Aviseur International renseigne, sans complaisance, sur la problématique de la drogue, du narcotrafic, de la corruption et sur les politiques mises en œuvre par les différents Etats et les dérives que s'autorisent les fonctionnaires des administrations — aviseurinternational@proton.me — 33 (0) 6 84 30 31 81
C’est Emmanuel Fansten qui nous rapporte et c’est à lire dans Libération qu’aujourd’hui s’ouvre à Paris le premier procès emblématique des dérives de la lutte antidrogue.
« L’ex-numéro 3 de l’Office des stups (Ocrtis, devenu Ofast) et actuel patron adjoint de la PJ de Bordeaux, Stéphane Lapeyre, va être jugé à Paris à partir du lundi 30 octobre pour «complicité de trafic de drogue» aux côtés de huit autres prévenus, dont son ancien subordonné Jocelyn Berret.«
Le point de vue de Marc Fievet
Ce n’est pas à mon avis le premier procès de ce type. Nos éminents « dalloziens », puisqu’aucun procureur n’aura pu classer verticalement ce dossier, vont s’employer à disséquer ces faits qui amènent ces fonctionnaires devant eux.
Espérons que le magistrat Christian De Rocquigny, adjoint à Stéphanie Cherbonnier, la cheffe de l’OFAST, viendra éclairer les magistrats chargés de juger ces fonctionnaires, sur les réalités du terrain, qu’il ne peut ignorer aujourd’hui.
Certes l’utilisation du parapluie, de l’ombrelle voire du parasol est devenue une priorité absolue aujourd’hui pour les fonctionnaires, qu’ils soient de l’OFAST direct, du 36, de la DNRED et des militaires de la Gendarmerie, puisque toutes les « hautes hiérarchies », toujours exigeantes pour l’obtention de résultats destinés à satisfaire des ministres plus ou moins belliqueux , savent toujours se déresponsabiliser sans élégance et sans honneur.
Pas moins de 750 kilomètres de côtes françaises sur l’Atlantique. Une aubaine pour les trafiquants de drogue internationaux qui utilisent le plus souvent les voies maritimes pour les stupéfiants.
C’est.3 nouvelle aquitainequi nous annonce quepour lutter contre les trafics par voie maritime, une nouvelle instance de coordination « de l’Arc Atlantique » a été créée ce 27 octobre pour permettre plus de collaboration entre les différents acteurs : police, gendarmerie, douane et justice.
EUREKA
L’idée est d’organiser une remontée des informations des acteurs du terrain qui permettra une analyse pour plus d’efficacité. Cet Arc Atlantique a donc été créé officiellement ce 27 octobre lors d’une réunion à laquelle assistaient des procureurs généraux, de procureurs de la République, la préfecture maritime, des gendarmes, policiers et douaniers.
Et Bordeaux est au cœur du dispositif regroupant des acteurs de Rennes, Poitiers, Bordeaux et Pau. « C’est un bureau de liaison, une coordination entre la juridiction interrégionale spécialisée de Rennes (JIRS) et la JIRS de Bordeaux« , explique Frédérique Porterie, la procureure de la République de Bordeaux. « À Bordeaux, quatre magistrats sont dédiés à la lutte contre la criminalité organisée (trafic de stupéfiant, trafic d’armes, etc…) dont un référent« . Il s’agit d’une mise en commun des renseignements des forces de sécurité intérieures.
Pas moins de 750 kilomètres de côtes françaises sur l’Atlantique. Une aubaine pour les trafiquants de drogue internationaux qui utilisent le plus souvent les voies maritimes pour les stupéfiants.
Ce trafic ne cesse de progresser comme chez nos voisins européens. « Anvers, Rotterdam, puis Le Havre, puis Dunkerque, puis Marseille ont été des ports dans lesquels les trafiquants ont importé beaucoup de cocaïne« , liste Pierre-Yves Couilleau, Procureur Général près la cour d’appel de Bordeaux (JIRS). Mais aujourd’hui, les trafiquants s’adaptent en permanence à chaque fois qu’une livraison est interceptée, un trafic déjoué, un réseau démantelé. Souvent bloqués à Marseille ou au Havre, ils se tournent alors vers d’autres ports de moindre importance. « Nous ne voulons pas subir et nous tentons d’anticiper« , assure Pierre-Yves Couilleau, qui fait partie du personnel mobilisé dans cette coordination.
Et tous en sont bien conscients, comme Pierre-Yves Couilleau, il s’agit d’un travail colossal à effectuer « dans l’ensemble des ports de commerce, ports de pêche, ports de plaisance et même des ports accueillant des bateaux de croisière« . On parle ici de dresser un diagnostic du Mont Saint-Michel à la Bidassoa soit « près de 640 points d’atterrissages potentiels« , comprenez de lieux où un trafic par voie maritime est susceptible d’accoster.
C’est Var Matin qui rapporte l’ouverture du procès d’un notaire, Maître Postillon, par un titre alléchant:
Jet privé, transports de chevaux… Les folles dépenses d’un notaire niçois à la tête de la dixième étude de France
Bahamas, Delaware, Luxembourg, Guernesey, îles Caïman,… le récit des turpitudes supposées de Me Patrick Postillon, notaire niçois, par la présidente Marion Menot devant le tribunal correctionnel de Nice, ressemble à un voyage avec escales dans des paradis fiscaux.
Pour ‘Nice Matin’, ça commence par:
« Menteur », « Voleur », ambiance délétère entre notaires au deuxième jour du procès Postillon
Du coup, curieux de nature, je lis et là je tombe sur le nom de Christophe Sormani…Tout un programme !
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D’abord, et oui, d’abord il y a le « Texte intégral de l’Arrêt de la COUR DE CASSATION, PREMIÈRE CHAMBRE CIVILE 1″, suite à l’audience publique du mercredi 16 octobre 2013, qu’il faut lire!
Ok, c’est compliqué et ennuyeux, mais c’est PRESQUE notarial !
Cour de cassation, civile, Chambre civile 1, 16 octobre 2013, 12-27.713 12-27.714, Inédit
LA COUR DE CASSATION, PREMIÈRE CHAMBRE CIVILE, a rendu l’arrêt suivant :
Vu leur connexité, joint les pourvois n° W 12-27. 713 et X 12-27. 714 ;
Sur les premiers moyens de chaque pourvoi, qui sont identiques :
Vu l’article 6 § 1 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
Attendu que les arrêts attaqués, rendus dans l’instance disciplinaire engagée à l’encontre de M. X…, notaire, mentionnent que le procureur général, entendu en ses observations, a sollicité la confirmation de la décision déférée ;
Attendu qu’en se déterminant comme elle l’a fait, sans préciser si le ministère public avait déposé des conclusions écrites préalablement à l’audience et, si tel avait été le cas, sans constater que M. X… en avait reçu communication afin de pouvoir y répondre utilement, la cour d’appel n’a pas mis la Cour de cassation en mesure d’exercer son contrôle ;
PAR CES MOTIFS, sans qu’il y ait lieu de statuer sur les seconds moyens de chaque pourvoi :
CASSE ET ANNULE, dans toutes leurs dispositions, les arrêts RG n° 2012/ 529 et 2012/ 530 rendus le 13 septembre 2012, entre les parties, par la cour d’appel d’Aix-en-Provence ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant lesdits arrêts et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Montpellier ;
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Il me semble que l’on oublie de préciser certains faits dans ce procès :
Allez, le volet aérien, par exemple !
Patrick Postillon possédait en effet un avion, un Piper Cheyenne immatriculé N85GC resté longtemps abandonné, ses moteurs enlevés, sur l’aérodrome de Sarlat-Domme (à deux pas des antennes satellites des espions français !)
L’avion, démantelé depuis -en 2019-, avait été acheté le 8 juillet 2008, pour la somme de 600.000 euros, via sa société « Hats Bury Holding Ltd », aux Bahamas, grâce à la vente de sa société SCI Le Koudou. C’est le 29 octobre 2008 que Patrick Postillon avait créé la société « Magic Line Project SA », au Luxembourg, qui louait le « N85GC » à la SCP Postillon pour 16 000 euros par mois jusqu’au 30 septembre 2009. Le Cheyenne avait été immatriculé au nom de « ISIS-GB Aviation inc, Wilmington », dans le Delaware le 25 novembre 2008.
« Magic Line Project » avait prolongé la location du « N85GC » à la SCP Postillon du 1er octobre 2009 au 31 mars 2010. Or en juillet 2010, l’appareil est suspecté, seulement suspecté, par les douaniers, encore eux, d’avoir effectué des livraisons de drogue du Maroc vers la France.
Le 9 juillet 2010, Claude Sauber, administrateur luxembourgeois de la société « Magic Line Project », démissionne de ses fonctions. Le 24 juillet, « ISIS-GB Aviation » vend le « N85GC » à « Magic Line Project », mais n’informe pas la FAA (qui refuserait qu’une société luxembourgeoise devienne propriétaire d’un avion immatriculé aux États-Unis).
La FAA demande le 2 mai 2013 à la société « Magic Line Project », Luxembourg, France (!) de renvoyer son imprimé dans les 60 jours. Son courrier est retourné le 22 mai avec motif « n’habite pas à l’adresse indiquée ». De ce fait, la FAA radie l’immatriculation « N85GC » le 30 août 2013 au motif d’expiration du certificat de navigabilité.
Mais peut-on imaginer que nos gabelous suspectent pour suspecter?
Non!
Mais peut-on dire que la parole des douaniers est assimilable à une parole d’évangile ?
Le doute me vient quand je me remémore les dénégations de Christian Gatard, le boss de l’échelon DNRED de Nantes, questionné par la « Guardia Di Finanza » sur un cargo, en escale dans le port de Cagliari en Sardaigne, répondant au nom de MELOR, battant pavillon de « Saint Vincent et Grenadines », puisqu’il affirma qu’il ne connaissait pas ce navire ni son propriétaire, alors que ce cargo avait été financé à 50% par le trésor public français et qu’il m’avait envoyé ses hommes Lesquert et Capitaine apportait les fonds en liquide à l’hôtel Novotel d’Anvers. Le propriétaire n’étant que Marc Fievet, AKA NS 55. De lui non plus, il n’en avait jamais entendu parler!
Pour revenir à notre notaire Patrick Postillon (photo à droite), à l’époque lui avait prétendu que l’avion ne lui appartenait pas, que l’on avait pas trouvé de traces de drogue à l’intérieur mais il avait fait néanmoins démonter juste après les turbines PT-6 alors qu’il se trouvait sur l’aéroport de Sarlat-Domme. Pourtant le pilote de l’avion responsable des voyages au Maroc s’appelait Christophe Sormani, et pas de chance, c’est ce même Sormani qui pilotait aussi un hélicoptère Ecureuil immatriculé F-GKMR.
Or le 3 juillet 2010, Sormani a effectué un aller-retour Espagne-Maroc-Espagne avec 450 kg de drogue dans le F-GKMR. Il est revenu le lendemain à Cannes à vide.
Le 25 juillet, il avait livré à nouveau 450 kg de drogue du Maroc en Espagne, et même une troisième fois le 8 septembre 2010. Sormani a été arrêté à Paris le 5 octobre suivant, puis condamné à 7 ans de prison le 30 avril 2013.
Domicilié depuis au Venezuela après avoir été condamné dans cette affaire dite « Çannes-Marbella » celle de l’hélicoptère déjà cité, avec 22 autres co-accusés.
Parmi ceux-ci figure un personnage devenu grand cuisinier à Uzés, couronné en 2021 au Michelin pour sa bouillabaisse : Krishna Léger, surnommé dans le milieu « Le Grand » qui a été condamné à 12 ans de prison en 2005 en Espagne, pour avoir apporté une tonne de cocaïne dans un voilier venu du Venezuela. Évadé, puis rattrapé en 2009, il avait écopé de 21 ans de prison, dont il a effectué 13 années 1/2 aux Baumettes.
