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A lire ou relire par ceux qui estiment encore que l’État est doué d’un esprit supérieur et d’une honnêteté supérieure
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De plus en plus visibles, les lanceurs d’alerte n’en sont pas moins en danger. Régulièrement utilisés par les différents services de l’État pour la qualité de leurs informations, totalement indécelables en l’absence d’alerte, ils sont finalement les laissés-pour-compte de la République.
La valeur de protection des lanceurs d’alerte n’est qu’instrumentale: elle vise à rassurer tous les potentiels lanceurs d’alerte, encourager leur partage d’informations, puis une fois fait, laisse ces individus ayant agi dans l’intérêt général assumer seuls les conséquences de leurs actes.
Sans rien enlever au caractère désintéressé du lanceur d’alerte, l’administration a mis en place plusieurs dispositifs pour protéger le geste démocratique du lanceur d’alerte, tout du moins en théorie:
– la loi Sapin 2 reconnaît ainsi le statut de lanceur d’alerte, mais refuse tout secours financier,
– la loi du 23 octobre 2018 reconnaît le lanceur d’alerte du fisc, ou aviseur fiscal, et, par principe, le secours financier,
– l’arrêté du 18 avril 1957 reconnaît le lanceur d’alerte des Douanes, ou informateur des Douanes, et accepte aussi par principe le secours financier.
Comment est-il donc possible que différents dispositifs visant les mêmes fins soient applicables et puissent se contredire? Comment est-il possible d’établir un dispositif protecteur, puis une fois les informations exploitées, ne jamais leur en faire bénéficier? Et comment est-il possible que personne ne légifère pour corriger le tir?
La réponse se trouve dans l’histoire récente et symptomatique d’un employé qui adhère de moins en moins à la finalité de son travail, qui prend conscience de procéder à des opérations qui ne trouvent pas l’utilité sociale qu’il avait imaginé, et qui décide donc d’en dénoncer le caractère frauduleux.
Sur la base des informations publiquement disponibles, principalement en ligne, cet employé s’adresse à la Direction des douanes.
Il a ainsi d’abord partagé toutes les informations en sa possession, prenant d’énormes risques vis-à-vis de son employeur, et de toutes les représailles en cascade imaginables.
Il a ensuite donné de son temps à l’administration pour orienter les agents en charge de l’enquête et aider à interpréter les informations transmises, avant de finir par démissionner de son poste tant le double jeu lui était devenu intenable.
Il lui est ainsi dès le début opposé par l’administration le secret de la procédure; précisé qu’il existe de nombreux dispositifs permettant protection et secours financier, et donc de patienter sans s’inquiéter (tout cela apparaît de façon objective dans des échanges d’e-mails).
Il n’a donc jamais été informé par l’administration qui s’est précipitée sur ses informations que pour bénéficier d’un tel statut, il fallait entrer ab initio dans une procédure particulière accordant un tel statut.
Ce qui vous permet donc d’imaginer sans mal la position de l’administration aujourd’hui: une fois dénouée l’affaire grâce aux informations de premier ordre, celle-ci indique courageusement que l’informateur ne peut plus prétendre à aucune prise en charge à défaut d’avoir été considéré comme tel en temps voulu.
Pour bien comprendre cette situation kafkaïenne, il convient encore de rappeler qu’un indicateur des douanes peut être rémunéré en vertu des textes, même en cas d’insuccès partiel d’une opération, mais dans une limite de 3.100 euros, sauf décision contraire de la directrice générale des Douanes, en l’occurrence Madame Isabelle Braun-Lemaire.
Cette dernière concentre en effet tout le pouvoir de déplafonner ce seuil, en pratique dans une affaire sur dix, lorsque l’information débouche sur un trafic d’envergure ou une grosse confiscation.
Dans ce cas, le montant de la rétribution, « fixée de façon discrétionnaire et ne pouvant faire l’objet d’aucun recours », comme le précise l’arrêté, et comme s’autorise volontiers à le rappeler l’intéressé, est calculé selon un barème fluctuant et confidentiel, curieusement inconnu du Parlement, ou de toute autre forme de représentation nationale.
Pour résumer, le recouvrement potentiel de centaines de millions d’euros pour les caisses de l’Etat dépend donc
1) du pouvoir discrétionnaire concentré entre les mains d’une seule fonctionnaire,
2) qui agit dans l’opacité des textes,
3) et refuse toute communication au Parlement ou la Cour des comptes.
Un état de fait d’autant plus malheureux que l’on ne connait toujours pas en France le nombre exact de salariés dédiés à la cellule des lanceurs d’alerte, et donc de la dépense publique engendrée pour le contribuable (ils sont par exemple 21 aux États-Unis, et 12 en Grande-Bretagne).
Un tel postulat frappe l’Etat de droit, sape la confiance entre institutions et citoyens, et accentue une crise de la représentation qui ne nourrit pas la réforme, mais l’insurrection.
Au lendemain du 25e samedi de mobilisation des « gilets jaunes », cela fait penser à ce mot de Henry David Thoreau dans sa Désobéissance civile : « L’État n’est doué ni d’un esprit supérieur ni d’une honnêteté supérieure, mais uniquement d’une force physique supérieure. »
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Par Vincent Monnier
Un procès en diffamation face au quotidien « Libération » et au journaliste Emmanuel Fansten a donné, pour la première fois depuis sa mise en examen, l’occasion à François Thierry de justifier ses méthodes controversées.
En arrivant à la barre, François Thierry avait prévenu le tribunal : « J’adore ce sujet, on pourrait y passer la nuit. » Volubile, l’ancien patron des stups, costume noir, chemise noire, cravate sombre, n’a pas menti. Commencés en début d’après-midi, les débats devant la 17e chambre correctionnelle, où l’ancien grand flic poursuivait le quotidien « Libération » pour diffamation, se sont donc prolongés jusqu’à une heure avancée de la nuit.
Il est vrai que François Thierry avait beaucoup de choses à dire. Depuis l’éclatement du « scandale des stups » en octobre 2015, une série d’affaires ayant mis au jour ses relations troubles avec Sophiane Hambli, l’un des plus gros trafiquants de cannabis français devenu le meilleur informateur de l’Office des Stups, le policier de haut rang ne s’était jamais exprimé publiquement sur les faits qui lui ont valu plusieurs mises en examen, notamment pour complicité de trafic de stupéfiants.
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L’affaire trouve son origine dans la saisie record, le 17 octobre 2015, de sept tonnes de cannabis. La drogue était entreposées dans des camionnettes stationnées boulevard Exelmans, dans le cossu XVIe arrondissement de Paris.
Les images des sept tonnes de cannabis saisies… par leparisien
La saisie, opérée par la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), avait été saluée par le président à l’époque, François Hollande.
Au milieu de la photo, Erwan Guilmin, le menteur énarque administrateur civil devenu douanier avant de devenir un faussaire en caviardant un document classé « secret défense » – (Commentaire de Marc Fievet)
L’affaire d’Exelmans a aussi mis au jour des rivalités entre douanes et police. En réalité, la saisie de 7 tonnes de cannabis n’a rien d’un franc succès. La douane n’a fait que torpiller une opération montée par ses concurrents de l’Office des « stups », et plomber sa meilleure source, Sophiane Hambli.
Censés travailler de concert pour lutter contre le trafic de drogue, les services de douanes et de la police judiciaire se mettent cependant parfois des bâtons dans les roues. François Thierry en a fait les frais.
En octobre 2015, Erwan Guilmin, le directeur de la DOD (Direction des opérations douanières) de la DNRED, rattachée au ministère des Finances, procède à la saisie de cannabis : 7 tonnes. Le coordinateur de ce trafic n’est autre que… Sofiane Hambli, qui travaillait en fait pour le compte de l’Octris.
La police judiciaire considère finalement l’intervention des douanes comme un coup bas qui perturbe le bon déroulement de son enquête.
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par Marc Fievet
Depuis Erwan Guilmin continue de percevoir son salaire de haut fonctionnaire puisque suite à don départ de la Douane, Jérôme Fournel l’a reclassé à Bercy comme « Chargé de mission à la sous-direction des politiques sociales – Secrétariat général » au Ministère de l’économie et des finances et ce depuis janvier 2018.
Injoignable à Bercy, où il n’apparait sur aucune liste, ni autre répertoire téléphonique, l’ancien DG Rodolphe Gintz approché répondit qu’il ne pouvait s’exprimer sur la Douane mais qu’assurément, à la DG de la Douane, ‘on’ savait où loger Erwan Guilmin.
Après contact direct à la DG avec Fabienne Debaux, la cheffe de l’ancienne « sous direction A », rebaptisée DRH, qui a dit qu’Erwan Guilmin n’était plus douanier et qu’il était désormais MINEFI !
Impossible d’en savoir plus sur Erwan Guilmin qui a disparu!
Posant alors la question à cette même Fabienne Debaux sur la position actuelle de Jean Paul Garcia, l’ex boss de la DNRED, disparu de Bordeaux, Fabienne Debaux déclara qu’il était parti en retraite…sans « pot de départ » sans doute!
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Une confrontation entre un policier et des magistrats se tiendra mardi 2 juillet.
« C’était le scandale le plus absolu au tribunal. » La femme outrée qui prononce ces mots n’a rien à voir avec une justiciable paranoïaque, comme l’on en croise souvent dans les couloirs des palais de justice. Elle occupe à Paris le poste de procureure-adjoint en charge du terrorisme et de la criminalité organisée, au sein du parquet le plus puissant de France.
Véronique Degermann s’exprime le 12 février 2019 devant deux juges d’instruction de Lyon qui l’ont convoquée. « J’étais totalement traumatisée« , ajoute-t-elle, se remémorant le 8 mars de l’année précédente, quand son bureau situé dans l’ancien palais de justice de Paris avait été perquisitionné en présence du procureur d’alors, François Molins, courroucé par cette procédure ô combien humiliante pour son parquet.
Sont saisies un grand nombre de notes confidentielles, concernant des affaires sensibles, que les hauts magistrats détiennent.
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Avec la participation de Michel Charasse, l’ancien ministre du Budget, de l’ancien directeur de la DST, Yves Bonnet, de l’ancien directeur de la DNRED jean Henri Hoguet et de l’ancien ministre Azouz Begag.
