Aviseur International renseigne, sans complaisance, sur la problématique de la drogue, du narcotrafic, de la corruption et sur les politiques mises en œuvre par les différents Etats et les dérives que s'autorisent les fonctionnaires des administrations — aviseurinternational@proton.me — 33 (0) 6 84 30 31 81
Le chef du gang, un ressortissant serbe résidant au Brésil, figure parmi les personnes arrêtées.
L’enquête, menée dans le cadre de l’Operational Taskforce (OTF) « Balkan Cartel » d’Europol, est le fruit d’une collaboration entre les autorités chargées de l’application de la loi des deux côtés de l’océan Atlantique. Au cours de la dernière année et demie, les autorités impliquées ont travaillé sans relâche pour recueillir des renseignements et coordonner les activités opérationnelles. Le groupe criminel ciblé, connu pour son réseau complexe s’étendant des deux côtés de l’Atlantique, était impliqué dans le trafic à grande échelle de cocaïne en provenance d’Amérique du Sud vers diverses destinations européennes.
Aux premières heures du 5 octobre, une série de raids ont été menés à différents endroits au Brésil (São Paulo, Ceará, Paraná, Rio Grande do Norte et Santa Catarina). En conséquence, 16 suspects ont été arrêtés, dont plusieurs avaient des liens avec l’organisation criminelle « Primeiro Comando da Capital ». Le chef serbe était l’une des cibles les plus importantes de l’OTF Balkan Cartel d’Europol en raison de son rôle dans l’organisation de nombreuses expéditions de drogue entre les continents.
Les enquêteurs brésiliens ont pu relier ce gang criminel à deux récentes saisies de cocaïne : une de 5,7 tonnes de cocaïne à bord d’un bateau de pêche au Cap-Vert en avril 2022, et une seconde de 1,3 tonne de cocaïne à bord d’un bateau de pêche à Fortaleza, au Brésil, en août 2022.
Au total, 12 suspects – 10 ressortissants brésiliens et 2 ressortissants monténégrins – avaient été arrêtés à ces deux occasions.
L’enquête a été menée en grande partie au sein de l’OTF Balkan Cartel d’Europol, Europol fournissant des informations et des analyses continues pour soutenir les enquêteurs de terrain au Brésil et les agences impliquées dans l’opération. Les preuves recueillies lors des raids seront désormais analysées pour identifier de nouvelles pistes d’enquête qui pourront être développées plus avant au sein de l’Operational Taskforce, qui comprend les autorités chargées de l’application de la loi de 11 pays.
Les autorités suivantes ont participé à l’enquête :
« Narco-État » : le terme est désormais très répandu pour qualifier un territoire où de colossales sommes d’argent issues du trafic de drogue structurent l’économie criminelle. Cette formule est parfois employée pour désigner certains pays européens, y compris la France, la Belgique et les Pays-Bas.
Certes, au regard des milliards d’euros produits par les entreprises, ces trois pays sont loin d’être des narco-États où tout l’appareil de production serait dédié à une activité criminelle. Il n’en demeure pas moins que le crime organisé est en plein essor en Europe et en France.
La drogue reste le premier facteur d’accumulation de richesse du crime organisé. Quelles sont les raisons qui font de la France un pays situé au cœur de la majorité des trafics sur le continent européen ?
France : augmentation continue du trafic et de la consommation
Pour dresser un état des lieux du trafic de drogue, les chercheurs s’appuient sur trois indicateurs : les saisies, les surfaces de production et les enquêtes de consommation. Ces informations peuvent être croisées avec les déclarations des trafiquants qui témoignent devant les tribunaux ou dans des livres.
La situation de la France, notamment en termes d’augmentation des saisies (cf. tableau ci-dessous), est en cohérence avec la géopolitique mondiale des drogues.
Les prix médians de toutes les drogues sont relativement stables, mais la pureté des produits est de plus en plus élevée. Le cannabis consommé aujourd’hui en France contient 4 à 5 fois plus de THC que celui consommé il y a 20 ans. Le nombre de personnes interpellées pour trafic de stupéfiants en France est en forte augmentation depuis 20 ans (doublement de 2005 à 2009). 44 000 personnes ont été interpellées en 2020.
