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Huit marins de la société de transport maritime, en redressement judiciaire, comparaîtront le 10 juin pour divers trafics.Un navire de la SNCM dans le porte de Porto Vecchio, en Corse du sud, le 11 mai 2015. ( MAXPPP)
Mis à jour le 17/05/2015 | 08:50 , publié le 17/05/2015 | 08:50
La SNCM n’avait pas besoin de ça. L’avenir de la compagnie, en redressement judiciaire, est plus qu’incertain et quelque 1 500 salariés attendent une offre de rachat solide. Mais le 10 juin s’ouvre le procès de huit d’entre eux, au tribunal correctionnel de Marseille (Bouches-du-Rhône). Ils sont soupçonnés d’avoir participé à un vaste trafic de drogues et d’armes entre la Corse et le continent, explique Le Parisien, dimanche 17 mai.
Les documents consultés par le journal « détaillent une organisation quasi mafieuse ». « Une quarantaine de kilos de drogue, de toute nature, auraient ainsi transité…
Les auditeurs de France Info ont certainement écouté l’interview de Bruno Beschizza suite à la décision de l’état de renforcer le dispositif de sécurité à Saint-Ouen. Cette ville, plaque tournante du commerce souterrain de la drogue en région Parisienne, va recevoir le renfort définitif de plusieurs unités de CRS.
Si cette décision semble réjouir le Maire de Saint-Ouen William Delannoy, Bruno Beschizza semblait nettement plus sceptique au micro de France-Info. Le Maire d’Aulnay-sous-Bois indiquait en effet que, si la Police faisait son boulot, la justice était trop laxiste pour que cela soit suivi d’effet. Il cite ainsi deux cas :
Un dealeur arrêté à Aulnay-sous-Bois en possession de plusieurs dizaines de kilos de cannabis. Présenté au juge, il est relâché de suite
Un autre dealeur, toujours arrêté à Aulnay-sous-Bois pour le même motif. Présenté au juge, il est relâché de suite
Bruno Beschizza dénonce l’impunité de ces voyous à cause de juges trop complaisants à leur égard. Il est vrai que ces jugent n’habitent certainement pas dans les quartiers sensibles de la Seine-Saint-Denis.
Bernard Cazeneuve intensifie la lutte contre le trafic de drogue à Saint-OuenFace à l’indignation grandissante des habitants, contre le trafic de drogue à Saint-Ouen, le gouvernement annonce prendre des mesures.
Mis à jour le 14/05/2015 | 11:56 , publié le 14/05/2015 | 11:21
Acheteurs, rabatteurs, guetteurs, vendeurs sont dans le viseur du gouvernement. Dans une interview accordée au « Parisien », le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve dévoile plusieurs mesures ce jeudi 14 mai pour lutter contre le trafic de stupéfiants à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) dans le nord de Paris. Des mesures qui viennent après la manifestation des habitants, le week-end dernier, pour dire stop à la violence. L’objectif est de dissuader les acheteurs de se rendre dans la ville, en s’attaquant directement à la demande. Depuis mercredi, policiers et agents des douanes sont déployés et 56 acheteurs ont été contrôlés.
« On ne peut pas tolérer que des gens qui viennent de l’extérieur de cette banlieue contribuent à faire prospérer ce genre de trafic » explique à France 2 Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l’Intérieur. Renforcement des contrôles
Une cinquantaine de CRS seront présents en permanence alors que la vidéo-surveillance va être renforcée avec l’installation de 12 caméras. Ces dernières semaines, cinq jeunes ont été blessés par balle dans la ville.
Pour enrayer le trafic de drogue qui gangrène la ville de Saint-Ouen, la police a décidé de s’attaquer aussi aux clients, avec une première opération menée mercredi, a annoncé Bernard Cazeneuve dans un entretien au Parisien jeudi.
« Une opération conjointe de la police et des douanes est déployée depuis hier (mercredi, ndlr) après-midi à Saint-Ouen. Elle cible non seulement les vendeurs mais aussi les consommateurs », déclare le ministre de l’Intérieur.
A la Une de l’heure du crime, les révélations d’un journaliste d’investigation sur un des plus grands secrets de la République…
Comme le secret est en train d’être éventé, on peut dire aussi qu’il s’agit d’un des grands tabous de la cinquième République : l’existence d’un groupe ultra secret de tueurs professionnels qui exerceraient, au nom de la France une sorte de droit de représailles de l’Etat, face à ses ennemis, par exemple les terroristes qui menacent depuis de longues années nos institutions…La décision de créer ce groupe au sein du service action de la DGSE aurait été prise après l’affaire du Rainbow Warrior, au milieu des années 80. Les Présidents de la République qui ont succédé à François Mitterrand ont toujours nié officiellement l’existence de ce groupe, baptisé « Alpha » dont certains membres ont accepté de parler à mon invité, Vincent Nouzille qui publie son enquête dans un…
Han colaborado puntualmente la Drug Enforcement Administration (DEA) de EE.UU, la National Crime Agency (NCA) del Reino Unido, la Guardia de Finanza de Italia, la Gendarmería Real Marroquí y la Dirección General de Aduanas Francesa (DNRED).
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La organización usaba contenedores de empresas importadoras legales para camuflar la droga y colarla en puertos españoles e italianos
Agentes de la Guardia Civil detienen a un presunto integrante de la red.
Un empresario de Castellón venido a menos por la crisis era el presunto cabecilla de la red de narcotráfico a la que la Guardia Civil ha intervenido 1.500 kilogramos de cocaína. Son 35 los detenidos como integrantes de la organización. Todos españoles, a excepción de un albanés, y algunos con antecedentes por tráfico de drogas. La Guardia Civil cree que el capo, de 42 años, casado y padre de dos hijos, había logrado montar un entramado de distribución por toda España, con gente estratégicamente ubicada en Latinoamérica y llegó a implicar a agentes portuarios españoles que facilitaban el acceso a los contenedores en los puertos a los que llegaba la droga procedente de Colombia. Utilizaban la técnica del gancho ciego, es decir, colaban los fardos de cocaína con la forma de bultos-mochila entre las mercancías que otras empresas —desconocedoras de los hechos— enviaban a España desde el país sudamericano. “Metían 100 o 200 kilos cada vez”, explican fuentes de la investigación. La han llamado operación PIKPAN II y ha sido realizada en varias fases en Galicia (dos detenidos), Madrid (once detenidos), Castilla la Mancha (cuatro detenidos), Valencia (once detenidos), Andalucía (cinco detenidos), Canarias (un detenido) y Francia (un detenido).
A lo largo de la investigación, iniciada en enero del año pasado, los agentes han realizado 14 registros domiciliarios en las provincias de Las Palmas de Gran Canaria, A Coruña, Guadalajara, Madrid, Albacete, Castellón y Valencia, donde se han intervenido 23 vehículos, dos armas de fuego y munición, otras dos armas simuladas, máquinas para contar billetes, máquinas detectoras de billetes falsos, inhibidores de frecuencias, tres balanzas de precisión, dos máquinas plastificadoras, material electrónico e informático, nueve kilos de sustancias para adulterar la droga, documentación falsificada, 24.095 euros en efectivo, etc.
Los agentes se han incautado de diversa documentación, que una vez analizada, ha servido para demostrar la existencia de inmuebles, cuentas bancarias y un entramado de empresas, todo ello utilizado para blanquear los beneficios obtenidos del tráfico de estupefacientes.
La operación se inició a raíz de las sospechas Guardia Civil sobre una organización que podría estar dedicándose a introducir grandes partidas de cocaína en España y Europa procedente de Sudamérica.
Tras las primeras investigaciones los agentes detectaron que los responsables de la red realizaban frecuentes desplazamientos a Sudamérica para negociar con los carteles de esos países y adquirir la droga para su posterior envío a España.
La Guardia Civil detectó la existencia de una célula de negociadores o intermediarios bien relacionada con el mundo del narcotráfico, tanto en Sudamérica como en España y otros países de la Unión Europea.
