NARCOBLANCHIMENT: la « libanaise connection », blanchisseuse d’argent, démantelée

Les trafiquants de drogue colombiens se servaient d’un système de commerce de montres et de voitures de luxe pour blanchir leur argent.
La libanaise connection, blanchisseuse d’argent, démanteléele 24 avril 2016

@ PHILIPPE DESMAZES / AFP
De l’argent sale transformé en voitures de luxe et en montres, des dépenses somptuaires dans les plus beaux palaces et restaurants autour des Champs Elysées… Une filière libanaise qui blanchissait l’argent de trafiquants de drogue vient d’être démantelée au bout de quelques mois. Un trafic entre la Colombie et le Liban, qui passait par Paris, ou quelques personnes viennent d’être arrêtées ces derniers temps.

Un trafic parfaitement rodé.

Selon le Journal du Dimanche et Le Parisien, cinq personnes ont en effet été arrêtées en janvier dernier et au total une quinzaine dans toute l’Europe, la plupart de nationalité libanaise. Comme dans un film policier, tout était extrêmement bien rodé. D’un côté de l’Atlantique, des Colombiens qui exportent leur cocaïne en Europe. De l’autre, des collecteurs qui récupèrent l’argent de la vente de drogue en liquide en France, en Italie, en Espagne ou en Allemagne.

Une blanchisseuse d’argent sale.

Un joli magot avec lequel ils achètent des voitures ou des montres de luxe, revendues ensuite à des complices au Liban. Voilà comment on se retrouve avec de l’argent propre qui repart immédiatement en Amérique du Sud grâce à des courtiers libanais installés en Colombie, pas trop regardants sur l’origine des fonds.

Les Américains ont intercepté plus de huit millions d’euros en liquide.

C’est en janvier 2015 qu’une information judiciaire est ouverte en France,  suite à un signalement de la DEA – la police antidrogue des Etats Unis. Car il existe des éléments très probants. Exemple : en décembre 2014, un suspect libanais est arrêté en Hollande, au volant d’une Toyota. Dans un sac noir caché derrière le siège du conducteur, on retrouve pas moins de 500.000 euros, uniquement en petites coupures. Pour donner une idée de l’ampleur de ce système, les Américains ont intercepté plus de huit millions d’euros en liquide entre 2012 et 2014.

http://www.europe1.fr/faits-divers/la-libanaise-connection-blanchisseuse-dargent-demantelee-2728084

00000000000000000000000000000000000000

MAURICE (Narcotrafic): l’escalade!

mauriceSon imposant SUV est garé dans la cour de la bicoque familiale. Dans cette cité des hautes Plaines-Wilhems, tout le monde sait qu’il est dans le business.

Le chemin en face est constamment barré par des groupes de junkies qui, assis sur les talons, attendent leur dose de « brown ».

Ici, les voitures de police patrouillent en groupe. Portant bagues et chaînes en or, ainsi qu’une dentition du même métal, le caïd fait le décompte de ses clients. Ses seconds couteaux équipés de cellulaires sont postés à des points stratégiques. La vente peut maintenant débuter.

Dans la même rue, des voisins dealent du gandia bio et synthétique. Chacun en a pour son compte, sauf ANTIDRUGMAURICEl’Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu) qui éprouve de grandes difficultés à coincer cette nouvelle génération de trafiquants. Plus rusés, ces derniers jonglent avec les nouvelles technologies pour brouiller leurs communications et en connaissent un rayon sur les moyens de blanchir leurs gains.

Les enquêteurs chevronnés ne savent plus où donner de la tête. Les moyens font défaut et les hommes n’ont pas vraiment le cœur à l’ouvrage. D’autres finissent au service des trafiquants tentés par l’argent facile – d’où des noms figurant sur la liste d’Ally Lazer (voir plus loin).

°°°

EXTRAIT

Les noms soumis aux Français figurent-ils sur votre nouvelle liste ?
Évidemment. Beaucoup sont toujours en liberté. Mais je dois faire ressortir que c’est une famille mauricienne établie à Paris qui est à la tête du trafic de Subutex. Lorsque j’ai soumis ma liste, certains membres de cette famille ont été arrêtés à Maurice comme en France.

LIRE le reportage: http://defimedia.info/trafic-de-drogue-lescalade-26194/

0000000000000000000000000000000000000000000000

FRANCE: meurtres, drogue, clientélisme… Le « roman vrai » de Marseille

Meurtres, drogue, clientelisme; Le roman vrai de MarseilleA Marseille, 80% des règlements de compte sont liés au trafic de drogue (CAVALLERA/SIPA)

Marie-France Etchegoin, auteure de « Marseille, le roman vrai », a enquêté sur les bas-fonds d’une ville gangrénée par les trafics.

Interview.

Publié le 22 avril 2016

Marie-France Etchegoin est journaliste, ancien grand reporter à « l’Obs ». Son livre « Marseille, le roman vrai », vient de paraître aux éditions Stock.

Les raccourcis sont nombreux mais les chiffres parlent d’eux-mêmes. Marseille a connu 11 règlements de compte depuis le début de l’année. Tous sont liés à la drogue. Quelle est l’emprise du trafic sur la ville ?  

L’emprise la plus visible se calcule d’abord au nombre de morts. Banalisés à force d’être répétitifs. Pour 2016, on en est à 11. Mais en moins de dix ans, on en compte plus de cents ! A tel point qu’une note confidentielle du ministère de l’Intérieur parle de « narco-banditisme« . Comme à Naples ou à Bogota.

L’emprise est aussi économique. A la Castellane, la cité de Zidane, devenue « supermarché de la drogue », un seul plan stup peut générer 60.000 euros de chiffres d’affaires par jour, 23 millions d’euros par an. Le marché est tellement juteux que le milieu dit « traditionnel », ou « corso marseillais », commence à nouer des alliances avec les trafiquants des cités.

L’emprise est aussi sociale. Des générations de gamins vivent avec l’idée qu’aucune autre activité n’est possible quand on est un jeune promis au chômage. Et que cette activité est un commerce comme un autre. Les chefs de réseau se prennent pour des chefs d’entreprise. Ils demandent à leurs petites mains d’être polis avec les habitants. « Ils sont gentils, ils nous aident à monter les courses ». Combien de fois je ne l’ai pas entendu.

Les dealers ont remplacé les concierges ?

Rien de la vie de la cité ne leur échappe. Par exemple, ils guettent dans les boîtes à lettres des immeubles, les courriers des huissiers pour repérer les familles les plus endettées. Ils en font des « nourrices » qui stockent de la drogue chez eux.

C’est une cohabitation forcée. Et parfois aussi acceptée. J’ai assisté à des réunions de mères qui avaient perdu…………………..

LIRE sur:http://m.nouvelobs.com/societe/20160421.OBS8963/meurtres-drogue-clientelisme-le-roman-vrai-de-marseille.html#

000000000000000000000000000000

FRANCE: le cout de la défonce!

cocaine_349423« Selon des chiffres de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), le gramme de cocaïne coûte environ 65 euros ».

Il y a deux ans, en 2014, le prix moyen du gramme était de 75 euros. Il y a 25 ans, au début des années 1990, le gramme était vendu le double : 1.000 FF soit 152 €.

Le chlorhydrate de cocaïne provient de la distillation des feuilles de coca de l’arbuste appelé cocaïer. Il n’est pas vendu pur et les produits de coupage les plus fréquents sont le saccharose (jusqu’à 60 %), sucre commercial issu de la betterave à sucre, et la phénacétine (environ 30 %), un analgésique retiré de la vente en 1983. L’analyse d’échantillon de cocaïne présentée comme « pure » ne contiendrait que 8 % de cocaïne…

Sur le marché, 1 tonne de saccharose peut être acheté 20.000 dollars américains (17.000 euros), voire moins, soit 1 million de grammes de saccharose à 0,02 $ le gramme (0,017 € le gramme) !

lire: http://www.paristribune.info/notes/Quel-est-le-prix-du-gramme-de-cocaine_b9328899.html

000000000000000000000000000000000000000000

FRANCE: quant à l’économie clandestine par Alain Bauer

Alain Bauer Professeur de criminologie au conservatoire national des arts et métiers

Alain Bauer Professeur de criminologie au conservatoire national des arts et métiers

«L’économie clandestine s’adaptera»

Le trafic de drogue, et notamment de cannabis, est-il la première activité économique des cités françaises ?

Ça dépend comment on le regarde. Ça se joue entre le trafic de stups et le cybercrime. Le trafic de stups fait un gros chiffre d’affaires, mais la marge est faible. Il y a une seule catégorie de stupéfiant qui produit une grosse marge, c’est la Sinsemilia*, c’est le produit le plus concentré, quasiment une drogue dure. Contrairement à une idée répandue, on pense que le cannabis est une drogue douce, mais le taux de concentration en THC est très différent de ce qu’il était il y a 40 ans, il a quasiment décuplé.

L’État peut-il encore, aujourd’hui, reprendre la main dans les cités ou est-ce trop tard ?

Personne n’a jamais pris la main. Le trafic, qu’il soit d’alcool, de cannabis ou d’autre chose, a toujours existé. La question c’est quel est le niveau de pression qu’une société est prête à tolérer par rapport à ses addictions. Le rejet de la règle, le défi de l’interdit, existe depuis qu’on a le concept du tabou. On a sur le cannabis une position totalement contradictoire avec celle qu’on a sur le tabac et l’alcool. Ces deux produits légaux sont de plus en plus réprimés au nom de la santé publique, mais le cannabis pas, où on est dans la logique de dépénalisation et libéralisation. Le problème c’est que notre loi de 1970 mélange allègrement les consommateurs, les dealers et les criminels.

Une légalisation du cannabis mettrait-elle un sérieux coup d’arrêt à l’économie souterraine ?

En fait elle la transformerait. Ce qu’on voit, c’est qu’après une phase de libéralisation, il se produit deux mouvements. D’abord l’économie clandestine blanchit et prend le contrôle de l’économie légale – par exemple à la fin de la prohibition la pègre a pris le contrôle des bars et du réseau de distribution de l’alcool –, mais on voit aussi le transfert vers des produits qui resteront, eux, illégaux : la cocaïne, le crack, les drogues chimiques… Le problème c’est que ces questions sont traitées comme s’il s’agissait de problèmes séparés, alors que tout est lié.

Mais quelles seraient les conséquences en termes de sécurité ? Les trafics n’assurent-ils pas une certaine paix sociale dans les banlieues ?

Le trafic, c’est de la délinquance. La liquidation par kalachnikov, que ce soit à Marseille ou à Toulouse, ne fait pas partie de la paix civile. Je pense qu’il y aurait une redistribution du marché. Le crime a quelque chose de très évolutif. Ça modifiera les modes d’organisation du crime, notamment dans la qualité des produits, la diversité. Il y aura simplement une mutation du marché, comme ils l’ont fait depuis la prohibition de l’alcool en 1920. Tout le monde avait dit que la mafia italienne allait disparaître, mais non, elle est toujours là.

DOUANE FRANÇAISE (Bastia – CORSE): le bilan annuel de la douane en Corse par Jean-François Tanneau, le directeur régional des Douanes

Douanes de Corse : Armes, fraudes fiscales, contrefaçons…
Rédigé par le Vendredi 15 Avril 2016
Jean-François Tanneau, directeur régional des Douanes a présenté vendredi après-midi à la division de Bastia, le bilan annuel de la douane en Corse, tant dans les domaines de lutte contre les fraudes (stupéfiants, biens culturels, contrefaçons, armes, fraude fiscale …) que les domaines de la fiscalité et du soutien aux filières économiques en Corse.

Douanes de Corse : Armes, fraudes fiscales, contrefaçons…

Le directeur régional des Douanes a longuement évoqué les activités de 2015 de la Douane en Corse en compagnie de Alain Thirion, préfet de Haute-Corse, Nicolas Lerner, coordonnateur pour la sécurité auprès des préfets de Haute-Corse et de Corse-du-Sud et Emile Carlotti, chef divisionnaire des douanes de la Haute-Corse.
Lutte contre le terrorisme, les fraudes fiscales, les grands trafics, la protection du consommateur et du patrimoine du territoire le champ d’intervention de la Douane est vaste.

