Aviseur International renseigne, sans complaisance, sur la problématique de la drogue, du narcotrafic, de la corruption et sur les politiques mises en œuvre par les différents Etats et les dérives que s'autorisent les fonctionnaires des administrations — aviseurinternational@proton.me — 33 (0) 6 84 30 31 81
Sur l’A9, le matin du 16 avril, les gabelous en embuscade ont repéré une remorque qui contenait des sacs de billes de plastiques avec, au fond, 23 valises marocaines et des sacs de sport, dissimulant près de 845 kilos de résine.
Toujours vigilant et très souvent bien rencardés, c’est au Pays Basque, au péage de Maritxu que le 18 avril, les douaniers d’Hendaye ont repéré un semi-remorque frigorifique parmi les centaines qui passent chaque jour.
Contrôle et à l’intérieur des serviettes et autres rouleaux de papier toilette… Mais au fond, des valises marocaines et des sacs contenant des boules de résine et des sacs d’herbe, pour un total de 1,2 tonne de marchandise.
Les jets d’affaires sont dans le collimateur des autorités européennes après le démantèlement d’un réseau qui utilisait des avions privés pour faire passer de la cocaïne du Brésil au Portugal.
par KATYA BLESZYNSKA
Huit avions détenus par des sociétés opérant illégalement au Brésil ont été saisis lors d’une opération de police menée le 12 avril pour démanteler le réseau de contrebande, qui a été mis au jour après la saisie de deux avions privés, a rapporté le média brésilien O Globo.
En février, des agents de la police fédérale ont saisi une demi-tonne de cocaïne dissimulée dans un avion à l’aéroport international de Salvador, au Brésil, qui était destiné au Portugal. Les mécaniciens ont découvert la cocaïne – marquée de logos sportifs – après que le pilote eut signalé par radio à la tour de contrôle des problèmes techniques. Selon le journal portugais Correio da Manhã, l’avion appartenait à une compagnie charter.
Auparavant, en octobre 2020, les autorités de l’aéroport international de Lisbonne avaient découvert 175 kilogrammes de cocaïne à bord d’un jet d’affaires privé qui avait décollé de la ville brésilienne de Belo Horizonte. Trois personnes ont été arrêtées, selon le rapport d’O Globo.
Une source policière a déclaré à l’agence de presse Lusa que les autorités portugaises et brésiliennes avaient été alertées d’un potentiel trafic de cocaïne entre les deux pays via des jets privés, en raison de la diminution des vols commerciaux, a rapporté le média portugais Espresso.
Analyse criminelle InSight
Avec des agents portuaires européens en état d’alerte pour la cocaïne dans les cargaisons maritimes et des restrictions permanentes pour les voyages aériens commerciaux, les méthodes éprouvées de contrebande vers l’Europe depuis le Brésil ont été perturbées depuis le début de la pandémie. Mais le système de contrebande de cocaïne par avion privé montre que les trafiquants ont trouvé d’autres moyens d’atteindre les marchés lucratifs de l’Europe.
Au cours des cinq dernières années, le Brésil est devenu le principal point de transit de la cocaïne sud-américaine destinée à l’Europe. Le Portugal, quant à lui, est depuis longtemps un point de passage essentiel pour la cocaïne destinée à d’autres pays de la région.
Traditionnellement, la contrebande de drogue entre les deux pays a été facilitée par leurs grandes infrastructures portuaires. Toutefois, l’augmentation du nombre de saisies importantes de cocaïne dissimulée dans des cargaisons maritimes arrivant dans les principaux ports européens a conduit les groupes criminels organisés à explorer d’autres méthodes.
Les avions privés, malgré leur coût, sont devenus attrayants dans la contrebande transatlantique de drogue. En janvier 2018, les autorités d’un aéroport de Londres ont saisi 15 valises chargées de cocaïne et arrêté cinq passagers d’un jet privé qui avait décollé de Bogota. En 2019, un membre de l’armée de l’air brésilienne a fait passer près de 40 kilogrammes de cocaïne dans un avion militaire se rendant à Séville, en Espagne.
L’Afrique de l’Ouest a également servi de point de transit pour des jets transportant de la cocaïne sud-américaine vers l’Europe.