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Panorámica aérea de la impresionante terminal del puerto de Algeciras
Esta célula, era la encargada de buscar compradores de la droga y de facilitar a los proveedores sudamericanos indicaciones sobre el puerto español por el que debían entrar los contenedores con la cocaína y los días óptimos para su llegada. Se han intervenido cuatro partidas de droga en el puerto de Valencia, dos en el de Algeciras, una en Tánger y otra en el puerto de Giogia Tauro de Calabria (Italia).
Un tercer grupo de personas tenía libre acceso a los recintos portuarios para encargarse de extraer la cocaína de los contenedores una vez que llegaban a puerto. “Abrían el precinto de los contenedores, sacaban la droga y volvían a cerrarlos con un precinto casi idéntico”, explican los agentes.
La organización pretendía introducir diversas partidas de cocaína en España y otros países, por lo que los agentes establecieron varios operativos en Francia, Marruecos, Italia y los puertos españoles de Valencia y Algeciras, donde se intervinieron en total 1.500 kilos de cocaína y se procedió a la detención de 15 personas.
Para introducir esta gran cantidad de droga, la red utilizó siete contenedores, cinco en España y dos en el extranjero, además de dos vehículos provistos de dobles fondos.
Posteriormente, con toda la información sobre las componentes de la organización y los domicilios, a mediados de marzo se inició la última fase del operativo, en la que se arrestó a otras veinte personas.
La operación, dirigida por el Juzgado de Instrucción número tres de Teruel, ha sido llevada a cabo por el Equipo Contra el Crimen Organizado (ECO) de la Unidad Central Operativa de la Guardia Civil con sede en Alicante y la Unidad Orgánica de Policía Judicial de la Comandancia de la Guardia Civil de Teruel, con el apoyo de otras unidades en las provincias en las que se ha llevado a cabo la operación.Además, en el extranjero, han colaborado puntualmente la Drug Enforcement Administration (DEA) de EE.UU, la National Crime Agency (NCA) del Reino Unido, la Guardia de Finanza de Italia, la Gendarmería Real Marroquí y la Dirección General de Aduanas Francesa.
SANTO DOMINGO República Dominicana.- La Dirección Nacional de Control de Drogas (DNCD) y el Instituto Postal Dominicano (INPOSDOM) frustraron el envío de casi un kilo de cocaína a Nueva York y España, escondidos en una lata de guandules y en tóneres de tinta para impresoras, respectivamente, en dos casos que son investigados por la agencia antinarcóticos.
El portavoz de la DNCD, Darío Medrano, garantizó que todas las personas que resulten involucradas en esta modalidad del narcotráfico internacional serán apresadas y sometidas a la justicia, vía el Ministerio Público.
Los dos envíos fraudulentos fueron detectados en la sede del INSPODOM durante chequeos rutinarios que realizaban conjuntamente oficiales de la DNCD y un inspector del correo.
Posteriormente, el Instituto Nacional de Ciencias Forenses (INACIF) determinó que se trataba 239.27 y 630 gramos de cocaína pura.
La primera cantidad, consistente en una sustancia pastosa, que resultó ser cocaína, estaba dentro de una lata de guandules con coco cubierta por copias de documentos dentro de una caja de cartón.
Este envío estaba destinado a una supuesta señora residente en el 89-0180 st. Queens, Nueva York, Estados Unidos, remitido por otra presunta mujer domiciliada en el sector Cerro de Papatín, de la ciudad de Santiago.
El segundo envío de los 630 gramos de un polvo blanco, que resultó ser cocaína, estaba dentro de 32 tóneres para tinta que fueron rellenados con la sustancia, los cuales eran enviados por un supuesto residente en el sector de Piantini, Distrito Nacional, a otra persona domiciliada en la calle Reclusa, sector Hospitalet de Hobregat, Barcelona, España.
Ambos casos son investigados por la DNCD para determinar el origen del envío de estas sustancias y determinar el grado de responsabilidad en cada caso y someter a la justicia a los responsables.
La Commission européenne a présenté aujourd’hui un programme européen en matière de sécurité pour la période 2015-2020, qui doit aider les États membres à coopérer contre les menaces qui pèsent sur la sécurité et donner plus de poids à notre action commune contre le terrorisme, la criminalité organisée et la cybercriminalité. Ce programme expose les mesures et outils concrets auxquels recourront toutes les parties prenantes pour garantir la sécurité et affronter plus efficacement ces trois menaces particulièrement préoccupantes.
A la Une de l’heure du crime, les révélations d’un journaliste d’investigation sur un des plus grands secrets de la République…
Comme le secret est en train d’être éventé, on peut dire aussi qu’il s’agit d’un des grands tabous de la cinquième République : l’existence d’un groupe ultra secret de tueurs professionnels qui exerceraient, au nom de la France une sorte de droit de représailles de l’Etat, face à ses ennemis, par exemple les terroristes qui menacent depuis de longues années nos institutions…La décision de créer ce groupe au sein du service action de la DGSE aurait été prise après l’affaire du Rainbow Warrior, au milieu des années 80. Les Présidents de la République qui ont succédé à François Mitterrand ont toujours nié officiellement l’existence de ce groupe, baptisé « Alpha » dont certains membres ont accepté de parler à mon invité, Vincent Nouzille qui publie son enquête dans un livre qui vient de paraître aux éditions Fayard.
Avec lui, nous allons revenir sur cette guerre de l’ombre dont les échecs ou les victoires ne sont jamais officiellement revendiqués..
Vincent Nouzille a passé trois ans à recueillir les témoignages d’anciens ou d’actuels membres des services de renseignements français. Il en sort un ouvrage époustouflant, où la réalité semble parfois dépasser la fiction.
C’est en 2002 qu’un événement lui met la puce à l’oreille : deux agents de la DGSE sont arrêtés en Espagne, alors qu’ils transportaient des faux passeports et un vrai arsenal de guerre… Ces agents, bien plus secrets que des agents secrets, faisaient partie de la « Cellule alpha »… Une appellation que le journaliste a tenté de comprendre, et de mettre à jour. Une cellule constituée d’une dizaine d’électrons libres, capables de mener des doubles vies sans éveiller l’attention, et de tuer sans poser de questions. Ce dispositif, créé sous Mitterrand, a été utilisé par tous les présidents depuis.
A commencer par François Hollande…
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En 2002, la France faisait libérer des espions arrêtés en Catalogne. Ils n’ont jamais comparu.
«Disparition de l’Officier traitant et de son agent.» Durant quelques heures, en avril 2002, le général Philippe Rondot a bien cru avoir perdu toute trace de deux agents de la DGSE en Espagne. C’était très ennuyeux parce qu’ils étaient partis pour un «exercice Alpha», et dans les notes de Rondot, le code «Alpha» désignait les équipes préparées aux opérations «Homo» (lire ci-contre), c’est-à-dire aux assassinats ciblés. Mystérieux exercice. Les agents «disparus» étaient en réalité sous les verrous. Et le général s’est chargé de régler l’épineux dossier jusqu’à leur libération six mois plus tard.
En prenant, comme toujours, des notes.
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En Espagne, c’est une nouvelle «affaire Rondot». La révélation par Libération, samedi, des notes du général Philippe Rondot sur sa mission secrète auprès de deux agents de la DGSE incarcérés à Barcelone en 2002 a réveillé un dossier judiciaire abandonné par les autorités.
Les deux hommes avaient été interpellés, lourdement armés, en avril 2002, dans une ville voisine de Barcelone. Ils sont restés écroués durant six mois jusqu’à ce que le général Rondot vienne, lui-même, se porter garant. Sortis de prison, ils ont totalement disparu, sans comparaître à leur procès.
