FRANCE 🇫🇷 (retour sur affaire): dix braqueurs avaient été interpellés dans la région marseillaise, un arsenal avait été saisi

Dans le jargon policier, c’est ce qui s’appelle une « très grosse équipe ».

Et sans exagérer, c’est véritablement un coup de filet hors norme qu’avaient réalisé les enquêteurs de la Brigade de répression du banditisme (BRB) appuyés par leurs collègues de la BRI.

Dans leur ligne de mire, depuis un renseignement daté de janvier 2018, une bande de malfaiteurs chevronnés et très dangereux déjà « impliqués dans plusieurs vols à main armée et séquestrations » dans le département, glisse une source policière. Toujours selon nos informations exclusives, écrivait à l’époque ‘La Provence‘, cette équipe marseillaise, dont les principaux membres avaient pu être localisés et mis sous surveillance ces dernières semaines, « s’apprêtait à passer de nouveau à l’action ».,

Leur cible potentielle ? Une entreprise disposant d’un important stock de diamants et d’argent liquide. « Les surveillances constantes autour d’un box ont permis d’avoir la certitude qu’ils étaient entrés dans une phase active », confirme un proche du dossier.

Ainsi convaincue de « l’imminence » du braquage, la police judiciaire, agissant sur commission rogatoire, s’est donc résolue à passer à l’action.

Succès total de l’opération, puisque dix interpellations ont eu lieu simultanément dans la région marseillaise.

Tous connus des services pour des faits de violences, de recels, de port d’arme illégal et même, pour le plus âgé, de « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime ».

Déférés et écroués

A l’époque, ils avaient été Immédiatement placés en garde à vue, déférés devant un juge et écroués. Une issue logique au vu des résultats des diverses perquisitions réalisées à la suite de ce coup de filet. Au total, ce fut une vingtaine d’armes, dont quatre fusils d’assaut et douze pistolets qui avaient été découverts par les enquêteurs. Mais aussi, des dizaines de milliers d’euros, des métaux précieux et des bijoux de luxe.

C’est ce que nous rapportait le journal ‘La Provence‘, le 30 septembre 2018.

L’ensemble des citoyens était satisfait de la performance policière que l’on ne pouvait attribuer qu’au travail des enquêteurs sur le terrain, croyait-on!

Depuis, la juge d’instruction Isabelle Perrin ayant été dessaisie de la procédure, c’est le juge d’instruction Antoine Derieux qui avait repris le dossier. Il était furieux, m’a t on laissé entendre, car la BRB, non contente d’avoir provoqué cette opération, n’a pas hésité à mettre en danger les employés de la société « CPoR Devises » qui servait d’appât, en donnant toutes informations utiles sur cette société à un de leurs informateurs pour pousser et convaincre une bande de malfaiteurs de braquer cette société .

La BRB fournit toutes les informations sur la cible servant d’appât

Disposant des plans de la société, des noms et prénoms de tous les employés et leurs adresses personnelles fournis par la BRB, l’informateur réussit à convaincre l’équipe des braqueurs, persuadée que cette proposition de braquage ne pouvait venir que d’un des leurs qui semblait si bien ‘rencardé’. En effet, il avait le nom du directeur de l’agence, celui des caissières, les plans, le protocole de sécurité, le chiffre d’affaires et les sommes d’argent et d’or contenues dans les coffres.

Depuis, tous les mis en cause ont été remis en liberté provisoire pour enquête déloyale et un recours a été déposé pour faire annuler la procédure.

Comme d’habitude, les fonctionnaires de la BRB sont frappés d’amnésie subite et le commandant C.E, qui était l’officier traitant de cet informateur enregistré au SIAT, aurait été dessaisi par l’OCLCO (L’office central de lutte contre le crime organisé).

Quand à l’informateur, bien qu’ayant répondu favorablement aux demandes du patron local de la BRB, il se retrouve seul pour organiser sa planque, puisque les « braqueurs » ont appris par la procédure qu’il était à l’origine de cette affaire qui les a conduit en prison.