En 2009, un Boeing 727, qui aurait pu transporter jusqu’à 10 tonnes de cocaïne, s’est écrasé dans le désert au Mali. L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a ensuite mis en garde contre les vols transatlantiques de drogue à destination de la région.
Les petits avions à réaction transportent de la cocaïne vers les États-Unis depuis les années 1970, et ils restent des véhicules de contrebande populaires dans la région. L’utilisation de jets privés pour les vols de drogue à destination de l’Amérique centrale et du Mexique a récemment augmenté. L’année dernière, la police guatémaltèque a mis sous séquestre au moins 15 jets, qui se déplacent plus rapidement que les avions à hélices légers généralement utilisés pour les vols de drogue et peuvent transporter davantage de cocaïne.
Des jets privés ont également transporté de la cocaïne et de l’argent de la drogue à travers les États-Unis, profitant d’aéroports plus petits avec moins de ressources de sécurité. Un homme d’affaires californien a plaidé coupable en 2017 d’avoir utilisé des jets privés pour le trafic de milliards de dollars de drogue pour le compte du cartel mexicain de Sinaloa.
En plus d’avoir moins de sécurité en général, les aéroports qui reçoivent les jets privés évitent également d’interférer avec leur riche clientèle, ce qui les rend idéaux pour les trafiquants.
Les jets, cependant, sont des véhicules de contrebande coûteux, qui nécessitent souvent la complicité des pilotes. Dans le cas de la récente affaire au Brésil, les autorités affirment que plusieurs partenaires et exploitants d’avions étaient probablement impliqués.
Sur les bords de la Méditerranée, #Marseille cherche un avenir pour son port, entre passé et futur, entre activités traditionnelles et digitalisation, entre immobilier et data. Contrairement aux autres grands ports du continent, où elles explosent, les saisies de #drogue restent faibles. De là à imaginer que Marseille, autrefois porte-avion de l’héroïne écoulée dans les grandes villes des Etats-Unis, n’existe pas sur la carte d’un trafic par essence mondial ? Ça valait le coup d’aller voir, alors qu’il s’agit d’ouvrir de nouveaux horizons à ces 12 km qui ourlent la ville. A lire dans le n° de mai de GQ France , en kiosque ce mercredi, notre enquête signée avec mon confrère Xavier Monnier
Dans une note établie en février par la cellule analyse et recoupements du centre de coopération policière et douanière franco-belge, les autorités belges ont ainsi avisé leurs homologues françaises que la police néerlandaise avait identifié plusieurs groupes criminels ayant recours à What3Words pour faciliter les livraisons et les réceptions de drogue.
« Les services de police judiciaire [des Pays-Bas], est-il indiqué, attirent notre attention, ayant remarqué lors de surveillances techniques que des organisations criminelles ont détourné le dispositif. Lors de conversations ou mails surveillés, des rendez-vous sont passés avec précision en employant uniquement trois mots de la conversation courante ».
L’intérêt des trafiquants ? En utilisant des mots du langage courant, d’un usage quotidien, ceux-ci peuvent déjouer écoutes et surveillances des services spécialisés et compliquer singulièrement la collecte de preuves. « Une conversation ou un SMS évoquant des termes parfaitement banals pour évoquer une livraison de drogue peut difficilement incriminer des truands », avance une source policière.
L’appli What3Words n’est que le nouvel avatar d’une pratique déjà ancienne des narcotrafiquants, qui ont toujours eu à cœur de préserver la confidentialité de leurs échanges.
Le voilier de plus de 12 mètres battant pavillon espagnol a été intercepté par une frégate de la Marine Nationale, le Ventôse, dans la nuit du 15 au 16 avril. L’équipage était constitué de deux hommes, un Estonien de 43 ans et un Letton de 64 ans.
