AVISEUR INTERNATIONAL

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FRANCE (les cadavres dans le placard de Charly AKA Charles Pasqua – N°5 ): le vrai Charnier était du SAC

Pasqua, on l’a vu a de drôles d’amis parmi ses copains de chez la firme à la boisson anisée. L’un d’entre eux, notamment, qui s’appelle Jean Venturi, le représentant de Ricard au Québec, mort en 2011 à Marseille, à 89 ans. Venturi, c’est aussi, il faut le dire, une belle famille… de truands, avec son frère Nick, notamment : dans les années cinquante, issus du quartier du Panier, à Marseille, elle a débuté sa carrière dans la contrebande de cigarettes, entre Tanger et la France. Un trafic qui sera l’occasion d’une guerre mémorable entre bandes rivales pour la possession d’un cargo hollandais portant le nom prédestiné de Combinatie : à bord il y a  2 700 caisses de cigarettes de contrebande. Le cargo piloté par le trafiquant Placido Pedemonte, a été l’objet d’un acte de piraterie (?) le 4 octobre 1952 effectué par un autre navire, l’Esme, commandée par Eliott Forrest, affrêté par l’équipe rivale des Renucci, parmi laquelle figurent Nick Venturi et Marcel Francisci.. : les caisses de cigarettes ont été emmenées pour y être cachées… en Corse. Un autre larron, Antoine Paolini décide à son tour de s’emparer d’une partie de ces caisses de cigarettes pour les revendre : c’est le début d’une guerre des gangs qui va durer… 20 ans et faire au bas mot une trentaine de victimes. Entre gangs, on se massacre allègrement, via des rumeurs et des suspicions.

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Dominique, dit « Nick » Venturi (à gauche) n’est pas lié à la droite en politique : c’est, rappelons-le, celui qui avait aidé Gaston Defferre à s’emparer du journal Le Petit Provençal en août 1944, armes à la main, pour en faire Le Provençal. Gaston était l’autre personnalité du coin, avec Charly. Rivaux en politique, ils avaient les mêmes amis dans la pègre.« Carte de la SFIO (nom de l’ancien parti socialiste) en poche, Nick Venturi devient l’un des porte-flingues de Gaston. Le 22 août 1944, Marseille à peine libérée, il débarque avec ses amis, pistolet-mitrailleurs en main, au siège du journal Le Petit Provençal. Les locaux sont envahis, le journal rebaptisé Le Provençal, « organe des patriotes socialistes et républicains ». Gaston Defferre tient son quotidien, première étape avant de conquérir la mairie de Marseille en 1953 pour un règne de trois décennies, entouré de sa garde rapprochée. Parallèlement à ses activités « politiques », Nick Venturi, décoré d’une Croix de guerre pour ses faits de résistance, fréquente le beau linge du milieu. A ses risques et périls. En juillet 1946, avec trois de ses amis, il échappe de peu à une rafale de tirs vengeurs au bar le Hollandais, dans le quartier de Pigalle, à Paris. L’attaque est attribuée à Ange Salicetti, dit « le Séminariste », un truand corse, un brin vindicatif, assez peu porté sur l’absolution des péchés. La vendetta qui suit est sanglante, laissant près de 40 cadavres sur le tapis, jusqu’au décès non accidentel de Salicetti, le 3 décembre 1950. Le nom de Nick Venturi apparaît ensuite, de manière régulière, aux côtés de ceux de grandes figures comme les Guérini, Jo Renucci ou Marcel Francisci, dans des dossiers de contrebande de cigarettes, organisée entre Tanger et les côtes françaises. » Joli CV, non ?

On retrouvera le même Venturi bien plus tard avec un compte en banque ouvert à HSBC Genève, ou plutôt celui de son petit-fils Jean-Christophe Rapetto, qui s’alimentait étrangement à plusieurs reprises : « Jean-Christophe Rapetto, gérant de la SARL Le Café parisien et de la société JCR Holding, possédait un compte à la banque HSBC à Genève, ouvert en 2003. Le 21 août 2007, il reçoit 100 000 dollars, venant du compte Baraka, ouvert à la Rothschild Bank de Monaco ; et le 5 décembre 2007, 377 388 dollars, toujours du même compte et du même établissement financier. Si Jean-Christophe Rapetto ne se demande pas l’origine des fonds, HSBC Private Bank à Genève ne se montre guère plus curieuse. Pourtant, le patron, Alexandre Zeller, déclarait dans la presse suisse à la même époque : « Je n’ai aucune crainte de cas de blanchiment dans notre banque. S’il y avait le moindre souci, nous l’aurions dénoncé. » Des banques (suisses) qui ne savent pas qui leur verse de l’argent, avouez que ça devient croquignolet à ce stade.

D’où vient donc cet argent ? Officiellement, des… pommes de terre, raconte sans sourire Venturi  : « quand il ouvre un compte à la Deutsche Bank à Monaco en juillet 1998, « Nick » Venturi se présente comme « producteur de patates », résident à Casablanca (Maroc). Il y verse un million de dollars. Puis il ouvre en 2005 un nouveau compte baptisé Baraka. Deux ans plus tard, les économies déposées sur ce compte Baraka partent à la banque HSBC à Genève sur le compte détenu par Jean-Christophe Rapetto, son petit-fils, qui récupère au total 477 000 dollars. Jean-Christophe Rapetto est le fils de Jeannette Venturi, la fille de « Nick » Venturi, divorcée de Jean-Jacques Rapetto ». En réalité, Nick Venturi est surtout connu du bureau des « narcotics » américains, qui au début des années soixante, l’ont ciblé comme responsable du réseau d’importation de l’héroïne aux USA, via ce qu’on a appelé la « French Connection ». En 1964, un apport du Congrès américain sur « le crime organisé et le trafic illicite de drogues » le citait en bonne place. Or, à ce moment là installé au Canada, son frère Jean Venturi travaillait pour Ricard et était toujours un proche de Charles Pasqua…. dont la belle famille est canadienne (sa femme Jeanne Joly, est une Québécoise rencontrée à Grasse).

Le port de Marseille est déjà la plaque tournante de la drogue, et cela attise des convoitises. Vient s’y mêler la CIA, qui surveille de près l’évolution de la France et craint la tentation communiste dans le pays. La création du syndicat FO est la preuve tangible de cette grande peur de contagion communiste : « la CIA se tourna donc vers un certain Pierre Ferri- Pisani, ancien déporté et ancien de la Section française de l’internationale ouvrière (SFIO) mais exclu de ce parti politique suite à diverses manœuvres de Gaston Defferre qui redoutait son ascension. Encouragé par la CIA, Ferri-Pisani utilisa deux méthodes d’action pour reprendre le contrôle du port de Marseille. Il avait d’une part promu l’adhésion à Force ouvrière (FO), syndicat créé en 1947 par Léon Jouhaux suite à une scission d’avec la CGT. Jouhaux refusait la mainmise du PCF ou de la SFIO sur le syndicalisme. D’autre part, Ferri-Pisani utilisa les parrains en accord avec la CIA, notamment l’ancien résistant « socialiste » Antoine Guérini, afin d’intimider les dockers cégétistes voire « convaincre » certains d’adhérer à FO, syndicat favorable à la reprise du travail dans les ports français et plus généralement au plan Marshall dénoncé par Staline. »

Pour « sécuriser » le tout la CIA, comme aux Etats-Unis, songe à faire appel à la pègre : « Ce tandem est prêt à tout pour renforcer ses rangs. Adepte des liaisons dangereuses, Brown [de la CIA] et Ferri-Pisani auraient participé à une réunion à Bordeaux en 1952 pour ‘‘sécuriser’’ le port, avec des amis du milieu Corse – Antoine Guérini, Jo Renucci, Jean Colonna et le chimiste de la drogue Jo Césari. Dans sa lutte anticommuniste, Brown est même favorable à l’utilisation de néonazis ou de personnages troubles mouillés dans la collaboration ». Ainsi, sous l’influence directe de la CIA, certains parrains prirent de l’importance dans le contrôle des activités portuaires : « Quand le milieu eut ajouté la prise de contrôle des quais à l’influence politique qu’il avait acquise avec l’aide de la CIA en 1947, le conditions se trouvèrent réunies pour que Marseille devienne le laboratoire d’héroïne de l’Amérique ».

