Aviseur International renseigne, sans complaisance, sur la problématique de la drogue, du narcotrafic, de la corruption et sur les politiques mises en œuvre par les différents Etats et les dérives que s'autorisent les fonctionnaires des administrations — aviseurinternational@proton.me — 33 (0) 6 84 30 31 81
Au petit matin du 20 décembre 2021, plus d’une centaine d’officiers – dont l’unité des opérations armées de la NCA et des équipes de la police du Kent – se sont déplacés pour mener cette opération faisant suite à une enquête de la NCA sur un groupe soupçonné d’avoir comploté avec un employé du port pour faire passer en contrebande d’importantes quantités de stupéfiants de classe A sur le marché britannique via Sheerness.
aerial photograph of the Port of Sheerness Kent UK
L’enquête a été soutenue par Border Force et menée avec la coopération de l’opérateur portuaire.
Les enquêteurs de la NCA pensent que la cargaison de cocaïne était arrivée par bateau en provenance du Costa Rica et était cachée à l’intérieur d’une cargaison de bananes.
‘Medellín P-6’. Ese es el nombre de la embarcación en la que las autoridades hallaron en las últimas horas 600 kilos de clorhidrato de cocaína perteneciente al grupo criminal de ‘los Costeños’. El operativo que permitió el decomiso se ejecutó en la ribera del río Magdalena, en el corregimiento de Palermo, Magdalena.
Allí, gracias a información de fuentes humanas, unidades de la Dirección de Investigación Criminal, Dijín, en coordinación con la Armada Nacional, la Agencia Antidrogas de los Estados Unidos, DEA, y la Fiscalía General de la Nación, localizaron en una zona portuaria de dicho corregimiento la embarcación tipo bongo utilizada para el transporte de combustible.
Mon cher responsable des affaires juridiques et contentieuses
Mon cher menteur
Mon cher tartuffe
Relisant tes écrits, j’ai pu constater que tu étais particulièrement performant dans l’art de la rhétorique mensongère.
Le 10 avril 2020, je t’avais écrit une lettre ouverte, mais tes nombreuses occupations ne t’ont pas permis de trouver le temps d’y répondre.
Je te la fais à nouveau parvenir, espérant que cette fois-ci, tu n’auras pas l’attitude d’un de tes prédécesseurs Gérard Schoen qui avait préféré s’enfuir en courant lorsque j’avais cherché à le rencontrer.
J’ai mis quelques photos pour te permettre de reconnaitre tes semblables !
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Ô, mon cher Michel, mon cher administrateur des douanes, mon cher responsable des affaires juridiques et contentieuses, mon cher menteur, mon cher tartuffe, constater une fois encore tes savantes manœuvres pour dégager la responsabilité de l’administration des douanes ne m’ont permis que de faire un constat, accablant pour toi, comme pour tes prédécesseurs Elizabeth Melscoet, Thomas Charvet et le gredin Erwan Guilmin : vous êtes des menteurs institutionnels !
Mon cher Michel, mon cher administrateur des douanes, mon cher responsable des affaires juridiques et contentieuses, mon cher menteur, mon cher tartuffe, sais tu que je ne peux accepter cette infamie savamment distillée par tes écris mensongers. Il m’est insupportable de constater qu’après avoir été encensé puis encouragé à infiltrer et infiltrer encore, tu ne souhaitais que flétrir tant de lauriers amassés. Mes actions qu’avec respect toute la hiérarchie de la DNRED admirait, mes informations précises qui tant de fois ont permis des saisies importantes, tant de fois valorisaient un service… aux actions que tu ne connais même pas ! Tu m’as trahi comme tu as trahi l’honneur de la douane tout entière en deformant sciemment l’action que j’ai menée suite aux volontés ministérielles de Michel Charasse.
Mon cher Michel, mon cher administrateur des douanes, mon cher responsable des affaires juridiques et contentieuses, mon cher menteur, mon cher tartuffe, toi qui occupe un haut rang d’administrateur, comment peux tu l’occuper sans honneur? Tu as préféré emprunter les affabulations de tes prédécesseurs pour m’écarter de toutes réparations. Seras-tu un sprinter comme ce faquin de Gérard Schoen si tu me rencontrais ou préférerais-tu jouer les timides méprisants et dédaigneux, comme le fit Corinne Cleostrate, et t’éloigner sans me regarder ?
