AVISEUR INTERNATIONAL

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ARGENTINE: les trafiquants graissent la patte aux douaniers ou aux policiers

 Coke en Stock (XC) : « la route de l’argent K »

La corruption en Argentine a atteint des dimensions assez conséquentes, ces dernières années. Elle a beau être de tradition, hélas, dans ce pays, elle a en effet pris une tournure systématique qui nuit à l’exercice de la démocratie véritable. Les margoulins en tout genre s’engouffrant dans la brèche, et les trafiquants en profitant pour graisser la patte aux douaniers ou aux policiers. Un homme avait montré le chemin il y a une décennie et demie. Retrouvé suicidé, il était au cœur d’un gigantesque et dangereux trafic, qui l’avait contraint à habiter dans des villas devenues de véritables forteresses blindées. L’homme était un proche du président Carlos Menem. Son suicide prématuré avait empêcher la vérité d’éclater. Elle était simple : la mafia dirigeait le pays, sous Menem, qui profitait en personne de ses largesses (avec sa Ferrari reçue en « cadeau » !)… 15 ans après la condamnation des coupables de l’assassinat d’un journaliste qui avait soulevé le voile de la nébuleuse de Yabran, le doute persiste… sur sa présence en plus haut lieu ,en fantôme du palais (*)

Mais revenons une seule fois encore à cet appareil, et un peu auparavant encore, en 2010. Une photo plutôt floue nous donne un élément de poids dans l’argumentaire. La photo de Christina Fernandez et son mari Nestor Kirchner, en train de remonter dans un jet privé, après leur visite du 25 octobre 2010 dans la ville de Rio Gallegos, où il étaient descendus tous deux pour le week-end.  Amenés dans le désormais fameux Cessna Citation 750 LV-BRJ, une machine louée, et celle surtout qui avait transporté Antonini Wilson avec la célèbre valise ! Le couple présidentiel étant accompagné par Carlos Zanini, Guillermo MorenoDébora Giorgi et Dante Gullo, entre autres ; soit le gratin du pouvoir du pays. Or c’était aussi l’avion de Pablo Javier Yabran, le fils d’Alfredo Yabrán, celui qui nous plonge à nouveau dans les vertiges du régime pourri jusqu’à la moelle de Carlos Menem comme on va le voir… L’avion de Royal Air SA, autrement dit le nouveau nom de Lanolec SA, une entreprise de taxi aérien fondée, justement par Alfredo Yabran. L’entreprise a eu de nombreux appareils, la plupart étant des Cessna Citation, tels le LV-WDR ou le V-AXN ou le LV-WMT et le LV-PLE. En 2013, la présidente argentine, désireuse de changer de jet, avait jeté son dévolu sur un autre appareil. « L’avion, enregistré sous le matricule LV-CRI date de 1989 est un très beau Falcon 900 qui a coûté environ 6 millions de dollars (il a appartenu au Gouvernement d’Abu Dhabi, au Sheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan). Il emporte 14 personnes, y compris l’équipage » apprend-t-on. Or il avait été acheté à « Royal Class », une fois encore. Et l’univers qui entoure la famille Yabran, il faut bien le constater, est tout, sauf recommandable…

Car le dénommé Alfredo Yabran est un cas assez extraordinaire : ce sulfureux homme d’affaires argentin a été retrouvé mort, apparemment suicidé chez lui, le 21 mai 1998. Défiguré par un coup de fusil de chasse. L’homme d’affaires avait entretenu pendant des années auparavant le mystère sur lui : personne ne connaissait même sa photo avant 1998 : « son visage ne avait jamais été publié et il était fier de cela. « Faire de moi une photo de moi c’est comme me tirer en plein front, » avait-il dit dans une interview. « même les services de renseignement n’ont pas de photo de moi, » était aussi une expression qui lui est attribuée. Il donnait rarement des interviews, et quand il le faisait, il demandait que le journaliste ne soit pas accompagné par un photographe » précise le site La Nacion. Pourquoi donc un tel mystère entretenu ? C’est que notre industriel avait des choses à cacher, semble-t-il. Ce fils d’immigrants libanais s’était installé à Buenos Aires au début des années 60, pour se lancer dans les affaires, dans les domaines de la sécurité et de la banque. 20 ans après, sous la présidence de Raúl Alfonsín. Il est alors arrivé à la tête des opérations de sécurité de l’aéroport de la capitale mais aussi des autres principaux aéroports du pays. Il s’occupait aussi de logistique, avec notamment la société Ocasa, ou des envois postaux avec Correo OCA (qui détiendra 30% du marché postal argentin), des rampes d’accès portuaires ou même d’Edcadassa (une société de gestion des entrepôts fiscaux). Il était devenu aussi l’ami du sulfureux président Menem, l’homme aux rouflaquettes et aux Ferrari)… ces activités concentrées dans tous les secteurs des échanges commerciaux l’avaient fait rapidement soupçonner de trafic de drogue, d’armes et de blanchiment d’argent. Ce qui lui vaudra, cinq jours avant l’annonce de sa mort, d’être inculpé par un juge, avec mandat d’arrêt et avis de recherche lancé .

Mais auparavant, un autre fait notable s’est produit. L’homme qui n’avait jamais été photographié était paru en short de bain, aux côtés de sa femme, sur une plage, à la une du magazine Noticias. L’auteur de la photo était un journaliste, José Luis Cabezas, celui qui enquêtait sur le trafic de drogues et d’armes, qui sera retrouvé assassiné (calciné dans sa voiture), le 25 Janvier 1997, pendant le gouvernement d’Eduardo Duhalde. Le 2 Février 2000, un procès retentissant condamne quatre hommes à la prison à vie : Horacio Braga, José Auge, Sergio González et Hector Retana et Gregorio Ríos, le chef de la sécurité de Yabrán, et l’instigateur du crime et les policiers Camaratta Sergio Anibal Lune et Gustavo Prellezo. Entre temps, Carlos Menem s’était beaucoup impliqué pour retarder le fameux procès, et tout faire également pour que son nom n’apparaisse pas dans l’affaire. Lors de l’annonce du « suicide » de Yabran, il s’était surtout montré également fort distant. Alors que des proches l’avaient régulièrement vu en compagnie d’Alfredo Yabran, dont ses propres ministres. « La relation entre le bureau du président et d’autres responsables gouvernementaux avec Yabrán est un fardeau très lourd que l’exécutif traîne depuis qu’ont commencé les allégations d' »organisations mafieuses », affirme l’ancien ministre Domingo Cavallo et cela s’est aggravé avec l’assassinat du photographe José Luis Cabezas. « La relation entre Menem et Yabrán était beaucoup plus proche que ce que je nl’imaginais, » a dit Cavallo avant de quitter le cabinet. Dans son livre fort détaillé « Le poids de la vérité », Cavallo précise en effet qu’« Alfredo Yabrán avait envoyé un premier lot de quatre millions de dollars à la campagne du référendum qui était alors prévu, pour assurer la réélection de Menem et aussi, il s’était engagé à financer la totalité de cette campagne … « .

Car Alfredo faisait effectivement dans le trafic de l’héroïne, alors que Menem le savait, ce que deux documents d’octobre 1995 et janvier 1996 avaient révélé : « selon des sources locales proches de l’enquête, la DEA a mis en place un groupe de travail spécial chargé d’étudier l’environnement du président Menem et ses liens possibles avec Yabrán, du juge espagnol Baltasar Garzón a initié l’enquête surnommée « Yomagate », impliquant la belle-soeur du président, Amira Yoma et son ex-mari, agent de renseignement syrien Ibrahim al Ibrahim. Le suspect a affirmé que Yabrán était lié au trafic d’héroïne de la vallée de la Bekaa en Syrie. Un bon ami de l’ambassade américaine, Domingo Cavallo, a conclu que Carlos Menem et Monzer al Kassar-étaient les deux autres branches de la « triangle syrien » d’armes, de drogue et le blanchiment de l’argent, mais il n’a jamais pu le prouver. En tout cas, il est à noter que Edward Gillen, -un de ceux qui ont planifié l’infiltration dans le Groupe Yabrán- était le seul agent américain qui ait témoigné devant Baltasar Garzón par rapport à l’épisode du navire « Achille Lauro » attribué au marchand d’armes Monzer Al Kassar. » Le suicide de Yabran ne signifiait pas pour autant la fin des trafics. Loin de là.

On retrouve une première fois le fantôme d’Alfredo Yabran avec la découverte en Espagne de 60 kg de cocaïne à bord d’un avion de la compagnie Southern Winds, dans le vol 6420 du 17 septembre 2004. La drogue a été dissimulée dans des haut-parleurs, dans des bagages abandonnés, qui portent l’adresse… de l’ambassade d’Argentine ! Sont mêlés au trafic Anibal Fernandez, Ricardo Jaime et l’ambassadeur argentin à Madrid, un ancien business man, Carlos Bettini, ancien militant des Montoneros (d’extrême gauche, on l’accuse d’avoir assassiné le capitaine Jorge Bigliardi) et ami de Cristina Fernández… et de Felipe González. Bettini, fait agravant, a aussi été le directeur d’Aerolineas Argentinas, société soupçonnée elle aussi d’avoir trafiqué de la drogue. Placé devant l’évidence, le président Kichner se retrouve obligé de dissoudre la Police de L’Air du pays, héritée de l’ère Yabran, et de mettre au rencart le responsable de la sécurité portuaire de l’aéroport d »Ezeiza, Alberto Beltrame et trois adjoints, Fernando Arriete, ancien employé d’American Airlines, Claudio Baudino, et Walter Beltrame (le propre fils du directeur). Le juge argentin chargé de l’affaire recevra alors les aveux de Walter Betrame, âgé de seulement 22 ans, qui lui indiquera que le couple portant les bagages « voyageait fréquemment sur le même trajet depuis 2002, sans aucun contrôle portuaire ». La Nacion rappelant à cette occasion, que 50 tonnes de coke de Colombie, Pérou et Bolivie entrent en Argentine. On retrouve l’événement relaté dans un câble Wikilieaks, visible ici. Il y est dit que Walter Betrame a effectué un vol de routine le 14 septembre, pour avertir à son arrivée Claudio Baudino, d’envoyer les bagages par le vol suivant du 16 septembre. Durant le fameux vol, le vice-président de Southern Winds, Enrique Monteron, était à bord, une simple coïncidence, pour les enquêteurs. On peut aussi ajouter que les avions de Southern Wings utilisaient l’Areoparque Jorge Newbury comme base, ajoutant à l’implication en plus haut lieu, déjà évoquée ici.

Derrrière le problème de l’aéroport, on aperçoit l’ombre de Yabran en effet, avec le service de sécurité de l’endroit. « Donda Tigel (ancien capitaine de la marine) était l’un des célèbres responsables de Zapram, la compagnie de sécurité qui a supervisé les transferts d’argent à l’aéroport Ezeiza quand il appartenait encore à Yabrán. Il a également travaillé dans le contrôle de la qualité en collaboration avec Víctor Danemark, un ancien agent du service de détention pendant la dictature, un autre des répresseurs de cette période embauché par Yabrán. La « Galerie des tortionnaires de l’Argentine » en ligne, signale non seulement son fichier au gouvernement, mais aussi sa relation avec la sécurité de l’aéroport ».

Un fantôme omniprésent aujourd’hui encore, qui réapparait une deuxième fois en 2011, avec la saisie d’une autre cargaison de drogue à bord d’un avion… une saisie monstrueuse, puisque cette fois ce sont 900 kilos de cocaïne qui sont découverts à bord d’un jet de plus petite taille. L’avion, un Challenger 601 immatriculé N600AM est arrêté à l’aéroport d’El Prat, alors qu’il venait d’El Palomar, puis d’Ezeiza, vers le Cap-Vert et devait atterrir à Barcelone, sa destination finale étant Madrid. Je vous en avais parlé à l’époque ici-même. L’avion est enregistré dans le Delaware… La drogue n’y est même pas dissimulée : « La dernière information que nous passions nos collègues de Catalogne donne à penser que les 940 kilos de cocaïne sont arrivés dans l’avion sans même se cacher, apparemment dans les soutes, et les policiers ont découvert des doses de cocaïne, enveloppés dans des couleurs différentes, rangés à bord comme des sets de table. L’avion est venu du Cap-Vert où il semble que la drogue a été chargé », a déclaré l’informateur espagnol », nous dit El Tiempo.

On apprendra plus tard qu’un agent de la DEA s’était très certainement infiltré dans le réseau, dont on ignore toujours comment et où il a pu charger la quantité de drogue à bord, mais ce n’était certes pas au Cap-Vert : « le Challenger 604, N600AM enregistré aux USA, a quitté l’aéroport international d’Ezeiza le 1er janvier à 22h 40 à destination de l’île de Sal, Cap-Vert, où il a fait une escale technique présumée. Mais l’avion de luxe était à Ezeiza depuis le 30 décembre, c’est à dire qu’ il a fallu près de trois jours pour redécoller. Le Challenger était arrivé en Argentine auparavant, le 5 novembre à partir des États-Unis, pour se poser sur la base aérienne de Morón (BAM). La garde et la sécurité de l’aéroport sont partagées entre la Force aérienne et de l’Administration nationale de l’aviation civile (ANAC). Depuis des jours, entre les officiers de l’Air Force et des douanes et de l’immigration, la méfiance règne ».  Le Challenger 604 était resté dans un hangar de la base aérienne de Morón, du 17 au 30 Décembre 2010… « Selon la déposition que Julia a livrée au bureau du plan de vol avant Morón devant Clarin, le vol a été opéré pour la société « Federal Insurance Company », basée aux Etats-Unis .. Cette même société a été utilisé » pour les vols d’essai du Challenger le 18 et 30 décembre à Morón. En outre, les frères Julia ont fait un vol à destination de Mar del Plata, le 7 décembre et sont revenus un jour plus tard. Ce sont les seuls quatre voyages du Challenger 604 effectués avant de partir pour Barcelone ».

Et la découverte est encore plus surprenante quand on découvre qui en sont les pilotes. « En effet : Julia Gustavo le pilote de l’avion arrêté et le principal actionnaire de l’entreprise et son frère, ne sont autre que les fils du général de brigade Joseph Julia, l’ancien commandant des forces aériennes argentines sous la présidence de Carlos Menem. Et ce n’est pas tout : il y avait paraît-il quatre hommes dans l’avion (enfin, les autorités hésitent toujours sur le nombre exact (le quatrième étant le fameux agent de la DEA, éclipsé dès l’arrivée en Espagne)… Le troisième à bord, et le co-pilote effectif lors de l’atterrissage à Barcelone, n’est autre que Gaston Miret,  le propre fils du général de brigade José Miret, qui était secrétaire de la planification au cours de la dictature de Jorge Videla ! Celui qui avait racheté la maison de campagne paraguayenne du dictateur Lino Oviedo, révèle la presse, et le fameux ministère l’endroit où avaient eu lieu des détournements de fonds et de biens, dans des proportions phénoménales, Videla, lui aussi, ayant aussi pillé son propre pays. » En photo, à gauche, Eduardo Juliá (le pilote), Matías Miret (le copilote, à droite) et au milieu Gustavo Juliá (également pilote).

« Le père du pilote, (Joseph Julia), a occupé le siège de la Force aérienne entre 1989 et 1993 dans la première présidence de Carlos Menem, a déclaré Erman González, le ministre de l’Economie dans ces années là. Ses contacts étaient de « haut vol » et la justice enquête pour détournement de fonds : José Juliá ne peut pas expliquer comment il a acquis des propriétés et des voitures de luxe. Il ne peut expliquer comment à 20 ans seulement, il a signé un contrat millionnaire avec Edcadassa, qui contrôlait l’entrepôt fiscal d’Ezeiza qu’ Alfredo Yabrán manipulait par procuration. En 1994, Julia a créé Medical Jet et Federal Aviation. Il a rapidement signé des contrats avec l’opulente administration Menem dans l’Aeroparque Metropolitano Jorge Newbery de Buenos Aires. Le transport des politiciens et des célébrités a fait décollé la société. Au tournant du siècle, il a élargi sa flotte et en 2007 il a vendu un avion privé à l’entrepreneur Lazaro Baez », qui a aussi dirigé la Banco de Santa Cruz.  Lázaro Báez, un millionnaire, fort proche de Néstor Kirchner, a acheté 1,3 millions de dollars  un Lear Jet 35 en août 2009, immatriculé LV-ZSZ, dont la base est située à Rio Gallegos… dans le fief des Kichner. L’appareil appartenait auparavant à … Medical Jet SA, la société de Gustavo Juliá, et de son fils Gustavo !

C’est une faible partie, en fait, de l »a route de l’argent K » ( La ruta del dinero K ») des Kichner et de Lazaro. Une très longue saga… En 2013, Baeez rejettera toute collusion, affirmant par exemple que son Learjet appartenait à American Jet, une société argentine de locations d’avions et qu’il n’était qu’actionnaire seulement de Top Air.

En avril 2013, quelqu’un d‘Expediente Politico dresse le bilan de ces diverses magouilles politiques : la gangrène atteint jusque… les avions de l’armée argentine. « La compagnie d’aviation d’affaires de Lazaro Baez dépasse désormais le taxi aérien Air Top. L’impresario de Kirchner contrôle, par ses associés, la société sud-Atlantic Aviation SA (AASSA), un atelier situé à San Fernando où passent jets privés les plus luxueux. L’atelier est le centre officiel en argentine de l’avionneur, Bombardier Aerospace, le Learjet étant le modèle choisi par les politiciens et les hommes d’affaires les plus riches du pays. « La société appartenait à Lito Cano et à Edgardo Ferreira, ce dernier étant une ancien pilote d’Aerolineas Argentinas. Ferreira a ensuite vendu sa part et Cano, a été remplacé par ses fils Emilio et Federico », résume une source de l’aviation de Clarin. Actuellement, c’est Emilio Cano qui est déclaré en tant que directeur. Mais l’entreprise est dirigée par Walter Zanzot, que toutes les sources établissent comme l’acolyte de Baez. Zanzot a été mentionné l’an dernier par le Directeur de l’aviation civile de Tierra del Fuego en tant que gestionnaire de Top Air. (…) Selon une source qui connaît tous les mouvements de la région de San Fernando, où Lazaro a trois hangars, Zanzot s’est rendu à Ushuaia le 3 avril dernier à bord du LV-ZSZ (ancien avion de Coca Cola) détenu par Top Air « .

Et bien entendu, on retrouve dans le lot notre sous-ministre au Learjet vu précédemment : « South Atlantic Aviation est une station de réparations qui non seulement fonctionne avec la lignée des Learjet mais aussi avec celle des Challenger et des Global Express. Learjet est la marque préférée des politiciens et des hommes d’affaires. L’ancien Ricardo Jaime, secrétaire aux Transports est l’un des cas emblématiques. Ont également opté pour ce modèle les gouverneurs de Tucumán, Chaco et de Santiago del Estero, entre autres. Ces avions de luxe sont achetés sous le couvert de donner un usage médical pour la province, mais servent surtout a transporter les gouverneurs ou amis d’affaires. Lázaro Báez a également un Learjet dans sa flotte. Ce est le LV-ZSZ, avec lequel ils a transféré des millions d’euros loin du pays, selon les aveux de Leonardo Fariña et Federico Elaskar de Periodismo para Todos.  Sur le marché aéronautique, on dit qu’AASSA avait à voir avec la préparation de l’avion qui s’est rendu en Espagne avec près d’un millier de kilos de cocaïne. Des sources proches de l’employeur ont nié catégoriquement (…) Récemment, le hangar a été reconnu par l’état-major conjoint pour l’entretien des avions de la Défense, qui lui a permis de devenir un fournisseur des forces armées »... tel le Learjet T-22 de lutte électronique de l’armée argentine, visible ici à droite (les argentins volent bas, en meeting)…

Le fantôme est bien là, un peu partout…. En octobre 2014, une école de plongée installée dans la carrière de la Capybara a plongé le fuselage d’un avion dans les eaux pour pratiquer cette discipline. Un vieux Rockwell NA-265-306 Sabreliner de type 60 FF, LV-WXX, depuis longtemps baptisé « El Tehuelche ». C’était encore un des avions d’Alfredo Yabran, décidément toujours présent !!!

(*) extrait :

« Il ne s’agit plus de la corruption individuelle, traditionnelle, évoquée avec cynisme par le fameux tango Cambalache d’Enrique Santos Discépolo. Il s’agit désormais d’une activité entrepreneuriale, avec des complicités à tous les niveaux de l’Etat, y compris le sommet, la famille présidentielle et son entourage. L’insécurité et la violence croissantes en Argentine sont liées à l’impunité dont jouissent les pratiques illicites et à la dégradation des institutions qui devraient veiller au respect de la loi. »

document de référence : « la route de l’argent K » (« La ruta del dinero K« )

documents à lire :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/0f652780-a785-11e2-a4a8-c21a3316ea2a/La_route_de_largent_des_&eacute ;poux_Kirchner_m&egrave ;ne_en_Suisse

http://www.lefigaro.fr/international/2013/05/15/01003-20130515ARTFIG00499-questions-sur-la-fortune-des-kirchner.php

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/11/27/en-argentine-le-patrimoine-de-la-presidente-kirchner-est-scrute-par-la-justice_4530047_3222.html

http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2736p054-055.xml0/

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/02/20/argentine-le-crepuscule-des-annees-kirchner_4580641_3222.html

DNRED (DNED): mémoires de Jean-Pierre Cazé, infiltré dans les réseaux de la drogue

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DNRED échelon de Lyon .

Médaille remise aux agents de l’échelon de la DNRED de Lyon en 2000

pour fêter l’anniverssaire de sa création.

 ***

Jean-Pierre Cazé est un ancien douanier d’un genre particulier. Jusqu’au début des années 90, son travail fut d’infiltrer les réseaux de trafiquants de drogue en France et au Maroc pour le compte du service français de renseignement des douanes. Il témoigne dans un livre intitulé Au cœur du trafic, Mémoires d’un douanier infiltré, chez Nouveau monde éditions. Il répond à nos questions. 

Afrique Drogue: Travailler en tant qu’infiltré dans un réseau de trafiquant de drogue, cela consiste en quoi?

Jean-Pierre Cazé: Il faut d’abord avoir des « aviseurs », autrement dit des informateurs. Ces gens-là connaissent une organisation frauduleuse ou criminelle sur le point d’importer, par exemple, en France une quantité importante de drogue ou qui détient une quantité importante de drogue. Et c’est par l’intermédiaire de cette personne que l’agent va pouvoir être présenté à cette organisation, sans bien sûr que ses membres sachent qu’il est fonctionnaire…Ce fonctionnaire va agir sous couverture, sous un nom d’emprunt, une profession d’emprunt. Et cet informateur, qui connaît bien les voyous, va présenter ce « nouvel ami », bien le présenter pour qu’il soit accepté par l’organisation. Et ensuite, ce fonctionnaire va  vivre complètement en immersion au sein de l’organisation.

A.D: Justement, vous l’avez fait à plusieurs reprises. Dans votre livre, vous parlez d’une opération d’infiltration, réussie au Maroc. Racontez-nous comment vous avez fait. 

J-P C: Cela a duré plusieurs semaines, même deux mois. C’était un contact que nous avions du côté de Tanger qui nous informait qu’une bande organisée était sur le point de faire acheminer vers la France environ une tonne de résine de cannabis. A cette époque, c’était une grosse quantité. On parlait plus souvent de prises de 5 ou 10 kilos. Et donc l’occasion m’était donnée de m’infiltrer dans cette organisation au Maroc et de leur présenter la chose en étant transporteur. Il faut savoir qu’au Maroc, ce n’est pas dur de trouver des stupéfiants, de la résine de cannabis. Mais ce qui est compliqué pour les fournisseurs marocains, c’est d’acheminer la marchandise en France. Moi, j’avais ma qualité de transporteur routier. J’avais sous mes ordres des chauffeurs, des civils, que nous avions recruté à cet effet, pour pouvoir acheminer les stupéfiants du Maroc en France et suivre la progression du Maroc jusqu’en France, jusqu’à ce que les acheteurs viennent récupérer la marchandise.

A.D : Comment faisiez-vous pour véritablement vous faire passer pour une personne impliquée dans le trafic de drogue, parce qu’il y a des codes, il y a des réflexes, il y a des choses que peuvent remarquer les trafiquants qui peuvent vous confondre…

J-P C: C’est tout ce qu’on appelait l’éducation de l’agent. Partir en infiltration, c’est toute une préparation en amont. Il faut changer sa manière de vivre, il faut changer sa manière de parler, son comportement, son aspect physique. On oublie tout, on est plus fonctionnaire, on est plus douanier. Moi, j’avais donc comme couverture camionneur qui avait une entreprise dont la situation était très mauvaise et qui voulait se refaire. Donc il me fallait de l’argent. Et j’acceptais de transporter des stupéfiants pour le compte de ces trafiquants. C’est comme ça que je devais me faire accepter. Mon aspect physique, c’était cheveux longs, le style un peu baroudeur.

A.D: Est-ce que, à un moment ou à un autre, vous avez pensé que vous alliez vous faire coincer?

J-P C: Je faisait tout, justement, pour ne pas me faire repérer. Mais c’est vrai qu’il ne faut pas faire d’erreur. Il y a des choses qu’il ne faut pas dire. On ne parle pas de cannabis, on ne parle par de haschich. On parle de n’importe quoi, de marchandise, de pommes de terre ou de chocolat…Il y a les attitudes aussi. Refuser un ou deux verres de bourbon, ça ne se fait pas non plus. En outre, j’avais appris absolument tout le fonctionnement des camions, toute la mécanique, justement pour que si on me posait des questions, je puisse répondre.

A.D : Est-ce que cela veut dire aussi parfois qu’il faut franchir la ligne rouge, pour être crédible vis-à-vis des trafiquants ?

J-P C: C’est une chose, dans la mesure du possible, qu’il ne faut jamais faire. Par exemple, il vont vous demander de consommer des stupéfiants pour voir si vous êtes bien de leur côté. C’est une chose qu’il faut toujours éviter. Moi je ne l’ai jamais fait, c’était ma ligne de conduite. C’est de toujours refuser mais avec des motifs valables.

A.D: Vous expliquez aussi qu’à plusieurs reprises vous avez été dans des situations où les trafiquants ou ceux qui voulaient acheter la marchandise que vous étiez censé transporter, ont demandé que vous leur montriez une partie de la marchandise afin qu’ils puissent l’emporter afin de prouver que vous étiez vraiment trafiquant et détenteur d’une grosse quantité de cannabis. Comment vous faisiez dans ces situations-là?

J-P C: C’était ça le gros problème. C’était la finalité de l’affaire. La marchandise était remontée en « livraison surveillée », était mise en dépôt. Et c’était le jour où les trafiquants venaient chercher la marchandise. Mais dans ce cas-là, ils n’arrivent pas comme ça avec un fourgon. Ils disaient: « Ok. Vous avez une tonne que vous avez ramenée. La tonne m’appartient, je l’ai payé. Maintenant, il faut que je sache vraiment de quel côté vous êtes, il faut qu’on soit sûr. Maintenant, vous allez lâcher par exemple, 25 ou 50 kilos. » Là, c’était un gros problème. On l’a fait une fois sur une affaire à Dijon. Ce qui nous a d’ailleurs valu de gros soucis ensuite avec la police et la justice. Pourquoi? Parce que, à cette époque, il n’y avait aucune loi encadrant cela. Aujourd’hui, un agent infiltré peut transporter de la marchandise, l’entreposer et même en céder à la fin, quand il ne peut pas faire autrement avant de remettre toute la marchandise.