En savoir plus sur http://www.corsenetinfos.corsica/Douanes-de-Corse-Armes-fraudes-fiscales-contrefacons_a20686.html#rcfzLxmA6EFooRWH.99

000000000000000000000000000000000000000000000000

MARTINIQUE: la cocaïne voyageait en containers

Martinique 1ère

Publié le 16/04/2016

Un réseau de trafiquants de cocaïne a été démantelé entre la fin du mois de mars et le début du mois d’avril. Huit personnes ont été interpellés par les forces de l’ordre dont six en Martinique. 200 kilos de cocaïne, des armes de poing et des espèces ont été saisis.

Les services de l'O.C.R.T.I.S ont saisi près de 200 kilos de cocaïne dans cette opération. © O.C.R.T.I.S.
© O.C.R.T.I.S.
Les services de l’O.C.R.T.I.S ont saisi près de 200 kilos de cocaïne dans cette opération.

200 kilos de cocaïne, trois pistolets, des gilets par balle et 9000 euros en espèce. C’est le résultat des investigations menées par l’antenne Caraïbes de l’Office Central pour la Répression du Trafic Illicite de Stupéfiants, l’O.C.R.T.I.S.

Tout commence au mois de septembre 2015. Des employés d’un société de déménagement découvrent par hasard dans un container 55 kilos de poudre blanche dissimulés dans un réfrigérateur. En fouillant plus en avant le container, 174 kilos de cocaïne sont saisis par les hommes de l’O.C.R.T.I.S.

Suite à cette découverte, deux hommes sont interpellés en région parisienne. Ils étaient, semble-t-il, les destinataires de la marchandise.

Un mode opératoire bien rodé

Malgré, l’intervention des forces de l’ordre, les trafiquants sont sûrs de leur mode opératoire. Le 30 novembre 2015 ils tentent à nouveau de faire transiter 35 kilos de cocaïne selon la même méthode. Alerté, les policiers mettent la main sur un nouvel individu.

Mais c’est le 29 mars dernier que tout s’accélère, 6 personnes sont d’abord interpellées en Martinique puis le 4 et le 5 avril dernier deux autres membres du réseau sont arrêtés.

Les précisions de Christophe Arnerin :

Drogue dans containeurs déménagement
Le réseau semblait particulièrement bien rodé.
00000000000000000000000000000000000

MAROC: 16 tonnes de cannabis saisies à Agadir

MAROCSAHEnviron 16 tonnes de résine de cannabis (chira) ont été saisies dans la nuit de jeudi à vendredi dans une commune rurale de la région d’Agadir.

Les gendarmes ont surpris des trafiquants alors qu’ils tentaient de décharger la drogue sur la plage de la région de Tikert, à proximité de la commune de Tamri, selon des sources sécuritaires citées par la Map,

La cargaison devait ensuite être transportée par des embarcations vers des navires en haute mer, poursuit la même source.

En tout, sept personnes ont été interpellées lors de cette opération menée par les éléments du Commandement régional de la Gendarmerie royale d’Agadir et deux camions ainsi que quatre voitures ont été saisis.

http://www.bladi.net/cannabis-saisies-agadir,45016.html

0000000000000000000000000000000000000

ITALIA/PAESI BASSI: storia di droga, ‘ndrangheta e tulipani

Storia di droga, ‘ndrangheta e tulipani

mafia-droga-italia-paesi-bassiVincenzo Crupi da 20 anni gestiva un’azienda di export nel mercato di fiori più grande d’Olanda, ma il suo negozio era in realtà un centro dello spaccio europeo di droga

Per i clienti del famoso mercato dei fiori Royal FloraHolland vicino Amsterdam Vincenzo Crupi era uno dei tanti commercianti di tulipani in una nazione famosa per essere la maggior esportatrice di fiori al mondo.

Per la polizia, invece, era sospettato di avere legami con la mafia e di trafficare tonnellate di droga nascosta tra i fragranti bouquet di fiori che trasportava con i suoi camion in Italia.

Fiutata la traccia, le forze dell’ordine hanno iniziato a sorvegliare con cimici, microfoni e telecamere nascoste li suoi uffici nel mercato dei fiori. Hanno scoperto che Crupi passava le giornate di lavoro a parlare di affari legati alla mafia: accordi sullo spaccio di droga, traffico d’armi e sanguinose guerre di potere con le famiglie mafiose in Canada.

PIU: http://www.tpi.it/mondo/paesi-bassi/mafia-droga-italia-paesi-bassi

00000000000000000000000000000000000

FRANCE (Nantes): vente de drogue au vu de tous à la station Commerce – Breizh-info.com

dnred nantes

Que font les agents de l’Echelon DNRED de Nantes?

°°°°°°°°°°°°°°°

12/04/2016 ‑ 06h00 Nantes (Breizh-info.com)

Commerce, Pirmil, Souillarderie. Ces trois stations du réseau de tramway de Nantes connaissent d’importants problèmes de deal de drogue, selon les syndicats de la SEMITAN (CFDT, CFTC, UNSA, CGT) qui ont rendu public le 3 mars un courrier traduisant l’exaspération des agents face aux agressions, aux incivilités et au trafic qui s’étale chaque jour sous leurs yeux. La première est située au centre de Nantes, la seconde donne accès aux quartiers de la rive sud de la Loire, la troisième est située près du quartier sensible de la Bottière, à l’est. Un mois après, au cœur de Nantes, qu’est-ce qui a changé ? Rien ou presque. Une image flagrante du laisser-aller total offert par les autorités à la délinquance quotidienne dans la capitale bretonne.

Les incidents avec les dealers à Commerce sont récurrents depuis la fin de l’année 2015. En février, la CGT de la SEMITAN signalait qu’une agression physique a été évitée de justesse, ainsi qu’un vol aux abords du local de la TAN à la station Commerce. Le 11 mars 2016, lors de la réunion des délégués du personnel, le sujet est abordé par les élus de la CFDT : « malgré les courriers aux autorités, une action de la BSTC le 29 février sur les quais de la ligne 1 à Commerce, les agents de la SEMITAN ne sont plus en sécurité. Est-ce qu’il faut attendre une agression sur un agent pour qu’un plan et une action de fond soient mis en place ? ». La direction répond alors que la police municipale et la police nationale seront présentes sur les lieux pour une durée indéterminée.

lire sur: http://www.breizh-info.com/2016/04/12/41714/nantes-vente-de-drogue-de-a-station-commerce

00000000000000000000000000000000000000000

LIRE ou Relire: « Cocaïne, fric et flics »

Cocaïne, fric et flics

L’arrestation ces derniers jours de policiers de la PAF, mis en cause dans un trafic qu’ils sont censés surveiller ; la disparition d’une cinquantaine de kilos de cocaïne dans la salle des scellés de la brigade des stups du quai des Orfèvres, autant d’affaires récentes qui plombent la police. Une seule raison : le fric. En octobre dernier, c’était un ancien chef d’Interpol qui était mis sous les verrous en Équateur, et l’on se souvient des nombreuses arrestations parmi les autorités de l’aéroport de la station balnéaire de Punta Cana, en République Dominicaine, après la découverte de 682 kg de cette drogue dans un Falcon 50 français, en mars 2014.

NarcopsLe trafic de stupéfiants, et notamment celui de la cocaïne, génère de tels bénéfices que tous les intermédiaires s’enrichissent… en une traînée de poudre – du moins s’ils ne vont pas en prison. Quant aux « cocotrafiquants », le fric les rend omnipuissants. Devant ces kilos de drogue qui défilent sous leur nez et qui disparaissent en fumée dans les incinérateurs, certains flics craquent. Ils passent du côté obscur. Même s’ils ne sont que quelques-uns, ils font mal à la corporation. Mais, comme dit le directeur général Jean-Marc Falcone, « la police nationale fait le ménage dans sa propre institution »

Sniff !

En France, d’après l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, la cocaïne se revend 68 € le gramme, pour une pureté moyenne qui tourne autour de 35 %. Ce qui met le produit pur autour de 200 000 € le kilo alors qu’il est acheté aux cultivateurs l’équivalent de 2 à 3000 €. On imagine les retombées que cela engendre tout au long de la chaîne d’intermédiaires ! Évidemment, les narcotrafiquants sont les premiers à passer à la caisse. Pour la seule cocaïne, leur chiffre d’affaires annuel se situerait dans une Prix des drogues 2013fourchette comprise entre 75 et 100 milliards de dollars (Rapport mondial sur les drogues de 2011). Un chiffre qui est d’ailleurs en baisse sur ces dix dernières années, notamment aux États-Unis, mais qui représente environ le quart du marché de l’ensemble des drogues. Même si l’on tient compte du prix du traitement (20 à 30% du prix d’achat), la marge est impressionnante. Certains analystes estiment que le trafic de drogue dans sa totalité équivaut à 1 % du PIB mondial.

Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (2009), les produits stupéfiants représenteraient environ un cinquième du produit du crime dans le monde et il faudrait un budget de 200 à 250 milliards de dollars pour couvrir les dépenses de santé annuelles liées à la consommation des « drogues illicites ». Je suppose que les drogues licites sont les médicaments !

Les moyens mis en œuvre pour lutter contre ce type de criminalité donnent le tournis. On a l’impression d’un petit monde qui s’agite en vase clos. Pour l’UE, les coûts cachés ou apparents liés aux produits stupéfiants oscilleraient entre 28 et 40 milliards d’euros par an. La cocaïne est la deuxième drogue la plus consommée en Europe.

Quant à la France, elle dépenserait plusieurs milliards d’euros (je ne suis pas sûr qu’il soit tenu une comptabilité), dont une grande partie pour lutter contre l’importation de la « bigornette », comme disait Francis Carco dans La dernière chance, en 1935. En effet, via les Antilles et la Guyane, notre pays est en première ligne.

Ainsi, le mois dernier, près de 30 tonnes de drogue ont été saisies lors d’une opération Interpol menée en Amérique centrale et dans les Caraïbes. En partie de l’héroïne et du cannabis, mais principalement de la cocaïne, pour une valeur estimée à 1,3 milliard de dollars. Cette opération baptisée Lionfish II a été menée conjointement par 39 pays, dont 4 de l’UE : l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas et la France. Mais c’est la France qui a financé l’opération (je ne sais pas si l’UE participe). La partie opérationnelle est revenue à l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) en coordination avec le secrétariat général d’Interpol. « L’opération a également permis de fermer une cinquantaine de laboratoires de fabrication de stupéfiants. La marine nationale colombienne a saisi un semi-submersible qui servait à transporter de la drogue, deux avions légers ont été saisis en Équateur et une vingtaine de pistes d’atterrissage dissimulées dans la forêt ont été détruites par les autorités colombiennes… », peut-on lire sur le site d’Interpol.

Comme on le sait, la cocaïne est cultivée et traitée dans le nord de l’Amérique Latine, essentiellement en Colombie, en Bolivie et au Pérou. Elle suit ensuite trois axes d’exportation « traditionnels », l’un vers les États-Unis et le Canada ; les deux autres vers l’Europe et l’Afrique (on peut se demander si la fin de l’embargo sur Cuba ne changerait pas la donne). L’UE est d’ailleurs fortement « attaquée » par des passeurs qui viennent d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique du Nord.

Observatoire français des drogues et des toxicomanies

Dans la mer des Caraïbes, la « Méditerranée américaine », la lutte contre les trafiquants est menée par les forces armées de différents pays. Pour ce faire, plusieurs accords ont été passés, trop sans doute, au point de ne pas s’y retrouver. Ce qui favorise la suprématie américaine. En 2008, un accord a été signé entre le commandant supérieur (COMSUP) de Fort-de-France et le commandant régional américain. Nom de code : Narcops. Et en novembre 2011, une première opération conjointe d’envergure pour lutter contre le trafic à destination de l’Europe et de l’Afrique du Nord a été mise sur pied.

