ALGÉRIE (Publication d’un article sur la Cocaïne saisie): 6 inculpations pour outrage à corps constitué

ALGER- Six (6) personnes, dont le journaliste et fondateur du Site électronique ayant publié un article sur la saisie d’une quantité 701Kg de cocaïne, ont été présentées lundi devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed et inculpées pour « outrage à corps constitué et publication d’un article portant atteinte à l’unité nationale », a-t-on indiqué de sources judiciaires.

Ces accusations font suite à la publication d’un article par le Site en question, dont l’auteur affirmait que « la quantité réelle de la drogue saisie mardi au port d’Oran était de 741Kg et non pas 701Kg », a précisé à l’APS l’un des avocats présent à la comparution, Maître Abderrahmane Salah.

Le procureur de la République a ordonné le placement de tous les mis en cause en détention pour les besoins de l’instruction « afin de déterminer les responsabilités ».

Il s’agit de Melah Adlène, fondateur du Site électronique, Khelaf Ben Hada, propriétaire du Site, Said Beddour, journaliste (qui a partagé l’article sur sa page Facebook), Berrahma Mohamed, technicien en informatique et Tounsi Noureddine, employé au port d’Oran, a fait savoir Maître Abderrahmane.

Un collectif de défense de 11 avocats dont Maîtres Mustapha Bouchachi, Noureddine Ben Yessad et Abderrahmane Salah s’est constitué pour défendre les 6 mis en cause.

Soulignant que l’enquête risque de prendre jusqu’à huit mois, maître Salah a précisé à l’APS que le juge d’instruction en charge du dossier pourrait requalifier les accusations suivant les faits qui lui sont soumis.

Pour rappel, 701 Kg de cocaïne avaient été saisis, mardi dernier au port d’Oran, dans un conteneur à bord d’un bateau de transport de marchandises battant pavillon Libérien en provenance du Brésil.

source:

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DOUANE FRANÇAISE (Béziers): une tonne d’herbe de cannabis saisie sur l’A9

Jeudi 24 mai, les douaniers ont fait une belle saisie sur l’A9, non loin de Béziers.

Lors d’une opération ciblée, un camion a attiré l’attention des gabelous. Ils ont découvert 953 kg de cannabis dissimulés dans la remorque de l’ensemble routier qui arrivait d’Espagne.

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MAROC (café « La Crème »): ‘l’ange de la mort’ (Malak El Mawt) était derrière le crime

L’enquête a découvert que le surnommé «El Mouss » a investi les gains de ces activités criminelles dans l’achat de biens immobiliers et des cafés au Maroc, notamment dans le quartier Guéliz, afin de blanchir l’argent de la drogue.

Selon le journal Almassae, la police a conclu que le célèbre chef de ces narcotrafiquants connu sous le nom « l’ange de la mort » (Malak El Mawt), était derrière le crime du café « La Crème » au quartier L’hivernage de Marrakech.

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AFGHANISTAN: narcotics had direct link with organized crimes and terrorism

KABUL (Pajhwok): Chief Executive Officer (CEO) Abdullah Abdullah on Tuesday the Afghanistan conflict was 60 percent financed by narcotics, asking regional countries and the global community to help Kabul eradicate poppy.

Addressing a meeting on coordination among anti-narcotics donors here, Abdullah said narcotics had direct link with organized crimes and terrorism.

Pointing to unrest in northern parts of the country, Abdullah said poppy production had increased in areas under Daesh and Taliban, thus spreading insecurity to northern Afghanistan.

“Narcotics finance 60 percent of militants’ operations in Afghanistan, it shows more attention and efforts are required to deal with the problem,” he said.

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ANDALUCIA (playa de Getares, en Algeciras): dos detenidos tras abortar un alijo de tres toneladas de hachís en una playa de Algeciras (Cádiz)

Agentes de la Guardia Civil han abortado un intento de alijo de droga en la playa de Getares, en Algeciras (Cádiz), consiguiendo intervenir un total de 107 fardos de hachís —más de tres toneladas de hachís–, la embarcación utilizada para su transporte y la detención de sus dos tripulantes.

Según ha indicado la Guardia Civil en una nota, la activación del servicio marítimo-terrestre se produjo después de que por parte del COC-SIVE (Centro Operativo Complejo) de la Guardia Civil se diera aviso a las unidades en servicio de que se había avistado una embarcación semirrígida con rumbo a la playa de Getares.

Así, una vez localizada la embarcación por una patrullera del Servicio Marítimo se inició su persecución, lo que propició que los tripulantes comenzaran a arrojar al mar parte de la carga. Posteriormente, viendo imposible su huida, pusieron rumbo a tierra, donde quedó embarrancada la embarcación, intentando su huida a pie, que fue abortada siendo detenidos los dos ocupantes por las patrullas terrestres desplegadas.

Los agentes de la Guardia Civil tanto en el mar como en tierra consiguieron recuperar los 107 fardos de arpillera que llevaba la embarcación y que arrojan un peso superior a las tres toneladas de hachís.

Los detenidos, un ciudadano de origen español y otro de origen marroquí mayores de edad, así como la droga y la embarcación intervenidas, han sido puestos a disposición de la Autoridad Judicial.

En la operación han participado los Servicios Marítimos de Algeciras y Ceuta, miembros del GEAS, así como agentes de Seguridad Ciudadana de los Puestos de la Guardia Civil de las localidades de San García, Los Barios y la Patrulla Fiscal y de Fronteras de Tarifa.

Fuente
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PERU (Cañete): encuentran mototaxi con más de 229 kilos de cocaína

Los agentes del Destacamento de Protección de Carreteras (Desprcar) de la Policía, hallaron esta madrugada un mototaxi con seis sacos de polietileno conteniendo en su interior más de 229 kilos de clorhidrato de cocaína, embalados en 216 paquetes tipo ladrillo.

De acuerdo con la información policial, al promediar las 00:15 de hoy, y mientras realizaban su patrullaje de rutina, los agentes encontraron un tromóvil, abandonado y con las luces intermitentes encendidas a la altura del kilómetro 173,8 de la nueva carretera Panamericana Sur, en sentido de norte a sur, a la altura de la playa Hawai.

No se encontró a ningún ocupante en su interior por lo que se presume que estos huyeron al notar la presencia policial, sin embargo al revisar el vehículo, los efectivos encontraron la droga que pesaba 229.621 kilos.

Mas

https://exitosanoticias.pe/mototaxi-cocaina/

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IRAN: l’élite de la Force Qods du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (I.R.G.C.) dirige des opérations de narcotrafic

L’élite de la Force Qods du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (I.R.G.C.) dirige un réseau international de réseaux criminels organisés pour introduire clandestinement de la drogue dans toute l’Europe.

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Citant des sources anonymes du système judiciaire italien, l’Arabian report affirme que le cerveau des opérations de la police de Quds est l’ancien général de la Force Qods Gholamreza Baghbani.

Des membres du Hezbollah libanais et des forces de mobilisation populaire irakiennes (P.M.F.) seraient membres de ce réseau criminel. Les cargaisons de drogue seraient introduites clandestinement de l’Afghanistan à la province iranienne du sud-est du Sistan et du Baluchestan, d’où elles sont alors expédiées en Europe.

Les autorités italiennes ont découvert que des trafiquants irakiens amenaient de l’héroïne de l’Iran vers l’Italie via l’Irak et la Turquie pour être distribuée dans différents pays européens.

Ce n’est pas la première fois que des allégations de trafic de drogue sont portées contre le I.R.G.C. et sa force Quds secrète. En 2007, le général Baghbani, alors chef de la Force Qods à Zahedan, capitale du Sistan et du Baloutchistan, a été désigné par le Département du Trésor des États-Unis comme narcotrafiquant.

Le Trésor a déclaré à l’époque que Baghbani «autorisait les trafiquants de stupéfiants afghans à faire passer des opiacés à travers l’Iran en échange d’une aide».

Précisant que: «Les trafiquants afghans de stupéfiants ont livré des armes aux Talibans au nom de Baghbani. En retour, le général Baghbani a facilité la contrebande de précurseurs d’héroïne à travers la frontière iranienne. Il a également facilité les expéditions d’opium en Iran.  »

Dernièrement les autorités allemandes ont saisi une cargaison d’héroïne dans deux camions iraniens. Selon la Deutsche Welle, la police a arrêté les camions arrivant de Turquie où des chiens renifleurs ont découvert 150 kilogrammes.

Le procureur a déclaré que les camions qui provenaient d’Iran, sont entrés en Allemagne via la Turquie.

POUR MEMOIRE

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NARCOTRAFIC: les 12 pays africains sous surveillance du Narcotics Bureau des Etats-Unis

Tour d’horizon, selon « The Department of State’s International Narcotics Control Strategy Report », publié fin mars 2017:

ALGÉRIE

C’est sa proximité avec le Maroc qui vaut à l’Algérie les attentions particulières des « stups » américains. Une partie importante de la production chérifienne transite par l’Algérie pour atteindre les marchés de l’Europe et du Moyen Orient, finançant au passage des cellules terroristes au Maghreb. En 10 ans, de 2003 à 2013, les saisies algériennes de cannabis sont passées de 8 à 211 tonnes par an. La consommation locale reste modeste, mais elle progresse chez les jeunes. Un phénomène que les autorités tentent d’endiguer par des programmes sociaux et des campagnes d’information.

BÉNIN

Pays de transit pour la cocaïne (Amérique du Sud), l’héroïne (Asie du Sud-Est), ou encore la méthamphétamine (Nigeria) et les précurseurs chimiques (Inde), le Bénin constitue une porte vers les marchés d’Europe de l’Ouest et d’Afrique du Sud. Selon le Narcotics Bureau, un petit marché intérieur serait également en plein essor dans le pays.