A.D: Effectivement, vous avez mené ces opérations d’infiltration à une époque où ce n’était pas du tout encadré sur le plan législatif. Dans le livre, vous racontez que vous agissiez totalement sans filet et que cela vous a même valu d’être arrêté et de vous retrouver face à la justice, même si par ma suite vous avez été blanchi…

J-P C: Oui. C’est sur une affaire dans laquelle les trafiquants ont envoyé un homme de main chercher de la marchandise. Avant de la remettre, j’ai réussi à m’exfiltrer et à demander l’autorisation de mes supérieurs, qui m’ont donné l’autorisation. Donc j’ai « fait » 25 kilos, comme on dit dans le jargon du métier, pour que tout soit crédible. Et ils sont partis dans la nature. Et le lendemain, ils sont venus chercher le reste. Ils sont venus chercher 500 kilos sur 525 kilos. Et puis on a réussi à interpeller tous les trafiquants. Mais comme la loi n’avait pas encore été votée, on a eu les pires ennuis.

A.D: Aujourd’hui donc, le travail d’infiltration est encadré par la loi. Est-ce qu’elle couvre tous les cas de figure?

J-P C: Les fonctionnaires qui vont faire de l’infiltration sont toujours confrontés à ce qu’on appelle la mise à l’épreuve. C’est à dire que quand vous arrivez dans une organisation, on peut pour vous mettre à l’épreuve vous faire faire n’importe quoi. On peut vous dire: « ce soir on monte sur un braquage, tu seras chargé de conduire le véhicule ». Qu’est-ce qu’on fait? On se sauve ou on reste? Si on continue l’infiltration, on est obligé de participer au braquage. Le problème, c’est que s’il y a des problèmes, un blessé, voire un mort, qu’est-ce qui va se passer après? L’agent est en infiltration. Mais il est tout de même un peu complice…Donc je ne sais pas si la loi va assez loin.

A.D : Vous estimez que, aujourd’hui, pour lutter contre le trafic de drogue, on est obligé de faire de l’infiltration?

J-P C: C’est une technique qui est redoutable. Parce que quand vous êtes infiltré, vous entendez tout, vous voyez tout. Vous comprenez tout le système d’acheminement. Vous connaissez tous les personnages qui sont autour de l’affaire. Il est certain que quand vous avez un agent infiltré dans une organisation, il est sûr que cela fait mal parce que tout le monde tombe.

A.D: Avez-vous l’impression que le travail d’infiltration est devenu plus difficile par rapport à l’époque où vous la pratiquiez?

J-P C: J’ai fait cela pendant une vingtaine d’années. C’était une technique que nous avions empruntée aux américains. Cette méthode-là n’était pas connue. On avait une longueur d’avance sur les trafiquants. Aujourd’hui, ils savent qu’en France des agents pratiquent l’infiltration. Donc il est certain que les agents qui vont s’infiltrer, vont avoir un plus de mal à se faire accepter et à pouvoir pratiquer cette infiltration dans les circuits frauduleux.

Ecouter l’interview  diffusée sur rfi

source: http://afriquedrogue.blogs.rfi.fr/article/2012/05/06/memoires-dun-infiltre-dans-les-reseaux-de-la-drogue

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A l’époque, le ministre de tutelle de la Douane française était Michel Charasse.

Quand Michel Charasse était interviewé  par Elise Lucet***

L’interview de Michel Charasse par Elise Lucet

Quand Michel Charasse était interviewé  par Elise Lucet Dans une bibliothèque du Sénat.
***

 

Elise Lucet:
Invité de Pièces à conviction, Michel Charasse, bonsoir…

Quand Michel Charasse était interviewé  par Elise LucetMichel Charasse:
Bonsoir.
Elise Lucet:
Vous êtes l’ancien ministre du budget de 1988 à 1992 et sénateur du Puy de dôme, c’est la raison pour laquelle, nous sommes exceptionnellement au Sénat pour réaliser cet interview…Euh, vous ne souhaitez pas parler de, de l’affaire Marc Fievet…Est-ce que je peux vous demander quels étaient vos rapports, lorsque vous étiez ministre du budget avec ces aviseurs, je crois que vous avez souhaité les rencontrer, pourquoi ?
Michel Charasse: Lorsque je suis arrivé au ministère du budget en  mai…juin 88 , l’administration des douanes  dont l’une des fonctions importantes est de lutter contre tous les trafics …de drogue, d’argent,  euh, contre-façon..etc. prenaient par an à peu près 5 tonnes de drogue. Lorsque j’ai quitté le ministère le 2 octobre 1992, nous étions à 35 tonnes par an. C’est à dire multiplier par 5, par 7 pardon…
Elise Lucet: Ouais !
Michel Charasse : En, en un peu plus de quatre ans………..Vous pensez bien que tout ceci a nécessité une organisation
Elise Lucet: Honhon !
Michel Charasse: Ou une réu.. Ou .une réorganisation….Bien entendu ce n’est pas moi qui est tout inventé, mais j’ai donné à la douane beaucoup de moyens…avec l’argent du contribuable, pour en faire une véritable arme contre les trafiquants et notamment les trafiquants de drogues
Elise Lucet: Et parmi ces armes, il y avait les aviseurs
Michel Charasse : Et parmi ces armes il y avait la collecte de renseignement et dans l’ensemble des renseignements, il y avait bien entendu les renseignements fournis par les aviseurs…
Elise Lucet : Beaucoup ?
Michel Charasse :  Des aviseurs plus nombreux, mieux organisés, des relais mieux organisés par l’intermédiaire des , des, des correspondants que la douane pouvait avoir à l’étranger sous couverture planquée ou officielle, attachés douaniers dans les ambassades etc. etc…Donc bien entendu, on a dû beaucoup, enfin beaucoup a été dû aux renseignements
Elise Lucet : Ouais !
Michel Charasse : Et c’est d’ailleurs parce que l’affaire a pris une ampleur importante pendant le temps où j’étais au ministère, en  particulier avec la technique de ce que l’on appelle les livraisons contrôlées, c’est à dire l’infiltration de nos aviseurs ou quelques fois de douaniers d’ ailleurs, dans les réseaux de drogue
Elise Lucet : Ouais !
Michel Charasse:  Et de fonctionnaires donc, de la douane, dans les réseaux de drogue..Euh, qui a conduit à…  justement un incident grave. ..Euh…entre 90 et 92, qui s’est retrouvé devant le tribunal de Dijon, puisqu’à l’époque la législation française n’autorisait pas la livraison contrôlée,…le code pénal
Elise Lucet: Vous parlez des quatre douaniers qui ont été incarcérés.
Michel Charasse : Voilà, donc il y a eu l’affaire de Dijon  et ces douaniers ont failli être condamné et ..euh, ils ne l’ont pas été que parce que d’une part j’ai fait voter la légalisation des livraisons contrôlées….Comme je l’ai déclaré un jour, on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre,
Elise Lucet : Oui
Miche Charasse : Quand on fait la guerre on fait la guerre…
Elise Lucet : Ouais…
Michel Charasse : On ne fait pas la guerre avec le, avec le code pénal dans la poche ou avec des prières ou la bible ou le portrait de Mahomet.
Elise Lucet: Donc si on veut coincer des trafiquants, il faut utiliser leurs méthodes !
Miche Charasse: Donc, très bien euh…Il faut utiliser leurs méthodes, il faut aller les chercher là où ils sont.
Elise Lucet : Honhon.
Michel Charasse : Vous savez ce sont des tueurs, je parle pas du petit, du petit merdeux, du petit dealer, du pauvre gamin…
Elise Lucet : Non, non, on parle des Locatelli, des gens comme ceux qu’on a vu dans le reportage.
Michel Charasse : Etc… je parle, voilà, des gros. Ce sont des tueurs ! Par conséquent, on va pas attraper les tueurs en leur récitant des cantiques.
Elise Lucet : Alors, on en vient à la situation actuelle, si vous le voulez bien…
Miche Charasse : On tire d’abord et on discute après……………………….
Elise Lucet :……………….Euh, on va en venir à la situation actuelle si vous le voulez bien…
Michel Charasse : J’ai sur ce plan là, quand on a affaire à des tueurs, une notion  de l’Etat de droit qui est assez flexible…
Elise Lucet :.Michel Charasse, pour terminer, on a bien compris que vous ne vouliez pas parler du dossier de Fievet, mais est-ce qu’il y a en France … des aviseurs de la douane et là je parle pas forcément du moment où vous, vous y étiez, qu’on a laissé tomber…
Michel Charasse : ……………..A mon époque, je n’ai pas entendu dire qu’on avait laissé tomber qui que ce soit…
Elise Lucet : Donc, on laisse pas tomber les aviseurs ?
Michel Charasse :………Mais, on laisse tomber personne …Il faut laisser tomber personne. Lorsque vous êtes  engagé dans une bataille….Euh, et ben…Euh…Euh, vous faites le nécessaire pour sauver tous vos soldats…
Elise Lucet : C’est pas ce que Fievet a l’air de penser…
Michel Charasse : (6 secondes de silence).Chacun pense ce qu’il veut, moi je vous dis simplement que quand on voit les résultats qu’on voit, il faut bien que…euh, l’administration des douanes soit soutenue par son ministre et qu’elle soutienne tous ceux qui collaborent, fonctionnaires ou non à ses activités.
Elise Lucet : Michel Charasse, merci d’avoir répondu à nos questions.

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HRW (Human Rights Watch) poursuit l’agence antidrogue US pour surveillance électronique

21:38 08.04.2015(mis à jour 21:48 08.04.2015)

Selon le quotidien USA Today, l’agence DEA a intercepté plus d’un milliard d’appels téléphoniques dans plus de 100 pays depuis 1992.L’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) poursuit en justice l’agence antidrogue américaine (DEA), l’accusant de surveillance téléphonique illégale, rapportent les médias.Ces poursuites font suite à une série de révélations dans les médias sur un programme de surveillance destiné à traquer des narcotrafiquants. Selon le quotidien USA Today, DEA a intercepté plus d’un milliard d’appels téléphoniques dans plus de 100 pays depuis 1992.

La DEA a pour la première fois reconnu l’existence de ce programme en janvier dernier tout en affirmant que le programme était « suspendu en 2013 ».

L’ONG de défense des droits en ligne Electronic Frontier Foundation (EFF), qui représente Human Rights Watch dans cette affaire, a déposé mercredi une plainte auprès d’un tribunal de Los Angeles.

« La National Security Agency (NSA) n’est pas la seule agence fédérale américaine à collecter en vrac des données sur les appels téléphoniques de citoyens américains. Le programme de la DEA est un nouvel exemple de surveillance illégale », a déclaré Mark Rumold, avocat de l’Electronic Frontier Foundation.

« Le programme de surveillance non ciblée des appels téléphoniques internationaux de citoyens américains – des données sur les numéros que les gens appellent, l’heure, la date et la durée des appels – touche des millions de personnes innocentes. Et la DEA a réalisé ce programme pendant des années », a indiqué l’avocat de l’EFF, Nate Cardozo.

Human Right Watch demande au tribunal de Californie de déclarer que le programme de surveillance constitue un non-respect de ses droits constitutionnels et d’ordonner la destruction de toutes les données collectées illégalement par DEA.

HRW figurent parmi les organisations de défense des droits de l’homme qui ont récemment porté plainte contre la NSA, l’accusant d’avoir mis en place un vaste système de surveillance des communications téléphoniques et internet. L’existence de ce programme secret a été révélée par Edward Snowden, un ex-conseiller de la NSA, qui a obtenu l’asile temporaire en Russie en 2013.

USA: quant à la surveillance de masse par la D.E.A

Avatar de Marc FievetThe international informant

Aux États-Unis, la surveillance de masse a commencé 10 ans avant le 11 Septembre
Michelle Leonhart dirige la DEA, l'agence de lutte contre le trafic de drogue à l'origine du programme de surveillance.

Une enquête du quotidien USA Today livre les détails d’un programme de surveillance de masse lancé en 1992 visant les citoyens américains et les ressortissants de 116 pays liés au trafic de drogue.

George Bush n’est pas le premier de sa famille à autoriser un programme de surveillance de masse. Son père, George H. W. Bush, président des États-Unis entre 1989 et 1993, a lancé le sien en 1992. Presque dix ans avant les attentats du 11 septembre 2011, le Patriot Act, et l’extension des pouvoirs de la NSA. Le quotidien américain USA Today dévoile l’ampleur de ce programme, baptisé USTO, arrêté en 2013 après les révélations d’Edward Snowden sur les pratiques de la NSA.

À…

Voir l’article original 429 mots de plus

NARCOTRAFIC (DEA – Drug Enforcement Administration): les cadeaux des cartels de la drogue aux « stups » américains

Avatar de Marc FievetThe international informant

Le Monde.fr avec AFP | 26.03.2015 à 20h58

Des policiers américains de l’Agence fédérale de contrôle des stupéfiants (Drug Enforcement Administration, DEA) recevaient des prostituées, de l’argent, des armes et d’onéreux cadeaux des cartels de la drogue lorsqu’ils étaient en enquête à l’étranger, révèle un rapport publié jeudi 26 mars.

Ce rapport de l’inspecteur général du ministère de la justice a été réalisé après la révélation que des agents du gouvernement avaient passé des soirées avec des prostituées lors d’un voyage présidentiel en Colombie, en 2012. L’enquête a porté sur les agissements entre 2009 et 2012 des policiers de quatre agences fédérales, celle contrôlant les stupéfiants (DEA), celle contrôlant l’alcool et les armes (ATF), le FBI et les US Marshals chargés de la sécurité en vol, précise un communiqué accompagnant le rapport.Un policiers américain de l'Agence fédérale de contrôle des stupéfiants (Drug Enforcement Administration, DEA).

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/03/26/les-cadeaux-des-cartels-de-la-drogue-aux-stups-americains_4602384_3222.html#eoE8lS8CVZFpAJER.99

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Voir l’article original

COLOMBIA: 1 Of the 50 drug traffickers most wanted by DEA arrested in the northern province of La Guajira

DEA

Colombian police in the northern province of La Guajira have arrested Jose Elber Merchan Cortes, alias « El Alcalde, » one of the 50 drug traffickers most wanted in the world by the U.S. Drug Enforcement Administration, or DEA, officials said Saturday.

Merchan was the boss of Yemalla, an organization that sent large shipments of drugs to the United States through Central American countries and Mexico, where he had ties with the Sinaloa cartel, according to a police communique.

Jose Elber Merchan CortesJose Elber Merchan Cortes, alias « El Alcalde, »

« El Alcalde » is on the DEA’s list of the 50 most wanted perpetrators of federal narcotics crimes, » the police said.

Police sources told Efe that the capture operation included parallel actions in other countries.

Arrested besides Merchan were another two members of the organization identified as Luis Olarte Loaiza, who goes by the aliases of « Compinche » and « Zorro, » and Cristian Gustavo Perez Plazas, alias « Cristiano Ronaldo, » all three requested for extradition by the United States.

According to police, those arrested « based their criminal operations on the northern coast of Colombia, » precisely in the provinces of La Guajira and Magdalena, from where they shipped the drug abroad in speedboats.

Merchan, also known by the aliases of « Santi » and « Santiago Camargo, » started dealing in drugs in the year 2000 with the gang of Daniel « El Loco » Barrera, who was extradited to the United States in July 2013, the communique said.

« El Alcalde » ran his illegal business from the towns of Maicao, Manaure, Uribia, Cabo de la Vela and Puerto Portete in La Guajira province, and « extended his tentacles to the neighboring country of Venezuela, thus becoming one of the most powerful drug traffickers on Colombia’s Caribbean coast, » according to the communique.

Merchan was « something of a phantom for Colombian and U.S. authorities, so that investigations were launched to find out who this person was and then dismantle his organization, » the police said. EFE

source: http://latino.foxnews.com/latino/news/2015/03/14/1-50-drug-traffickers-most-wanted-by-dea-arrested-in-colombia/

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SUISSE (Genève): Shimon Yelinek, homme d’affaires (trafiquant d’armes, de diamants et de drogue, participant au financement du terrorisme) client de HSBC

Shimon Yelinek, criminel polyvalent mais pour HSBC, un client sans histoire

Fiche de police sur Shimon Yelinekimage: http://s1.lemde.fr/image/2015/02/14/768×0/4576774_6_14f1_fiche-de-police-sur-shimon-yelinek_b8b7b94d5a0d1c2227d0d0d74d3c819e.jpg

Shimon Yelinek est un homme d’affaire Israélien basé au Panama. Derrière ce masque anodin se cache en vérité l’un des criminels les plus polyvalents que l’on trouve parmi les clients de HSBC à Genève : trafiquant d’armes, de diamants et de drogue, il a aussi participé au financement du terrorisme.

Son plus grand fait d’arme ? L’opération Otterloo.

Barco panameño Otterloo.Fin 2001, un chargement de 3 117 kalachnikovs et 5 millions de cartouches quitte le navire Otterloo, dans le port de Turbo, en Colombie. Achetées à l’armée du Nicaragua, les armes étaient destinées en théorie à la police du Panama. Yelinek s’arrange en fait pour les livrer aux Autodéfenses Unies de Colombie (AUC), un groupe paramilitaire d’extrême droite.

LIRE aussi: http://news.bbc.co.uk/hi/spanish/latin_america/newsid_2678000/2678657.stm

Ses compétences et son réseau de trafiquant d’armes, Yelinek, né en Israël en 1961, les développe en Afrique entre 1980 et 2001. Dans les années 80 et 90, Yelinek est le chef de la sécurité de Mobutu Sese Seko, le dictateur du Zaïre (actuelle République démocratique du Congo). C’est là qu’il se lie d’amitié avec Aziz Nassour, un diamantaire libanais. Proche collaborateur du dictateur Mobutu, ce dernier exporte à Anvers des pierres du Liberia et de Sierra Leone, entre autres. Tous deux sont ou seront clients de HSBC.

Al-Qaida a besoin de diamants

En 2000, Al-Qaida prend contact avec Aziz Nassour. La raison ? Le groupe terroriste désirait sortir son argent des banques pour acquérir des diamants, afin d’éviter d’éventuelles sanctions bancaires. Le groupe terroriste, qui avait déjà frappé les deux ambassades américaines de Tanzanie et du Kenya, avait besoin de préserver ses liquidités en préparation des attentats du World Trade Center, en septembre 2011. Le marché du diamant en Afrique de l’Ouest était une cible parfaite, comme le souligne un rapport de l’organisation non-gouvernementale Global Witnessvoile les étapes de cette affaire. En décembre 2000, deux membres d’Al-Qaida, Ahmed Ghailani et Fazul Abdullah Mohammed, approchent donc Nassour à Kinshasa. Ils sont notamment connus pour leur participation aux attentats contre les ambassades de Dar es Salaam et Nairobi en août 1998. Le contact se révèle prometteur.

À l’époque, Aziz Nassour montait une opération avec son cousin Samih Ossaily pour acheter des diamants au Revolutionary United Front (RUF). Soutenu par Charles Taylor, le RUF tentait de répliquer en Sierra Leone le coup d’état réussi de ce dernier au Liberia. L’affaire était donc conclue d’avance : le RUF avait besoin de vendre des diamants et Al-Qaida était preneur.

Les remords d’un diamantaire

Quel rôle Yelinek joua-t-il dans cette affaire ? Dans une des clauses de l’accord, Nassour s’engageait à procurer des armes au Président Taylor et aux rebelles qu’il soutenait, les RUF. Fin 2000, Nassour contacte son vieil ami Yelinek. Alors basé au Marriott de Miami et répondant au téléphone sous le nom de code « Sierra », le trafiquant israélien transmet la demande à son collègue Ori Zoller. Ancien membre des forces spéciales israéliennes, ce dernier exerce dans le commerce des armes au Guatemala. Le choix n’est pas sans raison : Zoller prend part à l’opération Otterloo qui est en train de se dérouler.

Des documents de la police belge, obtenus par Le Monde, ainsi que les emails échangés entre Yelinek et Zoller, dévoilent la composition et la technicité du deal. La cargaison devait notamment contenir des kalachnikovs, des lance-roquettes, des canons antiaériens et des canons antichars. Pour contourner l’embargo des Nations Unies sur les armes imposé au Liberia et à la Sierra Leone, Nassour se procure un certificat d’utilisation finale ivoirien. Utilisé dans les transferts internationaux, ce document sert à certifier que l’acheteur est bien le seul et l’unique utilisateur de la marchandise.

image: http://s1.lemde.fr/image/2015/02/14/768×0/4576773_6_0d7f_l-ex-president-du-liberia-charles-taylor-a_99613e4b55d400743574418ab6c45b94.jpg

L'ex-président du Liberia, Charles Taylor, à Accra (Ghana), en 2003. Il est l'un des instigateurs de la guerree civile de Sierra Leone. En 2012, le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, dépaysé à la Haye (Pays Bas), le reconnaît coupable de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre.

Cependant, l’affaire s’effondre. Début 2001, Ali Darwish, un diamantaire de Sierra Leone, décide de se repentir. Il avait notamment mis en lien Nassour avec Ibrahim Bah, confident du Président Charles Taylor et proche des rebelles du RUF. Il informe les autorités américaines du trafic d’armes illégal. Celles-ci n’agissent pas mais la confiance ne règne plus entre RUF, trafiquants et diamantaires.

Au même moment, la découverte du chargement de l’Otterloo fait scandale dans la presse latino-américaine. Yelinek est sous le feu des projecteurs. Après avoir été incarcéré au Panama entre 2002 et 2004 puis relâché grâce à des pots-de-vin virés de son compte HSBC, il disparaît dans la nature. Il refait surface en 2011. Il est alors le sujet d’une enquête de la Drug Enforcement Administration (DEA) et du Département du Trésor des Etats-Unis pour ses liens supposés avec le réseau de trafic de drogue colombien de Cifuentes Villa. Ce dernier est affilié au fameux et violent cartel mexicain de Sinaloa.

image: http://s2.lemde.fr/image/2015/02/14/768×0/4576772_6_ea70_scene-de-la-guerre-civile-au-liberia-en-2003_d6c671edb1e65452b1905acd378b0f27.jpg

Scène de la guerre civile au Liberia, en 2003, qui fut nourrie par les trafiquants de diamants et les trafiquants d'armes

Les données recueillies par Le Monde dans les documents « SwissLeaks » indiquent que Yelinek a pu maintenir des comptes chez HSBC Private Bank (PB) jusqu’en 2007. À cette époque, Yelinek possédait encore 860 000 dollars dans cette institution. Ses comptes étaient liés à des sociétés écrans : Ubicon Corp. et Fenco Holding Inc. Avec la collaboration de journalistes de la Süddeutsche Zeitung, Le Monde s’est procuré les certificats de constitution de ces entreprises. Possédant déjà des entreprises écrans au Panama, Yelinek a voulu varier. D’après les documents originaux, Ubicon Corp. et Fenco Holding Inc. furent créées en avril et juin 2004 dans les îles Vierges britanniques, respectivement au nom de Yelinek et sa femme, Limor Yelinek.

Malgré son profil de trafiquants d’armes et de blanchisseur d ‘argent pour le compte d’un cartel colombien, la filiale HSBC PB n’a pas ordonné la fermeture des comptes de Yelinek. Elle ne pouvait cependant pas ignorer les agissements de son client. Il avait été fiché à plusieurs reprises entre 2000 et 2011 par des agences de sécurité américaines, belges et latino-américaines.

Plus accablant encore pour HSBC, le Washington Post avait mentionné Yelinek dans l’enquête menée sur la filiale diamantaire d’Al-Qaida en Afrique de l’Ouest début 2000.

Après l’affaire Otterloo en 2001, son nom était partout dans la presse latino-américaine. HSBC PB semble donc fautive de complicité. Consciente ou pas ?

Cela reste à définir. Avec autant de signaux d’alertes, l’ignorance n’est cependant pas une excuse valable.

Aliaume Leroy

SOURCE et plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/02/14/shimon-yelinek-criminel-polyvalent-mais-pour-hsbc-un-client-sans-histoire_4576775_3212.html#FQhzFcTwgLAO4FAw.99

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* El  Otterloo

En los archivos de la Secretaría General de la Organización de Estados Americanos en Washington hay un informe de 40 páginas con siete anexos titulado: “Sobre el desvío de armas nicaragüenses a las Autodefensas Unidas de Colombia”. El documento 3687, de enero de 2003, confirma que Panamá sirvió de fachada para que los paramilitares recibieran en el golfo de Urabá 3 mil AK47 y 2 millones y medio de municiones traídas en el trasatlántico Otterloo.

Peloticas de goma declaradas en el manifiesto de aduanas ocultaban los fusiles. A finales de 1999 se configuró un canje de armas, en apariencia legal, entre la Policía Nacional de Nicaragua y GIR, una agencia privada de comercio de armas de Guatemala: la primera entregaba 5.000 fusiles AK y municiones de sus excedentes a cambio de pistolas y ametralladoras mini-Uzi de origen israelí. GIR encontró en Panamá a un interesado en los fusiles y municiones, el israelí-panameño Shimon Yelinek, quien a su vez presentó una orden de compra de ese arsenal por parte de la Policía Nacional local, que resultó falsa. El mismo Yelinek comisionó a la compañía marítima panameña Trafalgar Maritime Inc. para cargar 14 contenedores de armas en su único buque, el Otterloo, y transportarlos entre Nicaragua y Panamá, como declaró al zarpar el 3 de noviembre de 2001. Sin embargo, hizo travesía directa hacia Turbo, Colombia, donde lo recibieron dos días después empleados de Banadex, filial de la multinacional norteamericana Chiquita Brands, y lo descargaron otros de la naviera Turbana. El DAS de Colombia, disuelto entre otros motivos por su complicidad con el paramilitarismo, registró la llegada y no encontró nada irregular. El barco terminó anclado en Panamá en diciembre de 2001, después de ir a Venezuela y Surinam. El 14 de junio de 2002 el barco fue vendido por el panameño Julio Matute al colombiano Édgar Enrique Aarón Villalba, quien se lo habría llevado a Belice, mientras la naviera Trafalgar era disuelta. “El mejor gol que metimos”, celebró el después asesinado comandante paramilitar Carlos Castaño. Hubo cinco embarques similares hasta reunir 13 mil fusiles. Según la Fiscalía, el cartel de los Castaño llegó a contar con no menos de media docena de barcos, además de embarcaciones rápidas y aeronaves, que se movían hacia el istmo desde el Atlántico y el Pacífico.

fuente: http://www.elespectador.com/noticias/nacional/barcos-anclaron-guerra-colombia-articulo-521748

Lire aussi : SwissLeaks : qui sont les millionnaires africains de HSBC ?

Lire aussi : SwissLeaks en Afrique : des diamantaires en fuite

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UK (Angleterre) – Swiss leaks / HSBC: les barons de la banque et de la drogue, même « combat »!

GARCIAJean Paul Garcia de la DNRED (DOD-DED-DRD),

carpentier

Jean Baptiste Carpentier du TRACFIN

et

Résultat de recherche d'images pour "HM CUSTOM EXCISE"

nos « amis » de HM Customs Excise

ne savaient rien!

