Aviseur International renseigne, sans complaisance, sur la problématique de la drogue, du narcotrafic, de la corruption et sur les politiques mises en œuvre par les différents Etats et les dérives que s'autorisent les fonctionnaires des administrations — aviseurinternational@proton.me — 33 (0) 6 84 30 31 81
L’organisateur présumé des importations de stupéfiants dans le dossier Air Cocaïne, le Lyonnais Ali Bouchareb a été remis à la France par les autorités espagnoles, « il y a une quinzaine de jours », et écroué apprend-on aujourd’hui de source judiciaire.
Arrivé par l’aéroport de Roissy, il avait aussitôt été conduit dans le bureau de la juge marseillaise Christine Saunier-Ruellan qui instruit le dossier Air Cocaïne depuis mars 2013. Ali Bouchareb, 44 ans, a été mis en examen notamment pour importation de stupéfiants en bande organisée et placé en détention provisoire.
Lire:
De concert avec les autorités policières américaines et roumaines, la police judiciaire fédérale de Flandre orientale a démantelé une bande de trafiquants de drogue.
La bande vendait de la drogue sur le « dark web » et envoyait les commandes par colis postal aux Etats-Unis, en mentionnant comme expéditeur le nom d’entreprises situées en Belgique, en France ou en Allemagne.
Myanmar’s military government has, since the late 1980s, used the drug economy as a means to finance its own state-building objectives, rather than launch sustained efforts to dismantle it.
14 June 2016Author:Patrick Meehan recently completed his PhD in the Department of Development Studies at the School of Oriental and African Studies (SOAS), University of London.For the past 10 years drug production in Myanmar has been on the rise. The amount of land used to grow poppy — from which the opium sap used to make heroin is derived — has more than doubled since 2006. According to the UN, Myanmar now accounts for more than 25 per cent of the global area under illegal poppy cultivation, making the country the second largest producer of illegal opium in the world after Afghanistan.The vast majority of opium is produced by poor farmers in highland areas of Shan State close to the country’s borders with China, Thailand and Laos, which have been affected by decades of conflict between ethnic armed groups and the central government. In 2012, studies conducted by local researchers recorded opium cultivation in 49 out of Shan State’s 55 townships involving more than 200,000 households.Drugs play an ambiguous role in Myanmar’s borderlands. Drug abuse has taken far more lives than armed conflict in many communities over the past decade and the growing heroin epidemic across parts of Shan and neighbouring Kachin State is one of the main drivers of HIV/AIDS in Myanmar.
les drôles dessous d’une grosse saisie de cocaïne réalisée par l’OCRTIS
Mercredi, 4 Mai, 1994
L’Humanité
Le procès qui s’est ouvert hier à Grasse n’aurait été que celui de trafiquants pris dans le filet des stups si un commissaire suisse n’y était allé de quelques confidences explosives.
De notre envoyé spécial à Grasse
Le procès qui s’est ouvert hier à Grasse (Alpes-Maritimes) pourrait avoir d’importantes répercussions. Tout démarre en février 1992 dans le département avec l’arrestation de plusieurs trafiquants de drogue. Ce jour-là, dans la petite ville de Cagnes-sur-Mer, des inspecteurs de l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCTRIS) interceptent Vittorio Ceretta, un Calabrais de cinquante-deux ans, en train de remettre 63 kilos de cocaïne au conducteur d’un semi-remorque, Rosario Dioguardi, chargé de passer la frontière franco-italienne avec la marchandise.
Trois mois plus tard, nouveau coup de filet. 53 kilos de coke sont saisis et quatre autres personnes sont interpellées. Un couple d’Espagnols, Manuel et Manuella Munoz, ainsi que Drissia Bonacina et son époux suisse, Sergio Bonacina. Du beau travail donc, réalisé par les policiers français en relation avec leurs homologues brésiliens.
Tout irait pour le mieux et les autorités pourraient assurer que la répression du trafic porte ses fruits si Fausto Cattaneo, policier et suisse, commissaire de surcroît, ne dénonçait, dans un rapport en date du 27 novembre 1992 et adressé au Conseil d’Etat du canton du Tessin et au ministère public de la Confédération, les dessous de l’opération. A la lecture de ce volumineux rapport, on se dit effectivement que tout cela n’est pas bien propre.
Qu’écrit Cattaneo? Tout d’abord que la prise de cocaïne effectuée sur la Côte d’Azur est la ramification d’un trafic beaucoup plus important que le policier surnomme Mato Grosso, du nom de l’Etat brésilien dans lequel se fabrique une partie des produits acheminés par une filière colombienne. Le commissaire explique comment il a infiltré le réseau, parle de son travail avec les indics et les multiples problèmes qui ont surgi. Il raconte son contact avec un industriel brésilien lié à l’ex-président Collor et à Roméo Tuma, chef de la police, accusé de corruption et disposant de comptes bancaires à Genève «gérés, entre autres, par un fonctionnaire de la police genevoise».
Mais Cattaneo ne s’arrête pas là. Il dénonce également l’attitude et le rôle des services français – notamment d’un commissaire des stups parisien – accusés de l’avoir écarté de l’opération Mato Grosso: «Les services français et les indicateurs, ainsi que les éléments de la police fédérale brésilienne (…) se sont introduits entre fournisseurs et acheteurs en remplaçant les vrais trafiquants à l’origine du flux de drogue», écrit-il.
Et un peu plus loin, à propos de la cocaïne saisie près de Nice, on peut lire: «La drogue ne provenait pas des cartels colombiens ou des raffineries du Mato Grosso mais a été mise à disposition par la police brésilienne.» Les indicateurs ayant remis la cargaison avec l’accord des services français et brésiliens «ont encaissé environ 800.000 dollars qu’ils se sont partagés avec les fonctionnaires de police».
Le procès de Grasse, interrompu en milieu de matinée, après l’audition de trois témoins, pour cause d’enterrement du bâtonnier, ne pourra éviter de traiter des méthodes pour le moins surprenantes des enquêteurs. L’OCTRIS jure que ces pratiques lui sont étrangères, alors que deux des principaux accusés assurent que les indics ont été volontairement laissés en liberté. Il reste que le commissaire Cattaneo était absent et qu’il risque de le rester jusqu’à la fin du procès, prévue pour jeudi soir.
AU procès des trafiquants de cocaïne, à Grasse, c’était hier l’audition de Sergio Bonacina, considéré comme le chef du groupe appréhendé en deux temps dans la région niçoise, le 24 février et le 29 mai 1992, ainsi que 100 kilos de cocaïne. Sergio ne manque pas d’aplomb: «Les accusations de trafiquants portées contre moi viennent de la fantaisie de M. Cattaneo». Fausto Cattaneo est un commissaire suisse, auteur d’un rapport mettant en cause l’attitude des services français dans cette affaire, reliée selon lui à un trafic beaucoup plus important surnommé «Mato Grosso» et portant sur cinq tonnes de «coke».
Mais Cattaneo n’a pas été autorisé par sa hiérarchie à se présenter à la barre des témoins «pour des raisons de sécurité». Bonacina, de son côté, reconnaît s’être livré au Maroc au «trafic de stupéfiants mais, après ça, finito, basta!». Il avoue, en revanche, être un consommateur occasionnel de poudre blanche. Le président Acquaviva semble amusé par ses déclarations: «Vous avez pourtant une certaine stature dans les activités illicites.» L’homme nie tout. Il prétend être «un homme sous l’influence de sa femme». Mais cette dernière, présente dans le box des accusés, dit le contraire, se bornant à répéter que son mari en savait long sur toute l’opération et sur les contacts avec deux Sud-Américains, pourvoyeurs de drogue.
De ces deux Sud-Américains, il en fut longuement question lors de l’audition de Mario Le Corff, commissaire principal à l’Office central des stupéfiants. Ce dernier affirme que les prises effectuées en 1992 sur la Côte d’Azur n’ont rien à voir avec l’affaire «Mato Grosso». Pour lui, «le rapport Cattaneo relève de la mégalomanie». Tout s’est passé légalement, dans le cadre d’une livraison surveillée, c’est-à-dire sous haute surveillance policière, jusqu’à l’interpellation. Dans le cadre de l’enquête, plusieurs personnes étaient suivies. «Puis sont apparus des individus non identifiés que nous avons considérés comme étant sud-américains», dit le policier français. Malheureusement, ils ne seront jamais appréhendés, ce qui déclenchait de la part de la défense une vive polémique. Me Baudoux laisse entendre que les Sud-Américains travaillaient pour les policiers. Après deux jours de débats, le flou continue de régner dans ce procès. La seule certitude que l’on ait est que la Mafia est solidement implantée dans le sud de la France, région devenue privilégiée pour les trafics en tout genre entre l’Hexagone et l’Italie.
