BRÉSIL (Coke en Stock (CXIII)): on tire sur les avions, en vrai comme au cinéma, et la corruption est partout

bresil-3 10 février 2016

Le Brésil est une vieille connaissance, question trafic de cocaïne : en 1994, une article évoquait déjà ce « nouvel espace » qui s’offrait à lui. « La cocaïne n’a jamais été aussi bon marché, abondante et pure, au Brésil « avait-on pu lire à ce propos. Vingt ans plus tard, avec l’organisation de la coupe du monde de football en 2014 (désastreuse pour l’équipe brésilienne !) on s’attendait à une explosion de la consommation, et on n’a pas été déçu en effet, avec la prolifération des vols des petits Cessna venus du Pérou ou de la Bolivie, pour la plupart, dans les mois qui ont précédé. Au Brésil, la coke est aujourd’hui devenue tellement commune qu’elle apparaît dans les films, que attaque-filmcertains détournent sur You Tube en faisant croire à un nouveau scoop. La réalité, bien plus prosaïque et inquiétante est là : les narco-trafiquants sont bien implémentés dans le tissu politique du pays (voire même incrustés depuis des années), un bon nombre d’élus étant tombés sous le charme d’ambassadrices d’un genre spécial des caïds locaux de la drogue…

Commençons par un poursuite digne d’Hollywood. La scène a été filmée récemment, le 24attaque octobre dernier, au Brésil, par un jeune homme âgé de 25 ans, appelé Luiz Fernando Sampaio Puretz. On l’entend faire lui-même les commentaires sur la vidéo. Celle-ci commence par un drôle de bruit : celui d’une rafale de tirs, provenant des deux mitrailleuses 12,7 mm  qui équipent les Embraer Super Tucanos de la chasse brésilienne. Cela continue avec la poursuite d’un avion de tourisme par ce même Tucano, en difficultés, à l’évidence. Visiblement, le jeune homme venait de filmer l’interception d’un avion lié à un trafle endommagéeic de drogue. Confirmation dès le lendemain par le Centre Public d’Information de l’Armée de l’Air brésilienne qui par note du dimanche (25 octobre) indique « qu’un avion sans plan de vol et qui a pris une route connue pour être utilisé pour des activités illicites » et qu’il a été intercepté samedi dans la région de la municipalité de Japorã. Une vidéo postée par l’armée montre l’interception avec effectivement des tirs touchant l’aile gauche de l’avion. On retrouvera l’avion concerné au sol, avec effectivement l’aile gauche trouée comme une passoire.   (ci-contre à droite on aperçoit les dégâts). L’appareil, un Embraer 721 « Sertenajo » (un
Cherokee 32R Lance Piper construit sous licence au Brésil) immatriculé PT-EXP, avait  quand même réussi a fuir à basse altitude, quoique gravement endommagé, le long de la frontière, avant de retourner dans l’espace aérien brésilien et d’atterrir clandestinement à l’aéroport de Paranavai Edu Chaves, dans l’état de Parana, à environ 250 kilomètres de la frontière avec le Paraguay. avion visitéC’est là qu’il a été retrouvé abandonné par ses occupants.  Le plus étonnant était que le même appareil avait déjà été contrôlé par les douanes, mais au Paraguay, le 26 septembre 2012, retrouvé posé sur une route en pleine campagne, ce qui montrait une vidéo.

A bord, une cargaison de produits électroniques et certains médicaments (et non de la drogue) répartis en 17 colis, vraisemblablement de contrebande. Avaient été alors arrêtés  le pilote brésilien Atilon Bezerra de Alencar, et son compatriote Paulo Cesar Maidana, et trois paraguayens Walter Daniel Casco, Miltiade Galeano Espínola et Julio Leiva. A côté de l’avion, trois véhicules avaient été saisis. Un petit camion Kia, une camionnette Mitsubishi Montero, et une Toyota Corsa. Un trafic était établi, mais l’appareil n’avait donc pas été saisi, ce qui peut surprendre. L’avion poursuivi n’était donc pas un inconnu pour la police paraguayenne en tout cas ! Selon les enquêteurs il faisait partie de l’organisation du narcotrafiquant Esequiel Gomez de Souza, aujourd’hui en prison dans le pays. En  2012, De Souza avait réalisé le transport d’un volume étonnant de cocaïne : « Ezequiel Gomez de Souza, né dans la ville de Salto del Guaira, le 26 mars 1980, est l’élément clé qui a conduit la Senad à saisir la plus grande expédition de cocaïne  enregistrée dans le pays, samedi 10 novembre dernier, dans la ville de la Paloma, dans le département de Canindeyú (au Paraguay), où est tombé 1,748 kilogrammes de drogue. Il a également été le sommet de l’iceberg qui a conduit à la formation de l’exploitation agricole Águila Negra, (aigle noir) où le groupe effectuait un travail externalisé où redistribution de la cocaïne a été démantelée. »

avions paraguay

C’était un réseau fort structuré, de Souza fidélisant ses petits producteurs tout simplement… en les protégeant : »de Souza utilisait sa structure de contrebande pour travailler dans le commerce de la cocaïne. Plus l’entreprise avait des revenus élevés et moins les agences de sécurité la dérangeaient… Comme il assurait la « sécurité » de la cocaïne de Bolivie du Brésil les producteurs ont vu en lui un allié parfait. L’antidrogue locale avait bien découvert son commerce, mais sans connaître son infrastructure. Car cet homme savait comment résoudre le problème : par des mensualités de 20 000 dollars en espèces pendant plus d’un an ». Sur place, la police avait trouvé cinq petits avions de transport (des Cessna, mais aussi un rare Aerocomp Comp Air 10 – où avaient-ils déniché ce bidule aérien rarissime – et quatre grandes voitures de luxe. La ferme servait de centre de conditionnement pour partir au Brésil après être arrivé de la Bolivie.

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interceptionL’armée brésilienne tire donc sans trop discuter sur les avions des trafiquants, et ce depuis une loi lautorisant, datant de 2004. Plusieurs vidéos montrent comment ça se passe : une datant de 2006, où l’on peut voir un Cessna blanc à queue verte poursuivi par un avion militaire Tucano (A-29) forcé à se poser sur une route de terre. Mais on peut aussi facilement se faire avoir sur le net, avec ce genre de vidéos, si on ne fait pas attention. La preuve avec ce qui suit… Car une autre vidéo (floutée, ici à gauche) montre un Beechcraft Baron attaqué à la mitrailleuse par deux Tucanos après avoir été approché et avoir refusé d’obtempérer. La vidéo montrée par l’armée de l’air révélant la dimension sonore de l’événement singulier. On y distingue le Cessna Baron l’aile gauche fumante après la passe de tir, l’avion s’inclinant et se dirigeant vers le sol. Le problème de la vidéo, outre son étrange montage (des coupures ont été faites, visiblement) étant sa date : mise en ligne le 29 mai 2015, rien ne dit que la séquence montrée soit de cette date ou alentour.chute good Il semble en tout cas que lors de l’approche, l’un des Tucanos se soit fait tirer dessus, semble-t-il, par les occupants de l’avion de tourisme (il s’en écarte juste après). En prime, lorsque l’avion des trafiquants plonge, il émet une fumée  noire, ce qui fait penser à un traitement vidéo de post-production plutôt qu’à la réalité. Pas de trace de crash non plus à relever dans les registres, pas de date exacte visible : le cas reste intriguant. Le seul exemple relevé d’un Beechraft Baron 58 porteur de 560 kilos cocaïne est celui du N6037U, (modèle TH-1021) qui s’était écrasé le 5 mars 2011 après avoir volé trop bas dans la Sierra Serra Amolar dans le Pantanal (le Mato Grosso du sud). L’avion, récemment exporté devait porter l’immatriculation PR-PCR. Or l’avion du jour, visible ici, ne portait pas la même décoration que celui intercepté vu dans la vidéo. L’exemplaire arborant une décoration plus ancienne et originelle du B-55, comme ici le PT-JZD , le PR-CFS ou le PR-CGC. Le « flou » artistique apposé aux images par l’armée exclut en tout cas une immatriculation à l’américaine: on a bien deux lettres, puis trois, séparées par un tiret. Et en cherchant un peu plus, on découvre qu’on a bien failli se faire avoir… par une production filmographique de Roberto Carminati,  en forme de publicité pour les forces aéronavales brésiliennes (un film s’intitulant « Segurança Nacional« ), datant de 2010, dont un extrait est visible ici. On y distingue l’immatriculation du Beechcraft dans le film : « PT-KIL ». Un joli pied de nez ! La production n’a pas indiqué quel appareil a été utilisé, peut-être bien un des trois indiqués. Mais on avait eu au final un vrai « soap opéra », un superbe nanar, comme film, selon la critique !!! Pas malin du tout de balancer ça sur le net de cette façon ! Surtout venant dun… maquettiste !

traficUne autre vidéo encore, tout aussi impressionnante, mais bien plus réaliste celle-là, rappelle celle des trafiquants péruviens pris sur le fait en 2014 par de courageux journalistes d’investigation. Cette fois-ci, ça se passe de nouveau au Brésil, en 2013, avec une scène assez hallucinante qui ne sera révélée que l’année suivante. Celui de l’arrivée d’un hélicoptère et d’un transfert de 445 kilos de cocaïne du petit Robinson 66 (R-66) chargé à ras bords vers une voiture stationnée auprès, dont le coffre et les sièges arrières seront rempli de paquets de cocaïne. En échange, l’hélicoptère recevant des bidons d’essence, apportés en lisière de forêt près du lieu d’atterrissage. Le problème étant quand les policiers découvrent à qui appartient réellement l’hélicoptère (qui vaut quand même ses 970 000 dollars). Immatriculé PR-GZP, il est en effet la (co) propriété de Limeira Agropecuária, une entreprise qui appartient au jeune député Gustavo Perrella (de Solidarité-MG) helicoptero-apreendidoreprésentant le Minas Oeiras, à sa sœur et à un cousin. Or Gustavo n’est autre que le fils du sénateur Zeze Perrella (PDT-MG) ancien président de Cruzeiro, club de football brésilien. Tout de suite, la presse fait le buzz avec cette découverte. Un buzz alimenté par d’excellentes analyses, parfois. Ainsi cet article passionnant qui démontre que l’hélicoptère ne venait pas de très loin, obligatoirement (une analyse faite sans avoir vu la vidéo, signalons-le) : en ajoutant le poids de l’aéronef (581 kg), celui des pilotes (140 kg) et le poids de la cocaïne (445 kg) un petit malin avait calculé qu’on en était déjà à 1166 kg, la limite d’embarquement de l’hélicoptère. « Cela laissait seulement 59 kg pour le carburant. Avec 224 kg, selon de recherches, l’autonomie de la R-66 est de trois heures, en volant à 220 km / h. Ainsi, vous pouvez faire, jusqu’à atteindre la limite de la jauge…  666 km. Huuummm … Règle de trois: si, avec 225 kg de carburant, on peut voler 660 km, avec 59 kg, on vole un maximum de 173,8 kilomètres… ». Résultat, l’appareil ne avait pas venir de très loin…

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Il n’était pas venu de très loin en effet… Mais la veille il était encore au Paraguay, ce qui est encore plus étonnant et plus intriguant. Selon la police, une recherche faite dans son GPS avait montré que l’hélicoptère était encore dans le pays voisin, le 23 novembre, à Pedro Juan Cabalero, endroit où il avait très certainement chargé la coke. Puis il s’est envolé vers le Brésil où la drogue avait été alors dissimulée. L’hélicoptère, sans sa cocaïne, avait été ensuite vu et enregistré dans l’aéroport de Campo de Marte. Le lendemain, cette fois avec la drogue à bord, il a fait une escale dans le Minas Gerais et s’est dirigé vers Espírito Santo. C’est quand il a atteint la ville de Afonso Claudio, dans la région montagneuse de Espírito Santo (ici à gauche), que la police fédérale était intervenue. alfonso claudioLa famille Perella pouvait-elle ignorer le sort de son hélicoptère pendant plusieurs jours, voilà bien tout le mystère. Au simple prix du carburant utilisé, par exemple, on a des doutes sur la totale liberté et l’autonomie laissée à son seul pilote. Le dénommé Rogério Almeida Antunes, un employé de la société de Perella qui avait avoué avoir reçu 60 000 dollars pour transporter la drogue, sans avouer de la part de qui, et qui accusait au passage le co-pilote de l’aéronef, Alexandre José de Oliveira d’avoir été l’initiateur du transfert de coke, lui aussi arrêté. Selon la police, la famille Perella lui aurait en effet laissé les clés de l’appareil, ce qui la disculpait, bien évidemment.  Le procédé semblait un peu gros. Mais toujours selon la police, l’étude des 11 téléphones cellulaires de la famille Perella aurait effectivement démontré que le pilote avait organisé « de son propre chef » (et celui du trafiquant sous les ordres duquel il avait agi), la famille n’ayant pas une seule fois évoqué en conversations le projet. La presse restera néanmoins dubitative relevant au passage des liens avec une personnalité plus haut placée encore, notamment « les relations intimes entre Perrela et le candidat potentiel à la présidence de la République, Aécio Neves  (le petit-fils de l’ancien président brésilien Tancredo Neves). Un rapport informe que le sénateur Zézé Perrela (PDT-MG) a également payé de son bureau et financé le carburant utilisé dans le célèbre hélicoptère. Zézé et Gustavo, père et fils, sont de plus en plus empêtrés dans l’affaire », avait-on pu lire. L’information étant reprise en boucle sur les chaînes Telesur et l’un des sites de « buzz » Etats-Unis, TMZ, car Neves a un poids considérable dans le pays : il a été battu de justesse par Dilma Rousseff, au second tour de l’élection présidentielle brésilienne de 2014… Pour la présidente alors en difficultés, l’affaire était plus qu’intéressante à suivre, on le comprend.