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Aviseur international bénéficiait jusqu’alors d’un référencement par le moteur de recherche Google sur les mots repris régulièrement dans ce blog d’informations régulières sur la drogue et le narcotrafic.
Douane française, DNRED, Drogue, narcotrafic, hachis, cocaïne, cannabis, héroïne… ETC.ETC.
J’ai le regret de constater qu’aujourd’hui, Google a décidé de m’écarter du système de référencement automatique.
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Les douaniers pratiquent ainsi le ciblage, c’est-à-dire ce qui permet à un ordinateur de détecter automatiquement, bien avant que la cargaison n’arrive, les éventuelles anomalies.
C’est ce qui a remplacé le fameux « flair du douanier ».
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DNREDSelon plusieurs douaniers interrogés par « france info », les saisies de cannabis et de cocaïne se font aussi, presque exclusivement, grâce au travail des services de renseignement.
La douane a ses propres indics, appelés « aviseurs ». Grâce à leurs indications, on ouvre peu de containers, mais on fait mouche à tous les coups ou presque.
Les aviseurs seraient donc indispensables à la réalisation des saisies mettant en valeur la qualité des services de la Douane française.
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L’inspecteur des Finances, énarque François AUVIGNE, ex DG de la Douane française
Seul hic, les DG de la Douane française, qui n’ont que mépris et total désintérêt pour les actions « undercover », dans lesquelles pataugent les aviseurs et autres agents infiltrés pour remonter des informations, refusent d’assumer la moindre responsabilité laissant alors l’aviseur ou l’agent infiltré, seul à répondre devant des juridictions judiciaires étrangères.
L’exemple de Marc Fievet, aka NS 55 DNRED, qui est resté incarcéré durant 3888 jours dans 23 différentes prisons et plus de 300 cellules dans des prisons espagnoles, des HM prisons anglaises, des pénitenciers canadiens et des maisons d’arrêt, centres de détention et centrale en France, sans que les Directeurs généraux de la Douane française n’interviennent efficacement en fait l’éclatante démonstration.
Jean Paul Garcia, qui était en 1994, l’attaché dounaier en poste à Madrid, n’a pas réussi à obtenir du DG Jean Luc Viala, une attestation conforme à l’action que je développais pour la DNRED dans le sud Espagne et l’ensemble des douaniers avec lesquels je travaillais à l’époque ont accepté de se taire.
Jean Luc Viala, Pierre Mathieu Duhamel et Francois Auvigne n’ont rien fait allant jusqu’à refuser d’assumer les promesses et engagements faits à Marc Fievet.
Francois Auvigne, allant jusqu’à dire au directeur de la DNRED Jean Puons qui insistait pour qu’une intervention soit faite, qu’il n’avait pas à assumer les décisions, actions et promesses prises par ses prédécesseurs.
Quant à la « Justice française », des ‘JAP’ ont refusé de trouver une sortie à cette dérive kafkaïenne, arguant du fait qu’ils n’avaient pas les moyens techniques de remettre en liberté Marc Fievet.
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http://www.institut-francais.org.uk/cine-lumiere/whats-on/new-releases/the-informant/
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En décembre 2009, Harouna Touré et Idriss Abdelrahman, des passeurs du nord du Mali, ont franchi les portes du Golden Tulip, un hôtel d’Accra, la capitale du Ghana. Ils étaient là pour rencontrer deux hommes qui leur avaient offert l’opportunité de gagner des millions de dollars en transportant de la drogue à travers le Sahara. Touré portait un dashiki et Abdelrahman des guenilles et un turban, qui cachait une partie de son visage. Ils ont donné un pourboire aux gardes à l’entrée et ont salué Mohamed (un radical libanais) dans le hall d’entrée. Mohamed les a conduits dans une chambre d’hôtel pour rencontrer David, trafiquant de drogue et membre des Forces armées révolutionnaires de Colombie, ou FARC. « Hola Colombiano », a lancé Touré en entrant. Abdelrahman, qui voulait appeler David « 007 » en espagnol, s’est trompé et a dit « 477 » à la place. David, qui portait un pull à manches courtes et un bermuda, a ri et leur a offert des bouteilles d’eau.

Touré et Abdelrahman venaient de Gao, une ville reculée et aride du nord du Mali qui est depuis longtemps utilisée comme plaque tournante de produits de contrebande, des immigrants aux cigarettes. Ces dernières années, la région a aussi été le théâtre de conflits violents entre plusieurs groupes de nomades insurgés, y compris les membres d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Au cours de mois de contacts téléphoniques et de rendez-vous, David et Mohamed ont répété à Touré que les FARC avaient 30 000 guérilleros en guerre avec les États-Unis, et qu’ils souhaitaient travailler avec al-Qaïda, organisation avec laquelle ils partageaient cet ennemi commun. « Ce sont nos frères », a dit Mohamed. Et d’ajouter : « Nous avons la même cause. » Touré a alors expliqué qu’il avait des liens avec l’organisation : il était à la tête d’une compagnie de transport et fournissait, en échange de la protection de ses camions, de la nourriture et du carburant à Al-Qaïda.
Pourtant, David restait sceptique. Il devait s’assurer que l’entreprise de Touré était à la hauteur de la mission. Les FARC, pour qui ce marché est synonyme d’enjeux considérables, étaient prêts à payer Touré et Abdelrahman à hauteur de 3 000 dollars le kilo, en commençant par un premier trajet test où ils devraient transporter 50 kilos de drogue vers Melilla, une ville autonome espagnole située sur la côte nord-ouest de l’Afrique. Des chargements dix fois plus conséquents suivraient si le premier voyage se déroulait sans accro, a précisé David. « Si tu as fini, c’est à mon tour de parler », lui a répondu Touré. Il a dit à David et Mohamed qu’il était fatigué de tout ce « blabla ». Il avait des ouvriers tout le long du circuit de contrebande, qui s’étendait du Ghana au Maroc. Abdelrahman, que Touré avait présenté comme chef de la milice malienne, a indiqué qu’il avait engagé un chauffeur entretenant des liens avec Al-Qaïda. Ces derniers avaient aussi soudoyé un haut gradé de l’armée malienne, qui les aiderait à traverser la frontière sans être contrôlé. David était rassuré. « Je veux qu’on continue de travailler ensemble, car nous ne faisons pas ça pour l’argent – nous faisons ça pour notre peuple », a-t-il dit. Deux jours plus tard, Touré et Abdelrahman sont retournés au Golden Tulip pour collecter leur premier paiement. Oumar Issa, un ami de Gao qui était aussi impliqué dans leur plan, attendait dans un deuxième hôtel pour recevoir sa part. Au lieu de cela, les trafiquants se sont retrouvés nez à nez avec les policiers ghanéens.
Il s’est avéré que David et Mohamed n’étaient pas des trafiquants de drogue mais des informateurs infiltrés de la Drug Enforcement Administration (ou DEA, l’Agence américaine de lutte contre les drogues).
Quelques jours plus tard, Touré, Abdelrahman et Issa ont été remis à la DEA et jetés dans un jet privé avant de s’envoler pour New York, où ils ont été traduits en justice devant un tribunal fédéral. Les trois trafiquants ont été inculpés — en vertu d’une disposition peu connue du Patriot Act datant de 2006 — pour narco-terrorisme, un crime commis par des délinquants violents, qui ont un pied dans le terrorisme et l’autre dans le trafic de drogue.
À l’annonce des charges, Preet Bharara, l’avocate américaine du District sud de New York, a déclaré : « À mesure que les terroristes s’impliquent dans le trafic de drogue, ils nous fournissent davantage d’opportunités de les neutraliser et de supprimer les financements destinés à leurs futures actions. » Cette affaire est la première pour laquelle la disposition sur le narco-terrorisme a été utilisée contre Al-Qaïda. Les suspects correspondent précisément à ce profil hybride de délinquants, pour lequel la loi, qui ne nécessite pas que les activités incriminées se soient déroulées aux États-Unis, a été créée.
Michele Leonhart, qui était directrice de la DEA à l’époque des faits, a renchérit : « Les arrestations d’aujourd’hui sont une nouvelle preuve du lien direct entre des organisations terroristes dangereuses, parmi lesquelles Al-Qaïda, et les trafics de drogue internationaux qui alimentent leurs activités. »
Tandis que l’affaire des Maliens poursuivait son cours, ses défauts sont toutefois devenus évidents. Les prévenus apparaissent davantage comme des hommes malchanceux que comme des criminels endurcis, des amis d’enfance qui pensaient que les informateurs de la DEA les rendraient riches. « Ils nous mentaient. Et nous leur mentions nous aussi », m’a confié Touré depuis la prison. La juge Barbara Jones, qui a supervisé les dernières étapes de la procédure, a déclaré : « Il n’y a aucune implication des suspects ou des infiltrés… ni dans les activités d’Al-Qaïda ni dans celles des FARC. » Un autre juge a vu, quant à lui, autant de problèmes avec le statut qu’avec la valeur de l’affaire. « Le congrès a adopté une loi qui tente de relier le monde entier », me dit-il. L’enquête est encore aujourd’hui citée par la DEA comme un exemple des exploits américains en matière de sécurité nationale. Depuis que les mesures sur le narco-terrorisme ont été adoptées, la DEA a poursuivi des dizaines d’affaires qui correspondaient aux crimes prévus par la loi. L’agence, qui a revendiqué des victoires face à Al-Qaïda, le Hezbollah, les talibans et les FARC, a institué le narco-terrorisme au rang de menace prééminente contre les États-Unis.
À chaque succès supposé, la DEA a fait pression sur le Congrès pour faire augmenter ses financements. En 2012, Michael Braun, anciennement chef des opérations de l’agence, a, lors de son témoignage devant les parlementaires américains, fait état des liens entre les terroristes et les trafiquants de drogue : « Après 37 années passées dans la police et le secteur de la sécurité, croyez-en ma parole, ils parlent sans aucun doute affaires et partagent les enseignements de leurs expériences. »

C’est sans doute vrai. Dans de nombreuses régions, notamment en Colombie et en Afghanistan, il existe des preuves probantes de la collaboration entre terroristes et barons de la drogue.
Mais un examen approfondi des affaires poursuivies par la DEA a révélé de nombreuses similitudes avec le cas des Maliens. Lorsque ces poursuites ont été intentées, les seuls éléments de preuve d’un lien entre le trafic de drogue et le terrorisme ont été mis en évidence par la DEA au travers d’informateurs qui étaient rémunérés plusieurs centaines de milliers de dollars pour inciter leurs cibles à participer à des mises en scène de complots narco-terroriste.