CAP-VERT

L’archipel ne présente pas de production significative de drogues mais il reste un important centre de transit pour la cocaïne et autres produits d’Amérique latine, vers les marchés européens. Son vaste domaine maritime et ses multiples îles facilitent les mouvements terrestres, maritimes et aériens des trafiquants basés en Guinée-Bissau. En avril 2016, 280 kilos de cocaïne ont été saisis et six personnes ont été arrêtées au large de la côte sud-ouest. Plusieurs fois, des trafiquants ont menacé le gouvernement cabo-verdien, jusqu’à une tentative d’assassinat sur le fils du Premier ministre en décembre 2014.

ÉGYPTE

En dépit d’un important marché pour le haschisch et le tramadol, l’Egypte n’est pas considérée comme un grand producteur de drogue. Le pays applique des lois et des sanctions strictes pour les trafiquants de stupéfiants. Il reste tout de même une place de transit pour le cannabis provenant du Maroc et du Liban vers les pays européens et le Golfe. En 2016, les autorités ont annoncé la saisie de plus de six tonnes métriques de haschisch, 194 730 000 comprimés de tramadol et plus de 19 000 000 de comprimés de fenethylline.

GHANA

La Gold Coast reste un important point de transit pour la cocaïne sud-américaine et l’héroïne sud-asiatique, destinées aux marchés européens et nord-américains. Le marché intérieur est davantage porté sur la marijuana. En août 2016, plus de deux tonnes métriques de cannabis ont été saisies par les autorités dans la région de la Volta.

GUINEA-BISSAU

La mal-gouvernance, la corruption et les frontières poreuses qui caractérisent la Guinée-Bissau ont fait de ce petit pays ouest africain un véritable hub du trafic de cocaïne d’Amérique du Sud vers l’Europe. Le pouvoir des trafiquants pèse sur tout le système politique et corrompt de nombreux fonctionnaires, y compris dans la police et les douanes. Les conteneurs entrent et quittent le pays quasiment sans inspection. De nombreuses actions ont été menées pour lutter contre ce fléau : le Bureau des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) et le Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (UNIOGBIS) ont soutenu une réforme du secteur de la sécurité, sur financement des États-Unis. L’Union européenne, le Portugal, la France et l’Espagne ont également mis en place des assistances bilatérales et ont tenté de coopérer avec le Gouvernement en matière d’application de la loi. Le Brésil a maintenu un programme de formation de la police pendant de nombreuses années… Le tout sans grand succès à ce jour.

LIBERIA

La faiblesse des institutions, l’impuissance à appliquer le droit et le déficit des contrôles font du Liberia un pays très vulnérable aux trafics en tous genres et notamment de drogue. Le pays est non seulement une place de transit, mais aussi un marché de consommation. La marijuana y est très répandue, ainsi que l’héroïne et la cocaïne. Les réseaux criminels nigérians y sont bien établis.

MAROC

Le Maroc est le plus grand producteur et exportateur mondial de cannabis. Selon l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), la production totale de cannabis au Maroc pour la saison 2015-2016 était d’environ 700 tonnes métriques, ce qui équivaut, une fois transformé en haschisch, à 23% du PIB du pays qui est de 100 milliards $. Le Maroc devient également une porte européenne pour la cocaïne d’Amérique du Sud passant par l’Afrique de l’Ouest. Environ 25% de tous les détenus au Maroc sont incarcérés pour des affaires de drogue. Le marché domestique pour la cocaïne et pour l’héroïne reste limité en raison du prix élevé de ces drogues.

NIGERIA

Les réseaux criminels nigérians sont des acteurs majeurs du trafic de cocaïne et d’héroïne à travers le monde. Le phénomène est facilité par une diaspora nigériane très répandue et par la corruption qui grangrène les autorités du pays. Le cannabis produit au Nigéria est la drogue la plus courante. Les trafiquants exportent la marijuana à travers l’Afrique de l’Ouest et vers l’Europe. La méthanphétamine nigériane est également produite en grande quantité dans les états sud-est, en dehors de Lagos.

SÉNÉGAL

La localisation du Sénégal et ses infrastructures de transport en font un pays attractif pour les trafiquants de cocaïne qui distribuent en Europe et en Afrique de l’Ouest. Le cannabis est cultivé dans la région du sud de la Casamance pour un usage domestique mais aussi ouest-africain. Le Sénégal distribue également la méthamphétamine nigériane en Afrique de l’Ouest. Le gouvernement lutte activement contre ce fléau mais se heurte à des réseaux criminels qui disposent bien souvent de moyens supérieurs.

AFRIQUE DU SUD

La consommation de drogues a augmenté en 2016 en Afrique du Sud. Le pays est également un point de transit pour la cocaïne d’Amérique du Sud vers l’Europe. Ainsi que pour l’héroïne, principalement d’origine afghane, qui arrive des ports de Tanzanie, du Kenya et du Mozambique pour repartir vers l’Europe. Une combinaison d’héroïne, de marijuana et d’adulterants souvent dangereux, connus sous le nom de «nyaope», est couramment utilisée dans les communautés les plus pauvres.

TANZANIE

La Tanzanie est une importante plaque tournante du trafic de drogue, notamment d’héroïne d’Asie du Sud-Ouest et de cocaïne d’Amérique du Sud vers les marchés internationaux. Le nombre de consommateurs locaux de drogues dures est également en croissance. La Tanzanie produit du cannabis à la fois pour la consommation domestique et pour la distribution internationale. La corruption reste un obstacle majeur à la lutte anti-drogue. Les trafiquants utilisent leurs gigantesques ressources financières pour influencer les politiciens, les forces de l’ordre et autres personnes de pouvoir.

SOURCE: Agence Ecofin

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le MOZAMBIQUE a été oublié, pourtant place de transit de conteneurs…lestés.

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MARTINIQUE (West indies): un trafic de drogue démantelé

Un réseau de plus
Dix-huit personnes ont été interpellées lundi lors d’une opération menée visant à démanteler un trafic de stupéfiants entre la Martinique et métropole.

Sur ces 18 personnes dont une femme, âgées de 23 à 51 ans, 9 ont été mises en examen et placées en détention provisoire et 3 autres ont été placées sous contrôle judiciaire, a indiqué le procureur Renaud Gaudeul lors d’une conférence de presse.

 

LIRE la suite

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/05/19/97001

 

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Près de 300 kg de cocaïne auraient été acheminés de Martinique vers la métropole, entre avril et novembre 2017, grâce à 17 envois de colis.

LIRE

http://m.leparisien.fr/faits-divers/la-cocaine-voyageait-par-colis-entre-la-martinique-et-la-metropole-18-interpelles-19-05-2018-7724601.php

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COKE EN STOCK (CLXXI) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (6)

Des avions retapés destinés à un seul voyage, cela fait longtemps qu’on en trouve au Paraguay, dissimulés au fond de hangars et habilement préparés pour leur dernier trajet, leurs pilotes les attendant.

L’un d’entre eux, un paraguayen habitant en Bolivie, sera retrouvé mort carbonisé… en Bolivie. Son exemple, comme on va le voir, est symptomatique d’un système qui est plus que laxiste, car trois années à peine après avoir été une première fois repéré dans son garage pour trafic de drogue, son avion s’était écrasé chargé à fond du même produit. Un appareil vendu comme pièces détachées au départ. Et une deuxième fois « inspecté » au Paraguay lors d’une opération de police sur laquelle je reviendrai, tant elle est représentative du maquillage à tous les étages de ce qui se passe dans le pays (maquillage d’appareils et magouilles politiques allant de paire). Au passage, nous constaterons l’irresponsabilité totale de certains (jeunes) pilotes paraguayens, aussi fous que leurs collègues boliviens. Là-bas, chez certains, les Cessna font figure de mobylettes ou de scooters, et les démonstrations de vols à du wheeling de quartiers difficiles, ici en France… Nous constaterons aussi au passage la terrible emprise que font subir les deux plus grands gangs brésiliens sur le marché de la drogue. Là aussi nous y reviendrons plus en détail bientôt, soyez-en sûrs…

Un air de Wagner déjà entendu… par la police

On a surtout l’impression que l’histoire se répète sans fin, ou que les tribunaux ne sanctionnent pas, comme ils devraient le faire, certains trafiquants, ou ne tiennent pas registre des condamnations… ou alors, et c’est plutôt la piste qu’il convient de suivre, une corruption endémique dans la magistrature sabote toutes les enquêtes. Ce qui semble le cas en effet au Paraguay, notamment, devenu lui aussi plaque tournante des transferts boliviens vers le Brésil ou l’Argentine (et ensuite vers l’Europe; comme on le sait). Là-bas, c’est aussi une vieille histoire qui recommence sans fin, il semble bien. Ainsi, le 21 janvier 2010, une descente ….LIRE la suite

http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-clxxi-la-decouverte-et-la-chute-des-fournisseurs-davions-6/

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CAMPO DE GIBRALTAR: 80 per cent of European hashish smuggled in every year to Spanish town near Gibraltar

Spanish police are struggling to contain extremely organized crime networks in the narco-hub town of La Línea, just north of the Spain-Gibraltar border.

A Spanish coastal town of under 65,000 people is the entry point for 80 per cent of the hashish resin consumed annually by Europe, claims a report by northern Spanish daily La Voz de Galicia.

At least 280,000 tonnes of hashish arrive via La Línea de la Concepción, known simply as La Línea, every month, according to one anti-narcotics officer interviewed for the report.