Le hic demeurant effectivement le dernier  « saut de puce » effectué par l’hélico et détecté par notre calculateur amusé : « la police enquête pour savoir si l’aéroport Claudio a été utilisé comme une voie pour trafic de drogue, car il est déjà d’information publique que l’hélicoptère de la Limeira Agricultural Company, et du sénateur famille Zézé Perrela, saisi a Espírito Santo en transportant 445 kilogrammes de cocaïne novembre dernier, a touché terre à un moment donné avant dans le village de Sabarazinho (à seulement 14 km de l’aéroport minier de Claudio), trois heures avant d’entreprendre un voyage à un endroit précis dans la ville de Santo Afonso Claudio Espirito. La police a atteint une telle confirmation sur la base du suivi hélicoptère GPS, ainsi que dans le plan de vol noté les pilotes, saisi par la police fédérale de Espírito Santo, dans le sud-est, l’année dernière ». Le dossier s’épaississant avec celui du journaliste Lucas Ferraz, la « Folha de S. Paulo », qui a découvert et révélé qu’Aécio Neves « avait construit la piste de la ferme qui appartenait à son grand-oncle, en plus d’être à côté de la succession de la famille du candidat. La semaine dernière, Aécio Neves a admis qu’il l’a utilisé, même si l’espace n’a pas encore été approuvé par l’Agence nationale de l’aviation civile ». « Or l’investissement par le gouvernement et l’État pour la construction de la piste a été  de 14 millions de reals. Claudio possède 25 000 habitants et se trouve à 50 kilomètres de Divinópolis, où il y avait déjà une piste d’atterrissage et de décollage ». Bref, personne n’avait au départ compris pourquoi cette piste à cet endroit, une piste construite avec l’argent de l’Etat, alors qu’elle semblait plutôt d’usage privé.

sabarazinioPrivée, car très liée  la famille Neves. « Le village (de Sabarazinho, ici à gauche) est à 14 kilomètres de Claudio et c’est aussi l’endroit des exploitations familiales Tolentino, où est née Risoleta Neves, épouse de Tancredo Neves, la grand-mère d’Aécio Neves. Elle est mentionné dans l’enquête sur l’analyse des messages des pilotes qui ont été capturés par les stations de radios de base (RBS), qui sont les dispositifs qui font le lien entre les téléphones cellulaires et la compagnie de téléphone. Une information publiée par le portail  G1 en novembre 2013 a révélé que la police avait identifié et fermé un laboratoire de raffinage de cocaïne dans la ville de Claudio … Le site a été démantelé après une dénonciation anonyme où l’on a trouvé de la cocaïne et de la marijuana. Personne n’a été arrêté. Selon un rapport publié dans « Folha de S. Paulo », un des sénateurs parents d’Aécio Neves (PSDB-MG) était en liaison  avec l’aéroport de  Claudio.  La poudre de l’hélicoptère a été saisie le 24 novembre. Trois jours plus tard, le 27 novembre, après la révélation de la saisie dans les médias, le propriétaire a déposé une plainte à la police militaire de Divinópolis. Selon cette même police, la dénonciation a été faite de façon «anonyme». Le propriétaire dit qu’il a vu un hélicoptère survolant la région à basse altitude et a ensuite trouvé sur leurs terres 13 jerricans de 20 litres chacun, avec dedans une substance similaire au kérosène ». La théorie de notre calculateur se tenait donc : l’hélicoptère venait de pas très loin, car il avait été obligé de se ravitailler. Ce que la vidéo avait révélé. Et il l’avait fait sur des terres appartenant au clan Neves. Là où a existé un laboratoire de transformation de la cocaïne. Rien pour prouver quoi que ce soit, mais des présomptions fort embarrassantes pour un candidat à la présidence du pays !

baron saisiDans la foulée des investigations on avait déjà découvert le 15 août 2013  trois avions, saisis par la police fédérale, dans le sud du pays, avions qui auraient été utilisés pour transporter de la drogue entre la Bolivie et le Brésiavion saisi 3l. Des appareils confisqués en cours de peinture, avec encore leurs collants de masquage, tel ce Beech Baron ci-contre (à gauche), et un autre exemplaire aux moteurs en réfection. Les vieux Baron semblent avoir encore la cote, au Brésil. Les trafiquants voulaient être discrets semble-t-il en les présentant sous des immatriculations plausibles et non avec un simple adhésif. Selon la police « Opération White Bull» désignait « selon les trafiquants le fait de négocier la vente de cocaïne sans attirer l’attention ». Le 10 juin 2014, la PF (polie fédérale) a appréhendé les voitures de luxe, avions, bateaux, dans le respect des mandats de perquisition et de saisie de force et de la probation, durant l’opération « Athos », qui s’est tenue le mardi (10) dans cinq États: le Minas Gerais, à Sao Paulo, à Rio de Janeiro,  au Parana et à Santa Catarina. L’action a démembré une organisation criminelle liée au commerce de la drogue qui a apporté des produits de la Bolivie et du Paraguay à l’intérieur de São Paulo et de les a distribuées au Minas Gerais, à Rio de Janeiro et dans le Nord. » Dans la foulée encore, ferrariLe 14 juillet, par ordonnance de la Cour suprême (STF), la police saisissait également trois véhicules de luxe à Brasilia dans le deux résidences (Casa da Dinda et villa Collor) de l’ancien président et sénateur Fernando Collorde Mello (PTB): une Ferrari, une Porsche et une Lamborghini. Officiellement pour détournement d’agent public, provenant du scandale Petrobras. Or Colorde Mello n’est autre que l’ancien  et 32e président de la République du pays (de 1990 à 1992), et… un grand partisan de la privatisation du pays !!!

saisieEn mars dernier lors de l’Operação Elementar, c’était un yacht d’une valeur de 3,5 millions d’euros. et 15 voitures de luxe, dont des Ferrari et des Jaguar, qui étaient saisis à Brasilia. La police confirmant lors que parmi les personnes arrêtées il y avait quatre officiers de police du District Fédéral. Sandra Maria da Silveira et Paulo Barongeno, le chef de la division des opérations aériennes. Ils étaient chargés de protéger les membres de la bande, à travers les fuites d’informations confidentielles  qu’il distillaient ou en avertissant des témoins repérés. Un des agents arrêtés était un retraité de la police civile, l’agent Marcelo Toledo. Il avait déjà été nommé dans les enquêtes sur le fonctionnement du système de corruption signalé dans l’enquête n°650, de la Cour Supérieure de Justice. Un dossier dans lequel les deux agents cités avaient yachtfreiné les investigations visant l’agent de change Fayed Antoine Traboulsi, accusé de blanchiment d’argent. Traboulsi, un libanais né à Beyrouth le le 28 Février 1961 mais naturalisée brésilien, surnommé « le turc », contrôlait aussi les maisons de poker à Brasilia. Le yacht de 19 mètres de long saisi appartenait justement à Traboulsi (il s’appelle « Georgette » le prénom de sa mère !). Pour l’acheter le 12 Décembre 2012, à Sea Marine (1), qui l’annonçait en vente à 1,6 millions d’euros (le navire coûterait aujourd’hui autour de 1,4 millions), Fayed avait utilisé une société écran, selon l’enquête, pour faire un premier dépôt d’un montant de 275 000 euros, puis d’autres, à partir d’autres comptes. Dans des proportions étonnantes : à parti de 10 comptes courants de particuliers et d’entreprises pour réaliser 17 dépôts différents ; sur une période de 11 jours seulement !!!

imagesEt ce n’était pas tout. Lors de l’Opération Miquéias , avait même été arrêté Luciane Hoepers, une ex top modèle « miss bum bum » au Brésil » (je vous laisse découvrir ce que c’est), devenue « agent immobilier », soupçonnée elle aussi d’organiser tout un réseau en  blanchiment d’argent et en détournement de fonds de pension. Sur les magazines qui avaient fait sa gloire, la voici devenue « la muse de la corruption« . En fait elle servait d’appât pour politiciens véreux. Car la fameuse Luciane était bien liée à Fayed Antoine Traboulsi (2), l’organisateur du réseau, comme l’ont montré les écoutes téléphoniques qui ont révélé également plusieurs contacts du mannequin ou de ses amies avec des politiciens, dont les députés Goiás Samuel Belchior, Daniel Vilela et Leandro Vilela – tous du PMDB… Dans la liste de contact de la miss Bum Bum, il y avait le nom de presque tous les maires des municipalités ou des anciens maires des villes du Mato Grosso, du Mato Grosso du Sud, du Goiás, de Santa Catarina et de São Paulo !!! En 18 mois d’investigation, il avait été prouvé que le groupe autour de Traboulsi avait ainsi empoché plus de 70 millions d’euros avec ce système d’hameçonnage par belle interposée. interpol nunesUn système de séduction des hommes politiques qui était bien rodé explique Brasilia BR : « le schéma dévoilé par la police fédérale montre également la grande influence que le groupe criminel a eu sur les gouvernements locaux et les représentants de l’Etat. Les « pastinhas » comme on les appelle les lobbyistes, ont voyagé à travers le Brésil pour convaincre les politiciens d’investir des fonds publics dans des sociétés fictives, qui ont ensuite été fermées. Ainsi, le bénéfice était réparti entre les criminels et l’agent public. La propriété d’un représentant de l’Etat de Goiás, par exemple, était la recherche et la cible de la saisie. Les maisons au moins de sept maires ou d’ anciens maires ont également perquisitionnées par des agents dans neuf états et le District fédéral. »  submarineLes « pastinhas » avaient donc pour fonction de séduire les maires et les convaincre de prendre l’argent public sur de faux fonds de pension. Deux autres complices constamment cités dans les enquêtes sont Carlos Eduardo Rocha Marzola et Flávio de Carvalho Junior, ceux qui ont ouvert les comptes des sociétés écrans. Or à bien regarder, on aurait dû faire davantage attention au personnage. Louis Antoine Traboulsi avait en effet déjà été condamné en 2012 par la Securities and Exchange Commission à payer 760 000 euros pour pratique déloyale sur le Stock Exchange. Les ramifications du réseau s’étendant partout. Selon le magazine « Istoé » au moins deux commissaires de la police civile seraient parmi les détenus. Pour ajouter à cela, le même jour était arrêté le trafiquant de drogue Nunes, Mario Sergio Machado Nunes, connu sous le nom de « Goiano» et qui, selon les dernières enquêtes en cours, avait des liens avec le baron de la drogue colombien Pablo Escobar et Joaquin « El Chapo» Guzman, indiquaient les autorités. L’homme s’était surtout fait remarquer jusqu’ici en développant des sous-marins transporteurs de drogue pour échapper aux gardes-côtes… et c’est encore une autre question que celle de ces fameux sous-marins (pour l’instant, j’en resterai ici à l’étude du trafic par avion seulement).

(1) le chantier italien créé par la famille Radice (Roberto décédé en 2012 avait été ministre des Travaux Publics dans le premier gouvernement Berlusconi), en faillite en 2014, est passé sous contrôle chinois le 27 mars 2015.

(2) sa propre histoire étant un résume »L’histoire de Fayed Traboulsi au Brésil commence avec la guerre civile connue par le Liban dans les années 1980,  la violence faite à sa famille libanaise qui l’incite à quitter le pays et aller à São Paulo dans une tentative pour une vie meilleure. Il est aussi passé par Goiânia. Fils du colporteur Antoine Assaf Taboulsi Fayed a bientôt atterri dans la capitale du pays. Il a commencé à se faire de l’argent et rencontrer une brésilienne, alorsqu’ il travaillait comme gestionnaire dans les hôtels San Marco et Saint-Pierre. À ce moment, il changeait toujours l’argent chez le changeur Chaker Youssef Nasr, dans un bureau du Kubitschek Plaza Hôtel. Il avait été indiqué aux clients par son compatriote. L’histoire de Fayed commencent à changer le 19 Décembre, 1995, quand, vers environ 13h30, Chaker a été assassiné au cours d’un vol dans son propre bureau. La famille de la victime ne voulanit pas faire fonctionner l’entreprise,  Fayed a été approché par Chico Gordo, l’un des employés du changeur d’argent, pour reprendre et étendre l’échange des dollars. Le Libanais ne le savait pas, mais la mort de Chaker serait un tournant de sa vie. Fayed avait l’argent pour acheter la société. Avec Chico Gordo, l’ancien responsable du portefeuille de la clientèle. Simplement et rapidement, il est s’est retrouvé assis sur une entreprise qui gagnait des millions de dollars dans les années suivantes. A cette époque, Fayed Antoine Traboulsi a commencé, vraiment,  le change en dollars, en laissant de côté les petites quantités de change généralement occupés par des touristes venus visiter la capitale. Resté anonyme derrière un comptoir jusqu’à ce que, selon les personnes qui lui étaient proches il a commencé à être recherché par les politiciens et les hommes d’affaires pour réaliser des transactions et un pillage illégal. Pour cela, « le Turc » a réuni une équipe de prête-noms, qui ont été mis à la disposition des comptes courants de changeur de monnaie, ouverts dans différentes banques. Ces personnes étaient en charge de la réception des dépôts, des retraits et de donner de l’argent aux personnes  indiquées par Fayed. À ce jour, le changeur d’argent utilise toujours la tactique pour masquer les dépenses et les marchandises des millionnaires. Il a le pouvoir de donner juste un coup de téléphone et de déplacer des millions sans qu’un seul nom n’apparaisse dans toute la transaction. » Le Turc a agi librement et tranquillement dans la capitale pendant plus de 20 ans. Il a fait fortune, a gagné la confiance des politiciens, des hommes d’affaires et de nombreux policiers. Son influence chez certains délégués et les agents de la police civile était telle que le groupe a tenté de nuire à une enquête de l’Office lutte contre le crime organisé (Deco). Pourtant, le changeur d’argent a finalement arrêté en mars 2013. Fayed, cependant, réussi à se faire libérer au bout de quelques jours » (…)  À la fin de mars de cette année, le changeur d’argent a été condamné à six ans de prison, en régime fermé, suite à l’arrêt de la Cour pénale 1er de Wansbeck, le résultat des enquêtes de l’opération Departed. Au pénitencier de Papuda, il n’est même pas resté 24 heures reclus, pourtant. Une injonction signé par le juge Cicero Romao, de la Cour fédérale de district et dans les Territoires (TJDFT), a prononcé sa libération. Aujourd’hui, il  est simplement retenu par son passeport, car il lui est interdit de voyager à l’improviste par la justice. Son avocat est Antonio Carlos de Almeida Castro, l’kakay, un des meilleurs criminalistes dans le pays. »

PS : le trailer du navet est ici :

http://www.adorocinema.com/filmes/filme-202451/trailer-19533862/

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-cxiii-au-bresil-on-tire-sur-les-avions-en-vrai-comme-au-cinema-et-la-corruption-est-partout/

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BOLIVIE (Coke en Stock (CXII)): des liens inquiétants avec le pouvoir