La DEA défend vivement l’efficacité de ces opérations d’infiltration, affirmant qu’elles sont un bon moyen pour identifier en amont les criminels qui constituent une menace pour les États-Unis.
Lou Milione, un haut fonctionnaire de l’agence, m’a confié que « l’une des choses dans lesquelles la DEA fait son affaire, c’est le fait que la quasi-totalité de nos enquêtes sont proactives. »
Mais Russell Hanks, un ancien haut diplomate américain, qui avait un accès direct aux cibles de la DEA lorsqu’il officiait en Afrique de l’Ouest, m’a expliqué : « La DEA a fourni à ces hommes tout ce dont ils avaient besoin pour commettre un crime, puis a dit : “Regardez ce qu’ils ont fait.” » Et d’ajouter : « Ce n’était pas du terrorisme ; c’était de la manipulation de personnes fragiles, dans des pays économiquement faibles, afin de faire gonfler le nombre d’arrestations. »
Le 11 septembre 2001, lorsque le vol 77 d’American Airlines a percuté le Pentagone, les agents de la DEA ont été parmi les premiers à réagir, se précipitant depuis leur siège, situé à moins de 800 mètres de là. Dans son livre Infiltré, Edward Follis, ancien agent fédéral de la DEA, se souvient comment lui et des dizaines de ses collègues « se sont précipités… pour retirer les corps, mais il n’y avait pas de corps à retirer. »
L’agence avait des avant-postes dans plus de soixante pays à travers le monde, plus que tout autre organisme fédéral de répression. Et elle comptait environ 5 000 informateurs et sources confidentielles. Michael Vigil, qui était la tête des opérations internationales de la DEA à l’époque, m’a expliqué : « Nous avons appelé toutes les sources que nous pouvions trouver, nous avons cherché des informations sur ce qui s’était passé, qui était responsable, et s’il y avait des plans d’une autre attaque imminente. » Il a ajouté : « Depuis la fin de la guerre froide, nous avions vu des signes qui laissaient penser que les groupes terroristes commençaient à dépendre du trafic drogue pour leur financement. Après le 11 septembre, nous étions sûrs que cette tendance allait se propager. »
Mais d’autres agences de renseignement ont vu les sources de la DEA comme de simples trafiquants de drogue – et les trafiquants de drogue ne connaissent rien au terrorisme.
Un ancien enquêteur du ministère de la Justice en charge du blanchiment d’argent m’a dit qu’il n’y avait aucune preuve réelle qui soutienne les affirmations de la DEA. « Ce qu’il s’est passé après le 11 septembre, c’est que de nombreuses ressources – financières — ont été transférées de la DEA vers la lutte contre le terrorisme », dit-il. « L’agence ne veut pas être le parent pauvre dans cette affaire. »
Le narco-terrorisme, m’a dit l’ancien enquêteur, « est devenu un moyen efficace pour la DEA de justifier son existence. »
La Maison-Blanche s’est ainsi avérée plus réceptive aux requêtes de la DEA. Juan Zarate, ancien conseiller adjoint à la sécurité nationale, affirme dans son livre Treasury’s War que le président George W. Bush voulait que « tous les éléments de la puissance nationale » puissent contribuer à l’effort pour « empêcher une autre attaque de frapper nos côtes ». Quelques mois après les attentats du 11 septembre, lors d’un rassemblement d’organisations de lutte contre la drogue, Bush a déclaré : « Il est important que les Américains sachent que le trafic de drogue finance les actes terroristes. Si vous renoncez à la drogue, vous rejoignez la lutte contre le terrorisme en Amérique. »
En février 2002, le Bureau de la Maison-Blanche chargé de la politique nationale de lutte contre la drogue a transformé le message du président en une série de spots de prévention diffusés durant le Super Bowl. Au lieu d’informer sur les dangers liés à l’usage de stupéfiants illicites – du genre « Ceci est votre cerveau sous drogues » —, les publicités mettaient l’accent sur le fait que les drogues aidaient les terroristes à « torturer le père de quelqu’un » ou à « assassiner une famille ». Au cours des sept années qui ont suivi, les ressources financières allouées à la branche internationale de la DEA ont augmenté de 75 %. Jusque-là, la plus grande participation étrangère de l’agence avait été réalisée au Mexique et dans la région andine de l’Amérique du Sud, le plus grand producteur mondial de cocaïne et berceau des guérillas marxiste – dont les FARC en Colombie et le Sentier lumineux au Pérou. Les deux groupes ont émergé dans les années 1960 et au début des années 1970, peu avant les rébellions paysannes. Ils ont commencé à taxer les producteurs et les contrebandiers de coca pour financer leur expansion. La DEA a vu dans ces organisations des exemples de la manière dont les motivations criminelles peuvent empiéter, et même prendre le dessus, sur l’idéologie. À présent, l’agence se concentrait sur l’Afghanistan, qui avait été l’un des plus grands producteurs d’opium dans le monde jusqu’en 2000, date à laquelle les talibans ont déclaré la culture du pavot contraire à l’islam et l’ont aussitôt bannie. Presque immédiatement après la chute des talibans, les agriculteurs du pays ont commencé à replanter du pavot dans leurs champs ; la DEA a averti du fait que les nouvelles cultures pouvaient devenir une source de revenus pour financer les attaques d’Al-Qaïda. « La DEA a été informée par plusieurs sources que Ben Laden a été impliqué dans le financement et a facilité le trafic d’héroïne », déclarait Asa Hutchinson, l’administrateur de la DEA, lors d’une audition au Capitole en mars 2002.

Hutchinson a ainsi cité plusieurs groupes d’insurgés, originaire des pays producteurs de drogue du monde entier, et notamment les FARC, le Sentier lumineux et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en Turquie, dont l’est du pays était depuis longtemps tenu pour être un lieu important du trafic de drogues. L’ancien administrateur a également mentionné des éléments de preuves recueillis par la DEA qui laissent à penser que la zone frontalière entre le Paraguay, le Brésil et l’Argentine – qui abrite une large et prospère communauté de businessmen arabes – est devenue une source de fonds pour le Hamas et le Hezbollah. La DEA, avec le soutien du Congrès, a instauré le Counter-Narco-Terrorism Operations Center (Centre d’opérations de lutte contre le narco-terrorisme), un centre d’entraide pour tout renseignement terroriste glané par ses agents à travers le monde. L’agence a rouvert son bureau à Kaboul, fermé depuis l’invasion soviétique en 1979.
Celle-ci a rassemblé des officiers de police originaires de 19 pays d’Asie et d’Europe pour participer à un projet d’échange d’informations appelé « opération de confinement », qui visait à stopper les flux d’héroïne et d’opium afghans.
En 2004, la plupart des membres d’Al-Qaïda ont fui l’Afghanistan, et l’attention de la DEA s’est tournée vers les talibans, dont les agents pensaient que la drogue – émanant du pays — suivait le même schéma que celui des guérillas telles que les FARC. La DEA a mis au place des réseaux d’informateurs et des opérations d’infiltration visant les trafiquants liés aux insurgés. L’agence, qui n’avait jamais jusqu’alors joué un tel rôle dans une zone de guerre, a eu besoin du soutien de l’armée, qui n’était pas disposée à intervenir. Edward Follis, l’ancien agent de la DEA, m’a confié que la plupart des commandants militaires américains avaient pointé du doigt l’agence, qualifiant son action de « violation intentionnelle et flagrante ». Selon lui, le Pentagone « ne pouvait pas aller au-delà de l’idée de capturer ou de tuer des combattants ennemis ». Plus tard cette année-là, la DEA a porté l’affaire devant John Mackey, conseiller d’investigation républicain au Comité sur les relations internationales de la Chambre des représentants. L’ancien agent du FBI était en charge de la lutte contre la drogue auprès de Henry Hyde, président du Comité et éminent républicain de l’Illinois. Les actuels et anciens employés du Congrès se souviennent que Hyde n’était pas très intéressé par les questions de la lutte contre la drogue, ce qui a laissé à Mackey le champ libre pour prendre les devants. « Vous savez comment fonctionne le Congrès », m’a dit un ancien membre du personnel. « On y trouve des tas d’inconnus non élus qui exercent une influence énorme sur des sujets obscurs. Mackey était l’un d’entre eux. » Sous l’impulsion de Mackey, les législateurs républicains ont fait pression sur le Pentagone pour qu’il soutienne les opérations de la DEA en Afghanistan. Follis raconte que la DEA a reçu des dizaines de millions de dollars de fonds supplémentaires, lui permettant d’augmenter significativement le nombre d’agents dans le pays, qui sont passés de deux à plus de quarante, et de développer ses propres forces spéciales, connues sous le nom de FAST – Foreign-Deployed Advisory and Support Team, les équipes de soutien et de conseil déployées à l’étranger. Elles ont mené à bien des raids sur des bazars à opium et des laboratoires d’héroïne.