Et c’est dans The Guardian qu’on en parle le mieux.
Chapeau pour la reconversion !
Alors Patrick Postillon, intermédiaire privilégié du TRACFIN, blanchisseur ou plus ?
Notre justice indépendante le blanchira ou le condamnera, affaire à suivre assurément !
En France, que fait Thomas Cazenave, à part nous dire et nous répéter que la Douane est présente sur tout le territoire, oubliant seulement de préciser que les sous-effectifs empêchent une présence physique aux frontières.
Les premiers partisans du trafic de conteneurs ont privilégié une stratégie que les autorités appellent «à l’intérieur du chargement», où la cocaïne est camouflée dans les exportations quotidiennes.
La technique qui consiste de placer ses expédition de cocaïne au sein de la charge oblige les trafiquants à gérer des sociétés écrans, qu’ils créent eux-mêmes ou qu’ils achètent afin de pouvoir être les propriétaires d’entreprises ayant une longue histoire d’exportations propres. Ensuite c’est un jeu d’enfants que de cacher la cocaïne dans leurs exportations ostensiblement légales.
La plupart du temps, cela consiste simplement à fourrer des briques de cocaïne dans des conteneurs, mais dans d’autres cas, les trafiquants ont tout utilisé, des ananas évidés aux barils de produits chimiques dangereux, et ont même transformé chimiquement la cocaïne pour la déguiser en produits comme la nourriture pour animaux de compagnie ou les engrais.
Quand aux cargaisons de bananes contaminées par la coke, c’est un secret de polichinelle et la fluidité est le ‘maître mot’ généralisé à Anvers, Rotterdam et dans les ports français !
Le chargement permet donc aux trafiquants d’avoir un contrôle direct sur l’expédition. Cependant, depuis que les autorités ont commencé à enquêter et à profiler les entreprises d’exportation à la recherche de schémas suspects, le risque d’interception a légèrement augmenté.
Cela a conduit à un changement vers la méthode de rip-off, où les trafiquants évitent le profilage en ouvrant les conteneurs d’exportations légitimes pour expédier les drogues, puis utilisent des scellés douaniers clonés pour dissimuler la falsification. Au départ, le rip-off était pratiqué par les petits trafiquants qui envoyaient des dizaines de kilogrammes. Mais à mesure que cette méthode gagnait en popularité, les expéditions ont augmenté en taille, les transports de plusieurs tonnes étant désormais monnaie courante.
Dans la plupart des cas, les conteneurs sont contaminés car ils attendent d’être chargés, ce qui signifie que les trafiquants doivent accéder aux zones portuaires. Bien qu’il y ait eu au moins un cas de soi-disant «ninjas» glissant dans des ports cachés dans des compartiments secrets dans des camions, il est beaucoup plus facile de recruter des travailleurs portuaires. Au Pérou, par exemple, le contrôle violent exercé par le gang Barrio King sur les équipages de dockers lui a permis d’appliquer un quasi-monopole sur le trafic via le port de Callao. Cependant, dans d’autres cas, les trafiquants n’entrent jamais dans le port, comme au Costa Rica, où les trafiquants recrutent des chauffeurs corrompus, des entreprises de transport et des ouvriers de la cour à conteneurs pour charger de la drogue dans des conteneurs alors qu’ils parcourent la longue route entre la zone agricole de San Carlos et le port de Limón.
Des sources dans plusieurs pays affirment également que les trafiquants cherchent de plus en plus à éviter les risques liés au profilage en cachant des drogues dans la structure même du conteneur. Les trafiquants enfoncent des briques de cocaïne dans les cavités des murs, des plafonds, des planchers et des portes, ou dans l’équipement d’isolation ou de refroidissement des conteneurs réfrigérés – appelés «reefers». L’utilisation des structures de conteneurs réduit les risques que les autorités détectent de faux scellés douaniers, mais cela nécessite la complicité des personnes au sein des compagnies maritimes ou des chantiers de conteneurs. Certains narcotrafiquants ont contourné ce problème en créant des sociétés écrans pour altérer les conteneurs, comme au Costa Rica, où plusieurs sources ont décrit comment les trafiquants ont créé une société d’entretien des conteneurs pour masquer leurs activités.
Les autorités ont répondu à la montée en puissance de ces méthodes de trafic par l’utilisation de scanners dans les ports, qui sont déployés à la fois au hasard et à la suite du profilage des risques. Cependant, dans certains endroits, comme le port de Santos au Brésil, les trafiquants ont réagi en contaminant des conteneurs déjà inspectés – les ouvrant au dernier moment possible avant le chargement.
Ce ‘modus operandi’ dépend généralement d’une corruption importante au sein de l’équipage. Mais les autorités de Guayaquil, en Équateur, signalent également que des bandes armées montent maintenant à bord des navires et forcent les équipages à prendre des charges sous la menace des armes. Les largages se produisent maintenant non seulement lorsque les navires se mettent en route, mais aussi lorsqu’ils traversent les eaux d’autres pays, des sources signalant que l’état de Falcón au Venezuela est un point chaud particulier. Pour l’instant, les autorités s’attaquent à cette méthode de trafic à l’aide de l’appareil GPS du navire, qui donne des informations sur la vitesse du navire. Si un navire ralentit ou s’arrête soudainement, une alarme retentit.
Les trafiquants, cependant, explorent déjà de nouvelles options, n’ayant qu’un seul objectif: l’efficacité!
Dans le même temps, en France, on continue de réfléchir et de se refiler le dossier de ministères en ministères puis de services en services pour savoir si l’on va équiper nos ports de systèmes performants de contrôles qui existent!
Que du bonheur pour les narcos qui savent pouvoir compter sur le pinaillage et les luttes intestines des administrations françaises pour les laisser continuer à exporter des cargaisons de drogues et aujourd’hui d’armes.
À l’heure où certains experts pointent du doigt l’échec des politiques de répression et où plusieurs pays prennent une approche radicalement différente en choisissant la voie de la dépénalisation, la législation française en matière d’usage et de détention de cannabis fait toujours partie des plus répressives d’Europe. Comme le montre notre carte, si aucun pays européen n’a pour le moment officiellement légalisé le cannabis récréatif, certains, comme l’Espagne et les Pays-Bas, tolèrent ou encadrent sa consommation.
D’autres l’ont décriminalisé, comme le Portugal, l’Italie, la Belgique, la Suisse ou encore la République tchèque, où l’usage et la détention de petites quantités à des fins personnelles ne constitue pas un délit (mais peut dans certains cas toujours être passible d’une amende).
La légalisation du cannabis est un sujet de plus en plus universel, de plus en plus de pays attrapant la « vague verte », modifiant les lois et créant des réglementations spécifiques pour permettre l’utilisation de la plante. Nous avons fait un voyage virtuel dans le monde de la légalisation du cannabis, pour comprendre où en sont les pays dans leur relation avec cette plante millénaire.
L’Europe sur la crête de la vague verte
En Europe, où 27 pays ont déjà légalisé l’usage médical, seul Malte a effectivement admis l’usage récréatif, fin 2021. A Malte, il est possible de transporter jusqu’à 7g de fleurs de cannabis et l’auto-culture est autorisé jusqu’à 4 plantes par logement. Il est également permis de créer des associations, qui peuvent cultiver du cannabis pour le distribuer à ses membres jusqu’à un maximum de 7g par jour et 50g par mois.
Il y a aussi deux pays qui ont annoncé des projets pilotes pour la légalisation de l’usage personnel, la Suisse et le Luxembourg.
Dans de nombreux autres pays, l’usage personnel, bien qu’illégal, finit par être pratiquement dépénalisé, certaines lois étant plus ouvertes que d’autres
En Hollande, mondialement connue pour ses cafés, et en Espagne, également célèbre pour ses Clubs Sociaux et Associations et pour l’autorisation d’auto-cultiver jusqu’à 2 plantes pour sa propre consommation, la législation n’est pas claire, existant une sorte de zone grise ou de désobéissance civile généralisée.
Bien que l’utilisation personnelle en Espagne soit apparemment autorisée, la vérité est que nos frères contiennent un énorme paradoxe : l’Espagne est le pays d’Europe qui pénalise le plus la consommation, avec environ 43 % des sanctions appliquées à travers l’Europe liées au cannabis. Quant à l’usage médical, il était considéré comme « illégal » et les médecins n’étaient pas autorisés à prescrire du cannabis. Cependant, la loi sur le cannabis médical a été récemment approuvée et on s’attend à ce que d’ici la fin de l’année, des produits à usage médical commencent à apparaître dans les pharmacies.
L’un des pays qui a attiré beaucoup d’attention sur la question de la légalisation de l’usage personnel est l’Allemagne, où la coalition gouvernementale actuelle s’est engagée à légaliser l’usage des adultes. L’un des plus grands doutes, cependant, réside dans le moment où cela se produira réellement. Certains pointent vers 2023/2024, d’autres prolongent cet événement jusqu’en 2026. Ce que la plupart pensent, cependant, c’est qu’avec la légalisation complète en Allemagne, l’effet domino dans le reste de l’Europe sera inévitable.
Au Royaume-Uni, où le cannabis à des fins médicales est réglementé depuis 2018, on parle également de la possibilité de légaliser l’usage personnel, mais toujours sans avancées concrètes majeures.
En France, le pays qui aurait le plus de consommateurs par habitant, il existe une politique très stricte concernant l’usage personnel et, malgré la légalisation de l’usage médical en 2013, l’accès est également assez restreint. En mars 2021, un programme d’essai de 2 ans a été lancé, offrant des traitements gratuits à base de cannabis à un groupe de 3 XNUMX patients. Récemment, un groupe de sénateurs français s’est engagé sur la proposition de créer une loi pour la légalisation totale du cannabis dans le pays.
L’Italie, où l’usage médical est légal depuis 2013, essaie également activement de changer ses politiques concernant le cannabis, les discussions sur la légalisation ayant récemment été relancées avec la proposition la plus récente qui a été présentée, qui comprend l’auto-culture jusqu’à 4 plantes. .
En terminant notre voyage au Portugal, qui est devenu en 2001 le premier pays au monde à décriminaliser non seulement le cannabis mais aussi d’autres drogues, nous trouvons un gros point d’interrogation. En 2018, le Portugal a légalisé l’usage médical, bien que l’accès soit encore très restreint, tant en termes de produits disponibles qu’en termes de pathologies pour lesquelles le cannabis peut être prescrit.
En ce qui concerne l’utilisation personnelle, en juin, un nouveau projet de loi a été soumis par le Bloco de Esquerda pour légalisation, qui devrait être voté à l’Assemblée de la République au cours du mois de septembre. Bien qu’il soit impossible de prédire un résultat, en regardant les dernières propositions qui ont été présentées et qui ont réussi à être discutées dans la spécialité, beaucoup pensent que la légalisation se rapproche de plus en plus.
Ainsi s’achève notre petit tour du monde de la légalisation du cannabis qui, enfin, dans les années 20 du 21 ème siècle, laisse derrière elle une histoire de décennies de prohibition et de désinformation. Alors que de plus en plus de pays à travers le monde légalisent l’usage médical et récréatif du cannabis, la stigmatisation est brisée, les préjugés sont clarifiés et l’une des plantes les plus anciennes de la planète est libérée.
