Aviseur International renseigne, sans complaisance, sur la problématique de la drogue, du narcotrafic, de la corruption et sur les politiques mises en œuvre par les différents Etats et les dérives que s'autorisent les fonctionnaires des administrations — marcfievet@live.fr — 33 (0) 6 84 30 31 81
Mossack Fonseca réclamait la condamnation de Dex, Saiz de Dex et leur société du chef «d’escroquerie fiscale, sinon de tentative d’escroquerie fiscale, de fraude fiscale sinon de tentative de fraude fiscale et enfin pour le délit d’émission de faux bilans voire de fausses factures»
Dans la tourmente depuis la révélation des Panama Papers, la célèbre firme d’avocats de Panama Mossack Fonseca est présente sur la place de Luxembourg, grande utilisatrice de structures offshore panaméennes. Des sociétés vendues jadis à tours de bras pour éviter la retenue à la source.
Depuis mars 2009, la firme opère sous le nom de Mossfon (Luxembourg) sàrl, au 14 A rue des Bains. Avant cette date, le cabinet était représenté par Prime Corporate Solutions sàrl à Rameldange, qui jusqu’en mai 2010 était connu sous le nom de Mossack Fonseca & Co Luxembourg.
Les dirigeants de Prime Corporate Solutions et les avocats de Panama sont en froid, ces derniers accusant les premiers de faire de… l’escroquerie fiscale au Luxembourg et de tenir leur réputation dans le monde de l’optimisation fiscale et des montages juridiques offshore.
Les relations se sont tellement tendues que les deux parties se sont retrouvées devant le tribunal correctionnel de Luxembourg à la suite d’une citation directe lancée par Bufete MF & Co, les trois avocats Jürgen Mossack, Ramon Fonseca et Christoph Zollinger, Mossfon Luxembourg et Mossack Fonseca & Co contre Prime Corporate Solutions et ses deux responsables, Jos Uwe Dex et Anabella Inès Saiz de Dex, résidents au Grand-Duché.
L’affaire est signifiée le 1er décembre 2011, mais fut remise à plusieurs reprises pour être finalement plaidée le 22 avril 2013. À l’époque de la signification, la défense des «citants directs» était représentée par l’avocat Gerry Osch, mais après le suicide de ce dernier en janvier 2012, deux avocats de son étude reprirent le flambeau, MMe Cathy Arendt et Guillaume Mary.
Sept personnes ont été interpellées en flagrant délit, alors qu’elles déchargeaient 99 colis de haschich sur une plage de la côte d’Ametlla de Mar.
Une vidéo des Mossos d’Esquadra montre que la marchandise avait été emballée dans des « valises marocaines ». La drogue est rassemblée en colis, entouré souvent d’une toile de jute, de sorte qu’elle forme une valise. La pesée de la marchandise s’élève à environ 4 000 kg, précisent les policiers catalans.
À la suite du refus implicite du gouvernement de renouveler l’agrément d’Anticor intervenu le 27 décembre 2023, le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, n’a pas communiqué les motifs ayant conduit à la prise de cette décision de refus… se plaçant ainsi dans l’illégalité.
Le 23 juin 2023, l’association Anticor a déposé une demande d’agrément anticorruption auprès d’Elisabeth Borne. À l’issue d’un délai d’instruction de quatre mois, qui, sur décision du gouvernement, a été prorogé de deux mois supplémentaires, le gouvernement a refusé de renouveler l’agrément d’Anticor.
Le scandale de la disparition de 7 milliards d’euros de l’association patronale de garantie des salaires embarrasse l’Unédic
Des milliards évaporés sans que personne ne s’inquiète. Des salariés qui portent plainte après avoir découvert qu’une partie de l’argent du fonds de garantie patronal ne leur est pas parvenue. Les révélations de l’ex-directrice du régime de garantie des salaires ont conduit à l’ouverture d’une enquête. Mais tout est fait pour décrédibiliser Houria Aouimeur-Milano.
Les faits remontent à la journée du mardi 21 mai, alors que le prévenu circulait à bord d’un véhicule Citroën C5 sur l’autoroute A61, et qu’il a refusé de s’arrêter à un contrôle des douanes mis en place à hauteur de Lézignan-Corbières.