Toutes informations complémentaires sur cette sinistre affaire de provocation par des services policiers seront les bienvenues

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Pour les incrédules, à lire durant le confinement!

Dans Brigade anti-criminalité, Sébastien Bennardo nous livre un témoignage inédit et captivant sur le vol et le racket érigés en système à la BAC nord de Marseille.

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DNRED versus OCRTIS: le dossier s’enliserait-il?

Lire ou re lire cet article d’Emmanuel Fansten paru le 25 janvier 2017 dans Libération. 

Une bande audio réalisée lors d’une réunion à la direction du renseignement des douanes met en cause François Thierry, ex-patron de la lutte antidrogue soupçonné d’avoir récupéré des valises de came à Roissy.

C’est un enregistrement clandestin longtemps resté secret. Une bande audio explosive, versée à la justice et authentifiée par un huissier, qui révèle un nouvel épisode de la guerre des services au sommet de l’Etat et illustre les méthodes troubles de l’ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) François Thierry. Déjà visé par plusieurs procédures judiciaires et aujourd’hui en poste à la Sous-direction antiterroriste (Sdat), le commissaire est soupçonné d’avoir personnellement récupéré des valises de drogue à l’aéroport de Roissy, en dehors de toute procédure judiciaire. A l’époque, les accusations d’une douanière auraient été étouffées par les policiers.

Grand flic

La scène se déroule le 21 septembre 2010. La veille, une informatrice de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) a été interpellée par l’Ocrtis, provoquant un pataquès judiciaire et une crise ouverte entre les deux services rivaux. Une réunion est alors organisée en urgence par le patron de la Division des recherches, Roger Combes, au siège de la DNRED, situé à l’époque rue de Charonne, dans le XIe arrondissement de Paris. Autour de lui, ont pris place son adjoint, Claude Lubrano, le responsable de la division des recherches de Paris, Philippe Gozard, ainsi que quatre enquêteurs de l’équipe «stups» des douanes. Soucieux de garder une trace en cas de problème, un des participants enregistre discrètement l’échange. Au fil de cette longue discussion à sept voix, la conversation dévie sur François Thierry. Après avoir passé plusieurs années à la tête du Service interministériel d’assistance technique (Siat), l’unité ultraconfidentielle qui chapeaute tous les agents infiltrés, le grand flic a été nommé cinq mois plus tôt à la tête de l’Ocrtis. Plusieurs douaniers s’étonnent de sa présence régulière à Roissy.

«- Oui mais bon, ça, on fait avec , tempère Philippe Gozard. Et puis ça existe, et puis on peut pas faire, on peut pas faire autrement. François Thierry a été, même en temps que patron du Siat, il allait chercher les… les valises à l’aéroport.

– En plus directement, réagit un agent.

– Ah bah ça, on l’a vu, enchaîne une autre. Il est parti avec sa valise vert-fluo, 50 kg dedans, et encore, 50 kg, je suis généreuse.

– Le problème, c’est qu’il est flic, s’étrangle Roger Combes.

– Mais oui, mais on n’est pas là pour le balancer non plus, moi je suis pas l’inquisiteur.

– C’est ça, le souci, c’est que ce mec-là, tout le monde sait.

– Le jour où il tombera, j’aurai ma conscience, c’est pas moi qui l’aurai balancé, parce que j’en ai rien à foutre, il vit sa vie. Rien à caguer.

– Et il n’empêche que ce mec-là, c’est le patron de l’Office des stups. Et quand il va voir le magistrat, le magistrat lui mange sur la main (sic).»

