Aviseur International renseigne, sans complaisance, sur la problématique de la drogue, du narcotrafic, de la corruption et sur les politiques mises en œuvre par les différents Etats et les dérives que s'autorisent les fonctionnaires des administrations — aviseurinternational@proton.me — 33 (0) 6 84 30 31 81
Après avoir épuisé tous les recours en France, mes avocats ont adressé une requête à la Cour Européenne (CEDH) pour jugement inéquitable (maintien du secret défense sur mon dossier). La requête a été rejetée au bout de 4 ans sans explications et sans avoir motivé ce refus.
• 8 tonnes de cannabis ont été saisies en janvier 2021 contre 5 tonnes en décembre 2020 soit + 59 %.
• 781 kg de cocaïne ont été saisis en janvier 2021 contre 1,2 tonnes en décembre 2020 soit – 37 %.
• 98 kg d’héroïne ont été saisis en janvier 2021 contre 163 kg en décembre 2020 soit – 40 %.
b. Trafics démantelés et personnes interpellées en janvier 2021
• 1 388 trafics ont été démantelés contre 1 026 le mois dernier, soit une hausse de + 35,3 %.
• 1 496 trafiquants ont été mis en cause en janvier 2021 contre 1 464 mis en cause en décembre 2020, soit une hausse de + 2,2 %.
c. AFD dressées
Entre le 1er septembre 2020 et le 28 février 2021, 44 124 infractions ont été relevées par les forces de l’ordre dont 3 744 en Seine-Saint-Denis, 3 978 dans les Bouches-du-Rhône et 1 893 dans le Nord.
6 mois après sa mise en œuvre, le bilan est donc très positif.
d. Opérations de démantèlement de points de deal
Dans le cadre de la mise en œuvre du plan national de lutte contre les stupéfiants, une cartographie répertoriant 3 952 points de deal sur le territoire national a été dressée (au 1 er décembre 2020).
Depuis le 1 er janvier, 301 opérations visant au démantèlement de points de deal ont été menées sur l’ensemble du territoire national (dont 57 en quartiers de reconquête républicaine). Le premier département est de loin les Bouches-du-Rhône avec 98 opérations menées.
Lors de ces 301 opérations, 647 personnes ont été interpellées.
Ces opérations ont conduit aux saisies suivantes :
Plus de 1,2 tonne de cannabis
15 kg de cocaïne
6 kg d’héroïne
43 armes
Et 1,5 millions d’euros d’avoirs
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Affaires marquantes du mois dans la lutte contre le trafic de stupéfiants
POLICE NATIONALE
DDSP69 – OFAST – DTPJ LYON – « go fast » en provenance d’Espagne
Saisie de 376 kg de cannabis.
Occupants de véhicules interpellés.
Sûreté départementale 28 – interception d’un go-fast
Interpellations de 3 individus.
Saisie de 280 kg de résine de cannabis et 8 véhicules au titre des avoirs criminels.
OFAST – FIPN – OCLCO, OCRGDF, DSPAP, DDSP 78 Démantèlement d’un réseau de trafics de stupéfiants en Seine-Saint-Denis (93)
Interpellation de 10 objectifs dont 8 écrous.
Saisie de 600 grammes de TNT, 600 grammes de pentrite RDX, 4 détonateurs et 3 systèmes de mise à feu, 31 000 euros, 4 montres de luxe Rolex, 6,5 kg de produits stupéfiants (cannabis et cocaïne), 21 armes de guerre avec chargeurs, 2 000 munitions et 6 véhicules.
Sûreté départementale 59 – Démantèlement d’un point de deal à Lille-Sud (59)
Interpellation de 9 individus.
Saisie de près de 20 000 euros, 20 g de cocaïne et 267 g d’héroïne.
OFAST – Toulouse – BR MURET – Interception d’une importation de 421 kg de cannabis en provenance d’Espagne • Interpellation de 6 individus.
Saisie de 418 kg de résine de cannabis, 3,5 kg d’herbe de cannabis et 14 800 €.
SDPJ 93 – Lutte contre les trafics de stupéfiants à Bondy (93) et Paris 20e
Interpellation de 8 individus.
Saisie de 22 kg d’herbe cannabis, de 350 g de cocaïne, de 1,1 kg de kétamine et d’une arme de poing
SAIP La Courneuve (93) – trafic d’héroïne (point de deal recensé au niveau ministériel)
Interpellation de 3 individus.
Saisie de 301 g d’héroïne, 18 g de méthamphétamine et de 605 €.
SAIP Fresnes (94) – secteur la « vallée aux renards » à Fresnes
Interpellation de 8 individus.
Saisie de 7,5 kg de cannabis (dont 1,5 kg de résine).
ST 92 – Bagneux (92) – trafic de stupéfiants à Bagneux (secteur Pierre Plate)
Interpellation de 12 individus.
Saisie de 48 075 €, une quarantaine de kilos de cannabis et 2 armes de poing.
SDPJ 94 – Val-de-Marne (94) – trafic de stupéfiants région parisienne
Interpellation de 10 individus.
Saisie de 64,6 kg de cannabis dont 35,8 kg de résine, 2 armes dont un AK 47 et 12 500 €.
SAIP 20 – BSP – PARIS
Interpellation de 3 individus.
Saisie de 34 kg de cannabis dont 31,3 kg de résine.
ST 94 – Trafic de stupéfiants à Villejuif (94)
Interpellation de 9 individus.
Saisie de 7,7 kg de cannabis dont 4,3 kg de résine et 2 armes.
SAIP 19 – Paris 19 e – lutte contre le trafic de produits stupéfiants
Saisie de 6,9 kg d’herbe de cannabis, 1,5 kg de résine, 920 g de cocaïne, 920 g de MDMA, 445 cachets d’ecstasy, 10 920 € et 1 arme de poing.
ST 93 – Romainville et Gagny (93)
Interpellation d’1 individu.
Saisie de 7,5 kg de cocaïne et 14 100 €, 1 gilet pare-balles, 3 trackers, une trentaine de cartouches de protoxyde d’azote vendues à l’unité 30 €.
Saint-Ouen (93) – Levallois-Perret (92) et Nogent-sur-Oise (95) – sur commission rogatoire
22 interpellations pour trafic de stupéfiants.