Le Periódico de Catalunya a révélé, hier, photos à l’appui, l’identité des deux agents qui figureraient toujours sur le fichier des personnes recherchées par Interpol. Christian Piazzole et Richard Pérez sont vraisemblablement des «alias» inscrits sur de «vrais faux» passeports.*
Selon les notes de Philippe Rondot, ces agents se livraient à un «exercice Alpha», «Alpha» étant le nom de code des équipes préparées aux homicides, au sein du service action de la DGSE. Conseiller du ministre de la Défense au moment des faits, Alain Richard, puis de Michèle Alliot-Marie lorsqu’il se rend à Barcelone, le général relève, peu avant le procès des agents en 2004, que la justice espagnole ne croit pas à la version française : «Les armes étaient réelles, et l’agent ne savait pas que c’était un exercice», note Rondot. Les armes saisies sont, selon la presse espagnole qui en publie les photos, de type «Chacal» ou «sicario». C’est un équipement de tueur à gage : une arme de guerre démontable avec viseur télescopique, plusieurs pistolets, des silencieux, et un dispositif GPS…
A Barcelone, le général Rondot a été introduit auprès du procureur général par le responsable de l’unité antiterroriste de la Guardia Civil. Mais la presse catalane évoquait, hier, l’intervention de l’ex-ministre de l’Intérieur espagnol Mariano Rajoy, actuel président du Parti populaire (PP). Des «pressions» confirmées par l’ancien conseiller à l’Intérieur du gouvernement catalan Xavier Pomés. En France, c’est Michèle Alliot-Marie, l’actuelle garde des Sceaux, qui, selon les notes de Rondot, était à la manœuvre pour sortir les agents en leur évitant de s’expliquer devant la justice.
Alain Richard et l’ancien Premier ministre Lionel Jospin ont démenti avoir «envisagé ou encouragé» des projets «d’assassinats ciblés» après le 11 septembre 2001, comme l’avait noté Rondot.
El general Rondot, un superespía francés, organizó la desaparición de dos de sus agentes, detenidos con armas de guerra en Manresa, para evitar su captura y juicio en España
Los Mossos d’Esquadra detuvieron en abril de 2002 en Barcelona a un marsellés con un rifle de mira telescópica y una pistola. Unas horas después arrestaron a otro hombre relacionado con él. Ambos trabajaban para los servicios de espionaje franceses. Su jefe era el general Philippe Rondot, famoso por haber capturado en 1994 al terrorista Chacal. Rondot y el Gobierno engañaron a la Fiscalía para lograr la liberación de los agentes, a la vez que un general francés aprovechó el desfile de las Fuerzas Armadas del 12 de octubre de 2002 en Madrid para conversar con miembros del Ejecutivo español e interceder por los detenidos. Seis días después, y fruto de esas presiones, ambos fueron excarcelados y jamás acudieron al juicio.
Trafic d’armes: un douanier lillois, lié à Claude Hermant, mis en examen
Publié le 08/05/2015 – Mis à jour le 08/05/2015 à 12:50
Nord Eclair
Un douanier de l’antenne lilloise de la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières) a été inculpé pour « acquisition et détention » d’armes de guerre, qu’il aurait pu se procurer auprès de Claude Hermant.
Rebondissement dans le trafic d’armes présumé de Claude Hermant, une figure de la mouvance identitaire régionale, en prison depuis fin janvier. Le 30 avril, un douanier de l’antenne lilloise de la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières) a été mis en examen par le juge Stanislas Sandraps. Il a été inculpé pour « acquisition et détention » d’une ou plusieurs armes de catégorie A, c’est-à-dire des armes de guerre. Le fonctionnaire a été remis en liberté, sous contrôle judiciaire. Deux autres individus ont été mis en examen le 30 avril. Parmi eux figure un homme qui appartiendrait au banditisme de la métropole lilloise. Il a été écroué. L’autre personne a été relâchée, sous contrôle judiciaire.
Cet épisode met en lumière l’une des ramifications sensibles de l’affaire : les liens entre Claude Hermant et des services de sécurité. Il était un informateur de la gendarmerie. Et il aurait aussi été, d’après deux sources différentes, un indic de la DNRED. Une période révolue depuis un certain temps. Mais des relations se sont semble-t-il maintenues entre Claude Hermant et le douanier. Ce dernier se serait procuré une ou plusieurs armes auprès de lui, pour une raison ignorée.
D’après des proches du dossier, le fond de l’histoire reste toutefois le même : Claude Hermant aurait trafiqué des armes « pour son propre compte », pas sous couvert de la gendarmerie ou des douanes. Il aurait importé « plus d’une centaine » d’armes neutralisées depuis la Slovaquie, notamment par des colis. Puis il les aurait remilitarisées. Elles auraient été vendues dans les milieux délinquants, « pas uniquement lillois ».
Quelques-unes auraient atterri dans les mains d’Amedy Coulibaly, l’auteur de l’attentat de l’Hyper Cacher de Paris, en janvier. Il n’y aurait néanmoins pas de lien direct entre les deux hommes. « Claude Hermant ne connaissait pas forcément la destination finale des armes. » Le terroriste en aurait récupéré, à Charleroi (B), par un jeu de rebond entre différents intermédiaires. B. DU. ET FK. L.
Le journaliste italien Roberto Saviano, auteur de « Gomorra », a livré à la RTS son analyse sur la présence de la mafia italienne en Suisse lors de son passage au Forum des 100 à Lausanne.
« La Suisse est accueillante pour toutes les mafias. La mafia italienne se remarque peut-être plus car elle importe la cocaïne tandis que les Russes et les Ukrainiens y déposent leur argent et investissent », estime l’auteur de « Gomorra ».
Même si l’activité criminelle sur territoire suisse reste discrète – « il n’y a pas de juges, de journalistes ou des prêtres assassinés » – il existe une présence physique de la mafia, assure-t-il.
Faux calme helvétique
Roberto Saviano explique le calme régnant sur le territoire helvétique par une volonté d’éviter les remous. « La Suisse est une sorte de zone franche pour la mafia », estime le journaliste et écrivain italien, qui y voit l’existence d’un accord tacite entre clans.
« Ici vous ne tuez pas, vous ne faites pas la guerre et vos problèmes vous les réglez dans votre pays ». Une situation similaire à Milan, « où l’on tire très peu ».
Les conflits et règlements de comptes mafieux se retrouvent confinés dans les territoires d’origine, « parce que là-bas une balle ne vaut rien », raconte Roberto Saviano. « Si je tire à San Luca (capitale de la mafia calabraise, ndlr), ça ne fera pas les gros titres. Si je tire ici (en Suisse) c’est l’ouverture garantie de tous les journaux télévisés européens. Et ça tous les mafieux le savent ».
Soit la Suisse fait ce pas, soit elle sera dévorée
La médiatisation de l’existence d’une cellule de la Ndrangheta à Frauenfeld (TG) l’an dernier « a eu le mérite d’ouvrir les yeux des Suisses ». Si des membres supposés sont toujours en liberté, « ce n’est pas de la corruption », explique-t-il en visant le système judiciaire. « Il n’existe pas en Suisse de délit d’association de malfaiteurs ».
Un constat qu’il partage avec Michael Lauber, le procureur général de la Confédération, qui a lancé en début d’année un appel à réformer le Code pénal suisse sur les organisations criminelles.
En ce temps là, Mario Le Corff magouillait grave avec la DEA (Drug Enforcement Agency) pour se faire mousser.
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Il s’arrangeait aussi avec le juge Renard de Nice en charge du dossier de Claudio Locatelli!
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C’est Mario Le Corff de l’OCTRIS qui « organisa » l’évasion de Claudio Locatelli* afin de l’utiliser comme un informateur!
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*Le baron de la drogue italien Claudio Locatelli, 61 ans, a été condamné en septembre 2013 par les assises des Alpes-Maritimes à trois ans de prison pour s’être évadé il y a 24 ans de l’hôpital de Grasse (Alpes-Maritimes). Le ministère public avait requis dix ans de prison à son encontre, l’estimant en outre coupable du braquage d’un homme lors de son évasion.