Le secteur de la drogue générerait en France environ 3 milliards d’euros de gains par an et impliquerait 240 000 personnes pour le seul trafic de cannabis. Un des principaux moyens de distribution des drogues en France demeure le consommateur-revendeur. Une partie d’entre eux constituent une multitude de petits réseaux d’usagers-revendeurs qui s’approvisionnent via un trafic de « fourmis », en particulier aux Pays-Bas ou en Espagne. Le reste de la drogue consommée en France est acheminée par des réseaux criminels qui profitent de la mondialisation de l’économie.
Géopolitique des drogues en France : des contraintes structurelles
Produites au Sud, les drogues sont consommées au Nord. Ni la France, ni la Belgique, ni les Pays-Bas ne sont en capacité de stopper leur arrivée. Le cannabis provient avant tout du Maroc, qui est l’un des principaux producteurs de résine de cannabis au monde. Cette production est un facteur de stabilité sociale dans la région du Rif, traditionnellement rebelle, très pauvre, où le cannabis fait vivre des centaines de milliers de personnes.
Si le cannabis marocain arrive si aisément en France, c’est dans une vaste mesure parce que Paris et Rabat ont des intérêts géopolitiques communs dont la préservation se fait au détriment de la lutte contre le trafic. Les forces de l’ordre sont tributaires de ces intérêts géopolitiques qu’elles ne maîtrisent pas. D’une part, une partie de l’élite politique et administrative marocaine est impliquée dans le trafic de drogue à travers des schémas de corruption ; mais, d’autre part, le Maroc est un allié important de la France dans la lutte contre le djihadisme en Afrique du Nord et dans la lutte contre l’immigration clandestine. C’est pourquoi, en dépit d’actions répressives dans les deux pays (éradication des plants de cannabis au Maroc et saisies en France), le trafic de cannabis perdure.
La cocaïne arrive en France par différents moyens. La voie maritime du commerce mondial demeure prégnante. La drogue voyage par conteneurs, avec la complicité de sociétés de transport ou à leur insu selon la technique du rip off. Les saisies de cocaïne dans le port du Havre sont passées de 2,8 tonnes en 2019 à 3,8 tonnes en 2020 puis 11 tonnes en 2021. Les ballots de cocaïne peuvent aussi être largués en mer et récupérés par des trafiquants, selon une technique mise en place par les clans galiciens dans les années 1980.
En outre, le trafic vers la France passe par les zones de stockage mises en place par les trafiquants dans les années 2000 en Afrique subsaharienne (500 kilos saisis en 1997, 5 tonnes en 2007), puis dans les Caraïbes. Les trafiquants français installés dans les Caraïbes ont créé une « autoroute de la cocaïne par voilier » comme le démontrent les saisies de cocaïne depuis 10 ans.
Les zones de transit de la cocaïne dans les Caraïbes et en Afrique. Carte de Pascale Perez, dans Crime trafics et réseaux, Ellipes, 2012, p. 61.
De nouvelles routes s’ouvrent en envoyant la cocaïne par bateau en Russie et en Ukraine. Cette cocaïne revient ensuite sur le marché occidental par camion, comme en témoignent les saisies de cocaïne impliquant des organisations serbes et monténégrines. La guerre actuelle semble toutefois avoir provisoirement interrompu cette route.
La route « Amérique du Sud-Europe de l’Est » pour livrer la cocaine en Europe de l’Ouest. Carte Pascale Perez dans Crime trafics et réseaux, ed. Ellipes, 2012, p. 61.
Enfin, en ce qui concerne les drogues de synthèse, le trafic est moins documenté mais il fait l’objet d’un « trafic de fourmis », en particulier en provenance des Pays-Bas (et de la province belge du Limbourg) devenus le principal producteur d’ecstasy au monde.
La force des organisations criminelles françaises
L’émergence des organisations trafiquantes des quartiers populaires est confirmée. Investies dans la vente de tous les stupéfiants soit en gros, soit en détail, elles gèrent 4 000 grands points de deal en France dans les grandes métropoles comme dans les villes moyennes.
Ces dernières années, on observe leur mainmise croissante sur le marché de la cocaïne, la diversification des produits revendus dérivés du cannabis (variétés hybrides, huiles, résines, concentrés) et le recours de plus en plus fréquent aux livraisons à domicile via des « centrales d’achat » recourant aux techniques propres au marketing direct (packaging, promotions, carte de fidélité…) par l’entremise des réseaux sociaux.
Pour protéger leur système, les coteries trafiquantes françaises n’hésitent plus désormais à employer des armes de guerre lors des règlements de comptes. Les enlèvements et séquestrations liés au trafic de stupéfiants sont devenus une pratique courante en France : 129 en 2020, 128 en 2022, soit une fois tous les trois jours, les chiffres réels étant sans doute plus élevés, toutes les victimes ne se signalant pas au regard de leurs activités.