8 février 2016

Comme on a pu le voir dans l’épisode précédent, un bon nombre d’élèves-pilotes formés par le nombre important d’écoles de l’air boliviennes sont devenus des transporteurs de coke, effectuant le plus souvent le trajet Pérou-Bolivie, puis Bolivie-Brésil, ou inversement. Si ces écoles nourrissent elles aussi le trafic, c’est qu’un certain laxisme existe à leur égard. Notamment l’absence totale de vérification des ventes d’appareils américains, provenant le plus souvent de rebuts, ce qui explique aussi un bon nombre de crashs recensés étant donné leur vétusté. Mais d’autres formes de facilitation du trafic apparaissent dans les arcanes du pouvoir du pays. Les militaires eux aussi ont été tentés, comme on va s’en apercevoir, et une personnalité surprenante est apparue dans ce contexte : l’ex miss Bolivie, devenue proche d’un ministre, retrouvée en liaison avec un trafiquant brésilien recherché, lié lui-même à des personnes troubles que l’acteur Sean Penn avait suivis de près, sans que la presse ne le rappelle récemment. Pourquoi donc, voilà une bonne question !

cessna couchéLa chute des avions commencée l’année 2015 se poursuite donc en ce milieu d’année : le 13 juin, nouvel arrivage, à Piraicito cette fois. Et nouveau décollage raté : un très élégant Cessna 210 Centurion II s’est couché sur l’aile droite, visiblement embourbé sur sa roue droite, en tentant de décoller sous le feu des hommes de l’armée bolivienne  venus intercepter l’appareil. A bord, il y a 60 paquets de cocaïne pour 125 kg au total. Au moment de l’intervention des soldats, deux hommes se sont échappés dans les montagnes, mais il seront arrêtés un peu plus tard, cachés dans des buissons. Deux frères ont été tués dans l’affrontement, en descendant de leur 4×4 venu prêter main forte à l’avion :  Carlos Toni (30 ans) et Yasmani Carballo Loza (25 ans), impliqués selon les renseignements « dans des activités de trafic de drogue ». crash cessnaDeux radios et un bidon à essence d’aviation sont également découverts. L’avion est immatriculé ZP-TMV. Selon la version officielle, une patrouille avait déjà observé un atterrissage d’avion léger dans la région, lorsque le Cessna est à nouveau apparu, plusieurs personnes dans un véhicule ont ouvert le feu sur les soldats, la réplique ayant tué les deux trafiquants présumés. Le 26 juin, on reparle de l’école des kamikazes vu dans l’épisode précédent avec un petit Cessna 152 appartenant à une école d’instruction, Alas Beni, qui s’est écrasé à Trinidad; à quelques mètre seulement de l’aéroport Jorge Henrich.  Alexis Soruco (l’instructeur) et David Fernando (Edwin) Orellana (l’étudiant) sont tous deux tués dans l’accident. L’appareil,  CP-2808 a été complètement détruit à l’impact. Il est effectivement en miettes. L’avion, numéro de série 15284032ancien N4937H américain datait de… 1979, il avait 36 ans… il avait été exporté des USA en 2013 par « RAUL BEUNO EXPORTATION INC« , enregistré à… Wilmington, dans le Delaware (on l’aurait parié !). L’enquête évoquera une panne moteur, tout simplement. Le 15 juillet, on découvre 40 kilos de coke à Beni, avec 49 000 dollars à la clé. Le trafic avait lieu à Trinidad et Santa Ana; le gang ayant pour chef un dénommé « Negro Fabio ». Trois avions et un véhicule lui appartenant sont saisis.

CP2838Le 22 août on part.. au Pérou, direction les vallées de l’Apurimac et de l’Eune (zone du VRAE). Deux hélicoptères MIL en patrouille ont aperçu un avion bolivien, ou plutôt ce qu’il en restait. Il était immatriculé CP-2838. Aperçu ici  à El Trompillo (SRZ / SLET) en Bolivie le 22 janvier 2015. « Tombé à Vilcabamba et chargé avec de la cocaïne, son pilote avait survécu à l’accident et avait réussi à communiquer par téléphone satellite avec la Bolivie, au propriétaire de la coke… qui lui avait envoyé un autre avion pour la transporter alors que deux groupes d’indigènes de Llochegua étaient partis pour secourir le conducteur et la charge « . Ce sont eux qui auraient vidé l’avion, « peu de temps avant l’arrivée du contingent de police ». Le CP-2838 avait été exporté en Bolivie en 2013 par Martin Rapozo. En Bolivie, il a été enregistré au nom de Sandra Datzer Rodriguez, la femme de Fernando Rapozo, le frère de Martin. Avant cela, il avait volé à Anchorage, Alaska… exactement comme le Cessna U260G CP-2890 retrouvé lui aussi abandonné mais avec à côté  356,6 kilos de cocaïne et un téléphone satellite , deux GPS Garmin device deux transmetteurs radio et deux téléphones portables. Or surprise, le propriétaire de l’avion s’appelait aussi…  Martin Rapozo !!! Selon Insight Crime « l’avion était un parmi ces dizaines de vieux avions américains vendus à des acheteurs boliviens au lieu d’être envoyés à la ferraille »…

saisie

Mapa_nuevo2L’excellent Insight Crime va à partir de cet exemple brosser un terrible réquisitoiavions rapozore contre celui qui prive de vie de jeunes pilotes boliviens : « Martin Rapozo Villavicencio, le propriétaire du petit avion écrasé CP-2890 en 2014, a acheté plus de 30 avions aux États-Unis, qui ont été par la suite exportés vers la Bolivie. Idl-Reporteras et  Caretas ont lu les numéros d’immatriculation des 33 avions de Raposo, dont beaucoup ont été repérés volant dans le VRAEM et dans la vallée de Pichis-Palcazu. Beaucoup d’avions ont été déclarés sur des sociétés fictives enregistrées, mais certains ont également été enregistrés sous le nom de son frère, Fernando Rapozo. A plusieurs reprises, le nom de la famille Rapozo est apparu lorsque l’on regarde dans les registres des avions, capturé, ou crachés au Pérou ». A droite les 10 avions repérés comme appartenant bien à la famille Rapozo. Le 26 Août, 2015  la presse bolivienne rapporte que le Pérou avait détecté pas moins de 222 vols de narco-avions en trois mois, sur le territoire national péruvien. Il était entré autant d’aéronefs pour charger 77 tonnes de drogue, selon un député du Pérou. Un rapport de la Direction Anti-Drogue révèle que 13 vols par jour partent vers la jungle péruvienne dans l’est de la Bolivie. Le gouvernement a approuvé la loi pour abattre des avions emportant de la drogue.

CP-2914blessésLes arrivés incessantes au Pérou rendent les militaires impatients sur la gâchette. Le Cessna CP-2914 visible ici à gauche resté accroché dans les arbres a été abattu par un hélicoptère péruvien le 15 avril 2015 dans le Río Tambo, à Satipo. Son pilote, Ramos Silva, 28 ans, est brésilien. Pilote de ligne à Curitiba, il a a été blessé lors du crash à Satipo. Selon la presse « il a été embauché par une connaissance d’un ami qui vit en Bolivie pour faire ce transport privé ». Aucune trace de drogue n’avait été trouvé à bord ». Ses parents et surtout sa mère, Vera Lúcia de Moura, crient à l’erreur manifeste. Le 17 avril, le pilote Brésilien est transféré à Lima et il est admis à l’hôpital Hipólito Unanue publique, après avoir reçu une balle dans le bras et l’abdomen. Le 21 mai, il est libéré de la prison de Satipo, dans le département de Junín. Visiblement, il y a avait eu.. bavure. On avait pu voir les miliaires péruviens s’activer dans leur hélicoptère auprès des deux blessés, dont le jeune Silva (ici à droite).


Et ce n’est pas fini. « Le 13 février de cette année (2015), les forces de sécurité publique auraient découvert les restes d’un avion écrasé dans les forêts de Pichari. Le numéro de série sur le moteur de l’avion était encore identifiable, et lié à un avion acheté par une entreprise d’ Opa-Locka, en Floride, et exporté- vers « Rapozo Export » à Santa Cruz, en Bolivie. Sur les trente avions achetés par Rapozo aux États-Unis (où il a une résidence à Tarpon Spring, en Floride) et exportés vers la Bolivie, les dossiers des forces de sécurité ont compté le CP-2859, capturé en juillet 2014; le CP-2721, capturé en 2012, tandis que le CP-2812 écrasé juste trois jours après le CP-2890 en novembre 2014. En termes de sécurité aérienne, le trafiquant bolivien Rapozo et d’autres transporteurs ont fabriqué les lignes de bus les plus mortelles de Lima question sécurité. Presque tous ces avions sont achetées vers la fin de leur capacité de voler. Chaque pont aérien de vol représente un profit pour les trafiquants de drogue, mais le mépris pour la vie des pilotes. »

ATB CessnaLe 1er septembre,  c’est un pilote brésilien de trafiquants de drogue lié au Commando Vermelho qui est tué dans une fusillade avec la brigade des antinacos de l’Unidad Móvil Policial para Áreas Rurales (UMOPAR) à Montero (en fait il meurt dans son transfert à l’hôpital d’El Trompillo), dans le département de Santa Cruz, alors que son avion contenant 300 kilos de cocaïne s’est embrasé. Son copilote paraguayen est arrêté. L’avion est à nouveau un Cessna 210L immatriculé ZP-BHW, l’ancien N4643Q américain.  Ce dernier, le  27 août 2014 faisait le trajet Floride-Providenciales (une île dépendant de l’archipel de l’archipel des Turques-et-Caïques) Le journal télévisé d’ATB rend compte de l’affaire et montre même le survivant arrêté en l’interviewant : l’homme avoue bien avoir transporté 300 kilos de coke. L’avion avait été enregistré comme exporté au Paraguay. Le vendeur étan « N6364S LLC », enregistré bien sûr dans le Delaware ! Le site de la société annonce exporter au nom d’Arturo Anibal Acosta. En 2014, le 18 avril, l’homme a vendu le  Cessna 210L Centurion, numéro de fabrication 21059940 datant de 1973, immatriculé aux USA N627BA, dans l’état de « USADA A REPARAR » à un dénommé LUIS MARIA SARUBBI DUARTE.

saisie capitaineRebelote le 3 septembre avec un Cessna Stationair TU206G 6 avec l’enregistrement CP-2781  (ex N925Y américain, venu de Boise, dans l’Idaho) qui se fait pincer à l’atterrissage, juste avant son redécollage, après que les hommes du Groupe pour le Renseignement et les Opérations Spéciales (ISOG) et de la FELCN (les forces boliviennes) soient restées en planque une semaine sur place en attendant son arrivée. A bord, 362 kilos de pâte de coca… prête à partmilico-narco-1ir vers le Brésil. Cette saisie courante dan le secteur et surtout l’arrestation de son pilote vont bousculer le choses en fait. Car son pilote n’est autre que Yimy José Urzagaste Zabala, qui est aussi capitaine de la Fuerza Aérea Boliviana (FAB), comme l’atteste la photo ci-contre prise lors de sa formation. L’affaire fait automatiquement grand bruit. En avril, un article avait indiqué que les forces de la FELCN elles-mêmes étaient « vulnérables aux narcotrafiquants ». Car son cas pose question, et il n’est pas le seul : en mars, c’est l’ancien commandant de la police nationale et ancien chef de la FELCN, le général Oscar Nina qui avait été accusé de blanchiment d’argent, d’enrichissement illicite et d’avoir eu des liens avec le trafiquant le plus connu, Joaquin «El Chapo» Guzman, dont les déboires ont fait la une de tous les journaux récemment. En septembre, c’était  le chef du Groupe de la police civile de soutien (GACIP) de la ville bolivienne d’El Alto, Juan Carlos Tapia Mendoza, qui avait été arrêté le 12, accusé de trafic de cocaïne. 42,7 kilos de cocaïne ont été retrouvés chez lui, à Santa Cruz, à 900 kilomètres de El Alto. Zabala, Nina, puis Tapia : l’Etat bolivien voit ses représentants sombrer devant l’attrait de l’argent que leurs promettent les trafiquants !

CP-2630 19Sep15Le 19 septembre, c’est encore un autre Cessna U206F modèle Stationair, immatriculé CP-2630 (N°U20602939) qui est retrouvé à San José de Chiquitos. A intérieur, on a retrouvé 6 sacs de jute avec 35 paquets de cocaïne. Le 7 octobre, c’est un nouvel appareil d’une école d’aviation de Viru Viru qui se crashe dans une commune rurale de Santa Rosa del Sara, blessant le pilote instructeur et son élève. « Une défaillance mécanique » selon le rapport des autorités. L’avion était un Cessna 152 II (IFR) immatriculé CP-153, ex N89564. Le numéro de fabrication de l’avionest le N°15282788 : il datait de 1979… et avait donc 36 ans d’âge, encore une fois.

Les avions pleuvent, et la Bolivie ou le Pérou leur font la chasse. idl-rLe Pérou surtout, comme on avait pu le voir avec un Cessna CP-2907 aperçu à Santa Rosa fin novembre 2014. Filmé ici au dessus de sa zone d’atterrissage en tain de tenter de fuir un Hind de l’armée péruvienne. L’équipe de IDL-R à l’affût filmant la poursuite. Des Hind plus très jeunes, que le Pérou possède en effet depuis les années 90... C’est à la même équipe que l’on avait dû l’atterrissage d’un Cessna (CP-2873) ensuite attaqué par les forces terrestres péruviennes. 

miss bolivia

Une question se pose : en Bolivie, Morales, partisans de ne pas pénaliser les paysans faisant pousser de la coca, plante « nationale » a-t-il trop laissé faire ? On serait à même de le penser en lisant un article inquiétant du journal Veja. Celui-ci évoque clairement des liens entre des trafiquants et le pouvoir. « Veja a eu accès aux rapports produits par une unité de la police bolivienne de renseignement, révélant entre autres choses, une connexion directe entre un confident d’Evo Morales, le ministre de la présidence Juan Ramon Quintana, et un trafiquant de drogue brésilien qui purge actuellement sa peine dans la prison de sécurité maximale de Catanduvas à Parana. Un document intitulé « Arrestation d’un fugitif international » et signé avec le nom d’infiltration « Carlos », décrit comment les agents boliviens ont identifié la maison du Brésilien Maximiliano Dorado Munhoz Filho en 2010″. 