Le procureur a requis des peines de douze à dix-huit ans de prison pour achat, importation et tentative d’écoulement de 117 kilos de cocaïne. La défense invoque un coup monté par les policiers français.
De notre correspondant régional.
ETRANGE procès en vérité que celui qui vient de se tenir dans les locaux du tribunal de Grasse, et dont le verdict a été mis en délibéré jeudi soir. Les personnes jugées l’étaient, selon l’acte d’accusation, pour achat, importation et tentative d’écoulement de stupéfiants. Le trafic portait sur 117 kilos de cocaïne. La France, et plus particulièrement la Côte d’Azur, n’étant qu’un lieu de transit avant l’acheminement vers l’Italie.
Des faits assez graves pour que le procureur de la République, Jean-Luc Cabaussel, requière des peines allant de douze à dix-huit ans d’emprisonnement, avec ce petit commentaire qui résume bien l’atmosphère: «Je suis toujours très satisfait de requérir face à des malfrats.»
Une phrase qui n’était pas gratuite. Depuis l’ouverture des débats, quelque chose semblait gripper la machine judiciaire. Plus exactement, un rapport établi par un commissaire suisse, Fausto Cattaneo, en partie corroboré par le numéro deux de la section antidrogue de l’office du procureur de la Confédération helvétique, Jacques-André Kaeslin.
Les deux hommes, dans deux notes séparées et officielles, soulignent les pratiques des services français et plus particulièrement de l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCTRIS). Des révélations de taille comme celle lue par le procureur lui-même, à propos de la drogue saisie, qui «proviendrait des stocks de Marco Cavallero, numéro deux de la police fédérale des stupéfiants du Brésil, et aurait été importée, livrée et vendue par des informateurs».
Le procureur n’a pas soutenu la demande de supplément d’informations exigée par les avocats de la défense. «Ce serait énorme», dit-il: «Ce rapport, c’est un jet d’encre craché par un mollusque marin avant qu’il ne tombe dans l’épuisette.»
Que les accusés ne soient pas des enfants de choeur, ou plutôt de «Marie», selon les termes d’un défenseur, personne ne semblait le nier, sauf peut-être ceux qui attendent de connaître leur sort.
Selon Interpol, deux d’entre eux, Vittorio Ceretta et Stefano Fasanotti, seraient membres de la N’Dranghetta calabraise et un troisième larron, Renato Macri, appartiendrait à une organisation mafieuse dans le Piémont. Sergio Bonacina n’est pas non plus un inconnu pour les stups de différents pays et son épouse Drissia vivait auparavant avec un «mauvais garçon» en cheville avec des trafiquants basés en Amérique latine.
Mais l’audition de plusieurs policiers en qualité de témoins et notamment de Mario Le Corff, commissaire principal à l’Office central des stupéfiants, devait jeter le trouble.
A l’écoute de ces fonctionnaires, on avait une sensation de non-dit. Comme si certaines pratiques n’avaient pas à être évoquées. Comme si, la fin justifiant les moyens, seules importaient les «prises» record de drogue. Qui étaient les Sud-Américains, fournisseurs repérés dans cette affaire, jamais arrêtés ni photographiés de face contrairement aux autres protagonistes?
Je ne sais pas, répondait Le Corff, qui répétait devant le tribunal que dans cette procédure, aucun indicateur n’avait été utilisé. Mais selon Fausto Cattaneo (absent à l’audience), il s’agirait d’informateurs et il donne leurs noms. Mais le procureur, une fois de plus, s’est refusé à en tenir compte, ne serait-ce que pour que la lumière soit faite. «Ce rapport ne vient pas du ciel mais de l’enfer dans lequel se morfond Fausto Cattaneo.»
Les défenseurs avaient alors beau jeu de demander dans leurs plaidoiries si «l’efficacité de la répression permet tout», si la justice «allait servir le droit ou la pyromanie policière» ou encore de dénoncer «le mur de l’Etat policier».
Au mois de février déjà, à Marseille, dans un procès portant sur une saisie de 5 tonnes de hasch, les avocats des prévenus avaient invoqué un coup monté par l’OCTRIS… Ni la justice ni la police n’auraient à gagner à couvrir de tels agissements. Car si quelques «mules» tombent grâce à ces stratagèmes, ils n’ont pas d’effet sur les cartels qui continuent de proliférer tandis que les narcodollars pénètrent toujours plus l’économie mondiale.
C’est dire si le verdict du tribunal de Grasse, prévu pour le 24 mai, est attendu. Avec crainte ou espoir, c’est selon…
Le cartel de Medellín utilisait les moyens aériens afin de créer et d’acheminer la cocaïne aux États-Unis et y développer un marché de la drogue. (Robert Mazur)
Robert Mazur, alias Bob Musella, a blanchi l’argent du cartel colombien tout en enquêtant pour l’IRS. Il raconte son histoire incroyable.
Les propos ayant servi à réaliser cette histoire ont été recueillis par Arthur Scheuer au cours d’un entretien avec Robert Mazur. Les mots qui suivent sont les siens.
Je viens d’une famille italo-américaine pauvre, et nous vivions dans un quartier pauvre de Staten Island, à New York. Le premier appartement dans lequel j’ai habité comportait trois chambres. Quatre familles y logeaient : mes grands-parents, les deux sœurs de ma mère, moi, mon frère, mon père et ma mère.
Mes parents travaillaient très dur, mon père cumulait deux ou trois emplois à la fois. Ils désiraient plus que tout aider leurs enfants à avoir une meilleure vie que la leur. Déjà à l’époque, leur objectif était de nous tenir éloignés de la mauvaise graine du quartier dont j’ai plus tard, en tant qu’agent infiltré, prétendu faire partie. Ils tenaient à faire de mon frère et moi les premiers membres de la famille à entrer à l’université. C’est arrivé.
Nos économies étaient maigres quand j’ai fait mes premiers pas à la fac, et j’avais besoin d’un job pour payer mes livres. J’ai décroché un entretien par l’intermédiaire de l’université me permettant de devenir ce qu’ils appelaient un étudiant « coopté » au sein d’une organisation. Il s’agissait d’une unité spéciale de l’IRS (https://fr.wikipedia.org/wiki/Internal_Revenue_Service).
À l’époque, on l’appelait la « division du renseignement », c’est elle qui s’était chargée de monter le procès d’Al Capone.
Suivre le cash
Une fois engagé, je travaillais deux jours par semaine, le week-end et l’été. Mon rôle se limitait à porter les valises des gars, je n’ai rien fait de très important et je n’ai traité aucun dossier. Je faisais des photocopies, de la retranscription d’entretiens, je n’étais pas sur le terrain. Un des dossiers les plus importants concernait Frank Lucas, le plus gros trafiquant d’héroïne de Manhattan (photo de droite) (plus sur:http://users.skynet.be/dosscrim/franklucas/index.html). Nous étions chargés de poursuivre la banque au sein de laquelle il blanchissait de l’argent. Ironie du sort, son nom était la Chemical Bank, la « banque chimique ».
Depuis peu, l’Afrique de l’Ouest est devenue la plaque tournante du trafic international de drogue. Cette enquête fait la lumière sur ces réseaux et leurs répercussions politiques et sociales dévastatrices.
➜ Ces dix dernières années, le trafic international de drogue a connu un développement fulgurant en Afrique de l’Ouest, au point de faire de la région l’une des principales plaques tournantes pour les narcotrafiquants internationaux. Depuis l’Amérique latine, région productrice, entre 60 et 250 tonnes de cocaïne transitent chaque année par la Guinée-Bissau, le Mali, le Sénégal ou le Cap-Vert avant d’inonder l’Europe, premier marché consommateur. Un trafic extrêmement lucratif, qui générerait plus de 400 milliards de dollars par an. Face à cette tendance, l’un des bureaux régionaux de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime s’est installé à Dakar, haut lieu du narcotrafic.
