AVISEUR INTERNATIONAL

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DOUANE FRANÇAISE: le SMS en action en Savoie

SMS

Un SMS de la Douane française

Une question, un scan et, au besoin, une fouille approfondie. Le processus était le même pour tous les camions qui croisaient la route des douanes savoyardes, ces derniers jours. Les agents étaient postés sur un péage d’autoroute, près de la frontière italienne.

Pendant que les douaniers demandent aux chauffeurs s’ils sont seuls à bord, le SMS, ou scanner mobile spécial, analyse en cinq minutes le camion et, pouvant percer jusqu’à 25 cm d’acier, détecte tout ce qui s’y trouve. L’image, confidentielle est étudiée à l’intérieur du camion de la douane, et si le moindre doute persiste, le chargement est fouillé de fond en comble.

douane savoie« Ce type de dispositif nous permet d’avoir une visibilité complète d’un chargement et également de la structure d’un poids lourd, explique le directeur régional adjoint des douanes de Chambéry, Jean-Philippe Labattut (A gauche sur la photo). Nous avons une image, une radiographie d’un poids lourd qui nous permet après d’étudier cette image acquise en vue de détecter des anomalies dans le chargement ou des marchandises de contrebande. »

Contrôles des poids lourds aux douanes de Savoie

Reportage de Claudine Longhi, Frédéric Pasquette et Lisa Bouchaud.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/alpes/savoie/en-savoie-de-nombreux-poids-lourds-controles-et-scannes-par-la-douane-1072149.html
Le détecteur aux rayons X n’équipe que quatre camions en France, mais ces derniers parcourent le territoire, d’une frontière à l’autre. En début d’année, ce sont 626 kg de résine de cannabis qui ont été saisis dans les Pyrénées. En Savoie, les autorités veulent lutter contre le trafic d’armes, de drogues et de contrefaçons qui circulent dans les Alpes. « C’est vrai qu’il y en a toujours qui transportent de la drogue, des armes, constate un routier italien. Il y en a des trafics, ça je vous le dis! C’est bien qu’ils les fassent, ces contrôles, mais pas seulement de temps en temps« .

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BLANCHIMENT (HSBC): l’argent de la drogue et 670 milliards de dollars blanchis 

Et bien sûr,  notre TRACFIN ne savait rien , ni l’ex DG de la Douane française  Francois Mongin, aujourd’hui  « Internal audit » chez HSBC!



Lire aussi:

https://internationalinformant.wordpress.com/2015/04/08/france-quand-un-ancien-dg-de-la-douane-francaise-entrait-chez-hsbc-et-devenait-inspecteur-general-chef-du-groupe-audit-france-et-membre-du-comite-executif/

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Tandis que les autorités prétendent supprimer le cash pour lutter contre la fraude, le blanchiment ou le terrorisme et que Tracfin vous espionne, les grandes banques blanchissent des milliards par simples virements bancaires.

Les liens entre HSBC et l’argent de la drogue sont récemment revenus sur le devant de la scène. Un nouveau procès allègue que certaines victimes auraient payé de leur vie la complicité d’HSBC avec les cartels mexicains.

L’homme qui accuse HSBC est Richard Elias. Après plus d’une décennie passée à travailler comme assistant du Procureur des Etats-Unis au Département de la Justice, Richard a fondé son propre petit cabinet à St Louis. En tant que Procureur fédéral, il a dirigé les enquêtes visant les pratiques de JP Morgan Chase & Co., avant la crise, en matière de prêts hypothécaires. Ces enquêtes ont abouti à un accord amiable sans précédent s’élevant à 13 milliards de dollars. Il est vraiment très bon…..


Lire:

http://la-chronique-agora.com/hsbc-argent-drogue-670-milliards-dollars-blanchis/

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COLOMBIE: dans les années 1980, Robert Mazur a infiltré le cartel de Medellín. À Paris, il a tendu un piège spectaculaire aux hommes de Pablo Escobar.

mazurDans les années 1980, Robert Mazur a infiltré le cartel de Medellín. À Paris, il a tendu un piège spectaculaire aux hommes de Pablo Escobar.

En décembre 1986, pour le compte de l’US Customs (un service fédéral américain dépendant du département du Trésor), Robert Mazur s’est glissé dans la peau de Bob Musella pour infiltrer le cartel de Medellín, dirigé par Pablo Escobar.

« J’étais autorisé par le gouvernement à blanchir de l’argent », raconte-t-il. Sa couverture allait durer 18 mois et conduirait au coup de filet le plus spectaculaire de la guerre contre les drogues. Pour incarner à la perfection le rôle de Bob Musella, Robert Mazur avait « tout inventé, jusqu’à son CV ».

« Je savais bien qu’arriverait un moment où il me faudrait donner des détails sur son passé bancaire, professionnel et personnel. J’avais donc construit tout cela méticuleusement avec l’aide de banquiers. »

Ayant débuté à l’IRS, l’agence américaine chargée de la collecte des impôts et des taxes, et poursuivi sa carrière dans une unité spéciale du département du Trésor, Robert Mazur connaissait tous les rouages du système financier international – même les plus obscurs.

Pour les membres du cartel, il était à la tête d’une société de conseil en investissements financiers capable de blanchir leur argent et de le réinvestir à travers des sociétés écrans à l’étranger. Il avait élaboré un système d’une rare ingéniosité qui leur permettrait théoriquement d’être à l’abri des autorités.

Au mois de mai 1988, Mazur et trois autres agents sous couverture se sont rendus à Paris pour rencontrer des membres éminents du cartel de Medellín, ainsi que les responsables de la succursale parisienne de la BCCI, une banque pakistanaise aux activités douteuses. Sa mission ? Convaincre les hommes du cartel de faire appel à ses services pour blanchir l’argent de la drogue, faire avouer aux banquiers qu’ils étaient bien conscients des activités de leurs clients et enregistrer le tout sur bande pour préparer leur arrestation massive lors d’une fausse cérémonie de mariage, cinq mois plus tard.

Une tâche extrêmement délicate qui le conduirait des plus grands hôtels de la capitale au bois de Boulogne, en passant par les dancefloors hallucinés du Paris de la fin des années 1980.

Tous les dialogues qui suivent restituent les paroles exactes des protagonistes, retranscrites à partir des bandes qui ont servi à inculper les membres du cartel.

LIRE sur: http://www.ulyces.co/robert-mazur/quand-le-cartel-de-medellin-blanchissait-son-argent-a-paris/

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DROGUES (Douane française et Direction du Budget): l’inaction des plus hautes autorités françaises est une réalité, sauf quand il s’agit d’aller se faire mousser devant 7 tonnes de cannabis

bercy2Le 15 mai 2016, j’écrivais une lettre ouverte

au Ministre du Budget, Monsieur Christian Eckert

Monsieur le ministre,

La dernière importante saisie d’héroïne, 260 kilos, seulement due au hasard,  par les forces régaliennes vient une fois encore de nous démontrer que nos frontières sont de véritables passoires. Qu’un camion, immatriculé en Iran, puisse se balader en Europe avec un tel chargement est inacceptable  sachant que nous disposons des moyens nécessaires capables de contrôler pour le moins la totalité de ces camions plaqués avec cette origine.

L’Iran est un des pays de transit de l’héroïne vers les Balkans et le reste de l’Europe. Vous le savez et pourtant rien n’est vraiment décidé pour bloquer ces entrées de marchandise particulièrement dangereuse pour nos populations addictes à ces produits.

Quand il s’est agi de lutter contre les produits de contrefaçons, Pierre Mathieu Duhamel, ex DG de la Douane française, revenant d’un « pantouflage » chez LVMH pour devenir directeur du Budget de la France avait su sortir une directive pour que les forces douanières réorientent leurs actions contre la contrefaçon et cela au détriment de la lutte contre le narco-trafique.

Je vous demande instamment de bien vouloir demander à Guillaume Robert, le directeur de votre cabinet, puisque c’est lui qui est à la manoeuvre, de sortir une directive pour réorienter l’action douanière avec mise en application immédiate.

La cellule d’études et de lutte contre les trafics illicites par conteneurs (CELTIC) pourrait prendre en charge ces contrôles sachant que nous disposons déjà de dispositifs de surveillance vidéo qui peuvent alerter de manière automatique.

Je suis certain que Madame Hélène Crocquevieille, la directrice générale de la douane française comme Monsieur Jean Paul Garcia de la DNRED ne feront aucune difficulté pour appliquer et motiver les agents des BSI et autres échelons DNRED.

Marc Fievet – NS 55 DNRED

« En ce 12 août 2016, après vérification auprès du terrain, il m’est pénible de constater qu’aucune directive n’a été émise par la direction du budget ou par la Direction générale de la Douane française. »

Que se passe-t-il Monsieur Guillaume Robert?

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Le 21 juin 2016, je confirmai mon courrier au ministre en adressant une lettre à Hélène Crocquevieille, la Directrice générale de la Douane française

Madame,

Il y a déjà quelques semaines j’écrivais à votre ministre de tutelle, Monsieur Christian Eckert, pour lui demander une directive rendant obligatoire le contrôle par vos services des véhicules poids lourds, avec plaques iraniennes d’immatriculation.  Cette demande n’était que la réponse que je pensais utile pour éviter que dans le futur des saisies importantes d’héroïne ne soient dues qu’au hasard, comme ce fut le cas à Flixecourt dans la Somme.

A ce jour, sans réponse du ministère, et de passage en Italie, en zone Schengen, j’ai pu discuter avec quelques chauffeurs iraniens en attente de dédouanement ou de rechargement qui étaient extrêmement rieurs lorsque j’ai abordé le sérieux des contrôles qu’ils subissaient.

Je réitère ma demande, cette fois ci à la directrice générale de la douane, pour que, sans attendre une directive, vous incitiez vos DI, afin que nos motards, BSI et autres échelons DNRED soient d’une vigilance totale et déclenchent pour le moins un contrôle avec passage de l’équipe cynophile.

Je vous prie Madame la directrice générale de bien vouloir accepter mes meilleures salutations.

Marc Fievet
NS 55 DNRED

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« En ce 12 août 2016, après vérification auprès du terrain, il m’est pénible de constater qu’aucune directive n’a été émise par la Direction générale de la Douane française. »

Qu’attendez-vous Madame Hélène Crocquevieille?

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La soirée des « Dupes » à la DNRED

Saviez-vous Madame la Directrice Générale de la Douane (sur la photo)  la réalité de la farce à laquelle vous participiez?

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DNRED: lorsque la Douane française faisait le ‘sale boulot’ du »HM Customs and Excise »anglais

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Par Marc Fievet – NS 55 DNRED

ANNÉE 1992 –  Andalousie – Marbella -Espagne

Lorsque j’arrive chez Heidi Hoffman, John Short est déjà installé sur un canapé. C’est un homme  grand et massif au regard acéré. Il parle à une vitesse vertigineuse avec un horrible accent cockney  londonien. J’ai un mal fou à suivre ses paroles. Plusieurs fois je suis obligé de le faire répéter, ce qui semble l’agacer. J’apprends d’emblée que Bobby Mills travaille également pour lui et qu’il connaît donc parfaitement mes activités, ce qui nous permet d’aller droit au but.

TANCREDE

MY Windarra

Je comprends vite que Short brasse de grosses affaires. Dans l’immédiat, il a un besoin urgent d’un bateau et d’un skipper pour enlever de grosses quantités de cannabis en Afghanistan et de cocaïne en Amérique du Sud. Ces substances sont attendues en Ecosse, et c’est pourquoi il fait appel à moi: avec mon Windarra je suis l’homme providentiel.

Malheureusement, je suis obligé de le décevoir:

-Désolé John, mais je viens de vendre le « Windarra », il me coûtait trop cher. Je n’ai plus de bateau. (Mais impossible de lui dire que c’est le ministre du Budget Michel Charasse qui m’a donné l’ordre de me séparer de ce navire en chargeant Jean Dominique Comolli, le DG de la Douane française, de me dédommager…Nous sommes en 2016 et j’attends encore!).

Le ministre du Budget Michel Charasse

John Short en paraît contrarié un court instant. Il me fixe en croisant et décroisant nerveusement ses longues jambes puis lâche une rafale de mots que je saisis au vol :

-Il faut absolument que je charge cette marchandise, trouvez un bateau et achetez-le, je vous finance.

Je pense avoir mal compris et je demande à Short de répéter. Il confirme: il veut que j’achète un bateau, et pas une barque, un cargo. Il  est prêt à investir, et il paye cash. A moi de me débrouiller.

J’accepte ce marché que nous concluons par une brève poignée de main et je rentre à Estepona pour informer Gatard.  Lui aussi se montre très intéressé et, fait exceptionnel, il m’assure qu’éventuellement la DNRED m’aidera financièrement si je ne peux boucler mon budget.

Trois jours plus tard je retourne en Hollande, à Rotterdam, où j’épluche les petites annonces des journaux spécialisés. J’ai déjà visité plusieurs navires mais aucun ne correspond vraiment à ce que je cherche, la plupart sont trop sophistiqués et trop chers pour l’usage que je vais en faire.

map_of_moerdijkFinalement j’ai rendez-vous dans un petit port au sud de Rotterdam,  Moerdijk,  pour visiter un petit cargo, le « Larissa ». Ce nom  ne m’est pas inconnu  et  en arrivant sur le quai, j’ai la certitude d’avoir déjà vu ce navire dans le port de Gibraltar. Il y a donc de fortes chances qu’il est déjà fait de la contrebande.