Mon cher Michel, mon cher administrateur des douanes, mon cher responsable des affaires juridiques et contentieuses, mon cher menteur, mon cher tartuffe, relire encore que toutes les turpitudes subies ne seraient la résultante que d’une erreur d’appréciation de ma part sur l’engagement de la douane sur lequel j’étais persuadé pouvoir compter, me trouble. En homme d’honneur que je suis, habitué à la parole donnée, il m’était difficile d’imaginer que tant de bassesses pouvait t’habiter.
Mon cher Michel, mon cher administrateur des douanes, mon cher responsable des affaires juridiques et contentieuses, mon cher menteur, mon cher tartuffe, je te croyais honnête et factuel, n’hésitant pas à t’informer avant de m’emballer dans des écrits totalement infondés. Non, tu n’as rien demandé, te permettant alors de tordre le cou à la vérité des faits.
Mon cher Michel, mon cher administrateur des douanes, mon cher responsable des affaires juridiques et contentieuses, mon cher menteur, mon cher tartuffe, merci de transmettre mes meilleures civilités à ton entourage…douanier. »
C’est à Saint-Laurent-Blangy que les douaniers de la BSI D’Arras, dans la nuit de lundi à mardi, sur l’aire de repos, au bord de la RN 50, ont contrôlé un ressortissant lituanien qui transportait 118 kilos de cocaïne.
Snapchat ne veut plus servir d’intermédiaire sur le marché de la drogue. L’application de partage de vidéos et de photos a annoncé ce jeudi une série d’initiatives autour de la lutte contre les stupéfiants sur sa plateforme.
Le réseau social va pour cela renforcer « l’équipe qui répond aux demandes de la police et autres autorités sur les questions liées aux contenus illicites ». Pour améliorer la détection et la suppression des contenus liés à la drogue, Snapchat combine plusieurs moyens à disposition, notamment grâce à l’intelligence artificielle, la modération humaine et les signalements des utilisateurs.
Interdire et prévenir
L’accent n’est toutefois pas mis uniquement sur la répression. Dans le cadre de la prévention, Snapchat annonce la mise en place d’un portail, baptisé « Heads Up », visant à « sensibiliser les utilisateurs sur les risques liés à la drogue et aux addictions ». Les utilisateurs pourront y trouver « des informations vérifiées de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA), avec notamment une série de vidéos autour des risques liés à la consommation de cannabis, de MDMA ou l’usage détourné du protoxyde d’azote », précise la plateforme.
Photo illustration prise sur le port de Gênes en Italie
Le nombre de jeunes hommes employés par des gangs criminels pour récupérer la cocaïne dans les cargaisons en provenance d’Amérique latine augmente à mesure que le volume du trafic de cocaïne entrant aux Pays-Bas par la ville portuaire de Rotterdam augmente.
La BBC a eu un rare aperçu du travail dangereux de ces « collecteurs de cocaïne » qui constituent un maillon essentiel de la chaîne d’approvisionnement en stupéfiants en Europe.
Outre les forces de l’ordre de Berlin et de Dortmund, des enquêteurs en Lettonie et en Espagne ont aussi pris part à l’opération.
Au total, 28 personnes sont soupçonnées, dans le cadre d’une enquête aux ramifications internationales, pour le convoyage de neuf cargaisons de près de cinq tonnes de cocaïne, ont déclaré dans un communiqué commun l’Office fédéral de police criminelle (BKA) et le bureau du procureur général de Berlin.
L’enquête a commencé après la saisie de 690 kilogrammes de cocaïne dans un conteneur à Santos, au Brésil, à destination de Berlin en novembre 2018, a rapporté l’Office fédéral allemand de la police criminelle dans un communiqué. Cela les a conduits à un réseau de narcotrafic remontant au moins à 2011.
Les agents de l’ « Agence fiscale – SVA » et ceux de la « Guardia civil » ont saisi 541 kilos de cocaïne dans le port de Valence dans un conteneur en provenance d’Amérique du Sud, la cinquième opération du genre à être réalisée au port en moins d’un mois, avec un résultat global de plus de plus de 2 700 kilos de cocaïne saisis.
Le 15 novembre, lors des travaux d’inspection des conteneurs effectués par la douane maritime de Valence à travers l’unité d’analyse des risques, les agents de cette unité ont trouvé 15 grands sacs à dos contenant la drogue, selon l’agence fiscale dans un communiqué.
Le conteneur, qui transportait un chargement d’épices, a été inspecté avec d’autres unités de pays d’Amérique du Sud arrivées à Valence quelques jours plus tôt.