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Avatar de Marc FievetThe international informant

Le cas de la banque britanniqueHSBC constitue un exemple supplémentaire de la doctrine « trop grandes pour être incarcérées »1. En 2014, le groupe mondial HSBC employait 260 000 personnes, est présent dans 75 pays et déclare 54 millions de clients2. Au cours de la dernière décennie, HSBC a collaboré avec les cartels de la drogue du Mexique et de Colombie, responsables de (dizaines de) milliers d’assassinats avec armes à feu, dans le blanchiment d’argent pour un montant de 881 millions de dollars3. Les relations commerciales de la banque britannique avec les cartels de la drogue ont perduré malgré les dizaines de notifications et d’avertissements de différentes agences gouvernementales des États-Unis (dont l’OCC -Office of the Comptroller of the Currency-). Les bénéfices obtenus ont non seulement conduit HSBC à ignorer les avertissements mais, qui plus est, à ouvrir des guichets spéciaux dans ses locaux à…

Voir l’article original 3 010 mots de plus

FRANCE-NARCOTRAFIC: plus la répression est efficace, plus les prix grimpent – et plus les trafiquants s’en mettent plein les poches.

31 janvier 2015, par G.Moréas

Cocaïne, fric et flics

L’arrestation ces derniers jours de policiers de la PAF, mis en cause dans un trafic qu’ils sont censés surveiller ; la disparition d’une cinquantaine de kilos de cocaïne dans la salle des scellés de la brigade des stups du quai des Orfèvres, autant d’affaires récentes qui plombent la police. Une seule raison : le fric. En octobre dernier, c’était un ancien chef d’Interpol qui était mis sous les verrous en Équateur, et l’on se souvient des nombreuses arrestations parmi les autorités de l’aéroport de la station balnéaire de Punta Cana, en République Dominicaine, après la découverte de 682 kg de cette drogue dans un Falcon 50 français, en mars 2014.

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Le trafic de stupéfiants, et notamment celui de la cocaïne, génère de tels bénéfices que tous les intermédiaires s’enrichissent… en une traînée de poudre – du moins s’ils ne vont pas en prison. Quant aux « cocotrafiquants », le fric les rend omnipuissants. Devant ces kilos de drogue qui défilent sous leur nez et qui disparaissent en fumée dans les incinérateurs, certains flics craquent. Ils passent du côté obscur. Même s’ils ne sont que quelques-uns, ils font mal à la corporation. Mais, comme dit le directeur général Jean-Marc Falcone, « la police nationale fait le ménage dans sa propre institution ».

Sniff !

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En France, d’après l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, la cocaïne se revend 68 € le gramme, pour une pureté moyenne qui tourne autour de 35 %. Ce qui met le produit pur autour de 200 000 € le kilo alors qu’il est acheté aux cultivateurs l’équivalent de 2 à 3000 €. On imagine les retombées que cela engendre tout au long de la chaîne d’intermédiaires ! Évidemment, les narcotrafiquants sont les premiers à passer à la caisse. Pour la seule cocaïne, leur chiffre d’affaires annuel se situerait dans une Prix des drogues 2013 fourchette comprise entre 75 et 100 milliards de dollars (Rapport mondial sur les drogues de 2011). Un chiffre qui est d’ailleurs en baisse sur ces dix dernières années, notamment aux États-Unis, mais qui représente environ le quart du marché de l’ensemble des drogues. Même si l’on tient compte du prix du traitement (20 à 30% du prix d’achat), la marge est impressionnante. Certains analystes estiment que le trafic de drogue dans sa totalité équivaut à 1 % du PIB mondial. Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (2009), les produits stupéfiants représenteraient environ un cinquième du produit du crime dans le monde et il faudrait un budget de 200 à 250 milliards de dollars pour couvrir les dépenses de santé annuelles liées à la consommation des « drogues illicites ». Je suppose que les drogues licites sont les médicaments ! Les moyens mis en œuvre pour lutter contre ce type de criminalité donnent le tournis. On a l’impression d’un petit monde qui s’agite en vase clos. Pour l’UE, les coûts cachés ou apparents liés aux produits stupéfiants oscilleraient entre 28 et 40 milliards d’euros par an. La cocaïne est la deuxième drogue la plus consommée en Europe. Quant à la France, elle dépenserait plusieurs milliards d’euros (je ne suis pas sûr qu’il soit tenu une comptabilité), dont une grande partie pour lutter contre l’importation de la « bigornette », comme disait Francis Carco dans La dernière chance, en 1935. En effet, via les Antilles et la Guyane, notre pays est en première ligne. Ainsi, le mois dernier, près de 30 tonnes de drogue ont été saisies lors d’une opération Interpol menée en Amérique centrale et dans les Caraïbes. En partie de l’héroïne et du cannabis, mais principalement de la cocaïne, pour une valeur estimée à 1,3 milliard de dollars. Cette opération baptisée Lionfish II a été menée conjointement par 39 pays, dont 4 de l’UE : l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas et la France. Mais c’est la France qui a financé l’opération (je ne sais pas si l’UE participe). La partie opérationnelle est revenue à l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) en coordination avec le secrétariat général d’Interpol. « L’opération a également permis de fermer une cinquantaine de laboratoires de fabrication de stupéfiants. La marine nationale colombienne a saisi un semi-submersible qui servait à transporter de la drogue, deux avions légers ont été saisis en Équateur et une vingtaine de pistes d’atterrissage dissimulées dans la forêt ont été détruites par les autorités colombiennes… », peut-on lire sur le site d’Interpol.

Comme on le sait, la cocaïne est cultivée et traitée dans le nord de l’Amérique Latine, essentiellement en Colombie, en Bolivie et au Pérou. Elle suit ensuite trois axes d’exportation « traditionnels », l’un vers les États-Unis et le Canada ; les deux autres vers l’Europe et l’Afrique (on peut se demander si la fin de l’embargo sur Cuba ne changerait pas la donne). L’UE est d’ailleurs fortement « attaquée » par des passeurs qui viennent d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique du Nord.

Dans la mer des Caraïbes, la « Méditerranée américaine », la lutte contre les trafiquants est menée par les forces armées de différents pays. Pour ce faire, plusieurs accords ont été passés, trop sans doute, au point de ne pas s’y retrouver. Ce qui favorise la suprématie américaine. En 2008, un accord a été signé entre le commandant supérieur (COMSUP) de Fort-de-France et le commandant régional américain. Nom de code : Narcops. Et en novembre 2011, une première opération conjointe d’envergure pour lutter contre le trafic à destination de l’Europe et de l’Afrique du Nord a été mise sur pied. La France dispose en permanence de deux bâtiments de guerre qui patrouillent le secteur avec chacun un hélicoptère embarqué. Parfois, un sous-marin nucléaire pointe son nez. En cas d’intervention sur un go fast, un tireur d’élite prend position pour neutraliser les moteurs. Puis il reste en appui pour protéger l’équipe d’intervention. En cas de nécessité, l’ordre d’ouvrir le feu doit venir de Matignon, via le Secrétariat général à la mer, qui assure la coordination interministérielle des actions de l’État en mer. Il faut dire que dans ce type d’opération, plusieurs ministères sont concernés : Défense, Intérieur, Justice, Finances et Santé. C’est une exception française. La police judiciaire est également très active. Il existe une antenne de l’OCRTIS à Fort-de-France et deux détachements, l’un à Pointe-à-Pitre, l’autre à Saint-Martin, et les gendarmes disposent d’un patrouilleur. Mais depuis quelques années c’est la Guyane qui inquiète. Elle a déjà pris sa place dans un trafic de « mules » à destination de la métropole. Mais cela pourrait bien évoluer, notamment en raison de sa proximité avec des pays trafiquants, comme le Surinam et le Venezuela, et aussi d’une présence policière moins forte. Dans ce département où 40 % des moins de 30 ans sont au chômage et où 44% des travailleurs sont fonctionnaires, il doit être difficile de rêver sa vie. Pour comprendre, comment on en est arrivé là, c’est-à-dire une situation inextricable malgré les moyens mis en œuvre, il faut jeter un coup d’œil en arrière… De 1860 à 1910, la coca et la cocaïne sont des denrées qui s’exportent mondialement, notamment par deux réseaux principaux partant des pays andins, l’un vers l’Allemagne et le reste de l’Europe, l’autre vers les États-Unis. Les Américains deviennent alors les plus grands consommateurs au monde. Le revirement est brutal. En 1915, les États-Unis se lancent dans une croisade solitaire contre ce fléau qui ravage l’Amérique, diabolisant l’Allemagne en le dépeignant comme l’empire de la drogue. Peu à peu, différents pays emboîtent le pas au géant américain, jusqu’à l’interdiction mondiale en 1950. En quelques décennies, un produit licite devient illicite et sa commercialisation échappe alors aux contrôles des États. Les filières légales disparaissent laissant la porte ouverte aux aventuriers et aux trafiquants de tout crin. Au retour de la guerre du Vietnam, de nombreux soldats américains sont devenus héroïnomanes. Aussi, en 1971, le président Nixon déclare la guerre à la drogue, notamment à l’héroïne. Georges Pompidou reçoit le message 5 sur 5 et Marseille perd ses labos de morphine-base. Dans le même temps, la consommation de cocaïne explose aux États-Unis. Comme un pied-de-nez – plus gentiment nommé la contre-culture. La justice moralisatrice se met en place et le nombre d’incarcération explose. Les prisons sont remplies de jeunes, surtout des Noirs et des Latinos au point que certains s’interrogent : existerait-il une raison cachée à cette pénalisation à outrance ? Un peu comme en France on utilise la pénalisation de la consommation de cannabis pour contrôler les jeunes des cités. Toute proportion gardée, bien sûr ! Même si la consommation mondiale semble stagner, peut-être à cause des drogues de synthèse, la guerre contre le trafic de cocaïne n’est pas prête d’être gagnée. Trop de fric en jeu. Et l’amusant, si l’on peut dire, c’est que plus la répression est efficace, plus les prix grimpent – et plus les trafiquants s’en mettent plein les poches. Y a pas de morale à mon histoire !

source: http://moreas.blog.lemonde.fr/2015/01/31/cocaine-fric-et-flics/

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MAROC-FRANCE: la reprise de la coopération judiciaire permettra-t-elle enfin de poursuivre M6, drug Kingpin, pour narcotrafic ? (On peut rêver, non?)

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FranceMaroc
Publié le 31-01-2015 Modifié le 31-01-2015 à 18:27

La France et le Maroc reprennent leur coopération judiciaire

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Le roi du Maroc, Mohammed VI.AFP/Abdhelhak Senna

La France et le Maroc ont annoncé la reprise de leur coopération judiciaire suspendue par Rabat il y a près d’un an. La mesure intervenait en représailles à la convocation par la justice française du chef du renseignement marocain, Abdellatif Hammouchi, en février 2014, pour des faits présumés de torture. Le gel de la coopération a entrainé le blocage de nombreux dossiers judiciaires entre la France et le Maroc, avec des conséquences non négligeables pour les binationaux, et les quelque 60 000 Français résidant dans le royaume.

Conséquence, en matière pénale tout d’abord, les extraditions de prisonniers sont gelées depuis près d’un an. Une dizaine de détenus français avait d’ailleurs observé une grève de la faim cet été, pour…

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DEA en alerte: un drone chargé de drogue s’écrase au Mexique

Les passeurs de drogue s’intéressent de plus en plus aux drones pour franchir les frontières et éviter les contrôles de police. Mais les traversées ne réussissent pas toujours.

La Drug Enforcement Administration (DEA), qui est le service de police fédéral responsable de la lutte contre les stupéfiants aux États-Unis, va devoir surveiller avec beaucoup plus d’attention le ciel à la frontière mexicaine. En effet, les passeurs de drogue s’intéressent manifestement de plus en plus aux drones de loisir pour transporter facilement leur cargaison d’un pays à l’autre, afin d’éviter les contrôles aux frontières.

L’utilisation de ces « mules high-tech » est toutefois loin d’être idéale. Le magazine Vice signale par exemple qu’un drone transportant environ 3 kg de méthamphétamine s’est écrasé près de la ville de Tijuana, une ville mexicaine bordant la frontière avec les États-Unis, et dont le niveau de criminalité est l’un des plus élevés au monde, du fait de l’important trafic de stupéfiants qui s’y déroule.

Selon les explications de la police locale, la charge était trop lourde au regard des capacités du drone. Tout le dilemme des cartels est là : faut-il utiliser un drone plus gros, donc plus facilement détectable par les autorités, pour transporter d’un coup un important volume de drogue, ou est-il plus judicieux d’utiliser un petit appareil aux capacités moindres, mais plus discret ?

D’après une source au sein de la DEA, pas moins de 150 tentatives de traversée de la frontière avec de la drogue chargée sur un drone ont été repérées depuis 2012. Et il ne s’agit là que des essais connus. On n’ose imaginer le nombre de passages réussis.

À l’étranger, les drones sont aussi utilisés pour des activités liées aux stupéfiants. En Grande-Bretagne, des cartels utilisent des caméras installées sur des drones pour détecter les cultivateurs de cannabis à extorquer. Du côté de l’Irlande, ce sont des dealers qui ont essayé d’utiliser un drone pour livrer des clients dans une prison. Sans succès : celui-ci s’est crashé.

Faudra-t-il déployer des brouilleurs voire des lasers pour neutraliser les drones dont la trajectoire laisse à penser qu’une traversée de la frontière va avoir lieu ? Ce n’est pas impossible. Après tout, ces pistes sont étudiées pour sécuriser les sites sensibles, comme les centrales nucléaires ou les lieux de pouvoir. Sans parler de l’intérêt manifeste de la police pour avoir sa propre flotte de drones.

source: http://www.numerama.com/magazine/31972-un-drone-charge-de-drogue-s-ecrase-au-mexique.html

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GIBRALTAR…The INFORMANT

When financial pressures escalate, Marc Duval (Gilles Lellouche), a Frenchman expatriated to Gibraltar, becomes a spy for French customs on the nation s border.

Navigating through debase trafficking and shady cargo, he slowly wins the confidence of Claudio Lanfredi (Riccardo Scamarcio), a powerful but dangerous cocaine importer. As Duval becomes further immersed in both the perils and temptations of the drug trafficking underworld he is forced to live on a knife edge, where only his lies can keep him alive. But it is when English customs land to arrest Lanfredi that Duval must take the greatest risk of all, placing his family in the heights of jeopardy. Inspired by true events, the writer of Mesrine and A Prophet brings a hard-hitting, suspense thriller that will make you question the very borders of the land you call home…

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Dvd disponible sous titré en anglais

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PANAMA: la CIA et la DEA…omniprésentes!

Coke en Stock (LXX) : au Panama, les radars de Berlusconi et un drôle d’avion

Comme on a pu le voir hier, le Panama est un lieu de passage obligé de la cocaïne andine, et le pays est surtout devenu le lieu du blanchiment d’argent, les banques panaméennes lessivant visiblement à tour de bras depuis des décennies. La présidence qui vient juste de se terminer n’avait pas aidé vraiment à éclaircir la situation, embarquée dans une sombre histoire de fourniture de radars et d’hélicoptères italiens où le nom de Silvio Berlusconi est apparu. Comme est apparu aussi le nom de Seldon Lady, ce responsable de la CIA en Italie qui avait fui le pays après y avoir été condamné pour avoir embarqué un responsable islamiste et l’avoir fait torturé (en Egypte, et via la Roumanie). Lady a été remis aux autorités américaines et non extradé, preuve des liens entre l’équipe de Berlusconi et la CIA. Des liens entre le Panama et les USA qui conduisent à la réactivation d’une ancienne base militaire devenue par coup de baguette magique centre de recherches anti-drogues. Un endroit où un drôle d’avion a été aperçu… un appareil qui connaîtra un drôle de sort également, ce que nous verrons une prochaine fois. D’abord, je vous propose de regarder d’un peu plus près les côtes du pays….

Le Panama voit donc passer des centaines de petites embarcations près de ses côtes et se fait survoler par des avions se rendant de la Colombie au Costa-Rica, au Honduras (où l’on tue plus qu’en Irak), au Nicaragua, davantage épargné semble-t-il, au Guatemala ou au Salvador, voire au Mexique. Pas un n’échappe au trafic. D’où l’idée présidentielle de se munir de radars, qui viennent comme une évidence comme première arme anti-drogue en ce qui le concerne. Le pays a donc décidé d’en acheter… et d’hélicoptères rapides, également, pour poursuivre en mer les go-fast marins des trafiquants. Et les voilà qui arrivent enfin, ces fameux radars le 24 octobre 2011 : il y en a 19, accompagnés de 6 hélicoptères Agusta dernier cri (des Agusta Westland AW139). Des engins italiens, comme les fameux radars, construits par Finmeccanica. Au total, il y en a pour 250 milllions de dollars (et même 333 millions si l’on compte vraiment tout, paraît-il). Et un beau scandale à la clé, qui mouille directement le président milliardaire Martinelli, via son ministre de la sécurité Jose Raul Mulino et son ministre du Budget Alberto Vallarino, car le contrat ne prévoyait pas que cela : outre de généreux pots de vin, les maçons italiens avaient aussi été sollicités pour construire… des prisons (bâties par Svemark, via un contrat à 200 millions de dollars) ! Au milieu de cet énorme scandale, Valter Lavitola, qui se retrouve aujourd’hui accusé d’extorsion de fonds en complicité avec Giampaolo Tarantini et sa femme, envers l’ancien Premier ministre Silvio Berlusconi. Tarantini n’étant autre que l’homme d’affaires qui a fourni des prostituées pour les orgies qui avaient eu lieu au Palais Grazioli sous le nom de soirées « bunga-bunga » (tenues à la résidence de Berlusconi). D’où l’inquiétude de l’opposition panaméenne sur le choix de ce matériel purement italien qui va se révéler… inadéquat.

C’est l’ancien candidat à la présidentielle panaméenne qui avait mis le feu aux poudres en révélant en décembre 2011 les mails échangés entre Lavitola et Adolfo De Obarrio, le plus proche conseiller de Martinelli (en photo, Lavitola au milieu de Martinelli et Berlusconi). L’affaire s’était tassée quelque peu, mais elle avait resurgi en avril 2012 avec la découverte de nouveaux documents bien plus embarrassants : “une partie de l’argent a été remis directement au Président panaméen, dans une valise », révèlait le texte, qui précisait même le tarif : en deux paiements, « un de 530 000 euros et le second de 140 000 »... le Corriere insistant en affirmant que c’était à l’époque où Lavitola avait été reçu avec faste au Panama. Sur les 333 millions du contrat, 10% auraient été versés en commissions… à Berlusconi ou à ses amis… et au président panaméen, ainsi qu’à des proches, tel Rogelio Oruna, lepresentant de l’IBT Group, l’argent ayant transité semble-t-il entre les mains de Frankie Francisco Martinelli, le propre cousin du président. Ce dernier rejetant en masse les accusations en parlnt de « soap opera » à propos du scandale, selon lui orchestré par l’influent journal La Prensa. Qui révélait aussitôt un voyage impromptu en Sardaigne tenu du 18 au 21 août 2011, avec Martinelli, deux de ses ministres et un membre de la Cour Suprême, avec leurs épouses respectives.

L’affaire se résumant ainsi selon 20 minutes : « Valter Lavitola et un entrepreneur de Bari, Giampaolo Tarantini, sont soupçonnés d’avoir fourni à l’ex-chef du gouvernement italien des call-girls pour des nuits torrides entre juillet 2008 et avril 2009. Ils sont en outre soupçonnés d’avoir extorqué plus de 800 000 euros à Silvio Berlusconi pour mentir à la justice sur les agissements de ce dernier. A l’origine, Valter Lavitola et Giampaolo Tarantini espéraient en échange de la mise à disposition de prostituées décrocher des contrats avec des colosses publics comme Finmeccanica. Ces contrats étaient tombés à l’eau par la faute de l’une des « escorts », Patrizia D’Addario, qui a tout raconté à la justice. Huit personnes sont poursuivies dans le cadre de ce scandale, distinct du Rubygate, pour incitation et exploitation de la prostitution au bénéfice de Silvio Berlusconi. Enfin, depuis lundi, un autre chef d’accusation pèse sur Valter Lavitola. Soupçonné d’avoir remis au président du Panama et des membres de son gouvernement des pots-de-vins versés par des entreprises italiennes pour la réalisation de prisons dans ce pays, il est poursuivi pour « corruption internationale »« . Le problème n’étant pas que celui des pots de vins versés : les radars achetés à prix d’or, avec ou sans « escort-girls » à la clé, mais ils étaient surtout largement sous-dimensionnés avait révélé la presse panaméenne. C’est « SELEX Sistemi Integrati » la société – une filiale de Finmeccanica – qui a fournit 19 de ses radars Lyra Série 50, qui ont une portée d’environ 48 kilomètres pas plus, un peu moins de 30 miles. Dans quelle mesure seront-ils capables de « voir » au large des côtes, ces radars basés au sol, voilà la question, . Ils ne fournissent pas une couverture suffisante pour recouvrir la totalité de la côte, car s’ils vous garantissent des clichés de l’ensemble de la couverture du littoral, il y aura encore de vastes zones à découvert, » dont profiteront, invariablement, les trafiquants pouvait-on conclure ! Radars inefficaces et pays corrompu : voilà qui n’aide pas vraiment pour faire baisser le trafic de drogue ! Rien ne s’arrangeait, dans le pays !

Rien, car le président avait entre temps (et dès 2010) forcé la dose du libéralisme avec la loi N°30, surnommée « loi chorizo » provoquant une autre violence : « cela avait pris des jours à la société civil pour découvrir tout ce que comportait le document législatif, mais beaucoup étaient devenus furieux après l’avoir fait, en particulier, en ce qui concerne les dispositions de la loi anti-travail. Selon le chapitre 2, article 12 de la loi 30, « les employeurs ne sont pas obligés d’extraire de leur temps de travail des travailleurs pour qu’ils effectuent des réunions ordinaires ou extraordinaires. » Le chapitre 2 développant que lors d’une grève, les contrats de travailleurs en grève peuvent être suspendus, et que les entreprises peuvent même embaucher des remplaçants temporaires ». Le résultat ne s’était pas fait attendre : « Peu de temps après le passage du projet de loi, la Bocas Fruit Company, une filiale de Chiquita Brands, a annoncé qu’elle ne pourrait plus percevoir de cotisations syndicales, romptant le contrat qui avait fait avec le Syndicat des travailleurs des bananeraies de l’industrie (SITRAIBANA) et provoquant l’indignation parmi les es membres du syndicat ? Débutée le 2 juillet, la grève des travailleurs de 48 heures s’est rapidement transformée en un affrontement de 10 jours de division et, finalement violents entre Bocas et ses employés majoritairement indigènes. Lorsque Bocas a condamné la grève comme illégale, et annoncé un report de la rémunération et menacer de licencier ceux des travailleurs qui auront participé à la manifestation, les manifestants sont descendus dans les rues furieux (…) Dans l’ensemble, la correspondance officielle du gouvernement a décompté trois morts et plus de cent quarante blessés, mais des sources extérieures estiment que le nombres de victimes, en réalité, étaient considérablement plus élevé .. En mars de cette année, l’Organisation des Nations Unies a condamné le gouvernement panaméen pour son usage répété de la violence de la police et de la discrimination raciale à l’encontre de ses communautés autochtones. Malheureusement , le rapport de l’ONU n’avait apparemment pas d’effet visible, car d’innombrables civils, dont beaucoup étaient des indigènes , ont été aveuglés ou laissés dans un état critique en raison de la propension de la police à la violence »… L’ancien patron de supermarché souhaitait peut-être diriger ses citoyens comme ses caissières. Le 29 juin 2010, plus de 10 000 manifestaient à Panama City… contre les décisions de Martinelli. Bref, une violence inattendue était apparue du fait de décisions purement gouvernementales…

Et entre temps, les liens entre Martinelli et la DEA américaine s’étaient fortement grippés, nous avait appris en décembre 2010 le New York Times dans un article parlant de la défiance croissante de dirigeants sud-américains vis à vis des méthodes de l’anti-drogue US, qu’ils contestaient de plus en plus. Wikileaks avait révélé les documents compromettants. « La D.E.A. fait face à des pressions encore plus intense l’année dernière en provenance du Panama, dont le président de droite appuyée, Ricardo Martinelli, a exigé que l’agence lui permettent d’utiliser son programme d’ écoutes téléphoniques – connu sous le nom de Matador – pour espionner ses ennemis politiques de gauche qu’il croyait capables de comploter pour l’assassiner. Les États-Unis ont refusé, selon les câbles révélés, en reprochant que M. Martinelli, un magnat de supermarché, « ne fasse aucune distinction entre objectifs légitimes de sécurité et ses ennemis politiques », déclenchant ainsi des tensions qui durent depuis des mois. M. Martinelli, qui selon les câbles posséderait un « penchant pour l’intimidation et de chantage », a riposté en proposant une loi qui aurait mis fin au travail de la DEA avec des unités de police spécialement contrôlées (…) Et quand les Etats-Unis ont repoussé ces tentatives – telle celle de déplacer le système Matador dans les bureaux du procureur général politiquement indépendant – M. Martinelli a menacé d’expulser l’agence de drogue du pays en disant que d’autres pays, tel Israël, seraient heureux de se conformer à ses demandes de renseignements. Finalement, selon les câbles, les diplomates américains se sont interrogés sur ce qu’étaient les motivations de Martinelli. Voulait-il vraiment que la D.E.A. intervienne pour perturber les coups d’état présumés de ses adversaires ou était-il en essayant d’empêcher l’agence d’apprendre la corruption qui régnait parmi ses parents et ses amis ? Un câble a affirmé que le propre cousin de Martinelli a aidé à passer en contrebande des dizaines de millions de dollars provenant de la drogue passée par le principal aéroport de Panama chaque mois Un autre notait qu’ « il n’y a aucune raison de croire qu’il y aura moins d’actes de corruption au sein de ce gouvernement qu’avec le gouvernement précédent. « 

Voilà donc le pays pas davantage protégé des intrusions, en tout cas. Question avions, vous-ai-je dit précédemment, c’est un fort particulier qui nous intéresse au Panama. Revenons pour cela quelques années en arrière avec la décision de la part des Etats-Unis de retirer leurs bases militaires du pays. C’est en effet en 1999, à la suite du traité Torrijos-Carter que les USA ont décidé de quitter la base d’Howard, laissée aux panaméens (le canal lui-même étant restitué le 31 décembre 1999), le Southern Command allant s’installer à Miami. C’était le pivot des opérations de déstabilisation des pays d’Amérique du Sud. toutes les opérations de « cover-up » passaient par elle. C’est par elle par exemple qu’étaient passés les avions de l’Operation Blue Spoon devenue Operation Just Cause pour aller arrêter Noriega, une opération effectuée par des agents de la DEA. On y voyait atterrir et décoller des Corsair II mais aussi de gros porteurs à réaction, les C-141 Starlifters ou les C-5 Galaxy. Lors de l’Operation, deux F-117 effectueront leur première sortie armée. Officiellement, donc, les américains n’étaient plus sur place depuis 15 ans : ils s’étaient carrément installés en Colombie, au prétexte du « Plan Columbia » pour lutter contre la cocaïne, mais aussi pour surveiller son trafic en Golfe du Mexique, au Honduras, au Salvador, en République Dominicaine, au Belize, à Curaçao et Aruba, à Antigua et dans les Bahamas., la Quatrième Flotte de la Navy étant déployée en soutien. Comme le perçoivent certains, le déploiement d’un nombre conséquent de militaires us en Grande Caraïbe est bien plus une question de stratégie commerciale et de l’idéologie qu’une lutte véritable contre la drogue. Le Vénézuela, particulièment visé, étant l’objet d’une surveillance aérienne assidue à ses frontières.