L’agence a également identifié une cible afghane très importante, Haji Bashir Noorzai, un trafiquant d’opium qui entretenait des liens étroits avec le chef des talibans, le mollah Omar. En 2004, le président Bush a placé Noorzai sur la liste des barons de la drogue les plus recherchés de la planète. Mais dans la mesure où la plupart de l’opium et de l’héroïne exportées par Noorzai atterrissait en Europe de l’Est et non aux États-Unis, il était difficile pour la DEA de le poursuivre. Mackey a fait de nombreux voyages avec l’agence en Afghanistan, et a averti le Congrès que des gens comme Noorzai allaient « passer à travers les mailles du filet à moins que nous n’élargissions notre mode de réflexion sur eux ». Début 2005, John Mackey a aidé à rédiger une loi qui conférerait à la DEA le pouvoir de traquer les trafiquants de drogue partout dans le monde, dans le cas où ce trafic serait lié au terrorisme. Lorsque Hyde a présenté le projet de loi, il a tenu à attirer l’attention de ses collègues sur sa portée : « Ce projet de loi établit clairement que, même sans lien direct États-Unis, si ces drogues servent de support ou de soutien à une organisation terroriste étrangère, les producteurs et les trafiquants peuvent – et doivent – être poursuivis pour “soutien matériel au terrorisme”, que les substances illicites soient destinées ou non à entrer aux États-Unis. »
La loi a été adoptée en 2006. Mais des interrogations chez des fonctionnaires du ministère de la Justice sur son application ont retardé d’un an sa mise en place. Certaines autorités se sont inquiétées du fait que des procureurs trop zélés pourraient être tentés d’utiliser la législation sur le narco-terrorisme contre les adolescents toxicomanes arrêtés avec de l’héroïne afghane en leur possession. Follis, qui ne plaisantait qu’à moitié, m’a confié : « Le champ de la loi était si large que vous pouviez inculper un sandwich à la mortadelle. » Cependant, lorsque les fonctionnaires du ministère de la Justice ont proposé d’ajouter des éléments de langage à la loi pour définir plus strictement la notion de terrorisme, Mackey a hésité. « Il n’y a pas besoin de préciser ce que nous entendons par “terrorisme” », a-t-il dit. « Vous le reconnaissez quand vous le voyez. »
Dans les années qui ont suivi, la DEA a attiré deux marchands d’armes parmi les plus recherchés du monde, Monzer al-Kassar et Viktor Bout, dans des complots liés à la drogue avant de les arrêter, respectivement en Espagne et en Thaïlande. Un ancien haut fonctionnaire de la DEA m’a expliqué que, malgré le fait que Kassar et Bout n’avaient pas été accusés de narco-terrorisme, l’autorisation élargie dont bénéficiait la DEA pour enquêter lui a donné les moyens de poursuivre les trafiquants. David Raskin, ancien procureur principal du District sud de New York, a salué ces arrestations. « Ce ne sont pas les trafiquants de drogue à proprement parler », a déclaré Raskin à propos de Bout et Kassar. « Mais c’étaient manifestement des mauvaises personnes. Et la DEA a reculé ses limites. »
En 2008, la DEA faisait partie de ladite communauté du renseignement des États-Unis, qui regroupe les organismes militaires et civils les plus importants de l’espionnage américain depuis 1981. Michael Braun, qui est largement considéré comme l’architecte du programme afghan, a déclaré aux journalistes : « Au cours des 18 derniers mois, j’ai briefé plus de généraux à trois et quatre étoiles que l’agence n’a pu le faire au cours des 35 dernières années. » Il a ajouté : « Nous observons de plus en plus de connexions qui nous font dire qu’Al-Qaïda est impliqué dans le trafic de drogue. » Certaines des enquêtes de l’agence l’ont conduite en Afrique. Comprenant de larges zones de territoire laissées sans aucun contrôle, un longue histoire de guerres civiles et une montée en puissance des groupes djihadistes, parmi lesquels Boko Haram et AQMI, le continent était perçu par le Département de la Défense comme le nouveau front dans la guerre contre le terrorisme. La DEA a identifié l’Afrique de l’Ouest comme étant un important point de transit pour la cocaïne sud-américaine. Comme en Afghanistan, la plupart des drogues étaient destinées au marché européen. Mais la DEA soutenait que l’argent de ce business finissait dans les mains de terroristes. Lou Milione m’a indiqué que les trafiquants de drogue colombiens qui avaient été arrêtés en Europe de l’Est avaient reconnu avoir transporté, avec l’aide de passeurs arabes, des drogues à travers le Sahara, le long des routes qui chevauchent les territoires occupés par AQMI. « Si quelque chose transitait dans cette région, AQMI devait être impliqué », a déclaré Milione.
Fin 2008, Derek Maltz, qui dirigeait alors la division « opérations spéciales » de la DEA, a été convié à une réunion de hauts dirigeants du Pentagone fraîchement établis en Afrique. « Je ne voulais pas que ces gars-là pensent que j’étais juste un simple agent de la DEA venu pour leur parler des drogues », m’a confié Maltz. « J’étais là pour leur parler d’un problème de sécurité nationale. Et je voulais qu’ils sachent dès le départ que j’en faisais une affaire personnelle. » Maltz, un homme chauve et costaud, a commencé sa présentation par une série de photographies. La première montrait les tours jumelles en flammes. La seconde était une photo de son frère, Michael, ancien membre d’une équipe de sauveteurs parachutistes de l’Air Force, qui faisait un signe de la main fièrement. La troisième photo montrait une ligne d’hélicoptères stationnés sur un aérodrome en Afghanistan. Il y avait un vide là où aurait dû se trouver un hélicoptère – celui de Michael. Il avait été tué en 2003, alors qu’il était en service. « Vous les gars, vous êtes formés pour partir en mission et larguer des bombes sur l’ennemi », a dit Maltz dit à l’assemblée d’officiers. « Mais parfois, c’est impossible. Et c’est là que la DEA entre en jeu. Nous avons d’autres façons de mettre les bad guys hors jeu. »

Harouna Touré est né dans un petit village d’éleveurs maliens appelé Bamba, il était le plus jeune des neuf enfants de la famille. Ils vivaient entassés dans un abri composé d’une pièce, faite de bois et de boue. Son père était un ouvrier agricole qui construisait des maisons, des puits et élevait des chèvres. Harouna est allé à l’école pendant quelques années avant de rejoindre son père au travail. Dès qu’il a été assez grand pour conduire, Touré, qui était carré et avait des yeux noirs expressifs, a déménagé à Gao. Il a commencé à travailler avec son frère aîné, Almatar, qui était à la tête d’une flotte de camions qui transportait des marchandises et des personnes à travers le Sahel, une région semi-aride située à la frontière du Sahara qui sépare le sud et le nord Mali. L’endroit grouille d’un commerce non réglementé datant du XVe siècle. Les routes étaient réduites au strict minimum, et conduire 60 kilomètres pouvait prendre une journée entière. « Quand vous arrivez au bout, vous avez mal de la tête aux pieds », m’a raconté Touré. Mais il aimait ça. « Pour moi, c’était amusant parce que chaque jour était différent », dit-il. « Je pouvais rencontrer de nouvelles personnes et voir de nouveaux endroits. » Gao est une ville sordide qui abrite une centaine de milliers d’âmes au bord du fleuve Niger, l’artère principale de la région pendant la saison des pluies. Touré m’a raconté que gérer une entreprise dans le Sahel était, par définition, une activité « presque » légale. Lui et son frère transportaient de la nourriture, du carburant, des matériaux de construction, des cigarettes et des travailleurs bangladais – la plupart d’entre eux arrivés dans le pays sans papiers et sans avoir été contrôlés. Les conducteurs voyageaient dans des convois armés pour se protéger, ainsi que leurs cargaisons, des bandits. Ils devaient aussi payer les militaires, les communautés tribales et les milices ethniques armées qui contrôlaient le territoire le long du chemin. Touré m’a expliqué qu’il n’a jamais eu affaire à al-Qaïda ou à ses agents lors de ses voyages, mais il a traversé le territoire d’autres groupes armés. « Parfois, il fallait leur donner de l’argent, de la nourriture ou du carburant », dit-il. « Si vous ne faisiez pas, vous vous exposiez à de gros problèmes. »
Pendant un certain temps, la situation a souri à Touré. Il a monté une entreprise de construction qui gérait de petits projets au sein des communautés qui bordaient la route des camions. Il employait des dizaines de personnes et gagnait assez d’argent pour voyager jusqu’à Paris et payer le pèlerinage de sa mère à La Mecque. « Je me déplaçais si vite que les gens m’appelaient “le maire” », dit-il. Mais il a accepté de nouveaux chantiers sans avoir été payé pour les précédents, et il s’est endetté. Fin 2008, il avait une femme et deux enfants. En plus de quoi il prenait en charge le traitement de son frère Almatar, devenu diabétique et dont le pied avait été amputé.
Au même moment, la DEA a commencé à planifier ses opérations en Afrique de l’Ouest. Parmi les principales cibles de l’agence figurait AQMI, qui avait récemment commis un attentat au bureau des Nations Unies à Alger et avait, à plusieurs reprises, enlevé des touristes étrangers, des diplomates et des journalistes pour obtenir une rançon. Mais les actions de terrain – dans cette région — n’avaient rien de comparable avec celles menées en Amérique latine, où la DEA comptait nombre d’employés sur une zone allant de Tijuana à la Terre de Feu. Les opérations sur le continent africain ont été supervisées en grande partie depuis Rome. L’unité de narco-terrorisme en charge de la région était basée à Chantilly, en Virginie. Et l’agence manquait si cruellement d’agents familiers des dialectes africains qu’a été contrainte de s’appuyer sur des informateurs, rémunérés seulement si leurs renseignements donnaient lieu à des poursuites. (Les porte-paroles de la DEA nient le fait que des indics ont été payés en fonction de leurs informations, et que sa conduite en Afrique était différente de celle qu’elle observait sur d’autres continents.) « Nous avions d’importantes lacunes dans nos connaissances », m’a confié un ancien fonctionnaire de la DEA en charge du renseignement. Pour autant, il ajoute : « Dès que nous avons commencé à faire circuler de l’argent dans la rue, on est passés de 0 à 100 en deux secondes. » Mohamed faisait partie des informateurs payés par la DEA. Les agents me l’ont décrit comme un homme d’affaires libanais qui entretient des liens avec les communautés arabes d’Amérique du Sud et d’Afrique de l’Ouest. Il a reçu plus de 300 000 dollars pour son rôle dans l’affaire des Maliens.
