Les deux passagers du jet privé chargé de près de 700 kg de drogue découverte à Punta Cana ont refusé de s’exprimer au procès en appel des deux pilotes et de 4 co-accusés, au grand dam de la défense qui les considère comme des maillons centraux de l’affaire «Air Cocaïne».
Archives pour la catégorie Aeronarcotrafic
FRANCE 🇫🇷 (Air Cocaïne) : marché de dupes pour petites cervelles
De décrochage en vrille engagée, Frank Colin est un voltigeur de qualité !
Aura- t -il réussi à convaincre la cour d’assise d’appel des Bouches du Rhône ? Rien n’est moins sûr à entendre les divers réactions des magistrats.
On en apprend des choses en deuxième instance, a lancé la présidente Annick Corona, en haussant les épaules.
Vous êtes passionnant, « inattendu », a ironisé de son côté l’avocat général, Pierre Cortes, avouantavoir un peu de malavec la situation.
Même les avocats de la défense ont fait part de leurs doutes sur sa crédibilité : Dire que vous avez souvent varié (de versions), c’est un euphémisme
, a lancé Flora Gavuzzo, avocate de Michel Ristic, soupçonné d’être un employé
du commanditaire.
Comment on fait le tri entre ce qui est vrai ou pas ?
, a renchéri Me Ménya Arab Tigrine, avocate d’Ali Bouchareb.
Franck Colin a aussi affirmé vendredi que l’un des trois vols suspects de ce dossier, ayant atterri à l’aéroport de la Môle Saint-Tropez était un vol test
et que les valises qu’il transportait, décrites par plusieurs personnes comme lourdes et boueuses, étaient en fait chargées de terre. Pour ramener de la terre dans des valises, 230 000 € (le coût présumé du vol, ndlr), ça fait beaucoup
, l’a repris l’avocat général.
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MEXIQUE 🇲🇽 (aéroport de Mexicali) : le monomoteur ‘Cessna’ était lesté avec 100 kilos de meth
Les militaires de l’armée mexicaine ont saisi 100 kilos de méthamphétamine dans un « Cessna » d’aéro-club à Mexicali.
Deux personnes arrêtées.
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AUSTRALIE 🇦🇺 (aéroport de Sydney) : jusqu’à 150 employés de la compagnie aérienne australienne Qantas seraient liés à des activités criminelles
La compagnie aérienne australienne Qantas a appris que le « crime organisé » s’était infiltré dans la compagnie pour faciliter les opérations de narcotrafic.
Des articles de journaux locaux ont allégué qu’un membre d’un gang de « motos » (ou motards) de Comanchero travaillait comme directeur de Qantas à l’aéroport de Sydney, lui permettant de recruter des criminels et de renforcer les activités d’importation de stupéfiants.
Les reportages étaient basés sur l’opération « Project Brunello », qui a démontré qu’environ 150 employés de Qantas étaient liés à des activités criminelles, selon la BBC.
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CARAÏBES (Saint Martin 🇫🇷) : « opération Dîner à Paris »
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Dans un communiqué publié samedi, Aymeric Chauprade (@a_chauprade) / Twitter s’interroge et suspecte son chef de mission : « Naudin avait-il prévu de faire « porter le chapeau » aux acteurs qu’un engagement politique marqué allait inévitablement désigner comme des coupables parfaits ? »
Paranoïa ? Lucidité ? Chauprade n’en dira pas plus. Et c’est dommage.
L’hypothèse d’une deuxième équipe
Depuis le début de cette affaire, une ombre plane. Celle des services secrets français. Beaucoup d’interrogations restent en suspens. En contactant Christophe Naudin qui, lui, ne se cache plus sa proximité avec les services, l’ex-député était-il en mission commandée par le Renseignement français ? Quels sont ses liens avec la DGSE ? D’où viennent les 100 000 euros dépensés pour l’exfiltration ainsi que l’achat de matériel sophistiqué ? Des agents de la DGSE ont-ils participé à l’opération « Dîner à Paris » ?
Pour Christophe Naudin il apparait comme une évidence que non seulement les services français étaient au courant de l’opération mais qui plus est la couvrait, en accord avec les services Américains.