El Servicio Nacional Aeronaval (Senan) decomisó 3.267 paquetes de droga ocultos en dos contenedores en un puerto de la provincia de Colón, en el litoral Caribe panameño y una de las entradas del Canal de Panamá.
« Se allanan dos contenedores con 3.267 paquetes que iban con destino a Bélgica y África », dijo a Efe el fiscal de drogas de Colón y Guna Yala, Eduardo Rodríguez.
L’homme circulait sur l’autoroute à bord d’un camion qui a attiré l’attention d’une patrouille de la route sud de Vérone, car il était cabossé et certaines lumières étaient grillées. Lors du contrôle, il est apparu que le véhicule contenait du matériel de plomberie (y compris des toilettes, des lavabos et d’autres articles de toilette), mais le conducteur n’a pu produire aucun document de transport.
La nervosité croissante de l’homme a conduit à une inspection plus minutieuse qui a permis de découvrir, cachés comme des carreaux parmi les articles de salle de bain, 300 blocs d’un poids total de plus de 355 kg. contenant de la cocaïne pure.
Dans le détail, Laftit a précisé que les efforts des différents services de la DGSN ont abouti à la saisie de plus de 375 tonnes de cannabis, plus de 119 tonnes de chanvre indien, plus de 69 kilogrammes de cocaïne, plus de 2 kilogrammes d’héroïne et 1 282 261 de comprimés hallucinogènes.
Les garde-côtes d’Urabáont saisi dans la municipalité caribéenne de Turbo, dans le département d’Antioquia (nord-ouest), un conteneur qui était contaminé par 3,891 tonnes de cocaïne qui allaient être envoyées en Allemagne.
La cargaison de cocaïne appartenait à un groupe associé au « Clan del Golfo« , le principal gang criminel du pays et dont le plus haut dirigeant, Dairo Antonio Usuga, alias « Otoniel », a été arrêté le mois dernier.
Adani Ports veut refuser les cargaisons d’Afghanistan, du Pakistan et d’Iran
Le port de Mundra, une des passerelles économiques et logistiques en Inde, a traité 130 millions de tonnes de marchandises l’année dernière et possède également le plus grand terminal d’importation de charbon du pays.
La majeure partie de l’opium et de l’héroïne dans le monde provient d’Afghanistan, malgré les efforts importants déployés par les États-Unis pour lutter contre le trafic de drogue.
Pour Rue89, Jean Henri Hoguet ancien patron de la DNRED (1987-1991) a accepté de répondre, par mail, à quelques questions.
Jean Henri Hoguet ancien patron de la DNRED (1987-1991)
Sans fioritures:
Comment expliquez-vous l’absence de soutien des responsables politiques vis-à-vis de Fiévet ?
Les dits « responsables » se sentent éventuellement concernés par les actions qu’ils ont conduites ou autorisées ou qui sont intervenues durant leur mandat, mais rarement pour celles qui sont intervenues des années auparavant. A fortiori lorsque la majorité politique a changé.
Pensez-vous que cette affaire puisse remettre en cause le système des aviseurs ?
Plus qu’un aviseur, Fiévet était un infiltré. Il est clair que ne pas soutenir un infiltré ne peut que tarir le recrutement.
L’aviseur normal ne doit pas s’attendre à une protection particulière. Il donne une information, on l’exploite et si il y a un résultat il sera rémunéré en fonction de celui-ci. Tout ce qu’on lui garantit, c’est de conserver son anonymat.
Marc Fiévet estime que certains de ses signalements n’ont pas débouché sur une intervention des douanes…
C’est vraisemblable et c’est normal. Toutes ces affaires sont internationales, elles mettent en jeu de nombreux services et les informations doivent transiter par des chaines hiérarchiques relevant de plusieurs pays.Vous pouvez ajouter le facteur temps, souvent essentiel, le facteur météo, la chance ou la malchance, pour comprendre que donner une info et réaliser une affaire sont deux choses différentes.
Comment se situe la France, en matière de lutte contre le trafic international ?
En Europe , je crois que nous sommes parmi les gens qui comptent, comme les Britanniques. Il faut tout de même savoir que l’on estime que l’on n’arrête que 5 à 10% de la drogue et qu’il a été jusqu’ici impossible de faire mieux. Beaucoup de pays font plus mal ! C’est le problème de la demande qu’il faudrait traiter, car il est illusoire de croire que l’on règlera la question en jugulant l’offre, ce qui est impossible dans un monde de plus en plus ouvert, avec des États aux motivations souvent antagonistes. Croit-on résoudre l’alcoolisme en supprimant l’alcool ?