Selon le procureur de la République de Fort-de-France, Renaud Gaudeul, le navire «arrivait d’Europe, s’était rendu au Marin (en Martinique), puis au large du plateau des Guyanes afin de charger sa marchandise, et depuis là, aurait entrepris a priori, la transat retour, route la plus directe vers l’Europe». En mer, les marins du Ventôse n’avaient trouvé que 20 kg, soit 17 pains de drogue. «Après 2 jours de fouilles en mer, ils n’ont pas trouvé plus. La particularité de cette affaire, c’est le soin pris par les individus pour cacher la marchandise», précise Renaud Gaudeul à l’AFP. «Il a fallu attendre leur remise à l’OFAST pour qu’on réalise une perquisition partiellement destructive du navire pour les 190kg supplémentaires». «Il s’agit du premier voilier intercepté cette année dans la Caraïbe», a précisé à l’AFP un responsable de l’OFAST qui a coordonné cette mission.
Mais ce n’est pas tout. Ils ont également découvert des tenues de policiers, environ 136 000 euros en billets de 10 et de 20, 615 grammes d’herbe de cannabis et 110 grammes de résine.
Au total, neuf individus ont été interpellés le lundi 19 avril 2021, tous issus de la communauté des gens du voyage.
Vous utilisez peut-être le mot-dièse #Annecy sur le réseau social Twitter pour chercher de l’information ou admirer des photos de la petite Venise des Alpes. Mais depuis plusieurs mois, en tapant #Annecy, vous aurez plutôt tendance à trouver… des tweets de vente de cannabis et autres cachets peu légaux.
Ces annonces pullulent. Différentes villes de France et même de l’étranger sont aussi identifiées. Ces tweets étant à la vue de tous, et bien sûr des plus jeunes, nous avons voulu voir s’il était si facile de se procurer ces drogues à Annecy via ces plateformes. Et le constat est sans appel…
International informant: Quand, en septembre 2007, un avion appartenant à la CIA s’est écrasé au Mexique et l’on a découvert qu’il transportait plus de 4 tonnes de cocaïne, qu’avez-vous pensé ?
Marc Fievet :
Lorsque j’ai lu cette news, j’ai immédiatement pensé que malgré les années qui passent, les gouvernements et les dirigeants des grands services de renseignements utilisaient toujours les mêmes méthodes pour trouver des fonds.
Comment ne pas se souvenir d’Oliver North du temps de Bush père et d’Air America au Vietnam, pour ne citer que ces deux exemples qui sont tombés dans le domaine public. Ayant travaillé pour la DEA et ayant pu constaté le manque total d’éthique morale des fonctionnaires que j’ai rencontrés, je ne suis pas étonné de ce type de transport par ces avions occupés à plein temps pour « faciliter » le « travail » de la CIA ou…
Toutes ces opérations de transfert de drogue rapportent beaucoup d’argent. Mais on a du mal à se rendre compte de ce que ça représente en tas de billets. Mais maintenant on le sait avec la découverte d’un tas énorme chez un trafiquant, et pas n’importe lequel car c’est lui l’organisateur principal du trafic brésilien vers l’Europe.
Depuis, il se fait passer pour mort, ce dont les policiers ne sont pas du tout persuadés… En voilà un qui a essayé de détourner les effets mortels du Covid19 pour jouer au fantôme !
L’opération Cavok avait eu des conséquences ailleurs qu’au Brésil, on s’en serait douté avec un trafic international d’une telle ampleur. A Lisbonne, au Portugal, c’est un tas de billets impressionnants que les enquêteurs on trouvé devant eux. Le tas d’euros paraît sans fin en effet, empilé sur deux tables (cf ici à droite) où il tient à peine. « La police judiciaire portugaise a annoncé vendredi (le 27 novembre 2020) la saisie d’environ 12 millions d’euros de billets dans une maison de Lisbonne. Le montant, équivalent à plus de 76 millions de reais, a été trouvé lors d’une perquisition qui fait partie de la branche portugaise ‘Operation Enterprise’, un groupe de travail qui enquête sur un système international de trafic de drogue et de blanchiment d’argent depuis 2017. Selon la police portugaise, l’argent a été retrouvé dans plus de 10 valises dans une voiture à Lisbonne. La justice a également déterminé la saisie de deux maisons au Portugal, qui, ensemble, ont une valeur estimée à 2,5 millions d’euros (voir à la fin du rapport pour d’autres numéros de la task force). L’opération a arrêté 45 personnes depuis lundi, dont 38 rien qu’au Brésil. Au Portugal, où l’action s’appelle «Opération Camaleão», personne n’a été arrêté jusqu’à présent, selon les autorités locales. Avec l’opération, les enquêteurs internationaux estiment avoir démantelé un gang chargé de transporter 45 tonnes de cocaïne en Europe chaque année. Outre la police portugaise, des autorités d’autres pays comme la Belgique, l’Espagne, les Pays-Bas, la Roumanie et les Émirats arabes unis ont participé à l’action. La PF a rempli plus de 200 mandats dans le cadre d’une enquête contre le trafic de drogue. Le dispositif de blanchiment d’argent, toujours selon la PF, impliquait des multimillionnaires au Brésil et à l’étranger avec l’utilisation de plusieurs personnes interposées, appelées oranges, et des sociétés écrans, dans le but de donner une apparence légale au profit du trafic ». L’énorme tas d’argent, lui, appartenant à un trafiquant bien précis… et c’était l’aboutissement, en quelque sorte de l’opération commencée en 2019 au Brésil, et même deux ans auparavant.
