Aviseur International renseigne, sans complaisance, sur la problématique de la drogue, du narcotrafic, de la corruption et sur les politiques mises en œuvre par les différents Etats et les dérives que s'autorisent les fonctionnaires des administrations — marcfievet@live.fr — 33 (0) 6 84 30 31 81
La police fédérale brésilienne a saisi une demi-tonne de cocaïne cachée dans un avion privé qui, plan de vol déposé, avait déjà reçu l’autorisation de décoller de la ville de Salvador vers le Portugal.
L’appréhension n’a été possible que parce que le pilote de l’avion privé a fait savoir à la tour de contrôle que ses commandes de vol indiquaient une sorte de dysfonctionnement.
Les mécaniciens qui se sont rendus dans l’avion pour vérifier le problème ont découvert une partie de la drogue et l’ont alors signalé à la police fédérale.
« Avec le soutien d’experts fédéraux en matière criminelle et de chiens entraînés à détecter les drogues par la police civile, d’autres cachettes où le reste de la drogue a été trouvée ont été découverts dans l’avion« , a déclaré la police fédérale dans un communiqué publié aujourd’hui. Les pains de cocaïne portaient les logos de grandes marques de sport.
Les trois membres d’équipage et les deux passagers de l’avion ont été entendus par la police fédérale à Salvador, mais la police brésilienne n’a pas précisé s’ils avaient été arrêtés.
L’enquête avait démarré à Pau dans les Pyrénées-Atlantiques.
Une enquête conjointe menée par la Guardia Civil et la gendarmerie française vient de permettre le démantèlement en Catalogne d’un gros réseau de « Go-Fast » qui transportait de la drogue entre l’Espagne et la France.
La drogue saisie dans la banlieue de Barcelone – Guardia Civil
Selon un communiqué de la Guardia Civil, l’enquête avait démarré à Pau dans les Pyrénées-Atlantiques après la saisie de 97 kilos de résine de cannabis et l’arrestation par les gendarmes de trois membres de ce réseau, de nationalités française et marocaine.
La cocaïne voyageait cachée dans trois chargements différents, cachés dans des conteneurs de café, de viande congelée et de fruits exotiques, du Brésil et de l’Équateur.
Mais la diversification des itinéraires de navigation et des marchandises parmi lesquelles les sacs de cocaïne étaient cachés n’a pas trompé la « Guardia di Finanza » et l' »Agence des douanes » qui, avec la coordination du procureur Bombardieri et de l’adjoint Gaetano Paci, ont identifié et saisi ces trois chargements différents.
Scanners sophistiqués
Le résultat d’une méthode éprouvée pour bloquer les importants volumes de cocaïne qui arrivent régulièrement d’Amérique latine, les enquêteurs ont développé depuis un certain temps un système de contrôles ciblés basé sur l’analyse des risques, qui leur permet d’identifier les conteneurs suspects et de réaliser des inspections ciblées également grâce aux scanners sophistiqués de l’ Agence des douanes.
L’ ensemble routier espagnol contrôlé sur l’autoroute A75, au niveau du col d’Engayresque, montait du sud de l’Espagne vers la région de Bade-Wurtemberg en Allemagne avec un chargement de pommes de terre et d’oignons.
Entre trois palettes de patates, les gabelous ont trouvé près de 113 kg de résine de cannabis et 60 kg d’herbe.
Les premiers partisans du trafic de conteneurs ont privilégié une stratégie que les autorités appellent «à l’intérieur du chargement», où la cocaïne est camouflée dans les exportations quotidiennes. La technique qui consiste de placer ses expédition de cocaïne au sein de la charge oblige les trafiquants à gérer des sociétés écrans, qu’ils créent eux-mêmes ou qu’ils achètent afin de pouvoir être les propriétaires d’entreprises ayant une longue histoire d’exportations propres. Ensuite c’est un jeu d’enfants que de cacher la cocaïne dans leurs exportations ostensiblement légales.
La plupart du temps, cela consiste simplement à fourrer des briques de cocaïne dans des boîtes de cargaison, mais dans d’autres cas, les trafiquants ont tout utilisé, des ananas évidés aux barils de produits chimiques dangereux, et ont même transformé chimiquement la cocaïne pour la déguiser en produits comme la nourriture pour animaux de compagnie ou les engrais. Quand aux cargaisons de bananes contaminées par la coke, c’est un secret de polichinelle et la fluidité est le ‘maître mot’ généralisé à Anvers, Rotterdam et dans les ports français!
Le chargement permet donc aux trafiquants d’avoir un contrôle direct sur l’expédition. Cependant, depuis que les autorités ont commencé à enquêter et à profiler les entreprises d’exportation à la recherche de schémas suspects, le risque d’interception a légèrement augmenté.