Pris en chasse avec les règles de sécurité qui s’imposent, le fuyard a mis la gomme pour échapper à ses poursuivants, quoi qu’il en coûte. Avec des pointes à plus de 200 km/h sur l’autoroute, jusqu’à hauteur de la commune de Bram où il finira par être stoppé. Dans le véhicule C5, ce sont 570,48 kg de résine de cannabis qui seront saisis par les agents de la direction régionale des douanes de Perpignan.
La lutte contre le trafic de #stupéfiants est « notre travail tous les jours ». Oui, mais pas que. En 2023 les interpel pour trafic de stups ont baissé, celles pour usage ont augmenté. Politique du chiffre et chasse au shiteux. L’activité #police devrait être consacrée au trafic.
Dans une tribune au « Monde », le président de l’organisation non gouvernementale « Transparency International France » aborde le manque de moyens de la police judiciaire et de la justice financière et interroge sur la capacité du pays à combattre sur tous les fronts.
Eric Dupond-Moretti, qui a annoncé, le 28 avril, la création d’une nouvelle usine à gaz, un Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco), qui , en s’ajoutant au Parquet national financier et au Parquet national antiterroriste, va encore compliquer administrativement, un peu plus, les actions terrains.
Quant aux statut de repenti, inspiré du modèle italien, permettra-t-il enfin de rendre public les connections réelles entre blanchisseurs et organismes officiel de blanchiment ? Permettra t-il d’enfoncer les portes des paradis fiscaux ?
Enfin, toutes ces annonces, ne sont-elles que « poudre aux yeux » ou destinées réellement à lutter efficacement contre les flux financiers que draine dans le monde le narcotrafic?
Spécialistes des « annonces », EDM comme Gérald Darmanin sont prêts à tout pour exister mediatiquement, et l’exemple des opérations XXL n’ont réussi qu’à mobiliser un nombre très important de policiers et gendarmes au détriment de la sécurité générale, en est un des derniers exemples.
Est-il normal de laisser un détenu comme Mohamed Amra, considéré comme hyper dangereux, sans une escorte policière ?
Hier Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, a fait un article 40 au procureur de Paris contre les vidéos du péage d’Incarville qui ont fuité », a précisé son entourage…
Ultime exemple d’encombrement juridico-administratif dans lequel politiques et hauts fonctionnaires subliment dans ce pays.
« On a des résultats, notamment grâce aux opérations ‘Place nette’ qui se multiplient, qui nous permettent de rendre des quartiers à des français qui les avaient perdus parce qu’ils étaient tenus par les trafiquants, je vous confirme qu’on va continuer à en créer, vu les budgets en très forte augmentation du ministère de la Justice pour aller encore plus vite« .
L’enquête de Marianne révèle les défaillances au cœur des systèmes policier et judiciaire.
L’État peut-il encore agir face à la gangrène du narcotrafic ? Si l’on en croit les spécialistes qui ont défilé depuis des mois devant la commission d’enquête sénatoriale consacrée à ce fléau, le pessimisme est de rigueur. Florilège : « Le risque à court terme est de voir l’État de droit se déliter » (Olivier Leurent, président du tribunal judiciaire de Marseille). « Aucune profession n’est épargnée » par la corruption (Stéphanie Cherbonnier, cheffe de l’Office anti-stupéfiants-Ofast).
Même constat du côté des policiers, des juges et des magistrats interrogés par Marianne. François Antona, chef de la Juridiction nationale chargée de la lutte contre la criminalité organisée (Junalco) : « Aujourd’hui, la criminalité organisée est la menace numéro un de nos sociétés. Notre réaction doit être à la mesure. » François Molins, ancien procureur de Paris : la lutte contre le narcotrafic « consomme l’énergie de milliers et de milliers de fonctionnaires de police, de gendarmerie et de magistrats… On y consacre des milliards et des milliards. Et on n’arrive pas à faire reculer le problème. Au contraire, même. » Le magistrat ajoute cette prédiction : « Je pense qu’on va finir par le payer très chèrement. » Pour mieux agir, il faut comprendre.
Une demi-tonne d’ecstasy a été retrouvée à Saint-Rambert-d’Albon et Valence, dans un véhicule qui arrivait du Nord de la France.