Par ailleurs, selon nos informations, il y aurait eu une deuxième équipe déployée pour mener à bien la même opération. Une pratique assez fréquente selon les spécialistes du Renseignement interrogés par nos soins. Qui l’a dirigé ? De qui était-elle composée ? Le mystère est entier. Ce que l’on sait c’est que des téléphones par satellite, des iridiums, avait été livrés aux pilotes bien avant leur ultime escapade. Christophe Naudin nous a affirmé ne pas en avoir été informé.
Et puis au fond pourquoi la DGSE s’intéressait elle tellement à ces deux pilotes ? Ce sont d’anciens militaires de l’Aero Navale. L’un d’entre eux, Bruno Odos, fut même habilité pour l’arme nucléaire. Enfin : pourquoi et comment se sont-ils retrouvés mêlés à cette affaire de stupéfiants ?
Dans un livre, Christophe Naudin, l’homme qui avait réussi à exfiltrer les deux hommes de République Dominicaine raconte ce qu’il a vécu. C’est lui qui a dirigé l’Opération. Même si de nombreuses zones d’ombre demeurent, on en sait un peu plus aujourd’hui.
FRANCE 🇫🇷 (Cour d’assises d’appel d’Aix en Provence) : la vérité sortira-t-elle ?
L’affaire «Air cocaïne», avec ses 26 valises chargées de 680 kilos de poudre blanche découvertes dans un jet à Punta Cana (République dominicaine), revient à partir de ce lundi 7 juin devant la justice, pour le procès en appel des pilotes et de quatre autres accusés.

Cour d’appel d’Aix en Provence
Poudre blanche en jet privé : l’affaire «Air cocaïne» rejugée en appel
En première instance, les deux pilotes, qui ont toujours assuré qu’ils ne savaient pas qu’ils transportaient de la cocaïne, ont écopé de six ans de prison.
Pascal Fauret et Bruno Odos savaient-ils qu’ils transportaient de la cocaïne ? Qui a organisé quoi ? La cour d’assises d’appel d’Aix-en-Provence, composée pour ce dossier uniquement de magistrats professionnels, va rouvrir ce dossier fleuve et médiatique jusqu’au 9 juillet.
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ARGENTINE 🇦🇷 (Neuquén – Patagonie) : arrestation de Federico Machado
Coke en stock (CCCXXXV) : le château de cartes qui s’écroule
On reste en Argentine avec cet épisode, mais avec une des retombées directes de l’arrestation de Debbie Mercer (Debra Lynn Mercer-Erwin), la pourvoyeuse d’avions pour narcos arrêtée à la surprise générale en février de cette année. C’est un de ses huit co-conspirateurs installé en Floride qui nous intéresse aujourd’hui : il s’appelle Federico Machado et il est d’origine argentine !!! Et il vient juste de se faire arrêter, dans sa région d’origine qui est aussi un inquiétant secteur… historique !
Arrêté dans un endroit surprenant
L’arrestation de Debbie Mercer a provoqué un choc énorme. On tient-là avec elle une des grandes pourvoyeuses d’avions destinés au trafic de drogue et sa chute a entrainé logiquement d’autres figures du milieu. Et sans trop de surprises ceux que l’on a eu de cesse ici de dénoncer, depuis des mois voire des années : à savoir le texan Carlos Villaurrutia (épinglé ici) de TWA International, (cité aussi ici), apparu je ne sais combien de fois dans les épisodes de Coke en Stock, et Federico Machado, localisé en Floride celui-là avec ses sociétés américaines South Aviation Inc et Pampa Aircraft Financing. Celui, d’origine argentine, s’était fait porter pâle depuis aux USA, mais, recherché, il vient d’être rattrapé ce 30 avril dans un lieu inattendu : en Argentine, justement, mais en pleine Patagonie, à Neuquén. Un endroit où on ne s’attendait pas à le trouver… sauf si on avait suivi jusqu’ici ses attaches familiales….