Agli inizi deI 1989 il « Bureau central des stups » di Parigi (OCRTIS) disponeva di
informazioni secondo cui un’importante figura di pregiudicato, tale Claudio Locatelli,
era giunto a Nizza per ricevere 42 kg di cocaina. Locatelli era uno dei luogotenenti
del noto boss calabrese Alessandro Barberi. Ex perito chimico per l’Enichem di Gela
Barberi era uno dei « colonnelli » del famoso clan della « n’Drangheta » dei Madonia
che si opponevaa quello di Salvatore lacolano in una guerra senza esclusioni di colpi.
Barberi gestiva il riciclaggio di forti somme di denaro sporco utilizzate per acquistare
cocaina in Sudamerica. ln pratica era il finanziatore di un narco businnes che ha poi
portato al ricupero di oltre un quintale e mezzo di stupefacente con partite sequestrate
in mezza Europa. ln tale contesto vennero a galla vari nomi, fra cui quello di Alfio
Caruso, un feroce assassino, latitante dopo essere stato condannato a 30 anni di
carcere per una serie di omicidi avvenuti in Sicilia.
Da tempo erano in corso intercettazioni telefoniche sul gruppo di Locatelli, ma i
francesi non disponevano di dati concreti per « chiuderc » l’ operazione. lnvece di
attendere pazientemente, come logicamente avrebbero dovuto fare, commisero una
serie di affrettati arresti e perquisizioni negli appartamenti occupati dagli uomini di
Locatelli. Il risultato fu pressoché nullo, i 42 chili non furono trovati.
Fra gli arrestati c’era il pluripregiudicato Alessandro Troja, trovato con un
documento faiso. Su di lui la polizia francese, l’OCRTIS, fece allora delle enormi
pressioni ottenendo le informazioni necessarie per incastrare il Locatelli.
A suivre…
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En ce temps la:
EN EUROPE ET AUX AMÉRIQUES
Trafiquants etcorrompus
par Maurice Lemoine, juin 2001
« QUAND ils n’ont pas connu de fin violente, la plupart des trafiquants que j’ai fait mettre sous les verrous sont libres (…). Quant aux financiers dont les noms sont apparus dans le cadre des enquêtes sur le blanchiment de l’argent de la drogue, ils n’ont pas été inquiétés (1). » Commissaire de police suisse spécialiste de la lutte antidrogue, Fausto Cattaneo est l’un des agents de pénétration des réseaux de trafiquants les plus décorés de sa génération. Il raconte « les relations inavouables qui unissent les cartels de la drogue aux mondes de la banque, de la finance, de la politique et à certaines franges de la police et des services secrets ».
S’entrecroisent dans son ouvrage la nébuleuse des mafias, des magistrats frileux – parmi lesquels Mme Carla Del Ponte, actuelle procureur du Tribunal pénal international à La Haye -, le groupe Fininvest de M. Silvio Berlusconi, le Vatican, et une « morale de l’histoire » : « Tous les chemins mènent aux blanchisseries suisses. »
Tous les chemins mènent-ils également aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ? Oui, prétendent la légende noire de la « narcoguérilla » et quelques mouches du coche qui, sur ce pays, ressassent les lieux communs : les guérillas auraient « monté en puissance en même temps que s’estompait leur dimension idéologique et qu’elles dérivaient vers le crime organisé (2). »
EXPOSANT l’exacte nature de leurs relations, Jean-François Boyer rappelle (3) comment les « commerçants » du cartel de Cali, à la fin des années 1980, prennent pied dans la haute Amazonie et acceptent les conditions que leur imposent les FARC. « Ils sont prêts à payer l’impôt révolutionnaire. » Toute autre démarche, M. Carlos Castaño, chef des paramilitaires, « possède ses propres laboratoires de cocaïne [et] semble jouer le rôle de juge de paix (…) lorsque se présente un conflit [entre narcos] ». Même si, comme le note l’auteur, quelques cadres des FARC, transgressant les règles de leur organisation, ont passé des accords contre nature, localement, avec les mafias.
Il relate comment, dans le Mexique de M. Carlos Salinas de Gortari, « les privatisations de la période 1989-1995 (…) ont permis aux narcos, avec la complicité de l’Etat et des narcopoliticiens, de devenir une puissance économique légale ». Rappelant que le système bancaire américain blanchit la moitié des 500 à 1 000 milliards de dollars issus des activités criminelles, l’auteur évoque le financement de la campagne électorale du président colombien Ernesto Samper, en 1994, par le cartel de Cali.
On est loin du parti pris d’un troisième ouvrage (4), propagandiste du concept de « narcoguérilla ». Ouvertement critiques à l’égard des négociations de paix entamées par le président Andrés Pastrana, les deux auteurs (ou l’un d’entre eux) se déshonorent en donnant pour représentatifs de pseudo-sondages publiés par une certaine presse colombienne : « Plusieurs enquêtes révèlent que (…) 60 % de la population ne souhaitent pas le démantèlement des paramilitaires (5) (…), une majorité de la population demande la participation directe de troupes américaines pour détruire la guérilla. » Passant rapidement sur le fait que « le cartel [de Cali] arrosait systématiquement toutes les couches de la société colombienne », ils se livrent à une défense sans nuance de l’ex-président Samper.
Leur ouvrage a évidemment déclen ché moins de réactions que La rage au coeur, récit autobiographique de la sénatrice colombienne Ingrid Betan court (6). Elle a fortement agacé ceux qui ne veulent voir dans la nation andine qu’une « démocratie » prise en otage par des « groupes criminels armés ». Or, si elle se montre très critique à l’égard des guérillas, la sénatrice lance de graves accusations contre une classe d’hommes politiques « sans envergure, sans idéaux, seulement épris de pouvoir et d’argent », dont l’ancien président Ernesto Samper (1994-1998).
Menant contre la corruption d’Etat une lutte courageuse, elle donne à voir l’un des ressorts, souvent sciemment dissimulé, d’une guerre civile qui n’en finit pas : « Le peuple colombien a aujourd’hui le sentiment d’être impuissant face à ces élus corrompus qui, sous prétexte de prendre en main son destin, le lui ont confisqué. »
Maurice Lemoine
(1) Fausto Cattaneo, Comment j’ai infiltré les cartels de la drogue, Albin Michel, Paris, 2001, 345 pages, 120 F.
(2) Yvon Le Bot, « Quel zapatisme après le zapatisme ? », Le Monde, 8 mars 2001.
(3) Jean-François Boyer, La Guerre perdue contre la drogue, La Découverte, Paris, 2001, 256 pages, 130 F.
(4) Alain Delpirou et Eduardo Mackenzie, Les cartels criminels. Cocaïne et héroïne : une industrie lourde en Amérique latine, PUF, coll. « Criminalité internationale », Paris, 2001, 228 pages, 148 F.
(5) Les paramilitaires se livrent actuellement à d’importants massacres de populations civiles dans le Sud Bolivar, le Cauca, le Putumayo, et ont littéralement investi, avec la complicité de la force publique, la ville de Barrancabermeja.
(6) Ingrid Betancourt, La rage au c ur, XO Editions, Paris, 2001, 249 pages, 119 F.
Le procureur a requis des peines de douze à dix-huit ans de prison pour achat, importation et tentative d’écoulement de 117 kilos de cocaïne. La défense invoque un coup monté par les policiers français.
ETRANGE procès en vérité que celui qui vient de se tenir dans les locaux du tribunal de Grasse, et dont le verdict a été mis en délibéré jeudi soir. Les personnes jugées l’étaient, selon l’acte d’accusation, pour achat, importation et tentative d’écoulement de stupéfiants. Le trafic portait sur 117 kilos de cocaïne. La France, et plus particulièrement la Côte d’Azur, n’étant qu’un lieu de transit avant l’acheminement vers l’Italie.