Quatre personnes ont été interpellées le 1er mai dans la Drôme après la saisie d’une demi-tonne d’ecstasy. Plus d’un million de cachets, retrouvés à Saint-Rambert-d’Albon et Valence. Quatre suspects ont été mis en examen.
Cette quantité de MDMA exceptionnelle correspond à 542 kg de pilules au total.
Un jeune homme de 22 ans a été abattu ce samedi soir, à la Belle-de-Mai. La veille, vendredi, ce sont deux autres personnes qui ont été la cible de tirs dans des quartiers de Marseille et qui ont été blessées.
Le gouvernement va créer un parquet national dédié à la lutte contre la criminalité organisée, annonce dans la Tribune Dimanche Eric Dupond-Moretti qui entend aussi proposer aux trafiquants de drogue «repentis» peines réduites et changement d’identité. Ce nouveau parquet, le «PNACO», «viendra renforcer notre arsenal judiciaire pour mieux lutter contre la délinquance du haut du spectre», explique le garde des Sceaux.
L’ancien procureur national antiterroriste Jean-François Ricard, nommé il y a quelques jours conseiller spécial du ministre, sera chargé d’une concertation en vue de définir les contours de cette réforme, dont les détails seront présentés en octobre, précise M. Dupond-Moretti.
Peines réduites et changement d’état civil pour les «repentis»
Des magistrats professionnels pour les trafiquants
Le parquet de Marseille annonce ce mardi le démantèlement d’un réseau international de trafic de prégabaline, un médicament légal vendu au marché noir comme « drogue du pauvre ».
par Pauline Sauthier
Qu’est-ce que la prégabaline ? France 3 Provence-Alpes vous explique pourquoi ce médicament est dans le viseur de la justice.
Le médicament prégabaline, connu sous le nom commercial de Lyrica, a été détourné de son usage et utilisé comme une drogue. Faisant l’objet d’un trafic international repéré depuis 2022 par les autorités, il a entrainé la mise en examen ce vendredi 19 avril de trois personnes, soupçonnées d’être impliquées dans ce système illégal de revente.
Qu’est-ce que la prégabaline ?
La prégabaline est un médicament, connu sous le nom commercial de Lyrica et qui est également vendu sous forme de génériques. Il est prescrit pour traiter l’épilepsie, les troubles anxieux généralisés et les douleurs neuropathiques, notamment des membres inférieurs.
Pourquoi ce médicament inquiète les autorités sanitaires ?
« Des personnes à qui ce médicament a été prescrit présentent des troubles de l’usage, c’est-à-dire, une addiction, expliquait Joëlle Micallef, médecin pharmacologue, responsable du réseau français d’addictovigilance et cheffe de service à l’hôpital de la Timone à Marseille en mai 2023 à Marseille. Ce qui nous interpelle, c’est que cela touche une typologie très variée. On pourrait penser que cela ne concerne que les toxicomanes mais cela n’est absolument pas le cas(…) On peut développer une addiction avec une prescription classique, en respectant les doses proposées par un médecin, même si ce n’est pas systématique »
Parmi les personnes dépendantes à la prégabaldine, on trouve aussi des usagers de drogue qui détournent son usage pour ses effets à forte dose.
En 1920, une mesure drastique est imposée aux citoyens américains : la consommation d’alcool est interdite sur l’ensemble du territoire. Loin de régler les problèmes sociaux, la mesure aura finalement pour effet de généraliser la corruption et de favoriser la criminalité organisée aux Etats-Unis.
Avec Romain Huret, Historien des Etats-Unis, président de l’EHESS
C’est probablement l’un des plus beaux échecs de l’histoire des interdictions, l’un des plus beaux effets pervers disponibles par le passé, ou bien encore la preuve que l’enfer est pavé de bonnes intentions…
Cet épisode s’est déroulé aux États-Unis et il a un nom : la prohibition.
Comment l’interdiction de l’alcool de 1920 à 1933 aux États-Unis a permis à la mafia de prospérer, à la pègre de s’imposer dans plusieurs villes des États-Unis ? Et ce, sans résoudre les problèmes d’alcoolisme dans le pays. Pour analyser cet immense ratage, nous nous sommes tournés vers Romain Huret, il est historien spécialiste des États-Unis au 20ème siècle et directeur d’études à l’EHESS.