Immobilisme
Mais le combat reste très inégal, d’autant que la drogue profite quelquefois à ceux qui tiennent les rênes du pouvoir. C’est le cas en Guinée-Bissau, où plusieurs hauts gradés de l’armée sont même impliqués dans des meurtres politiques, ou dans le nord du Mali, où les mouvements séparatistes et islamistes collaborent avec les trafiquants pour financer leur achat d’armes. Outre la violence et l’exacerbation des écarts de richesse, cette situation a fait exploser la toxicomanie dans des régions aux infrastructures quasi inexistantes. Comment les autorités nationales et internationales entendent-elles lutter contre cette mafia mondialisée, qui tire profit du défaut de démocratie, du manque de moyens et de l’instabilité politique des pays d’Afrique occidentale ? Entre Bissau, Dakar et Bamako, cette enquête de terrain interroge les acteurs de la lutte contre le narcotrafic – membres de rares brigades anti-drogue, magistrats et journalistes d’investigation -, montrant combien l’immobilisme et le manque de volonté politique encouragent ce fléau.
➜ L’organe international de contrôle des stupéfiants présente son rapport pour l’année 2015. Une donnée connue de longue date se confirme : l’Afrique est bel et bien une porte d’entrée, une zone de transit pour tous types de drogues qui sont ensuite acheminées vers les Etats-Unis, l’Europe et l’Asie. Fait nouveau, le continent devient aussi une zone de fabrication de drogues de synthèses.
Cocaïne à l’Ouest, héroïne à l’Est, drogues de synthèse et marijuana partout. Le continent africain est toujours une porte d’entrée pour tous types de drogues. « Le trafic de cocaïne demeure une préoccupation majeure », pointe le rapport. La Guinée-Bissau, la Gambie ou encore le nord du Mali sont des zones d’arrivées et de transit connues, mais, signe que ce dossier est ultrasensible, aucun de ces pays n’est cité dans le rapport. Seul le Cap-Vert est présenté comme une plaque tournante du trafic de cocaïne, une demi-tonne a été saisie.
Dans ce rapport, aucun lien n’est établi entre les cartels d’Amérique latine et les groupes jihadistes présents en Afrique de l’ouest. De plus, il ne donne aucun détail sur l’argent généré par ce trafic.
Changement de méthode
Les trafiquants d’Amérique latine ont changé de méthode. Moins de grosses cargaisons, c’est via des colis plus petits que la cocaïne est acheminée en Afrique, notamment de l’Ouest. La multiplication des vols commerciaux depuis le Brésil explique en partie cette augmentation : 120 kilos saisis à Lagos en 2014, 286 kilos à Lomé.
Autre élément, la confirmation que l’Afrique, notamment de l’Est est une zone de transit de l’héroïne. Les saisies ont fortement augmenté en Tanzanie, au Kenya, en Egypte. Dans ce dernier pays, 260 kilos ont été saisis en 2013 et plus de 600 kilos en 2014.
Dernier point qui inquiète, l’Afrique de l’Ouest, notamment au Nigeria, en Côte d’Ivoire et Guinée, est devenue une zone de fabrication de drogues de synthèse. Dix laboratoires ont été démantelés l’an dernier. Plus de 100 kilos de méthamphétamine en provenance du Mali ont été saisis au Sénégal.
Pour fabriquer ces drogues, il faut des produits chimiques, par exemple de l’éphédrine. Des produits légaux et qui sont importés en toute légalité sur le continent africain. Pour le moment, les contrôles pour savoir quelle est la destination finale de ses produits sont insuffisants.
Mardi, le commissaire divisionnaire Vincent Le Beguec a été nommé à la suite de la commission administrative paritaire (CAP) – l’instance chargée d’étudier les mutations dans la police. Pur flic de PJ, Le Beguec, 52 ans, arrive de la Direction interrégionale de la police judiciaire de Rennes (DIPJ).
Auparavant, il a dirigé la brigade des stups de Lille, est passé par Nantes et Marseille, avant d’occuper un poste important à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Au 11 rue des Saussaies, Le Beguec dirigeait la Division des études et prospectives, chargée de l’élaboration des différents textes de loi.
El ex jefe de operaciones de la DEA Michael Braun aseguró ante legisladores estadounidenses que Hezbollah (grupo terrorista financiado por Irán) está « moviendo toneladas de cocaína » de América del Sur a Europa y ha desarrollado uno de los « esquemas de lavado de dinero más sofisticados » que jamás haya visto.
La agencia anunció en febrero pasado que había detenido a varios terroristas de Hezbollah acusados de trabajar con un gran cártel de la droga de Colombia, con el objetivo de traficar narcóticos a Europa y blanquear dinero a través del Líbano. Esas detenciones se produjeron en un contexto de crecientes temores en Washington sobre los vínculos entre grupos terroristas de Medio Oriente y del hemisferio occidental.
Un trafic de drogue au plus haut niveau. Des tonnes de cannabis arrivées du Maroc par bateaux pneumatiques et remontant vers la France via des « go fast » − dont la police n’interceptait qu’une partie. Alors que l’affaire Neyret continue de défrayer la chronique, cette nouvelle affaire d’indics pourrait devenir un scandale d’Etat. Après une saisie record de 7 tonnes de cannabis, la police des polices enquête sur les méthodes des stups français.
Pour s’assurer de grosses saisies, des policiers auraient permis à certains « dealers-indics » d’écouler des dizaines de tonnes par an.François Thierry
Des révélations publiées par Libérationle 23 mai pointent le rôle central de l’ancien chef de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS). C’est (https://fr.wikipedia.org/wiki/Sofiane_Hambli ) photo de droite,un ancien indic de François Thierry qui affirme avoir été payé en cash par l’ex-numéro 1 de la lutte antidrogue lui-même. En tout, 19 tonnes de cannabis auraient transité par une villa au sud de l’Espagne où « cinq hommes présentés comme des policiers français se relayaient pour charger et décharger sur la plage des dizaines de paquets remplis de drogue » récupérés sur des Zodiac venus du Maroc.
Quand les flics franchissent la ligne rouge
Comment combattre efficacement le trafic de drogue ? En côtoyant au plus près les trafiquants « pour mieux les connaître », comme l’a plaidé l’ex-commissaire Michel Neyretà son procès ? L’ancien numéro 2 de la police judiciaire lyonnaise comparaissait en mai pour corruption et trafic de stupéfiants. Il est accusé d’avoir protégé certains de ses informateurs en échange de cadeaux et de voyages, et de s’être servi sur des saisies de drogue afin de rémunérer des indics.
Prohibition ou légalisation ?
Faut-il pratiquer la tolérance zéro, ou légaliser un trafic impossible à endiguer ? Jamais le narcotrafic ne s’est si bien porté. En France, la vente de cannabis atteint des records. Faut-il suivre l’exemple de certains Etats américains comme le Colorado, et mettre fin à la prohibition ? L’industrie de la marijuana y pèse 1 milliard de dollars ! Alléchés par ce « marché » lucratif, les loups de Wall Street s’engouffrent dans le business de l’herbe.
Un « héros » du narcotrafic
Au Mexique, où les cartels ont déjà fait 100 000 morts en dix ans, « Complément d’enquête » est parti sur les traces du plus puissant des narcotrafiquants : El Chapo, roi de l’évasion, baron de la drogue devenu milliardaire et considéré comme un héros par une bonne partie de la population.
Le 9 juin, « Complément d’enquête » vous raconte comment la drogue a gagné le combat.
Au sommaire
OCRTIS : des méthodes stupéfiantes
Où se situe la ligne rouge quand on lutte contre le trafic de drogue ? Les stups peuvent-ils aider leurs indics à écouler du cannabis ? « Complément d’enquête » sur les liaisons dangereuses qui unissent policiers et dealers.
Une enquête de Matthieu Fauroux, Violaine Vermot-Gaud et Xavier Puypéroux, suivie d’un entretien avec Patricia Tourancheau, journaliste à l’Obs.
De l’herbe à Wall Street
Aux Etats-Unis, les fonds d’investissement les plus respectables ne se posent aucun problème moral : la vente de la drogue, c’est l’avenir ! Portrait de Douglas Anderson, 52 ans, talentueux homme d’affaires de Wall Street qui se lance dans le business de l’herbe, en toute légalité.
Un reportage de Baptiste des Monstiers, Christophe Kenck et Michel Pignard, suivi d’un entretien avec Emmanuelle Auriol, économiste.
El Chapo, sombre héros
« Complément d’enquête » au Mexique sur les traces du narcotrafiquant Joaquin Guzman, dit El Chapo. Portrait de ce baron de la drogue devenu milliardaire, admiré par la population.
Un reportage d’Yvan Martinet,Yann Moine et Olivier Broutin, suivi d’un entretien avec Stéphane Peu, adjoint au maire de Saint-Denis (93).
