AVISEUR INTERNATIONAL

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GIBRALTAR (Narcotrafic): nouvelle tension entre Londres et Madrid

Bis repetita placent

Les autorités britanniques ont fermement condamné dimanche la violation de leur souveraineté territoriale, suite à l’intrusion d’une patrouille maritime espagnole qui poursuivait des trafiquants de drogue au niveau des eaux de Gibraltar.

Un navire et un hélicoptère de la douane espagnole ont pourchassé dimanche des trafiquants de drogue jusque sur une plage du rocher britannique, Gibraltar. Une traque qui a irrité le ministère des Affaires Etrangères britannique au plus haut point. Le Foreign Office a en effet immédiatement réagi en qualifiant cette incursion sur son territoire de « violation grave » de sa souveraineté.

Le trafic de drogue provenant d’Afrique du nord, mais aussi et surtout le fléau de l’immigration clandestine omniprésente dans cette région, force les autorités espagnoles à être en état d’alerte continu. Une situation qui les oblige à traquer les passeurs en tout genre, en leur donnant une chasse-poursuite jusque dans les eaux maritimes de Gibraltar.

Les tensions sont donc fréquentes lorsque les douaniers espagnols interviennent dans les eaux de Gibraltar, un territoire qui relève de la souveraineté territoriale du Royaume-Uni mais qui est en même temps revendiqué par le Royaume d’Espagne.

Un incident de ce genre avait déjà éclaté au début de ce mois, lorsqu’un bateau de la douane espagnole avait pourchassé un zodiaque de trafiquants de drogue dans une zone de baignade espagnole, déclenchant de vives protestations du côté britannique.

Le trafic de drogue en Méditerranée atteint son apogée durant la saison estivale, lorsque la météo est clémente. Les passeurs de drogue profitent donc de cette accalmie météorologique pour faire passer le plus possible de cargaisons illicites vers l’Europe, contraignant ainsi les autorités espagnoles à être plus vigilant au niveau du détroit de Gibraltar.

Les autorités marocaines, qui participent également à la lutte contre le trafic de drogue dans le détroit de Gibraltar, procèdent régulièrement à des arrestations et à la saisie d’importantes cargaisons de drogue.

Narcotrafic: Nouvelle tension entre Londres et Madrid autour de Gibraltar

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NARCOTRAFIC (France): quand la cocaïne était rapatriée sous le regard bienveillant de l’OCRTIS et la DNRED

les PIEDS NICKELÉS chez les narcotrafiquants

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C’est un des derniers tabous dans les affaires de stups : la provocation policière, ou comment monter un dossier de toutes pièces pour réaliser une grosse saisie ou faire tomber un réseau. Cette pratique, formellement proscrite par le code de procédure pénale, est difficile à établir faute d’éléments probants. C’est pourtant pour cette raison que la cour d’appel de Paris vient d’annuler l’intégralité d’une procédure visant un vaste trafic de drogue entre la métropole et les Antilles. Dans un arrêt cinglant daté du 2 juillet, auquel Libération a eu accès, la chambre de l’instruction a pointé les «incohérences» du dossier et souligné le rôle «déterminant» de l’Office central de répression contre le trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS) dans la mise en place du trafic. L’affaire, partiellement révélée par le Parisien, a mis en émoi les services enquêteurs, inquiets de voir certaines de leurs méthodes désavouées par la justice.

Un «oncle» au fret

Ce 26 mars 2014, il est environ 10 heures quand une quinzaine de policiers de l’OCRTIS se positionnent discrètement aux abords des quais de livraison du fret de l’aéroport d’Orly (Val-de-Marne). Une heure plus tard, un homme gare sa camionnette, descend récupérer plusieurs malles au guichet, puis les charge à l’arrière. Peu après, un autre individu entre à son tour dans le véhicule. Certains caïds du Val-de-Marne le connaissent sous le nom de Pedro, alias «le Portugais». Il a joué un rôle-clé dans l’acheminement de la drogue qui vient d’être récupérée. Mais à cet instant précis, son acolyte ignore encore que Pedro est aussi un informateur de l’OCRTIS. Un «indic». Après avoir récupéré un sac dans le coffre, Pedro repart tranquillement à moto. Quelques secondes plus tard, les policiers font irruption et interpellent le conducteur de la camionnette. A l’intérieur : 132 kilos de cocaïne quasiment pure. Dans les heures qui suivent, une dizaine de personnes seront interpellées et mises en examen entre la région parisienne et la Martinique. A l’époque, aucun média n’a relaté cette impressionnante saisie. Étrange quand on connaît la propension du service à communiquer sur ses plus belles affaires.

Officiellement, celle-ci a démarré quelques mois plus tôt. Le 30 janvier 2014, l’antenne de l’OCRTIS à Fort-de-France (Martinique) reçoit un renseignement anonyme selon lequel «une équipe locale de trafiquants serait en train d’organiser un trafic de stupéfiants d’envergure avec une équipe de malfaiteurs de la région parisienne». Il s’agirait, par avion, d’importer en Martinique du cannabis en provenance de la métropole, de l’échanger sur place contre de la cocaïne, puis de faire revenir la poudre. En réalité, l’information ne vient pas des Antilles, mais de la prison de Fresnes, d’où Pedro vient de sortir. Au cours de sa détention, il a fait la connaissance d’un gros bonnet du Val-de-Marne, Christophe M., qui se targue d’avoir des relations en Martinique. Escroc patenté, Pedro collabore aussi, à l’occasion, avec la police. Il a déjà refourgué certains de ses tuyaux à la PJ de Rennes dont il est un indic répertorié depuis plusieurs années. Mais il n’a encore jamais rencardé l’OCRTIS, contrairement à son ami Franck, bien connu du service (1). Ce dernier accepte de jouer l’intermédiaire en faisant remonter l’info de Pedro à l’Office des stups de Nanterre, qui se montre aussitôt très intéressé.

Depuis plusieurs mois, le service est en effet confronté à une inflation de grosses saisies de cocaïne. Un des principaux trafiquants français, Kevin D., a été arrêté l’année précédente. Mais le dealer aurait laissé dans son sillage plus d’une tonne de coke en Martinique. Pour les policiers, la piste de Pedro est peut-être une occasion de remonter jusqu’à ce stock. Le service donne donc son feu vert. Dès lors, les deux indics auront le même officier traitant à l’OCRTIS. Quelques semaines plus tard, Pedro reprend contact avec le trafiquant rencontré à Fresnes, Christophe M., afin de le «tamponner». Il lui indique avoir la possibilité de faire passer facilement de la drogue entre la métropole et la Martinique grâce à son oncle, qui occupe un poste important au fret d’Orly. Un «oncle» qui n’est autre que Franck, son vieux comparse. Ce dernier, explique-t-il, a la possibilité d’échapper aux contrôles des douanes. Ses derniers associés ayant essayé de le doubler, il cherche de nouvelles personnes de confiance, capables d’expédier et de réceptionner les colis de stupéfiants. Christophe M. se montre intéressé mais veut des garanties et exige de rencontrer l’oncle avant de constituer une équipe. Plusieurs rendez-vous vont alors être organisés afin de gagner la confiance des trafiquants. A chaque étape, les deux comparses en réfèrent à leur officier traitant. «Avant tous les rendez-vous, je demandais à l’OCRTIS ce que je devais dire ou ne pas dire», témoignera l’un d’eux face au juge.

Les derniers détails sont calés avec Christophe M. dans un bar de Montparnasse. Une autre équipe est envoyée en Martinique afin de superviser l’opération. Le premier envoi a lieu le 21 janvier 2014 : 60 kg de shit partent de Paris jusqu’à Fort-de-France, échangés sur place contre 30 kg de cocaïne. Deux semaines plus tard, la poudre est rapatriée sous le regard bienveillant de l’OCRTIS, qui a mis les douanes dans la boucle et indique même à ses deux taupes les tranches horaires durant lesquelles les dealers doivent livrer la marchandise au fret. Légalement, les services de police sont autorisés à effectuer de telles «livraisons surveillées» sous le contrôle d’un magistrat. Sauf que celle-ci n’apparaîtra nulle part dans la procédure. Qu’importe, l’objectif est atteint : l’équipe du 94 récupère la dope, persuadée d’avoir trouvé un excellent filon. Un nouveau voyage est aussitôt programmé le mois suivant, avec des quantités plus importantes. Mais, cette fois, la livraison est stoppée net par les policiers à Orly. Fin du premier acte.

Pesée des malles

Le dossier, jusqu’ici géré par le parquet de Créteil, bascule à la juridiction interrégionale spécialisée de Paris. Très vite, les deux juges d’instruction tiquent sur certaines incohérences. A aucun moment les noms de Pedro et Franck n’apparaissent dans les procès-verbaux, malgré leur rôle central. Les écoutes téléphoniques permettant de les identifier ont toutes été tronquées. Plus surprenant encore : la présence fugace de Pedro dans la camionnette, le jour de l’interpellation, n’est mentionnée nulle part, alors même qu’une quinzaine de policiers ont assisté à la scène. «Sans nos recoupements et ceux des magistrats instructeurs, les indics n’auraient jamais été identifiés dans la procédure», s’insurge Me Caroline Apiou, avocate de Christophe M. Saisie par les juges, la Section de recherches de la gendarmerie de Paris est alors chargée de l’enquête dans l’enquête.

Rapidement, d’autres incohérences apparaissent, comme la disparition de près de 8 kg de coke entre la pesée des malles en Martinique et leur saisie à Orly. Au fil des investigations, plusieurs suspects sont disculpés faute de preuves. Protégé pendant plusieurs mois, Pedro finit par être interpellé en novembre 2014 et ne met pas longtemps à lâcher le morceau. «J’ai agi sous les ordres de l’OCRTIS», confirme-t-il dans le bureau du juge. Comme son complice, il est inscrit au «fichier Siat» (Service interministériel d’assistance technique), qui permet d’identifier et de rémunérer légalement les sources policières. Pedro et Franck ont ainsi touché respectivement 4 000 et 17 000 euros «en rétribution des prestations fournies à l’Office». Franck sera finalement interpellé le 12 mai 2015, plus d’un an après la saisie d’Orly. En perquisitionnant son domicile, les gendarmes découvrent 95 000 euros en espèces, 18 montres et six téléphones portables. Face au juge, l’homme confirme que l’OCRTIS a bien piloté le dossier depuis le début. «S’il n’y avait pas eu l’OCRTIS qui avait poussé à la roue pour accepter toutes les demandes des trafiquants, personne ne serait là aujourd’hui.»

Auditionnés à leur tour, trois policiers de l’Office défendront pied à pied leur enquête, estimant que la procédure a été «régulière» et que la plupart des suspects interpellés étaient bien impliqués dans un trafic antérieur. La chambre de l’instruction a estimé, au contraire, qu’aucun élément ne permettait de l’affirmer. «C’est assez effrayant de constater qu’une affaire orchestrée depuis le début aurait pu donner lieu à une condamnation à deux chiffres», s’est ému Me Yves Leberquier, avocat d’un des suspects, après la décision de la cour d’appel. Le parquet général, qui avait requis la validation de la procédure, s’est immédiatement pourvu en cassation. Mais la jurisprudence de la chambre criminelle est constante : il y a provocation policière lorsque la police prête, «de manière active, son concours à une provocation ayant pour but d’inciter un délinquant à commettre une infraction». Avec pour conséquence la nullité de l’entière procédure.

(1) Les prénoms ont été modifiés

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ITALIA (Sicilia): cocaina nascosta tra banane provenienti dalla Colombia – 11 fermi a Catania


Sequestrata dai funzionari del servizio antifrode dell’ufficio delle Dogane di Catania all’interno del porto, con la collaborazione dei militari della Guardia di Finanza. Nascosta in un container che trasportava un carico di banane proveniente dalla Colombia, la droga avrebbe fruttato circa 10 milioni di euro

http://www.etalia.net/articles/a7b72dac8-1aae-4d94-8a1c-299b4c24a601

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CATANIA.

I funzionari del servizio Antifrode dell’ufficio delle Dogane di Catania hanno sequestrato all’interno del porto, con la collaborazione dei militari della Guardia di Finanza, oltre 54 Kg di cocaina purissima.

catania, cocaina, droga, fermi, guardia di finanza, Catania, Cronaca

La droga, occultata in un container che trasportava un carico di banane proveniente dalla Colombia, una volta immessa sul mercato avrebbe fruttato circa 10 milioni di euro.
L’operazione denominata «Mexcal», coordinata dalla Direzione distrettuale antimafia della Procura della Repubblica di Firenze, si è conclusa con il fermo di 11 persone accusate di associazione per delinquere finalizzata al traffico internazionale di sostanza stupefacente.

http://catania.gds.it/2015/08/08/cocaina-nascosta-tra-banane-provenienti-dalla-colombia-11-fermi-a-catania_393166/

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MARTINIQUE: saisie de 404 kg de cannabis réalisée lors d’une opération de contrôle mise en place par l’OCRTIS et la DNRED dans le port de Fort de France.

Saisie réalisée le 3 août 2015

Face à l’augmentation des flux de stupéfiants entre la métropole et les départements français des Antilles, les services de l’OCRTIS1 et de la DNRED2 ont décidé de mettre en place des opérations de contrôle renforcé, notamment sur le fret commercial. Ils ont ainsi contrôlé le lundi 3 août 2015 au matin un navire commercial en provenance d’Europe transportant plusieurs milliers de véhicules destinés à la Caraïbe à son arrivée dans le port de Fort de France.

Le dispositif mobilisait une vingtaine d’agents, dont plusieurs équipes cynophiles anti-stupéfiants des douanes. Il visait à procéder au contrôle de l’ensemble des véhicules devant être importés en Martinique, soit plus de 600 voitures.

Après plusieurs heures de vérification, les agents ont fini par découvrir à l’arrière d’un véhicule de type utilitaire treize « valises marocaines3 », d’une trentaine de kilogrammes chacune, déposées à même le plancher, et contenant de la résine de cannabis.

La drogue, d’un poids total de 404 kg, a été immédiatement saisie. La valeur marchande des produits est estimée à plus de 2,4 millions d’euros.

source: http://www.douane.gouv.fr/articles/a12530-saisie-record-de-resine-de-cannabis-en-martinique

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NARCOTRAFIC: les garde-côtes découvrent un sous-marin transportant 7,3 tonnes de cocaïne…et en perdent 2 tonnes dans l’océan

Le USCGC Bertholf (WMSL-750), le 1er exemplaire de la classe Legend en 2008 en compagnie d’un hélicoptère MH-65C et d’un avion Ocean Sentry HC-144A, désignation de l’USCG du CASA CN-235. (https://fr.wikipedia.org/wiki/United_States_Coast_Guard#/media/File:USCGC_bertholf_2.jpg)
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Edité par David DOUÏEB avec AFP
le 08 août 2015 à 10h50

 
Le 18 juillet dernier, les garde-côtes américains ont réussi à intercepter un navire semi-submersible dans l’océan Pacifique. Il contenait près de 7,3 tonnes de cocaïne. Mais une partie de la cargaison a été perdue !
Alors qu’ils patrouillaient dans l’océan Pacifique, des garde-côtes américains ont été alertés de la présence d’un navire semi-submersible suspect, à plus de 300 kilomètres du Mexique. Lors du contrôle de l’embarcation, ils ont découvert une cargaison de 7,3 tonnes de cocaïne. Les quatre personnes qui se trouvaient à bord ont été arrêtées.

2 tonnes de cocaïne perdues au fond de l’océan  

Les garde-côtes avaient laissé 2 tonnes de cocaïne dans le semi-submersible, imaginant que cela faciliterait son remorquage. Mais l’embarcation a fini par couler, emportant avec elle le reste de la cargaison dans les profondeurs de l’océan. Un acte manqué pour les garde-côtes américains qui ont assuré dans un communiqué que la cocaïne perdue était « irrécupérable« .

La nouvelle mode des navires submersibles

Depuis 2010, les autorités américaines ont de plus en plus souvent affaire à des navires submersibles ou semi-submersibles, utilisés par les trafiquants pour le transport de la drogue. D’après le New-York Times, ces narco sous-marins seraient « capables de transporter 10 tonnes de cocaïne. Ils remonteraient à la surface la nuit pour recharger les batteries de leur moteur diesel et pourraient ainsi naviguer sous la surface de l’eau, de l’Equateur à Los Angeles ».

SOURCE: http://lci.tf1.fr/monde/amerique/ces-garde-cotes-decouvrent-une-cargaison-de-cocaine-et-en-perdent-8642798.html

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FRANCE (Quai des stups): rebondissement dans l’affaire du vol de cocaïne au « 36 »…

36 QUAIVol de cocaïne au « 36 » : « On veut fabriquer un coupable sur des indices »

Nous avons rencontré Me Bertrand Burman, l’avocat du suspect Jonathan Guyot fin juin à Paris. Il dénonce une enquête à charge.

Me Bertrand Burman, avocat du suspect Jonathan GuyotMe Bertrand Burman, avocat du suspect Jonathan Guyot

PHOTO Simone Perolari

 

 

Propos recueillis par Stéphane Sellami

Dans quel état psychologique se trouve votre client ?

« Il remonte légèrement la pente. Sa tentative de suicide (le 31 mars, NDLR), ce n’était pas pour attirer l’attention. Il était dans le désespoir et la déchéance.

 Depuis le début de son incarcération, le 6 août 2014, il a été placé à l’isolement total. Il est seul en cellule et en promenade. Il a aussi été privé de tout contact avec sa femme et son enfant depuis un an. Il peut désormais voir son fils, mais pas sa femme, puisqu’elle a été mise en examen dans le même dossier.

Nie-t-il toujours être l’auteur du vol de la cocaïne au sein de la police judiciaire parisienne ?

Il conteste les faits et, très concrètement, le fait majeur, à savoir d’être l’homme que l’on voit entrer et sortir dans la nuit du 24 au 25 juillet 2014 des locaux du 36, quai des Orfèvres, à Paris. Cet homme, ce n’est pas lui ! D’ailleurs, les enregistrements de vidéosurveillance ne sont pas explicites sur ce point. Et les reconnaissances de mon client par ses anciens collègues sur les images extraites de ces vidéos sont fluctuantes et parcellaires.

Des éléments à charge ont pourtant été recueillis contre votre client…

Dans ce dossier, les enquêteurs n’arrivent pas à répondre à la question de savoir ce qui s’est passé précisément ce 24 juillet, vers minuit, au sein du 36, quai des Orfèvres. Donc ils se sont intéressés au train de vie de mon client, et ont relevé des points tendancieux. Il y a notamment cette somme d’argent retrouvée sur lui au moment de son arrestation. Il s’en est expliqué, mais je ne peux être plus précis sur ce point, au regard du secret de l’instruction en cours.

Votre client a notamment multiplié les versions sur l’origine de cet argent…

A-t-il bien ou mal fait ? Il n’a pas agi au mieux mais pour lui, il ne s’agissait pas de biaiser avec la justice. Mon sentiment dans ce dossier, c’est que l’on veut fabriquer un coupable sur des indices et que l’on ne veut pas travailler sur l’hypothèse que cela pourrait être quelqu’un d’autre. On lui demande de prouver son innocence, alors que c’est à la justice d’établir son implication.

Pourquoi a-t-il dénoncé des malversations au sein de son ancienne brigade ?