En septembre 2009, une enquête sur un complot indépendant a conduit Mohamed à Oumar Issa, un Malien à la carrure imposante, souriant, les traits anguleux, qui travaillait comme ouvrier agricole et chauffeur dans le port de Lomé, au Togo, une autre plaque tournante du trafic en Afrique de l’Ouest. Mohamed a confié à Issa qu’il cherchait quelqu’un qui pourrait aider un groupe de riches Colombiens à faire transiter de la drogue du Ghana vers l’Espagne en passant par le Mali. Issa a répondu : « Je connais des gens qui ont un pied dans la brousse. » C’est alors qu’il s’est rendu au Mali pour chercher Touré. Les deux hommes étaient amis depuis l’adolescence, mais quand Issa a abordé la question du transport de drogue, Touré a dans un premier temps décliné l’offre. Issa, qui s’était éloigné de l’islam, était connu pour être un alcoolique notoire. Touré ne voulait rien avoir à faire avec la drogue, principalement pour des raisons religieuses. Et il ne pensait pas se sortir sans encombre de la situation proposée par Mohamed. Les contacts de Touré n’étaient pas prêts à traverser le Sahara. Quant à Al-Qaïda, Touré m’a expliqué qu’il n’aurait jamais pu travailler avec eux. « Ils traitent les Noirs comme des esclaves. »

Mais Touré raconte qu’Issa l’a imploré de revenir sur sa décision. « J’ai pensé que si je pouvais me contenter de toucher l’argent, tout irait bien. Je pourrais prendre un nouveau départ », m’a-t-il dit. Il a enrôlé Idriss Abdelrahman, qui vendait des pièces d’automobiles sur un marché en plein air à Gao. Ensemble, m’a expliqué Touré, les trois hommes ont mis au point un système aussi élaboré que celui de la DEA. Alors que les informateurs prétendaient faire partie des FARC, Touré, Issa et Abdelrahman ont également fait mine d’appartenir à un réseau criminel qui entretenait des liens avec Al-Qaïda. D’après Touré, l’objectif était d’amener les trafiquants à leur verser une partie de l’argent avant l’opération, puis de disparaître dans le nord du Mali. Ce dernier précise qu’il était évident que les trafiquants n’avaient jamais mis les pieds au Mali, aussi n’a-t-il pas été très difficile de les berner.
Le 6 octobre 2009, Touré et Mohamed se sont rencontrés pour la première fois, dans une chambre d’hôtel au Ghana. D’après la vidéo de l’enregistrement fourni par la DEA, Mohamed, un homme de grande taille dont la bedaine dépassait de sa ceinture, a sorti une carte et proposé un itinéraire. Touré lui a retiré des mains et il a proposé un autre chemin. Touré a dit à Mohamed que pour ce voyage, la note serait salée. « Il y a des islamistes, des gars barbus ; ils sont dans la brousse », a-t-il expliqué. « Tu dois donner un petit quelque chose à leurs chefs. » Mohamed, qui préférait les appeler « nos frères », a dit : « Laissons-les prendre autant d’argent qu’ils veulent pour baiser les Américains. » Il a ajouté : « Tu paies Al-Qaïda pas vrai ? » Touré a hoché de la tête. « Vous payez tout ça. » Mohamed demandait plus de garanties. Il a dit à Touré qu’il inviterait un chef des FARC à les rejoindre au Ghana s’il ramenait un représentant d’Al-Qaïda. Pour jouer le rôle de David, le chef des FARC, la DEA a envoyé Walter Ramirez, un trafiquant de drogue déjà condamné originaire de Detroit qui travaillait comme informateur pour l’agence depuis près de dix ans. Touré a quant à lui invité Abdelrahman pour jouer le rôle du chef d’une milice affiliée à Al-Qaïda.

La DEA affirme que, lors des réunions suivantes, les Maliens ont apporté de nombreuses preuves de leurs connexions avec Al-Qaïda. Les retranscriptions sont difficiles à suivre. Pour autant, le sujet d’Al-Qaïda a clairement été évoqué à plusieurs reprises, et souvent par les indics qui cherchaient à obtenir des déclarations pouvant incriminer leurs interlocuteurs. À une occasion, Mohamed a donné l’instruction aux cibles de l’enquête de s’adresser de façon plus agressive s’ils voulaient persuader David de faire le deal. « Je lui ai dit que vous étiez des guerriers », a déclaré Mohamed. « Faites-le sentir quand vous parlez pour que je puisse le répéter. Vous comprenez ? » David a brandi une liasse de billets. « Tu m’as dit que vous aviez besoin d’acheter un camion, n’est-ce pas ? » a-t-il demandé à Touré. « Voilà 25 000 dollars pour que vous puissiez l’acheter. » Mohamed a suggéré que la marque de confiance de David méritait un retour d’ascenseur. « Vous devez connaître notre pouvoir », a déclaré Touré. « Vous devez être au courant nos réseaux. » « C’est ça », a dit Mohamed. « Voilà ce qu’il veut. » Plus tard, il a demandé aux Maliens s’ils étaient vraiment « les maîtres du désert ». Abdelrahman est intervenu : « Nous avons les voitures, le pouvoir et les armes. » Touré a ajouté : « Nous avons des bandes. Nous avons des bases. Nous avons des armes. Nous avons tout. »
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Illustration par Mathieu Rouland
Quand on parle d’infiltration, d’agent double, d’agent secret, on pense tout de suite à James Bond. Être un beau monsieur qui aime allonger de belles madames et qui sait se servir de plein de gadgets super technologiques. Mais est-ce que c’est vraiment ça, l’infiltration?
Je suis allée prendre un café avec Robert*, un policier à la retraite, pour lui soutirer des informations sur la vie d’infiltrateur. L’homme a plusieurs années d’expérience, et comme un pro, il esquive toutes les questions trop pointues à son goût.
VICE : C’est quoi la différence entre un agent double et un agent d’infiltration?
Robert : De nos jours, y a les Mister Big. C’est une méthode d’enquête, pour approcher un criminel quand on est convaincu qu’il a fait un meurtre. On envoie un gars qui infiltre son entourage pour essayer de le faire parler.
Le gars l’approche, peu importe les moyens, soit comme chum, comme ami, dans le but ultime, dans six mois ou un an, de le faire parler. Il lui paye la traite, l’amène dans les restos, lui paye des affaires, lui offre des opportunités de faire de l’argent et c’est comme ça qu’on voit si le gars est croche un peu. Ça, c’est un agent d’infiltration.
Alors qu’un agent double, c’est presque tout le temps relié aux stupéfiants. Un gars undercover qui va acheter de la drogue, pour essayer d’entrer dans un réseau. C’est un peu ça la différence.
Qu’est-ce qui t’a amené à faire de l’infiltration?
Faire de l’infiltration, ça te permet de patauger dans un genre de vie criminelle, sans y être complètement. Voir des affaires, tout en étant correct. J’irais pas jusqu’à dire que j’ai déjà rêvé de ça, mais je regarde mes amis quand j’étais jeune, j’aurais pu mal tourner… et y a le challenge de passer inaperçu dans ce milieu-là. Avoir 18, 20 ans, je suis pas certain que je retournerais dans la police. Ça apporte beaucoup, mais t’es toujours dans le négatif. T’as une vie familiale ‘fuckée’. Les horaires, c’est pas terrible. Le seul avantage, c’est que tu peux sacrer ton camp de bonne heure, avec une bonne pension.
À l’époque, après la formation de policier, t’avais un mois de formation supplémentaire pour faire de l’infiltration. C’est pas assez, ça te prépare pas. Comment agir dans telles et telles situations, comment changer ton identité, comment te faire une deuxième vie… L’école, ça sera jamais comme être sur le terrain.
Est-ce qu’il y a des cours de jeu?
Non. T’improvises. T’embarques dans ton personnage pis tu t’arranges pour être prêt à réagir sur un 10 cennes.
Confiance en soi, être fonceur, mais il faut que tu sois allumé, parce que tu sais jamais qu’est-ce qui va se passer. Qu’est-ce que je fais icitte? Si je me fais poser telle question, qu’est-ce que j’vais dire? C’est comme un jeu d’échec, il faut que tu penses 15 coups d’avance. Le hamster roule tout le temps. T’es jamais tranquille à regarder les nuages.
Qu’est-ce que tu fais, pour pas te mélanger dans tes histoires?
À force de te forger des histoires, tu deviens bon menteur. Faut que tu les croies, tes menteries, parce qu’il faut que t’en parles, que tu t’imagines que tu l’as vraiment fait. Il faut que ça sorte tout seul quand tu en parles. Pis si on reparle la fin de semaine d’après, il faut revenir sur le sujet. Le danger, c’est que ça devienne pas clair dans ta tête, c’est plus difficile de convaincre les autres pis plus facile de te mélanger dans tes histoires. Ça fait que tu finis par croire tes histoires. C’est fucké, hein?
Combien de temps dure chaque mission?
T’es rarement là plus que deux ans, après ça, on t’envoie ailleurs. Tu retournes pas tout de suite en bleu [en uniforme], tu vas dans une section un peu à l’abri au début.
As-tu déjà eu peur pour ta vie?
[Long soupir] C’est arrivé, mais on dirait que j’ai fait une croix là-dessus. Je pourrais pas te conter quand j’ai eu peur parce que j’ai comme tassé ça de mon existence. Des fois, t’es tout seul dans un party avec des gens, tous criminalisés, pis sont pas comme toi pantoute. T’es bien entouré, par contre, t’as toujours le SWAT et des enquêteurs pas loin. Je me suis jamais senti abandonné, mais tu sais jamais comment ça peut tourner. Ça a comme un peu fucké ma vie… Encore aujourd’hui, quand je vais au restaurant, j’ai le réflexe de regarder partout, je vais en arrière, je m’assois toujours pour voir la sortie… Même chose quand je vais au centre d’achat, je pense à beaucoup de choses avant de choisir où je me stationne.
Des fois, tu peux être dans un restaurant, pis là, t’as quelqu’un de ton autre vie qui vient te voir. Tu fais semblant de pas le connaître, alors qu’il vient te voir et qu’il t’appelle par ton prénom. « Je te connais pas, je t’ai jamais vu. T’es fucké. J’ai jamais fait ça. »
Ça peut te mettre dans la merde, j’imagine?
Je m’en suis bien tiré, mais c’est sûr qu’après, tu te fais poser des questions. « Comment ça qu’il t’appelle par un autre nom? » Les gars sont pas fous. Tu patines, pis t’es heureux d’avoir déjà pensé à tes portes de sortie.
Non. Personne ne s’est aperçu de ce que je faisais en mission, et, par la suite, j’ai jamais reconnu des visages que j’avais vus par le passé, pis qu’il n’aurait pas fallu que je reconnaisse.
Si ça arrive, comment il faut réagir?
Mettons que ça m’arrive demain matin, je suis retraité, c’est moins pire que si je me faisais voir en uniforme. Ça se peut que j’ai changé de vie pis que je me tienne tranquille. Quand tu patrouilles en uniforme, c’est là que c’est dangereux, parce que c’est assez dur de dire que t’es pas dans la police.
Tu dis quoi à ta blonde?
Tu la laisses. Tu peux pas faire ça avec une femme pis des enfants. C’est trop long, c’est pas comme si tu faisais ça une semaine ou deux. Tu peux pas cacher ça à ta blonde pendant trois ans… que tu fais une « autre affaire », que tu vis « dans un autre appartement » avec une « autre fake madame ».