Saisie de 7 750 kg de résine et d’herbe de cannabis confondus, près de 60 000 € en numéraire, 2 véhicules et 1 arme de poing de calibre 7,65.
Un compte bancaire supportant une provision de près de 70 000 € a également été bloqué.
GENDARMERIE NATIONALE
Brigade de recherches de Vire – Trafic de stupéfiants à Vire (Calvados)
Interpellation de 6 individus.
Saisie de 12 kg de résine de cannabis, 1 kg d’herbe, 125 g de cocaïne, 38 000 €.
Section de recherches de Dijon – Trafic de drogue à Saint-Florentin (Yonne)
Interpellation de 6 trafiquants.
Saisie de 39 kg d’héroïne, 2,5 kg de cocaïne, près de 2 000 cachets d’ecstasy, 4 600 €, 1 véhicule, 1 arme à feu.
Brigade de recherches de Saint-Nazaire – point de deal à Montoir-de-Bretagne
Interpellation de 12 individus.
Saisie de plus de 500 g de résine de cannabis, 300 g d’héroïne, 350 g d’herbe, 2 armes de poing, 1 moto volée et 3 400 €.
Brigade de recherches de Vierzon – point de deal à Aubigny-sur-Nère (Cher)
Interpellation de 3 trafiquants.
Saisie de 1,5 kg d’herbe, 200 g de résine, 1 300 €.
Brigade de recherches Salon de Provence – Lutte contre les points de deal à Salon de Provence
Interpellation de 8 individus.
Saisie de 2,5 kg de cannabis, 550 g de cocaïne, 6 armes, 1 gilet pare-balles, 1 détecteur de balise, 3 véhicules, 3 000 €.
Brigade de recherches de Pornic – trafic de stupéfiants à Pornic (44)
Interpellation de 12 individus.
Saisie de 1 kg de cannabis, 100 g de cocaïne, 1 arme de poing, 12 000 €, un véhicule.
Brigade de recherches de Pithiviers (45) – point de deal de Pithiviers (45)
Interpellation de 3 individus.
Saisie de 660 g d’héroïne, 1 000 €.
Brigade de recherches de Belley – point de deal à Ambérieu-en-Bugey (01)
Opération judiciaire contre un point de deal actif.
Interpellation de 10 individus.
Saisie de 12 kg cannabis, 3 500 € numéraire, 4 véhicules Brigade de recherches de Marchenoir – Trafic de stupéfiants (héroïne et cocaïne) à Authon (41)
Interpellation de 3 individus.
Saisie de 500 g d’héroïne, 100 g d’ecstasy, 40 g de cocaïne, 1 chambre de culture, 2 véhicules.
Les douaniers de la brigade de surveillance intérieure de Bourges ont sélectionné parmi le flot des véhicules un poids-lourd immatriculé en Roumanie, et l’ont ensuite invité à se diriger vers le péage de Bourges afin de procéder à la fouille de sa remorque.
Lors de l’inspection de la remorque les douaniers découvrent un chargement composé de caisses en bois, fermées et vissées. L’ouverture des caisses a ensuite permis d’identifier très rapidement la présence de pollen de cannabis conditionné dans des valises en toile de jute synthétiques.
La fouille complète du camion révélera la présence de près de 918 kilos de pollen de cannabis.
À l’issue de la procédure douanière le conducteur a été remis à la section de recherche de la Gendarmerie de Bourges.
Ce samedi matin, vers 9 heures, les douaniers de la brigade de Frouzins ont ainsi réalisé une très belle prise.
Au cours d’un banal contrôle dans le Lauragais, au sud-est de Toulouse, ils sont tombés sur un fourgon très chargé. Dans ce véhicule immatriculé en Allemagne, ils ont mis la main sur une cargaison de 64 kilos d’herbe de cannabis.
Le Germinal a intercepté un go-fast transportant 15 ballots de cocaïne au large de Saint-Martin
Pour l’instant 364 kilos de cocaïne ont été repêchés et trois contrevenants arrêtés. Ces derniers étaient à bord du go-fast, qui n’a pu échapper aux forces armées des Antilles
Fruit du travail conjoint de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS), du service garde-côtes des douanes (SGCD) Antilles-Guyane et de la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), l’opération a été réalisée en coopération internationale grâce au soutien américain des « U.S. Customs and Border Protection », « Air and Marine Operations »,
Sur ces quinze ballots, onze représentant un total de 364 kilos ont été repêchés et testés positifs à la cocaïne.
Cette cargaison et les trois individus interpellés ont été remis le mardi 9 février 2021 sur la base navale de Fort-de-France à l’antenne martiniquaise de l’office antistupéfiants (OFAST).
Au total, 18 mis en cause portant la double nationalité ont été interpellés par les éléments de la gendarmerie française, pour leurs liens présumés avec des réseaux de trafic de cocaïne et de cannabis.
37 kilogrammes de haschich et 5 de cocaïne ont été saisis à l’issue d’une filature qui avait duré plusieurs mois, souligne la même source. Les gendarmes avaient découvert également des armes à feu ainsi que des sommes d’argent estimées à plusieurs millions d’euros.
Les autorités françaises viennent de remettre une liste noire d’hommes d’affaires et de politiques marocains, accusés de trafic et de blanchiment d’argent au Maroc, via le port de Sète.
Environ 400 kg d’héroïne ont été saisis lors d’une opération du Parquet régional de Varna, de la DG de lutte contre le crime organisé et de l’Agence des « Douanes ». C’est ce qu’a annoncé dans twitter le procureur général Ivan Guéchev, cité par l’agence de presse BTA.
La saisie a été permise grâce à un chien des douanes.
Initialement, l’examen aux rayons X des rouleaux de bitume dans lesquels la drogue était cachée n’a pas réagi. Par conséquent, les rouleaux non marqués suspects ont dû être contrôlés plus avant. Cela a été annoncé lors d’un briefing il y a quelques minutes à Varna par le directeur général adjoint de la Direction générale du renseignement et des enquêtes douanières Svetoslav Vladimirov.
Un douanier a été arrêté et doit être inculpé de trafic de drogue.
Des stupéfiants modifiés sont en circulation depuis les années 80 en Amérique du Sud, mais les saisies sont rares; ce narcotique frelaté n’a pas d’odeur et échappe aux tests d’identification chimique.