Cela a conduit à un changement vers la méthode de rip-off, où les trafiquants évitent le profilage en ouvrant les conteneurs d’exportations légitimes pour expédier les drogues, puis utilisent des scellés douaniers clonés pour dissimuler la falsification. Au départ, le rip-off était pratiqué par les petits trafiquants qui envoyaient des dizaines de kilogrammes. Mais à mesure que cette méthode gagnait en popularité, les expéditions ont augmenté en taille, les transports de plusieurs tonnes étant désormais monnaie courante. Dans la plupart des cas, les conteneurs sont contaminés car ils attendent d’être chargés, ce qui signifie que les trafiquants doivent accéder aux zones portuaires. Bien qu’il y ait eu au moins un cas de soi-disant «ninjas» glissant dans des ports cachés dans des compartiments secrets dans des camions, il est beaucoup plus facile de recruter des travailleurs portuaires. Au Pérou, par exemple, le contrôle violent exercé par le gang Barrio King sur les équipages de dockers lui a permis d’appliquer un quasi-monopole sur le trafic via le port de Callao. Cependant, dans d’autres cas, les trafiquants n’entrent jamais dans le port, comme au Costa Rica, où les trafiquants recrutent des chauffeurs corrompus, des entreprises de transport et des ouvriers de la cour à conteneurs pour charger de la drogue dans des conteneurs alors qu’ils parcourent la longue route entre la zone agricole de San Carlos et le port de Limón.
Des sources dans plusieurs pays affirment également que les trafiquants cherchent de plus en plus à éviter les risques liés au profilage en cachant des drogues dans la structure même du conteneur. Les trafiquants enfoncent des briques de cocaïne dans les cavités des murs, des plafonds, des planchers et des portes, ou dans l’équipement d’isolation ou de refroidissement des conteneurs réfrigérés – appelés «reefers». L’utilisation des structures de conteneurs réduit les risques que les autorités détectent de faux scellés douaniers, mais cela nécessite la complicité des personnes au sein des compagnies maritimes ou des chantiers de conteneurs. Certains narcotrafiquants ont contourné ce problème en créant des sociétés écrans pour altérer les conteneurs, comme au Costa Rica, où plusieurs sources ont décrit comment les trafiquants ont créé une société d’entretien des conteneurs pour masquer leurs activités.
Les autorités ont répondu à la montée en puissance de ces méthodes de trafic par l’utilisation de scanners dans les ports, qui sont déployés à la fois au hasard et à la suite du profilage des risques. Cependant, dans certains endroits, comme le port de Santos au Brésil, les trafiquants ont réagi en contaminant des conteneurs déjà inspectés – les ouvrant au dernier moment possible avant le chargement.
Comme les procureurs américains pensent que le chargement du MSC Gayane a effectivement eu lieu, une autre réponse à l’augmentation de la numérisation et à d’autres mesures de sécurité consiste à utiliser des dépotoirs ou à contaminer les conteneurs en mer après le départ du navire. Ce ‘modus operandi’ dépend généralement d’une corruption importante au sein de l’équipage. Mais les autorités de Guayaquil, en Équateur, signalent également que des bandes armées montent maintenant à bord des navires et forcent les équipages à prendre des charges sous la menace des armes. Les largages se produisent maintenant non seulement lorsque les navires se mettent en route, mais aussi lorsqu’ils traversent les eaux d’autres pays, des sources signalant que l’état de Falcón au Venezuela est un point chaud particulier. Pour l’instant, les autorités s’attaquent à cette méthode de trafic à l’aide de l’appareil GPS du navire, qui donne des informations sur la vitesse du navire. Si un navire ralentit ou s’arrête soudainement, une alarme retentit.
Les trafiquants, cependant, explorent déjà de nouvelles options, n’ayant qu’un seul objectif: l’efficacité!
Dans le même temps, en France, on continue de réfléchir et de se refiler le dossier de ministères en ministères puis de services en services pour savoir si l’on va équiper nos ports de systèmes performants de contrôles qui existent!
Que du bonheur pour les narcos qui savent pouvoir compter sur le pinaillage des administrations françaises pour les laisser continuer à exporter des cargaisons de drogues.
Dans le même temps, Gérald Darmanin, le ministre de l’intérieur français actuel, laisse penser sur Twitter que les succès permis par EncroChat sont dus au seul travail des cybergendarmes français qui n’arrivent toujours pas à supprimer toutes les propositions de ventes d’armes, de stups et autres propositions pédocriminelles que l’on peut constater sur les grands réseaux sociaux.
@GDarmanin – Fierté
Partout dans le monde, des réseaux de trafics de stupéfiants d’ampleur tombent grâce aux cyber- gendarmes français qui ont pu infiltrer une messagerie cryptée utilisée par de nombreux narcotrafiquants. Plus de 1000 arrestations en découlent !
Le coup de maître des cyber-gendarmes français qui ont piraté le «WhatsApp des dealers»
En piratant la messagerie cryptée EncroChat, utilisée par des narcotrafiquants du monde entier, les cybergendarmes français ont déstabilisé.. A lire dans leparisien.fr
La cargaison de marijuana a été trouvée dans dans l’État de Mato Grosso do Sul, actuellement considéré comme la principale porte d’entrée de la drogue au Brésil. Cet État borde le Paraguay et la Bolivie.
L’opération a eu lieu au kilomètre 295 de la route fédérale BR-267, dans la municipalité de Rio Brilhantel par la police routière brésilienne. Les 29 270 kilogrammes de marijuana étaient cachés à l’intérieur d’un chargement de maïs que le conducteur du camion a déclaré devoir livrer dans l’État de São Paulo.
Le véhicule a été escorté dans une usine de céréales qui avait une structure capable de décharger, et après avoir enlevé le chargement de maïs, c’est alors que la cargaison de marijuana a été découverte.