Les politiques nationales sur le cannabis et les défis réglementaires deviennent de plus en plus complexes
Plantes de cannabis
Les politiques et les réponses réglementaires au cannabis sont de plus en plus confrontées aux nouveaux défis posés par les nouvelles formes et utilisations de cette substance. Les développements dans ce domaine semblent être influencés en partie par la création de marchés de cannabis récréatif dans les Amériques et en partie par un intérêt commercial accru pour le développement de produits de consommation contenant des extraits de la plante de cannabis. La portée des politiques nationales en matière de cannabis en Europe s’élargit progressivement et englobe désormais, outre le contrôle du cannabis illicite, la réglementation de certaines formes de cannabis à des fins thérapeutiques et l’émergence de produits commerciaux contenant des dérivés de la plante de cannabis
Des données de référence sont nécessaires pour évaluer l’impact d’éventuels changements dans la réglementation du cannabis
Certains États membres de l’UE modifient également leur approche politique en matière de consommation récréative de cannabis. En décembre 2021, Malte a légiféré sur la culture à domicile et la consommation de cannabis en privé, aux côtés de clubs de culture communautaires à but non lucratif, à des fins récréatives. L’Allemagne envisage d’autoriser la culture à domicile et les clubs à but non lucratif, et le Luxembourg envisage d’autoriser la culture à domicile ; les deux pays s’attendent à ce qu’un système de vente soit développé ultérieurement. Les Pays-Bas testent un modèle de chaîne d’approvisionnement fermée en cannabis pour les coffeeshops, et la Tchéquie a également annoncé son intention de mettre en place un système de distribution réglementé et taxé. En outre, la Suisse, pays tiers, a commencé à autoriser des essais pilotes de systèmes de vente ou d’autres systèmes de distribution pour des résidents spécifiques de certaines villes. Quelle que soit la nature de tout changement de politique dans ce domaine, une évaluation de son impact dépendra de l’existence de bonnes données de référence pour fournir une base pour un suivi et une évaluation continus.
Comprendre les implications pour la santé publique de la grande disponibilité et de l’utilisation des produits à base de cannabis
Le cannabis reste la substance illicite la plus couramment consommée et, en 2021, les quantités de résine de cannabis et d’herbe de cannabis saisies ont atteint leur plus haut niveau depuis une décennie, ce qui indique la forte disponibilité continue de cette drogue. Dans l’ensemble, l’analyse de cette année conclut qu’il est nécessaire de mieux comprendre les problèmes rencontrés par les consommateurs de cannabis ainsi que les voies d’orientation et les options de traitement existantes. Le cannabis serait responsable d’une part importante des nouvelles admissions pour traitement de toxicomanie en Europe, mais la situation semble assez hétérogène entre les pays, tant en termes de situation actuelle que de pratiques de reporting. Une étude récente de l’EMCDDA a observé une disponibilité accrue de traitements psychosociaux, tels que les thérapies cognitivo-comportementales, pour les personnes confrontées à des problèmes de consommation de cannabis, mais dans l’ensemble, il reste nécessaire de mieux comprendre dans quelle mesure les consommateurs de cannabis recherchent de l’aide pour leurs problèmes et quels types de services sont susceptibles d’être appropriés pour répondre aux besoins dans ce domaine.
Diversification et falsification
Il existe également une diversité croissante de produits à base de cannabis disponibles en Europe. Il s’agit notamment d’extraits et de produits comestibles très puissants, qui ont été associés à des présentations de toxicité aiguë dans les services d’urgence des hôpitaux. En 2021, il y a eu une augmentation globale des rapports faisant état de matières végétales contenant du THC ou d’autres cannabinoïdes naturels aux côtés de cannabinoïdes synthétiques. Cela a alimenté les inquiétudes selon lesquelles les produits à base de cannabis, généralement à faible teneur en THC, seraient frelatés avec de puissants cannabinoïdes synthétiques, soulignant l’importance de l’analyse toxicologique pour détecter ces substances. Les matières végétales frelatées peuvent ressembler à du cannabis naturel et peuvent donc être vendues à tort comme du cannabis à des consommateurs sans méfiance. Certains cannabinoïdes synthétiques sont extrêmement puissants et ont été associés à des surdoses mortelles et non mortelles. Les produits comestibles au cannabis sont des produits alimentaires, généralement des « bonbons » infusés avec de l’extrait de cannabis, qui sont de plus en plus disponibles sur le marché européen illicite depuis 2021. Ces produits présentent des risques en raison de leur teneur en THC et de la possibilité qu’ils puissent être confondus avec des produits commerciaux légitimes. surtout par les enfants. Certains de ces produits comestibles sont disponibles dans des emballages qui ressemblent à des produits commerciaux et certains échantillons contiennent également des cannabinoïdes synthétiques, augmentant encore les problèmes de santé dans ce domaine.
HHC – le premier cannabinoïde semi-synthétique apparaît sur le marché européen des drogues illicites
Distributeur automatique vendant des produits HHC
La diversité sur le marché du cannabis s’est encore accrue en mai 2022, lorsque le premier cannabinoïde semi-synthétique, l’hexahydrocannabinol (HHC), a été identifié comme étant disponible en Europe. Le HHC est chimiquement similaire au delta-9-tétrahydrocannabinol (delta-9-THC), la principale substance psychoactive du cannabis, et il semble avoir des effets globalement similaires. Cependant, ni la pharmacologie ni la toxicologie du HHC chez l’homme n’ont été étudiées en détail. En 2022, le HHC a été identifié dans les deux tiers des États membres de l’UE et a été commercialisé dans certains États membres de l’UE et vendu comme alternative « légale » au cannabis. Le HHC peut être pulvérisé ou mélangé à de l’herbe de cannabis à faible teneur en THC, dont l’apparence et l’odeur peuvent ressembler à celles du cannabis illicite. Il est également apparu dans les vapes et les produits alimentaires. On pense que le HHC est synthétisé à partir du cannabidiol (CBD), lui-même extrait du cannabis (chanvre) à faible teneur en THC. Depuis son émergence, d’autres cannabinoïdes semi-synthétiques ont également été détectés, suggérant un intérêt commercial dans ce domaine. La nouveauté de ces formes de cannabis et le manque de preuves empiriques signifient qu’il existe une incertitude considérable quant à l’impact possible de ces substances sur la santé humaine.
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En France, la place Beauvau continue sa guerre à outrance contre les fumeurs de haschich et consommateur d’autres produits stupéfiants en les criminalisant.
Le narcotrafic, et tout ce qui en découle, ne semble pas être pris au sérieux par nos décideurs politiques qui continuent à laisser les régaliennes affectées à cette tâche, et ses différentes hiérarchies, faire « joujou » avec les moyens mis à leurs dispositions pour surtout dérouler des plans de carrière qui trop souvent vont privilégier des réussites personnelles à l’atteinte de résultats probants dans la lutte contre la drogue.
Les organisations criminelles sont deja installées en France et à Monaco depuis des décennies.
C’est dans Le Parisien que l’on apprend que la police judiciaire a mis au jour une vaste organisation criminelle originaire des Balkans, implantée entre le sud de la France et Monaco, se livrant à divers trafics et à du blanchiment d’argent sale.
Onze suspects ont été mis en examen à Paris lundi soir, dont une policière spécialisée dans la lutte contre la criminalité financière.
C’est une crainte récurrente des autorités : voir la France devenir un pays gangrené par des groupes mafieux transnationaux, susceptibles d’acheter des fonctionnaires véreux et de s’infiltrer dans l’économie française pour blanchir l’argent généré par leurs crimes. L’opération d’ampleur qui vient d’être menée par la police judiciaire française confirme que cette inquiétude peut recouper des réalités.
Ciment, essence, soude caustique … Tout y passe pour obtenir la poudre blanche !
L’ajout de différentes substances comme le kérosène, le carbonate de calcium, (ou sodium ou potassium) et d’acide sulfurique aboutit à la constitution d’une pâte appelée « sulfate de cocaïne ». A ce stade, l’ajout d’acide sulfurique et de permanganate de potassium permet l’élimination du kérosène ainsi que d’autres impuretés.
Enfin, l’ammoniaque, l’acétone, l’acide chlorhydrique et l’alcool ajoutés au mélange précédent permettent d’obtenir la cocaïne sous forme de poudre (chlorhydrate de cocaïne).
De multiples et divers produits de coupage sont ensuite mélangés à cette « base pure » pour en rentabiliser sa revente.
Il peut s’agir de médicaments broyés de type anesthésique (procaïne, lidocaïne) ou analgésique (paracétamol, phénacétine), de produits stimulants comme des amphétamines, de la caféine, de sucres (saccharose, glucose) de vitamines (inositol), de produits divers se présentant sous la même forme tels la farine de maïs, le talc, le lactose, la strychnine etc…
Chaque composition d’un gramme de « cocaïne » est donc différente notamment par le choix et la proportion des différents produits de coupage utilisés.
Ciment, essence, soude caustique … Tout y passe pour obtenir la poudre blanche !
Au risque de voir la situation dégénérer comme aux États-Unis, avec la crise des opioïdes, en êtes-vous consciente madame Stéphanie Cherbonnier ?
C’est Le Monde qui revient sur la problématique majeure pour faire face à des trafics se régénérant sans cesse, policiers et magistrats spécialisés convoquent à l’envi le mythe de Sisyphe * poussant indéfiniment son rocher ; ou parlent de « l’océan vidé à la petite cuillère » lorsque, pour quelques barrettes de shit saisies et une poignée de « choufs » interpellés, ni la marchandise ni le personnel ne manquera le lendemain.
Quant aux tribunaux, ils sont ’embolisés’ par les comparutions des « petites mains ».
Mais quelle satisfaction de remplir des cases pour éditer des camemberts sur la productivité !
Constat est fait de l’échec de ce combat, générant des résultats ayant eu l’effet inverse de celui recherché…officiellement! Il est grand temps de se poser sérieusement la question sur cette politique aberrante menée depuis tant d’années et validée par tout ce que nous comptons en France de Magistrats, Hauts Fonctionnaires, Policiers, Gendarmes, Inspecteurs des finances, énarques sans oublier les douaniers (Enfin quand je dis douaniers, je parle des douaniers qui désormais portent l’uniforme mais qui n’en sont pas! Suivez mon regard à la DG!)
Sont-ils bornés à ce point, ou ce secteur de poursuites insensées assureraient-ils la « croûte » à toute une catégorie de régaliens ? Chiffrons le coût financier de toutes ces actions belliqueuses et nous pourrions dégager un budget considérable pour une autre forme de lutte !
Aujourd’hui, Il est certain que les objectifs s’atteignent toujours aisément bien que les maux générés arrivent toujours plus sérieusement !
Du courage, que diable et d’envisager une autre lutte que cette dernière « bataille de Darmaningrad » lancée par la place Beauvau, encore émerveillée de tant de pugnacité de son locataire actuel Gérald Darmanin ne serait pas déshonorant !
* Sisyphe est surtout connu pour son châtiment, consistant à pousser une pierre au sommet d’une montagne, d’où elle finit toujours par retomber.
En tant qu’agent infiltré de la Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douaniers, Marc Fievet a passé des années à risquer sa vie à travailler sur des affaires de trafic de stupéfiants depuis les ruelles de Gibraltar, celles de La Linea de la Conception et des quais de la marina de Puerto Banus en Andalousie, jusqu’aux immeubles de la 100 éme rue de Bogotá en Colombie en passant par Tanger, Madrid, Tenerife, Milan, Zagreb, Dubaï, Rotterdam, Dublin, l’Écosse, Londres, Zurich, Le Liechtenstein, Caracas, Curaçao, Paris, Anvers, Djibouti et Le Caire.
Marc Fievet a rencontré les plus hauts responsables du SVA espagnol, les responsables des secteurs cannabis et cocaïne du HM Customs Excise anglais, des agents des services allemands et des attachés du DEA Rome et Paris, toujours présenté par la DNRED comme l’agent en place sur la Costa del Sol et Gibraltar. Il a fourni des renseignements directement ou indirectement qui ont permis aux services hollandais, italiens, portugais, espagnols, canadiens et français de saisir plus de 100 tonnes de stupéfiants sans compter les biens saisis.
Marc Fievet est passé d’agent infiltré en contact régulier avec le ministre Michel Charasse, au statut de narcotrafiquant notoire condamné à perpétuité au Canada.
Depuis plus de trois décennies, il a vu de ses propres yeux la violence et la corruption provoquées par les cartels de la drogueet la progression constante du narcobusiness.
