Aviseur International renseigne, sans complaisance, sur la problématique de la drogue, du narcotrafic, de la corruption et sur les politiques mises en œuvre par les différents Etats et les dérives que s'autorisent les fonctionnaires des administrations — aviseurinternational@proton.me — 33 (0) 6 84 30 31 81
Gérald Darmanin, posant devant une cargaison de cigarettes saisie par la SURV, déclarait que « l’État est particulièrement attentif à rétablir l’ordre public » en ce qui concerne la défense des distributeurs de tabac.
C’est même le contraire qu’il faut constater après les derniers témoignages de douaniers de la SURV qui lorsqu’ils ne sont pas myopes, deviennent carrément aveugles, sur ordres, pour certains.
Gérald Darmanin, pourtant disert habituellement, est muet…
A la DNRED, Corinne Cleostrate souffre de conjonctivite chronique lorsqu’elle ouvre le dossier « aéroport dédié à l’aviation d’affaires » et devient sourde à toutes relances de ses agents.
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Le handicap gagne du terrain dans la fonction publique!
Une réunion composée des agents du DEA de Rome et Paris (Davis May) en présence de Jo Lesquert (DNRED Nantes) m’avait permis de préciser toutes choses sur mon infiltration dans l’organisation Locatelli.
Au cours de ce debriefing, j’ai déclaré à mes interlocuteurs que j’irai jusqu’au bout de mon action et les ai alertés sur la grande proximité de Charles Pasqua, le grand ami de Nick Venturi et cie, avec les Français de l’organisation Locatelli.
J’ai été arrêté le 23 septembre 1994 et n’ai jamais pu déclarer devant un juge sauf pour plaider coupable pour satisfaire les innombrables pressions des douaniers français Christian Gatard, Philippe Galy, l’attaché douanier en poste à Londres et Bernard Roux, l’attaché douanier à Washington! Marc Lerestre, le prédécesseur de Galy, était venu me saluer amicalement à la prison de Bellmarsh à Londres.
J’ai été libéré 3.888 jours plus tard le 26 mai 2005!
Le Maroc, premier exportateur mondial de haschisch
Article de Michel Sitbon, actualisé par Marc Fievet
Les rares acheteurs des rapports de l’Observatoire géopolitique des drogues (OGD), normalement édités mais quasiment introuvables en librairie pourraient témoigner. Ce « rapport confidentiel », surtout destiné à la bureaucratie de l’Union européenne semble-t-il, émane de l’OGD.
L’Observatoire est l’auteur d’enquêtes minutieuses qui ont permis depuis des années de détailler à quel point le Maroc est impliqué dans la production et le commerce de drogues. Ce rapport en question rappellait quelques résultats de cette observation du royaume chérifien : « Premier exportateur de haschisch dans le monde, (…) premier fournisseur du marché européen, (…) surfaces de culture – dans la région du Rif – multipliées par dix en dix ans… » Tout ceci s’étant passé « dans la discrétion et une apparente indifférence des pays amis »….
A qui appartient le Maroc ?
Dans ce texte, l’OGD insiste sur le fait que ce commerce est « très hiérarchisé« . Au sommet de la hiérarchie, le rapport citait les noms des membres de la famille royale ou des ministres directement compromis (il est à noter que les bureaucrates européens ont aussitôt demandé une version expurgée où n’apparaîtraient pas ces noms…C’est vrai, en contrepartie d’un séjour à « La Mamounia » que ne ferait-on pas!…)
La Mamounia à Marrakech
C’était bien en première page du « Monde » , journal réputé pour son sérieux, que sur deux colonnes, en haut à droite, s’étalait: « Le Maroc, premier exportateur mondial de haschisch« . Et le sous-titre : « Un rapport confidentiel met en cause l’entourage du roi Hassan II« .
Mais ça, c’était hier!
A la base de cette pyramide, au moins 200.000 paysans du Rif.
De loyaux sujets de Sa Majesté Hassan II, donc de son successeur Mohammed VI.
Mais à la pointe de la pyramide ? Mystère… L’ »entourage du roi » ? Soit. Et le roi ?
A qui appartient le Maroc ? C’est le titre d’un ouvrage que vous pouvez peut-être encore vous procurer chez l’Harmattan.
Le Maroc appartenait à Hassan et donc aujourd’hui à Mohammed VI.
A qui appartient la région du Rif ? Eh bien le Rif appartient directement au roi ! Le Maroc est un pays en grande partie féodal. Le Rif est, lui, féodal. Colonisé par l’administration royale, rien ne peut y être planté sans le feu vert de ses représentants. Et c’est normal : Hassan II était un homme sérieux. Il n’aurait pas laissé un tel commerce entre les mains de n’importe qui.
Hassan II était donc un des hommes les plus riches du monde. Ça lui permit d’avoir des amis – nous y reviendrons dans un instant.
Hassan II, pour sa part, s’était donc spécialement enrichi en trafiquant des drogues illicites. Cette activité était déjà sévèrement réprimée par la loi, y compris celle de son propre pays. Des tas de gens croupissent encore en prison au Maroc, en Espagne, en France ou ailleurs – qui ne sont au fond que ses sous-traitants – pendant que Sa Majesté reçevait dans ses palais les grands de ce monde. Et les grands de ce monde, flattés d’avoir été si bien reçus par un si grand monarque, s’en retournent dans leur pays et font des discours enflammés contre la drogue, cette hydre aux dents longues qui suce le sang de nos petits enfants.
Amis de 20 ans
Un de ces grands amis s’appelle Jacques Chirac. Un ami de vingt ans. Quelqu’un sur qui on peut compter. Jacques Chirac est un monsieur qui fait de la politique à un assez haut niveau. Il a été, entre autres choses, ministre de l’Intérieur, Premier ministre, puis il fut président de la République. Ces métiers-là permettent, parfois, d’être bien informé.
En France il existe une Brigade des stups, un Office central de répression du trafic international de stupéfiants (OCRTIS) et la DNRED, le service ‘intelligence’ de la Douane française. Ce sont de services qui ont beaucoup de moyens.
L’OGD est une petite organisation qui a peu de moyens. Pouvons-nous supposer un instant que ce que l’OGD a pu apprendre en enquêtant soit inconnu, à l’époque de Jacques Chirac ?
On sait aussi que le roi du Maroc, qui est un homme riche, a pour habitude de subventionner les partis politiques français. Ceci est spécialement utile, bien sûr, pendant les campagnes électorales. Et doublement utile lorsque ces campagnes sont difficiles, comme celle de Jacques Chirac contre Edouard Balladur.
Édouard Balladur, lui qui était aux manettes, fut soupçonné d’avoir financé une partie de sa campagne présidentielle de 1995 grâce à des rétrocommissions sur des contrats d’armement. L’aide que lui apporta son ministre du Budget, Nicolas Sarkozy, est une réalité! C’est l’affaire Karachi ! Il a été mis en examen depuis!
A peine élu, le premier acte du Génial président, avant même de faire péter des bombes à Mururoa, ce fut un petit voyage en Afrique, chez les amis.
La première étape de ce voyage fut la plus importante: le Maroc.
Jacques Chirac et Hassan II se sont retrouvés très cordialement. Ils ont conclu en un éclair un accord impressionnant qui consistait, entre autres choses, à doubler l’aide française au Maroc. Rien que ça.