Un endroit bien particulier, en effet, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à la Bavière… et où s’étaient rassemblés pas mal de nazis échappés à la fin de la guerre, et dont le fief s’appelait Bariloche. C’est à Nahuel Huapi par exemple qu’un extrémiste de droite américain, Harry Cooper, repéré ici, un grand admirateur de spots-marins U-Boote (et son site » »Sharkhunters »), avait laissé entendre qu‘un énorme chalet (La Villa Angostura) aurait pu accueillir un Hitler ayant survécu à la débâcle et en fuite !!! Une légende savamment entretenue. Notamment avec l’exemple du nazi Erich Priebke, responsable du massacre des fosses adréatines, (335 civils italiens assassinés) et qui avait passé des années tranquilles sur place avant qu’on ne s’intéresse enfin à son cas (il était revenu mourir à Rome même : condamné à la prison à vie, il avait bénéficié d’un remise en liberté surveillée scandaleuse !).
On pouvait le croiser régulièrement dans les restaurants de Bariloche !!!
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FRANCE 🇫🇷 (Affaire Air Cocaïne) : Ali Bouchareb est–il un commanditaire trop vite désigné ?
Spectaculaire et rocambolesque, « Air Cocaïne » est l’une des affaires de drogue les plus marquantes de la dernière décennie.
Ali Bouchareb a été condamné en première instance à dix-huit ans de prison en tant que commanditaire du réseau. À quelques jours de son procès en appel, il dénonce une injustice.
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COLOMBIA 🇨🇴 (isla de Providencia) : la avioneta N722KR aterrizó en el aeropuerto El Embrujo con casi media tonelada de cocaina
Era su vuelo 131 del año. Según registros de vuelo obtenidos por la Agencia de Periodismo Investigativo, API, ha hecho recorridos a Nuquí, Villavicencio, Puerto Asís, Punta Cana, Cali, Cartagena, entre otros destinos.
Adicionalmente, los días anteriores a la incautación, es decir entre el lunes 17 de mayo y el viernes 14 de mayo, la aeronave había aterrizado en los aeropuertos Perales de Ibagué, El Dorado en Bogotá, Benito Salas de Neiva y Santiago Vila de Girardot. Al respecto, conocedores de la industria de la aviación aseguraron que la compañía de tiene un hangar en Guayamal, muy cerca de la Policía Antinarcóticos.
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GUATEMALA 🇬🇹 (Petén) : Ejército localiza aeronave con 14 paquetes de cocaína y otra en Sayaxché, Petén con 1,056 paquetes de cocaína
El Ejército informó que los radares de la Fuerza Aérea Guatemalteca detectaron por la madrugada de este jueves una aeronave en Petén.
La avioneta aterrizó en el Parque Laguna del Tigre en San Andrés y dentro de ella se localizaron 14 paquetes con cocaína.
Asimismo, ayer la unidad castrense detectó otra aeronave que ingresó de forma ilegal. Esta aterrizó en Sayaxché, Petén. Dentro de la misma se identificaron 1,056 paquetes de cocaína.
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ÉQUATEUR 🇪🇨 (aero-narcotrafic) : augmentation de 600% par rapport à 2019
Pour échapper aux restrictions dues à la pandémie de Covid-19, les cartels de la drogue ont augmenté les expéditions de cocaïne dans de petits avions.
En 2020, les autorités équatoriennes ont saisi 4,6 tonnes de cocaïne transportées dans des avions arrivés en Équateur en provenance du Mexique.
En France, pas de statistiques puisqu’aucun contrôle n’est pratiqué sur nos aérodromes
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SURINAME 🇸🇷 : 900 kilos de cocaïne saisie au sommet d’une montagne
L’homme était chargé de surveiller la cocaïne sur un terrain d’aviation situé sur le plateau de Tafelberg, dans la Réserve naturelle centrale, où la police est intervenue mercredi.
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VENEZUELA 🇻🇪 (État de Falcón – municipio Píritu) : le narco-bimoteur s’est crashé sur la plage
Après vérification et fouille du bimoteur, les agents de la ‘Guardia Nacional Bolivariana’ ont trouvé 120 kilos de cocaïne.