Où l’on retrouve nos fameux camions brésiliens
A l’origine, il y a trois ans alors, un cargo au Brésil et un envoi de coke raté : « Le Service fédéral des impôts a déclaré que les enquêtes avaient commencé après une saisie en septembre 2017, lorsque 776 kilogrammes de cocaïne, qui étaient exportés via le port de Paranaguá vers le port d’Anvers, en Belgique, avaient été saisis. A partir de cette appréhension, toujours selon l’IRS, le PF a ouvert une enquête policière et les deux agences publiques ont agi de concert dans les enquêtes jusqu’à découvrir l’organisation criminelle ». A noter que le 19 mars 2020 on avait intercepté au même endroit 766 kg de cocaïne dissimulés dans un chargement de bois au départ pour le Havre (cf les deux photos ci-contre). Le 14 octobre 2019, c’était 1 300 kilos de coke qui avaient été interceptés dans le même port… décidément récidiviste.
A Paranagua la drogue arrivait par… camions, comme le montrait déjà ce rapport de 2014… une enquête qui avait été toute simple : elle avait analysé en effet les urines des camionneurs… « Soixante-deux conducteurs ont été inclus dans l’étude. Les analyses toxicologiques ont montré que 8,1% (intervalle de confiance à 95% [IC], 2,7 à 17,8%) des échantillons d’urine étaient positifs pour les drogues (4,8% pour la cocaïne, 1,6% pour l’amphétamine et 1,6% pour les deux); 8,1% ont déclaré avoir consommé de la drogue au cours des 30 jours précédents dans le questionnaire et un seul a été testé positif pour le médicament dans l’échantillon d’urine. Aucun échantillon n’était positif pour les cannabinoïdes. Au total, au moins 14,5% (IC à 95%, 6,9-25,8%) avaient consommé des drogues illicites au cours des 30 jours précédents sur la base d’auto-déclarations et de tests d’urine. Les conducteurs qui ont déclaré avoir été impliqués dans des accidents de la route l’année précédente ont été plus souvent testés positifs à la détection de drogues dans des échantillons biologiques (P <0,05). » Ici à droite la tonne découverte le 9 juillet 2018. Le 10 juin c’était 390 kilos de chlorhydrate de cocaïne, cachée dans un conteneur chargé de contreplaqué et à destination du port d’Anvers, encore une fois. Le lendemain, le 11, la coke était dissimulée dans le bras mécanique d’une pelle excaveuse qui devait également être envoyée en Belgique. Dans le même conteneur, un tracteur était également transporté. Il y en avait cette fois 881 kilos au total, qu’il a fallu extraire en découpant le fer de la structure avec des meules spéciales apportées par les pompiers !!! Ci-dessous un autre chargement de contreplaqué découvert en Itlalie (avec des trafiquants fans d’History Channel, visiblement (1) !):
L’organisateur principal du trafic vivait à Marbella
En réalité la police portugaise cherchait autre chose, ou plutôt quelqu’un de précis. Le maître d’œuvre d’une bonne cinquantaine de cargaisons de plus d’une tonne de coke : « le raid a été mené dans l’espoir de mettre fin au fugitif international, Sérgio Carvalho, 62 ans, soi-disant originaire du Surinam, alias Paul Wouter, un ancien major de la police militaire brésilienne, surnommé «le major», qui est le cerveau derrière un énorme transport de cocaïne qui a été saisi sur la côte galicienne de l’Espagne en 2017, pour lequel une peine de 13 ans de prison a été prononcée par la police espagnole, qui affirme que ses activités criminelles remontent à 1997, alors qu’il était apparemment toujours dans la police brésilienne. Carvalho-Wouters aurait «vécu comme un roi» dans la station balnéaire de luxe espagnole