Des faits assez graves pour que le procureur de la République, Jean-Luc Cabaussel, requière des peines allant de douze à dix-huit ans d’emprisonnement, avec ce petit commentaire qui résume bien l’atmosphère: «Je suis toujours très satisfait de requérir face à des malfrats.»
Une phrase qui n’était pas gratuite.
Depuis l’ouverture des débats, quelque chose semblait gripper la machine judiciaire. Plus exactement, un rapport établi par un commissaire suisse, Fausto Cattaneo, en partie corroboré par le numéro deux de la section antidrogue de l’office du procureur de la Confédération helvétique, Jacques-André Kaeslin.
Les deux hommes, dans deux notes séparées et officielles, soulignent les pratiques des services français et plus particulièrement de l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCTRIS). Des révélations de taille comme celle lue par le procureur lui-même, à propos de la drogue saisie, qui «proviendrait des stocks de Marco Cavallero, numéro deux de la police fédérale des stupéfiants du Brésil, et aurait été importée, livrée et vendue par des informateurs».
Le procureur n’a pas soutenu la demande de supplément d’informations exigée par les avocats de la défense. «Ce serait énorme», dit-il: «Ce rapport, c’est un jet d’encre craché par un mollusque marin avant qu’il ne tombe dans l’épuisette.»
Que les accusés ne soient pas des enfants de choeur, ou plutôt de «Marie», selon les termes d’un défenseur, personne ne semblait le nier, sauf peut-être ceux qui attendent de connaître leur sort.
Selon Interpol, deux d’entre eux, Vittorio Ceretta et Stefano Fasanotti, seraient membres de la N’Dranghetta calabraise et un troisième larron, Renato Macri, appartiendrait à une organisation mafieuse dans le Piémont. Sergio Bonacina n’est pas non plus un inconnu pour les stups de différents pays et son épouse Drissia vivait auparavant avec un «mauvais garçon» en cheville avec des trafiquants basés en Amérique latine.
Mais l’audition de plusieurs policiers en qualité de témoins et notamment de Mario Le Corff, commissaire principal à l’Office central des stupéfiants, devait jeter le trouble.
A l’écoute de ces fonctionnaires, on avait une sensation de non-dit. Comme si certaines pratiques n’avaient pas à être évoquées. Comme si, la fin justifiant les moyens, seules importaient les «prises» record de drogue. Qui étaient les Sud-Américains, fournisseurs repérés dans cette affaire, jamais arrêtés ni photographiés de face contrairement aux autres protagonistes?
Je ne sais pas, répondait Le Corff, qui répétait devant le tribunal que dans cette procédure, aucun indicateur n’avait été utilisé. Mais selon Fausto Cattaneo (absent à l’audience), il s’agirait d’informateurs et il donne leurs noms. Mais le procureur, une fois de plus, s’est refusé à en tenir compte, ne serait-ce que pour que la lumière soit faite. «Ce rapport ne vient pas du ciel mais de l’enfer dans lequel se morfond Fausto Cattaneo.»
Les défenseurs avaient alors beau jeu de demander dans leurs plaidoiries si «l’efficacité de la répression permet tout», si la justice «allait servir le droit ou la pyromanie policière» ou encore de dénoncer «le mur de l’Etat policier».
Au mois de février déjà, à Marseille, dans un procès portant sur une saisie de 5 tonnes de hasch, les avocats des prévenus avaient invoqué un coup monté par l’OCTRIS… Ni la justice ni la police n’auraient à gagner à couvrir de tels agissements. Car si quelques «mules» tombent grâce à ces stratagèmes, ils n’ont pas d’effet sur les cartels qui continuent de proliférer tandis que les narcodollars pénètrent toujours plus l’économie mondiale.
C’est dire si le verdict du tribunal de Grasse, prévu pour le 24 mai, est attendu. Avec crainte ou espoir, c’est selon…
L’enquête sur une affaire de vol d’argent de la drogue par des douaniers de l’aéroport de Roissy va s’achever sans avoir fait la lumière sur un système frauduleux d’une ampleur sidérante.
Y a-t-il un trésor secret des douaniers français constitué sur toute la planète avec l’argent de la drogue ? Cette question posée par l’arrestation, fin 2012, de sept agents de la Brigade de surveillance extérieure (BSE) de l’aéroport de Roissy n’aura pas de vraie réponse.
Après deux ans d’investigations, « l’instruction touche à sa fin et le dossier devrait être rapidement communiqué au parquet » pour le règlement en vue du procès en correctionnelle, a dit à « Sud Ouest » un porte-parole du parquet de Bobigny.
Dans le dossier « Harpagon »
La police et la justice avaient perçu d’emblée la mesure du scandale baptisé Harpagon, comme le montre un rapport daté du 23 juin 2012 et remis à la direction de l’OCRTIS (l’office anti-drogue), qui fait la synthèse des éléments d’enquête.
Un des suspects a déclaré avoir commis son premier vol en 1997. Un autre a expliqué avoir commencé en 2002 et un troisième… en 1994, relève ce rapport.
Ce dernier a admis avoir alors été « initié par un ancien », ce qui indique que les vols duraient sans doute depuis au moins deux décennies.
Un autre suspect a donné une idée de l’ampleur des sommes en admettant une quinzaine de vols de valises depuis 1998.
Les poursuites n’iront donc pas au-delà des suspects à l’origine de l’affaire. Cet aboutissement paraît tronqué quand on prend connaissance d’un rapport de police de 2012, que « Sud Ouest » s’est procuré.
Principale révélation choc : c’est peut-être depuis… quinze ans, voire vingt, que les douaniers de la BSE, chargés de contrôler les bagages des voyageurs à l’embarquement, volaient l’argent envoyé aux cartels sud-américains par les mafieux européens pour rémunérer les envois de drogue.
Ceux-ci adoptent de plus en plus souvent cette méthode pour faire voyager l’argent, évitant les circuits financiers, donc l’électronique et les ordinateurs du renseignement. Le pot aux roses a été découvert par hasard.
*** Des millions placés en Andorre
Tout commence le 12 avril 2012, quand une valise contenant 640 000 euros en grosses coupures provenant du trafic de drogue et destinée à la République dominicaine disparaît mystérieusement à Roissy. Chez les policiers français de l’OCRTIS (Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants), c’est la stupéfaction. Ils suivaient, grâce à une information, la piste de deux trafiquants, espérant ainsi mettre au jour toute la filière.
Ce sont des soldats perdus qui ont continué leur guerre contre les cartels par d’autres moyens que ceux que leur donnait la loi.
Les policiers examinent les enregistrements de vidéosurveillance de la zone de tri des bagages du terminal 2C. Un douanier peut y être vu se faisant remettre trois valises suspectes avant leur embarquement en soute, puis n’en ramener que deux. Les enquêteurs constatent que cet agent appelle un de ses collègues, qui prend l’avion le soir même pour Toulouse. Il est appelé à son arrivée par un numéro de la principauté d’Andorre, micro-État et paradis fiscal pyrénéen dont les co-princes sont le roi d’Espagne et le président français. Les conversations sont écoutées : l’argent est plus tard déposé dans une banque, où un conseiller propose même des placements avantageux.
Les policiers arrêtent trois douaniers le 19 juin 2012, et leurs premières déclarations amènent quatre autres interpellations le lendemain. De fortes sommes en espèces sont saisies. Six des sept suspects passent aux aveux. Les recherches effectuées en Andorre donnent des résultats effarants : six des douaniers y possèdent des comptes créditeurs de plusieurs centaines de milliers d’euros et leurs historiques montrent qu’ils y ont déposé et retiré dans le passé des millions d’euros en espèces, sans que cela effarouche outre mesure les banquiers andorrans.