La violence systémique déjà évoquée s’accompagne parfois d’une véritable force de corruption. À Canteleu, dans la banlieue de Rouen, une bande avait acquis un tel pouvoir d’intimidation qu’elle exerçait des pressions sur la mairie afin que celle-ci ferme les yeux sur ses activités. Les affaires de corruption des forces de l’ordre se succèdent. Sur la corruption du personnel politique, nous manquons de données judiciaires mais des sources existent.
Les narco-comptoirs du nouveau banditisme français
Les réseaux dits « de cité » sont très organisés et efficaces en matière de logistique. Ils ne sont plus les petites mains des anciens gangsters français, qui dépendaient de l’approvisionnement de ces derniers. Dans les années 1990/2000, les caïds des cités devaient se rendre en Espagne pour discuter avec un narco-courtier de l’ancienne génération pour obtenir du cannabis. Depuis vingt ans, les narco-bandits des cités ont acquis une dimension transnationale en s’approvisionnant directement en Colombie et au Maroc, où ils sont parfois propriétaires des champs de cannabis.
Ce phénomène d’alliance est favorisé par le fait que la France est aussi une terre de repli, de blanchiment et parfois de trafic de drogue pour les organisations étrangères. Par exemple, la mafia albanophone joue un rôle important dans le trafic d’héroïne, particulièrement dans la région Rhône-Alpes, où elle tient 90 % du trafic d’héroïne.
Cet article, rédigé à l’aide de la revue de presse quotidienne du site crimorg.com a été co-écrit avec Mehdi Ajerar, spécialiste de la géopolitique du crime organisé et du terrorisme. Mehdi Ajerar a rédigé, à l’Université Paris 8, un mémoire de géopolitique sur les représentations criminelles du trafic de drogue à Saint-Ouen à l’Université Paris 8. Il est titulaire d’un master 2 de criminologie au CNAM et membre de l’association Crim’HALT.
L’opération a eu lieu en début de soirée ce 8 octobre.
C’est Le Parisien qui nous informe que les douaniers ont intercepté un poids lourd immatriculé en Hongrie contenant plus de 130 kilos de cocaïne. Les deux occupants, deux hommes d’une cinquantaine d’années, ont été placés en retenue administrative avant d’ être remis à l’OFAST;
Nouveau coup de filet anti-drogue contre le réseau Sparrow de Cannes
Les policiers niçois ont intercepté un « go fast » arrivant d’Espagne avec plus de 17 kilos de cocaïne à bord. Trois jeunes hommes ont été présentés à un juge d’instruction ce mardi 8 octobre.
Cette équipe de joueurs de poker avait trouvé le moyen de se financer en menant l’activité la plus rémunératrice du monde du crime.
Tous liés à des cercles de jeux, ces trafiquants de cocaïne faisaient venir la marchandise sous couvert de déménagement.
L’un de ces trafiquants de drogue, âgé de 45 ans, a été remis en liberté, mercredi 2 octobre par la chambre de l’instruction de Paris, grâce à un coup de bluff judiciaire. Cette dernière a confirmé la décision du juge des libertés prise mi-septembre. L’avocat du trafiquant, Me Tarek Koraitem, avait obtenu sa libération en ne se présentant pas au débat. « Un coup un peu tordu parce qu’en appel, l’absence de conseil vaut une remise en liberté », commente une source proche du dossier.
Le cargo « Ras », long de 70 mètres, battant pavillon tanzanien 🇹🇿, alors qu’il naviguait à environ 130 milles au nord-est de Lanzarote, transportait plus de 4.000 kilogrammes de cocaïne.
L’interception et le contrôle du cargo a été effectué par l’équipage du navire d’opérations spéciales du SVA (Surveillance douanière espagnol) « Petrel », en collaboration avec le patrouilleur douanier français « DPF-3″, au cours de l’opération « Pascal-Lino 2024 »
Les dix membres d’équipage du « RAS » ont été arrêtés.
Eleven people have been charged with attempting to smuggle more than 300 kilos of cannabis into the UK via Heathrow and Gatwick airports over the space of two days.
National Crime Agency investigators questioned the individuals following their arrest by Border Force officers, after they which they were charged with smuggling class B drugs.