Une commande d’açaï en poudre (L’açaï est une espèce de palmier provenant de l’Amérique du Sud, et notamment du Brésil) est arrivée dans la ville de Novo Hamburgo via la poste et, au lieu de fruits déshydratés, les colis contenaient un type de drogue rarement détecté au Brésil: la cocaïne noire.
Cette forme de stupéfiants est présente dans le trafic de drogue depuis les années 80 et, pendant cette période, elle est largement passée inaperçue des autorités.
Modifiée chimiquement, la cocaïne noire est de couleur foncée, n’a pas d’odeur, mais est généralement perçue par les chiens renifleurs alors qu’elle résiste au narcotest, un examen dans lequel un réactif est appliqué sur le produit suspect et il change de couleur s’il s’agit en fait d’un narcotique.
Ces caractéristiques font de la cocaïne noire un type de drogue considéré comme parfait pour l’exportation.
Selon la police, les stupéfiants ont été produits en Colombie, et le Colombien arrêté dans le cadre de l’opération Açaí a reçu 10 000 R $ pour chaque envoi reçu. Il est en état d’arrestation et son nom n’a pas été divulgué.
Le 7 février dernier, les douaniers de la BSI d’Halluin-Reckem ont contrôlé un véhicule immatriculé en Angleterre. Les deux personnes de nationalité lituanienne avaient planqué 10 kilos de cocaïne sous les sièges de la banquette arrière.
En provenance de Rotterdam, le véhicule circulait sur l’autoroute A22 dans le sens nord/sud, de la Belgique vers la France.
L’ ensemble routier espagnol contrôlé sur l’autoroute A75, au niveau du col d’Engayresque, montait du sud de l’Espagne vers la région de Bade-Wurtemberg en Allemagne avec un chargement de pommes de terre et d’oignons.
Entre trois palettes de patates, les gabelous ont trouvé près de 113 kg de résine de cannabis et 60 kg d’herbe.
Les premiers partisans du trafic de conteneurs ont privilégié une stratégie que les autorités appellent «à l’intérieur du chargement», où la cocaïne est camouflée dans les exportations quotidiennes. La technique qui consiste de placer ses expédition de cocaïne au sein de la charge oblige les trafiquants à gérer des sociétés écrans, qu’ils créent eux-mêmes ou qu’ils achètent afin de pouvoir être les propriétaires d’entreprises ayant une longue histoire d’exportations propres. Ensuite c’est un jeu d’enfants que de cacher la cocaïne dans leurs exportations ostensiblement légales.
La plupart du temps, cela consiste simplement à fourrer des briques de cocaïne dans des boîtes de cargaison, mais dans d’autres cas, les trafiquants ont tout utilisé, des ananas évidés aux barils de produits chimiques dangereux, et ont même transformé chimiquement la cocaïne pour la déguiser en produits comme la nourriture pour animaux de compagnie ou les engrais. Quand aux cargaisons de bananes contaminées par la coke, c’est un secret de polichinelle et la fluidité est le ‘maître mot’ généralisé à Anvers, Rotterdam et dans les ports français!
Le chargement permet donc aux trafiquants d’avoir un contrôle direct sur l’expédition. Cependant, depuis que les autorités ont commencé à enquêter et à profiler les entreprises d’exportation à la recherche de schémas suspects, le risque d’interception a légèrement augmenté.
Cela a conduit à un changement vers la méthode de rip-off, où les trafiquants évitent le profilage en ouvrant les conteneurs d’exportations légitimes pour expédier les drogues, puis utilisent des scellés douaniers clonés pour dissimuler la falsification. Au départ, le rip-off était pratiqué par les petits trafiquants qui envoyaient des dizaines de kilogrammes. Mais à mesure que cette méthode gagnait en popularité, les expéditions ont augmenté en taille, les transports de plusieurs tonnes étant désormais monnaie courante. Dans la plupart des cas, les conteneurs sont contaminés car ils attendent d’être chargés, ce qui signifie que les trafiquants doivent accéder aux zones portuaires. Bien qu’il y ait eu au moins un cas de soi-disant «ninjas» glissant dans des ports cachés dans des compartiments secrets dans des camions, il est beaucoup plus facile de recruter des travailleurs portuaires. Au Pérou, par exemple, le contrôle violent exercé par le gang Barrio King sur les équipages de dockers lui a permis d’appliquer un quasi-monopole sur le trafic via le port de Callao. Cependant, dans d’autres cas, les trafiquants n’entrent jamais dans le port, comme au Costa Rica, où les trafiquants recrutent des chauffeurs corrompus, des entreprises de transport et des ouvriers de la cour à conteneurs pour charger de la drogue dans des conteneurs alors qu’ils parcourent la longue route entre la zone agricole de San Carlos et le port de Limón.
Des sources dans plusieurs pays affirment également que les trafiquants cherchent de plus en plus à éviter les risques liés au profilage en cachant des drogues dans la structure même du conteneur. Les trafiquants enfoncent des briques de cocaïne dans les cavités des murs, des plafonds, des planchers et des portes, ou dans l’équipement d’isolation ou de refroidissement des conteneurs réfrigérés – appelés «reefers». L’utilisation des structures de conteneurs réduit les risques que les autorités détectent de faux scellés douaniers, mais cela nécessite la complicité des personnes au sein des compagnies maritimes ou des chantiers de conteneurs. Certains narcotrafiquants ont contourné ce problème en créant des sociétés écrans pour altérer les conteneurs, comme au Costa Rica, où plusieurs sources ont décrit comment les trafiquants ont créé une société d’entretien des conteneurs pour masquer leurs activités.
Les autorités ont répondu à la montée en puissance de ces méthodes de trafic par l’utilisation de scanners dans les ports, qui sont déployés à la fois au hasard et à la suite du profilage des risques. Cependant, dans certains endroits, comme le port de Santos au Brésil, les trafiquants ont réagi en contaminant des conteneurs déjà inspectés – les ouvrant au dernier moment possible avant le chargement.