Car offrir les quais de Marseille à l’influence de la mafia, c’est obligatoirement y favoriser le trafic de drogue : que n’auront-ils pas fait pour éviter la gangrène communiste !!! « Ainsi aux Etats-Unis, en mai 1971 alors que la campagne antidrogue prenait de l’ampleur, un nouveau rapport de Morgan F. Murphy et Robert H. Steele, deux membres de la Chambre des représentants américaine, faisait le constat de l’implication des Corses dans le trafic. Le rapport, qui n’eut quasiment aucun écho dans la presse française, présentait les choses ainsi : « Au cours des dix dernières années, chaque affaire de stupéfiants à Marseille a impliqué une ou plusieurs des quatre familles corses : les frères Venturi (Jean et Dominique), Marcel Francisi, Antoine Guérini et Joseph Orsini. Il y a aussi d’autres groupes qui apparaissent de temps en temps mais ces quatre familles sont au cœur de la production illégale d’héroïne à Marseille » Bien que ce rapport exagérait sans doute l’influence de ces quatre clans sur la totalité du trafic, les Américains qui avaient poussé certains de ces réseaux via la CIA, voyaient en quelque sort l’arme se retourner contre eux. C’est ce que synthétise l’historien Alfred W. McCoy : « Le rôle de la CIA dans le trafic d’héroïne était simplement une conséquence négligée mais inévitable de sa tactique dans la Guerre froide »… Tout cela sous les yeux d’un SAC consentant : il est aussi anti-communiste, sinon pire encore…

C’est l’ouvrage d’ouvrage d’Alain Jaubert paru en 1976, « Dossier D… comme Drogue », qui nous donne donc une des clés les plus sulfureuses de l’énigme Pasqua : c’est une française qui nous la donne, elle s’appelle Jacqueline Pilé-Hémard, et c’est l’héritière de la famille Hémard, devenue la propriétaire de Pernod & Ricard, les deux firmes ayant fusionné en 1975, Ricard étant aujourd’hui dirigé par un des petit-fils de Paul Ricard. Fort étrangement, Jacqueline Pilé-Hémard demande en 1995 aux Etats-Unis le titre de réfugiée politique. Elle est l’épouse d’Ali Bourequat (ici à droite), qui après avoir été confident du roi du Maroc (Hassan II) est tombé en disgrâce, lui et ses deux frères, pour être enfermés 18 ans dans le terrible bagne-mouroir de Tazmamart. Ce qu’elle écrit alors défie l’entendement :  Je crains d’être persécutée si je suis renvoyée en France. Je crains d’être persécutée là-bas par des fonctionnaires du gouvernement français. Je le dis pour les raisons suivantes. Je fus mariée et vivais avec mon mari, M. Eric Hémard. Mon nom de jeune fille est Jacqueline Pilé. Mon mari était étroitement lié avec des membres influents du gouvernement français. Il était lui-même très puissant en France, politiquement et financièrement. Les dernières années, j’ai pris conscience que la famille de mon mari était impliquée dans le trafic de drogue. La famille Hémard a contribué à mettre en place des installations de transformation de la cocaïne au Maroc. Le ministre de l’Intérieur, M. Pasqua, et le roi du Maroc, aussi bien que la famille de mon mari, étaient impliqués dans la mise en place de laboratoires ».

Selon elle cela aurait commencé en 1962, et aurait duré jusque les années 80. Or, étrange coïncidence Charles Pasqua a effectivement travaillé chez Ricard pour développer la filière marocaine, et Jean Venturi a travaillé avec lui. « Lors du démantèlement de la « French Connection » (1971), qui faisait parvenir de l’héroïne aux États-Unis via le Canada, les noms de Jean-Charles Marchiani et de Charles Pasqua sont cités par la presse anglo-saxonne. Pendant près de neuf ans, Jean Venturi était l’importateur et le distributeur en Amérique du Nord du pastis Ricard, statut qui lui servait de couverture pour assurer plus facilement l’importation d’héroïne provenant de Marseille. Son supérieur hiérarchique était alors Charles Pasqua ». Selon Bourequat,  » Pernod-Ricard servait de couverture aux services spéciaux français, pour le trafic de drogue comme pour le reste ».

La demande de naturalisation de Jacqueline Pilé et de Ali Bourequat acceptée rapidement par les USA nous donne un autre élément important de l’affaire, comme le note ici un posteur : « depuis l’indépendance des USA, ce pays a accordé 5 droits d’asiles pour cause de persécution politique à des Français… Bourrequat (journaliste franco-marocain encagé avec sa famille par Hassan II durant une longue période) et Aymard (ex-épouse du Directeur de Pernod, associé de Ricard… dans le fondation de labos au Maroc… pour « faire du Pastis », qu’on se rassure… ce fut elle qui dénonça les magouilles et les comptes off-shore de la société et de son époux) en furent les N° 4 et 5 !… Deux d’un coup !… Pour les soustraire aux doubles équipes de tueurs de la Pasqua and C° ; le SAC d’une part… les flics de l’autre puisque l’impayable Charly était parvenu à ridiculiser Vidoc en se hissant au poste de Ministre de l’Intérieur (Vidoc le bandit-policier n’ayant pas passé le cap de préfet de police !) Une vidéo conférence du couple fut retransmise dans l’hémicycle ou les braves députés (peu étaient présents… pour quoi faire ?) se reconnurent « choqués »… sans autre forme de soutien à la démocratie pourtant sérieusement mise à mal. »

On serait bien tenté de les croire en effet, tant la proximité des trafiquants et de Charly est grande. Toujours dans « D comme Drogue », on peut aussi lire en effet ceci : « Jean Venturi assure l’acheminement de la drogue vers le Canada et le rapatriement des capitaux vers la Suisse ou la France. Il est au même moment représentant au Canada du Pastis Ricard. Le directeur commercial chargé des exportations chez Ricard est Charles Pasqua, un des fondateurs du SAC., grand recruteur de truands et de barbouzes. Au moment où Pasqua a Venturi sous ses ordres, il ne peut absolument pas ignorer les activités de son représentant, puisqu’elles ont fait l’objet d’une fiche du FBI publiée aux Etats-Unis, qu’il y a à Marseille un copieux dossier de police consacré aux frères Venturi et que le nom de Venturi ne peut à l’époque, en aucune façon, être ignoré du moindre directeur commercial de la région marseillaise  ». L’argent arrivé sur le compte miraculeux du petit-fils béni est bien le produit de la drogue et non de la vente d’hypothétiques patates marocaines… et ça, Pasqua devait donc obligatoirement le savoir !

De fait, la French Connection était un circuit d’héroïne fabriquée au départ de Marseille, la morphine-base venant de de Turquie, d’Indochine ou de Syrie. Une drogue faite dans des labos discrets de l’arrière-pays, sous la houlette de Joseph Cesari, le chimiste le plus connu de la French Connection , une héroïne réputée pour sa qualité qui était vendue ensuite aux Etats-Unis transportée par bateau dissimulée dans les carrsseries de voitures. « Lucien Aimé-Blanc, commissaire de police originaire de Marseille et qui officiait notamment à la Brigade des stupéfiants dans cette ville de 1974 à 1976, est catégorique sur les origines de la présence d’opium dans la ville : « L’opium, cela commence avec des marins Corses et Marseillais partis en Indochine avec les Messageries Maritimes » note dans son mémoire de 2009  « Le démantèlement de la French Connection : la répression internationale des filières françaises de l’héroïne « Michaël Bénichou.

La drogue venue de Syrie était tout simplement « pêchée » au départ par de petits canots, indétectables (le procédé existe toujours avec les cargos amenant la coke colombienne en Europe) : « La technique la plus couramment utilisée était la suivante : l’équipage du cargo de transport larguait la marchandise en mer, elle était attachée à des bouées. Une équipe de porteurs était ensuite chargée de la récupérer avec des canots. Les porteurs revenaient alors dans un port discrètement, ils pouvaient sinon cacher la marchandise dans des criques et elle y était récupérée plus tard. Enfin, la marchandise pouvait aussi passer directement par les ports mais cette technique était bien plus risquée : on ne pouvait pas larguer la marchandise si les douanes décidaient de fouiller les cargaisons, notamment si elles avaient été préalablement informées par un aviseur. Au total, plus de 1234 kilos de morphine base et plus de 1070 kilos d’opium introduites par les Turcs furent saisis en France entre septembre 1966 et mars 197281. Ce bilan apparaissait bien maigre comparé à l’essor du trafic, donc en général tout se passait comme prévu, sans accrocs, exceptées les querelles entre truands qui se réglaient d’homme à homme. Une fois la matière première arrivée à bon port, il ne restait plus qu’à la livrer aux organisations qui faisaient travailler des chimistes. « 

Un trafic bien rodé : on a estimé à 40 tonnes par an l’intensité du trafic à sa grande époque des années 70. C’est dans ce circuit que tombera l’animateur vedette de la télé française, Jacques Angelvin, présentateur de l’émission Télé-Paris. Dans sa Buick Invicta, les stups avaient découvert 52 kg d’héroïne pure, Angevin ayant perçu pour le transport seulement 10 000 dollars : il sera condamné à 6 années de prison. De la drogue fournie par le mafieux François Scaglia, aidé des frèrs Patsy et Anthony Fuca, deux hommes proches de la famille Lucchese, qui avait repris le lucratif trafic du gangster français Paul Carbone., qui avait commencé en 1937 avec son associé Italo-Marseillais, François (dit Lydro) Spirito. « Ils régnaient sur différentes activités illégales et avaient établi des connexions avec les politiques locaux : « Sur a rive nord du Vieux Port, à l’emplacement de la cité antique, les premières ruelles du quartier du Panier alignent leurs bordels connus des marins du monde entier. Deux hommes y font la loi : Paul Carbone et Lydro Spirito. Le politicien du Panier et du port se nomme Simon Sabiani. Plus Sabiani prend de l’importance à la mairie, plus Carbone et Spirito étendent leurs affaires : du proxénétisme, ils passent au racket hôtelier, puis au racket de la viande, de l’épicerie, du spectacle. Ils importent des machines à sous des Etats-Unis, truquent les combats de boxe »34… Paul Carbone et François Spirito furent donc les pionniers dans la mise en place d’un véritable système d’activités économiques illégales« . Les Fuca sont les neveux d’Angelo Tuminaro, marié à Bella Stein, fille d’un fameux bootleeger qui représente la mafia juive américaine.

Une drogue marseillaise réputée : « d’autres que les Marseillais ont essayé de fabriquer une héroïne pure comme la leur. Ils y sont arrivés en produisant une héroïne pure à 70%, les Marseillais eux c’était 95, 97%. Pourquoi ? Parce qu’ils avaient un secret. Ce secret c’était d’arriver au point de fusion de la patte, 229°, d’arriver au point de fusion à un bon rythme. Il fallait être patient, savoir attendre. Et l’un des chimistes les plus connu de la French Connection, qui s’appelait François Scapula, a dit un jour : ‘‘C’est comme la bouillabaisse, il faut avoir le truc’’ » Le fait était que la réunion du pavot turque, sans doute le meilleur au monde et qui plus est monopolisé par les Marseillais via le Liban, associé à l’habilité des chimistes qui avaient derrière eux une longue tradition dans ce domaine d’expertise, faisait de l’héroïne marseillaise la meilleure au monde, sans aucun doute possible. Souvent pure à 95%, certains, comme Jo Césari, arrivaient à produire une héroïne proche de la perfection : 99%. Jo Césari signait d’ailleurs ses productions d’une pastille spéciale afin qu’elle puisse être reconnue et vendue plus cher en guise de qualité. 