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EQUATEUR 🇪🇨 (Milagro – Canton de Guayas) : saisie de deux monomoteurs et 40 bidons de cocaïne liquide
AERO-NARCOTRAFIC : des jets privés chargés de cocaïne voyagent du Brésil vers l’Europe
Les jets d’affaires sont dans le collimateur des autorités européennes après le démantèlement d’un réseau qui utilisait des avions privés pour faire passer de la cocaïne du Brésil au Portugal.
Huit avions détenus par des sociétés opérant illégalement au Brésil ont été saisis lors d’une opération de police menée le 12 avril pour démanteler le réseau de contrebande, qui a été mis au jour après la saisie de deux avions privés, a rapporté le média brésilien O Globo.
En février, des agents de la police fédérale ont saisi une demi-tonne de cocaïne dissimulée dans un avion à l’aéroport international de Salvador, au Brésil, qui était destiné au Portugal. Les mécaniciens ont découvert la cocaïne – marquée de logos sportifs – après que le pilote eut signalé par radio à la tour de contrôle des problèmes techniques. Selon le journal portugais Correio da Manhã, l’avion appartenait à une compagnie charter.
Auparavant, en octobre 2020, les autorités de l’aéroport international de Lisbonne avaient découvert 175 kilogrammes de cocaïne à bord d’un jet d’affaires privé qui avait décollé de la ville brésilienne de Belo Horizonte. Trois personnes ont été arrêtées, selon le rapport d’O Globo.
Une source policière a déclaré à l’agence de presse Lusa que les autorités portugaises et brésiliennes avaient été alertées d’un potentiel trafic de cocaïne entre les deux pays via des jets privés, en raison de la diminution des vols commerciaux, a rapporté le média portugais Espresso.
Analyse criminelle InSight
Avec des agents portuaires européens en état d’alerte pour la cocaïne dans les cargaisons maritimes et des restrictions permanentes pour les voyages aériens commerciaux, les méthodes éprouvées de contrebande vers l’Europe depuis le Brésil ont été perturbées depuis le début de la pandémie. Mais le système de contrebande de cocaïne par avion privé montre que les trafiquants ont trouvé d’autres moyens d’atteindre les marchés lucratifs de l’Europe.
Au cours des cinq dernières années, le Brésil est devenu le principal point de transit de la cocaïne sud-américaine destinée à l’Europe. Le Portugal, quant à lui, est depuis longtemps un point de passage essentiel pour la cocaïne destinée à d’autres pays de la région.
Traditionnellement, la contrebande de drogue entre les deux pays a été facilitée par leurs grandes infrastructures portuaires. Toutefois, l’augmentation du nombre de saisies importantes de cocaïne dissimulée dans des cargaisons maritimes arrivant dans les principaux ports européens a conduit les groupes criminels organisés à explorer d’autres méthodes.
Les avions privés, malgré leur coût, sont devenus attrayants dans la contrebande transatlantique de drogue. En janvier 2018, les autorités d’un aéroport de Londres ont saisi 15 valises chargées de cocaïne et arrêté cinq passagers d’un jet privé qui avait décollé de Bogota. En 2019, un membre de l’armée de l’air brésilienne a fait passer près de 40 kilogrammes de cocaïne dans un avion militaire se rendant à Séville, en Espagne.
L’Afrique de l’Ouest a également servi de point de transit pour des jets transportant de la cocaïne sud-américaine vers l’Europe.
En 2009, un Boeing 727, qui aurait pu transporter jusqu’à 10 tonnes de cocaïne, s’est écrasé dans le désert au Mali. L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a ensuite mis en garde contre les vols transatlantiques de drogue à destination de la région.
Les petits avions à réaction transportent de la cocaïne vers les États-Unis depuis les années 1970, et ils restent des véhicules de contrebande populaires dans la région. L’utilisation de jets privés pour les vols de drogue à destination de l’Amérique centrale et du Mexique a récemment augmenté. L’année dernière, la police guatémaltèque a mis sous séquestre au moins 15 jets, qui se déplacent plus rapidement que les avions à hélices légers généralement utilisés pour les vols de drogue et peuvent transporter davantage de cocaïne.
Des jets privés ont également transporté de la cocaïne et de l’argent de la drogue à travers les États-Unis, profitant d’aéroports plus petits avec moins de ressources de sécurité.