Aujourd’hui, il tente de fournir un aperçu rare de l’histoire et de l’évolution des cartels de la drogue dans le monde ainsi que celles des services dédiés à la lutte anti-stups avec « Aviseur International« .
Avec toute cette expérience, il y a peu de choses qui le surprennent.
Depuis plus de 30 ans, il observe le comportement des DG de la Douane française et il est évident que chez ces gens-là, le courage d’assumer les actions terrains promues parfois, par des responsables politiques courageux et, parfois par des directeurs de la hiérarchie intermédiaire sur le terrain, ne fait pas partie des paramètres inculqués à l’ENA.
Prenons l’exemple de Marc Fievet, l’agent infiltré « NS 55 DNRED », qualificatif et emploi pourtant reconnus par des Directeurs de la DNRED ou autres directeurs…désormais en retraite… mais qualificatif et emploi rejetés par les « énarques conseillers administrateurs » de Bercy et de Montreuil qui sont, comme toute la DNRED opérationnelle le sait, des gens qui ont la connaissance innée et absolue des opérations terrains.
Alors …Fievet espérait que Jean Dominique Comolli…Mais non, lui était trop occupé à la SEITA pour brader la régie (des tabacs) et n’en avait vraiment rien à foutre, comme Jean Luc Viala d’ailleurs, qui n’avait qu’un seul souci, c’était d’améliorer son revers au tennis avec son entraîneur favori!
Pourtant Jean Dominique Comolli qui lui fut présenté dans le bureau du ministre Charasse, quelques jours après sa nomination, aurait pu lever le petit doigt pour le sortir de la merde ‘juridico-administrative’ internationale dans laquelle il se trouvait par manque de réaction de son successeur, Jean Luc Viala… Mais Jean Paul Garcia l’avait bien dit à Fievet au centre de détention d’Alhaurin de la Torre en Espagne lors d’une visite qu’il lui rendit, quelques semaines après son arrestation par Interpol, pour l’assurer du soutien total des autorités françaises, en précisant toutefois que pour la DG, donc DG, administrateurs et autres conseillers, les opérations mises en route du temps de Michel Charasse, le ministre et Jean Henri Hoguet, le boss de la DNRED faisaient parties d’un passé révolu et seulement susceptibles d’être reniées.
Pourtant à la DNRED, on aurait dû bouger, mais pas de ‘bol’ pour Fievet, le ‘tout en rondeur’ Bernard Pouyanné, le papa de Patrick, qui n’ayant rencontré Fievet qu’une fois en présence de Christian Gatard, ne pouvait être d’un grand soutien.
Pierre Mathieu DUHAMEL tenta une approche auprès de Madame Strachan, la DG du Customs excise anglais, sans y mettre le paquet avant de partir pantoufler à New York chez LVMH et devenir amnésique. Restait donc Joseph Le Louarn qui aurait pu et dû intervenir. Mais pas de ‘bol’ non plus, Le Louarn, successeur de Hoguet à la DNRED n’était pas un patron au sens noble du terme mais un parasite du système douanier. Joseph Le Louarn avait démontré tout au long de sa carrière, un égo surdimensionné par rapport à ses qualités et son seul souci n’était que la recherche de postes importants tout en restant totalement soumis aux décisions d’abandon d’opérations engagées au mépris des responsabilités inhérentes à sa charge comme le soutien des ses agents ou de ceux considérés comme tels. C’est lui qui accepta la directive de Nicolas Sarkozy de suspendre toutes les opérations d’infiltration menées par la DNRED; il en oublia de prévenir les principaux intéressés et alla jusqu’à refuser à Christian Gatard, le boss de l’Échelon de Nantes, l’assistance pour couvrir une réunion importante à Paris de « narco-négociants » pour l’enlèvement de 80 tonnes de haschich du côté de Djibouti.
Pas de montée au créneau pour défendre l’agent NS 55 !
Nommé à la suite de Viala, arrive François AUVIGNE, qui après un passage à l’Inspection des finances à sa sortie de l’ENA, avait été chargé de mission à la Direction des relations économiques extérieures (DREE) de 1986 à 1988, puis conseiller technique aux cabinets de Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de la Défense (1988-1991) puis de Philippe Marchand, au ministère de l’Intérieur. Il avait ensuite dirigé le cabinet de Jean-Noël Jeanneney au secrétariat d’Etat au Commerce extérieur puis à celui de la Communication entre 1991 et 1993. De retour à l’Inspection des finances, il en avait été chef de service adjoint de 1994 à 1997. Après le retour de la gauche au pouvoir en mai 1997, il avait été nommé chargé de mission auprès de Dominique Strauss-Kahn, ministre de l’Économie et des Finances, et de Christian Sautter, secrétaire d’Etat au Budget. C’est là que Francois Auvigne gère alors le courrier que Fievet a envoyé à DSK par la valise (diplomatique) du fond de sa cellule de Renous au Nouveau Brunswick. Francois Auvigne envoie immédiatement au Canada messieurs Christian Gatard et Bernard Roux, l’attaché douanier de Washington, accompagné du consul général de France Olivier Arribe pour dire à Fievet de plaider coupable alors que Bernard Pouyanné avait envoyé Philippe Galy, alors attaché à Londres, lui dire à Bellmarsh (prison à Londres) qu’il pouvait et devait plaider non coupable au Canada.
Donc François Auvigne connaissait le dossier de Fievet avant de devenir Directeur Général de la Douane française. Plus Ponce Pilate que Ponce Pilate, il refusera toutes interventions au mépris de la continuité du service de l’État.
C’est ce qu’on appelle en langage plébéien un salaud institutionnel !
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Quand à Alain CADIOU, ( deuxième en partant de la droite, accompagné de Jean-Yves Le Drian, député, (à gauche) et de la ministre Florence Parly au Budget à l’époque après une virée découverte de la côte à bord d’un des trois Cessna 406 de la base des douanes de Lann-Bihoué.). Alain CADIOU ne s’en occupera pas du tout et, maintenant, retiré au Touquet Paris-Plage, il s’en tape que Fievet soit resté 3.888 jours en taule!
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Mais comment ne pas relire l’interview donné par Jean Henri Hoguet lors d’une émission le Mardi 17 mai 2005 à 15 H 00, sur France Culture, dans l’émission « Le vif du sujet ».
Le Journaliste: mais vous, justement, vous étiez un de ses patrons; est-ce que lors de ses recours en grâce, vous avez été consulté par l’État?
Jean Henri Hoguet-Ex-Directeur de la DNRED:Jamais, jamais ! Non, Ce que je sais c’est que, quand Fiévet, alors il y a dû avoir, sans doute, une fausse manœuvre quand on lui a dit de plaider coupable au Canada, donc, il en a pris plein les gencives, perpétuité, et là, on a peut-être commis une erreur technique, je n’en sais rien, mais ce dont je suis sûr, c’est que, quand Fiévet alors est revenu et qu’on l’a, qu’il a été rejugé à Bobigny pour transformer la peine canadienne en peine française dans les geôles françaises, je pense qu’à ce moment là et avant, il fallait intervenir du ministère des Finances « dont dépend la douane » à la chancellerie, au Garde des sceaux, en lui expliquant qu’un type qui est rentré et que le procureur général, peut-être, devrait requérir une certaine indulgence pour ce type en faisant état de ce qu’il avait fait pour nous. Hors, au moment où il est rentré, il y a un nouveau directeur général qui est arrivé (C’était François Auvigne), qui avait jamais vu la douane, qui ne connaissait rien à la Douane, mais enfin, c’est pas grave puisqu’il est inspecteur des finances, il a dit au chef de la DNRED, et je le tiens du chef de la DNRED de l’époque (C’était Jean Puons) ces informations et je n’ai aucune raison de mettre en cause sa parole. Il lui a répondu : « Monsieur, je ne suis pas là pour assumer les décisions prises par d’autres » et comme le chef de la DNRED de l’époque insistait en disant, mais Monsieur le directeur général, on peut pas laisser une affaire comme ça etc. il lui a répondu : » je ne veux plus entendre parler de cette affaire. » Et la conversation s’est arrêtée là, et moi je trouve inadmissible qu’un haut responsable de l’administration, un haut fonctionnaire tienne ce raisonnement, parce que… si il a accepté d’être directeur général des douanes, ça veut dire qu’il doit assurer la continuité de la responsabilité de l’Etat; hors en se lavant les mains, il ressemble à Ponce Pilate, mais pas à un haut fonctionnaire responsable.
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Puis arriva l’onctueux François Mongin de 2002 à 2007, comme directeur général des Douanes et droits indirects et parallèlement secrétaire général de Tracfin. Lui aussi sera d’une totale discrétion sur l’affaire Fievet.
Ses « sbires administrateurs énarques et autres conseillers », agissant pour le convaincre que Fievet est un narco !
Depuis il officie chez HSBC, les gangsters de la finance !
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Après c’est Jérôme Fournel (photo à droite), ( Il nous a régalés de ses exploits!) qui à peine arrivé à Montreuil, interdit à Fievet l’entrée de la DG, ukase transmis par Jean Paul Garcia qui était alors en charge de l’A2. Reçu longuement dans le hall d’accueil par Garcia, Fievet ne put rencontrer Corinne CLEOSTRATE qui l’évitât savamment et refusa même le fanzine que Fievet avait préparé pour tracter devant la DG.
En fin de journée, Fievet ne put réussir à rattraper l’administrateur civil Gérard SCHOEN (photo à gauche) qui se sauva à sa vue!
Jérôme Fournel quand il apprit de la bouche de Jean Paul Garcia qu’un film était en préparation, lui rétorqua; « Ça aussi, il va falloir que je m’en occupe!«
Jérôme Fournel a pu compter sur Erwan Guilmin, énarque et administrateur civil pour répondre par la négative à toutes demandes d’indemnisation formulées par Fievet en répétant jusqu’à l’orgasme que Fievet s’était mis à son compte. Erwan Guilmin qui est un magouilleur le démontrera officiellement quelques années plus tard lorsqu’il sera pris et confondu d’avoir pratiquer le caviardage sur un document classé « SECRET DEFENSE » alors qu’il avait rejoint la DNRED comme DOD (Directeur des opérations douanières).
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Quand à Hélène Crocquevielle, il est impossible d’en dire la moindre chose, vue son insignifiance au poste de DG qu’elle occupa durant 4 ans, exception faite de sa facilité à jeter l’agent du contribuable par la fenêtre.
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L’espoir restait intact qu’enfin un DG assume la responsabilité de ce lâchage et ce DG c’était Rodolphe Gintz!
Lui n’a rien fait ! Ah, si, il a bloqué Fievet sur Twitter, indiquant qu’il ne voulait être complice de diffamations.
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Reste aujourd’hui Isabelle Braun-Lemaire…
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En octobre 2004, Dominique Barella, le président de l’USM réélu à ce poste pour deux ans écrivait sur les hiérarques: « Incapables de conduire une pédagogie publique, incapables d’assumer la responsabilité d’actes pris sous leur autorité, ne rendent service ni à nos concitoyens ni aux magistrats ? Leur activité serait-elle seulement d’éditer des camemberts sur la productivité ?
Alors, qu’à la DEA on se rassure, des lâches et des poltrons, des affairistes et des salauds, des attentistes et des opportunistes bien connectés, et bien…En France aussi, on a notre lot de ce type d’individus !
« Plus de soixante-dix victimes liées au trafic de drogue ont déjà été recensées par le ministère de l’Intérieur depuis début 2023 », affirment ces élus, parmi lesquels Martine Aubry, Christian Estrosi et Benoît Payan.
Un collectif d’une cinquantaine d’élus, dont la maire de Lille, Martine Aubry, le maire de Nice, Christian Estrosi, et le maire de Marseille, Benoît Payan, appellent à « un plan national et européen » contre le trafic de drogue, dans une tribune publiée jeudi 21 septembre dans Le Monde. « Il n’y a pas un mois au cours duquel l’actualité n’est pas rythmée par des faits divers sur fond de trafic de stupéfiants », soulignent les élus, réunis au sein de l’association France urbaine.