Paige Jonas-Willingham, 21, of no fixed abode, and Paul Lambert, 42, from Salford, arrived on Saturday (21 September) on a flight from Bangkok, via Muscat. Approximately 45 kilos of cannabis was found in two suitcases from the same flight.
A third person, Raekelle Powell, 22, a professional volleyball player from Toronto in Canada arrived the same day on a flight from that city and was stopped after officers discovered approximately 19 kilos of the drug in suitcases.
A fourth person, Victoria Roberson, 35, from California, USA, arrived on the same day and was stopped after officers discovered approximately 36 kilos of cannabis in checked-in baggage.
On Sunday, Siobhan McTavey, 24, from Northern Ireland, arrived on a flight from Bangkok via Doha. Border Force officers found 45 kilos of the drug in baggage.
Malaysian national Chew Meu Wong, 42, arrived from Bangkok via Bahrain and was arrested after 43 kilos of cannabis was found in a bag.
Canadian nationals Christopher Duffell, 44, and Tania Fetherston, 51, who arrived on a flight from Toronto via Copenhagen, were arrested after 30.7 kilos and 34.7 kilos of the drug were found in luggage.
Malaysian national Siew Fong Chua, 33, who arrived on a flight from Bangkok, was arrested after 17.1 kilos of the drug was found in luggage.
Two people were also arrested at Gatwick after two bags which each contained 20 kilos of cannabis were seized. They were Peter Kargbo, 22, from Wolverhampton, who had arrived on a flight from Bangkok on Saturday, and 29-year-old Canadian national Malik Barrett, who had arrived on a flight from Toronto on Sunday.
Jonas-Willingham, Lambert, Roberson, Powell and McTavey all appeared at Uxbridge Magistrates Court on Tuesday (24 September), with Chua, Fetherston, Duffell and Wong appearing yesterday. All were remanded into custody before their next appearance at Isleworth Crown Court on 24 October.
Kargbo and Barrett appeared at Croydon Magistrates Court on Tuesday, where they were remanded into custody before their next appearances at Croydon Crown Court on 21 October and 28 October respectively.
Between the 14th and 20th September 17 people have been arrested and charged with attempting to traffic approximately 618 kilos of cannabis into the UK. They include professional footballer Jay Emmanuel-Thomas and Nathaniel Benson, who are currently remanded in custody ahead of their next court appearances.
In August, the NCA issued a warning to travellers arriving into the UK from Thailand, Canada and the USA that they face jail sentences if caught attempting to smuggle cannabis into the country. However, arrests are still being made and the amount of cannabis seized in the UK so far in 2024 is three times more than the whole of 2023.
The increase in these seizures is fuelled by organised crime gangs who have access to cannabis grown overseas, in locations where it is legal, who are recruiting couriers to transport it to the UK where it can generate greater profit for them than growing the drugs themselves.
NCA Branch Commander Andy Noyes said:
“The NCA continues to warn people attempting to smuggle huge quantities of cannabis into the country.
“The gangs behind the trafficking of cannabis into the UK do not care that the couriers will likely be arrested and end up in prison – their sole purpose is to make money.
“Anyone who attempts to smuggle drugs into the UK needs to know that you will be identified, you will be arrested and you will spend time in prison.”
The NCA continues to work with law enforcement partners in both the UK and overseas to target high-risk routes, seize shipments of drugs and disrupt the criminal gangs involved, denying them profits.
Anyone with information on the smuggling of drugs through UK ports is urged to report it, anonymously if they prefer, by calling Border Force’s Customs Hotline on 0800 595 000.
Les enquêteurs, qui agissaient sur commission rogatoire d’une juge vannetaise, auraient profité d’un go fast pour faire tomber le réseau. Saisie de 41 kilos de cocaïne. et découverte de 85 000 € en liquide.
Samedi 21 septembre, une opération de trafic international de 8 tonnes et 112 kg de chira, via le port de Safi a été interrompue. Interpellation de 21 individus, âgés entre 24 et 48 ans, et saisie de barils contenant 1.160 litres d’essence.
C’est RTL qui nous annonce que l’OFAST (Office anti-stupéfiants qui a repris l’OCRTIS) vient d’ouvrir une antenne uniquement dédiée au trafic par voies maritimes sur le Port de Marseille.
9 policiers auront pour mission de détecter les mouvements suspects et de renforcer l’échange de renseignements avec les douanes et la gendarmerie maritime, afin de « taper » le bon conteneur, voir la bonne valise de croisiériste.