The officer estimates that smugglers drop off 2,000 kilograms of hashish seven times per night, 20 days per month.

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https://www.thelocal.es/20180504/80-per-cent-of-european-hashish-smuggled-in-every-year-to-spanish-town-near-gibraltar

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DIARIO DE NOTICIAS SVA ADUANAS-SERVICIO DE VIGILANCIA ADUANERA: interceptado a 100 millas de Cabo de Palos una embarcación con cerca de 15 toneladas de hachís.

Una operación conjunta llevada a cabo por agentes de la Policía Nacional y la Guardia Civil, en colaboración con funcionarios de Vigilancia Aduanera de la Agencia Tributaria, ha permitido interceptar un barco pesquero con unas 15 toneladas de hachís.

El barco, un pesquero transformado que carecía de bandera, fue abordado por el patrullero ‘Arao’ de Vigilancia Aduanera a 110 millas del Cabo de Palos a las 00.30 horas de este viernes.

Fruto del operativo, que ha sido dirigido y coordinado por la Fiscalía Antidroga de la Audiencia Nacional, se ha detenido a los cuatro tripulantes de la embarcación.

Se trata de tres ciudadanos holandeses y un búlgaro que serán puestos a disposición del Juzgado Central de Instrucción de la Audiencia Nacional en funciones de Guardia.

Asimismo, el barco ha sido escoltado hasta el Puerto de Alicante, donde ha sido desembarcada y pesada la droga, que podría arrojar un peso de 15 toneladas.

La operación, que ha contado con la colaboración de las autoridades holandesas, portuguesas e italianas, arrancó a primeros de noviembre cuando autoridades internacionales alertaron a través del Centro de Análisis y Operaciones Marítimas en materia de Narcotráfico (MAOC-N) y del Centro de Inteligencia Contra el Terrorismo y el Crimen Organizado (CITCO) de la posible implicación del barco ‘Trip tender’, un pesquero de 25,4 metros de eslora y pabellón de Malta, en una operación de tráfico de hachís.

Se detectó que a principios de este mes la embarcación dejó el puerto de Stellendam (Holanda) para dirigirse a través del Estrecho de Gibraltar hacia una zona del Mediterráneo donde habitualmente se realizan cargas de droga.

Tras cursar la correspondiente autorización para el control del barco al país del pabellón que, según la documentación era Malta, las autoridades maltesas informaron que el buque no constaba en sus registros, por lo que se considera que el barco carece de bandera.

Finalmente, el pesquero fue localizado y abordado a las 00.30 horas a unas 110 millas al sureste de Cabo de Palos, por una dotación de presa de Vigilancia Aduanera del patrullero Arao, con base en Alicante. El abordaje se realizó en condicionesmeteorológicas adversas por lo que resultó de gran complejidad.

Esta operación es una más de las efectuadas en la lucha contra el tráfico de drogas en la denominada Ruta Oriental, conocida por ser utilizada por buques mercantes que cargan grandes cantidades de estupefacientes en aguas del norte de Africa para su traslado hacia el este del mar Mediterráneo.

TELÉFONO DENUNCIAS VIGILANCIA ADUANERA 900351378

fuente:

http://noticiassva.blogspot.fr/2018/05/interceptado-100

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ESPAGNE (Barcelone): Jamie Acourt, un des fugitifs les plus recherchés du Royaume-Uni a été arrêté vendredi

Un des fugitifs les plus recherchés du Royaume-Uni a été arrêté vendredi à Barcelone, en Espagne, a annoncé l’agence britannique de lutte contre la criminalité (NCA) dans un communiqué.

Jamie Acourt, 41 ans, originaire du sud de Londres, est soupçonné d’être impliqué dans un vaste trafic de drogue, a indiqué la NCA. Scotland Yard a précisé que l’arrestation était liée à une enquête de 2016.

source

One of the Stephen Lawrence murder suspects has been arrested by police as he left a gym in Barcelona.

Jamie Acourt, one of Britain’s most wanted fugitives, was detained following a joint National Crime Agency (NCA), Metropolitan Police and Spanish National Police operation.

Acourt, 41, has been wanted by the Metropolitan Police on suspicion of conspiracy to supply cannabis resin between January 2014 and February 2016, the NCA said.

source

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DNRED (Douane française): il y a 30 ans, Christian Gatard rencontrait Marc Fievet pour la première fois à Gibraltar

30 déjà!

le 5 mai 1988, Christian Gatard, le chef de l’échelon DNRED de Nantes atterrissait dans la matinée à Malaga avec un avion du BAN de la Douane française.

Il s’agissait pour lui de rencontrer Marc Fievet à La Rotonde, un bar situé en face de l’aéroport de Gibraltar. Le rendez-vous était prévu à 14 h 00.

Marc Fievet était arrivé vers 13 h 30, histoire de vérifier l’environnement et accueillit Christian Gatard sur le trottoir entre poste frontière et La Rotonde.

Entretien d’une heure pour que Marc Fievet devienne le correspondant de la Douane Française sur la Costa del Sol. Infiltré à partir de 1988 dans cette plaque tournante de la drogue, Marc Fievet, alors âgé de 43 ans, officie pendant six ans dans ces réseaux, il contribue à la saisie de 100 tonnes de drogue durant son activité et permettra l’arrestation de 97 vrais narcotrafiquants. Mais, il est à son tour interpellé, en 1994, puis condamné à perpétuité au Canada pour trafic de drogue sans que Paris ne vienne à son secours autrement qu’en lui envoyant des émissaires pour lui dire de plaider coupable. Transféré en France, il ne sort de prison qu’en 2005, après dix ans et demi d’incarcération suite à la lâcheté de François Auvigne, un inspecteur des finances devenu quelques mois Directeur Général de la Douane Française.

La DNRED, dirigée par Jean Henri Hoguet soutenu par le ministre Michel Charasse, obtint des résultats importants dans sa lutte contre le narcotrafic durant toute cette période.

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Bon anniversaire à tous ceux qui ont encore en mémoire les succès douaniers enregistrés!

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Plus d’infos avec le témoignage de Jean Henri Hoguet et Yves Bonnet.

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FRANCE (Menton): saisie de drogue et d’argent après une affaire de séquestration

Une affaire peut en cacher une autre.

Les enquêteurs de la brigade de sûreté urbaine (BSU) de Menton pensaient uniquement intervenir sur une histoire de séquestration, sur fond de différend entre un dealer de drogue et son client.

En poussant les investigations et en recueillant de précieux renseignements, les enquêteurs apprennent que l’auteur utilise un appartement susceptible de lui servir de nourrice.

Au troisième étage du même immeuble. Une seconde perquisition est menée dès le lendemain matin. Bingo. Nouvelle saisie, beaucoup plus conséquente cette fois-ci: plusieurs kilos de cocaïne, une trentaine de kilos de cannabis, plusieurs dizaines de milliers d’euros en cash ainsi qu’une arme automatique avec des munitions à blanc.

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CAMPO DE GIBRALTAR: detenido también el hijo del narco que denunció un «vuelco» de hachís en La Línea

La Policía Nacional ha detenido también al hijo del hombre que fue arrestado este miércoles en La Línea tras denunciar un «vuelco» de hachís en La Línea.

En la operación, de la que ya ha informado este diario, la Policía se ha incautado de 1.050 kilos de hachís y ha detenido a un hombre, que se encargaba de custodiar y almacenar la droga, y a su hijo, encargado de la distribución.

Según informa la Policía, la mayor parte del estupefaciente fue localizado en el interior de un zulo ubicado en el huerto trasero de una vivienda del barrio linense del Zabal. También fueron detectados cinco fardos con 150 kilos de droga en el interior de un vehículo abandonado en una gasolinera.

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FRANCE (Échirolles – Isère): la Police saisit 94 kg de cannabis, 1,4 kg de cocaïne, 3 kg d’herbe et 350 cachets d’ecstasy

La perquisition a eu lieu mercredi, au domicile de l’un des deux hommes identifiés par les enquêteurs dans un dossier de violences.

Là, à Échirolles, les fonctionnaires ont découvert d’impressionnantes quantités de drogue : 94 kg de cannabis, 1,4 kg de cocaïne, 3 kg d’herbe et 350 cachets d’ecstasy. 

Mais ce n’est pas tout : dans l’appartement se trouvaient aussi près de 40.000 euros en espèce, ainsi que six armes à feu, dont un fusil d’assaut de type kalachnikov. 

1 il y a 1 heure – Le groupe Crime, suite à l’interpellation d’un individu pour violences, a découvert lors de la perquisition 94 kg de résine de cannabis, 1,4 kg de Cocaïne, 37500 €uros environ, 6 armes dont 1 kalachnikov, toujours en cours.

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FRANCE (Brigade des douanes de Chalons-sur-Saône): le camion frigorifique espagnol transportait aussi 120 kilos de hachis

Les douaniers de Chalon-sur-Saône ont saisi près de 120 kg de cannabis, a annoncé, ce jeudi 3 mai, la Direction régionale des douanes.

Les agents ont découvert la drogue lors du contrôle d’un camion frigorifique espagnol qui circulait sur l’A39, jeudi 26 avril. Deux hommes se trouvaient à bord, indique le site d’actualité Info-Chalon.

Après avoir déchargé le poids lourd de sa cargaison de légumes, ils ont fouillé minutieusement la remorque.

 

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NEW YORK (Etats-Unis): le maire de New York, Bill de Blasio souhaite mettre en place quatre salles d’injection contrôlées médicalement, ou « salles de shoot », pour réduire le nombre d’overdoses

Le maire de New York souhaite mettre en place quatre salles d’injection contrôlées médicalement, ou « salles de shoot », pour réduire le nombre d’overdoses, en hausse constante, ce qui créerait un précédent aux Etats-Unis.