Deux heures d’entretien confidentiel entre Chirac et son ami le dealer
Au nom des vingt années d’amitié les unissant, Son Altesse Royale Hassan II décora le Génial président de la plus haute distinction marocaine. Ils ont même eu l’occasion de parler du Rif et de ses « problèmes de développement économique et social« . Chirac s’est engagé à ce que la France soutienne plus particulièrement l’action du roi dans cette région.
Pour la petite histoire, il faut savoir que le roi a réussi à encaisser des milliards de dollars de la communauté internationale, sous prétexte de développer des cultures de substitution au cannabis dans le Rif. D’un côté il encaisse les subventions, de l’autre les surfaces de cultures s’étendent… Tout bénéfice! L’astuce a beau être éventée depuis un moment et faire sourire les spécialistes, c’est bien cette escroquerie-là que Chirac proposait de relancer auprès de la communauté européenne, pour un montant de plus de deux milliards de dollars cette fois…
En 36 heures de visite, le fringuant Président français Chirac a aussi trouvé le temps pour deux heures d’entretien confidentiel avec son ami le dealer…
On ne sait pas ce qu’ils se sont dit.
Le Pays-Bas concurrence ce juteux trafic
Ce qu’on sait en revanche, c’est que s’il n’y avait pas l’OGD – et « Le Monde » -, notre ami le roi serait peut-être soupçonné de n’être pas un très bon démocrate – mais l’affaire s’arrêterait là. Le pollen du cannabis marocain a beau embaumer jusqu’en Espagne – ainsi que c’était le cas cet été, à peu près en même temps que Chirac passait par là… -, motus et bouche cousue, personne n’oserait dire un mot.
Il vaut mieux. Quelqu’un a osé témoigner sur la complicité franco-marocaine dans le trafic de drogues. Il s’appelle Ali Bourequat.
L’asile politique lui a été accordé il y a quelques mois aux Etats-Unis. Il l’a obtenu en raison des persécutions subies en France du fait des dénonciations que contient son livre « Dix-huit ans de solitude : Tazmamart« , paru chez Lafon en 1993.
Charles Pasqua était encore ministre de l’Intérieur. Il semble que cet autre grand ami du roi du Maroc n’ait pas été en mesure de garantir la sécurité d’Ali Bourequat en France.
Bourequat osait simplement dénoncer les complicités entre la France de monsieur Pasqua et le Maroc de monsieur Hassan II dans le trafic de stupéfiants.
De retour à Paris, Jacques Chirac s’est cru autorisé à agresser le premier ministre néerlandais pour le « laxisme » dont fait preuve son pays en matière de drogues. En fait de laxisme, les Pays-Bas mènent une politique qui tend à la légalisation du cannabis, une légalisation qui mettrait fin au marché noir à colossales plus-values que permet la pseudo-prohibition des drogues. En plus, les Pays-Bas pratiquent une sorte de « tolérance » qui en fait le premier producteur européen de cannabis et donc, un concurrent du Maroc.
Assurance deal
Si Chirac, Pasqua et les patrons de la brigade des stups et de l’OCRTIS sont tellement remontés contre les Pays-Bas, c’est simplement parce qu’ils proposent une voie qui mettrait fin à leurs petites affaires, et qu’en attendant, elle fait concurrence à Son Altesse Royale, leur ami le dealer.
Pour bien comprendre tout ça, il faut savoir comment se passe le commerce entre le Maroc et les pays destinataires des drogues qu’il exporte. Un ami de l’OGD me racontait un jour comment, au cours d’une de ses enquêtes, il avait réussi à se faire passer pour un gros acheteur de haschisch, un investisseur en col blanc. On lui proposait alors deux formules : soit il achetait la marchandise et la faisait transporter à ses risques et périls, soit il payait l’assurance. On appelle ça « acheter la route« . La marchandise lui coûtait plus cher, mais il n’avait qu’à indiquer le point de livraison. L’assurance était totale. En cas de pépin – on ne sait jamais, on peut tomber sur un flic ou un douanier honnête -, la marchandise était remplacée sans qu’il ait à débourser un sou de plus, et livrée comme prévu à l’adresse indiquée.
Héroïne, terrorisme et médailles…
Pour compléter le tableau, il est utile de savoir aussi que le Maroc n’est plus spécialisé en cannabis depuis longtemps. Voilà des années qu’il a proposé à la Mafia internationale de profiter de son infrastructure et de ses excellentes capacités d’acheminement des drogues en Europe pour récupérer, d’abord le marché de la cocaïne, car les précurseurs entrent sans difficultés, puis celui de l’héroïne.
En ce qui concerne l’héroïne, le Maroc expérimente la culture de pavot – et maîtrise déjà sa transformation. Ainsi, ce pays n’est pas seulement le premier producteur de haschisch, mais vraisemblablement la première « plaque tournante » de drogues sur terre.
Que dire de plus ?
Ce sont les bases mêmes de l’ordre qui nous accable qui sont en cause. La politique criminelle dite de « prohibition » des drogues a d’ores et déjà sapé tout l’édifice. Il faut en changer d’urgence. Il n’y a plus de contrat social qui tienne dans de telles conditions.
Ramzi Ahmed Youssef, un Pakistanais de 27 ans, est soupçonné d’avoir organisé l’attentat contre le World Trade Center, en 1993, à New York – et d’avoir été sponsorisé par les « narcos » de son pays. Les hezbollahs de monsieur Hekmatyar, en Afghanistan, ont financé leur guerre en cultivant le pavot, transformé en héroïne, au Pakistan, avec l’aide des services secrets pakistanais, travaillant main dans la main avec la CIA (pour vaincre, à l’époque, l’armée rouge).
Les mêmes hezbollahs de Hekmatyar étaient, selon la DST, les organisateurs des attentats qui nous ont valu Vigipirate. Les poseurs de bombes qui accaparent la une des journaux ont été entraînés en Afghanistan, dans les camps de monsieur Hekmatyar, à côté de ses champs de pavot. Toujours selon la DST, ils auraient pris leurs ordres dans un bureau de Peshawar, et le communiqué revendiquant finalement ces attentats est arrivé au Caire en provenance de Lahore. Lahore, c’est au Pakistan. Un pays qui dispute à la Birmanie la place de premier producteur d’héroïne du monde.
Ce n’est pas la peine de faire semblant de combattre le terrorisme par Vigipirate quand on va prendre ses médailles chez le roi du Maroc.
En mai, le Président de la République française Emmanuel Macron avait annoncé pour le mois de juillet un nouveau plan de lutte contre les trafics de drogues…
A la PJ, à l’OCRTIS, à l’état major de la Gendarmerie comme dans les BSI de la Douane française et dans les échelons de la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières), on attend!
Les périodes estivales propices en général à la promulgation de décrets n’ont pas permis de faire connaître la volonté présidentielle en matière de lutte contre les stups.
Personnellement, j’ai souhaité rencontrer le Président de la République pour lui présenter un plan pour la création d’une DROES (Direction du Renseignement, des Opérations et des Enquêtes sur les Stupéfiants), à compétence européenne, réunissant enfin l’ensemble des professionnels luttant contre ce secteur d’activités criminelles.
Le Germinal intercepte 1.5 tonne de cocaïne au large de la Martinique…
Le 20 juillet, la frégate de surveillance Germinal, basée aux Antilles, a mené une opération de lutte contre les narcotrafics maritimes en coopération avec la vedette des douanes de Saint-Martin de la direction régionale garde-côtes Antilles-Guyane. Cette opération a permis la saisie de 53 ballots de cocaïne représentant un poids total de 1506 kg.