T’en as quasiment pas. Même ma mère ne savait pas ce que je faisais.
Est-ce que ça t’est déjà arrivé de te faire une blonde « dans une autre vie »?
Une fréquentation, mais pas une blonde.
Est-ce que c’était dans le but d’obtenir ou d’apprendre quelque chose?
Non, pour le fun. C’est pour ça que ça a duré le temps d’une rose. Le danger, c’est de tomber en amour pour vrai pis d’oublier le but premier de ta mission. Faut mettre les distractions de côté. Le risque est trop grand quand tu deviens intime avec quelqu’un.
Est-ce qu’ils vous apprennent comment vous protéger de ça?
J’ai jamais eu de cours là-dessus. Tu l’apprends sur le tas. Tu gardes tes distances.
Quand tu arrives sur une mission, tu pars avec quoi comme information?
Ça dépend toujours, c’est du cas par cas. Des fois, on laisse ça à ta discrétion, des fois c’est des scénarios préétablis. On t’embarque dans un personnage pis on te dit quoi faire. Mais t’as toujours un bon dossier sur les voisins, les fréquentations du gars, plein d’autres affaires.
À qui on ne devrait jamais faire confiance?
Tu te fies juste à toi. Dans la vie, pis surtout dans ce milieu-là. Tu devrais pas faire confiance à personne. Sur Facebook, oui tu peux mettre des jokes, mais ce que tu manges, où, avec qui, pis où tu vas faire tes commissions l’après-midi, le moins possible.
Est-ce que dans le cadre de ton travail tu as déjà posé des actes illégaux ?
Oui, mais je peux pas te dire jusqu’à quel point. Qui n’a jamais fait des affaires illégales? Boire une bière dans un parc, c’est illégal.
C’est quoi tes outils pour te détacher de ces vies-là et rester sain d’esprit ?
Il faut que tu te trouves des passions en dehors de ça pour essayer d’oublier cette vie-là.
Lu dans

Par Brendan Kemmet
L’Office des stups ne semble plus devoir quitter la spirale des révélations compromettantes.
Le ménage est fait par une magistrate qui a découvert qu’un policier de l’office avait fait surveiller le numéro de son épouse. Selon nos informations, le patron de l’OCRTIS l’a d’abord caché à la magistrate.

Quand à l’été 2016 Vincent Le Beguec a franchi les portes vitrées coulissantes de la rue des Trois-Fontanot à Nanterre, il n’envisageait peut-être pas l’ampleur du chantier qui l’attendait à l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS). Libération écrivait alors que le commissaire avait pour « lourde tâche de redorer l’image d’un service ébranlé par les méthodes de son ancien patron ». Moins de trois ans après, le successeur de François Thierry se retrouve à son tour en difficulté et en proie aux critiques des magistrats spécialisés qui mettent en cause sa loyauté.
Déjà secoué par « l’affaire Hambli », du nom du principal indic de l’ancien patron du service, lui-même sous le coup de deux mises en examen à Bordeaux et Lyon, l’office des stups ne semble pas devoir quitter la spirale des révélations compromettantes. Il y a d’abord eu cette hiver la mise en cause d’un expérimenté chef de groupe, suspecté d’avoir informé son indic des allées et venues d’un rival qui l’avait floué.
Ce rival a été enlevé, séquestré et sévèrement battu, selon les révélations du Monde que Mediapart a détaillées. Le policier est soupçonné d’avoir « glissé » discrètement une demande de facturation détaillée (fadet) dans une enquête sans aucun rapport et menée par une juge d’instruction, appartenant à la Juridiction interrégionale spécialisée de Rennes (JIRS).
En découvrant l’affaire, la juge bretonne a dessaisi l’OCRTIS des quatre dossiers qu’elle lui avait confiés, mais elle ne s’est pas arrêtée là. Comme l’a dévoilé Europe 1, elle a demandé au chef des « stups » de justifier l’ensemble des demandes de « fadet » et de géolocalisation réalisées dans le cadre de ses procédures menées avec le prestigieux office de Nanterre. Et elle a eu une surprise en découvrant qu’un autre policier a fait surveiller le numéro de son épouse.
Ce qui pourrait n’être qu’une dérive individuelle, une erreur de Post-it mélangés, comme l’a expliqué le fonctionnaire, se double d’un aspect plus embarrassant pour les relations policiers-magistrats déjà sérieusement mises à mal depuis quatre ans. Depuis la saisie de 7 tonnes de cannabis lors d’une opération ratée de l’OCRTIS dirigé alors par François Thierry et dont la justice semble avoir tout ignoré…

Après la [fausse] saisie, le 18 octobre 2015, de sept tonnes de cannabis à Paris. © Reuters
Selon les informations recueillies par Mediapart, quand, mi-avril, la juge d’instruction rennaise a demandé à qui était attribué le numéro litigieux, le commissaire Le Beguec a d’abord répondu qu’il s’agissait de celui « d’un policier de son service ». La magistrate est alors revenue à la charge en exigeant l’identité du policier. Le patron de l’OCRTIS a fini par reconnaître qu’il ne s’agissait en réalité pas d’un fonctionnaire de son service, mais bien de l’épouse d’un fonctionnaire de son service. « On a menti à un magistrat, commente une source judiciaire. C’est particulièrement grave. »
Le parquet de Nanterre a été saisi. Il précise qu’il a « reçu la semaine dernière un courrier du tribunal de grande instance de Rennes » et « étudie les suites à lui donner ». Contacté, Vincent Le Beguec n’a pas répondu aux sollicitations de Mediapart. Quant à la direction générale de la police nationale, elle n’a pas souhaité non plus faire de commentaires, arguant d’une enquête en cours.
En juillet 2017, le commissaire Le Beguec avait semblé plutôt désemparé au moment de rendre compte d’un entretien avec sa supérieure, Mireille Ballestrazzi, alors directrice centrale de la police judiciaire. Il s’entretenait avec son adjoint de l’époque, lui-même placé sous écoutes judiciaires dans l’affaire Hambli. « On n’arrête pas là maintenant les conneries ? s’interrogeait M. Le Beguec. Qu’est-ce qu’il faut, alors, c’est pas encore assez, un procureur adjoint, un JLD [juge des libertés et de la détention] qui sont également dans le dossier ? Enfin bon… des fois j’arrive plus à comprendre. »
Il fait là référence à deux magistrats mis en cause dans la procédure lyonnaise de François Thierry car soupçonnés d’avoir permis la fausse garde à vue d’un indic. Surtout, Vincent Le Beguec concluait : « J’en ai au moins profité pour bien lui [la directrice de la PJ] redire que la JIRS, c’était même pas la peine de penser qu’on allait travailler avec eux… » Le commissaire parlait alors de la JIRS de Paris. Désormais, son service est aussi confronté à la défiance de celle de Rennes.
Jérôme Bonet, le patron de la DCPJ
La perspective d’un changement de nom de l’Office des stups, comme l’a révélé Mediapart, suffira-t-elle à rétablir la confiance avec les magistrats ? Cette réforme imposée à marche forcée par l’Élysée doit aboutir avant l’été. D’ores et déjà, il semble que la sortie de l’OCRTIS de la police judiciaire n’est plus au goût du jour.
En revanche, gendarmes et douaniers auront un rôle renforcé et un magistrat de liaison devrait s’installer à demeure au sein de la nouvelle structure. Quant au nom de cette dernière, les hautes sphères policières hésitent entre « office central de lutte anti-drogue » (OCAD) et « office central interministériel anti-drogue » (OCIAD). Même si rien n’est gravé dans le marbre. Là encore, le suspense perdure, la direction générale de la police nationale se disant soumise à la « période de réserve électorale », jusqu’aux élections européennes.Si vous avez des informations à nous communiquer, vous pouvez nous contacter à l’adresse enquete@mediapart.fr. Si vous souhaitez adresser des documents en passant par une plateforme hautement sécurisée, vous pouvez vous connecter au site frenchleaks.fr.
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Si vous avez des informations à me communiquer, vous pouvez me contacter à l’adresse marcfievet@live.fr.
Si vous souhaitez m’adresser des documents, vous pouvez utiliser WahtSapp et me contacter sur 06 84 30 31 81.
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L’OCAD aura pour mission de centraliser toutes les informations.
Il aura fallu plus d’un an pour que le projet se décante. La réforme des services chargés de la lutte contre le trafic de drogue, dont les derniers détails ont été fignolés lors d’une réunion interministérielle fin mai, devrait être présentée dans les jours qui viennent au président de la République, selon les informations du Monde.
Emmanuel Macron avait appelé de ses vœux ce «plan stup», en mai 2018, pour une présentation en juillet de la même année. Mais, entre l’affaire Benalla, la démission de Gérard Collomb du ministère de l’intérieur et la crise des « gilets jaunes », la Place Beauvau n’avait jamais trouvé le temps de rendre sa copie.
C’est désormais chose faite. Laurent Nunez, le secrétaire d’Etat auprès de Christophe Castaner, ministre de l’intérieur, a pris la main sur ce dossier complexe.
Sur le modèle de ce qui a été fait avec la DGSI
De nombreuses entités travaillent aujourd’hui sur la lutte contre les stupéfiants : l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants l’OCRTIS, qui dépend de la police judiciaire), les sûretés départementales, les douanes et la DNRED (Direction nationale du renseignement du renseignement et des enquêtes douanières), les sections et brigades de recherche des gendarmes… Le tout plus ou moins en lien direct avec les magistrats des juridictions interrégionales spécialisées (JIRS). Une multitude d’acteurs qui opéraient parallèlement, voire en concurrence. (Quand ils ne se montaient pas des ‘chantiers’ ou autres vilenies dont ils sont capables. Mais ça, c’était hier!)
« L’idée directrice du plan est de décloisonner le fonctionnement des nombreux services qui travaillent sur la lutte contre les stupéfiants et de mieux partager les informations », explique-t-on place Beauvau.
Les ministères de l’intérieur et de la justice, sous le contrôle de Matignon, ont fini par se mettre d’accord pour désigner un nouveau chef de file de la filière « stup », sur le modèle de ce qui a été fait avec la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour la lutte antiterroriste.
Un Office central antidrogue (OCAD) va donc être créé, en remplacement de l’OCRTIS, avec un rôle de centralisation de toutes les informations.