Un homme d’affaires californien a plaidé coupable en 2017 d’avoir utilisé des jets privés pour le trafic de milliards de dollars de drogue pour le compte du cartel mexicain de Sinaloa.
En plus d’avoir moins de sécurité en général, les aéroports qui reçoivent les jets privés évitent également d’interférer avec leur riche clientèle, ce qui les rend idéaux pour les trafiquants.
Les jets, cependant, sont des véhicules de contrebande coûteux, qui nécessitent souvent la complicité des pilotes. Dans le cas de la récente affaire au Brésil, les autorités affirment que plusieurs partenaires et exploitants d’avions étaient probablement impliqués.
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LIBAN 🇱🇧 (Beyrouth) : les douaniers saisissent onze kilos de cocaïne à l’AIB
PORTUGAL 🇵🇹 (Narco-blanchiment – Coke en stock [CCCXXXIII]) : un gros tas d’euros à Lisbonne
Toutes ces opérations de transfert de drogue rapportent beaucoup d’argent. Mais on a du mal à se rendre compte de ce que ça représente en tas de billets. Mais maintenant on le sait avec la découverte d’un tas énorme chez un trafiquant, et pas n’importe lequel car c’est lui l’organisateur principal du trafic brésilien vers l’Europe.
Depuis, il se fait passer pour mort, ce dont les policiers ne sont pas du tout persuadés… En voilà un qui a essayé de détourner les effets mortels du Covid19 pour jouer au fantôme !
L’opération Cavok avait eu des conséquences ailleurs qu’au Brésil, on s’en serait douté avec un trafic international d’une telle ampleur. A Lisbonne, au Portugal, c’est un tas de billets impressionnants que les enquêteurs on trouvé devant eux. Le tas d’euros paraît sans fin en effet, empilé sur deux tables (cf ici à droite) où il tient à peine. « La police judiciaire portugaise a annoncé vendredi (le 27 novembre 2020) la saisie d’environ 12 millions d’euros de billets dans une maison de Lisbonne.
Le montant, équivalent à plus de 76 millions de reais, a été trouvé lors d’une perquisition qui fait partie de la branche portugaise ‘Operation Enterprise’, un groupe de travail qui enquête sur un système international de trafic de drogue et de blanchiment d’argent depuis 2017.
Selon la police portugaise, l’argent a été retrouvé dans plus de 10 valises dans une voiture à Lisbonne. La justice a également déterminé la saisie de deux maisons au Portugal, qui, ensemble, ont une valeur estimée à 2,5 millions d’euros (voir à la fin du rapport pour d’autres numéros de la task force). L’opération a arrêté 45 personnes depuis lundi, dont 38 rien qu’au Brésil. Au Portugal, où l’action s’appelle «Opération Camaleão», personne n’a été arrêté jusqu’à présent, selon les autorités locales. Avec l’opération, les enquêteurs internationaux estiment avoir démantelé un gang chargé de transporter 45 tonnes de cocaïne en Europe chaque année. Outre la police portugaise, des autorités d’autres pays comme la Belgique, l’Espagne, les Pays-Bas, la Roumanie et les Émirats arabes unis ont participé à l’action. La PF a rempli plus de 200 mandats dans le cadre d’une enquête contre le trafic de drogue. Le dispositif de blanchiment d’argent, toujours selon la PF, impliquait des multimillionnaires au Brésil et à l’étranger avec l’utilisation de plusieurs personnes interposées, appelées oranges, et des sociétés écrans, dans le but de donner une apparence légale au profit du trafic ». L’énorme tas d’argent, lui, appartenant à un trafiquant bien précis… et c’était l’aboutissement, en quelque sorte de l’opération commencée en 2019 au Brésil, et même deux ans auparavant.