La France dispose en permanence de deux bâtiments de guerre qui patrouillent le secteur avec chacun un hélicoptère embarqué. Parfois, un sous-marin nucléaire pointe son nez. En cas d’intervention sur un go fast, un tireur d’élite prend position pour neutraliser les moteurs. Puis il reste en appui pour protéger l’équipe d’intervention. En cas de nécessité, l’ordre d’ouvrir le feu doit venir de Matignon, via le Secrétariat général à la mer, qui assure la coordination interministérielle des actions de l’État en mer. Il faut dire que dans ce type d’opération, plusieurs ministères sont concernés : Défense, Intérieur, Justice, Finances et Santé. C’est une exception française.

La police judiciaire est également très active. Il existe une antenne de l’OCRTIS à Fort-de-France et deux détachements, l’un à Pointe-à-Pitre, l’autre à Saint-Martin, et les gendarmes disposent d’un patrouilleur. Mais depuis quelques années c’est la Guyane qui inquiète. Elle a déjà pris sa place dans un trafic de « mules » à destination de la métropole. Mais cela pourrait bien évoluer, notamment en raison de sa proximité avec des pays trafiquants, comme le Surinam et le Venezuela, et aussi d’une présence policière moins forte. Dans ce département où 40 % des moins de 30 ans sont au chômage et où 44% des travailleurs sont fonctionnaires, il doit être difficile de rêver sa vie.

Pour comprendre, comment on en est arrivé là, c’est-à-dire une situation inextricable malgré les moyens mis en œuvre, il faut jeter un coup d’œil en arrière…

De 1860 à 1910, la coca et la cocaïne sont des denrées qui s’exportent mondialement, notamment par deux réseaux principaux partant des pays andins, l’un vers l’Allemagne et le reste de l’Europe, l’autre vers les États-Unis. Les Américains deviennent alors les plus grands consommateurs au monde. Le revirement est brutal. En 1915, les États-Unis se lancent dans une croisade solitaire contre ce fléau qui ravage l’Amérique, diabolisant l’Allemagne en le dépeignant comme l’empire de la drogue. Peu à peu, différents pays emboîtent le pas au géant américain, jusqu’à l’interdiction mondiale en 1950.

En quelques décennies, un produit licite devient illicite et sa commercialisation échappe alors aux contrôles des États. Les filières légales disparaissent laissant la porte ouverte aux aventuriers et aux trafiquants de tout crin.

Au retour de la guerre du Vietnam, de nombreux soldats américains sont devenus héroïnomanes. Aussi, en 1971, le président Nixon déclare la guerre à la drogue, notamment à l’héroïne. Georges Pompidou reçoit le message 5 sur 5 et Marseille perd ses labos de morphine-base. Dans le même temps, la consommation de cocaïne explose aux États-Unis. Comme un pied-de-nez – plus gentiment nommé la contre-culture. La justice moralisatrice se met en place et le nombre d’incarcération explose. Les prisons sont remplies de jeunes, surtout des Noirs et des Latinos au point que certains s’interrogent : existerait-il une raison cachée à cette pénalisation à outrance ? Un peu comme en France on utilise la pénalisation de la consommation de cannabis pour contrôler les jeunes des cités. Toute proportion gardée, bien sûr !

Même si la consommation mondiale semble stagner, peut-être à cause des drogues de synthèse, la guerre contre le trafic de cocaïne n’est pas prête d’être gagnée. Trop de fric en jeu. Et l’amusant, si l’on peut dire, c’est que plus la répression est efficace, plus les prix grimpent – et plus les trafiquants s’en mettent plein les poches.

Y a pas de morale à mon histoire !

http://moreas.blog.lemonde.fr/2015/01/31/cocaine-fric-et-flics/

DROGUES: les ravages du narcotrafic et…le naufrage de la « guerre aux drogues »

guerredrogueFrançois Polet

Source : Alternatives Sud

Déchaînement de violence, corrosion des institutions, nouvelles inégalités – le narcotrafic s’impose comme un obstacle majeur à la démocratisation d’un grand nombre de pays au Sud. Promu depuis quarante ans par les États-Unis, le modèle de la « guerre aux drogues » a alimenté le phénomène et généré quantité d’effets pervers. Depuis l’Amérique latine notamment, la contestation du régime international prohibitionniste monte en puissance.

Avec autour de 200 millions de consommateurs et plus de 300 milliards de dollars de chiffre d’affaire, le commerce des drogues illicites se porte bien. Il s’agit même d’un secteur porteur :
entre 2008 et 2011 le nombre d’utilisateurs de stupéfiants aurait augmenté de 18 % d’après le dernier rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Onudc, 2013), bien au-delà du taux de croissance de la population mondiale. Comme d’autres segments de l’économie, l’industrie des stupéfiants profite pleinement de l’augmentation du pouvoir d’achat et des changements de modèle de consommation dans les marchés émergents, en Asie et en Amérique du Sud en particulier.

L’enjeu de cette livraison d’Alternatives Sud est de mettre en lumière les effets de l’économie des drogues – et des politiques mises en oeuvre pour la combattre – sur les sociétés et les États du Sud. Si dans les pays occidentaux les impacts des drogues – de leur utilisation et de leur commerce – sont globalement maîtrisés par les pouvoirs publics, il en va tout autrement dans les nations en développement, où l’insécurité sociale et la faiblesse des institutions démultiplie la puissance économique et politique des narcotrafiquants. Les contributions rassemblées dans ce numéro l’illustrent sans détour : le noeud « narcotrafic – guerre aux drogues » constitue un obstacle majeur à la construction de relations sociopolitiques plus égalitaires et démocratiques dans un nombre considérable de pays du Sud.

Esquisse de géographie du narcotrafic

Du fait de la nature illicite des activités concernées, des évolutions complexes et permanentes auxquelles elles-sont sujettes et du manque de données dans un grand nombre de pays, les agences officielles cherchant à identifier les lieux, flux, volumes et acteurs du narcotrafic procèdent par estimations ou recoupements et présentent des fourchettes larges. Cela étant, un certain nombre de réalités dominent la géographie mondiale des drogues et peuvent sans trop de risque être dégagées.

Pour des raisons à la fois climatiques, historiques et politiques, la production mondiale des deux substances illicites les plus rentables – la cocaïne et l’héroïne – n’est le fait que de quelques pays du Sud seulement. La quasi-intégralité de l’offre mondiale de cocaïne est issue de trois pays andins – le Pérou, la Colombie et la Bolivie. La production de l’héroïne est géographiquement plus concentrée encore : environ 85 % provient des cultures de pavot à opium d’Afghanistan. La Birmanie, principal pays producteur jusqu’au début des années 1990, et le Mexique, fournissent le gros du volume restant.

A l’instar de bien des produits tropicaux, les principaux marchés de ces deux drogues sont situés au Nord. Principaux marchés en volume : 65 % de la cocaïne environ et plus de la moitié de l’héroïne y seraient consommés. [1] Mais aussi et surtout principaux marchés en valeur – le gramme de poudre est beaucoup plus cher dans les rues des villes occidentales que dans les métropoles du Sud. La demande du premier monde représenterait donc 80% des profits liés à la cocaïne et près de 70% de ceux de l’héroïne (Onudc, 2010). Effet de la mondialisation, ce tableau est cependant en train de s’infléchir, du fait d’un tassement de la consommation globale de ces deux drogues aux États-Unis et en Europe et de la croissance concomitante de la demande dans les pays émergents, notamment en Amérique du Sud (le Brésil serait devenu le deuxième plus gros consommateur de cocaïne derrière les États-Unis), en Chine et en Asie du Sud-Est. La hausse est également forte en Afrique, où le nombre de consommateurs de cocaïne serait passé d’un million environ à plus de deux millions entre 2004-2005 et 2011 (Onudc, 2013).

Á l’opposé de cette configuration, la géographie du cannabis est on ne peut plus décentralisée : on en consomme et on en produit dans toutes les régions du monde (avec une explosion des cultures indoors en Europe et aux États-Unis). La prédominance de ces circuits courts n’empêche pas l’existence d’un trafic international, dont les principaux flux vont du Maroc et de l’Afghanistan vers l’Europe, et du Mexique vers les États-Unis. Du fait qu’elles ne nécessitent pas de cultures végétales, l’offre et la demande des drogues de synthèse (amphétamines, méthamphétamines, ecstasy, etc.) sont elles aussi plus rapprochées géographiquement, avec cependant l’existence de commerces intra-régionaux notables en Europe, en Asie de l’Est (et Océanie) et en Amérique du Nord (du Mexique vers les États-Unis).

Les activités du narcotrafic ne se limitent bien entendu pas aux pays sources, abritant les cultures et laboratoires qui alimentent le marché mondial, mais affectent également les pays de transit, placés sur les voies reliant les sites de production aux marchés les plus lucratifs. Á la rigueur, du fait des changements de tactiques incessants des trafiquants et de la démultiplication des itinéraires indirects via les territoires moins contrôlés, aucune nation n’est épargnée. Certaines d’entre elles sont néanmoins plus concernées en ce qu’elles sont placées sur les « routes » principales du trafic. Le Mexique et les pays d’Amérique centrale en particulier ont le malheur de servir de voie d’acheminement principale de la cocaïne sud-américaine vers les États-Unis. Le Venezuela, mais aussi le Brésil (dont la frontière amazonienne avec les trois pays producteurs fait plus de 7 000 km) servent quant à eux de tête de pont pour l’envoi (par avion ou bateau) de la production andine vers l’Europe, dont une portion notable transite depuis une dizaine d’années par les pays d’Afrique de l’Ouest.

L’héroïne afghane est exportée suivant trois grandes routes. La « route des Balkans », qui relie l’Europe via l’Iran et la Turquie et dans une moindre mesure le Caucase. La « route du Nord », qui mène à la Russie via les républiques d’Asie centrale. La « route du Sud » qui passe par le Pakistan pour ensuite se fractionner en un vaste réseau d’itinéraires reliant l’Asie du Sud-Est, l’Afrique et l’Europe, notamment via les pays du Golfe. L’héroïne birmane alimente le marché chinois ainsi que les pays du Sud-Est asiatique, qui servent par ailleurs de transit vers le juteux marché australien. Quant au marché états-unien, il est quasi intégralement satisfait par l’héroïne mexicaine.

Escalade des profits, asymétrie des bénéfices

La dimension principale de l’économie internationale des drogues réside dans la valeur ajoutée disproportionnée aux étapes du transport et de la commercialisation du produit. Les marges sont énormes lors du franchissement d’obstacles physiques et douaniers – le prix du gramme de cocaïne triple du fait du « simple » franchissement du mur séparant le Mexique des États-Unis – et lors du fractionnement en petites doses sur les marchés de consommation (Labrousse, 2011). Une répartition du profit extrêmement inégale entre les différents intervenants de la chaîne en résulte.

L’exemple de la filière de la cocaïne vers les États-Unis est éloquent (Onudc, 2010) :

 en 2008, les dizaines de milliers de cultivateurs de coca alimentant le marché états-unien ont gagné environ 500 millions de dollars, soit 1,5 % seulement du profit global lié à ce trafic ;

 les trafiquants dans les pays andins qui ont collecté la matière première, l’ont transformée dans leurs laboratoires et ont vendu la cocaïne à des réseaux internationaux ont touché environ 400 millions de dollars, soit 1% du profit ;

 les réseaux colombiens et mexicains qui ont organisé son transport jusqu’aux grossistes états-uniens ont dégagé 4,6 milliards de dollars de bénéfice, soit 13 % du profit ;

 ces grossistes ont à leur tour empoché environ 5,3 milliards de dollars, soit 15 % du profit ;

 enfin les organisations et individus ayant orchestré et réalisé la distribution de la cocaïne dans les rues états-uniennes ont accumulé jusqu’à vingt-quatre milliards de dollars, soit 70 % du profit global.

La même asymétrie se vérifie s’agissant de l’héroïne afghane (Onudc, 2010). La vente « à la ferme » de l’opium a rapporté 400 millions de dollars aux cultivateurs de pavot en 2009, soit 0,6% seulement du revenu de la filière. Si l’on inclut les profits dérivant de la transformation et du trafic vers la frontière, l’économie afghane de l’opium a généré 2,4 milliards de dollars, soit 3,5% seulement des profits totaux de l’industrie des opiacés (héroïne, opium et morphine) en 2009.