Maximiliano Dorado Munhoz Filho« Max, comme il est connu, et sa bande avaient une hacienda à Guajara-Mirim et dans huit autres villes de Rondonia, qui ont reçu la drogue apporté à partir d’aéronefs boliviens. Mensuellement, le groupe de « Max » reçoit environ 500 kilos de cocaïne qui sont ensuite transportés à San Paulo et Rio de Janeiro (schéma extrait de Globo.com, dossier Epoca). Le trafiquant de drogue s’est échappé de Urso Branco (1) dans Rondonia en 2001, et d’ici là il est  soupçonné se cacher en Bolivie.  En fait, il était caché dans un bâtiment sur la rue Chiribital,  au coin de Pachiuba dans un quartier riche de Santa Cruz de la Sierra. Le 18 novembre 2010 à 14 heures, les policiers qui gardaient le bâtiment y ont été les témoins d’un dîner de fête. Quintana, alors le deuxième  homme le plus puissant de la République est apparu en compagnie de Jessica Jordan, 28 ans, célèbre dans son pays pour être élue Miss Bolivie seulement quatre ans plus tôt. Tous deux avaient à l’époque, une position de confiance parmi les institutions étatiques ». Quintana a été le directeur de l’Agence pour le développement de macro-régions et des zones frontalières. Il y a deux mois, Jessica a été nommée par le vice-président Alvaro Garcia Linera (ci-dessous à gauche avec Jessica) comme Directrice Régionale du Développement de l’Etat de Beni, département qui partage des frontières avec Rondonia, entre le Brésil où va la plupart de la drogue bolivienne. Jessica Quintana est entrée dans la maison de Max les mains vides et 20 minutes plus tard est ressorti avec deux mallettes. Le contenu de celui-ci est inconnu » précise Veja, laissant entendre bien des choses  fort deuxdérangeantes. « Deux mois après la réunion avec les membres du gouvernement de Morales, « Max » a été arrêté dans une opération conjointe menée par la Police fédérale brésilienne et un groupe de membres triés sur le volet du service de renseignement a conduit de la Bolivie au Brésil. D’autre part, Quintana a été nommé par Evo Morales, l’année suivante en tant que ministre de la présidence, l’équivalent de la maison civile brésilienne, poste qu’il avait déjà occupé de 2006 à 2009. L’histoire de l’agent Carlos et de la rencontre entre les membres du gouvernement et le trafiquant de drogue brésilien et font partie d’une série de documents divulgués à la presse bolivienne et américaine pour mouvement politique vers le socialisme (MAS), le parti de Morales ». Depuis, en avril 2014, Jessica a été éloignée et expédiée comme consul à New-York. ce qui n’a pas été sans critiques : « Jessica Jordan n’a pas les capacités politiques et diplomatiques pour prendre la charge. Le gouvernement devrait nommer une personne avec une histoire et une expérience diplomatique pour effectuer un bon travail et bien représenter notre pays « , avaient  les députés de la Convergence nationale (CN), Osney Martinez et Thomas Monasterio ». Mannequin et ambassadrice : à quand ici un poste de ministre pour Nabila (ou son chien) ?.

Selon Insight Crime toujours, la Bolivie est aujourd’hui « à l’épicentre du trafic de drogue en Amérique du Sud » . Avec notamment en point de mire le trafic vers le Brésil. « La Bolivie est très située près de celui qui est actuellement le deuxième plus grand consommateur de drogues illicites dans le monde: le Brésil. Elle partage une frontière avec également le principal producteur de cocaïne au monde, le Péro, et le principal producteur de cannabis en Amérique du Sud, le Paraguay. En outre, l’Argentine connaît une augmentation de la consommation intérieure de drogue, en particulier de « crack » ou du « paco », une forme de cocaïne qui peut être produite en Bolivie. Aujourd’hui, même les marchés intérieurs de la consommation de drogue au Chili et au Pérou affichent une croissance. Aujourd’hui, la Bolivie est littéralement au cœur du commerce de stupéfiants en provenance d’Amérique du Sud. Si l’on ajoute le fait que la Bolivie produit également son propre cocaïne, nous constatons qu’il ya une variété d’opportunités criminelles. Cette dynamique en Amérique du Sud est totalement indépendant des itinéraires de trafic de drogues traditionnelles qui fournissent le marché américain. En effet, des sources nous ont dit ici à InSight Crime a déclaré que l’analyse chimique de la cocaïne saisie aux États-Unis montre que seulement cinq pour cent de celui-ci vient de Bolivie. » L’exception en Bolivie étant une faible criminalité : « curieusement, il ya peu de violence entre clans criminels de la Bolivie, ce qui est la raison pour laquelle leurs activités attirent peu d’attention. Contrairement aux Colombiens et de plus en plus du Brésil, la criminalité organisée bolivienne préfère résoudre pacifiquement leurs différends. Ceci peut être expliqué en partie par la force de la culture indigène en Bolivie, qui a horreur de la violence et essaye de trouver des solutions communes à des problèmes. Cependant, il ya des preuves d’une augmentation des meurtres liés à la drogue à Santa Cruz, même si cela est peut être plus liée à la COT que les différends entre clans criminels de la Bolivie. L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a averti que l’augmentation de la violence est presque inévitable si la Bolivie maintient sa position en tant que producteur et de point de transit pour les drogues. » 
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L’un des principaux trafiquants brésiliens opérant en Bolivie s’appelle Maximiliano Dorado Munoz Filho. En 1996 il avait été condamné à 7 ans de prison pour trafic de drogue. Il avait été arrêté dans l’état de Rondonia, dans le Guayaramerín, au Brésil, il avait mis en place un laboratoire de cristallisation de la cocaïne. Trois ans plus tard, il est accusé d’avoir ordonné l’assassinat du Directeur de la Sécurité de la prison d’ursa Branco à Porto Velho, où il avait été enfermé. En 2000, retrouvé libre, il est à nouveau arrêté pour trafic de drogue et possession illégale d’armes à feu : la police brésilienne a établi qu’il était le propriétaire d’un avion transportant la drogue, qui était entré au Brésil. en 2001, il avait fuit le Brésil pour se réfugier en Bolivie. Deux ans plus tard on l’accuse de l’assassinat du capitaine Edvilson, de la police militaire de l’Etat de Rondônia, dans la ville de Pimenteiras, à la frontière avec la Bolivie. En fuite depuis novembre 2010, il est arrêté à Trinidad, puis est expulsé de la Bopennlivie par les autorités, pour se retrouver à la prison fédérale de Porto Velho au Brésil pour y purger une peine de 33 ans d’enferment. Son frère, Osi, a été arrêté près de Trinidad, dans l’état de Beni. Mais l’histoire des deux trafiquants va devenir plus… complexe, disons, en mêlant des personnes inattendues. Les deux frères étaient liés à Jacob Ostreicher, avait-on appris lors de l’enquête. En 2010, l’homme aurait remis  25 millions de dollars  à une secrétaire colombienne, Liliana Rodriguez, la secrétaire d’André Zolty, un avocat suisse, pour un obscur projet de développement agricole datant de 2008 portant sur la production de riz. Les 25 millions devaient être en effet investis en Bolivie selon lui, du blanchiment selon d’autres. Le gestionnaire de la ferme des investisseurs, Ronny Suarez, avait en effet été déclaré comme trafiquant de drogue. Au même moment, l’ambassadeur américain avait critiqué la confiscation des grandes fermes et des ranchs de grands propriétaires terriens décidés par Morales, dont celui d’un éleveur américain, nommé Ronald Larsen. Selon les investisseurs, c’est Liliana Rodriguez (Claudia Liliana Rodríguez Espitia) qui avait détourné leur argent lors de l’achat de machines et de fournitures à crédit et en mettant aussi des titres fonciers à son nom seul, disaient-ils, reconnaissant qu’elle avait planté le riz sur des terres appartenant au trafiquant de drogue brésilien Maximiliano Dorado et à son frère cadet. Une défense qui semblait un peu sommaire, Rodriguez étant leur femme de confiance depuis des années. Les révélations de l’affaire feront grand bruit, Zolty et Ostreicher étant des juifs orthodoxes. Etrangement, l’acteur Sean Penn, qui a fait parler de lui récemment pour l’affaire d’El Chapo, avait lui aussi rencontré Ostreicher et avait même assisté à son procès en décembre 2011 !!! Après avoir réglé une caution, le même Ostreicher, né à Brooklyn, sera simplement assigné à résidence en Bolivie. Le cas va devenir plus étonnant encore, quand le 16 décembre 2013, Ostreicher réapparaît soudainement aux États-Unis après être resté près de 30 mois en Bolivie. Personne ne sachant comment il avait réussi à fuir le pays ! Au Brésil, pendant ce temps, Maximiliano Dorado Munoz Filho semblait lui toujours jouir d’une aura incroyable et de soutiens jusque dans la magistrature : récemment, en 2015, on a appris en effet qu’il avait déjà réussi à changer de statut comme prisonnier… pour réussir à sortir en semi-liberté et pour aller prendre par la même occasion des cours de pilotage d’avion (ça ne s’invente pas !) :  « Pendant deux ans et dix mois, Maximiliano Dorado Munhoz Filho, l’un des chefs (« ambassasors ») du « Narcosul », est resté derrière les barreaux pour implication dans le trafic de drogue entre le Brésil et la Bolivie. En octobre de l’année dernière, Max a réussi à passer du régime fermé à la résidence surveillée. Le 6 mars de cette année,  il a encore bénéficié d’un autre avantage: il a gagné le droit de prendre des cours de pilotage d’aéronef à l’aéro-club de Porto Velho – alors que les plus grandes organisations du Narcosul y opéraient un pont aérien de cocaïne de la Bolivie, le Brésil, le Pérou et le Paraguay »… le problème n’est pas que bolivien, visiblement. C’est bien pourquoi nous allons nous diriger vers le Brésil, dans de futurs épisodes…

(1) Le pénitencier de sécurité maximale Jose Mario Alves da Silva, mieux connu sous le nom d’ursa Branco (Ours Blanc), est une prison dans la ville brésilienne de Porto Velho, Rondônia. La vie y est infernale : « depuis 2001, les personnes de ette prison souffrent de graves abus, avec des épisodes de faim et la mort même pour les prisonniers, la police en ayant violemment exécuté comme répression (au moins une centaine de détenus). Le cas de non respect répété des droits de l’homme a été l’objet d’un jugement de la Cour des droits de l’homme interaméricaine, avec des sanctions imposées au Brésil et le suivi des mesures adoptées par le pays »

on peut relire :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xxxix-en-bolivie-une-91607

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-cxii-en-bolivie-aussi-des-liens-inquietants-avec-le-pouvoir/

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FRANCE (Affaire « Sonia »): quant à la gestion des informateurs

Affaire « Sonia », la gestion des informateurs

Si les enquêteurs sont parvenus rapidement à remonter la piste menant au lieu de nomadisation d’Abdelhamid Abaaoud et ensuite à sa « planque » (à ne pas confondre avec un appartement conspiratif…) de Saint-Denis, cela a été rendu possible par le recueil d’un signalement essentiel adressé aux autorités via le numéro vert 197 mis en place dès les attentats perpétrées, les appels à témoins, la diffusion des photographies des suspects dans les médias, au renseignement scientifique et renseignement technique. Cela confirme la réflexion de Freud : « Celui qui a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre constate que les mortels ne peuvent cacher aucun secret. Celui dont les lèvres se taisent bavarde avec le bout des doigts ; il se trahit par tous les pores. C’est pourquoi la tâche de rendre conscientes les parties les plus dissimulées de l’âme est parfaitement réalisable. »

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Lors d’événements graves, de nombreux citoyens peuvent être désireux d’apporter leur concours aux services. Peu avant la seconde guerre mondiale, l’American legion désireuse de lutter contre l’espionnage et la subversion avait proposé de créer un service de renseignement reposant sur ses très nombreuses sections réparties à travers tout le territoire des États-Unis. Chaque section se proposait de remettre manuels d’instruction et insignes à chacun de ses membres qui serait appelé à diligenter des enquêtes pour ensuite établir un rapport qui serait remis au Federal Bureau Investigation. Il n’était pas question pour le gouvernement de laisser s’implanter un service parallèle (un pays proche du nôtre l’a fait et cela lui a plutôt été profitable), mais il convenait de ménager les patriotes. Hoover fit une contre proposition. Il proposait de mettre à sa place une liaison visant à établir le contact entre les légionnaires et les agents spéciaux affectés aux différentes antennes locales maillant le territoire. Chaque légionnaire détenteur d’informations pourrait remettre celle-ci directement à l’antenne concernée, qui à son tour se chargerait de l’enquête. Cette proposition fut finalement acceptée en novembre 1940 lors du congrès de l’American legion d’Indianapolis.

Les policiers ne travaillent pas toujours sur commission rogatoire, il opèrent aussi en « préliminaire » et nombre d’affaires s’engagent en l’absence de plainte ou de requête du parquet. Le fonctionnaire ne peut être partout à la fois et ne peut pour différentes raisons infiltrer certains milieux. Sans informateurs, un service est sourd et aveugle. Les informateurs sont à la base du renseignement et tout service se doit à disposer d’un réseau capable de l’alerter d’un délit en préparation ou à diriger les investigations pour en interpeller les auteurs et les complices. Les différents services recherchent leurs sources en fonction de leurs besoins : hôteliers, concierges, garagistes, imprimeurs, armuriers, loueurs de voitures, tenanciers de boites de nuit, etc., et parmi des milieux dont le citoyen est loin de se douter.

L’informateur dans le propos nous concernant n’est pas à confondre avec un délateur ou une « balance » (l’argot policier dispose d’une dizaine de mots pour désigner ceux-ci), il s’agit d’un acte citoyen responsable visant à épargner directement ou indirectement des vies et dont l’informateur ne retire aucun bénéfice (cas « Sonia »). L’emploi des informateurs s’appuie sur une jurisprudence du 6 juillet 1894 et le service n’est pas tenu à en révéler le nom à la justice, du moins légalement. Il suffit au fonctionnaire de rédiger un « blanc », c’est à dire une note sans mentionner sa source. Dans la réalité des faits, le fonctionnaire veut se couvrir et mentionne le nom de sa source en faisant de facto un témoin dont le nom apparaîtra dans la procédure. C’est comme cela que l’identité, l’adresse et le numéro de téléphone de « Sonia » se sont retrouvés consignés dans le PV d’audition ! Quand bien même le fonctionnaire réaliserait tardivement les conséquences de sa bévue, il lui est impossible de revenir à un état antérieur. Le PV est joint à la procédure. Là où le bât blesse, c’est que toutes les personnes mises en examen et les parties civiles peuvent avoir accès au dossier via leur avocat et que certains proches de l’enquête n’éprouvent aucun problème de conscience à violer le secret de l’instruction et à informer des journalistes se rendant complices de la mise en danger de la vie d’autrui.