Les policiers de l’OFAST pourront s’appuyer sur une « cross portuaire », cellule de renseignements opérationnelle sur les stupéfiants qui va réunir chaque mois les différentes autorités sur le Port.
Pour éviter qu’ils se perdent, ‘Aviseur international’ est heureux d’offrir une carte de Marseilleaux enquêteurs de l’OFAST, voire aux futurs infiltrés à la DNRED ou à la Gendarmerie maritime.
Je me souviens à Nantes, à l’Échelon DNRED, on était obligé de sortir lorsqu’on abordait sérieusement une opération. L’attaché police avait de très grandes oreilles et des qu’il savait ou imaginait quelque chose, il répercutait à sa hiérarchie! J’ai des témoins en retraite qui peuvent confirmer!
Mais çà c’était hier! Aujourd’hui, ils sont tous « copains comme cochons » et les policiers ont oubliés les « facéties » de David Cugnetti , aujourd’hui parti comme directeur à Perpignan et de son directeur Erwan Guilmin, le DOD de la DNRED, qui fit péter les 7 tonnes du Bd Exelmans!
Cinq personnes ont été placées en garde à vue au commissariat d’Avignon. Tel est le bilan d’une opération menée au milieu de la nuit du 15 au 16 septembre.
La police anti-drogues du Paraguay a saisi plus de quatre tonnes de cocaïne dissimulée dans des sacs de sucre qui étaient en partance pour la Belgique depuis la capitale Asuncion, ont annoncé les autorités mardi 16 juillet 2024. La saisie totale, représentant 4 016 kilos, «est un record historique», s’est félicité en conférence de presse le responsable du Secrétariat national anti-drogues, Jalil Rachid. L’opération Dulzura (douceur, en français) a été menée par une brigade spécialisée, qui a retrouvé les conteneurs suspects dans le port privé Cacupemi. Selon les autorités, la mission n’est pas encore terminée, car il «pourrait y avoir d’autres surprises».
Sans tambours ni trompettes, les douaniers ont intercepté au péage du viaduc de Millau, dimanche 23 juin, un homme âgé de 35 ans qui transportait à bord de son véhicule 396 kg de cannabis.
Il agissait sur un mode opératoire de type « go fast ».
Les douaniers ont dû crever les pneus de sa voiture pour le stopper.
Souvenons nous du juge Jean Louis Bruguiére qui aimait tant montrer son 357 magnum qu’il posait sur son bureau lors de ses interrogatoires.
« Par sa folie des grandeurs, ses airs faussement mystérieux, sa pipe façon Maigret, son 357 Magnum ostensible, ses méthodes à la hussarde, sa fascination pour les services secrets et les chefs d’États, sa radinerie maladive et son incroyable mégalomanie, la prétendue «terreur des terroristes» Jean-Louis Bruguière a fini par débecqueter PATRICIA TOURANCHEAU.«
La violence qui envahit chaque jour nos cités démontrent le peu de valeur que le monde narco-criminel attache à la vie humaine.
L’exemple de l’assassinat du juge Marcelo Pecci, spécialiste du crime organisé, par des hommes arrivés en jet-ski sur la plage du complexe hôtelier où il séjournait démontre que désormais, être Magistrat ne génère plus automatiquement le respect et la garantie de rester en vie.
Dans le dernier COKE en STOCK mis en ligne ce 27 juin 2024, ce drame est abordé en précisant qu’ « On ne dira jamais assez pourquoi l’assassinat du juge Pecci en mai 2022 en Colombie a marqué un tournant dans l’histoire du trafic de cocaïne en Amérique du Sud, car plusieurs pays étaient concernés (La Bolivie, Le Paraguay, l’Argentine et l’Uruguay, -mais aussi Dubaï, autre nœud du problème-) et on s’était enfin avec lui intéressé à un réseau naissant très prometteur via la personnalité fantasque sinon dérangée de son jeune leader imprévisible et fort dangereux. Aujourd’hui en fuite, il nargue toujours les quatre premiers états cités, pas moins, notamment en ayant fait il y a six mois à peine une interview sur une grande chaîne de TV du pays.«
L’une des premières actions qui avait mis l’action du juge Pecci en lumière était l’exhibition le 6 juillet 2015 dans l’aéroport de la capitale de plusieurs avions ayant servi à transporter de la drogue, détectés avec des traces de cocaïne détectées à bord.