Mon client refuse de porter la responsabilité d’une brigade de manière générale sur tout ce qui peut s’y passer en particulier. Mais il n’est pas là non plus pour accuser qui que ce soit de quoi que ce soit. »

Un an de rebondissements

4 juillet 2014 : 52 kilos de cocaïne saisis. En région parisienne, quatorze suspects sont interpellés tandis que la brigade des stupéfiants saisit 52 kilos de cocaïne (à g.) dans un ancien local à poubelles de la rue Ordener, à Paris (18e).

Nuit du 24-25 juillet 2014 : vol au quai des Orfèvres. Un policier entre dans les locaux de la police judiciaire à Paris (1er) et ressort avec deux sacs dont le contenu ressemble fortement, selon un fonctionnaire chargé de la sécurité des lieux, à « des pains de cocaïne ».

2 août 2014 : le « STUP » Jonathan guyot est arrêté. Jonathan Guyot, 34 ans, brigadier-chef aux « stups » de Paris, est arrêté à Perpignan. Il a été reconnu par des collègues, sortant du « 36 » avec les sacs, la nuit du vol. On retrouve chez lui 16 000 euros, en liasses de billets de 20 euros.

3 janvier 2015 : un butin dans le lac de Créteil. Donovan Guyot, le frère de Jonathan, aurait été chercher un sac dans le lac de Créteil, appartenant à son aîné, contenant 150 000 euros. Il n’aurait trouvé que 50 000 euros, remis à un ami de l’escroc Christophe Rocancourt.

27 janvier 2015 : les révélations d’un policier. Un policier affecté à Paris (19e), Patrick B., proche de Jonathan, avoue qu’il lui a demandé d’écouler de la drogue, en avril 2014. Elle serait issue d’un précédent vol dans la salle des scellés, au 3e étage du fameux escalier de la PJ.

février-mars 2015 : trois proches libérés. Donovan Guyot ainsi que deux amis d’enfance de Jonathan, Touati M. et Nicolas J., mis en examen pour avoir gardé puis dissimulé de l’argent pour son compte, sont remis en liberté après deux mois de détention.

31 mars 2015 : tentative de suicide. Jonathan Guyot, détenu depuis plus de sept mois à la prison de Fleury-Mérogis, absorbe des cachets afin de mettre fin à ses jours. Rapidement secouru, il est hospitalisé avant d’être reconduit dans sa cellule.

17 avril 2015 : nouvelle mise en examen. Guyot est mis en examen pour « détournement de biens par personne dépositaire de l’autorité publique ». Un policier du 19e arrondissement, Patrick B., l’a accusé, à la fin du mois de janvier, de vouloir écouler de la drogue saisie.

Vol de coke au « 36 » : l’enquête sans fin
Vol de coke au « 36 » : l’enquête sans fin
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FRANCE (Ministère des finances): Bruno Dalles, est passé de la SNDJ au TRACFIN

Bruno Dalles 

Magistrat, il était procureur de la République à Melun depuis 2010. Il remplace Jean-Baptiste Carpentier, qui dirigeait l’organisme de « traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins » depuis 2008.

La direction de Tracfin, organisme chargé de la lutte contre le blanchiment d’argent, fait peau neuve. Le ministère des Finances, dont il relève, a annoncé en effet mercredi 5 août l’arrivée à sa tête -depuis lundi- de Bruno Dalles, auparavant procureur de la République à Melun.

Bruno Dalles, qui avait intégré le parquet de Melun en 2010, avait dirigé le bureau de lutte contre la criminalité organisée, le terrorisme et le blanchiment du ministère de la Justice, avant de prendre la direction du Service national de douane judiciaire au ministère des Finances.

« Bruno Dalles conjugue ainsi une compétence reconnue dans les domaines de la lutte contre la fraude, le blanchiment et le terrorisme, et une grande connaissance des administrations judiciaires et financières », écrit Bercy..

104 agents

Il remplace ainsi Jean-Baptiste Carpentier, qui dirigeait Tracfin depuis 2008. Celui-ci s’est vu confier la direction de la Délégation interministérielle à l’intelligence économique, placée sous l’autorité du Premier ministre et chargée depuis 2013 de conseiller le gouvernement sur les politiques publiques destinées à préserver la compétitivité des entreprises françaises.
Jean-Baptiste Carpentier était devenu un personnage emblématique du dynamisme de Tracfin (acronyme de « Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins »), créé en 1990 et dont les effectifs ont ces dernières années continué d’augmenter (jusqu’à 104 agents) malgré les restrictions budgétaires, pour traquer escrocs et fraudeurs mais aussi crime organisé et terrorisme.

A son nouveau poste, il succède à Claude Revel, qui part à la Cour des comptes.

Sous la direction de Jean-Baptiste Carpentier, Tracfin, créé en 1990, a vu ses effectifs augmenter sans cesse ses dernières années, malgré les restrictions budgétaires, pour traquer escrocs et fraudeurs mais aussi crime organisé et terrorisme.Sous la direction de Jean-Baptiste Carpentier, Tracfin, créé en 1990 par Michel Charasse, a vu ses effectifs augmenter sans cesse ses dernières années, malgré les restrictions budgétaires, pour traquer escrocs et fraudeurs mais aussi crime organisé et terrorisme. (Crédits : reuters.com)

(Avec AFP

SOURCE: http://www.latribune.fr/economie/france/lutte-contre-le-blanchiment-la-direction-de-tracfin-confiee-a-bruno-dalles-496596.html

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SANTO DOMINGO (Procès Air Cocaïne): la défense dénonce un deal avec le procureur

A quelques jours de la fin du procès, un « repenti » livre un témoignage à charge. La défense dénonce un accord avec le procureur local.

Le procès des quatre Français retenus en République dominicaine dans l’affaire dite « Air Cocaïne » a connu un nouveau rebondissement lors de la dernière audience qui s’est tenue, le 30 juillet, à Saint-Domingue.

L’un des prévenus dominicains, un militaire, aurait livré un témoignage accablant pour les quatre Français, selon l’avocat de Nicolas Pisapia (le passager du vol à destination de Saint-Tropez) qui dénonce « un accord conclu avec le parquet« .

Le procureur Milciades Guzman fera ses réquisitions ce vendredi fort de ce nouveau témoignage.

LIRE: http://www.nicematin.com/derniere-minute/proces-air-cocaine-la-defense-denonce-un-deal-avec-le-procureur.2303395.html

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RÉPUBLIQUE DOMINICAINE (Procès “Air Cocaïne”): prolongé jusqu’à la mi-août

Par Zaïnab Aboulfaraj

Publié le 28/07/2015  à 15:43
Quatre Français sont toujours en procès en République dominicaine pour trafic de drogue, dont les deux pilotes rhônalpins Pascal Fauret et Bruno Odos. Leur procès va durer plus longtemps que prévu, puisque la cour vient de fixer des audiences supplémentaires.

Pascal Fauret et Bruno Odos, durant le procès, le 9 mars 2015 à Saint-Domingue

© Erika Santelices / AFP
Pascal Fauret et Bruno Odos, durant le procès, le 9 mars 2015 à Saint-Domingue

Pascal Fauret et Bruno Odos, les pilotes, Alain Castany, l’intermédiaire, et le passager Nicolas Pisapia sont jugés à Saint-Domingue pour constitution d’un réseau de trafic de drogue international. La cour a décidé de procéder à quatre audiences supplémentaires. La dernière est prévue le 13 août. Leur sort devrait être décidé à cette date.

Arrêtés en mars 2013 et toujours pas fixés sur leur sort

Dans la nuit du 19 au 20 mars 2013, les quatre Français sont arrêtés à bord d’un Falcon 50 en partance pour Punta Cana, en République dominicaine. Plus de 680 kilos de cocaïne ont été découverts dans l’avion, dans plusieurs valises. Les deux pilotes, qui ont toujours nié les faits, encourent jusqu’à 20 ans de prison.

Deux Français ont pris leur défense en avançant qu’aucun mécanisme légal ne rendait les pilotes responsables des marchandises transportées. L’un, Philipe Eneman, est commandant de bord chez Air France et le second, Christophe Naudin, est un criminologue spécialiste de la sécurité du transport aérien.

Les avocats de la défense ont ajouté que c’est la compagnie qui les employait qui avait demandé l’autorisation de vol.

Ce procès mouvementé a déjà été reporté à maintes reprises (lire ici), suite à des problèmes de procédure et des interventions juridiques présentées par l’ensemble des parties.

source: http://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Justice/Fait-divers/Stupefiants/Proces-Air-Cocaine-prolonge-jusqu-a-la-mi-aout

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DEA Gives Workers’ Comp to Questionable Drug Informants

DEAReport: DEA Gives Workers’ Comp to Questionable Drug Informants

 By Melanie Batley   |   Monday, 27 Jul 2015
A new report has found that drug informants are often poorly vetted and some get workers’ compensation benefits from the government despite questionable qualifications, The Washington Post reported.

The Justice Department watchdog found that the Drug Enforcement Administration (DEA) did not do a thorough job of monitoring at least 240 informants, some of whom continued to carry out illegal activities and were being investigated by other authorities.

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FRANCE (les cadavres dans le placard de Charly AKA Charles Pasqua – N°5 ): le vrai Charnier était du SAC

Pasqua, on l’a vu a de drôles d’amis parmi ses copains de chez la firme à la boisson anisée. L’un d’entre eux, notamment, qui s’appelle Jean Venturi, le représentant de Ricard au Québec, mort en 2011 à Marseille, à 89 ans. Venturi, c’est aussi, il faut le dire, une belle famille… de truands, avec son frère Nick, notamment : dans les années cinquante, issus du quartier du Panier, à Marseille, elle a débuté sa carrière dans la contrebande de cigarettes, entre Tanger et la France. Un trafic qui sera l’occasion d’une guerre mémorable entre bandes rivales pour la possession d’un cargo hollandais portant le nom prédestiné de Combinatie : à bord il y a  2 700 caisses de cigarettes de contrebande. Le cargo piloté par le trafiquant Placido Pedemonte, a été l’objet d’un acte de piraterie (?) le 4 octobre 1952 effectué par un autre navire, l’Esme, commandée par Eliott Forrest, affrêté par l’équipe rivale des Renucci, parmi laquelle figurent Nick Venturi et Marcel Francisci.. : les caisses de cigarettes ont été emmenées pour y être cachées… en Corse. Un autre larron, Antoine Paolini décide à son tour de s’emparer d’une partie de ces caisses de cigarettes pour les revendre : c’est le début d’une guerre des gangs qui va durer… 20 ans et faire au bas mot une trentaine de victimes. Entre gangs, on se massacre allègrement, via des rumeurs et des suspicions.

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Dominique, dit « Nick » Venturi (à gauche) n’est pas lié à la droite en politique : c’est, rappelons-le, celui qui avait aidé Gaston Defferre à s’emparer du journal Le Petit Provençal en août 1944, armes à la main, pour en faire Le Provençal. Gaston était l’autre personnalité du coin, avec Charly. Rivaux en politique, ils avaient les mêmes amis dans la pègre.« Carte de la SFIO (nom de l’ancien parti socialiste) en poche, Nick Venturi devient l’un des porte-flingues de Gaston. Le 22 août 1944, Marseille à peine libérée, il débarque avec ses amis, pistolet-mitrailleurs en main, au siège du journal Le Petit Provençal. Les locaux sont envahis, le journal rebaptisé Le Provençal, « organe des patriotes socialistes et républicains ». Gaston Defferre tient son quotidien, première étape avant de conquérir la mairie de Marseille en 1953 pour un règne de trois décennies, entouré de sa garde rapprochée. Parallèlement à ses activités « politiques », Nick Venturi, décoré d’une Croix de guerre pour ses faits de résistance, fréquente le beau linge du milieu. A ses risques et périls. En juillet 1946, avec trois de ses amis, il échappe de peu à une rafale de tirs vengeurs au bar le Hollandais, dans le quartier de Pigalle, à Paris. L’attaque est attribuée à Ange Salicetti, dit « le Séminariste », un truand corse, un brin vindicatif, assez peu porté sur l’absolution des péchés. La vendetta qui suit est sanglante, laissant près de 40 cadavres sur le tapis, jusqu’au décès non accidentel de Salicetti, le 3 décembre 1950. Le nom de Nick Venturi apparaît ensuite, de manière régulière, aux côtés de ceux de grandes figures comme les Guérini, Jo Renucci ou Marcel Francisci, dans des dossiers de contrebande de cigarettes, organisée entre Tanger et les côtes françaises. » Joli CV, non ?

On retrouvera le même Venturi bien plus tard avec un compte en banque ouvert à HSBC Genève, ou plutôt celui de son petit-fils Jean-Christophe Rapetto, qui s’alimentait étrangement à plusieurs reprises : « Jean-Christophe Rapetto, gérant de la SARL Le Café parisien et de la société JCR Holding, possédait un compte à la banque HSBC à Genève, ouvert en 2003. Le 21 août 2007, il reçoit 100 000 dollars, venant du compte Baraka, ouvert à la Rothschild Bank de Monaco ; et le 5 décembre 2007, 377 388 dollars, toujours du même compte et du même établissement financier. Si Jean-Christophe Rapetto ne se demande pas l’origine des fonds, HSBC Private Bank à Genève ne se montre guère plus curieuse. Pourtant, le patron, Alexandre Zeller, déclarait dans la presse suisse à la même époque : « Je n’ai aucune crainte de cas de blanchiment dans notre banque. S’il y avait le moindre souci, nous l’aurions dénoncé. » Des banques (suisses) qui ne savent pas qui leur verse de l’argent, avouez que ça devient croquignolet à ce stade.

D’où vient donc cet argent ? Officiellement, des… pommes de terre, raconte sans sourire Venturi  : « quand il ouvre un compte à la Deutsche Bank à Monaco en juillet 1998, « Nick » Venturi se présente comme « producteur de patates », résident à Casablanca (Maroc). Il y verse un million de dollars. Puis il ouvre en 2005 un nouveau compte baptisé Baraka. Deux ans plus tard, les économies déposées sur ce compte Baraka partent à la banque HSBC à Genève sur le compte détenu par Jean-Christophe Rapetto, son petit-fils, qui récupère au total 477 000 dollars. Jean-Christophe Rapetto est le fils de Jeannette Venturi, la fille de « Nick » Venturi, divorcée de Jean-Jacques Rapetto ». En réalité, Nick Venturi est surtout connu du bureau des « narcotics » américains, qui au début des années soixante, l’ont ciblé comme responsable du réseau d’importation de l’héroïne aux USA, via ce qu’on a appelé la « French Connection ». En 1964, un apport du Congrès américain sur « le crime organisé et le trafic illicite de drogues » le citait en bonne place. Or, à ce moment là installé au Canada, son frère Jean Venturi travaillait pour Ricard et était toujours un proche de Charles Pasqua…. dont la belle famille est canadienne (sa femme Jeanne Joly, est une Québécoise rencontrée à Grasse).

Le port de Marseille est déjà la plaque tournante de la drogue, et cela attise des convoitises. Vient s’y mêler la CIA, qui surveille de près l’évolution de la France et craint la tentation communiste dans le pays. La création du syndicat FO est la preuve tangible de cette grande peur de contagion communiste : « la CIA se tourna donc vers un certain Pierre Ferri- Pisani, ancien déporté et ancien de la Section française de l’internationale ouvrière (SFIO) mais exclu de ce parti politique suite à diverses manœuvres de Gaston Defferre qui redoutait son ascension. Encouragé par la CIA, Ferri-Pisani utilisa deux méthodes d’action pour reprendre le contrôle du port de Marseille. Il avait d’une part promu l’adhésion à Force ouvrière (FO), syndicat créé en 1947 par Léon Jouhaux suite à une scission d’avec la CGT. Jouhaux refusait la mainmise du PCF ou de la SFIO sur le syndicalisme. D’autre part, Ferri-Pisani utilisa les parrains en accord avec la CIA, notamment l’ancien résistant « socialiste » Antoine Guérini, afin d’intimider les dockers cégétistes voire « convaincre » certains d’adhérer à FO, syndicat favorable à la reprise du travail dans les ports français et plus généralement au plan Marshall dénoncé par Staline. »

Pour « sécuriser » le tout la CIA, comme aux Etats-Unis, songe à faire appel à la pègre : « Ce tandem est prêt à tout pour renforcer ses rangs. Adepte des liaisons dangereuses, Brown [de la CIA] et Ferri-Pisani auraient participé à une réunion à Bordeaux en 1952 pour ‘‘sécuriser’’ le port, avec des amis du milieu Corse – Antoine Guérini, Jo Renucci, Jean Colonna et le chimiste de la drogue Jo Césari. Dans sa lutte anticommuniste, Brown est même favorable à l’utilisation de néonazis ou de personnages troubles mouillés dans la collaboration ». Ainsi, sous l’influence directe de la CIA, certains parrains prirent de l’importance dans le contrôle des activités portuaires : « Quand le milieu eut ajouté la prise de contrôle des quais à l’influence politique qu’il avait acquise avec l’aide de la CIA en 1947, le conditions se trouvèrent réunies pour que Marseille devienne le laboratoire d’héroïne de l’Amérique ».

Car offrir les quais de Marseille à l’influence de la mafia, c’est obligatoirement y favoriser le trafic de drogue : que n’auront-ils pas fait pour éviter la gangrène communiste !!! « Ainsi aux Etats-Unis, en mai 1971 alors que la campagne antidrogue prenait de l’ampleur, un nouveau rapport de Morgan F. Murphy et Robert H. Steele, deux membres de la Chambre des représentants américaine, faisait le constat de l’implication des Corses dans le trafic. Le rapport, qui n’eut quasiment aucun écho dans la presse française, présentait les choses ainsi : « Au cours des dix dernières années, chaque affaire de stupéfiants à Marseille a impliqué une ou plusieurs des quatre familles corses : les frères Venturi (Jean et Dominique), Marcel Francisi, Antoine Guérini et Joseph Orsini. Il y a aussi d’autres groupes qui apparaissent de temps en temps mais ces quatre familles sont au cœur de la production illégale d’héroïne à Marseille » Bien que ce rapport exagérait sans doute l’influence de ces quatre clans sur la totalité du trafic, les Américains qui avaient poussé certains de ces réseaux via la CIA, voyaient en quelque sort l’arme se retourner contre eux. C’est ce que synthétise l’historien Alfred W. McCoy : « Le rôle de la CIA dans le trafic d’héroïne était simplement une conséquence négligée mais inévitable de sa tactique dans la Guerre froide »… Tout cela sous les yeux d’un SAC consentant : il est aussi anti-communiste, sinon pire encore…

C’est l’ouvrage d’ouvrage d’Alain Jaubert paru en 1976, « Dossier D… comme Drogue », qui nous donne donc une des clés les plus sulfureuses de l’énigme Pasqua : c’est une française qui nous la donne, elle s’appelle Jacqueline Pilé-Hémard, et c’est l’héritière de la famille Hémard, devenue la propriétaire de Pernod & Ricard, les deux firmes ayant fusionné en 1975, Ricard étant aujourd’hui dirigé par un des petit-fils de Paul Ricard. Fort étrangement, Jacqueline Pilé-Hémard demande en 1995 aux Etats-Unis le titre de réfugiée politique. Elle est l’épouse d’Ali Bourequat (ici à droite), qui après avoir été confident du roi du Maroc (Hassan II) est tombé en disgrâce, lui et ses deux frères, pour être enfermés 18 ans dans le terrible bagne-mouroir de Tazmamart. Ce qu’elle écrit alors défie l’entendement :  Je crains d’être persécutée si je suis renvoyée en France. Je crains d’être persécutée là-bas par des fonctionnaires du gouvernement français. Je le dis pour les raisons suivantes. Je fus mariée et vivais avec mon mari, M. Eric Hémard. Mon nom de jeune fille est Jacqueline Pilé. Mon mari était étroitement lié avec des membres influents du gouvernement français. Il était lui-même très puissant en France, politiquement et financièrement. Les dernières années, j’ai pris conscience que la famille de mon mari était impliquée dans le trafic de drogue. La famille Hémard a contribué à mettre en place des installations de transformation de la cocaïne au Maroc. Le ministre de l’Intérieur, M. Pasqua, et le roi du Maroc, aussi bien que la famille de mon mari, étaient impliqués dans la mise en place de laboratoires ».