Le propriétaire est représenté par Ralf De Groot qui m’attend à bord et nous nous gardons bien d’échanger nos confidences. La visite est strictement technique. Le Larissa n’est pas tout jeune mais ses structures sont encore saines. Après une remise en état sommaire et un bon coup de peinture il pourra parfaitement faire l’affaire. En plus, ce qui pourrait être considéré comme un inconvénient m’apparaît comme un avantage : sa mécanique est vieillotte et rudimentaire. Une aubaine pour moi.

Lorsque je pénètre dans la salle des machines une puissante odeur d’huile me prend à la gorge. Je me penche sur les bielles visibles par les trappes de visite que le vendeur a ouvertes et j’ai l’impression de retrouver mes moteurs de camions que j’ai si souvent bricolés sur les pistes de l’Irak ou de l’Arabie. Je me garde bien de dire au propriétaire que cette mécanique d’un autre âge me convient à merveille, j’en profite au contraire pour revoir le prix à la baisse et nous remontons dans la cabine pour discuter. Après une heure et demie de négociations pointilleuses, nous parvenons à un accord de principe : Cent dix mille dollars. John Short m’ayant promis la moitié de cette somme, il me manque trois cent mille francs et je demande un délai de réflexion au propriétaire.

De retour à mon hôtel j’appelle Christian Gatard pour lui exposer la situation. A ma grande surprise, il me rappelle quelques minutes plus tard pour me signifier que l’administration des douanes françaises accepte de payer.

Deux jours plus tard, un émissaire de John Short débarque à Rotterdam. C’est un Anglais roux comme une Guinness que je repère sans mal dans le bistrot enfumé du port où il m’a donné rendez-vous. Nous échangeons quelques mots avant qu’une petite mallette noire ne change de main. Inutile de vérifier son contenu, je n’imagine pas mon coursier prendre le risque d’une entourloupe. L’attaché-case renferme bien ce qui est prévu. Je n’ai plus qu’à attendre le complément promis par les douanes.

anvers novotelGatard ne se défile pas et il me donne au contraire un rendez-vous précis. C’est Marc Romyn qui m’emmène au Novotel Sud, à Anvers. Jo Le Squere et un autre douanier que je ne connais pas, Philippe Capitaine, m’y rejoignent.

Jo Le Squere se dit content de me revoir, mes aventures l’amusent. En revanche, son compagnon de voyage est parfaitement glacial. A peine entré dans ma chambre il me tend une grande enveloppe bourrée de billets de banque et me prie de les compter avant de lui signer un reçu. J’ai vraiment l’impression de lui arracher un héritage, il ne quitte pas les billets des yeux pendant que je les fais glisser entre mes doigts. Tout est en règle, je range soigneusement l’enveloppe dans ma sacoche que je boucle à double tour et nous descendons prendre un verre. Jo me raconte les derniers potins de la DNRED.

Le propriétaire du Larissa ne s’étonne absolument pas que je lui paye son bateau en argent liquide, et le banquier devant lequel nous effectuons la transaction non plus. Il ne pose pas la moindre question. Je reçois tous les certificats de validité attestant que le navire est bien « en classe », c’est-à-dire  qu’il a subi tous les contrôles techniques, et qu’il peut naviguer.

Ralf  De Groot, capitaine de la Marchande, ancien armateur, va m’aider à diriger les travaux de réfection que je vais effectuer sur le cargo maintenant enregistré à Saint-Vincent sous le nom de Melor. Le Larissa avait trop mauvaise réputation.

Gros homme à lunettes rondes débonnaire et jovial, Ralf De Groot a des allures de parfait père de famille. Je découvre très vite ses compétences. Il est redoutablement efficace, ingénieux, professionnel en diable.

ParkhavenParkhaven

Contre un salaire de deux cent florins par jour plus frais, Rolf accepte de superviser les travaux  du Melor que je confie à un chantier non loin de Parkhaven, sur le Rhin.

Une remise à niveau du bateau s’impose, j’en avertis John Short qui accepte de prendre les frais supplémentaires à sa charge.

De Groot commande aussitôt tout un matériel radio sophistiqué à la société Radio-Holland qui envoie ses propres techniciens pour la mise en place. Puis nous commandons un radar, un GPS, un radio-compas  et un  telex-Inmarsat.

En effectuant quelques tests, Ralf constate que le pilote automatique est défaillant et il me conseille vivement de le changer. Je fais également installer sur le pont une grue télescopique absolument indispensable pour charger et décharger rapidement la marchandise en mer ou dans les ports.

La solide stature de Ralf s’encadre dans l’ouverture de ma cabine :

-Marc, nous avons de la visite.

logo_douaneCinq douaniers hollandais m’attendent sur le pont. Ils demandent à visiter le bateau et vérifient tous les documents administratifs. Me sachant totalement en règle, je m’exécute de bonne grâce et observe, amusé, leur manège. Ils savaient bien sûr avant de monter à bord que sous le Melor se cache le Larissa et ils tiennent  à noter toutes les transformations apportées. La fouille méthodique du navire va durer deux bonnes heures. Des panneaux sont démontés, des réservoirs jaugés, puis le chef de l’équipe vient me saluer. En me remerciant pour ma coopération. Je meurs d’envie de lui révéler que les Douanes françaises sont propriétaires à 50% du bateau qu’il vient d’inspecter avec tant d’attention, l’autre actionnaire étant un trafiquant notoire…

Les douaniers disparus je verrouille le Melor et m’en retourne avec Ralf vers Rotterdam.

Un message m’attend à mon hôtel, je dois appeler Gatard d’urgence.

Mon agent traitant paraît bien excité et, avant même que j’aie eu le temps de lui parler de la visite des douanes sur ce qui est un peu son bateau, malgré tout, il s’exclame :

-Marc, l’Anglais que tu as levé, John Short, c’est celui que les « perfides » espéraient, le gros poisson dont ils nous parlent depuis si longtemps. Ils nous l’ont dit, en oubliant, bien sûr, de nous remercier. Mais j’ai l’impression que ce type ne les intéresse pas seulement pour la drogue. Il doit y avoir autre chose. Je ne sais pas quoi. Nous verrons bien.

Nous verrons bien… J’adore Gatard.  Il m’informe que je suis assis sur une bombe, j’ignore où est la mèche, qui peut l’allumer, et quand, et tout ce qu’il trouve à dire c’est : « Nous verrons bien… »

Après la politique, le terrorisme.

John Short me l’a clairement indiqué: le Melor ne va pas faire du cabotage. Mon gentil trafic entre le Maroc et l’Espagne, voire l’Italie, n’était que de l’artisanat à côté de ce que Short me laisse entrevoir. On ne parle plus de cannabis, ni de Tanger, mais de cocaïne et des Caraïbes, et je dois impérativement en tenir compte pour les travaux de mise à niveau de mon cargo. Celui-ci doit être absolument fiable, je ne peux m’aventurer en haute mer, pour de longues traversées, sans un maximum de sécurité. J’en parle longuement avec Ralf De Groot qui m’avertit que la sécurité et la belle mécanique ont un coût. Lorsqu’il me montre le calcul, le total me donne le vertige. J’en avise mon commanditaire anglais qui tousse un peu mais finit par se ranger à mes arguments et accepte de régler les factures. En bon commerçant, il comprend que la fiabilité du bateau rassure le client, convaincu que ses commandes arriveront à bon port.

Le principe de réparations et d’aménagements lourds est donc acquis, ce qui va m’obliger à rester à Rotterdam pendant deux mois et demi. Le Melor disposera d’une autonomie de soixante-dix jours de mer. Mais pour cela il faut installer de nouveaux réservoirs de fuel et donc, également, de nouvelles canalisations. Nous sommes loin du bricolage prévu au départ et cette nouvelle orientation n’échappe pas aux douaniers hollandais. Mon équipement de bord les avait déjà intrigués, voilà qu’ils s’interrogent maintenant sur mes aménagements et me demandent des comptes sur mes projets. Cette fois l’heure n’est plus aux civilités et je me fâche lorsqu’un officier vient à nouveau me poser des questions :

-Ceci est mon bateau,  j’en fais ce que je veux. Pour votre information, j’ai l’intention de commercer et de monter une affaire avec un pays d’Amérique centrale. J’aurai besoin de mon cargo pour transporter du matériel et des marchandises. Jusqu’à preuve du contraire ce n’est pas interdit et je suis bien aimable de vous en aviser.

Le douanier grommelle quelques remarques que je n’écoute pas, puis  rejoint le quai. Je sais fort bien qu’il ne va pas se contenter de ces explications et qu’il me demandera d’autres précisions. Je devrai les lui fournir et pour cela une évidence apparaît : je dois effectivement lancer un projet avec un pays d’Amérique centrale, ou, en tout cas, en donner l’impression.

Je ne manque pas d’imagination et la démesure ne m’effraie pas. Je consulte un atlas et je décide tout à fait arbitrairement d’implanter une affaire sur la côte Atlantique du Guatemala. La base étant définie, j’opte pour la création d’un complexe hôtelier autour d’une marina. C’est ambitieux, mais seul un projet ambitieux peut  motiver les autorités locales et les pousser à me fournir les cautions et les justifications que les douaniers vont me demander à coup sûr.

Aidé par un juriste, j’échafaude mon projet avec le plus grand sérieux pour le rendre crédible, puis je prends contact avec l’attaché commercial de l’ambassade du Guatemala à Madrid. Un rendez-vous est fixé et je fais un aller-retour en Espagne pour peaufiner le projet et lui donner corps. Un lieu précis est déterminé : Puerto Barrios, qu’il faut aller  reconnaître. Pour me justifier aux yeux d’autorités curieuses, je dois aller jusqu’au bout de l’illusion et j’envoie à Guatemala City  mon fils Laurent  et un ami, cadre commercial, totalement étranger à tous trafics qui parle parfaitement espagnol. Avant leur départ je les invite, bien sûr, à susciter et multiplier les actes écrits avec les autorités et les entreprises.

Paré de ce côté, je dois maintenant m’occuper de l’autre volet de mes travaux sur le Melor : leur financement. Le chantier de Parkhaven m’a présenté une première facture que je dois régler et j’appelle mon caissier à Londres. John Short tient parole et  m’invite aussitôt à le rejoindre au Croydon Palace Hôtel, juste en face de la Cour de Justice, dans la banlieue de Londres où il me remettra l’argent. Mais il s’inquiète :

-Comment comptes-tu sortir une telle somme en argent liquide d’Angleterre ?

-Je me débrouillerai, j’ai l’habitude.

En fait d’habitude j’appelle aussitôt Gatard pour qu’il demande de l’aide à son homologue anglais. Il ne peut tout de même pas refuser.

Quelques jours plus tard, je suis assez satisfait de passer devant les douaniers de l’aéroport d’Heathrow sous la discrète protection de John Hector, l’un des leurs, sans même leur montrer la moindre pièce d’identité. Je n’ai même pas cherché à dissimuler les liasses de livres sterling serrées dans une pochette en plastique au fond de mon sac de voyage, puisque pour plus de sûreté, c’est John Hector lui-même qui portait mon sac.

hmSous l’impulsion de Ralf, les travaux ne prennent pas de retard et je peux bientôt communiquer avec exactitude  à John Short la date où le Melor sera prêt à appareiller. Il me donne alors plus de détails sur l’opération que je vais mener et, brusquement, je comprends pourquoi les Anglais s’intéressent tant à lui :

-Marc, tu pars dès que le bateau est paré. Tu vas charger une tonne de cocaïne aux Caraïbes  que tu livreras à des gens de l’IRA. C’est urgent, ils ont besoin d’argent, et moi aussi. Nous avons déjà perdu trop de temps. Je te préciserai le programme plus tard. Pour l’instant je peux juste te dire que tu déchargeras près d’Oban, en Ecosse. Tu peux aller repérer les lieux et chercher le site qui te convient. Tiens-moi au courant.

Je sens que Short ne tient pas à en dire plus pour le moment mais je l’interroge tout de même car l’information qu’il vient de me donner  sans la moindre précaution me paraît énorme :

-John, l’IRA donne dans le trafic de drogue ?

-Allons Marc, tu  n’es pas naïf, ça coûte cher la clandestinité. A ton avis, ils vivent de quoi ? Des dons des militants ?  Et les armes, les bombes, ça pousse dans les champs comme les salades ? Au revoir Marc, je te rappelle.

Après le GAL en Espagne, l’IRA en Irlande… Décidément les trafics de drogue ne profitent pas qu’aux dealers des banlieues et je me pose des questions sur la volonté de certains États d’y mettre un terme. Pour alimenter certaines caisses noires quoi de plus anonyme et discret qu’une livraison dans un charmant  petit port ? Pas de paperasse, pas de trace, pas de TVA et le contribuable n’est même pas floué…

En tout cas j’ai la certitude que je viens de franchir un palier. Je naviguais en eaux troubles, je plonge en eaux profondes.

gatardChristian Gatard, le patron de la DNRED de Nantes émet un long sifflement lorsque je lui révèle mon information:

-C’était donc ça, les British se doutaient que par Bob Mills, puis John Short, ils allaient remonter jusqu’à l’IRA. Je comprends mieux, il ne s’agit plus seulement de saisir des stups mais surtout de coincer salement des indépendantistes irlandais. C’est une tout autre dimension.