Grâce à lui, et cette mise en scène, on avait pu comprendre les méthodes des trafiquants, à savoir l’utilisation d’avions trafiqués dans tous les sens du terme, et dont un des principaux fournisseurs ne sera, lui, arrêté aux Etats-Unis que fort tardivement, après avoir délivré des dizaines d’avions bons pour la ferraille et littéralement ressuscités à grands coups de marteau, de soudure et de kilos de peinture dans ses ateliers d’Asuncion-Pettirossi tout cela en plein centre du pays, et à la vue des autorités qui l’avaient laissé agir impunément.
Plus grave et inquiétant, Marcelo PECCI s’était aussi heurté à une lutte interne au sein de son administration « alors que la poursuite a ajouté des preuves de l’utilisation de machines pour le transport de stupéfiants, deux juges, Maria Gricelda Caballero (ici àdroite) et Tadeo Fernández Caballero ( à gauche), ont essayé de libérer ou d’enlever la confiscation de sept des avions, affirmant qu’ils n’avaient pas de problèmes d’inscription »
« Pour cette raison, les deux magistrats font l’objet d’une enquête par la Cour Suprême de Justice, tandis que le Bureau du Procureur des Magistrats a rédigé la plainte contre Caballero et Fernández, ont indiqué nos sources ».
Nicolas Bessone, le Procureur de la République de Marseille a expliqué que l’enquête a débuté en septembre avec la découverte de produit (servant à la conception de drogue) au Havre. Les suites, mènent les enquêteurs à s’intéresser au Var : « le 18 juin, deux individus sont identifiés en train de mettre des produits dans un box à proximité de Brignoles, dans le véhicule saisi, les enquêteurs découvrent des cartons de ce qui s’avérera être de la métamphétamine ».
Au total, cette opération, qui s’est terminée hier à Malaga, a permis l’arrestation de 40 détenus, dont trois de grande valeur (HVT), au Brésil 🇧🇷, en Croatie 🇭🇷, en Allemagne 🇩🇪, en Espagne 🇪🇸 et en Turquie 🇹🇷 ; huit tonnes de cocaïne ont été saisies en Belgique 🇧🇪, aux Pays-Bas 🇳🇱 et en Espagne 🇪🇸 ; 12,5 millions d’euros en Europe et 3 millions de dollars au Brésil, et plus de 50 millions d’euros bloqués en Serbie 🇷🇸.
Du côté de l’Espagne, cette enquête a été dirigée par le Tribunal Central d’Instruction numéro 6 de la AUDIENCIA NACIONAL, et menée à bien par le Département Anti-Trafic de Drogue de l’UCO.
L’opération Adriatica, dirigée par la Guardia civil, a permis d’arrêter aussi les prétendus caïds Nenad Petrak et Kristjian Palic.
Nenad Petrak
Kristjian Palic.
L’organisation dominait les routes maritimes de la cocaïne du Brésil vers l’Europe, en passant par les îles Canaries et l’Afrique de l’Ouest et les donneurs d’ordres résidaient en Turquie et à Dubaï.
La Costa del Sol réapparaît comme lieu de rencontre des personnes enquêtées.
Entretien réalisé par Myriam Sandouno – Cité du Vatican
Dans cette région où persistent la violence et les attaques terroristes, les saisies de drogue ont grimpé en flèche. Selon un rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et la criminalité rendu public en avril dernier, en 2022, 1.466 kg de cocaïne ont été saisis au Mali, au Tchad, au Burkina Faso et au Niger, contre une moyenne de 13 kg entre 2013 et 2020.
Seidik Abba, spécialiste du Sahel, appelle les organisations sous-régionales à se pencher sur cette question.
Les réseaux de trafic de drogue continuent de prospérer dans le Sahel, région de transit, mais aussi de consommation de stupéfiants. La cocaïne reste la drogue la plus saisie dans le Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad), après la résine de cannabis, comme l’indique le rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et la criminalité. En 2022, 1.466 kg de cocaïne ont été saisis au Mali, au Tchad, au Burkina Faso et au Niger, contre une moyenne de 13 kg entre 2013 et 2020. Tous ces pays ont connu des coups d’État et les attaques terroristes s’y multiplient. En effet vendredi 7 juin dernier, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avait appelé à «une action internationale immédiate» pour empêcher de nouveaux déplacements forcés de civils au Sahel. Dans ce trafic de drogue selon l’ONU, des groupes armés criminels, jihadistes, ou alliés des régimes en place sont impliqués à divers degrés.