Selon elle cela aurait commencé en 1962, et aurait duré jusque les années 80. Or, étrange coïncidence Charles Pasqua a effectivement travaillé chez Ricard pour développer la filière marocaine, et Jean Venturi a travaillé avec lui. « Lors du démantèlement de la « French Connection » (1971), qui faisait parvenir de l’héroïne aux États-Unis via le Canada, les noms de Jean-Charles Marchiani et de Charles Pasqua sont cités par la presse anglo-saxonne. Pendant près de neuf ans, Jean Venturi était l’importateur et le distributeur en Amérique du Nord du pastis Ricard, statut qui lui servait de couverture pour assurer plus facilement l’importation d’héroïne provenant de Marseille. Son supérieur hiérarchique était alors Charles Pasqua ». Selon Bourequat,  » Pernod-Ricard servait de couverture aux services spéciaux français, pour le trafic de drogue comme pour le reste ».

La demande de naturalisation de Jacqueline Pilé et de Ali Bourequat acceptée rapidement par les USA nous donne un autre élément important de l’affaire, comme le note ici un posteur : « depuis l’indépendance des USA, ce pays a accordé 5 droits d’asiles pour cause de persécution politique à des Français… Bourrequat (journaliste franco-marocain encagé avec sa famille par Hassan II durant une longue période) et Aymard (ex-épouse du Directeur de Pernod, associé de Ricard… dans le fondation de labos au Maroc… pour « faire du Pastis », qu’on se rassure… ce fut elle qui dénonça les magouilles et les comptes off-shore de la société et de son époux) en furent les N° 4 et 5 !… Deux d’un coup !… Pour les soustraire aux doubles équipes de tueurs de la Pasqua and C° ; le SAC d’une part… les flics de l’autre puisque l’impayable Charly était parvenu à ridiculiser Vidoc en se hissant au poste de Ministre de l’Intérieur (Vidoc le bandit-policier n’ayant pas passé le cap de préfet de police !) Une vidéo conférence du couple fut retransmise dans l’hémicycle ou les braves députés (peu étaient présents… pour quoi faire ?) se reconnurent « choqués »… sans autre forme de soutien à la démocratie pourtant sérieusement mise à mal. »

On serait bien tenté de les croire en effet, tant la proximité des trafiquants et de Charly est grande. Toujours dans « D comme Drogue », on peut aussi lire en effet ceci : « Jean Venturi assure l’acheminement de la drogue vers le Canada et le rapatriement des capitaux vers la Suisse ou la France. Il est au même moment représentant au Canada du Pastis Ricard. Le directeur commercial chargé des exportations chez Ricard est Charles Pasqua, un des fondateurs du SAC., grand recruteur de truands et de barbouzes. Au moment où Pasqua a Venturi sous ses ordres, il ne peut absolument pas ignorer les activités de son représentant, puisqu’elles ont fait l’objet d’une fiche du FBI publiée aux Etats-Unis, qu’il y a à Marseille un copieux dossier de police consacré aux frères Venturi et que le nom de Venturi ne peut à l’époque, en aucune façon, être ignoré du moindre directeur commercial de la région marseillaise  ». L’argent arrivé sur le compte miraculeux du petit-fils béni est bien le produit de la drogue et non de la vente d’hypothétiques patates marocaines… et ça, Pasqua devait donc obligatoirement le savoir !

De fait, la French Connection était un circuit d’héroïne fabriquée au départ de Marseille, la morphine-base venant de de Turquie, d’Indochine ou de Syrie. Une drogue faite dans des labos discrets de l’arrière-pays, sous la houlette de Joseph Cesari, le chimiste le plus connu de la French Connection , une héroïne réputée pour sa qualité qui était vendue ensuite aux Etats-Unis transportée par bateau dissimulée dans les carrsseries de voitures. « Lucien Aimé-Blanc, commissaire de police originaire de Marseille et qui officiait notamment à la Brigade des stupéfiants dans cette ville de 1974 à 1976, est catégorique sur les origines de la présence d’opium dans la ville : « L’opium, cela commence avec des marins Corses et Marseillais partis en Indochine avec les Messageries Maritimes » note dans son mémoire de 2009  « Le démantèlement de la French Connection : la répression internationale des filières françaises de l’héroïne « Michaël Bénichou.

La drogue venue de Syrie était tout simplement « pêchée » au départ par de petits canots, indétectables (le procédé existe toujours avec les cargos amenant la coke colombienne en Europe) : « La technique la plus couramment utilisée était la suivante : l’équipage du cargo de transport larguait la marchandise en mer, elle était attachée à des bouées. Une équipe de porteurs était ensuite chargée de la récupérer avec des canots. Les porteurs revenaient alors dans un port discrètement, ils pouvaient sinon cacher la marchandise dans des criques et elle y était récupérée plus tard. Enfin, la marchandise pouvait aussi passer directement par les ports mais cette technique était bien plus risquée : on ne pouvait pas larguer la marchandise si les douanes décidaient de fouiller les cargaisons, notamment si elles avaient été préalablement informées par un aviseur. Au total, plus de 1234 kilos de morphine base et plus de 1070 kilos d’opium introduites par les Turcs furent saisis en France entre septembre 1966 et mars 197281. Ce bilan apparaissait bien maigre comparé à l’essor du trafic, donc en général tout se passait comme prévu, sans accrocs, exceptées les querelles entre truands qui se réglaient d’homme à homme. Une fois la matière première arrivée à bon port, il ne restait plus qu’à la livrer aux organisations qui faisaient travailler des chimistes. « 

Un trafic bien rodé : on a estimé à 40 tonnes par an l’intensité du trafic à sa grande époque des années 70. C’est dans ce circuit que tombera l’animateur vedette de la télé française, Jacques Angelvin, présentateur de l’émission Télé-Paris. Dans sa Buick Invicta, les stups avaient découvert 52 kg d’héroïne pure, Angevin ayant perçu pour le transport seulement 10 000 dollars : il sera condamné à 6 années de prison. De la drogue fournie par le mafieux François Scaglia, aidé des frèrs Patsy et Anthony Fuca, deux hommes proches de la famille Lucchese, qui avait repris le lucratif trafic du gangster français Paul Carbone., qui avait commencé en 1937 avec son associé Italo-Marseillais, François (dit Lydro) Spirito. « Ils régnaient sur différentes activités illégales et avaient établi des connexions avec les politiques locaux : « Sur a rive nord du Vieux Port, à l’emplacement de la cité antique, les premières ruelles du quartier du Panier alignent leurs bordels connus des marins du monde entier. Deux hommes y font la loi : Paul Carbone et Lydro Spirito. Le politicien du Panier et du port se nomme Simon Sabiani. Plus Sabiani prend de l’importance à la mairie, plus Carbone et Spirito étendent leurs affaires : du proxénétisme, ils passent au racket hôtelier, puis au racket de la viande, de l’épicerie, du spectacle. Ils importent des machines à sous des Etats-Unis, truquent les combats de boxe »34… Paul Carbone et François Spirito furent donc les pionniers dans la mise en place d’un véritable système d’activités économiques illégales« . Les Fuca sont les neveux d’Angelo Tuminaro, marié à Bella Stein, fille d’un fameux bootleeger qui représente la mafia juive américaine.

Une drogue marseillaise réputée : « d’autres que les Marseillais ont essayé de fabriquer une héroïne pure comme la leur. Ils y sont arrivés en produisant une héroïne pure à 70%, les Marseillais eux c’était 95, 97%. Pourquoi ? Parce qu’ils avaient un secret. Ce secret c’était d’arriver au point de fusion de la patte, 229°, d’arriver au point de fusion à un bon rythme. Il fallait être patient, savoir attendre. Et l’un des chimistes les plus connu de la French Connection, qui s’appelait François Scapula, a dit un jour : ‘‘C’est comme la bouillabaisse, il faut avoir le truc’’ » Le fait était que la réunion du pavot turque, sans doute le meilleur au monde et qui plus est monopolisé par les Marseillais via le Liban, associé à l’habilité des chimistes qui avaient derrière eux une longue tradition dans ce domaine d’expertise, faisait de l’héroïne marseillaise la meilleure au monde, sans aucun doute possible. Souvent pure à 95%, certains, comme Jo Césari, arrivaient à produire une héroïne proche de la perfection : 99%. Jo Césari signait d’ailleurs ses productions d’une pastille spéciale afin qu’elle puisse être reconnue et vendue plus cher en guise de qualité. 

Un Luchese lié lui-même à deux gangsters montréalais, Pepe et Vincenzo Cotroni, un des larrons du trafic portant même le nom d’Anthony Di Pasqua (aucun rapport de famille, rassurez-vous) !!! Un homme d’affaires français est aussi mouillé : Jean Jehan, surnommé  » « Pépé la Schnouf ». Scaglia sera condamné à 22 ans, les fréres Fuca à 15 ans chacun. Si les transferts se limitent à une centaine de kilos maximum, le 29 février 1972, au large de Marseille est arrêté un chalutier, le Caprice des temps, en avec 425 kg d’héroïne à bord, destiné à rejoindre Miami.  Les trafiquants étant Jean-Claude KellaLaurent Fiocconi et l’insaisissable Francis le Belge : la saisie record marquera la fin de la French Connection. Dans une surprenante interview de William Friedkin, le réalisateur du film sur la French Connection, avec Gene Hackmann, on tombe une nouvelle fois des nues avec ce qu’il raconte « je crois que dans la plupart de mes films, les fins sont ambiguës. C’est au spectateur de se faire sa propre idée. Pourquoi ? Parce que la vie elle-même n’est pas simple, il n’y a pas toujours de réponse ou de happy end, il y a toujours une sensation d’inachevé. C’est ce que j’aime au cinéma, j’aime emporter le film avec moi. Je n’ai pas envie qu’un idiot de réalisateur me dise quoi penser. Vous savez quoi ? Dans la réalité, le trafiquant de French Connection n’a jamais été attrapé. Il s’appelait Jean Jehan, et pas Charnier comme dans le film (nota : il est joué par Fernando Rey), puisque nous avions dû changer de nom. Il a réussi à échapper aux policiers new-yorkais qui l’entouraient. Les inspecteurs ont ensuite appris qu’il avait rejoint la France, plus précisément la Corse. Ils y ont envoyé deux flics pour tenter d’obtenir son extradition. Ils sont restés des mois sur place, se heurtant à l’administration. L’un de leurs homologues français a sympathisé avec eux. Il leur a dit : « Vous n’arriverez jamais à obtenir son extradition. Jehan a combattu aux côtés de Charles de Gaulle durant la Résistance ». Et Jehan est mort paisiblement dans son sommeil. La seule personne qui a fini en prison dans l’affaire de la French Connection a été Jacques Angelvin, une star de la télé française. Jehan avait mis de la drogue dans sa voiture pendant son voyage aux États-Unis, à son insu, selon lui. »…. Jehan était donc lui aussi du SAC !!!! Mais il n’était pas « mort dans son sommeil, comme l’avait cru William Friedkin.

Une chose confirmée par les narcotiques US : selon le détective Sonny Grosso le pivot central du réseau d’héroïne était bien « le corse Jean Jehan ». « Jehan avait arrangé le passage de de 64 livres d’héroïne « pure », d’une valeur à la revente de 220 millions mais il n’a jamais été arrêté pour sa participation(engagement) dans la contrebande d’héroïne internationale ». Selon Grosso, toujours, toutes les demandes américaines d’arrestation de Jehan sont restées vaines. « Pendant des années ensuite, Jehan a été rapporté pour être vu arrangeant et opérant(exploitant) des activités de médicament(drogue) à volonté partout en Europe ». Ses liens avec le SAC lui ont toujours suffit pour obtenir l’immunité en France. Des liens, obligatoirement, avec… Charles Pasqua, responsable du SAC ! Le 27 mai 1971, l’orage vient une première fois des USA : deux députés américains, Robert Steele et Morgan Murphy, lâchent le morceau :dans lans leur rapport sur les « Problèmes mondiaux de l’héroïne » il citent des noms de truands marseillais responsables selon eux du trafic d’héroïne : « Les frères Venturi ( Jean et Dominique dit « Nick »), Marcel Francisi, Joseph Orsini et Antoine Guérini. » De l’héroïne envoyé aux USA par divers moyens….

Les américains le savent, car ils ont suivi de près, juste au sortir de la guerre, les exploits d’un de leurs mafieux, liés à la maison mère italienne : « deux délégations de mafieux italiens et américains se réunissent du 10 au 14 octobre 1957 au Grand Hôtel des Palmes à Palerme. Cette réunion décidée par Lucky Luciano (ci-dessus) doit permettre d’inonder le marché américain d’héroïne. Pour s’assurer le contrôle de tout ce trafic, Lucciano s’associe avec deux marseillais, Jo Renucci et Antoine Guérini que l’on retrouvent dans la « French – Connection » en compagnie d’un autre contact de Luciano, Etienne Léandri. C’est le ministre français, Martinaud Desplat qui a dépêché Jo Renucci au Maroc avec quelques hommes de main afin de juguler, par tous les moyens, les mouvements d’opposition qui veulent sortir le Maroc de l’influence française. De son côté Etienne Léandri, qui deviendra un ami très proche de Charles Pasqua, a été un collaborateur notoire pendant la guerre et doté d’un uniforme de la Gestapo, il s’était enfui en Italie pour échapper à sa condamnation à vingt ans de travaux forcés. Léandri va représenter Luciano auprès de la C.I.A., dont il rencontre plusieurs fois le patron, Allen Dulles. La « maison » apprécie l’anticommunisme de Léandri et va même obtenir en 1955, l’annulation de sa condamnation. C’est ainsi que l’on retrouvera Léandri auprès de Jean Charles Marchiani, de Pasqua et de son fils, des réseaux et de la vente d’armes jusqu’à sa mort en 1995″… Charly, ce bon résistant, a de biens étranges amis… corses. Leandri étant aussi un des piliers des Trois Canards, le café parisien devenu plaque tournante parisienne du grand banditisme !!!
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sources :

http://gangstersinc.ning.com/profiles/blogs/the-man-who-stole-the-french

http://www.sciencespo-rennes.fr/mediastore/fckEditor/file/Benichou.pdf

http://www.algerie-francaise.org/barbouzes/foccart-pasqua.shtml

source: http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-cadavres-dans-le-placard-de-169429

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FRANCE (les cadavres dans le placard de Charly AKA Charles Pasqua – N° 4: l’Afrique, et une tuerie entre barbouzes (la tuerie d’Auriol)

par morice
jeudi 16 juillet 2015

Le SAC c’est Charly mais aussi Foccard, l’ineffable Mr Afrique de De Gaulle, qui fait la pluie et le beau temps sur une bonne partie du continent, aidant ses dictateurs préférés à rester en place en supprimant physiquement leurs opposants. Les tueurs du SAC sont à l’ouvrage… ou les mercenaires, tel Bob Dénard, autre poème à lui tout seul. Le SAC a aussi des troupes disparates, on l’a vu, mais aussi de véritables psychopathes, dont une poignée dans le Var va massacrer toute une famille pour des ragots, entraînés par un leader se prétendant ancien légionnaire alors qu’il avait été réformé pour pieds plats, ce que ces camarades d’infortune apprendront éberlués le jour de leur procès commun. Le SAC de Pasqua, c’est plutôt une Cour des Miracles qu’autre chose…

Le SAC est ses basses œuvres, et ce n’est pas ce qui manque, en effet, et Mr Charly est très affairé dans les années 70.. et même depuis avant, car il ne s’est pas occupé que des opposants français. Dans l’épisode précédent, on a vu le sort horrible réserve à un opposant africain, Félix Moumié, mort empoisonné à Genève. Treize ans plus tard, Foccard et le SAC, qui est aussi l’arme par destination de Foccard, se trouvent un autre objectif. Ou plutôt sont appelés à la rescousse par François Tombalbaye le dirigeant tchadien que soutient alors la France, comme on peut le voir ici sur le perron de l’Elysée :

L’homme visé s’appelle Outel Bono. Brillant élève en France (il a passé son doctorat de médecine à Toulouse), voici de retour en 1962 dans son pays natal, plein d’espoir. Il y crée aussitôt un journal d’opposition, L’Etudiant tchadien, qui lui vaut aussitôt une haine féroce du régime. Arrêté à plusieurs reprises, il rentre en France dix ans plus tard en 1972. Là, il décide d’y créer le MDRT (pour « Mouvement démocratique de rénovation tchadienne »), en opposition toujours à Tombalbaye qui au même moment est harcelé par le Frolinat, un mouvement marxiste soutenu par la Libye. Tombalbaye, excédé et craignant que des gens du Frolinat ne rejoignent le nouveau mouvement en gestation d’Outel Bono, demande à Foccart de lui débarrasser de l’activisme de Bono. Là encore, le SAC est impliqué.  Le 26 août 1973 le leader noir est assassiné proprement de deux balles dans la tête, juste avant de réintégrer sa voiture, Rue de la Roquette (dans le 11e arrondissement, entre la place de la Bastille et le cimetière du Père-Lachaise). Du travail de pro. On retrouvera en 2012 seulement des documents attestant du danger qu’encourait Tombalbaye, des textes signés d’Ibrahim Abatcha, chef du Frolinat, mort en 1968, dont des courriers à Bono, qui ne semblait pourtant pas vouloir répondre positivement au Frolina. Le danger était plutôt algérien, avec des liens avec le FLN et Cuba, ou avec Damas et le parti Baas, voire l’Irak de Saddam Hussein et même au Koweit, le principal supporter étant la Libye. Bono n’avait en fait pas trop envie de s’associer avec le Frolinat, mais il n’était plus là pour le faire savoir.

Qui a assassiné Bono ? Très certainement la barbouze Claude Bocquel, un ancien CRS, tireur d’élite auquel Tombalbaye, a déjà fait appel pour des opérations en France comme l’enlèvement d’un des leaders du Frolinat. Bocquel avait la même arme personnelle que l’assassin et la même voiture que celle vue dans la rue le jour de l’assassinat. En somme, il n’a pris aucune protection pour éliminer le docteur Bono. Il devait donc se savoir sacrément protégé pour agir en toute impunité. Selon la presse de l’époque, c’est le mentor de Bocquel, resté au Tchad, Camille Gourvennec, proche de Tombalbaye qui avait décidé et téléguidé l’opération. « Par rapport à la question des droits de l’homme, on reproche aux armées africaines d’être impliquées dans des crimes de guerre. Il serait juste de rappeler que dès 1960, la fonction sécuritaire au niveau des Etats africains, a été confiée aux assistants français à charge pour eux de mettre au pas toutes les velléités de rébellion, n’oublions pas le contexte de revendication d’indépendance dans beaucoup de pays africains. Ce n’est pas un hasard si de nombreux leaders africains ont été liquidés par les réseaux Foccart à cette période grâce aux militaires et autres barbouzes français à la tête des différents services de police et de gendarmerie. En ce qui concerne le Tchad, le commandant Galopin et le colonel Camille Gourvennec ont joué ces tristes rôles, torturant et exécutant tous ceux qui dérangeaient le régime de Tombalbaye » écrit en 2010 « Zoom sur le Tchad »… dans son livre « Les tueurs de la République », Vincent Nouzille évoque un autre larron comme influence : Maurice Robert, le responsable de la Garde Nationale de Tombalbaye. L’homme du SDECE, qui deviendra ambassadeur, et qui organise alors et dicte les opérations « homo » : à savoir les exécutions sommaires : son homme de main s’appelle alors Bob Denard !