Dans le cadre d’une opération sous pilotage de l’Action de l’État en mer, le 18 juillet, la frégate Germinal de la Marine nationale et la vedette des douanes de Saint-Martin ont été engagés pour tenter d’intercepter en haute mer un voilier suspecté de se livrer au trafic de stupéfiants.
Dans la nuit du 19 au 20 juillet, le voilier a été localisé avec deux personnes à son bord. En raison des conditions de mer difficiles, les douaniers n’ont pas été en mesure de le contrôler, mais les occupants du voilier ont accepté de suivre la vedette des douanes jusqu’à Saint-Martin.
Cependant, le 20 juillet à 10 heures, le skipper et son équipier ont abandonné le voilier après y avoir mis le feu et se sont mis à l’eau dans leur radeau de survie. L’équipage de la vedette des douanes a alors porté secours aux occupants et s’est organisé pour éteindre le feu. Deux heures plus tard, l’incendie était maîtrisé et les naufragés en sécurité. Dépêchée sur les lieux, la frégate Germinal est arrivée en renfort permettant de constituer une équipe composée de douaniers et de marins-pompiers pour monter à bord de l’épave et s’assurer de l’absence de tout risque de reprise de feu.
A l’occasion de cette inspection de sécurité, les équipages ont découvert des paquets de cocaïne. Au terme d’une fouille des restes du voilier, 1,5 tonne de cocaïne a été saisie.
La frégate Germinal a embarqué les occupants et les stupéfiants à bord afin de les ramener à Fort-de-France. Le 20 juillet au soir, à leur arrivée dans l’enceinte de la base navale, ils ont été remis à l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) chargé de l’enquête judiciaire, sur instruction du Procureur de la République de la Juridiction spécialisée (JIRS).
L’opération menée constitue le fruit d’une coopération interministérielle entre la marine nationale et la douane. La complémentarité des moyens et la capacité d’adapter les modes d’action ont permis le succès de cette opération, la plus importante dans la zone depuis avril 2015 en termes de volume de cocaïne saisi.
Dans le cadre d’une opération sous pilotage de l’Action de l’État en mer, mercredi 18 juillet, la vedette des douanes de Saint-Martin (DF 24) de la direction régionale garde-côtes Antilles-Guyane (DRGC) et la frégate Germinal de la Marine nationale étaient engagées pour tenter d’intercepter en haute mer un voilier suspecté de se livrer au trafic de stupéfiants.
Et en final, c’est l’OCRTIS qui récupère le dossier!
Voir ou revoir le reportage avec les témoignages de Jean Henri Hoguet, l’ex Directeur de la DNRED, Yves Bonnet, l’ex Directeur de la DST et celui de Michel Charasse, l’ex Ministre du Budget.
La prestation enregistrée de François Auvigne restera dans les mémoires comme le summum de la lâcheté.
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Marc Fiévet, recruté par la DNRED (le service ‘intelligence’ de la douane française) s’était infiltré parmi les plus grands réseaux de narcotrafiquants, avant d’être « lâché » par ses employeurs.
Une équipe de « Pièces à conviction » l’avait rencontré en 2005, à sa sortie de prison.
ENQUÊTE – Selon nos informations, la brigade des stupéfiants de la PJ parisienne fait face à une recrudescence de dossiers impliquant des « mules », ces passeurs recrutés par les trafiquants et chargés d’ingurgiter des capsules de cocaïne et de les acheminer depuis la Guyane jusqu’à Paris. Le nombre de dossiers ouverts par ces enquêteurs spécialisés s’annonce trois fois supérieurs en 2018 qu’en 2017… LIRE
L’OCRTIS qui semble être le seul service a avoir été chargé d’émettre un rapport sur ce que devrait être le futur service chargé de la lutte anti narcotrafic demande que son rôle de coordinateur soit renforcé avec, toujours coté Police, l’OCRGDF (Office central de répression de la grande délinquance financière) et le SIRASCO, le Service d’Information, de Renseignement et d’Analyse Stratégique sur la Criminalité Organisée.
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QUID de la Gendarmerie, des 1000 communautés de brigades et 700 brigades territoriales autonomes, des 8 commandements de la Gendarmerie ou COMGEND, qui sont établis dans les départements (DOM) ou communautés (COM) d’outre-mer : Nouvelle-Calédonie et îles Wallis-et-Futuna, Polynésie française, La Réunion, Mayotte, Guyane, Martinique, Guadeloupe et Saint-Pierre-et-Miquelon?
QUID de la Douane Française, de ses 8 338 agents de la SURV (terrestres, marins, aériens, aéroports)?
QUID de la DNRED, la Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières et de ses 715 agents répartis en trois directions:
la Direction du renseignement douanier (DRD), la Direction des enquêtes douanières (DED), la Direction des opérations douanières (DOD).
La DNRED est chargée de:
collecter, centraliser, traiter et diffuser le renseignement d’origine douanière,
lutter contre les grands réseaux internationaux de contrebande (stupéfiants, tabac, armes, biens culturels, contrefaçons) en mettant en œuvre, si les enjeux le justifient, des techniques d’investigation spécialisées,
coordonner les activités opérationnelles menées avec les partenaires étrangers de la douane française.
Au sein de la communauté française du renseignement et dans le cadre du Conseil national du renseignement, la DNRED est prioritairement chargée des domaines suivants :
la lutte contre les activités criminelles et les flux financiers clandestins (principalement la lutte contre les narco-trafics),
la lutte contre le terrorisme et son financement, en appui de la DGSE, de la DGSI et de TRACFIN,
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Parce que l’OCRTIS estime que « La lutte contre le trafic de stupéfiants mobilise de nombreux acteurs qui peuvent poursuivre des stratégies divergentes, voire concurrentes […] et que La coordination est lacunaire au niveau territorial et perfectible au niveau central […]« , faisant allusion aux stratégies de la Gendarmerie et de la Douane, qui joueraient leur partition en solo, l’OCRTIS suggère que son rôle de coordinateur soit renforcé allant même jusqu’à écrire qu’il est urgent de réinstaurer un contexte de collaboration authentique entre services…
De qui se fout-on?
Voila des décennies que l’OCRTIS se tire la bourre avec douaniers et gendarmes profitant du fait que systématiquement toutes les affaires de stups tombaient pour « traitement » dans son escarcelle. De coups tordus en coups véreux, sans oublier les coups de vice, les coups pendables, les coups fourrés et autres coups de jarnac que l’OCRTIS savaient parfaitement mettre en œuvre pour le plus grand bien du déroulement des carrières de ses successifs dirigeants, imaginer qu’aujourd’hui ce seul service soit aux manettes pour diriger la lutte anti-narcotrafic me semble tout simplement impensable.
La Gendarmerie ne pipe mots…Logique puisqu’elle fait partie de la grande muette!
La Douane semble être aux abonnés absents dans ce combat futur et Rodolphe Gintz, son directeur général, pourtant aficionado de Twitter, ne s’exprime pas. Gérald Darmanin, qui sait profiter des avions douaniers pour ses déplacements, ne donne pas l’impression que ce combat anti-narcotrafic lui incombe.
A la mondialisation des trafics doit répondre une approche globale de l’État, indispensable à la maîtrise des quartiers de reconquête républicaine souligne encore l’OCRTIS!
Cette mondialisation n’a rien de nouveau, seule cette prise de conscience semble nouvelle et opportune pour récupérer le contrôle des opérations. Attention danger!