Quelques mois après cette réunion, à la suite d’un mystérieux courrier anonyme dénonçant les pratiques des douaniers, une enquête préliminaire est ouverte en novembre 2011, confiée à… l’Ocrtis. Soupçonnés d’avoir détourné de la drogue afin de rémunérer des indics, plusieurs agents de la DNRED sont mis en examen, dont la plupart de ceux qui se plaignaient de François Thierry. Mais dans les auditions, il n’est étrangement fait nulle part mention des valises transportées par le commissaire. «L’Ocrtis n’a pas voulu acter mes déclarations à ce propos», expliquera trois ans plus tard une des douanières mises en examen, Patricia B., lors d’une confrontation devant le juge Hervé Robert. A cette occasion, cette dernière confirme qu’elle s’est bien retrouvée nez à nez face à François Thierry, notamment le 6 février 2010, et qu’un de ses collègues en poste à Roissy lui a affirmé que le patron des Stups était là «toutes les semaines».

Surpris, le magistrat convoque trois jours plus tard François Thierry pour recueillir ses explications. «Je n’ai aucun souvenir de l’événement rapporté», commence par se défendre le commissaire, avant d’envisager trois hypothèses, «si tant est que j’ai bien été là ce jour-là». Première hypothèse : une «livraison surveillée» classique, technique qui permet de faire passer de la drogue sous le contrôle d’un magistrat afin de piéger des trafiquants. Mais vérification faite, aucune procédure judiciaire de ce type n’était ouverte à l’époque des faits. Deuxième hypothèse avancée par Thierry : il s’agissait d’un «exercice conduit au titre d’une opération factice». Troisième et dernière hypothèse, plus baroque encore que la précédente : l’opération visait en fait à «crédibiliser» un gros indic du service en l’aidant à faire passer de la marchandise, fausse évidemment, afin de faire croire à ses complices qu’il disposait d’une sortie à l’aéroport de Roissy. «Très ponctuellement, pour cet informateur, nous avons été amenés à aller chercher deux ou trois valises expédiées depuis Bogota, qui contenaient, pour un premier envoi des vêtements, pour le deuxième envoi du sable et pour le troisième, je n’ai gardé aucun souvenir», a expliqué sans rire le commissaire.

Piste en suspens

Par acquit de conscience, le juge d’instruction lance alors des vérifications en Colombie. La réponse arrive quelques semaines plus tard, le 14 septembre 2014, par le biais de l’attaché de sécurité intérieure à Bogota. «Aucun élément lié à la réception ou à la réexpédition de matériels techniques envoyés au Siat durant les années 2009 et 2010», tranche le fonctionnaire en poste à l’époque. De son côté, après de nouvelles vérifications faites auprès de son service, François Thierry admet que «le Siat n’a conservé la mémoire d’aucune opération judiciaire sur le site de l’aéroport Roissy – Charles-de-Gaulle». «Aucune trace de ma présence sur place ce jour-là», précise-t-il avant de soumettre au juge une ultime hypothèse : «Nous procédions à la récupération de matériels techniques (balises, moyens vidéo) revenant des DOM-TOM ou de l’étranger et confiés avec précaution et discrétion à un équipage d’une compagnie aérienne compréhensive. Non évoquée lors de mon audition, faute de l’avoir eue en mémoire, cette pratique reste fréquente.» Piste qui restera en suspens. Trois mois plus tard, le juge Robert rejoint la Cour des comptes. Transmis au cabinet de Jean Gervillié, le dossier va alors flotter près de deux ans avant de rebondir. En janvier 2016, tous les douaniers sont à nouveau entendus, dont Roger Combes, le patron de la Division des recherches à l’origine de la réunion enregistrée en septembre 2010. «Avez-vous autre chose à déclarer avant que nous mettions fin à notre audition ?» lui demande ce jour-là le magistrat. «Je pense que François Thierry n’est pas honnête mais je ne suis rien par rapport à lui, répond Combes. Je n’ai jamais pu me livrer à ce point, personne ne m’aurait cru. J’ai conscience qu’en vous parlant sur les doutes que j’ai sur ces personnes qui ont eu ce type d’agissements pendant toutes ces années, je mets ma vie en péril.»

Emmanuel Fansten

http://www.liberation.fr/france/2017/01/25/stups-les-etranges-bagages-du-commissaire_1544070

Lire aussi:

Pour François Thierry, trois affaires sur les rails

http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/03/20/pour-francois-thierry-trois-affaires-sur-les-rails_1557158

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