Avec Christian je ne cherche pas à jouer l’oisillon tombé du nid :

-Depuis le temps, je suppose quand même que les flics anglais se doutent bien que l’IRA ne vit pas d’oboles ?

-C’est certain. Tu vois bien qu’ils ne pistaient pas Mills par hasard. Mais, entre savoir et prouver, il y a un grand vide juridique.

J’apprends ainsi que tous les mouvements clandestins du monde, qu’ils soient de droite ou de gauche, n’existent que par les trafics, mais que le lien entre la drogue et le financement du mouvement n’est jamais évident, sans compter que, bien souvent, la politique vient encore compliquer les choses. Même très riches, les États n’aiment pas mettre la main à la poche, alors, si leurs protégés peuvent subvenir à leurs besoins, ils ferment pudiquement les yeux sur les méthodes et, éventuellement, donnent même un petit coup de pouce. Ce qui ne les empêche pas, parallèlement, d’engloutir des sommes colossales dans la lutte contre les trafics à grand renfort de beaux discours et de bonnes intentions.

Tous les policiers, tous les douaniers du monde sont d’accord sur ce point, ce qui ne les empêche pas de traquer les trafiquants  pour la plupart d’entre eux avec pugnacité, conviction, voire avec courage, ce qui est d’autant plus admirable. Pour l’heure c’est ce que font les douaniers de Nantes et ceux de Londres.

En apprenant que je vais livrer pour l’IRA, le contrôleur Atkinson s’autorise une sorte de glapissement qui doit traduire chez lui une intense euphorie, et propose immédiatement de mettre l’un de ses hommes à ma disposition pour aller repérer les lieux de la livraison. Un rendez-vous est prévu à l’ambassade de France, dans le bureau de l’attaché des Douanes, Marc Lerestre, pour monter l’opération.  Nicole, la secrétaire de la DNRED de Nantes m’y accompagne pour représenter le service et ramener quelques documents confidentiels que Lerestre High_Holborndoit lui remettre.

King’s Gate House, 115 High Holborne

Il fait gris et il pleut lorsque nous arrivons devant le King’s Gate House, 115 High Holborne, annexe de l’ambassade de France. Dans le hall,  Marc Lerestre discute déjà avec deux officiers du HM Customs and Excise anglais, dont ce  »cher »John Hector. C’est lui qui va nous accompagner en Ecosse. Les présentations effectuées nous montons dans le bureau de l’attaché des Douanes qui a déjà étalé une carte des côtes écossaises sur une table ronde. John Hector pointe tout de suite son doigt sur le golfe de Murray, à l’ouest, et le canal Calédonien qui relie la côte ouest à la côte est de l’Écosse. C’est dans cette zone que l’on m’a demandé de livrer et c’est donc là où nous allons nous rendre demain.

Je loue une voiture à mon nom à l’aéroport de Glasgow et j’inscris John Hector comme conducteur parce que je n’aime pas la conduite à gauche. Un tout petit détail qui me lie par contrat aux douanes anglaises et scelle notre coopération.

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Virée en Ecosse

Pour mes trois compagnons de voyage, notre séjour écossais se transforme bien vite en circuit touristique. Ne connaissant rien aux manœuvres que je vais avoir à exécuter ils ne me sont d’aucune utilité. Aussi, la plupart du temps, je leur laisse la voiture, préférant prospecter les ports et longer les côtes seul et à pied. Nous restons trois jours sur le secteur et je fixe mon choix sur un tout petit port  assez isolé, près d’Oban, face auquel je pourrai mouiller sans trop attirer l’attention. Un Zodiac viendra prendre la marchandise et la mènera jusqu’à un camion garé le long du canal Calédonien. La suite ne me regarde plus, elle concerne John ObanHector qui m’assure que son service n’a encore rien prévu. Le repérage est terminé, je rentre à Rotterdam.

Oban

A peine revenu sur le Melor, John Short me dit lors d’un contact téléphonique (Chez sa sœur qui est fleuriste à Londres) que je dois partir à Dublin immédiatement et prendre une chambre dans un hôtel dont il me donne le nom. Il m’indique le jour, et l’heure exacte à laquelle je devrais me trouver au bar de cet hôtel. C’est concis.

dublin_2Dublin

Au jour dit, à l’heure dite, je suis à mon poste.  J’ai repéré le téléphone posé au bout d’un assez joli bar en bois et je me suis installé à la table la plus proche en commandant une « lager beer ».  Cet instant m’excite, mais en même temps je pense que tout cela n’est qu’un jeu.  Ce téléphone que je fixe intensément ne peut pas sonner, on ne voit cela que dans les films…

Et pourtant il sonne.

Incrédule, je refuse de regarder le barman, qui fait répéter un nom pour la troisième fois, et j’accroche mon regard sur le programme d’un singing-pub affiché en face de moi entre un jeu de fléchettes et une  vieille publicité pour la Pelforth.

-Mister Fiévet ?

Le barman m’interroge du regard. Oui je suis Monsieur Fiévet. Je prends le combiné. Mon interlocuteur ne me laisse pas le temps de parler :

-Je suis un ami de John. Vous aller sortir de votre hôtel et remonter la rue à contresens de la circulation. Marchez doucement!

J’obtempère. En débouchant dans la rue je ne peux m’empêcher de regarder à droite et à gauche. Je ne remarque rien d’anormal. Alors je marche, doucement, longtemps, scrutant furtivement les passants : celui-ci, celui-là ?

Derrière moi, un homme presse le pas. Arrivé à ma hauteur il me souffle brièvement de bifurquer vers la chaussée. Au bord du trottoir alors que  nous attendons pour traverser, il se tourne a demi vers moi :

-Je m’appelle Sean. Demain à 10 heures précises dans la première salle du musée national de Dublin.

Sean se projette dans la circulation et disparaît.

Le lendemain à dix heures, je suis plongé dans la profonde contemplation d’un tableau dont je ne connaîtrais jamais l’auteur lorsque Sean se glisse à mes côtés :

-Je sors le premier. Vous me suivez de loin. D’accord ?

Sean m’entraîne alors dans un véritable labyrinthe qui nous mène jusqu’à un parc après une bonne demi-heure de marche. Mon mystérieux guide s’assoit sur un banc, déplie un journal,  me fait signe de le rejoindre. Dissimulés derrière les pages politiques de l’Evening Standard nous commençons enfin à parler.

Sean me confirme qu’il opère bien pour le compte de l’IRA, et que son organisation a un besoin urgent d’argent. Les fonds avancés pour l’achat de la drogue permettront de renflouer les caisses grâce aux larges bénéfices réalisés lors de la revente. Sean souhaite donc que je parte le plus vite possible pour les Caraïbes. Je le rassure sur ce point :

-Mon bateau est prêt et je suis déjà allé repérer un site près d’Oban pour décharger la cargaison. J’ai trouvé un petit port…

L’irlandais m’interrompt:

-L’Écosse n’est plus d’actualité. Tous nos plans sont changés. Il faudra vous habituer et vous adapter à ces changements de programmes au dernier moment. C’est une mesure de sécurité.

-Ne perdez tout de même pas de vue que je ne peux pas improviser  des opérations aussi lourdes.

-Nous le savons et nous en tenons compte dans nos plans.

-Bien. Et quel est votre nouveau plan ?

awacsSean tourne une page de son journal puis détaille en détachant bien ses mots, comme un véritable chef de guerre.

-Vous allez vous diriger vers le Surinam, au dessus de la Guyane. Une fois arrivé dans ces parages, nous vous communiquerons un point géographique en haute mer où vous vous arrêterez. Cet arrêt sera impératif  et vous devrez être très précis car nous tenons compte de la portée des différents radars installés sur les côtes du Venezuela et du Guyana  par le DEA. Nous essayons de prévoir  ceux embarqués à bord des Awaks américains. Deux avions parachuteront autour de votre bateau, en deux passages, cinquante colis flottants et contenant chacun vingt kilos de cocaïne. Votre canot devra être à la mer lors du largage pour récupérer les paquets le plus vite possible  avant qu’ils ne dérivent. Un de nos plongeurs partira avec vous de Rotterdam, il se mettra à l’eau pendant les manœuvres  pour vous aider. Il a l’habitude. Une fois la drogue chargée vous mettrez le cap vers le sud de l’Irlande. Au retour, nous vous indiquerons également un point où larguer à nouveau les colis. Un autre bateau viendra les récupérer.

irlandebisJe suis abasourdi par l’ampleur de la logistique déployée et je demande à mon voisin pourquoi nous ne transférons pas directement la cocaïne de bateau à bateau. La réponse est immédiate et violente :

-Certainement pas. Malgré nos précautions, nous risquons toujours de tomber dans l’œil d’un radar et deux bateaux qui se rapprochent puis se mettent bord à bord en haute mer sont immédiatement suspects. Avez vous d’autres questions ? Nous ne devons pas rester trop longtemps ensemble.

-Non, tout est clair.

-Parfait. Dernier point. Deux de nos hommes vont venir vous voir à Rotterdam pour acheter le bateau qui nous servira à récupérer la drogue au large de l’Irlande. Pouvez-vous les aider ?

-Bien sûr.

-Alors Short vous contactera. C’est lui également qui vous fournira la radio de bord qui nous permettra de communiquer en haute mer lorsque vous arriverez au Surinam.

L’entretien est terminé. Sean replie son journal et disparaît après m’avoir prié d’attendre quelques minutes sur mon banc avant de me lever.

Sitôt rentré à l’hôtel j’informe Christian Gatard des évolutions de l’affaire puis je réserve le  premier avion pour Amsterdam.

Quelques jours plus tard, John Short m’informe que Sean viendra lui-même choisir le bateau avec un marin. Aussitôt prévenus, les douaniers anglais envoient un de leurs hommes pour faire des photos. Je le réceptionne peu de temps avant d’aller chercher mes Irlandais à l’aéroport. L’achat du bateau est réglé en trois jours et mes commanditaires repartent vers l’Irlande avec leur navire. Il est temps pour moi d’effectuer les derniers préparatifs sur le mien.

ssbShort m’apporte la radio promise, une énorme Kenwood que  nous installons et, à  peine a-t-il le dos tourné, que Gatard arrive à son tour avec une balise Argos. Je suis flatté : tout le monde veut absolument savoir en permanence où je suis. Je rappelle simplement à Christian que je vais avoir un ange gardien de l’IRA à mon bord et que je ne tiens pas du tout à ce qu’il découvre cette balise. Alors que son groupe révolutionnaire se dépense pour agir sans laisser de trace, il n’apprécierait certainement pas que je joue au Petit Poucet. Nous parvenons à dissimuler la balise dans ma cabine et Gatard  m’avoue alors qu’il envisageait même de faire poser une boule satellite sur le pont mais qu’il y a renoncé vu la taille. Un tel engin sur un cargo sans prétention, cela aurait à coup sûr attiré l’attention. En revanche j’installe un télex à bord qui me reliera directement au Saint-Georges à Estepona, et là, tout le monde y trouve son compte.

Les informations passées seront retransmises soit à la DNRED Nantes, soit à Heidi Hoffman qui assure le lien avec Short et l’Armée Révolutionnaire Irlandaise. Son rôle se limitera à cela.

Je crois avoir pensé à tout lorsque je reçois un appel de Hervé Maignier, le divisionnaire des Douanes de Nantes, spécialiste des affaires maritimes. Ce qu’il a à me dire doit être important car il ne m’appelle pas souvent :

-Marc, tu ne dois pas partir sans arme. Des bateaux de plaisance sont victimes de pirates dans ce secteur bien qu’il n’y ait pas grand’ chose à voler à bord. Alors tu imagines, un cargo chargé d’une tonne de cocaïne… Même si l’opération est entourée d’un maximum de discrétion des fuites sont toujours possibles, des trahisons aussi. Je te certifie que de mauvaises rencontres ne sont pas exclues.

Je prends ce conseil très au sérieux et dès le lendemain je vais à Anvers où c’est  sans aucun mal que j’acquiers à bon prix dans une armurerie deux fusils à pompe et  une carabine Remington, type « grande chasse », munie d’une lunette réglée à 150 mètres. Pourquoi utiliser le marché parallèle lorsqu’officiellement on peut acquérir ce dont on a besoin !

Cette fois il ne me reste plus qu’à composer mon équipage avant le départ. En plus du plongeur délégué par l’IRA qui arrivera au dernier moment j’enrôle mon fils Laurent ainsi que deux hommes, l’un que l’on me recommande sur un quai de Rotterdam, un mécanicien portugais, Fernando, et un cuisinier français, Gilbert, recommandé par Le Baron, une « figure » de la Costa del Sol.

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MELORLe cargo « Melor » à Rotterdam

Le mois de mai tire à sa fin lorsque le Melor quitte le port de Rotterdam  pour cingler vers  les Amériques. Assis sur une bite d’amarrage, Ralf De Groot nous salue longuement. Il a bien  travaillé et le vieux moteur ronronne comme une chatte repue. Je m’engage avec prudence sur le rail qui mène vers le sud, vers les côtes françaises; le pilote automatique rempli parfaitement sa tache. Le cap affiché est maintenu sans effort, c’est  vraiment un membre d’équipage à part entière et tellement docile !.