La rédaction de « Complément d’enquête » vous invite à commenter l’émission sur sa page Facebook ou sur Twitter avec le hashtag #Cdenquete.
Quand les méthodes de livraison à domicile inspirent les acteurs du trafic de stupéfiants… Plusieurs services de police parisiens viennent de mettre un terme, coup sur coup, au juteux business de deux équipes de trafiquants, très structurées, dans la capitale et en banlieue. Début mai, les enquêteurs du 3e district de police judiciaire (DPJ) ont mis en jour les agissements d’un dealeur spécialisé dans la livraison à domicile de cocaïne et de résine de cannabis.
Pour gérer sa « petite entreprise », cet homme de 23 ans, originaire de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), s’était tout simplement adjoint les services d’une « réceptionniste » d’appels téléphoniques. Cette dernière, domiciliée dans le XXe arrondissement, répondait quotidiennement aux appels des clients désireux de se faire livrer leur dose de cocaïne.
Dans les années 90, à Estepona (Andalousie), Marc Fievet, AKA ‘NS 55 DNRED’, gérait le restaurant Saint Georges, dont le co-propriétaire était la Douane française.
Bien plus de 20 tonnes ont été importées d’Espagne pour le seul mois d’octobre 2015
Après nos révélations sur les méthodes de l’ex-patron de la lutte antidrogue, la hiérarchie policière a tenté de minimiser. Les nouveaux éléments que nous dévoilons attestent pourtant de l’existence d’un trafic contrôlé en haut lieu.
La défense des Stups part en fumée
Trois semaines après les premières révélations de Libération sur les méthodes de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis), de nouveaux éléments viennent accréditer l’existence d’un véritable trafic d’Etat. Pendant plusieurs années, des dizaines de tonnes de cannabis auraient bien été importées en France avec la complicité des Stups et de leur ancien patron, François Thierry, muté en mars à la Sous-Direction antiterroriste (Sdat). Plusieurs rapports d’enquête et des notes de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) semblent démontrer l’ampleur de ce trafic contrôlé.
Ce dispositif a volé en éclats le 17 octobre, lors de la saisie par les douanes de 7,1 tonnes de résine de cannabis dans quatre camionnettes garées boulevard Exelmans, dans le XVIe arrondissement de Paris. La plus grosse prise jamais réalisée dans la capitale. A un détail près : le destinataire de la marchandise, Sofiane H., est à la fois le plus gros trafiquant français et le principal indic de l’Office des stups. Une information que François Thierry, pris de court par l’opération des douanes, mettra trois jours à livrer au parquet de Paris, avant de voir son service aussitôt dessaisi de l’enquête au profit de la brigade des stupéfiants de Paris (BSP) et de la section de recherche de gendarmerie.
«Libre passage»
Interpellé depuis en Belgique, puis rapatrié par le GIGN, Sofiane H. a commencé à parler : «Je n’ai pas commis d’infraction, a-t-il expliqué le 9 mai aux deux juges d’instruction parisiens. J’ai fait ce qu’on m’a demandé de faire, j’ai agi sur instruction de l’Ocrtis, je n’ai pris aucune initiative, j’ai tout le temps rendu compte de ce que je faisais.» Interrogé sur le cadre juridique de ces procédures, le trafiquant s’est défaussé sur son agent traitant : «François Thierry me disait que la Jirs [juridiction interrégionale spécialisée, ndlr] de Paris était parfaitement au courant de mes interventions.» Selon nos informations, pourtant, il n’y a aucune trace de cette procédure à la Jirs de Paris.
Emmanuel Fansten, journaliste à Libération, auteur de l’enquête – Dominique Perben, ancien Garde des sceaux et aujourd’hui avocat – Gilbert Collard, avocat, député RBM-FN du Gard et Secrétaire Général du Rassemblement Bleu Marine, auteur du livre » Les dérives judiciaires : et si ça vous arrivait ? » Paru aux Editions Eyrolles – Marc Fievet, aviseur de la douane française, inscrit sous le matricule » NS 55 DNRED « , auteur des livres » Infiltré au coeur de la mafia » paru aux Editions Hugo Doc, et » Gibraltar « , paru aux Editions Michel Lafon.
C’est dans une villa paradisiaque de la côte andalouse, porte d’entrée du trafic en Europe, que des hommes des Stups auraient stocké des tonnes cannabis.
Depuis la mer, la villa affiche un luxe plus discret que ses voisines d’Estepona, petit village au sud de Marbella, sur la Costa del Sol. Le gazon a été parfaitement tondu autour de la piscine. Une rangée de buis prolonge le petit muret en pierre qui donne sur la plage de galets, à quelques mètres de l’eau. Le seul pêcheur présent ce jour-là observe le ballet des yachts et des jet-skis qui croisent au large. Sur la droite, tout au bout de la côte, on aperçoit le rocher de Gibraltar, minuscule enclave britannique nichée à la pointe sud de l’Espagne. Par beau temps, on peut même deviner les côtes marocaines et les montagnes du Rif, où sont produites les tonnes de cannabis qui inondent chaque jour l’Europe.
C’est dans cette villa paradisiaque que Stéphane V. a été envoyé au printemps 2012 par François Thierry, alors patron de l’Office central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis). Le témoignage de cette ancienne recrue de l’Office a provoqué l’ouverture d’une enquête préliminaire au parquet de Paris, confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Au cours de son séjour de trois semaines, a expliqué Stéphane V. aux enquêteurs, 19 tonnes de résine de cannabis ont été stockées dans cette villa sous le contrôle de l’ex-patron des Stups, avant de remonter vers la France dans de puissantes berlines. «Tout repartait par ici», raconte l’homme en montrant la ruelle calme bordée de cactus. Selon ce témoin jugé de plus en plus crédible par l’IGPN, cinq hommes présentés comme des policiers étaient sur place pour charger et décharger la marchandise. Au moins un policier français a déjà été identifié dans la procédure par la «police des polices» (lire page 3). Les bateaux pneumatiques transportant la drogue depuis le Maroc étaient déchargés un peu plus loin sur le sable. Les «valises marocaines», ces ballots de 30 kilos de cannabis conditionnés dans de la toile de jute, étaient ensuite entreprosées dans le garage, devant lequel une Subaru immatriculée 75 était garée lors de notre passage.
Base arrière. Qui était présent exactement dans cette villa ? Dans quelle procédure ? Des vérifications sont en cours pour identifier les protagonistes. Mais dans cette partie de l’Espagne, le fait qu’une telle opération ait pu avoir lieu ne surprend pas grand monde. Depuis de nombreuses années, la Costa del Sol est un supermarché à ciel ouvert, un paradis pour les grossistes européens…………..
Le verdict en appel du Nicolas Pisapia, condamné en République dominicaine pour trafic de drogue dans l’affaire « Air Cocaïne » a été reporté mardi au 28 juin.
« La Cour a finalement reporté son délibéré au 28 juin prochain, aucun motif particulier n’a été exposé », a indiqué son avocat français Me Julien Pinelli.
« C’est une épreuve supplémentaire pour Nicolas Pisapia, qui attend cette décision avec une particulière anxiété », a confié l’avocat.
Una noche tibia en la costa de Marbella. Un Renault 7 aparcado junto al mar. Al fondo se divisan las luces del Peñón. Un porrillo. Cuatro amigos. Y a cada calada, mayor sensación de libertad. Atrás queda una cadena perpetua por militancia política, allá en Turquía. “No quiero volver, no quiero morir en otro país que no sea este”. Rauf aspira del canuto y su mirada regresa a aquella noche de inicios de los ochenta. La noche estrellada, la brisa del estrecho. “España era entonces el paraíso. Podíamos entrar sin visado, y se vivía mucho mejor que en el norte de Europa. La droga se conseguía fácil y la heroína se vendía cara”. Rauf (que oculta su verdadero nombre) fue uno de los testigos de cómo su compatriota se hizo con el mercado de la heroína en una España que se inyectaba en vena los primeros años de libertad y democracia.
Fuero los babas (padres o padrinos mafiosos) de esa generación, formada por hombres como Urfi Çetinkaya, los integrantes del clan Baybasin o Sedat Sahin, los que ascendieron de las calles del barrio en Turquía hasta convertirse en los barones de la droga en Europa. Pero, ¿cómo pudieron estos delincuentes que no eran especialmente brillantes y algunos de los cuales apenas sabían leer y escribir extender de tal manera su reinado?