Où l’on retrouve nos fameux camions brésiliens
A l’origine, il y a trois ans alors, un cargo au Brésil et un envoi de coke raté : « Le Service fédéral des impôts a déclaré que les enquêtes avaient commencé après une saisie en septembre 2017, lorsque 776 kilogrammes de cocaïne, qui étaient exportés via le port de Paranaguá vers le port d’Anvers,
en Belgique, avaient été saisis. A partir de cette appréhension, toujours selon l’IRS, le PF a ouvert une enquête policière et les deux agences publiques ont agi de concert dans les enquêtes jusqu’à découvrir l’organisation criminelle ». A noter que le 19 mars 2020 on avait intercepté au même endroit 766 kg de cocaïne dissimulés dans un chargement de bois au départ pour le Havre (cf les deux photos ci-contre). Le 14 octobre 2019, c’était 1 300 kilos de coke qui avaient été interceptés dans le même port… décidément récidiviste. 
A Paranagua la drogue arrivait par… camions, comme le montrait déjà ce rapport de 2014… une enquête qui avait été toute simple : elle avait analysé en effet les urines des camionneurs… « Soixante-deux conducteurs ont été inclus dans l’étude. Les analyses toxicologiques ont montré que 8,1% (intervalle de confiance à 95% [IC], 2,7 à 17,8%) des échantillons d’urine étaient positifs pour les drogues (4,8% pour la cocaïne, 1,6% pour l’amphétamine et 1,6% pour les deux); 8,1% ont déclaré avoir consommé de la drogue au cours des 30 jours précédents dans le questionnaire et un seul a été testé positif pour le médicament dans l’échantillon d’urine. Aucun échantillon n’était positif pour les cannabinoïdes.
Au total, au moins 14,5% (IC à 95%, 6,9-25,8%) avaient consommé des drogues illicites au cours des 30 jours précédents sur la base d’auto-déclarations et de tests d’urine. Les conducteurs qui ont déclaré avoir été impliqués dans des accidents de la route l’année précédente ont été plus souvent testés positifs à la détection de drogues dans des échantillons biologiques (P <0,05). » Ici à droite la tonne découverte le 9 juillet 2018.
Le 10 juin c’était 390 kilos de chlorhydrate de cocaïne, cachée dans un conteneur chargé de contreplaqué et à destination du port d’Anvers, encore une fois. Le lendemain, le 11, la coke était dissimulée dans le bras mécanique d’une pelle excaveuse qui devait également être envoyée en Belgique. Dans le même conteneur, un tracteur était également transporté. Il y en avait cette fois 881 kilos au total, qu’il a fallu extraire en découpant le fer de la structure avec des meules spéciales apportées par les pompiers !!! Ci-dessous un autre chargement de contreplaqué découvert en Itlalie (avec des trafiquants fans d’History Channel, visiblement (1) !):

L’organisateur principal du trafic vivait à Marbella
En réalité la police portugaise cherchait autre chose, ou plutôt quelqu’un de précis. Le maître d’œuvre d’une bonne cinquantaine de cargaisons de plus d’une tonne de coke : « le raid a été mené dans l’espoir de mettre fin au fugitif international, Sérgio Carvalho, 62 ans, soi-disant originaire du Surinam, alias Paul Wouter, un ancien major de la police militaire brésilienne, surnommé «le major», qui est le cerveau derrière un énorme transport de cocaïne qui a été saisi sur la côte galicienne de l’Espagne en 2017, pour lequel une peine de 13 ans de prison a été prononcée par la police espagnole, qui affirme que ses activités criminelles remontent à 1997, alors qu’il était apparemment toujours dans la police brésilienne.
Carvalho-Wouters aurait «vécu comme un roi» dans la station balnéaire de luxe espagnole de Marbella, et récemment, des histoires circulaient selon lesquelles il était mort d’un coronavirus et avait été incinéré, une réclamation auprès des autorités n’achetant pas, comme il y en a eu aucune confirmation officielle de sa mort. Luís Neves, chef de la police de PJ, a déclaré que le transport n’était « qu’une petite partie de l’argent provenant du trafic », et qu’il est connu pour être un visiteur régulier à Lisbonne, où ses deux appartements de luxe, d’une valeur d’environ 2,5 millions d’euros, ont ont été confisqués, dans lesquels la police a trouvé « divers comptes bancaires et documents, qui permettront à la police d’avancer encore plus loin », le total cumulé jusqu’à présent récupéré lors des raids antérieurs contre Carvalho se chiffrant à 163 propriétés, 70 voitures, 37 avions et diverses cachettes de trésorerie en Belgique et au Brésil. » Sous le nom de Wouter, il se présentait comme responsable de plusieurs entreprises d’importation de fruits de mer au Maroc et à Dubaï.