Tout va bien jusqu’à Ouessant et je m’apprête à piquer au sud sud-ouest lorsqu’un bruit sec retentit dans le local des machines. Je crains le pire lorsque je vois Fernando se précipiter dans le réduit. Je mets aussitôt la propulsion au ralenti, et je perçois d’étranges cliquetis qui ne laissent rien présager de bon. La voix de Fernando montant des entrailles du bateau vient confirmer mes craintes :

-Arrête tout il faut que je démonte.

Jusque là conquérant et fier de sa jeunesse retrouvée, le Mélor n’est plus à nouveau qu’une vieille carcasse penaude ballottée par des vagues heureusement nonchalantes.

Je rejoins mon mécanicien au moment où il vient de déterminer la panne :

-C’est l’inverseur qui est cassé. Il faut aller faire réparer dans un port. On peut essayer de naviguer à très petite vitesse en faisant attention, mais ça peut lâcher à tout moment.

J’avertis immédiatement John Short par télex, via Estepona, de cet incident mécanique et une heure plus tard nous dialoguons  par claviers interposés:

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-J’ai trouvé un chantier sûr à Newhaven qui peut prendre le bateau en charge, mais est-ce que tu pourras monter jusque là ?

-Fernando me dit que l’on peut essayer, mais je vais quand même alerter les autorités maritimes françaises par Radio Conquet, pour leur signaler que je suis en difficulté.

-O.K.

L’Abeille Flandres

J’ai entamé ma lente et pénible remontée vers le Nord depuis trois bonnes heures lorsque je vois arriver au loin le remorqueur l’Abeille Flandres qui se propose de me remorquer. Je refuse. Je ne vais pas payer tant que je suis à peu près autonome. Le capitaine du  navire n’insiste pas mais il m’escorte pendant des heures ce qui est parfaitement détestable. Loin d’être rassurante, la présence de ce bâtiment est oppressante. J’ai l’impression abeilled’être surveillé par un vautour qui attend ma mort en comptant mes os. Découragé par ma résistance, l’Abeille Flandres finit par retourner vers la France après un dernier salut malgré tout sympathique, nous souhaitant bonne chance et bonne route.

J’avoue que sur le Mélor nous ne sommes pas fiers. Pendant que je reste dans la timonerie, Laurent, Gilbert et Fernando, à genoux à fond de cale, semblent prier devant le moteur. Je sais que  chaque mile gagné nous rapproche de l’Angleterre mais Dieu que le chemin est long et lorsque  enfin, à l’aube, j’aperçois le faisceau d’un phare j’ai le sentiment de découvrir l’Amérique. Nous jetons l’ancre en face du port de Newhaven et après avoir fait appel à un remorqueur local, nous rentrons dans ce port de l’East Sussex du sud de l’Angleterre.

Malheureusement, quelques heures plus tard, c’est avec ménagement que je dois annoncer à Short que le bateau va être immobilisé cinq semaines et que les réparations coûteront assez cher. Il n’est pas content, mais nous n’avons pas le choix. Durant toute cette période, John Hector du Custom excise et Marc Lerestre, l’attaché des douanes françaises joueront les espions, en totale sécurité, pour contrôler les allées et venues autour du navire Melor…

Après cette longue pause durant laquelle j’aurais la visite d’un Cubano-espagnol répondant au nom de Carlos Hernandez-Reumbeaut qui viendra inspecter le Melor, une fois la réparation effectuée, nous reprenons enfin la mer début juillet et cette fois nous arrivons sans encombre à Santa Cruz de Tenerife où j’ai prévu une escale technique.

santa-cruz-de-tenerifeJo Le Squere m’y rejoint. Il m’apporte des batteries neuves pour ma balise Argos. Je le rencontre en catimini dans un café du port, après avoir expédié mon plongeur irlandais en ville avec Gilbert pour effectuer quelques achats de nourriture. J’ai juste le temps de changer mes piles pendant son absence.

Deux jours de repos et nous reprenons la mer. Cette fois je sens que la tension monte à bord. Le voyage est long et l’on s’ennuie un peu, ce qui laisse le temps de gamberger sur la suite de l’opération avec tous les risques qu’elle comporte. Pour passer le temps et varier les menus, nous avons installé des lignes à la traîne à l’arrière du bateau, ce qui ne constitue tout de même qu’un mince dérivatif. En fait, je crois que nous avons tous hâte de passer à l’action. L’inactivité devient pesante. Après onze jours de navigation, je suis vraiment heureux d’annoncer à mon équipe que nous arrivons à hauteur du Surinam. Nous jetons l’ancre et le soir le cuisinier nous gratifie d’un dîner de gala, sortant deux excellentes bouteilles de Bordeaux de ses réserves cachées.

Le lendemain, j’appelle par radio un mystérieux correspondant dont Short m’a donné les coordonnées avant le départ. L’homme prend la position exacte du bateau et me fixe un  autre rendez-vous radio.

À midi pile, il me rappelle et m’ordonne sans autres commentaires :

-Placez-vous par 11° nord et 55° ouest, maintenez cette position et attendez. On vous contactera quand les avions arriveront. C’est nous qui appelons.

amazonieLes deux appareils doivent décoller de l’une de ces multiples pistes clandestines tracées dans la forêt colombienne, uniquement destinées au trafic de la drogue, puis piquer le plus vite possible vers la côte Est en survolant l’Amazonie brésilienne, la Guyane, puis le Surinam pour éviter au maximum les radars installés par les Américains sur le territoire colombien. Les pilotes sont parfaitement rompus à ces exercices tout à fait routiniers et l’attente ne devrait pas être longue.

Il ne me faut que quelques heures pour me  positionner au point précis indiqué par mon correspondant. Je jette une ancre  flottante en scrutant machinalement le ciel, ce qui est parfaitement inutile tant qu’aucun message radio ne sera parvenu. En revanche, je demande à Laurent et au plongeur d’aller vérifier une dernière fois le système de mise à l’eau du Zodiac et le matériel de plongée. A nouveau, nous sommes contraints à une exaspérante attente.

Les heures passent et le Kenwood reste muet. Pour la troisième fois je vérifie qu’il fonctionne. Tout est en ordre et je remonte sur le pont. Le ciel est bas sur l’horizon et même notre cuisinier a le nez en l’air. Je le renvoie dans sa cambuse pour préparer le dîner. Il me paraît impossible que des avions puissent larguer de nuit, il y aurait trop de risques de perdre les colis. Nous pouvons nous détendre, la livraison sera pour demain.

Pas besoin de réveil, dès le lever du soleil nous nous retrouvons tous accoudés au bastingage à ne savoir que faire.  Nous n’avons même pas un jeu de cartes. Laurent perd patience le premier :

-Essaye de les appeler…

-C’est inutile, le dernier message était clair : ce sont eux qui nous préviennent. S’ils ne le font  pas c’est qu’il y a un problème et il est peut-être plus prudent, précisément, de ne pas appeler.

En revanche j’envoie un télex à Estepona. La réponse traîne un peu, et lorsqu’elle arrive nous ne sommes pas plus avancés: il faut attendre. Pas l’ombre d’une explication.

Je l’apprendrai plus tard, à des centaines de kilomètres de là, la roulette avant du train d’atterrissage d’un des petits avions  s’est cassée net en touchant le sol si bien que l’appareil est parti sur le nez en dérapage avant de terminer sa course en bout de piste sur un haut plateau de la jungle colombienne, la queue en l’air. Il ne peut absolument pas reprendre l’air et les quelques trafiquants présents sur ce terrain de fortune n’arrivent pas à le dégager. Le second avion prévu aurait pu livrer, mais les responsables de l’IRA exigent la totalité de la cargaison et préfèrent attendre que l’on trouve un appareil de remplacement.

Personne ne juge utile de nous tenir au courant de ces contretemps et sur le Mélor nous continuons à attendre dans la plus parfaite ignorance. Au bout de neuf jours, je n’y tiens plus. Je ne supporte plus de tourner en rond entre mon Kenwood, mon télex et la cabine où nous prenons nos repas machinalement pour passer le temps. Notre cuisinier m’a d’ailleurs mis en garde : avec ce « stand by » imprévu, il va falloir faire escale pour se réapprovisionner sur le chemin du retour, ce qui ne me plaît pas du tout : je n’ai pas envie de m’arrêter dans un port avec une tonne de cocaïne à bord. Cette fois, ma décision est prise et j’envoie un télex au Saint Georges.

carte-St-Vincent-et-Iles-Grenadines-Dis à John Short que je rentre. Je fais escale à Saint-Vincent pour faire le plein de nourriture. Si l’opération est maintenue, nous ne serons pas trop loin du Surinam et nous pourrons revenir. Mais nous ne pouvons plus rester sur zone.

Christian que je réussis à joindre de Saint Vincent me dit:

-Il faut que tu partes à Londres. Les Anglais veulent te rencontrer. Vois avec Marc Lerestre, c’est lui qui organise la réunion à l’ambassade de France.

Arrivé à Kingstown, le port de Saint-Vincent, la situation n’a pas évolué et j’envoie un nouveau télex au Saint Georges à Estepona:

-Je laisse le bateau ici. Je serai dans deux jours en Angleterre.

Je suis content de retrouver Marc dans l’immeuble du King’s Gate House, mais beaucoup moins le successeur d’Atkinson et John Hector. Comme je le craignais, l’atmosphère s’envenime rapidement.

J’expose d’abord la situation en précisant que le lieu exact du prochain chargement n’est pas encore défini, mais qu’en revanche il y a de fortes chances que la livraison s’opère à nouveau au large de l’Irlande.

À cet instant, les Anglais me laissent poursuivre tout en se concertant à voix basse. J’observe leur manège en terminant rapidement ma présentation.

Le chef de la délégation britannique prend alors la parole :

-Monsieur Fiévet, nous envisageons une intervention en mer d’Irlande lorsque le bateau de l’IRA  viendra récupérer la drogue que vous aurez larguée. Mais il est évident que si l’un de nos bâtiments croise dans le secteur les Irlandais le repèreront et abandonneront la marchandise. C’est donc un sous-marin que nous enverrons sur place et vous devrez  nous communiquer l’endroit exact du largage pour qu’il se positionne avant intervention.

Je pense instantanément aux risques qu’une telle information me ferait courir :

-C’est impossible. Je serai le seul à connaître l’endroit où je jetterai les colis et, de surcroît, il ne me sera communiqué que peu de temps avant l’opération. Vous imaginez bien que si un sous-marin surgit les gens de l’IRA identifieront immédiatement la personne qui les a trahis.

-Ce n’est pas certain, il peut y avoir des agents infiltrés dans leurs rangs.

-Vous les prenez pour des imbéciles, ou est-ce moi que vous prenez pour un idiot ?

-Monsieur Fiévet, c’est nous qui décidons ! D’autre part, pour être payé il faudra venir témoigner devant un tribunal.

C’en est trop, j’explose :

-Vous êtes des salauds, je vous ordonne de quitter cette ambassade.

Marc Lerestre ne bronche pas mais il se lève et conclut avec beaucoup plus de diplomatie :

-Je pense effectivement qu’il vaudrait mieux reprendre nos travaux lorsque le nouveau projet sera plus élaboré.

Je le coupe :

-Marc arrête, il n’y a plus de projets ni d’opération possibles avec ces gens-là !

Debout, les poings posés sur la table, je suis blanc de rage. Marc, embarrassé,  reconduit la délégation anglaise jusqu’à la porte. En revenant il me livre ce seul commentaire :

-Tu ne t’es pas fait des amis… Méfie-toi!

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Extrait de l’Archipel des Soumis écrit lors de mes 3 888 jours de détention dans 23 différentes prison en Espagne, Angleterre, Canada et France.

Jean Henri Hoguet et Marc Fiévet lors d’une conférence, à Saintes en 2015, traitant des actions d’infiltration de la DNRED.

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DNRED: quand la Douane française transportait le cannabis qu’elle avait acheté au Maroc

PEREJILDe l’Ile Persil à Port la Nouvelle

En arrivant rue du Louvre, je comprends immédiatement que je ne suis pas convié à une réunion de routine. Christian Gatard, le chef d’échelon de la DNRED Nantes, discute dans le hall de l’immeuble des Douanes avec deux hommes que je ne connais pas. En revanche, je constate que son adjoint Jo Le Squere est  arrivé de Nantes, lui aussi, ce matin. Dans l’ascenseur, Gatard me présente Michel Ribatet,  patron de la DNRED de Lyon, et l’un de ses adjoints, Jean-Pierre Cazet.

Sans un mot, nous sortons pour rejoindre la première terrasse de café où nous nous installons autour d’une table ronde. Christian Gatard rompt le silence et s’adresse directement à moi. Je comprends instantanément que je vais  être  au cœur des débats :

-Marc, nous avons trouvé une solution pour financer en une seule fois tes travaux du Saint-Georges (Le Saint Georges est le restaurant sis à Estepona dont les douanes sont copropriétaires). Michel Ribatet va t’expliquer.

Le douanier lyonnais  se redresse, réfléchit quelques secondes puis se lance:

-Nous savons que des producteurs disposent actuellement d’une tonne de cannabis au Maroc qu’ils n’arrivent pas à écouler, faute d’acheteurs. Ces acheteurs, nous les avons trouvés grâce à un agent infiltré. Ce sont deux Anglais qui vivent à Amsterdam. Des grosses pointures. Ce marché les intéresse. Nous allons donc leur livrer nous- mêmes la drogue, à Lyon, et les arrêter, bien sûr, dès qu’ils en auront pris possession.