Il sera sous la coupe de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), grande gagnante du bras de fer. Au désarroi des gendarmes, qui participeront bien à la nouvelle entité, mais auraient préféré la diriger. Apporteront-ils l’ensemble des connaissances acquises depuis des décennies? Comme les Gendarmes ont eu l’habitude de la fermer, du temps où ils faisaient partie de la ‘Grande muette’ il est probable que certaines infos auront du mal à remonter.
Quant au ministère de la justice qui avait aussi espéré un temps placer un magistrat à la tête de cet office, il s’est vu renvoyé à la stricte application du Dalloz.
Cette refonte nationale s’accompagne de la création de CROSS (cellules de renseignement opérationnelles sur les stupéfiants) au niveau départemental. Composées de policiers et de gendarmes, elles seront chargées de collecter toute l’information localement avant de transmettre les éléments au procureur. Elles devront faire le lien avec la police de sécurité du quotidien, en prise directe avec les quartiers les plus difficiles en termes de trafics. Des comités de pilotage entre les préfets et les magistrats seront mis en place pour chapeauter le tout. Ce nouveau schéma s’inspire de ce qui est déjà pratiqué à Marseille et à Lille ou de la CROSS qui vient d’être mis en place à Perpignan.
Le « plan stup » présenté au président de la République devrait enfin comporter un volet international pour améliorer la
collaboration avec les pays voisins et les grands organismes comme Europol.
Mais pourra-t-on travailler avec la DEA sans avoir à travailler pour la DEA?
La Douane française
La Douane, ses avions, ses gardes-côtes et son service action la DNRED avec la CELTICS et l’ensemble des échelons seront particulièrement mises à contribution pour lutter en amont contre l’importation des produits sachant aussi que les attachés douaniers sont des relais bien implantés au quatre coins de la planète. Et pour le TRACFIN, on peut imaginer qu’il soit, lui aussi, sollicité pour frapper fort au portefeuille…
Si le phénomène des mules – ces personnes qui transportent la cocaïne pour passer les contrôles des aéroports, notamment en provenance de Guyane – inquiète les autorités, il ne représente « que » deux tonnes de drogue sur les 16 qui arrivent chaque année sur le territoire, principalement par conteneurs, selon les autorités.
A travers cette grande réorganisation des services, le gouvernement espère faire coup double. S’il s’agit bel et bien de changer de braquet dans la lutte contre les trafics, ce plan est surtout l’occasion de tirer un trait sur plusieurs années de polémiques concernant le fonctionnement de l’ OCRTIS, l’actuelle entité en pointe sur les « stups ».
C’était un service tout-puissant
Basée à Nanterre sous la responsabilité de la DCPJ, mais avec une compétence nationale, il a été reproché à cette structure, mise en cause à plusieurs reprises, sa manière de mener ses enquêtes en lien parfois trop étroit avec ses informateurs.
Plusieurs informations judiciaires ont été ouvertes, et l’ancien directeur, François Thierry, a été mis en examen à plusieurs reprises, notamment pour « complicité de trafic de stupéfiants ». Un comble pour l’homme qui a longtemps incarné la figure charismatique de la lutte antidrogue et pour un service loué pour son efficacité par le pouvoir politique.
C’est en mettant en place une nouvelle doctrine de lutte contre les stupéfiants, baptisée « Myrmidon», consistant à privilégier le démantèlement des réseaux criminels aux saisies sèches de marchandises, que l’office a obtenu ses meilleurs résultats, au point de devenir un service tout-puissant et incontournable. C’est par cette même doctrine et avec la révélation de ses implications opérationnelles que l’OCRTIS a précipité la réforme présentée aujourd’hui.
La découverte…, en octobre 2015, par la DNRED, le service de renseignement des douanes, de sept tonnes de cannabis, boulevard Exelmans, dans le 16e arrondissement de Paris, a permis de lever le voile sur des pratiques douteuses. La cargaison saisie appartenait en fait à Sofiane Hambli (photo à gauche), figure majeure de l’importation de cannabis en France et informateur de l’OCRTIS.
De gauche à droite, François Hollande, Michel Sapin et l’énarque caviardeur Erwan Guillemin
Les enquêtes judiciaires qui ont suivi ont précisé les contours de sa relation avec l’office. Traité directement par le directeur, François Thierry, il a permis à celui-ci de réaliser de très belles affaires. Pour quelle contrepartie ? A-t-il continué de son côté à importer du cannabis pour son propre compte ? Que savait M. Thierry des autres activités de son informateur ? Et au final, qui a manipulé qui ?
Guerre sourde
François Thierry a par exemple été jusqu’à mettre en place une fausse garde à vue afin de permettre à Sofiane Hambli d’être extrait de la prison où il était incarcéré pour qu’il puisse passer des appels à ses contacts trafiquants au Maroc. Un habillage de la procédure qui vaut aujourd’hui à la procureure adjointe Véronique Degermann (photo à droite), alors en poste au parquet de Paris et qui avait validé la prolongation de cette garde à vue, une mise en examen pour « faux et usage de faux ». Les policiers de l’ OCRTIS assurent qu’ils ont toujours informé les parquets concernés des tenants et aboutissants de leurs opérations.(Grand bal des faux-culs en perspective.)
En créant l’OCAD sur les cendres de l’OCRTIS, le ministère de l’intérieur espère renouer le lien avec les procureurs et les juges, qui parlent de leur côté de « rupture de confiance ».
C’est que, en creux, une guerre sourde a opposé l’office à de nombreux magistrats des JIRS. D’un côté, les policiers reprochent à ces derniers de se draper dans des principes qu’ils n’avaient pas quand les résultats étaient au rendez-vous. Les magistrats estiment, en retour, que les policiers ont omis de les informer des détails de leurs opérations et ont eu une interprétation un peu trop libre du code pénal, notamment de l’article encadrant les « livraisons surveillées », ces ventes de drogue qui s’effectuent sous le contrôle des forces de l’ordre pour mettre au jour des réseaux.
Cet affrontement a eu de lourdes conséquences.
De nombreuses JIRS, à Paris et à Rennes par exemple, ont peu à peu cessé de saisir l’office sur des affaires de drogue. Il est même arrivé que certains magistrats de la JIRS de Paris doivent enquêter sur les agissements de l’OCRTIS, tout en travaillant par ailleurs avec l’office sur d’autres affaires. Une situation intenable.
La révélation récente par « Le Monde » d’une nouvelle incartade de l’OCRTIS a accéléré l’inéluctable réforme de l’office. Un capitaine de police a été soupçonné d’avoir fait, à Marseille, en 2018, une fausse réquisition judiciaire pour obtenir les fadettes (factures de téléphone détaillées) d’un trafiquant. Celui-ci était suspecté par un informateur de l’OCRTIS de lui avoir volé de la marchandise. Le policier a-t-il transmis ces fadettes à son indicateur ? Il assure que non. Toujours est-il que l’homme soupçonné d’avoir volé de la drogue à l’indicateur a ensuite été victime d’une expédition punitive. Cet ultime faux pas a sonné le glas de l’OCRTIS, au profit de l’OCAD.
Un simple coup de peinture sur la façade ?
Mais non, la Mère Denis a été appelé en renfort place Beauvau et elle lave toujours plus blanc que blanc les mêmes draps!
Le « plan stup » est avant tout une réforme de structure.
Il n’a pas pour objectif de régler l’épineuse question des indics, maillons essentiels de la lutte antidrogue, par qui les affaires, mais aussi parfois les scandales, arrivent.
Ite missa est!
source: Le MONDE, l’article a été revu et illustré par NS 55 DNRED
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Depuis Jean Luc Vialla, en passant par Pierre Mathieu Duhamel, François Auvigne, le plus lâche, Alain Cadiou, François Mongin, Jérome Fournel, Hélène Crocquevielle et maintenant Rodolphe Gintz, les Directeurs généraux de la Douane française se succèdent sans qu’aucun d’entre eux n’ait eu le courage de traiter mon dossier, toujours inaccessible, puisque classé secret défense.
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Pour avoir dénoncer depuis plus de 30 ans l’incurie des différentes régaliennes en charge de la lutte anti-narcotrafic, j’attends avec impatience de connaitre cette réforme qui devrait être présentée au Président de la République et qui devrait enfin permettre une meilleure approche de la problématique « drogue ».
La question est de savoir si toutes les régaliennes seront invitées dans cette réunification? La DNRED et ses échelons, les attachés de la Douane à l’étranger, la Gendarmerie et sa connaissance des territoires, la PJ, la DGSI, les « Cyberservices », le TRACFIN et l’OCRTIS. Quid des agents infiltrés? Quid des aviseurs? Quid des indics?
On lit dans Le Monde de ce jour que l’Office central antidrogue va remplacer l’actuel Office central pour la
répression du trafic illicite des stupéfiants, dont le fonctionnement a fait l’objet de polémiques. Il aura pour mission de centraliser toutes les informations.
Il aura fallu plus d’un an pour que le projet se décante. La réforme des services chargés de la lutte contre le trafic de drogue, dont les derniers détails ont été fignolés lors d’une réunion interministérielle fin mai, devrait être présentée dans les jours qui viennent au président de la République, selon les informations du Monde.
De nombreuses entités travaillent aujour
d’hui sur la lutte contre les stupéfiants : l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (l’Ocrtis, qui dépend de la police judiciaire), les sûretés départementales, la DNRED des douanes, les sections et brigades de recherche des gendarmes… le SNDJ (Douane judiciaire).
Le tout plus ou moins en lien direct avec les magistrats des juridictions interrégionales spécialisées (JIRS).
Une multitude d’acteurs qui opéraient parallèlement, trop souvent en concurrence, prêts à se balancer des peaux de bananes voire à monter des ‘chantiers’ aux équipes ‘concurrentes’.
«L’idée directrice du plan est de décloisonner le fonctionnement des nombreux services qui travaillent sur la lutte contre les stupéfiants et de mieux partager les informations», explique-t-on place Beauvau.
Les ministères de l’intérieur et de la justice, sous le contrôle de Matignon, ont fini par se mettre d’accord pour désigner un nouveau chef de file de la filière « stup », sur le modèle de ce qui a été fait avec la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour la lutte antiterroriste.
FRANCE 🇫🇷 (Perpignan): lorsque Marc Fievet était interviewé par un journaliste de France Bleu.