Un Luchese lié lui-même à deux gangsters montréalais, Pepe et Vincenzo Cotroni, un des larrons du trafic portant même le nom d’Anthony Di Pasqua (aucun rapport de famille, rassurez-vous) !!! Un homme d’affaires français est aussi mouillé : Jean Jehan, surnommé  » « Pépé la Schnouf ». Scaglia sera condamné à 22 ans, les fréres Fuca à 15 ans chacun. Si les transferts se limitent à une centaine de kilos maximum, le 29 février 1972, au large de Marseille est arrêté un chalutier, le Caprice des temps, en avec 425 kg d’héroïne à bord, destiné à rejoindre Miami.  Les trafiquants étant Jean-Claude KellaLaurent Fiocconi et l’insaisissable Francis le Belge : la saisie record marquera la fin de la French Connection. Dans une surprenante interview de William Friedkin, le réalisateur du film sur la French Connection, avec Gene Hackmann, on tombe une nouvelle fois des nues avec ce qu’il raconte « je crois que dans la plupart de mes films, les fins sont ambiguës. C’est au spectateur de se faire sa propre idée. Pourquoi ? Parce que la vie elle-même n’est pas simple, il n’y a pas toujours de réponse ou de happy end, il y a toujours une sensation d’inachevé. C’est ce que j’aime au cinéma, j’aime emporter le film avec moi. Je n’ai pas envie qu’un idiot de réalisateur me dise quoi penser. Vous savez quoi ? Dans la réalité, le trafiquant de French Connection n’a jamais été attrapé. Il s’appelait Jean Jehan, et pas Charnier comme dans le film (nota : il est joué par Fernando Rey), puisque nous avions dû changer de nom. Il a réussi à échapper aux policiers new-yorkais qui l’entouraient. Les inspecteurs ont ensuite appris qu’il avait rejoint la France, plus précisément la Corse. Ils y ont envoyé deux flics pour tenter d’obtenir son extradition. Ils sont restés des mois sur place, se heurtant à l’administration. L’un de leurs homologues français a sympathisé avec eux. Il leur a dit : « Vous n’arriverez jamais à obtenir son extradition. Jehan a combattu aux côtés de Charles de Gaulle durant la Résistance ». Et Jehan est mort paisiblement dans son sommeil. La seule personne qui a fini en prison dans l’affaire de la French Connection a été Jacques Angelvin, une star de la télé française. Jehan avait mis de la drogue dans sa voiture pendant son voyage aux États-Unis, à son insu, selon lui. »…. Jehan était donc lui aussi du SAC !!!! Mais il n’était pas « mort dans son sommeil, comme l’avait cru William Friedkin.

Une chose confirmée par les narcotiques US : selon le détective Sonny Grosso le pivot central du réseau d’héroïne était bien « le corse Jean Jehan ». « Jehan avait arrangé le passage de de 64 livres d’héroïne « pure », d’une valeur à la revente de 220 millions mais il n’a jamais été arrêté pour sa participation(engagement) dans la contrebande d’héroïne internationale ». Selon Grosso, toujours, toutes les demandes américaines d’arrestation de Jehan sont restées vaines. « Pendant des années ensuite, Jehan a été rapporté pour être vu arrangeant et opérant(exploitant) des activités de médicament(drogue) à volonté partout en Europe ». Ses liens avec le SAC lui ont toujours suffit pour obtenir l’immunité en France. Des liens, obligatoirement, avec… Charles Pasqua, responsable du SAC ! Le 27 mai 1971, l’orage vient une première fois des USA : deux députés américains, Robert Steele et Morgan Murphy, lâchent le morceau :dans lans leur rapport sur les « Problèmes mondiaux de l’héroïne » il citent des noms de truands marseillais responsables selon eux du trafic d’héroïne : « Les frères Venturi ( Jean et Dominique dit « Nick »), Marcel Francisi, Joseph Orsini et Antoine Guérini. » De l’héroïne envoyé aux USA par divers moyens….

Les américains le savent, car ils ont suivi de près, juste au sortir de la guerre, les exploits d’un de leurs mafieux, liés à la maison mère italienne : « deux délégations de mafieux italiens et américains se réunissent du 10 au 14 octobre 1957 au Grand Hôtel des Palmes à Palerme. Cette réunion décidée par Lucky Luciano (ci-dessus) doit permettre d’inonder le marché américain d’héroïne. Pour s’assurer le contrôle de tout ce trafic, Lucciano s’associe avec deux marseillais, Jo Renucci et Antoine Guérini que l’on retrouvent dans la « French – Connection » en compagnie d’un autre contact de Luciano, Etienne Léandri. C’est le ministre français, Martinaud Desplat qui a dépêché Jo Renucci au Maroc avec quelques hommes de main afin de juguler, par tous les moyens, les mouvements d’opposition qui veulent sortir le Maroc de l’influence française. De son côté Etienne Léandri, qui deviendra un ami très proche de Charles Pasqua, a été un collaborateur notoire pendant la guerre et doté d’un uniforme de la Gestapo, il s’était enfui en Italie pour échapper à sa condamnation à vingt ans de travaux forcés. Léandri va représenter Luciano auprès de la C.I.A., dont il rencontre plusieurs fois le patron, Allen Dulles. La « maison » apprécie l’anticommunisme de Léandri et va même obtenir en 1955, l’annulation de sa condamnation. C’est ainsi que l’on retrouvera Léandri auprès de Jean Charles Marchiani, de Pasqua et de son fils, des réseaux et de la vente d’armes jusqu’à sa mort en 1995″… Charly, ce bon résistant, a de biens étranges amis… corses. Leandri étant aussi un des piliers des Trois Canards, le café parisien devenu plaque tournante parisienne du grand banditisme !!!
 »

sources :

http://gangstersinc.ning.com/profiles/blogs/the-man-who-stole-the-french

http://www.sciencespo-rennes.fr/mediastore/fckEditor/file/Benichou.pdf

http://www.algerie-francaise.org/barbouzes/foccart-pasqua.shtml

source: http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-cadavres-dans-le-placard-de-169429

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FRANCE (les cadavres dans le placard de Charly AKA Charles Pasqua – N° 4: l’Afrique, et une tuerie entre barbouzes (la tuerie d’Auriol)

par morice
jeudi 16 juillet 2015

Le SAC c’est Charly mais aussi Foccard, l’ineffable Mr Afrique de De Gaulle, qui fait la pluie et le beau temps sur une bonne partie du continent, aidant ses dictateurs préférés à rester en place en supprimant physiquement leurs opposants. Les tueurs du SAC sont à l’ouvrage… ou les mercenaires, tel Bob Dénard, autre poème à lui tout seul. Le SAC a aussi des troupes disparates, on l’a vu, mais aussi de véritables psychopathes, dont une poignée dans le Var va massacrer toute une famille pour des ragots, entraînés par un leader se prétendant ancien légionnaire alors qu’il avait été réformé pour pieds plats, ce que ces camarades d’infortune apprendront éberlués le jour de leur procès commun. Le SAC de Pasqua, c’est plutôt une Cour des Miracles qu’autre chose…

Le SAC est ses basses œuvres, et ce n’est pas ce qui manque, en effet, et Mr Charly est très affairé dans les années 70.. et même depuis avant, car il ne s’est pas occupé que des opposants français. Dans l’épisode précédent, on a vu le sort horrible réserve à un opposant africain, Félix Moumié, mort empoisonné à Genève. Treize ans plus tard, Foccard et le SAC, qui est aussi l’arme par destination de Foccard, se trouvent un autre objectif. Ou plutôt sont appelés à la rescousse par François Tombalbaye le dirigeant tchadien que soutient alors la France, comme on peut le voir ici sur le perron de l’Elysée :

L’homme visé s’appelle Outel Bono. Brillant élève en France (il a passé son doctorat de médecine à Toulouse), voici de retour en 1962 dans son pays natal, plein d’espoir. Il y crée aussitôt un journal d’opposition, L’Etudiant tchadien, qui lui vaut aussitôt une haine féroce du régime. Arrêté à plusieurs reprises, il rentre en France dix ans plus tard en 1972. Là, il décide d’y créer le MDRT (pour « Mouvement démocratique de rénovation tchadienne »), en opposition toujours à Tombalbaye qui au même moment est harcelé par le Frolinat, un mouvement marxiste soutenu par la Libye. Tombalbaye, excédé et craignant que des gens du Frolinat ne rejoignent le nouveau mouvement en gestation d’Outel Bono, demande à Foccart de lui débarrasser de l’activisme de Bono. Là encore, le SAC est impliqué.  Le 26 août 1973 le leader noir est assassiné proprement de deux balles dans la tête, juste avant de réintégrer sa voiture, Rue de la Roquette (dans le 11e arrondissement, entre la place de la Bastille et le cimetière du Père-Lachaise). Du travail de pro. On retrouvera en 2012 seulement des documents attestant du danger qu’encourait Tombalbaye, des textes signés d’Ibrahim Abatcha, chef du Frolinat, mort en 1968, dont des courriers à Bono, qui ne semblait pourtant pas vouloir répondre positivement au Frolina. Le danger était plutôt algérien, avec des liens avec le FLN et Cuba, ou avec Damas et le parti Baas, voire l’Irak de Saddam Hussein et même au Koweit, le principal supporter étant la Libye. Bono n’avait en fait pas trop envie de s’associer avec le Frolinat, mais il n’était plus là pour le faire savoir.