Est-ce que tu peux te charger de l’enlèvement de la marchandise au Maroc ? Je m’engage à te verser un million de francs pour cette opération.

Ça me semble tellement invraisemblable que je ne suis pas certain d’avoir bien compris:

-Tu veux bien dire que les douaniers montent toute l’opération jusqu’à la livraison ?

Absolument.

-De bout en bout ?

Oui.

-Mon équipage ?

A toi de jouer!

Jean-Pierre-CAZELe douanier lyonnais Jean-Pierre Cazet  m’appellera pour me donner le signe du départ et me préciser l’endroit exact où je dois enlever le cannabis. Ensuite je dois remonter vers la France et décharger à Port-la-Nouvelle, près de Narbonne, dans l’Aude. Jean-Pierre Cazet m’y attendra.

Le chargement de la drogue et le voyage s’effectuent sans aucun problème, j’arrive même à Port-la-Nouvelle, avec une journée d’avance sur le planning  établi, ce qui n’est pas franchement une bonne idée car personne ne m’attend. Je téléphone immédiatement à  Michel Ribatet, le chef d’échelon de Lyon pour lui signaler mon arrivée et le prier d’envoyer ses douaniers pour décharger…

C’est impossible, ils sont encore à Lyon. Ils seront là-bas demain.

La perspective de passer vingt-quatre heures sur le Windarra, rebaptisé prudemment Tancrède pour les besoins de l’opération, avec plus d’une tonne de cannabis à bord me contrarie, mais je n’ai pas le choix. Je fais alors le tour du pont pour m’assurer que tout est en ordre. A priori, rien ne peut laisser supposer que ce yacht est parfaitement hors-la-loi. Un peu rassuré, je me détends, et je m’adosse à la barre pour observer l’activité de ce petit port partagé entre pêche et commerce.

Et là, devant moi, brusquement, je ne vois plus qu’elle, tout en bleu délavé. Elle m’écrase, elle me nargue. Comment ne l’avais-je pas remarquée plus tôt : je suis amarré très exactement face à la gendarmerie.

Le lendemain matin, je n’en crois pas mes yeux : sept douaniers descendent de deux véhicules, une voiture et un petit camion, empilent des grands sacs de jute sur le pont du Windarra puis, sans prendre la moindre précaution, ils y enfournent les quarante-trois ballots de cannabis qu’ils déposent dans leur camion en jurant et pestant comme de vieux dockers contre le poids excessif  des colis.

La scène est complètement surréaliste : là, en plein jour, dans un petit port français, au vu de tous, sept douaniers déchargent et rechargent une tonne de cannabis devant une gendarmerie.

Leur travail effectué, les douaniers me saluent et repartent vers Lyon. Ils y arrivent en fin d’après-midi et entreposent la drogue dans un hangar à la  périphérie de la ville.

Un Marocain les rejoint peu après. C’est le représentant des producteurs. Il vient constater que tout est en ordre et est certainement à mille lieux de se douter qu’Eric, le chauffeur qui l’a pris en charge à sa descente d’avion à Barcelone, est Jean Pierre Cazé, un douanier français. L’homme compte les ballots, s’assure de leur contenu puis se fait conduire jusqu’à une cabine téléphonique pour appeler une chambre de l’hôtel George V à Paris.

Quatre hommes y sont réunis, deux Anglais, les acheteurs, et deux douaniers qui se font passer pour les complices des « livreurs ». Tous quatre attendent ce coup de téléphone pour régler leurs affaires et se séparer. L’arrivée de la marchandise étant confirmée et certifiée conforme sur l’honneur par le représentant des producteurs, les Britanniques remettent dans un premier temps huit cent cinquante mille francs aux « narco-douaniers » dans la chambre du George V en règlement du convoyage. Puis ils s’éclipsent  pour rejoindre Lyon afin de prendre livraison de la cargaison et verser un solde de trois  millions de francs aux organisateurs et intermédiaires de l’opération : toujours les douaniers lyonnais…

Les deux Anglais arrivent le lendemain à bord d’une puissante Mercedes de location devant le hangar où est entreposée la drogue. Jean-Pierre Cazet les reçoit. Deux autres douaniers l’accompagnent. Il les présente brièvement comme des agents de sécurité chargés de veiller sur le cannabis jusqu’à son enlèvement.

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Deux jours après les douanes sont à l’honneur dans tous les journaux. Les titres sont élogieux : « Saisie record de cannabis »;  « Les douaniers roulent sur l’herbe »; « Coup de filet anti-drogue »…

Lors d’une conférence de presse, les responsables locaux des douanes  racontent comment, par un coup de chance inouïe, et grâce à leur flair, leurs fonctionnaires sont tombés, lors d’un contrôle de routine, sur un véhicule anglais transportant plus d’une tonne de cannabis.

Les journalistes se régalent, ils relatent avec force détails ce coup de maître des enquêteurs lyonnais. Les vieux renards du fait divers mettent toutefois un bémol. Ils saluent  le succès des douanes mais ne croient pas une seule seconde au coup de chance. Comme d’habitude les enquêteurs ont dû travailler sur renseignements. C’est classique, mais ils ne vont quand même pas donner leurs sources.

Je suis désormais bien loin de toute cette agitation. Bercé par une douce Méditerranée, le patron des services aéronaval des douanes de Nantes ramène avec son amie mon yacht vers  Sottogrande.

Encore deux jours de navigation et il sera  à quai. Au final il s’arrêtera au port de La Duquesa.

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TANCREDEMotor yacht Windarra

Le Motor yacht « Windarra » avait repris son ancien nom de « Tancrède » pour réaliser l’opération de transport de 1285 kilos de cannabis entre l’Ile Persil dans le détroit de Gibraltar et Port la Nouvelle où une équipe de douaniers de l’échelon DNRED de Lyon l’attendait pour transporter la drogue jusqu’à l’entrepôt lyonnais loué par le douanier Jean Piere Cazé.

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Un lamentable épisode de la guerre des polices qui pose la question des moyens juridiques de la lutte anti-drogue

dnredAprès 84 jours de prison, M. Ribatet, chef de l’antenne lyonnaise de la DNRED est libre.

Il n’a pas donné ses informateurs
Jeudi, 6 Juin, 1991

MICHEL RIBATET, le dernier des douaniers incarcérés à Dijon depuis le 13 mars, est enfin sorti de prison mardi vers 19 heures. Patron de l’antenne de Lyon de la Direction nationale des enquêtes et recherches douanières (DNRED), il avait été incarcéré en même temps que son surbordonné, Pierre Tardy, et qu’un inspecteur de Dijon, Jacques Dorey. Tous trois avaient été inculpés de «détention, transport, acquisition et cession de stupéfiants».

Ils avaient rejoint en prison Jean-Pierre Caze, inspecteur divisionnaire à Lyon, qui avait infiltré un réseau de trafiquants de cannabis en provenance du Maroc et avait été écroué le 6 mars pour les mêmes raisons.

Il s’agit d’une bien lamentable affaire qui pose d’abord la question des moyens juridiques reconnus à la douane, responsable de la quasi-totalité des 22 tonnes de drogue saisies l’an dernier par l’ensemble des services français.

Dans l’affaire de Dijon la PJ a mis à profit les trois jours de garde à vue dont elle dispose après les 24 heures de rétention douanière, non pas pour poursuivre le travail des douaniers, mais pour retourner contre eux les trafiquants qu’ils avaient arrêtés.

Au centre de l’affaire, la saisie par les douaniers lyonnais de 535 kg de résine de cannabis, le 6 décembre 1990, au péage de Pouilly-en-Auxois (Côte-d’Or) sur l’autoroute A6. Cette saisie intervenait après celle d’une tonne de drogue à Lyon le 6 juin 1990 ( marchandise transportée par Marc Fievet-NS55 DNRED jusqu’au port de Port La Nouvelle sur le Motor Yacht TANCREDE) , et en précédait une autre de 520 kilos, le 20 décembre, sur le parking d’Isardrôme près de Vienne.

HOGUET

Jean Henri Hoguet en premier plan lors d’un exposé sur les techniques de lutte contre le narcotrafic avec Marc Fievet en arrière plan

Les douaniers et leur chef, M. Hoguet, patron de la DNRED ont expliqué au magistrat, en gros, ces méthodes et leur efficacité. Ils n’ont pas tout dit. C’est clair. Pour le juge demeure « un problème d’argent et de paiement des informateurs». Il veut savoir «d’où provient l’argent et ce qu’il est devenu» car il ne peut discerner «ni le début ni la fin de la chaîne» et reconnaît qu’il n’a pu «percer le mystère de l’organisation qui avait conduit à la saisie». Il se serait heurté, selon ses propres mots, à un «refus total de collaboration» de la part des inculpés. M. Ribatet et les siens ont protégé leur «construction», le réseau de leurs informateurs et agents – les douaniers les appellent des aviseurs – au sein de cet important réseau d’importation de cannabis marocain en Europe. En se taisant ils ont protégé le travail en cours et, aussi et surtout, la vie de ces hommes. Le nom d’un de ces aviseurs n’a-t-il pas été publié dans certains journaux? C’est son silence qui a valu à M. Ribatet 84 jours de prison.

Côté Douane on se félicite de cette libération et on met sur le compte de la mauvaise humeur du magistrat l’interdiction jusqu’à nouvel ordre d’exercer signifiée aux douaniers libérés. Mais on relève surtout que l’intégrité de ces fonctionnaires n’est pas contestée par le juge qui n’a pu établir leur enrichissement personnel. Ils demeurent ce qu’ils ont toujours été, au dessus de tout soupçon de ce point de vue essentiel: ce ne sont pas des ripoux.

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Michel Charasse

Depuis le 28 mai, jour où le magistrat fit perquisitionner à la DNRED de Lyon, ce dernier avait refusé ses plateaux repas, n’avalant que de l’eau, du lait et des jus de fruit. Les douaniers ont été constamment soutenus par leur hiérarchie, l’ensemble des syndicats, et par leur ministre de tutelle, Michel Charasse. Plusieurs manifestations de soutien s’étaient tenues dans toute la France, notamment devant le palais de justice de Dijon. Une autre était prévue hier.

Les syndicats de douaniers, satisfaits de la libération de M. Ribatet, ont annulé leur journée d’action et de grève annoncée pour le 11 juin. Pour la CGC, dont le douanier lyonnais est adhérent, «cette décision n’est que justice». Satisfaction également à la CGT qui souligne: «Le problème reste entier quant aux missions de la douane, ses moyens pour les remplir et leur cadre juridique». Cette question a été publiquement posée par André Lajoinie, au nom du groupe communiste à l’Assemblée, dans une lettre au ministre de la Justice Henri Nallet.

De source bien informée, un protocole intégrant au droit et procédures français les moyens reconnus par la Convention de Vienne pour lutter contre le trafic aurait été élaboré par les ministères de la Justice, de l’Intérieur et des Finances (Douane). Mais en ce qui concerne l’attribution de la qualification d’officier de police judiciaire aux douaniers, ce qui leur permettrait de conduire jusqu’à la clôture de l’instruction judiciaire les affaires qu’ils réalisent, le blocage du ministère de l’Intérieur demeure total.

Jean-Michel Cordier

Port la Nouvelle: http://www.sea-seek.com/images/b/bc/Port_La_Nouvelle.jpg

VOIR ou revoir: https://ns55dnred.wordpress.com/a-propos/Le héros de "Gibraltar" attaque l'Etat

LIRE: https://ns55dnred.wordpress.com/2014/06/29/quand-on-constate-la-lachete-des-directeurs-generaux-de-la-douane-francaise-les-denommes-pierre-mathieu-duhamel-et-francois-auvigne/

Reportage : C.Le Goff/F.Le Moal/O.Lecointe/S.Malin

via : api.dmcloud.net

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FRANCE (14 Juillet): jour historique et soirée de honte pour la douane

La directrice générale de la Douane française Hélène Crocquevieille défilera-t-elle à la tête de ses douaniers?
DOUANE14

Le 14 juillet 2016 sera un jour historique pour la douane, car cela fait presque 100 ans qu’elle n’avait pas défilé sur les Champs-Élysées.

La dernière participation date du défilé de la victoire, le 14 juillet 1919, les bataillons douaniers s’étant particulièrement illustrés en temps de guerre pour la protection du territoire national.

Ce 14 juillet sera effectivement aussi un jour historique de honte pour la DGDDI, fort taiseuse, voire menteuse, dans le dossier de Marc Fievet, AKA NS 55 DNRED.

La projection du film « GIBRALTAR » sur la chaîne M6  21 H 00 devrait rafraichir la mémoire sélective de tous ces ministres du budget et DG successifs qui n’ont jamais eu le courage d’assumer les actions terrains de la DNRED.

auvigneFrançois Auvigne

Soirée de honte

Soirée de honte donc pour la douane française et en particulier pour l’ex DG, l’énarque inspecteur des finances François Auvigne, qui n’a pas su assuré la continuité du service de l’Etat. Jour de honte pour les successeurs de François Auvigne qui, tous trop occupés, au bon déroulement de leur carrière en quête de privilèges et autres prébendes, n’ont pas trouvé le temps de gérer le dossier NS 55 DNRED.