Autores como Ryan Gingeras consideran que, del mismo modo en que el petróleo forjó estados como Arabia Saudí, Irán y Azerbaiyán, “resulta imposible entender la construcción de la moderna República de Turquía sin tener en cuenta el papel de las fuerzas locales, nacionales y transnacionales relacionadas con los flujos de heroína que atraviesan Asia Menor”. Muchos otros creen esta afirmación exagerada, pero no hay duda de que la posición geográfica de Turquía, como broche del llamado Creciente de Oro de la producción de opio (Afganistán, Pakistán e Irán) y enlace con el mercado europeo, ha jugado un papel trascendental.
En un día se incauta lo que en España en un año
A.M.
Desde las audaces operaciones de los noventa, como el envío del buque Kismetim-1 cargado con 3,1 toneladas de base de morfina y el Lucky-S, con 2,5 toneladas de morfina y otras 11 de hachís, las tácticas de los turcos se han vuelto más prudentes, ramificando sus rutas de entrada a Europa, especialmente desde que en 2013 la heroína volvió a fluir a tutiplén desde Afganistán para una Europa que cada vez se puede permitir menos drogas de diseño. A pesar de lo cual, las incautaciones dan cuenta de la magnitud que ha vuelto a adquirir el narcotráfico: este viernes se decomisaron 308 kilos en la capital, Ankara, y 152 en Van, provincia fronteriza con Irán.
Más en un día que España en todo un año. “Pongamos que, cada año, entran 100 toneladas de heroína, morfina u opio en Turquía —explica un miembro de las fuerzas de seguridad—. Unas 5 ó 10 las incauta la policía. Otras 5 se envían en barco a Ucrania, otras pasan a través de Bulgaria, otras por Grecia y desde ahí se hacen envíos más pequeños, algunos precedidos de vehículos con alijos menores para que la policía los detenga a ellos y no a la carga superior”.
Algunos chivatazos logran capturas mayores como el que se rumorea que estuvo tras el decomiso de un total de 2,5 toneladas en tres alijos hallados en Atenas y la frontera greco-turca durante el verano de 2015. La heroína, se sospecha, pertenecía a una operación conjunta entre el mafioso holandés Dino Soerel y el propio Çetinkaya y se cree que quien dio la voz de alarma fue el traficante Ali Ekber Akgün, disidente de la organización del primero y acogido por el clan turco de los Sahin. Este hecho motivó un ajuste de cuentas entre diversas bandas turcas y kurdas que en los últimos dos años han dejado un reguero de al menos una docena de asesinatos a lo largo y ancho del globo: Panamá, Málaga, Ámsterdam, Estambul…
Es la muestra que desde su silla de ruedas, “El Paralítico” Çetinkaya ha seguido rigiendo su imperio (aunque algunas fuentes apuntan a que está muriendo y que se prepara su sucesión) como también han seguido haciendo otros narcos turcos que, curiosamente, han dado de igual forma con sus huesos en una silla de ruedas: Abdullah Baybasin, Cemal Nayir o Cumhur Yakut.
En 1970 dos cuestiones traían de cabeza a los diplomáticos estadounidenses en Estambul y Ankara, según se desprende de los cables que enviaban al Departamento de Estado. Una eran los hippies, con Turquía como una de las primeras paradas del viaje que les llevaban al interior de Asia. La otra era la producción de opiáceos, pues el presidente Richard Nixon estaba convencido de que la mayor parte de la heroína que se consumía dentro de EEUU y por parte de sus soldados en Vietnam era de origen turco. En Anatolia, el cultivo de adormidera, iniciado durante el siglo XIX, alcanzó tal importancia que incluso una de sus provincias se llama “Opio” (Afyon, en turco) y aún hoy la pasta que se extrae de sus bulbos, el hashas, se utiliza para la elaboración de dulces.
El Gobierno turco regulaba la producción, destinada al sector farmacéutico, pero a menudo los agricultores colocaban sus excedentes en el mercado negro, entonces controlado por el grupo de traficantes marselleses y corsos de la French Connection. Sin embargo, un año más tarde, en 1971, los militares turcos daban uno de sus habituales golpes de estado, cosa que aprovechó Washington —siempre en buena sintonía con los generales del país euroasiático— para convencer al nuevo Gobierno de Ankara de que decretase la prohibición total del cultivo de adormidera. Esta decisión supuso el inicio del fin para la mafia gala de la heroína, que se vio privada de suministros, y el inicio del auge de la turca.
En esa década, Urfi Çetinkaya fue uno de los millones de turcos que abandonaron el mundo rural de Anatolia para emigrar a Estambul en pos del mito que aseguraba que sus calles estaban cubiertas de oro. La mayoría se dio de bruces con la realidad de una ciudad hostil. Pero él, en los bajos fondos de los barrios de Taksim y Aksaray, se las arregló para hacer fortuna con las loterías ilegales y el contrabando de cigarrillos y armas.
Heroína a cambio de armas
Turquía se desangraba mientras los grupos de izquierda y de derecha se tiroteaban por las calles en un clima creciente de violencia. Perfecto para hacer negocios. “Según nuestra información, las drogas salen de nuestro país y, en su lugar, entran armas. Pero el contrabando es un tema tabú dado que sabemos que algunos mandos militares y de aduanas están involucrados”, indica un informe de los servicios secretos turcos de la época.
A inicios de 1981, el hotel Vitosha de Sofía (Bulgaria) fue escenario de la reunión de algunos de los más importantes capos turcos, liderados por “Oflu” Ismail Hacisüleymanoglu, y representantes de familias italianas, albanesas y sirias, con la aparente intención de repartirse el terreno de juego en Europa.
El opio fluía en cantidades cada vez mayores desde Afganistán para financiar la guerra de los muyahidines contra el gobierno prosoviético de Kabul y, sólo unos meses antes, la bota de los militares se había impuesto nuevamente en Turquía, enviando al exilio a miles de militantes de la ultraderecha y de las diversas izquierdas. Muchos de ellos eran expertos en el manejo de armas y algunos terminaron por reciclarse en el crimen organizado. Primero fue el cobro del impuesto revolucionario en nombre de los grupos políticos a los que pertenecían, luego se pasó a extorsionar a otros miembros de su comunidad —un estudio de la organización Halkevi en 2002 reveló que el 65 % de los negocios el noreste de Londres pagaban a diversas bandas de kurdos y turcos en concepto de “protección”— y se terminó en el lucrativo negocio de la heroína.
Aquellos que habían pertenecido a grupos ultraderechistas como los Lobos Grises lo tuvieron más fácil, pues aunque sobre sus espaldas pesaban numerosos crímenes, los militares turcos no olvidaban la labor prestada a la patria en su lucha contra el comunismo. “La policía hacía la vista gorda porque sabía que éramos Lobos Grises, que ayudábamos a Turquía”, reconoce un antiguo pistolero.
Gángsters con gobernantes
Así, algunos obtuvieron su particular patente de corso para iniciarse en el tráfico de estupefacientes. Un caso paradigmático es el de Abdullah Çatli, alias “el Jefe”, dirigente de la ultraderecha y colaborador de Ali Agca –el terrorista turco que intentó asesinar al Papa Juan Pablo II-. Residió en varios países europeos, donde se le encargó el asesinato de diversos miembros del grupo armado kurdo PKK y de la organización armenia ASALA. A cambio se le pagaba en heroína y pasaportes diplomáticos.
Tras penar en cárceles de Suiza y Francia acusaciones de narcotráfico, el nombre de Çatli reapareció en los telediarios en noviembre de 1996: había fallecido en Turquía al chocar el vehículo en el que viajaba acompañado por un subinspector de policía y un diputado del partido gobernante, el centroderechista DYP. El escándalo de Susurluk, como se llamó a estos hechos, “sirvió para sacar a la luz que ciertas personas infiltradas en el Estado se servían de métodos extraoficiales e ilegales para defender sus intereses”, explica el exministro Fikri Saglar, uno de los diputados que dirigió la comisión de investigación parlamentaria sobre el caso.
Las relaciones llegaron a ser tan espurias que un eminente diputado como el islamista Halit Kahraman fue detenido por la policía alemana y el senador nacionalista Kudret Bayhan por la alemana, ambos cargados de morfina y heroína. Incluso un tribunal alemán acusó en 1997 a la viceprimer ministro turca, Tansu Çiller, de estar implicada en el narcotráfico.
“El primer ministro Mesut Yilmaz decía que la policía turca era la más eficaz del mundo pues en Turquía se efectuaba el 34 % de las incautaciones de heroína de todo el mundo –relata Saglar-. Pero eso sólo da una idea de la dimensión del problema. En 1996 decomisamos 25 toneladas de heroína, pero se cree que en total pasaron por Turquía 500 toneladas”.