When Mexico’s drug cartels forced Colombian traffickers out of the US cocaine market, they seized control of the most coveted prize in the global drug trade. But the smartest traffickers soon began to turn elsewhere, to a market where the profits were higher, the risks were lower and the potential for growth was immense. They turned to Europe.
Today, Europe is arguably the most attractive cocaine market in the world, and its size and importance only continues to grow. This series, which is the product of field work and investigations over two years in more than 10 countries in Latin America, the Caribbean and Europe, traces the evolution of the European cocaine trade and the Latin American and European criminal networks that have shaped it.
Au pied de la barre Albert-Thomas, dans le quartier Mistral, à Grenoble, des cercles orange tracés à la bombe sur les murs indiquent les points de deal. En ce jeudi matin, les guetteurs sont en place aux alentours, assis sur des chaises, pour orienter les clients potentiels. Ils côtoient les habitants du quartier, les saluent parfois, dans une cohabitation qui est devenue la norme.
Le 11 juillet dernier, c’est à quelques rues de là qu’une tentative d’homicide a eu lieu sur un homme de 38 ans. Pris en chasse alors qu’il circulait en voiture dans le quartier, il a reçu une balle dans le dos et a été transporté à l’hôpital dans un état grave. Ancien lieutenant du trafiquant contrôlant le quartier, en prison depuis plusieurs années, il aurait voulu prendre la tête du réseau. «Les règlements de comptes peuvent avoir lieu pour de nombreuses raisons, mais la raison principale reste la reconquête du territoire», note Éric Vaillant, procureur de la République de Grenoble.
Les gendarmes de Berrechid ont réussi à démanteler un réseau de trafic de cocaïne qui louait des voitures pour distribuer de la drogue, à Marrakech, Casablanca, et à interpeller par la même occasion l’un des trafiquants. Des avis de recherche ont été lancés pour retrouver six autres individus impliqués dans cette affaire.
La Jamaïque, pays insulaire des Caraïbes, a une topographie luxuriante faite de montagnes, de forêts et de plages bordées de récifs.
Plages paradisiaques, reggae, rastafaris qui en font un usage sacralisé: si elle pousse désormais sous toutes les latitudes et longitudes ou presque, la marijuana est dans les esprits étroitement associée à la culture jamaïcaine. Rapportée par Associated Press, la nouvelle d’une pénurie de ganja sur l’île des Caraïbes est donc assez surprenante.
La première cause est climatique: en 2020, la Jamaïque a été frappée par des pluies catastrophiques lors de la saison des ouragans, suivies d’une sécheresse tout aussi destructrice pour les champs de cannabis.
Gérald Darmanin ne pourra que se satisfaire de tant de velléités
Côté justice, la procureure de Marseille ne souhaite pas reprendre le terme « pilonner ». « C’est une action résolue, très déterminée, offensive », préfère dire Dominique Laurens, en mettant l’accent sur l’importance « d’enquêtes de qualité pour aboutir à des condamnations judiciaires. »
Ou comment, avec tact, rappeler que la politique du chiffre n’est pas tout, et que la lutte contre le vice de procédure fait aussi partie de l’arsenal.
Frédérique Camilleri
Les résultats de 2020 sont à peu près stables : on en dénombre 973 en 2020, contre 1.012 l’année précédente. Les investigations ont par ailleurs permis de démanteler 100 réseaux (contre 91 en 2019), et de saisir 2,3 tonnes de cannabis, 365 kg de cocaïne et 3,63 millions d’euros.
Les règlements de compte ont fait eux 12 morts, soit deux de plus qu’en 2019
Le 4 février, les douaniers ont découvert 69 kilogrammes d’herbe de cannabis, dans le chargement d’un camion circulant sur l’autoroute A7 dans la Drôme.
Ce sont les gendarmes de Malataverne qui ont récupéré le chauffeur à la fin de la retenue douanière, pour le mettre en garde à vue…
Après l’arrestation à Amsterdam de Tse Chi Lop, présumé être le numéro un de la drogue dans le Triangle d’Or, c’est au tour de Lee Chung Chak, un deuxième haut dirigeant d’un vaste syndicat de la drogue, d’être arrêté, a déclaré un responsable thaïlandais des narcotiques, alors qu’un filet transnational se resserre sur le groupe Sam Gor, qui, selon la police, domine le commerce annuel de la drogue dans la région Asie-Pacifique, d’une valeur de 70 milliards de dollars.
Les interventions de terrain et les fouilles effectuées en coordination avec la Gendarmerie Royale dans plusieurs localités de la commune rurale de « Fask », à 25 km au sud d’Assa, ont permis de saisir 337 ballots de chira dissimulés dans le sable, en vue de les transporter ultérieurement dans le cadre d’opérations de trafic international de drogue, indique la Sûreté nationale.
Lors du démantèlement d’un point de deal à Ambérieu-en-Bugey (Ain), le 1er février dernier, dans le quartier de l’Albarine, les gendarmes de la compagnie de Belley ont réalisé un gros coup.
Pour l’instant, le bilan est de 11,3 kilos de résine de cannabis, la somme de 6.340 euros en liquide, 4 véhicules, au moins une arme à feu et un appartement d’une valeur de 111.500 €. Pour ce dernier, une ordonnance de saisie a été lancée par un juge d’instruction. La justice décidera donc du sort de ce bien immobilier.