Qui a assassiné Bono ? Très certainement la barbouze Claude Bocquel, un ancien CRS, tireur d’élite auquel Tombalbaye, a déjà fait appel pour des opérations en France comme l’enlèvement d’un des leaders du Frolinat. Bocquel avait la même arme personnelle que l’assassin et la même voiture que celle vue dans la rue le jour de l’assassinat. En somme, il n’a pris aucune protection pour éliminer le docteur Bono. Il devait donc se savoir sacrément protégé pour agir en toute impunité. Selon la presse de l’époque, c’est le mentor de Bocquel, resté au Tchad, Camille Gourvennec, proche de Tombalbaye qui avait décidé et téléguidé l’opération. « Par rapport à la question des droits de l’homme, on reproche aux armées africaines d’être impliquées dans des crimes de guerre. Il serait juste de rappeler que dès 1960, la fonction sécuritaire au niveau des Etats africains, a été confiée aux assistants français à charge pour eux de mettre au pas toutes les velléités de rébellion, n’oublions pas le contexte de revendication d’indépendance dans beaucoup de pays africains. Ce n’est pas un hasard si de nombreux leaders africains ont été liquidés par les réseaux Foccart à cette période grâce aux militaires et autres barbouzes français à la tête des différents services de police et de gendarmerie. En ce qui concerne le Tchad, le commandant Galopin et le colonel Camille Gourvennec ont joué ces tristes rôles, torturant et exécutant tous ceux qui dérangeaient le régime de Tombalbaye » écrit en 2010 « Zoom sur le Tchad »… dans son livre « Les tueurs de la République », Vincent Nouzille évoque un autre larron comme influence : Maurice Robert, le responsable de la Garde Nationale de Tombalbaye. L’homme du SDECE, qui deviendra ambassadeur, et qui organise alors et dicte les opérations « homo » : à savoir les exécutions sommaires : son homme de main s’appelle alors Bob Denard !

Parfois, le SAC et le SDECE font appel à des mercenaires. La bonne façon pour eux de ne pas apparaître au scénario des mauvais films quand les opérations ratent. Foccart a ainsi recours au dénommé Bob Dénard (ici à gauche), rebaptisé le « lieutenant-colonel Gilbert Bourgeaud » sur son faux passeport fabriqué par le SAC. Le discret« exploitant agricole » de la ferme de Donguila, au Gabon, est vite devenu conseiller de la garde personnelle d’Ali Bongo, au sein de la SGS (Société gabonaise de services) société de sécurité créée par… Maurice Robert. Même méthode pour se débarrasser des encombrants, chez Bongo : son principal opposant, le diplomate Germain M’Ba (ici à droite), est ainsi froidement assassiné le 16 septembre 1971 de deux balles dans la tête, à Libreville. Une attaque rocambolesque où l’épouse et la fille de Germain M’Ba, sont blessées par les tirs, et le corps de l’opposant emmené (il n’a jamais été retrouvé !). Selon les témoins, se sont deux « blancs bronzés » qui auraient fait le coup et qui se seraient enfuis dans une 404 blanche. Selon Pierre Péan, peu de temps après le meurtre, on a bien arrêté une voiture semblable avec deux occupants blancs, mais ils auraient été relâchés sur ordre express de… Bongo. L’affaire en restera là jusqu’au jour où Jean Mauricheau-Beaupré  » l’« archétype de la barbouze française »(il était de la DGER, l’organe de renseignement qui deviendra le SDECE en 1946 où il intègrera le service « Action » et gardera longtemps son titre de couverture de journaliste à Paris-Match) accusera ouvertement Maurice Robert d’avoir demandé à Bob Denard d’exécuter M’Ba, ce qu’il aurait appris directement de Bob Dénard. en personne… Beaupré est aussi l’homme qui fournira en armes les milices de Charles Taylor au Biafra…

Des tueurs, des assassins, et des paranoïaques, voilà ce qui constitue les hommes au service de Charles Pasqua, celui qui décide de la vie ou de la mort d’autres personnes, avec Debizet. Une parano qui va provoquer un des pires massacres commis par le SAC… contre l’un de ces hommes, au départ. Cela commence par la découverte d’une tuerie, à Auriol , qui commence par un incendie : « Le 19 juillet 1981, à Auriol, un maçon remarque une épaisse fumée qui s’élève de la villa de Jacques Massié, inspecteur de police et militant RPR. Les gendarmes découvrent sur place de nombreuses traces de sang et constatent la disparition de six personnes : Jacques Massié, son épouse Marie-Dominique, leur fils Alexandre âgé de sept ans, ses beaux-parents Jules et Emmanuelle Jacquèmes, et son beau-frère Georges Ferrarini ». Or Massié est aussi un dirigeant local du SAC, alors en conflit ouvert avec un collègue, Jean-Joseph Maria, surnommé « Kojak » à cause de son crâne rasé, et avec son ami et collègue Lionel Collard. « Jean-Joseph Maria suscite l’adhésion. A l’entendre, il a été colonel de paras et a sauté sur Kolwezi. En réalité, il a été simple soldat dans des bureaux à Nancy et n’est qu’un très ordinaire directeur d’une entreprise familiale de peinture, en mal de reconnaissance ». Ces derniers, devenus complètement paranos, sont persuadés que leur collègue va les trahir et remettre des documents « à la gauche ». Le SAC étant une organisation de tueurs et pas d’anges, ils ont décidé tous deux de s’en débarrasser… physiquement. L’équipe de tueurs réunie est fort surprenante, car elle contient un un instituteur Jean-Bruno Finochietti qui n’a jamais fait de mal à une mouche, un parachutiste à l’oreille coupée, Lionel Collard, et trois postiers syndicalistes de la CGT. Didier Campana, qui est aussi motard, Jean-François Massoni et Ange Poletti.

A l’origine du conflit interne, selon MrX Patrice Pesnot dans « Morts sous la Vème République« , il y a une bête histoire d’argent : « au centre de cette sanglante affaire se trouve un inspecteur de police, Jacques Massié. Fils et petit-fils de policier, il commence modestement sa carrière comme motard dans les CRS. Soudain, dans la deuxième moitié des années 1970, il bénéficie de promotions exceptionnelles qui ne doivent rien à ses mérites mais à ses seuls appuis politiques : ce militant du RPR devient un adhérent très actif du SAC. Si actif même qu’il prend du galon et devient le responsable départemental du service. Sous son autorité, le SAC continue à entretenir des liaisons dangereuses avec la pègre locale et se livre à de nombreux trafics. Jacques Massié entend profiter de sa position pour s’enrichir. L’inspecteur peut ainsi acheter une bastide à Auriol, près de Marseille, et roule en Mercedes. Tout est bon pour faire de l’argent. Massié propose ainsi d’assurer la sécurité d’une grosse entreprise de la région. Il touchera le chèque mais omettra de remplir son contrat. Comme il détournera les cotisations des adhérents. Bref, il a tendance à confondre sa bourse et la caisse du SAC. Conséquence : à l’intérieur du mouvement, ça commence à grogner. Un homme mène la fronde : Jean-Joseph Maria, un artisan marseillais qui est l’adjoint de Massié et rêve de prendre sa place. La rivalité entre les deux hommes ne cesse de s’exacerber. Les deux chefs et ceux qui les suivent s’espionnent. C’est une lutte à mort qui s’instaure. En février 1981, un restaurateur marseillais, membre du SAC, disparaît mystérieusement. On ne le reverra pas. Puis en mai, le trésorier départemental du service, un proche de Massié, s’évanouit pour toujours dans la nature. Quelques jours plus tôt, Massié lui-même affirme avoir été l’objet d’une tentative d’attentat sur une autoroute. Cette querelle prend de telles proportions que le président du SAC en personne, Pierre Debizet, décide de se rendre à Marseille au début du mois de mai. Curieusement, Debizet rencontre le seul Maria dans un hôtel proche de l’aéroport de Marignane. Maria multiplie les accusations contre son chef : détournement de fonds, chantage, faux hold-up, attentats à h bombe contre une imprimerie et un foyer de travailleurs immigrés Et même, quelle horreur ! flirt avec les Giscardiens. Bref, il est urgent de mettre Massié hors d’état de nuire ».

C’est le quintette de pékins qui a déboulé dans la villa la veille, dissimulés par des masques de chirurgiens… mais ce jour-là Massié (ici à droite) n’était pas là, seuls. Les attendaient Marie-Dominique Massié, son épouse, son fils, Alexandre, âgé de 7 ans, sa mère, son père et son beau-frère. Les voilà tous les 5 otages, avec un énorme hic d’emblée : Marie-Dominique Massié a hélas reconnu l’instituteur sous son masque. C’était la condamner elle et ceux présents ce soir-là : le « para » Collard décide en effet de tous les supprimer (par étranglement). Le petit Alexandre sera battu à coups de tisonnier avant que Finochietti ne décide de mettre fin à ses souffrances en lui donnant un coup de couteau. Les corps sont jetés dans une ancienne mine à proximité, et les tueurs attendent le retour de Massié, qui est tué au couteau à trois heures du matin, puis les assassins placent des bougies partout pour incendier la maison.