« Après un examen rigoureux d’initiatives similaires dans le monde, la prise en compte de considérations de santé publique et d’avis d’experts en sûreté, nous pensons que les centres de prévention d’overdose vont sauver des vies et amener davantage de New-Yorkais à suivre le traitement dont ils ont besoin pour vaincre cette addiction mortelle« , a écrit jeudi le maire de New York, Bill de Blasio, sur son compte Twitter.

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MAROC: la culture du cannabis est l’héritage d’une histoire royale, tribale et coloniale

Le Maroc est, selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC : United Nations Office on Drugs and Crime), le premier producteur et exportateur de haschich au monde. Il recèle aussi probablement, et assez logiquement, parmi les plus importantes superficies mondiales de cannabis.

La récolte marocaine de cannabis aurait été faite, selon l’UNODC, sur 134 000 hectares en 2003 (UNODC, 2003 : 5), c’est-à-dire sur 1,48 % des terres cultivables du pays. Quelque 3 070 tonnes de haschich auraient été produites cette année là à partir de la récolte de cannabis. Certes, depuis, les cultures de cannabis ont baissé : 72 500 hectares en 2005 (1 066 tonnes de haschich), après éradication de 15 160 hectares par les autorités marocaines1 (UNODC, 2006a : 106). Quoi qu’il en soit, le cannabis occupe toujours de vastes superficies alors même que le contexte marocain diffère grandement de celui de la production afghane d’opium ou même de celui de la coca en Colombie : en effet, aucun conflit armé n’y remet en question le contrôle politico-territorial de la monarchie chérifienne et ne permet donc d’expliquer que de telles superficies y soient consacrées à une production agricole illicite (Chouvy, Laniel, 2006a, 2006b).

2 Le Maroc a vu la culture du cannabis et la production de haschich se développer au cours des dernières décennies malgré leur illégalité et le fait que le pays soit signataire des diverses conventions des Nations unies sur les stupéfiants et les substances psychotropes (1961, 1971, 1988) et de la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée (2000)2. Etant illégales, les cultures marocaines de cannabis se limitent toutefois plus ou moins, en fonction des extensions ou des contractions qu’elles connaissent au gré des années, à la région septentrionale et montagneuse du Rif qui borde la Méditerranée depuis Tanger, à l’ouest, jusqu’à l’oued Moulouya, à l’est.

  • 2 Les textes des trois conventions sont disponibles sur le site Web de l’Office des Nations unies  (…)

3 Relativement isolé du reste du Maroc, en raison de son relief montagneux, de son ancienne appartenance au Protectorat espagnol (1912-1956), et de son très faible niveau de développement et d’équipement, le Rif est une « zone-barrière… assez fortement peuplée de montagnards sédentaires, à la recherche de ressources d’appoint » (Troin, 2002 : 327) qui a longtemps fait l’objet d’une politique étatique conciliante : « Isolées de l’intérieur du pays par des obstacles naturels, les tribus rifaines bénéficient en tant que défenseurs des marches du pays d’une certaine autonomie vis-à-vis du Maghzen [pouvoir central] et d’exemption d’impôts » (Troin, 2002 : 329). Mais la tolérance étatique concerne aussi depuis longtemps la culture illégale du cannabis, désormais la principale des ressources d’appoint de la région (Chouvy, 2005a ; 2005b).

4 Parmi les lourds héritages historiques et économiques auxquels la population rifaine, les autorités marocaines et même l’Union européenne doivent faire face, figure la culture du cannabis. En effet, depuis les années 1980, le développement considérable des cultures de cannabis du Rif s’est traduit par la dépendance économique croissante mais non exclusive de la région vis-à-vis de ce qui a progressivement tendu à devenir une monoculture. L’économie du cannabis (montant global marocain des transactions de cannabis et de haschich) constituerait ainsi la principale source de revenus du Rif et serait même susceptible de constituer l’une des premières sources de devises du Maroc et de contribuer de façon massive à l’économie du pays (Chouvy, 2005b ; Hibou, 1996 : 30-31 ; Labrousse, 2002 : 2 ; Moreno, 1997 ; OGD, 1994 : 83). Enfin, le haschich marocain concerne l’Europe au premier chef dès lors qu’elle constitue son premier marché et qu’elle réalise 74% des saisies mondiales de haschich (1 083 tonnes sur 1 471) (UNODC, 2006a : 89).

La culture du cannabis au Maroc : héritage d’une histoire royale, tribale et coloniale

5 Pour comprendre le contexte actuel de la culture du cannabis et de la production de haschich au Maroc, il importe de revenir sur l’histoire complexe de la région du Rif et la façon dont elle est devenue l’aire de production exclusive du pays. La plante aurait fait son apparition au Maghreb au VIIe siècle de notre ère lors des invasions arabes avant que sa culture ne s’implante autour de Ketama, dans le pays sanhaja, au cœur du Rif, au XVe siècle. Ce n’est que bien plus tard, au XIXe siècle, que le sultan Moulay Hassan 1er (1873-1894) autorise officiellement la culture du cannabis pour la consommation locale dans cinq douars, ou villages, des tribus des Ketama, des Beni Seddate et des Beni Khaled, vraisemblablement pour contribuer à la pacification de la région (Labrousse, Romero, 2001 ; OGD, 1996 ; UNODC, 2003).

6 En effet, plusieurs révoltes (de 1863 à 1898) des Rifains contre les présences française, anglaise et espagnole, provoquent les expéditions punitives (cinq entre 1864 et 1900) d’un sultan soumis aux puissances étrangères. C’est ce qui conduit Moulay Hassan 1er à écrire en 1893 : « Il arrivera forcément que nos tribus lésées se retourneront contre notre Maghzen… pour prendre elles-mêmes en main leur propre cause » (Daoud, 1999 : 34). De fait, en 1880 une contestation tribale (siba) pousse une ambassade rifaine à demander à Madrid la mise sous tutelle espagnole du Rif alors que les Rifains avaient jusque-là contribué, des siècles durant, à contenir les Espagnols dans leurs présides de Ceuta et de Melilla. Une guerre hispano-rifaine éclate toutefois en 1909 à la suite de la révolte du peuple rifain contre les notables pro-Espagnols, mais elle n’empêche pas la signature du Protectorat franco-espagnol sur le Maroc en mars 1912.

7 Après la division de l’Empire marocain en deux protectorats par la France et l’Espagne, cette dernière, dont le Protectorat englobe le Rif, autorise la culture du cannabis à quelques tribus : le contrôle des Rifains, dont « la faculté de résistance à toute influence extérieure est immense », impliquant en effet certaines concessions (Daoud, 1999 : 27). Après la période mouvementée de la Première Guerre mondiale, l’Espagne, qui n’a alors toujours pas placé sous administration directe le territoire qui lui a été concédé par le Traité d’Algésiras (7 avril 1906), et qui n’a donc pas honoré les engagements de réforme et de modernisation auxquels elle était tenue, décide enfin de conquérir le Rif en affrontant les tribus rifaines, déjà mobilisées pour résister à l’offensive.

  • 3 Selon la formule de Robert Montagne, sociologue officier des Affaires indigènes, cité par Zakya Dao (…)

8 En 1920, Mohammed ben Abdelkrim el Khattabi, l’Emir du Rif, ce « Vercingétorix berbère »3, unifie les tribus berbères du Rif dans leur résistance à la domination espagnole et obtient une victoire écrasante à Anoual en juillet 1921. Le 1er février 1923, Abdelkrim instaure la République du Rif afin de donner à son armée un Etat fort apte à moderniser le Rif. Mais il vise aussi, bien sûr, l’indépendance, et la France prend vite la mesure de l’exemplarité de la lutte rifaine, tant dans le sud du Maroc, qu’en Algérie et en Tunisie, et s’en inquiète.

9 En 1924, face aux défaites répétées des Espagnols, à leur débâcle même, le Résident général français, le maréchal Hubert Lyautey, met le président Raymond Poincaré en garde contre l’apparition sur le front nord du Protectorat d’une sérieuse contestation indépendantiste, quelques mois seulement avant qu’Abdelkrim ne prenne possession de Chefchaouen et n’en fasse la capitale de sa République du Rif. En août 1925, la deuxième guerre du Rif est lancée par une armée française forte de 100 000 hommes, suppléés par 400 000 Marocains, fournis par le sultan Moulay Youssef qui avait demandé à Pétain de « débarrasser le Maroc de ce rebelle » d’Abdelkrim, et par une armée espagnole de 100 000 hommes. Lyautey cède dès lors tous ses pouvoirs militaires au maréchal Philippe Pétain qui mène campagne avec le général Miguel Primo de Rivera, alors au pouvoir à Madrid. L’exceptionnelle résistance des Rifains, forts de 30 000 à 100 000 hommes, stabilisera le front durant l’hiver et forcera Pétain à battre en retraite, mais ne permettra pas d’éviter la reddition d’Abdelkrim en mai 1926.

10 Entre autres choses, Abdelkrim aura réussi, lors des quelques années d’existence de sa république, à interdire la culture et la consommation du cannabis, pratiques selon lui contraires (haram) aux principes de l’Islam. Il reste à ce jour le seul à avoir réussi à imposer pareille interdiction mais, certes, seulement pour quelques années. De fait, dès 1926 et le rétablissement du pouvoir espagnol dans le Rif, une nouvelle zone de tolérance du cannabis s’étend au nord de Fès, autour de Ketama, afin de permettre l’adaptation des tribus à l’ordre nouvellement instauré. Cette zone fut immédiatement réduite pour finir par être officiellement abolie en 1929 mais la production n’en continua pas moins à des niveaux élevés (Benabud, 1957).