Parfois, le SAC et le SDECE font appel à des mercenaires. La bonne façon pour eux de ne pas apparaître au scénario des mauvais films quand les opérations ratent. Foccart a ainsi recours au dénommé Bob Dénard (ici à gauche), rebaptisé le « lieutenant-colonel Gilbert Bourgeaud » sur son faux passeport fabriqué par le SAC. Le discret« exploitant agricole » de la ferme de Donguila, au Gabon, est vite devenu conseiller de la garde personnelle d’Ali Bongo, au sein de la SGS (Société gabonaise de services) société de sécurité créée par… Maurice Robert. Même méthode pour se débarrasser des encombrants, chez Bongo : son principal opposant, le diplomate Germain M’Ba (ici à droite), est ainsi froidement assassiné le 16 septembre 1971 de deux balles dans la tête, à Libreville. Une attaque rocambolesque où l’épouse et la fille de Germain M’Ba, sont blessées par les tirs, et le corps de l’opposant emmené (il n’a jamais été retrouvé !). Selon les témoins, se sont deux « blancs bronzés » qui auraient fait le coup et qui se seraient enfuis dans une 404 blanche. Selon Pierre Péan, peu de temps après le meurtre, on a bien arrêté une voiture semblable avec deux occupants blancs, mais ils auraient été relâchés sur ordre express de… Bongo. L’affaire en restera là jusqu’au jour où Jean Mauricheau-Beaupré  » l’« archétype de la barbouze française »(il était de la DGER, l’organe de renseignement qui deviendra le SDECE en 1946 où il intègrera le service « Action » et gardera longtemps son titre de couverture de journaliste à Paris-Match) accusera ouvertement Maurice Robert d’avoir demandé à Bob Denard d’exécuter M’Ba, ce qu’il aurait appris directement de Bob Dénard. en personne… Beaupré est aussi l’homme qui fournira en armes les milices de Charles Taylor au Biafra…

Des tueurs, des assassins, et des paranoïaques, voilà ce qui constitue les hommes au service de Charles Pasqua, celui qui décide de la vie ou de la mort d’autres personnes, avec Debizet. Une parano qui va provoquer un des pires massacres commis par le SAC… contre l’un de ces hommes, au départ. Cela commence par la découverte d’une tuerie, à Auriol , qui commence par un incendie : « Le 19 juillet 1981, à Auriol, un maçon remarque une épaisse fumée qui s’élève de la villa de Jacques Massié, inspecteur de police et militant RPR. Les gendarmes découvrent sur place de nombreuses traces de sang et constatent la disparition de six personnes : Jacques Massié, son épouse Marie-Dominique, leur fils Alexandre âgé de sept ans, ses beaux-parents Jules et Emmanuelle Jacquèmes, et son beau-frère Georges Ferrarini ». Or Massié est aussi un dirigeant local du SAC, alors en conflit ouvert avec un collègue, Jean-Joseph Maria, surnommé « Kojak » à cause de son crâne rasé, et avec son ami et collègue Lionel Collard. « Jean-Joseph Maria suscite l’adhésion. A l’entendre, il a été colonel de paras et a sauté sur Kolwezi. En réalité, il a été simple soldat dans des bureaux à Nancy et n’est qu’un très ordinaire directeur d’une entreprise familiale de peinture, en mal de reconnaissance ». Ces derniers, devenus complètement paranos, sont persuadés que leur collègue va les trahir et remettre des documents « à la gauche ». Le SAC étant une organisation de tueurs et pas d’anges, ils ont décidé tous deux de s’en débarrasser… physiquement. L’équipe de tueurs réunie est fort surprenante, car elle contient un un instituteur Jean-Bruno Finochietti qui n’a jamais fait de mal à une mouche, un parachutiste à l’oreille coupée, Lionel Collard, et trois postiers syndicalistes de la CGT. Didier Campana, qui est aussi motard, Jean-François Massoni et Ange Poletti.

A l’origine du conflit interne, selon MrX Patrice Pesnot dans « Morts sous la Vème République« , il y a une bête histoire d’argent : « au centre de cette sanglante affaire se trouve un inspecteur de police, Jacques Massié. Fils et petit-fils de policier, il commence modestement sa carrière comme motard dans les CRS. Soudain, dans la deuxième moitié des années 1970, il bénéficie de promotions exceptionnelles qui ne doivent rien à ses mérites mais à ses seuls appuis politiques : ce militant du RPR devient un adhérent très actif du SAC. Si actif même qu’il prend du galon et devient le responsable départemental du service. Sous son autorité, le SAC continue à entretenir des liaisons dangereuses avec la pègre locale et se livre à de nombreux trafics. Jacques Massié entend profiter de sa position pour s’enrichir. L’inspecteur peut ainsi acheter une bastide à Auriol, près de Marseille, et roule en Mercedes. Tout est bon pour faire de l’argent. Massié propose ainsi d’assurer la sécurité d’une grosse entreprise de la région. Il touchera le chèque mais omettra de remplir son contrat. Comme il détournera les cotisations des adhérents. Bref, il a tendance à confondre sa bourse et la caisse du SAC. Conséquence : à l’intérieur du mouvement, ça commence à grogner. Un homme mène la fronde : Jean-Joseph Maria, un artisan marseillais qui est l’adjoint de Massié et rêve de prendre sa place. La rivalité entre les deux hommes ne cesse de s’exacerber. Les deux chefs et ceux qui les suivent s’espionnent. C’est une lutte à mort qui s’instaure. En février 1981, un restaurateur marseillais, membre du SAC, disparaît mystérieusement. On ne le reverra pas. Puis en mai, le trésorier départemental du service, un proche de Massié, s’évanouit pour toujours dans la nature. Quelques jours plus tôt, Massié lui-même affirme avoir été l’objet d’une tentative d’attentat sur une autoroute. Cette querelle prend de telles proportions que le président du SAC en personne, Pierre Debizet, décide de se rendre à Marseille au début du mois de mai. Curieusement, Debizet rencontre le seul Maria dans un hôtel proche de l’aéroport de Marignane. Maria multiplie les accusations contre son chef : détournement de fonds, chantage, faux hold-up, attentats à h bombe contre une imprimerie et un foyer de travailleurs immigrés Et même, quelle horreur ! flirt avec les Giscardiens. Bref, il est urgent de mettre Massié hors d’état de nuire ».

C’est le quintette de pékins qui a déboulé dans la villa la veille, dissimulés par des masques de chirurgiens… mais ce jour-là Massié (ici à droite) n’était pas là, seuls. Les attendaient Marie-Dominique Massié, son épouse, son fils, Alexandre, âgé de 7 ans, sa mère, son père et son beau-frère. Les voilà tous les 5 otages, avec un énorme hic d’emblée : Marie-Dominique Massié a hélas reconnu l’instituteur sous son masque. C’était la condamner elle et ceux présents ce soir-là : le « para » Collard décide en effet de tous les supprimer (par étranglement). Le petit Alexandre sera battu à coups de tisonnier avant que Finochietti ne décide de mettre fin à ses souffrances en lui donnant un coup de couteau. Les corps sont jetés dans une ancienne mine à proximité, et les tueurs attendent le retour de Massié, qui est tué au couteau à trois heures du matin, puis les assassins placent des bougies partout pour incendier la maison.

Les soupçons portent vite sur ceux déjà cités, la propre sœur de Massié étant venue aussitôt dire aux policiers que son frère lui avait dit que « Le chauve, l’instituteur et l’homme à l’oreille coupée, je ne peux plus les contrôler ! « … soit Jean-Joseph Maria, Jean-Bruno Finochietti et Lionel Collard (en photo à leur procès ici à droite), qui vont vite devoir avouer, tant tout les accable, dont des relevés d’empreintes. Il avouent finalement après 48 heures d’interrogatoire. Dans la foulée, le 24 juillet, la police arrête le secrétaire général du SAC Pierre Debizet, à la demande de la juge d’instruction de Marseille Françoise Llaurens-Guérin, qui l’inculpe aussitôt de complicité d’assassinat et l’incarcère un mois en préventive à la prison des Baumettes. Jean-Joseph Maria, Lionel Collard et Ange Poletti seront condamnés à la réclusion à perpétuité, Jean-Bruno Finochietti et Didier Campana à vingt ans de prison, et Jean-François Massoni à quinze ans. Or aujourd’hui, tous sont libres. Pour Debizet, le scandale sera pire encore : Pierre Debizet renvoyé devant les assises, bénéficiera, après cassation, d’un non-lieu de complaisance absolument inadmissible. Or le 5 mai 1981 de passage à à Marignane, il avait déclaré « qu’il fallait régler le problème Massié »... ce qui avait été perçu comme un feu vert par la fine équipe. L’Etat français, avec un pouvoir qui a changé de mains, décide d’en finir avec le SAC : « L’affaire fait scandale, et une commission d’enquête parlementaire, dominée par les socialistes, est créée sur le SAC. Ses travaux aboutiront à sa dissolution, le 3 août 1982 Le Service d’action civique est logiquement dissous par le président François Mitterrand le 3 août 1982, par application de la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et les milices privées.

Tout le monde s’interroge alors sur la grande mansuétude dont a bénéficié Debizet, qui a très vite recréé un autre mouvement. « En 1986, Pierre Debizet, proche de Jacques Foccart, actuel conseiller de Jacques Chirac pour l’Afrique, réapparaissait avec le titre de délégué général du Mouvement initiative et liberté (MIL), dont le président d’honneur était Alain de Boissieu, gendre du général de Gaulle. » L’histoire du fameux « fichier » que le pauvre Massié aurait promis à la gauche, c’est tout autre chose en fait. Debizet en personne, qui déteste Giscard, autant que Charles Pasqua que l’on accuse partout d’avoir fait téléphoner pour demander à la droite d’élire Mitterrand pour faire tomber celui qu’il détestait, a résolu de donner à la gauche le fameux fichier, qui est celui de tous les adhérents du SAC. Le prix pour qu’on lui fiche la paix ? Debizet aurait lui-même offert ce pourquoi il aurait fait assassiner un des ces militants ! Debizet, comme Pasqua, avaient tous deux misé sur l’élection de Mitterrand et non de Giscard d’Estaing, leur ennemi juré ! Plutôt lui… que l’autre !

Mais Debizet n’en n’avait pas terminé et Pasqua non plus, qui crée le 7 décembre 1991 le mouvement intitulé « Solidarité et défense des libertés » pour « ceux qui refusent le socialisme et veulent agir » (dix ans avant c’est un de ceux qui l’avaient fait élire !). On y trouve Alain Juppé, Jacques Toubon, Yvon Bourges et Jacques Médecin pour le RPR, Alice Saunier Seité et Jacques Dominati pour l’UDF, mais aussi François Bachelot futur député du Front national, et Pierre Lagaillarde ancien député d’Alger… un partisan de l’Algérie française et de l’OAS. Et encore Gérard Ecorcheville, un ancien d’Ordre Nouveau et du Parti des Forces Nouvelles, venu avec son beau frère Alain Robert (le responsable de la Fédération des étudiants nationalistes avec Gérard Longuet et Alain Madelin.) C’est Alain Robert, rappelons-le, qui a créé avec François Brigneau, le Front national (FN) en 1972, Jean-Marie Le Pen en devenant le secrétaire. Robert, en 1974, avait fait un deal avec Giscard, en acceptant de faire voter ses militants qui collaient les affiches de Giscard… contre finance !

Mais Charly n’a pas abandonné pour autant Marseille, et mlagré sa disparition officielle, le SAC est toujours bien vivant : « sur le terrain ce mouvement réactive de vielles amitiés. A Marseille par exemple c’est en février 1982 qu’est créée une section de Solidarité et défense des libertés. Pasqua viendra en personnes inaugurer les locaux. Le président est Paul Gaillet, ancien secrétaire fédéral du SAC, le vice-président est Jean Roussel, futur député du Front national en 1986, le secrétaire est Joseph Nicolaï ancien commandant principal de la police de Marseille et membre du SAC. On trouve comme membres :
 – Gilbert Chabillat, ancien responsable du SAC de 1970 à 1975 (date de son exclusion) et qui s’est reconverti depuis dans le devillièrisme.

- Humbert Giaconelli, un ancien policier membre du SAC,

- Henri Neurmond, un autre ancien policier, membre lui aussi du SAC,

- Me Henri Ruggieri, membre lui du RPR et du SAC.

On trouve aussi et surtout Gérard Kappé responsable du SAC marseillais de 1967 à 1969, connu pour avoir préparé à Marseille en mai 1968, « l’opération stade » consistant à l’arrestation et au regroupement de diverses personnalités et syndicalistes de gauche dans des stades de foot, préfigurant ainsi ceux du Chili de 1973 (voir l’épisode précédent). Viré du SAC en 1969, il créait une fédération sud-est du SAC , mouvement dissident du SAC national. A la même époque d’autres SAC dissidents se constitueront à l’instigation de Charles Pasqua qui venait d’en démissionner ».

Un SAC proche de la droite extrême, avec les gens du GUD notamment, ce qui explique le positionnement du parti politique créé par Charly  : « Deux partis vont largement accueillir les anciens fascistes, au RPR on trouvera le plus d’activistes d’extrême droite auprès de Charles Pasqua (Patrick Devedjan, Bruno Tellenne (alias Basile de Koch, le mari de Frigide Barjot et le frère de Karl Zéro), Jean Taoussan, Jean-Jacques Guillet…) ainsi qu’à l’UDF ; c’est au Parti républicain que l’on retrouve Alain Griotteray, Hubert Bassot, Alain Madelin, Gérard Longuet, Guy Tessier, Serge Didier, Hervé Novelli. Une fois ralliés à la droite, leurs ascensions seront diverses mais certains atteindront des postes-clefs. » Telllene devenant au passage la « plume » des discours de Charles Pasqua…, son frère squattant CanalPlus pour finir par se ridiculiser lors de l’affaire de Toulouse, où on s’apercevra qu’il avait offert une voiture Espace à une des « témoins » de l’affaire, venue raconter n’importe quoi devant sa caméra (c’est ce qu’affirme Collard dans son ouvrage). Un journalisme de caniveau…

 

sources :

http://www.partiradicaldefrance.com/sac.htm

http://fresques.ina.fr/reperes-mediterraneens/fiche-media/Repmed00628/le-massacre-d-auriol.html

http://www.parismatch.com/Actu/Societe/La-tuerie-d-Auriol-Six-morts-pour-un-fichier-148447

https://www.youtube.com/watch?v=LsV-58pumy4

SOURCE: http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-cadavres-dans-le-placard-de-169427

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FRANCE (les cadavres dans le placard de Charly AKA Charles Pasqua – N°3): ses copains mafieux et le roi des casinos

On attribue à Edgar Faure spécialiste des bons mots, la citation suivante : « dans le fait d’avoir des casseroles en politique, le plus important n’est ni leur nombre, ni leurs tailles mais la longueur des ficelles qui vous en séparent » … si c’est le cas, Charles Pasqua avait la pelote la plus grosse du monde. Car c’est fou le nombre d’affaires dans lesquelles son nom est apparu en filigrane, comme responsable du SAC à Marseille, notamment… le soutier prenant visiblement plaisair à ne jamais paraître sur le pont.

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Revenons d’abords à Paris, en février 1966, où on avait droit à une belle bavure : Christian David, dit « le beau Serge », un truand réputé, abat froidement au bar Saint-clair, rue d’Armaille, à Paris 17e, le commissaire Galibert, et blesse grièvement deux de ses adjoints, Gouzier et Gibeaux. Galibert était venu là dénicher Julien Le Ny, recherché pour sa participation à l’enlèvement alors récent (l’année précédente), de Mehdi Ben Barka, mais il avait reconnu le visage de David, qui l’avait plutôt sidéré ce jour-là : « en vérifiant l’identité des clients, le commissaire découvre un visage connu : celui du « beau Serge », recherché pour des vols de voitures et des cambriolages, fiché comme « extrêmement dangereux ». « Suivez-nous », ordonnent les policiers. David fait quelques pas et demande : « Je peux au moins prendre mon imperméable ? » Les policiers hésitent. Christian David exhibe alors une carte du S.A.C. On l’autorise à prendre son imperméable, accroché à un portemanteau. Dans la poche de l’imperméable, il y a un pistolet. David sort son arme et tire. Le commissaire Galibert est tué, deux inspecteurs sont blessés. Le beau Serge s’enfuit. » La cavale de David se terminera au Brésil le 21 octobre 1972. Une cavale aidée par le réseau Guérini qui l’avait envoyé en Italie, puis en Afrique et en Amérique du Sud, où il avait rejoint « Joseph Ricord, patron de la filière sud-américaine de l’héroïne et ancien associé d’Henri Lafont, le chef de la Gestapo française »... les protégés du SAC ou du MPC, au départ d’anciens résistants, avaient décidément de bien étranges amis !!!