Les soupçons portent vite sur ceux déjà cités, la propre sœur de Massié étant venue aussitôt dire aux policiers que son frère lui avait dit que « Le chauve, l’instituteur et l’homme à l’oreille coupée, je ne peux plus les contrôler ! « … soit Jean-Joseph Maria, Jean-Bruno Finochietti et Lionel Collard (en photo à leur procès ici à droite), qui vont vite devoir avouer, tant tout les accable, dont des relevés d’empreintes. Il avouent finalement après 48 heures d’interrogatoire. Dans la foulée, le 24 juillet, la police arrête le secrétaire général du SAC Pierre Debizet, à la demande de la juge d’instruction de Marseille Françoise Llaurens-Guérin, qui l’inculpe aussitôt de complicité d’assassinat et l’incarcère un mois en préventive à la prison des Baumettes. Jean-Joseph Maria, Lionel Collard et Ange Poletti seront condamnés à la réclusion à perpétuité, Jean-Bruno Finochietti et Didier Campana à vingt ans de prison, et Jean-François Massoni à quinze ans. Or aujourd’hui, tous sont libres. Pour Debizet, le scandale sera pire encore : Pierre Debizet renvoyé devant les assises, bénéficiera, après cassation, d’un non-lieu de complaisance absolument inadmissible. Or le 5 mai 1981 de passage à à Marignane, il avait déclaré « qu’il fallait régler le problème Massié »... ce qui avait été perçu comme un feu vert par la fine équipe. L’Etat français, avec un pouvoir qui a changé de mains, décide d’en finir avec le SAC : « L’affaire fait scandale, et une commission d’enquête parlementaire, dominée par les socialistes, est créée sur le SAC. Ses travaux aboutiront à sa dissolution, le 3 août 1982 Le Service d’action civique est logiquement dissous par le président François Mitterrand le 3 août 1982, par application de la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et les milices privées.

Tout le monde s’interroge alors sur la grande mansuétude dont a bénéficié Debizet, qui a très vite recréé un autre mouvement. « En 1986, Pierre Debizet, proche de Jacques Foccart, actuel conseiller de Jacques Chirac pour l’Afrique, réapparaissait avec le titre de délégué général du Mouvement initiative et liberté (MIL), dont le président d’honneur était Alain de Boissieu, gendre du général de Gaulle. » L’histoire du fameux « fichier » que le pauvre Massié aurait promis à la gauche, c’est tout autre chose en fait. Debizet en personne, qui déteste Giscard, autant que Charles Pasqua que l’on accuse partout d’avoir fait téléphoner pour demander à la droite d’élire Mitterrand pour faire tomber celui qu’il détestait, a résolu de donner à la gauche le fameux fichier, qui est celui de tous les adhérents du SAC. Le prix pour qu’on lui fiche la paix ? Debizet aurait lui-même offert ce pourquoi il aurait fait assassiner un des ces militants ! Debizet, comme Pasqua, avaient tous deux misé sur l’élection de Mitterrand et non de Giscard d’Estaing, leur ennemi juré ! Plutôt lui… que l’autre !

Mais Debizet n’en n’avait pas terminé et Pasqua non plus, qui crée le 7 décembre 1991 le mouvement intitulé « Solidarité et défense des libertés » pour « ceux qui refusent le socialisme et veulent agir » (dix ans avant c’est un de ceux qui l’avaient fait élire !). On y trouve Alain Juppé, Jacques Toubon, Yvon Bourges et Jacques Médecin pour le RPR, Alice Saunier Seité et Jacques Dominati pour l’UDF, mais aussi François Bachelot futur député du Front national, et Pierre Lagaillarde ancien député d’Alger… un partisan de l’Algérie française et de l’OAS. Et encore Gérard Ecorcheville, un ancien d’Ordre Nouveau et du Parti des Forces Nouvelles, venu avec son beau frère Alain Robert (le responsable de la Fédération des étudiants nationalistes avec Gérard Longuet et Alain Madelin.) C’est Alain Robert, rappelons-le, qui a créé avec François Brigneau, le Front national (FN) en 1972, Jean-Marie Le Pen en devenant le secrétaire. Robert, en 1974, avait fait un deal avec Giscard, en acceptant de faire voter ses militants qui collaient les affiches de Giscard… contre finance !

Mais Charly n’a pas abandonné pour autant Marseille, et mlagré sa disparition officielle, le SAC est toujours bien vivant : « sur le terrain ce mouvement réactive de vielles amitiés. A Marseille par exemple c’est en février 1982 qu’est créée une section de Solidarité et défense des libertés. Pasqua viendra en personnes inaugurer les locaux. Le président est Paul Gaillet, ancien secrétaire fédéral du SAC, le vice-président est Jean Roussel, futur député du Front national en 1986, le secrétaire est Joseph Nicolaï ancien commandant principal de la police de Marseille et membre du SAC. On trouve comme membres :
 – Gilbert Chabillat, ancien responsable du SAC de 1970 à 1975 (date de son exclusion) et qui s’est reconverti depuis dans le devillièrisme.

- Humbert Giaconelli, un ancien policier membre du SAC,

- Henri Neurmond, un autre ancien policier, membre lui aussi du SAC,

- Me Henri Ruggieri, membre lui du RPR et du SAC.

On trouve aussi et surtout Gérard Kappé responsable du SAC marseillais de 1967 à 1969, connu pour avoir préparé à Marseille en mai 1968, « l’opération stade » consistant à l’arrestation et au regroupement de diverses personnalités et syndicalistes de gauche dans des stades de foot, préfigurant ainsi ceux du Chili de 1973 (voir l’épisode précédent). Viré du SAC en 1969, il créait une fédération sud-est du SAC , mouvement dissident du SAC national. A la même époque d’autres SAC dissidents se constitueront à l’instigation de Charles Pasqua qui venait d’en démissionner ».

Un SAC proche de la droite extrême, avec les gens du GUD notamment, ce qui explique le positionnement du parti politique créé par Charly  : « Deux partis vont largement accueillir les anciens fascistes, au RPR on trouvera le plus d’activistes d’extrême droite auprès de Charles Pasqua (Patrick Devedjan, Bruno Tellenne (alias Basile de Koch, le mari de Frigide Barjot et le frère de Karl Zéro), Jean Taoussan, Jean-Jacques Guillet…) ainsi qu’à l’UDF ; c’est au Parti républicain que l’on retrouve Alain Griotteray, Hubert Bassot, Alain Madelin, Gérard Longuet, Guy Tessier, Serge Didier, Hervé Novelli. Une fois ralliés à la droite, leurs ascensions seront diverses mais certains atteindront des postes-clefs. » Telllene devenant au passage la « plume » des discours de Charles Pasqua…, son frère squattant CanalPlus pour finir par se ridiculiser lors de l’affaire de Toulouse, où on s’apercevra qu’il avait offert une voiture Espace à une des « témoins » de l’affaire, venue raconter n’importe quoi devant sa caméra (c’est ce qu’affirme Collard dans son ouvrage). Un journalisme de caniveau…

 

sources :

http://www.partiradicaldefrance.com/sac.htm

http://fresques.ina.fr/reperes-mediterraneens/fiche-media/Repmed00628/le-massacre-d-auriol.html

http://www.parismatch.com/Actu/Societe/La-tuerie-d-Auriol-Six-morts-pour-un-fichier-148447

https://www.youtube.com/watch?v=LsV-58pumy4

SOURCE: http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-cadavres-dans-le-placard-de-169427

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FRANCE (les cadavres dans le placard de Charly AKA Charles Pasqua – N°3): ses copains mafieux et le roi des casinos

On attribue à Edgar Faure spécialiste des bons mots, la citation suivante : « dans le fait d’avoir des casseroles en politique, le plus important n’est ni leur nombre, ni leurs tailles mais la longueur des ficelles qui vous en séparent » … si c’est le cas, Charles Pasqua avait la pelote la plus grosse du monde. Car c’est fou le nombre d’affaires dans lesquelles son nom est apparu en filigrane, comme responsable du SAC à Marseille, notamment… le soutier prenant visiblement plaisair à ne jamais paraître sur le pont.

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Revenons d’abords à Paris, en février 1966, où on avait droit à une belle bavure : Christian David, dit « le beau Serge », un truand réputé, abat froidement au bar Saint-clair, rue d’Armaille, à Paris 17e, le commissaire Galibert, et blesse grièvement deux de ses adjoints, Gouzier et Gibeaux. Galibert était venu là dénicher Julien Le Ny, recherché pour sa participation à l’enlèvement alors récent (l’année précédente), de Mehdi Ben Barka, mais il avait reconnu le visage de David, qui l’avait plutôt sidéré ce jour-là : « en vérifiant l’identité des clients, le commissaire découvre un visage connu : celui du « beau Serge », recherché pour des vols de voitures et des cambriolages, fiché comme « extrêmement dangereux ». « Suivez-nous », ordonnent les policiers. David fait quelques pas et demande : « Je peux au moins prendre mon imperméable ? » Les policiers hésitent. Christian David exhibe alors une carte du S.A.C. On l’autorise à prendre son imperméable, accroché à un portemanteau. Dans la poche de l’imperméable, il y a un pistolet. David sort son arme et tire. Le commissaire Galibert est tué, deux inspecteurs sont blessés. Le beau Serge s’enfuit. » La cavale de David se terminera au Brésil le 21 octobre 1972. Une cavale aidée par le réseau Guérini qui l’avait envoyé en Italie, puis en Afrique et en Amérique du Sud, où il avait rejoint « Joseph Ricord, patron de la filière sud-américaine de l’héroïne et ancien associé d’Henri Lafont, le chef de la Gestapo française »... les protégés du SAC ou du MPC, au départ d’anciens résistants, avaient décidément de bien étranges amis !!!