Voir ou revoir le reportage consacré à Marc Fievet

Au service des douanes, il s’est infiltré parmi les trafiquants de drogue, avant d’être « lâché » par ses employeurs. Une équipe de « Pièces à conviction » l’a rencontré en 2005, à sa sortie de prison.

Retrouver toutes les infos sur la vidéo sur : http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/affaire/v

ou sur: « GIBRALTAR », le jeudi 14 juillet 2016 à 21h sur M6

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Le dossier de Marc Fievet est toujours classé « Secret Défense »

SECRET DEFENSE

AVIS
Avis n° 2005-03 du 27 janvier 2005
NOR: CSDX0508078V

Vu la loi n° 98-567 du 8 juillet 1998, et en particulier ses articles 4 (2e alinéa), 7 et 8 ; Vu la lettre de saisine du ministre de l’économie, des finances et de l’industrie en date du 16 décembre 2004 et la demande présentée le 17 novembre 2004 par Mme Sophie Clement, vice-présidente chargée de l’instruction au tribunal de grande instance de Paris, dans le cadre de l’instruction ouverte à son cabinet sur plainte de M. Marc Fievet concernant ses relations avec les douanes françaises ;

La Commission consultative du secret de la défense nationale, régulièrement convoquée et constituée, ayant examiné l’ensemble des documents classifiés qu’elle a recueillis au terme des investigations conduites par son président en vertu des pouvoirs que lui confèrent les articles 5 et 6 de la loi susvisée,
Emet un avis défavorable à la déclassification des pièces contenues dans le dossier établi au nom de M. Fievet, en sa qualité d’aviseur de la direction générale des douanes et droits indirects.

Fait à Paris, le 27 janvier 2005.
Pour la Commission consultative du secret de la défense nationale :
Le président,
P. Lelong

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=6686A6840C8BCEDB3986A4EB25B2F9E9.tpdila13v_1?cidTexte=JORFTEXT000000629551&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000000002264

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« GIBRALTAR », le jeudi 14 juillet 2016 à 21h sur M6

Inédits, Gibraltar, le jeudi 14 juillet 2016 à 21h sur M6

Le jeudi 14 juillet 2016 à 21h, M6 programmera le film français inédit « Gibraltar ».

gib lelouche

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OCRTIS France: la défense des Stups part en fumée (ça part en sucette!)

Dans les années 90, à Estepona (Andalousie), Marc Fievet, AKA ‘NS 55 DNRED’, gérait le restaurant Saint Georges, dont le co-propriétaire était la Douane française.
estepona
Bien plus de 20 tonnes ont été importées d’Espagne pour le seul mois d’octobre 2015
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Par Emmanuel Fansten 8 juin 2016 à 20:21

Trois semaines après les premières révélations de Libération sur les méthodes de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis), de nouveaux éléments viennent accréditer l’existence d’un véritable trafic d’Etat. Pendant plusieurs années, des dizaines de tonnes de cannabis auraient bien été importées en France avec la complicité des Stups et de leur ancien patron, François Thierry, muté en mars à la Sous-Direction antiterroriste (Sdat). Plusieurs rapports d’enquête et des notes de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) semblent démontrer l’ampleur de ce trafic contrôlé.

Ce dispositif a volé en éclats le 17 octobre, lors de la saisie par les douanes de 7,1 tonnes de résine de cannabis dans quatre camionnettes garées boulevard Exelmans, dans le XVIe arrondissement de Paris. La plus grosse prise jamais réalisée dans la capitale. A un détail près : le destinataire de la marchandise, Sofiane H., est à la fois le plus gros trafiquant français et le principal indic de l’Office des stups. Une information que François Thierry, pris de court par l’opération des douanes, mettra trois jours à livrer au parquet de Paris, avant de voir son service aussitôt dessaisi de l’enquête au profit de la brigade des stupéfiants de Paris (BSP) et de la section de recherche de gendarmerie.

«Libre passage»

Interpellé depuis en Belgique, puis rapatrié par le GIGN, Sofiane H. a commencé à parler : «Je n’ai pas commis d’infraction, a-t-il expliqué le 9 mai aux deux juges d’instruction parisiens. J’ai fait ce qu’on m’a demandé de faire, j’ai agi sur instruction de l’Ocrtis, je n’ai pris aucune initiative, j’ai tout le temps rendu compte de ce que je faisais.» Interrogé sur le cadre juridique de ces procédures, le trafiquant s’est défaussé sur son agent traitant : «François Thierry me disait que la Jirs [juridiction interrégionale spécialisée, ndlr] de Paris était parfaitement au courant de mes interventions.» Selon nos informations, pourtant, il n’y a aucune trace de cette procédure à la Jirs de Paris.

LIRE l’article sur:  http://www.liberation.fr/france/2016/06/08/la-defense-des-stups-part-en-fumee_1458260
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Sur le même sujet:
NARCOTRAFIC (France): quand la cocaïne était rapatriée sous le regard bienveillant de l’OCRTIS et la DNRED
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lcp55Emmanuel Fansten, journaliste à Libération, auteur de l’enquête – Dominique Perben, ancien Garde des sceaux et aujourd’hui avocat – Gilbert Collard, avocat, député RBM-FN du Gard et Secrétaire Général du Rassemblement Bleu Marine, auteur du livre  » Les dérives judiciaires : et si ça vous arrivait ?  » Paru aux Editions Eyrolles  – Marc Fievet, aviseur de la douane française, inscrit sous le matricule  » NS 55 DNRED « , auteur des livres  » Infiltré au coeur de la mafia  » paru aux Editions Hugo Doc, et  » Gibraltar « , paru aux Editions Michel Lafon.

 

VIDEO:
FRANCE (Drogue): quand la police devient dealer
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L’Espagne, hub pour les valises marocaines
Par Emmanuel Fansten, Envoyé spécial à Marbella 8 juin 2016 à 20:21

Depuis la mer, la villa affiche un luxe plus discret que ses voisines d’Estepona, petit village au sud de Marbella, sur la Costa del Sol. Le gazon a été parfaitement tondu autour de la piscine. Une rangée de buis prolonge le petit muret en pierre qui donne sur la plage de galets, à quelques mètres de l’eau. Le seul pêcheur présent ce jour-là observe le ballet des yachts et des jet-skis qui croisent au large. Sur la droite, tout au bout de la côte, on aperçoit le rocher de Gibraltar, minuscule enclave britannique nichée à la pointe sud de l’Espagne. Par beau temps, on peut même deviner les côtes marocaines et les montagnes du Rif, où sont produites les tonnes de cannabis qui inondent chaque jour l’Europe.

C’est dans cette villa paradisiaque que Stéphane V. a été envoyé au printemps 2012 par François Thierry, alors patron de l’Office central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis). Le témoignage de cette ancienne recrue de l’Office a provoqué l’ouverture d’une enquête préliminaire au parquet de Paris, confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Au cours de son séjour de trois semaines, a expliqué Stéphane V. aux enquêteurs, 19 tonnes de résine de cannabis ont été stockées dans cette villa sous le contrôle de l’ex-patron des Stups, avant de remonter vers la France dans de puissantes berlines. «Tout repartait par ici», raconte l’homme en montrant la ruelle calme bordée de cactus. Selon ce témoin jugé de plus en plus crédible par l’IGPN, cinq hommes présentés comme des policiers étaient sur place pour charger et décharger la marchandise. Au moins un policier français a déjà été identifié dans la procédure par la «police des polices» (lire page 3). Les bateaux pneumatiques transportant la drogue depuis le Maroc étaient déchargés un peu plus loin sur le sable. Les «valises marocaines», ces ballots de 30 kilos de cannabis conditionnés dans de la toile de jute, étaient ensuite entreprosées dans le garage, devant lequel une Subaru immatriculée 75 était garée lors de notre passage.

Base arrière. Qui était présent exactement dans cette villa ? Dans quelle procédure ? Des vérifications sont en cours pour identifier les protagonistes. Mais dans cette partie de l’Espagne, le fait qu’une telle opération ait pu avoir lieu ne surprend pas grand monde. Depuis de nombreuses années, la Costa del Sol est un supermarché à ciel ouvert, un paradis pour les grossistes européens…………..

LIRE sur: http://www.liberation.fr/france/2016/06/08/l-espagne-hub-pour-les-valises-marocaines_1458257

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DNRED: infiltré au coeur de la mafia.

infiltre21Bonjour à tous ! A la une de L’heure du crime, l’histoire vraie d’un « infiltré », dont la mission était de faire tomber un réseau international de trafic de stupéfiants, et qui se retrouve quelques années plus tard condamné à perpétuité !

Cet homme s’appelle Marc Fievet. Il est mon invité. Son nom est peu ou pas connu du public, mais son aventure a inspiré les scénaristes du film « Gibraltar », qui sort mercredi prochain au cinéma.

Pendant six ans, il  était connu sous le nom de code NS 55. Il a permis aux services des douanes; qui l’avaient recruté en 1988, de récupérer près de 100 tonnes de stupéfiants !

LIRE  et VIDEO

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/l-heure-du-crime-vendredi-6-septembre-2013-infiltre-au-coeur-de-la-mafia-7771230825

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OCRTIS France: qui est Sofiane Hambli, l’indic sulfureux des stups ?

C’est un petit monde où chacun a son surnom : Mohamed Benabdelhak, dit « le bombé », Djamel Talhi, alias « Johnny Depp », Mohamed Bouarfa alias « l’autruche » et Sofiane Hambli, aka « la Chimère ». Ce dernier, comme ses compères, appartient au cercle fermé des millionnaires du cannabis. Comme un certain nombre d’entre eux, il est actuellement derrière les barreaux.Depuis son plus jeune âge, Sofiane Hambli alterne prison et vie de pacha, en France, en Espagne ou au Maroc. Cet homme de 40 ans, né en 1975 à Mulhouse (Haut-Rhin), est considéré comme l’un des plus gros importateurs de cannabis en Europe. Il est aussi, selon Libération et i-Télé, l’informateur de l’ancien numéro 1 de la lutte antidrogue, François Thierry.
Un penthouse de 250 m2 avec piscine sur le toitSon nom ressurgit à l’occasion de l’une des plus grosses saisies en matière de cannabis, en octobre 2015, à Paris. Sept tonnes de résine sont alors découvertes dans trois camionnettes garées boulevard Exelmans, dans le très chic 16e arrondissement. Une facture et des traces ADN conduisent les douanes jusqu’à Sofiane Hambli, qui occupe un penthouse de 250 m2 avec piscine sur le toit, boulevard Exelmans. Un environnement digne du célèbre film Scarface, LA référence cinématographique des caïds.

Le locataire, qui selon Libération réglait en cash le loyer de 9 000 euros par mois, s’est volatilisé. « C’est la plus grosse prise depuis longtemps », se félicite François Hollande. Problème, le trafiquant s’avère en réalité être un indic de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS), enregistré au Bureau central des sources. Un « cador » du trafic international de drogue, « capable de toutes les audaces », selon une source judiciaire, et bien connu des services de police.

Le « baron de l’or vert » ou le « Mulhousien », ses deux autres sobriquets, a grandi à Bourtzwiller, un quartier de la ville haut-rhinoise. Il fait partie, selon le journaliste Jérôme Pierrat, de cette poignée de caïds des cités, qui se sont hissés avec une rapidité fulgurante au sommet du marché de la drogue, « au détriment des anciens du milieu traditionnel ».

Shit, immobilier et voitures de luxe

A 22 ans, Sofiane Hambli est déjà l’un des principaux revendeurs de haschisch marocain dans la région alsacienne. Il va échapper de peu à un coup de filet en juin 1997, dans le cadre d’une vaste opération anti-drogue menée par les gendarmes, baptisée « Paco68 ». Sofiane Hambli part en cavale, direction l’Espagne et sa Costa del Sol, un repère pour les trafiquants en tous genres. Comme l’écrit Le Monde, dans un dossier consacré au grand banditisme, les petits voyous devenus grands « ont élu ce bout de côte espagnole comme refuge. Porte d’entrée de l’Europe du Sud, c’est sur les plages alentour que se font, toutes les nuits ou presque, les livraisons de cannabis ».

Sofiane Hambli se planque dans la ville andalouse de Marbella et sa jolie marina Puerto Banus, à quelques encablures du Maroc. Dans ce paradis pour célébrités et princes saoudiens, mais aussi pour groupes mafieux internationaux, le Français fait prospérer ses affaires. Selon Les Dernières nouvelles d’Alsace, il réinvestit dans l’immobilier et le négoce de véhicules haut de gamme l’argent provenant du trafic de shit. Belles filles, belles voitures, belles villas… Sofiane Hambli mène la grande vie.

La justice française, elle, ne l’oublie pas. En juillet 1999, il est jugé et condamné par défaut à huit ans de prison pour trafic de haschich. Il faudra trois ans aux autorités judiciaires pour remettre la main sur l’affranchi. En mai 2000, la saisie de 300 kg de drogue à Vienne (Isère) permet de retrouver sa piste. Il est finalement arrêté en Espagne puis extradé en France en février 2002. Sofiane Hambli fait immédiatement opposition au jugement qui l’a condamné à huit ans de prison. Sa peine est ramenée à cinq ans de prison trois mois plus tard.

Trafic en prison puis évasion

C’est dans ce contexte qu’il rencontre l’avocat Alex Civallero. Joint par francetv info, ce dernier se souvient d’un jeune « très actif, souriant, avec un contact facile ». Son client le tutoie d’emblée. Et se montre averti en matière de procédure.