Le « Mouvement Pour la Communauté (MPC) » est une autre subdivision de l’armée de l’ombre gaulliste, il a été créé à Paris le 13 mars 1959 par Jacques Dauer (des jeunes du RPF), Louis Joxe et Raymond Schmittlein. Appelé « Mouvement Pour la Coopération », à Alger il se surnomme vitre lui-même « Le Talion », pour indiquer ce qu’il souhaite faire à l’OAS : venger point par point toutes ses exactions. Dirigé par Pierre Lemarchand, il est formé d’un groupe de 200 combattants dont une partie provient du SAC, et possède les mêmes supérieurs hiérarchiques que sont Roger Frey, Alexandre Sanguinetti et…. Charles Pasqua.  Le « Beau Serge » était sur place, à la villa Andréa (Dar Es Saada), sur les hauteurs de El-Biar aux environs d’Alger, lorsque celle-ci a sauté lors d’un attentat machiavélique conçu par l’OAS, qui avait réussi à piéger un lourd matériel d’imprimerie apporté de Métropole pour le SAC, un des épisodes les plus terribles de la guerre civile menée par l’OAS. « L’explosion a lieu alors qu’on s’apprêtait à torturer un prisonnier de l’OAS  » . 29 janvier 1962, des déménageurs BEDEL livrent deux caisses lourdes et volumineuses (262 kg) La cargaison, très attendue, est accueillie avec joie il s’agit de tout un matériel de composition et d’impression qui va permettre de enfin fabriquer tracts et affiches sans sous-traiter. La douane assiter à l’ouverture … doit assister à l’ouverture des caisses mais le temps passe … Jim Alacheik n’y tient plus. Impatient de devenir éditeur à part entière, il porte le fer entre deux planches de sapin et imprime un délicat mouvement de bas en haut… Énorme explosion ; champignon de fumée au-dessus des hauts d’Alger. 180 kilos d’explosifs plus quelques grenades défensives détruisent la villa Andréa. Bilan : dix-neuf barbouzes calcinées. Parmi les rares survivants, trois prisonniers, dont deux membres de l’OAS, qui ont été torturés dans la cave et que l’arrivée de l’imprimerie a sauvé de justesse. Il s’agit de Henri Vinent, aide-radio, d’Alexandre Tislenkoff, responsable ses émissions Pirates de l’OAS, et d’un chef de chantier Jacques Gosselin. Un commandant de la gendarmerie mobile s’opposa à leur exécution sommaire par Christian David « le beau Serge »…

Derrière tout ça il y a le MPC, ou le SAC (à gauche Lemarchand), effectivement, comme pour l’affaire Saint-Aubin. « Les exemples, ces dernières années, n’ont pas manqué » écrivait René Backmann, qui n’hésitait pas à citer dans son article Charles Pasqua en personne comme responsable de meurtres. « Mai 1967 : trois membres du S.A.C. sont écroués pour une tentative de meurtre commise devant le « Don Camilo », rue des Saints-Pères, rendez-vous des barbouzes. Juin 1968 : un cheminot et un chauffeur de taxi sont blessés par balles devant les locaux de la S.N.C.F., à Clichy-Levallois. Deux membres du S.A.C., présents sur les lieux, sont condamnés pour port d’arme ; ils étaient « montés » de Marseille, à la demande de Charles Pasqua, alors vice-président du S.A.C., aujourd’hui député et président de l’amicale parlementaire Présence et Action du Gaullisme ». De Marseille, l’ancien roi du pastis décidait bien de la vie et de la mort de certains selon Backmann. Sans oublier les bavures ridicules de ces cow-boys : « quelques jours plus tard, une habitante de La Rochelle reçoit une balle perdue : un commando du S.A.C. est venu aider le gaulliste de gauche Philippe Dechartre, qui se présente aux élections législatives. »

Car la liste est longue, des forfaits de l’équipe de gangsters de Charly : « le 29 juin, un colleur d’affiches de 18 ans, militant du P.C., Marc Lanvin, est tué par balles près d’Arras. Les coups de feu ont été tirés par un groupe d’hommes du S.A.C. Avril 1969 : un soldat de la base militaire d’Istres vole des armes et les remet à des responsables locaux du S.A.C. : ils sont condamnés à un an de prison avec sursis. Mais près d’Aix-en-Provence, la gouvernante d’un vieux châtelain est assassinée. Sauveur Padovani, responsable du S.A.C., est arrêté. Trois des inculpés sont membres du S.A.C. A Drancy, Daniel Fribourg, militant communiste, est poignardé par un membre du S.A.C. A Nice, un barman tire sur sa voisine et la manque. Il se constitue prisonnier deux jours après l’élection présidentielle. Il appartient au S.A.C. A La Mure, dans l’Isère, un militant du S.A.C., ancien légionnaire, tire sur un groupe de partisans du « non » au référendum. Un joueur de rugby de l’équipe locale est blessé. Janvier 1970 : arrestation d’une bande de gangsters. Sept ont la carte du S.A.C. Les receleurs appartiennent aussi au S.A.C. Août 1970 : un agent d’assurances niçois est arrêté pour trafic de drogue : « On m’avait dit, déclare-t-il aux policiers, que je transportais des documents du S.A.C., à mettre en lieu sûr… ». La liste est interminable »….

Le SAC durant mai 68 va jouer constamment les trouble-fête, parfois le mégaphone à la main, tant il sait naturellement haranguer les foules (c’est un tribun-né) : « En mai 1968, les membres du SAC déguisés en ambulanciers ramassent des manifestants pour aller les tabasser au sous sol de leur QG, rue de Solférino. Ils préparent la contre-manifestation en faveur de De Gaulle. C’est le SAC qui a expulsé des maisons des Jeunes divers mouvements et associations (Maoiste, Katangais) après les élections de juin 1968. Le SAC a créé l’UNI pour contrer la « subversion gauchiste » dans le milieu universitaire. L’organisation de Debizet a aidé jusqu’en 1976 le syndicat étudiant dans toutes ses démarches d’autant plus que beaucoup de militants avaient leurs cartes dans les deux organisations. Après 1976, la double appartenance existe, mais les organisations ont une direction distincte. » A la manifestation de l’après mai 68, Charly est arrivé à son maximum de pouvoir. Certains considèrent même déjà qu’il en a trop. Intelligent, il a compris que face à l’agitation, il pouvait jouer la partition de sa vie : celle de l’homme de l’ordre. Un pur mafieux venant jouer le rôle du plus grand flic de l’Etat…. ça ne manque pas de sel, comme situation ! Certains le remarqueront, en effet : lors de la célèbre manifestation gaulliste qui du 30 mai 1968, dans le cortège, au tout premier rang, il y a Maurice Schuman, Michel Debré, André Malraux, bien entendu. Et aussi Jacques Foccart (ici le second à gauche)… mais aussi, beaucoup ne l’avaient pas aperçu… Gilbert Zemour, dit « Petit Gilbert » le chef de gang du même nom. « Gilbert Zemour et toutes les anciennes barbouzes d’Algérie, les hommes de maître Lemarchand qui avaient combattu l’OAS après le FLN, étaient mobilisés. Le régime, Pasqua et Foccart en tête, craignaient une attaque armée des gauchistes. Gilbert et des dizaines d’autres, des voyous ayant été sortis de prison pour l’occasion, certains armés, avaient pour mission de veiller au grain, en nouveaux mercenaires du régime. C’est ainsi que le bon Gilbert (mort violemment en 1983 en promenant son chien), était à deux doigts de la tombe du soldat inconnu, avec la République entre ses mains » note avec acuité Bakchich.

Une connivence qui durera jusqu’en 1975, explique le Parisien : « le 28 février 1975, les frères Zemour tiennent encore le milieu parisien. Une fusillade digne de Chicago va sonner le glas pour ce clan de juifs pieds-noirs immortalisés dans le « Grand Pardon » d’Alexandre Arcady. Roland, Théodore, Gilbert, William et Edgar composent cette fratrie originaire du Constantinois en Algérie, montée à Paris dans les années cinquante pour exercer dans le négoce de vin. Violents et déterminés, les Z gagnent leur place au sein de la pègre parisienne en rackettant les commerçants du Faubourg-Montmartre. Ils élargissent leurs activités à tout Paris et « donnent » dans la prostitution, les cabarets, la contrebande, bien sûr les règlements de comptes et entrent sans surprise au fichier central de la répression du banditisme. »

Mais cela va mal se terminer pour le clan protégé des gaullistes : le 10 mars 1975 le jour de son enterrement, William Zemour aura droit à un vrai enterrement de mafieux, comme l’avait décrit ici le Parisien. Le cerceuil est en acajou et ses poignées en or massif. « Mais, ce 10 mars 1975, William Zemour, dit Zaoui, n’est pas seul pour son dernier voyage. Rolls-Royce Silver Cloud gris métallisé aux chromes étincelants, limousines en tout genre et Mercedes défilent comme à la parade. Les gerbes de fleurs sont immenses, les couronnes mortuaires somptueuses. Conduit au caveau familial de l’allée aux Tilleuls-de-Hollande, le défunt repose dans un cercueil en acajou aux poignées en or massif. Dans la foule, porte-flingues et grands seigneurs du milieu, des alliés de toujours et des anciens rivaux venus pour le baiser de la paix. Du beau linge et des mines patibulaires. Le faste étalé évoque, chez les médias, les obsèques du « Parrain », le film de Francis Ford Coppola, sorti trois ans plus tôt. La comparaison n’est pas innocente. » William vient en fait de se faire tuer par… les policiers de Broussard : c’est l’affaire du bar du Thèlème. « Dans les avis de décès, William Zemmour sera déclaré « mort accidentellement ». Une simple formule, assurément. Car, ce jour-là, William et son frère Edgar sont adossés au zinc du bar le Thélème, dans le Ve arrondissement de Paris. Les policiers de l’antigang sont persuadés qu’ils ont rendez-vous avec une bande rivale pour un « Yalta du crime ». Le « superflic » Robert Broussard pénètre avec ses hommes dans le bar. Et les armes parlent. Un calibre à la ceinture, William, alors âgé de 45 ans, prend 4 balles dont une dans la tête. Edgar en reçoit, lui, 5 dans le dos. Une d’entre elles reste logée contre sa colonne vertébrale, il sera invalide. Bilan de l’opération : deux morts, deux blessés et une bavure ». En fait, Broussard sera plus tard étrillé par la presse qui le rendra responsable de la fusillade, aiguillonnée par le clan qui a toujours le bras long. « Sa famille a porté plainte pour meurtre. Gilbert Zemour, dit Petit Gilbert, à Montréal lors de la fusillade, monte au créneau dans la presse et parle de « génocide » contre sa famille. Il affirme que les policiers ont voulu faire un « carton sur ses frères » qui se désaltéraient. Les Lyonnais ne sont jamais venus au rendez-vous. Edgar Zemour survivra mais pour tomber sous les balles, à Miami, en avril 1983. Petit Gilbert sera abattu en juillet, alors qu’il promène ses caniches avenue de Ségur (VII e ) ». Le clan Pasqua a ramené de Corse de bien étranges relations.

Episode tout aussi étonnant à connaître de la saga montrant les liens entre truands et policiers, celui du casino blege de Gilbert Zemour raconté ici par Georges Moréas, ancien commissaire divisionnaire : « pendant ce temps, Gilbert Zemour se frotte les mains. Il vient de réaliser le fruit de plusieurs années d’efforts. Grâce de nombreux pots-de-vin auprès des autorités locales, il a réussi à mettre sur pied un magnifique casino à Namur, en Belgique, au bord de la Meuse. Bien sûr, l’homme n’apparaît pas au grand jour. Officiellement, cet établissement est la propriété du groupe Gonzalès, détenu par un financier du jeu, Joseph Kaïda, et un contrôleur général de la police nationale, récemment retraité, Michel-Joseph Gonzalès. Ce dernier s’y connaît, puisqu’il a longtemps officié aux « courses et jeux », au ministère de l’intérieur. Mais ce soir de novembre 1980, rien ne va plus. Ce ne sont pas les joueurs qui flambent, mais le casino. Malgré la présence d’une cinquantaine de pompiers et de nombreux bénévoles, il est détruit aux deux tiers. La police belge établit qu’il s’agit d’un incendie criminel, et l’enquête s’arrête là. N’a pas la baraka, P’tit Gilbert. »

Or Pasqua s’intéressait aussi de près aux casinos : et ce dès les années 80, date à laquelle Gonzalès avait investi le sien. C’est à Annemasse que ça se passe, à la frontière avec la Suisse. Le maire, Robert Borrel. a donné le feu vert à des investisseurs pour en construire un : Toussaint Luciani , Robert Azoulay, puis Robert Feliciaggi se portent sur les rangs. Le ministre de l’Intérieur Philippe Marchand, refuse d’emblée, arguant qu’il y a déjà trop de casinos en Savoie. Idem en 1992, avec un deuxième refus de la Commission supérieure des jeux, appuyé par Paul Quilès : « De plus, la sous-direction des courses et des jeux des Renseignements généraux et la Direction des libertés publiques et des affaires juridiques (DLPA) du ministère de l’Intérieur émettent des réserves sur Robert Feliciaggi et son associé Michel Tomi, condamné en 1976 dans une affaire de détournement de fonds aux dépens du casino de Bandol, dans le Var. » Tomi c’est le corse, ancien croupier à Monaco devenu « monsieur Afrique », lui aussi : le nouveau marché des casinos pour lui, une fois interdit d’y mettre les pieds en France avec l’affaire de Bandol. Or le Le 30 mars 1993, tout change avec la nomination de Charles Pasqua comme ministre de l’intérieur : le dossier refusé de Robert Feliciaggi et Michel Tomi (ici à droite). est alors vite exhumé… et accepté par le ministre, malgré l’avis contraire de la DLPA et de la Commission supérieure des jeux !!!

Plus surprenant, à peine ouvert… l’établissement est… revendu, et ce dès juin 1994 !!! Feliciaggi a réalisé un jackpot étonnant : il engrange au passage 100 millions de francs de l’époque de bénéfices (15 millions d’euros)… il faudra attendre 2007 et un procès pour apprendre de la bouche même de Tomi que l’accord d’autorisation donné par Charly avait eu une condition : l’octroi de 7,5 millions de francs (1,143 million d’euros) au ministre de l’intérieur de l’époque, pour financer sa campagne électorale de 1999, pour son parti le RPF. Comme intermédiaire du deal, on tombe sur la surprenante fille de Tomi, Marthe Mondoloni, qui est aussi la gérante des PMU gabonais !!! Après appel et cassation, le 8 avril 2010, Charles Pasqua est condamné à 18 mois de prison avec sursis pour « faux, financement illégal de campagne et abus de confiance »... pour une fois, il n’a pas réussi à passer au travers.

Les lumières des casinos nous éloignent un peu des phares des miradors. Mai 68 passé et déjà oublié, le SAC est pris à partie par le journal Libération le 25 mars 1974, qui remet l’époque agitée au milieu des débats avec une énorme révélation. Le journal a retrouvé un document fort compromettant du SAC, en date du 24 mai 1968, estampillé « diffusion restreinte » contenant une liste de noms et d’adresses de particuliers, tous marseillais : c’est l »ordre de mission numéro 783″. Le texte ordonne de les parquer au stade de l’Huveaune ou au Stade Vélodrome « en cas de clash et sur ordre de Paris ». Scandale : le SAC préparait en 1968 un coup d’état de type militaire à la Pinochet (photo ci-dessus) !!! « l’opération stade » visant en effet en priorité diverses personnalités et syndicalistes de gauche comme ce sera fait au Chili de 1973 !!! Le journal précisant que Grenoble et Lyon avaient aussi été prévus. Panique à bord du SAC !!!! La réaction des amis de Pasqua ne se fait pas attendre : elle limoge Gérard Kappé, responsable marseillais de Provence-côte d’Azur, qui bien entendu hurle au faux document. Or Gérard Kappé n’est autre que le lieutenant de Pasqua au SAC de Marseille : impossible que Charly n’ait pas pu être au courant de ce qui se tramait alors sur place !!! Kappé avait en effet pris la tête du SAC marseillais quand Pasqua avait rejoint le siège national à Paris, au 5 rue de Solférino. En face, au numéro 2 de la rue, il y avair les bureaux de la maison Ricard…. le roi du casino s’apprêtait à jouer en France les Pinochet !!! Et c’est celui-là que vient de saluer Manuel Valls ??? Avouez qu’il y a de quoi être scandalisé !!!!

 

source : Histoire des barbouzes de François Bitterlin. Editions du Palais-Royal, 1972.

http://exode1962.fr/exode1962/conditions/barbouzes/barb-genese.html

http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2010/02/02/des-gaullistes-dextreme-droite-le-mil/

source:http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-cadavres-dans-le-placard-de-169200

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FRANCE (le SAC ou les gangsters de la République): les cadavres dans le placard de Charly AKA Charles Pasqua – N°1

Encore une fois, j’ai eu le sentiment d’être floué par les élus de gauche et leur représentant principal, ce premier ministre bombeur de torse, qui a commis ce jour là ce qui représente pour moi une véritable trahison. Je veux bien comprendre et admettre qu’on puisse saluer des adversaires en politique, mais ce qui a été fait pour Charles Pasqua, je ne peux l’admettre. Manuel Valls, ce faisant, a fait preuve d’une totale absence de vue historique. Pasqua a été l’exécuteur de fort basses œuvres, et l’hommage des députés socialistes est tout simplement une honte : on ne peut rendre hommage à un homme qui a trempé trop souvent dans d’aussi douteuses affaires telles qu’assassinats politiques, vente d’armes ou trafic de drogue. Outré, j’ai décidé de revenir sur la carrière de cet homme charmeur mais plus que redoutable. Car Manuel Valls semble l’avoir oublié, mais il traînait derrière lui un bon nombre de cadavres ou de cas douteux, dans lesquels son nom était revenu avec insistance dans les enquêtes qui avaient suivi. Pasqua « était secret » (*) ai-je pu lire ces derniers jours. Il ne pouvait que l’être, à moins de révéler ses turpitudes. Sa carrière a plus consisté à dissimuler ses cas pendables qu’à être efficace. Pour le résumer, il a dépensé beaucoup d’énergie pour se rendre présentable, ce Machiavel de Canebière. Le jour où il l’était devenu, l’ensemble de la vie politique française avait vu en lui l’arrivée d’un mafieux comme premier flic de France, et rien d’autre : l’aurait-on déjà oublié ? Retour sur Mr Charly, que l’on n’avait pas à saluer ainsi, à moins de ne rien connaître de ses frasques passés. Comme l’a dit un jour Michel Debré, qui s’y connaissait en coups fourrés, « Pasqua ? jamais sur le pont, toujours dans les soutes… » : on ne peut meilleure définition. Bienvenue dans l’univers du soutier Charles Pasqua, alias « Charly ».

Revenons tout d’abord en 1964. Cinq ans auparavant seulement, en en 1959, le Service d’action civique (SAC) avait été créé par Jacques Foccart et Achille Peretti et Charles Pasqua, mais aussi Roger Frey, Paul Comiti, Alexandre Sanguinetti, Dominique Ponchardier et Jean Bozzi. Pas vraiment des enfants de chœur, ceux-là. Le premier président du Sac est Pierre Debizet un résistant de taille imposante surnommé « Gros Sourcils » ou «  alors, qui a été tenté par l’extrême droite du Parti Patriote Révolutionnaire, un groupuscule dirigé par Jean-Baptiste Biaggi, qui a fini au FN après être passé à l’OAS. Avec Joseph Ortiz un cafetier, l’avocat JBiaggi seront à l’origine de le 24 janvier 1960, de « La semaine des barricades » : un député français borgne, nommé JMLePen, qui avait demandé leur extension en métropole sera arrêté et emprisonné. Comme couverture, l’homme qui ne s’est pas encore lancé en poliitique, travaille pour Ricard, boisson anisée qui alors connaît une ascension fulgurante : la France des années 60 en fera son emblème quasi national, au même titre que la baguette et le béret. Déjà, au sein de Ricard, Charly avait fait preuve d’un certain talent. Alors qu’il y travaillait encore, il avait préparé l’importation de l’Americano, produit italien concurrent, mélange de Campari et de vermouth : c’est en l’apprenant que son patron, Paul Ricard. l’avait viré : Pasqua travaillait pourtant chez lui depuis 1952 : jeune plagiste à Marseille, fils d’un policier marseillais, il y avait tenté sa chance, en venant jouer au vendeur dans le bureau même du directeur : sa gouaille et sa faconde l’avaient aussitôt fait embaucher. Chez Ricard, Charles Pasqua, devenu directeur des ventes à l’export, a sous ces ordres Jean Venturi : nous reparlerons de lui dans un autre épisode. Son homme de confiance s’appelle Jean-Charles Marchiani, dont nous reparlerons aussi un peu plus loin…

Car au SAC (à gauche son insigne), les cadavres dont on parle ne sont pas les bouteilles vides de Ricard laissées sur les tables, par les consommateurs, mais de vrais morts. Au SAC, ce ne sont pas des enfants de chœur comme on l’a dit, mais plutôt des tontons flingueurs  : « le SAC était une organisation paramilitaire spécialisée dans l’assassinat, le chantage, la corruption, le trafic d’armes et de drogue, le blanchiment d’argent “sale”, bref, la criminalité sous toutes ses formes, et par ailleurs dévouée corps et âme au Général de Gaulle. Son existence remonte au lendemain du coup d’État de 1958 et de la Cinquième République. Cependant, les réseaux qui en formaient le noyau existaient dès la fin de la deuxième guerre mondiale dans le cadre du “Service d’Ordre” du RPF, le parti gaulliste de l’époque. Partisan d’un régime fort, “au dessus des partis”, puisque fondé essentiellement sur l’appareil répressif de l’armée et de la police, de Gaulle avait mis en place, sous la couverture légale du RPF, une organisation paramilitaire de quelque 16 000 hommes recrutés dans les milieux criminels – ainsi en était-il du proxénète Jules Orsini – et dans les réseaux de l’extrême-droite et des anciens collaborateurs de l’occupation hitlérienne, comme Simon Sabiani et Gérard Gerekens. Sous l’occupation, ce dernier dirigeait à l’intérieur du PPF, le parti fasciste de Jacques Doriot, les groupes de choc spécialisés dans la chasse aux Juifs, aux communistes, aux socialistes et aux syndicalistes. Un tel curriculum vitæ était parfaitement adapté aux finalités du RPF » explique « Révolution ».