11 Quant au Protectorat français la culture du cannabis y fut progressivement proscrite, la France ayant signé, lors de la Conférence de Genève (1925) organisée par la Ligue des nations, la Convention internationale sur l’opium qui concernait aussi bien le pavot, la coca, que le cannabis. En 1932, la culture du cannabis fut officiellement interdite par un dahir, ou décret royal. N’étaient plus autorisées que les cultures entreprises pour la Régie des tabacs et du kif autour de Kenitra, dans le Gharb, et de Marrakech, dans le Haouz. La Régie, une société multinationale de capital principalement français, bénéficiait en effet de l’extraterritorialité de la zone internationale du port de Tanger où elle était fort commodément basée. C’est seulement en 1954 que la culture du cannabis fut interdite dans l’intégralité de la zone française à la suite de l’adoption du « dahir du 24 avril 1954 portant prohibition du chanvre à kif ». En accédant à l’indépendance, en 1956, le Maroc étendit la prohibition à la zone espagnole et provoqua un vif mécontentement au cœur du Rif, contraignant le roi Mohammed V à se résigner à tolérer la culture du cannabis dans les cinq douars historiques des Ketama, des Beni Seddate et des Beni Khaled.

Culture du cannabis dans les provinces du Nord du Maroc en 2004 (par communes)

Culture du cannabis dans les provinces du Nord du Maroc en 2004 (par communes)

Source : United nations Office on Drugs and Crime (UNODC) : enquête sur le cannabis 2004. Carte extraite du rapport, modifiée et complétée (Pierre-Arnaud Chouvy, 2006)

Le Rif, « territoire de la dissidence »

12 La tolérance par les autorités étatiques de la culture du cannabis dans le Rif n’est pas fortuite. Le Rif est l’une des régions berbères du Maroc qui, comme l’a montré le sanglant épisode de la République du Rif, a autant que possible résisté aux dominations étrangères, européennes certes, mais également arabes. Jusqu’en 1912 et l’ère des Protectorats, le Rif fit partie du bled as-siba, le territoire de la dissidence qui se distinguait du bled al-makhzen, sous contrôle du sultan. C’est d’abord avec l’avènement, en 1666, de la dynastie alaouite (dite aussi chérifienne), dynastie arabisante et islamisante ayant à sa tête un amir al-mouminine, ou commandeur des croyants, que la distinction entre le bled as-siba et le bled al-makhzen s’accentua (Geertz, 1963). La dynastie chérifienne a en effet longtemps tenté de réduire l’étendue du droit coutumier berbère en faveur de la loi islamique (charia), notamment en cherchant à réprimer le culte des saints et les autres pratiques païennes. Par contre, sous le Protectorat français, le général français Henrys et son état-major composé d’anciens d’Algérie rendaient quant à eux explicite dès 1913 la préférence de la France pour une politique berbère « qui sauvegarderait l’originalité du monde berbère marocain en maintenant celui-ci dans son isolement traditionnel et en lui conservant ses coutumes » (Chkouri, 1999).

13 Le pouvoir colonial français allait ainsi accroître la distinction entre le bled as-siba et le bled al-makhzen par le biais de la reconnaissance du particularisme berbère par Lyautey et par l’isolement qu’il allait leur imposer à travers le dahir du 11 septembre 1914. Pétain, quant à lui, initia ensuite le « dahir berbère » (16 mai 1930) qui, pour amadouer les Berbères, préservait leur autonomie traditionnelle en reconnaissant notamment la spécificité du droit coutumier. Il soumit donc les régions berbérophones à la juridiction française en les plaçant sous administration directe et en les soustrayant au droit marocain. Accentuant donc la distinction entre Arabes et Berbères et isolant davantage encore ceux-ci de l’influence du Makhzen, la « politique berbère de la France » entraîna une réaction nationaliste des milieux arabisés. Plus tard, si la loyauté envers le roi ne fut jamais remise en question lors des révoltes berbères des répressions sanglantes ont toutefois ponctué l’histoire du Maroc indépendant, particulièrement dans le Rif entre 1958 et 1984. Ainsi, le soulèvement anti-gouvernemental de 1958 y fut réprimé par le prince héritier Hassan (futur Hassan II) qui usa à cette fin des deux tiers de l’armée marocaine et de bombardements au napalm.

14 Ces soulèvements berbères ont bien sûr de profondes causes historiques, tant précoloniales que coloniales, mais le contexte économique des régions berbérophones, et surtout du Rif, a aussi joué un rôle déclencheur fondamental. De fait, les classes les plus pauvres des Marocains sont largement constituées de Berbères dont les régions n’ont pas bénéficié des mêmes développements économiques que les régions côtières largement arabisées. Le statut des langues berbères (tamazight), parlées par plus d’un tiers de la population marocaine mais reconnues et enseignées seulement depuis une décision de Hassan II en 1994, a indéniablement ajouté une dimension culturelle aux frustrations politiques et économiques des berbérophones.

15 La culture du cannabis qui est désormais solidement implantée dans le Rif est en partie héritée de cette longue et complexe histoire faite de violence, de rivalités, de tolérance et de contestation. De fait, aux premières heures de l’indépendance, même Mohammed V dut renoncer à imposer la prohibition du cannabis qu’il envisageait face au mécontentement tribal des Rifains. Les habitants de la région de Ketama expliquent d’ailleurs encore aujourd’hui que leur culture du cannabis a été « autorisée » par Mohammed V. En dépit de son illégalité, la culture du cannabis a donc subsisté et a même connu même un réel développement dans le Rif, et ce surtout sous les règnes de Hassan II (1961-1999) et de Mohammed VI (1999 à aujourd’hui). La « guerre contre la drogue » que Hassan II déclara en septembre 1992 n’y changea rien, ainsi que la première enquête des Nations unies l’a montré en 2003 en confirmant la place de premier producteur mondial de haschich du Maroc que beaucoup suspectaient depuis des années déjà malgré les dénégations répétées des autorités marocaines4. Le rapport de 2003 montrait aussi implicitement que les politiques visant à interdire la production, à engager des poursuites judiciaires, et à promouvoir un développement économique dans le Rif avaient échoué en laissant les superficies cultivées en cannabis exploser.

  • 4 Notamment lors de la quarante-cinquième session de la Commission des stupéfiants (Nations unies) de (…)

Vers le développement du Rif ?

16 De fait, les projets de développement engagés dans le nord du Maroc, et notamment dans le Rif lors du règne de Hassan II, n’ont à l’évidence pas suffi à endiguer l’extension des cultures de cannabis dans le Rif, bien au contraire. Ainsi, le projet de Développement Economique et Rural du Rif Occidental (DERRO), initié en 1961 (ONU / FAO) en tant que « premier projet intégré mené en zone de montagne depuis l’indépendance » (lutte contre l’érosion et lutte contre l’émigration par l’amélioration des conditions de vie), a eu des résultats extrêmement mitigés, sinon contre-productifs (Boujrouf, 1996 : 46). Bien plus tard, en 1995, un dahir royal créait l’« Agence pour la promotion et le développement économique et social des préfectures et provinces du Nord du Royaume » (APDN) qui vise principalement à désenclaver les territoires du nord et à optimiser l’exploitation de leurs ressources naturelles et de leurs systèmes productifs. Plus de 10 ans après sa création et malgré des réalisations notables, l’APDN n’a pas non plus eu le succès escompté en termes de réduction ou même de limitation des superficies cultivées en cannabis.

17 En montant sur le trône en juillet 1999 Mohammed VI a quant à lui initié un changement dans les relations que le pouvoir central entretient avec le Rif et les Rifains, changement intégré dans un processus de transition démocratique et de réconciliation engagé à l’échelle nationale. Ainsi, le processus de réconciliation nationale qui a été lancé en 2004 dans le cadre de l’Instance Equité et Réconciliation (IER) a permis de reconnaître officiellement l’arbitraire de l’Etat en général et notamment les violences qu’il a perpétrées lors de la répression par Hassan II de la révolte rifaine (1958-1959). L’IER a ainsi « préconisé… l’adoption et le soutien de nombreux programmes de développement socio-économique et culturel en faveur de plusieurs régions et groupes de victimes », notamment dans le Rif « dont la marginalisation et l’isolement étaient, selon le sentiment des citoyens, liés aux violations commises par le passé »5. La même année, à la suite du séisme qui a frappé la région de Al Hoceima, Mohammed VI s’est rendu à plusieurs occasions dans le Rif et a déclaré dans la ville sinistrée qu’il ordonnait au gouvernement d’élaborer « un plan de développement structurel intégré, à moyen et à long termes, pour la mise à niveau de la province d’Al Hoceima et le développement de la région du Rif », et ce afin de « faire de la région du Rif… un pôle de développement urbain et rural dans la Région Nord, parfaitement intégré dans le tissu économique national »6. Enfin, en 2005 le monarque lançait l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) afin de combler le retard affiché par le Maroc dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement désignés par les Nations unies et donc afin d’œuvrer à « la mise à niveau de catégories de la population et certains territoires plus touchés par la pauvreté que d’autres »7. Diverses actions ont été engagées dans le nord du Maroc et notamment dans le Rif : développement du port de Tanger (zone franche), désenclavement du Rif central (rocade méditerranéenne et ses pénétrantes) et amélioration des axes routiers, développement rural (reboisement, arboriculture, petite et moyenne hydraulique, cultures alternatives, etc.), électrification des zones rurales, maintien et, ou, développement du tourisme.