Comme les procureurs américains pensent que le chargement du MSC Gayane a effectivement eu lieu, une autre réponse à l’augmentation de la numérisation et à d’autres mesures de sécurité consiste à utiliser des dépotoirs ou à contaminer les conteneurs en mer après le départ du navire. Ce ‘modus operandi’ dépend généralement d’une corruption importante au sein de l’équipage. Mais les autorités de Guayaquil, en Équateur, signalent également que des bandes armées montent maintenant à bord des navires et forcent les équipages à prendre des charges sous la menace des armes. Les largages se produisent maintenant non seulement lorsque les navires se mettent en route, mais aussi lorsqu’ils traversent les eaux d’autres pays, des sources signalant que l’état de Falcón au Venezuela est un point chaud particulier. Pour l’instant, les autorités s’attaquent à cette méthode de trafic à l’aide de l’appareil GPS du navire, qui donne des informations sur la vitesse du navire. Si un navire ralentit ou s’arrête soudainement, une alarme retentit.
Les trafiquants, cependant, explorent déjà de nouvelles options, n’ayant qu’un seul objectif: l’efficacité!
Dans le même temps, en France, on continue de réfléchir et de se refiler le dossier de ministères en ministères puis de services en services pour savoir si l’on va équiper nos ports de systèmes performants de contrôles qui existent!
Que du bonheur pour les narcos qui savent pouvoir compter sur le pinaillage des administrations françaises pour les laisser continuer à exporter des cargaisons de drogues.
Dans le même temps, Gérald Darmanin, le ministre de l’intérieur français actuel, laisse penser sur Twitter que les succès permis par EncroChat sont dus au seul travail des cybergendarmes français qui n’arrivent toujours pas à supprimer toutes les propositions de ventes d’armes, de stups et autres propositions pédocriminelles que l’on peut constater sur les grands réseaux sociaux.
@GDarmanin – Fierté
Partout dans le monde, des réseaux de trafics de stupéfiants d’ampleur tombent grâce aux cyber- gendarmes français qui ont pu infiltrer une messagerie cryptée utilisée par de nombreux narcotrafiquants. Plus de 1000 arrestations en découlent !
Le coup de maître des cyber-gendarmes français qui ont piraté le «WhatsApp des dealers»
En piratant la messagerie cryptée EncroChat, utilisée par des narcotrafiquants du monde entier, les cybergendarmes français ont déstabilisé.. A lire dans leparisien.fr
Le 4 février dernier, un individu originaire du département de l’Aube est interpellé par les douaniers à Valence (Drôme) lors d’un contrôle. À bord de son véhicule : 180 kilos de résine de cannabis.
Gérald Darmanin ne pourra que se satisfaire de tant de velléités
Côté justice, la procureure de Marseille ne souhaite pas reprendre le terme « pilonner ». « C’est une action résolue, très déterminée, offensive », préfère dire Dominique Laurens, en mettant l’accent sur l’importance « d’enquêtes de qualité pour aboutir à des condamnations judiciaires. »
Ou comment, avec tact, rappeler que la politique du chiffre n’est pas tout, et que la lutte contre le vice de procédure fait aussi partie de l’arsenal.
Frédérique Camilleri
Les résultats de 2020 sont à peu près stables : on en dénombre 973 en 2020, contre 1.012 l’année précédente. Les investigations ont par ailleurs permis de démanteler 100 réseaux (contre 91 en 2019), et de saisir 2,3 tonnes de cannabis, 365 kg de cocaïne et 3,63 millions d’euros.
Les règlements de compte ont fait eux 12 morts, soit deux de plus qu’en 2019
Le 4 février, les douaniers ont découvert 69 kilogrammes d’herbe de cannabis, dans le chargement d’un camion circulant sur l’autoroute A7 dans la Drôme.
Ce sont les gendarmes de Malataverne qui ont récupéré le chauffeur à la fin de la retenue douanière, pour le mettre en garde à vue…
Cela faisait des mois que les douaniers de la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières) pistaient les acteurs présumés d’un commerce international d’armes, en provenance de Pologne.
Le 20 janvier, lorsque le coup de filet s’est refermé sur plusieurs adresses, à Paris, dans l’Essonne et dans le département du Territoire de Belfort. Pas moins d’une vingtaine de fusils d’assaut et pistolets-mitrailleurs, une dizaine d’armes de poing, parfois en pièces détachées, des chargeurs et munitions, silencieux et gilets pare-balles, plusieurs milliers d’euros et des pains d’explosif.
«Cette affaire révèle un trafic organisé à l’échelle internationale, avec des armes d’ordinaire réservées aux forces spéciales».
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Deux hommes de 26 et 46 ans, ainsi qu’une femme de 49 ans, ont été mis en examen. Le plus âgé est un ancien légionnaire, natif de Pologne.
Aucun lien avec une entreprise terroriste n’a pour l’heure été établi, mais la porosité avec le trafic de stupéfiants est connue, comme l’a rappelée l’affaire menée par la brigade de répression du banditisme de la police judiciaire parisienne en janvier, concernant un vaste trafic d’armes. Un réseau formé par une dizaine de suspects, aurait fourni des armes à des trafiquants de drogue et des sympathisants d’ultradroite.
Le Journal du Dimanchede ce 7 février 2021 a rapporté les propos tenus par Stéphanie Cherbonnier de l’OFAST. Sa surprise face à l’arsenal découvert sur Saint-Ouen est inquiétante ou peut-être n’est ce dû qu’au fait que les grands services régaliens des FDO jouent encore chacun dans leur cour.
Avec toutes les offres d’armes et de drogues qui circulent sur TWITTER, Stéphanie Cherbonnier devrait se rapprocher des ‘cyber services’ et des plateformes en charge de recevoir les signalements pour améliorer ses connaissances.
Peut-être aussi, se rapprocher de François Thierry, son prédécesseur au défunt OCRTIS, qui pourrait sans aucun doute la mettre au parfum des réalités qu’il a découvert tout au long de son action.
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EXTRAIT du JDD
Le « parrain » de Saint-Ouen arrêté en possession d’un arsenal de guerre
Sur les dix personnes interpellées lundi à l’aube en région parisienne, avec l’appui du Raid et de la BRI, huit ont été déférées vendredi devant un magistrat de la JIRS de Paris. Cinq ont été placées en détention _ une sixième a demandé un débat différé _ et deux ont placés sous contrôle judiciaire après avoir été mis en examen pour trafic de drogue (la plupart en état de récidive légale) mais aussi pour trafic d’armes.