La marine mexicaine a procédé à une importante saisie de drogue. Quelque 2,5 tonnes de méthamphétamine et 100.000 pilules de fentanyl ont été découvertes sur un bateau, a annoncé la justice mexicaine.
La saisie a eu lieu dans l’État de Sinaloa, où sévit le cartel du même nom dirigé autrefois par Joaquín Guzmán, alias «El Chapo». Deux personnes ont été arrêtées.
Depuis quelques semaines, une herbe de cannabis modifiée vendue à Besançon provoque des effets inquiétants sur les personnes qui la consomment. Ce produit vendu pourtant comme de l’herbe « classique » contiendrait en réalité une molécule chimique très puissante, rapporte L’Est Républicain. Tachycardie, hallucinations
« Dès la première latte, j’ai eu un coup de chaud, les mains vraiment très très moites et puis le cœur s’est emballé », a raconté au quotidien un homme qui a testé cette herbe « dopée chimiquement ». L’un de ses amis, qui participait avec lui à une soirée jeux vidéo, ne sentait plus ses jambes et manquait d’air. Ses amis ont dû l’aider à se coucher. Des consommateurs aux urgencesUn autre consommateur a confié avoir ressenti « des grosses distorsions visuelles » qui peuvent être provoquées par d’autres substances, à l’instar des drogues psychédéliques. « Mon champ de vision a commencé à se déformer et je voyais mes meubles grandir et rapetisser au rythme de ma respiration », a-t-il ajouté. Selon lui, il est « est impossible qu’il s’agisse juste d’herbe ».
D’autres personnes auraient même perdu connaissance et plusieurs consommateurs ont fini aux urgences. lire plus
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TÉMOIGNAGE
« Je suis tombé sur des belles herbes, fruits mures, présence de graines mures sur certaines têtes.
Seulement certaines n’ont pas d’effet, ou du moins pas l’effet habituel psychotrope du thc. Du moins c’est pas ce qui domine.
Est-ce du cbd dopé après récolte à l’aide d’additif ? Genre du cbd recallé à la vente légale, auquel on saupoudre une merde ?
Du thc très peu puissant boosté pour améliorer la vente?.
Je fume depuis plus de 15ans, j’ai pris des prods et j’ai jamais eu de perche chelou comme ça.Si je devais décrire mon expérience, je dirais un gout poivré plutôt fort, ou du savon, sur plusieurs variétés, certaines plus que d’autres. (Suspect déjà, que plusieurs variétés possèdent le même gout prononcé, les génétiques étant tellement différentes)
Impression de cristaux en plus des trichomes( brille fort et bien 3-4 fois plus gros)
Effet consommé, parano, palpitation, augmentation du rythme cardiaque, et presque perdu le réflexe de respiration, crispation du thorax. (Comme quand je gobe un taz. Mais au lieu que ça me prenne la machoire, c’est le thorax, un peu comme lorsqu’on est frigorifié) extinction, fatigue intense dodo direct le soir.(comme si j’avais forcé sur le produit, sauf que là c’est pas le cas, de plus je n’étais pas parti pour me coucher)
Au petit matin, j’me réveil tôt, malgré une nuit agitée, et pleine forme.
Habituellement, je suis sous thc au réveil, j’ai la tête où la poule fait l’œuf, les yeux qui collent, et faut du temps pour décoller.
Alors que là, pas l’effet du thc au réveil, type « gueule de bois », causé par la déshydratation. L’impression de n’avoir rien « consommé » avant mon coucher. Alors que justement, c’est le produit qui m’a couché! »
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Nouvelle-Zélande : le cannabis synthétique a tué 7 personnes
Les autorités néozélandaises ont alerté la population sur les risques associés à cette drogue de synthèse, responsable d’une vingtaine d’incidents graves par jour à Auckland.
Sébastien est marseillais, excédé par ce qu’il vit quotidiennement dans le 13e arrondissement de Marseille. Ce travailleur circule chaque jour dans le quartier Saint-Jérôme pour son travail. Et chaque jour, l’histoire se répète. Son véhicule est arrêté par des individus, parfois très jeunes et qui ont souvent le visage caché voire cagoulé. L’accès à la rue Albert-Marquet est barré à l’aide de scooters, caddys, vieux meubles, barrières ou même blocs de béton. Il doit alors ouvrir son coffre ou ses portières.
« Les véhicules sont fouillés (…),ils filtrent tous les véhiculessur la voie publique », raconte-t-il. Pour cet artisan, il n’y a aucun doute, les guetteurs s’assurent qu’il n’y a pas de policier caché dans les voitures.
Le soir, il y a même des pancartes avec les tarifs des drogues.
L’Europe est-elle le nouvel Eldorado des cartels mexicains ?Forbidden Stories et ses partenaires, dont la cellule investigation de Radio France, dévoilent comment des chimistes mexicains travaillent désormais aux Pays-Bas et en Belgique.
« C’est ici que ça s’est passé. » Willem-Jan Joachems se souvient parfaitement de ce 10 mai 2019. Pour ce journaliste d’une télévision locale de la région de Nord Braband, au sud des Pays-Bas, c’est un scoop qu’on n’oublie pas. « Le bateau était là, les enquêteurs étaient en train de relever les indices… et il a commencé à couler. » Ce jour-là, il était arrivé un peu plus tôt, sur le quai du port de plaisance de Moerdijk, pour assister au démantèlement d’un laboratoire flottant de méthamphétamine par les forces de police. Une découverte inédite à bien des égards : un laboratoire avait été monté de toutes pièces dans le ventre du navire, long de 85 mètres. Les enquêteurs y retrouvent plus de 70 kg de méthamphétamine, 150 litres d’huile de méthamphétamine… et trois Mexicains, âgés de 25, 28 et 38 ans. « Ils étaient en train de fabriquer la drogue« , raconte le journaliste néerlandais.