Qui fait partie du SAC, pas évident à définir puisque l’organisation est secrète (c’est un des secrets récemment vantés par la presse à propos de Pasqua !) « Pour autant, il est très difficile de savoir quels voyous faisaient partie de l’officine. En effet, les fichiers des adhérents, tenus secrets, n’ont jamais été découverts. Sans être exhaustif, loin de là, nous pouvons toutefois en citer quelques uns. « Le Parrain » de Lyon tout d’abord, qui bénéficiait durant les années 60 de puissantes relations policières et politiques. A Grenoble, comme nous l’évoquions plus haut, le boss de la ville bénéficiait lui aussi de la protection du Service. L’homme, cousin d’Alexandre Sanguinetti (homme d’affaire, conseiller du ministre de l’intérieur et homme fort du SAC), régnait alors sur la prostitution de la région grenobloise. Les frères Z, maîtres des boîtes de nuits parisiennes, ont quant à eux bénéficié de protection jusqu’aux années 70. Un de leurs associés servait en effet de colleur d’affiche et d’agent électoral aux candidats gaullistes. Les truands marseillais ne sont pas en reste. A commencer par deux des principaux compères de Jean-Baptiste Croce durant la French Connection, qui ont eux aussi leur carte tricolore. Du côté de Nice, on citera notamment Bianchini ou encore Giaume. Les boss du Milieu niçois ont à tour de rôle été les dirigeants locaux du SAC. Enfin, pour ce qui concerne Aix-en-Provence, c’est une figure de la criminalité locale, un dénommé Sauveur, qui dirige l’antenne aixoise du Service' ».

Le SAC et le milieu ; une affaire connue et reconnue d’emblée : «  ancien des forces navales de la France libre, responsable de la sécurité du général de Gaulle à l’Élysée, Paul Comiti, le président du SAC à partir de 1960, connaît la plupart des figures du milieu. L’un de ses affiliés, Charles Pasqua, natif de Grasse mais de souche corse, est également un habitué de tous les bars corses de la ville » Ah tiens, le voici déjà… en train de poser ses jalons, dans les bistrots !

Les gens du SAC sont avant tout des fidèles, sinon des idolâtres explique ici l’Express : « en 1958, lorsque de Gaulle revient aux affaires, ces anciens combattants du gaullisme sont là, prêts, s’il le faut, à le défendre les armes à la main. Ensemble, ils vont constituer le Sac ; c’est Debizet (ici à droite) qui en prendra la tête. C’est lui qui a suggéré que cette association ait une existence indépendante du parti gaulliste (l’U.n.r). « Pourquoi adhérez-vous à ce moment-là au Sac et pas à l’U.n.r. ? » demandera la commission d’enquête parlementaire à un des militants de l’époque : Réponse : « Parce que le Sac, c’était le Bon Dieu sans les curés. » On ne saurait mieux dire que, pour ces hommes, le Sac, c’était de Gaulle, et de Gaulle tout seul, sans l’intermédiaire des partis et de la « politique ». On les verra donc escorter partout le Général, coller des affiches à son image, faire applaudir les foules à son nom et ferrailler contre ses adversaires. » Des fidèles, donc, qui prêtent un bien étrange serment à De Gaulle : « Je prends l’engagement solennel d’obéir sans discussion à mes chefs. Si je trahis, j’accepte de subir les châtiments réservés aux traîtres ».

Le tableau de l’activité anti-FLN du SAC est effrayant, comme l’explique Dominique Calzi, alias Patrice Chairoff. dans Dossier b… comme barbouzes” : dès 1958, Roger Frey, Alexandre Sanguinetti,  »Dominique Ponchardier et Charles Pasqua décident de lancer le S.A.C. dans la lutte contre le F.L.N. algérien dont la willaya métropolitaine accumulait les actes de terrorisme. Dans l’esprit de ses artisans, la lutte contre le F.L.N. devait s’engager sur deux plans : infiltration et répression. Pour cette tâche, les gaullistes « purs et durs » sont à peine suffisants pour assurer l’encadrement des réseaux. Il faut donc faire appel à une « main-d’œuvre extérieure », c’est-à-dire recruter dans ce qu’il est convenu d’appeler le « milieu » par l’intermédiaire de truands partageant les mêmes amitiés politiques ou les mêmes intérêts. L’appât est toujours le même, celui utilisé par les services spéciaux du monde entier : aux petites escarpes, aux jeunes truands aux dents longues, sont proposés un casier judiciaire vierge et des rentrées de fonds maximums dans un minimum de temps. En contrepartie, on exige seulement d’avoir la gâchette ou la matraque facile, de ne point être trop torturé par sa conscience et d’obéir sans discuter aux ordres reçus ».

 » Le SAC attire à lui des centaines d’escrocs, petits délinquants ou caïds qui voient là une occasion rêvée d’obtenir des protections en échange de leurs services ». Et en général, l’appartenance au SAC procurait une réel avantage face à la police : « La carte tricolore de membre du SAC, vraie ou falsifiée, ne donne pas tous les droits. Mais elle semble conférer à son porteur quelques avantages, comme le rappelle l’ancien commissaire Lucie-Aimé Blanc, membre de la brigade mondaine à Paris dans les années 60 : ‘‘Quand on tombait sur un truand avec une carte du SAC, en général, les poursuites étaient abandonnées. Il y avait un conseiller, au ministère de la Justice, qui s’occupait des interventions pour les faire relâcher’’. Cette impunité est confirmée par un autre ancien commissaire parisien, Marcel Morin, en charge à cette époque du banditisme : ‘‘La préfecture de police de Paris, alors dirigée par Maurice Papon, nous envoyait parfois des consignes afin de faire libérer dans la journée des voyous que nous venions d’arrêter, parce qu’ils étaient membres du SAC ou proches de certains amis du pouvoir gaulliste ». Des personnes protégées par Papon, on se dit qu’elles ne devaient pas être fort recommandable, étant donné la personnalité du préfet de Police… celui qui avait envoyé tant de personnes dans les camps !

Des truands membres du SAC aux méthodes singulières, qu’on retrouve à des endroits inattendus : « en 1967, à Grenoble, un meeting est organisé pendant la campagne électorale : il oppose Pierre Mendès France à Georges Pompidou, alors Premier ministre. Le service d’ordre est assuré par des costauds qui portent une croix de Lorraine à la boutonnière. Des incidents éclatent. L’un des costauds se baisse et perd son pistolet sous les yeux horrifiés d’un ecclésiastique. Ecœuré, un policier confie à un journaliste : « Je n’ai jamais vu ça. Parmi les types qui sont là, il y a plusieurs interdits de séjour connus… » L’homme qui conduit, ce soir-là, la voiture de Georges Pompidou est un proxénète notoire, patron du bar « le Gobelet » : Mathieu Mattei, parent d’Alexandre Sanguinetti. Il sera assassiné un an plus tard devant la porte de sa villa »… Mattéi était aussi considéré comme le « parrain » de la ville de Grenoble  !

Le statut de truand blanchi par une action « gouvernementale » sur commande est pour le moins sidérant : les gens qui ont eu cette idée devaient être de sacrés… tordus. Car les témoignages retrouvés par Chairoff glacent le sang : il explique qu’un bon nombre d’attentats commis en métropole étaient en fait de faux attentats (avec de vrais morts !!!) « Le contrat est jugé intéressant par certains, à tel point même qu’ils deviennent eux-mêmes des agents recruteurs acharnés, n’hésitant pas à contacter en prison certains « clients » potentiels et à les en extraire si l’agrément est obtenu, comme l’illustre le témoignage de Jean-Baptiste C… (Témoignage recueilli le 6 décembre 1973) :« ... Durant l’été 1958, je purgeais une peine de prison à la Maison d’arrêt des Baumettes, à Marseille. J’avais « pris » cinq ans et j’avais une instruction en cours pour une seconde affaire d’attaque à main armée. J’ai été contacté par un avocat marseillais qui m’a demandé si, en échange de ma libération, j’acceptais de m’enrôler dans un mouvement clandestin de lutte contre le F.L.N. … Ma foi, cette proposition avait tout pour plaire, en tout cas pour me plaire : d’abord je me tirais d’une situation difficile et puis les arabes j’ai jamais aimé alors c’était tout bénéfice !… J’ai dit O.K. On m’a d’abord transféré à Aix- en Provence, et puis à la Santé, à Paris. Là un avocat parisien est venu me voir et m’a mis le marché en main . Je rejoignais un mouvement clandestin, d’accord, mais qui en fait était une sorte de police parallèle. Notre travail devait être double : tout d’abord infiltrer les réseaux F.L.N. en métropole en nous faisant passer pour des sympathisants d’extrême gauche, et ensuite effectuer toutes les tâches dont la police officielle ne pouvait se charger, en particulier la liquidation physique de certains éléments. En échange, on m’offrait la liberté immédiate, un salaire élevé plus des primes et, à la fin de la mission, un casier Judiciaire vierge et l’extinction des poursuites en cours. Quarante-huit heures plus tard. j’étais libre. Deux personnes m’attendaient au bar « A la bonne santé », situé rue de la Santé à Paris, juste en face de la prison. je n’eus que la rue à traverser. En fait le travail commençait immédiatement. On m’a muni d’un faux passeport et d’un faux permis de conduire, d’une carte de police périmée depuis six mois, d’un permis de port d’arme en bonne et due forme valable pour un Walther P-38, du P-38 en question avec des munitions en quantité et de deux numéros de téléphone à Paris, l’un valable pour la journée, l’autre pour la nuit. Je faisais équipe avec quatre autres personnes, dont une était un inspecteur principal des Renseignements généraux placé pour la circonstance en congé de maladie ». Un recrutement express, et une autonomie d’action ayant pour seul objectif que de créer la zizanie entre factions du MLN….

Pour ce faire, il faut entretenir une haine perpétuelle, à coups de provocations : « Notre travail n’avait rien à faire avec l’infiltration dont d’autres groupes se chargeaient. Pour nous. iI s’agissait de créer de toutes pièces des vendettas, des règlements de comptes interminables entre F.L.N. et M.N.A. et de procéder à des exécutions sommaires. En ce qui concerne la rivalité F.L.N./M.NA, rien n’était plus facile : on arrivait le soir avec une ou deux voitures dans le quartier arabe de la Porte d’Aix. à Marseille, ou à la Goutte d’Or ou à Barbès, a Paris, on s’arrêtait devant un café maure repéré à l’avance et on lâchait une ou deux grenades accompagnées de quelques rafales de mitraillette. Ca suffisait et le lendemain les représailles commençaient d’elles-mêmes … Y a eu également du boulot moins sympathique. Mais nos employeurs étaient coulants et chaque fois qu’on mettait la main sur un collecteur de fonds, on fadait (partager) à cinq, car même le flic ne faisait pas la fine gueule ! Et les embrouilles étaient vite réglées dans l’ensemble. Bref, d’une façon générale, nos patrons du S.A.C. ont été corrects à part le lait qu’on n’a jamais vu les casiers judiciaires vierge ! »…

Répandre la terreur, ou terroriser les terroristes, pour paraphraser une phrase de Charly  ; : « 20 novembre nouvelle tactique des barbouzes : le plasticage d’endroits fréquentés par les européens en faisant croire que c’est l’OAS qui a frappé, afin de désorienter la population Française. « Raymond la science » est à la base de ces attentats à l’explosif. Il a une double vie car il renseigne également l’OAS. Il restera actif longtemps. Du 20 au 21 novembre 1961, cinq commandos en voiture font sauter l’Otomatic, le Tantonville et le Cheval Blanc. Deux jours plus tard, le Joinville, le Coq Hardi et le Viaduc sautent à leur tour. Dégâts considérables, surtout sur le plan psychologique. Tous ces établissements étaient très fréquentés par les Européens ».

Le principe du jeu étant de laisser le moins de traces possible : « en septembre 1960, on nous a dit que le boulot était terminé et on nous a remis une forte somme en liquide, on nous a retiré les ports d’armes et les cartes de flic périmées et on nous a laissé le flingue comme souvenir avec en prime notre jeu de faux papiers et une carte du S.A.C. tricolore … Il était temps car on commençait a en avoir marre de ce boulot… » Sidérant témoignage : l’Etat français, via ses barbouzes a donc tué en France, dans le seul but de désorganiser la résistance algérienne, en lui imputant des attentats !!!

Pour se fondre dans le paysage, pas de problème, en effet car l’administration est là pour donner un coup de main : « A l’occasion, le SAC fournissait à ses troupes de fausses cartes de police et des armes. Bien payés, les hommes du SAC exécutaient les basses œuvres du régime dont la police et l’armée ne pouvaient se rendre coupables : exécutions d’otages, infiltrations, tortures etc. L’histoire du Service ne compte plus bientôt les attentats, les passages à tabac, les fusillades, les cambriolages, les trafics de drogue, les chantages, les extorsions de fonds, les meurtres et les affaires de proxénétisme… C’est donc un fait bel et bien réel. Une véritable osmose a vu le jour entre les caïds et le SAC. Les chiffres sont là pour le prouver. Entre 1960 (année de création) et 1982 (année de désintégration), quelques 65 affaires, impliquant 106 membres du Service, ont pu être dénombrées. »

Pasqua, fidèle allié de De Gaulle, avait beaucoup aidé à l’accession de son mentor, en préparant même en lousdé un coup d’Etat ; au cas où, en 1958 :« dans les Bouches-du-Rhône, Charles Pasqua a préparé le 13 mai 1958 en groupant autour de lui une poignée d’hommes décidés. Bien armés, anciens du R.P.F., gaullistes bâtis à chaux et à sable, qui passent dix jours dans les caves de la place Félix-Baret, à Marseille, dans l’attente du mot de code « Résurrection » qui leur donnerait le feu vert pour la prise d’assaut de la préfecture. La victoire assurée, Charles Pasqua amène au S.A.C. tous ces hommes dont il fait des chefs de groupe. Jean Lucchinacci, Gilbert Vaniers Ange-Félix Calzi, Max-Antoine Orsoni, Jean Pinelli, constituent ainsi l’armature autour de laquelle se groupent bientôt des hommes aussi divers que Paul Gaillet, futur secrétaire fédéral de I’U.N.R., Gérard Kappé (on reparlera de lui un peu plus loin), Bernard Masiani, André Mouton et d’autres de moindre envergure “En une heure, je peux mobiliser deux mille hommes armés à Paris”, déclarait Charles Pasqua(co-fondateur du SAC) au cours d’une réunion des chefs de groupe tenue à Paris en février 1970. »  Des gros bras, souvent issus de la Résistance, où va s’illustrer un dénommé Ponchardier, bien connu, ou plutôt son frère, des cinéphiles : « quant à Dominique Ponchardier, le responsable du Service d’ordre du R.P.F., il est le frère de l’amiral Ponchardier qui se rendit célèbre durant la guerre d’Indochine par les méthodes inhabituelles et « musclées » de ses commandos. Sous le pseudonyme d’Antoine Dominique, et dans la série des « Gorilles », parue chez Plon, Dominique Ponchardier a romancé certaines des aventures du S.O, du R.P.F. Romancé et moralisé, bien sûr ! » C »est le même Ponchardier (Dominique) qui était derrière l’audacieuse attaque de la prison d’Amiens par des Mosquitos anglais le 18 février 1944 !!! C’est lui qui est à l »origine du mot… Barbouze !

Parmi les recrues, on trouve beaucoup de repris de justice ou de Corses, Pasqua ayant entre temps été envoyé là-bas pour doper les ventes du Ricard. « A peine constitué, le SAC se lance dans une campagne d’infiltration et d’assassinat contre le FLN. Pour ses “sales coups”, Pasqua et les chefs du SAC recrutent dans les prisons, notamment parmi les truands incarcérés pour des attaques à main armée. Comme à l’époque du RPF, les gaullistes travaillent à travers de nombreuses entreprises (la Barracuda, la Fimotex etc.), qui, tout en ayant une existence légale, sont entre les mains de membres ou d’anciens membres des services secrets et s’engagent dans un trafic d’armes particulièrement lucratif – de chars, de mitrailleuses, de munitions et d’explosifs – en direction de l’Afrique Noire, des pays du Maghreb et du Moyen-Orient. Dans toutes les basses œuvres de la France en Afrique – coups d’État, assassinats, corruption, détournement de fonds, élimination d’opposants – les hommes du SAC sont de la partie, autour de Jacques Foccart, surnommé le “Monsieur Afrique” du camp gaulliste. (ici avec Félix Houphouët Boigny)« 

Le SAC sert à quoi, à l’époque, à part jeter la zizanie au FLN ? A remettre de l’ordre là où ça bouge un peu trop, et surtout lorsque que ça déplaît à De Gaulle. Pour fonctionner, il faut de l’argent, vite trouvé, avec les entreprises priées de cracher au bassinet, au prétexte de lutter contre l’invasion communiste :  « le financement de ce “recours” putschiste provient d’un nombre important de grandes entreprises françaises et étrangères : Rhône-Poulenc, Esso-Standard, le Crédit Lyonnais, Simca, Dassault, pour n’en citer que quelques unes. Jacques Foccart et d’autres acolytes du général ont mis en place une constellation de sociétés d’import-export, telles que la Safiex, dont la fonction est de fournir une couverture “commerciale” à l’activité des agents de renseignement gaullistes, d’alimenter les caisses noires de l’organisation et de financer les campagnes électorales des candidats gaullistes. Le Service d’Ordre du RPF est particulièrement actif à Marseille, pendant et après les élections municipales de 1947, où le RPF obtient environ 40% des voix : les réunions publiques organisées par le PCF ou la SFIO sont dispersées à coups de matraque, et plusieurs personnes sont assassinées, des dizaines blessées. » A Marseille, où il y a… Charly Pasqua, le chef des matraqueurs.