Une économie politique plus complète des filières doit également prendre en compte les acteurs captant indirectement une partie considérable des profits du secteur : forces de sécurité et personnel politique arrosés par les narcotrafiquants, groupes rebelles en tout genre prélevant l’impôt « révolutionnaire », mais également sociétés de comptabilité et autres conseillers financiers facilitant le recyclage des profits et enfin secteurs économiques formels profitant de cet afflux d’argent en quête de respectabilité (immobilier, tourisme, sociétés financières des paradis fiscaux) et des dépenses somptuaires des barons de la drogue (industrie du luxe). D’après la littérature sur le blanchiment, les deux tiers environ des profits du narcotrafic seraient l’objet d’opérations de lavage, soit autour de 220 milliards de dollars par an (Onudc, 2011).

Coûts sociaux et politiques du narcotrafic au Sud

Dépendances, inégalités et droit du plus fort

C’est un fait, l’industrie de la drogue constitue une alternative économique – de survie ou d’ascension sociale – pour des millions d’habitants des campagnes et des périphéries impliqués dans les cultures illicites (paysans andins, afghans, marocains, etc.) ou le transport du produit fini (les « mules »). Au Mexique seulement, 468 000 personnes environ auraient tiré leurs revenus du secteur en 2008, faisant du narcotrafic le cinquième plus gros employeur du pays (Rios, 2008). Et plus d’un million d’individus seraient impliqués dans le transport d’héroïne à l’échelle mondiale (Onudc, 2010). Ces bénéfices économiques de court terme pour une partie des plus pauvres ne compensent cependant pas les effets sociétaux massivement déstructurants du narcotrafic.

Á l’échelle de la paysannerie tout d’abord, comme le décrivait Olivier Dabène à propos des pays andins, «  l’intérêt des paysans pour la culture du cocaïer a entraîné un relatif abandon des cultures vivrières comme le maïs, le riz ou la pomme de terre, et donc une hausse de leurs prix. Certains groupes ont été déplacés dans des zones amazoniennes totalement isolées, afin d’échapper aux contrôles. Mais lorsque les prix chutent, ces populations sont laissées à l’abandon, sans moyen de subsistance. (…) tandis que leur environnement subit des dommages irréversibles, en raison de l’utilisation intensive de produits chimiques et de la déforestation » (Dabène, 1996). Perte d’auto-suffisance alimentaire locale donc, mais aussi sujétion de territoires entiers à des réseaux criminels dont on attend le rachat des récoltes et des services de protection… ou dont on craint les représailles en cas de velléité d’émancipation.

Ce phénomène de détournement de la main d’oeuvre des activités traditionnelles ne se limite pas à l’agriculture – les revenus disproportionnés que procure la participation au trafic, même à ses plus bas échelons, par rapport aux autres types d’emploi, plongent des populations entières dans une situation de « dépendance économique » au narcotrafic difficilement réversible. Ce lecteur d’un journal régional mexicain ne dit pas autre chose : « Sinaloa est et a toujours été un État où l’argent vient du trafic de drogues. D’où pourrait-il bien venir d’autre ? Les industries agricoles et de la pêche sont fermées. On ne peut même plus tirer d’argent de l’industrie minière car les gens ne veulent plus y travailler. Les trafiquants de drogues paient les mineurs dix fois plus, juste pour surveiller la drogue. Qu’allons nous faire s’il n’y a pas d’autre endroit où obtenir de l’argent ? ». [2]

Du fait de la forte asymétrie dans la répartition des profits, le narcotrafic est par ailleurs facteur de renforcement ou de création de nouvelles inégalités. « En provoquant des changements rapides de train de vie, en produisant de nouveaux statuts, (la drogue) perturbe les rapports sociaux et économiques et remet en cause le système productif, politique et culturel du pays » expliquent Miguel de Barros, Patrícia Godinho Gomes et Domingo Correia dans leur article sur la Guinée-Bissau, où la présence de la drogue est pourtant « relativement faible ». Quand bien même certains parrains s’emploient à soigner leur image de « bienfaiteurs des pauvres » en redistribuant une petite partie de leurs bénéfices sous la forme de cadeaux divers, une partie autrement conséquente de leurs gains sont généralement réinvestis dans la terre, l’immobilier ou des activités de la région, constituant des mini-empires économiques peu compatibles avec un développement local démocratique.

La conséquence la plus spectaculaire du narcotrafic réside évidemment dans le climat de violence qu’il installe dans certaines régions de production ou de transit. Les guerres entre cartels pour la domination des villes frontières avec les États-Unis et la « guerre aux drogues » menée par les militaires ont fait 55 000 morts entre 2006 et 2011 au Mexique, soit le conflit le plus meurtrier de la planète sur cette période. Moins médiatisé, le taux d’homicides serait plus élevé encore dans les petits pays d’Amérique centrale traversés en amont par la même cocaïne. Comme l’indique cependant Luis Astorga dans sa contribution sur le Mexique, les niveaux de violence sont moins tributaires des quantités de drogues en jeu que de la configuration du champ criminel et de la capacité de l’État à réguler la compétition entre gangs.

Dans les périphéries des villes comme dans les zones rurales les plus isolées, le monopole de la violence que détiennent les gangs liés au narcotrafic sur la vie de territoires entiers a généré un archipel de zones de non-droit, ou plutôt de zones où les codes des gangs et l’allégeance au plus fort ont remplacé le droit formel. « Là se configurent de nouvelles strates, des codes où se mêlent les principes libéraux du marché et les règles qui organisent et protègent les activités illégales, comme cela se passe dans les structures organisées du « Primeiro Comando da Capital » et du « Comando Vermelho » de Rio de Janeiro, ou dans les « bacrim » (bandes criminelles émergentes), comme on les appelle en Colombie, telles que le « Bureau Envigado », « Les Urabeños », « Los Rastrojos » dans les quartiers de Medellín » relève Ricardo Soberón Garrido dans sa réflexion sur les paradoxes du narcotrafic en Amérique latine. On y constate la diffusion d’une culture de l’enrichissement personnel rapide par la violence criminelle qui fonctionne comme modèle de réussite sociale crédible, bien que hautement risqué, pour des millions de jeunes sans perspective autre d’ascension sociale.

Enfin le développement du narcotrafic dans une région donnée va généralement de pair avec un accès plus aisé aux drogues et une hausse de la consommation locale. Le phénomène se vérifie dernièrement en Afrique et dans les républiques d’Asie centrale, deux régions où les quantités en transit vers les gros marchés ont singulièrement augmenté. Les défis que cette hausse des niveaux de dépendance implique en matière de santé comme de sécurité publiques sont considérables. Or comme le relèvent Kwesi Aning et John Pokoo dans leur article sur l’Afrique de l’Ouest, «  les centres de soins de santé dans la région sont en sous-nombre et sous équipés, qui plus est les équipes médicales ne sont pas formées à la prise en charge des conséquences de la dépendance à la drogue ».

Corrosion des institutions, criminalisation du politique, conflits

Si la banalisation de la violence criminelle sous l’effet du narcotrafic est propre au continent latino-américain, aucun territoire de culture ou de transit des stupéfiants n’échappe à l’action délétère du trafic sur les institutions. Celle-ci découle « logiquement » de la puissance financière des mafias vis-à-vis des représentants de l’État dans les régions concernées. D’autant que, pour les sites de production comme pour les « routes » de la drogue, les préférences des trafiquants vont aux régions isolées, négligées par les pouvoirs centraux, où les autorités locales comme les agents des échelons inférieurs de la police ou de la douane sont mal payés et donc sensibles aux arguments « sonnants et trébuchants » des criminels. Il n’est qu’à imaginer la rencontre entre un garde-frontière guinéen ou malien dont le salaire, quand il est versé, dépasse à peine 50 euros et un « narco » colombien brassant des millions de dollars.

Mais l’influence corruptrice des trafiquants va le plus souvent bien au-delà des agents locaux pour toucher les niveaux supérieurs de la justice, de la police, de l’armée, de la classe politique, des services secrets. L’enjeu : obtenir par l’achat des autorités des conditions optimales pour le développement discret de leurs activités criminelles. Achat agrémenté d’intimidation lorsque l’autorité en question refuse de marchander sa probité. Mais les agents de l’État ne sont que rarement objets passifs de corruption. Dans bien des cas ce ne sont pas les trafiquants qui les approchent, mais eux-mêmes qui traquent les contrebandiers afin de monnayer leur libération. Aux Philippines notamment, Nex Benson nous apprend que le rançonnement des trafiquants, grands ou petits, est un véritable fléau au sein de la police anti-drogues.

Dans plusieurs pays, des responsables publics de haut rang vont jusqu’à devenir collaborateurs actifs des trafiquants, voire organisateurs directs de trafics. Phénomène de « criminalisation du politique » donc, mais aussi parfois de « politisation de la criminalité », lorsque des barons de la drogue rentrent en politique afin d’influer le cours des décisions dans le sens de leurs affaires. Principales incarnations des narco-États dans les années 1990, la Birmanie – longtemps considérée « État trafiquant type » (Labrousse, 1993) -, la Colombie, le Pérou, la Bolivie, la Turquie ou le Nigeria se sont vues déclassés par l’Afghanistan, la Guinée Bissau, le Mexique ou le Tadjikistan comme États les plus régulièrement associés au concept [3]. Plus généralement, si le poids politique du narcotrafic a baissé dans les pays andins, il aurait augmenté en Amérique centrale et au Mexique, dans les républiques d’Asie centrale, mais aussi en Afrique de l’Ouest.

Relevons enfin que les activités du narcotrafic contribuent au financement de dizaines de conflits politiques, religieux ou identitaires qui constituent autant de sources de déstabilisation politique et de crispations autoritaires. La récente prise du Nord-Mali par des groupes armés islamistes dont une partie des ressources provenait du rançonnement du trafic transsahélien de la cocaïne en constitue la dernière illustration. Les interactions entre drogues et conflits peuvent prendre des formes variées (Labrousse, 2011). Il existe parfois une proximité politique ou ethnique entre les producteurs de cultures illicites de régions marginalisées et les guérillas prétendant défendre leurs droits – cas des FARC « révolutionnaires » dans les régions pauvres de Colombie ou des talibans dans les provinces à majorité pachtoune d’Afghanistan.

Les organisations rebelles peuvent également tirer profit de la commercialisation des drogues, en taxant les trafiquants ou en assurant elles-mêmes le rôle d’intermédiaires – cas des Tigres tamouls du Sri Lanka. Enfin certaines d’entre elles finissent par s’impliquer dans les étapes les plus rentables de la transformation et de la distribution sur les marchés de consommation – cas du Parti des travailleurs du Kurdistan. Alain Labrousse relève aussi qu’au cours du conflit la drogue peut devenir un enjeu relatif, voire une fin en soi, les organisations politiques dégénérant en organisations purement criminelles. Ce processus de criminalisation concerne d’ailleurs tout autant les forces contre-insurrectionnelles chargées de mater les rebelles.

Libéralisation économique et expansion du narcotrafic

Si les responsabilités des élites du Sud ne peuvent être éludées, l’ampleur et les formes empruntées par l’économie du narcotrafic ces trente dernières années sont davantage le résultat d’un certain nombre de biais et d’asymétries de la gouvernance internationale. Sur le plan de la gestion de la mondialisation tout d’abord. Les politiques de libéralisation des économies et des marchés financiers promues depuis les grandes agences internationales ont indiscutablement contribué au renforcement du narcotrafic.

 La baisse des tarifs douaniers et autres barrières aux échanges a radicalement augmenté les flux de marchandises et de capitaux, ainsi que le caractère transnational des filières de production, notamment dans le secteur agroalimentaire. « Bien souvent les réseaux de trafiquants ont profité des instruments et des mécanismes qui libéralisent le commerce de biens et services pour transporter la drogue et d’autres produits illicites » indique Ricardo Soberón Garrido. Dans la pratique, la priorité à l’augmentation et à la fluidité des échanges qui commande le commerce international rend le contrôle systématique des containers virtuellement impossible.