Mieux vaudrait alors créer un service englobant les services dédiés à la lutte anti-narcotrafic composés de douaniers, gendarmes et policiers en une espèce de GIR à compétence nationale et internationale.
Que je sache la DEA (Drug Enforcement Agency) remplit parfaitement ce rôle pour les Etats Unis d’Amérique démontrant aujourd’hui un rôle prépondérant dans la lutte anti-narcotrafic au niveau mondial.
« Il est urgent de réinstaurer un contexte de collaboration authentique entre services » insiste le rapport… Et bien, qu’un seul service nouveau soit créé pour enfin obtenir l’efficacité qui a fait grandement défaut depuis trop longtemps.
Les huit super procureurs généraux se coordonnent pour doper la lutte contre la criminalité organisée.
Se coordonner pour gagner en efficacité. Ils sont environ 500 magistrats à traiter des affaires les plus graves et les plus complexes, celles qui relèvent de la criminalité organisée comme le grand trafic de stupéfiants, le trafic d’armes, les vols et les meurtres en bandes organisées, le proxénétisme aggravé, l’immigration clandestine, la traite des êtres humains, le blanchiment, ou l’association de malfaiteurs et même la fausse monnaie.
En quinze ans, ces juridictions interrégionales spécialisées créées par la loi du 9 mars 2004 se sont saisies de 3756 procédures, dont 2.975 affaires de criminalité organisée et 781 affaires …
Les JIRS sont compétentes dès lors que les infractions visées aux articles 706-73 et 706-74 du code de procédure pénale apparaissent d’une grande complexité. Ces articles recouvrent notamment les infractions suivantes :
– Trafic de stupéfiants, traite des êtres humains, proxénétisme aggravé, vol en bande organisée, crimes aggravés d’extorsion, crimes de fausse monnaie…;
– Toute infraction commise en bande organisée (meurtre en bande organisée, torture et actes de barbarie en bande organisée, vol en bande organisée, escroquerie en bande organisée…) ainsi que le délit d’association de malfaiteurs) ;
– Les infractions connexes.
Quels sont les critères de saisine des JIRS ?
– la pluralité d’auteurs et de complices animés par une résolution d’agir en commun ;
– le caractère organisé et planifié des faits commis par des bandes structurées hiérarchisées, présentant une certaine dangerosité ;
– la dimension nationale voie transnationale des faits ou de l’organisation criminelle;
– la puissance financière et la surface patrimoniale de l’organisation criminelle, le nombre important de victimes, résidant sur l’ensemble du territoire national ou à l’étranger ;
– l’importance des préjudices causés par l’infraction.
– Au sein des cours d’appel et des tribunaux de grande instance, 419* magistrats sont habilités de manière permanente pour traiter des affaires relevant des JIRS. (* Ce chiffre ne comptabilise pas les magistrats du siège TGI et CA de la JIRS LYON qui n’ont pas encore été communiqués)
le 5 mai 1988, Christian Gatard, le chef de l’échelon DNRED de Nantes atterrissait dans la matinée à Malaga avec un avion du BAN de la Douane française.
Il s’agissait pour lui de rencontrer Marc Fievet à La Rotonde, un bar situé en face de l’aéroport de Gibraltar. Le rendez-vous était prévu à 14 h 00.
Marc Fievet était arrivé vers 13 h 30, histoire de vérifier l’environnement et accueillit Christian Gatard sur le trottoir entre poste frontière et La Rotonde.
Entretien d’une heure pour que Marc Fievet devienne le correspondant de la Douane Française sur la Costa del Sol. Infiltré à partir de 1988 dans cette plaque tournante de la drogue, Marc Fievet, alors âgé de 43 ans, officie pendant six ans dans ces réseaux, il contribue à la saisie de 100 tonnes de drogue durant son activité et permettra l’arrestation de 97 vrais narcotrafiquants. Mais, il est à son tour interpellé, en 1994, puis condamné à perpétuité au Canada pour trafic de drogue sans que Paris ne vienne à son secours autrement qu’en lui envoyant des émissaires pour lui dire de plaider coupable. Transféré en France, il ne sort de prison qu’en 2005, après dix ans et demi d’incarcération suite à la lâcheté de François Auvigne, un inspecteur des finances devenu quelques mois Directeur Général de la Douane Française.
La DNRED, dirigée par Jean Henri Hoguet soutenu par le ministre Michel Charasse, obtint des résultats importants dans sa lutte contre le narcotrafic durant toute cette période.
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Bon anniversaire à tous ceux qui ont encore en mémoire les succès douaniers enregistrés!
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Plus d’infos avec le témoignage de Jean Henri Hoguet et Yves Bonnet.
Le Patrouilleur des douanes « Jean François Deniau » est immobilisé à priori pour plusieurs mois suite à un incident et la vedette des douanes de NICE, la DF33 Levante, est partie pour une mission de plus d’un mois en Italie sous l’égide de FRONTEX…pour contribuer en Sicile à la sécurité de nos frontières extérieures!
Certes, il était prévu que la DF 33 Levante, financée à 90 % par l’Europe, via Frontex serait mobilisée au moins un mois par an pour des missions extérieures, mais vu l’incident survenu au patrouilleur Jean françois Deniau, c’est donc la Côte d’Azur qui ne sera plus surveillée pendant ce temps par les douanes!
Vincent Thomazo, le secrétaire général du syndicat douanier UNSA s’ est fendu d’un communiqué de presse avant le départ de la DF 33 Levante pour alerter la Direction générale de la Douane française en précisant:
La situation que nous connaissons arrive au pire moment.
Le mois de mai est celui qui connait la plus forte fréquentation de navire en France dans le secteur sud-est.
Ne plus avoir de surveillance douanière sur la côte d’azur est inconcevable. Les pouvoirs douaniers sont bien spécifiques; aucune autre administration ne peut les mettre en œuvre. Le syndicat UNSA DOUANES demande à ce qu’on remette en place des moyens maritimes permettant d’effectuer nos missions douanières parallèlement à nos participations aux missions pour le compte de Frontex.
Que dire…si ce n’est que Vincent Thomazo, se référant aux propos de Gérald Darmanin qui disait il y a quelques mois, parlant des fonctionnaires: « Ils sont l’ossature de la République« , espérait ramener à la raison des décideurs lointains du 11 Rue des Deux Communes à Montreuil ou d’ailleurs qui ne semblent pas concernés par cette ouverture d’une route maritime sans contrôles pour les narcotrafiquants qui ne manqueront pas d’en profiter.
Le communiqué de presse a été repris par Aviseur International et… Nice Matin le vendredi 28 avril qui a interrogé, Vincent THOMAZO, le secrétaire général du syndicat UNSA DOUANES, qui repose ouvertement la question:
» Qui va surveiller les côtes françaises?Qui va protéger les frontières intérieures françaises, et faire ce qu’on attend des douaniers, accomplir des missions douanières? «
Rodolphe Gintz, le collègue Directeur général qui a son bureau 11 Rue des Deux Communes à Montreuil semble ne pas aimer l’article de Nice Matin! Même, on peut dire qu’il semble agacé, n’hésitant pas alors à entamer une polémique allant jusqu’à parler de « fake news »!
Le TWITT étant mode de communication désormais usuel entre collègues douaniers, Rodolphe Gintz fait désormais dans la provoc en twittant:
« Bon vent à la DF33 Levante et à son équipage qui vont contribuer en Sicile à la sécurité de nos frontières extérieures. »
Aujourd’hui, nous attendons toujours les réponses aux questions posées par le syndicat UNSA DOUANES.