Les enquêteurs identifient leur ADN sur tois masques intégraux et des paires de gants. La police met également la main sur des téléphones et découvre des photos qui lui permettent de retracer l’activité des trois hommes au Pays-Bas. Le 12 décembre 2018, ils établissent une « liste de courses » incluant 30 kg d’aluminium, des thermomètres et des gants en latex. Courant mars, les chimistes ont maintenant de la poudre dans des verres doseurs. Un mois plus tard, une vidéo dévoile une large quantité de méthamphétamine sous forme de cristaux. Le laboratoire est découvert un mois plus tard. Candelario et les deux frères Ivan Diego et Victor Manuel sont reconnus coupables de « complicité de possession et de production de méthamphétamine en cristaux » le 19 mars 2020. Ils sont condamnés à quatre ans de prison ferme aux Pays-Bas.
Ce n’est pas la première fois que la police néerlandaise découvre des ressortissants mexicains dans un laboratoire de méthamphétamine. En février 2019, elle avait déjà arrêté trois hommes originaires du Mexique, dans un laboratoire produisant notamment de la méthamphétamine à Wateringen, en banlieue de La Hague. Ce ne sera pas la dernière non plus. Depuis le début de l’année, 32 laboratoires produisant de la méthamphétamine ont été démantelés. Du jamais vu. Les arrestations s’enchaînent. Parmi les suspects, un nombre important de Mexicains : 19, entre les Pays-Bas et la Belgique, selon le décompte réalisé par Forbidden Stories et ses partenaires. Le dernier démantèlement impliquant des mexicains date de la semaine dernière. Le 30 novembre 2020, deux d’entre eux ont été arrêtés dans la petite ville de Westdorpe, à la frontière belge.
Comment expliquer la présence de ces ressortissants mexicains, à des milliers de kilomètres de chez eux ? Pour qui travaillent-ils ? Où va cette drogue une fois produite ? Aux côtés de 25 médias partenaires, Forbidden Stories a enquêté sur le parcours de ces chimistes mexicains, au service des gangs néerlandais, déjà roi des drogues de synthèse en Europe.
Le navire de drogue MS Arsianco a été confisqué par la police. Il est situé près du port de Moerdjik et doit être vendu. / Benedikt Strunz/NDR
EncroChat, « c’est de l’or pour nous »
« URGENCE POUR LES UTILISATEURS D’ENCRO : des entités gouvernementales ont saisi illégalement notre domaine (…) Il vous est conseillé d’éteindre et de vous débarrasser physiquement de votre appareil immédiatement. »
Le message, envoyé en juin 2020 dans la précipitation et avec quelques fautes dans la version originale, est adressé par le fournisseur de téléphones chiffrés EncroChat à ses millions d’utilisateurs. Au siège de la société, c’est la panique. L’entreprise vient de réaliser qu’elle a été victime de l’opération de piratage la plus spectaculaire jamais menée par des polices européennes. Une catastrophe pour la société qui promettait à ses clients des communications ultra-sécurisées.
Les utilisateurs des téléphones EncroChat vont rapidement réaliser l’ampleur des dégâts : depuis plusieurs mois en réalité, les forces de l’ordre françaises et néerlandaises ont accès à toutes leurs communications. Un vrai problème si on est impliqué dans des activités criminelles, ce qui est le cas « d’une part très élevée d’utilisateurs » du service chiffré, selon les enquêteurs européens. Le jour de l’envoi du message à ses utilisateurs, EncroChat met fin à ses services. Une information judiciaire, notamment pour « fourniture d’un moyen de cryptologie n’assurant pas exclusivement des fonctions d’authentification ou de contrôle d’intégrité sans déclaration préalable« , a été ouverte à la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée) de Lille.
Capture d’écran du message envoyé par EncroChat à leurs utilisateurs, avant d’arrêter leurs services, le 13 juin 2020. / Europol/Eurojust/Gendarmerie française
« C’est vrai : EncroChat, c’est de l’or pour nous« , reconnaît Andy Kraag, chef de la division d’enquête criminelle de la police néerlandaise. Et pour cause : en l’espace de quelques mois, des millions de messages sont interceptés en temps réel, avant leur chiffrement, par les enquêteurs en Europe.
Aux Pays-Bas, cela va notamment permettre le démantèlement en série de laboratoires de méthamphétamine. Et dans plusieurs cas, révéler la présence des ressortissants mexicains qui y travaillent. D’après les messages consultés par la police, ils seraient bien plus nombreux que les 19 déjà recensés par le consortium, le plus souvent recrutés comme chimistes.