***
Une maîtresse coûteuse
Le douanier de la valise de Roissy, le seul à ne pas avoir de compte en Andorre, justifie son comportement par la nécessité d’entretenir une maîtresse en Thaïlande. Il avoue notamment un envoi dans ce pays de 270 000 euros, et déclare : « Quand on a une maîtresse là-bas, il faut payer très souvent pour l’entretenir. »
Les premiers juges d’instruction lancent des commissions rogatoires en Thaïlande, en Côte d’Ivoire et à Hongkong, où des pièces saisies en perquisition prouvent que les douaniers y avaient blanchi une partie de leur trésor via des comptes bancaires et des appartements. Le résultat de ces demandes d’aide de la justice est à ce jour inconnu. La procédure s’enlise au fil des mois et des changements de juge d’instruction du tribunal de Bobigny.
Un fait déroutant est pourtant très vite apparu : le vol d’argent de la drogue était un système qu’on se transmettait à la douane. Un des suspects a ainsi expliqué aux juges avoir été initié en 2003, à son arrivée à la brigade. Cinq autres douaniers lui ont alors payé des vacances aux Pays-Bas et en Espagne, propices à une mise en condition et à une « formation ». Au retour, il a ouvert un compte en Andorre.
L’ancienneté du dispositif laisse penser que plusieurs « générations » de douaniers se sont ainsi enrichies, elle fait entrevoir des personnes peut-être encore en poste à la douane et inconnues des policiers. Les charges d’« association de malfaiteurs en vue de préparer des crimes, vols en bande organisée et blanchiment en bande organisée » auraient donc pu concerner des dizaines de douaniers. Ça ne s’est pas produit, et les sept suspects ont été libérés après moins d’un an de détention provisoire.
***
Dossier dérangeant
Le dossier est-il dérangeant ? Cette timidité judiciaire fait évidemment les affaires de l’avocat des suspects, Daniel Merchat. « Que des pratiques illégales aient existé au-delà de la prescription n’a aucun intérêt. Je considère que l’élargissement des investigations au-delà de 2002 est une perte de temps et un gaspillage de l’argent public », a-t-il déclaré à « Sud Ouest ».
À ses yeux, les douaniers ont fait quelque part leur métier. « Ils ont estimé que dans le cadre de la lutte contre le trafic de stupéfiants, compte tenu de ce qu’ils percevaient comme de l’inertie, il était plus efficace de priver les trafiquants du produit de leur business, c’est-à-dire de leur argent. Ce sont des soldats perdus qui ont continué leur guerre contre les cartels par d’autres moyens que ceux que leur donnait la loi. » La douane a mené une enquête administrative dont le résultat n’est pas public. Un porte-parole nous avait déclaré en 2014 avoir « entièrement redéfini les méthodes de travail pour limiter tout risque de nouveaux agissements frauduleux » et avoir lancé « au plan national une démarche de maîtrise des risques déontologiques ». Il s’agit de « comportements totalement isolés », considérait-il.
Compte tenu des délais habituels, le procès ne devrait pas se tenir avant fin 2015, voire début 2016.
British billionaire, Virgin Galactic founder and fame-seeking celebrity Sir Richard Branson suggested the Ukrainian government legalize drugs, according to The Insider.
The world has been combating drugs for more than 50 years, and Ukraine has one of the worst records in this battle, the entrepreneur told the students of a Kiev university on Friday.
SAN ANTONIO, TEXAS – El cardenal hondureño Oscar Rodríguez Maradiaga, uno de los asesores del Papa Francisco, visitó la ciudad del Alamo y dos centros de detención de inmigrantes de Texas.
“Guatemala, El Salvador, Honduras, donde tanto las situaciones de violencia como las situaciones de pobreza han motivado este éxodo masivo de personas”, dijo el cardenal hondureño en conferencia de prensa sobre la crisis humanitaria que se vivió el verano del 2014 en la frontera de Estados Unidos y México.
Este lunes por la mañana, el cardenal visitó dos centros de detención de inmigrantes, acompañado del arzobispo de San Antonio Gustavo García-Siller, donde habló con menores en espera de ser reunidos con sus padres, informa el portal Telemundo 47
“Hay un secreto pero a voces, [del] que nadie quiere hablar y todo mundo lo sabe. El dinero del tráfico de la droga no está en América Latina, el dinero está en los bancos de este país (Estados Unidos) y en bancos de Europa”, continuó diciendo el cardenal sobre las problemáticas entre Latinoamérica y Estados Unidos.
Pero el cardenal no era ningún extraño para los líderes religiosos de San Antonio, pues la arquidiócesis de la ciudad se unió a la de Tegucigalpa, Honduras, en un esfuerzo por ayudar a las víctimas del huracán Mitch que destruyó gran parte de ese país en 1999.
El cardenal Rodríguez Maradiaga regresó a San Antonio con el propósito de llevarle un mensaje al Santo Pontífice sobre las realidades del mundo previo a su viaje a Estados unidos este otoño y para ayudarlo a reformar la iglesia católica.
Trafic d’héroïne et de cocaïne : la mafia albanaise dans le collimateur
Des points de vente ont été identifiés par les enquêteurs, dont l’avenue de Genève.
Un nouveau coup vient d’être porté au trafic d’héroïne et de cocaïne qui sévit depuis plusieurs mois à Annecy, régit par la mafia albanaise. Avec, pour particularité, cette fois, que ce ne sont pas seulement des “petites mains” qui ont dû répondre de trafic de stupéfiants devant le tribunal correctionnel d’Annecy.
Généralement, ce sont les “ouvriers” (dans leur jargon) recrutés et employés à la tâche qui sont appréhendés et renvoyés devant les tribunaux. Là, les enquêteurs de la brigade de recherche de la compagnie de gendarmerie d’Annecy et les policiers enquêtaient depuis plusieurs semaines sur trois “têtes” qui “employaient” chacune un ou plusieurs vendeurs. Un travail de concert qui va s’avérer payant.
The Drug Enforcement Administration has been buying spyware produced by the controversial Italian surveillance tech company Hacking Team since 2012, Motherboard has learned.
The software, known as Remote Control System or “RCS,” is capable of intercepting phone calls, texts, and social media messages, and can surreptitiously turn on a user’s webcam and microphone as well as collect passwords.
The DEA originally placed an order for the software in August of 2012, according to both public records and sources with knowledge of the deal.
The contract, which has not been previously revealed, shows that the FBI is not the only US government agency engaged in hacking tactics, but that the DEA has also been purchasing off-the-shelf malware that could be used to spy on suspected criminals.
This revelation comes just a week after USA Today uncovered a secret program with which the DEA collected the phone records of millions of Americans for more than 20 years, a program that pre-dated and inspired the NSA’s own bulk telephone collection program, suggesting that the drug agency is sort of a pioneer in the use of surveillance.
Surveillance tech experts say the DEA’s relation with Hacking Team is further proof that methods and tools once only reserved for the military, intelligence agencies and even cybercriminals—such as drones and StingRays—are becoming commonplace in law enforcement as well.
“Hacking software is yet another example of a technology created for the intelligence community that has secretly trickled down to law enforcement.”
“Hacking software is yet another example of a technology created for the intelligence community that has secretly trickled down to law enforcement,” Christopher Soghoian, the principal technologist at the American Civil Liberties Union and an expert of surveillance technology, told Motherboard.
And given the how powerful this spyware can be, Soghoian added, “we need a public debate over this invasive surveillance technology.”
THE PAPER TRAIL
The contract, according to public records, was signed on August 20, 2012 for a total value of $2.4 million between the DEA’s Office of Investigative Technology and a government contractor named Cicom USA.
The records were uncovered by Motherboard and Privacy International, a London-based digital rights group, in independent investigations.
The contract, which records show is slated to be completed in August of 2015, is identified only as “Remote Controlled Host Based Interception System.”
That system, according to sources, is none other than Hacking Team’s Remote Control System, also known as Galileo, which the company markets as “the hacking suite for governmental interception.”
“You cannot stop your targets from moving. How can you keep chasing them? What you need is a way to bypass encryption, collect relevant data out of any device, and keep monitoring your targets wherever they are, even outside your monitoring domain. Remote Control System does exactly that,” a company brochure boasts.