La mort tragique de Torrijos dans un accident d’avion (selon l’économiste John Perkins elle aurait été provoquée par les USA !) va progressivement remettre en cause le traité signé par Jimmy Carter. Son successeur immédiat, Ernesto Perez Balladares puis surtout Mireya Elisa Moscoso Rodríguez (de 1999 à 2004) changeront la donne, Mireya en montrant une toute autre façon de voir, devenue essentiellement pro-américaine : six jours avant de quitter le pouvoir, elle graçiait en effet les terroristes Luis Posada Carriles, Gaspar Jimenez, Pedro Remon et Guillermo Novo Sampol, capturés au Panama pour avoir tenté d’assassiner Fidel Castro lors de sa visite au Sommet ibéro-américain au Panama. Un geste jugé scandaleux par beaucoup. Si c’est le propre fils de Torrijos qui devient président en 2004, les relations avec les USA ne se détériorent pas pour autant et l’élection de Ricardo Martinelli renoue davantage les liens. Ce dernier souhaite en effet ouvertement se rapprocher des USA pour qu’ils forment ses policiers pour lutter contre le trafic de drogue. C’est ainsi que l’ancienne base d’Howard s’était retrouvée sous Martinelli à nouveau utilisée au nom de la guerre à la drogue, le Panama ayant signé entretemps plus de 700 contrats d’aide pour lutter contre la drogue avec des agences américaines liées au Defense Department depuis 1999. Howard avait été rebaptisée « Multinational Counternarcotics Center » mais personne n’était dupe, à voir ce qui s’y pose depuis comme appareils.

D’autant plus que des bavures apparaissent dans ce déploiement de forces. Ainsi en mai 2012, où un erreur tragique sera vite enterrée par la presse. Les gens de la DEA ayant la gâchette bien facile, semble-t-il. « Le 11 mai, une unité anti-drogue de la DEA-hondurienne conjointe installée sur la Forward Operating Base de Mocoron lancée contre des présumés trafiquants de drogue tôt le matin dans la région de la côte Miskito. Dans l’obscurité avant l’aube, les artilleurs des hélicoptères et des soldats sur le terrain auraient tiré sur un bateau sur les rives de la rivière Patu, tuant quatre des passagers à bord. Il a été découvert plus tard que le bateau était tout simplement un navire de passagers, et il existe des preuves et une enquête crédible qui indique que les passagers n’étaient pas été impliqués dans le trafic de drogue. Le jugement hâtif, cependant, et la manière est dans lequel les rapports de presse ont au début utilisés des sources anonymes « officielles » qui caractérisaient le peuple Miskito en termes généraux comme étant des criminels, fait écho à une autre victime de la guerre de 30 ans contre la drogue : la vérité » écrit fort justement Larry Birns, directeur du Council on Hemispheric Affairs.

La « guerre à la drogue » étant aussi celle de la désinformation et de la manipulations des esprits, la presse US étant sur la sellette : ‘l’opération douteuse a présenté un nouveau modèle de tactiques de contre-insurrection sur la base de l’interdiction de drogues développée et perfectionnée par l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Les méthodes utilisées dans l’opération ne devraient pas venir comme une surprise, car il y avait des signes qu’un changement significatif de la méthodologie, conçu pour apporter la guerre aux trafiquants au Honduras , a participé à la décision. Dans un article du New York Times du 5 mai 2012 , « Les leçons de l’Irak Aide US Combat une guerre contre la drogue au Honduras ,  » Thom Shanker rapportait que la DEA américaine a récemment mis en place trois opérations avancée sur des bases – Mocoro de Puerto Castilla, et El Aguacate en régions éloignées du Honduras afin de mettre en œuvre les « missions de faible taille, avec un nombre limité de troupes, des partenariats avec des militaires et de la police étrangère forces qui prennent la tête des opérations de sécurité, et des objectifs étroitement définis, visant des insurgés, des terroristes ou des groupes criminels qui menacent les intérêts américains ». Selon Shankar, l’objectif de la base d’opérations avancée Mocoro était la Côte Miskito décrite comme une zone  » rouge/chaude  » pour le trafic de drogue. Les Miskitos , cependant, ont protesté contre l’attaque, et refusé d’être caractérisés comme des criminels ; ils auraient ainsi été naturellement disposés à prendre des dommages collatéraux de ces opérations, ou être accusés à tort de complicité. Au lendemain de la tuerie , un certain nombre de Honduriens et certains responsables américains anonymes ont dénigré la culpabilité sur les passagers du bateau ; le porte-parole du Département d’Etat et l’ambassade des États-Unis au Honduras ont affirmé que les agents de la DEA n’ont joué qu’un  » rôle consultatif  » à la mission. Des  » fonctionnaires  » anonymes des États-Unis immédiatement transmis un texte justifiant les dommages collatéraux, ou pour mettre de côté les euphémismes et être franc, le meurtre de deux femme enceintes et leurs deux enfants, et en blessant plusieurs autres qui étaient sur ​​le bateau de passagers sur les rives de la la rivière Patu. Par exemple , dans un article le 17 mai , le journaliste du Washington Post William Booth se réfère à l’anonymat des agents représentant les organismes d’application de la loi, et les diplomates qui ont été informés de la mission « Ces fonctionnaires anonymes ont monté une affaire contre l’innocence des victimes : « Les responsables américains ont déclaré qu’il n’était pas inhabituel pour les autorités locales de travailler avec des contrebandiers et ont également déclaré ils se demandaient pourquoi les civils innocents seraient sur ​​l’eau au milieu de la nuit .  » Le même jour , le journaliste du New York Times Damien Cave cité ces fonctionnaires anonymes comme disant  » Il n’y a rien dans le village local qui puisse être inconnu , une surprise ou un mystère à ce sujet. Qu’est-ce qui s’est passé, c’est que , pour la première fois dans l’histoire de l’Ahuas , application de la loi hondurienne a perturbé le trafic de stupéfiants . Avant même que l’armée hondurienne a eu l’occasion d’enquêter , le président hondurien Porfirio Lobo est allé vilipender les communautés de la côte Miskito :  » Nous avons un problème dans la côte Miskito parce que la communauté se range en masse pour défendre les trafiquants de drogue en raison de leur situation car ils vivent dans la pauvreté structurelle. «  Comme pour l’Irak et l’Afghanistan, la guerre à la drogue s’accompagne bien d’une guerre de l’information ! C’est bien le même schéma et ce sont bien les mêmes méthodes d’intoxication !!!

Des radars incapables de distinguer en tout le départ de bateaux de pêches porteurs de cocaïne, capables de traverser l’Atlantique malgré leur état déplorable comme le raconte ici SenegalInfos : « et ce n’est pas fini : le 07 juin 2008, plus grosse prise encore avec l’arraisonnement au large du vieux cargo Opnor, en très mauvais état (il datait de 1961 !), battant pavillon panaméen, véritable épave flottante de 412 tonnes, intercepté avec 3,7 tonnes de cocaïne à bord par la marine espagnole, visiblement très bien renseignée : il s’apprêtait à descendre tout son chargement via des pirogues sur le rivage, au même endroit, sur la plage de M’bour, décidément haut lieu du trafic dans le pays. Le bateau était parti du Venezuela, mais avait fait un détour par le Antilles néerlandaises. Son capitaine est hollandais et à bord il dispose de quatre marins ghanéens. Dès 2008, certains tirent donc la sonnette d’alarme au Sénégal : la circulation de la drogue y est devenue en à peine deux années dantesque ! ».  Le navire poubelle naviguant toujours en 2011, comme on le constater ici à La Palmas le 23 février… un navire couvert de rouille atterrissant au large de Mbour, où un juteux commerce de crevettes était en place : en fait de crevettes, l’une des fermes aquacoles sénégalaises dissimulait des tonnes de coke !!! Une ferme construite avec… des aides européennes, les trafiquant étant assez adroits pour berner tout le monde ! Avec au milieu du trafic, Walter Amegan, « échappé » de Mauritanie, qui croisait tranquillement à Saly Stéphane Alzraa, dont l’autre ami s’appelle Michel Neyret. Amegan ayant été relâché à Nouakchott suite à un procès tenu début 2010 où étaient venus plaider en sa faveur deux ténors : Jacques Vergès et Eric Dupond-Moretti, pas moins !!! A Sally, il croisait aussi le « correspondant téléphonique » de Nerey, à savoir Gilles Tepie. « Un trafiquant qui s’échappera in extremis de la traque de Neuilly portant sur la livraison de 110 kg de coke, grâce à un coup de fil donné par Michel Neyret en personne, cela on le sait, aujourd’hui, les faits sont là (et décrits aussi dans notre épisode précédent) » avais-je écrit en novembre 2011. Ce monde est bien petit, en fait !!! Comme l’avait aussi dit Paris-Match : « Pourquoi donc Neyret aurait-il été, seul, en vacances, au contact de deux trafiquants internationaux de cocaïne ? Quel rôle aurait joué Albert dans cette rencontre ? Mais surtout que serait venu donc faire dans ce rendez-vous un des protagonistes de l’affaire des 111 kg de cocaïne de Neuilly ? » soulignait l’hebdomadaire… découvrant comme beaucoup les ramifications d’un énorme trafic.

Mais Martinelli le sait, en fin de second mandat, il ne peut pas se passer des USA à moins d’embarrasser son successeur, qu’il espère de droite comme lui, bien sûr. Alors pour se montrer conciliant avec les USA ; il va leur faire un cadeau. Quelque chose de rare, puisqu’il s’agît d’un agent de la CIA… et pas n’importe lequel (…) « le 17 Juin un ancien agent de la CIA à Milan, en Italie, Robert Seldon Lady , a été arrêté au Panama en vertu d’un mandat d’Interpol . Lady et d’autres agents de la CIA avaient initialement été poursuivi en Italie pour leur rôle dans l’enlèvement illégal d’un musulman, Hassan Mustafa Osama Nasr, et de l’avoir envoyé dans le cadre du programme de restitutions extraordinaires de l’administration Bush dans l’Egypte de Hosni Moubarak, où il avait été torturé ». Voici qu’on retrouvait une vieille connaissance d’Agoravox avec Seldon Lady ! « Au moment de la déclaration de culpabilité devant la juridiction italienne, les 22 agents de la CIA n’étaient déjà plus en Italie. La condamnation de 9 ans de Lady, réduite à 6, avait déclenché l’intervention d’Interpol. Dans des circonstances normales , le Panama aurait dû l’envoyer en Italie pour y purger sa peine, mais à la dernière minute, le gouvernement de Martinelli a envoyé aux États-Unis à la place , où il allait retrouver la liberté et de l’impunité. Les Autorités italiennes exprimant leut frustration avec le Panama qui ne leur offrait même pas une raison valable pour ne pas extrader Lady » (*)

Au Panama, déboulent donc d’étranges engins, avec l’accord des américains qui les fournissent. « Les projets prévus par le Pentagone pour le Panama comprennent l’utilisation de drones de Stark Aerospace, une division d’Israel Defense Industries, ainsi que d’une mise à niveau vers les champs de tir. Stark est une petite entreprise basée dans le Mississippi dont l’activité principale est la production de drones y compris la surveillance non armée sur des véhicules ou un drone armé « Hunter » a-t-on pu lire. Cela a-été utilisée pour des missions de bombardement en Afghanistan et en Irak. Les champs de tir pollués étant mis à jour… Des terrains devenus une épine dans traité du canal dans la fin des années 1990 parce que des dizaines de milliers d’explosifs (dont certains mêlés à des produits chmiques) ont été laissés sur les zones de tir réel sur les rives du canal. Le nettoyage fait, on s’aperçoit qu’un autre avion fort particulier fait des visites régulières de la base d’Howard. Il ressemble à un avion civil, c’est un bimoteur DDHC-8-202Q blanc et bleu foncé, fabriqué à cinq exemplaires seulement et utilisé par le US Air Force Special Operations Command (AFSOC). L’avion a un double… chez les garde-côtes : équipés d’un radar de recherches Raytheon SeaVue 1022 sour le ventre et d’une tourelle vidéo Wescam 16DS, il s’apppelle DHC-8-202 « Coastwatch » ; un modèle repris par le United States Customs and Border Protection/Office of Air and Marine. Chez les militaires, l’un des jumeaux de l’AFSOC, le N355PH, a connu une drôle de fin : envoyé au Mali, il s’y est écrasé bêtement le 19 novembre 2009 à Tarakigné … son pilote ayant oublié de faire le plein !!! A son propos, le communiqué gêné de l’AFRICOM révélera une perle, en parlant de « 9 personnes à bord », blessées… et « 3 passagers seulement ». Ce qui faisait un « équipage » de 6, montrant que 4 personnes au moins à bord s’activaient à autre chose que piloter l’appareil ! Un superbe avion-espion, à vrai dire. Bourré d’électronique, valant… 7,2 millions de dollars pièce. Des avions immatriculés en « N » mais qui n’ont pas vraiment de propriétaire : à l’AFSOC ils volent pour le Special Operations Squadrons – l’ancien 318th SOS, devenu 524th SOS – au sein du 27th Special Operations Wing de la base Cannon AFB, mais n’ont pas pour autant de désignation militiaire… demeurant des appareils détenus par des sociétés privées… fantômes. De simples boîtes aux lettres, la plupart du temps. Les cinq exemplaires sont en effet censés appartenir en effet à une obscure société de leasing située à Wilmington, dans le Delaware. Sous deux appelations différentes : « Win Win Services LLC » et « Bam Leasing LLC« , pour ajouter à l’imbroglio. Voilà qui sent fort les opérations secrètes !

Ratatiner ainsi un engin de plus de 7 millions de dollars montre à quel point l’armée américaine se fiche pas mal de la formation de ses propres pilotes, ou plutôt qu’elle fait confiance à de drôles de loustics, le plus souvent des « contractants » le mot poli pour dire mercenaires. A un point tel que l’expérience désastreuse est pleinement reproductible : ce qu’un autre crash sidérant va démontrer avec éclat, celui de l’exemplaire N356PH, frère jumeau du précédent, qui s’écrase le 5 octobre 2013 en Colombie dans des conditions rocambolesques : or il avait décollé, justement, de la fameuse base d’Howard, et c’est cela aussi bien sûr qui nous intéresse, et que l’on verra un peu plus tard si vous le voulez bien…

(*) l’élection récente de son ex-second laisse envisager des liens renoués avec les américains, lasseés de la corruption de la famille Martinelli : « M. Varela, âgé de 50 ans, avait aidé M. Martinelli, un magnat de la grande distribution, à conquérir le pouvoir il y a cinq ans et avait été élu à la vice-présidence. Les rapports entre les deux hommes s’étaient rapidement dégradés et M. Varela avait rompu avec le président Martinelli en 2011. Il avait toutefois conservé son poste de vice-président après la rupture, mais perdu son portefeuille de ministre des relations extérieures. M. Varela est alors devenu un des critiques les plus acerbes du président sortant, l’accusant de dérive autoritaire et de corruption. Des rumeurs, venant selon lui de la présidence, l’ont associé à un réseau mafieux de blanchiment d’argent. L’ambassade des Etats-Unis à Panama a démenti que son visa américain ait été annulé« … Visiblement ce n’étaient pas que des rumeurs !

source:http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxx-au-panama-les-151366

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DEA: Alleged PCP Distributor Who Shot a DEA Agent Arraigned on Federal Narcotics and Assault Charges

Alleged PCP Distributor Who Shot a DEA Agent Arraigned on Federal Narcotics and Assault Charges

DEC 02 (COLUMBIA, S.C.) – Joel Perrin Robinson has been arraigned on federal drugs and weapons charges in relation to the shooting of a DEA agent while a search warrant was being executed at his home on October 20, 2014.

John S. Comer, the Acting Special Agent in Charge of the DEA Atlanta Field Division stated, “The wounding of our agent during the execution of a Federal Search Warrant reinforces the daily dangers law enforcement officers face while conducting narcotics investigations.  The DEA will work closely with our federal, state and local counterparts to assist the US Attorney’s Office in the prosecution of this matter.”

“This defendant is charged with opening fire on federal agents while they were serving a federal narcotics search warrant.  A DEA Special Agent was seriously injured,” said United States Attorney Sally Quillian Yates.  “This office will continue to work with its law enforcement partners to ensure that he is held accountable for his actions.”

David A. Thomas, Special Agent in Charge of the FBI’s Columbia Field Office said, “This case is the result of an unfortunate reality that happens far too often to law enforcement officers working selflessly to make our communities safer. It is a grim reminder of the violence associated with the illegal drug trade and the dangers faced by law enforcement officers trying to stop it.”

According to United States Attorney Yates, the charges, and other information presented in court:   Beginning in 2007, Robinson, along with co-conspirators Coleman Warnock and Adrian Banks (both have been charged with narcotics offenses in the Northern District of Georgia) allegedly purchased, stored, brokered, distributed and used a number of chemicals, including piperidine, a PCP precursor, to manufacture large quantities of PCP, a controlled substance.  At the direction of Warnock, Banks transported chemicals used to manufacture PCP from the Atlanta, Ga., area to Robinson, who stored the chemicals at his residence in Orangeburg, SC.  Then, Robinson, Warnock and Banks allegedly transported chemicals used to manufacture PCP from South Carolina to other jurisdictions.

On July 6, 2013, Warnock and two other individuals were processing chemicals associated with PCP manufacturing at a residence located in Fairburn, Ga.  On that date, a green GMC Canyon pickup truck registered to a relative of Robinson was located at the residence, along with two trailers which had been used by Warnock, Banks, and Robinson to transport chemicals associated with PCP manufacturing.  One of the trailers was purchased and titled in the name of a relative of Robinson.  At some point during the processing of the chemicals, a fire erupted and burned for two days – destroying the residence.

On or about December 4, 2013, at the direction of Warnock, another individual transported a trailer which contained, among other items, 55-gallon drums of piperidine to Robinson’s Orangeburg residence.

On October 20, 2014, at approximately 6:15 a.m., DEA special agents and Task Force agents were executing a federal search warrant to search Robinson’s Orangeburg residence for evidence of a drug trafficking crime while announcing “police, search warrant” in a loud and continuous manner.  The indictment alleges that Robinson fired four shots from his bedroom. Then, he walked out of his bedroom into the pool area of the residence.  At that time, Robinson allegedly used a laser sight on his .45 caliber pistol and fired an additional two rounds at DEA agents who were part of the search warrant team, providing coverage for agents executing the search warrant in the garage area. One of the rounds fired by Robinson struck a DEA special agent in the right elbow, causing the agent serious injury.  Robinson then surrendered to law enforcement and was placed under arrest.

During the search of the residence, agents also located an AR-15 rifle with three magazines and Aim Shot scope, a 16-gauge shotgun, a semi-automatic rifle, a .22 caliber semi-automatic rifle, a 12-gauge shotgun, a bolt action rifle, a .22 caliber revolver, a .38 caliber revolver with laser grip sight, and a 380 handgun with magazine and laser sight.  A bulletproof vest was also recovered from Robinson’s bedroom.

A federal grand jury seated in the District of South Carolina returned the indictment for Joel Perrin Robinson, 32, of Orangeburg, SC., on November 20, 2014.   He was arraigned before a United States Magistrate Judge in Columbia, SC.

The United States Attorney’s Office for the Northern District of Georgia is handling the prosecution of Robinson as the United States Attorney’s Office for the District of South Carolina has voluntarily recused itself from the case.

Members of the public are reminded that the indictment only contains charges.  The defendant is presumed innocent of the charges and it will be the government’s burden to prove the defendant’s guilt beyond a reasonable doubt at trial.

Special agents and Task Force agents of the Drug Enforcement Administration and the Federal Bureau of Investigation are conducting the investigation of this case.   Valuable assistance was also provided by the Georgia Bureau of Investigation, Georgia State Fire Marshal’s Office, Fulton County Fire Department, Atlanta Fire Department, Snellville Police Department, Henry County Sheriff’s Department, Clayton County Sheriff’s Office, South Carolina Law Enforcement Division (SLED), Richland County Sheriff’s Department, Lexington County Sheriff’s Department, Kershaw County Sheriff’s Department, Orangeburg County Sheriff’s Office, Fifth Circuit Solicitor’s Office, and the Columbia Police Department.

Assistant United States Attorneys Michael Herskowitz, and Vivek Kothari, who have been admitted as Special Assistant U.S. Attorneys in the District of South Carolina, are prosecuting the case.

The DEA encourages parents, along with their children, to educate themselves about the dangers of legal and illegal drugs by visiting DEA’s interactive websites at www.justthinktwice.com, www.GetSmartAboutDrugs.com and www.dea.gov.

http://www.dea.gov/divisions/atl/2014/atl120214.shtml

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CANADA : vaudeville carcéral pour Pierino Divito, suite logique chez les tartuffes!

PARODIE de Justice à BATHURST – NB Canada
En juin 1998, la Justice canadienne…poursuit Carlos Hernandes Rumbaut et…acquitta ce narcotrafiquant avec l’aide de la GRC/RCMP en octobre !Parodie de justice à Bathurst-NB Canada!
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 Pierino Divito – Photo: La Presse

Pierino Divito... (Photo: La Presse)Une décision pourrait être prise aujourd’hui au sujet de la détention de Pierino Divito, 75 ans, condamné à 18 ans de prison en 1994 pour l’une des plus importantes importations de cocaïne de l’histoire du Canada.

Le dossier du septuagénaire a connu des rebondissements dignes d’un vaudeville, vendredi. À la suite d’une démarche en Cour supérieure de son avocat, Me Clemente Monterosso, les Services correctionnels canadiens auraient accepté de libérer le trafiquant le jour même, mais auraient voulu l’envoyer en maison de transition en raison de conditions qui lui sont toujours imposées.

«Mon client veut habiter chez un membre de sa famille. Il a refusé de signer le formulaire de libération. Il a dit à la directrice: Cela fait 20 ans que je suis en prison. Vous n’allez pas me causer des problèmes pour 20 jours», a raconté à La Presse Me Monterosso, selon qui la sentence de son client prendra fin le 27 mars.

Selon l’avocat, les responsables des Services correctionnels doivent se réunir d’urgence aujourd’hui pour discuter de la situation. «Nous ne pouvons commenter le dossier en raison de la réglementation sur la protection des renseignements personnels», nous a laconiquement répondu leur porte-parole Serge Abergel. Parallèlement à tout ça, Me Monterosso doit de nouveau se présenter devant le juge André Vincent de la Cour supérieure, aujourd’hui.

Le litige provient du fait qu’entre 2005 et 2012, Divito a été emprisonné aux États-Unis pour une autre affaire d’importation de cocaïne en Floride; les autorités carcérales considèrent que ces sept ans ne doivent pas être pris en considération dans sa sentence canadienne de 18 ans.

Pierino Divito a été arrêté en 1994 au Nouveau-Brunswick, en compagnie de son fils Michael, pour avoir tenté d’importer de Colombie, par bateau, 5420 kg de cocaïne évalués à 500 millions de dollars.

Daniel Renaud
La Presse

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REMEMBER

La Justice canadienne…ou les tartuffes en action!

La JUSTICE canadienne....

lire: http://marcfievet55.skyrock.com/3180527447-La-JUSTICE-canadienne.html

R. v. Rumbaut, 1998 9816 (NB QB)

1998-10-05

IN THE COURT OF QUEEN’S BENCH OF NEW BRUNSWICK

TRIAL DIVISION

JUDICIAL DISTRICT OF BATHURST

Date: 19981005

Docket: B/M/118/97

BETWEEN:

HER MAJESTY THE QUEEN

-and-.

CARLOS MIGUEL HERNANDEZ RUMBAUT

BEFORE:                                    The Honorable Mr. Justice Alexandre Deschênes

HELD AT:                                    Bathurst, N.B.

DATE OF TRIAL:                        January 26, 27, March 2, 3, 4, 9, 10, 11, 12, 13, May 1, June 2, 3, 4, 5, 8, 10, 15, 16, 17, 18, 19, 22, 23, 24, August 21, 24, 25, 26, 27, 28, 31, September 1, 3,8, 10, 11, 1998.

DATE OF DECISION                 October 5, 1998

APPEARANCES:

Michel J. Bertrand, Esq., and G. Scott Ellsworth, Esq., for the Crown

Scott F. Fowler, Esq., for the accused

[Page 2]

Deschênes, J.:

The accused Carlos Miguel Hernandez Rumbaut is charged as follows:

CARLOS MIGUEL HERNANDEZ RUMBAUT, stands charged that between the 20th day of December, A.D., 1990, and the 22nd day of February, A.D., 1994, both dates inclusive, at or near Shippagan and Lameque, in the County of Gloucester and the Province of New Brunswick, at or near Bouctouche and St-Edouard, in the County of Kent and the Province of New Brunswick, at or near Plaster Rock, in the County of Victoria and the Province of New Brunswick, at or near the City of Moncton, in the County of Westmorland and the Province of New Brunswick, at or near the City of Montreal, in the District of Montreal and Province of Quebec, at or near Shelburne and Province of Nova Scotia, and elsewhere within Canada, he did unlawfully conspire with Pierino DIVITO, Mike DIVITO, Eusébe GAUVIN, Raymond LEBLANC, Roberto SORENTI, Pierre DUGUAY, Jürgen KIRCHHOFF, Marc FIEVET, Claudio LOCATELLI and Alfredo CHIERCHIA, or some one or more of them, and with persons unknown, to import a narcotic into Canada, to wit: Cocaine, contrary to and in violation of Section 5(1) of the Narcotic Control Act, thereby committing an indictable offence contrary to and in violation of Section 465(1)(c) of the Criminal Code of Canada and amendments thereto.

For the purposes of this trial, the accused has made several admissions, the most important being related to the tape recordings containing intercepted private communications and their authorizations.

Exhibit 173 is a large box containing 223 cassettes of intercepted private communications while exhibit 174 contains several binders of the transcription of those intercepted conversations.

[Page 3]

Apart from a few authorizations which were contested but were declared valid, the validity of the authorizations to intercept the private communications was not in issue nor was the fact that the interceptions were carried out in accordance with the authorizations. It was also agreed that the statutory requirements as to notice of intention to produce were met.

With respect to the taped conversations, the accused did not take issue with the integrity, authenticity or accuracy of the tapes, nor their continuity; in fact, the only issue raised by the accused related to the voice identification of one Claudio Pasqual Locatelli (known as Mario), one Marc Fievet and the accused, which, the Crown alleges, is the person identified as Jose Luis on some of the taped conversations.

The Crown produced evidence which clearly identified the voices of Mr. Locatelli and Mr. Fievet on those taped conversations so that the only remaining issue on voice identification was whether or not the voice of Mr. Jose Luis is in fact the voice of the accused. It was also specifically admitted by the accused that all persons shown to be speaking on such transcripts as their names appear are in fact the persons as identified in the transcripts and that the Crown would not have to produce evidence of voice identification.

With respect to the transcripts, the accused agreed that they should be considered as evidence and not simply as an aid to the taped conversations and that all translations from any language to the English language was in fact a correct translation.

[Page 4]

It should also be noted at this time that although the accused did not formally admit that there was a conspiracy to commit an indictable offence as described in the indictment, the accused did concede on several occasions throughout the trial that the admissible evidence to support such a conclusion was overwhelming. In order to reach the only real issue in this case, namely, the identity of the accused Carlos Rumbaut as an offender, I intend to briefly discuss the question relating to the existence of the conspiracy to import cocaine in Canada but, before doing so, it would be wise to outline generally the legal principles I intend to follow in reaching my decision.

THE LAW

  1. a)      The indictment

The indictment filed against the accused has already been recited.