 Les politiques d’ajustement structurel préconisées par la Banque mondiale, le FMI et le GATT/OMC aux pays latino-américains, africains et asiatique au cours des années 1980-1990 – ouverture aux importations de biens agricoles et démantèlement des politiques de soutien à la petite agriculture – ont objectivement renforcé l’attrait économique des cultures de pavot, de coca et de cannabis pour les paysans pauvres. Les autorités elles-mêmes ont parfois fermé les yeux sur des cultures illicites qui permettaient d’amortir les coûts sociaux de l’ajustement et d’accumuler des devises étrangères protégeant le pays d’une éventuelle crise de la dette (Dabène, 1996).

 Combinées aux effets de la crise économique et de la baisse des recettes d’exportation, ces mêmes mesures d’ajustement ont mené à un resserrement brutal des moyens des États. Les plus affaiblis, en Afrique notamment, ont d’une part réduit leur contrôle sur des pans entiers de leur territoire – y favorisant la prolifération d’activités criminelles -, d’autre part poussé une partie de l’élite politique et militaire à se reconvertir dans des activités illicites pour se maintenir au pouvoir, signant le passage de l’État « kleptocrate » à l’État « malfaiteur » (Bayart, Ellis et Hibou, 1997). Les nouveaux narco-États sont avant tout des États faillis.

 Les politiques de dérégulation de la sphère financière depuis les années 1980 ont quant à elles hautement facilité les opérations de blanchiment de l’argent sale. « Ce phénomène est venu renforcer la puissance des organisations criminelles transnationales les plus liées au commerce de la drogue » (Lalam, 2011). Malgré quelques avancées sur le secret bancaire suite au 11 septembre 2001 et à la crise financière de 2008, les pays riches ont les plus grandes difficultés à mettre de l’ordre dans l’entrelacs de places off-shore et autres paradis fiscaux servant de zone d’intersection entre les flux financiers licites et illicites.

Le régime international de contrôle des drogues

Le principal carburant du phénomène du narcotrafic réside cependant dans l’orientation adoptée depuis un siècle par la communauté internationale pour… réduire la consommation de drogues, à savoir la mise en place et le renforcement d’un régime international de contrôle des drogues axé sur la prohibition. Ce régime est aujourd’hui l’objet de vives critiques, du fait de son inefficacité et de ses effets pervers, mais également de son caractère asymétrique et de ses contradictions, reflets d’inégalités politiques historiques au sein de l’ordre international.

De La Haie à l’Initiative de Mérida : un régime déséquilibré

Le projet d’un système international de contrôle des drogues naît en 1912 lors de la Convention internationale de l’opium de La Haie, à laquelle seules une douzaine de nations participent. Visant à éviter toute production et distribution d’opium en dehors d’un cadre scientifique et médical strictement contrôlé, la rencontre est, déjà, le résultat de l’activisme des États-Unis, qui viennent de prendre les Philippines aux Espagnols et constatent avec effroi le degré d’intoxication de la population des îles, et plus largement de cette partie de l’Asie, suite au « libre » commerce imposé par les européens depuis les guerres de l’opium du 19ème siècle. La restriction de l’opium est à la fois un devoir moral et une manière d’affaiblir commercialement les puissances coloniales, tout en améliorant la relation entre les États-Unis et la Chine, principale victime du commerce de l’opium (Sinha, 2001).

Dès sa naissance donc, la diplomatie des drogues est animée par un mixte étonnant de motivations morales, économiques et géopolitiques. Les traités internationaux adoptés par la suite dans le cadre de la Société des nations, puis des Nations unies, en porteront tous la marque, notamment les trois principaux textes qui constituent l’armature juridique du régime de contrôle actuel : la Convention unique sur les stupéfiants (1961), qui ramasse les traités antérieurs en un seul texte et porte essentiellement sur l’opium, l’héroïne, la cocaïne et le cannabis ; la Convention sur les substances psychotropes (1971), suite au décollage de la consommation de LSD et autres substances de synthèse en Occident ; et enfin la Convention contre le trafic illicite de stupéfiant (1987), qui vise à harmoniser les législations nationales dans un sens nettement répressif.

Outre son orientation prohibitionniste et répressive, au détriment des considérations de santé publique et de droits humains, le régime de contrôle international consacré par ces textes connaît deux déséquilibres, particulièrement préjudiciables pour les anciennes colonies. Tout d’abord l’idée d’un contrôle souple sur les substances d’origine végétale, défendue par les États du Sud dont de larges pans de la population consommaient de manière traditionnelle les matières incriminées ou vivaient de leur production, a été écartée. A l’inverse, les besoins des industries pharmaceutiques occidentales ont été globalement épargnés – ceux-ci relevant des domaines « médical » et « scientifique » -, notamment au sein de la Convention de 1971 sur les produits de synthèse.

Par ailleurs, comme le signale Jai Sinha, en étant centrée sur l’offre de stupéfiants (la production et le trafic), elle déplace « le fardeau et les coûts du contrôle des stupéfiants principalement vers les pays en voie de développement asiatiques et latino-américains, qui n’avaient ni la disposition culturelle, ni les ressources requises pour procéder à une telle ingérence – ni la puissance économique ou militaire qui leur aurait permis de refuser ce qu’on leur imposait » (2001). Des pouvoirs étendus furent par ailleurs accordés à l’Organe internationale de contrôle des stupéfiants (OICS), organisme onusien sous influence états-unienne chargé de vérifier le respect des trois conventions. Dans la pratique, l’appareil de contrôle s’appliquera essentiellement dans un sens Nord-Sud, les pays occidentaux – États-Unis en tête -, s’appuyant sur la qualité juridiquement contraignante des conventions pour réclamer le durcissement des politiques anti-drogues dans le reste du monde.

L’ingérence au nom de « la lutte contre les drogues » franchit plusieurs paliers lorsque les États-Unis décidèrent de porter au coeur de l’Amérique latine la « guerre aux drogues » proclamée en 1971 par le président Nixon. Des opérations en terrain bolivien et péruvien de la Drug Enforcement Administration (DEA) dans les années 1980 à l’énorme programme d’assistance militaire à la Colombie dans le cadre du « Plan Colombie » au tournant du millénaire, l’implication états-unienne prit des formes de plus en plus massives et diversifiées dans les campagnes nationales de démantèlement des trafics. [4] Signe d’un déplacement du front principal de la guerre aux drogues, l’Initiative de Mérida, sorte de réplique à moindre échelle du Plan Colombie, vise à renforcer les forces armées mexicaines dans le cadre de la « guerre contre le trafic de drogues » décrétée en 2006 par un président Calderón en manque de légitimité. L’« initiative » soutient également les efforts de répression en Amérique centrale et dans les Caraïbes.

Instrumentalisation des trafics… et de la guerre aux trafics

Le régime international de contrôle des drogues n’est pas seulement biaisé dans ses orientations répressives et centrées sur l’offre. Á l’instar d’autres politiques internationales, il est aussi l’objet de bien des instrumentalisations géopolitiques. Le rôle de « croisé de la prohibition » que les États-Unis se donnent volontiers dans les enceintes de la diplomatie des drogues n’a pas empêché leurs services secrets de subordonner allègrement la « guerre aux drogues » à d’autres dimensions de leur politique extérieure. Des débris du Kuomintang réfugiés en Birmanie aux Contras du Nicaragua, en passant par les talibans afghans, l’objectif suprême du containment a régulièrement amené la CIA à tolérer, voire à soutenir directement la mise en place de réseaux d’écoulement d’héroïne ou de cocaïne permettant le financement clandestin de groupes armés objectivement alliés.

Avec la fin de la guerre froide et surtout les attentats du 11 septembre 2001, le narcotrafic devient un enjeu central de la doctrine sécuritaire des États-Unis et dans une certaine mesure des autres puissances. Pour les stratèges du Pentagone, l’Afghanistan démontre que le terrorisme et les réseaux de la drogue sont des phénomènes qui s’alimentent mutuellement, voire se confondent, dans les zones de non-droit délaissées par les États faillis, il s’agit donc de recourir aux grands moyens pour combattre le « narco-terrorisme » partout où il fait mine de s’enraciner. La force évocatrice de l’expression diabolise les acteurs, dépolitise les enjeux et est rapidement réappropriée par des pouvoirs nationaux en quête de légitimation de leurs stratégies répressives, de la Colombie au Sri Lanka. Les conseils, offres de services et pressions de toutes sortes se multiplient des États-Unis vers les États supposés manquer de fermeté ou de capacité d’action dans la répression du phénomène. Ces mêmes États que la doctrine d’hier jugeait pléthoriques et envahissants…

Et pourtant ce regain d’activisme international contre les trafics cohabite avec d’autres enjeux, à commencer par celui de la proximité géopolitique avec les États-Unis. Mercille le démontre dans son article sur l’Afghanistan, où Washington s’accommode d’alliés – Hamid Karzai et son entourage en l’occurrence – dont les liens avec le trafic d’héroïne ont suffisamment été démontrés, tout en menant une « guerre aux drogues » sélective visant uniquement les trafiquants liés aux talibans. Une même compréhension a prévalu dans le contexte colombien face à la tolérance du président Uribe vis-à-vis de groupes paramilitaires d’extrême droite tout autant, si pas plus impliqués dans le narcotrafic que les FARC. Le fait que les États-Unis avaient dû fermer leur base militaire au Panama en 1999 et que l’ex-président colombien mettait à leur disposition l’accès à plusieurs bases n’y était certainement pas pour rien.

Le conditionnement géopolitique de la guerre aux drogue apparaît aussi clairement dans le très controversé processus de « certification » auquel les États-Unis s’adonnent annuellement afin d’évaluer la coopération des pays de production ou de transit au système de contrôle international. D’une part l’objet de cette évaluation, qui peut déboucher sur une suppression de l’aide états-unienne, réside moins dans l’engagement des gouvernements dans la lutte contre la drogue que dans leur collaboration avec les agences anti-drogues américaines. D’autre part il est évident que les considérations stratégiques pèsent lourdement dans la classification des États. Ainsi les deux pays ayant récemment rejoint la Birmanie dans la catégorie des pays ayant « clairement échoué à remplir leurs obligations » en matière de respect des conventions internationales ne sont pas la Guinée Bissau ou l’Afghanistan mais… le Venezuela et la Bolivie.

Le régime international de contrôle en question

Développement sans précédent dans l’histoire de la diplomatie des drogues, l’idéologie prohibitionniste qui imprègne le régime international de contrôle des stupéfiants est depuis quelques années l’objet d’un mouvement de contestation au plus haut niveau politique. Les contributions rassemblées dans ce numéro s’en font toutes l’écho d’une manière ou d’une autre.


Effet ballon et criminalisation de la pauvreté

Ces remises en question naissent d’abord de la constatation de l’échec de l’approche outrancièrement répressive de la « guerre aux drogues ». Cet échec se lit d’abord dans les chiffres. En 1998, lors de la session spéciale de l’Assemblée générale des Nations unies sur les drogues (UNGASS), les gouvernements s’étaient donné dix ans pour libérer le monde des drogues (« a drug free world »). En 2008, le nombre de consommateurs d’opiacés dans le monde avait pourtant augmenté de 34 %, celui de cocaïne de 27 %, celui de cannabis de 8 % (Commission mondiale pour la politique des drogues, 2011). Non seulement l’approche répressive ne s’est pas montrée efficace, mais elle s’avère contre-productive car c’est l’interdiction des drogues elle-même qui multiplie le prix de celles-ci et suscite les activités criminelles liées à son commerce. En témoigne le précédent historique du fabuleux enrichissement de la mafia et de l’expansion de son pouvoir corrupteur durant les années de la prohibition de l’alcool aux États-Unis.

La lutte frontale contre les trafiquants a bien permis de démanteler tel cartel ou de « nettoyer » telle région, mais elle n’a jamais débouché sur une baisse globale de la production. Car, à demande égale, la réduction de telle ou telle filière entraîne un renchérissement du produit qui stimule les trafiquants à augmenter la production ou le trafic ailleurs. Un phénomène de géographie économique qualifié d’« effet ballon » [5]. Ainsi la performance du système de surveillance états-unien dans les Caraïbes dans les années 1990 n’a pas entraîné de baisse de l’entrée de cocaïne sur le territoire états-unien, mais un déplacement du trafic par l’itinéraire centro-américain et mexicain. De même, le succès du « bridge denial » entre le Pérou et la Colombie au début des années 1990 a mené à une chute de la production de coca au Pérou mais à une augmentation concomitante des cultures colombiennes. Quelques années plus tard, les campagnes d’éradication forcenées du Plan Colombie ont mené à une (petite) baisse de la production colombienne… immédiatement compensée par un rebond des productions péruvienne et bolivienne.