Cicom USA, Motherboard has learned, was simply a reseller for Hacking Team, a spyware-maker that’s been accused of selling its products to some governments with questionable human rights records. Some of those governments, such as Ethiopia, the United Arab Emirates, or Morocco, used Hacking Team’s software to target dissidents and journalists.
In light of those incidents, which were uncovered by researchers at the Citizen Lab at the University of Toronto’s Munk School of Global Affairs, the company was included in a blacklist of corporate “Enemies of the Internet” by Reporters Without Borders.
Despite speculation based on the fact that Hacking Team has an office in the US, there’s never been any evidence that the company had sold its products on American soil, even though CEO David Vincenzetti boasted of having clients in more than 40 countries, including the US, in a 2011 interview with Italian newsmagazine L’Espresso.
The connection between Cicom USA and Hacking Team was confirmed to Motherboard by multiple sources with knowledge of the deal, who spoke on condition of anonymity because they were not authorized to discuss the content of the contract.
Eric Rabe, a spokesperson for Hacking Team, did not confirm nor deny the existence of the contract with the DEA.
“We don’t identify our clients. I’m certainly not going to comment whether the DEA or anyone else has purchased Hacking Team software.”
“We don’t identify our clients. I’m certainly not going to comment whether the DEA or anyone else has purchased Hacking Team software,” he told Motherboard in a phone interview. And for the same reason, he added, he declined to clarify what was the relationship between Hacking Team and Cicom USA.
Alex Velasco, Cicom USA’s general manager, did not answer Motherboard’s request for comment.
But the connection between the two companies is clear. Cicom USA is based in Annapolis, MD, at the same exact address where Hacking Team’s US office is located, according to the company’s website. The phone number for Cicom USA listed in the contract with the DEA, moreover, is exactly the same one that was displayed on Hacking Team’s website until February of this year.
When asked whether this was just a coincidence, Rabe laughed.
“I don’t know about why that would be a coincidence,” he said, but declined to elaborate.
It’s unclear what the DEA has been doing with Hacking Team’s malware. But the relationship between the agency and Cicom USA—and thus, Hacking Team—appears to be ongoing. The most recent public record shows a payment from the DEA to Cicom USA made in September of 2014.
A spokesperson for the DEA did not respond to a series of specific questions on the contract and how the DEA is using this technology. Thomas L. Walden, the section chief of the DEA Office of Investigative Technology, also did not respond to a message requesting comment.
Hacking Team’s RCS software can be surreptitiously installed on a target’s computer or cellphone and monitor all activity, allowing police officers to spy on data that might otherwise be encrypted and out of their reach.
Software like this isn’t sold only by Hacking Team. The Italian company is just one of an ever-growing group of surveillance tech companies that market their products exclusively to governments, police departments, and spy agencies, such as the French VUPEN, or the German FinFisher and its parent company Gamma International.
This is exactly the kind of software that the DEA was looking for, according to an official call for tender or “request for Information” published by the agency in March, 2012.
“The DEA is seeking information from potential sources with a fully functional and operational product proven to be capable of providing a Remote Control Host Based Interception System for device or target specific collection pursuant to authorized law enforcement use,” the document reads.
Roughly a month later, on May 4, 2012. The DEA had what it was looking for. In another document, the agency announced that it was going to “solicit and negotiate” a contract with Cicom USA for the duration of at least four years.
Cicom USA, according to the DEA, emerged as the only company capable of providing the service required, based on market research conducted internally by the agency. The DEA did not respond to questions regarding this research.
It’s possible the DEA picked Cicom USA because the US Army had done the same a year prior. According to public records, the Army made a purchase order for a Remote Control System on March 2011. The order shows that the Army was supposed to pay $350,000 for the software, and further confirms Cicom USA’s connection with Hacking Team, given that Italy is listed as the country of origin of the product. (The Army did not respond to Motherboard’s questions regarding the contract.)
IS IT LEGAL FOR LAW ENFORCEMENT TO HACK TARGETS?
For surveillance experts, the big question is whether the DEA actually has legal authority to use spyware such as Hacking Team’s—and how, exactly, it is used. A DEA spokesperson said that the agency “always abides by the laws of the jurisdictions within which it operates.”
And added that “however, in this case, this is off-the-shelf technology, legally available for purchase by all and used throughout the world by many organizations.”
But experts are not convinced.
“The legal framework governing the use of such tools in the US is extremely unclear, meaning that the use of Hacking Team’s spyware is potentially unlawful,” Edin Omanovic, a researcher at Privacy International, told Motherboard.
“The use of Hacking Team’s spyware is potentially unlawful.”
The FBI is the only other US law enforcement agency that has been reported to use malware. The bureau has been using it since at least 2001 when FBI’s spyware Magic Lantern was revealed. But the precise legal authority, as well as the process that FBI agents use to get authorization, is still unclear, and very few cases where the bureau used malware have actually come to light.
In 2011, internal emails obtained by the Electronic Frontier Foundation revealed that in some past instances, FBI agents considered using malware known as « Computer and Internet Protocol Address Verifier » (CIPAV) without getting a warrant, or in other cases, hid key details on what the technology actually entailed in order to increase the chances the judge would approve it.
In any case, the bureau, after consulting with the Office of General Counsel and the National Security Law Branch finally appeared to settle on a “two-step request” legal process: get a search warrant to authorize the deployment of the software on a target’s computer, and then a subsequent order (known as pen register or trap and trace) to authorize the actual surveillance.
In 2013, a Texas judge stopped the FBI from using malware, rejecting the bureau’s warrant application because it was too vague and didn’t specify how the agents would actually install the software.
Soghoian, the ACLU surveillance tech expert, said that given the nature of this technology, and the fact that “Congress and the courts have been kept in the dark” about it, Americans should have more information on when and how the feds are using spyware.
“If law enforcement agencies can hack into your computer, turn on your webcam, turn on your microphone and steal documents from your computer, that’s the kind of thing that should get the attention of Congress. »
“Courts are not being told how agencies will get malware onto the computers of targets,” Soghoian said. “Similarly, law enforcement agencies have not discussed the use of this technique in any public Congressional hearings.”
“The American people deserve some answers and I think Congress needs to investigate this,” Soghoian told Motherboard.
Omanovic, from Privacy International, added that the US needs update the legal framework regarding hacking and the use of spyware by law enforcement agencies and establish “effective oversight mechanisms.”
Privacy International also released a dossier on Hacking Team on Wednesday, asking Italian authorities to look into the company and its practices in light of European export controls of surveillance technology. (Rabe said that the company « is in compliance with all export laws. »)
Some legal experts, however, argue that there’s nothing illegal about the use of spyware. Although there is no specific law that specifically covers hacking, Jonathan Mayer, a computer scientist and lawyer at Stanford University, said that law enforcement agencies are “broadly authorized” to conduct searches in the US, including using hacking techniques.
“They don’t need some special legislative grant of extra authority before they can hack,” Mayer told Motherboard, adding that a search warrant supported by probable cause and particularly describing what the agents seek is all they need.
But for critics, such as Soghoian or Privacy International, there still should be more transparency and a public debate.
“If law enforcement agencies can hack into your computer, turn on your webcam, turn on your microphone and steal documents from your computer,” Soghoian said, “that’s the kind of thing that should get the attention of Congress, particularly before this trickles down to local law enforcement agencies.”
This story has been updated to include a comment from Hacking Team’s Eric Rabe on his company’s compliance with export controls. And to clarify that FBI agents considered using malware without a warrant, according to documents obtained by the EFF.
Quatre-vingt-dix millions de dollars au bas mot. Voilà le montant des ventes de drogue estimé pour une année sur Silk Road, le premier cryptomarché à abriter des activités illicites en ligne. Depuis, les ventes de cocaïne, d’héroïne et d’ecstasy auraient explosé sur le Web avec la venue d’autres sites semblables.