Que faudrait-il changer pour accroître l’action des douanes en la matière ?
Le problème ne concerne pas que la douane, mais aussi la police et la gendarmerie. Il faut développer le renseignement aux plans national et international. L’échange de renseignements se heurte à de nombreuses difficultés : égoïsme des services qui travaillent d’abord pour eux mêmes, rivalités entre services, confidentialité des sources, rémunération des indics,etc.
Après le triste exemple Fiévet, il faudrait se donner les moyens d’avoir des infiltrés, de s’en occuper, de leur fournir protection. Ce qui implique des moyens considérables, notamment juridiques. Je doute qu’on en prenne le chemin, car les efforts à consentir ne peuvent être garantis au niveau des résultats à en escompter.
Publié le 09 décembre 2007, par David Servenay
Dans la peau d’un narco infiltré au coeur de la mafiade Marc Fiévet et Oliver-Jourdan Roulot, éditions Hugodoc
Au service de l’État à travers la douane, 1954-1996de Jean-Henri Hoguet, éditions l’Harmattan
Rattaché(e) au directeur de la DRD (administrateur supérieur des douanes), son chef, il ou elle : – pilote et anime le service et en évalue la performance ; – coordonne son action avec celle des autres services de la DNRED ; – participe au suivi de certains dossiers transversaux nécessitant l’expertise de la division ; – propose des mesures visant à adapter les productions de la division en matière d’orientation des contrôles : – représente la DNRED auprès de différentes instances (publiques ou privées) y compris à l’étranger et en anglais pour les questions relevant de la compétence de la division.
Les agents du SVA (Service de surveillance douanière) de Murcia ont saisi 4 360 kilos de haschich dans le port de la municipalité de San Pedro del Pinatar.
Les suspects, deux espagnols et un marocain, sous surveillance des hommes du SVA, ont été arrêtés au moment où ils transféraient la cargaison de haschich d’un bateau de pêche dans un camion frigorifique.
La DEA est omniprésente en Afrique et en Europe, comme partout ailleurs dans le monde pour « aider » les services des différentes douanes, de la police et des gendarmes.
Pourquoi, alors qu’elle est dans l’incapacité de ralentir le narcotrafic vers le territoire des États-Unis et de faire diminuer la consommation de drogue sur son propre territoire ?
Certainement le partage d’informations récoltées par les innombrables agences dédiées à la lutte contre le narcotrafic.
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Du grand classique dans le détroit de Gibraltar
L’organisation démantelée utilisait un camion qui prenait un ferry entre Tanger et Algésiras.
La « Policia Nacional » espagnole, dans le cadre d’une opération conjointe menée avec la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) du Maroc et la DEA (Drug Enforcement Administration) des États-Unis, a démantelé un réseau de trafic de drogues à Algésiras.
Plus de huit tonnes de haschich marocain ont été saisies et cinq personnes dont un Marocain arrêtées lors de l’opération.
Les agents, après avoir identifié le camion, ont mis en place un dispositif au port d’Algésiras afin de connaître la destination de la drogue importée et d’identifier et appréhender les acteurs de ce trafic mené depuis la localité Pontevedra de Cambados (Galice).
Así, y merced a la citada cooperación internacional, la Brigada Central (en concreto, la unidad Greco Galicia con base en Pontevedra) coordinó el operativo de vigilancia que le sirvió para detectar la llegada de un camión cargado de droga por el puerto de Algeciras . Mediante un sigiloso seguimiento, los agentes comprobaron que el vehículo se dirigía a una finca en una zona apartada, donde también se ocultaba una narcolancha. Dos vehículos salieron a su encuentro, uno de los cuales ya había sido detectado horas antes en el puerto controlando la salida de la droga.
La Belgique et les Pays-Bas sont devenus les principaux centres de transit de la cocaïne en Europe, dépassant l’Espagne comme principale route d’approvisionnement, a révélé ce mardi 7 septembre 2021 Europol, l’agence de police de l’Union européenne.
Profitant de l’augmentation de l’offre de cocaïne, principalement en provenance de Colombie, des bandes criminelles utilisent les villes portuaires de Rotterdam, Hambourg et surtout Anvers pour expédier la drogue aux Pays-Bas, d’où elle est distribuée dans toute l’Europe.
« L’épicentre du marché de la cocaïne en Europe s’est déplacé vers le nord », a déclaré Europol, qui a produit un rapport de 27 pages avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) basé à Vienne.