The relevant parts of s. 465 of the Criminal Code read as follows:

« 465(1)      Except where otherwise expressly provided by law, the following provisions apply in respect of conspiracy:

(c)     Everyone who conspires with anyone to commit an indictable offence … is guilty of an indictable offence and liable to the same punishment as that to which an accused who is guilty of that offence would, on conviction, be liable; »

The indictment alleges that the accused conspired to commit the indictable offence of importing into Canada a narcotic, namely cocaine, contrary to s. 5(1) of the

[Page 5]

Narcotics Control Act which prohibits the importation of cocaine into Canada except as authorized by the Act or its regulations.

  1. b)      Elements of the offence

Because there is no definition of conspiracy in the Criminal Code, a common law definition must be used. In R. v Hillier, reflex, (1993) 109 Nfld. & P.E.I.R. 92, Green J. provides a useful summary of the essential elements of the offence of conspiracy:

I take the law to be that a conspiracy, for the purposes of the criminal law, consists of an agreement between or among two or more persons to do an unlawful act or to effect a legal object by unlawful means. It is often said that it is the agreement that is the « gist » of the offence »: Paradis v. R 1933 75 (SCC), [1934] S.C.R. 165 at 168. To establish the actus reus of the offence, therefore, the Crown must prove an agreement as well as the fact that the specific accused is a party to that agreement. The agreement need not be a contract in the commercial sense with proof of offer acceptance and consideration: R. v. Ryan reflex, (1986), 61 Nfld. & P.E.I.R. 338 (NF S.C., T.D.). Accordingly, it is not necessary to show that any particular party benefitted [sic] as a result of, or furnished anything in return for, the assent of the others.

Inasmuch as the act of agreeing involves mental assent there is therefore a mental element inherent in proof of the actus reus. It is the act of agreeing which constitutes the actus reus. It is not therefore sufficient to prove that more than one person had the same or similar intention to commit an unlawful act. There must be an agreement to commit the unlawful act in concert in pursuit of a common goal; « conscious parallelism » is not enough. See R. v. Cotroni; Papalia v. The Queen (1979), 45 C.C.C. (2d) 1 (S.C.C.).

I adopt the following general propositions with respect to the requirements for an agreement in the law of conspiracy, which are set out in Goode, Criminal Conspiracy in Canada (1975) at p. 13:

« First, the mere fact that two persons pursue the same illegal end does not render them conspirators…. Second, there is no requirement that there be any formal agreement, by word

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or deed. Third, the « agreement » may be express or it may be tacit. Fourth, mere knowledge or discussion of, or acquiescence in a plan of criminal conduct is not, of itself, sufficient. Last, there is no requirement that the parties actually physically meet, or perhaps, even know of each others existence. »

The mental element inherent in proof of the actus reus is different from the mental element necessary to establish the mens rea. In R. v. Carrier (1977) 12 Nfld. & P.E.I.R. 189 Gushue, J.A. of the Newfoundland Court of Appeal stated at 191:

« To establish the criminal offence of conspiracy, it must be proved that there were two or more participating parties with a common design to effect the commission of an unlawful act …Intention is also significant, but it must be not merely an intention to agree, but one to put the common design into effect. »

In R. v. O’Brien 1954 42 (SCC), [1954] S.C.R. 666, Rand, J. described the position as follows at 672:

« …in conspiracy, there is not only agreement to do the act proposed signified by words or other means of communication, but also the coexistent intent in each to do it.

Thus, it is possible that a person could voluntarily agree with another to do an act (the intention to agree being essential to establishing the fact of agreement and hence the actus reus) but have no intention to actually carry it out (thereby lacking the mens rea for the offence). There is nothing on the facts of this case to indicate that any of the accused, if they apparently agreed, nevertheless in fact had no intention to carry out the purpose of the conspiracy. Accordingly, in this case, a conclusion that a particular accused in fact agreed to do the illegal acts alleged will carry with it a conclusion that he intended to do those things. The presumption that a person intends the natural consequences of his acts will apply. (End of quotation)

  1. c)      Proof of the conspiracy
  2.    v Carter, (1982) 67 C.C.C. 2d 568 provides a three-stage process in the proof of a conspiracy:

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The trial judge must bear in mind that in order to convict an accused upon a charge of conspiracy the jury, or other trier of fact, must be satisfied beyond a reasonable doubt that the conspiracy alleged in the indictment existed, and that the accused was a member of it. In deciding the issue of membership for the purpose of determining guilt or innocence on the charge contained in the indictment, the hearsay exception may be brought into effect, but only where there is some evidence of the accused’s membership in the conspiracy directly admissible against him without reliance upon the hearsay exception raising the probability of his membership. It is not necessary that the directly admissible evidence be adduced first before any evidence of the acts and declarations of other conspirators may be received. The exigencies of the trial would make a chronological separation of the evidence impossible. At the end of the day, however, before the hearsay exception may apply, such evidence on the threshold issue of membership of the accused in the conspiracy must be present. In charging the jury on this question, the trial judge should instruct them to consider whether on all the evidence they are satisfied beyond a reasonable doubt that the conspiracy charged in the indictment existed. If they are not satisfied, then the accused charged with participation in the conspiracy must be acquitted. If, however, they conclude that a conspiracy as alleged did exist, they must then review the evidence and decide whether, on the basis of the evidence directly receivable against the accused, a probability is raised that he was a member of the conspiracy. If this conclusion is reached, they then become entitled to apply the hearsay exception and consider evidence of the acts and declarations performed and made by the co-conspirators in furtherance of the objects of the conspiracy as evidence against the accused on the issue of his guilt. This evidence, taken with the other evidence, may be sufficient to satisfy the jury beyond a reasonable doubt that the accused was a member of the conspiracy and that he is accordingly guilty. They should be told, however, That this ultimate determination is for them alone and that the mere fact that they have found sufficient evidence directly admissible against the accused to enable them to consider his participation in the conspiracy probable, and to apply the hearsay exception, does not make a conviction automatic. They should be clearly told that it is only after they have become satisfied beyond a reasonable doubt on the whole of the evidence on both issues, that is, the existence of the conspiracy and the accused’s membership in it, that they may convict, and that it is open to them, if they think it right or if they are not satisfied, to acquit the accused, even after reaching their initial determination of probable membership in the conspiracy which enabled the application of the hearsay exception. (pp. 575-576)

[Page 8]

In R. v. Viandante, reflex, (1995) 40 C.R. (4th) 353 at 359, the three-step process is summarized as follows:

1)            The jury must be satisfied beyond a reasonable doubt « on all evidence » that the conspiracy charged in the indictment existed.

2)            They must then review the evidence and decide « on the basis of the evidence directly receivable against the accused » whether the accused was probably a member of the conspiracy.

3)            Finally, the jury can apply the hearsay exception and consider evidence of acts and declarations performed and made by co-conspirators, in furtherance of the conspiracy, to determine, along with other evidence, that the accused was, beyond a reasonable doubt, a member of the conspiracy. (See also comments of McIntyre, J. in R. v Kirchhoff, (1995) 172 N.B.R. 2d 193 at p. 215-216 and of Landry, J. in R. v Shalala, Q.L. Ref.: 1998 N.B.J. # 78 delivered January 28, 1998)

ANALYSIS

The first question to be determined is whether I am satisfied beyond a reasonable doubt « on all the evidence » that the conspiracy charge in the indictment existed. As Green, J. put it in Hillier (supra): « At this stage, I am entitled to examine all relevant admissible evidence, including acts and declarations of alleged co-conspirators, whether or not in furtherance of the alleged conspiracy, to determine, without reference to the identify of the parties involved, whether a conspiracy, in the sense of a combination of two or more persons to do an unlawful act, existed. » To put it differently, at this point, the identity of the conspirators is of no moment and I must consider whether the evidence presented establishes that a conspiracy existed amongst some faceless persons to import cocaine into Canada.

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As mentioned previously, the accused conceded that the evidence establishing the existence of a conspiracy to import cocaine in Canada was overwhelming and it is. Little time will be spent on this aspect of the case for reasons which will become readily apparent.

Although direct evidence of an agreement to commit an unlawful act is rarely available in conspiracy cases, this case is as close as one can get.

Although the perpetration of the substantive offence does not necessarily provide evidence of an alleged conspiracy, I feel the discussion on this issue should start with the seizure made by the R.C.M.P. in Shelburne, Nova Scotia, on February 22, 1994. On that day, the Lady Teri-Anne met with a large vessel of Cypriot registry some 12 miles near the coast of Nova Scotia at 2:00 o’clock in the morning to take possession of some six tons of cocaine valued at more than one billion dollars. Upon its arrival at the Shelburne harbor, the Lady Teri-Anne and its crew were arrested and the cocaine seized.

The conversations between the crew of the Lady Teri-Anne and certain crew members of the Pacifico made it quite clear that the two vessels were meeting at a pre-arranged destination for an unlawful purpose. Surveillance evidence (exhibit 209) and the subsequent seizure of the cocaine and other items, as well as the items seized on board the Pacifico, established that the unlawful purpose was the importation of a large amount of cocaine originating from South America. The intercepted communications between François Gauvin, Eusèbe Gauvin, Raymond LeBlanc, Pierino Divito, Mike

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Divito, Roberto Sorenti, and Alfredo Chierchia reveal that the New Brunswick group was recruited by a Montreal group to do the legwork in retrieving the large amount of cocaine. The New Brunswick group was responsible for the rental of the equipment and required vessel to make the rendezvous possible, a rendezvous which was being organized by a Montreal group headed by one Pierino Divito who, in turn, was dealing with a group from overseas headed by one Claudio Locatelli and Marc Fievet. In fact, a consideration of conversations contained in tapes # 169 to 218 alone casts the net of conspiracy on all the speakers thereon.

As early as May 1993, taped conversations between the Montreal group themselves as well as the New Brunswick group, coupled with the surveillance being effected by the R.C.M.P. made it abundantly clear to the authorities that the Montreal group, with the concert of a group from overseas were arranging to import cocaine in Canada and that the targeted area for the importation was the north shore of New Brunswick, a task to be made possible with the help of several residents of the Acadian Peninsula.

In order to bring this agreement to import cocaine to fruition, one Kirchhoff purchased a large vessel for a sum exceeding two million dollars; all indications are that it was financed, it appears, by one Marc Fievet.

Raymond LeBlanc, who was working with the New Brunswick group, flew overseas in November 1993 and boarded the Pacifico, whose captain was Kirchhoff,

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obviously to ensure the orderly transshipment of drugs from the Pacifico onto the Lady Teri-Anne and on to the shore of a location free of ice, namely Shelburne, Nova Scotia.

While overseas accompanying Mr. Kirchhoff and the Pacifico, Raymond LeBlanc made telephone contacts with Mr. Pierino Divito and Mr. Claudio Locatelli on February 8, 1994. There is almost nothing concealed in that conversation in the sense that the speakers are exchanging information on an area in international waters where the narcotics are going to be picked up by the Pacifico. In fact, some four or five days later, the narcotics were dropped into the sea near the Pacifico and intercepts of private conversations between Locatelli and Marc Fievet are revealing as to some of the problems encountered by the Pacifico in retrieving the narcotics because of bad weather. In any event, the Pacifico made it to its rendezvous with the Lady Teri-Anne and the unloading took place.

In considering the evidence as a whole, I am satisfied beyond a reasonable doubt that a conspiracy as charged in the indictment did take place.

I base my conclusion here on the insurmountable inferences which must be drawn from the hundreds of telephone conversations between members of several groups from May 1993 up to February 22, 1994 which, when considered together along with the surveillance evidence introduced by consent, clearly indicate that an agreement existed between more than two people to engage in the importation of cocaine in Canada. The nature and tenor of most, if not all, of those conversations involving all these persons show that their activities were undertaken in ways to avoid detection by the authorities.

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Viewed in their totality and taking into account the relationship between certain persons in terms of time and reasons for the contacts, the evidence as a whole does not admit of any other rational conclusion but that a conspiracy existed amongst a large group of persons to import cocaine in Canada. Different persons and different groups played different roles but, as Green J. put it in Hillier (supra), « what is clear is that all were knowledgeable of the intentions and general roles of the others and provided assistance to each other to further the common understood purpose ».

During the trial, the accused agreed to the identity of the unindicted co-conspirators (except for Fievet and Locatelli) named in the indictment so as to eliminate the necessity for the Crown to call voice identification evidence. Fievet and Locatelli were clearly and unequivocally identified on the taped conversations by police officers who had developed a familiarity with their voices through extensive personal contact with both of them. In terms of membership of such unindicted co-conspirators in this conspiracy, the Court is quite satisfied that all of them were in fact probable members of this conspiracy to import cocaine in Canada. Fievet and Locatelli had important roles to play in terms of financing the huge operation and in the overall planning internationally while Kirchhoff was the captain of the Pacifico who agreed to transport the drugs. The Divitos appeared to head the Canadian/Montreal group responsible to organize the manpower to put the plan in operation with the help of Sorenti and Chierchia while the Gauvins, Raymond LeBlanc and Pierre Duguay formed the New Brunswick group who agreed to do the legwork necessary to assure the pickup at sea and delivery of the drugs on Canadian soil.

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There were other participants such as one unknown called « Pipe », another « Mario » (not Locatelli) and one Jose Luis whom the Crown alleges is the accused.

It should be noted here that if this Court should be called upon to consider the acts and declarations of any co-conspirators as evidence to convict the accused, the Court would only do so after connecting the co-conspirators with the conspiracy on the basis of evidence directly admissible against the unindicted co-conspirators in question.

  1. c)      Probable membership in this conspiracy

As mentioned previously, this Court is satisfied that all named unindicted co-conspirators referred to in the indictment were in fact members of the conspiracy as alleged.

The accused, however, takes issue with the Crown’s allegation that he was a member of that conspiracy and has put the Crown to the task of proving his identity as an offender. In essence, that is probably the most important issue to be resolved here because, as should be readily apparent, if the Court is not satisfied by a preponderance of evidence that the accused was probably a member of this conspiracy to import cocaine in Canada, the Court is not entitled to consider any other evidence that might be otherwise admissible under the co-conspirator’s exception to the hearsay rule. If the Court should arrive at that conclusion (i.e. that the evidence on voice identification falls short of proving that the voice of Jose Luis is that of the accused), the Court could not make any

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use of declarations of the speaker referred to as Jose Luis in the taped conversations nor of the acts or declarations of the other co-conspirators.

At the second stage, I must consider the issue of the accused Rumbaut’s probable membership in this conspiracy on an individual basis without reliance on or reference to any evidence that might otherwise be receivable pursuant to the co-conspirator’s exception to the hearsay rule. I can only rely upon acts or declarations or statements directly admissible against the accused. In doing so, however, I am entitled « to view that conduct or those statements in the context in which they occurred, including the actions of the other alleged co-conspirators: R. v Filiault & Kane reflex, (1981) 63 C.C.C. (2d) 321 (Ont. C.A.), affirmed reflex, (1984), 15 C.C.C. (3d) 352 (S.C.C.) »… so that the actions and declarations of the other alleged co-conspirators, while not admissible directly against a particular accused, can be relied upon as providing a context or background against which the acts and declarations of the accused himself can be interpreted. » (See Hillier (supra), p. 116)

At this point in time, it would be wise to recall that I must consider the acts and declarations directly admissible against the accused on the issue of his probable membership in this conspiracy. Of course, I am not allowed to consider any of the declarations of Jose Luis until such time as I am satisfied that Jose Luis is in fact the accused.

What then are the acts, taken in their proper context, directly admissible against the accused on the issue of probable membership?

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On this issue, the Crown has produced considerable evidence of surveillance done in the Montreal area from at least nine R.C.M.P. officers such as Martel, Côté, Hamelin, Benoit, Monfette, Laporte, Lapointe, Raté and O’Bertin. One after the other, they established that the accused was in Montreal between February 7, 1994 up to February 18, 1994 and that during that time, he was seen on numerous occasions in the company of other co-conspirators such as Locatelli, the Devitos and Roberto Sorenti. He was seen with them driving around Montreal, in the lobby of the Sheraton, the Four Seasons and the Meridien hotels, in several restaurants and at a cardiology centre where, presumably, Pierino Divito was confined with a heart problem. The accused was even seen entering a hotel room occupied by Locatelli once or twice, a room where the phone had been wiretapped.

The evidence also suggests that the accused entered and left Venezuela in late January 1994 when the Pacifico, Mr. Kirchhoff and Mr. LeBlanc were presumably there, although there is no evidence that a meeting took place between the individuals concerned.

The Crown also produced evidence that upon his arrest in Switzerland in the fall of 1996, the accused had in his possession a passport (exhibit # 226) and another document (exhibit # 225) which confirm his National Identification Number, his address, his place of birth, and the particulars of his vehicle. This evidence, as will be seen later, relate much more to the issue of voice identification or the identity of the accused as the

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offender, and it is only in that context that it has relevance to the issue of the accused’s probable membership in this conspiracy.

The Crown’s main contention with respect to the evidence of acts directly admissible against the accused in its proper context is that the accused was probably a member of this conspiracy by reason of his association with the co-conspirators who were, during that time, putting everything in motion to ensure that this importation scheme was brought to a successful conclusion. The co-conspirators were meeting and they were on the phone, and the accused was with them or in close proximity to them.

This was a clear invitation by the Crown to have the Court decide the accused’s probable membership in this conspiracy on the basis of his presence or association with several co-conspirators at a time and under circumstances when the co-conspirators were probably very busy putting everything in motion for the importation of this large amount of cocaine which was about to take place very shortly. The Court was, in essence, being asked to infer that, by reason of his association with co-conspirators, the accused was probably acting in concert with the others in the agreement or conspiracy to import cocaine in Canada.

With respect, I cannot make such inferences.

There is no evidence whatsoever here, at this point, that the accused became a party to this conspiracy nor any evidence that he, by word or deed, acting alone or in association with others, participated in or assisted the objects of the conspiracy. Other

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than the fact of his association with some of the co-conspirators in Montreal, there is no evidence whatsoever that the accused was, in any way, in any of the affairs of the conspiracy or that, while in Montreal or in Venezuela, he did any act or said anything in relation to the matters with which he is charged.

In my view, there is nothing in the evidence being considered up to this point to support the inference that the accused was concerned in the affairs of a conspiracy to import cocaine in Canada.

It is trite law that a person’s mere association with conspirators during the currency of a conspiracy does not raise a prima facie case that the person was himself a party to the conspiracy. (R. v Harris, (1947) 89 C.C.C. 231 (Ont. C.A.)).

The evidence produced here simply does not support the inference sought by the Crown, namely that the accused was aware of the planned importation and that he agreed to assist it.

The circumstances surrounding the association of Mr. Rumbaut with Locatelli, Sorenti and the Divitos may be highly suspicious but fall woefully short of proof of involvement even on a balance of probabilities.

But what about the words or utterances or declarations of the accused as evidence directly admissible against him on the issue of probable membership? As mentioned previously, I cannot at this stage consider the declarations of one Jose Luis on several

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taped conversations as evidence of declarations of the accused until I am satisfied that Jose Luis is in fact the accused. I must now deal with the issue of voice identification.

VOICE IDENTIFICATION ISSUE

As a start, one should note that the Crown must prove the identity of the accused as the offender beyond a reasonable doubt; considering my ruling with respect to acts of the accused directly admissible against him, it is obvious that if the Crown is not successful in convincing this Court that the voice of Jose Luis is the voice of the accused, it will undoubtedly suffer a serious blow in proving its case against the accused. That is not to say, however, that the Crown must convince me beyond a reasonable doubt that the voice of Jose Luis is the voice of the accused. As any other individual item of evidence which goes to the identity of the accused and which constitutes the Crown’s case, the standard of proof on voice identification is proof by a preponderance of evidence. At the end of the day, however, it will be incumbent upon the Court, when considering the evidence on voice identification along with the evidence as a whole, to find guilt only if it is satisfied beyond a reasonable doubt of the identity of the accused as the offender. For example, in some cases, the voice identification evidence may not carry much weight for many reasons but other circumstantial evidence may well be sufficient to convince the Court beyond a reasonable doubt that the voice on a taped conversation is indeed that of the accused and that the identity of the accused as the offender has been proven. On the other hand, it is also conceivable that in an appropriate case, a court could be satisfied on a balance of probabilities that a voice on a taped conversation is that

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of the accused but not so convinced beyond a reasonable doubt on the issue of the identity of the accused as the offender upon considering the evidence in its entirety.

  1. i)      The law

The general principles which govern the law on voice identification are relatively simple and are summarized in MacFarlane, Frater and Proulx’s Drug Offences in Canada (3d Ed.) ch. 21, par. 21.1620 as follows: (I will leave out references to case law and textbooks)

21.1620   There are a number of methods by which the parties to a private communication may be identified. They include the following:

(a)         A lay witness who is familiar with the voice of the accused is entitled to express an opinion as to the identity of the parties to a private communication: … even where the witness heard the tapes before listening to the person.

(b)         Evidence arising from the tapes themselves (such as the use of names, addresses, events, etc. which tend to identify the speaker).

(c)         Physical surveillance which was simultaneous to the interception of the private communications (for instance, where the evidence establishes that there was only one person in the residence being « tapped »).

(d)         Direct evidence, i.e., someone who can testify that he or she was personally with and observed the accused at the time that the accused was engaged in the private communication.

(e)         Voice prints (more properly called spectrographic analysis).

It is important to note at the outset that this is not the usual case of voice identification where a lay witness, albeit a police officer, identifies a voice on a tape

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recording as being the voice of the accused on the basis of the witness’ familiarity with the voice of the accused through personal contacts with the accused. On the contrary, police officer Llamas, the main Crown witness on the issue of voice identification, never spoke to the accused prior to giving his evidence at this trial. He did, however, listen in on numerous live telephone conversations of a person he believed was the accused, conversations which were being wiretapped in Spain in 1994 and conversations of the same person which he has since then listened to on numerous occasions as reproduced on the Spanish tapes.

In effect, Cst. Llamas « familiarized » himself with a voice which he believes is the voice of the accused but he has never spoken with the accused. He then listened in open court to the voice of one Jose Luis reproduced on tape recordings which were obtained in Canada through wiretaps in the Montreal area. His evidence was that the voice of Jose Luis on the Canadian tapes was the same voice which he believes is the voice of the accused with which he became familiar by the methods already described.

Llamas’ belief that the voice he familiarized himself with was the voice of the accused Rumbaut, not being based upon personal familiarity with the accused’s voice, was grounded entirely upon circumstantial evidence. It is therefore necessary for the Court to take a close look, from an objective standpoint, at the admissible circumstantial evidence to determine if such evidence is sufficient to allow this Court to reasonably infer that the voice with which Mr. Llamas familiarized himself is in fact the voice of the accused. Of course, if the Court is not satisfied that the voice with which Mr. Llamas familiarized himself in Spain is in fact the voice of the accused, the evidence of Mr.

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Llamas that the voice of Jose Luis is the same voice with which he is so familiar is of no moment and of no relevance.

The circumstantial evidence adduced by the Crown upon which the Crown relies to convince the Court that the voice which Officer Llamas is « familiar » with is the voice of the accused can be summarized as follows:

  1. In the context of an international drug investigation, the Spanish authorities were asked by the English authorities to investigate a certain telephone number which the latter believed had some connection with one Carlos Miguel Hernandez Rumbaut. The phone number was provided to the Spanish National Telephone Company in order to obtain the name and address of the person to whom the number « belonged ». Llamas testified that he was informed by the phone company that the phone number was registered to a female named Romanillos who resided at 40 Sextante Street, Aravaca, Madrid. (Aravaca address)
  2. With that information, the Spanish authorities commenced surveillance around the Aravaca residence and wiretapped its phone in July 1994. It became obvious after a while that the person they thought would be residing there did not live there at all. In fact, the accused was never seen around the place. Before the wiretaps were ended however, Llamas testified that the person he believed was the accused’s son made a call to a particular number and talked to a person he believed was the accused. Llamas testified that he determined that he was « intercepting one Carlos Hernandez Rumbaut by hearing conversation of one Mrs. Paloma Osona and some children as well as Mr.

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Rumbaut and family members who called periodically » at the Aravaca address and that « he identified Mr. Rumbaut’s voice for the first time in a conversation he had with his son and after that as a result of the characteristic tones of his voice » (those are the exact words used by Officer Llamas at the trial of this action). Llamas also testified that he concluded that the son was talking to his father Mr. Rumbaut because the son referred to him as « Papa » and further testified that the son was residing at the Aravaca address but not Mr. Rumbaut.

  1.          Llamas then used the number the « son » had been calling and went to the phone company again. They informed him that the phone was registered in the name of a person who was not Carlos Rumbaut and that the phone number related to an address known as Donoso Cortes, number 45, apartment 301 in Madrid (the Cortes address). After receiving that information, the surveillance team set out to determine if that was where the accused resided and obtained a wiretap order.
  2.          Llamas testified that he recognized the same voice which he had intercepted at the Aravaca address, namely a voice which he believed was that of Carlos Hernandez Rumbaut. He said he listened to as much as 200 conversations emanating from that phone at the Cortes address and specifically remembered that on one of them one of the speakers was identified as Carlos.

He also testified that on October 17, 1994 and November 22, 1994, while he was listening to live conversations of Mr. Rumbaut, he was in contact with his surveillance team around the Cortes address and advised them to keep a lookout as he believed Mr.

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Rumbaut would be exiting the building. As it turns out, Officer Aranda, who was a member of that surveillance team, testified that on those same dates, he had in fact observed the accused come out of the front door at 45 Cortes.

  1.    Llamas also testified that he had consulted data banks over which the Spanish police have control as well as municipal records which confirmed the same national identification number (D.N.I.) for the accused as the one referred to on a document found in the accused’s possession when he was arrested in Switzerland in September 1996 as well as on the accused’s passport. He also confirmed (along with Officer Aranda) that the accused’s reference to a particular license plate of a Mercedes Benz on a document found in his possession coincided with the license plate number of a Mercedes Benz parked in parking place number 301 at the Cortes address.

Before commenting on Officer Llamas’ evidence in which he compared Jose Luis’ voice with the « familiar » voice he heard and taped in Spain, I wish to comment on the quality and admissibility of the circumstantial evidence adduced by the Crown in light of the hearsay rule of evidence and lack of evidence on certain aspects of the case.

With respect to the quality of the circumstantial evidence adduced, it is my view that generally speaking it was unreliable and untrustworthy. Both Officers Llamas and Aranda took the witness stand without a single note to backup any of their testimony and without any portions of the Spanish tapes upon which Officer Llamas had relied, in some measure, to become familiar with the voice he contends is the voice of the accused. Most of the evidence consisted of assertions made by Mr. Llamas which could not effectively

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be challenged by the accused because no factual background upon which the witness relied was produced. As an example, Llamas testified that his conviction that the voice he was familiarizing himself with was the accused’s voice was grounded, in large measure, on discussions between the accused and members of the accused’s family on taped conversations. There was not a piece of evidence to prove that the accused even had a family nor a single tape produced to allow the accused to challenge the facts which apparently allowed Llamas to conclude that he was in fact familiarizing himself with the accused’s voice. Because of the absence of taped conversations from Spain, it was also impossible for the accused and indeed the fact finder to verify if, in fact, one of the speakers on a particular tape had mentioned the word « Carlos » or if indeed the speaker which owned the « familiar » voice had a strong South American accent or used the same expressions as Jose Luis consistently did. None of this could be challenged nor verified as to its accuracy. The same comments apply with respect to Llamas’ evidence with respect to his actions and those of Officer Aranda on October 17 and November 22, 1994. The scenario depicted appeared to be embellished to establish a connection between the person Llamas was listening to and the person Officer Aranda saw coming out of the Cortes apartment building on the same dates. None of this factual background could effectively be verified and one must wonder why, in a period of over six months of surveillance, no one ever saw the accused either entering apartment 301 and coming out of apartment 301. After all, 45 Cortes was a large apartment building which housed between 50 to 100 apartments.