« La demande est très forte et les trafiquants sont habiles à camoufler et sceller leurs colis afin qu’ils ne soient pas interceptés par Postes Canada ou par les agents des services frontaliers », rapporte David Décary-Hétu, professeur à l’École de criminologie de l’Université de Montréal et chercheur au Centre international de criminologie comparée de l’UdeM. Avec Judith Aldridge, de l’Université de Manchester, en Angleterre, il a étudié les réseaux criminels virtuels afin de déterminer la taille des marchés de drogue sur Internet et de tracer le profil des consommateurs.
En septembre 2013, les chercheurs ont réussi à copier l’historique des transactions faites sur Silk Road 1. « C’était à peine deux semaines avant la fermeture du site par le FBI », signale le criminologue. Sur ce cryptomarché, on vendait des vêtements, des livres, mais surtout des stupéfiants livrables à domicile par la poste partout dans le monde ! À l’époque, il s’agissait du seul réseau en ligne garantissant l’anonymat qui permettait de se procurer des substances psychoactives.
En analysant plus de 12 000 annonces et commentaires de clients, David Décary-Hétu et sa collègue ont pu calculer les revenus générés en multipliant le nombre de messages des acheteurs par le prix des produits. Ils ont ainsi démontré que les ventes de stupéfiants sur le site avaient grimpé en flèche en l’espace d’un an, passant de 17 à 90 millions de dollars, une augmentation de 600 %.
Autre constat : une grande part des achats aurait été effectuée par des vendeurs qui s’approvisionnaient sur le cryptomarché pour ensuite revendre la drogue dans la rue ou sur le Web. Le professeur Décary-Hétu a établi un an plus tard l’identité de quelque 250 vendeurs canadiens actifs sur les cryptomarchés. Ils expédiaient leur marchandise comme une lettre à la poste !
Il aura fallu deux ans et demi au FBI pour mettre la main au collet de l’administrateur de Silk Road 1, Russel Ulbricht, un physicien de 30 ans habitant San Francisco. Celui-ci aurait même été traqué par hasard, raconte-t-on. Depuis son arrestation, une quinzaine de cryptomarchés voués à la vente de drogue ont vu le jour, dont Agora, Nucleus, Middle Earth et Silk Road 2 (fermé lui aussi par le FBI). « Les cryptomarchés représentent une telle innovation criminelle qu’ils pourraient transformer le marché de la drogue et faire reculer les efforts de régulation de plusieurs décennies », estime David Décary-Hétu. Ses travaux ont permis la mise au point d’un outil de surveillance des marchés de vente de drogue en ligne.
David Décary-Hétu a lui-même plongé dans le dark Net et procédé à des achats de drogue.
Le Web invisible
Mais comment de telles activités passibles de prison sont-elles possibles sur Internet? En fait, il s’agit de la face obscure du Web, le dark Net, comme la nomment les spécialistes, ou Web invisible. On accède à ce monde parallèle grâce à Tor Browser, un fureteur configuré pour y naviguer. « Cela permet aux individus de se connecter aux cryptomarchés sans que le site Web connaisse leur identité et leur adresse IP », précise David Décary-Hétu. Pas moyen de connaître précisément la source des produits.
« Il existe maintenant un grand nombre de cryptomarchés qui permettent de commander des drogues en ligne, ajoute le professeur. Ces marchés criminels sont calqués sur des sites marchands comme Amazon et eBay. Ils en diffèrent cependant par le fait que les paiements sont faits en bitcoins, une monnaie virtuelle anonyme, et l’argent des acheteurs est gardé en fidéicommis jusqu’à ce qu’ils reçoivent leur commande. Toutes les connexions des utilisateurs sont anonymisées. »
Selon le chercheur, les cryptomarchés sont un petit canal de distribution non approprié pour les cartels de la drogue. En revanche, ils sont efficaces pour approvisionner les vendeurs intermédiaires à la recherche de stupéfiants potentiellement de meilleure qualité et moins chers. Et, compte tenu de leur aspect sécuritaire, le nombre de transactions virtuelles illicites n’a pas fini de croître, juge le professeur.
Les criminels en ligne, des nationalistes ?
Depuis son doctorat en criminologie à l’UdeM sous la direction des professeurs Carlo Morselli et Stéphane Leman-Langlois, de 2009 à 2012, David Décary-Hétu étudie l’influence d’Internet sur la criminalité et l’adaptation des criminels à cet environnement virtuel pour tenter d’approfondir la compréhension du phénomène de la déviance en ligne.
Ce spécialiste des cryptomarchés, l’un des rares au Québec, a même plongé dans l’univers du dark Net et procédé à des achats de drogue alors qu’il accomplissait un travail de maître d’enseignement et de recherche à l’École des sciences criminelles de l’Université de Lausanne, en Suisse. L’objectif ? Comparer le profilage chimique des produits achetés en ligne avec ceux qu’on trouve dans la rue. « On peut ainsi avoir une bonne idée d’où vient la drogue, affirme David Décary-Hétu. Par exemple, si la cocaïne est pure à 85 %, elle provient sans doute directement des fournisseurs d’Amérique du Sud, car la pureté des drogues locales oscille généralement entre 25 et 35 %. »
Pour l’heure, il est prématuré de généraliser les données obtenues par le professeur. Mais les résultats préliminaires révèlent des différences entre les deux canaux de distribution et ce ne sont pas nécessairement les mêmes individus qui vendent sur les cryptomarchés et en dehors du Web. « Au Canada, on n’analyse pas la pureté de la drogue saisie, souligne le chercheur. On ne peut donc pas établir le même parallèle entre les produits. » Mais les données accumulées au fil des ans tendent à confirmer une tendance : plus la réputation des trafiquants est grande et plus ceux-ci expédient leurs marchandises principalement dans leur pays d’origine. Les clients semblent aussi préférer acheter à des vendeurs issus du même pays afin d’éviter les inspections aux frontières. « Les cryptomarchés sont des plateformes mondiales, mais on croit qu’elles sont d’abord utilisées de manière nationale. C’est du moins ce qu’on tente actuellement de montrer. »
« Le Choix de Yves Calvi » du 6 septembre 2013 en vidéo : pendant six ans, Marc Fiévet était un « aviseur » pour les Douanes Françaises, un agent infiltré dans les plus gros réseaux de trafics de drogue. Lâché par le Directeur de la douane française François Auvigne, un inspecteur des finances lâche et incompétent, qui a refusé d’assumer les décisions prise par ses prédécesseurs.
Marc Fievet se bat aujourd’hui pour faire reconnaître la dérive « juridico-administrative » qui lui a fait faire plus de dix ans de prisons.
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Avec l’intervention deJean-Henri Hoguet, ancien directeur à la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED).
Bonjour à tous ! A la une de L’heure du crime, l’histoire vraie d’un « infiltré », dont la mission était de faire tomber un réseau international de trafic de stupéfiants, et qui se retrouve quelques années plus tard condamné à perpétuité ! Cet homme s’appelle Marc Fievet. Il est mon invité. Son nom est peu ou pas connu du public, mais son aventure a inspiré les scénaristes du film « Gibraltar », qui sort mercredi prochain au cinéma. Pendant six ans, il était connu sous le nom de code NS 55. Il a permis aux services des douanes; qui l’avaient recruté en 1988, de récupérer près de 100 tonnes de stupéfiants ! En septembre 1994, un bateau lui appartenant est arraisonné dans l’Atlantique, au large de l’Espagne, avec plus de 5 tonnes de cocaïne. Considéré comme le numéro 2 du réseau, il est condamné à perpétuité, extradé en France où sa peine est ramenée à 20 ans, dont dix ans incompressibles. Depuis sa sortie de prison, Marc Fievet se bat pour être réhabilité. Sa vie a été détruite. Il veut laver son honneur et que l’Etat reconnaisse qu’il était en service commandé !
Jacques Pradel
Invités: Marc Fievet, son avocat, Christophe Pech de La Clause .