Certes, Rodolphe Gintz a répondu à Vincent Thomazo hier…via Twitter:
« La réponse vous parviendra par courrier confidentiel compte tenu de ma sensibilité de l’information et pas sur Twitter. Ainsi vous serez bien informé. »
Qui va protéger les frontières françaises?
Est-ce que le dossier est classé ‘SECRET DEFENSE »?
Gérald Darmanin et Rodolphe Gintz ne tenaient que des propos aimables pour nos valeureux douaniers qui lors de cette année 2017 auraient battu des records, malgré la politique de démantèlement mené tambour battant par Bercy et son bras armé, Rodolphe Gintz, le successeur de Jérôme Fournel et Hélène Crocquevieille, les fossoyeurs de la douane de ces dernières années.
Certes les résultats des différentes saisies pourraient paraître spectaculaires, alors qu’elles ne correspondent qu’à une explosion de la consommation des stupéfiants illicites et donc du narcotrafic destiné à répondre à la demande.
Les succès enregistrés en matière de contrefaçon n’arrivent pas à provoquer chez moi le moindre sentiment de satisfaction, considérant que la Douane n’a pas à être une police économique mise à disposition de LVMH et consort depuis le passage du DG Pierre Mathieu Duhamel au sein de LVMH New York. Que ne dirait-on pas si nos gendarmes et policiers se mettaient au service du grand capital et des banques pour préserver leurs avantages et les intérêts des actionnaires en facilitant l’évasion fiscale qui est une des raisons d’être de ces entreprises. Certes LVMH fabrique encore un peu en France, mais si peu…Alors que fiscalement, que se passe-t-il Gérald Darmanin?
Pour le tabac, la contrebande prospère chaque jour et du coup la lutte contre ce phénomène sera une priorité a précisé Gérald Darmanin. Plus de 238 tonnes de tabac ont été saisis l’an dernier sur le sol français, soit une baisse de 8% par rapport à 2016.
En Ile-de-France, c’est près de 22 tonnes de tabac qui ont été confisqué l’an dernier. « Avec l’augmentation du prix du tabac il y aura une augmentation de l’intérêt à la fraude donc pour moi la lutte contre la contrebande de tabac sera une priorité en 2018 » dit Jean-Roald L’hermitte. Ouf, on est sauvé! Mais, dimanche, j’ai reçu un appel d’un de mes amis qui passait en Espagne par Biriatou et qui me dit: « les douaniers contrôlent à la sortie de France, toi qui connait, tu peux m’expliquer…le trafic de cigarettes et d’alcool, c’est dans le sens Espagne-France!« …Faudra m’expliquer pour que je lui explique!
Pour moi, comme pour beaucoup de citoyens de ce pays, les stups restent une des plaies de notre société, de nos société et je constate que la plus haute hiérarchie se gargarise avec des résultats très loin en dessous de ceux qu’il aurait fallu atteindre pour seulement commencer à être efficace dans la lutte contre la drogue.
Aujourd’hui, Hubert Avoine, qui a travaillé pendant des années en secret pour l’ OCRTIS, (Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants) et auteur de L’Infiltré, de la traque de Chapo Guzman au scandale français des stups (éd. Robert Lafont), était l’invité du Grand Journal de 18h sur Sud Radio. Parlant des résultats 2017 de la Douane française et des saisies de cocaine s’élevant à plus de 9 tonnes, il constate:
« C’est un chiffre conséquent, qui est un record, mais il faut être à la fois très content du chiffre et du travail des douanes et à la fois extrêmement prudent », a-t-il tempéré.
« On parle de saisie, mais qu’a-t-on fait des réseaux ? Qui a-t-on arrêté ? Qu’a-t-on démantelé ? », s’est interrogé Hubert Avoine, pour qui« le trafic est en train de se développer parce que la société tend vers cela ».
« Il y a plus de consommation, c’est indéniable, donc les saisies sont en comparaison de la demande, a-t-il ajouté.Il semble que la consommation de cocaïne est en hausse. On la rencontre dans des endroits où c’était assez peu courant. On avait l’habitude de la voir plus sur les Champs-Élysées qu’en banlieue, aujourd’hui, on la voit un peu partout. »
En ce qui me concerne, autre époque, puisqu’il ne s’agissait pas d’El Chapo, mais des frères Orijuela, les premiers successeurs de Pablo Escobar, j’ai travaillé pendant 6 années pour la DNED, puis la DNRED à partir de 1988 en commençant d’abord par faire du renseignement à Gibraltar avant d’être amené à débuter des actions d’infiltrations qui m’ont amené au plus haut niveau de la hiérarchie du narcotrafic des années 1990. Les résultats furent spectaculaires puisqu’en 6 ans, l’agent NS 55 que j’étais devenu, agissant sous mon vrai nom ou empruntant diverses identités parfaitement connues des autorités douanières françaises comme Charles Henri De Bossieu et William Blazenko, a permis la saisie de 105 tonnes de drogues illicites (Plus de 5 tonnes de cocaïne et 100 tonnes de cannabis) dans diverses opérations menées en Atlantique nord et dans l’océan indien.
En récompense, l’agent NS 55, sur les conseils appuyés des émissaires de Bercy, a dû plaider coupable d’actions de narcotrafic devant les juridictions anglaises et canadiennes, récoltant au passage une condamnation à perpétuité!
La Direction Générale de la Douane française, en parfaite oie blanche, ayant refusé d’assumer les actions terrains de son service de renseignement, n’a pas hésité à laisser entendre que l’agent NS 55 s’était mis à son compte…! Propos démenti par la juge d’instruction parisienne, Sophie Clément qui a rendu le 16 mai 2006 un non-lieu explosif puisqu’elle assure: « Il n’y a pas lieu de poursuivre quiconque pour complicité de trafic de drogue car « les investigations entreprises, les auditions réalisées, l’étude des documents figurant en procédure, ne permettent pas de caractériser à l’encontre de Marc Fiévet les faits de trafic de stupéfiants ». Cette décision de justice est toujours refusée par les administrateurs Thomas Charvet et Michel Baron qui n’ont su que s’enfermer dans la réécriture de faits dont ils ignorent la réalité.
Alors, certes les résultats enregistrés démontrent l’importance de la présence douanière sur le terrain, sans pour autant donner pleine satisfaction puisque la mission régalienne première de la Douane ne fait plus partie de ses priorités.
Au train ou vous allez, à quand la privatisation des missions régaliennes douanières?
Hubert Avoine, 55 ans, est cet ancien infiltré qui en octobre 2015, date de sa première lettre au procureur de la République de Paris, François Molins, dénonçait les étranges méthodes de l’ OCRTIS (office central de la répression des trafics illicites) et de son ancien boss, François Thierry.
Il avait informé et précisé, ‘textos’ de François Thierry à l’appui, qu’il avait été mandaté, en avril 2012, pour garder une villa à Estepona, en Andalousie dans le sud de l’Espagne, où il avait constaté que des policiers avaient chargé et déchargé 19 tonnes de cannabis destinées au marché français. Pour cette mission, Hubert Avoine avait été payé 32 000 euros en billets usagés, sans le moindre reçu.
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Mais d’où vient ce cash?
De la trésorerie générale ou de la vente de stups?