« Sonia » souhaiterait pour des raisons de sécurité pouvoir bénéficier de nouveaux documents d’identité, mais aucun texte ne le lui permet. Le statut de repenti adopté en 2004 est entré en application en 2014, les modalités sont du ressort de la Commission nationale de protection et de réinsertion et la gestion assurée par le Service interministériel d’assistance technique. Le code pénal dispose de deux niveaux de protection pour les témoins : la possibilité de domiciliation (commissariat ou gendarmerie notamment) et le témoignage sous « X » pour les faits punis d’au moins trois ans d’emprisonnement. Lors d’une confrontation, le témoin peut être entendu à distance et sa voix modifiée. Comment apprécier des faits quand on ne connait pas le lien de subordination direct ou indirect entre le mis en examen et le témoin ?

L’informateur est la cheville ouvrière des services. La police judiciaire dispose d’environ 2 000 informateurs « réguliers » et autant sont immatriculés comme aviseurs auprès des douanes et un millier auprès de la gendarmerie. Ce chiffre reste faible par rapport au nombre de la population, plus de 66 millions d’habitants plus les rats des villes et ceux des champs. Au début du XIX° siècle, Fouché pouvait compter sur 10 000 « écouteurs à gages » en région parisienne, 5 000 en province et cinq cents à l’étranger. Parmi les professions les plus représentées ont trouvaient : le personnel de maison, les cafetiers, les prostituées, les petits commerçants, les repris de justice et les oisifs fréquentant les cercles. Les employés de la voirie de la ville de Paris, par exemple, recevaient la somme de 100 francs pour la dénonciation d’un émigré clandestin… Quand je vous disais que ce ne sont pas les moyens qui manquent mais la volonté, en voilà un exemple direct.

Les récentes affaires, Merah et compagnie, ont braqué l’éclairage sur la difficulté qu’il y a à contrôler un informateur. Si le B.A BA consiste à éplucher les antécédents du « cousin », il n’est pas toujours facile pour le service de savoir où il met les « pieds ». Le recours aux indicateurs n’est pas exempt de risque, on les surnomme d’ailleurs les « casseroles » ! Recruter un informateur est une affaire délicate mais ce qui est encore plus difficile, c’est de le guider secrètement, de le protéger, de se prémunir des retours de « manivelle ». Leurs informations sont à utiliser avec une extrême prudence. Précisons que l’informateur n’« appartient » pas à un fonctionnaire, il appartient à un service et depuis la loi Perben (2004) il est immatriculé. Le fonctionnaire dispose d’un carnet relationnel dans lequel il doit noter toutes les rencontres, qu’il s’agisse de source occasionnelle ou de sources immatriculées.

La manipulation d’informateurs nécessite : patience, esprit critique, humilité, de l’expérience et une extrême prudence, faute de quoi le traitant pourra aller à la « faute » et être à l’origine d’un scandale qui rejaillira sur tout le service. Il est parfois préférable de se passer des services d’un informateur qui pourrait se révéler nuisible, voire dangereux. Ce risque est d’autant plus à craindre que le traitant n’est pas familiarisé avec le milieu en question. Plongez un universitaire frais émoulu dans le milieu du trafic d’armes ou du terrorisme et vous ne tarderez pas à constater qu’il sera immédiatement « détronché ». Il faut dans ce cas envoyer un « agent » hors cadre sous fausse identité.

Une affaire peut occuper un informateur pour quelques heures ou plusieurs années, tout dépend de la nature de l’affaire, du milieu à infiltrer, de la prudence de l’informateur et de la sécurité des rencontres avec son traitant. Le terrorisme est dépendant de « milieux » divers ou d’accointances pour se procurer : des armes, des faux-papiers, des « planques », et des subsides provenant de trafics et d’escroqueries divers et variés. La création d’une cellule autarcique n’est pas encore à leur portée.

Le traitant se doit de « cultiver » l’informateur, cela s’apparente parfois au travail de psychologue, de confesseur, il faut écouter leurs petits problèmes sans oublier lors de la rencontre suivante de s’enquérir d’une amélioration quelconque de leurs tracas. Cultiver la relation c’est parfois rendre un petit service afin de rendre l’informateur redevable (principe du don et contre-don), mais ce petit jeu peut parfois conduire devant le conseil de discipline. Tout est affaire de jugement. Il est bon de savoir que celui qui incite autrui à commettre un délit ou un fait délictuel est considéré comme complice (art 121-7 CP). Les faits sont d’autant plus graves lorsque la provocation a été accompagnée de dons, promesse, menace, abus d’autorité ou de pouvoir, de machination ou artifice coupable. Le provoqué pourrait ensuite invoquer une contrainte morale et prétendre que sa volonté n’a pas été recueillie librement. Cela pourrait suffire à faire disparaître l’élément moral de l’infraction.

Le décret du 18 mars 1986 portant sur le code de déontologie de la police nationale fait mention des méthodes de provocation active ; dans le cas où le fonctionnaire ne se borne pas à constater une infraction préexistante à sa venue. Il est arrivé dans certaines affaires que le policier ait été sanctionné alors qu’il avait lui même été provoqué par un informateur ! Il suffit que l’action policière n’ait pas été déterminée par la volonté du fonctionnaire. En clair, un fonctionnaire peut surveiller les opérations et même intervenir dans une affaire, mais il ne saurait être question d’inciter un informateur à organiser un délit. Dire que cela est toujours respecté aurait un côté angélique irréel. La hiérarchie qui a le devoir de veiller au contrôle de ses services n’en est pas toujours informée, ou pire, il lui arrive de fermer les yeux, mais il s’agit le plus souvent d’une non exploitation des informations. Certains d’entre-vous le regretteront sûrement, rien ne vaut un bon « pot de miel » pour attirer l’ours et l’obliger à sortir de sa tanière. Et « croyez » moi, les astuces ne manquent pas, des délinquants pourtant chevronnés sont tombés dans des pièges que certains lecteurs qualifieraient un peu trop hâtivement de ridicules, et certaines pratiques ne manquent pas de sel… Petite phrase du jour : l’aveugle ne peut parler que de ce qu’il a entendu et le sourd de ce qu’il a vu.

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/affaire-sonia-la-gestion-des-177418

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EGYPTE (Air Cocaïne): Christophe Naudin reste en prison

http://www.lalsace.fr/actualite/2016/02/06/air-cocaine-christophe-naudin-reste-en-prison

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SURINAME et… COCAÏNE

Petit pays méconnu d’Amazonie, le Suriname, qui fut une ancienne colonie néerlandaise, est devenu, quelques années après son indépendance en 1975, une plateforme majeure du trafic transcontinental de la cocaïne entre l’Amérique du Sud et l’Europe.

Sa position sur la façade atlantique, la présence d’une importante communauté surinamienne aux Pays-Bas, et l’implication de hauts responsables de l’armée du Suriname ont permis aux cartels de s’ouvrir aux marchés européens de la drogue. Dans les années 1990, 60% de la cocaïne en circulation en Europe a transité par ce pays. Cette activité a connu des hauts et des bas. Mais elle est aujourd’hui encore significative et mobilise toujours les services antidrogues internationaux.
Enquête sur le narcotrafic au Suriname, à la croisée d’une histoire politique singulière.

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Il y avait beaucoup de trafic entre la Colombie et la jungle surinamienne”

Témoignage de Joost Van Slobbe, ancien officier de liaison de la police néerlandaise en Colombie.
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LIRE +

http://webdoc.rfi.fr/pour-suites/enquete-suriname-plateforme-cocaine-desi-bouterse/

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Communiqué intersyndical DNRED – « Vrais & faux voyous »

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publié le 04/02/2016 à 17H26 par Jean-Marc JAME

L’intersyndicale douanière adresse ce communiqué en réaction aux excès qu’ont subi plusieurs collègues de la D.N.R.E.D placés en garde à vue, dans des conditions intolérables. 

Vrais et faux voyous

dnred_photoLa semaine dernière, des OPJ zélés dirigés par deux magistrats non moins zélés ont interpellé des agents de la Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières (D.N.R.E.D.), avec (cerise sur le gâteau!) perquisition d’une partie du siège de cette dernière !

Il s’en est suivi une rafale de gardes à vue de 96 heures (!), avec des joyeusetés du style : perquisition au domicile au petit matin, avec menottage devant les enfants, blocage des comptes bancaires, saisie des véhicules personnels (pourtant lambda et achetés à crédit …) Même dans la simple considération des agents de l’Etat, ce fut exécrable (menaces, agent couchant par terre, mise en cellule avec un pauvre diable de migrant, refus de faire passer la moindre chemise propre malgré la durée de la GAV, …)

Incompréhension totale. Nous dénonçons fermement ces pratiques, plutôt de mise pour des faits de banditisme, ce qui n’est absolument pas le cas des collègues en question.

Si les enquêteurs cherchaient des corrompus, apparemment ils ne les ont pas trouvés. les investigations préalables auraient peut-être pu suffire à lever le doute. S’il s’agit d’une enquête sur des méthodes utilisées parfois par les services (vous noterez le pluriel …) dans la traque des stups, cela ne justifiait pas de même de tels comportements. Soit dit en passant, la Douane est loin d’être le plus mauvais élève en matière de méthode justement …

Même si l’affaire a donné lieu à quelques mises en examen, ces faits s’inscrivent, à quelques exceptions près, dans le cadre de faits de service. La pression des objectifs, voire le délire des quantités ronflantes n’est d’ailleurs pas pour rien dans la chose.

L’image de services gangrenés par la corruption est une fiction totale. Mais de même, croire que l’objet de l’enquête judiciaire ne relève que d’actes individuels d’agents ayant franchi ou plutôt flirté avec les limites plus ou moins consciemment, traduirait également une certaine hypocrisie.

A ce stade, administration et Ministère semblent soutenir les agents. Mais, à notre sens, il faut aller plus loin et ramener de la sérénité dans tout cela. A défaut, la casse pour les agents, mais aussi pour les services, serait terrible. Et cela, il faut le conjurer à tout prix. Sinon il n’y aura au bout du compte qu’un vainqueur : le camp des (vrais) voyous et pas du tout l’esprit de justice, ce qui serait un comble s’agissant d’une enquête judiciaire.

Paris, le 3 février 2016

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Acheter de la drogue sur internet: les trafiquants sont passés à l’ère numérique

Afficher l'image d'origineAujourd’hui, en quelques clics, il est possible de commander de la drogue sur internet. Le colis est déposé par le livreur directement dans votre boîte aux lettres. On assiste aujourd’hui à une nouvelle ère pour le marché des stupéfiants: les coffee shop en ligne. Les sites pullulent mais attention: c’est rigoureusement illégal.

Produit le plus vendu sur ces sites: le cannabis de synthèse. Ce n’est pas vraiment du cannabis, mais un mélange de plantes imprégnées de molécules de synthèse. Pour contourner la loi, les producteurs changent régulièrement leur formule. La liste des produits psychotropes interdits chez nous est donc vite dépassée. Pour Michel Bruneau, policier au Service Central Drogue, « il est clair que ce cannabis de synthèse, ou ces champignons hallucinogènes sont illégaux en Belgique. Vous risquez – si vous êtes consommateur – une amende ou du travail d’intérêt général. Le vendeur lui risque évidemment une peine de prison. La difficulté étant que ces sites et leurs concepteurs sont basés à l’étranger… »

Une nouvelle loi plus efficace doit voir le jour: elle propose d’interdire la molécule générique du cannabis de synthèse. En attendant, il faut faire attention! Les effets de ce genre de drogue sont plus qu’aléatoires: on assiste aujourd’hui à une vague d’intoxication chez les adolescents. Aux États-Unis, cinq personnes sont décédées en 2013 suite à une consommation de cannabis synthétique.

Les produits chimiques viennent de chine et sont envoyé par colis ici. La Belgique est d’ailleurs devenue une plaque tournante en matière de production de cannabis de synthèse. Cela ressemble, selon Peter Blanckaert, à une sorte de poudre qu’il suffit de mélanger à des herbes, comme des herbes de Provence. On mélange cela dans la bétonneuse souvent avec les solvants. Les gens qui font ça sont des amateurs et les doses sont soit trop fortes ou alors trop légères.

Le boom des sites internet

Dans les zones frontalières l’accès au coffee shop est parfois réserver aux résidents. C’est alors évidemment plus facile de livrer en ligne. Surtout qu’à aucun moment, on nous demande si nous sommes majeurs. N’importe qui peut commander. Ce qui n’est pas le cas dans un coffee shop classique.

D’après l’enquête Global Drug 2014, réalisée auprès de 100 000 personnes, 11 750 personnes ont précisé avoir eu recours à des sites internet pour acheter de la drogue en 2014. Parmi elles, 25,3% l’ont fait pour la première fois cette année-là. Une augmentation considérable par rapport aux années précédentes. L’enquête indique également le type de drogues achetées via le Darknet : l’Ecstasy et le LSD sont en tête des ventes et en 4ème position, on trouve le cannabis.

Il est donc aussi possible d’acheter des drogues dures comme la cocaïne… En Belgique, il existe un grand nombre de vendeurs. Vous n’allez pas tomber facilement sur ce genre de site et vous ne trouverez rien ou pas grand-chose sur Google. Il faut passer par ce qu’on appelle le Darknet : un réseau crypté, difficile d’accès, mais qui assure l’anonymat à la fois des acheteurs et des vendeurs. Les paiements se font en bitcoin (une monnaie digitale au cours assez volatil). Dernièrement, le FBI a réussi à faire tomber un Américain de 31 ans, qui dirigeait un « supermarché » de la drogue sur le Web. Sa fortune était estimée à 18 millions d’euros. Il a été condamné à la prison à perpétuité aux États-Unis.

Le problème avec internet c’est que même si la police ferme un site, un autre ouvre directement ailleurs… Pour l’instant, en tous cas, on assiste à un glissement des coffee shop « magasin de rue » comme vous en avez à Amsterdam au coffee shop en ligne. Curieusement, selon une étude publiée en 2014, les acheteurs ne semblent pas craindre une arrestation ou des démêlés avec les autorités : la peur du gendarme n’a ainsi aucune incidence sur leur comportement.

https://www.rtbf.be/info/societe/onpdp/enquetes/detail_acheter-de-la-drogue-sur-internet-les-trafiquants-sont-passes-a-l-ere-numerique?id=9201831

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COLOMBIA: interceptan cargamento de cocaína oculto en bananos de exportación | ELESPECTADOR.COM

conteneurDurante un operativo de control portuario en la ciudad de Santa Marta, la Policía reportó la incautación de 279 kilos de clorhidrato de cocaína, ocultos en dos cargamentos de banano, que serían embarcados en dos motonaves, una con destino a Algeciras, España y Livorno en Italia.

Tras adelantar el registro del contenedor que reportaba un cargamento de banano de exportación, unidades policiales hallaron dentro de varias cajas de la fruta, elementos diferentes a los reportados.