Un homme très organisé et très puissant que cet ancien policier brésilien : « jusqu’à six cellules parfaitement équipées fonctionnent à son service, chacune avec une fonction spécifique. Ainsi, il dispose d’un groupe dédié au transport de drogue par bateau, d’un autre qui fournit des infrastructures aériennes (dans l’opération Enterprise plusieurs avions de grande capacité de fret ont été saisis) et jusqu’à trois organisations différentes pour expédier de la cocaïne cachée dans des conteneurs, avec deux ports de départ vers l’Europe: Natal (ici à gauche) et Paraguaná.
Ces deux quais étaient les principaux, mais pas les seuls, utilisés par l’organisation. Les autorités judiciaires et policières de Pontevedra sont claires: « Il est plus puissant que n’importe lequel des trafiquants de drogue galiciens » En tant que portes d’entrée vers l’Europe, outre la Galice, le cartel de Carvalho a opéré en Espagne et au Portugal, également en Afrique, en Allemagne, en France, en Italie et même au Danemark, mais surtout il l’a fait via les deux ports ayant le plus de trafiquants de drogue au mètre carré au monde: Rotterdam et Anvers. Les deux sont pleins de taupes. La preuve en est que seuls six des 59 envois attribués au groupe ont été saisis dans les enclaves susmentionnées. La police fédérale, cependant, gère les preuves que 14 autres conteneurs contenant des milliers de kilos de cocaïne saisis à l’origine (au Brésil) étaient destinés à ces endroits. »
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AFGHANISTAN 🇦🇫 (premier producteur d’héroïne au monde) : comment les Etats-Unis ont consolidé un narco-Etat ?
L’Afghanistan, où les talibans avaient éradiqué en 2001 le pavot, est redevenu la principale source de l’héroïne mondiale tout au long des vingt années d’intervention américaine.
Joe Biden a décidé de mettre fin en Afghanistan, en septembre prochain, à la plus longue guerre de l’histoire des Etats-Unis. Tout a déjà été écrit, et très bien écrit, sur le paradoxe de ce conflit, déclenché pour renverser les talibans, avec qui Washington négocie aujourd’hui les conditions les moins défavorables de son retrait. En revanche, peu d’attention a été accordée au fait que l’Afghanistan, où les talibans étaient parvenus en 2001 à interdire la culture du pavot, est redevenu la principale source de l’héroïne mondiale durant chacune des vingt années de l’intervention américaine. Avec 20% à 30% du PNB afghan liés à l’opium, la République islamique de Kaboul est gangrénée à bien des égards par la production et le trafic de stupéfiants (à titre de comparaison, seuls 6% du PNB colombien étaient liés à la cocaïne au plus fort de l’activité des cartels, à la fin du siècle dernier).
LE RETOUR DES PARRAINS DE L’OPIUM
LES ETATS-UNIS ÉPARGNÉS PAR L’HÉROÏNE AFGHANE
L’héroïne écoulée sur le marché américain vient essentiellement du Mexique, alors que c’est la drogue produite et raffinée en Afghanistan qui fait des ravages en Europe (la France compte plus de 150.000 héroïnomanes).
D’UN CLIC, LIRE l’article de
Relire :
La Mafia albanaise…et la base militaire étasunienne de Bondsteel
et aussi
AFGHANISTAN: les réseaux des barons afghans du trafic d’opium et d’héroïne et le terrorisme
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NARCONEWS (Coke en stock – CCCXXXI) : pilotes et caïds arrêtés
Il y a les avions bien sûr, mais aussi les pilotes, derrière ce trafic immense qui ravage tout le Brésil. Certains, on va le voir, sont des beaux cas d’espèce. Comme le sont les trafiquants, parmi lesquels de très jeunes… réputés comme étant les plus violents, sur le modèle des mexicains. On va en décrire un, une sorte de jeune freluquet devenu le second chef du PCC, pas moins, arrêté en bord de plage d’Ipanema, dans sa villa luxueuse, alors qu’il s’activait surtout à la frontière avec le Paraguay, le pays relais indispensable aux boliviens et aux péruviens.