Décidément c’est une habitude chez nos régaliens, j’ai en mémoire le cash en livres sterling (billets usagés) anglaises qu’avait remis à mon épouse le divisionnaire de la douane française Hervé Maignier de l’échelon de Nantes, venu spécialement à Malaga pour lui remettre dans un parking en sous-sol de l’aéroport…pour « faciliter » mon plaidoyer de culpabilité au Canada. Marc Fievet
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Après le premier témoignage d’Hubert Avoine dans le journal Libération, sous pseudo, au printemps 2016, plusieurs pontes de la PJ avaient d’abord laissé entendre en off que l’ancien infiltré était un mythomane, la police ne trempant pas dans ce genre de magouilles.
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Marc Fievet avait aussi été traité de mythomane par certains hauts fonctionnaires de Bercy et de la DG de la Douane française, qui n’ont pas hésité à refuser le témoignage de son officier traitant Christian Gatard dans toutes les réponses produites par Thomas Charvet, administrateur civil et Michel Baron, administrateur des douanes. Dans ce témoignage destiné à être produit en justice Christian Gatard, l’ancien chef d’Echelon de la DNRED à Nantes écrivait:
« Officier traitant de Marc Fievet de 1988 à 1994, j’atteste de l’exactitude des faits relatés de son action au sein de l’organisation LOCATELLI. Je certifie l’exactitude des éléments et des faits pour en avoir été le témoin ou en avoir été informé en ma qualité d’officier traitant de Marc Fievet durant cette période. Je tiens à ajouter que Marc Fievet a toujours fait preuve de la plus grande loyauté à l’égard des douanes françaises notamment dans le cadre de son infiltration au sein de l’organisation LOCATELLI qui l’a exposé à de très nombreux dangers.«
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Depuis, le commissaire François Thierry a été mis en examen pour «complicité de trafic de stupéfiants» et la procédure distincte basée sur les révélations d’Avoine, dépaysée à Lyon, inquiète au plus haut niveau. Pour preuve, cette écoute téléphonique versée au dossier judiciaire, qui relate une conversation enregistrée le 23 août 2017, la veille de l’audition fatidique du commissaire Thierry.
C’est le magistrat Patrick Laberche (ici en photo avec François Hollande), ancien procureur à la section antiterroriste du parquet de Paris, bras droit du patron des Stups, qui contacte un certain Rick, le correspondant auprès de l’office de la DEA, l’agence antidrogue américaine.
«Salut Rick, ça va ? attaque Laberche. Tu as le bonjour de François.
– Il va bien ?
– Oui, ça va. On a discuté beaucoup hier soir. Euh… Ouais, il a l’air assez offensif, assez combatif. […] Il est prévu qu’il soit entendu jeudi par le juge d’instruction […].
– Ouais.
– Voilà, donc je lui ai donné le document que tu m’as transmis mais c’est pas pour qu’il le remette, hein, parce qu’il a bien compris que, euh, c’était un truc qui devait rester confidentiel comme tu l’avais écrit, mais c’est pour constituer ses dossiers, si tu veux, pour faire un panorama de tous les dossiers de manière un peu exhaustive dans sa tête, quoi.»
Quel est donc ce document confidentiel ?
Transmis par les Américains pour « étoffer » la défense de François Thierry, ce document auquel la justice ne semble pas avoir eu accès semble très sensible puisqu’il apparait clairement qu’Hubert Avoine a également travaillé pour le compte du département américain de la Justice, comme en attestent des documents authentifiés par Libération.
Barbouzes
Cette collaboration fait d’ailleurs l’objet d’une question sibylline de Patrick Laberche au cours de la même conversation. «Dans le dossier Avoine, comme… ça n’a pas changé, la situation a pas changé par rapport à ce qu’on avait dit il y a quelque temps, hein ? Tu te souviens ?» s’enquiert le bras droit du patron des Stups auprès de son interlocuteur. «Je peux te dire entre nous qu’Avoine a travaillé pour le FBI, pas pour la DEA, OK ? Il aurait dû savoir la différence», rétorque le dénommé Rick.
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En 1994, Marc Fievet rencontrait régulièrement David May du bureau DEA de Paris. Ce fonctionnaire lui avait remis 10.000 US dollars en billets usagers pour défraiement d’une mission à Saint Martin aux Caraïbes, mais s’est opposé à tous témoignages réclamés par la justice…
Quelle était la provenance de ces liasses de petites coupures remises en présence du douanier Jo Lesquert, adjoint de Christian Gatard, dans les locaux de l’Ambassade américaine?
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Une distinction fondamentale aux yeux des Américains : alors que la DEA n’hésite pas à recourir à des barbouzes pour certaines de ses missions, le FBI agit dans un cadre juridique beaucoup plus strict, sous le contrôle étroit du département de la Justice.
Un nouveau front qui pourrait pousser les magistrats français à se rapprocher de leurs homologues américains.
Pese a los millones de dólares gastados, la criminalización del consumo provocó un aumento vertiginoso no solo del uso de sustancias, sino también de la violencia
MADRID.- La Comisión Global de Políticas de Drogas, que presidió el exmandatario brasileño Fernando Henrique Cardoso y tiene ahora como directora a Ruth Dreifuss, expresidenta de Suiza, está integrada por políticos, funcionarios internacionales, científicos e intelectuales de diversos países del mundo y lleva a cabo desde el año 2011 una valiosa campaña a favor de una política más sensata y realista en el dominio del narcotráfico y el consumo de estupefacientes que el de la mera represión policial y judicial.
En los siete informes que ha publicado desde que se creó, sustentados en rigurosas estadísticas e investigaciones sociológicas y clínicas, ha mostrado de manera inequívoca la futilidad de combatir aquel flagelo con prohibiciones y persecuciones que, pese a los miles de millones de dólares gastados, en vez de reducir han aumentado vertiginosamente el consumo de drogas en el mundo, así como la violencia criminal asociada a su producción y distribución ilegales. En casi todo el mundo, pero, principalmente en América Latina, las mafias de narcotraficantes son una plaga que causan decenas de millares de muertos y son, sobre todo, una fuente de corrupción que descomponen las instituciones, infectan la vida política, degradan las democracias y, no se diga, las dictaduras, donde, por ejemplo, en Venezuela, buen número de dirigentes civiles y militares del régimen están acusados de dirigir el narcotráfico.
Al principio, las labores de la Comisión se concentraban en América Latina, pero ahora se han extendido al mundo entero. El último informe, que acabo de leer, está dedicado a combatir, con argumentos persuasivos, la general percepción negativa y delictuosa que los gobiernos promueven de todos los consumidores de drogas, presentándolos como desechos humanos, propensos al delito debido a su adicción y, por lo mismo, amenazas vivientes al orden y la seguridad de las sociedades.
« La consommation de cannabis restera toujours pénalisée » en France. C’est le message adressé le 28 janvier, lors du Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro, par la ministre de la Justice Nicole Belloubet. « Il n’a jamais été question d’une dépénalisation« , a-t-elle martelé.
Cette dernière a toutefois confirmé l’intérêt du gouvernement pour une réforme en profondeur des sanctions pour les usagers de cannabis, dans la lignée du rapport parlementaire présenté en commission à l’Assemblée nationale cette semaine, et des annonces du ministre de l’Intérieur
En 2016, 416 cas ont ainsi été recensés en France.
Le nombre de morts aussi a connu une hausse : de 25 morts en 2010 à 44 morts en 2015.
Le monde médical ainsi que les autorités lancent un message d’alerte vendredi : la consommation de cocaïne fait en France de plus en plus de dégâts. Selon une enquête de l’Agence du médicaments que Le Parisien révèle vendredi, le nombre d’intoxications liées à cette drogue a explosé en quelques années.