de Marbella, et récemment, des histoires circulaient selon lesquelles il était mort d’un coronavirus et avait été incinéré, une réclamation auprès des autorités n’achetant pas, comme il y en a eu aucune confirmation officielle de sa mort. Luís Neves, chef de la police de PJ, a déclaré que le transport n’était « qu’une petite partie de l’argent provenant du trafic », et qu’il est connu pour être un visiteur régulier à Lisbonne, où ses deux appartements de luxe, d’une valeur d’environ 2,5 millions d’euros, ont ont été confisqués, dans lesquels la police a trouvé « divers comptes bancaires et documents, qui permettront à la police d’avancer encore plus loin », le total cumulé jusqu’à présent récupéré lors des raids antérieurs contre Carvalho se chiffrant à 163 propriétés, 70 voitures, 37 avions et diverses cachettes de trésorerie en Belgique et au Brésil. » Sous le nom de Wouter, il se présentait comme responsable de plusieurs entreprises d’importation de fruits de mer au Maroc et à Dubaï.
Un homme très organisé et très puissant que cet ancien policier brésilien : « jusqu’à six cellules parfaitement équipées fonctionnent à son service, chacune avec une fonction spécifique. Ainsi, il dispose d’un groupe dédié au transport de drogue par bateau, d’un autre qui fournit des infrastructures aériennes (dans l’opération Enterprise plusieurs avions de grande capacité de fret ont été saisis) et jusqu’à trois organisations différentes pour expédier de la cocaïne cachée dans des conteneurs, avec deux ports de départ vers l’Europe: Natal (ici à gauche) et Paraguaná. Ces deux quais étaient les principaux, mais pas les seuls, utilisés par l’organisation. Les autorités judiciaires et policières de Pontevedra sont claires: « Il est plus puissant que n’importe lequel des trafiquants de drogue galiciens » En tant que portes d’entrée vers l’Europe, outre la Galice, le cartel de Carvalho a opéré en Espagne et au Portugal, également en Afrique, en Allemagne, en France, en Italie et même au Danemark, mais surtout il l’a fait via les deux ports ayant le plus de trafiquants de drogue au mètre carré au monde: Rotterdam et Anvers. Les deux sont pleins de taupes. La preuve en est que seuls six des 59 envois attribués au groupe ont été saisis dans les enclaves susmentionnées. La police fédérale, cependant, gère les preuves que 14 autres conteneurs contenant des milliers de kilos de cocaïne saisis à l’origine (au Brésil) étaient destinés à ces endroits. »
L’Afghanistan, où les talibans avaient éradiqué en 2001 le pavot, est redevenu la principale source de l’héroïne mondiale tout au long des vingt années d’intervention américaine.
Joe Biden a décidé de mettre fin en Afghanistan, en septembre prochain, à la plus longue guerre de l’histoire des Etats-Unis. Tout a déjà été écrit, et très bien écrit, sur le paradoxe de ce conflit, déclenché pour renverser les talibans, avec qui Washington négocie aujourd’hui les conditions les moins défavorables de son retrait. En revanche, peu d’attention a été accordée au fait que l’Afghanistan, où les talibans étaient parvenus en 2001 à interdire la culture du pavot, est redevenu la principale source de l’héroïne mondiale durant chacune des vingt années de l’intervention américaine. Avec 20% à 30% du PNB afghan liés à l’opium, la République islamique de Kaboul est gangrénée à bien des égards par la production et le trafic de stupéfiants (à titre de comparaison, seuls 6% du PNB colombien étaient liés à la cocaïne au plus fort de l’activité des cartels, à la fin du siècle dernier).