La focalisation de la répression sur la production et le trafic a par ailleurs des effets pervers dramatiques, qui démultiplient les coûts sociaux et politiques du narcotrafic et en créent de nouveaux. En s’efforçant de démanteler les gangs, les forces de l’ordre perturbent les positions acquises et déclenchent régulièrement de sanglantes guerres de succession. A fortiori lorsque, comme c’est souvent le cas, elles mènent des campagnes à géométrie variable et concentrent leurs forces sur certains réseaux en en épargnant d’autres. La militarisation de la lutte contre les trafics a également comme conséquence une hypertrophie des appareils de sécurité militaire et policier (au détriment des dépenses sociales), un nivellement par le bas du respect des droits humains et une criminalisation des populations pauvres qui fournissent l’essentiel des « petites mains » de la production et du trafic.

Par ailleurs, les campagnes d’épandage aérien telles qu’elles ont été pratiquées à grande échelle en Colombie ont eu des conséquences désastreuses sur la végétation environnante. Plus généralement, les campagnes d’éradication forcée en Colombie ou au Pérou alimentent indirectement la déforestation en incitant les trafiquants à déplacer leurs plantations dans des régions toujours plus isolées de la forêt amazonienne, où ils entrent en contact avec les populations indigènes qui utilisent traditionnellement les terres convoitées. La prophétie de Ricardi Soberon à ce propos est pour le moins inquiétante : « De plus en plus, le bassin de l’Amazone sera confronté à une colonisation progressive et désordonnée, catalysée par les activités économiques illicites. Cela entraînera non seulement la destruction rapide, mais aussi l’implication graduelle des sociétés rurales ancestrales dans cette spirale associée à la criminalité. »

Quant aux programmes de développement alternatif menés parallèlement aux campagnes d’éradication pour détourner les paysans des cultures illicites, ils ont donné des résultats mitigés. Dans leur contribution sur le « miracle » de San Martin (Pérou), Mirella van Dun, Hugo Cabieses Cubas et Pien Metaal identifient les faiblesses de la majorité de ces expériences : focalisation sur les monocultures d’exportation, dépendance des financements internationaux, mauvaises gestion et méconnaissance des causes structurelles de l’implication des populations dans les cultures incriminées. Sans compter le fait que, étant donné « l’effet ballon », la moindre production dans telle région est rapidement compensée par une extension des cultures dans la région voisine.


Fronde latino-américaine

Il en va de la politique des drogues comme de bien d’autres domaines de la diplomatie interaméricaine : la prééminence de la vision états-unienne ne va plus de soi. « Un développement décisif » pour reprendre le titre de l’article d’Amira Armenta, Pien Metaal et Martin Jelsma, qui reviennent dans le détail sur les ressorts du désaccord latino-américain. Cette insatisfaction largement partagée vis-à-vis du modèle prohibitionniste imposé de l’extérieur a des tonalités variables suivant les contextes nationaux.

L’évolution la plus remarquable a paradoxalement été initiée par deux chefs d’États conservateurs et proches des États-Unis, les présidents Otto Perez Molina (Guatemala) et Juan Manuel Santos (Colombia), qui ont mis sur la table lors du Sommet des Amériques d’avril 2012 la nécessité d’une révision réaliste des politiques de contrôle des drogues sur le continent. Avec leurs homologues du Costa Rica et du Mexique notamment, ils estiment que leurs sociétés paient un prix exorbitant à la guerre aux drogues orchestrée depuis Washington, notamment sous la forme d’une escalade de la violence et d’un encombrement de leurs systèmes carcéraux. Si aucune alternative n’a fait l’objet d’un consensus, des options autrefois inimaginables sont en cours de débat entre présidents centro-américains, en ce compris la « dépénalisation » du transit et la réglementation de la production, du commerce et de la consommation de drogues.

La dissidence du président bolivien était plus prévisible. Porté par un large mouvement populaire de réappropriation « nationale » des ressources naturelles, Evo Morales est aussi un syndicaliste cocalero qui, à ce titre, a plusieurs fois été la cible des opérations de la DEA durant les années 1980. « Coca oui, cocaïne non ! » – pour le leader aymara, la feuille de coca mastiquée par des millions d’indiens depuis des millénaires doit être réhabilitée en tant que symbole de l’identité nationale et les conventions internationales qui la criminalisent doivent être modifiées. Les agents de la DEA seront expulsés en 2008, une question de «  dignité et de souveraineté ». Cinq ans plus tard, le gouvernement affirme, chiffres à l’appui, que la nationalisation de la lutte contre le narcotrafic s’est traduite par une plus grande efficacité. Ce rejet de l’ingérence états-unienne est sans surprise partagé par les voisins vénézuélien et équatorien.

Moins spectaculaire, l’évolution des pays du cône sud (Argentine, Brésil, Uruguay) dans le sens d’une dépénalisation de la possession de drogues « pour usage personnel » traduit cependant un changement important dans les mentalités et la montée des préoccupations de santé publique. En pointe dans le débat, l’Uruguay envisage de mettre en place un « Institut national du Cannabis » qui, d’une part, distribuerait des licences de production, d’autre part, vendrait directement le produit, ce qui ferait du petit pays sud-américain le premier « fournisseur officiel » de cannabis au monde. Notons par ailleurs que l’ex-président brésilien Fernando Enrique Cardoso est président de la Commission mondiale pour la politique des drogues, une initiative de tout haut niveau (y participent notamment deux anciens présidents du Mexique et de Colombie, ainsi que l’ex-Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan) visant à sortir le monde de la « guerre aux drogues ».

La fronde latino-américaine débouchera-t-elle sur une réforme du régime international des drogues ? Si pour Armenta, Metaal et Jelsma le déblocage du débat est irréversible, l’adoption de propositions communes de changements de la part des nations latino-américaines n’est pas pour demain. La conjoncture internationale est pourtant favorable, souligne Carolina Cepeda, avec une présidence Obama ayant pris ses distances avec les accents les plus répressifs de la lutte contre les drogues (l’éradication forcée notamment) et débarrassé son lexique de l’expression « guerre aux drogues ». Un assouplissement qui ne va cependant pas jusqu’à sortir du paradigme prohibitionniste… et qui pourrait même s’assimiler à une tactique pour diviser les pays critiques, d’après Luis Astorga. D’autant que les partisans de la ligne dure comptent des alliés de poids dans le reste du monde, à commencer par la Russie et la Chine. Mais le choix récent de deux États états-uniens de légaliser l’usage du cannabis est peut-être annonciateur d’une évolution plus nette des positions américaines. Et les États latino-américains devraient pouvoir compter sur des alliés, notamment européens, pour faire bouger les lignes dans les enceintes internationales.

Bibliographie

Bayart J.-F., Ellis S. et Hibou B. (1997), « De l’État kleptomane à l’État malfaiteur », in La Criminalisation de l’État en Afrique, Bruxelles, Éditions Complexe.

Commission mondiale pour la politique des drogues (2011), Rapport de la Commission mondiale pour la politique des drogues, juin 2011.

Dabène O. (1996), « Les narcodémocraties andines », Les Études du CERI n°20, septembre.

Labrousse A. (1993), « Drogues et réseaux » in P. Boniface et J. Golliet (sous la dir. de), Les nouvelles pathologies des États dans les relations internationales, Paris, Dunod.

Labrousse A. (2011), Géopolitique des drogues, Paris, Puf.

Lalam N. (2011), « Argent de la drogue : blanchiment et mondialisation financière », Drogues et enjeux internationaux, bulletin n°2, novembre.

Onudc (2013), Rapport mondial sur les drogues 2013, Office des Nations unies contre la drogue et le crime, Vienne.

Onudc (2011), Estimating Illicit financial flows resulting from drug trafficking and other transnational organized crimes, United Nation Office on Drug and Crime (ONUDC), rapport de recherche, octobre.

Onudc (2010), Rapport mondial sur les drogues 2010, Office des Nations unies contre la drogue et le crime, Vienne.

Rios V. (2008), Evaluating the economic impact of Mexico’s drug trafficking industry, Mimeo, http://www.gov.harvard.edu/files/Rios2008_MexicanDrugMarket.pdf

Sinha J. (2001), L’historique et l’évolution des principales conventions internationales de contrôle des stupéfiants, Direction de la recherche parlementaire, Bibliothèque du Parlement canadien, Ottawa.


Notes

[1En incluant la Russie, premier pays consommateur d’héroïne. Quant à l’opium afghan (non transformé en héroïne), il est très majoritairement consommé en Asie, en particulier en Iran (environ 40% pour ce seul pays).

[2Cité dans Rios (2008).

[3Un concept dont le contenu comme l’application, il faut le souligner, sont l’objet de controverses scientifiques et d’instrumentalisations géopolitiques.

[4Pour autant, comme le précisent Tickner et Cepeda dans ce numéro à propos du Plan Colombie, l’adoption de ces dispositifs d’assistance externe anti-drogues répond aussi aux stratégies des gouvernements locaux.

[5En référence au fait que si l’on comprime un ballon gonflable en un endroit, l’air à l’intérieur de celui-ci ne diminue pas mais se déplace.

 

http://www.cetri.be/Ravages-du-narcotrafic-naufrage-de

00000000000000000000000000000000

CYBERDOUANE INFO: les ados passent maintenant par Tinder et Instagram pour acheter de la drogue | NOVAPLANET

Un match, et de la défonce.

Les ados passent maintenant par Tinder et Instagram pour acheter de la drogue

Si l’ère du web 2.0 a considérablement facilité la plupart des échanges (ou détériorés pour certains d’entre eux…) il en reste néanmoins quelques-uns qui demeurent toujours difficiles. Un des obstacles est notamment l’illégalité, et acheter de la drogue sur Internet est certes désormais possible mais implique pour les consommateurs de se cacher en passant par le Dark Web et des moteurs de recherche cryptés comme Tor.

De manière générale le processus d’achat de drogue illégal n’est jamais une vraie partie de plaisir… Mais la nouvelle génération semble réellement déterminée à tout rendre plus facile et achète désormais sa drogue en ligne… Et sur Tinder qui plus est.

En Angleterre, le Guardian relate que la vente de drogue explose via les applications de réseaux sociaux comme Instagram et Tinder. Et les consommateurs sont souvent des adolescents.

Le processus est assez simple, vous swipez dans l’espoir de trouvez votre prochaine conquête et boom voilà que le profil suivant n’est autre qu’une grosse tête de weed, plus qu’à matcher avec votre dealer… Ou bien encore il vous suffit de browser le hashtag assez explicite #weedforsale sur Instagram.

Dès lors c’est très simple, un petit rendez-vous ou un paiement en ligne dans l’espoir d’être bien livré et vous voilà « visser » comme on dit dans le milieu. Même si ce procédé de paiement en ligne pour une livraison hypothétique fait évidemment planer bien des doutes, et pas sûr que Paypal s’engage à vous rembourser pour ce genre d’emplettes…

De plus en plus Instragram est dénoncé comme un espace qui a tendance à rendre la consommation de drogue glamour, avec des hashtag qui recensent des filles fumant de l’herbe et qui sont parmi les plus utilisés sur le réseau social, même si l’application se défend que la promotion de consommation de drogue viole leurs conditions d’utilisation.

Sinon pour les vrais amoureux de la weed il y encore plus simple, là où cela est légal et autorisé et que vous voulez faire des rencontres autour de votre passion commune de l’herbe, il y a toujours High There, LE vrai tinder de consommateurs de cannabis.

http://www.novaplanet.com/novamag/59590/les-ados-passent-maintenant-par-tinder-et-instagram-pour-acheter-de-la-drogue

0000000000000000000000

NARCOTRAFICO-MARITIMO: trece detenidos por introducir cocaína en España a bordo de veleros

dnredEn la coordinación de esta investigación también han participado agentes del Citco, de la Dirección de Operaciones Aduaneras francesa, la RST holandesa (equipo de investigación criminal) y la Dirección Antinarcóticos Colombiana.