« On est vraiment dans le haut du panier du narco banditisme« , analyse la cheffe de l’Office antistupéfiants après le démantèlement de l’organisation du principal grossiste de Seine-Saint-Denis.
« On s’attendait à trouver des armes, mais pas autant…« , confie Stéphanie Cherbonnier.
Kalach, M 16, Mauser, Glock, TNT…
La « nourrice » de l’organisation _ un couple domicilié dans un pavillon du Val-de-Marne _, ne cachait pas seulement des stupéfiants mais aussi un véritable arsenal de guerre.
Une vingtaine d’armes à feu, et des munitions par centaines, ont été saisies parmi lesquelles des fusils d’assaut (kalachnikov, HK, M 16…), des pistolets mitrailleurs, un Glock ou encore un fusil de précision Mauser.
Mais aussi des explosifs (TNT et pentrite) avec leurs systèmes de mise à feu.
Plusieurs services de police, Brigade Criminelle ou SDPJ 93 notamment en charge de nombreuses enquêtes sur les assassinats et tentatives qui ponctuent l’actualité de Saint-Ouen à un rythme effrayant depuis 2019, attendent avec impatience les résultats des expertises balistiques pour savoir si ces armes ont été utilisées récemment.
Dans le milieu, pour se faire « respecter », il faut être craint.
En démantelant, cette semaine, un réseau de trafic de stupéfiants qui alimente la Seine-saint-Denis et notamment la commune de Saint-Ouen, limitrophe de Paris , l’Ofast, l’office anti-stupéfiants, est tombé sur un véritable arsenal de guerre : kalachnikovs, fusils d’assaut HK et G3 FMP, des M16, avec trépied et équipement de visée laser, un fusil de précision avec lunette sur trépied, des pistolets-mitrailleurs ainsi que leurs chargeurs, dont 16 pour les M16 et plus de 500 munitions et 1 300 cartouches de différents calibres.
Plus inquiétant encore, le caïd, à la tête de cette équipe de 10 personnes, décrit comme violent et radicalisé, cachait 600 grammes de TNT, 600 grammes de pentrite (qui entre dans la composition du semtex, un explosif prisé des terroristes), quatre détonateurs et trois systèmes de mise à feu. Les auditions qui se sont déroulées ces 96 dernières heures n’ont pas permis de savoir ce qui motivait cette bande, notamment si ces membres souhaitaient se diversifier en revendant ce type de matériel à des braqueurs ou à des terroristes.
Deux ans d’enquête
Leur chef présumé est une vieille connaissance des limiers de la police judiciaire. Il avait été condamné à 20 ans de réclusion criminelle en 2011 pour importation illicite de cocaïne en bande organisée. Porteur d’un bracelet électronique, il a été déféré vendredi après avoir été interpellé quatre jours plus tôt avec son frère et huit complices présumés. Il a fallu deux ans d’enquête pour réussir cet important coup de filet sur commission rogatoire de la Jirs de Paris.
C’est un coup de maître pour l’Ofast, l’office anti-stupéfiants de la direction centrale de la police judiciaire. En éliminant les têtes de ce réseau lourdement armé, la police pourrait ramener le calme.
À Saint-Ouen,les points de deal peuvent rapporter de 10 000 à 12 000 euros jour. Il n’est donc pas certain que des concurrents en liberté laissent longtemps ces zones en jachère.
L’Europe est-elle le nouvel Eldorado des cartels mexicains ?Forbidden Stories et ses partenaires, dont la cellule investigation de Radio France, dévoilent comment des chimistes mexicains travaillent désormais aux Pays-Bas et en Belgique.
« C’est ici que ça s’est passé. » Willem-Jan Joachems se souvient parfaitement de ce 10 mai 2019. Pour ce journaliste d’une télévision locale de la région de Nord Braband, au sud des Pays-Bas, c’est un scoop qu’on n’oublie pas. « Le bateau était là, les enquêteurs étaient en train de relever les indices… et il a commencé à couler. » Ce jour-là, il était arrivé un peu plus tôt, sur le quai du port de plaisance de Moerdijk, pour assister au démantèlement d’un laboratoire flottant de méthamphétamine par les forces de police. Une découverte inédite à bien des égards : un laboratoire avait été monté de toutes pièces dans le ventre du navire, long de 85 mètres. Les enquêteurs y retrouvent plus de 70 kg de méthamphétamine, 150 litres d’huile de méthamphétamine… et trois Mexicains, âgés de 25, 28 et 38 ans. « Ils étaient en train de fabriquer la drogue« , raconte le journaliste néerlandais.
Les enquêteurs identifient leur ADN sur tois masques intégraux et des paires de gants. La police met également la main sur des téléphones et découvre des photos qui lui permettent de retracer l’activité des trois hommes au Pays-Bas. Le 12 décembre 2018, ils établissent une « liste de courses » incluant 30 kg d’aluminium, des thermomètres et des gants en latex. Courant mars, les chimistes ont maintenant de la poudre dans des verres doseurs. Un mois plus tard, une vidéo dévoile une large quantité de méthamphétamine sous forme de cristaux. Le laboratoire est découvert un mois plus tard. Candelario et les deux frères Ivan Diego et Victor Manuel sont reconnus coupables de « complicité de possession et de production de méthamphétamine en cristaux » le 19 mars 2020. Ils sont condamnés à quatre ans de prison ferme aux Pays-Bas.
Ce n’est pas la première fois que la police néerlandaise découvre des ressortissants mexicains dans un laboratoire de méthamphétamine. En février 2019, elle avait déjà arrêté trois hommes originaires du Mexique, dans un laboratoire produisant notamment de la méthamphétamine à Wateringen, en banlieue de La Hague. Ce ne sera pas la dernière non plus. Depuis le début de l’année, 32 laboratoires produisant de la méthamphétamine ont été démantelés. Du jamais vu. Les arrestations s’enchaînent. Parmi les suspects, un nombre important de Mexicains : 19, entre les Pays-Bas et la Belgique, selon le décompte réalisé par Forbidden Stories et ses partenaires. Le dernier démantèlement impliquant des mexicains date de la semaine dernière. Le 30 novembre 2020, deux d’entre eux ont été arrêtés dans la petite ville de Westdorpe, à la frontière belge.