Al verificar su contenido se hallaron 22 tulas de tela de color verde y en ellas, 221 paquetes con forma rectangular forradas en plástico negro y cinta adhesiva, los Afficher l'image d'originecuales contenían una sustancia pulverulenta de color blanco con olor y características similares a estupefaciente, motivo por el cual se solicita la presencia de funcionarios de la unidad de investigación criminal de la Dirección de Antinarcóticos, con el fin de verificar el contenido, al practicarle la Prueba de Identificación Preliminar Homologada (PIPH) arrojó resultado positivo para clorhidrato de cocaína, con un peso neto de 221 kilos y 572 gramos.

De acuerdo a las investigaciones preliminares, se presume que la contaminación del cargamento lícito de banano, fue realizado antes del ingreso al terminal portuario, ya que se requiere de varias horas de trabajo, personal y herramientas específicas necesarias para realizar el ilícito.

Los 221 kilos incautados puesto en territorio Europeo tiene un valor aproximado a los 13.1 millones de dólares, evitando con esta incautación la comercialización de cerca de 552.500 dosis en el narcomenudeo.

Así mismo, en un segundo operativo de inspección se hallaron notorias modificaciones en la estructura metálica del piso de un contenedor que tenía como destino Italia, y que transportaba como banano como carga, para lo cual se procedió a levantar el piso, hallando 58 paquetes de forma rectangular, que contenían clorhidrato de cocaína con un peso neto de 57 kilos y 918 gramos, de acuerdo a la Prueba de Identificación Preliminar Homologada PIPH, practicada por el personal policial de control portuario.

Esta sustancia fue avaluada en 3.4 millones de dólares, producto de 145 mil dosis.

La totalidad de la incautación en los dos operativos el puerto de Santa Marta asciende a 279 kilos y 490 gramos de clorhidrato de cocaína, con un valor aproximado de 16.6 millones de dólares.

Durante el 2016, la Policía Nacional se ha incautado de 12.6 toneladas de clorhidrato de cocaína en el territorio colombiano, de los cuales 6.8 toneladas han sido incautadas en la Costa Caribe Colombiana.

http://www.elespectador.com/noticias/judicial/interceptan-cargamento-de-cocaina-oculto-bananos-de-exp-articulo-614548

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DEA: univers major drug trafficking by Hezbollah

dea1La Drug Enforcement Administration (DEA), un service dépendant du département de la Justice aux États-Unis et chargé de la lutte contre le trafic de drogue, a annoncé hier qu’une opération internationale avait permis de démanteler un réseau du Hezbollah qui utilisait des millions de dollars tirés du trafic de cocaïne pour financer ses activités au Liban et en Syrie. Ce réseau a fourni « un flux de revenus et d’armes utilisé pour mener des attaques terroristes dévastatrices à travers le monde », explique Jack Riley, administrateur adjoint par intérim de la DEA dans un communiqué.
La DEA indique que cette opération intervient dans le cadre du projet « Cassandre », visant un réseau international soupçonné d’avoir travaillé avec des cartels de la drogue sud-américains pour faciliter le transport de millions de dollars de cocaïne aux États-Unis et en Europe. L’organisme américain précise que ce réseau a été créé par Imad Moghniyé, responsable des opérations extérieures du Hezbollah assassiné en 2008 à Damas, et qu’il est aujourd’hui dirigé par Abdallah Safieddine et Adham Tabaja.
Sept pays, dont la France, l’Allemagne, l’Italie et la Belgique, ont été impliqués dans l’opération, qui a permis d’appréhender quatre personnes. L’enquête a débuté il y a un an et la DEA a déclaré que d’autres arrestations étaient possibles.
Commentant l’opération, Matthew Levitt, analyste des affaires de lutte contre le terrorisme au Washington Institute for Near East Policy, a indiqué à CNN que « la défense du régime Assad a épuisé le Hezbollah sur les plans militaire, humain et financier ». « La chute des prix du pétrole a conduit à la réduction du soutien iranien, ce qui a poussé le parti à réduire les salaires de ses membres et à chercher de nouveaux moyens de financement, pour limiter sa dépendance financière de Téhéran », a-t-il ajouté.

http://www.lorientlejour.com/article/968256/la-dea-annonce-le-demantelement-dun-reseau-financant-le-hezbollah-avec-largent-de-la-drogue.html

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Un « banquier » du Hezbollah écroué à Paris

Cinq Libanais, soupçonnés de collecter l’argent du trafic de cocaïne au profit des cartels colombiens, mis en examen. D’autres arrestations en Allemagne, en Belgique et en Italie.

Révélations sur l’opération Cedar.

Le communiqué, en apparence anodin, est tombé jeudi. Au titre de la lutte contre le terrorisme, le département du Trésor américain indique avoir gelé les avoirs aux États-Unis d’une société libanaise – Trade Point International – et de ses deux dirigeants dont l’homme d’affaires de 41 ans Mohamad ­Noureddine. Drôle de coïncidence : ce jeudi également à Paris, ce même Noureddine était écroué après avoir été mis en examen, avec quatre de ses compatriotes, pour « blanchiment de trafic de stupéfiants, blanchiment de crime ou délit en bande organisée et association de malfaiteurs »…

Tout démarre un an plus tôt. En février 2015, la puissante DEA (Drug Enforcement Administration, l’agence américaine de lutte contre la drogue) transmet un « tuyau » à ses homologues français. Selon les informations recueillies par les agents américains, la collecte, à l’échelle européenne, d’argent de la revente de la cocaïne colombienne par un groupe de ­Libanais a d’importantes ramifications en France. L’OCRGDF (Office central pour la répression de la grande délinquance financière) prend le relais. La Jirs (juridiction interrégionale spécialisée) de Paris nomme deux magistrats, les juges Gachon et Thouvenot. L’opération Cedar, « cèdre » en français, comme l’arbre emblématique du Liban, peut commencer.
Un hasard du calendrier diplomatique

Depuis quelques années, les dossiers de blanchiment d’argent de la drogue basé sur un système de compensation se succèdent chez les juges parisiens : sur fond de fraude fiscale avec la Suisse dans l’opération Virus en 2012, de trafic d’or vers l’Inde avec Rétrovirus en 2014 ou en s’appuyant sur l’opacité du business de la diaspora chinoise avec le dossier Fièvre jaune en 2015. Cette fois encore, l’enquête prend un caractère international. Une vaste coopération sous l’égide d’Europol se met en place. Plusieurs objectifs sont en effet identifiés en Italie, en ­Belgique et surtout en Allemagne.

Selon une source proche de l’enquête, des collecteurs s’activent dans toute l’Europe. Puis l’argent, rapatrié à Paris, prend la direction du Liban. Physiquement dans des valises de passeurs ou encore via le système de compensation traditionnel de l' »hawala ». Des bureaux de change et autres courtiers contrôlés par Mohamad ­Noureddine et sa société Trade Point International prendraient ensuite le relais pour faire transiter les millions du trafic de coke vers l’Amérique du Sud, où la communauté libanaise est solidement implantée et où le Hezbollah est régulièrement accusé de s’acoquiner avec les narcotrafiquants. La milice chiite libanaise prélève-t-elle sa dîme sur les prestations financières de Noureddine? Les juges et les policiers français ne se seraient pas aventurés sur ce terrain-là.

« Le Hezbollah a besoin d’individus comme Mohamad Zaher ­Noureddine pour blanchir les produits du crime et financer le terrorisme et la déstabilisation politique », soutenait jeudi un porte-parole du Trésor américain à propos de l’homme d’affaires arrêté cette ­semaine à Paris à sa descente d’avion alors que, hasard du calendrier diplomatique, le président iranien, dont le régime est considéré comme le principal sponsor et mentor du Hezbollah libanais, entamait une visite historique en France

Stéphane Joahny – Le Journal du Dimanche

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CNN  – ‎1 févr. 2016‎
The investigation began last February, with the DEA saying that additional arrests were likely. The terrorist network was said to be working with South American drug cartels to facilitate the movement of millions of dollars in cocaine to the United

http://m.jpost.com/Middle-East/DEA-uncovers-major-drug-trafficking-by-Hezbollah-to-fund-global-terrorism-443575#article=6017MEQ2QjM3QkQ2RjY1MDQ3RDcwMjEyNTU3RTE0NzBFMEY=

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HM Customs (UK): Suffolk suspect’s 12 years on the run following £500million drugs swoop

hm09:00 02 February 2016

Richard Neil Davison in one of the boats built at Crompton Marine Ltd

Richard Neil Davison in one of the boats built at Crompton Marine Ltd

A Suffolk boatbuilder suspected of aiding an alleged £546million drug smuggling operation has been one of UK customs’ ‘most wanted’ since 2004.

A high-powered boat similar to that used by drug runners off SpainA high-powered boat similar to that used by drug runners off Spain

Fugitive Richard Neil Davison has been able to keep one step ahead of the law enforcement agencies for 12 years.

Although he was arrested on March 25, 2004, during a large-scale swoop by customs officers in Spain, Davison has never stood trial.

While on remand after his arrest, Davison was held in a prison near Malaga.

Given bail by a Spanish court after his arrest, he then went on the run.

Davison, who was known as Neil Davison and is now 60 years old, was eventually recaptured in February 2008.

However, he was given bail in Spain for a second time, only to flee again. Davison has been a wanted man ever since.

At one stage he was suspected of having fled to South America.

HM Revenue and Customs has confirmed Davison, who was a director of Crompton Marine (UK) Ltd in Lowestoft, is currently still being sought.

In the years leading up to 2004, the nature of drug trafficking between Spain and Morocco, known as the ‘hashish gateway’ had changed.

It led to different types of high-speed boats being used to outrun the Spanish authorities.

That is where Davison is alleged to have come in. Crompton Marine produced powerful, fast, rigid-hulled inflatable boats (RHIBs).

Over the years he was alleged to have established contacts with the criminal underworld in southern Spain.

It was his alleged involvement in the transportation operation for international drug smuggling cartels which lead to his arrest.

The gangs had been looking for better ways of eluding the authorities trying to thwart their drug smuggling activities. In the 14 months before Davison’s arrest virtually all the boats seized in drug trafficking swoops had been made and sold by Crompton Marine.

From 2002 until the time Davison was arrested, around 100 boats were seized in southern Spain, the authorities said.

Customs sources said there were also other vessels corralled on 
the Andalucian and Alicante coast in the eastern Mediterranean.

An intelligence-led operation by the Spanish saw Davison taken into custody.

Apart from the Suffolk businessman’s arrest, 16 others involved in the trafficking operation were held as 70 Spanish officers carried out raids to round up the suspects.

Davison was apprehended as he came out of his flat overlooking the beach at Estepona on the Costa del Sol, east of Gibraltar.

He had settled in the area several years before. It was one of at least 10 properties the Lowestoft man had in eastern Spain.

Some of these were used as investment properties rented out to holidaymakers, the remainder were for use by Davison and his friends.

In addition to his arrest, Spanish customs also seized the equivalent of more than £600,000 in cash at the Estepona property.

They found around £1million in Euros in boxes inside his apartment. It transpired through checks the money related to boat sales by Crompton Marine.

After officers from Ipswich raided Davison’s partner’s house in Lowestoft they found more than £1.25m in cash, including £250,000 stuffed in a holdall under the stairs.

Davison is believed to have taken more than 150 RHIBS over to Spain, before selling each of them for an average of 60,000 euros. Although he was not accused of carrying the drugs on the boats himself, the authorities alleged he knew what they were to be used for.

At the time of Davison’s arrest Chief Amparo Estrada, of Spanish customs, said it was estimated 141 tonnes of cannabis valued at £546m had been moved on Crompton Marine boats.

Customs officers said it had emerged the RHIBS were sold to people who were using false names and addresses.

The destination of the boats were also false.

Davison had previously been stopped at Malaga airport with large quantities of money attached to his body in bags, on at least two occasions prior to his arrest.

Sources have said on the first occasion in April 2003, Davison had 24,000 euros on him and on the second in October the same year he had 40,000 euros.

As the legal limit to take out of Spain was 6,000 euros at the time the remainder was confiscated and Davison was permitted to go with the maximum amount he was allowed.

Ipswich customs officers then discovered Davison had deposited large sums of money into bank accounts.

He would make cash payments in Spain and get the banks to transfer the money he had been paid for the boats electronically to financial institutions in England.

Just 15 days before Davison’s arrest, officers foiled a plot to smuggle 5,000 kilos of hashish into Spain as it was being transported on one of Crompton Marine boats heading for Barcelona from Tarregona.

The drugs had a street value of somewhere between 1,200-2,000 euros per kilo, depending on their purity. The total amount when converted into Sterling is ranged from £6m to £10m.

Another 1,500 kilos of hash was seized on a beach in Carthegna.

One Spanish customs officer involved in the case said: “This was a very interesting operation. The type of boats used put in danger customs officers out at sea who had to follow these vessels, so it was very important to catch the people responsible.

“This would not have been so easy without help from English customs officers. As we continued to investigate, the money laundering became more and more important as well.

“It was vital to have stopped that 18-metre boat, because nothing could have followed it.”

Anyone with information about Davison’s whereabouts should telephone HM Customs and Revenue hotline on

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DNRED (Douane française): deux agents mis en examen pour trafic de stupéfiants

La Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes DouanièresLe Monde.fr avec AFP | 27.01.2016 à 20h20

Deux douaniers et un de leurs indics ont été mis en examen mercredi 27 janvier pour trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs, selon une source judiciaire.

Placés sous contrôle judiciaire, ils sont soupçonnés d’avoir puisé dans des saisies de drogue pour rémunérer des informateurs. Les enquêteurs cherchent à savoir s’il y a aussi eu de l’enrichissement personnel, a ajouté une source proche du dossier.

Ces agents de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) avaient été placés en garde à vue lundi, avec trois de leurs collègues et un autre « aviseur » (un informateur des douanes), également interpellés lundi. Ces derniers étaient toujours entendus en garde à vue dans les locaux de la brigade de la répression de la délinquance économique (BRDE), mercredi soir.

Mercredi, quatre autres douaniers en poste à la DNRED et un troisième informateur ont également été placés en garde à vue dans la même affaire, a précisé la source judiciaire.

Disparition de cocaïne

Une information judiciaire avait été ouverte en février 2012 pour trafic de stupéfiants, détention de marchandises prohibées, association de malfaiteurs et blanchiment.

A l’origine de l’enquête, un corbeau avait dénoncé en 2011 au parquet de Paris les pratiques douteuses de certains douaniers, évoquant notamment la disparition de plusieurs kilos de cocaïne dans un dossier où 31 kg avaient été saisis en février 2010 à Paris, d’après la source proche de l’enquête, qui confirme une information du Parisien.