A considerable amount of the evidence adduced was hearsay evidence and inadmissible to prove the truth of the contents thereof:

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  1.          The evidence that the English authorities believe that the telephone number they were providing to the Spanish authorities was somehow related to the accused is hearsay evidence and not admissible to prove that such number was in fact related to the accused.
  2.          The information provided to Llamas by the phone company to the effect that the phone number was registered in the name of a specified person living at the Aravaca address is hearsay evidence and cannot be used as presented to prove its contents.
  3.          Officer Llamas’ evidence that he believed that the accused was in fact speaking with his son at one point and that such conversations were basically the starting point of his belief that the person was in fact the accused is a groundless statement as there is no admissible evidence before this Court that Mr. Rumbaut had a son or a wife or a daughter.
  4.          The information provided to Llamas that the phone number dialed by the accused’s son was registered in the name of a specific person and was related to the 45 Cortes address is hearsay evidence and inadmissible when presented with a view to proving the truth of the information provided by the phone company.

This is also an appropriate time to briefly discuss some weaknesses with respect to the evidence found in the possession of the accused in Switzerland to establish a connection between the accused and the person Officer Llamas believed to be the accused. The weakness of that circumstantial evidence (i.e. for example the address in

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the passport referring to the Aravaca address) becomes obvious when one considers that because of the hearsay rule, there is no admissible evidence before this Court that the wiretapped phone number was in fact a phone located at the Aravaca address, nor is there, for that matter, any admissible evidence before this Court to establish that the phone number presumably dialed by the « son » of the accused was in fact the number of a phone located at the Cortes apartment building, apartment 301, where presumably the accused resided and, as alleged, was using the wiretapped phone located therein consistently.

If one eliminates the inadmissible hearsay evidence and the unreliable evidence from the evidence to be considered on the issue of whether or not sufficient evidence was produced on a balance of probabilities to establish that the voice with which Officer Llamas familiarized himself with was in fact the voice of the accused, it is this Court’s view that the Crown has failed at the task. Briefly put, this Court is of the view that Officer Llamas’ assertions that the voice he intercepted and familiarized himself with at the Aravaca address and the Cortes address are simply not grounded upon sufficient reliable, verifiable or admissible evidence and are therefore deprived of the degree of trustworthiness necessary for this Court to accept such assertions. In the Court’s view, the admissible and reliable evidence left to be considered on this issue falls short of establishing that which the Crown sought to establish.

Apart from the difficulties just identified, there are other major difficulties with the Crown’s evidence on voice identification even assuming for the purposes of this

[Page 27]

discussion that I accept that the voice which Officer Llamas familiarized himself with in Spain was in fact the voice of the accused.

Llamas testified that he gained familiarity with the accused’s voice by listening to numerous live conversations and their reproduction on numerous tape recordings. He referred to some characteristics or peculiarities with respect to that voice. In particular, he said that the person speaking had a strong or heavy South American accent and not the typical Spanish accent and that he would very often end his sentences by the expression « O.K. » or « Okay » and used expressions habitually used by South Americans. The taped conversations resulting from the Canadian wiretaps on which Jose Luis is speaking were all played for him in court and, at every occasion, he identified the voice of Jose Luis as the same voice with which he was familiar, namely the voice contained on the Spanish tapes. Yet, as mentioned before, Mr. Llamas did not have with him any of the tapes or copies thereof as they related specifically to that voice so as to allow the fact finder or indeed the accused to verify for themselves Mr. Llamas’ assertions that the voice of Jose Luis was the same voice as the one heard and recorded in Spain or at least contained some of the characteristics on which Mr. Llamas was relying to make his assertions. Mr. Llamas tried to justify the absence of any background material or tapes as a backup for his assertions on the ground that the Spanish authorities were still involved in an investigation and that to produce such material could jeopardize an ongoing investigation. The Court does not accept that evidence as it fails to see the logic of it. Surely, some of the tapes involving the familiar voice could have been produced without jeopardizing anyone or anything.

[Page 28]

The facts are, in addition, that Canadian authorities never took any measures whatsoever, at any time, to obtain such material (i.e. documentary evidence with respect to plate number, D.N.I. numbers or the taped conversations which contained excerpts of this « familiar » voice). On the whole, the evidence did not really establish that the bringing into Canada of such material could in any way jeopardize an ongoing investigation in Spain.

The frailty of the voice identification evidence was also exposed to a certain degree while Mr. Llamas was listening to the Canadian interceptions with a view to establishing that the voice of one Jose Luis was the same voice with which he was « familiar », namely that of the accused.

Mr. Llamas had just been asked to advise the Court when he felt he heard a voice he could identify. When tape # 138 (Exhibit # 173) was played (See Volume 13, tab 138 in Exhibit # 174), Mr. Llamas listened very carefully to the speakers. He was not following a transcribed version of the conversations which was between four persons, namely two identified males, one Mario (identified clearly as Claudio Locatelli by another witness during the trial) and Jose Luis. After listening to the conversation for a short while, Mr. Llamas recognized a voice with which he was familiar when the speaker said, « Si, si, si, muy temprano ». The speaker’s voice, as it turns out, was not that of Jose Luis at all but that of one Claudio Locatelli (Mario). The error, although isolated and not fatal per say, clearly illustrates the dangers associated with identifying a person by identifying a voice.

[Page 29]

For all those reasons, the Court is of the view that there is insufficient reliable and admissible evidence from which a trier of facts can reasonably find that the voice of Jose Luis is the voice of the accused. This, of course, means that the Court cannot consider the declarations of Jose Luis as the declarations of the accused directly admissible against the accused on a question of the probable membership of the accused in the conspiracy alleged in the indictment.

Considering my ruling on the voice identification issue, what then are the acts and declarations directly admissible against the accused on the issue of his probable membership in this conspiracy? As mentioned previously and for the reasons elaborated, I cannot take into account any of the declarations, utterances or statements of one Jose Luis on any of the tape recordings entered as evidence in this case. In addition, I have already commented on the weaknesses of the circumstantial evidence related to the acts or conduct of the accused which were directly admissible against him on the issue of probable membership. In essence, I came to the conclusion that taken in their proper context, the accused’s acts or conduct may certainly raise suspicions but were not sufficiently probative to convince this Court, on a balance of probabilities, that the accused was a probable member of this conspiracy. The Crown has failed to prove probable membership of the accused in the alleged conspiracy.

My conclusion that the Crown has failed to prove probable membership of the accused is, of course, fatal to the Crown’s case and means that the accused must be acquitted of the charge laid against him; a verdict of acquittal is hereby entered.

[Page 30]

In closing, however, I wish to add that even if I had concluded that the accused was a probable member of this conspiracy, I am far from being convinced that the Crown would have succeeded in establishing the identity of the accused as the offender beyond a reasonable doubt. At the end of the day, looking at the evidence in its entirety, the Court would still have to be convinced beyond a reasonable doubt that the accused’s identity as a conspirator was proven by the Crown. In this Court’s view, the admissible evidence adduced by the Crown on the issue of the accused’s identity alone would have fallen woefully short of establishing identity beyond a reasonable doubt.

[S]                                                     

Alexandre Deschênes, J.C.Q.B.

Bathurst, N.B.

October 5, 1998

SOURCE:http://caselaw.canada.globe24h.com/0/0/new-brunswick/court-of-queen-s-bench-of-new-brunswick/1998/10/05/r-v-rumbaut-1998-9816-nb-qb.shtml

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La juge d’instruction parisienne, Sophie Clément a rendu le 16 mai un non-lieu explosif.

Lu dans « Le Parisien » du 23 mai 2006

LES FAITS DIVERS
Drogue

Marc Fievet contre-attaque

LA SITUATION est ubuesque, condamné au Canada à la prison à perpétuité pour trafic de drogue avant d être transféré en France, où sa peine a été « réduite » en 1999 à vingt ans de prison, Marc Fiévet, aviseur des douanes (NDLR indicateur) vient d’être « blanchi » par la justice française. l’agent NS55, soupçonné d’avoir importé plusieurs tonnes de cocaïne en Grande-Bretagne et au Canada, avait déposé plainte contre son administration pour « complicité de trafic de stupéfiants » et « subornation de témoin». Considéré comme l’un des meilleurs aviseurs de toute sa génération, adoubé par Michel Charasse, alors ministre du Budget, il assure avoir été « lâché » par l’Etat français.

La justice en désaccord avec l’administration

La juge d’instruction parisienne, Sophie Clément a rendu le 16 mai un non-lieu explosif: elle assure qu’il n’y a pas lieu de poursuivre quiconque pour complicité de trafic de drogue car « les investigations entreprises, les auditions réalisées,. l’étude des documents figurant en procédure, ne permettent pas de caractériser à l’encontre de Marc Fiévet les faits de trafic de stupéfiants ». Elle estime, par ailleurs,, qu’il n’y a pas lieu non plus de poursuivre pour « subornation de témoins » le personnel des douanes, qui avait convaincu l’agent de plaider coupable dans le but d’obtenir une libération rapide après son transfert en France, car il ne pouvait imaginer que cet engagement ne serait pas suivi d’effet après l’arrivée- du nouveau directeur des douanes ».
Marc Fiévet qui’ a passé douze ans en prison, dont huit en France, estime que les douanes ne l’ont pas « couvert » lors de son arrestation. L’administration assure, elle, que l’agent NS55 aurait caché des opérations « intermédiaires ». Une version démentie par l’instruction. L’ancien directeur de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), Jean Hoquet, a affirmé à la juge qu’il n’avait «jamais entendu la DNRED dire que ce dernier avait tenté de faire du trafic pour son propre compte ». Il confirme que plusieurs responsables des douanes sont allés rendre visite à Marc Fiévet en Espagne, puis en-Angleterre et au Canada : « On lui a dit de plaider coupable et qu’ensuite on le ferait rapatrier en France pour arranger les affaires », assure le haut fonctionnaire.
Cependant, M. Hoquet assure qu’il s’est passé ensuite « quelque chose de tout à fait inhabituel » : le nouveau directeur général des douanes, qui ne connaissait pas l’affaire, devait intervenir auprès du ministre des Finances, qui devait lui même avertir le ministère de la Justice pour tenter d’obtenir – via le parquet – sa remise en liberté. « Une peine symbolique, comme par exemple cinq ans avec sursis », précise l’ex patron de la DNRED. Une promesse faite à l’agent infiltré qui n’a jamais été tenue.
La situation a scandalisé M. Hoguet : « Si je suis sorti de ma réserve, ç’est que je trouve inadmissible ce qui s’est passé (…). Cest la première fois que je rencontre un tel comportement qui fait que la continuité de l’Etat n’est pas assurée ou assumée ». L’avocat de l’aviseur, Me Christophe Pech de Laclause, entend bien s’appuyer sur cette ordonnance pour relancer la procédure de révision du procès au Canada et engager la responsabilité de l’Etat français. Pendant ce temps, les tracas se poursuivent pour Fiévet libéré- le 26 mai 2005, il est « conditionnable » jusqu’en 2013: Le parquet vient de lui interdire de rendre visite à sa famille à Malaga. Il considère en effet que le sud de l’Espagne est une région où prospèrent les trafiquants de drogue…

CHRISTOPHE DUBOIS

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Coke en stock (LXXV) : la CIA, l’héroïne … et l’Australie (Part 3)

ciaSUITE de

Coke en stock (LXXIII) : la CIA, l’héroïne … et l’Australie (Part 1).

Coke en stock (LXXIV) : la CIA, l’héroïne … et l’Australie ( part 2).

Coke en stock (LXXV) : la CIA, l’héroïne … et l’Australie (3)
par morice
mardi 18 novembre 2014

Au sommet de la pyramide, il y a toujours quelqu’un. Et l’histoire est là pour nous remémorer des faits étonnants arrivés jadis à un magnat d’entreprise australien, lui-même héritier d’un empire de presse et qui s’était retrouvé un jour au milieu d’un énorme scandale de trafic d’héroïne entre l’Australie et les Etats-Unis, tout en réussissant à passer au travers des mailles du filet de la justice US. L’homme avait la désagréable habitude de mépriser tout le monde, de croire toutes les personnes puissent être soudoyées, et s’était promené des années entières au travers de douanes les sacs remplis de billets (il ne supportait que cela comme type de règlement, dans n’importe laquelle de ses transactions. Des habitudes qui ne sont pas sans nous rappeler les découvertes de juin dernier sur un petit aéroport d’Australie…
L’Australie, historiquement, a déjà eu une vague de survols d’avions de la drogue, à l’époque de la marijuana, qui a vite fait place à l’opium des voisins (Thaïlande, Birmanie, Laos). A la fin des années 70, déjà, avec de biens curieux DC-3 (de chez MacDougall Airways, d’Afrique du Sud) survolant le nord, dans la région de Marreba ; région dans laquelle on surprendra des policiers faisant partie du trafic. « En Janvier 1978, un avion léger a été repéré sur le radar entrer dans les Territoires du Nord à l’ouest de Darwin. Par coïncidence, un C-130 Hercules (A97-168) de l’escadron n ° 37 revenait d’un voyage à Butterworth et était sur le point de rentrer en Darwin en même temps. En l’absence d’opposants à combattre, le capitaine d’un avion de transport de la RAAF a été invité à suivre l’avion de mystère alors qu’il parcourait les terres intérieures. Finalement, le C-130 a rattrapé ce qui se révéla être un bimoteur Aero Commander 680E. Le pilote de l’avion léger s’est écrasé dans un enclos boueux à 14 kilomètres au nord-ouest de Katherine, puis mis le feu à l’appareil dans une tentative de dissimuler ce qu’il y avait à bord, à savoir 270 000 « bâtons de bouddha thaïlandais »( une haute qualité de cannabis) vqui aut près de 4 millions de dollars. Après s’être caché dans la brousse pendant 40 heures, le pilote – plus tard identifié comme étant le trafiquant de drogue, Donald Tait – a été découvert par la police et arrêté. Tait a ensuite été emprisonné pendant sept ans. » Anecdotiquement, un C-47 B de la RNZAF (d’avril 1945 à mai 1947) utilisé par Pukeko vendu aux Polynesian Airlines en 1972 et revenu en Nouvelle Zélande pour entraîner des pilotes australiens et reparti aux USA a fini comme avion transporteur de drogue dans le Caraïbes. Il est tombé à Aruba dans les antilles néerlandaises !

Des avions, des cargos et des yachts

Au début des années 2000, c’est un Piper PA23-250 immatriculé VH-PFD qui se faisait saisir par la police de Cairns, bien plus au sud, avec de la drogue à bord. Les Aero-Commander étaient largment préférés en Australie, pour leur aile haute (ils ingurgitaient moins de sable et de poussière) et l’un d’entre eux, un Aero Commander 560E montré désormais à l’Australian Aviation Museum, de Bankstown a un lourd passé d’avion de trafiquants de drogue. Mais c’est en 2012 que l’on découvrait que Joaquin « Chapo » Guzman, l’homme à la tête du cartel mexicain de Sinaloa avait décidé de faire du continent australien un de ses nouveaux objectifs et nouveau marchés de cocaïne. Les navires semblaient avoir sa préférence, avec la découverte de 50 kilos de cocaïne cachés dans une cargaison de caisses de bière mexicaine. En 2013, c’était un chargement de « crystal meth » qui était saisi venant de Chine via un cargo. Il y en avait pour 448 millions de dollars. Un yacht , le Raj, était saisi en août 2013 au Vanuatu, avec 370 millions de dollars de coke à bord : sa destination était encore l’Australie. Lors de l’atterrissage du fameux Swearingen, certains se sont souvenus des épidodes antérieurs du trafic d’héroïne, de cocaïne et de marijuana dans les années 80 : « la ville du Nord Quensland loin de Mareeba a déjà été liée à des cartels internationaux de la drogue appartenant à la CIA L’ aéroport de Mareeba, juste à un jet de pierre de Cairns aéroport international, a été construit par les États-Unis pendant la guerre mondiale. Au cours de ces cinq dernières années, des avions étranges, atterrissant souvent dans le milieu de la nuit, dont certains, selon les experts des compagnies aériennes, appartiennent à Air America, une compagnie aérienne de la CIA en propriété exclusive, sont utilisés expressément pour le convoyage de drogues et d’armes dans le monde entier ».

Tous enregistrés au Delaware, paradis US de l’irresponsabilité pénale

Pour en revenir à nôtre avion du jour, l’enquête a révélé, on l’a vu, un enregistrement de départ dans un état américain bien particulier. Le Delaware, où le pilote situait le propriétaire précédent de l’avion, et particulièrement Wilmington, est un endroit plutôt… curieux, repéré par des internautes subtils : « Mais le fait que ce club a un siège social dans le Delaware pourrait être un indice très important. Le Delaware est l’un des états les plus étranges aux États-Unis, en termes de droit des sociétés surtout si il vous arrive d’être dans l’entreprise de gestion d’actifs. Ces types d’entreprises, dans le Delaware, jouissent de la liberté et le secret similaire à des clients d’autres organisations très secrètes comme la Banque du Vatican ou des institutions financières dans les îles Caïmans. Là-bas, les avions et bateaux, inscrits dans le Delaware utilisent un moyen de minimiser leur responsabilité fiscale car les actifs sont enregistrés à titre de fiduciaire appartenant à une société plutôt qu’à une personne. Ce qui en fait un excellent endroit pour se cacher si cela est votre souhait »… démontrait notre internaute.

Les avions de la torture, inscrits eux aussi dans le Delaware

Ce qui nous relie encore une fois à la CIA. Des avions de « renditions » ont terminé leur carrière aussi en Australie : or ils étaient eux aussi enregistrés eux aussi à Wilmington, et l’un d’entre eux a fait un parcours d’enregistrements successifs qui ressemble étonnament au parcours effectué par notre fameux Swearingen : le N581GA, devenu N379P chez « Premier Executive Transport Services », un paravent répertorié de la CIA, avant de changer d’immatriculation deux fois de suite encore N8068V et N44982 (là sous le nom d’une entreprise de…. l’Oregon (ah tiens), puis de changer encore en N126CH (enregistré à Miami, ah tiens encore), avant de l’être à la Wilmington Trust Company (eh eh), dans le Delaware en 2006 (encore le même endroit !). Après encore, l’avion est devenu… australien (à quel hasard encore), immatriculé VH-CCC au nom de Crown Melbourne Ltd, à savoir un avion des casinos Crown . Ces avions de chez Crown surnommés des « high rollers », à savoir de grands rapporteurs d’argent (« roll » étant un rouleau de billets) car ils emportent des VIP en priorité, ont volé surtout vers le Cambodge et la Thaïlande ou la Malaisie entre 2010 et 2012. Des vols (5 au total) ont eu lieu aussi vers la Polynésie Française. Certains observateurs de Flight Radar les ont suivis, en Australie même vers d’étranges destinations dans le pays même. Crown qui détient 3 Gulfstream (le VH-CCC Gulfstream G-V (ici à gauche), MSN 581 construit en 1999 celui des rendition flights), le VH-CGF Glufstream G-IV, MSN 1083 construit en 1988 et le VH-CRQ Gulfstream G-V, MSN 603 de 2000 a annoncé récemment vouloir les remplacer par trois modèles Global Express XRS plus performants. Ou comment on passe des activités de casinos à la CIA… serait-on tenté de dire…

Le cas pendable des casinos Crown

Car, à l’évidence, les hôtels-Casino Crown jouent un drôle de jeu, à bien y regarder (pas celui-ci, en fait). C’est dans celui de Melbourne, en effet, que s’est tenue en janvier 2013 une bien étrange réunion. Une conférence sur la paix qui a faili tourner au punching ball entre participants. Celle de généraux de haut rang chinois, venus faire une conférence à laquelle assistait aussi le japonais Yoshiaki Nakagawa, lieutenant général de l’armée japonaise. Ce dernier s’était fait littéralement oralement agresser par le représentant chinois, le lieutenant-général Ren Haiquan, très agressif en effet ce jour-là. Pas une surprise, en fait. Les chinois agissent toujours ainsi, pour arriver à leurs fins, déclarant par exemple pendant des années qu’un bout d’île est à eux (Diaoyu pour les chinois) et Senkaku (chez les japonais), le martelant, ou menaçant (là cette fois du début d’une troisième guerre mondiale, car le discours d’Haiquan évoquait le début de la seconde). Le Casino Crown de Melbourne servirait-il de lieu d’écoutes discrètes, plusieurs s’en doutent. La revue DSI N°107 d’octobre 2014 de ne laisse pas entendre autre chose, à propos de la technique de « persuasion » chinoise, dans un article sous la plume du connaisseur Romain Mielcareck (page 54), évoquant l’intense guerre psychologique menée par les chinois. Lors de la réunion le colonel Dai Xu de l’aviation chinoise (en pleine modernisation) en avait rajouté une couche ajoutant que « le Vietnam, les Philippines et le Japon n’étaient que les chiens de garde des USA ». Le propos date et surprend, car il rappelle fortement la période tendue de la guerre du Viet-Nam !

Une bien étrange réunion chez Crown

L’empire Crown a deux facettes à vrai dire : un côté « entertainment » (les casinos) et un côté immobilier, celui des complexe de loisirs dotés d’un ensemble hôtelier (on dit « resorts », en anglo-saxon). Son dirigeant, James Douglas Packer (ici à gauche) la troisième fortune australienne, héritier des médias australiens (son grand père Franck, anobli par la reine, avait fondé l’Australian Consolidated Press et Nine Network) lorgne aujourd’hui vers le marché chinois des loisirs, et s’est associé récemment à Greeland, qui comme son nom ne l’indique pas est une société chinoise , pour construire ensemble un gigantesque casino et des appartements à Brisbane. Son concurrent direct Echo Entertainment Group annonçant au même moment une association avec le groupe Chow Tai Fook Enterprises et Far East Consortium (FEC Australia). L’empire Parker est installé aussi à Macao (avec « City of Dreams » et « Altira Macau », et les cubs « Mocha »). En 2002, Packer s’était rapproché de Tom Cruise, et de l’Eglise de Scientologie australienne, pour l’abandonner ensuite. Quels sont les liens exact du groupe avec la CIA, à ce jour, on l’ignore encore. Pour l’instant, il défraie régulièrement la chronique people, plutôt (voire ses ex aussi). Entre son Boeing 737 Business Jet personnel (dont on fait ici la visite), son yacht Z Ellerston (un Mangusta 165 acheté en France 50 millions de dollars) ou son autre yacht fabriqué à partir d’un brise-glace, l’Artic P, l’homme à de quoi sillonner le monde.

Le digne fils de son père ?

Un homme très voyant donc…qui rapelle son père Kerry, en effet. Fils lui-même d’un homme frustre et inculte, devenu magnat de la presse (une sucess story à l’australienne ;, qui s’était terminée dans les griffes de Rupert Murdoch), persuadé qu’on pouvait acheter tout le monde sur terre, capable de saillies odieuses comme celle-ci sur les émeutes raciales aux USA : « l’éditeur était célèbre pour l’utilisation de ses intérêts dans les médias pour diffuser ses idées réactionnaires. « Dans un éditorial infâme du Telegraph, Frank Packer (ici à droite) ruminait sur la violence urbaine 1967 aux États-Unis. « Si à chaque fois que des révolutionnaires noirs décidaient de brûler et tuer, ceux qui maintiennent la loi tuaient 500 Noirs, les noirs pourraient décider de cesser de brûler et de tuer, » avait-il écrit. Kerry fonctionnait de la même façon à vue, comme son père : en octobre 1990, atteint d’une crise cardiaque à l’Australian Open Polo Championship de Sydney, il reste six minutes sans vie mais il est ressuscité par des infirmiers dans l’ambulance , une des rares à disposer à bord d’un défibrillateur. Dans les jours qui suivent, toutes les ambulances de la région reçurent des défibrillateurs semblables, qui devinrent vite des « Packerwhackers » pour les australiens. Une forme d’humanité tardive issue d’un égoïsme fondamental, venant d’un véritable tyran (au travail et domestique,) confronté à un cas auquel il n’avait jamais pensé auparavant. Kerry et sa femme méprisaient également leur propre fils (le fameux James, le futur héritier de l’empire, alors un enfant dyslexique) en l’appelant par exemple “Boofhead” (issu d’une vieille BD pour le père, signifiant attardé) et “Dummy » (crétin) pour la mère…

Un homme impliqué dans un trafic et un blanchiment

L’histoire de la famille relie les points évoqués ici entre eux. Kerry, le père héritier du magnat de la presse australienne, a été un temps suivi de près par le FBI. « Quand on a questionné Packer sur les 225 000 dollars qu’il avait reçu en 1980 de la faillite de l’investisseur du Queensland Brian Ray, qui a ensuite été accusé et acquitté de l’évasion fiscale, le magnat de la presse a déclaré que Ray lui avait prêté de l’argent après une mauvaise journée aux courses. « Je voulais qu’il paie en espèces parce que j’aime les espèces – je dois avoir une mentalité d’écureuil », avait-il dit en parlant du prêt de son partenaire d’affaires occasionnel. Les documents du FBI montrent que la commission royale était également intéressée par une transaction beaucoup plus importante – impliquant plus de 800 000 dollars apparemment envoyés de Hong Kong à la banque centrale nationale de Cleveland, Ohio ». On évoquait alors à demi mot du blanchiment d’argent sale : l’affaire se révélait pouvoir devenir un énorme scandale. Cela n’avait pas plu dans la famille, comme déballage, on s’en doute, même le personnage décrit dans la presse concurrente, fort peu reluisant, avait vu son identité réelle masquée : « Packer avait réservé une de ses colères mémorables pour le chef de la commission royale Frank Costigan (mort en 2005) , car très amer sur la compilation des résumés vagues et ouvertes cas qui lui avaient valu ensuite le surnom « d’écureuil » lorsqu’ils avaient été finalement divulgués à Fairfax. Le journal national The Times avait changé « Squirrel » (l’écureuil) en « Goanna » lors de la publication des événements, qui accusaient le suspect de crimes graves allant de la pornographie au trafic de drogue, et peut-être même à des assassinats. « Le style de vie Goanna est flamboyant et très coûteux », avait conclu le National Times ». La commission avait démontré en prime que le propre frère de Kerry, appelé Clyde, faisait partie du trafic, lui aussi. Les preuves réunies « détaillaient comment Clyde Packer, l’ancien politicien à la tête de NSW News devenu homme d’affaires expatrié, avait attiré l’attention de la Drug Enforcement Agency aux États-Unis, en 1977, lorsque son numéro de téléphone a été lié à une « grande organisation de distribution d’héroïne entre Los Angeles et Detroit ». Au final, ni l’un ni l’autre n’avaient pourtant été inculpés : pourquoi et comment donc la famille Packer avait-elle réussi à passer au travers du filet ? L’un des proches de Clyde, Ian Percival Coote, cité lui aussi dans le réseau par la DEA, avait été retrouvé mort dans d’étranges circonstances : on concluera à un suicide bien pratique. Packer ne sera même pas accusé d’évasion fiscale, aux Etats-Unis ! Un site effectue ici le recensement des côtés sombres de Kerry Packer. Il y a de quoi s’inquiéter en effet, de l’héritage laissé aujourd’hui à son fils… car il n’y pas que les souvenirs des alcoves d’Heidi Feiss de concernés. L’histoire des lingots d’or volés (pour 5,4 millions de dolars) révélée bien plus tard en dit long aussi sur ses méthodes… et ceux de sa propre secrétaire, Pat Wheatley, qui l’avait visiblement trahi. Au décès de cette dernière en 2008, la presse aura une phrase significative : « elle savait beaucoup sur les liens entre politiques et entreprises où des squelettes ont été enterrés, mais elle a gardé le silence ». Surnommée « Miss Moneypenny », elle avait quand même avoué se balader régulièrement avec 100 000 dollars en liquide dans son sac, au cas où… Kerry Packer aurait été inquiété à l’aéroport. Personne ne s’est jamais inquiété des sommes considérables en cash que trimballait partout le magnat australien ! Comprenez alors que de revoir autant de liasses au pays des kangourous ravivait le souvenir de l’ère Packer père !