« Elle remonte à un mouvement plus large qui commence au milieu du 19ème siècle, un mouvement de tempérance qui est conduit par notamment des femmes de la classe moyenne blanche aux États-Unis, qui ont le sentiment que l’alcool est un poison, que l’alcool détruit les familles, que l’alcool abîme les familles. »
Ces méfaits ne sont pas sans rappeler l’interdiction de la consommation de cannabis en France de nos jours. Outre les pertes financières pour l’État qui sont souvent évoquées par les partisans de la légalisation, la même incapacité de l’État à démanteler les réseaux clandestins de vente de cannabis résonnent avec la situation des États-Unis dans les années 20 :
« On a également un argument sur la difficulté de lutter contre le trafic, les difficultés des agents fédéraux dans les années 20 sont les mêmes que la police française aujourd’hui qui ferme souvent les yeux sur les trafics en raison même de l’importance de la consommation dans la vie quotidienne du pays. »
Les origines de la Prohibition
Si la décision d’interdire la consommation d’alcool sur le sol américain fut prise officiellement en janvier 1920, elle s’inscrit dans un courant de revendications plus ancien. Mais cette décision n’est pas prise immédiatement à l’échelle nationale, elle s’applique dans un premier temps dans certains états du pays. En 1855, treize états américains, surnommés les Dry States (États secs) adoptent des mesures établissant la prohibition.
Les effets pervers de cette mesure
Le premier effet direct de cette mesure est sans surprise l’effondrement du marché de l’alcool aux États-Unis : seuls les médecins sont autorisés à s’en procurer à des fins thérapeutiques. Mais rapidement, des réseaux clandestins s’organisent autour de la vente d’alcool, une activité devenue particulièrement lucrative :
« Les criminels, qui sont souvent issus des milieux ethniques qui viennent d’arriver sur le sol américain : italiens, juifs d’Europe de l’est, irlandais vont voir se développer un secteur extrêmement florissant : la consommation et la vente d’alcool de manière illégale. Et dans certaines villes : Atlantic City, New-York, Chicago, ils vont créer des empires absolument importants. »
Et face à la multiplication de ces réseaux criminels, les autorités étatiques apparaissent bien impuissantes : « La difficulté du gouvernement, c’est bien évidemment l’immensité de la tâche qui l’attend. Il faut fermer dans chaque ville des États-Unis ces fameux speakeasies , ces lieux de consommation. Il faut s’attaquer aussi à la production illégale d’alcool. »
La morale de l’histoire : quand interdire encourage
La Prohibition va entraîner une corruption généralisée des élus à sur l’ensemble du territoire tout en n’ayant qu’un impact modéré sur la réduction de l’alcoolisme. « La production d’un argent illégal crée une immense corruption qui ne donne pas du tout naissance à ce monde vertueux et moral qu’espéraient les femmes de la classe moyenne blanche. »
En plus de cette contre-productivité notoire, les pertes financières pour l’État fédéral sont immenses en raison de la disparition de l’impôt indirect sur les boissons alcoolisées.
Le président Roosevelt, après la crise de 1929, décide de mettre un terme à la Prohibition notamment pour accroître les revenus de l’État et financer les politiques sociales souhaitées par l’administration.
A l’heure où se multiplient en France les opérations « place nette XXL » de lutte contre les trafics de drogue, un danger venu de l’autre côté de l’Atlantique met les autorités sur le qui-vive : le Fentanyl, un opioïde de synthèse, 50 fois plus puissant que l’héroïne.
« Les drogues de synthèse, c’est le sujet qui monte aujourd’hui » confirme à L’Express Christian de Rocquigny, chef adjoint de l’Ofast (Office anti-stupéfiants).
L’hécatombe aux États-Unis – plus de 500 000 morts en vingt ans – est un lourd avertissement, bien reçu par les services français.
Mais où en est aujourd’hui l’état de la menace en France ?
L’Express a posé la question à des chercheurs, toxicologues, et à Bertrand Monnet, professeur à l’Edhec. « Les cartels mexicains, à qui j’ai pu parler, me parlent très clairement aujourd’hui d’exportations de Fentanyl vers l’Europe » raconte le spécialiste des réseaux criminels.