La excusa de la cooperación entre el Estado turco y organizaciones criminales era que esos gángster vinculados en muchos casos a la ultraderecha ayudaban en el conflicto contra los kurdos. Pero la guerrilla kurda tampoco se quedaba corta en su utilización de la droga, apoyándose para ello en mafiosos como Behçet Cantürk o Hüseyin Baybasin. Ambos nacieron en Lice, una localidad de gestos adustos que es también uno de los principales centros de cultivo de marihuana en Turquía y el lugar donde fue fundado el Partido de los Trabajadores del Kurdistán (PKK), la organización armada del nacionalismo kurdo en Turquía.
Los contactos con el PKK —organización a la que el propio Baybasin reconoció financiar— y de este grupo con ASALA le dieron acceso a grupos armenios que controlaban importantes puntos de acceso de la droga a Turquía a través de Siria, Azerbaiyán e Irán, así como a la distribución en ciudades de Francia, Bélgica, Holanda, Alemania e Inglaterra, donde las diásporas kurda y armenia tienen fuerte presencia. En este último país, Baybasin llegó a ser conocido como “el Emperador” y, según la policía británica, a finales de los 1990 controlaba el 90 % de la heroína que se distribuía en el Reino Unido.
Al calor de la guerra sucia y la corrupción imperante durante los noventa en Turquía, todas las fronteras y límites se desdibujaron. “Incluso la mafia rusa decidió en 1992 que la vía de entrada de la heroína fuese Turquía antes que Rusia, pues el conflicto con el PKK (en la zona suroriental del país, fronteriza con Irán) facilitaba su llegada a Europa”, sostiene Saglar: “Pese a que en esa zona regía el estado de excepción, los camiones de la droga pasaban sin ser molestados y eran protegidos al mismo tiempo por oficiales del Ejército y militantes del PKK”.
La leyenda de « El Paralítico »
El propio Urfi Çetinkaya, quien en el reparto de las mafias se hizo con el control de la Península Ibérica, se apoyaba en los clanes kurdos en Europa a la vez que en su país posaba orgulloso junto a un general del Ejército y al diputado Kamer Genç, del partido socialdemócrata SHP, como muestra una foto de la época. Quizás ahí radica la respuesta a la pregunta que el ministro del Interior español, Jaime Mayor Oreja, se hacía en el año 2000: “¿Pero este hombre vive en la legalidad?”. El baba turco, apodado “El Paralítico” desde que una bala lo postrase en una silla de rueda en 1988, escapó a la Justicia española pese a haber sido detenido in fraganti hasta en cuatro ocasiones. Sobrevivió al juego del perro y el gato con la policía española y a la vida de pistolas sin licencia, putas y bares de copas desde los que se compraban y vendían los cargamentos sin tocar la droga o se lavaba el dinero en pisos adquiridos en La Manga del Mar Menor.
Fue el propio Çetinkaya —aseguran en su entorno— el que en 1995 ordenó matar en Madrid a Ekrem Turmus, del que sospechaba pese a ser su primo carnal: durante cuatro días sus hombres lo torturaron y desgajaron poco a poco sus extremidades, para después quemar su cadáver y dárselo de comer a los perros en un vertedero de Valdemingómez.
A su vuelta a Turquía, a finales de los noventa, Çetinkaya se preciaba: “En España me conocen tanto como conocen al Rey”. Los turcos lo detuvieron en 1999 y nuevamente en 2000, y la Fiscalía llegó a pedir por él 420 años de cárcel, pero supo esquivar a la Justicia cuando le convenía y desaparecer cada vez que lo buscaban. Todavía, logró que el Estado turco le pagase 10.000 euros por haber violado sus derechos durante un juicio.
Rauf da otra calada a su porro. Aunque él, asegura, no se involucró en el narcotráfico de los turcos en España, sí que movió por los mismos bajos fondos y finalmente tuvo que regresar a Turquía. Ahora vive en un barrio humilde de Estambul, una casa vieja que huele a sueños rotos y a promesas incumplidas. Otros, cuyos negocios de la droga aún siguen sembrando las calles de cadáveres, viven en lujosos chalets. Algunos incluso se han dejado respetables barbas de hombres devotos —en sintonía con los tiempos políticos que corren en Turquía— y cuando mueren miles de personas acuden a sus funerales, presididos por representantes políticos y empresariales. Sus vecinos, entre los que reparten dinero y para los que construyen colegios, les profesan respeto y el poder les teme, pues sus palabras pueden segar carreras. Como siempre, los nombres de los generales son los que adornan las avenidas de la historia. Los soldados, en cambio, abonan anónimos y silenciosos las cunetas.
Le gouvernement a fait publier vendredi au Journal Officiel un décret n° 2016-725 du 1er juin 2016 qui ajoute un 13e fichier à la liste des fichiers confidentiels de données personnelles mis en œuvre par l’État, « intéressant la sûreté de l’Etat, la défense ou la sécurité publique ».
JORF n°0128 du 3 juin 2016
texte n° 6Décret n° 2016-725 du 1er juin 2016 modifiant le décret n° 2007-914 du 15 mai 2007 pris pour l’application du I de l’article 30 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertésNOR: FCPD1602870D
Publics concernés : les services du ministère des finances et des comptes publics (administration des douanes et droits indirects) traitant de la prévention du terrorisme, de la criminalité et de la délinquance organisées et de la prolifération des armes de destruction massive.
Objet : mise en œuvre d’un traitement de données à caractère personnel ayant pour finalité la sûreté de l’Etat, la défense et la sécurité publique.
Entrée en vigueur : le texte entre en vigueur le lendemain de sa publication.
Notice : le décret modifie la liste des traitements automatisés de données à caractère personnel intéressant la sûreté de l’Etat, la défense et la sécurité publique relevant du dernier alinéa du I de l’article 30 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés et autorisé par un acte réglementaire dispensé de publication.
Il insère à l’article 1er du décret n° 2007-914 du 15 mai 2007 la référence à l’acte réglementaire autorisant la création du traitement de données à caractère personnel « BCR-DNRED » qui poursuit une finalité intéressant la sûreté de l’Etat, la défense et la sécurité publique.
Il modifie, par ailleurs, l’article R. 841-2 du code de la sécurité intérieure en ajoutant le « BCR-DNRED » à la liste des traitements ou parties de traitements automatisés de données à caractère personnel intéressant la sécurité de l’Etat.
Références : le présent décret ainsi que le texte qu’il modifie, dans sa rédaction issue de cette modification, peuvent être consultés sur le site Légifrance (www.legifrance.gouv.fr).
Le 5 de l’article 1er du décret du 15 mai 2007 susvisé est ainsi rétabli :
« 5. Décret portant création au profit de la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières d’un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé BCR-DNRED ; ».
I. – L’article R. 841-2 du code de la sécurité intérieure est complété par un 9° ainsi rédigé :
« 9° Décret portant création au profit de la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières d’un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé BCR-DNRED. »
II. – Aux articles R. 895-1, R. 896-1, R. 897-1 et R. 898-1 du même code, la ligne :
Le ministre des finances et des comptes publics et le secrétaire d’Etat chargé du budget sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.
Comme l’explique Numerama, on sait en effet très peu de choses sur ce fameux fichier : « Comme le veut la règle, on ne sait strictement rien de ce fichier si ce n’est qu’il est baptisé « BCR-DNRED » et sera utilisé par les « services du ministère des finances et des comptes publics (administration des douanes et droits indirects) traitant de la prévention du terrorisme, de la criminalité et de la délinquance organisées et de la prolifération des armes de destruction massive ».
L’acronyme BCR-DNRED est sans aucun doute une référence à la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), rattachée à Bercy. Considérée comme un service de renseignement, elle est chargée notamment de collecter des informations sur les les grands trafics de contrebande, et de lutter contre les flux financiers clandestins.
On imagine donc que le fichier BCR-DNRED s’inscrit dans une politique de croisement d’informations concernant de possibles trafics internationaux illicites de biens ou d’argent qui transitent par la France, avec une orientation plus spécifique vers la recherche de financements de crimes graves. »
La droga iba a ser trasladada a Francia en un camión frigorífico
04.06.2016 | 11:21
EP / Madrid
La Guardia Civil se ha incautado de 2.200 kilos de hachís que estaban ocultos entre 12 toneladas de acelgas que iban a ser trasladadas en un camión frigorífico desde Málaga hasta Francia. Según ha informado la Benemérita en un comunicado, han sido detenidos los once integrantes de la red criminal presuntos autores de delitos contra la salud Pública y pertenencia a grupo criminal.