Les fondements historiques du trafic

Les liens entre l’Australie et la CIA ne datent pas non plus d’hier, en fait. C’est en 1975 qu’on avait pu en voir les effets flagrants, avec le rôle trouble de John Kerr, Le gouverneur général, représentant du chef de l’État australien, la reine Élisabeth II, reine d’Australie ne l’oublions pas. John Kerr, (« sir » Kerr, il a été anobli lui aussi depuis) un pro-américain, un ancien des services spéciaux pendant la seconde guerre mondiale, avait tout d’abord participé à la fondation en 1966 de « Law Asia » (ou « lois d’Asie »), une organisation d’avocats d’Extrême-Orient anticommunistes, qui existe toujours, financés par la nébuleuse « Fondation d’Asie », fondée en 1954. En réalité, cette fondation était en fait l’un des fronts de la CIA les plus importants sur place, avec des bureaux et des représentants dans toutes les grandes capitales de l’Asie. Difficile d’imaginer qu’il n’en reste plus rien depuis. L’idée qui avait été établie à la base, était de servir avant tout à critiquer constamment la Chine, le Vietnam du Nord et la Corée du Nord, via notamment Radio Free Asia. Selon des sources, la CIA dira plus tard de Kerr qu’il « était notre homme » sur place. L’autre aspect de l’action américaine secrète était d’infiltrer les syndicats australiens pour défier tous les jours le parti travailliste alors au pouvoir. Cela jouera un rôle lors de la crise de 1975 où le Premier ministre Gough Whitlam, du Parti travailliste australien, sera révoqué par Kerr en personne après une longue crise politique. Aujourd’hui, c’est l’espionnage sur invitation à des « conférences » dans les casinos Crown qui semble plus efficace…

Des anciens d’Air America devenus banquiers !

Un autre aspect douteux du personnage, encore, étaient ses liens avec la Banque Nugent-Hand de Sydney, que la CIA utilisait pour blanchir de l’argent. Son fondateur n’était autre que Michael John Hand, un ancien pilote de la CIA, un ancien « green beret » qui avait volé avec Air America (on y revient !), le service aérien immortalisé dans le film avec Mel Gibson, fournisseur secret d’armes au Laos et à la Birmanie, avec au retour l’opium du Triangle d’Or pour financer ses activités là-bas. Michael Hand, après Air America, avait fondé sa propre banque avec Bernie Houghton et un avocat australien (on y revient aussi), Francis John Nugan. Et quelle banque ! « La Banque a également participé à des activités telles que ; le trafic de drogue, d’armes internationales, les liens avec le crime organisé (Hand avait enrôlé « Murray » Riley, un ancien policier devenu chef de gang !), dont le rôle était d’activer « le blanchiment d’argent pour le président Suharto, de fournir des services non spécifiés pour des Marcos, d’aider le Shah pour faire sortir l’argent de l’Iran, de canaliser l’argent de la CIA vers des partis politiques pro-américains et des opérations secrètes en Europe (on pense à Gladio), en essayant au passage le chantage sur un ministre de l’Etat australien qui enquêtait sur le crime organisé, d’effectuer le transfert de 2,4 millions de dollars au Parti libéral australien, et encore d’autres services « d’utilité sociale. » Il faut dire que la création même de la banque avait été rocambolesque : « la banque avait été créée avec une prétention frauduleuse de 1 million de dollars en capital : « Avec seulement 80 dollars dans le compte bancaire de l’entreprise et seulement 5 dollars dans le capital versé, Frank Nugan avait signé à sa propre entreprise un chèque personnel de 980 000 dollars pour acheter 490 000 parts de sa société. Il avait ensuite couvert son découvert massif lui-même, en signant un chèque de société pour le même montant « . Cela reposait sur une belle entourloupe ! Elle attirera des investisseurs pourtant, en leur promettant des rendements de 16% minimum (l’argent sale étant lessivé contre une taxe de 22% !). Comme façade sérieuse, la banque recrutera le vice Admiral Earl P. « Buddy » Yates comme président et surtout l’ex-responsable de la CIA, William Colby en personne comme conseiller ! Des précurseurs de Madoff, à coup sûr, tant la cavalerie interne servait à construire un système de type pyramidal, juteux on le sait que pour celui se tenant au sommet de la pyramide !

Une implication indéniable de l’armée US

Dans l’étude de la structure même de la banque Hugan, faite par des journalistes, on découvrait avec surprise l’intense degré d’implication de l’armée américaine et du pouvoir politique américain. L’équipe secrète de Nugan, décrite par le Major Général Secord, lors de son témoignage dans l’affaire des Contras, avait importé pour pas moins de 3 milliards de dollars avant 1976 en provenance de Thaïlande et de Bangkok prioritairement, via ce qui qui restait de la flotte importante des avions d’Air America. Un programme né au Laos en 1969 sous la direction du directeur de la CIA en personne, Theodore Shackley et son adjoint Thomas Cline, Secord étant le coordinateur des vols. L’un des clients de la banque Nugan étant Edwin Wilson, ancien agent de la CIA travaillant pour un programme secret de la Navy appelé « Task Force 157 » en fait le Naval Field Operations Support Group (le NFOSG, qui deviendra CENTRA SPIKE en 1993, et jouera un rôle important pour arrêter Pablo Escobar en Colombie). Une banque dont les liens avec l’armée ou les représentants de la loi US étaient évidents : ses bureaux utilisaient en Thaïlande le même immeuble que le bureau des narcotiques US, la DEA ! Parmi les personnes de haut rang citées comme responsables de l’opération, on trouvait Richard Armitage (ici à gauche), ancien baroudeur devenu l’assistant au secrétaire de la Défense sous Reagan (il sera mêlé plus tard à l’affaire Plame) : il était le « bursar » de l’équipe, autrement dit servait de porteur de valises de l’argent blanchi !!! On le soupçonnera d’avoir fait partie de l’infâmant programme Phoenix (lors de la défaite vietnamienne, il conduira les réfugiés… à Subic Bay !)… D’autres militaires ou anciens militaires complétaient le tableau : à la tête de la banque, lors de son effondrement, on trouvait ainsi le vice-amiral Earl F.Yates, qui avait été commandant du porte-avions John F.Kennedy. A la tête de la branche Philippines, on trouvait le général trois étoiles LeRoy Manor, et l’ancien Assistant Army Chief of Staff pour le Pacifique, le général Edwin Black. Complétait l’équipe l’ancien responsable de l’American Legion, Walter Mc Donald. L’ancien directeur de la CIA, William Colby étant « conseiller » de la banque. Un adjoint de Wislon, Frank Terpiil, avouera que le réseau existait depuis 1960, et qu’il avait comme point de départ… Miami, en Floride nous apprend le magazine « Agenda » d’octobre 1987, sous la signature de Henry E.Hardy (voir document PDF à la fin de cet article). En photo, Paul Helliwell de l’OSS, ancêtre de la CIA, celui qui avait financé l’armée de Chaing Kai-shek rencontrant Michael Hand et Frank Nugan. Heliwell avait financé en 1960 JM/WAVE, l’organisation derrière l’invasion de la Baie des Cochons. Au décès de JFK, il avait fondé aux Bahamas la « Mercantile Bankand Trust Company, » puis la « Castle Bank and Trust Company », les deux paravents bancaires de la CIA. Une enquête de Internal Revenue Service en 1973 l’avait obligé à les fermer, laissant le champ libre à Nugan.

Jusqu’aux Bermudes…

L’incroyable banque australienne était en effet liée à la Castle Bank & Trust des Bahamas, créée en 1960 par 1960s by Paul Helliwell, un ancien de l’Office of Strategic Services, donc, (le précurseur de la CIA !), qui avait jadis beaucoup aidé Chaing Kai-shek et Taïwan, en lui fournissant des armes en échange de l’héroïne (déjà ?) dans les avions du CAT, futur Air America, dont l’écroulement rapide en 1997 montrera les liens avec la CIA (un autre scandale, dans lequel par exemple John Fogerty et Creedence Clearwater Revival perdront un max d’argent (?). Helliwell avait aussi créé auparavant « Intercontinental Holding », une compagnie installée dans les îles Caïman, qui possédait de fait le fameux LearJet utilisé par Barry Seal pour transporter la coke, quand il ne volait pas avec son C-123 ; tout un petit monde alliant argent et coke voire héroïne venant d’Asie. Hand et Nugan iront même entre temps jusqu’à « importer » ce qui restait de l’armée Mhong de la Thailande pour l’installer dans les îles Turk and Caicos, en face même de Cuba, au cas où une autre invasion aurait été mise sur les rails par un président US plus belliqueux. Le suicide (douteux !) de Nugan (il sera retrouvé le 27 janvier 1980 dans sa Mercedes avec une balle de gros calibre dans la tête, à Lithgow, dans le New South Wales, un peu comme… Seal (abattu à la Nouvelle-Orleans le 19 février 1986) mettra à jour toutes ses opérations, obligeant son collègue Hand à se réfugier aux îles Fidji sous un faux nom, avant de rejoindre Vancouver, au Canada, et de disparaître sans laisser de traces dans New York même. On le cherche toujours. Sans oublier, à cet étrange affaire, peut-on ajouter aussi, le rôle de lobby militaire pour faire accepter aux australiens les fameux F-111, si décriés, après leur échec patent au Viet-Nam, pourtant. L’avion controversé tiendra 40 ans, pourtant, en Australie. On enterrera les derniers lors de leur retrait définitif…

Ecouler les surplus afghans et laver les billets

Alors d’où pouvait provenir ce trafic ? Avec la Thaïlande, pays dont la production s’est effondrée et à la législation féroce contre les trafiquants, c’est difficile à imaginer (la production afghane et thaïlandaise jouent les vases communiquants comme le dit Koutouzi dans son ouvrage : quand l’une est haute, l’autre descend. En ce moment, l’Afghanistan produit 90% de l’opium mondial et la Thaïlande plus que 10%. En revanche, le marché afghan pléthorique depuis la présence américaine (encore un autre hasard ?) est à écouler, et l’Australie est une des pistes possible comme consommatrice fort demandeuse. Et là, on retombe sur un autre problème connu : la circulation et le trafic d’opium au sein même de l’armée US, chose dont on peut apercevoir l’ampleur lors de faits divers sagement rangés dans la catégorie des événements à ne pas suivre, chez les journalistes. Ainsi pour la mort d’une gestionnaire de base militaire, retrouvée morte et un peu vote déclarée « suicidée » (une de plus ?). « Comme indiqué dans un précédent post, Ciara Durkin était un agent financier faisant partie base aérienne de Bagram en Afghanistan. Il n’y a pas longtemps, elle est morte mystérieusement. Avant son assassinat apparent, elle avait dit à sa sœur : « J’ai découvert certaines choses qui ne me plaisent pas et je me suis fait des ennemis à cause de cela. » Un autre soldat a dit à la famille que la drogue étaient endémique à Bagram, et qu’elle-même avait consommé de la drogue là-bas. Selon le soldat Santiago, elle avait vu les ventes de drogue qui se déroulaient dans une salle à la base, avec de grandes quantités d’argent comptant sur ​​une table. Le soldat a dit qu’elle croyait qu’elle a dû voir quelque chose qu’elle n’a pas approuvé, et elle l’a payé de sa vie .. Comme le chroniqueur de Kos, MichiganGirl, nous le rappelle, Seymour Hersh a fait un important exposé sur le commerce de ladrogue à Bagram .. (*)  » Même chose pour le sergent Juan Torres, retrouvé mort de la même façon.

Il y a un lien, à l’évidence, entre ce petit avion surgit du fond de l’histoire et les méthodes de la CIA. Rien n’a changé depuis plus de quarante ans. Le trafic de drogue est toujours une composante essentielle de l’agence américaine. Et c’est un petit bimoteur perdu en Australie qui vient de nous le rappeler.

(*) extrait : .. »La facile disponibilité de l’héroïne [en Afghanistan] représente également une menace pour le bien-être des troupes américaines. Depuis l’automne 2002, l’armée et un certain nombre de retraités fonctionnaires de la CIA me l’ont dit à propos de l’augmentation des rapports de consommation d’héroïne par des militaires américains en Afghanistan, dont beaucoup ont été là pendant des mois, avec peu de distractions. Un ancien officier de renseignement de haut niveau m’a dit que le problème ne venait pas des forces spéciales ou des unités de l’armée de combat qui étaient actifs dans le domaine, mais « des gars de la logistique » -les conducteurs de camion et les travailleurs de l’avitaillement et de maintenance qui sont en poste sur la grande base de Bagram, près de Kaboul. Cependant, je suis aussi dit qu’il y avait des préoccupations au sujet de l’héroïne dans les Marines. Les GI affectés à Bagram sont nominalement confinés à la base, pour des raisons de sécurité, mais les drogues, l’ancien officier de renseignement m’a dit, ont été fournies aux utilisateurs par des afghans locaux embauchés pour gérer les travaux subalternes. La haute direction du Pentagone a une « attitude tête-dans-le-sable », dit-il. « Il n’y a pas de désir de l’exposer et d’obtenir l’application en cause. Putain, ce que c’est difficile ! « , a-t-il ajouté, en parlant de l’héroïne. Le Pentagone, a qui j’ai demandé des précisions, a nié qu’il était préoccupé par l’usage de drogues à Bagram, mais a ensuite reconnu que « des procédures disciplinaires ont été engagées contre certains militaires américains en Afghanistan pour l’utilisation présumée de drogue. » Interrogé séparément sur les allégations contre les marines, le Pentagone a déclaré que certains Marines avaient été relevés de l’Afghanistan pour faire face à une procédure disciplinaire, mais a aussi blâmé plutôt l’alcool et de la marijuana plutôt que l’héroïne … »

-Le dossier des C-130 détournés :

http://www.fromthewilderness.com/fr…

-sur le cas de la famille Packer

livre référence : Paul Barry, The Rise and Rise of Kerry Packer (Sydney, Bantam, 1993)

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Coke en stock (LXXIV) : la CIA, l’héroïne … et l’Australie ( part 2)

Coke en stock (LXXIV) : la CIA, l’héroïne … et l’Australie (2)par morice
lundi 17 novembre 2014

Si la première surprise de cette longue enquête a été constituée par le type même d’avion saisi, et sa provenance originelle, une deuxième nous attendait avec la personnalité d’un de ses deux pilotes. Car contrairement à ce qu’on avait pu apprendre dans les premières heures de son arrivée, le petit Swearingen ayant traversé le Pacifique ne l’avait pas fait avec le pilote déclaré à son arrivée en Australie. Mais avec un autre lascar, dont la personnalité se révélait plus que surprenante…

Un trajet assez étonnant

Notre si reconnaissable Swearingen provenait du même lot d’avions destinés à devenir « invisibles » ou d’être repeints en gris neutre pour les C-130, sans aucun signe distinctif extérieur, comme j’ai pu vous le dire dans un article précédent . Des avions destinés aux opérations « discrètes » de la CIA !!! D’où les suspicions légitimes le concernant sur ses liens avec la CIA, dès son apparition en Australie, sur ce petit aérodrome peu connu. Un avion discret, lui aussi, que ce Merlin IIIA, qui, selon le journal australien (voir plan du trajet ci-desssus), avait fait un drôle de périple avant de rejoindre l’Australie : parti de Punta Gorda en Floride, via le Missouri et le Texas, puis la Californie (avec un arrêt à Tracy) et l’état de Washington, et l’Alaska (faisant un arrêt à Cold Bay, « un village de 108 habitants, un seul magasin et un hôtel et une seule piste d’atterrissage », note le journal), en volant ensuite vers Hawaii (à Hilo), les îles Marshall, Guam et les Philippines avant de longer la côte Est de l’Australie ! Le journal découvrant autre chose encore, de beaucoup plus intéressant à propos du mystérieux avion : l’Aero Club de l’Oregon (Oregonian Aeroclub LLC) où il était censé être inscrit n’existe même pas dans l’Etat d’Oregon, il n’a aucun site web, et pas davantage de contact !!! Le pilote, Bernard Stevermuer (ici à droite se rendant au tribunal), avait pourtant laissé cela comme adresse, dans sa fiche de pilote. L’homme, instructeur de parachutisme de 43 ans aurait acheté 400 000 dollars australiens l’appareil et l’aurait rapatrié lui-même de Floride( du moins c’est ce qu’on pensait). Il existe bien un Oregon Flying Club, mais il ne connaît pas l’appareil : les rédacteurs du journal australien l’ont contacté et on leur a répondu par la négative ! Tout cela en affichant pourtant une adresse, une simple boîte postale fictive, à l’évidence, située à Wilmington, dans le Delaware ! Un avion inscrit de nul part qui aurait fait un périple pareil (durant deux mois de vols en sauts de puce, sauf vers le centre du Pacifique !), mais pour quelle raison précise ? Le pilote, en tout cas, avait de l’argent sur lui (beaucoup d’argent) : « il souhaitait en effet démarrer une activité sur l’aéroport », en allongeant d’emblée 1,5 million avait-il dit à la police, étonnée de la somme, dont il aurait réglé la première traite avec 300 000 dollars en liquide. D’autres billets auraient été découverts dans sa voiture. Selon la police australienne, deux sociétés avaient financé son avion : Mortgage Kingdom et Five Dock. Inconnues au bataillon, elles aussi. La seconde est le nom d’une banlieue de Sydney ! Comme complice australiens, on lui a vite trouvé un joueur de poker Darren Rispen, surnommé « Buzz », et Yousseff Sammak, dit « Joey », un artisan décorateur de magasin en avec son entreprise « JB Shopfitters »… deux trafiquants de bien faible envergure pour s’allier à un tel trafic, manipulant une telle…billetterie.

Et un pilote qui l’est tout autant…

Rebondissement le 10 juillet ; lors de l’interrogatoire de Stevermuer, ce dernier avouait ne pas avoir fait le périple annoncé, et simplement s’être rendu aux Philippines pour chercher l’avion. Selon lui, c’est David Baddams, présenté comme le pilote de la société « Snow Goose International », qui avait traversé le Pacifique jusqu’aux Philippines et non lui. à bord du Swearingen. Une série d’échanges retrouvés sur Facebook confirmait rapidement les faits. Or selon le propre site de Snow Goose, « Baddams est un ancien pilote de la Navy possédant 40 ans d’expérience, dont celle du Sea Harrier, du BAE Hawk (deux avions anglais et non américaines) et du Douglas A4 Skyhawk ». Une société jeune, très jeune, puisque créée en 2013 et dont le seul pilote était… Baddams. Etrange société ! Sur le site annonçant le convoyage du Swearingen, on pouvait lire cette phrase particulière : « from departing Seattle to Guam, the aircraft was monitored by United States Air Traffic and then by Philippines Air Traffic into Clarke Field. At all times the aircraft flights were planned and approved by the appropriate authorities. Communication was always maintained by HF radio in accordance with international requirements », pour attester du vol dans les règles de l’appareil… et en disculper complètement le convoyeur. Rien en revanche sur l’autre rôle oublié par David Baddams, en fait le directeur des ventes pour Britten Norman-Pty Ltd, installé à Daedalus Airfield, Lee-on-the-Solent, dans l’Hampshire, qui avait annoncé il y a quelque temps la vente d’Islander à turbines « pour un nouveau client situé dans la région Asie-Pacifique », avec des avions construits désormais en… Roumanie. Rien non plus sur le résultat d »une plainte déposée par David Baddams et jugée le 8 avril 2013 sur un litige concernant un équipement de surveillance à bord d’un Britten-Norman de surveillance aérienne équipé par Airborne Australia Pty Limited de façon inadéquate, dont Baddams avait demandé le retrait. Et rien non plus de la part de la presse si peu inquisitrice pour retrouver sur le net la mise en vente d’une tourelle MX-15 HDi, ancien appareil de démonstration de chez L3 Wescam, rédigée à son nom !!!! Car l’engin vaut une fortune (ici elle équipe un AT-6 Hawker Beechraft de l’armée américaine, vu à Farnborough…et là elle est accrochée sous le MC-27J « Gunship » Praetorian…). A peine si on avait noté encore que le site internet cité par l’auteur de l’offre présentait une adresse fort particulière : c’est « Airborne Surveillance (US) Inc », dont l’adresse est à Coral Gables, dont on sait que c’est depuis toujours le fief… de la CIA !!!

Un pilote militaire et commandant d’escadrille de guerre !

Baddams, aujourd’hui paisible (?) retraité, n’a rien d’un dilettante : il a été en effet commandant de guerre d’une escadrille de Harrier, comme s’en souvient un de ces pilotes dans le magazine Classic Aircraft, lors du retrait de l’avion VTOL mythique (ça sert d’avoir des archives, voyez) :… « Pour un pilote, c’était presque le rêve ultime », dit Chris de sa première tournée avec l’escadrille 800, au début de ce qui était censé avoir lieu un déploiement aux Etats-Unis. « À la fin de 1998, Dave Baddams était notre commandant, lorsque nous sommes allés lors d’une soirée au restaurant avec les nouveaux pilotes. C’est quand alors l’Irak apparaissait dans les zones d’exclusion aérienne. Il nous a dit :« Hé, ne vous souciez pas de ce que vous entendez dans la presse, nous allons encore en Amérique, et puis le lendemain, il s’est avéré que le secrétaire à la Défense s’est levé au parlement et a envoyé le navire vers le sud » . Voilà un commandant qui était bien au courant de ce que les politiciens lui avaient promis de faire mais se gardait bien de le dire à ses hommes ! Histoire de les ménager ? « Nous souhaitions tous aller à gauche, vers l’Irak, plutôt qu’à droite, vers l’Amérique. ……. « Le navire était là pour faire un travail. Pour fournir la puissance de l’air de la mer et sur la terre, nous avons monté à bord, et pendant les deux ou trois premiers mois, nous étions a fond en train de délivrer une puissance aérienne sur place. Au cas où, nous emportions un couple de missiles air-air AMRAAM (Advanced Medium-Range Air-to-Air Missile). Nous nous sommes entraînés avec l’escadron pendant que nous nous dirigions vers l’Irak, en développant les tactiques que nous utiliserions là-bas, nous avons terminé en mars 1999, et sur ​​le chemin du retour la guerre du Kosovo a débuté . Comme nous sommes revenus à travers le canal de Suez, nous avons tournés à droite plutôt qu’à gauche. Tout le monde dit qu’ils se souvient de leur première tournée, mais pour moi, c’était était juste une grande période de six mois, tous à bord du navire [c’était l’Invincible]. ……. « [Au Kosovo] nous devions travailler notre façon de faire, d’abord au cours de sorties de nuit en partant du navire. (…) Lorsque nous sommes finalement davantage sortis pendant la journée, c’était très pratique d’aller jusqu’au dessus de Skopje et de voler vers un camion-citerne de temps en temps pour obtenir le plein d’essence (…). …… Nous opérions généralement dans la zone de 30 000 à 40 000 pieds – et ça tapait quand quand on atteignait juste en dessous des 40, mais avec un couple de missiles AMRAAM emportés, on pouvait quitter le navire sans être inquiété à 35 000 pieds (…)  » Une seule photo résume le personnage : elle est légendée ainsi… « le capitaine David Baddams sur le point d’être catapulté avec un chargement complet de missiles AMRAAM « live ». « Ce fut la seule fois que l’avion a été lancé avec cette charge et, malgré ce que des rumeurs avaient pu propager il n’y a pas eu de problèmes avec la capacité « bring-back » (de retourner à pleine charge) malgré des températures ambiantes élevées »… et c’est cet homme qui est venu livrer… le petit bimoteur suspect !!! Voilà un bien étrange retraité des deux Navy qui apparaît sur scène !

Un pilote étonnant, très lié à l’armée anglaise et australienne

Pas plus sur un rapport dithyrambique signé Baddams encore sur l’achat de F-35 par l’Australie, comme appareils pouvant utiliser sans problèmes les « Canberra-class LHD »… Sur Prune, qui semblait ne pas avoir flairé l’oiseau, on découvrait alors que notre homme avait bien été effectivement un pilote de la Navy australienne jusque 1984 (il avait dû s’éjecter à 21 ans d’un Skyhawk du VF805 Squadron (N°13-154906 -A4G 885), le 21 octobre 1980, après que son sabot de catapulte (*) se soit mal engagé sous son train avant, sur le pont du Melbourne – la séquence avait été filmée- **) date à laquelle il était passé sur la Navy anglaise, et qu’il avait commandé ensuite le Naval Air Squadron 800 anglais (démobilisé en 2004) sur de multiples fronts, notamment en Irak, à partir de l’Invincible et sur le Golfe, ainsi qu’au Kosovo… avant de former au Hawk Production Flight Test la plupart des 33 moniteurs de BAE Hawk, ou bien qu’il avait en août dernier encore servi de soutien logistique aérien au Nuship Landing Helicopter Dock (LHD) Canberra durant ses essais dans le port de Philippe Bay… Bref, un ancien militaire resté bien proche de ces derniers, aux talents multiples, taxé de « Top Gun-type fighter pilot extraordinaire » dans Prune, et encore très lié à l’armée et la marine, visiblement… Top Gun ? Oui, car c’est comme ça aussi que s’intitule l’organisation australienne regroupant des « as » pour faire découvrir le monde du jet à des civils novices, à bord d’un L-39, d’un bon vieux Jet Provost MK5 ou d’un CJ6A Nanchang, le pendant chinois du Yak 52 d’acrobatie (secousses assurées !). Avec au milieu de nos vétérans notre livreur de Swearingen, un peu plus bedonnant… pour 595 dollars, la sortie la moins chère… (en Nanchang bien sûr !). C’est un grand fan de l’aviation anglaise, en effet : il a été le premier le 23 octobre 1996, par exemple, à faire revoler pendant 58 minutes une belle restoration de British Aerospace d’un des premiers chasseurs embarqués à réaction anglais, construit en 1954, le superbe Sea Hawk WV908… avant de le voir repartir à Yeovilton. Drôle de pilote, donc, pour un drôle d’avion !!!

Car c’est ce vétéran confirmé, sinon un as, qui aurait servi de convoyeur pour un avion si petit, grâce à une société d’un seul membre actif (et une secrétaire)… spécialement créée pour l’occasion ? Etrange choix ! Avec ce pilote hors pair venu livrer aux Philippines un tel avion, on changeait déjà de catégorie là : qui aurait pu, dans un cartel de trafiquants, convaincre un tel pilote de venir livrer un tel avion âgé et délicat à piloter (il a été l’objet de plusieurs crashs dus à sa « susceptibilité » de vol)… alors qu’il avait encore des liens évidents avec l’armée ou la police ??? Et de le faire livrer là-bas et non en Australie même, n’était-ce pas pour lui éviter de graves ennuis s’il se faisait prendre au pays des Kangourous ? La drogue, avait-elle été chargée avant, ou après son arrivée aux Philippines ? Non décidément, cela ne semblait pas être une banale saisie de drogue, l’arrivée de ce petit bimoteur en terre australienne !