LE RETOUR DES PARRAINS DE L’OPIUM
LES ETATS-UNIS ÉPARGNÉS PAR L’HÉROÏNE AFGHANE
L’héroïne écoulée sur le marché américain vient essentiellement du Mexique, alors que c’est la drogue produite et raffinée en Afghanistan qui fait des ravages en Europe (la France compte plus de 150.000 héroïnomanes).
La puissante et méconnue Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) va désormais être pilotée par un homme extérieur à la maison, qui plus est âgé de seulement 34 ans: Florian Colas, qui était jusqu’alors directeur de cabinet du ministre délégué chargé des Comptes publics, Olivier Dussopt. Le poste est ultrasensible, la DNRED fait partie du premier cercle des services de renseignement au même titre que la DGSE ou la DGSI. Autant dire qu’il est attendu de pied ferme par les gabelous, passablement surpris de voir débarquer un novice.
Originaire du Var, diplômé de Sciences Po et de l’ENA, Florian Colas est sorti deuxième de sa promo en 2012, derrière Damien Ientile, qui le remplace auprès d’Olivier Dussopt. Il a ensuite rejoint l’Inspection générale des finances (IGF) où il a notamment réalisé un audit du contrôle fiscal des entreprises. Puis, il a fait une pige de quelques mois comme chargé d’affaires chez Wendel. C’est en 2017 qu’il a été recruté à Bercy, d’abord comme conseiller fiscalité du ministre Gérald Darmanin, s’occupant surtout de la mise en œuvre du prélèvement à la source. Avant de devenir directeur adjoint du cabinet puis le bras droit d’Olivier Dussopt en juillet 2020.
Un poste ultrasensible
A la DNRED, il remplace Corinne Cléostrate, première femme à la tête de la direction, en poste depuis 2017.
« J’aspirais à des fonctions plus opérationnelles et managériales après quatre ans de cabinet. »
Il va désormais se retrouver à la tête d’une grosse maison de 790 agents. Basée à Ivry-sur-Seine, la direction, dont les origines remontent aux années 1930, est le service d’élite des douanes, chargé de lutter contre les trafics internationaux (drogue, cigarettes, contrefaçons), liés à la criminalité organisée voire au financement du terrorisme.
Au sein de la DNRED, le gros des troupes se concentre à la Direction des opérations douanières (DOD), créée en 2005 et dotée de douze antennes régionales. Écoutes, filatures, infiltrations, recours à des informateurs, dénommés « aviseurs »…. La DOD est, en quelque sorte, l’équivalent du « service action » de la DGSE. Son patron, Cyrille Cohen, en place depuis 2017, est lui aussi sur le départ. Selon nos informations, Franck Lacroix, le patron des douanes de Paris, serait en pole position pour le remplacer.
Les douaniers râlent
Avec sa nomination, Florian Colas va être promu au grade d’administrateur général des douanes, qui n’en comptent qu’une dizaine. « D’habitude, ce type de poste est réservé à des vieux de la vieille, peste un cadre. C’est un bâton de maréchal pour des douaniers en fin de carrière, ayant plusieurs décennies d’expérience dans différents services et sur le terrain. »
Corinne Cléostrate avait ainsi presque quarante ans de maison. L’arrivée de Florian Colas fait donc grincer des dents d’autant qu’elle intervient après celle d’un autre non douanier, Ronan Boillot, à la direction nationale des garde-côtes.
L’inspecteur des finances rétorque qu’il a déjà une certaine connaissance du sujet. « Je suivais les comptes-rendus opérationnels et les travaux de la DNRED et je portais les intérêts des douanes dans les réunions interministérielles. Cela m’a permis de voir quelles productions ont le plus d’échos auprès de nos autorités politiques. »
Un poste d’adjoint va tout de même être créé
Trois noms de douaniers expérimentés, passés par la DNRED, circulent en interne: Michaël Lachaux, directeur interrégional adjoint Bourgogne-Franche-Comté-Centre Val de Loire, Yann Tanguy, attaché douanier au Maroc, ou encore Philippe Marnat directeur régional pour les départements de l’Aisne, de la Somme et de l’Oise.
Florian Colas souhaite conserver le double ancrage de la DNRED au sein de la douane et de la communauté du renseignement. Pas question de suivre l’exemple de la DGSI, qui a été sortie du périmètre de la police nationale. L’une de ses priorités sera de maintenir un haut niveau de compétence dans les nouvelles technologies.