Et comme le souligne Seidik Abba, spécialiste du Sahel et président du Centre international de réflexions et d’études sur le Sahel , «ces trafiquants-là auraient orienté leur chemin de la drogue en utilisant particulièrement certains états côtiers de cette partie qui sont vulnérables». Il évoque notamment la Guinée-Bissau, le Cap-Vert, où «des quantités de drogue sont soit débarquées par les moyens aériens, soit par des voies maritimes». Cette drogue «est ensuite convoyée vers les pays du Sahel particulièrement, et elle remonte par le Maghreb pour aller en Europe. Cette activité criminelle rapporte beaucoup d’argent: c’est souvent des chiffres à milliards de francs» affirme-t-il dans une interview accordée aux médias du Vatican.
À qui profite le plus ce trafic de drogue dans le Sahel?
Le trafic profite plus aux cartels de la drogue, qui ne sont malheureusement pas africains. En réalité, ce que perçoivent les intermédiaires africains, ne représentent pas 10% de ce que cette drogue rapporte. Les patrons de ce cartel sont installés, soit hors de l’Afrique, à Dubaï, ou dans les pays d’Amérique latine, c’est à eux que la drogue profite véritablement. Pour les djihadistes, ce pacha de la drogue présente un intérêt. Parce que s’ils étaient cohérents, ils auraient interdit carrément le trafic de drogue au nom de la religion qu’ils défendent. Mais comme ils s’en servent, ils ont donc trouvé cette formule de pouvoir percevoir des taxes sur la drogue. Et cette taxe-là est utilisée justement dans les activités terroristes pour faire du recrutement, pour acquérir des armes ou parfois même pour acheter la paix des populations.
Justement, parlons d’elle.Quel est l’impact de ce trafic aujourd’hui sur les populations?
Il y a un impact sanitaire important, puisque la drogue a commencé à être consommée, avec des cas de psychiatrie. Beaucoup de gens qui fument cette drogue finissent par devenir des cas de psychiatrie. Or, on n’a pas dans nos pays une capacité de prise en charge de cas de psychiatrie, assez importante.
Et quand la drogue circule, il y a souvent des bagarres entre les circuits pour la contrôler. Parce que, par exemple, le convoyage de la drogue a favorisé le fait que soient constitués des groupes. Et souvent, il y a des rivalités qui peuvent dégénérer, qui peuvent apporter des règlements de compte entre les différents groupes. Et puis, ça peut créer des situations.
Les réseaux de ce trafic de drogue alimentent davantage l’instabilité, vous l’avez dit, dans les pays du Sahel. Quels sont les efforts fournis aujourd’hui par les autorités de ces pays pour combattre ce trafic? Est-ce qu’il y a une coopération régionale entre les états du Sahel pour lutter contre cela?
On a remarqué que les pays ont quand même été un peu surpris. Ils n’avaient pas prévu de législation adéquate pour y lutter. Donc depuis un moment, on constate que les pays ont commencé à adopter des législations pour lutter justement contre le phénomène, et à créer des structures spécialement dédiées. Et on voit qu’il y a aujourd’hui un début de coopération transfrontalière entre les pays.
Mais il n’y a malheureusement pas de structures de coordination à l’échelle de la sous-région ou à l’échelle de plusieurs pays qui permettent justement de partager des informations. La lutte contre le trafic de drogue doit reposer quand même sur le renseignement en amont. Dès que les trafiquants, par exemple, chargent cette drogue d’où ils partent, on doit pouvoir savoir qu’ils sont partis et pouvoir les intercepter. Ce qui serait intéressant, c’est que des organisations sous-régionales comme la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest), comme l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) qui associent des pays francophones, anglophones, lusophones, puissent prendre en charge le dossier et qu’on mette en place une structure.
Est-ce qu’on perçoit dans cette situation, un signe d’implication de la communauté internationale?
La communauté internationale, pour l’instant, ne montre pas un engagement très fort pour venir en aide au pays du Sahel, alors que les trafiquants en réalité, le Sahel les intéresse comme territoire de transit. Les Nations unies ont une antenne de l’UNDC qui est chargé de lutte contre la drogue à Dakar, pour couvrir la sous-région. Ils font de temps en temps des formations, mais ce n’est pas à la hauteur du défi qui se pose aujourd’hui à ces pays du Sahel qui ont d’autres urgences et qui n’ont pas assez de ressources. L’intérêt des trafiquants, c’est que ces pays ne puissent pas lutter véritablement contre la drogue.