Huit fois plus de cas graves.
Sur les six dernières années, le nombre d’intoxications liées à la consommation de cocaïne a été multiplié par six. En 2016, 416 cas ont ainsi été recensés en France. Le nombre de cas ayant entraîné un réanimation ou un pronostic vital engagé a, lui, été multiplié par huit. Le nombre de morts aussi a connu une hausse : de 25 morts en 2010 à 44 morts en 2015.
Est-ce un hasard si, tandis que l’Observatoire français des drogues et de la toxicomanie (OFDT) publie son rapport annuel toujours plus accablant pour ce qui est de la politique française des drogues, l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS) annonce, lui, des saisies records de cannabis en ce mois de décembre ?
Pas moins de 11 tonnes de résine auraient ainsi été interceptées par la vénérable institution policière elle-même impliquée dans l’une des plus rocambolesques affaires de corruption connues à ce jour.
S’agirait-il là d’une nouvelle manœuvre visant à occulter les minables résultats d’un dispositif répressif n’ayant jamais atteint ses objectifs sauf s’il s’agissait de dynamiser le crime organisé. Jamais celui-ci n’a autant prospéré, appuyé désormais par tout un panel de milliers de petites mains employant les outils que la technologie numérique met désormais à leur disposition, leur permettant d’assurer l’approvisionnement des millions d’usagers que compte notre pays.
En à peine 10 ans, nous sommes passés du vulgaire deal de rue aux « fours », ces véritables centres commerciaux des drogues où peut venir se ravitailler tout un chacun. Des lieux bien connus d’une police impuissante, extrêmement bien organisés aussi et dont les « gérants » semblent n’attendre qu’une réforme de la loi pour mener leur activité en toute légalité.
Un simple coup de fil permet dorénavant de commander les substances de votre choix, en toute quiétude, livrées à domicile en scooter.
La banalisation de ce négoce est telle que la plupart des revendeurs propose cartes de fidélité et autres « petits cadeaux » aux client(e)s les plus régulier(e)s. Un commerce s’apparentant à un service, délivré par une multitudes de « start-up » dédiées à cette filière. La vente sur Internet à travers le « Dark Web » demeure, elle, anecdotique.
Dénoncée dans les médias, elle ne sert que d’outil de propagande pour stigmatiser ce qui reste de libre sur le réseau numérique mondial.
Ces saisies records ne peuvent nous faire oublier le formidable échec de la prohibition que certain(e)s persistent cependant à soutenir. Il en est ainsi du gouvernement de notre sémillant Président qui, plutôt que de suivre la voie du téméraire Premier Ministre Canadien, M. Justin Trudeau, a décidé de confier au très sécuritaire Ministre de l’Intérieur, un domaine dévolu normalement à celui de la Santé. Joli coup de pression opéré par les services judiciaires, policiers et militaires à l’occasion d’une autre imposture, la prétendue « mission d’information parlementaire relative à l’application d’une procédure d’amende forfaitaire au délit d’usage illicite de stupéfiants » pour laquelle les associations d’usagers et autres acteurs de la réduction des risques, ont été écoutés sans pour autant être entendus courant septembre.
Cette mainmise des forces de l’ordre est d’autant plus préoccupante que celles-ci ne devraient avoir d’autre rôle que d’appliquer le Droit et non d’en débattre. Leur témoignage est précieux certes, mais à bien y réfléchir, il n’a d’intérêt que pour souligner le naufrage du système répressif en place, son incapacité à juguler l’offre et la demande de stupéfiants. Leur avis est en cela purement anecdotique et ne devrait par conséquent pas interférer dans un débat n’intéressant que la santé et les libertés publiques. Il n’en est pourtant rien, ce que l’ensemble des organisations antiprohibitionnistes déplorent.
En attendant, ce sont toujours les mêmes qui trinquent, les jeunes que l’État prétend protéger tout en encourageant leur stigmatisation à coup de contrôles policiers incessants menant parfois à de retentissantes bavures. Des jeunes des quartiers populaires le plus souvent, principalement issus des « minorités visibles ». Pas un mot sur les millions de cannabinophiles intégrés, de tous âges et de toutes catégories socio-professionnelles, cette multitude d’individus invisibles aux yeux des autorités mais qui constituent cependant la principale substance du peuple de l’herbe.
Viendra bien un jour où les Droits et les Libertés individuelles prévaudront sur une approche morale anachronique d’un autre temps. Mais malgré cette évidence, il faudra faire preuve d’un courage politique à toute épreuve tant le terrain est miné depuis près d’un siècle de « guerre à la drogue ». Un déminage que seul un débat serein, exempt de passion et d’irrationalité, peut apporter. Mais encore faudrait-il que les croisé(e)s de ce dogme, bien que dépourvus d’argumentation raisonnable, ne viennent le polluer avec leurs habituels messages anxiogènes.
En France, on poursuit toutes sortes de régaliens (Douaniers, Policiers ou Gendarmes) avec gardes à vue et mises en examen…parfois sans aucun vrai sens du discernement, alors… qu’ interpellé jeudi à Villejuif pour des affaires de stupéfiants, un homme de 20 ans a fait état de son statut diplomatique, étant le fils d’un personnel de l’ambassade du Cameroun, pour qu’on s’empresse de le faire relâcher!
De fortes tensions opposent policiers et magistrats sur les méthodes de lutte contre le trafic de drogue. Entre les uns et les autres, la défiance est à son comble.
« Le mouvement a été spontané, raconte ce policier qui préfère garder l’anonymat. On s’est réunis. On avait le sentiment de n’être soutenus ni par le ministère, ni par la direction de la police judiciaire. On s’est dit, puisqu’ils ne veulent pas prendre notre défense, on va faire quelque chose de marquant. »
C’est ainsi que les quelque 70 enquêteurs de l’Office ont décidé, lundi 16 octobre, le dépôt des armes pour la durée d’une semaine. Certains ont pris des vacances. D’autres ont eu recours au congé maladie, ou ont tout simplement levé le pied, au risque de paralyser la chasse aux trafiquants de drogue.
L’OCRTIS se débat depuis des mois dans les rets de plusieurs procédures judiciaires qui ont déjà coûté son poste au charismatique patron du service, François Thierry. Au début d’octobre vient le tour de l’un de ses adjoints, le commissaire Stéphane L., et celui d’un chef de groupe, tous deux mis en examen pour « complicité de trafic de stupéfiants ».
Entre policiers et magistrats, le duel s’envenime
« A ce moment-là, on s’est dit que cela pouvait arriver à n’importe lequel d’entre nous », reprend le policier. La popularité, au sein de l’Office, du commissaire cible des juges ne fait qu’attiser le mécontentement. Stéphane L. est réputé pour son courage sur le terrain. En 2000, il a été grièvement blessé lors d’une interpellation à Argenteuil (Val-d’Oise). Une balle de fusil l’a atteint au thorax, malgré son gilet pare-balles.
Flics contre juges. Le duel est presque aussi vieux que le monde et ses trafics. Sauf que, cette fois, entre police et justice, le conflit s’envenime. Un combat âpre et silencieux, loin des caméras et des micros. D’un côté, les policiers de l’Office des stups, en poste à Nanterre ou à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, qui luttent au quotidien contre les trafiquants de drogue. « Et qui restent plus motivés que jamais », insiste l’un d’eux.
De l’autre côté, les 16 magistrats de la juridiction interrégionale spécialisée de Paris (l’une des huit « Jirs » de France), experts de la criminalité organisée et de la grande délinquance financière. Entre les uns et les autres, la défiance est à son comble.