En esta investigación dirigida por un Juzgado de Ribeira, las fuerzas de seguridad han requisado 115 kg de droga, armas y munición. La sede judicial barbanzana instruye el proceso al tratarse de una pieza separada que surgió en el marco de otra investigación por tráfico de drogas

Javier RomeroRibeira / La Voz, 08 de abril de 2016. 

Agentes de la Policía Nacional y de la Guardia Civil han desmantelado, con la detención de 13 personas, una organización de narcotraficantes que introducía droga en España por vía marítima, a bordo de veleros, y han requisado armas, munición y 115 kilogramos de cocaína.

Según ha informado este viernes la Dirección General de la Policía, la organización camuflaba los estupefacientes en el interior de bombonas de gas y de baterías eléctricas con el objetivo de trasladar la sustancia ilegal procedente de Sudamérica.

La investigación, dirigida por el Juzgado de Instrucción número tres de Ribeira (A Coruña), se inició en octubre del 2014 por parte de la Policía Nacional al tener conocimiento de que un grupo afincado en Galicia tenía como objetivo la introducción de grandes cantidades de cocaína en España. La sede judicial barbanzana instruye este proceso al tratarse de una pieza separada que surgió en el marco de otra investigación por tráfico de drogas, y que también instruye dicho juzgado ribeirense.

Las primeras pesquisas hicieron pensar a los agentes que los narcotraficantes pensaban introducir la droga por vía marítima, utilizando para ello embarcaciones recreativas tipo velero.

Según avanzó la investigación se pudo determinar que la organización tenía ramificaciones en otras partes del territorio nacional, como las Islas Canarias, País Vasco y Madrid, así como a nivel internacional en Cuba, Grenada o Bonaire.

Las investigaciones se centraron desde su inicio en las actividades del líder de la organización asentado en la isla de Gran Canaria, el cual se dedicaba a la introducción y distribución de grandes partidas de cocaína procedentes de Sudamérica, a donde viajó personalmente para acordar la adquisición de la droga y encargarse de proporcionar la logística necesaria para su organización.

Para ello adquirió en las Islas Canarias diversos veleros, los cuales, una vez modificados por otros miembros de la organización, eran conducidos hasta el Caribe, donde se aprovisionaban de la cocaína y regresaban a costas españolas.

Además de importantes medidas de seguridad, la organización utilizaba alta tecnología en las comunicaciones e inspecciones periódicas que realizaban a las embarcaciones para la búsqueda de dispositivos de geolocalización.

También efectuaban contra-vigilancias, lo que dificultó en gran manera el avance de las investigaciones.

A mediados de diciembre del 2015 se localizó una de las embarcaciones de la organización a mil millas al sur de las Azores, la cual fue detenida por el Buque Oceánico Río Miño de la Guardia Civil y trasladada al puerto de Las Palmas de Gran Canaria.

Durante el registro de la embarcación se localizaron 115 kilos de cocaína perfectamente camuflados en el interior de diversas bombonas de gas y en baterías eléctricas, acondicionadas para dar una apariencia de normal funcionamiento.

Posteriormente a la detención del patrón de la embarcación, se produjeron otras doce detenciones y 16 registros en varios puntos del territorio español, localizados en Gran Canaria, Madrid, Vizcaya y Álava, en los que se incautaron armas cortas tipo revólver, armas largas semiautomáticas, munición, gran cantidad de dinero en efectivo y vehículos de alta gama.riomino

Igualmente se intervinieron otras dos embarcaciones, una de las cuales estaba totalmente dispuesta para realizar un viaje transoceánico para transportar otro cargamento de cocaína y la otra preparada tecnológicamente y con el correspondiente equipamiento para pasar largas temporadas en el mar sin precisar de abastecimiento en puerto alguno.

En la coordinación de esta investigación también han participado agentes del Citco, de la Dirección de Operaciones Aduaneras francesa, la RST holandesa (equipo de investigación criminal) y la Dirección Antinarcóticos Colombiana.

http://www.lavozdegalicia.es/noticia/barbanza/2016/04/08/trece-detenidos-introducir-cocaina-espana-bordo-veleros/00031460113355517909272.htm

00000000000000000000000000000

OCRTIS: le grand flic, son « indic » et les 15 tonnes de cannabis

Au sièges des douanes, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), le 18 octobre 2015, les sept tonnes de cannabis saisies la veille.LE MONDE | 06.04.2016 à 11h28 • Mis à jour le 07.04.2016 à 07h35

Par Julia Pascual et Soren Seelow

Au sièges des douanes, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), le 18 octobre 2015, les sept tonnes de cannabis saisies la veille. | Benjamin Girette / IP3

Rarement les révélations d’un indic auront été attendues avec autant de fébrilité par le service de police qui l’a recruté. Il faut dire que S. a la particularité d’être tout à la fois un informateur de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) et l’un des principaux importateurs de cannabis du pays. Interpellé le 22 février en Belgique dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen, il a été transféré en France par hélicoptère, mardi 5 avril, et mis en…

http://mobile.lemonde.fr/police-justice/article/2016/04/06/le-grand-flic-son-indic-et-les-15-tonnes-de-cannabis_4896831_1653578.html?xtref=acc_dir

0000000000000000000000000000

BLANCHIMENT (Panama Papers): des barons de la drogue mis en cause

Parmi les clients de Mossack Fonseca figurent « des trafiquants de drogue du Mexique, du Guatemala et d’Europe de l’Est » qui ont fait l’objet de sanctions.

Source AFP

Publié le 06/04/2016 Le Point.fr
Le cabinet d'avocats de Panama Mossack Fonseca, au coeur du scandale des Panama Papers.
Le cabinet d’avocats de Panama Mossack Fonseca, au coeur du scandale des Panama Papers. © RODRIGO ARANGUALe cabinet d’avocats de Panama Mossack Fonseca, au coeur du scandale des Panama Papers, a eu pour clients des barons de la drogue, ou des personnes ou sociétés faisant l’objet de sanctions européennes ou américaines, révèle mercredi le Süddeutsche Zeitung. Le journal allemand, à l’origine avec d’autres médias internationaux de révélations fracassantes, affirme que dans la liste des clients du cabinet figurent « des trafiquants de drogue du Mexique, du Guatemala et d’Europe de l’Est » qui ont fait l’objet de sanctions.« Un probable financier du Hezbollah, des personnes soutenant les programmes nucléaires iranien et nord-coréen et deux soutiens présumés du président du Zimbabwé, Robert Mugabe » apparaissent également dans ces fichiers, poursuit le journal sans toutefois donner l’identité des personnes ou des sociétés mises en cause. « Au moins 22 personnes et au moins 24 sociétés » avec qui Mossack Fonseca a fait des affaires étaient ou sont sur des listes visées par des sanctions américaines ou européennes, selon la même source.

140 personnalités

Le Süddeutsche Zeitung ajoute que dans certains cas, la collaboration s’est achevée avant que les sanctions n’entrent en vigueur, mais que dans d’autres, elle s’est au contraire poursuivie durant des années. Actuellement, quatre entreprises ayant leur siège aux Seychelles font l’objet de sanctions des États-Unis et toutes les quatre ont été « au moins durant un certain temps » créées ou administrées par le cabinet panaméen. Dans les îles Vierges, 15 firmes font l’objet de sanctions américaines et 6 d’entre elles ont été manifestement enregistrées ou gérées par Mossack Fonseca.

Le quotidien français Le Monde avait déjà divulgué dans le cadre de cette même enquête journalistique que le régime syrien avait pu contourner les sanctions internationales et financer sa machine de guerre grâce entre autres à trois sociétés-écrans basées aux Seychelles. L’enquête sur la base de documents provenant du cabinet d’avocats panaméen a révélé des avoirs dans les paradis fiscaux de 140 responsables politiques ou personnalités de premier plan.

Consultez notre dossier : L’affaire Panama Papers

http://www.lepoint.fr/economie/panama-papers-des-barons-de-la-drogue-mis-en-cause-06-04-2016-2030409_28.php

00000000000000000000

FRANCE (Marseille): Mennucci relance le débat de la légalisation du cannabis

Marseille_Vieux_Port_NightLes règlements de compte liés au trafic de drogue ont fait dix victimes à Marseille depuis le début de l’année. Face à cette violence, des voix s’élèvent pour réclamer la dépénalisation du cannabis et enrayer les trafics.

http://www.bfmtv.com/societe/marseille-legaliser-le-cannabis-pour-enrayer-les-reglements-de-compte-l-idee-qui-fait-debat-964066.html

0000000000000000000000000000000

​DNRED (Douane française): saisie de 7 tonnes de cannabis à Paris, le trafiquant-indic transféré de la Belgique en France

OCRTIS1Ce trafiquant présumé, qui est aussi un « indic » de l’Office central de lutte contre le trafic de stupéfiants a été transféré mardi 5 avril au palais de justice de Paris, puis présenté aux deux juges d’instruction de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jrs) de Paris avant d’être mis en examen pour « trafic de stupéfiants international », à la fois pour les 7 tonnes de cannabis saisies à Paris et pour 6 autres tonnes saisies en Belgique.

Mardi après-midi un hélicoptère de la gendarmerie nationale a quitté la maison d’arrêt de Bruges. A l’intérieur de l’engin, ce n’est pas Salah Abdeslam contrairement à la rumeur mais le trafiquant indic présumé arrêté en Belgique dans l’affaire des sept tonnes de cannabis saisies par les douanes à Paris en octobre dernier. L’homme qui a été interpellé fin février faisait l’objet d’un mandat d’arrêt européen émis par la France. Reste à savoir désormais, ce que le prévenu va raconter aux juges lorsqu’il sera auditionné. L’affaire promet sans doute encore des rebondissements.

dnred%20enqu%EAteL’affaire était trop belle. Quatre fourgons suspects, garés dans les beaux quartiers de la capitale, au bas des immeubles haussmanniens du boulevard Exelmans, dans le 16e arrondissement. Dans les coffres de trois des utilitaires, 7 tonnes de résine de cannabis que les agents de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) découvrent le 17 octobre dernier. Une « saisie record » pour Paris intra-muros, saluée dès le lendemain par François Hollande. Le président fait le déplacement jusqu’aux locaux de la DNRED, à Ivry-sur-Seine, où, devant les piles de « valises marocaines », il déclare espérer qu’il s’agit là d’un « coup fatal » porté aux trafiquants. Mais dans ce dossier, la réalité est bien plus complexe : l’enquête va surtout révéler que l’importateur de la drogue, interpellé fin février en Belgique, était surtout un « indic » de l’Office central de lutte contre le trafic de stups.

Un grossiste en cavale…

L’enquête des douanes débute quelques jours avant la saisie du boulevard Exelmans, dans la nuit du mardi 13 au 14 octobre, sur la base d’un renseignement. Le conducteur d’une voiture suspecte est interpellé au péage d’Ancenis, près de Nantes, sur l’autoroute A11, dans le sens Paris-Nantes. Pour les enquêteurs de Bercy, il ne fait aucun doute qu’il s’agit là de la voiture ouvreuse d’un convoi de livraison de drogue. La découverte d’un fourgon abandonné sur une aire d’autoroute en amont du péage leur donnera raison : à l’intérieur, les douaniers saisissent 1,9 tonne de résine de cannabis.

C’est en remontant la piste du « shit » nantais que les enquêteurs de la DNRED se retrouvent donc boulevard Exelmans. 7 tonnes de résine de cannabis, le chiffre est certes un record, mais le « coup porté » est à nuancer. Dans le jargon, on parle d’une « saisie sèche », car elle ne mène à aucune interpellation. Et si une facture et des traces ADN retrouvées dans l’un des véhicules permet de remonter jusqu’au grossiste présumé du trafic, celui-ci a disparu. Un grossiste, peu précautionneux, dont les revenus lui permettaient de louer un luxueux penthouse… boulevard Exelmans, juste au-dessus des fourgons chargés de shit.