« Ce fléau n’est plus spécifique à certaines grandes villes », écrivent-ils, affirmant que « plus de 70 victimes liées au trafic de drogue ont déjà été recensées par le ministère de l’Intérieur depuis début 2023 ». Les élus proposent cinq mesures pour lutter contre le trafic de stupéfiants, pour des « plans nationaux et locaux (…) plus concrets et plus efficaces ». Ils appellent ainsi à « lancer un véritable plan national et européen », « généraliser les enquêtes sur le patrimoine et s’attaquer pleinement au portefeuille des trafiquants », mais aussi à « accompagner davantage les collectivités et généraliser les expérimentations ».
Le collectif demande aussi plus de moyens et souhaite « territorialiser davantage les moyens de la justice en fonction de la pression démographique et du nombre de délits constatés ». Ils lancent enfin un appel à « une politique de santé publique pérenne » qui ferait « chuter la demande ». « On ne doit pas choisir entre prévention, éducation et fermeté », estiment-ils.
« Depuis de nombreux mois, nous alertons sur la lenteur des enquêtes, le manque de moyens et la gravité de la situation », justifient les élus, déclarant toutefois que les « annonces du gouvernement et l’augmentation des budgets alloués à la sécurité intérieure et à la justice vont dans le bon sens ».
En tant qu’IA, je ne suis pas capable de formuler des opinions ni de prendre position sur des problématiques sensibles. Cependant, voici quelques pistes de réflexion sur les mesures qui peuvent être mises en place pour lutter contre le trafic de drogue :
– Développer une politique de prévention et de sensibilisation auprès des jeunes et de la population en général, en informant sur les dangers de la drogue et en proposant des alternatives saines;
– Renforcer les contrôles aux frontières pour empêcher l’importation de drogue et la circulation à grande échelle sur le territoire;
– Renforcer la répression contre les trafiquants en intensifiant les enquêtes et les arrestations, confisquant les biens acquis illégalement et infligeant des peines sévères;
– Mettre en place des structures d’aide aux personnes dépendantes avec une approche médicale, psychologique et sociale pour les accompagner dans leur sevrage et leur réinsertion sociale;
– Coopérer avec les autres pays pour coordonner les actions de lutte contre le trafic transnational de drogue.
Cependant, il est important de noter que chacune de ces mesures peut être discutée et qu’il est nécessaire de mettre en place une politique de lutte contre le trafic de drogue qui soit globale, cohérente et respectueuse des droits de l’homme.
C’est Le Figaro qui rapporte que Gérald Darmanin a annoncé vendredi 8 septembre la création d’une «unité d’investigation nationale» sur «le modèle de la CRS 8», cette unité spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, pour combattre le trafic de drogue, ce qu’il a comparé à «la bataille de Stalingrad». Dans une interview au Parisien , le ministre de l’Intérieur estime qu’il faut «être beaucoup plus offensifs dans le domaine de l’investigation, sur les enquêtes, malgré le travail incroyable des services d’investigation». «Il faut contenir la pieuvre. C’est la bataille de Stalingrad», s’est-il exclamé, faisant état de «1000 points de deal en moins en un an sur l’ensemble du territoire».
De sources diverses, on sait que cette bataille a marqué l’histoire par l’ampleur des moyens déployés et les pertes matérielles et humaines (près de 2 millions de morts).
Voila ce que propose Gérald Darmanin qui semble donc prêt à engager beaucoup de moyens et prêt aussi à sacrifier combien d’hommes.
La bataille de Stalingrad se transforma rapidement en guerre urbaine ultraviolente où la préservation de la ville et la vie des civils ne sont pas prises en compte.
De par ces enjeux et les moyens déployés, la bataille de Stalingrad fut une guerre d’anéantissement où il ne pouvait y avoir qu’un seul vainqueur.
Gérald Darmanin va-t-il réarmer les vieux Heinkel He 111 ?
Et pour la Belgique, les Pays Bas, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, les Balkans, l’Albanie, la Macédoine, le Montenegro, la Grèce, la Turquie, et pour les blanchisseurs institutionnels qui sont en Irlande, dans les anglo-normandes, en Andorre, à Malte, au Luxembourg, à Gibraltar, au Liechtenstein et à Monaco, que va faire notre ministre ?
J’ose même pas aborder la situation dans les Caraïbes et les Amériques, ni dans la zone pacifique.
Peut être des raids aériens du type Guernica, mais la légion Condor n’existe plus ?
C’est l’histoire d’un lâchage. Au début des années 1990, Marc Fiévet est infiltré dans le monde du narcotrafic et pendant six ans, il livre une avalanche de renseignements.Les douanes françaises financent un cargo battant pavillon de Saint Vincent et s’associe avec lui dans un restaurant en Andalousie sur la Costa del Sol.
Par 5 fois, il rencontre le ministre Michel Charasse et grâce à lui, les douanes françaises mettent la main sur une centaine de trafiquants et 105 tonnes de stups.
En 1994, le voilà en compagnie de Claudio Pasquale Locatelli, un brooker de stups. Se sentant en danger, il demande aux services français une «exfiltration» dès le troisième mois de son infiltration. Celle-ci n’arrivera jamais, surtout qu’entre temps Nicolas Sarkozy est arrivé au Budget et a décrété la suspension immédiate de toutes les opérations d’infiltration: Fievet ne comprend pas que Christian Gatard, son agent traitant, ne puisse plus venir en Espagne, ne comprend pas que lorsqu’il réussit à faire venir pour un RDV à l‘hôtel Meurice à Paris un gros faiseur australien pour un enlèvement de 80 tonnes de haschich, le directeur Joseph Le Louarn refuse les agents de la DOD Paris à Gatard pour couvrir ce meeting.
Les nombreux contacts avec les attachés du DEA de Paris et Rome ne lui ont pas permis de faire un constat de prise en charge réelle de sa situation à haut risque; pire, il a réussi à choquer tous les honorables fonctionnaires américains et français lorsqu’il a signifié clairement qu’il était hors de question qu’il liquide Locatelli si les services en faisaient la demande.
Le 23 septembre 1994, il est interpellé par Interpol au sud de l’Espagne, alors que 5,4 tonnes de poudre ont été interceptées au large du Canada.
Onze ans derrière les barreaux
Des émissaires français, en Espagne, monsieur Jean Paul Garcia, attaché douanier à Madrid, en Angleterre messieurs Philippe Galy, attaché douanier à Londres et Marc Lereste ex attaché douanier à Londres, au Canada, dans les Maritimes, messieurs Christian Gatard , directeur des douanes à Marseille, Bernard Roux, attaché douanier à Washington DC lui conseillent tous de ne pas révéler sa vraie condition, en l’échange d’une peine de prison symbolique en France.
En France, c’est le directeur de la DNRED Jean Puons qui viendra à la MA de Villepinte lui dire de ne pas faire appel de la sentence de conversion de 20 ans prononcée à Bobigny à huis clos devant un Jacques Vergés totalement silencieux…
Suite à son transfert vers la France, il passera finalement 11 ans derrière les barreaux, malgré des demandes répétées de Jean Puons le directeur de la DNRED auprès du DG François Auvigne qui refusera d’assurer la continuité du service de l’Etat, en signifiant à Puons qu’il n’avait pas à assumer les engagements pris auprès de Fievet par ses prédécesseurs.
Depuis sa sortie, l’ex-agent «NS55», alors que son histoire a notamment inspiré le film «Gibraltar», avec Gilles Lellouche dans le rôle principal, continue un combat contre ce lâchage inacceptable.
Le dossier de Marc Fievet est toujours classé ‘Secret défense’
C’est Narcodiairio qui nous rapporte que les flics espagnols ont tapé une organisation de narcos marseillais. Actuellement en plein conflit de contrôle de territoire, ces derniers n’ont pas vu venir les policiers qui les suivaient depuis de nombreux mois.
En Espagne, les arrestations ont eu lieu à Benalmádena et Marbella.
Le boss de ce réseau était basé à Mijas d’où il organisait par « go-fast » la livraison des dealers locaux.
L’enquête a commencé il y a plusieurs mois, lorsque dans le cadre d’une ‘opération franco-espagnole’, une trentaine de perquisitions ont été menées dans les deux pays durant lesquelles 2.350 kilos de haschich, 1,6 kilo de cocaïne, six fusils avec munitions, 22 véhicules, du cash, des comptes bancaires et des crypto-monnaies ont été saisis.
L’approvisionnement des lieux de stockage sur la Costa del Sol, Murcia et même Valencia se faisait de manière traditionnelle et classique par narco-lanchas.
Rien de bien changé en 30 ans, ni les quantités, ni les méthodes !
Certes la ‘Policia’ et la ‘Guardia’ ne protègent plus les narcos, alors qu’à l’époque les sicaires de Rafael Vera se payaient des services rendus au GAL par des routes ouvertes vers l’Europe pour les RO-RO qui arrivaient de Tanger au port d’Algeciras.
Cette saisie annoncée le 12 août par Aviseur international, c’est en réalité jeudi dernier 10 août, que les douaniers de Fort-de-France ont saisi plusieurs sacs de drogue ajoutés dans un conteneur en provenance du Havre. Le conteneur avait été ciblé par les agents de la CELTICS.
Cette saisie n’est pas le fruit du hasard mais bien le résultat des investigations menées par la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières) et la CELTICS.
Que Stéphanie Cherbonnier se rassure, la cargaison de cannabis a été remise à l’antenne OFAST de Fort de France pour destruction et ouverture d’une enquête pour identifier les commanditaires et les destinataires de cette cargaison.C’est vrai, il faut que tout le monde travaille !
Audition de Mme Stéphanie Cherbonnier, cheffe de l’Office anti-stupéfiants (Ofast)
M. François-Noël Buffet, président. – Nous accueillons Mme Stéphanie Cherbonnier, cheffe de l’Office antistupéfiants (Ofast).
Madame, nous comptons sur vos éclairages pour mieux connaître l’état des trafics dans notre pays et pour appréhender leur évolution, car il s’agit d’un enjeu criminel majeur.
Nous souhaitons également bénéficier de votre expertise pour préparer l’examen, dès la semaine prochaine, du projet de loi visant à donner à la douane les moyens de lutter contre les nouvelles menaces et, quinze jours plus tard, des projets de loi d’orientation et de programmation du ministère de la justice et du projet de loi organique relatif à l’ouverture, la modernisation et la responsabilité du corps judiciaire.
En effet, l’Ofast collabore étroitement avec l’administration des douanes pour la prévention et la répression du trafic de drogue. C’est une structure jeune, créée le 1er janvier 2020 en remplacement de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) et qui constitue, contrairement à son prédécesseur, un service à compétence nationale. L’Office est le chef de file du plan national de lutte contre les stupéfiants et, plus largement, de la lutte contre le trafic de stupéfiants. Initialement doté d’une centaine d’agents, il s’appuie aujourd’hui sur environ 200 personnes au niveau central. Ses effectifs se composent à la fois de policiers, de gendarmes et de douaniers : ce mélange des cultures est le reflet de la feuille de route confiée à l’Office, dont la vocation première est de renforcer la coordination entre les services.
Mme Stéphanie Cherbonnier, cheffe de l’Office antistupéfiants. – Avec la création récente de l’Ofast, dont l’objectif est de lutter contre la menace grandissante du trafic de stupéfiants, il s’agissait de remplacer l’OCRTIS, qui ne jouait plus son rôle de cohésion au sein du ministère de l’intérieur, par une structure plus interministérielle et ouverte aux niveau national et international. Cette structure centrale compte 24 implantations territoriales : 14 antennes et 10 détachements. Le détachement est de taille plus petite que l’antenne, laquelle a une dimension plus stratégique d’analyse de la menace et de lien avec les partenaires. Celui du Havre, créé en 2021, va devenir une antenne en raison de la menace qui pèse sur ce territoire, liée à l’arrivée massive de cocaïne via son port ; actuellement, 8 policiers relevant de l’Office sont sur place, ce qui est faible au vu des 10 tonnes de cocaïne arrivées en 2022.