Trois douaniers avaient alors été placés en garde à vue et avaient évoqué des affaires similaires, notamment 120 kg de cannabis remis à un indicateur, puisés dans les 600 kg saisis lors de l’interception d’un « go fast » en 2009 en Charente-Maritime. Dans cette affaire, deux des douaniers avaient été mis en examen en 2014, notamment pour trafic de stupéfiants, et le troisième placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté.

« Ils se sont défendus en disant avoir agi avec l’aval de leur hiérarchie. C’est dans le cadre de leurs déclarations que les cinq autres douaniers ont été interpellés lundi », a expliqué la source proche de l’enquête.

Le ministère de l’économie et des finances, qui a la tutelle des douanes, a fait savoir lundi que si les faits étaient confirmés, « l’administration prendrait les mesures appropriées, pouvant aller jusqu’à la suspension ».

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/01/27/deux-douaniers-mis-en-examen-pour-trafic-de-stupefiants_4854914_1653578.html#S0HHjZ7Rj3MM5yty.99

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Deux douaniers, soupçonnés d'avoir puisé dans des saisies de drogue pour rémunérer des informateurs, ont été déférés au tribunal.Deux douaniers soupçonnés d’avoir puisé dans des saisies de drogue

http://www.ouest-france.fr/societe/drogue/deux-douaniers-soupconnes-davoir-puise-dans-des-saisies-de-drogue-3997822

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Cinq douaniers ont été placés en garde à vue lundi à Paris en lien avec une affaire de stupéfiantsTrafic de stupéfiants: deux douaniers mis en examen, nouvelles gardes à vue

http://www.lepoint.fr/societe/trafic-de-stupefiants-deux-douaniers-mis-en-examen-nouvelles-gardes-a-vue-27-01-2016-2013354_23.php

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http://www.franceinfo.fr/fil-info/article/trafic-de-drogue-5-douaniers-en-garde-vue-761275

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http://leprogres.fr/faits-divers/2016/01/25/affaire-de-stupefiants-cinq-douaniers-en-garde-a-vue

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FRANCE (opération Virus): que savait le TRACFIN des opérations de l’HSBC Private Bank??

Le 10 octobre 2012, un coup de filet de de l’Office des stups et de l’OCRGDF (Office central de répression de la grande délinquance financière) aboutissait à la saisie de près de deux millions d’euros en liquide et de dix lingots d’or. (DR.)

En fuite, le « superviseur » du trafic de stupéfiants a été arrêté mardi à Marrakech.

Trois autres mandats d’arrêt sont en attente d’exécution.

Il avait échappé au coup de filet du 10 octobre. Sofiane Nedjam, 35 ans, s’était déjà envolé vers le Maroc quand les policiers étaient venus le chercher dans son fief des Yvelines. Sa cavale s’est achevée mardi soir à Marrakech. Le Franco-Algérien, interpellé en possession d’une batterie de téléphones portables et de 50.000 euros en liquide, est depuis placé sous écrou extraditionnel.

Ce mercredi 10 octobre, après de longs mois de surveillances et d’écoutes téléphoniques, les policiers de l’Office des stups et de l’OCRGDF (Office central de répression de la grande délinquance financière) lançaient l’opération « Virus ». En pistant l’argent d’un réseau structuré de trafic de résine de cannabis entre le Maroc et l’Ouest parisien, les enquêteurs ont mis au jour une filière originale de blanchiment entre Paris et Genève, orchestrée par une fratrie originaire de Casablanca, les Elmaleh. Une bonne partie de l’argent du deal était d’abord remise à des notables parisiens adeptes de la fraude fiscale au terme d’un ahurissant ballet de sacs plastique remplis de billets échangés dans les rues de la capitale.

Le « chaînon manquant » entre banquiers et trafiquants

Ces mêmes fraudeurs voyaient ensuite leurs comptes en Suisse être débités au profit des trafiquants qui retrouvaient leurs millions, par un système de compensation, sous forme de biens immobiliers ou de parts de sociétés, en Espagne, au Maroc ou dans les Émirats.

Un temps occultés par la personnalité des fraudeurs, dont sept ont été mis en examen parmi lesquels Florence Lamblin, élue écologiste du 13e arrondissement de Paris, les enjeux du dossier « Virus » se tournent désormais vers l’étranger. D’abord vers la Suisse où deux des frères Elmaleh, Nessim, 38 ans, un as de l’ingénierie financière employé à la HSBC Private Bank, et Meyer, 48 ans, président aujourd’hui déchu de la société fiduciaire genevoise GPF S.A., ont été écroués. Pour l’instant, les magistrats helvétiques n’ont rien transmis à leur collègue parisien, le juge d’instruction de la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée) Baudoin Thouvenot. Pas plus le compte rendu des auditions des deux frères que la copie d’un « petit cahier à spirales » dans lequel l’assistante de Meyer Elmaleh était censée noter toutes les transactions, y compris les noms des bénéficiaires des opérations de compensation.

En attendant, c’est au Maroc que l’enquête a rebondi cette semaine avec l’arrestation de Sofiane Nedjam. Ce dernier, qui a gravi depuis l’adolescence tous les échelons de la carrière de trafiquant de stup, était, selon plusieurs sources policières, le « superviseur » en France du réseau : réception des go fast, ces bolides gavés de cannabis qui remontent la drogue depuis l’Espagne pour approvisionner les cités de Trappes, Mantes et Garges-lès-Gonesse (Yvelines et Val-d’Oise) ; gestion des flux financiers dont une partie reprenait la route vers l’Espagne et le Maroc, l’autre intégrant le circuit de la « Elmaleh connection ». Deux de ses complices, franco-algériens également et basés au Maroc, sont aussi visés par des mandats d’arrêt. Pour l’instant sans résultat.

Bénéficieraient-ils de protections auprès des autorités marocaines? Certaines sources policières s’interrogent. D’autant qu’un quatrième larron réfugié au Maroc fait, lui aussi, l’objet d’un mandat d’arrêt international, ce qui ne l’a pas empêché pas de couler des jours tranquilles à Casablanca jusqu’à ces derniers temps. L’homme aurait pris la tangente très récemment pour Israël. Simon P., franco-marocain d’une cinquantaine d’années, est un ami d’enfance de Meyer Elmaleh. Il serait le « chaînon manquant » entre les banquiers suisses et les trafiquants franco-algériens bien introduits dans le royaume, notamment auprès des producteurs de la région du Rif, dans le nord du pays.

Interrogé en Suisse, Meyer Elmaleh a reconnu, explique son avocate Me Josiane Stickel-Cicurel, que « cet ami de longue date lui avait proposé, il y a deux ou trois ans, des opérations de compensation : ‘J’ai des clients qui disposent de cash, est-ce que tu as des clients qui ont besoin de cash?’ Mais jamais cela ne lui a traversé l’esprit que son ami, qui a une entreprise au Maroc, puisse le tromper et le pousser à toucher à l’argent de la drogue. »

Titulaire notamment d’un diplôme de gestionnaire de fortune obtenu à Genève, Meyer Elmaleh avait épousé en 1989 la fille du fondateur de la GPF S.A., une des plus importantes sociétés de gestion de fonds de la place genevoise. Une belle ascension sociale pour celui qui était né pauvre dans la médina de Casablanca. Dans un long article publié en 2011 dans la revue marocaine VH Magazine, Albert Elmaleh, un de ses frères aînés, contait la success story familiale : un père analphabète qui s’échine « pour 20 dirhams par semaine » dans une fabrique de sacs de jute, une mère qui travaille depuis l’âge de 13 ans, six frères et une sœur qu’on habillait « grâce à des colis venus des États-Unis », mais aussi un formidable désir de réussite. « Mon père nous disait : ‘Mon fils, si tu n’avances pas, tu recules. Ne t’arrête jamais!' »

Stéphane Joahny – Le Journal du Dimanche

samedi 03 novembre 2012

http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/L-affaire-Virus-rebondit-au-Maroc-573163

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DNRED: qu’en est-il du soutien de Christian Eckert?

marc-fievet-sur-rtl-le-6-septembre-20131Les policiers de la PJ parisienne sont allés perquisitionner les locaux de la DNRED sur commission rogatoire du juge d’instruction, Beaudoin Thouvenot, de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Paris.

Une information judiciaire avait été ouverte le 13 février 2012 pour trafic de stupéfiants et détention de marchandises prohibées, association de malfaiteurs et blanchiment.

Au départ de l’affaire un certain Javier M. 59 ans, un colombien mis en examen pour « trafic de drogue en bande organisée ». Il affirme, preuve à l’appui, que les douaniers ont joué les apprentis sorciers en organisant eux-mêmes l’importation de la drogue.

Au cœur du dossier : l’importation de 30 kg de cocaïne.

En réalité, Javier M, serait un aviseur (informateur) de la Direction nationale des renseignements et des enquêtes douanières (DNRED).

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Souvenirs, souvenirs pour NS 55!

Dans les années 80,  Michel Ribatet, chef d’échelon de Lyon,  Pierre Tardy, agent de la DNRED Lyon,  Jacques Dorey, inspecteur à Dijon et Jean-Pierre Caze, inspecteur divisionnaire de Lyon, tous agents de la DNRED, s’étaient déjà confrontés à la Justice et la Police.

Le Ministre Michel Charasse les avaient alors soutenus.

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Toutes informations dans le livre!

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Lire aussi: DNRED (un peu de son histoire): c’était hier!

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DNRED – 36 – OCRTIS: au travail messieurs! Et ne vous trompez pas de cibles!

Il y a un loup chez les « gabelous »

Cinq douaniers et deux de leurs indicateurs sont interrogés depuis lundi par la police. Ces « gabelous » sont soupçonnés d’avoir puisé dans les saisies de drogue pour rémunérer leurs informateurs.

Stéphane Sellami | 27 Janv. 2016, 00h00 | MAJ : 27 Janv. 2016, 05h17

La disparition de plusieurs kilos de cocaïne, saisie lors de l’interpellation de trafiquants, avait été signalée par un corbeau.
La disparition de plusieurs kilos de cocaïne, saisie lors de l’interpellation de trafiquants, avait été signalée par un corbeau. (Photo d’illustration/PhotoPQR/«l’Est républicain »/Pierre Mathis.)

C’est une nouvelle affaire mêlant indicateurs et fonctionnaires d’Etat qui risque de faire grand bruit.

http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/il-y-a-un-loup-chez-les-gabelous-27-01-2016-5488287.php

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MAROC: les « narco-grossistes » de cannabis profitent des bateaux de migrants

Les grossistes du Maroc diversifient leurs voies d’acheminement de la drogue, sillonnant la Méditerranée orientale et les Balkans. Cette voie de passage, plus difficile à surveiller, oblige les organes de lutte contre les stupéfiants à davantage de coopération.

La route directe – reliant la région de Tanger aux grandes métropoles françaises via l’Espagne – reste la plus utilisée par les par les importateurs de résine de cannabis. Mais les policiers sont préoccupés par l’utilisation croissante d’itinéraires parallèles, qui se confondent parfois avec ceux des migrants.

« Il y a une atomisation des routes de la drogue », constate Patrick Laberche, l’adjoint au chef de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS)

http://www.lopinion.fr/edition/international/trafiquants-cannabis-qui-profitent-bateaux-migrants-94564

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DARKNET (drugs trade): Sellers offer ‘dog-proof’ packages of drugs in return for bitcoins

Afficher l'image d'origineBitcoins are the ­untraceable ­online currency that allow websites users to maintain their anonymity.

 

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The illegal drug ­business is like any other trade and criminals are using the internet to find ­customers and sell their wares.

READ: http://www.independent.ie/life/darknet-drugs-trade-sellers-offer-dogproof-packages-of-drugs-in-return-for-bitcoins-34385733.html

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FRANCE (DNRED – Paris): cinq douaniers sont en garde à vue dans une affaire de stupéfiants

Modifié le 26 janvier 2016 à 8 H 40

Qu’en pense Philippe Defins de l’Inspection des Services de la Douane française?

Afficher l'image d'originePhilippe Defins, 2éme à droite sur la photo (entre Jean Baptiste Carpentier et Bruno Dalles)

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Publié le 25/01/16 à 22:22
dnredCinq douaniers ont été placés en garde à vue lundi à Paris en lien avec une affaire de stupéfiants, a-t-on appris de sources policières et judiciaire. »Il s’agit d’une affaire d’indicateur des douanes lié à des affaires de ‘stups’ remontant à quelques années », a déclaré à l’AFP une source policière. Six douaniers avaient été interpellés, comme l’a révélé iTélé plus tôt dans la soirée, avant que l’un d’entre eux soit relâché.
Les cinq hommes sont actuellement entendus au 36, quai des Orfèvres par la Brigade de la répression de la délinquance économique (BRDE), en charge de l’enquête, a indiqué une autre source policière.quai_des_Orfèvres_Paris
Ces douaniers appartiennent, selon une source proche du dossier, à la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DRNED), qui a été perquisitionnée, a-t-on appris de sources policière et judiciaire. 
Contactée par l’AFP, la direction générale des douanes « confirme que des douaniers sont entendus sous le régime de garde a vue et qu’une perquisition a été menée ».
« Il s’agit d’une affaire ancienne, qui date de 2009 », a-t-elle précisé. »
Une enquête a été ouverte par un juge d’instruction, à laquelle la douane collabore.
« La présomption d’innocence doit jouer. Si des faits sont avérés, la procédure administrative s’enclenchera« , a ajouté la même source.
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BLANCHIMENT (argent des cartels): les filières des narcos mexicains passent aussi par le Liechtenstein

LIECHTENSTEINUn gérant de fortune du Liechtenstein est accusé d’avoir blanchi l’argent des cartels mexicains entre Los Angeles, Saint-Gall et Vaduz.
François Pilet

L’affaire fait apparaître l’immense industrie du recyclage, dont les Etats-Unis restent la plaque tournante

L’histoire ne dira pas à quoi pensait Renaldo Negele ce jour de février 2013, au moment où l’avion perçait la grisaille de Kloten pour l’emmener vers le soleil de Californie. Côté face, ce Liechtensteinois de 50 ans se présentait comme gérant de fortune indépendant, entrepreneur et CEO de sa propre société, Swissloans Financial Services AG. Côté pile, il ne précisait pas que son entreprise n’existait que dans la boîte aux lettres d’un modeste appartement avec vue sur la route cantonale à Quarten, dans le canton de Saint-Gall. Il ne racontait pas non plus que son seul associé, un garagiste et ami d’enfance, l’avait laissé tomber quelques années plus tôt.