L’unité Cyberdouane s’est ainsi distinguée, en 2019, en démantelant la plateforme d’échanges illégaux French Deep Web-Market, sur laquelle étaient commercialisés des armes, des stupéfiants et des faux-papiers.
Affaires judiciaires
« Je compte aussi poursuivre le travail de refondation mené par Corinne Cléostrate pour assurer la robustesse des processus métier, protéger les agents et la réputation de la maison. »
Jean-Paul Garcia
Une allusion prudente aux affaires judiciaires qui ont fortement secoué la maison. L’an passé, six hauts gradés ont été renvoyés en correctionnelle dont Jean-Paul Garcia, ex-patron de la DNRED, pour « détournement de fonds publics par négligence ».
Toute cette affaire étant le résultat des actions d’Erwan Guilmin, directeur de la DOD. Lire
Un ancien responsable de l’antenne de la DOD au Havre, est même poursuivi pour corruption et blanchiment. Il est accusé d’avoir facilité les trafics de son indic’, un ancien parachutiste de l’armée serbe, en échange de tuyaux permettant de réaliser des saisies records.
Enfin, certains en interne s’inquiètent de possibles conflits d’intérêt liés aux fonctions de l’épouse de Florian Colas. Morgane Weill, connue sur les bancs de l’ENA et de l’IGF, est aujourd’hui directrice de la stratégie chez Carrefour et membre du comité exécutif. Un groupe dont les opérations sont bien sûr régulièrement contrôlées par les douanes. « Pendant mes quatre ans au cabinet, je me suis toujours déporté des sujets relatifs à Carrefour, cela sera aussi le cas dans mes nouvelles fonctions« , assure Florian Colas.
Toujours vigilants, parfois bien rencardés, les gabelous de la BSI de Thionville ont intercepté et contrôlé un ensemble routier citerne immatriculé en Espagne.
180kg d’herbe de cannabis étaient cachés dans la citerne; le chauffeur a reconnu avoir transporté les produits en connaissance de cause et a été présenté au magistrat du parquet puis écroué.
Mon cher conseiller chargé des questions douanières à Bruxelles
Mon cher menteur
Mon cher tartuffe
Te relisant en ces journées de confinement que je supporte avec grande légèreté, sais tu, après celles que je dus subir suite aux cascades de lâcheté de tes semblables de la DG de la douane française, j’ai pu constater avec effroi que tu étais particulièrement performant dans l’art de la rhétorique mensongère. Il fallait que la lâcheté de François Auvigne fût effacée. Et non content de raconter des sornettes, tu les as répétées dans trois documents différents. Tu as de la constance, c’est bien, mais ce qui est mensonge le reste malgré tes affabulations.
Mon cher Thomas, mon cher administrateur civil, mon cher conseiller chargé des questions douanières à Bruxelles, mon cher menteur, mon cher tartuffe, savoir que mon dossier était classé ‘Secret Défense‘ n’a pu…
La France qui n’a cessé, d’année en année, d’alourdir les peines de sa loi de prohibition votée en 1970, est l’un des pays occidentaux les plus répressifs, pour compter… le plus grand nombre de consommateurs ! Son système n’a donc rien de « dissuasif ». Mais empêche surtout toute politique efficiente du point de vue sanitaire et préventif.
On se demande donc bien à quoi servira de « lancer un grand débat national sur la consommation de drogues », comme le Président s’est plu à l’annoncer dans Le Figaro, si la politique en la matière est de toute façon déjà fixée.
Dès le 18 mars 2021, Aviseur international avait annoncé l’arrivée de Florian Colas aux manettes de la DNRED! La confirmation de sa nomination de Florian Colas est parue au JO le 18 avril 2021.
A la suite de Jean Henri Hoguet, Joseph Le Louarn, Bernard Pouyanné, Jean Puons, Gérard Estavoyer, Guy Gouin, Jean Paul Garcia et Corinne Cleostrate.
La commissaire divisionnaire Anne-Sophie Coulbois est cheffe de l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).
Elle détaille les différentes méthodes de blanchiment d’argent employées par les trafiquants de drogue et les moyens dont disposent les autorités pour lutter contre ces pratiques frauduleuses rapportant beaucoup.