« Quelques juges d’instruction, propolice, nous soutiennent, nuance un fonctionnaire de l’Office. Mais d’autres pensent que nous sommes borderline et n’ont qu’une idée en tête: casser nos méthodes. Leur éthique est heurtée, car ils pensent que nos indicateurs, impliqués dans la logistique des livraisons de drogue sur lesquelles ils nous informent, tirent un bénéfice de ces opérations! »
Dans l’environnement de la Jirs de Paris, ce classement insidieux entre bons et mauvais indigne. Il n’est, dit-on, rien d’autre qu’une « stratégie de défense » et ne correspond en rien à la réalité. « Quand des policiers dérapent, précise une source anonyme, j’espère qu’il y aura toujours des juges pour les sanctionner. »
« Les pratiques de l’OCRTIS sont contraires à l’esprit de la loi »
Un magistrat instructeur naguère en poste à la Jirs soutient ses anciens collègues: « Ils répugnent à annuler des procédures, car ils ne veulent pas casser le moral des policiers et mettre à terre leur travail. Mais ce qui est inacceptable, c’est qu’on essaie, parfois, de nous enfumer en passant sous silence le rôle trouble d’un informateur. »
Un magistrat spécialisé, en poste en province, ne retient pas ses mots: « Les pratiques de l’OCRTIS sont contraires à l’esprit de la loi », tranche-t-il. Visée, entre autres, l’enquête ouverte à Créteil (Val-de-Marne) qui empoisonne l’ex-numéro 3 de l’Office, Stéphane L., et un officier. En mars 2014, le commissaire L. et son groupe saisissent 132 kilos de cocaïne à l’aéroport d’Orly. Mais, très vite, les juges d’instruction soupçonnent les policiers d’avoir initié ce trafic avec l’aide de deux indicateurs, pour mieux démanteler le réseau à l’oeuvre. Ce que la loi interdit expressément.
Sur le procès-verbal, les deux « tontons » accablent les fonctionnaires des stups. « J’ai agi sous les ordres de l’OCRTIS », assène « José le Portugais ». « A moi, on m’a demandé d’être la personne qui serait à l’origine du pseudo-passage au fret d’Orly », précise son comparse, « Lionel ». Lorsqu’il est entendu par le juge en mai 2015, le commissaire conteste avoir agi dans l’ombre.
« On obtient des informations, déclare-t-il au magistrat, et les choses sont faites en transparence avec le parquet de Créteil, qui donne des instructions. On ne prend pas de décisions seuls dans notre coin sur ce genre de choses. » Pas suffisant pour rétablir la confiance…
Pour l’interpellation et la garde à vue de « Lionel », le juge a préféré désigner la section de recherches de la gendarmerie de Paris. Dans cette affaire, la hiérarchie de la police judiciaire, elle, joue la montre. « Mireille Ballestrazzi [la directrice centrale de la PJ] est venue nous voir plusieurs fois pour nous dire qu’il était urgent d’attendre sous prétexte qu »on ne sait pas quels éléments a la justice dans le dossier d’Orly' », regrette un fonctionnaire.
Un contentieux de plus en plus lourd
Entre la Jirs de Paris et l’Office des stups, le contentieux s’est encore alourdi le 17 octobre 2015. Ce jour-là, la Douane met la main sur 7 tonnes de cannabis stockées dans trois camionnettes garées dans le XVIe arrondissement de Paris. Au fil des mois, cette affaire dévoile les liens très étroits entretenus par François Thierry, l’ancien patron des Stups, avec l’un de ses indicateurs, gros importateur de cannabis marocain.
« Cette opération était une livraison surveillée [un transport de stupéfiants sous l’œil de la police, avec l’accord de la justice, pour identifier les trafiquants], affirme un policier de l’OCRTIS. Le parquet était parfaitement au courant. Des preuves de ces échanges existent. » Bémol apporté par un magistrat de la Jirs: « Tout dépend du niveau d’information qu’on nous donne… »
Les fonctionnaires des Stups
Les fonctionnaires des Stups dénoncent cette « précarité », cette « insécurité juridique totale ». « Un magistrat dit OK, puis un autre remet en cause la méthode », regrette l’un d’eux. Pour résoudre ce casse-tête, un de ses collègues suggère « la tenue d’une table ronde avec la Direction centrale de la police judiciaire, le ministère de la Justice et la juridiction spécialisée de Paris ».
Message reçu 5 sur 5 au sommet de l’Etat, où cette guerre intestine entre policiers et magistrats inquiète. Ainsi, le garde des Sceaux a récemment mis en place un groupe de travail chargé de plancher sur les deux sujets qui fâchent: les fameuses livraisons surveillées et le rôle des indicateurs.
Les stups boudent la juridiction de Paris
En attendant, les fonctionnaires de l’Office des stups boudent la juridiction spécialisée de Paris.
« Tant que les magistrats qui nous sont hostiles resteront en poste, nous nous interdirons de commencer la moindre affaire qui pourrait leur être confiée, affirme l’un.
En revanche, nous travaillons mieux avec les Jirs de province. »
Certes, l’OCRTIS a réalisé récemment deux belles opérations, main dans la main avec les magistrats de Bordeaux, en saisissant 1,7 tonne de cocaïne en juin dernier sur une plage de Mimizan (Landes), puis plus d’une tonne du même produit et 350000 euros en cash à Lacanau voilà trois semaines. Dans les six autres Jirs, pourtant, beaucoup renâclent à travailler avec les spécialistes parisiens des Stups.
« S’ils s’imaginent que nous, magistrats provinciaux, sommes prêts à rentrer dans leurs magouilles, ils se trompent!, s’étrangle un procureur. Dans ma juridiction, nous avons eu des soucis similaires à ceux de Paris; alors, plus question de saisir l’Office. »
A Nanterre, l’ambiance est morose. « Beaucoup de collègues ont envie de changer de service, constate un fonctionnaire. Il y a eu des départs, il y en aura d’autres, et nous avons de plus en plus de mal à recruter. » Pendant que les spécialistes parisiens des Stups travaillent, de leur propre aveu, « avec le frein à main », les trafiquants, eux, peuvent se frotter les mains.
Entre 2015 et 2016, les saisies de cannabis ont reculé de presque 7 tonnes, passant de 77,6 à 70,9 tonnes, et celles de cocaïne ont chuté de 10,9 à 8,5 tonnes…
Deux poids, deux mesures?
Mieux vaut être policier que douanier.
Au printemps dernier, le corps d’élite des gabelous, la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), a été décapitée par le DG Rodolphe Gintz sans autre forme de procès. (Jean Paul Garcia, le Boss de l’ « Agence », a jeté l’éponge à la demande du DG de la Douane.)
Motif: elle aurait fermé les yeux sur les trafics de l’un de ses indics en l’échange de tuyaux en or massif.
Entre les mutations forcées et les placards pas tous dorés, de nombreuses têtes sont tombées.
Rien de tout cela à l’Office des stups, soupçonné lui aussi d’avoir franchi la ligne jaune avec certains informateurs. Seul François Thierry a dû quitter son poste. L’ancien numéro 1 de la lutte antistups a d’abord été exfiltré à la SDAT, la sous-direction antiterroriste. Mis en examen en août pour « complicité de trafic de stupéfiants » et privé par la justice, deux mois plus tard, de son habilitation d’officier de police judiciaire, il a été affecté à la sous-direction de la lutte contre la cybercriminalité.