.
Las rutas cambian constantemente. Pero suelen cruzar el Estrecho hacia Marruecos por la zona de Algeciras-Tarifa, paran a cargar y regresan casi por el mismo itinerario para dejar la mercancía en las provincias de Cádiz o Málaga. Ahí guardan la aeronave hasta el próximo pase en algún hangar o nave industrial oculta en alguna finca privada. Es el momento cuando el aparato debería pasar su mantenimiento y dejarse en perfecto estado para el siguiente vuelo. Pero pocas veces sucede y llegan los accidentes. Y el abandono de la nave.
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Los aparatos más utilizados
BO-105 .
La capacidad de carga de estos aparatos está entre 800 y 900 Kgs.
El precio según la web (www.controller.com) varía entre 600.000 euros (año 1989) y 650.000 euros (año 2006).
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Robinson R-44.
La capacidad de carga de estos aparatos es de 300 Kgs aprox.
El precio varía entre 260.000 euros (año 2001) y 355.000 euros (año 2005).
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Ecouriel AS-350.
La capacidad de carga es de unos 600 kg aprox.
El precio es de 140.000 euros (año 1989).
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fuente: http://politica.elpais.com/politica/2015/06/25/actualidad/1435246233_669399.html
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« Air Cocaïne » : condamnés plus lourdement parce que Français ?
Voici quelques jours que le tribunal de République dominicaine chargé du dossier surnommé « Air cocaïne » a rendu son jugement écrit. Un document extrêmement dense de 428 pages, auquel Le Point.fr a eu accès, et qui expose les charges retenues à l’encontre des quatre citoyens français condamnés à vingt ans de prison le 15 août dernier. Une peine extrêmement sévère pour Bruno Odos, Pascal Fauret, Alain Castany et Nicolas Pisapia, qui clament leur innocence depuis plus de deux ans. Le 19 mars 2013, la DNCD, l’agence anti-drogue dominicaine, les interpellait en effet dans un Falcon 50 sur le tarmac de l’aéroport de Punta Cana avec, dit-elle, plus de 700 kilos de cocaïne dissimulés dans des valises.
D’après le jugement, aucun des arguments ou presque, présenté en défense des Français, n’a convaincu le tribunal. « Ces citoyens n’ont pas établi qu’ils n’avaient pas l’intention de se livrer à un acte de cette nature (trafic de drogue, NDLR), même quand ils ont eu l’occasion de fournir des preuves à décharge, et alors même que certains accusés y sont parvenus. » Ils n’ont pas non plus établi qu’ils avaient été « forcés » à commettre l’infraction, « ce qui nous permet de déduire raisonnablement » que le mobile de leurs actes était de gagner illégalement de l’argent, lâche froidement le tribunal.
Des témoignages confus
Les juges se sont appuyés sur quelques témoignages pour affirmer que Bruno Odos, Pascal Fauret et Alain Castany s’étaient servis de leur « condition de pilote », et Nicolas Pisapia de sa « qualité de citoyen français », pour introduire des stupéfiants dans l’avion. « Ces accusés ont participé activement à la préparation de l’infraction, en introduisant illégalement la drogue dans l’avion – en dehors de tout contrôle – par une clôture située en limite de l’aéroport » dans laquelle ils avaient fait un trou, écrivent les juges. Pourtant, cette version des faits s’appuie sur des témoignages qui avaient été très contestés à l’audience. Aussi, Le Monde, qui avait dépêché un journaliste sur place, écrivait-il le 12 août dernier : « Les enregistrements et les témoignages des agents infiltrés ont été confus, parfois contradictoires et sans élément à charge contre les Français. » Un des hommes appelés à la barre avait même fait état de pressions.