Il sait ce qu’il peut tirer d’une personne. Il est manipulateur.

L’avocat Alex Civallero

à francetv info

Pas question, pour Sofiane Hambli, d’arrêter son business derrière les barreaux. En juin 2002, un téléphone portable est découvert dans sa cellule de la prison de Mulhouse, ce qui lui vaut d’être transféré à Saint-Mihiel, dans la Meuse. Le détenu est alors placé sur écoute. Les enquêteurs l’entendent négocier la vente de « 50 caisses » à un intermédiaire, et promettre à un acolyte de lui « trouer les genoux avec une perceuse » après le vol supposé d’une tonne et demie de marchandise.

Selon les DNA, Sofiane Hambli charge son petit frère Hakim de récupérer des dettes auprès d’une dizaine de Marocains et d’Espagnols, pour un total de 6 millions d’euros. En octobre, il est mis en examen pour trafic de haschich, avec la complicité de sa famille… et de son avocat. Alex Civallero, renvoyé devant la justice pour lui avoir transmis des puces de téléphone contre rémunération, sera finalement relaxé.

En août 2003, Sofiane Hambli, qui purge désormais sa peine à Metz-Queuleu, prétexte des douleurs au poignet. Il est transféré à l’hôpital pour une radiographie. A la sortie de la consultation, un homme à moto surgit et menace les surveillants avec une arme factice. Sofiane Hambli saute à l’arrière du deux-roues et les deux hommes prennent la fuite.
Opération « baleine blanche »

Le Mulhousien s’envole de nouveau vers la Costa del Sol et reprend ses affaires. Il échappe à plusieurs tentatives d’arrestation. En 2004, les policiers espagnols mènent une opération contre son équipe au cours de laquelle trois tonnes de cannabis sont saisies. Interpellé, Sofiane Hambli réussit tout de même à s’enfuir après une fusillade durant laquelle un policier est blessé par balle. En 2005, une cinquantaine de personnes sont arrêtées et plus de 200 propriétés et véhicules de luxe saisis lors de l’opération « baleine blanche », la plus grosse jamais organisée contre le crime organisé et le blanchiment d’argent sur la Costa del Sol. Là encore, Sofiane Hambli échappe au coup de filet. Mais comme l’indique Le Parisien, plusieurs documents saisis attestent qu’il trempe dans plusieurs affaires immobilières louches autour de Marbella.

En attendant, la justice suit son cours. En mars 2007, il est condamné par défaut à dix-huit ans de prison pour le trafic de drogue en prison. Deux ans plus tard, les policiers espagnols retrouvent sa trace. Sofiane Hambli réapparaît en Espagne après s’être caché quelques mois au Maroc. Localisé à Benahavis, un village situé sur les hauteurs de Marbella, il est interpellé lors d’un déplacement en bord de mer. L’arrestation est mouvementée. Le fugitif, en possession d’un faux passeport et de 210 000 euros en liquide, tente d’effacer ses empreintes digitales en se frottant les doigts sur les barreaux de sa cellule. Selon i-Télé, c’est pendant sa détention en Espagne que Sofiane Hambli a été recruté par François Thierry, alors directeur de l’OCRTIS.

Extradé vers la France, il est incarcéré au centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville en janvier 2011. Jugé en sa présence, cette fois, il voit sa peine de dix-huit ans de prison ramenée à treize ans. Sofiane Hambli est alors défendu par Anne-Claire Viethel, spécialiste en droit immobilier. Selon Libération, elle est aussi accessoirement la compagne de François Thierry. L’Est républicain rapporte que le gros bonnet devient un détenu modèle et reçoit la visite de « costumes-cravates » en prison. Il profite de passe-droits, comme un portable dans sa cellule. A la fin 2014, après cinq ans et dix mois de détention, il bénéficie d’un régime de semi-liberté et rejoint la région parisienne.
« Logisticien » hors pair

Qu’a-t-il fait depuis sa libération complète en 2015 ? Nul doute que ce « logisticien » hors pair dans le transport de la drogue entre le Maroc et la France a remis le pied à l’étrier. L’a-t-il fait en partie pour le compte des stups de la police judiciaire ? La question fait grincer des dents au sein des hautes instances de la lutte anti-drogue, régulièrement secouées par des affaires illustrant les relations dangereuses entre « tontons » et « policiers ». Un risque proportionnel à la place de l’informateur dans la hiérarchie de la voyoucratie.

On n’a jamais eu un indic avec une piscine sur le toit en plein Paris !

Un ancien cadre de la PJ de Lyon

à francetv info

Une guerre des polices est à l’œuvre quant à la place des indics dans les enquêtes. Et la saisie des 7 tonnes de cannabis en plein Paris en est un épisode supplémentaire. Selon plusieurs sources, les douaniers ont volontairement court-circuité cette « livraison surveillée » de l’OCRTIS pour dénoncer les méthodes de leurs collègues, qui flirtent avec la légalité. Ces « coups d’achat » visent à laisser passer une certaine quantité de drogue sur le territoire, avec la complicité d’un trafiquant-indic, en vue d’interpeller le réseau de revendeurs. Mais dans le cas de l’affaire des sept tonnes, aucune interpellation n’a eu lieu, si ce n’est celle de Sofiane Hambli, arrêté le 22 février dernier à Gand (Belgique).
Extradé par hélicoptère comme Salah Abdeslam

Le baron de la drogue a été extradé, sous haute surveillance, par hélicoptère de la Belgique vers la France, quelques jours avant Salah Abdeslam. Les deux hommes ont d’ailleurs été représentés par le même médiatique avocat, Sven Mary. En France, c’est Joseph Cohen-Sabban qui assure la défense de Sofiane Hambli. Sollicité par francetv info, il a refusé de parler au nom de son client, indiquant avoir « reçu un mandat très précis à cet égard ». Devant les enquêteurs, Sofiane Hambli « est resté très évasif, laissant simplement entendre qu’il avait toujours agi sous les ordres de l’OCRTIS », indique Libération.

« Ce mec a 40 millions d’euros sur des comptes un peu partout en Europe. Ils lui ont créé un réseau logistique d’importation. Pourquoi ? », s’interroge un ancien responsable des stups auprès de francetv info. Et de s’inquiéter pour les suites judiciaires de l’affaire : « Hambli parle de l’OCRTIS comme de ses ’employeurs’. Il risque dix-huit ans de prison, il n’hésitera pas à aller raconter des saloperies sur les policiers. » Alex Civallero estime, au contraire, que son ancien client « saura se faire discret et se montrer conciliant, pour s’extirper de la situation ». Sofiane Hambli n’est sans doute pas fini.

http://mobile.francetvinfo.fr/societe/drogue/baron-du-cannabis-costa-del-sol-et-penthouse-de-luxe-qui-est-sofiane-hambli-l-indic-sulfureux-des-stups_1469315.html#xtref=acc_dir

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FRANCE (Drogue): quand la police devient dealer

LCPNS55Les invités d’Arnaud Ardoin

Emmanuel Fansten, journaliste à Libération, auteur de l’enquête – Dominique Perben, ancien Garde des sceaux et aujourd’hui avocat – Gilbert Collard, avocat, député RBM-FN du Gard et Secrétaire Général du Rassemblement Bleu Marine, auteur du livre  » Les dérives judiciaires : et si ça vous arrivait ?  » Paru aux Editions Eyrolles  – Marc Fievet, ancien infiltré de la Douane Française, inscrit sous le matricule  » NS 55 DNRED « , auteur des livres  » Infiltré au coeur de la mafia  » paru aux Editions Hugo Doc, et  » Gibraltar « , paru aux Editions Michel Lafon.

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Pour regarder l’émission: http://www.lcp.fr/emissions/ca-vous-regarde/274542-drogue-quand-la-police-devient-dealer

Durant ce mois de mai, la justice a affaire à deux histoires de grands flics qui flirtent avec la légalité, deux histoires d’indics, deux histoires qui posent question du lien trouble entre policiers et voyous.

Michel Neyret, icône déchue de la PJ lyonnaise dont il fut le numéro 2, comparaît depuis le lundi 2 mai au tribunal correctionnel de Paris pour s’expliquer sur les relations incestueuses qu’il a entretenues avec ses informateurs.

Un autre grand flic l’ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) François Thierry est soupçonné d’avoir laissé entrer en France plusieurs dizaines de tonnes de cannabis ces dernières années, d’après une enquête publiée Dans l’édition du lundi 23 mai par le quotidien Libération. En cause, la proximité de François Thierry avec le trafiquant de drogue Sofiane H., un des  » indics  » de l’Office.
Entre 2010 et 2015, il aurait laissé son indic, le principal trafiquant de cannabis en France à la tête du « troisième plus grand réseau de drogue » en Europe, la connivence va loin puisque la femme de François Thierry était l’avocate de Sofiane H.
Le puissant policier avait recruté en personne Sofiane H. et lui a permis d’importer d’importantes quantités de drogue en « livraison surveillée ». Cette technique, légale, permet à la police de laisser passer des stupéfiants sur le sol français afin de remonter une filière pour la démanteler.

Sauf qu’en l’espèce, le réseau mis en place par le trafiquant/indic n’a jamais été inquiété… contrairement à ceux de ses concurrents.

Sauf que depuis 2004, et la loi Perben II, le recours aux indics est encadré, ni un policier seul ni même une équipe d’enquêteurs ne peut en principe gérer seul son indic. Tous doivent désormais être répertoriés dans un fichier central.

Seulement pour démanteler un réseau, peut-on se contenter de la légalité ? Ne doit-on pas forcement user de techniques à la limite de la Loi ? Et cette zone trouble est-elle L’efficacité doit-elle primer sur le droit ? Les invités d’Arnaud Ardoin en débattent ce soir de 19h30 à 20h30 dans l’émission Ça vous regarde sur LCP.

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FRANCE (Scandale des stups): complaisance ou incompétence ?

LIRE sur:

http://lecolonel.net/scandale-des-stups-complaisance-ou-incompetence/

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CANAL+: Stups, un trafic d’Etat ? On en parle avec @Will_ld, @efansten et Marc Fiévet.

Le Grand Journal

Stups, un trafic d’Etat ? On en parle avec , et Marc Fiévet.

2016-05-24 (6)
la video

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FRANCE (affaire François Thierry): Bercy (DNRED) contre Beauvau (OCRTIS), les ratés de la guerre contre la drogue

En attendant, les trafiquants ont encore de beaux jours devant eux, puisqu’ils semblent décider de la quantité qui sera saisie, et quand.
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Après la saisie de 7 tonnes de shit à Paris, la justice a mis son nez dans la lutte contre le trafic de stups. Où l’on découvre que les douaniers ont mis par terre l’enquête prometteuse de la PJ, avec à la clef de lourds ennuis pour les indics…
Sipa

Jusqu’où les services de lutte contre le trafic de stupéfiants peuvent-ils aller pour infiltrer les réseaux ? Jusqu’où peuvent-ils couvrir les commeçants du shit pour en faire tomber d’autres ? Tant que cette guerre se mène loin des yeux et des oreilles du public, tout va bien. Dés lors que l’on ouvre la boite de Pandore, les dessous peu chics vous sautent à la figure. C’est exactement ce qui est en train de se produire, avec des avocats bien décidés à déstabiliser les services de l’Etat, des services souvent plus concurrents que fraternels et désormais, il fallait s’y attendre, des voyous qui se lâchent (ils auraient tort de s’en priver) dans les bureaux de la police des polices. Un déballage peu glorieux qui jette notamment la suspicion sur les pratiques de la police judiciaire, avec cet ex-indicateur qui raconte comment des policiers auraient participé au déchargement d’une cargaison de shit dans le sud de l’Espagne, comme le rapporte ce lundi 23 mai Libération

Reprenons. Officiellement, tous les services de l’Etat travaillent main dans la main contre le trafic de stupéfiants. Deux des trois commissaires qui chapeautaient l’office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS), fleuron de la police judiciaire (PJ), ont été appelés à d’autres fonctions, pas forcément déshonorantes au demeurant, puisque son chef, le commissaire François Thierry, occupe désormais un rôle clef au cœur du dispositif antiterroriste, mais officiellement, on ne change pas une équipe qui gagne. Le shit est à tous les coins de rue, mais officiellement tout va bien…

Officieusement, c’est une autre histoire : les coups bas n’en finissent pas entre deux des principaux acteurs de la répression, les douanes et la PJ. Ultime rebondissement : le rapatriement en hélicoptère, par le GIGN (groupe d’intervention de la gendarmerie nationale), de Bruxelles, où il a été interpellé, à Paris, d’un voyou patenté, logisticien millionnaire du trafic de cannabis, à qui certains taillent un costume d’indicateur de l’Office des stups…

D’un côté, la DNRED (direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières) et ses plus de 700 agents, oeuvrant sous la coupe du ministère de l’économie et des finances ; de l’autre, l’OCRTIS, rattachée à la Place Beauvau. Deux services de pointe censés rouler dans le même sens, sauf qu’ils se retrouvent parfois concurrents sur le terrain, et qu’à force de mauvaises manières, c’est la crédibilité de la lutte contre le trafic qui s’en trouve affectée. Au cœur du dernier bras de fer en cours, les suites de la saisie de sept tonnes de shit par la douane, entreposées dans quatre camionnettes (louées dans la même agence) négligemment stationnées sur un boulevard du chic 16ème arrondissement, en octobre 2015. Sept tonnes importées en France sous très haute surveillance, puis que les douaniers étaient sur le coup depuis le chargement au Maroc, grâce à un aimable informateur visiblement soucieux de se débarrasser de quelqu’un… mais aussi l’Office des stupéfiants, qui avait également un correspondant au cœur du trafic en la personne du logisticien chargé du convoi : un camion chargé de dix huit tonnes de cannabis, cachées au milieu de plats à tajine. Une livraison surveillée en bonne et due forme, selon les termes consacrés, autrement dit une commande verrouillée par les services de l’Etat, sous le contrôle de la justice, pour piéger des trafiquants autrement intouchables.