Le blanchiment des profits du trafic de cannabis est-il au cœur de vos préoccupations ?
Toute la criminalité est financière. Si on fait du trafic, c’est pour s’enrichir. Et derrière tous les trafics, il y a du blanchiment. Sur la première marche du podium, on trouve le trafic de cannabis. C’est la drogue la plus consommée en France, et son commerce génère un chiffre d’affaires estimé à 3,5 milliards d’euros par an. C’est vraiment l’infraction irradiante qui génère le plus de blanchiment.
La région parisienne est centrale, compte tenu de son poids économique dans le pays. Le niveau du blanchiment est à la hauteur des bassins de criminalité, de population et des activités économiques.
Quelles sont les méthodes utilisées par les trafiquants pour blanchir leur argent ?
Au plus bas échelon, nous trouvons simplement la réinjection de l’argent du trafic dans des activités de proximité. L’achat de biens de consommation courante, l’investissement dans la gestion d’un restaurant fast-food ou d’une boutique de téléphonie.
Des chefs d’entreprise sont-ils complices de ces opérations de blanchiment ?
Les trafiquants font appel à des banquiers occultes, les « sarafs » ou brokers, qui assurent la collecte de l’argent de la drogue et son injection dans l’économie légale. Ils sont notamment en contact avec des chefs d’entreprise malhonnêtes. Ils ont besoin d’argent liquide pour payer des employés au noir ou pour leur verser des primes non déclarées. Ces entrepreneurs achètent ces espèces contre des virements justifiés par de fausses factures.
Qui sont ces banquiers occultes ?
Il faut comprendre que derrière les trafiquants se cache un véritable système bancaire occulte qui fonctionne sur l’hawala, la parole donnée. C’est un système de transfert d’argent par compensation qui offre des possibilités sans limite. Tout le monde y trouve son intérêt, les malfaiteurs mais aussi les gens ordinaires qui veulent éviter les formalités.
Ces sarafs vivent plutôt au Maroc, où se trouvent aussi les producteurs de cannabis. Aujourd’hui, nombre d’entre eux se sont déplacés à Dubaï.
Quels sont les autres moyens de blanchiment ?
Le trafic de voitures est aussi une solution pour blanchir l’argent de la drogue. Certains trafiquants vont en Allemagne pour acheter de belles berlines en liquide qui sont revendues à l’étranger, comme en Algérie.
Les acheteurs ont des dinars, ils vont voir un saraf qui va mobiliser un intermédiaire.
Les nouvelles technologies sont elles aussi utilisées ?
C’est le blanchiment par la cryptomonnaie. Classiquement, il était utilisé par les escrocs au rançongiciel. La cryptomonnaie est présente depuis longtemps sur le dark web. Mais c’est surtout une manière de cacher ses revenus occultes sur une clé USB qui peut facilement échapper à une perquisition de la police. La cryptomonnaie et les néobanques, qui sont des banques sans guichet physique, sont l’avenir du blanchiment car ils permettent d’échapper au système de surveillance classique des flux d’argents.
Comment lutter contre ce phénomène ?
Les services de police travaillent tous en étroite collaboration pour échanger de précieux renseignements, identifier les réseaux et interpeller les malfaiteurs. Et, surtout, il y a un volet patrimonial qui permet d’identifier et de confisquer les avoirs criminels. On capte de plus en plus les biens mal acquis des malfaiteurs, même à l’étranger. Nous parvenons à les identifier avec quelques points noirs à Dubaï, en Asie du Sud-Est ou au Maghreb. Et nous répondons aux demandes des polices étrangères, c’est un échange.
C’est vers 18h30, dans le Parc Corot du 13e arrondissement de Marseille que les faits se sont commis.Trois douilles de 9 millimètres ont été retrouvées sur place. Un témoin de la scène précisera que l’agresseur, vêtu de noir, a fait feu à quatre reprises et a pris la fuite à pied.
Toujours à l’affut et peut-être bien rencardés, à Marguerittes, sur l’aire de l’autoroute A9, les douaniers ont découvert 20 kilos d’herbe de cannabis dissimulés dans une cache aménagée dans les parois du véhicule.