Comment expliquer la présence de ces ressortissants mexicains, à des milliers de kilomètres de chez eux ? Pour qui travaillent-ils ? Où va cette drogue une fois produite ? Aux côtés de 25 médias partenaires, Forbidden Stories a enquêté sur le parcours de ces chimistes mexicains, au service des gangs néerlandais, déjà roi des drogues de synthèse en Europe.
Le navire de drogue MS Arsianco a été confisqué par la police. Il est situé près du port de Moerdjik et doit être vendu. / Benedikt Strunz/NDR
EncroChat, « c’est de l’or pour nous »
« URGENCE POUR LES UTILISATEURS D’ENCRO : des entités gouvernementales ont saisi illégalement notre domaine (…) Il vous est conseillé d’éteindre et de vous débarrasser physiquement de votre appareil immédiatement. »
Le message, envoyé en juin 2020 dans la précipitation et avec quelques fautes dans la version originale, est adressé par le fournisseur de téléphones chiffrés EncroChat à ses millions d’utilisateurs. Au siège de la société, c’est la panique. L’entreprise vient de réaliser qu’elle a été victime de l’opération de piratage la plus spectaculaire jamais menée par des polices européennes. Une catastrophe pour la société qui promettait à ses clients des communications ultra-sécurisées.
Les utilisateurs des téléphones EncroChat vont rapidement réaliser l’ampleur des dégâts : depuis plusieurs mois en réalité, les forces de l’ordre françaises et néerlandaises ont accès à toutes leurs communications. Un vrai problème si on est impliqué dans des activités criminelles, ce qui est le cas « d’une part très élevée d’utilisateurs » du service chiffré, selon les enquêteurs européens. Le jour de l’envoi du message à ses utilisateurs, EncroChat met fin à ses services. Une information judiciaire, notamment pour « fourniture d’un moyen de cryptologie n’assurant pas exclusivement des fonctions d’authentification ou de contrôle d’intégrité sans déclaration préalable« , a été ouverte à la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée) de Lille.
Capture d’écran du message envoyé par EncroChat à leurs utilisateurs, avant d’arrêter leurs services, le 13 juin 2020. / Europol/Eurojust/Gendarmerie française
« C’est vrai : EncroChat, c’est de l’or pour nous« , reconnaît Andy Kraag, chef de la division d’enquête criminelle de la police néerlandaise. Et pour cause : en l’espace de quelques mois, des millions de messages sont interceptés en temps réel, avant leur chiffrement, par les enquêteurs en Europe.
Aux Pays-Bas, cela va notamment permettre le démantèlement en série de laboratoires de méthamphétamine. Et dans plusieurs cas, révéler la présence des ressortissants mexicains qui y travaillent. D’après les messages consultés par la police, ils seraient bien plus nombreux que les 19 déjà recensés par le consortium, le plus souvent recrutés comme chimistes.
Recrutés pour travailler dans la « construction »
Jesus P.V., 40 ans, était entraîneur personnel dans une salle de sport au Mexique. C’est en tout cas ce qu’il a déclaré lors de son audition, dans l’affaire du laboratoire démantelé à Wateringen. D’après son témoignage, son destin bascule en janvier 2019 lorsqu’un client qu’il entraîne lui propose une opportunité professionnelle aux Pays-Bas – 2000 dollars par mois pour un emploi dans la construction, bien plus que les 700 à 800 dollars qu’il a déclaré gagner au Mexique. Mi-janvier, le coach fait ses valises et s’envole pour l’Europe. Mais la construction semble n’être qu’un paravent. Le jour de l’arrestation, un peu plus de 400 kg de crystalmeth sont retrouvés, et deux autres ressortissants mexicains sont interpellés avec lui dans le laboratoire, en banlieue de La Hague. Deux hommes, de 20 ans les aînés de Jesus P.V., qui auraient reçu le même type d’offre au Mexique. Lors du procès, l’un des condamnés a expliqué avoir tout découvert en arrivant aux Pays-Bas, sous-entendant qu’il n’avait aucune connexion ni savoir-faire en matière de production ou de trafic de drogue.
Les autorités douanières allemandes saisissent de plus en plus de méthamphétamine à la frontière avec les Pays-Bas.. / Benedikt Strunz/NDR
Dans une autre affaire, dite d’Achter-Drempt, on retrouve le même scénario : le ressortissant mexicain, arrêté lors de l’intervention policière, a expliqué durant le procès ne pas avoir compris dans quoi il s’embarquait réellement. Il pensait avoir été embauché pour cueillir des fruits en Europe. « Je n’y crois pas, tranche Kraag. Supposons que vous sachiez comment fabriquer de la meth en cristal, vous êtes un chimiste au Mexique. Vous ne serez alors pas envoyé dans un pays pour y cueillir des fruits. »
Dans l’affaire du « bateau-labo » de Moerdijk, la cour a déclaré que les trois suspects mexicains savaient produire de la méthamphétamine de « haute qualité« . « Après tout, ce sont eux qui ont fièrement photographié ces produits finis, comme [le suspect] l’a lui-même déclaré, pour informer et satisfaire leurs clients. » Par ailleurs, durant les interrogatoires, Ivan Diego a reconnu avoir reçu des instructions via WhatsApp pour produire la drogue. Des messages émanant de numéros mexicains, et enregistrés sous les pseudos « Angel », « Patrona » ou encore « Chalio ».
La loi du silence
Si les Mexicains arrêtés en Europe ne sont pas avares de détails pour expliquer les conditions de leur recrutement, c’est en revanche l’omerta totale quand se pose la question des donneurs d’ordre éventuels. Les avocats des ressortissants mexicains impliqués dans ces laboratoires européens, contactés par Forbidden Stories, ont refusé de répondre. Lors des procès, certains chimistes disent avoir été victimes de menaces : « La personne qui est venue le chercher à l’aéroport lui a dit qu’il n’y aurait pas de travail dans la construction, que ce serait un travail différent et qu’il devrait se taire (…) Il a ensuite été menacé avec des photos de sa famille« , peut-on lire dans le procès-verbal de l’affaire de Wateringen.