La investigación se inició el pasado mes de febrero, cuando los agentes tuvieron conocimiento de la existencia de tres naves de un polígono industrial en la localidad malagueña de Mollina que eran frecuentadas en horarios intempestivos por dos hermanos, vecinos de la localidad y sin actividad laboral alguna.
Durante la investigación en la denominada operación ‘Zepaxus’ , se interceptó un camión con un cargamento de 12.000 kilos de acelgas que había sido cargado en las citadas naves. Tras la descarga del camión, en la última fila de palets, se descubrieron unos cajones de madera de grandes dimensiones donde había sido ocultada la droga y sobre los cuales habían dispuesto más cajas de acelgas envueltas en papel transparente de embalaje para darle mayor hermeticidad.
Dentro de estos cajones fueron localizados 69 bultos, serigrafiados con distintas nomenclaturas, que contenían un total de 2.200 kilos de polen de hachís que fueron intervenidos por los agentes. Por estos hechos se detuvo al conductor del camión y a los dos hermanos encargados del cuidado de las naves.
En una segunda fase de la operación, y gracias a la documentación intervenida en los registros practicados, los agentes localizaron al líder de la organización en la localidad de Requena (Valencia). Esta persona tenía grandes conocimientos en el sector del transporte y contaba con antecedentes policiales y judiciales en España y Francia por pertenecer a organizaciones delictivas dedicadas al transporte de grandes partidas de hachís.
Además, había sido detenido anteriormente por la Guardia Civil en el año 2009 y por el Servicio de Vigilancia Aduanera francés en 2012 por hechos similares.
En este caso, el líder de la organización desarticulada planificaba el tránsito de los camiones exhaustivamente, trasladando la droga hasta Francia oculta entre el cargamento de verduras y hortalizas en camiones frigoríficos. Debido a sus conocimientos del sector del transporte elegía los momentos en que más vehículos de estas características realizaban el tránsito y paso de la frontera para así pasar más desapercibido.
Finalmente, ha sido detenido junto a su mujer y a otro socio a los que utilizaba para ocultar su actividad delictiva en un entramado de entidades jurídicas y para el control de los transportes. Además, han sido arrestados otros cinco integrantes de la organización que se encargaban del transporte de los camiones hasta Francia y de los vehículos lanzadera.
En los registros practicados en las localidades de Mollina (Málaga) y Requena (Valencia) han sido intervenidos dos cabezas tractoras, dos semirremolques, tres vehículos, una carretilla elevadora, varios ordenadores, teléfonos móviles y diversa documentación, estando en trámite el embargo de bienes inmuebles y cuentas bancarias vinculadas a una empresa de transportes utilizada por la organización.
En la operación han participado agentes del Equipo de Policía Judicial de la Guardia Civil de Antequera y del Puesto de Mollina, así como agentes del Equipo de Policía Judicial de Requena de la Comandancia de la Guardia Civil de Valencia.
Bonjour à tous ! A la une de L’heure du crime, l’histoire vraie d’un « infiltré », dont la mission était de faire tomber un réseau international de trafic de stupéfiants, et qui se retrouve quelques années plus tard condamné à perpétuité !
Cet homme s’appelle Marc Fievet. Il est mon invité. Son nom est peu ou pas connu du public, mais son aventure a inspiré les scénaristes du film « Gibraltar », qui sort mercredi prochain au cinéma.
Pendant six ans, il était connu sous le nom de code NS 55. Il a permis aux services des douanes; qui l’avaient recruté en 1988, de récupérer près de 100 tonnes de stupéfiants !
Ecrit par:
Olivier Guéniat, chef de la police judiciaire neuchâteloise
Anaïs Gasser, étudiante en Master de criminologie à l’Ecole des sciences criminelles – UNIL
On croit souvent à tort, tant du point de vue politique et journalistique que populaire et même policier, que l’apparition de la vente de cocaïne sur rue par des requérants d’asile d’Afrique de l’Ouest a une origine récente se limitant aux seuls phénomènes migratoires du début du 21ième siècle. Pourtant, une recherche historique et bibliographique nous démontre qu’il s’agit plutôt d’une lente construction apparue dès les années cinquante résultant de facteurs tant logiques que complexes et débouchant sur une situation presque inexorable. Pour mieux comprendre le contexte de ce marché illicite assez visible et dérangeant dans les villes suisses, voici un levé du voile sur les secrets d’une organisation criminelle très efficace qui a su s’adapter à toutes les contraintes répressives.
Les origines du trafic de cocaïne transitant par l’Afrique de l’Ouest
La première utilisation de l’Afrique de l’Ouest comme plaque tournante du trafic de drogue remonte aux années 50 par des trafiquants libanais impliqués dans la contrebande d’héroïne vers les Etats-Unis. Servant d’abord de passeurs aux narcotrafiquants libanais, les mafias nigérianes ont pris le contrôle d’une partie du transport de l’héroïne dans les années 80 en se fournissant directement en Inde, au Pakistan et en Thaïlande. Rapidement, elles ont noué des liens avec les organisations criminelles asiatiques du Triangle d’or et les triades chinoises. Ainsi, elles se sont affirmés dans le trafic d’héroïne. En 1994 par exemple, 30% des saisies d’héroïne aux Etats-Unis concernaient des mules contrôlées par des trafiquants nigérians.
Plus tôt, dans les années 60, des trafiquants nigérians et ghanéens entreprirent l’exportation de marijuana vers l’Europe pour satisfaire la demande inhérente au mouvement hippie. Ce trafic, a priori mineur, a alors ouvert la voie à un marché narcotique de plus grande échelle dans les années 80 et représentait une voie de passage supplémentaire à exploiter.
Dans les années 80, après cinq siècles de colonisation et à l’époque où les derniers pays ouest-africains célébraient leur indépendance, l’Afrique de l’Ouest était plongée dans des conflits politiques, militaires et managériaux ; elle a alors éprouvé une forte crise économique. Pour se sortir de cette impasse, la plupart des pays[1] ont été contraints d’emprunter au Fonds monétaire international et à la Banque Mondiale qui mirent en place une procédure de libéralisation économique connue sous le nom d’ajustement structurel. Ce plan de réajustement a notamment engendré de très fortes restrictions budgétaires, des coupes importantes dans les dépenses publiques et des licenciements d’employés des services publiques. De ce fait, la population s’est vue engouffrée dans de très sévères difficultés financières, recherchant, pour survivre, la formation de capital parfois par tous les moyens, même illégaux. Cette période coïncide avec l’expansion des réseaux nigérians dans le trafic d’héroïne et l’implication progressive de ces derniers dans l’importation, d’abord mineure et individuelle, de cocaïne.
En plus de la diaspora africaine héritée de la colonisation et de la traite internationale d’esclaves noirs, s’en est suivi, au milieu des années 80, une diaspora nigériane autant sur le continent africain qu’en Amérique latine[2]. À l’aune de la migration internationale inhérente à la mondialisation, des marchés tant licites qu’illicites ont bénéficié de conditions favorables à leur développement. En effet, les principes de la libre-circulation et du libre-échange ont, par ailleurs, suscité de nouvelles opportunités criminelles que les réseaux nigérians ont su saisir l’intérêt.
Jusqu’au début des années 90, la Bolivie et le Pérou étaient les premiers cultivateurs mondiaux de feuilles de coca. Les narcotrafiquants colombiens s’y approvisionnaient pour fabriquer la cocaïne dans le but de la revendre principalement aux Etats-Unis. Or, au début des années 90, les Etats-Unis ont mis en place l’opération Air Bridge Denial pour couper la route de cet approvisionnement. Ce resserrement répressif a provoqué un « effet ballon » inattendu, poussant les narcotrafiquants colombiens à développer et augmenter leurs propres cultures. En même temps, les Etats-Unis et les pays ouest-européens avaient renforcé les contrôles dans leurs ports maritimes et leurs aéroports, parvenant ainsi à mener de multiples interceptions couronnées de succès. En conséquence, le trafic devenait de plus en plus risqué, pour les narcotrafiquants inter continentaux, notamment le long des routes traditionnelles qui passaient par le Golf Caribéen en direction des Etats-Unis et de l’Europe.