Recrutés pour travailler dans la « construction »
Jesus P.V., 40 ans, était entraîneur personnel dans une salle de sport au Mexique. C’est en tout cas ce qu’il a déclaré lors de son audition, dans l’affaire du laboratoire démantelé à Wateringen. D’après son témoignage, son destin bascule en janvier 2019 lorsqu’un client qu’il entraîne lui propose une opportunité professionnelle aux Pays-Bas – 2000 dollars par mois pour un emploi dans la construction, bien plus que les 700 à 800 dollars qu’il a déclaré gagner au Mexique. Mi-janvier, le coach fait ses valises et s’envole pour l’Europe. Mais la construction semble n’être qu’un paravent. Le jour de l’arrestation, un peu plus de 400 kg de crystalmeth sont retrouvés, et deux autres ressortissants mexicains sont interpellés avec lui dans le laboratoire, en banlieue de La Hague. Deux hommes, de 20 ans les aînés de Jesus P.V., qui auraient reçu le même type d’offre au Mexique. Lors du procès, l’un des condamnés a expliqué avoir tout découvert en arrivant aux Pays-Bas, sous-entendant qu’il n’avait aucune connexion ni savoir-faire en matière de production ou de trafic de drogue.
Les autorités douanières allemandes saisissent de plus en plus de méthamphétamine à la frontière avec les Pays-Bas.. / Benedikt Strunz/NDR
Dans une autre affaire, dite d’Achter-Drempt, on retrouve le même scénario : le ressortissant mexicain, arrêté lors de l’intervention policière, a expliqué durant le procès ne pas avoir compris dans quoi il s’embarquait réellement. Il pensait avoir été embauché pour cueillir des fruits en Europe. « Je n’y crois pas, tranche Kraag. Supposons que vous sachiez comment fabriquer de la meth en cristal, vous êtes un chimiste au Mexique. Vous ne serez alors pas envoyé dans un pays pour y cueillir des fruits. »
Dans l’affaire du « bateau-labo » de Moerdijk, la cour a déclaré que les trois suspects mexicains savaient produire de la méthamphétamine de « haute qualité« . « Après tout, ce sont eux qui ont fièrement photographié ces produits finis, comme [le suspect] l’a lui-même déclaré, pour informer et satisfaire leurs clients. » Par ailleurs, durant les interrogatoires, Ivan Diego a reconnu avoir reçu des instructions via WhatsApp pour produire la drogue. Des messages émanant de numéros mexicains, et enregistrés sous les pseudos « Angel », « Patrona » ou encore « Chalio ».
La loi du silence
Si les Mexicains arrêtés en Europe ne sont pas avares de détails pour expliquer les conditions de leur recrutement, c’est en revanche l’omerta totale quand se pose la question des donneurs d’ordre éventuels. Les avocats des ressortissants mexicains impliqués dans ces laboratoires européens, contactés par Forbidden Stories, ont refusé de répondre. Lors des procès, certains chimistes disent avoir été victimes de menaces : « La personne qui est venue le chercher à l’aéroport lui a dit qu’il n’y aurait pas de travail dans la construction, que ce serait un travail différent et qu’il devrait se taire (…) Il a ensuite été menacé avec des photos de sa famille« , peut-on lire dans le procès-verbal de l’affaire de Wateringen.
Les réseaux se dessinent cependant au gré des millions d’échanges sur EncroChat épluchés par les enquêteurs. « Grâce à tout ça, non seulement nous trouvons les chimistes sur place, mais aussi tout le réseau qu’il y a derrière », explique Andy Kraag. Ils découvrent notamment des acteurs indispensables de ces réseaux : les intermédiaires. À la demande des organisations criminelles néerlandaises, ce sont eux qui sont chargés de recruter ces chimistes au Mexique.
Présentation du service EncroChat sur leur site, maintenant fermé. / Capture d’écran EncroChat.fr via Internet Archive
À l’image de la mafia italienne
« Je cherche un chimiste, tu connais quelqu’un ? » Le message a été envoyé par un Néerlandais. À l’autre bout du fil, un intermédiaire (on parle d’un broker) mexicain. Qui met alors en branle le recrutement. « C’est aussi simple que cela« , lâche Andy Kraag.
Au Mexique, les cartels sont passés maîtres dans l’art du recrutement. Falko Ernst, chercheur spécialiste du Mexique pour L’International Crisis Group, partage une anecdote : « Ils ont scanné les universités mexicaines à la recherche de départements de chimie et ont repéré des personnes. » Une fois la recrue potentielle contactée, le broker lui fait une offre. La plus alléchante possible, car ces personnes détiennent un savoir clé. « Et si nécessaire, il y a aussi des menaces et des pressions derrière. »
Aux Pays-Bas, les gangs utilisent le même type d’intermédiaires, qui jouent un rôle essentiel. Toutefois, selon la police néerlandaise, cela ne signifie pas pour autant que les cartels mexicains ont une influence directe en Europe. Ces accords ne sont pas conclus directement entre les cartels mexicains et les organisations européennes. Les intermédiaires travaillent à leur propre compte : « Un cartel opère comme la mafia italienne. Vous payez pour votre adhésion, mais vous êtes indépendant. Un intermédiaire est aussi son propre patron. Vous pouvez donc être membre d’un cartel, tant que vous leur remettez une partie de ce que vous gagnez en travaillant avec les néerlandais« , explique Andy Kraag. Interrogé au sujet de ces connexions avec le crime organisé, une source au sein du gouvernement mexicain confirme à Forbidden Stories que des réseaux envoient bien des chimistes en Europe pour produire de la méthamphétamine : « Dans le cas des Pays-Bas, nous savons que cela se produit. »
Les intermédiaires font le nécessaire pour que tout se déroule sans accroc. Ils prennent notamment en charge le voyage pour l’Europe, en plus des salaires. D’après Andy Kraag, ils feraient passer la majorité de leurs recrues par l’Espagne grâce à des visas touristiques. De là, les chimistes gagnent les Pays-Bas. Avant que la pandémie de Covid-19 n’y mette un frein, certains intermédiaires faisaient même le déplacement avant de lancer officiellement les opérations. « Ils viennent aux Pays-Bas, font leurs affaires, inspectent le lieu. Le réseau néerlandais doit fournir les matières premières, le matériel, tout doit être correct. Et à la fin, le Mexicain dit : ‘Ok, voilà comment je peux produire [la drogue] pour vous.’« , décrypte le responsable de la police néerlandaise.