Peu avant 01h00 lundi, les marins-pompiers de la deuxième ville de France sont intervenus près du quai de la Joliette (2e arrondissement), au nord du Vieux Port. A leur arrivée, ils n’ont pu que constater le décès de la victime, tuée par une dizaine de balles de petits et gros calibres, notamment de type kalachnikov.
Selon les premiers éléments de l’enquête, quatre hommes en voiture auraient pris la fuite après les faits et leur voiture aurait été retrouvée incendiée dans le 4e arrondissement, selon une source policière.
Curieuse époque qui voit un ministre de l’Intérieur tenter de « faire place nette XXL » contre le trafic de drogue à Strasbourg quand son maire veut y expérimenter la consommation de cannabis.
Ce cynisme utilitariste entend priver la politique de sa responsabilité morale seule à même de ne pas réduire la société à ses seuls intérêts égoïstes, affirme le chroniqueur Jean-Marc Albert du JDD.
Alors que Berlin autorise le cannabis, le Président français fait de la lutte contre le narcotrafic la « mère des batailles ». Les résultats se faisant attendre, certains veulent en finir avec la répression en légalisant le cannabis au nom du désir d’une supposée majorité. Cette vision utilitariste de la politique réduit l’action publique à une équation intéressée sans se soucier des principes moraux. Mais la légalisation court le risque d’être inefficace autant que déshonorante.
Gérald Darmanin et la plupart de ses proches collaborateurs, savent parfaitement que cette politique mise en oeuvre ne permettra pas de faire diminuer le nombre de drogués. Mais pour le ministre Darmanin, cette politique XXL permet d’avoir une présence XXL dans tous les vecteurs de communication avec pour seul objectif, la présidentielle de 2027.
Serait-on face à un financement occulte de cette campagne !
Fabrice Rizzoli, spécialiste de la grande criminalité et des mafias, co-fondateur de l’association Crim’HALT, pointe du doigt l’échec de la politique internationale de prohibition de la drogue.
Selon lui, « jamais la drogue n’a été aussi disponible et accessible » en France, comme ailleurs dans le monde.
Dans un communiqué, Me Caty Richard et Me Yann Le Bras ont dénoncé jeudi 4 avril « une opération de destruction ». Ils s’interrogent « sur un éventuel règlement de comptes au sein de la magistrature, notre cliente étant victime d’une opération de destruction dans laquelle l’autorité judiciaire se permet tous les coups ».
Le jour de la perquisition, menée à son domicile à Agen (Lot-et-Garonne) puis dans sa résidence secondaire en Corse, fin 2022, la magistrate Hélène Gerhards avait saisi son portable pour passer un coup de fil. Le contact sélectionné dans son répertoire était celui d’Eric Dupond-Moretti, garde des Sceaux, rencontré quelques années auparavant alors que ce dernier était avocat et régulièrement sollicité dans des dossiers insulaires. Le ministre de la Justice n’a pas répondu à l’appel. C’est d’ailleurs sa seule apparition dans ce dossier qui a valu à l’ancienne juge d’instruction d’être placée en garde à vue mercredi 3 avril au matin, dans le cadre d’une enquête menée par le parquet de Nice et confiée à l’Office central de Lutte contre la Corruption et les Infractions financières et fiscales (OCLCIFF).
Si l’enquête est des plus sensibles, c’est aussi en raison de la proximité présumée de la juge avec l’actuel ministre de la justice Éric Dupond-Moretti. Selon Mediapart, Hélène Gerhards a été notamment un soutien dans l’affaire l’opposant en 2017 à Marie-Laure Piazza, alors que cette dernière était la présidente de la cour d’assises de Bastia et, lui, le ténor des barreaux mis en cause pour l’avoir intimidée. Éric Dupond-Moretti lui aurait même proposé de rejoindre son cabinet d’avocats.
Après 48 heures d’interrogatoire, la magistrate doit selon une source judiciaire, être déférée au parquet de Nice ce vendredi 5 avril au matin, avant d’être présentée à un juge d’instruction. Elle pourrait être mise en examen pour des faits relevant de la cour d’assises : des faux en écriture publique par personne dépositaire de l’autorité publique. Mais également pour usage de faux et détournement de fonds publics. L’enquête a également été ouverte pour recours en bande organisée aux services de personnes exerçant un travail dissimulé, blanchiment, trafic d’influence actif et passif, association de malfaiteurs.