Les changements à la tête du programme colombien de substitution des cultures illicites, ainsi que les alertes continues sur les problèmes de mise en œuvre et la violence criminelle soulèvent des doutes sur l’avenir de l’initiative.
Le Programme National Intégral de Substitution des Cultures en Colombie (PNIS) est la matérialisation de l’un des points des accords de paix entre le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) signés en 2016. L’objectif du programme était de réduire, par substitution, la quantité de coca cultivée dans le pays et, ce faisant, priver les groupes criminels de la matière première nécessaire à la production de cocaïne. Cependant, sa mise en œuvre se heurte à des obstacles majeurs.
La Colombie continue de posséder le plus grand nombre d’hectares de coca au monde et a battu des records de production de cocaïne ces dernières années.
À la mi-mai, le gouvernement de Gustavo Petro a présenté Gloria Miranda comme nouvelle directrice nationale de la Direction de substitution des cultures à usage illicite, l’entité chargée de mettre en œuvre le PNIS. Jusque-là, Miranda était directrice de la politique en matière de drogues et des activités connexes au sein du ministère de la Justice.
La nomination de Miranda comme nouvelle directrice répond, entre autres, aux critiques du gouvernement pour la mauvaise exécution du programme. En avril, lors d’un débat sur le contrôle politique au Congrès, il a été annoncé qu’en 2023, seuls 5 % du budget alloué à la mise en œuvre du PNIS seraient exécutés.
Le manque de mise en œuvre a également détérioré les relations du gouvernement Petro avec les communautés des zones de culture de coca et a laissé les communautés des zones de culture de coca vulnérables au crime organisé.
Les producteurs de coca des départements de Norte de Santander et de Córdoba ont annoncé qu’ils se mettront en grève pour non-respect du programme de substitution et les familles qui ont signé des accords de substitution continuent d’exiger des réponses.
InSight Crime présente certains des points clés du débat sur les cultures de coca en Colombie, le rôle que le crime organisé a joué dans la mise en œuvre du PNIS et le futur scénario possible de substitution.
Une route pleine d’obstacles
En 2017, lorsque la création du PNIS a été annoncée, de nombreux experts ont considéré qu’il s’agissait de la stratégie de substitution de la culture de coca la plus ambitieuse jamais utilisée en Colombie. Le PNIS devait fonctionner grâce à des accords entre les familles et le gouvernement national : les familles éradiqueraient leurs cultures et, en échange, le gouvernement fournirait des subventions et fournirait des conseils techniques pour entreprendre des projets productifs à court et à long terme.
«C’était un programme excessivement ambitieux avec des objectifs énormes», a expliqué à InSight Crime Luis Felipe Cruz, chercheur à DeJusticia, un centre de recherche juridique et sociale. Les problèmes du PNIS s’aggravaient. Premièrement, le manque d’articulation entre la direction du PNIS et le ministère de l’Agriculture et d’autres institutions a entravé les activités du programme. En outre, le fait qu’il n’y ait pas d’allocation budgétaire claire et qu’il n’y ait pas de conception avec une approche différentielle ou territoriale a affecté sa mise en œuvre, selon un rapport réalisé par le Centre d’études sur la sécurité et les drogues de l’Université des Andes. Cette situation a donné aux groupes criminels présents dans les zones de culture de la coca l’occasion de légitimer leur discours sur le non-respect par le gouvernement des accords de paix et a accru la méfiance des communautés à l’égard du gouvernement. En outre, les échecs dans la mise en œuvre du programme exposent particulièrement les dirigeants sociaux qui ont soutenu la substitution. Les groupes armés illégaux considéraient ces dirigeants comme un obstacle à l’un de leurs principaux métiers.
Après la signature des conventions collectives dans le cadre du PNIS, le taux d’assassinats de dirigeants sociaux a augmenté de 546%, selon une étude réalisée par l’économiste Lucas Marín Llanes.
La stratégie actuelle du gouvernement national, reflétée dans son document de politique en matière de drogues, consiste à exécuter le programme et à envoyer un signal aux communautés de sa volonté de se conformer à l’accord. L’exécution du programme consiste à verser 36 millions de pesos, soit environ 9 000 dollars américains, aux familles qui y ont adhéré. Cependant, au-delà des paiements, les engagements en faveur de projets productifs qui avaient été initialement établis ne se voient pas à l’horizon. Mais la réalité dans les zones productrices de coca est plus complexe et ces mesures ne résoudront pas la violence qui sévit dans les communautés, où les groupes criminels se sont renforcés l’année dernière.