L’expertise mexicaine
Au Mexique, au cœur de la zona caliente, au sud de Culiacan, dans l’Etat du Sinaloa, cette recrudescence de chimistes mexicains en Europe ne surprend pas. C’est l’évidence, même, pour celui qui se fait surnommer « El Chapo Jr. » : « Nous envoyons les chimistes en Europe parce que nous, les Mexicains, sommes les meilleurs chimistes !« , explique cette petite main du cartel de Sinaloa à Forbidden Stories. Dans sa planque aux murs rose fluo, il emballe méticuleusement d’imposants cristaux de méthamphétamine. Plusieurs couches de protection – un sac en plastique, de l’aluminium, du scotch et un nouveau sac en plastique – pour que les chiens de la police ne sentent pas la drogue lors de son transport. « Nous avons de l’expérience. Et les Mexicains peuvent enseigner aux autres chimistes d’Europe, poursuit-il, toujours en conditionnant la drogue. Les ‘chimistes’ qui sont envoyés ne sont généralement pas des idiots, ils sont intelligents et éduqués. » C’est par exemple le cas d’un des frères condamnés dans l’affaire du « bateau-labo » à Moerdijk, qui affiche sur Facebook avoir suivi une formation à l’institut technologique de Culiacan au Mexique.
Celui qui se fait appeler « El Chapo Jr. » prépare l’envoi d’un pack de 30 kilogrammes de crystal meth vers Mexico, depuis la périphérie de Culiacán, Sinaloa. / Amrai Coen, Die Zeit
Dans son dernier rapport annuel, l’ONUDC (Office des Nations unies contre la drogue et le crime) parle d’ailleurs de « spécialistes mexicains », capables de produire une méthamphétamine très pure, « comme celle que fabriquait Walter White dans [la série] Breaking Bad », explique Laurent Laniel, analyste scientifique à l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA). Leur expertise : « Produire de plus grandes quantités d’une meth puissante, grâce à des retraitements successifs, à partir de la même quantité d’un précurseur appelé BMK [benzyl methyl ketone]. » Un véritable coup de main, que seuls les chimistes mexicains maîtrisent à 100 %. « C’est comme pour le fromage. Si vous apprenez aux Japonais à fabriquer du fromage, ils finiront par y arriver. Mais ce ne sera pas un Leerdammer pour autant« , résume le porte-parole d’Andy Kraag, par une analogie très hollandaise. En échange d’un pourcentage du profit, qu’ils reversent aux chimistes et plus largement aux brokers mexicains, les narcotrafiquants néerlandais acquièrent ce savoir-faire unique.
« On parle ici d’organisations criminelles très structurées, très puissantes, avec à leur tête des narco-millionnaires qui ont fait fortune dans l’ecstasy et vivent dans le luxe« , rappelle Laurent Laniel. Selon les chiffres de l’ONUDC, la plupart des laboratoires démantelés produisant de l’ecstasy sont situés en Europe, principalement aux Pays-Bas et en Belgique. « Ils ont le matériel adhoc et toute une infrastructure d’approvisionnement en précurseurs chimiques venus principalement de Chine ou d’Inde. »
Une véritable industrie du crime valant des millions d’euros, maîtrisée de bout en bout. Laurent Laniel parle de « crime as a service » : « Ils fournissent tout ou embauchent les‘prestataires’ nécessaires : l’infrastructure pour les laboratoires, l’approvisionnement en précurseurs, les camions pour faire disparaître les montagnes de déchets que produit la meth, les bateaux avec skippers pour transporter la drogue et les collecteurs qui vont récupérer l’argent de la drogue. » Tout est déjà en place pour ajouter la méthamphétamine à leur offre. Conséquence : sur le terrain, le nombre de laboratoires démantelés augmente. Les saisies également : en juin 2019, la police néerlandaise mettait la main sur 2,5 tonnes du stimulant synthétique, cachée dans le port de Rotterdam. La plus grosse à ce jour en Europe.
La police néerlandaise possède son propre laboratoire de drogue, qui contient des objets provenant de diverses saisies. Le laboratoire est utilisé pour former les policiers. / Benedikt Strunz / NDR
Les Pays-Bas : « cuisine » du monde
La drogue issue des laboratoires néerlandais est expédiée à l’autre bout du monde. Le gramme de méthamphétamine peut s’écouler à plus de 500 dollars sur le sol japonais. Même tarif en Australie, à quelques dollars près. À titre de comparaison, la même dose coûtait 56 dollars aux États-Unis en 2017. « Pour ces laboratoires, produire à moindre coût grâce à la technique des Mexicains et l’exporter là-bas, c’est la garantie d’une marge économique énorme« , analyse Laurent Laniel.