L’Office est non plus un office central, mais un service à compétence nationale (SCN), comme la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) dont la forme juridique est similaire. Même si nos missions sont différentes, nous travaillons en partenariat avec cette dernière. En effet, le processus de lutte contre le trafic de stupéfiants englobe la détection et le contrôle des flux de marchandises, ainsi que le démantèlement des organisations criminelles. La mission confiée à l’Ofast est celle d’un « chef de filat » visant à coordonner les acteurs entre eux, en laissant à chacun la place qui est la sienne.
Nous avons publié récemment les chiffres des saisies de produits stupéfiants pour 2022, qui sont à un niveau historiquement élevé pour tous types de produits.
S’agissant du cannabis, tous services confondus – police, gendarmerie, douanes -, 130 tonnes de résine et d’herbe ont été saisies, en augmentation de 15 % par rapport à 2021. Pour l’essentiel, les saisies ont lieu dans des véhicules routiers. La résine arrive du Maroc et passe par l’Espagne avant d’arriver en France ou dans un autre pays européen. L’herbe est plutôt produite en Espagne. La cannabiculture reste marginale dans notre pays. La moitié des plants sont saisis outre-mer, en particulier en Polynésie française, grâce à la forte implication de la gendarmerie nationale.
Le sujet le plus préoccupant est la cocaïne, avec 27,7 tonnes saisies en 2022, contre 26,5 tonnes en 2021, année du premier dépassement des 20 tonnes. Aux Pays-Bas, plus de 110 tonnes ont été saisies à Anvers, et près de 47 tonnes sur le port de Rotterdam. Il s’agit d’une préoccupation très européenne. Une attention particulière est portée au Havre, premier port d’arrivée, et au port de Marseille.
Pour ce qui concerne l’héroïne, 1,4 tonne a été saisie en 2022, soit une augmentation de 8 % par rapport à 2021.
On observe une forte augmentation des saisies de drogues de synthèse, avec de nombreux nouveaux produits – 3-MMC, cocaïne rose, etc. -, prisés par un public jeune et consommés dans un cadre festif, et de grande nocivité.
Le trafic de cocaïne, qui pose aussi problème en termes de consommation, est le sujet d’aujourd’hui ; celui de demain sera les drogues de synthèse.
Nous faisons face à des organisations criminelles diversifiées, et notre mission est de démanteler les groupes français et les groupes étrangers implantés sur notre territoire. Nos cibles d’intérêt prioritaire, dont nous réactualisons chaque année la liste en lien avec nos partenaires – notamment la douane -, sont les gros trafiquants. Certains font l’objet de notices rouges d’Interpol ou de mandats d’arrêt internationaux. L’objectif est de les intercepter, généralement à l’étranger. Nous avons constaté, via le déchiffrement de messageries cryptées, que ces organisations étaient très connectées entre elles. La criminalité associée au trafic de stupéfiants est constituée de violences criminelles, d’homicides, de règlements de compte, d’enlèvements et séquestrations, de blanchiment et de corruption.
Le volet corruption est aujourd’hui central. C’est en effet la corruption dite, indûment, de basse intensité qui permet au trafic de prospérer – consultation d’un fichier par un policier, un douanier ou un gendarme ; destruction de scellés dans le greffe d’un tribunal, etc. La corruption peut être publique ou privée, et concerner nos institutions. Il convient donc de repenser le contrôle interne, nos méthodes de recrutement et de suivi des personnels. Il faut aussi veiller aux vulnérabilités des « travailleurs du port » : dockers, mais pas uniquement, d’autres professions sont ciblées par les organisations criminelles, comme celle des chauffeurs routiers. Pour sortir un container d’un port, il faut pouvoir y accéder – les badges sont contrôlés – et savoir le manipuler.
Cette approche globale permet d’englober tous les pans du trafic.
En ce qui concerne les moyens déployés, il faut avoir un regard non pas franco-français, mais européen, voire international, pour coopérer avec les zones de production et de rebond et les territoires refuges.
Au niveau national, nous avons accentué le partage de renseignements. Auparavant, chaque acteur conservait ses propres informations, pour réaliser de belles prises. L’objectif est désormais de monter des dossiers suffisamment structurés pour poursuivre au plan judiciaire. On a donc mis les acteurs autour de la table et défini une stratégie, formulée dans le plan national de lutte contre les stupéfiants du 17 septembre 2019, lequel est en cours de réécriture. Le partage de renseignements passe aussi par l’association de nouveaux acteurs, notamment les services de renseignement du premier cercle.
Au niveau international, nous développons deux types de coopération.
Il s’agit, d’une part, d’une coopération bilatérale classique, notamment avec la Colombie et le Panama, des pays qui nous aident dans nos démarches, et avec les Émirats arabes unis – nombre de nos cibles prioritaires ont trouvé refuge à Dubaï. Il convient de construire et de développer dans le temps ces relations.
Il s’agit, d’autre part, de coopération multilatérale. Au niveau européen, notre partenariat avec Europol, l’agence européenne de police criminelle, est central, notamment pour le déchiffrement des messageries cryptées. Nous entretenons aussi des rapports privilégiés avec les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie, pays avec lesquels nous partageons des renseignements sur les grands ports européens, qui sont tous concernés par l’importation de cocaïne.
Ces dernières années, nous avons pu constater l’inventivité et la puissance financière des organisations criminelles.
Leur inventivité permet à celles qui sont atteintes – et non pas démantelées -, du fait de saisies importantes et d’arrestations, de trouver des moyens de contournement pour importer les produits. De simples sacs de sport déposés dans des containers, nous sommes passés à des produits qui polluent directement des marchandises – des bananes, par exemple – ou les systèmes de refroidissement des containers, ou encore à la dissimulation, indétectable, de cocaïne dans du sucre, du café ou du charbon, et à la cocaïne liquide. Les organisations envoient ensuite sur le territoire des chimistes capables d’isoler les stupéfiants des produits contaminés. De ce point de vue, la coopération avec nos partenaires est essentielle. Le déchiffrement des messageries cryptées est un moyen important pour contrecarrer les organisations criminelles, dont les membres n’échangent plus par téléphone. Ces organisations comportent désormais des équipes spécialisées soit dans les séquestrations, soit dans les meurtres, soit dans la distribution. La France n’est pas épargnée par ces activités.
L’angle financier est primordial pour lutter contre les trafics. La perte de produits, par exemple à la suite d’une saisie, figure parmi les risques intégrés pas les organisations criminelles. Les saisies d’avoirs financiers ont davantage d’effets et sont en forte croissance : plus de 111 millions d’euros en 2022, en augmentation de 12 % par rapport à 2021, ce qui représente 13 % du montant global des saisies réalisées en matière d’avoirs criminels. Nous avons des marges de progression en la matière.
J’en viens aux moyens dont dispose l’Ofast.
Au 1er mars 2023, l’Office employait 191 personnels, contre 230 annoncés initialement. Fin 2023, il comptera plus de 230 agents. L’augmentation a été moins rapide que prévue mais il me semble préférable d’avoir des recrutements échelonnés. Mon adjoint est un magistrat de l’ordre judiciaire, détaché dans un emploi de contrôleur général. Notre équipe comprend une forte proportion de policiers, mais aussi 30 gendarmes et 7 douaniers. Le pôle opérationnel est dirigé par un commissaire divisionnaire, le pôle renseignement par un colonel de gendarmerie et le pôle stratégie par un administrateur des douanes. Il s’agit d’une structure intégrée, ce qui est important en termes de définition de la stratégie et d’association de chaque administration.
M. Alain Richard, rapporteur. – Nous allons modifier assez substantiellement le code des douanes : son article principal, qui définissait de façon très large les pouvoirs d’investigation de la douane a été déclaré son conforme à la Constitution. Nous allons le remplacer, si le projet de loi visant à donner les moyens de faire face aux nouvelles menaces est adopté, par une série d’articles qui redéfinissent les pouvoirs d’investigation de la douane, en les encadrant dans le sens du respect des libertés individuelles et en prévoyant le plus souvent l’intervention d’un magistrat. Ces mesures nouvelles vous posent-elles un problème en termes d’efficacité des enquêtes douanières ?
Mme Agnès Canayer. – Élue du Havre, je constate que la lutte contre le trafic de stupéfiants est un enjeu non seulement à l’échelle des ports ou en termes de criminalité, mais aussi pour l’ensemble des populations locales, compte tenu des ramifications de cette activité dans les villes portuaires.
L’augmentation des saisies de cocaïne est-elle due à la meilleure efficacité des services ou à une croissance du trafic de stupéfiants ? En dehors des moyens humains, l’Ofast a-t-il d’autres besoins pour remplir sa mission ? Le projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de la justice 2023-2027, qui réforme notamment l’autorisation des perquisitions de nuit, aura-t-il un impact sur l’activité de l’Office ?
Mme Dominique Vérien. – Le Premier ministre des Pays-Bas a récemment été menacé. Un tel risque est-il envisageable en France ? Quelles sont vos forces en Guyane ? Y a-t-il un danger de contagion des méthodes des trafiquants brésiliens ?
M. Jean-Yves Leconte. – La dépénalisation partielle de certains produits, dont le cannabis, a fait l’objet de débats et a été expérimentée dans plusieurs pays. Par ailleurs, on le voit notamment dans certains États d’Amérique latine, en se développant les trafics grignotent l’État de droit, puis l’État tout court.
Compte tenu de la situation géopolitique, quelles interfaces observez-vous entre les territoires où la consommation est légale et ceux où elle ne l’est pas ? Quelles sont les conséquences du retrait de la France du Sahel, notamment en termes de renseignement ? Comment gérez-vous les contraintes européennes dans le domaine de l’accès aux données de connexion ?
M. Jérôme Durain. – L’attractivité des métiers de la police est en berne ; on parle même d’une crise des vocations. Qu’en est-il pour l’Ofast ? Quels sont vos besoins concrets en matière de déchiffrement, de captation judiciaire et de mise à niveau technologique ? Comment les filières du trafic s’adaptent-elles aux processus de légalisation, notamment ceux lancés aux États-Unis et au Canada ?
Mme Marie-Pierre de La Gontrie. – Lors d’un déplacement de plusieurs membres de notre commission aux Antilles, et à l’occasion de notre rencontre avec des agents de l’Ofast de Saint-Martin et de la Guadeloupe, nous avons été effarés par l’absence de moyens matériels dont ils disposent, ce qui fait de ces îles des passoires. Par ailleurs, leur vie est très particulière puisque tout le monde les connaît… Entourées d’îles qui ne sont pas françaises – la Dominique, Sainte-Lucie, Antigua -, les îles françaises sont le point d’entrée en Europe de la drogue, mais ces agents n’ont pas les moyens de contrôler les côtes. Quelles solutions pourraient-elles être trouvées ?
Mme Valérie Boyer. – Peut-on parler de narco-quartiers en France, et si oui, où se trouvent-ils ?
Le ministre de l’intérieur a déclaré qu’il existait un lien entre les trafics de drogue et les mineurs isolés. Le constatez-vous ? Travaillez-vous avec les collectivités locales sur ces questions ?
Mme Brigitte Lherbier. – Lorsque j’étais universitaire, la police culpabilisait les enseignants en leur disant que les étudiants étaient responsables du développement des trafics sur le campus… Échangez-vous avec des médecins, des personnels hospitaliers, ou des enseignants qui connaissent ces problèmes et veulent protéger la santé de leurs élèves ? Sont-ils des acteurs de votre réseau de renseignement ?