  • 5 Instance Equité et Réconciliation, 2006, Synthèse du rapport final : http://www.ier.ma (consulté le (…)
  • 6 « Discours de sa Majesté le Roi Mohammed VI à Al Hoceima (le 25 mars 2004) : http://www.marocurba.g (…)
  • 7 Maroc Hebdo International, « L’INDH seule ne peut éradiquer la pauvreté » (Interview de Abdelhamid (…)

18 Toujours est-il qu’au milieu de la décennie 2000 les cultures de cannabis n’ont jamais été aussi étendues au Maroc, ce qui témoigne au moins dans une certaine mesure des échecs des projets de développement menés depuis des décennies dans le Rif, que ceux-ci aient été trop peu nombreux, sous financés, mal conçus, mal coordonnés, ou encore limités dans leur impact par divers blocages institutionnels et administratifs. Enfin, l’importance de la corruption a sans aucun doute permis sinon encouragé le développement d’une culture aussi rentable que celle du cannabis dans une région aussi pauvre et enclavée que celle du Rif. Il semble toutefois qu’au moins deux projets de développement alternatifs ont été menés dans le Rif, notamment au début des années 1980 par le FNULAD (prédécesseur de l’UNODC), le PNUD et le ministère de l’Intérieur marocain à Azilal. L’Union européenne a ensuite (1994) financé un projet de développement alternatif reprenant pour l’essentiel les objectifs du projet mené à Azilal, malgré son échec. Le projet de l’UE, initialement mis en œuvre sans aucun résultat par la Caisse nationale de crédit agricole a ensuite été repris par l’ONG espagnole CERAI qui a mis en place quelques projets pilote ayant à priori démontré la viabilité de certaines productions alternatives (amandiers, jojoba, raisin de table, élevage caprin intensif, etc.) (Labrousse, Romero, 2001 : 22-23). En tout état de cause, le développement alternatif n’a eu que des succès très peu nombreux et très relatifs à l’échelle mondiale et, dans son rapport 2005, l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) insistait sur le fait que le développement alternatif était « mis en œuvre dans les zones touchées par la culture du pavot à opium et du cocaïer, plutôt que dans celles touchées par le culture de cannabis » (OICS, 2005 : 2). Si la culture du cannabis s’est développée comme elle l’a fait dans le Rif au cours des dernières décennies c’est en partie en raison du sous-développement de la région et de la tolérance historique de cette culture. Mais les proportions prises récemment par la culture du cannabis sont d’autant plus importantes que les projets de développement du Rif n’y ont eu que très peu d’impacts économiques.

Développement récent de la culture du cannabis et de la production de haschich au Maroc

19 La culture du cannabis n’a explosé que récemment au Maroc. En effet, jusqu’aux années 1980 les cultures étaient peu développées et restées limitées géographiquement : moins de 10 000 hectares auraient été cultivés annuellement, au cœur du Rif, au cours de la décennie 1970. Plusieurs facteurs auraient joué dans l’augmentation des cultures lors des années 1980, parmi lesquels la crise économique prolongée du Rif, le développement insuffisant de la modernisation et de la mécanisation de l’agriculture, en partie due à un isolement géographique qu’elle accentuait, et l’incapacité des opportunités d’émigration à compenser la crise. Mais l’augmentation de la demande européenne de haschich qui s’est déclarée au cours des années 1960 et, surtout, 1970, a vraisemblablement joué un rôle non négligeable dans l’accroissement des superficies cultivées en cannabis et dans le développement de l’industrie du haschich marocain. C’est en tout cas la demande européenne qui a transformé l’industrie traditionnelle du kif, une mixture composée de deux tiers de marijuana et d’un tiers de tabac noir, en celle, plus moderne, du haschich. En devenant dès les années 1960 l’une des destinations privilégiées des hippies, le Maroc a de fait vu sa production de kif évoluer vers celle de haschich. Les fumeurs de haschich européens avaient jusqu’alors principalement accès à des haschichs du Proche-Orient et d’Asie : haschichs libanais, turc, afghan, pakistanais, indien, népalais.

20 Si aucune date précise ne peut être avancée quant à l’apparition d’une production de haschich au Maroc, Robert Connell Clarke précise toutefois qu’alors que deux visiteurs de la région de Ketama rapportaient dans leurs écrits ne pas avoir pu observer de production de haschich à la fin des années 1960, d’autres voyageurs, eux, mentionnèrent qu’une telle production y avait bien lieu depuis le milieu de la décennie (Clarke, 1998 : 179). L’auteur fait état de différentes hypothèses relatives à l’introduction de la technique de production de haschich par tamisage dans la région : par des Européens ayant importé la technique d’Afghanistan ou encore par un Algérien ayant reproduit la méthode libanaise. Toujours est-il qu’il semble bien que l’introduction de la production de haschich ait eu lieu au milieu des années 1960.

21 L’accroissement de la demande européenne et la commode proximité du Rif des côtes de l’Europe méditerranéenne8 contribuèrent au développement de la production marocaine de haschich. Mais les détails de l’expansion des cultures de cannabis sont bien sûr d’autant moins connus qu’il a fallu attendre 2003 pour qu’une enquête des Nations unies prenne la mesure du phénomène de façon fiable et documentée. Seuls quelques centaines d’hectares auraient été cultivées jusqu’au milieu des années 1970, ainsi que le rapporte Marlise Simons en 1995 dans le New York Times (Simons, 1995). Robert Connell Clarke, lui, estime, sur la base de sources néerlandaises et de rapports de l’Union européenne, que quelques 2 000 hectares auraient été cultivés dès la fin des années 1960, pour atteindre 25 000 hectares au milieu des années 1980 et 60 000 à 75 000 en 1995. En 1994, un rapport confidentiel de l’Observatoire géopolitique des drogues estimait que la production marocaine de cannabis « faisait du royaume chérifien un sérieux prétendant au titre de premier exportateur mondial de haschich » (OGD, 1994) et valait au journal Le Monde (1995) qui l’avait rendu public des poursuites pénales initiées par le Maroc. Alain Labrousse et Lluis Romero, ont ensuite fait appel à d’autres sources pour estimer la production entre 65 000 et 75 000 hectares en 1993, à 78 000 hectares en 1995, à 90 000 hectares en 1999, et à 100 000 à 120 000 hectares en 2001 (Labrousse, Romero, 2001 : 12) approchant donc des 134 000 hectares évalués par l’UNODC lors de son enquête de 2003 (UNODC, 2003 : 5).

  • 8 En juin 1995, des prélèvements éoliens de pollens réalisés en Espagne révélaient des quantités plus (…)

22 Lors des années 1980 et 1990, donc, les superficies cultivées en cannabis augmentèrent rapidement et débordèrent de la région historique de production du pays senhaja pour atteindre les pays ghomara et jebala et l’est de la province d’Al Hoceima. Après que l’exode rural massif des années 1960, provoqué notamment par les difficultés de l’agriculture de subsistance face à la mécanisation, fut tari, la crise économique des années 1970 et l’imposition de programmes d’ajustement structurel lors des années 1980 contribuèrent à l’extension des superficies cultivées en cannabis dans le Rif, région agricole parmi les plus pauvres du Maroc. Le phénomène d’expansion fut enfin encouragé par une demande européenne croissante pour le haschich marocain, demande qui avait initié la transformation de la production traditionnelle de kif en production de haschich à la fin des années 1960.

23 De fait, les saisies européennes de haschich marocain passèrent de 200 tonnes en 1985 à 950 en 2004 (sur un total de 1 361 tonnes de haschich saisies dans le monde en 2004) (UNODC, 2005 : 89-90). En 2004, 80 % du haschich saisi en Europe était désormais d’origine marocaine, ce que les saisies espagnoles indiquent d’autant plus que ce ne sont pas moins de 53 % des saisies européennes qui ont été réalisées en Espagne cette année-là (la France suit avec 6 %). Le Maroc, lui n’a intercepté que 7 % du haschich mondial en 2004, alors qu’il en aurait produit 37 % (2 760 tonnes sur 7 400) (UNODC, 2005)9.

  • 9 Il convient de noter que c’est à partir des années 1980 que la lutte antidrogue est devenue une pri (…)

24 Le Rif et, plus largement, le Maroc, ont donc su réagir à une demande européenne croissante, certes, mais l’ont aussi vraisemblablement stimulée par le biais d’une offre régulièrement accrue. Ce faisant, le développement de la culture du cannabis dans le Rif permettait aussi de pallier certaines contraintes économiques et écologiques de la région. Le Rif est en effet l’une des régions du Maroc les moins propices à l’agriculture. Le relief y est accidenté, les pentes y sont fortes et les sols pauvres, les précipitations sont très irrégulières et très peu compensées par un développement très limité de l’irrigation. La conjonction de ces paramètres a laissé le Rif et sa population en marge du développement économique que connaît par exemple la façade atlantique du pays. Même la manne touristique dont bénéficie le Maroc fait elle aussi défaut au Rif qui reste largement, et malgré son fort potentiel, à l’écart des circuits des villes impériales, de l’Atlas, et du désert. Facteur aggravant du sous-développement rifain, la densité et la croissance démographiques y sont très fortes, parmi les plus élevées du Maroc : en moyenne, la région compte trois fois plus d’habitants au kilomètre carré (124) que le reste du pays (37). L’accroissement de la pression foncière et le manque d’opportunités économiques rendent alors le développement de la production de cannabis d’autant plus incontournable qu’elle permet de générer sept à huit fois plus que la culture de l’orge. Le recours à l’irrigation permet bien sûr d’augmenter encore le rapport : à superficie égale, une culture de cannabis irrigué peut rapporter douze à seize fois plus que l’orge (UNODC, 2003 : 7).