…et « indic » de l’Office central des stups

Les investigations sur ce trafic sont immédiatement confiées à l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), à Nanterre. Il en est cependant dessaisi à peine une semaine plus tard, par le procureur de Paris, François Molins. Et pour cause : le grossiste en shit du boulevard Exelmans est enregistré officiellement au Bureau central des sources (BCS) de la DCPJ… comme indicateur. Un « tonton », dit-on dans le jargon policier, de l’OCRTIS, le service même qui est censé enquêter sur son trafic. Les investigations atterrissent finalement au 36 quai des Orfèvres, à la Brigade des stupéfiants de la préfecture de police de Paris.

Originaire de Mulhouse, dans le Haut-Rhin, le trafiquant en question a été condamné en 2011 à 13 ans de prison et deux millions d’euros d’amende pour avoir animé un trafic international de cannabis, alors qu’il se trouvait déjà en prison, en 2002. Selon nos informations, c’est l’ancien patron de l’OCRTIS en personne qui l’a recruté. Les 7 tonnes saisies par les Douanes faisaient en fait partie de ce qu’on appelle dans le jargon, une « livraison surveillée ». En clair, il s’agit d’une technique d’enquête destinée à attraper du gros gibier. On laisse importer et acheminer, là en l’occurrence depuis le Maroc, une grosse quantité de drogue par un « trafiquant-indic » afin d’interpeller derrière les grossistes qui vont se répartir la marchandise. Ces livraisons se font sous les contrôles de la police avec la bénédiction de la justice. Selon nos informations, le TGI de Perpignan était avisé, mais pas le parquet de Paris. L’histoire ne dit pas si les douanes ont court circuité volontairement ou involontairement la livraison surveillée par l’OCRTIS.

Le trafiquant ’indic. a finalement été interpellé le 22 février, à Gand, en Belgique dans le cadre de l’exécution d’un mandat d’arrêt européen émis par le juge d’instruction qui dirige l’enquête. Placé en détention provisoire, il devrait être transféré en France rapidement.

La sensible question de la gestion des indics

Cette affaire met en lumière les liaisons sulfureuses et dangereuses entre flics et indics. Longtemps, les relations flics-tontons sont restées tabous. Elles étaient régies par le principe du fameux 10% : l’indic repartait avec 10% de l’argent ou de la drogue saisie, avec tous les risques que cela comportait pour les fonctionnaires de police. Mais en 2004, la loi Perben II a reconnu officiellement et encadré le recours aux indics, comme leur rémunération. A l’instar de ce « tonton », les indics sont enregistrés confidentiellement au Bureau Central des Sources (BCS), qui dépend du service interministériel d’assistance technique (SIAT). Ainsi, les « primes » perçues par les « tontons » oscillent environ (officiellement) entre 50 et 10.000 euros. « On a besoin de gens qui sont immergés au plus près des terreaux de délinquance et de la grande criminalité. Il faut rester lucide sur ce que l’on permet de faire à un indic et sur ce que l’indic va nous permettre de réaliser à l’affaire », précise Isabelle Trouslard, secrétaire nationale du syndicat Synergie-officiers, précurseur sur le combat de la gestion des indics. Pour la syndicaliste, « les textes en la matière restent insuffisants ».

Aujourd’hui, neuf affaires de drogue sur dix sont résolues grâce à des indics. Et plus l’affaire est importante, plus le trafiquant informateur est souvent élevé dans la hiérarchie de la voyoucratie. Ce qui est le cas de cet indic.. « Une tonne c’est environ 5 millions d’euros à la revente au détail, la prime c’est entre 10.000 et 20..000 euros, on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre », constate un ancien grand flic à la retraite. Et d’ajouter : « les politiques font de la lutte contre le trafic de drogue leur priorité, ils veulent des résultats mais ne veulent pas savoir comment on les obtient. Après c’est facile de jouer les vierges effarouchées. Aujourd’hui l’OCRTIS est quasiment le seul service à s’attaquer au démantèlement des réseaux de trafic internationaux »…

Article rédigé par Jean-Michel Decugis (@jmdecugis) – Crédit photo AFP

http://www.itele.fr/justice/video/saisie-de-7-tonnes-de-cannabis-a-paris-le-trafiquant-indic-transfere-de-la-belgique-en-france-160255

0000000000000000000000000000

CORSE (Trafic de cocaïne et de cannabis à Bastia): cinq condamnations

Publié le 04 avril 2016 à 16h54, mis à jour le 04 avril 2016 à 22h20

Saisie d'argent et d'arme

© Emilie Arraudeau | Résultat de la saisie entre les deux appartements fouillés, le 4 avril 2016. La drogue n’apparaît pas, elle a été détruite par la police.

France 3 Corse ViaStella

Cinq prévenus sont passés en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Bastia ce lundi 4 avril pour deux affaires de drogue, une de cocaïne et l’autre de cannabis, en lien l’une à l’autre. Le tribunal les a condamné à de l’emprisonnement.

Une descente dans un appartement de Bastia, le 30 mars dernier, a permis de mettre au jour un trafic de cocaïne. Deux personnes sont prises en flagrant délit de revente de stupéfiants. Le lendemain, le propriétaire de cet appartement est interpellé à son tour.

Une arme saisie

Cette affaire, découverte par les policiers de la sûreté départementale trouvera rapidement un lien avec une autre affaire, elle, prise en charge par la police judiciaire, celle d’une plantation de cannabis à Biguglia.

Plantation de cannabis à Biguglia.
© Police judiciaire | Plantation de cannabis à Biguglia.

Ce lien, c’est le revendeur de cocaïne arrêté le 30 mars, un parent du prévenu, soupçonné de cultiver du cannabis. La saisie entre les deux appartements est importante : 51 grammes de cocaine, une cinquantaine de plants de cannabis, un pistolet 9 mm et 2500 euros en liquide.

Saisie de drogue d'argent et d'arme
© DDSP | La cocaïne (à droite) avant qu’elle ne soit détruite par la police.

Trois prévenus étaient dans le box, deux pour acquisition, détention et revente de cocaine. L’un des revendeurs, Karim El Mansouri, a été reconnu coupable et a été condamné à 18 mois de prison, maintenu en détention, à une amende de 3000€ et à une interdiction de détenir des armes pendant cinq ans. L’autre, Steeve Benoist, est condamné à 18 mois de prison, maintenu en détention et à une amende de 3000€.

Le troisième, propriétaire de la plantation de cannabis chez lui, Marc Woifflard écoppe de deux ans d’emprisonnement dont un an avec sursis et une mise à l’épreuve pendant deux ans, une obligation de travail et de soins et une amende de 1500€. Il est maintenu en détention. A la barre, deux consommateurs comparaissent libres. Le premier, Jean-Noël Biancarelli est coupable et condamné à six mois de prison, et le deuxième, Cyril Albertini également reconnu coupable, douze mois, 1500€ d’amende mais pas de détention. Ils étaient tous de connus de la police pour des affaires de stupéfiants.

http://m.france3-regions.francetvinfo.fr/corse/comparutions-immediates-pour-trafic-de-cocaine-et-de-cannabis-bastia-968031.html

000000000000000000000000000000

DROGA: ‘Torta negra’, la cocaína ‘invisible’ que los narcos buscan introducir en España

Operativo en España donde fue hallada 'torta negra'
Operativo en España donde fue hallada ‘torta negra’
Por Diego Caldentey
    • Los traficantes utilizan un producto químico para ‘camuflar’ la cocaína, que permite cambiar radicalmente el color, la forma y el olor de la droga.
    • España se está convirtiendo no solo en país receptor de esta sustancia, sino que también se han detectado recientemente laboratorios para ‘tratar’ el estupefaciente.

 No son polvos blancos camuflados en maletas, bolsos y otros equipajes. En apariencia parecen trozos de carbón, terrones de azúcar o láminas… todas negras. En verdad, se trata de cocaína, denominada ‘invisible’ en la jerga policial, ya que es una de las modalidades mediante las cuales los narcotraficantes latinoamericanos intentan introducir drogas en España. No se trata de algo novedoso (ya que hay constancias de que a finales de la década del 90 comenzó a desarrollarse esta práctica delictiva) pero sí ha cobrado auge en el último año.

Del otro lado del Atlántico, en los países exportadores de esta sustancia (principalmente en Colombia, Perú y Bolivia) se le conoce popularmente como ‘torta negra’.  Los traficantes utilizan un producto químico para ‘camuflar’ la cocaína, que permite cambiar radicalmente el color, la forma y el olor de la droga.  La ‘torta negra’ se obtiene mezclando clorhidrato de cocaína con carbón, cobalto, polvo de hierro y, en algunos casos, cloruro de hierro.

En algunas ocasiones, ese proceso permite hasta que se obtenga un aspecto similar al del caucho y, en otros, puede hasta pasar por tinta de impresora. Todo esto hace que sea más difícil de detectar en los controles de los aeropuertos. Ahora, en nuestro país, la tendencia se torna más preocupante: España ya no solo es un país receptor y uno de los accesos secundarios de la droga a Europa, sino que existen indicios de que puede comenzar a transformarse en epicentro para el ‘tratamiento’ y camuflaje de la cocaína a través de este sistema.

A comienzos de este año, la Guardia Civil detectó en  Torrelles de Foix, en el Alt Penedès (Cataluña), un laboratorio clandestino donde trataban el polvo de cocaína para convertirlo en ‘torta negra’. En la operación, que se extendió a Sitges, Barcelona y Santa Cruz de la Palma (Canarias), se incautaron nada menos que 375 kilos de droga ya camuflada. El procedimiento también se saldó con seis detenidos.

A partir de ese indicio, las fuerzas de seguridad españolas están intentando seguir el rastro de cómo los narcos buscarían introducir en el mercado esta droga (y también cómo camuflarla). Lo primero que hay que señalar es el origen de la ‘cocaína negra’. Todo se remonta a Lima, Perú, cuando en 1999 la brasileña Katia Cardoso se dispuso a abordar un avión rumbo a su país. Allí, la policía antidrogas le encontró una maleta de doble fondo con un polvo negro. Se trataba de cocaína. Y los policías estaban desconcertados, hasta que descubrieron el mecanismo.

Pero hay algo más singular a la hora de observar los orígenes de esta droga. En el imaginario popular se la relaciona con el dictador chileno Augusto Pinochet. Según el ex general trasandino Manuel Contreras, la historia de la cocaína negra comenzó a mediados de los años 80 en la ciudad de Talagante, cerca de Santiago de Chile. « El ex general declaró a un juez que el dictador Augusto Pinochet había ordenado al ejército la construcción de un laboratorio clandestino para encontrar una manera de camuflar la cocaína. Lo consiguieron, según el hombre que había sido la mano derecha del dictador, y Pinochet y su hijo organizaron una red de producción masiva de droga camuflada para enriquecerse vendiendo de manera clandestina en Europa y Estados Unidos. Ambos lo negaron », señala el medio ara.cat.

De Colombia a España, pasando por Panamá

Según diversos informes internacionales, el estupefaciente tratado químicamente suele ser exportado desde Colombia a Estados Unidos y Europa, a través de diversas ‘rutas’ y escalas que incluyen Panamá y Perú. En nuestro continente, el país receptor por excelencia hasta ahora era principalmente Holanda. Ahora, los narcos tienen en la mira puesta también en España.

Los primeros indicios de su presencia en nuestro país datan de 2008. En febrero de ese año, la Policía incautó 16 kilos de cocaína en el fondo del equipaje de dos mujeres rumanas que habían viajado a Madrid desde Río de Janeiro.

La Dirección Nacional contra las Drogas (Dinandro) de Perú señala que la cocaína negra « original » es producida en Colombia. Su ‘fabricación’ a gran escala nació en el temido e histórico Cártel de Cali, pero ahora también es producida en México.

En el mencionado operativo policial en Torrelles de Foix, hace escasos meses, se encontraron 57,5 kilos de pasta de cocaína, 1.050 litros de productos químicos, además de herramientas de laboratorio. Hay otros indicios que señalan a España como país de destino ’emergente’ de la ‘cocaína negra’: hace exactamente un año, 70 kilos de esta sustancia tratada químicamente fueron incautados en la ciudad de Timisoara, en Rumania. La droga había sido camuflada en el interior de un cargamento de muebles que tenía como destino España y era transportada por un colombiano, un venezolano y un rumano.

http://noticias.lainformacion.com/espana/Torta-cocaina-invisible-introducir-Espana_0_905010927.html

0000000000000000000000000000000000