Le « Mouvement Pour la Communauté (MPC) » est une autre subdivision de l’armée de l’ombre gaulliste, il a été créé à Paris le 13 mars 1959 par Jacques Dauer (des jeunes du RPF), Louis Joxe et Raymond Schmittlein. Appelé « Mouvement Pour la Coopération », à Alger il se surnomme vitre lui-même « Le Talion », pour indiquer ce qu’il souhaite faire à l’OAS : venger point par point toutes ses exactions. Dirigé par Pierre Lemarchand, il est formé d’un groupe de 200 combattants dont une partie provient du SAC, et possède les mêmes supérieurs hiérarchiques que sont Roger Frey, Alexandre Sanguinetti et…. Charles Pasqua.  Le « Beau Serge » était sur place, à la villa Andréa (Dar Es Saada), sur les hauteurs de El-Biar aux environs d’Alger, lorsque celle-ci a sauté lors d’un attentat machiavélique conçu par l’OAS, qui avait réussi à piéger un lourd matériel d’imprimerie apporté de Métropole pour le SAC, un des épisodes les plus terribles de la guerre civile menée par l’OAS. « L’explosion a lieu alors qu’on s’apprêtait à torturer un prisonnier de l’OAS  » . 29 janvier 1962, des déménageurs BEDEL livrent deux caisses lourdes et volumineuses (262 kg) La cargaison, très attendue, est accueillie avec joie il s’agit de tout un matériel de composition et d’impression qui va permettre de enfin fabriquer tracts et affiches sans sous-traiter. La douane assiter à l’ouverture … doit assister à l’ouverture des caisses mais le temps passe … Jim Alacheik n’y tient plus. Impatient de devenir éditeur à part entière, il porte le fer entre deux planches de sapin et imprime un délicat mouvement de bas en haut… Énorme explosion ; champignon de fumée au-dessus des hauts d’Alger. 180 kilos d’explosifs plus quelques grenades défensives détruisent la villa Andréa. Bilan : dix-neuf barbouzes calcinées. Parmi les rares survivants, trois prisonniers, dont deux membres de l’OAS, qui ont été torturés dans la cave et que l’arrivée de l’imprimerie a sauvé de justesse. Il s’agit de Henri Vinent, aide-radio, d’Alexandre Tislenkoff, responsable ses émissions Pirates de l’OAS, et d’un chef de chantier Jacques Gosselin. Un commandant de la gendarmerie mobile s’opposa à leur exécution sommaire par Christian David « le beau Serge »…

Derrière tout ça il y a le MPC, ou le SAC (à gauche Lemarchand), effectivement, comme pour l’affaire Saint-Aubin. « Les exemples, ces dernières années, n’ont pas manqué » écrivait René Backmann, qui n’hésitait pas à citer dans son article Charles Pasqua en personne comme responsable de meurtres. « Mai 1967 : trois membres du S.A.C. sont écroués pour une tentative de meurtre commise devant le « Don Camilo », rue des Saints-Pères, rendez-vous des barbouzes. Juin 1968 : un cheminot et un chauffeur de taxi sont blessés par balles devant les locaux de la S.N.C.F., à Clichy-Levallois. Deux membres du S.A.C., présents sur les lieux, sont condamnés pour port d’arme ; ils étaient « montés » de Marseille, à la demande de Charles Pasqua, alors vice-président du S.A.C., aujourd’hui député et président de l’amicale parlementaire Présence et Action du Gaullisme ». De Marseille, l’ancien roi du pastis décidait bien de la vie et de la mort de certains selon Backmann. Sans oublier les bavures ridicules de ces cow-boys : « quelques jours plus tard, une habitante de La Rochelle reçoit une balle perdue : un commando du S.A.C. est venu aider le gaulliste de gauche Philippe Dechartre, qui se présente aux élections législatives. »

Car la liste est longue, des forfaits de l’équipe de gangsters de Charly : « le 29 juin, un colleur d’affiches de 18 ans, militant du P.C., Marc Lanvin, est tué par balles près d’Arras. Les coups de feu ont été tirés par un groupe d’hommes du S.A.C. Avril 1969 : un soldat de la base militaire d’Istres vole des armes et les remet à des responsables locaux du S.A.C. : ils sont condamnés à un an de prison avec sursis. Mais près d’Aix-en-Provence, la gouvernante d’un vieux châtelain est assassinée. Sauveur Padovani, responsable du S.A.C., est arrêté. Trois des inculpés sont membres du S.A.C. A Drancy, Daniel Fribourg, militant communiste, est poignardé par un membre du S.A.C. A Nice, un barman tire sur sa voisine et la manque. Il se constitue prisonnier deux jours après l’élection présidentielle. Il appartient au S.A.C. A La Mure, dans l’Isère, un militant du S.A.C., ancien légionnaire, tire sur un groupe de partisans du « non » au référendum. Un joueur de rugby de l’équipe locale est blessé. Janvier 1970 : arrestation d’une bande de gangsters. Sept ont la carte du S.A.C. Les receleurs appartiennent aussi au S.A.C. Août 1970 : un agent d’assurances niçois est arrêté pour trafic de drogue : « On m’avait dit, déclare-t-il aux policiers, que je transportais des documents du S.A.C., à mettre en lieu sûr… ». La liste est interminable »….

Le SAC durant mai 68 va jouer constamment les trouble-fête, parfois le mégaphone à la main, tant il sait naturellement haranguer les foules (c’est un tribun-né) : « En mai 1968, les membres du SAC déguisés en ambulanciers ramassent des manifestants pour aller les tabasser au sous sol de leur QG, rue de Solférino. Ils préparent la contre-manifestation en faveur de De Gaulle. C’est le SAC qui a expulsé des maisons des Jeunes divers mouvements et associations (Maoiste, Katangais) après les élections de juin 1968. Le SAC a créé l’UNI pour contrer la « subversion gauchiste » dans le milieu universitaire. L’organisation de Debizet a aidé jusqu’en 1976 le syndicat étudiant dans toutes ses démarches d’autant plus que beaucoup de militants avaient leurs cartes dans les deux organisations. Après 1976, la double appartenance existe, mais les organisations ont une direction distincte. » A la manifestation de l’après mai 68, Charly est arrivé à son maximum de pouvoir. Certains considèrent même déjà qu’il en a trop. Intelligent, il a compris que face à l’agitation, il pouvait jouer la partition de sa vie : celle de l’homme de l’ordre. Un pur mafieux venant jouer le rôle du plus grand flic de l’Etat…. ça ne manque pas de sel, comme situation ! Certains le remarqueront, en effet : lors de la célèbre manifestation gaulliste qui du 30 mai 1968, dans le cortège, au tout premier rang, il y a Maurice Schuman, Michel Debré, André Malraux, bien entendu. Et aussi Jacques Foccart (ici le second à gauche)… mais aussi, beaucoup ne l’avaient pas aperçu… Gilbert Zemour, dit « Petit Gilbert » le chef de gang du même nom. « Gilbert Zemour et toutes les anciennes barbouzes d’Algérie, les hommes de maître Lemarchand qui avaient combattu l’OAS après le FLN, étaient mobilisés. Le régime, Pasqua et Foccart en tête, craignaient une attaque armée des gauchistes. Gilbert et des dizaines d’autres, des voyous ayant été sortis de prison pour l’occasion, certains armés, avaient pour mission de veiller au grain, en nouveaux mercenaires du régime. C’est ainsi que le bon Gilbert (mort violemment en 1983 en promenant son chien), était à deux doigts de la tombe du soldat inconnu, avec la République entre ses mains » note avec acuité Bakchich.

Une connivence qui durera jusqu’en 1975, explique le Parisien : « le 28 février 1975, les frères Zemour tiennent encore le milieu parisien. Une fusillade digne de Chicago va sonner le glas pour ce clan de juifs pieds-noirs immortalisés dans le « Grand Pardon » d’Alexandre Arcady. Roland, Théodore, Gilbert, William et Edgar composent cette fratrie originaire du Constantinois en Algérie, montée à Paris dans les années cinquante pour exercer dans le négoce de vin. Violents et déterminés, les Z gagnent leur place au sein de la pègre parisienne en rackettant les commerçants du Faubourg-Montmartre. Ils élargissent leurs activités à tout Paris et « donnent » dans la prostitution, les cabarets, la contrebande, bien sûr les règlements de comptes et entrent sans surprise au fichier central de la répression du banditisme. »

Mais cela va mal se terminer pour le clan protégé des gaullistes : le 10 mars 1975 le jour de son enterrement, William Zemour aura droit à un vrai enterrement de mafieux, comme l’avait décrit ici le Parisien. Le cerceuil est en acajou et ses poignées en or massif. « Mais, ce 10 mars 1975, William Zemour, dit Zaoui, n’est pas seul pour son dernier voyage. Rolls-Royce Silver Cloud gris métallisé aux chromes étincelants, limousines en tout genre et Mercedes défilent comme à la parade. Les gerbes de fleurs sont immenses, les couronnes mortuaires somptueuses. Conduit au caveau familial de l’allée aux Tilleuls-de-Hollande, le défunt repose dans un cercueil en acajou aux poignées en or massif. Dans la foule, porte-flingues et grands seigneurs du milieu, des alliés de toujours et des anciens rivaux venus pour le baiser de la paix. Du beau linge et des mines patibulaires. Le faste étalé évoque, chez les médias, les obsèques du « Parrain », le film de Francis Ford Coppola, sorti trois ans plus tôt. La comparaison n’est pas innocente. » William vient en fait de se faire tuer par… les policiers de Broussard : c’est l’affaire du bar du Thèlème. « Dans les avis de décès, William Zemmour sera déclaré « mort accidentellement ». Une simple formule, assurément. Car, ce jour-là, William et son frère Edgar sont adossés au zinc du bar le Thélème, dans le Ve arrondissement de Paris. Les policiers de l’antigang sont persuadés qu’ils ont rendez-vous avec une bande rivale pour un « Yalta du crime ». Le « superflic » Robert Broussard pénètre avec ses hommes dans le bar. Et les armes parlent. Un calibre à la ceinture, William, alors âgé de 45 ans, prend 4 balles dont une dans la tête. Edgar en reçoit, lui, 5 dans le dos. Une d’entre elles reste logée contre sa colonne vertébrale, il sera invalide. Bilan de l’opération : deux morts, deux blessés et une bavure ». En fait, Broussard sera plus tard étrillé par la presse qui le rendra responsable de la fusillade, aiguillonnée par le clan qui a toujours le bras long. « Sa famille a porté plainte pour meurtre. Gilbert Zemour, dit Petit Gilbert, à Montréal lors de la fusillade, monte au créneau dans la presse et parle de « génocide » contre sa famille. Il affirme que les policiers ont voulu faire un « carton sur ses frères » qui se désaltéraient. Les Lyonnais ne sont jamais venus au rendez-vous. Edgar Zemour survivra mais pour tomber sous les balles, à Miami, en avril 1983. Petit Gilbert sera abattu en juillet, alors qu’il promène ses caniches avenue de Ségur (VII e ) ». Le clan Pasqua a ramené de Corse de bien étranges relations.