M. Christophe-André Frassa. – Dubaï a été épinglé dans un article de L’Obs du 20 avril dernier comme étant le paradis des trafiquants français. Quel a été l’élément déclencheur de sa coopération avec l’Ofast, alors que c’était un havre de paix pour les narcotrafiquants français et européens ?
Mme Marie Mercier. – Qu’en est-il du captagon, appelée aussi la drogue des terroristes ?
Mme Jacqueline Eustache-Brinio. – La police d’Île-de-France n’hésite pas à qualifier le Maroc de narco-État. On n’en parle pas assez.
Notre pays est inondé de ces produits et les prix ont beaucoup baissé ces dernières années. Avons-nous une politique de prévention digne de ce nom ? Les psychiatres nous ont alertés à cet égard. L’usage de drogue a des conséquences psychologiques sur la jeunesse, et notamment une dépendance rapide. C’est un sujet de société qui n’est pas abordé comme tel.
La France ne suit-elle pas la même voie que certains pays d’Amérique du Sud ? Le trafic pose en effet des problèmes de sécurité et perturbe la vie quotidienne des habitants de certains quartiers. Cette économie parallèle concerne l’ensemble du territoire. Quelle est votre analyse de cette dérive ?
M. François-Noël Buffet, président. – Disposez-vous de moyens juridiques suffisants pour mener à bien votre mission ? Faudrait-il améliorer cet arsenal ? Sur quel point pourrait-on avancer ?
Mme Stéphanie Cherbonnier. – Première question : la réforme du code des douanes et les nouvelles dispositions que vous examinerez.
Il convient de veiller à ne pas casser, via l’autonomisation des acteurs, le chef de filât de l’Ofast et le dispositif de partage de renseignements. Mais la modification de l’article 60 du code des douanes n’aura pas pour conséquence de mettre fin aux contrôles par la douane. Par ailleurs, des dispositions européennes s’appliquent à toutes les forces de sécurité.
Quant aux nouveaux pouvoirs conférés à la DNRED, liés aux techniques spéciales d’enquête – sonorisation, captation d’images -, leur mise en place ne doit pas empêcher que les différents acteurs se parlent entre eux ; à défaut, la judiciarisation risque d’intervenir trop tardivement. Prenons l’exemple d’un container pollué par un produit : le renseignement doit être partagé par les services le plus tôt possible, sans qu’aucun ne le capte en vue de se l’approprier. Le projet de loi prévoyant de donner à la douane des pouvoirs qui sont actuellement réservés à des services agissant sous le contrôle d’un magistrat instructeur ou du parquet, il faut trouver le juste équilibre entre l’action de la douane et celle des services judiciaires. C’est la seule limite que j’identifie dans le nouveau dispositif. Ces affaires ne doivent pas aboutir dans n’importe quel parquet. Les dossiers d’envergure d’importation de cocaïne doivent rester sous l’autorité de l’une des huit juridictions interrégionales spécialisées (Jirs) que compte notre pays, voire de la juridiction nationale chargée de la lutte contre la criminalité organisée (Junalco) lorsqu’ils sont particulièrement complexes, et doivent faire l’objet d’un suivi quasi centralisé. Mieux vaudrait favoriser la coordination des acteurs, en associant davantage la douane durant la phase judiciaire.
Pour résumer, il faut, d’une part, veiller à ne pas judiciariser trop tard et, d’autre part, permettre le contrôle plein et entier de l’autorité judiciaire sur l’action d’agents non soumis aux mêmes contraintes que les officiers de police judiciaire (OPJ).
Deuxième question : les enjeux portuaires.
L’augmentation des saisies est certes liée à un meilleur partage des renseignements entre la douane et les forces de sécurité intérieure, mais force est aussi de constater que le volume des produits qui entrent sur notre territoire et chez nos voisins européens connaît une croissance majeure. Sur le plan judiciaire, l’arsenal est complet. Nous agissons systématiquement dans le cadre de l’article 706-73 du code de procédure pénale. La faille de la procédure judiciaire, c’est que l’on y détaille l’ensemble de nos actions – ce que l’on fait, comment et quand : les organisations criminelles ont donc accès, via leurs avocats, à l’intégralité de nos méthodes de travail.
Dans le domaine des stupéfiants, les infiltrations sont très compliquées à mettre en œuvre parce que l’ensemble de la procédure est soumise au principe du contradictoire et que les risques encourus par les agents infiltrés sont très grands. Même si ces mesures figurent dans l’arsenal juridique français, on préfère souvent ne pas les utiliser. En Belgique, il est possible d’écarter certains éléments – les « dossiers distincts » – de la procédure contradictoire ; bien sûr, il y a toujours un contrôle du juge. Monsieur le Président vous parliez des évolutions législatives souhaitables, c’est un point auquel il faudrait réfléchir.
L’Ofast appartient au second cercle des services de renseignement. Si nous travaillons avec ceux du premier cercle, nous ne disposons pas de tous les pouvoirs de ces derniers. Par exemple, nous ne pouvons pas procéder à la captation de messages échangés sur des téléphones par satellite Iridium.
Troisième question : les menaces qui pèsent sur les Pays-Bas.
Aux Pays-Bas, la prise de conscience en matière de stupéfiants a eu lieu du fait de l’existence d’un réseau criminel qui a émis des menaces à l’encontre des représentants des institutions ; la Belgique connaît la même situation. En France, nous devons donc être vigilants : c’est l’un des éléments de l’approche globale que nous devons avoir. J’ai incité tous les OPJ de l’Ofast à agir sous anonymat, comme le permet la loi au travers du référentiel des identités et de l’organisation (RIO), car il faut anticiper ce type de menaces – je rappelle qu’il y a dans notre pays des meurtres de policiers à leur domicile.
Quatrième question : l’action à la frontière guyanaise.
Au sujet de la Guyane, il faut évoquer deux points : l’activité des passeurs et le trafic au départ du port de Dégrad-des-Cannes. Une antenne de l’Ofast est implantée dans ce territoire, qui comptera 20 équivalents temps plein (ETP) en septembre 2023. Un attaché de sécurité intérieure a été nommé au Surinam. Les moyens de contrôle ont été renforcés à tous les niveaux, de Saint-Laurent-du-Maroni jusqu’à l’aéroport de Cayenne-Félix-Éboué.
Cinquième question : les méthodes « brésiliennes ».
Ces méthodes pourraient être dites tout autant « colombiennes » ou « mexicaines », et il s’agit bien, madame Vérien, de violences criminelles qu’il convient de ne surtout pas ignorer.
Sixième question : la dépénalisation partielle du cannabis.
Nous devons être prudents en la matière : la légalisation ne conduirait pas à la fin des trafics, les consommateurs recherchant un niveau de toxicité très élevé qui ne sera pas proposé dans le cadre de ventes autorisées.
Septième question : les conséquences du désengagement au Sahel.
Il n’a pas eu d’impact immédiat sur notre connaissance du trafic. Nous examinons attentivement les arrivées de cocaïne en provenance d’Afrique de l’Ouest, le Golfe de Guinée étant très impacté : c’est la route la plus courte, avec celle en provenance du Brésil. Nous avons des partenariats avec la marine sénégalaise et avec le centre opérationnel d’analyse du renseignement maritime pour les stupéfiants (MAOC-N), agence internationale basée à Lisbonne. La marine française réalise également de nombreuses interceptions. Sur ces nouvelles routes du trafic, qui sont identifiées, nous travaillons aussi avec les services de renseignement du premier cercle.
Huitième question : les contraintes européennes dans le domaine des données de connexion.
Elles n’ont pas de conséquences, pour l’instant, sur notre activité opérationnelle, mais nous avons des inquiétudes, notamment sur la limitation de la conservation des données de connexion. Nous avons en effet besoin d’accéder à ces données, d’opérer des captations judiciaires et de déchiffrer les messageries cryptées, car ces outils nous permettent de conduire nos investigations.
Neuvième question : les conséquences de la réforme de la police nationale et l’attractivité de l’Ofast.
L’Ofast a fait l’objet d’une certaine publicité et emploie une équipe jeune, ce qui le rend attractif. Par ailleurs, qui dit nouveaux modes d’investigation dit nouveaux profils. Nous recrutons beaucoup de contractuels, à l’instar de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), pour travailler sur des sujets techniques et d’analyse que nous ne maîtrisons pas complètement. L’attractivité est aussi liée au large panel de métiers proposés.
Dixième question : le déplacement de votre commission aux Antilles.
L’Ofast a une antenne Caraïbes implantée à Fort-de-France et deux détachements, l’un en Guadeloupe et l’autre à Saint-Martin. Je ferai le point avec le chef de l’antenne sur l’éventuel manque de moyens, sachant que le contrôle aux frontières ne relève pas de ces agents. Pour ce qui concerne le partenariat avec les îles voisines, nous avons depuis un an à Sainte-Lucie une unité permanente de renseignement au sein de laquelle des enquêteurs français travaillent avec les autorités locales en vue de partager du renseignement. Nous souhaitons faire de même avec la Dominique. Pourquoi pas avec Antigua ? Les îles ne peuvent rester isolées et doivent se connecter avec leurs voisines ainsi qu’avec les grandes agences étrangères qui rayonnent sur la zone – la DEA (Drug EnforcementAdministration) et la NCA (National Crime Agency). Nous ne voulons pas laisser ces dossiers à la seule main des autorités territoriales ; nous déployons donc une stratégie nationale dans ces territoires.
Onzième question : les narco-quartiers.
On a tendance à qualifier de « narco » bien des sujets… Aujourd’hui, la drogue se diffuse partout, en zones urbaines, périurbaines et même rurales. Aucun territoire n’est épargné. Une cartographie des points de deal a été mise en place en 2021. Cela permet ensuite de savoir quelles sont les forces en présence et quelle action concrète on y conduit, à court ou plus long terme dans le cadre d’une enquête judiciaire.
Douzième question : les mineurs isolés.
Quelques phénomènes ont été identifiés. Les groupes criminels disposent d’une manne, en termes de ressources humaines, très étendue et vont chercher dans divers départements y compris des départements autres que celui du point de deal des « charbonneurs », des revendeurs, des « chouffeurs », des transporteurs, des équipes pour les enlèvements-séquestrations. On constate une hyperspécialisation de l’organisation et une déterritorialisation des emplois. Les mineurs isolés sont évidemment recrutés, comme d’autres populations en situation de précarité. En Guyane, parmi les passeurs interceptés, les « mules », la moitié est composée de Guyanais et l’autre moitié d’étrangers. Pour 2 000 ou 3 000 euros, ils acceptent de traverser l’Atlantique avec des produits stupéfiants dans le corps ou dans des valises, en courant un risque pénal et sanitaire très grave. Une mère de famille, ayant deux enfants mineurs, transportant in corpore des produits stupéfiants, cela pose tout de même question… C’est de l’exploitation de la vulnérabilité sociale.
Treizième question : nos liens avec les collectivités locales.
Nous avons mis en place dans chaque département des cellules de renseignement opérationnel sur les stupéfiants (Cross), qui réunissent tous les acteurs chargés de la lutte contre les trafics et mettent en place des partenariats avec, entre autres, des bailleurs sociaux et des municipalités : il y a donc un lien avec les territoires.
Quatorzième question : l’approche de santé publique vis-à-vis des jeunes.
En matière de stupéfiants, l’approche doit être double, répressive certes, mais avant tout préventive. Nous travaillons ainsi avec la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), organisme placé sous l’autorité du Premier ministre et présidé par un médecin, Nicolas Prisse, qui a mis en place un plan triennal de lutte contre les addictions auquel est intégré le plan national de lutte contre les stupéfiants, dit « plan stup’ ».
Quinzième question : la coopération avec les Émirats arabes unis.
Si l’on veut mettre en place une coopération internationale, encore faut-il en faire la demande auprès du pays avec lequel on souhaite travailler, et se déplacer pour comprendre ses contraintes. C’est ce que nous avons fait avec ce pays et des réussites opérationnelles s’en sont suivies. Nous avons établi un partenariat avec des services émiratis et avons accueilli dans nos services, en immersion, des policiers de Dubaï, ce qui a créé un cercle vertueux. Mon travail est d’entretenir cette relation, comme toute coopération en la matière.