De l’ordre, partout où on en a besoin. Et en 1960, deux foyers principaux de mouvements sont particulièrement surveillés : les communistes, dont De Gaulle se méfie comme de la peste depuis 1947, mais aussi les gens de l’OAS, toujours tentés de vouloir l’assassiner, n’acceptant pas son revirement algérien. « En France métropolitaine, le SAC mène des opérations contre les forces de gauche, et en particulier contre la CGT, le PCF et l’UNEF. Il s’agit d’agressions, de menaces de mort et d’autres procédés d’intimidation, ainsi que de la constitution de fichiers de renseignement sur les militants. Un fascicule de formation interne du SAC, rédigé en 1964, et cité dans le livre d’un ancien membre du SAC, B comme Barbouzes, préconise “une offensive permanente, une action constante, suivie, intelligente” contre la CGT, visant à “l’éclatement de cette centrale syndicale”. Le document conclut : “Ce n’est pas la réduction de l’influence de la CGT que nous visons mais son élimination pure et simple.” Fichtre !

Cela, et les actions anti-OAS, d’une grande violence, pour répondre à celle de l’OAS même. Une OAS qui a perdu la boule et commet des exactions sans nom, d’abord en Algérie puis en France, pour lequel Germaine Tillion avait exprimé son dégoût (cet article n’évoque pas les exactions du FLN, toutes aussi odieuses) : « frapper les imaginations, se rappeler à l’attention des Algérois par des actions spectaculaires est une des constantes préoccupations de l’O.A.S. Soit qu’elle attaque au bazooka la Délégation générale, soit qu’elle se livre à des mises en scène grand-guignolesques comme c’est le cas le 10 mars à Bab-el-Oued. Ce jour-là, en plein midi, le corps d’un homme nu apparaît subitement, pendu à 15 mètres du sol, rue du Roussillon, au cœur du fief activiste, très animé à cette heure de la journée. Le cadavre est suspendu à un système de roulettes glissant le long d’un filin tendu entre deux immeubles. Il se balance là-haut pendant plus d’une demi-heure en plein soleil avant que les pompiers n’interviennent. Dans la rue, la foule, têtes levées, crie : C’est une barbouze, c’est une barbouze ! La victime de cette macabre exécution, qui rappelle les atrocités du Ku-Klux-Klan, porte, peinte au goudron sur le corps, l’inscription « L’O.A.S. veille ». C’est le quatrième cadavre découvert nu, badigeonné de goudron ou de mercurochrome, en moins d’une semaine à Alger. » C’est dans cette lourde ambiance de meurtres atroces que le SAC agît, sans mettre davantage de gants que son adversaire de l’OAS. Les meurtres ordonnés par Debizet sont plus… discrets, disons, et se poursuivront longtemps. En 2010, une de ces barbouzes confiera même à la presse que c’était bien Debizet qui avait commandité l’assassinat de Pierre Goldman (le demi-frère du chanteur), attribué jusqu’alors à l’extrême droite…

 

(*) Le sommet étant l’hommage d’Henri Guaino, homme de droite s’il en est, qui a dit à l’annonce de son décès qu’ « Il connaissait tous les secrets de la République. Il n’en révéla aucun pour se défendre lorsqu’il fut attaqué. Question d’honneur, énonce Guaino des sanglots dans la voix. On l’accusait de diplomatie parallèle et d’être peu regardant sur les moyens. Il l’était, en effet, quand il s’agissait de sauver une vie ou de défendre l’honneur de la France. Mais personne ne l’a jamais vu accomplir un acte dont la France put avoir honte. » La dernière phrase étant visiblement de trop. Pasqua s’est toujours arrangé pour ne pas être visible, et ce « goût du secret » célébré le jour de son enterrement ne cherchait qu’à dissimuler ses coups tordus. Les secrets gardés dans la tombe ne glorifient pas la République, bien au contraire. Le jour de cet enterrement on a eu droit à pire encore : selon Christian Estrosi, il aurait « apporté tant de noblesse à la politique, ce qui manque considérablement aujourd’hui » et selon celui qui lui a piqué sa palce à Neuilly (Sarkozy avait profité de son hospitalisation pour refaire toutes les affiches de sa campagne avec son nom dessus et non celui de Pasqua), « Charles Pasqua était un homme réservé, droit, courageux, qui ne trahissait pas, qui respectait sa parole »... ajoutant « Charles a beaucoup compté dans ma vie »… un beau florilège en effet !

http://destins.notrejournal.info/L-HISTOIRE-des-BARBOUZES

source:http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-cadavres-dans-le-placard-de-169199

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FRANCE (Trafic de drogue): « si on ne fait rien, Marseille sera Tijuana »

Près de 28 kilos de drogue ont été saisis dans la cité du Plan d'Aou dans le 15e arrondissement de Marseille. 

FAIT DIVERS – La Sûreté Départementale de la Direction Départementale de la Sécurité Publique (DDSP) des Bouches-du-Rhône a saisi près de 28 kilos de résine et d’herbes de cannabis dans la cité du Plan d’Aou à proximité de la Castellane.L’illustration de la nouvelle méthode de travail des policiers dans la lutte contre le trafic de drogue.

DOUANE FRANCAISE: le « Jean-François Deniau » devient l’une des composantes majeures des garde-côtes de la douane française en Méditerranée

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Christian ECKERT, secrétaire d’État chargé du Budget, a inauguré aujourd’hui à la Seyne-sur-Mer le nouveau patrouilleur de la douane française, le DFP3 Jean-François Deniau, en présence de Mme Hélène CROCQUEVIEILLE, Directrice générale des douanes et droits indirects et du Vice- Amiral d’Escadre Yves JOLY, Préfet maritime de la Méditerranée.

Inauguration du nouveau patrouilleur de la douane

Bâtiment de 53 mètres, intégralement construit en France, le « Jean-François Deniau » devient l’une des composantes majeures des garde-côtes de la douane française en Méditerranée, en complément des 11 moyens navals actuellement en service. Ce navire est le plus grand du dispositif naval de la douane française. Il est conçu pour réaliser 188 jours de missions à la mer par an. Trois équipages de marins de la douane se relaieront pour assurer ses missions :

  • Contribuer au dispositif national de l’action de l’Etat en mer (AEM), politique interministérielle pilotée localement par le Préfet maritime, pour la surveillance à proximité des côtes métropolitaines ou en projection, le cas échéant, en coopération avec la marine nationale. Le patrouilleur sera engagé dans les luttes contre les grands trafics par voie maritime et notamment les trafics de stupéfiants, de tabacs ou d’armes.
  • Participer aux opérations coordonnées par l’agence européenne FRONTEX de lutte contre l’immigration clandestine et de sauvetage des naufragés dans le cadre de la surveillance des frontières extérieures de l’Union européenne. C’est à ce titre que le DFP3 Jean-François Deniau a été cofinancé à 67% par des fonds européens (sur un coût total de 13,54 millions d’euros).

Christian ECKERT a salué « le renforcement des moyens de la direction garde-côtes des douanes de Méditerranée, qui est à l’image des enjeux et de la diversité des missions assurées par les services de l’Etat dans la zone ».

sources:

http://www.douane.gouv.fr/articles/a12489-inauguration-du-nouveau-patrouilleur-de-la-douane

http://www.nicematin.com/derniere-minute/video-a-toulon-le-nouveau-patrouilleur-ira-secourir-les-migrants.2278578.html

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DNRED (Douane française): 230 kg de résine de cannabis trouvés dans un garage à Rouen

En 2014, la douane a saisi 198,4 tonnes de stupéfiants dont 157,3 tonnes de cannabis. © Direction générale des douanes et droits indirectsLes douaniers de Rouen découvrent, en juin 2015, un appartement rempli de plants de cannabis et près de 230 kg de résine, dans un garage.

  • Par Mathilde Riou
  • Publié le 06/07/2015 | 17:28, mis à jour le 06/07/2015 | 17:32

© Direction générale des douanes et droits indirects

En 2014, la douane a saisi 198,4 tonnes de stupéfiants dont 157,3 tonnes de cannabis.

 Les agents de la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières de Rouen (DNRED) ont découvert chez des particuliers de Rouen 230 kg de résine de cannabis dans un garage.Le 22 juin, après plusieurs semaines d’investigations, les enquêteurs de la DNRED accompagnés des agents de la direction des douanes de Rouen découvrent des dizaines de plants de cannabis cultivés « in-door » dans un appartement, en plein centre ville. La culture occupant l’intégralité du domicile était prête à être récoltée.

Tout le matériel nécessaire à la culture hydroponique, trois carabines, des munitions, de la résine de cannabis, de la cocaïne, des produits de coupage, des contrefaçons, ainsi que près de 7000 euros ont également été saisis sur place.

© Direction générale des douanes et droits indirects

© Direction générale des douanes et droits indirects

© Direction générale des douanes et droits indirects

© Direction générale des douanes et droits indirects

© Direction générale des douanes et droits indirects

© Direction générale des douanes et droits indirects

Les personnes en cause ont été interpellées. Elles devraient comparaître devant le tribunal correctionnel de Rouen, le 31 juillet prochain.

Trois jours plus tard, le 25 juin, le même service d’enquête découvre au domicile d’un individu faisant l’objet d’investigations pour trafic de stupéfiants, 227 kg de résine de cannabis, 2 armes (fusil à pompe et fusil de chasse) et plus de 4400 euros. Les stupéfiants étaient dissimulés dans un box, loué par l’infracteur, sous une fausse identité.

La JIRS de Lille a été saisie du dossier et les suites judiciaires été confiées en co-saisine à la Police judiciaire et à l’OCRTIS.

En 2014, la douane a saisi 198,4 tonnes de stupéfiants dont 157,3 tonnes de cannabis.

En janvier dernier, 4 065 plants de cannabis sur pieds « in-door » avaient été saisis par les agents de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières de Nantes (DNRED) dans une villa de la banlieue nantaise.

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PÉROU: le président péruvien Ollanta Humala a levé l’état d’urgence, en vigueur depuis trente ans dans l’Alto Huallaga.

Sentier lumineux et narcotrafic: où en est le Pérou?

media Un soldat péruvien patrouille dans un champ de coca lors d’une opération visant à détruire un laboratoire de cocaïne dans la vallée de l’Apurimac (VRAEM), au Sud-ouest du Pérou. 21 août 2010. AFP/Carlos Mandujano

Le président péruvien Ollanta Humala a annoncé avoir levé l’état d’urgence, en vigueur depuis trente ans dans l’Alto Huallaga. Cette province amazonienne est réputée pour ses cultures illégales de feuille de coca, base de la cocaïne. C’est aussi un ancien refuge de l’organisation maoïste du Sentier lumineux, un acteur du narcotrafic au Pérou, premier producteur mondial de coca.

Pour ses 53 ans, Ollanta Humala s’est offert un drôle de cadeau. « Nous levons l’état d’urgence en vigueur depuis trente ans » dans l’Alto Huallaga, a déclaré le président péruvien, samedi 27 juin. Cette province isolée, forestière et montagneuse, située au centre-nord du Pérou, a été l’un des principaux bastions du Sentier lumineux. Concrètement, cette levée signifie le rétablissement des droits fondamentaux des personnes : l’inviolabilité du domicile, la liberté de réunion et de se déplacer pour les habitants de l’Alto Huallaga, dans la forêt péruvienne, la diminution des contrôles ou la réclamation de leurs droits à l’administration.

Principaux lieux de production de coca en Bolivie et au Pérou. Source UNDOC. http://grupoirena.com/UNDOC

L’annonce, qui a pris tout le monde de court, n’est pas fortuite pour autant : elle arrive quelques heures après la saisie par la police de matériel logistique ayant appartenu au Sentier lumineux dans cette zone, ainsi que l’arrestation du responsable de cette logistique. « La déclaration de Humala intervient dans un contexte un peu particulier au Pérou : le gouvernement est désavoué, il y a des remaniements dans les ministères. Il a profité de cette opération pour redorer son blason. On peut considérer qu’il profite de ces opérations coup de poing avec des prises importantes. Elles ont un retentissement et permettent de faire face aux critiques, mais à court terme seulement. Car à long terme, elles sont inefficaces puisque le trafic se déplace en permanence », décrypte Marie-Esther Lacuisse, spécialiste des études andines à l’Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes de Science Po. Le « trafic » en question, c’est celui de la coca, dont cette zone fut l’une des principales productrices.

L’état d’urgence était en vigueur dans l’Alto Huallaga depuis 1985, période à laquelle le Sentier lumineux s’y implante. Dans cette grande région isolée, il y sème la terreur, tout en commençant à s’allier aux narcotrafiquants. Jusque-là, le commerce de la drogue, qui s’est développé dès les années 1970, lui est étranger. Il est dévoué corps et âme à son œuvre rédemptrice : la prise du pouvoir et l’instauration d’un régime communiste rural, avec le culte d’un chef qui croit incarner « la quatrième épée », après Marx, Lénine et Mao.

Vingt années meurtrières

Le mouvement maoïste est fondé à la fin des années 1960 par le professeur de

Abimael Guzman à l’ouverture de son procès. 5 novembre 2004, AFP/Jaime Razuri

philosophie Abimael Guzman. Ce dernier fait de l’université d’Ayacucho où il enseigne son terreau, fertile dans cette région pauvre du pays. La majorité des recrues sont des étudiants, appelés, en bons maoïstes, à la lutte armée depuis les campagnes, sans hésiter à réprimer la population locale. Le Sentier lumineux passe à l’action le 17 mai 1980, à la veille de l’élection présidentielle. S’ensuit une décennie de « terreur », selon le vocable officiel, ou de « guerre populaire prolongée », selon la terminologie maoïste. L’organisation compte des milliers de membres.

LIRE plus sur http://www.rfi.fr/hebdo/20150703-perou-sentier-lumineux-cocaine-narcotrafic-vraem-levee-etat-urgence-drogue-guerilla/

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FRANCE: Charles Pasqua est décédé

Charles Pasqua, Photo d'illustration.L’ancien ministre de l’Intérieur Charles Pasqua est mort à l’âge de 88 ans

Le narcotrafic, la French connection, Les otages français, les généreuses enveloppes de Elf, les allers-retours de certaines éminences de la classe politique en Afrique, les projets immobiliers douteux, les accords secrets avec le FN ou l’UDF, les contrats d’armes, l’affaire Boulin, le suicide de François de Grossouvre, les disgrâces de quelques barons qui avaient cessé de plaire au roi… etc.ETC.ETC. – Tout cela n’avait plus de secrets pour lui…et plus encore!

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La Pasqua connection

Publié par Bakchich il y a 8 ans

Ces portraits sont extraits du livre La maison Pasqua (Plon), paru en 2001. Le livre a fait l’objet de multiples procès en diffamation de la part de Charles Pasqua, Jean-Charles Marchiani et Pierre Falcone… Tous ont été déboutés.

Etienne Léandri, le mentor

« Les deux premiers à accourir au chevet d’Etienne ont été Charles Pasqua et son fiston Pierre. C’est dire si la famille Pasqua doit beaucoup à l’ami Etienne, le grand argentier du clan. Laqués de rouge carmin et de liège précieux, les bureaux d’Etienne Léandri rue du Faubourg-Saint-Honoré sont surveillés par un homme à tout faire laotien, l’énigmatique M. Pao. Du haut de son mètre quatre-vingt-trois, Etienne domine implacablement son interlocuteur d’un beau regard de vieux séducteur. Tout, chez cet épicurien, est réglé comme du papier à musique. Un petit porto au début du repas, un petit Cointreau après le café, et encore, allongé d’un glaçon. Le reste du temps il se contente d’un Fernet-Branca, atroce breuvage d’herbes amères adouci d’un soupçon de sirop de menthe. Et le dimanche le bel Etienne rend visite aux Délices, pâtisserie alors célèbre de la plaine Monceau, dont il affectionne tant les petits pâtés.

Né à Gap dans une famille de militaires corses, « le Pépé » aura été un intermédiaire flamboyant. Secret, malin, ce redoutable négociateur aura vite compris que l’histoire s’était accéléré et que les frontières avaient explosé. Durant la dernière guerre qu’il vécut de façon délicieuse, ce play-boy fricote avec l’occupant, obtient des licences d’importation de suif et fabrique le produit Tokalon, l’unique crème de beauté de l’époque. Avec son ami intime Tino Rossi, Etienne devient une des coqueluches du Fouquet’s.

« Mondain et curieux, Etienne Léandri fréquente le Tout-Paris pendant la guerre, il n’est pas le genre à prendre les Allemands à rebrousse-poil », explique joliment l’écrivain Jean Montaldo, son ami et confident. Le 21 juin 1948, la Cour de Justice de la Seine condamne Etienne Léandri par contumace à 20 ans de travaux forcés « pour intelligence avec l’ennemi ». « Etienne s’était alors réfugié en Italie, en passant par Berlin, pour assister à la chute du IIIe Reich, poursuit Jean Montaldo, c’était un extravagant, il en existait beaucoup à l’époque. Il vécut cette époque comme le crépuscule des dieux. On le retrouve plus tard à Milan, abrité par des religieux, le temps d’attendre la fin de l’épuration et des exécutions sommaires ». La légende veut que, durant ses années italiennes, Etienne Léandri aurait approché le mythique parrain sicilien, Lucky Luciano qui, depuis les Etats-Unis, a négocié avec la CIA le débarquement américain en Sicile. « Le patron corse d’un bar parisien de la rue Ponthieu, qui connaissait les Siciliens pour avoir fait de la contrebande de cigarettes, lui sert de recommandation auprès de Luciano », explique un de ses anciens amis, l’universitaire Michel Carmona, auteur d’excellentes biographies de Richelieu ou du baron Haussmann. Cette version de l’histoire n’est pas unanime. « Etienne n’a jamais connu Luciano, s’insurge Montaldo, il détestait les truands ».

Une seule certitude, Etienne Léandri parvient à se faire de nombreuses et précieuses relations en Italie : les industriels du groupe Richard Ginore, soupçonnés de liens privilégiés avec les banquiers du Vatican ; le promoteur Cabassi, aujourd’hui décédé, qui a nettoyé Milan des décombres des bombardements alliés et acquis une grande partie des réserves foncières de la ville ; ou encore l’architecte Carlo Castelli, qui a conçu l’ensemble Milano Fiori, réplique à Milan du quartier de la Défense, dont la justice genevoise a retrouvé la trace en épluchant les comptes bancaire d’Etienne Léandri, Cabassi, Castelli…autant d’amis et de relation de feu Bettino Craxi, l’ancien président socialiste du conseil italien poursuivi par la justice de son pays et réfugié jusqu’à la fin de sa vie en Tunisie.

Revenons à l’après-guerre : le 3 mai 1957 donc, le tribunal permanent des forces armées de Paris déclare Léandri « non coupable de haute trahison ». Rentré en France en s’appuyant sur les réseaux anti-communistes, Etienne apprend vite les recettes du gaullisme immobilier. « A cette époque de divagations financières, raconte Jean Montaldo, Etienne graissait la patte des politiques, il était même un orfèvre en la matière. » « Il jouissait en faisant des affaires », explique l’actuel vice-président du RPF, Jean-Jacques Guillet, dont la société de communication négocia avec Etienne, dans les années 70, des espaces publicitaires…sur les tickets de loterie.