Les douaniers savaient-ils que la PJ attendait beaucoup de la livraison de cette marchandise, espérant bien neutraliser un réseau de revendeurs ? Les policiers en ont aujourd’hui la certitude, ce qu’ils ont d’autant de mal à digérer que les douanes se sont offerts une saisie « sèche », sans arrêter le moins dealer. Et que cette neutralisation est en passe de déboucher sur le plus formidable pataquès que la lutte contre la drogue ait connu. Avec des conséquences que le ministre de l’Intérieur, Général de cette « guerre » contre la drogue, ne saurait ignorer.

D’abord confiée à l’Office des stups, l’enquête judiciaire a atterri entre les mains de la brigade des stupéfiants de la préfecture de police. Indices : plusieurs éléments matériels retrouvés dans les fameuses camionnettes (un ticket bancaire, des vêtements, une tranche de pizza…) ont permis d’identifier un homme que nous appellerons Imed, pour sa sécurité personnelle, lequel serait l’un des principaux informateurs de la PJ sur le marché du cannabis. Un homme que traitait en direct le chef de l’Office, eut égard au rang de ce « tonton » et à son passé dans le crime. Le genre d’informateur que tout « poulet » normalement calibré souhaiterait avoir dans son carnet d’adresses, à charge pour lui de le laisser se payer sur la bête. Un « collaborateur » sérieux et efficace. Un garçon d’une quarantaine d’années, « vif, intelligent et respectueux » selon son avocat, qui réussissait si bien qu’il avait cassé les prix, probablement l’une des raisons pour lesquelles il dérangeait tant ses concurrents. Sauf que cet homme dort en prison depuis son rapatriement aéroporté de Bruxelles, où il a été arrêté alors qu’il retrouvait sa compagne, venue lui rendre visite depuis Paris, cette prison qu’il avait réussi à éviter depuis cette fameuse incarcération en Espagne, durant laquelle des policiers français lui avaient rendu une visite intéressée.

Les douanes ont fourni plusieurs explications baroques au lendemain de l’enlèvement des camionnettes (à l’aide de grues empruntées à un dépanneur du Val-de-Marne). Elles ont expliqué avoir été alertées par un voisin, avancé l’idée que leurs chiens avaient détecté le produit par hasard, mais comment auraient-elles localisé le lieu de stationnement si l’un des véhicules n’avait pas été équipée d’une balise ? L’Office des Stups, lui, ne savait pas où elles étaient garées, ayant choisi d’attendre la livraison pour passer à l’offensive. Une fusée à plusieurs étages, puisqu’il s’agissait dans un second temps d’infiltrer un important réseau européen, projet malencontreusement tombé à l’eau.

« Un massacre », résume un cadre de la PJ, qui défend cette méthode consistant à s’appuyer sur des voyous installés au cœur du trafic, la seule permettant à ses yeux de réaliser des affaires. Un coup d’autant plus sévère que le « tonton » ne va être le seul à devoir s’expliquer : les policiers eux aussi seront entendus par les juges, peut-être même auront-ils droit à des perquisitions, même si celui que nous appelons Imed opte pour l’omerta, sa seule issue s’il tient à la vie. Sauf que dans la maison d’en face, aux douanes, on ne compte pas les points de la même façon : la seule chose qui compte c’est le nombre de tonnes saisies que l’on affiche en fin d’année, 150 tonnes environ contre 5 pour la PJ, un chiffre qui doit être en hausse si l’on veut obtenir les bonnes grâces du ministre des Finances. Quitte à le gonfler artificiellement, en actionnant l’importation de marchandise sur le territoire français ou en comptabilisant une drogue saisie en haute mer et destinée à un pays tiers, le tout en recourant à des méthodes très similaires à celles de leurs concurrents de l’Office, avec une petite nuance, d’ordre sémantique : aux douanes, l’informateur est appelé « aviseur ». Et une autre d’ordre financière : l’ « aviseur » est plus grassement rémunéré que le « tonton », des primes qui peuvent aller jusqu’à 1 000 euros par kilo de cocaïne saisi, comme ce fut consigné par la justice il y a 5 ans, lorsqu’éclata un scandale dont l’affaire des sept tonnes pourrait bien être une réplique.

L’histoire démarre par un courriel reçu en novembre 2011 par l’Office des Stups, où il était question d’agents « corrompus » de la DNRED accusés d’avoir purement et simplement détourné « plusieurs kilos de cocaïne avec l’assistance de trois informateurs », dont un certain « Pacho ». Un mail également adressé à un magistrat du Parquet de Paris, avec tous les détails. Une enquête préliminaire est lancée et voilà Jean-Paul Garcia, directeur de la DNRED, entendu à l’Office des Stups par le patron et son adjoint. Deux des douaniers visés dans le fameux mail ont déjà été mutés, avant dispersion des survivants de l’équipe, soutient le directeur, mais pas pour des raisons disciplinaires. Seule ombre au tableau à sa connaissance : ses hommes n’ont pu exfiltrer à temps une source lors d’une opération baptisée « Hard Rock Café », une livraison surveillée entre la Colombie et l’Italie, via la France, validée par le Parquet, au cours de laquelle l’aviseur, un certain Pacho, avait réceptionné plusieurs paquets d’une vingtaine de kilos auprès d’une passeuse…

« Je suis étonné qu’on puisse attacher autant d’importance à cette lettre anonyme », déclare le directeur de la DNRED sur procès verbal. Pour lui, on cherche à « déstabiliser le service ». Mais la machine judiciaire est lancée : les dix kilos mentionnés dans le mail dormaient dans un coffre du service, où ils sont saisis par la police. Incarcéré, Pacho, l’informateur colombien, ne se fait quant à lui pas prier pour raconter ce qu’il sait. Comment les douaniers en poste à Roissy prélevaient les valises contenant la marchandise et les sortaient de l’aéroport. Combien il était payé par kilo saisi. Combien les douanes lui doivent. Sans oublier de mentionner le grand projet qui se profilait lorsqu’il a été coffré : le transfert par avion de six tonnes de cocaïne entre la Colombie et le Maroc, puis leur acheminent sous contrôle jusqu’en France, à destination de clients russes et hollandais…

De là à imaginer que la saisie de sept tonnes et la mise à mal de l’un des meilleurs informateurs présumés de l’Office des Stups soit une réponse à cet épisode désastreux pour les douanes, il y a un pas que certains franchissent, mais qu’un douanier dément vertement : « Entamer une guerre avec la police serait crétin ».

En attendant, les trafiquants ont encore de beaux jours devant eux, puisqu’ils semblent décider de la quantité qui sera saisie, et quand.

Frédéric Ploquin

Journaliste à Marianne, j’écris sur la Place Beauvau depuis 1982. J’ai suivi le dossier « police » au Matin de Paris, puis à l’Evénement du jeudi, avant de poursuivre à Marianne.
Braquages spectaculaires ou foireux, traques vaines et coups de filets retentissants, coups de feu ciblés ou hasardeux, évasions en douce ou explosives, armes en stock et cocaïne en soute, il n’est pas un jour sans que flics et voyous ne fassent parler d’eux.

http://www.marianne.net/fredericploquin/affaire-francois-thierry-bercy-contre-beauvau-les-rates-guerre-contre-drogue

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FRANCE (lutte contre le narcotrafic): les « Tartuffes » dans la tourmente

Des policiers qui « bougent » des valises marocaines! Du grand classique des méthodes utilisées dans la lutte contre le narcotrafic!

C’était déjà le cas il y a 20 ans!

DNRED (provocation douanière): vers Caracas avec des « James Bond » des Douanes françaises

Aujourd’hui
pour marcoFRANCE (Stups): révélations sur un trafic d’Etat
OCRTIS 2016: bis repetita placent

NARCOTRAFIC (France): quand la cocaïne était rapatriée sous le regard bienveillant de l’OCRTIS et la DNRED

AIR COCAÏNE: la DNRED, l’OCRTIS, le TRACFIN avaient ils des informations sur cette affaire ?

FRANCE (OCRTIS): quant à la lutte contre le narcotrafic!

 

Il est grand temps de pratiquer un ménage complet dans nos institutions régaliennes si l’on veut réellement éviter de nouveau ce « Grand Bal des « Faux-culs  » auquel nous allons assister!

Car tous, j’écris bien tous, du BCS en passant par la DCPJ, la DNRED, l’ IGPN, l’ OCRTIS, le SIAT et ……… le Parquet vont rivaliser dans le port de « faux-nez ».

Marc Fievet – NS 55 DNRED

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NARCOTRAFIC (France): quand la cocaïne était rapatriée sous le regard bienveillant de l’OCRTIS et la DNRED

Avatar de Marc FievetAVISEUR INTERNATIONAL

les PIEDS NICKELÉS chez les narcotrafiquants

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C’est un des derniers tabous dans les affaires de stups : la provocation policière, ou comment monter un dossier de toutes pièces pour réaliser une grosse saisie ou faire tomber un réseau. Cette pratique, formellement proscrite par le code de procédure pénale, est difficile à établir faute d’éléments probants. C’est pourtant pour cette raison que la cour d’appel de Paris vient d’annuler l’intégralité d’une procédure visant un vaste trafic de drogue entre la…

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AIR COCAÏNE: la DNRED, l’OCRTIS, le TRACFIN avaient ils des informations sur cette affaire ?

Avatar de Marc FievetAVISEUR INTERNATIONAL

Depuis la fameuse saisie des camionnettes  lestées  de cannabis  qui permit à  François Hollande d’aller faire le beau avec son copain Michel Sapin au siège  de la DNRED pour encenser ce grand service dont le directeur, le DI Jean Paul Garcia, était  absent .
Comme sont absents aujourd’hui dans le dossier  » Air cocaïne  » nos services spécialisés en matière de stupéfiants.
Nos services spéciaux ne seraient ils  aujourd’hui  devenus que des « faire valoir » des politiques?

Que savent ils  réellement  sur le narcotrafic, sur le narco-terrorisme, sur l’ Aero-narcotrafic, sur l’évasion  fiscale …et surtout que font ils réellement pour lutter contre ces plaies societales actuelles ?

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FRANCE (OCRTIS): quant à la lutte contre le narcotrafic!

Avatar de Marc FievetAVISEUR INTERNATIONAL

ecusson-OCRTIS« L’OCRTIS est devenu le premier narcotrafiquant de France! »

dixit un ancien magistrat instructeur

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Magouille institutionnelle, dossiers montés et arrangés, les « suceurs de roues » n’ont guère évolué depuis l’époque de Mario Le Corff. (Marc Fievet -NS 55 DNRED)

LIRE: NARCOTRAFIC: quand Mario Le Corff de l’OCTRIS montait des opérations douteuses…Mais ça c’était hier!

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DROGUE (Douane française): lettre ouverte à Monsieur Christian Eckert, ministre du Budget

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Monsieur le ministre,

La dernière importante saisie d’héroïne, 260 kilos, seulement due au hasard,  par les forces régaliennes vient une fois encore de nous démontrer que nos frontières sont de véritables passoires. Qu’un camion, immatriculé en Iran, puisse se balader en Europe avec un tel chargement est inacceptable  sachant que nous disposons des moyens nécessaires capables de contrôler pour le moins la totalité de ces camions plaqués avec cette origine.

L’Iran est un des pays de transit de l’héroïne vers les Balkans et le reste de l’Europe. Vous le savez et pourtant rien n’est vraiment décidé pour bloquer ces entrées de marchandise particulièrement dangereuse pour nos populations addictes à ces produits.

Quand il s’est agi de lutter contre les produits de contrefaçons, Pierre Mathieu Duhamel, ex DG de la Douane française, revenant d’un « pantouflage » chez LVMH pour devenir directeur du Budget de la France avait su sortir une directive pour que les forces douanières réorientent leurs actions contre la contrefaçon et cela au détriment de la lutte contre le narco-trafique.

Je vous demande instamment de bien vouloir demander à Guillaume Robert, le directeur de votre cabinet, puisque c’est lui qui est à la manœuvre, de sortir une directive pour réorienter l’action douanière avec mise en application immédiate.

La cellule d’études et de lutte contre les trafics illicites par conteneurs (CELTIC) pourrait prendre en charge ces contrôles sachant que nous disposons déjà de dispositifs de surveillance vidéo qui peuvent alerter de manière automatique.

Je suis certain que Madame Hélène Crocquevieille, la directrice générale de la douane française comme Monsieur Jean Paul Garcia de la DNRED ne feront aucune difficulté pour appliquer et motiver les agents des BSI et autres échelons DNRED.

Marc Fievet – NS 55 DNRED

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