Qu’importe : le jugement affirme que les Français ont assisté au chargement des valises, et qu’Alain Castany, inscrit en tant que membre d’équipage sur le plan de vol, était le « superviseur » de l’opération. « Il a contrôlé tout ce qui entrait » dans l’appareil, précise le jugement. « Comme indiqué, chacun de ces citoyens a participé activement et délibérément » au trafic, peut-on lire. L’avion attendait « la permission de décoller » et avait les « moteurs en marche ». Des affirmations une fois encore contredites par la vidéo tournée par la DNCD le jour des faits, qui montrent que seul l’auxiliaire power unit (APU) de l’appareil était en fonctionnement. Surtout, les quatre Français, malgré un casier judiciaire vierge, sont présentés comme des trafiquants en puissance, qui n’auraient pas voulu prendre la responsabilité de leurs actes : « Ces citoyens n’ont pas démontré, de par leur attitude, qu’ils avaient intériorisé la gravité de ce qui s’était passé. Ils n’ont pas pris la responsabilité de leurs actes et n’ont pas montré de signes de repentance. » On ne peut donc pas savoir s’ils ont « l’intention ou non ou de commettre une infraction similaire dans le futur ». Le résultat est extrêmement sévère : 20 ans de prison.
Quoi qu’on puisse penser de ce procès, un des arguments prononcés par le tribunal paraît scandaleux, voire tout bonnement dangereux. Les juges ont en effet justifié la lourdeur de la peine par… la nationalité des mis en cause ! Comme si le seul fait d’être Français justifiait une peine excessive. Jugez par vous-même* :
EXTRAITS DU JUGEMENT
« Ces inculpés étaient à bord d’une aéronef d’immatriculation française. Trois d’entre eux étaient des pilotes, profession qu’ils exerçaient dans leur pays d’origine jusqu’au moment de leur arrestation, ce qui implique qu’ils ont reçu une longue formation et un enseignement général supérieur. Un enseignement qui leur permettait de compter sur des opportunités professionnelles censées garantir leur stabilité économique et celle de leurs familles. Cependant, au lieu d’utiliser cette formation et ces capacités au bénéfice de la société, en exerçant un emploi licite et productif, ils ont choisi de les mettre au service de la criminalité. Ils en sont arrivés à commettre un crime transnational avec la pleine conscience de la gravité du fait qu’ils commettaient et de ses conséquences, ce qui ne les a pas dissuadé de le commettre.
(…) Pascal Fauret, Bruno Odos, Alain Castany et Nicolas Pisapia sont des citoyens français, pays qui a accordé une attention spéciale à la prévention et à la poursuite du narcotrafic et de la délinquance organisée, engageant des actions destinées à attaquer ce fléau qui affecte non seulement l’Union européenne, mais la société en général. [La France] assiste économiquement les pays moins développés dans la mise sur pied d’une politique criminelle pour lutter contre le narcotrafic. C’est pourquoi, en venir à une pratique de ce type, en ayant grandi et été éduqué dans une société comme celle-là, qui culturellement dénonce et condamne le narcotrafic à des niveaux comme ceux ici signalés, doit nécessairement influer sur la quantification de la peine.
(…) La peine doit se prolonger le temps nécessaire pour garantir qu’elle atteigne son objectif, la rééducation et la réinsertion des inculpés dans la société, inculpés qui, comme nous l’avons signalé précédemment, n’ont pas montré de signe de repentance ni n’ont affiché un comportement qui nous permette de considérer qu’ils ont compris la gravité du fait et l’importance que cela ne se produise pas à nouveau.
La sanction qu’imposera le tribunal servira non seulement de réparation et d’opportunité pour refaire leurs vies sous d’autres modes de conduites, mais constituera aussi pour l’État une méthode de dissuasion, de punition et d’éducation, si elle est conduite de façon correcte et complète. »
*Le jugement ayant été traduit par nous-mêmes de l’espagnol au français, les extraits suivants n’ont aucun caractère officiel.
RETROUVEZ NOTRE DOSSIER CONSACRÉ À L’AFFAIRE AIR COCAÏNE
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BO-105 .