Ce natif de l’île de beauté est au mieux avec les Corses de l’UDR : Achille Peretti, Paul Comiti, René Tomasini, et naturellement Charles Pasqua. « Etienne Léandri était une relation de Christian Poncelet, l’actuel président du Sénat, a admis simplement Pasqua face aux juges, je l’ai vu à plusieurs reprises. Léandri faisant des affaires, je ne me suis jamais inquiété de savoir dans quel domaine. » On n’est pas obligé de le croire sur parole. Son bras droit, Jean-Jacques Guillet, a conservé, lui, des souvenirs plus précis : « dans les années 70, Etienne connaissait bien Marcel Boussac, qui était en train de liquider son groupe industriel. Comme Poncelet est élu dans les Vosges et l’entreprise Boussac est fort présente dans son département, il est amené tout naturellement à rencontrer Etienne Léandri. Or, à l’époque, Charles Pasqua, qui préside une première fois le conseil général des Hauts-de-Seine, cherche à reprendre les haras de Jardy, un des fleurons de l’empire Boussac. C’est pour cela que Poncelet, tout naturellement, lui présente Boussac et Léandri ».

Dans les années 90, Etienne croit au destin de Charles. Entre deux virées à la Scala avec ses amis milanais, le Pépé conclut de juteux contrats pour le compte de l’entreprise de bâtiments Lyonnais-Dumez, la société Thomson ou d’autres. Son associé en affaires est parfois Pierre Pasqua, le fils de Charles. « Etienne rendait à Pasqua le plus grand des services, note cruellement l’universitaire Michel Carmona, il occupait le fiston ».

Pierre Pasqua n’apparaît jamais publiquement. En revanche son nom figure sur quelques comptes discrets en Suisse ou à Monaco. Le fiston est le portrait de son père et son plus fidèle conseiller. Officiellement, sa jeunesse musclée dans les rangs du Gud, un syndicat étudiant d’Extrême droite, est sa seule incursion en politique. Agent immobilier à Grasse, avec pour associé le fils d’un gendarme du coin, Pierre tombe amoureux de l’Afrique et devient conseiller du milliardaire Jean-Claude Mimran, roi de l’agro-alimentaire au Sénégal. Grand voyageur, il effectue quelques escapades avec les amis de son père, Etienne Léandri bien sûr, qui l’emmène en 1994 en Corée, mais aussi le flamboyant André Guelfi, dit Dédé la Sardine, surnommé ainsi en raison de ses investissements passés dans les pêcheries en Mauritanie

Les faux frères Guillet

Grand copain de Pierre, Jean Jacques Guillet est le plus ancien des collaborateurs de Charles. Après avoir fait ses classes au cabinet de Jacques Chaban-Delmas alors Premier ministre de Pompidou, Guillet est chargé entre 1973 et 1976 des relations publiques du conseil général des Hauts-de-Seine, que préside une première fois Charles Pasqua. De sa jeunesse musclée dans les rangs d’Occident, un mouvement d’extrême droite, le vice-président du RPF a conservé un goût marqué pour les méthodes expéditives. Lors des élections présidentielles de 1981, quand Pasqua roulait pour Chirac, une de ses sociétés, l’institut de sondage Indice SA, attribuait au patron du RPR des scores mirobolants. Jean-Jacques le conceptuel prétendait introduire dans ses études d’opinion la dimension de « l’inconscient collectif ». Laquelle dimension, on l’aura compris, était à l’époque profondément anti-giscardienne. Autre atout, ce Guillet-là appartient à la Grande Loge Nationale de France (GLNF), un des trois grandes obédiences maçonniques, et ne s’en cache pas.

Conseiller diplomatique de Charles Pasqua, Bernard Guillet n’a aucun lien de parenté avec Jean-Jacques. « Dans la maison Pasqua, Bernard serait du genre à occuper la chambre de bonne », explique aimablement son avocat, l’ineffable Jacques Vergès. Plus sérieusement, ce simple fonctionnaire du Quai d’Orsay possède une belle maison estimée à trois millions huit cent mille francs au Vésinet, près de Paris. Cette modeste masure intéresse fort la justice qui a épluché ses comptes bancaire sans égard pour son rang de diplomate. Surnommé « Benguigui » par ses détracteurs en raison de son goût pour les pays arabes aussi démocratiques que la Syrie, l’Irak ou la Tunisie, Bernard Guillet apprécie également les golfs du Maroc, un pays où il fut longtemps consul de France. Pour le reste ce diplomate est connu pour u n autre passe-temps, la création d’association. De préférence à but non-lucratif…comme France-Orient et France-Sibérie-Russie, où oeuvra une vraie fausse journaliste prénommée Victoria, au mieux avec les pontes de l’ex-KGB.

Fort colérique, ce diplomate n’inspire pas une totale confiance à ses amis. Avant d’être interrogé par le juge Philippe Courroye l’hiver dernier, Bernard Guillet recevait par colis anonyme, un panier de charcuteries corses. Sans parles de quelques fromages de brebis en prime. Le message était parfaitement clair. Du genre : souviens-toi de ceux qui t’ont nourri.

Histoire d’éviter face à un juge bulldozer, quelques bavardages inutiles.

Daniel Léandri, dit « le tondu »

Daniel Léandri, qui n’a aucun lien de famille avec Etienne Léandri, est le fidèle d’entre les fidèles, le grognard de l’empereur, le « flambeau » dévoué corps et âme. Papa Léandri appartenait déjà à la maison Poulaga, où il avait côtoyé Papa Pasqua, également gardien de la paix. D’où la larme versée par Charles, lors de sa première nomination à l’Intérieur en 1986, en pensant à son père, simple flic, décédé quelques années auparavant. En novembre 1978, Jacques Chirac est hospitalise à l’hôpital Cochin, une jambe fracassée, après un accident de la circulation sur une route verglacée de Corrèze. Totalement dévoué à sa cause, Pasqua lui envoie le brigadier Léandri, pour veiller jour et nuit sur l’accidenté de la route. L’ami Daniel s’endormait, le soir, devant la porte de la chambre d’hôpital. C’est le moment où, sur son lit de douleur, le futur président de la République lancé, très exalté, son fameux appel de Cochin contre la politique giscardienne. « Comme toujours, quand il s’agit de l’abaissement de la France, le parti de l’étranger est à l’œuvre, avec sa voix paisible et rassurante. Français, ne l’écoutez pas. C’est l’engourdissement qui précède la mort. » La présence du garde du corps Léandri s’explique par les relations fort tendues qu’entretenaient alors les gaullistes avec « le parti de l’étranger » de Giscard d’Estaing.

Trois jours avant l’audition de Charles Pasqua par les juges, au mois de mai 2001, on surprend Daniel Léandri, dans le bar d’un grand hôtel, à deux pas du ministère de l’Intérieur, en compagnie d’un grand flic de ce même ministère. Histoire de venir aux nouvelles.

S’il en faut un pour aller au contact, ce sera toujours Daniel, dit encore le « Tondu ». Ou encore « l’enrhumé ».

Le « préfet boum-boum »

« Il faut lui envoyer les voyous ». Dans le rôle du méchant, le préfet Marchiani est toujours parfait. Ses menaces ne sont jamais voilées, l’auteur de ce livre l’a appris à ses dépens. Alors que le Canard enchaîné avait publié l’hiver dernier, plusieurs papiers sur les comptes bancaires de proches de Pasqua, Jean-Charles Marchiani confiait à un ami : « ce Nicolas Beau, il faut lui régler son problème. En Corse c’est assez vite fait : boum, boum et terminé ». Ce qui valut une explication de gravure entre le préfet « boum boum » et le rédacteur en chef du Canard, Claude Angeli, mis au courant de ces menaces par un informateur du journal. Le journaliste conseillera à l’ami Jean-Charles de se calmer un peu.

Jean-Charles Marchiani n’en est pas à son coup d’essai. Apparemment, les « voyous » ont tenté de faire pression sur un journaliste de France 2, Eric Lemasson auteur de la seule biographie du préfet Boum-Boum parue. Début 1999, un dossier de presse annonçant la tenu d’un colloque des chirurgiens-dentistes est délicatement posé sur le bureau du journaliste. Le sujet imposé « la référence en prothèse », est parfaitement étranger à ses préoccupations. Plus surprenant, certains passages sont soulignés au feutre jaune :  » un protocole clinique et technique, lisait-on, permet d’améliorer le traitement de l’édentation totale ». Ou encore : « contrairement aux idées reçues, le nombre d’édenté totaux ne régresse pas ». Et enfin : « les praticiens hospitaliers mesurent un rajeunissement de la population édentée ». Or Eric Lemasson n’a pas dépassé à l’époque, la trentaine d’années. A bon entendeur, salut !

Plus tard, le même plumitif et père de famille reçoit, entre deux coups de fil menaçants (sur fond de bruit de cour de récréation) une étrange visite d’un avocat connu. Cet honorable représentant du barreau lui demande de supprimer certains passages du livre, contre la somme de cinquante mille francs. Pour les envoyés du préfet Boum-Boum, le retournement d’un journaliste vaut peu de choses. De tels tarifs sont presque insultants pour la profession.

Le parcours politique du préfet Boum Boum ne plaide pas en sa faveur. Etudiant en droit à Aix, où il rencontre déjà Pasqua alors représentant en pastis à Marseille, le jeune Marchiani est très engagé du côté de l’Algérie française. A moins, comme on le raconte volontiers, qu’il n’infiltre l’OAS pour le compte du SAC. Plus sérieusement, le préfet Boum Boum commence sa carrière à dix-neuf ans, au Sdece, l’ancêtre des services secrets de la DGSE (direction générale de la sécurité extérieure), dont il est évincé en 1970 pour avoir joué un rôle trouble dans l’affaire Markovic.

« Il a toujours cultive un côté préfet chrétien et d’autre part, le genre voyou des services secrets », explique son camarade du RPF, Jean-Jacques Guillet, conseille de toujours de Pasqua. Et d’ajouter, cruel : « il a un côté Rintintin à courir partout même si on ne lui demande pas, encore qu’en matière politique, face à Chirac notamment, il fasse davantage penser à Rantanplan ».

A partir de 1993, Jean-Charles Marchiani devient l’interlocuteur privilégié des hommes du président angolais Dos Santos, le Franc-brésilien Pierre Falcone et le Russe Arkadi Gaydamak, deux amis plus récents de la bande à Pasqua. Pierre Falcone est un Franco-Brésilien né à Alger en 1952 de parents italiens émigrés. Un bien joli métissage. Touche-à-tout, il s’intéresse aussi bien aux armements qu’aux produits alimentaires ou à la santé financière des associations satellites du RPF. Accusé de commerce d’armes illicite, de trafic d’influence et de fraude fiscale, Pierre Falcone n’a jamais livré ses secrets de fabrication. « Il ne dit rien, il a une défense de voyou », estime un enquêteur.

Avant de connaître pendant une année, jusqu’à décembre 2001, une cellule de Fleury-Mérogis où la température ne dépasse pas huit degrés en hiver- et encore avec des cartons aux fenêtres-, Pierre était confiant en son destin : « dans mon pays au Brésil, on aime bien les maximes. Et celle-ci en particulier : bien faire et laisser dire. » «  Bien faire… » Pierre Falcone aura ainsi contribué à livrer cinq cent millions de dollars d’armement à l’Angola, un des pays les plus riches en pétrole de la planète et l’un des plus misérables pour le niveau de vie de ses habitants.

Bon camarade, Pierre Falcone a emmené dans ses aventures angolaises le milliardaire russe Arkadi Gaydamak, fort bien introduit dans le complexe militaro-industriel de Russie. Au départ, ce petit émigré aura été un bon informateur de la DST, le service de sécurité intérieur. « C’est un génie, le roi Midas en personne », souligne son avocat, William Goldnadel.

Cet Arkadi est surtout un ami de la France. De multiples portraits de Napoléon ornent les pièces de réception de son superbe appartement avenue Foch. A l’entendre, il aurait beaucoup fait pour libérer en 1995 les pilotes français, otages en Serbie. « La France devrait me traiter en héros , proteste aujourd’hui Arkadi, or elle me traite en bandit. » Recherché par la justice française, le Russe s’est réfugié en Israël, où il a hébraïsé son nom en « Ari Barlev ». De là il multiplie les propos vengeurs et les menaces voilées dans les nombreux entretiens qu’il accorde aux envoyés spéciaux de la presse française, qu’il reçoit volontiers dans sa belle maison de Césarée. Entre deux voyages en Angola…

Le clan des Corses

«  J’ai des amis corses, et alors ? Ce n’est pas un délit. » Cette confidence émouvante de Charles Pasqua au journal Corse-Matin durant l’été 2001 traduit une affection particulière pour deux familles dans l’île : les trois frères Feliciaggi, les deux frères Tomi. Et les proches de Charlie s’affichent avec Jean-Baptiste Jérôme Colonna, dit « Jean-Jérôme », dit encore « Jean-Jé », qui passe pour le parrain corse par excellence.

Au cinéma, les amis corses auraient joué le rôle des mauvais garçons ; de lourdes paupières, dès lèvres épaisses, des visages figés. Leur impassibilité est traversée parfois par une lueur d’intelligence, baptisée sur l’île le « vice du berger », ou encore « le vice du renard ». Autant dire la capacité de certains Corses à se tirer des situations les plus périlleuses.

Les Feliciaggi sont officiellement trois, l’histoire en retiendra surtout deux. Nés au Congo de parents fonctionnaires, Charlie et Robert Feliciaggi allient le meilleur et le pire des Corses expatriés en Afrique : l’esprit d’entreprise, l’énergie débordante, la générosité clanique, mais aussi cette propension à se sentir en marge de la loi commune. Chez eux le clan passe avant l’Etat-nation.

L’aîné, Charlie, vit en Angola où comme Jean-Christophe, Dédé la sardine et d’autres, il s’occupe officiellement de pêcheries. Encore que ce ne soit pas exactement l’impression de la justice de Monaco, qui s’intéresse de près à ses activités, et notamment aux 35 millions de dollars de matériel qu’il a livré à la garde présidentielle angolaise, avec l’aide notamment de Pierre Falcone. Le deuxième, le plus entreprenant, se prénomme « Jérôme », mais se fait appeler « Robert l’Africain ». Malgré la cure d’amaigrissement suivie l’été dernier dans une ville d’eaux, Robert a le visage empâté, les yeux sombres et le geste lent. Ce Corse est surtout le grand patron des jeux en Afrique. Sans parler de ces quelques casinos hexagonaux que Charles Pasqua lui a concédés lors de son règne au ministère de l’Intérieur, entre 1993 et 1995. il faut dire que Robert fut le principal artisan du lancement de Demain la Corse, l’antenne du RPF sur l’île. C’est lui encore, qui, pendant les européennes de 1999, renfloue les comptes de la patronne du PMU gabonais, Marthe Mondoloni, pour l’aider à avancer sept millions et demi au RPF…

Marthe est la fille de Michel Tomi, autre empereur des jeux et des casinos, qui tutoie Pasqua. Condamné dans la débâcle du casino de Bandol en 1996 à un an de prison, une peine confirmée voici quinze mois par la Cour de Cassation, cet honnête garçon vient d’obtenir d’un juge d’application des peines en Corse un régime de semi-liberté. Du genre souple.

Resté au pays, son frère, Jean-Baptiste Tomi, aura été élu maire du village familial de Tasso, sous les étiquettes successives de radical, de gaulliste puis de « divers droite ». Surnommé « le gros », le fringant Jean-Baptiste appartenait surtout au clan de feu Marcel Francisci, le patron des cercles de jeu à Paris. Hélas, le 15 janvier 1982, ce grand entrepreneur a été flingué dans un parking parisien et depuis, Jean-Baptiste s’est converti dans la restauration. Son auberge, le Col-Saint-Georges, se prête merveilleusement à de discrètes agapes, notamment lorsque le patron du RPF réunit ses amis politiques dans l’île.

Autre Corse d’Afrique, André Tarallo, l’homme fort d’Elf pendant un quart de siècle, est naturellement au mieux avec ce tout petit monde. Il connaît depuis toujours Charlie Feliciaggi, dont l’appartement, rue Jean-Goujon, tous volets clos, fait face aux locaux que lui-même a aménagés depuis son départ de la compagnie pétrolière. André a également côtoyé Robert Feliciaggi, qu’il « n’a pas revu depuis cinq ans ». Et bien sûr Jean-Jé Colonna, qui vit à Pila-Canale, le village des Feliciaggi, ne lui est pas inconnu. « Je l’aperçois parfois, je peux vous assurer qu’il est en pleine activité », admet André Tarallo, dans un sourire. Et d’ajouter, amical envers le journaliste de passage : « il ne faut pas s’attaquer à la bande de Pila-Canale, il faut vous méfier, ils peuvent vous retrouver d’ici deux ou trois ans ».

Officiellement employé par la supérette de sa femme pour dix mille francs par moi, Jean-Jé est avant tout connu comme le neveu de Jean-Jean. Ce dernier a trempé après guerre, dans l’affaire mythique du trafic de cigarette du combinatie, du nom du bateau détourné avec sa cargaison de blondes. Ce qui lui a valu, lors d’une fusillade de rue, de perdre les deux jambes. Maire à l’époque de Pila-Canale, le fief de la famille, Jean-Jean inaugura tout de même, en voiture roulante, une place du village à son propre nom. Le tout fut filmé par les actualité Pathé.

Jean-Jé est également le frère de Charles Colonna, longtemps maire-adjoint d’Ajaccio chargé du tourisme. Une position en or. Jusqu’au jour où, agacé par un jet d’eau chaude chez le coiffeur, l’élu arrosa la vitrine du commerçant de plusieurs balles de révolver.

Le jeune Jean-Jé passe vite sur le continent où il exploite un modeste bar marseillais, La folle époque. En fait, il travaille pour le compte de son oncle Jean-Jean. La police s’intéresse à lui une première fois en 1971, après avoir saisi à Orly un sac de douze kilos d’Héroïne. Plus sérieusement, il est interpellé en janvier 1975 dans l’affaire dite de la » french connection » et emprisonné aux Baumettes. On lui reproche d’avoir convoyé vers les Etats-Unis une tonne d’héroïne pure. Excusez du peu. Sept mois plus tard, Jean-Jé s’enfonce une lame dans la poitrine avant d’être admis à la salle des consignés de l’hôtel-dieu de Marseille, d’où il prendra la fuite. Le 13 janvier 1978, notre homme est condamné à 17 ans d’emprisonnement. Six mois plus tard, Jean-Jé obtient de façon totalement inédite, un sursis de la cour d’appel pour la peine qui lui avait été infligée pour trafic de stupéfiants ? Dix sept ans avec sursis, du jamais vu…

Sa seule peine pour évasion prescrite, Jean-Jé peut rentrer au pays de 1985. son séjour au Brésil n’aura pas été trop dur, il y connaît du beau monde, notamment Jules Filipeddu. Voilà un homme serviable. Propriétaire du restaurant la Caravelle sur le port de Bonifacio, qui accueille la jet-set parisienne, Jules est apparu au Brésil dans la fameuse affaire du vrai faux passeport délivré par Charles Pasqua à un ancien chef de cabinet du ministre socialiste Christian Nucci. Depuis son retour dans son bled de Pila-Canale, Jean-Jé a conquis de fortes positions, devenant le discret propriétaire de plusieurs établissements dans l’île, généralement sous des prête-noms. Cette vie paisible n’a été troublée qu’en juin dernier, lors de la visite inopinée de la police judiciaire d’Ajaccio à son domicile. Depuis, ces enquêteurs bien curieux épluchent ses comptes et ceux de ses proches.

Ainsi avec l’entourage de Charles Pasqua on ne s’ennuie guère. Entre armes et pétrole, roulette et baccara, les pépés flingueurs mènent joyeuse vie. »

source: https://www.bakchich.info/france/2007/10/08/la-pasqua-connection-50998

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