Réécouter NS 55 DNRED, lorsqu’il avait rencontré François Missen, le prix Albert Londres 1974
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CAE Aviation (Luxembourg 🇳🇱), dont les avions traquaient les pirates dans le sud de l’océan Indien, effectue-t-il des missions au-dessus du Sahel?
Pour mémoire, c’est CAE qui avait mis à disposition de la DGSE l’avion espion appartenant à la France qui s’est écrasé le lundi 24 octobre 2016 dans la matinée à l’aéroport de Malte avec cinq passagers à bord.
Dix secondes. C’est le temps qui s’est écoulé entre l’envol du Fairchild SA227 « Merlin IV » et l’impact avec le sol le 24 octobre 2016 sur l’aéroport de Luqa, à Malte.
Les 5 français en mission pour les services secrets étaient en route pour une opération de reconnaissance en Libye.
Aucune information n’a été donnée sur l’objectif exact de la mission, ni sur les raisons du crash.
L’avion en question, un Fairline Merlin, immatriculé N5577MX 🇺🇸, avait été racheté aux USA avant d’être modifié par des experts français pour servir dans les missions d’espionnage. Il avait déjà été utilisé dans le sahel pour des missions du même genre.
A Paris, le ministère de la défense avait refusé de préciser la destination de l’avion ou l’objet de sa mission de reconnaissance. Le gouvernement maltais a annoncé à l’époque dans un communiqué que les dépouilles de cinq hommes français avaient été retrouvées sur le lieu du drame.
Parmi les cinq personnes à bord, trois relevaient « du ministère de la défense » – elles travaillaient pour la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) – et deux étaient des salariés d’un contractant privé, la société luxembourgeoise CAE Aviation, qui détenait l’appareil, a précisé le ministre.
La DGSE ou la DNRED de la Douane Française ?
Les trois employés de la DGSE ou de la DNRED intervenaient-ils lors de missions de renseignement pour repérer les routes de trafics. C’est ce que le gouvernement maltais avait affirmé dans un premier temps: « le vol faisait partie d’une opération de surveillance menée depuis cinq mois par les douanes françaises pour repérer les routes de trafics d’êtres humains et de drogues en particulier ».
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??????Il faut voir la vidéo (3′)!
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Et qui nous prouve que les 7 tonnes de cannabis saisies Bd Exelmans ont bien été brûlées ?
L’absence du Boss de la DNRED lors de la venue de François Hollande accompagné de son fidèle Michel Sapin, le ministre des Finances, en lieu et place du Ministre du Budget Christian Eckert me rend perplexe.
Bien sûr Hélène Crocquevieille, la directrice générale des douanes, avait répondu présente.
Jean Paul Garcia n’a t-il pas refusé de cautionner cette visite qui n’était qu’un coup de pub récupéré par les «politiques» toujours prêts à se mettre en valeur!
M’interpelle aussi le fait que l’on est saisi une telle quantité de cannabis sans avoir pu arrêter les narcos. Il suffisait de planquer autour de ces véhicules…Mais là, la tâche était peut-être trop dure pour nos encagoulés douaniers.
Enfin la douane a refilé la continuation de l’enquête à l’OCTRIS… Alors tous les espoirs sont permis.
Que…
Voir l’article original 61 mots de plus
Celle concernant un homme connu historiquement, mêlé à l’assassinat de JFK, et la «main » de la CIA, Lucien Conein qui avait, on vient de l’apprendre seulement, comme relation directe à Miami Carlos Hernandez Rumbaut, trafiquant notoire, mêlé aux exilés cubains de Miami. « Le monde de la drogue qui supprime les stupéfiants !!! les intermédiaires sont appelés à contrôler les transactions, et d’ énormes sommes d’argent sont manipulées par un manque total de scrupules entraînant de la corruption ou en caressant dans le sens du poil celui qui fait obstacle aux transactions. Il n’est pas étonnant que le gouvernement, et les responsables des stupéfiants se tournent si souvent comme assistance vers des figures aussi détestables que le commerce lui-même. Un argument pourrait être opposé comme quoi un autre type de personne pourrait en toute sécurité fonctionner efficacement dans un tel environnement. Mais comme un homme est affecté par la société qu’il entretient, ici ce sont des fonctionnaires et leurs responsables qui se retrouvent retournés par les informateurs qu’ils emploient. L’histoire de Carlos Hernandez Rumbaut, un des « Deacon « un informateur, montre jusqu’à quel point une telle alliance peut aller ».
Nota les « Deacon » étant les infiltrés choisis par Richard Helms en personne, le directeur de la CIA, à l’époque comme l’écrivent, page 28, Peter Dale Scott et Jonathan Marshall dans « Cocaine Politics: Drugs, Armies, and the CIA in Central America ». Rumbault avait été recruté en 1969 après avoir été pris à trafiquer à Mobile, en Alabama, avec 467 livres de marijuana. Il était plus tard devenu le garde du corps du président costaricain José Figueres Ferrer. Installé à Mexico, Rumbaut sera payé 1400 dollars la semaine, par la DEA, comme informateur.
Pour Marc Fievet aucun doute : Rumbautl travaillait bien pour la CIA !
David May, l’attaché du DEA à Paris en 1994, au cours des nombreuses réunions de travail en compagnie des douaniers Christian Gatard, Jo LeSquert et Hervé Maignier de l’échelon DNRED de Nantes, oubliera de préciser que Carlos Hernandez Rumbaut travaillait pour eux. 
Pourtant, les 100 000 dollars que Carlos Hernandez Rumbaut avait prêté à Claudio Pasquale Locatelli pour finaliser la préparation du M/Y Poseidon sortaient directement de l’ambassade des Etats-Unis à Madrid.
Photo prise par le BAN (Douane française)
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Pour information
Dans les quelques 3 000 pages que le gendarme Fournier a donné à Marc Fievet, seules preuves auxquelles il eut accès, il s’avère qu’il n’y avait aucune trace des enregistrements des conversations téléphoniques de Messieurs Claudio Locatelli et Carlos Hernandes Rumbaut en place à Montréal au moment des faits.
Marc Fievet a eu accès au dossier de Jürgen Kirchhoff, le capitaine du Pacifico, et, grâce à sa complaisance, il a pu récupérer les enregistrements de ces trafiquants.
Marc Fievet précise que:
Le mercredi vingt-deux octobre 1997, les gendarmes Degresley et Fournier sont venus me rendre visite au pénitencier de Springhill en Nouvelle Ecosse et m’ont rapporté une partie de mon dossier de défense. Le reste sous quinzaine me diront-ils Degresley me demande d’agir sur le capitaine du Pacifico, Jürgen Kirchhoff, détenu dans le même établissement pour qu’il supprime son appel. J’accepte, pour que personne ne se méprenne sur mon appartenance à la DNRED.
A ma demande, Jürgen Kirchhoff, le capitaine propriétaire du cargo Pacifico se désistera, pourtant les avocats de Kirchhoff étaient sûrs de faire casser le jugement de la saisie du M/S Pacifico qui étant illégale reste illégale.
La « légalisation » de la saisie du M /V Pacifico en Eaux Internationales n’avait pu intervenir qu’en utilisant la seule jurisprudence créée par la saisie en haute mer du M/V Poseidon, décrétée légale par le juge Devonshire dans le jugement de Mills.
La GRC a déjà récupéré le montant de la vente du Pacifico, obtenue après dessaisissement du juge Alex Deschenes qui ne voulait pas légaliser cet acte de piraterie. Pourquoi se compliquer la vie, ici au Canada, comme ailleurs, quand un juge ne veut pas enfreindre la loi, il suffit d’en changer! Le nouveau juge canadien Roger McIntyre se verra offrir un voyage à Londres pour rencontrer le juge Devonshire pour conforter la décision qu’il doit prendre et demander au juge Devonshire d’ajouter dans le jugement de Mills, le narco anglais condamné pour la saisie « légale » en haute mer du Poseidon afin que cette dernière soit utilisée comme jurisprudence. La « pression » qu’il a de la GRC est très forte puisque le fils du juge Roger McIntyre est poursuivi par la GRC pour trafic de stupéfiant.
Pour récompenser la docilité et la soumission de ce juge acceptant la collusion, les poursuites contre le fils du juge McIntyre seront abandonnées.
Le Narco trafiquant Carlos Hernandez-Reumbeaut, toujours incarcéré à Renous, plaide non coupable sur les charges sur lesquelles, moi Marc Fiévet, l’agent infiltré, j’ai dû plaider coupable. Il ne craint plus qu’un seul témoignage: mon témoignage. Les Autorités canadiennes, par le sergent Degresley et le gendarme Fournier, m’informent que Carlos Hernandez-Reumbeaut a émis des menaces de mort sur ma famille si je me décidais à témoigner contre lui.
Ils utiliseront le service de sécurité de la prison de Springhill, N.S, pour me faire parvenir ces menaces. Ces menaces seront également transmises à l’ambassade de France d’Ottawa, Ambassadeur Loïc Hennekinne[1] et aux Douanes françaises.
Le consul général de France à Moncton, Monsieur Olivier Arribe me confirme ces menaces et me dit lors d’une visite, que ces menaces ont été prises très au sérieux par les Autorités françaises.
[1] En 2000, par courrier, le secrétaire général du Quai d’Orsay qu’est devenu Loîck Hennekinne, me dira qu’il n’avait plus souvenir des menaces transmises par les gendarmes canadiens…
[1] Mills: Narco anglais impliqué dans l’affaire Poseidon
Carlos Hernandes Rumbaut acquitté….
Carlos Hernandes Rumbaut, le présumé co-dirigeant d’un complot pour importer 5,5 tonnes de cocaïne au Canada, qui a été acquitté lundi à Bathurst, est en route pour Montréal où Immigration Canada décidera de son sort. L’avocat de Carlos Rumbaut, Scott Fowler, a indiqué à Radio-Canada que les autorités avaient placé son client dans un avion lundi soir à Moncton sans que celui-ci puisse le contacter. L’homme a cependant été pris d’un malaise à bord de l’appareil et les autorités ont dû opter de faire le trajet jusqu’à Montréal en automobile. Rumbaut n’a pas été libéré immédiatement après son acquittement car Immigration Canada affirme qu’il est techniquement au pays illégalement.
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/16/16662.htm
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