À la fin des années 90, en plus du renforcement sécuritaire sur les routes principales d’acheminement, le marché américain de la cocaïne a connu non seulement un monopole détenu par les cartels mexicains, mais aussi une saturation liée à une baisse de la demande. Vraisemblablement pour ces deux raisons, les narcotrafiquants, pour la plupart colombiens, ont effectué le calcul coût-bénéfice de diversifier les routes et de se tourner vers l’Europe où, contrairement aux Etats-Unis, la demande était en augmentation, y compris en Suisse. En effet, la fin du conflit entre le Kosovo et la Serbie ainsi que la situation de guerre en Afghanistan coïncident à une réelle pénurie d’héroïne dès 1999, créant la demande pour une autre substance, la cocaïne. Pendant ce temps, les réseaux nigérians avaient poursuivi leur approvisionnement en cocaïne en Amérique du Sud, établissant de solides contacts avec les trafiquants de ce continent. Les trafiquants nigérians y étaient reconnus pour leur polyvalence en matière de trafic ainsi que pour leur habileté à évoluer, innover et se sophistiquer.
Les avantages de l’Afrique de l’Ouest
Au début des années 2000, le transit de la cocaïne par l’Afrique de l’Ouest s’est donc vite imposé comme une solution idéale aux yeux des narcotrafiquants colombiens……………………
Plus de 88 millions d’adultes, soit plus d’un quart des personnes âgées de 15 à 64 ans dans l’Union européenne, ont déjà consommé des drogues illicites
Le cannabis reste la drogue la plus consommée en Europe (51,4 millions d’hommes et 32,4 millions de femmes y ont goûté au moins une fois) (c) Afp
Plus de 88 millions d’adultes, soit plus d’un quart des personnes âgées de 15 à 64 ans dans l’Union européenne, ont déjà consommé des drogues illicites, rappelle l’OEDT dans son rapport annuel, publié mardi à Lisbonne.
« L’Europe est confrontée à des problèmes de drogue de plus en plus importants. L’offre et la demande de nouvelles substances psychoactives, de stimulants, d’héroïne et d’autres opiacés continuent d’augmenter, ce qui a des conséquences majeures en termes de santé publique », note Dimitris Avramopoulos, commissaire européen pour les Affaires intérieures, cité dans l’étude.
Le marché des drogues illicites dans l’UE est estimé à 24,3 milliards d’euros en 2013. Avec 38%, le cannabis (importé ou produit localement) représente la plus grande part de ce marché et sa production est devenue « un générateur de revenus majeur pour la criminalité organisée », selon l’OEDT. Viennent ensuite l’héroïne (28%), la cocaïne (24%), les amphétamines (8%) et l’ecstasy (3%).
Le cannabis représente aussi les trois quarts des saisies de drogue en Europe (50% pour l’herbe et 24% pour la résine), très loin devant la cocaïne et le crack (9%), les amphétamines (5%), l’héroïne (4%), l’ecstasy (2%)… L’observatoire estime à environ 1% la part des adultes européens consommateurs quotidiens ou quasi quotidiens de cannabis.
Les niveaux de teneur en principe actif de l’herbe (8% à 12% de tétrahydrocannabinol, THC) et de la résine de cannabis (12% à 18% de THC) sont historiquement élevés, « une hausse peut-être due à l’émergence de techniques de production intensive en Europe et, plus récemment, à l’introduction de plants à forte teneur en principe actif au Maroc« .
– « Marketing sophistiqué » –
Si le cannabis reste la drogue la plus consommée en Europe (51,4 millions d’hommes et 32,4 millions de femmes y ont goûté au moins une fois), l’OEDT constate que l’éventail disponible est toujours plus diversifié, avec notamment une « résurgence » de l’ecstasy, « tant auprès des consommateurs de stimulants classiques qu’auprès d’une nouvelle génération de jeunes usagers ».
« Des poudres, cristaux et comprimés fortement dosés, avec toute une série de logos, de couleurs et de formes, sont disponibles, de même qu’une production à la commande et un recours à un marketing sophistiqué et ciblé. Il pourrait s’agir d’une stratégie délibérément mise en oeuvre par les producteurs afin d’améliorer la réputation de cette drogue après une longue période pendant laquelle sa piètre qualité » et les nombreux faux ont fait diminuer sa consommation, note-t-il.
Les producteurs d’ecstasy « se battent pour attirer davantage de consommateurs et certains comprimés sont produits pour des évènements spécifiques, comme des gros concerts ou des festivals », a précisé Paul Griffiths, directeur scientifique de l’observatoire lors d’une conférence de presse à Lisbonne.
Des disparités régionales peuvent être observées sur le marché des stimulants, la consommation de cocaïne étant plus élevée dans les pays d’Europe de l’Ouest et du Sud, tandis que les amphétamines sont plus présentes au Nord et à l’Est. Tous ces produits ont vu une amélioration de leur pureté, avec des prix stables.
L’observatoire souligne que « le potentiel d’expansion de l’offre de drogue en ligne semble considérable », avec le marché des « darknets » (réseaux clandestins non référencés), les échanges de pair-à-pair, le cryptage des données et des techniques de paiement difficiles à retracer (utilisation de monnaie électronique type bitcoin), même si la plupart des transactions se déroulent hors ligne.
Enfin, l’OEDT met en garde contre les nouvelles substances psychoactives (cannabinoïdes et opiacés de synthèse notamment), parfois toxiques: « les jeunes consommateurs peuvent, à leur insu, servir de cobayes humains pour des substances dont les risques potentiels pour la santé sont dans une large mesure inconnus ». Pas moins de 98 nouvelles substances ont été signalées en 2015, 101 en 2014.
Au moins 6.800 décès par surdose, principalement associés à l’héroïne, ont été recensés dans l’UE en 2014, avec des hausses « préoccupantes » en Irlande, Lituanie, Suède et au Royaume-Uni.
Scandale, stupeur et surprise dans le monde de la prohibition française du cannabis ! Dans une enquête publiée le 23 mai dernier, Libération révèle le rôle qu’aurait eu François Thierry, anciennement à la tête de la lutte anti-drogues en France, dans l’importation de dizaines de tonnes de cannabis. Tel Jérôme Cahuzac qui donnait des conférences sur la fraude fiscale, le journal rappelle que l’ancien patron de l’office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis) avait pour habitude de poser devant les plus grosses prises aux côtés des ministres de l’Intérieur successifs.
Si ce scandale est avéré, il est peu probable que la hiérarchie de l’Ocrtis n’ait pas été informée de ces agissements: cette révélation serait ainsi une mise à nu de l’ampleur de la corruption du système anti-drogue français. Sans surprise pour les personnes s’intéressant de près ou de loin au débat sur la politique des drogues, la prohibition démontre une nouvelle fois à quel point elle tend à corrompre les administrations chargées de la mettre en place. Comme aux États-Unis durant la prohibition de l’alcool dans les années 1920, la prohibition du cannabis en France crée d’immenses incitations à la corruption pour l’administration étatique. La France, malgré sa politique répressive, est le premier consommateur de cannabis en Europe : les gains financiers pour les personnes répondant à cette demande sont colossaux.
«A chaque nouveau scandale, tout le monde s’offusque. Mais depuis longtemps, certains policiers s’adonnent à ce type d’activités, à la fois pour répondre à leurs objectifs mais bien souvent aussi pour faire carrière. Or, la plupart de ceux qui ont fait carrière dans la lutte antidrogue ont été obligés de recourir tôt ou tard à des systèmes parallèles. On ne prend pas la juste mesure de l’ampleur du trafic. Pendant longtemps, tout était sous cloche. C’était le règne de l’entre-soi, basé sur la rétention d’informations au sein de la police judiciaire.
«La démultiplication des réseaux de renseignement, notamment dans le cadre de la délinquance économique et financière, permet désormais à un plus grand nombre de policiers d’avoir une vision d’ensemble. Et depuis quelques années, il y a une volonté de décloisonner le renseignement.
«Cette question de la collecte d’informations est cruciale. Les réseaux criminels sont très structurés et implantés durablement en France. Ils ont recours à des techniques extrêmement sophistiquées et sont capables de contourner la répression. Ces groupes exploitent depuis longtemps le fait qu’ils pouvaient s’allier avec des personnes qui détiennent le renseignement.
«Car l’information est le principal capital sur lequel les trafiquants vont pouvoir mener à bien leurs projets. Le point d’orgue, pour eux, n’est pas d’être un indic mais de faire en sorte que leur agent traitant devienne un associé. Si le policier met le doigt dans ce système, il ne peut plus se retirer. Certains peuvent alors basculer et aller jusqu’à prendre des parts dans le business.»