Les réseaux se dessinent cependant au gré des millions d’échanges sur EncroChat épluchés par les enquêteurs. « Grâce à tout ça, non seulement nous trouvons les chimistes sur place, mais aussi tout le réseau qu’il y a derrière », explique Andy Kraag. Ils découvrent notamment des acteurs indispensables de ces réseaux : les intermédiaires. À la demande des organisations criminelles néerlandaises, ce sont eux qui sont chargés de recruter ces chimistes au Mexique.
Présentation du service EncroChat sur leur site, maintenant fermé. / Capture d’écran EncroChat.fr via Internet Archive
À l’image de la mafia italienne
« Je cherche un chimiste, tu connais quelqu’un ? » Le message a été envoyé par un Néerlandais. À l’autre bout du fil, un intermédiaire (on parle d’un broker) mexicain. Qui met alors en branle le recrutement. « C’est aussi simple que cela« , lâche Andy Kraag.
Au Mexique, les cartels sont passés maîtres dans l’art du recrutement. Falko Ernst, chercheur spécialiste du Mexique pour L’International Crisis Group, partage une anecdote : « Ils ont scanné les universités mexicaines à la recherche de départements de chimie et ont repéré des personnes. » Une fois la recrue potentielle contactée, le broker lui fait une offre. La plus alléchante possible, car ces personnes détiennent un savoir clé. « Et si nécessaire, il y a aussi des menaces et des pressions derrière. »
Aux Pays-Bas, les gangs utilisent le même type d’intermédiaires, qui jouent un rôle essentiel. Toutefois, selon la police néerlandaise, cela ne signifie pas pour autant que les cartels mexicains ont une influence directe en Europe. Ces accords ne sont pas conclus directement entre les cartels mexicains et les organisations européennes. Les intermédiaires travaillent à leur propre compte : « Un cartel opère comme la mafia italienne. Vous payez pour votre adhésion, mais vous êtes indépendant. Un intermédiaire est aussi son propre patron. Vous pouvez donc être membre d’un cartel, tant que vous leur remettez une partie de ce que vous gagnez en travaillant avec les néerlandais« , explique Andy Kraag. Interrogé au sujet de ces connexions avec le crime organisé, une source au sein du gouvernement mexicain confirme à Forbidden Stories que des réseaux envoient bien des chimistes en Europe pour produire de la méthamphétamine : « Dans le cas des Pays-Bas, nous savons que cela se produit. »
Les intermédiaires font le nécessaire pour que tout se déroule sans accroc. Ils prennent notamment en charge le voyage pour l’Europe, en plus des salaires. D’après Andy Kraag, ils feraient passer la majorité de leurs recrues par l’Espagne grâce à des visas touristiques. De là, les chimistes gagnent les Pays-Bas. Avant que la pandémie de Covid-19 n’y mette un frein, certains intermédiaires faisaient même le déplacement avant de lancer officiellement les opérations. « Ils viennent aux Pays-Bas, font leurs affaires, inspectent le lieu. Le réseau néerlandais doit fournir les matières premières, le matériel, tout doit être correct. Et à la fin, le Mexicain dit : ‘Ok, voilà comment je peux produire [la drogue] pour vous.’« , décrypte le responsable de la police néerlandaise.
L’expertise mexicaine
Au Mexique, au cœur de la zona caliente, au sud de Culiacan, dans l’Etat du Sinaloa, cette recrudescence de chimistes mexicains en Europe ne surprend pas. C’est l’évidence, même, pour celui qui se fait surnommer « El Chapo Jr. » : « Nous envoyons les chimistes en Europe parce que nous, les Mexicains, sommes les meilleurs chimistes !« , explique cette petite main du cartel de Sinaloa à Forbidden Stories. Dans sa planque aux murs rose fluo, il emballe méticuleusement d’imposants cristaux de méthamphétamine. Plusieurs couches de protection – un sac en plastique, de l’aluminium, du scotch et un nouveau sac en plastique – pour que les chiens de la police ne sentent pas la drogue lors de son transport. « Nous avons de l’expérience. Et les Mexicains peuvent enseigner aux autres chimistes d’Europe, poursuit-il, toujours en conditionnant la drogue. Les ‘chimistes’ qui sont envoyés ne sont généralement pas des idiots, ils sont intelligents et éduqués. » C’est par exemple le cas d’un des frères condamnés dans l’affaire du « bateau-labo » à Moerdijk, qui affiche sur Facebook avoir suivi une formation à l’institut technologique de Culiacan au Mexique.
Celui qui se fait appeler « El Chapo Jr. » prépare l’envoi d’un pack de 30 kilogrammes de crystal meth vers Mexico, depuis la périphérie de Culiacán, Sinaloa. / Amrai Coen, Die Zeit
Dans son dernier rapport annuel, l’ONUDC (Office des Nations unies contre la drogue et le crime) parle d’ailleurs de « spécialistes mexicains », capables de produire une méthamphétamine très pure, « comme celle que fabriquait Walter White dans [la série] Breaking Bad », explique Laurent Laniel, analyste scientifique à l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA). Leur expertise : « Produire de plus grandes quantités d’une meth puissante, grâce à des retraitements successifs, à partir de la même quantité d’un précurseur appelé BMK [benzyl methyl ketone]. » Un véritable coup de main, que seuls les chimistes mexicains maîtrisent à 100 %. « C’est comme pour le fromage. Si vous apprenez aux Japonais à fabriquer du fromage, ils finiront par y arriver. Mais ce ne sera pas un Leerdammer pour autant« , résume le porte-parole d’Andy Kraag, par une analogie très hollandaise. En échange d’un pourcentage du profit, qu’ils reversent aux chimistes et plus largement aux brokers mexicains, les narcotrafiquants néerlandais acquièrent ce savoir-faire unique.