« L’augmentation des expéditions de conteneurs dans les ports à haut volume d’Anvers, Rotterdam et Hambourg a consolidé le rôle des Pays-Bas en tant que point d’étape. »
Pour Marc Fievet , c’est de Dunkerque à Bordeaux, d’Algeciras à Rotterdam, d’Anvers au Pirée, d’Hambourg à Lisbonne, du Havre à Naples et Gioia Tauro, de Saint Nazaire à Marseille et de Gdansk à Cagliari par le seul fait que nos frontières européennes sont, comme les frontières françaises des passoires et que nos élites dirigeantes n’ont pas encore réalisé ce fait.
Mais le souhaitent-elles ?
Mais OUI, on a FRONTEX savent-elles s’exclamer… et pourtant !
FRONTEX est sur le point de devenir la plus grosse agence de l’Union européenne dotée du budget le plus important.
Frontex est, depuis sa création en 2004, chargée de veiller sur les frontières extérieures de l’Union. En quelques années elle n’a cessé de prendre de l’ampleur, pour atteindre quelque 10 000 hommes en 2027 (contre à peine 750 il y a deux ans) tandis que son budget s’envole : de 19 millions d’euros en 2006, il devrait atteindre quelque 900 millions d’euros par an sur la période 2021- 2027. L’argent du contribuable européen est-il utilisé à bon escient ? La Cour des comptes de l’Union européenne vient de remettre son audit. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est guère tendre envers l’agence.
Inefficace, tel est le terme le plus diplomatique pour qualifier la gardienne des frontières de l’Union.
Inefficace dans ses missions actuelles et sans doute incompétente, tacle le rapport, pour assumer efficacement son nouveau mandat. Car outre la surveillance et la sécurisation des frontières, Frontex doit aussi venir en appui des États pour contrer le trafic de migrants, la traite des êtres humains, traquer le crime transfrontalier et passer d’un rôle de coordination à un rôle opérationnel, en première ligne sur le terrain. Mais c’est sans doute un trop gros morceau, estime le rapporteur Léo Brincat. L’agence a en fait grandi trop vite, sous la pression politique en 2015 face au défi migratoire, et n’a cessé depuis lors de se voir confier de plus en plus de missions. Des missions fustige le rapport qui n’ont jamais fait l’objet d’étude d’impact ou de réel contrôle. Frontex s’est montrée plus habile pour décrire son travail que pour l’évaluer, ironise le rapporteur. Difficile même, expliquent les auteurs du rapport de connaître le coût réel des opérations conjointes que ne fournit pas Frontex. Une agence de garde-frontières incapable même de répertorier et d’analyser les franchissements illégaux.
Un véritable réquisitoire
Frontex n’est pas seule responsable de ces lacunes. Le Conseil européen et la Commission ne sont pas exempts de reproches, eux qui ont alourdi sa tâche sans même évaluer ses capacités. Les États membres sont également dans le viseur pour leur manque de coopération. Ainsi, pour analyser la vulnérabilité des frontières ou l’immigration illégale et faire ses recommandations, l’agence manque de données tout simplement parce que nombre de pays les gardent jalousement pour eux pour des raisons de sécurité nationale ou ne donnent que des bribes d’informations. Résultat Frontex a en sa possession des données qui ne sont ni exhaustives, ni harmonisées d’un État à l’autre, ni actualisées. On pourrait rêver mieux pour gérer les frontières. Quant à sa mission de lutte contre les crimes transfrontaliers, aucun cadre d’action n’a même été défini. L’agence manque aussi de ressources humaines pour remplir son mandat : elle devrait recruter des profils de criminologues par exemple. Frontex prend acte et se dit consciente que des améliorations sont nécessaires, mais la tempête risque de continuer à souffler. L’Office européen de lutte anti-fraude travaille en effet de son côté sur des soupçons de mauvaise gestion. Et la Cour prépare un nouveau rapport pour la rentrée, sur un sujet encore plus sensible : les refoulements illégaux. Frontex est accusée d’avoir renvoyé des migrants en mer et fait d’ailleurs l’objet de plusieurs enquêtes à ce sujet. On ne parlera plus alors d’incompétence mais d’actions potentiellement criminelles.
sourceFrédéric Ploquin, journaliste et auteur de documentaires, est un spécialiste reconnu de l’histoire et des enjeux du trafic de stupéfiants en France. Fort de trente ans d’exploration des milieux policier et criminel, il nous raconte comment et pourquoi, de Marseille à Lille, certains quartiers semblent aujourd’hui hors de contrôle.