25 De fait, l’enquête menée par les Nations unies en 2003 ne révèle pas seulement l’étendue des cultures de cannabis dans le Rif mais aussi l’importance que celles-ci représentent pour la population. Ce seraient ainsi 96 000 familles, soit 800 000 personnes, qui auraient été impliquées dans la production de haschich en 2003 : c’est-à-dire 66 % des familles paysannes de la région du Rif enquêtée, 6,5 % de celles du Maroc tout entier, ou encore 2,5 % de la population marocaine (UNODC, 2003 : 5). Mais, en moyenne, le cannabis ne génère pas plus de la moitié des revenus des paysans engagés dans sa culture. En effet, à l’instar des paysans de la coca ou de l’opium, en Amérique du Sud et en Asie, la paysannerie marocaine du cannabis ne s’enrichit que très rarement : les Nations unies estimaient le revenu moyen généré en 2003 par la culture du cannabis à 267 dollars US par personne pour un revenu total de 523 dollars. A titre de comparaison, le PIB marocain par habitant était de 1 260 dollars en 2002 (UNODC, 2003 : 5).

Cannabis dans le Rif : les limites du statu quo

26 L’économie du cannabis a jusqu’à présent largement contribué à la fixation de la population dans la région mais aussi à la modération de son ressentiment tant économique que politique. Mais l’extension des cultures s’est faite à un rythme croissant, affectant désormais plusieurs zones de cultures, bien au-delà du centre historique de production de Ketama. Si, parmi les nouvelles zones de cultures, certains produisent du cannabis afin de pallier des revenus autrement trop faibles, d’autres le font en faisant preuve d’opportunisme économique et au détriment des cultures traditionnelles licites et de l’environnement, ce qui mène actuellement à une situation écologique, économique et politique délicate.

27 Le peu de terres arables disponibles et l’accroissement de la pression démographique ont comme conséquence que le développement rapide des superficies cultivées en cannabis s’est largement fait au détriment des forêts du Rif (Grovel, 1996). Après l’exploitation intensive du bois d’œuvre sous le Protectorat espagnol la déforestation du Rif s’est encore accélérée, dès 1968 et avec un pic au milieu des années 1980: « Parmi les nombreuses causes de dégradation directe du capital forestier, et en dehors du processus traditionnel d’extension des cultures familiales vivrières (céréales), le défrichement pour la culture du kif et la coupe pour le bois de chauffage représentent près de 90 % du processus de déforestation » (Grovel, 1996 : 78). Plus de 20 000 hectares de forêts auraient ainsi cédé la place à la culture du cannabis autour de Ketama en l’espace de 20 ans. La province de Chefchaouen, elle, aurait connu un défrichement de 1 550 hectares par an entre 1981 et 1991 (Grovel, 1996 : 78). « La croissance démographique, par ailleurs stimulée par l’expansion de la culture du kif, induit des besoins en espace et en ressources naturelles toujours plus importants, ce qui ne fait qu’accroître la pression s’exerçant sur la forêt » (Grovel, 1996 : 79).

28 La croissance démographique du Rif est désormais accentuée par l’attrait que représente l’économie du cannabis dans la région, à travers les besoins importants en main-d’œuvre saisonnière que cette activité agricole intensive implique et, même, le retour au pays de Rifains séduits par le succès du cannabis. Le fragile équilibre du mode de production rifain est donc sérieusement menacé. La culture du cannabis, véritable alternative au développement et à l’incapacité de l’activité agro-pastorale à satisfaire les exigences des familles, atteint en toute vraisemblance les limites démographiques, économiques et écologiques qui sont les siennes. La surexploitation du milieu par une population croissant rapidement présente un sérieux risque de crise écologique et donc, à terme, dans ce contexte essentiellement agricole, de grave crise économique et sociale, ou même politique.

29 L’économie et, a fortiori, l’équilibre socioéconomique mais aussi politique, du Rif dépendent pour le moment en grande partie de la production de cannabis, ce qui pose un problème de taille tant à l’État marocain qu’à l’Union européenne, puisque la production et la consommation de haschich sont illégales au Maroc et dans la plupart des pays de l’UE. Après la première enquête des Nations unies sur le cannabis au Maroc, l’État marocain, longtemps tolérant à l’égard d’une production qui lui permettait de pallier son incapacité ou son manque de volonté politique à gérer le développement du Rif, peut difficilement ignorer plus longtemps les problèmes économiques et sociaux de cette région. De même, l’UE et ses membres devront désormais agir face à un phénomène dont on a peine à croire qu’ils ignoraient l’ampleur10.

  • 10 Au-delà des héritages de l’histoire et des contraintes géographiques et politiques, le développemen (…)

30 La tolérance de cette activité illégale procède certes en partie du contexte culturel et politique de la région, les révoltes passées des Berbères du Rif donnant encore aujourd’hui du poids aux revendications qu’ils font de leur droit à cultiver le cannabis, droit qu’ils estiment avoir acquis grâce à ces rébellions et en guise de réponse au profond sous-développement de leur région. Mais cette tolérance s’explique aussi par le caractère explosif que l’application effective d’une prohibition du cannabis aurait en termes économiques et sociaux dans la région et dans le pays, voire sur l’autre rive, toute proche, de la Méditerranée. L’économie agricole du cannabis régule en effet de façon importante l’emploi dans le Rif, surtout pour les jeunes paysans. Poussés par la pauvreté, quittant les espaces les moins pourvus en terre et en eau ou les villages soumis à des contrôles répétés, ils émigrent vers les régions demandeuses de main-d’œuvre (Chouvy, Laniel, 2006b). La culture du cannabis, elle, qui s’accommode de terres ingrates et même non irriguées, permet de limiter l’émigration de la population du Rif en assurant sa subsistance (Chouvy, 2005b).

31 Mais si la marginalité du Rif y explique en partie l’existence de cultures de cannabis, elle ne suffit toutefois pas à en expliquer l’étendue. Il convient ici de souligner que les 134 000 hectares estimés en 2003 par l’UNODC équivalaient aux 130 000 hectares cultivés en pavot à opium en 2004 en Afghanistan. S’il est acquis que cette production agricole illicite afghane doit notamment son succès aux longs et coûteux conflits endurés par le pays, il ne fait d’autre part aucun doute qu’elle se développe désormais d’autant plus qu’elle nourrit une corruption dont elle bénéficie directement. Le développement des surfaces cultivées en cannabis au Maroc a bien sûr eu lieu dans un tout autre contexte dès lors que l’économie du cannabis n’y a pas bénéficié d’une économie de guerre. L’on peut toutefois estimer que l’économie marocaine du cannabis est en partie la conséquence des conflits historiques, un temps armés, ayant opposé les Rifains au pouvoir chérifien, et ce même après l’indépendance.

32 Mais il apparaît aussi que le maintien et même le développement de la culture du cannabis dans le Rif n’ont pu se faire que grâce à l’accord tacite du makhzen et de ses relais locaux. Les cultures de 2003 et les précédentes n’ont à l’évidence pas pu être entreprises à l’insu du pouvoir central dont les relais administratifs sont multiples et parfaitement opérationnels (mokadem, sheikh, caïd). Ainsi, les producteurs de cannabis expliquent qu’ils cultivent lorsqu’ils en ont reçu l’autorisation officieuse ou en tout cas que s’ils s’abstiennent une année donnée c’est à la suite d’un interdit, lui aussi officieux. Des villages entiers et même des vallées entières peuvent ainsi subitement renoncer à la production de cannabis, comme ce fut le cas dans la vallée de Oued Laou en 2005. Que la production marocaine de cannabis ne se fasse pas sans l’accord tacite du pouvoir central semble donc évident. Mais l’importante corruption que connaît le pays aggrave encore cet état de fait : la lutte contre la corruption fait d’ailleurs partie des principaux objectifs affichés par le rapport commandité par Mohammed VI à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance11.

  • 11 50 ans de développement humain et perspectives 2025, Document de synthèse du rapport général, Cinqu (…)

33 Il importe aussi de préciser que l’économie du Rif ne dépend pas que de celle du cannabis, malgré les proportions prises par celle-ci. L’économie de contrebande est en effet particulièrement développée au Maroc et plus encore dans le Rif qui bénéficie d’un avantage géographique certain, et pour l’exportation de son haschich vers l’Europe ou l’Algérie, et pour l’importation de biens de consommation depuis ces même espaces (les principaux points d’exportation de haschich sont les mêmes que ceux qui servent à la contrebande : Ceuta, Melilla, et Oujda, sur la frontière algérienne) (Chouvy, 2005b). La taille de l’économie de contrebande est bien sûr difficile à estimer mais le Chambre de commerce américaine estimait en 2002 qu’un commerce de 15 milliards de dirhams (1,7 milliard de dollars US) échappait annuellement à la taxation et que chaque emploi créé par l’économie de contrebande en supprimait 10 dans l’économie légale12.