Selon la chercheuse Anna Sergi, maître de conférences en criminologie à l’université d’Essex (Angleterre), une partie du prix exorbitant du gramme de méthamphétamine est dû au risque élevé que représente le trafic vers l’Océanie, et tout particulièrement vers l’Australie. « Ce risque d’expédition, associé à la distance, augmente les coûts pour les trafiquants et les importateurs et cela se répercute sur les consommateurs, qui paient beaucoup plus pour le ‘privilège’ de voir arriver la drogue sur place !« , précise la chercheuse. Mais d’autres éléments viennent peser dans la balance : une consommation importante, des connexions déjà établies grâce au trafic d’ecstasy et surtout, les forces de l’ordre australiennes qui ont les yeux rivés sur la Chine, d’où provient une grande partie de la méthamphétamine pour leur marché. « La police australienne a très bien combattu cela. De nombreux réseaux de production ont été démantelés, et on peut voir que l’approvisionnement venant de Chine a cessé. Ou du moins a considérablement réduit« , raconte Andy Kraag. Ici, les Néerlandais aidés par les Mexicains, prendraient donc leur place.
C’est aussi le jackpot pour les Mexicains : ils peuvent à la fois rentabiliser leur savoir-faire, moyennant la perte de quelques chimistes pendant un certain temps, et trouver de nouveaux débouchés pour leur propre méthamphétamine en poudre : « Les cartels ont des quantités gigantesques de ce qu’ils peuvent produire, or la demande actuelle est en Amérique. Ils recherchent donc de nouveaux marchés plus importants, ajoute Andy Kraag. Et c’est, par exemple, les 2,5 tonnes de méthamphétamine [en poudre] que nous avons trouvées à Rotterdam. » Une fois en Europe, elle serait cristallisée dans les laboratoires, prête pour l’instant à l’exportation. Mais ce que redoutent les autorités, c’est de voir la consommation sur place augmenter. Bien que son utilisation soit encore résiduelle en Europe, Andy Kraag ne cache pas ses inquiétudes : « Si notre production augmente énormément, alors [la méthamphétamine] est aussi plus facilement disponible et le risque de consommation grandit, explique l’enquêteur. Avec ces drogues-là, on peut devenir dépendant dès la première utilisation, (…)on ne pense plus à rien d’autre, on veut juste en prendre, on ne fonctionne plus normalement. Et là c’est juste foutu. Fini. »
Une guerre en préparation ?
En juillet dernier 2020, le piratage d’EncroChat a encore permis la découverte à la frontière belge de six conteneurs insonorisés transformés en cellules de prison. Un septième était lui devenu une chambre de torture macabre, équipée d’une chaise de dentiste et des pires ustensiles possibles : scie, scalpel, chalumeaux et différents types de pinces.
Photo de l’intérieur de la chambre de torture, retrouvée près de la frontière belge en juin 2020. / Politie Landelijke Eenheid
À l’heure actuelle, les gangs néerlandais sont dépendants du savoir-faire des cartels mexicains. Mais que pourrait-il se passer si ce n’était plus le cas ? La crainte est alors de voir cette alliance si profitable aujourd’hui, se transformer en concurrence demain : « Ce que je ne veux absolument pas, c’est que nous devenions l’un de ces pays capables de produire d’énormes cristaux de méthamphétamine, sans l’aide des mexicains. Dans ce cas-là, on ferait concurrence au Mexique. Je ne sais pas ce qui se passera alors, mais il y a des risques. Et nous voulons empêcher cela« , conclut Andy Kraag, le responsable de la police néerlandaise. Car « concurrence et violence vont toujours de pair dans le monde criminel« .
Kristof Clerix (Knack), Benedikt Strunz (NDR), PhilippEckstein (NDR), Wil Thijssen (de Volkskrant), Anne Michel (Le Monde), Mathieu Tourlière (Proceso) et Bart Libaut (Enquêteur spécialiste en sources ouvertes) ont contribué à cet article.
Pour garantir la qualité de la cocaïne, chaque brique de coke portait la lettre W. C’était le trait caractéristique des envois que Wilson Maldonado Balderrana faisait parvenir en Argentine depuis Santa Cruz de la Sierra, en Bolivie.
Ce cachet était apparu dans les enlèvements de grandes quantités de cocaine lors d’opérations à Rosario, Cordoue et la banlieue de Buenos Aires, comme sur les pains cocaïne qui ont été «bombardés» par un avion dans la région d’Anta et Metán, à Salta.
Les procureurs fédéraux de Salta n’ont aucun doute que cette lettre est la marque de commerce qui correspond à Wilson Maldonado Balderrama, un homme d’affaires bolivien accusé d’être l’un des plus grands fournisseurs de cocaïne de la région et qui porte un ordre de capture du 30 mars 2016 et une demande d’extradition arrivée en Bolivie le 16 juin de la même année.
Après quatre ans, Balderrama a été rattrapé hier par Interpol à Santa Cruz de la Sierra, alors qu’il conduisait un pick-up Toyota Tundra.
Il a été détenu à la prison de Palmasola, dans l’attente de son extradition vers l’Argentine.