Comme lieu de transit (idéal !), un ancien aérodrome militaire US abandonné

Une enquête plus poussée sur le lieu d’atterrissage de l’ineffable Baddams nous donne une piste supplémentaire très intéressante. L’aéroport cité par le journal local comme étant celui « d »Angeles » aux Philippines, pose en effet, lui aussi, sacrément question, comme étant la dernière étape avant l’Australie. Car ce n’est autre en réalité que le Diosdado Macapagal International Airport, l’aéroport alternatif au Ninoy Aquino International Airport de Manille. Et c’est un aéroport civil un peu spécial, car il utilise en fait les terrains de l’anciennne Clark Airbase de l’US Airforce, hébergeant durant la guerre du Viet-Nam les Phantoms du 405th Fighter Wing, fermée en 1991, en raison de l’éruption du Mount Pinatubo (ici à droite les cendres la recouvrant), et aujourd’hui le seul aéroport philippin utilisant deux pistes parallèles. Une base militaire historique, installée pendant la seconde guerre mondiale, déjà. En 1973, la même base hébergeait deux squadrons de C-130E de les 21st Tactical Airlift Squadron et 776th Tactical Airlift Squadron (ici un énorme Galaxy venu se poser sur la base). La base, très peuplée (15 000 personnes !) étrangement, hébergeait aussi un club fermé de membres de la société des Chevaliers de Columbus… on ne peut plus réactionnaires. Autre particularité du site : située dans un creux, on ne distingue alentour que la queue des appareils les plus imposants s’y posant. Une discrétion à utiliser pour les modèles plus petits… comme celui venu de Floride ! (ici la visite guidée des vestiges de l’ancienne base militaire, un lieu idéal pour y dissimuler un trafic avec ces bâtisses abandonnées envahies par la jungle !). On trouve aussi sur place de vieilles bestioles volantes elles aussi abandonnées, ou en décrépitude, tels le 727-200 de Magestic (RP-C7110, ex Braniff), une firme américaine (on voit atterrir ici à Clark et ici en décoller le 21249, ex Express.net) et le 737-200 d’Air Philippines (RP-C8007). Parmi de véritables épaves, on remarquera surtout le B727-23F (RP-C5353) de Pacific East Asia Cargo, un Boeing sous numéro de fabrication 19131, qui présente un superbe curriculum, avec pas moins de 33 enregistrements différents depuis 1966, dont la fameuse « Wilmington Trust Company », en 1995, devenu le ZS-NPX de Phoenix Airways et Safair (toutes deux d’Afrique du Sud) la même année. Or la Wilmington Trust Company, avait justement acheté le Gulfstream V immatriculé N126CH, un avion de rendition (sous les labels N379P, N8068V et N44982), le 18 août 2006, pour le revendre sous l’immatriculation VH-CCC chez Crown, à Melbourne… la firme étant un paravent complet de la CIA !

Une deuxième base US à proximité

Mais il y avait autre chose, sur cette gigantesque base. Dans les clubs et bars autour, une prostitution tout aussi gigantesque et son corollaire habituel : le trafic de drogue, l’héroïne étant la plus répandue. La base ressemblait plus à un lupanar qu’à autre chose, au point qu’en 2010, une fois les militaires partis, il fallu songer à un programme d’aide à la reconversion des malheureuses filles qui vendaient leurs charmes (pour 200 pesos soit 26 dollars la passe), appelé Renew Foundation. Au milieu de cela, de très jeunes filles, évoquant également jusqu’à une prostitution enfantine. Deux bases US étaient atteintes par le fléau : « Clark et Subic également servi pendant de longues années un symbole de la commercialisation des femmes philippines comme « artistes » et « filles de l’accueil  » – euphémismes pour la prostitution, comme beaucoup de femmes d’un certain nombre de régions défavorisées du pays qui ont été séduites, trompées ou attirées dans le glamour des villes axée sur les cultures étrangères qu’ont apportées les bases et installations américaines » note Catwap (Coalition Against Trafficking in Women). On ne saurait mieux décrire l’endroit ! Dénonçant aussi, par la même occasion la présence d’une deuxième base, sous-marine celle-là, celle de Subic, qui connaissait les mêmes turpitudes.

Une deuxième base toute proche, elle aussi investie par la CIA

Subic était devenue une base Clark-bis en réalité, à partir de 1991 : « la CIA a perdu son énorme installation de télécommunication à la base aérienne Clark – la station de radio et relais régional lorsque le Sénat philippin a rejeté le 16 septembre 1991, la base du traité proposé pour son renouvellement. Avant 1970, déjà, selon un ancien agent de la CIA, la tentaculaire base navale de Subic a été le site du groupe « Opérations Chine »de la CIA et l’agence a même construit 100 maisons modernes et coûteuses, un grand immeuble de bureaux de deux étages et un grand entrepôt à Subic Bay « . (Smith, 1976) « Une ancien officier de la CIA, Janine Brookner, qui était en poste à Manille a décrit la ville de la capitale des Philippines comme « un lieu terrible » pour les agents de la CIA qui passaient beaucoup de temps dans les bars, les spectacles érotiques et les maisons closes. Ce fut parce que, selon elle, la procédure standard pour de recrutement d’objectifs de la CIA était « mettez les saoul, faites les baiser, et ensuite enrôlez-les à l’Agence (…) « Vous prenez soin d’eux », rappelle Brookner, « et ils vous racontent leurs peurs et les cauchemars … Je suis sympa avec les personnes tombées spus ma dépendance ». En fait, ses objectifs, en particulier les responsables du gouvernement philippin de haut rang, elle leur avait souvent fait des avances. » (Starobin, 1997).

Subic, située à quelques encâblures de là

Or à Subic bay, en 2006, les responsables de la ville, du Subic Bay Metropolitan Authority, avait été joint par Gary Jackson, alors le président de… Blackwater, qui désirait y installer une base pour ces mercenaires, une installation au nom de Satelles Solutions Inc, groupe philippin formé pour l’occasion par une subdivsion de Greystone, elle-même société dans le giron de Blackwater. Selon les documents d’enregistrement de Satelles, Greystone Ltd devait contrôler la société avec un total de 10,4 millions en actions souscrites. Chez le reste des actionnaires, ceux qui avaient souscrit des actions sont Mary Grace Agoncillo, Frances Yuyucheng, Clarisse Oben-Evangelista, Romeo Redelicia et Ramberto Saavedra. Un total de 294 000 dollars devaient été recueillis auprès de la société pour la location de la propriété. La société s’était engagée à investir 200 000 dollars et prévoit d’embaucher 20 employés initialement. Selon le SBMA, la société serait d’utiliser un champ de tir existant à l’intérieur du Freeport temporairement jusqu’à ce qu’elle se trouve un endroit approprié ». Mais en 2007, le Virginian Pilot indiquait que la controverse avait forcé Blackwater à abandonner ses plans pour Subic Bay : « Les plans de la société militaire privée basée à NC Moyock, pour ouvrir une branche asiatique aux Philippines ont été mis au rebut …« Nous ne poursuivons plus une installation aux Philippines, a dit Anne Tyrrell, un porte-parole de l’entreprise. Les plans de l’entreprise pour un centre de formation jungle des compétences de survie sur le site de l’ancienne base navale américaine de Subic Bay ont suscité des craintes, suite à une enquête d’un membre éminent du Sénat philippin l’été dernier ».

De bien étranges investisseurs

A noter que parmi ceux prêts à investir figurait pourtant un général, Ramberto Saavedra, des forces armées des Philippines. Mais aussi Romeo Redelicia, le directeur de Yes International Resources Ltd, (à droite une annonce de Yes Cameroun) une compagnie de recrutement de travailleurs installé à Winnipeg, aux USA. Chose surprenante, on retrouve également notre homme comme « consul général » de l’étrange « dominion du Melchizedek »… « une micronation créée en 1986 par Evan David Pedley et son fils Mark Logan Pedley afin de favoriser à grande échelle le blanchiment d’argent » nous apprend Wikipedia ! Une escroquerie caractérisée, qui perdure depuis… 1995 au moins ! Le schéma de fonctionnement étant du type Ponzi, dûment démontré et dénoncé dès 1998 par la Securities and Exchange Commission américaine. Que venait faire cet investisseur dans cette galère ? Dans le groupe de partenaires de Blackwater, on trouvait pourtant une spécialiste des investissements, Frances T. Yuyucheng, de chez Romulo, une société philippine regroupant pas moins de 90 avocats d’affaires ! Que peut-il donc y avoir autant de pourri, à ce point, au royaume des Philippines, à ne pas s’apercevoir à ce point de ce qu’on préparait à Subic Bay ? Jackson sera poursuivi et condamné en 2013 à plusieurs mois de probation et une amende de 5000 dollars pour violation de la législation sur les armes, une peine bien allégée par rapport à ce qui avait été annoncé auparavant. Le cas avait été exemplaire… pour démontrer les liens étroits unissant Blacckwater à la CIA : « mais dans le cas enterré par la Cour fédérale, les avocats de la défense ont fait valoir que les accusés avaient acquis secrètement les armes au nom de la CIA, et ne devraient donc pas être poursuivis, pour avoir suivi les indications du gouvernement. La défense a présenté des témoignages d’anciens fonctionnaires de la CIA qui ont dit qu’ils savaient que Blackwater avait agi selon direction de l’agence, et ont déposé des requêtes en documents et des preuves du rôle de la CIA dans le deal d’armes effectué. Le ministère de la Justice a nié que le C.I.A. avait joué un rôle dans la direction des achats d’armes de Blackwater, et a cherché à bloquer la défense d’avoir accès aux fichiers de la CIA ».. révélait le 21 février 2013 le New-York Times. Blackwater avait agi, et agi toujours, selon les ordres de la CIA. Aux Philippines, c’était donc bien un terrain d’entraînement de la CIA qui devait être établi à Subic Bay ! Déjà, en 1989, la presse l’avait annoncé : « aux Philippines, la CIA s’est trouvée une seconde maison »… cela devait conduire à une créature voisine de celle de Ben Laden, en la personne d’Abu Sayyaf… qui a fait depuis allégeance à l’Etat Islamique !

La révélation

Le 14 mars suivant, Erik Prince, l’ancien PDG de Blackwater, plutôt amer, vidait son sac devant la presse : « le travail de Blackwater a commencé avec la CIA lorsque nous avons fourni les instructeurs et les installations spécialisées dont l’Agence manquait », a dit Prince au reporter Eli Lake. « Dans les années qui ont suivi, la société est devenue une extension virtuelle de la CIA, parce qu’on nous a demandé maintes et maintes fois d’effectuer des missions dangereuses, que l’Agence, ne pouvait ou ne voulait pas effectuer en interne. »[La] CIA a couramment utilisé Blackwater pour des missions dans le monde entier, » expliquent les avocats de l’entreprise dans des documents de la défense. « Ces efforts ont été faits en vertu des contrats écrits et non écrits et au travers de demandes occasionnelles. À de nombreuses reprises, la CIA a payé Blackwater rien que pour son assistance. Blackwater a également utilisé et recruté des officiers et agents de la CIA et fourni une couverture aux officiers et agents de la CIA opérant dans des missions secrètes et clandestines. À bien des égards, Blackwater, ou dans certaines parties de Blackwater, étaient une extension de la CIA ». Au moins, désormais c’était clair. Blackwater n’était que le bras armé de la CIA !

Des tueurs recrutés

Parmi les choses que ne voulait plus faire la CIA… il y avait ce qu’avait dénoncé la commission Church : des assassinats. Selon « The Terrifying Background of the Man Who Ran a CIA Assassination Unit »de Conor Friedersdorf (2012) « l’implication présumée d’un enquêteur fédéral, Enrique Prado dans sept meurtres, lorsqu’il il était en charge de meurtres secrets confiés à une société privée. C’était l’un des plus grands secrets de l’ère post-11 Septembre : peu de temps après les attentats, le président Bush a donné la permission à la CIA de créer une unité d’assassinat top secrète pour trouver et tuer des agents d’Al-Qaïda. Le programme a été maintenu par le Congrès pendant sept ans. Leon Panetta et le législateur on en a parlé en 2009, et ont révélé que la CIA a engagé la société de sécurité privée Blackwater pour aider à l’exécuter. « Le mouvement a été historique », dit Evan Wright, journaliste du National Magazine Award Qui a écrit « la série Generation Kill ». Il semble avoir marqué la première fois que le gouvernement des États-Unis a confié un service d’assassinat secret à une entreprise privée ». Sachant comment la CIA avait financé les mêmes activités en Amérique du Sud, pendant des décennies, ça devenait un peu plus clair, alors, de trouver de l’héroïne à cet endroit…

(*) les catapultes montées sur les porte-avions australiens étaient plus courtes que les américaines, et ne faisaient que 28 m de long. Pour y remédier, on avait ajouté un peu de pression de vapeur, mais le décollage y demeurait plus risqué que sur les porte-avions US.

(**) et amplement documentée, comme ici sur cinq pages (?) dans le magazine de la Navy australienne sous le titre « The rescue of SBLT David Baddams « , vue d’un Wessex Mk 31B de sauvetage .

SOURCE: http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxiv-la-cia-l-158784

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DNRED (Douane française): saisie de 250 kg de cocaïne au large de la Martinique

Publié le : vendredi 7 novembre 2014
Saisie de 250 kg de cocaïne au large de la Martinique
Saisie de 250 kg de cocaïne au large de la Martinique | © Douane
Saisie effectuée à bord d’un voilier, fruit d’une collaboration des services douaniers français (DNRED) et des services de police britannique (NCA).

Michel SAPIN, ministre des Finances et des Comptes publics, et Christian ECKERT, secrétaire d’Etat chargé du Budget, tiennent à féliciter les services douaniers français de l’importante saisie, le 3 novembre 2014, de près de 250 kg de cocaïne, à bord d’un voilier battant pavillon de la Grande-Bretagne.

Fruit de plusieurs mois d’enquête en collaboration avec les services britanniques, cette saisie a été conduite conjointement par l’échelon de la Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières (DNRED) de Fort-de-France et le service de police britannique National Crime Agency (NCA).

Après plusieurs jours de surveillance ayant mobilisé un large dispositif aéro-maritime, les agents des douanes ont procédé au contrôle d’un sloop de 12 mètres, dans les eaux internationales à plus de 120 miles nautiques au large de la Martinique (220 km). Grâce à l’action simultanée de deux vedettes de la Direction Régionale Garde-côtes des douanes d’Antilles-Guyane DF31 et DF44, les services douaniers ont pu déjouer le plan de fraude mis en place par une organisation criminelle structurée. Malgré les conditions de mer difficiles, les deux occupants du voilier ont pu être appréhendés en toute sécurité avant même qu’ils n’entament leur traversée transatlantique.

A l’issue de la procédure douanière, les stupéfiants d’une valeur de plus de 16 millions d’euros, ainsi que les personnes mises en cause, ont été remis à la disposition de l’autorité judiciaire à Fort-de-France.

Cette saisie illustre une nouvelle fois l’excellente coopération existante au sein de la zone Caraïbes entre les services français et étrangers chargés de la lutte contre la fraude. Cette saisie spectaculaire prolonge une série de succès communs en 2014 obtenus grâce à la coopération entre la douane française et les services britanniques.

En 2013, la douane française avait déjà saisi plus de 7,2 tonnes de cocaïne.

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Roberto Saviano, infiltré dans les archives policières, pour écrire « EXTRA PURE » par Marc Fievet (NS 55 DNRED)

J’ai acheté ce livre voici quarante huit heures.

Je me suis précipité sur les pages qu’il consacre à Claudio Pasquale Locatelli que j’ai bien connu, à Roberto Severa que j’ai connu , à Loredana Ferraro que j’ai bien connue, à Pasquale Ciolla que j’ai bien connu , à Heidi que j’ai bien connue et que j’ai présentée à Locatelli, au magistrat Domenico Catenacci que j’ai connu et à qui Locatelli offrait mensuellement une valise d’argent et quelques sorties dans les clubs de Marbella accompagné de Skora (Tiens, il n’apparait pas dans le récit de Roberto Saviano).

Pourquoi n’a-t-il pas parlé de l’OCTRIS et du commissaire Mario Le Corff?
Pourquoi n’a-t-il pas parlé de Carlos Hernandez Rumbault?
Pourquoi n’a-t-il pas parlé des contacts pris à Zagreb avec l’aide des services officiels de Croatie?
Pourquoi n’a-t-il pas parlé des opérations menées par la GRC-RCMP? (5 TONNES 400 de cocaïne saisies sur le Cargo PACIFICO) ?
Pourquoi n’a-t-il pas parlé des opérations menées par le HM Customs and Excise contre le POSEIDON (saisie de 6 tonnes de cannabis) et arrestation de Bobby Mills, l’ex boyfriend de Heidi?

Il y a des raccourcis et des erreurs dans le récit de Roberto Saviano!

J’ai constaté que toute son « enquête » sur l’ opération Dinero et sur Claudio Pasquale Locatelli ne s’était inspirée que des sources officielles du DEA, du FBI, de la Guardia Civil, de la Policia espagnole, des Carabinieri etc. etc. omettant de parler de l’action de la DNRED (Douane française).

Pourquoi n’a-t-il pas posé des questions à Jean Paul Garcia, le patron de la DNRED (Douane française)?

Pourquoi n’est-il pas venu me poser des questions sur les 16 mois que j’ai passé, lors de mon infiltration, auprès de Claudio Pasquale Locatelli ?

Pourquoi, l’implication de la Guardia Civil, de la Policia espagnole (Gouvernement Felipe Gonzalez – Ministre Rafael Vera) dans le financement du GAL via le narcotrafic n’apparait pas?  Pourquoi n’a-t-il pas parlé du commissaire Ricardo Kohl d’Estepona?

Pourquoi le financement des dernières années de l’ IRA par le narcotrafic n’apparait pas?

Pour qui roule Roberto Saviano ?

Etait-il chargé de réécrire l’histoire de ces trente dernières années en matière de lutte contre le narcotrafic dans le seul but de glorifier ses seuls amis policiers?

Alors, ce livre « EXTRA PURE (Zéro, zéro, zéro ) » ne serait-il qu’un résumé de son « infiltration » dans des archives policières choisies?

marc-fievet-sur-rtl-le-6-septembre-20131

Marc Fievet

NS 55 DNRED

PLUS http://marcfievet55.skyrock.com/3201997813-L-histoire-vraie-de-Marc-Fievet-qui-a-inspire-le-film-Gibraltar.html

SECRET DEFENSE

Le secret défense s’applique au dossier de Marc Fievet 

(http://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Fievet)

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 RTL - Yves Calvi et Jacques Pradel ont reçu le vendredi 6 septembre 2013 :  Marc Fievet, infiltré au coeur de la mafia.Bonjour à tous ! A la une de L’heure du crime, l’histoire vraie d’un « infiltré », dont la mission était de faire tomber un réseau international de trafic de stupéfiants, et qui se retrouve quelques années plus tard condamné à perpétuité !

Cet homme s’appelle Marc Fievet. Il est mon invité. Son nom est peu ou pas connu du public, mais son aventure a inspiré les scénaristes du film « Gibraltar », qui sort mercredi prochain au cinéma.

Pendant six ans, il  était connu sous le nom de code NS 55. Il a permis aux services des douanes; qui l’avaient recruté en 1988, de récupérer près de 100 tonnes de stupéfiants !

En septembre 1994, un bateau lui appartenant est arraisonné dans l’Atlantique, au large de l’Espagne, avec plus de 5 tonnes de cocaïne. Considéré comme le numéro 2 du réseau, il est condamné à perpétuité, extradé en France où sa peine est ramenée à 20 ans, dont dix ans incompressibles.

Depuis sa sortie de prison, Marc Fievet se bat pour être réhabilité. Sa vie a été détruite. Il veut laver son honneur et que l’Etat reconnaisse qu’il était en service commandé !

Pour écouter:

http://www.rtl.fr/emission/l-heure-du-crime/billet/vendredi-6-septembre-2013-infiltre-au-coeur-de-la-mafia-7764157204

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BALTIMORE (USA): Nine Alleged Members of the Jenifer Drug Trafficking Organization Charged

Nine Alleged Members of the Jenifer Drug Trafficking Organization Charged by Indictment and Implicated in a 2012 Murder
82 kilograms of cocaine having a street value of $8.2 million seized during the investigation

OCT 16 (BALTIMORE) – A federal grand jury has indicted nine defendants – seven men and two women – who are alleged to be members of the Jenifer drug trafficking organization (Jenifer DTO) for conspiring to distribute kilograms of cocaine in the Baltimore metropolitan and Woodbridge, Virginia areas.  The indictment seeks the forfeiture of $15 million.  The indictment was returned on September 3, 2014 and unsealed on October 9, 2014 upon the arrests of defendants.

The search warrant affidavit was unsealed after the execution of 25 search warrants.  During the searches, law enforcement recovered 27 kilograms of cocaine with a street value of $3 million; several hundred thousand dollars in cash recovered from the residences of some of the defendants; over $2 million in jewelry, including a 16 carat diamond ring; and luxury vehicles.

« The arrest of these alleged Drug Trafficking Organization (DTO) members emphasizes the proactive work that the Drug Enforcement Administration and our law enforcement partners undertake every day to stop the flow of drugs from entering the Baltimore metropolitan area,” stated Gary Tuggle, Assistant Special Agent in Charge of the DEA Baltimore District Office.  “DEA’s investigation of this DTO was a long-term, highly complex effort which used a myriad of investigative techniques to expose this DTO. Additionally, by hitting drug trafficking organizations where it hurts them most and seizing drug proceeds, in this case cash, vehicles and properties, we are crippling their ability to ever return.”

The indictment was announced by Assistant Special Agent in Charge Gary Tuggle; United States Attorney for the District of Maryland Rod J. Rosenstein; Special Agent in Charge Thomas J. Kelly of the Internal Revenue Service – Criminal Investigation, Washington, D.C. Field Office; Commissioner Anthony W. Batts of the Baltimore Police Department; and Chief James W. Johnson of the Baltimore County Police Department.

The arrests and searches were the result of coordinated operations by the DEA, IRS – Criminal Investigation, Baltimore City Police Department and Baltimore County Police Department, with the assistance of agents from the U.S. Marshals Service and the Bureau of Alcohol, Tobacco and Firearms and Explosives.

The indictment charges the following defendants, all of whom are presently in federal custody:

Kedrick Arnold Jenifer, a/k/a “Ricky Jenifer,” “James Howard Collier, Jr.” and “Rick,” age 43, of Bowie, Maryland;
Tyrone Allen, age 42, of Bel Air, Maryland;
Brooke Renee Lunn, a/k/a “Brooke Thomas,” and “Brooke Renee,” age 48, of Baltimore;
Tracy Muse, a/k/a “Kimberly Scott,” age 41, of Pearland, Texas;
Thomas Simmons, age 37, of Hampton, Virginia;
Andre Brewer, age 35, of Elkridge, Maryland;
Michael Williams, age 40, of Baltimore;
Kermit Clark, age 44, of Baltimore; and
William Hegie, age 54, of Baltimore.

“The indictment and affidavit describe how drug organizations transport cocaine to Baltimore and move cash out of the city by relying on a network of suppliers, couriers, distributors, dealers and money launderers, and by using vehicles with hidden compartments,” said U.S. Attorney Rod J. Rosenstein.  “The affidavit also explains how law enforcement agents catch drug dealers by using physical and electronic surveillance, wiretaps and cell phone data.”

All of the defendants were arrested last week Thursday, October 9, 2014, except for Michael Williams who turned himself in on Friday, October 10th.

According to an affidavit in support of search warrants, law enforcement started investigating the Jenifer DTO in March 2013.  The Jenifer DTO is a Baltimore-based drug trafficking and money-laundering organization with ties to Houston, Texas; Staten Island, New York; and Woodbridge, Virginia.

From September 2012 to September 2014, the Jenifer DTO allegedly obtained kilogram-quantities of cocaine from Houston and distributed the cocaine throughout the Baltimore area and in Woodbridge, Virginia.

Kedrick Jenifer is the alleged leader of the drug organization.  He directed the collection and transportation of money from Baltimore to Houston, and the transportation of cocaine from Houston to Baltimore.

The affidavit alleges that the drug organization concealed money and cocaine in hidden compartments in vehicles that were driven between Baltimore and Houston. The vehicles were sometimes transported on car carriers. Cocaine and cash were stored at the homes of the defendants, their family members, and at a business complex called RCH Plaza on West Franklin Street in Baltimore. Vehicles with hidden compartments were brought to the business complex, where DTO members concealed large amounts of cash or cocaine.

The affidavit alleges that in October of 2009, while traveling from Baltimore to California, Jenifer and Tyrone Allen stopped in Phoenix, Arizona.  At the Phoenix airport, police seized $97,020 and three cell phones from Jenifer, and $70,680 and eight cell phones from Allen.

On September 27, 2012, the affidavit alleges, Brooke Lunn and a man named John Moore were arrested near Houston with approximately 30 kilograms of cocaine concealed in a vehicle. Tracy Muse, believed to be a girlfriend of Jenifer, posted bond for the release of Lunn and Moore.  Lunn and Moore returned to Maryland.

On October 20, 2012, Moore was fatally shot in the back of the head in Baltimore. According to the affidavit, his murder is believed to be related to the cocaine seizure.

On July 2, 2013, Arkansas Highway Patrol searched a vehicle transported by the Jenifer DTO from Baltimore to Houston by car carrier, while it was being driven back to Baltimore.  From a hidden compartment in the rear of the vehicle, 23.8 kilograms of cocaine were seized. Following the seizure, Jenifer allegedly returned to using Lunn to transport cash and cocaine between Baltimore and Houston. Since August 2013, Lunn is believed to have made 30 trips between the cities, transporting cash and cocaine.

In June 2014, agents saw Simmons give Jenifer a black bag in a parking lot in Woodbridge, Virginia.  Virginia State Police pulled Simmons over 60 miles away and seized two kilograms of cocaine from a black bag concealed in a hidden compartment in Simmons’ vehicle.

Jenifer owns World Fed Apparel, Inc., a clothing store in Baltimore.  Jenifer is also a co-owner of Flavor Factory, LLC, which is believed to own an ice cream franchise in Baltimore.

Jenifer and his companies currently own the following vehicles:

2013 Rolls Royce Ghost valued at $296,000,
2014 Ferrari 458 Italia valued at $271,000,
2014 BMW M6 valued at $113,925,
2015 Ford F-250 truck valued at $56,000,

and a 2012 Acura ZDX, a 2010 Honda Crosstour, a 2006 Acura and a 2009 GMC Denali truck.  Jenifer kept some high end vehicles at a storage unit in Laurel, Maryland.  Brewer allegedly bought a 2014 Mercedes S63 AMG, worth approximately $156,900.

The defendants face a maximum sentence of life in prison for conspiring to distribute and possess with intent to distribute cocaine.

The defendants had their initial appearances in U.S. District Court in Baltimore, Virginia and Texas last week. Hegie and Clark consented to detention.  A detention hearing was held on October 14, 2014, in federal court in Baltimore for Lunn and she is detained.  A detention hearing in federal court in Baltimore is scheduled for Jenifer, Allen and Brewer on October 16, 2014 at 11:00 a.m., 10:30 a.m. and 1:30 p.m., respectively, and for Muse on October 17 at 10:00 a.m.  Williams is detained until arrangements are completed for his release on home detention with electronic monitoring.  Simmons is in custody in the Eastern District of Virginia. No date has been set for a hearing for him in Maryland.

An indictment is not a finding of guilt.  An individual charged by indictment is presumed innocent unless and until proven guilty at some later criminal proceedings.

http://www.justice.gov/dea/divisions/wdo/2014/wdo101614.shtml

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