Episode tout aussi étonnant à connaître de la saga montrant les liens entre truands et policiers, celui du casino blege de Gilbert Zemour raconté ici par Georges Moréas, ancien commissaire divisionnaire : « pendant ce temps, Gilbert Zemour se frotte les mains. Il vient de réaliser le fruit de plusieurs années d’efforts. Grâce de nombreux pots-de-vin auprès des autorités locales, il a réussi à mettre sur pied un magnifique casino à Namur, en Belgique, au bord de la Meuse. Bien sûr, l’homme n’apparaît pas au grand jour. Officiellement, cet établissement est la propriété du groupe Gonzalès, détenu par un financier du jeu, Joseph Kaïda, et un contrôleur général de la police nationale, récemment retraité, Michel-Joseph Gonzalès. Ce dernier s’y connaît, puisqu’il a longtemps officié aux « courses et jeux », au ministère de l’intérieur. Mais ce soir de novembre 1980, rien ne va plus. Ce ne sont pas les joueurs qui flambent, mais le casino. Malgré la présence d’une cinquantaine de pompiers et de nombreux bénévoles, il est détruit aux deux tiers. La police belge établit qu’il s’agit d’un incendie criminel, et l’enquête s’arrête là. N’a pas la baraka, P’tit Gilbert. »

Or Pasqua s’intéressait aussi de près aux casinos : et ce dès les années 80, date à laquelle Gonzalès avait investi le sien. C’est à Annemasse que ça se passe, à la frontière avec la Suisse. Le maire, Robert Borrel. a donné le feu vert à des investisseurs pour en construire un : Toussaint Luciani , Robert Azoulay, puis Robert Feliciaggi se portent sur les rangs. Le ministre de l’Intérieur Philippe Marchand, refuse d’emblée, arguant qu’il y a déjà trop de casinos en Savoie. Idem en 1992, avec un deuxième refus de la Commission supérieure des jeux, appuyé par Paul Quilès : « De plus, la sous-direction des courses et des jeux des Renseignements généraux et la Direction des libertés publiques et des affaires juridiques (DLPA) du ministère de l’Intérieur émettent des réserves sur Robert Feliciaggi et son associé Michel Tomi, condamné en 1976 dans une affaire de détournement de fonds aux dépens du casino de Bandol, dans le Var. » Tomi c’est le corse, ancien croupier à Monaco devenu « monsieur Afrique », lui aussi : le nouveau marché des casinos pour lui, une fois interdit d’y mettre les pieds en France avec l’affaire de Bandol. Or le Le 30 mars 1993, tout change avec la nomination de Charles Pasqua comme ministre de l’intérieur : le dossier refusé de Robert Feliciaggi et Michel Tomi (ici à droite). est alors vite exhumé… et accepté par le ministre, malgré l’avis contraire de la DLPA et de la Commission supérieure des jeux !!!

Plus surprenant, à peine ouvert… l’établissement est… revendu, et ce dès juin 1994 !!! Feliciaggi a réalisé un jackpot étonnant : il engrange au passage 100 millions de francs de l’époque de bénéfices (15 millions d’euros)… il faudra attendre 2007 et un procès pour apprendre de la bouche même de Tomi que l’accord d’autorisation donné par Charly avait eu une condition : l’octroi de 7,5 millions de francs (1,143 million d’euros) au ministre de l’intérieur de l’époque, pour financer sa campagne électorale de 1999, pour son parti le RPF. Comme intermédiaire du deal, on tombe sur la surprenante fille de Tomi, Marthe Mondoloni, qui est aussi la gérante des PMU gabonais !!! Après appel et cassation, le 8 avril 2010, Charles Pasqua est condamné à 18 mois de prison avec sursis pour « faux, financement illégal de campagne et abus de confiance »... pour une fois, il n’a pas réussi à passer au travers.

Les lumières des casinos nous éloignent un peu des phares des miradors. Mai 68 passé et déjà oublié, le SAC est pris à partie par le journal Libération le 25 mars 1974, qui remet l’époque agitée au milieu des débats avec une énorme révélation. Le journal a retrouvé un document fort compromettant du SAC, en date du 24 mai 1968, estampillé « diffusion restreinte » contenant une liste de noms et d’adresses de particuliers, tous marseillais : c’est l »ordre de mission numéro 783″. Le texte ordonne de les parquer au stade de l’Huveaune ou au Stade Vélodrome « en cas de clash et sur ordre de Paris ». Scandale : le SAC préparait en 1968 un coup d’état de type militaire à la Pinochet (photo ci-dessus) !!! « l’opération stade » visant en effet en priorité diverses personnalités et syndicalistes de gauche comme ce sera fait au Chili de 1973 !!! Le journal précisant que Grenoble et Lyon avaient aussi été prévus. Panique à bord du SAC !!!! La réaction des amis de Pasqua ne se fait pas attendre : elle limoge Gérard Kappé, responsable marseillais de Provence-côte d’Azur, qui bien entendu hurle au faux document. Or Gérard Kappé n’est autre que le lieutenant de Pasqua au SAC de Marseille : impossible que Charly n’ait pas pu être au courant de ce qui se tramait alors sur place !!! Kappé avait en effet pris la tête du SAC marseillais quand Pasqua avait rejoint le siège national à Paris, au 5 rue de Solférino. En face, au numéro 2 de la rue, il y avair les bureaux de la maison Ricard…. le roi du casino s’apprêtait à jouer en France les Pinochet !!! Et c’est celui-là que vient de saluer Manuel Valls ??? Avouez qu’il y a de quoi être scandalisé !!!!

 

source : Histoire des barbouzes de François Bitterlin. Editions du Palais-Royal, 1972.

http://exode1962.fr/exode1962/conditions/barbouzes/barb-genese.html

http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2010/02/02/des-gaullistes-dextreme-droite-le-mil/

source:http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-cadavres-dans-le-placard-de-169200

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FRANCE (le SAC ou les gangsters de la République): les cadavres dans le placard de Charly AKA Charles Pasqua – N°1

Encore une fois, j’ai eu le sentiment d’être floué par les élus de gauche et leur représentant principal, ce premier ministre bombeur de torse, qui a commis ce jour là ce qui représente pour moi une véritable trahison. Je veux bien comprendre et admettre qu’on puisse saluer des adversaires en politique, mais ce qui a été fait pour Charles Pasqua, je ne peux l’admettre. Manuel Valls, ce faisant, a fait preuve d’une totale absence de vue historique. Pasqua a été l’exécuteur de fort basses œuvres, et l’hommage des députés socialistes est tout simplement une honte : on ne peut rendre hommage à un homme qui a trempé trop souvent dans d’aussi douteuses affaires telles qu’assassinats politiques, vente d’armes ou trafic de drogue. Outré, j’ai décidé de revenir sur la carrière de cet homme charmeur mais plus que redoutable. Car Manuel Valls semble l’avoir oublié, mais il traînait derrière lui un bon nombre de cadavres ou de cas douteux, dans lesquels son nom était revenu avec insistance dans les enquêtes qui avaient suivi. Pasqua « était secret » (*) ai-je pu lire ces derniers jours. Il ne pouvait que l’être, à moins de révéler ses turpitudes. Sa carrière a plus consisté à dissimuler ses cas pendables qu’à être efficace. Pour le résumer, il a dépensé beaucoup d’énergie pour se rendre présentable, ce Machiavel de Canebière. Le jour où il l’était devenu, l’ensemble de la vie politique française avait vu en lui l’arrivée d’un mafieux comme premier flic de France, et rien d’autre : l’aurait-on déjà oublié ? Retour sur Mr Charly, que l’on n’avait pas à saluer ainsi, à moins de ne rien connaître de ses frasques passés. Comme l’a dit un jour Michel Debré, qui s’y connaissait en coups fourrés, « Pasqua ? jamais sur le pont, toujours dans les soutes… » : on ne peut meilleure définition. Bienvenue dans l’univers du soutier Charles Pasqua, alias « Charly ».