Pour se rassurer, lors de son voyage vers Los Angeles, Renaldo Negele pensait peut-être à la marée de narcodollars qui se blanchissent chaque jour impunément dans le système financier américain. Statistiquement, la petite affaire qu’il espérait conclure avait toutes les chances de passer inaperçue. S’il avait raison sur le premier point, il se trompait lourdement sur le second.

Le 10 décembre dernier, Renaldo Negele a été inculpé par le Département américain de la justice pour blanchiment en bande organisée. Le Liechtensteinois est accusé d’avoir offert ses services à un syndicat de blanchisseurs dirigé par Tu Chau Lu, alias Oncle Bill, 71 ans, président et CEO de la Saigon National Bank, à Los Angeles. En apparence, ce modeste établissement faisait crédit à l’industrieuse communauté vietnamienne de Little Saigon, au sud de la ville. En réalité, la petite banque d’Oncle Bill lessivait les narcodollars du cartel mexicain de Sinaloa, dirigé par celui qui était alors le trafiquant le plus recherché au monde, Joaquin «El Chapo» Guzman.

Tu Chau Lu, alias Oncle Bill, opérait un vaste réseau de blanchiment depuis sa petite banque du quartier vietnamien de Los Angeles, la Saigon International Bank
© Google Street View

Nouvelles «routes» de recyclage

L’organisation d’Oncle Bill était active au moins depuis 2008. Selon le Département de la justice, le syndicat était en permanence à la recherche de nouveaux partenaires et associés, dans le but d’établir de nouvelles «routes» de recyclage, et ainsi augmenter ses volumes. Les partenaires pouvaient conduire leurs propres activités de blanchiment, mais agissaient sur les instructions directes de Tu Chau Lu lorsqu’ils travaillaient pour l’organisation. A son apogée, en 2013, la blanchisserie d’Oncle Bill disposait de «routes» vers la Chine, le Vietnam, la Suisse, Hongkong et le Liechtenstein. Elle était en mesure de «traiter» jusqu’à 2 millions de narcodollars par jour.

Sur les quinze coaccusés de Renaldo Negele, dix ont été arrêtés début décembre en Californie, dont Oncle Bill. Le Liechtensteinois a échappé au coup de filet, tout comme un citoyen britannique installé à Hongkong, un Américain d’origine vietnamienne et deux Mexicains décrits comme «proches des gens d’El Chapo». Renaldo Negele reste introuvable à ce jour. Il est recherché par les autorités suisses et américaines.

La chute de la blanchisserie d’Oncle Bill, que Le Temps a pu reconstituer sur la base de documents de justice, offre une plongée spectaculaire dans la mécanique financière du narcotrafic. Elle montre que malgré l’intransigeance affichée par les Etats-Unis, le système bancaire américain reste extrêmement exposé au recyclage de l’argent de la drogue.

Carte suissePlusieurs schémas

L’affaire permet aussi d’observer plusieurs schémas de blanchiment utilisés par les trafiquants, chacun avec ses particularités, ses avantages, et, surtout, son prix (infographie ci-dessous). Il en ressort par exemple que l’usage d’une fondation du Liechtenstein, abritée par une banque connue de la place, est réputé dans le milieu comme une des solutions les plus sûres et opaques. Elle est aussi l’une des plus coûteuses, les narcos devant être prêts à céder 25% du pactole à blanchir sous forme de commissions.

Autre possibilité: un compte à la Bank of China, à Hongkong. L’offre est tout aussi efficace, et s’avère un peu plus économique, avec des commissions d’environ 15%. Seule limitation: par discrétion, le volume d’argent à blanchir ne doit pas dépasser un certain seuil. En l’occurrence, le réseau d’Oncle Bill ne pouvait y faire transiter que 20 millions de dollars à la fois. Des cacahuètes.

En comparaison, les banques américaines, en particulier californiennes, apparaissent à la fois comme une alternative low cost imbattable, avec des commissions entre 3% et 10%, et aussi comme les seules capables d’ingérer sans broncher les immenses quantités d’argent liquide que les narcos ont à recycler jour après jour.

Renaldo Negele n’a pas ménagé sa peine pour se faire une place sur ce marché hautement concurrentiel. Début 2013, le Liechtensteinois tient sa chance: Oncle Bill pense avoir trouvé deux nouveaux partenaires aux reins solides, qui auront besoin d’un service haut de gamme. Renaldo Negele fait spécialement le voyage vers Los Angeles pour les rencontrer. Rendez-vous est pris, le 21 février, dans un appartement discret à quelques blocs de la Saigon National Bank.

Entre professionnels, on joue franc jeu

Renaldo Negele s’y rend avec Ben Ho, son fidèle adjoint. Face à eux, les deux nouveaux clients ne tournent pas autour du pot. Entre professionnels, ils jouent franc jeu. Le duo est à la recherche d’un mécanisme de blanchiment qui leur permettra de recycler de l’argent provenant de la vente de drogue en Europe et du trafic d’armes vers le Nigeria. Ben Ho propose aux nouveaux venus de ne plus utiliser le mot «blanchiment», et de le remplacer par «protection», ou «titrisation». Renaldo Negele indique que désormais, il ne voudra plus rien savoir de l’origine des fonds des deux clients.

Cette introduction passée, Renaldo Negele et Ben Ho sortent le grand jeu. Ils proposent la création d’une fondation, qui pourra être utilisée pour transférer des fonds dans le monde entier sans être détecté, y compris vers les Etats-Unis. La commission des blanchisseurs sera calculée sur le capital de la fondation, déposé sur un compte auprès de la Bank Frick & Co de Vaduz. En tout, comptez 25%.

La fondation peut être créée avec des fonds déjà blanchis, ou pas. S’ils souhaitent l’ouvrir avec de l’argent sale, Negele explique que les billets peuvent être acheminés jusqu’à l’aéroport de Zurich par des mules – il faudra en prévoir au moins une dizaine –, où les dollars seront changés contre des francs et des euros. Le cash pourra ensuite être apporté directement à la banque Frick. S’ils le désirent, les deux clients pourront même compter les billets à l’arrivée, directement dans les locaux de la banque.

Dernière précision: les commissions versées à Renaldo Negele n’ont pas besoin de provenir de fonds blanchis. Ben Ho se dit également prêt à un geste commercial: il propose de virer immédiatement 50 000 dollars aux deux clients, depuis une fondation du Liechtenstein, pour bien leur montrer que les virements passent sans problème.Les deux hommes sont emballés. Ils remplissent sur-le-champ un formulaire d’ouverture de compte pour la fondation, fournie clés en main par la société saint-galloise Swissloans Financial Services. Renaldo Negele, Ben Ho et la clique d’Oncle Bill n’ont compris leur erreur que deux ans plus tard. Les deux clients étaient en réalité des agents du FBI sous couverture.

Durant cette période, le banquier avait ouvert toute son arrière-boutique aux deux hommes. Il leur avait montré comment ses employés acceptaient des sacs plastique remplis de narcodollars, sur des parkings de supermarchés asiatiques, et viraient chaque jour les montants correspondants, par chèques ou virements électroniques, vers le Mexique. Il leur avait expliqué que sa modeste Saigon International Bank était devenue trop petite, et qu’il devait avoir recours à ses «connexions» pour déposer le cash de ses clients auprès de trois autres banques américaines, dont la Wells Fargo et Bank of America.

Des efforts pour le compte du cartel d’El Chapo

Oncle Bill leur avait présenté ses deux partenaires mexicains qui cherchaient à lessiver 300 millions de dollars à un tarif de 3% pour le compte du cartel d’El Chapo. Plus fort encore: le banquier leur avait révélé que les Mexicains avaient investi 1 million de dollars dans sa banque, histoire d’huiler les rouages. Il proposait aux deux nouveaux venus de faire de même. Durant la crise de 2008, la Saigon International Bank avait reçu 1,5 million de dollars de Washington dans le cadre du plan d’aide au secteur bancaire.

Ce montant, qui aurait dû être remboursé depuis, ne l’a jamais été. Oncle Bill ne se doutait pas qu’en proposant aux deux hommes de racheter 24% de son établissement, cinq ans plus tard, il s’adressait en fait à des agents du même gouvernement fédéral qui l’avait aidé à survivre durant la crise. Le procès d’Oncle Bill et de ses associés s’ouvrira le 1er mars prochain.

«J’espère ne jamais 
le recroiser»

A Quarten, sur les rives du lac de Walenstadt, l’ex-associé garagiste de Renaldo Negele s’empresse de se distancier de son ancien ami. «Nous nous connaissions depuis l’enfance, raconte-il. Renaldo était un type sympa, très correct. J’ai coupé les ponts avec lui il y a plusieurs années. J’avais accepté de m’associer avec lui parce qu’il lui fallait un citoyen suisse pour monter la boîte. Mais il ne voulait pas tenir de comptabilité. Je n’ai pas voulu entrer là-dedans. J’espère ne jamais le recroiser.» Il y a peu de risques.

Nous coopérerons pleinement si les autorités suisses ou américaines venaient à nous le demander

Le Ministère public de la Confédération ne souhaite pas s’exprimer sur l’affaire. L’Office fédéral de la justice précise seulement que «les demandes de recherche et d’arrestation sont confidentielles et soumises au secret de fonction». Robert Wallner, procureur général du Liechtenstein, dit n’avoir eu aucun contact avec le Département de la justice. «Nous coopérerons pleinement si les autorités suisses ou américaines venaient à nous le demander», poursuit-il.

Un porte-parole de la Bank Frick & Co assure qu’après une «vérification détaillée», et «en l’état actuel de ses connaissances», l’établissement n’a «jamais entretenu de relation d’affaires avec Renaldo Negele ni avec la société Swissloans». Selon le procureur Robert Wallner, aucune arrestation ni blocage de fonds n’ont été effectués à ce jour dans la principauté dans le cadre de cette affaire.

https://www.letemps.ch/monde/2016/01/20/filieres-narcos-mexicains-passent-suisse

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AFRICA: transshipment of narcotics Is threat to good governance

In 2013, United Nations Office on Drugs and Crime (UNDOC) conducted a West Africa Threat Assessment that estimated the yearly value of only cocaine transiting through West Africa as US$ 1.25 billion- significantly more than the annual national budgets of countries in the region.

download-13.jpgIt also revealed that the prevalence rate of cannabis use in West and Central Africa as 12.4% which higher than Africa 7.5% and the global average 3.9%.

Moreso, these development pose serious threats to good governance, peace and stability, economic growth and public health.

The use of these dangerous drugs have also triggered numerous conflicts and misunderstandings in the region.

It is obvious that, some of the drugs such marijuana have been in the region before West Africa became a major transit point. The response against this devastating menace has been the same from one government to another in West Africa.

As drug consumers being dealt with as the same as traffickers, characterised by tough punitive measures with its attendant violation of human rights.

However, menace has opened a window to corruption and also creating unnecessary burden on the overwhelmed criminal justice system.

As part of its efforts to help address this cankar, the West African Civil Society Institute(WACSI) with the support from Open Society Initiative for West Africa(OSIWA) organised a regional Consultation on Drugs Policy Reform in West Africa in Accra.

Under theme: The Road to the United Nation’s General Assembly Special Session ( UNGASS) on the World Drug Problem”.

In an interview with Nana Afadzinu, Executive Director of West African Civil Society Institute (WACSI) she noted that , West African citizens, especially the youth and children have the right to be safe from the scourge of drug trafficking.

According to her, the manner in which drug consumers are being dealt the same as traffickers, characterised by tough punitive measures violate the human rights.

This she said, it has become imperative for West African governments and civil society to engage in strategic and productive consultations on drug policy reforms.

The two day programme was aimed at providing an opportunity for government officials and national law enforcement agencies in order to discuss policy issues necessary reforms identified at the national- level meetings.

However, she cited the following key outcomes of the regional consultative meeting:
To clearly identified milestones and challenges under the current drug policy measures in the region.
To invigorate and create regional momentum for drug policy reforms in West Africa.

And to develop a West African common position towards the United Nations General Assembly Special Session (UNGASS)that calls for human rights and public health oriented drug policies with emphasis on harm reduction.

The meeting attracted 11 West African countries including Benin, Cape Verde, Côte D’Ivoire, Ghana, Guinea, Guinea Bissau, Liberia, Mali , Nigeria, Senegal and Sierra Leone.

By: Isaac Kofi Dzokpo/ NewsGhana.com.gh

http://www.newsghana.com.gh/transshipment-of-narcotics-is-threat-to-good-governance/

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NARCO-TERRORISME: la production d’opium finance aussi Daech

En 2014, les champs de pavots afghans ont permis la production de 6 400 t d’héroïne.
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24/01/2016

L’Afghanistan est le premier producteur mondial d’opium depuis les années 1990, fournissant plus des trois quarts de l’héroïne consommée sur la planète. Confidentielle à la veille de l’invasion soviétique en 1979 – 200 tonnes par an – cette production n’a cessé de croître, malgré l’interdiction de la culture du pavot, en 2000, par le Mollah Omar. En 2014, 6 400 tonnes d’opium ont été confectionnées, selon les estimations de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUCD), qui table tout de même sur une forte baisse de près de moitié pour 2015, pour raisons climatiques. « La production d’opium fait partie de l’économie de guerre. Il faudrait vraiment la paix et un Etat fort pour assurer la sécurité et lutter contre ce marché », détaille Karim Pakzad, chercheur à l’Iris spécialiste de l’Afghanistan. Autrement dit, comme l’opium a permis aux moudjahidines de nourrir en partie leur lutte contre les Soviétiques ou aux insurgés de faire face à la coalition de l’OTAN dès 2000, elle offre aujourd’hui des financements aux Talibans, qui prélèvent entre 10 et 20 % des revenus via un impôt. Pour un pactole global qui se compte en milliards d’euros chaque année.

Avide de croissance, l’État islamique a tout fait pour toucher sa part du magot, surtout avec l’affaiblissement progressif d’Al-Qaida. « Pour beaucoup, Daech se cantonne à la Syrie et à l’Irak, mais son influence est bien plus vaste. En Afghanistan, les talibans les plus radicaux ou le mouvement islamiste d’Ouzbékistan, au nord, se sont ralliés à cette organisation, lui donnant accès aux revenus de ce trafic. » Dans une interview accordée à L’Express , Edward Follis, ancien de la DEA qui a œuvré en Afghanistan, évoquait un milliard de dollars de revenus par ce biais pour l’État Islamique en 2015. Une somme surestimée selon Karim Pakzad, mais qui pourrait gonfler à terme.

http://www.estrepublicain.fr/actualite/2016/01/24/la-production-d-opium-finance-aussi-daech

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