« On parle ici d’organisations criminelles très structurées, très puissantes, avec à leur tête des narco-millionnaires qui ont fait fortune dans l’ecstasy et vivent dans le luxe« , rappelle Laurent Laniel. Selon les chiffres de l’ONUDC, la plupart des laboratoires démantelés produisant de l’ecstasy sont situés en Europe, principalement aux Pays-Bas et en Belgique. « Ils ont le matériel adhoc et toute une infrastructure d’approvisionnement en précurseurs chimiques venus principalement de Chine ou d’Inde. »
Une véritable industrie du crime valant des millions d’euros, maîtrisée de bout en bout. Laurent Laniel parle de « crime as a service » : « Ils fournissent tout ou embauchent les‘prestataires’ nécessaires : l’infrastructure pour les laboratoires, l’approvisionnement en précurseurs, les camions pour faire disparaître les montagnes de déchets que produit la meth, les bateaux avec skippers pour transporter la drogue et les collecteurs qui vont récupérer l’argent de la drogue. » Tout est déjà en place pour ajouter la méthamphétamine à leur offre. Conséquence : sur le terrain, le nombre de laboratoires démantelés augmente. Les saisies également : en juin 2019, la police néerlandaise mettait la main sur 2,5 tonnes du stimulant synthétique, cachée dans le port de Rotterdam. La plus grosse à ce jour en Europe.
La police néerlandaise possède son propre laboratoire de drogue, qui contient des objets provenant de diverses saisies. Le laboratoire est utilisé pour former les policiers. / Benedikt Strunz / NDR
Les Pays-Bas : « cuisine » du monde
La drogue issue des laboratoires néerlandais est expédiée à l’autre bout du monde. Le gramme de méthamphétamine peut s’écouler à plus de 500 dollars sur le sol japonais. Même tarif en Australie, à quelques dollars près. À titre de comparaison, la même dose coûtait 56 dollars aux États-Unis en 2017. « Pour ces laboratoires, produire à moindre coût grâce à la technique des Mexicains et l’exporter là-bas, c’est la garantie d’une marge économique énorme« , analyse Laurent Laniel.
Selon la chercheuse Anna Sergi, maître de conférences en criminologie à l’université d’Essex (Angleterre), une partie du prix exorbitant du gramme de méthamphétamine est dû au risque élevé que représente le trafic vers l’Océanie, et tout particulièrement vers l’Australie. « Ce risque d’expédition, associé à la distance, augmente les coûts pour les trafiquants et les importateurs et cela se répercute sur les consommateurs, qui paient beaucoup plus pour le ‘privilège’ de voir arriver la drogue sur place !« , précise la chercheuse. Mais d’autres éléments viennent peser dans la balance : une consommation importante, des connexions déjà établies grâce au trafic d’ecstasy et surtout, les forces de l’ordre australiennes qui ont les yeux rivés sur la Chine, d’où provient une grande partie de la méthamphétamine pour leur marché. « La police australienne a très bien combattu cela. De nombreux réseaux de production ont été démantelés, et on peut voir que l’approvisionnement venant de Chine a cessé. Ou du moins a considérablement réduit« , raconte Andy Kraag. Ici, les Néerlandais aidés par les Mexicains, prendraient donc leur place.
C’est aussi le jackpot pour les Mexicains : ils peuvent à la fois rentabiliser leur savoir-faire, moyennant la perte de quelques chimistes pendant un certain temps, et trouver de nouveaux débouchés pour leur propre méthamphétamine en poudre : « Les cartels ont des quantités gigantesques de ce qu’ils peuvent produire, or la demande actuelle est en Amérique. Ils recherchent donc de nouveaux marchés plus importants, ajoute Andy Kraag. Et c’est, par exemple, les 2,5 tonnes de méthamphétamine [en poudre] que nous avons trouvées à Rotterdam. » Une fois en Europe, elle serait cristallisée dans les laboratoires, prête pour l’instant à l’exportation. Mais ce que redoutent les autorités, c’est de voir la consommation sur place augmenter. Bien que son utilisation soit encore résiduelle en Europe, Andy Kraag ne cache pas ses inquiétudes : « Si notre production augmente énormément, alors [la méthamphétamine] est aussi plus facilement disponible et le risque de consommation grandit, explique l’enquêteur. Avec ces drogues-là, on peut devenir dépendant dès la première utilisation, (…)on ne pense plus à rien d’autre, on veut juste en prendre, on ne fonctionne plus normalement. Et là c’est juste foutu. Fini. »
Une guerre en préparation ?
En juillet dernier 2020, le piratage d’EncroChat a encore permis la découverte à la frontière belge de six conteneurs insonorisés transformés en cellules de prison. Un septième était lui devenu une chambre de torture macabre, équipée d’une chaise de dentiste et des pires ustensiles possibles : scie, scalpel, chalumeaux et différents types de pinces.
Photo de l’intérieur de la chambre de torture, retrouvée près de la frontière belge en juin 2020. / Politie Landelijke Eenheid
À l’heure actuelle, les gangs néerlandais sont dépendants du savoir-faire des cartels mexicains. Mais que pourrait-il se passer si ce n’était plus le cas ? La crainte est alors de voir cette alliance si profitable aujourd’hui, se transformer en concurrence demain : « Ce que je ne veux absolument pas, c’est que nous devenions l’un de ces pays capables de produire d’énormes cristaux de méthamphétamine, sans l’aide des mexicains. Dans ce cas-là, on ferait concurrence au Mexique. Je ne sais pas ce qui se passera alors, mais il y a des risques. Et nous voulons empêcher cela« , conclut Andy Kraag, le responsable de la police néerlandaise. Car « concurrence et violence vont toujours de pair dans le monde criminel« .
Kristof Clerix (Knack), Benedikt Strunz (NDR), PhilippEckstein (NDR), Wil Thijssen (de Volkskrant), Anne Michel (Le Monde), Mathieu Tourlière (Proceso) et Bart Libaut (Enquêteur spécialiste en sources ouvertes) ont contribué à cet article.
San José, 4 févr. (EFE) .- Les autorités du Costa Rica ont signalé ce jeudi la saisie de deux tonnes de cocaïne dans un conteneur qui transportait des ananas à destination de la Belgique.
Le ministère de la Sécurité publique a rapporté dans un rapport qu’à l’intérieur du terminal à conteneurs de Moín, dans la province de Limón (Caraïbes), des agents ont localisé mercredi dernier un conteneur soupçonné de contenir des marchandises illégales.
Ce conteneur devait être embarqué pour la Belgique et transportait de l’ananas comme cargaison légale.
2 000 colis contenant de la cocaïne, chacun pesant environ un kilo ont été saisis.