  • 12 Chambre américaine de commerce au Maroc, 2002, Compte rendu de l’atelier sur le promotion du commer (…)

34  En fait, l’économie du Rif dépend énormément de l’étranger, où elle exporte son haschich et d’où elle importe les biens de consommation qui alimentent son économie de contrebande. Mais l’économie du Rif a aussi longtemps dépendu des possibilités de migration saisonnière et d’émigration dont les Rifains disposaient vers l’Algérie et vers l’Europe, surtout vers la France. Dès les années 1960 le gouvernement marocain a encouragé l’émigration, notamment depuis le Rif, en comptant sur les transferts de revenus des expatriés et sur l’impact politico-économique que cela était susceptible d’avoir dans des régions marginales comme celle du Rif. Ainsi, à la fin des années 1980, jusqu’à 40 % des hommes de certains villages du Rif étaient expatriés (Grivello, 2002). A l’échelle nationale, la politique d’émigration a eu un impact certain puisque, « en 2002, les transferts officiels représentaient 6,4 pour cent du produit national brut (PNB), 22 pour cent de la valeur totale des importations et six fois l’aide au développement accordée au Maroc » (Haas, 2005). Mais les possibilités d’émigration diminuèrent progressivement et même l’Espagne, l’Italie et le Portugal, qui étaient passés de terres d’émigration à terres d’immigration au milieu des années 1980, finirent par imposer des visas d’entrée au Marocains au début des années 1990. C’est lors de cette décennie que la culture du cannabis a accentué sa croissance dans le Rif et c’est aussi à cette époque qu’est apparu le phénomène harraga13 : le transit de migrants illégaux depuis le Maroc jusqu’à l’Espagne sur de petites embarcations appelées pateras en espagnol. L’immigration clandestine se développa rapidement et d’autant plus facilement que les passeurs utilisèrent d’emblée les réseaux et techniques du trafic de haschich à destination de l’Espagne, porte d’entrée de la résine marocaine en Europe (Juntunen, 2002 : 37). Il n’est d’ailleurs pas rare que les passeurs profitent des clandestins pour aussi passer du haschich en Espagne. Certains observateurs estiment ainsi que, « [v]ue de la perspective marocaine, la migration constitue une ressource de développement vitale en soulageant la pauvreté et en diminuant le chômage, en contribuant à la stabilité politique ainsi qu’en générant des transferts de fonds. En réalité, le gouvernement marocain a peu d’intérêt à diminuer l’émigration tandis que les employeurs européens ont besoin de leur main d’œuvre » (Haas, 2005). Il semble bien que l’on puisse dire de même de la production de cannabis et de haschich dès lors qu’on en comprend le contexte et qu’on en saisit les enjeux économiques, sociaux, et politiques. Quant à la quasi inexistence de projets de développement alternatifs et à la fermeture de l’antenne de l’UNODC au Maroc en 2005, cela laisse envisager l’existence d’un « marché de dupes » (Labrousse, 2000) entre les deux rives de la Méditerranée alors même que la question migratoire, pourtant clairement liée à la question du développement économique des pays du Sud, est plus importante que jamais.

  • 13 La façade méditerranéenne du Maroc est notamment connue en tant que bled harraga, ou territoire d’é (…)

35 Cette culture, pour illégale qu’elle soit, procède donc en grande partie du statu quo (Afsahi, 2005) qui, depuis l’accès à l’indépendance marocaine, existe entre l’État et les villages du Rif, sa tolérance par les autorités constituant une alternative à un sous-développement contre lequel elles n’agissent pas, d’une part, et une garantie de paix sociale et politique d’autre part. On peut raisonnablement estimer que le cannabis a permis de stabiliser l’économie d’une région en marge du développement national. Cependant, les montagnes et vallées rifaines restent confrontées à la grande fragilité de leur équilibre écologique, à la perte des savoir-faire agricoles traditionnels et à la pression internationale qui demande l’élimination des plantes à drogues. Désormais, le Maroc devrait logiquement s’attacher à réduire les cultures de cannabis dans le Rif et leur trouver une alternative viable et durable, sinon parce que cette culture est illégale et que les pressions internationales vont aller croissant, du moins parce que l’équilibre écologico-économique de la région est menacé à court terme, l’augmentation de la population et la division foncière qu’elle implique ne semblant pouvoir s’accommoder de la disponibilité limitée des terres cultivables et de leur rapide et profonde dégradation. Le défi du cannabis du Rif est donc celui du développement économique durable d’une des régions les plus pauvres du pays dont la stabilité socio-économique est menacée.

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Annexe

1) Vallée cultivée en cannabis dans le Rif (Pierre-Arnaud Chouvy – août 2005)

2) Cultures de cannabis en terrasses dans le Rif (Pierre-Arnaud Chouvy – août 2005).

Notes

1 L’UNODC a réalisé sa première enquête au Maroc en 2003 en coopération avec les autorités marocaines, certes non sans difficultés mais dans des conditions (enquêtes de terrains couplées à une analyse d’images satellite) qui permirent toutefois d’aboutir à une estimation assez précise des superficies cultivées (le rapport 2004 avait toutefois révisé les estimations de 2003 à la baisse). Un deuxième rapport de l’UNODC a été rendu public en 2004, faisant état d’une réduction sensible des superficies cultivées (120 500 ha de cannabis et 2 760 tonnes de haschich). L’UNODC a néanmoins quitté le Maroc en 2005 alors que le rapport 2005, qui fait pourtant état d’une très forte réduction des superficies cultivées, attendait toujours, en novembre 2006, d’être rendu public. Dans un rapport préliminaire diffusé en novembre 2006, l’UNODC explique en note (UNODC, 2006b : 2) que « [l]es chiffres et résultats de l’enquête sur le cannabis 2005 au Maroc ont déjà été avalisés par le gouvernement marocain et l’ONUDC » mais que « [s]ous sa présente forme, ce document n’a néanmoins pas encore été formellement approuvé par les autorités marocaines ». L’UNODC s’est refusé à expliquer à l’auteur les raisons de la fermeture de son bureau au Maroc ainsi que celles du retard de parution du rapport 2005 mais un haut fonctionnaire de l’Office lui a expliqué (mai 2007) que les financements extérieurs (européens) dont dépendait l’antenne marocaine n’avaient pas été reconduits.

2 Les textes des trois conventions sont disponibles sur le site Web de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) : http://www.unodc.org/unodc/en/drug_and_crime_conventions.html. Celui de la Convention contre la criminalité transnationale organisée peut être consulté à l’adresse suivante : http://www.unodc.org/unodc/crime_cicp_convention.html. Pages visitées le 18 septembre 2006.

3 Selon la formule de Robert Montagne, sociologue officier des Affaires indigènes, cité par Zakya Daoud (1999 : 16).

4 Notamment lors de la quarante-cinquième session de la Commission des stupéfiants (Nations unies) de mars 2002 à Vienne : communication personnelle d’Alain Labrousse, qui explique aussi (Bordes, Labrousse, 2004) que « L’ancien Premier ministre socialiste, Abderrahmane Youssoufi ne craignait pas d’affirmer au cours de la Session spéciale des Nations unies consacrée aux drogues (UNGASS), en juin 1998, que le problème des drogues au Maroc ‘était surtout celui du transit de substances illicites’ ».

5 Instance Equité et Réconciliation, 2006, Synthèse du rapport final : http://www.ier.ma (consulté le 19 juin 2007).

6 « Discours de sa Majesté le Roi Mohammed VI à Al Hoceima (le 25 mars 2004) : http://www.marocurba.gov.ma (consulté le 19 juin 2007).

7 Maroc Hebdo International, « L’INDH seule ne peut éradiquer la pauvreté » (Interview de Abdelhamid El Jamri, expert des Nations-Unies et consultant du comité de pilotage de l’INDH), n° 738, 30 mars 2007 : 40-41.

8 En juin 1995, des prélèvements éoliens de pollens réalisés en Espagne révélaient des quantités plus élevées que la normale de pollen de cannabis jusqu’à 160 kilomètres au nord de Gibraltar, suggérant une augmentation des cultures de cannabis au Maroc (Simons, 1995).

9 Il convient de noter que c’est à partir des années 1980 que la lutte antidrogue est devenue une priorité en Europe, ce qui permet d’expliquer en partie l’augmentation des saisies.

10 Au-delà des héritages de l’histoire et des contraintes géographiques et politiques, le développement de l’économie du cannabis dans le Rif a en effet aussi largement procédé de la grande et de la petite corruption des autorités marocaines et de « l’absence de la question du haschisch dans l’agenda des relations franco-marocaine », fonction d’un « système de « corruption partagée » entre le régime d’Hassan II et les différents gouvernements français » (Bordes, Labrousse, 2004).

11 50 ans de développement humain et perspectives 2025, Document de synthèse du rapport général, Cinquantenaire de l’indépendance du Maroc, 2006 : http://www.cinquantenaire.ma (consulté le 20 juin 2007).

12 Chambre américaine de commerce au Maroc, 2002, Compte rendu de l’atelier sur le promotion du commerce et de l’investissement : la contrebande, 17 avril 2002, Hôel Hilton, Rabat : http://www.amcham-morocco.com/downloads/rapcontrapub.pdf (consulté le 20 juin 2007).

13 La façade méditerranéenne du Maroc est notamment connue en tant que bled harraga, ou territoire d’émigration clandestine (Juntunen, 2002 : 6).

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Table des illustrations

Titre Culture du cannabis dans les provinces du Nord du Maroc en 2004 (par communes)
Légende Source : United nations Office on Drugs and Crime (UNODC) : enquête sur le cannabis 2004. Carte extraite du rapport, modifiée et complétée (Pierre-Arnaud Chouvy, 2006)
URL http://journals.openedition.org/espacepolitique/docannexe/image/59/img-1.png
Fichier image/png, 92k

Cet article est cité par

  • Chouvy, Pierre-Arnaud. (2008) L’échec mondial de la lutte antidrogue : quelles leçonspour l’Afghanistan ?. EchoGéo. DOI: 10.4000/echogeo.8813

Auteur

Pierre-Arnaud Chouvy

Chargé de recherche au CNRS
UMR 8586 Prodig
pachouvy@wanadoo.fr

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