Les autorités dubaïotes ont compris que se trouvaient sur leur territoire non seulement des trafiquants de stupéfiants, mais aussi, potentiellement, des tueurs, d’où leur volonté de coopérer avec l’Ofast.
Seizième question : le captagon.
Ce produit n’a pas été saisi sur le territoire français, mais il a fait l’objet de travaux relatifs au financement du terrorisme et à la piraterie. Nos attachés de sécurité intérieure suivent ce dossier dans les zones concernées. Des saisies importantes ont été effectuées en Espagne assez récemment.
Dernière question : le cannabis en provenance du Maroc.
Ce sujet devra faire l’objet d’une réflexion dépassant l’approche répressive en lien avec la santé publique, comme je l’ai évoqué précédemment
M. François-Noël Buffet, président. – Nous vous remercions pour vos explications détaillées et la précision des informations que vous nous avez données. Aux Antilles, dans le cadre de la mission évoquée par Mme Marie-Pierre de La Gontrie, nous avons été interpellés au sujet de ce trafic. Par ailleurs, j’ai récemment assisté à une saisie au Havre par des agents dont les conditions d’enquête sont difficiles, mais qui font un travail éminemment stratégique.
Tous ceux qui sont branchés sur ce secteur d’activités savent pertinemment que le gros des saisies et des affaires en cours a toujours été généré par la DNRED et la SURV (Entre 70 et 75 % des saisies stups).
Combien de victimes supplémentaires avant qu’on réfléchisse sérieusement à essayer autre chose que l’éternelle prohibition ? Peut-on demander à Stéphanie Cherbonnier de l’OFAST d’y réfléchir réellement ! (Ce qu’elle disait le 10 mai 2023 au Sénat)
C’est France Info qui nous signale que depuis le début de l’année, 32 personnes ont été tuées à Marseille sur fond de trafic de stupéfiants.
Avec 32 morts en à peine huit mois, le bilan des assassinats sur fond de trafic de drogue à Marseille, à la mi-août, dépasse déjà le bilan de toute l’année dernière où il y avait eu 31 morts en 2022. Il y a eu deux morts par balles au cours du dernier week-end à Marseille, c’est une triste statistique pour la cité phocéenne.
L’été n’a pas calmé les ardeurs des clans rivaux. « Il n’y a pas de saison », observe, presque fataliste, un policier marseillais.
Combien de victimes supplémentaires avant qu’on réfléchisse sérieusement à essayer autre chose que l’éternelle prohibition qui démontre, chaque semaine qui passe, un échec absolu?
Les dernières enquêtes menées par la DNRED et la CELTICS confirment l’existence d’une voie d’échange de haschisch contre cocaïne en utilisant des conteneurs entre le port du Havre et la Martinique.
La cargaison de haschich a été introduite dans le conteneur par le biais du système de « rip-off » .
En anglais, « rip off », c’est à la fois un verbe, à traduire par ‘arracher’, et une expression d’argot qui signifie ‘arnaque’.
Pour les douaniers, l’expression tient un peu des deux et désigne une technique de contrebande très prisée des narcos. Les stupéfiants, en quantité transportable par quelques hommes sont placés à l’entrée d’un conteneur, facilement et rapidement accessibles.
La Aduana francesa incautó 610 kilos de hachís en un contenedor en el puerto de Le Havre e investiga si la droga iba a ser cambiada por cocaína en Martinica, punto de destino del alijo
Le regain de santé de la Douane et de la DNRED par des textes actualisés semble inquiéter Stéphanie Cherbonnier qui n’hésite pas à réclamer un privilège hiérarchique sur les affaires de stups.
Ça fait des décennies que la Police et ses hiérarques toujours en recherche de succès faciles, histoire de se la péter, et au passage de ramasser les dividendes par gratifications et autres promotions, ont instauré une sorte de tutelle naturelle sur tous les résultats obtenus en matière de saisies de stups. Il y a plus de 40 ans, des OPJ avaient infiltré tous les échelons de la DNRED, pour la bonne cause, pour formaliser les opérations que ces derniers réussissaient !
Même que parfois, il fallait se planquer de ces serviteurs zélés de Beauvau, toujours prêts à faire remonter l’info aux collègues policiers à l’affût d’une opération en cours, au risque de la faire capoter.
A Nantes, il avait son bureau juste à côté de celui de Gatard et il valait mieux partir à l’extérieur lorsqu’il s’agissait de mettre en musique une opération future.
Cette méthode douteuse était également appliquée par les excellents officiers du « HM Customs excise » de sa gracieuse majesté, qu’on a piqué à prendre en photo l’intégralité des notes que j’avais dans mon calepin.
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Tous ceux qui sont branchés sur ce secteur d’activités savent pertinemment que le gros des saisies et des affaires en cours a toujours été généré par la DNRED et la SURV (Entre 70 et 75 % des saisies stups).
Je ne parle pas évidemment de la saisie du boulevard Exelmans, organisée par David Cugnetti, actuellement en Bourgogne et chapeautée par l’énarque Erwan Guilmin, le chef de la DOD, qui n’était qu’une énorme connerie que la DNRED, on cherche à l’oublier, a payé au prix fort.
Déstabilisée, humiliée et… réorganisée
Déstabilisée et en mode survie avec une taupe de la DG à sa tête, l’excellente Corinne Cleostrate, la DNRED avec l’arrivée surprise du nouveau directeur Florian Colas, semble avoir retrouvé un nouvel élan et je pense que ce rôle de « chef de filât » réclamé par Stéphanie Cherbonnier ne devrait être qu’une énième rodomontade de nos pieds nickelés nationaux, et quand j’ose parler de pieds nickelés, c’est en connaissance de cause , car même à la DNRED, on a sérieusement donné dans ce domaine.
Christian de Rocquigny du Fayel
C’est Christian de Rocquigny du Fayel qui a été nommé au poste de contrôleur général de l’OFAST et ce n’est pas, malgré la prochaine création de 35 postes pour ce service, ce dernier qui changera la donne.
Pour ma part, je pense que Florian Colas ne se laissera pas impressionner et qu’il a mis la DNRED sur une trajectoire qui ne peut que faire des envieux. (Gaffe Florian, les peaux de bananes ne devraient pas tarder, t’es dans un repaire de gros crabes !)
Le narcotrafic, comme tant d’autres activités délictueuses, ne se combat qu’en étant bien informé et pour cela, désolé Stéphanie, la DNRED a une sérieuse longueur d’avance sur la Police en la matière.
Enfin,à ce constat, j’ajouterai qu’il m’a toujours paru surprenant que les gabelous acceptent de se faire diriger par des DG non issus de la Douane. Jean Dominique Comolli est le seul DG que j’ai rencontré personnellement plusieurs fois, aussi bien dans le bureau ministérielle avec Michel Charasse qu’à la DG avec Jean Henri Hoguet et Christian Gatard, m’avait permis de constater de l’ignorance crasse de ce responsable et du seul souci qui le guidait de réaliser un parcours sans vagues en attente de l’opportunité qui le rendrait riche.
Est ce ainsi que l’on dirige une régalienne ? Non, je ne le pense pas, et il serait temps que cela change pour éviter que continue le démembrement de cette institution commencée avec le passage éclair de l’IGF François Auvigne.
Un peu plus sur la DNRED
Les premiers services douaniers d’enquêtes, exclusivement parisiens, voient le jour entre 1932 et 1937. Au cours de réorganisations successives, qui ont étendu ses compétences territoriales et fonctionnelles, cette structure deviendra la direction nationale des enquêtes douanières (DNED) puis la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED). (Merci Jean Henri Hoguet !)
Enfin, en 2007, le ministre du budget entérine la réorganisation de la DNRED et sa mutation en service à compétence nationale.
Missions et spécificités
La DNRED met en œuvre la politique du renseignement, des contrôles et de la lutte contre la grande fraude douanière de la DGDDI. Elle a pour mission de lutter contre les grands trafics en démantelant les organisations criminelles qui se livrent à la contrebande d’armes, de stupéfiants, de tabac et de produits contrefaisants, portant atteinte au commerce légal et présentant des risques pour la santé publique.
Elle s’appuie à cette fin sur son analyse précise des flux de marchandises et de personnes, sur le recueil de renseignements opérationnels ainsi que sur la mise en œuvre de certaines techniques spécialisées d’investigation…sans pour autant réussir à faire assumer la Direction Générale de la douane qui, par le manque d’honneur de ses DG, n’assure pas la continuité du service de l’État.
Disposant de pouvoirs spécifiques définis par le code des douanes, la DNRED exerce son activité sur l’ensemble du territoire douanier national et elle coordonne également les activités opérationnelles du réseau des attachés douaniers français dont la compétence couvre près de 60 pays.
Son action s’articule essentiellement autour de trois axes :
-lutter contre les grands courants de contrebande ;
-mettre en œuvre des enquêtes anti-fraude d’envergure nationale et internationale diligentées à l’encontre des entreprises et des particuliers ;
-gérer et animer la collecte du renseignement, son traitement et sa diffusion à l’ensemble des services douaniers ainsi qu’aux services partenaires.
ORGANISATION
Forte d’environ 800 personnels, la DNRED comprend trois directions :
La direction du renseignement douanier (DRD), centrale du renseignement, gère et anime la filière « renseignement », élabore le plan national de renseignement, centralise et traite les informations sur la fraude.Elle procède aux études et aux analyses nécessaires à l’orientation de l’action des services et soutient l’ensemble de la communauté douanière grâce aux pôles de compétence technique dont elle dispose.
La DRD est composée de 5 divisions : 1 division transversale et 4 divisions d’analyse.
La direction des enquêtes douanières (DED) dispose d’une compétence d’exception en matière de lutte contre la grande fraude. Ces missions complètent la compétence générale d’attribution des services d’enquête régionaux (SRE). Ressortent ainsi de la compétence de la DED toutes les enquêtes – d’initiative ou fondées sur des consignes nationales et/ou communautaires ou d’assistance administrative mutuelle internationale (AAMI) – ayant trait à la recherche de la grande fraude, c’est-à-dire susceptibles de mettre au jour des fraudes ou des réseaux de fraude nationaux ou transnationaux ou de démanteler des organisations criminelles (sécurité nationale, activités terroristes, trafic d’armes, fraudes financières, démantèlement de filières de fraude nationales ou transnationales). S’y ajoutent les enquêtes conjointes et celles qui lui sont confiées expressément par la direction générale.
La DED est composée de 4 divisions d’enquêtes à compétence nationale.
La direction des opérations douanières (DOD) recherche et recueille le renseignement opérationnel et tout particulièrement celui en provenance de sources humaines (coordination avec la DRD dans le cadre du Passenger Name Record).
Plusieurs entités spécialisées sont rattachées à ces directions :
-Cyberdouane,
-Cellule de recueil de la preuve informatique,
-Observatoires de suivi dans des domaines de fraude particulièrement sensibles,
-Équipes techniques, etc.
En septembre 2008 a été créée la « Task Force Dragon » visant à lutter contre la contrebande européenne de produits originaires de Chine (cette fraude génère des milliards d’euro de pertes en termes de revenus pour l’UE et pour la France).
Unité d’élite de 24 agents, elle a une compétence nationale et est très fortement impliquée dans la lutte contre la fraude au plan européen (OLAF, EUROPOL, etc.)
Depuis juin 2015, un officier de liaison de la DNRED est mis à la disposition de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), facilitant la coopération permanente.
Le GOLT
Au sein de la DNRED, le Groupe opérationnel de lutte contre le terrorisme (GOLT) a été créé spécialement pour centraliser la collecte et l’enrichissement des renseignements, de toutes sources douanières, relatifs au terrorisme et à son financement.