Les pilotes : hélicoptères et piments, la bonne recette ?
L’une des personnes repérées dans la rafle, en qualité de pilote narco, s’appelle Victor Pessoa. Il a été cité dans le long et excellent reportage TV de Fantastico (Globo) sur la saisie. Il détient l’entreprise Victor André Hoalnda Pessoa de Helicopter Aviation Support Servicos e Comercio Ltda, installée dans le Hangar 23C2 de l’aérodrome « municipal » Augusto de Oliveira Salvação d’Americana, et sa petite piste de 1100 m… , mais ses 24 hangars, étalés le long du même kilomètre !!!
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NARCONEWS (coke en stock – CCCXXX) : les avions saisis l’été 2020
On arrive donc à notre saisie annoncée. Il y a de tout, comme modèles, comme on a affaire à différents groupes et différents aérodromes : des plus petits appareils aux plus grands, c’est fou le nombre d’engins qu’ont utilisé au Brésil les trafiquants. La plus grosse prise étant un Falcon 50, denrée rare dans le secteur, qui mène au final la drogue… en Europe, via un dernier trajet par container le plus souvent !
Un rappel historique pour commencer
C’est l’Etat du Goias qui avait ouvert le bal déjà, fin 2019, en déclarant avoir mis sous séquestre la quarantaine d’avions déjà cités comme liés à João Soares Rocha, avec comme photo d’appui le petit Embraer EMB-711B Coriscoe PT-NRV aperçu ici le 1er septembre 2018 sur l’aérodrome de Canarana. Selon les registres, c’est celui d’Hilario Moacir Herter de Asa Agropecuária Santo Antônio Ltda.

Un petit aérodrome fort discret, visité par une foule de petits engins, dont le PT-WIP, un Embraer EMB-810D Seneca III repeint (ici sa vieille livrée de 2008) qui avait jadis défrayé la chronique du CPI lorsque le 7 mas 2000 vers 13 h il avait dérapé sur la piste de l’aéroport de Pindamonhangaba. L’avion, appartenant désormais à Diego Alonço Dos Reis (aux nombreux ennuis judiciaires), avait glissé sur la piste de l’aéroport de Pinda en blessant sévèrement ses passagers. Il appartenait alors à à la société Cruz de Malta et avait été loué par Dispetro, qui travaillait pour Petroforte dirigé alors par Ari Natalino da Silva. La raison de son atterrissage raté était la pluie, mais aussi.. son chargement trop lourd de cocaïne qui s’était volatilisé, juste après comme par miracle… Trois jours après le passage des députés de la CPI à Campinas, l’ancien directeur du distributeur de carburant Brasil Petro, Hipólito de Oliveira, 48 ans, était abattu de trois coups de feu à Paulínia, le début d’un long dossier mêlant vente de pétrole frelaté, mafia brésilienne et… cocaïne !
Lire ici le détail. « en moins de dix ans, le distributeur (Petroforte) a donné naissance à plus de 200 entreprises qui, selon l’accusation, constituaient l’une des plus grandes organisations criminelles de l’histoire du pays. Parmi les crimes signalés par le député figurent également l’évasion fiscale, la falsification de documents, la mise sous séquestre, les délits de banqueroute et le détournement d’actifs ». L’aérodrome de Jetaï était le fief narco de l’époque… A droite c’est l’un des premiers avions utilisé par les trafiquants, le Cessna Skylane PT-JTH (aujourd’hui au Centro De Uro-Nefrologia LTDA). La coke par avion au Brésil c’est une vieille histoire, qui aujourd’hui du Paraguay a rejoint la côte Est : « la police fédérale de Pernambuco a passé deux ans à surveiller les criminels en collaboration avec les autorités internationales, telles que la National Crime Agency (NCA), à Londres, et a révélé que le programme continuait de fonctionner même pendant la pandémie » peut-on lire ici.