Revenons tout d’abord en 1964. Cinq ans auparavant seulement, en en 1959, le Service d’action civique (SAC) avait été créé par Jacques Foccart et Achille Peretti et Charles Pasqua, mais aussi Roger Frey, Paul Comiti, Alexandre Sanguinetti, Dominique Ponchardier et Jean Bozzi. Pas vraiment des enfants de chœur, ceux-là. Le premier président du Sac est Pierre Debizet un résistant de taille imposante surnommé « Gros Sourcils » ou «  alors, qui a été tenté par l’extrême droite du Parti Patriote Révolutionnaire, un groupuscule dirigé par Jean-Baptiste Biaggi, qui a fini au FN après être passé à l’OAS. Avec Joseph Ortiz un cafetier, l’avocat JBiaggi seront à l’origine de le 24 janvier 1960, de « La semaine des barricades » : un député français borgne, nommé JMLePen, qui avait demandé leur extension en métropole sera arrêté et emprisonné. Comme couverture, l’homme qui ne s’est pas encore lancé en poliitique, travaille pour Ricard, boisson anisée qui alors connaît une ascension fulgurante : la France des années 60 en fera son emblème quasi national, au même titre que la baguette et le béret. Déjà, au sein de Ricard, Charly avait fait preuve d’un certain talent. Alors qu’il y travaillait encore, il avait préparé l’importation de l’Americano, produit italien concurrent, mélange de Campari et de vermouth : c’est en l’apprenant que son patron, Paul Ricard. l’avait viré : Pasqua travaillait pourtant chez lui depuis 1952 : jeune plagiste à Marseille, fils d’un policier marseillais, il y avait tenté sa chance, en venant jouer au vendeur dans le bureau même du directeur : sa gouaille et sa faconde l’avaient aussitôt fait embaucher. Chez Ricard, Charles Pasqua, devenu directeur des ventes à l’export, a sous ces ordres Jean Venturi : nous reparlerons de lui dans un autre épisode. Son homme de confiance s’appelle Jean-Charles Marchiani, dont nous reparlerons aussi un peu plus loin…

Car au SAC (à gauche son insigne), les cadavres dont on parle ne sont pas les bouteilles vides de Ricard laissées sur les tables, par les consommateurs, mais de vrais morts. Au SAC, ce ne sont pas des enfants de chœur comme on l’a dit, mais plutôt des tontons flingueurs  : « le SAC était une organisation paramilitaire spécialisée dans l’assassinat, le chantage, la corruption, le trafic d’armes et de drogue, le blanchiment d’argent “sale”, bref, la criminalité sous toutes ses formes, et par ailleurs dévouée corps et âme au Général de Gaulle. Son existence remonte au lendemain du coup d’État de 1958 et de la Cinquième République. Cependant, les réseaux qui en formaient le noyau existaient dès la fin de la deuxième guerre mondiale dans le cadre du “Service d’Ordre” du RPF, le parti gaulliste de l’époque. Partisan d’un régime fort, “au dessus des partis”, puisque fondé essentiellement sur l’appareil répressif de l’armée et de la police, de Gaulle avait mis en place, sous la couverture légale du RPF, une organisation paramilitaire de quelque 16 000 hommes recrutés dans les milieux criminels – ainsi en était-il du proxénète Jules Orsini – et dans les réseaux de l’extrême-droite et des anciens collaborateurs de l’occupation hitlérienne, comme Simon Sabiani et Gérard Gerekens. Sous l’occupation, ce dernier dirigeait à l’intérieur du PPF, le parti fasciste de Jacques Doriot, les groupes de choc spécialisés dans la chasse aux Juifs, aux communistes, aux socialistes et aux syndicalistes. Un tel curriculum vitæ était parfaitement adapté aux finalités du RPF » explique « Révolution ».

Qui fait partie du SAC, pas évident à définir puisque l’organisation est secrète (c’est un des secrets récemment vantés par la presse à propos de Pasqua !) « Pour autant, il est très difficile de savoir quels voyous faisaient partie de l’officine. En effet, les fichiers des adhérents, tenus secrets, n’ont jamais été découverts. Sans être exhaustif, loin de là, nous pouvons toutefois en citer quelques uns. « Le Parrain » de Lyon tout d’abord, qui bénéficiait durant les années 60 de puissantes relations policières et politiques. A Grenoble, comme nous l’évoquions plus haut, le boss de la ville bénéficiait lui aussi de la protection du Service. L’homme, cousin d’Alexandre Sanguinetti (homme d’affaire, conseiller du ministre de l’intérieur et homme fort du SAC), régnait alors sur la prostitution de la région grenobloise. Les frères Z, maîtres des boîtes de nuits parisiennes, ont quant à eux bénéficié de protection jusqu’aux années 70. Un de leurs associés servait en effet de colleur d’affiche et d’agent électoral aux candidats gaullistes. Les truands marseillais ne sont pas en reste. A commencer par deux des principaux compères de Jean-Baptiste Croce durant la French Connection, qui ont eux aussi leur carte tricolore. Du côté de Nice, on citera notamment Bianchini ou encore Giaume. Les boss du Milieu niçois ont à tour de rôle été les dirigeants locaux du SAC. Enfin, pour ce qui concerne Aix-en-Provence, c’est une figure de la criminalité locale, un dénommé Sauveur, qui dirige l’antenne aixoise du Service' ».

Le SAC et le milieu ; une affaire connue et reconnue d’emblée : «  ancien des forces navales de la France libre, responsable de la sécurité du général de Gaulle à l’Élysée, Paul Comiti, le président du SAC à partir de 1960, connaît la plupart des figures du milieu. L’un de ses affiliés, Charles Pasqua, natif de Grasse mais de souche corse, est également un habitué de tous les bars corses de la ville » Ah tiens, le voici déjà… en train de poser ses jalons, dans les bistrots !

Les gens du SAC sont avant tout des fidèles, sinon des idolâtres explique ici l’Express : « en 1958, lorsque de Gaulle revient aux affaires, ces anciens combattants du gaullisme sont là, prêts, s’il le faut, à le défendre les armes à la main. Ensemble, ils vont constituer le Sac ; c’est Debizet (ici à droite) qui en prendra la tête. C’est lui qui a suggéré que cette association ait une existence indépendante du parti gaulliste (l’U.n.r). « Pourquoi adhérez-vous à ce moment-là au Sac et pas à l’U.n.r. ? » demandera la commission d’enquête parlementaire à un des militants de l’époque : Réponse : « Parce que le Sac, c’était le Bon Dieu sans les curés. » On ne saurait mieux dire que, pour ces hommes, le Sac, c’était de Gaulle, et de Gaulle tout seul, sans l’intermédiaire des partis et de la « politique ». On les verra donc escorter partout le Général, coller des affiches à son image, faire applaudir les foules à son nom et ferrailler contre ses adversaires. » Des fidèles, donc, qui prêtent un bien étrange serment à De Gaulle : « Je prends l’engagement solennel d’obéir sans discussion à mes chefs. Si je trahis, j’accepte de subir les châtiments réservés aux traîtres ».

Le tableau de l’activité anti-FLN du SAC est effrayant, comme l’explique Dominique Calzi, alias Patrice Chairoff. dans Dossier b… comme barbouzes” : dès 1958, Roger Frey, Alexandre Sanguinetti,  »Dominique Ponchardier et Charles Pasqua décident de lancer le S.A.C. dans la lutte contre le F.L.N. algérien dont la willaya métropolitaine accumulait les actes de terrorisme. Dans l’esprit de ses artisans, la lutte contre le F.L.N. devait s’engager sur deux plans : infiltration et répression. Pour cette tâche, les gaullistes « purs et durs » sont à peine suffisants pour assurer l’encadrement des réseaux. Il faut donc faire appel à une « main-d’œuvre extérieure », c’est-à-dire recruter dans ce qu’il est convenu d’appeler le « milieu » par l’intermédiaire de truands partageant les mêmes amitiés politiques ou les mêmes intérêts. L’appât est toujours le même, celui utilisé par les services spéciaux du monde entier : aux petites escarpes, aux jeunes truands aux dents longues, sont proposés un casier judiciaire vierge et des rentrées de fonds maximums dans un minimum de temps. En contrepartie, on exige seulement d’avoir la gâchette ou la matraque facile, de ne point être trop torturé par sa conscience et d’obéir sans discuter aux ordres reçus ».

 » Le SAC attire à lui des centaines d’escrocs, petits délinquants ou caïds qui voient là une occasion rêvée d’obtenir des protections en échange de leurs services ». Et en général, l’appartenance au SAC procurait une réel avantage face à la police : « La carte tricolore de membre du SAC, vraie ou falsifiée, ne donne pas tous les droits. Mais elle semble conférer à son porteur quelques avantages, comme le rappelle l’ancien commissaire Lucie-Aimé Blanc, membre de la brigade mondaine à Paris dans les années 60 : ‘‘Quand on tombait sur un truand avec une carte du SAC, en général, les poursuites étaient abandonnées. Il y avait un conseiller, au ministère de la Justice, qui s’occupait des interventions pour les faire relâcher’’. Cette impunité est confirmée par un autre ancien commissaire parisien, Marcel Morin, en charge à cette époque du banditisme : ‘‘La préfecture de police de Paris, alors dirigée par Maurice Papon, nous envoyait parfois des consignes afin de faire libérer dans la journée des voyous que nous venions d’arrêter, parce qu’ils étaient membres du SAC ou proches de certains amis du pouvoir gaulliste ». Des personnes protégées par Papon, on se dit qu’elles ne devaient pas être fort recommandable, étant donné la personnalité du préfet de Police… celui qui avait envoyé tant de personnes dans les camps !

Des truands membres du SAC aux méthodes singulières, qu’on retrouve à des endroits inattendus : « en 1967, à Grenoble, un meeting est organisé pendant la campagne électorale : il oppose Pierre Mendès France à Georges Pompidou, alors Premier ministre. Le service d’ordre est assuré par des costauds qui portent une croix de Lorraine à la boutonnière. Des incidents éclatent. L’un des costauds se baisse et perd son pistolet sous les yeux horrifiés d’un ecclésiastique. Ecœuré, un policier confie à un journaliste : « Je n’ai jamais vu ça. Parmi les types qui sont là, il y a plusieurs interdits de séjour connus… » L’homme qui conduit, ce soir-là, la voiture de Georges Pompidou est un proxénète notoire, patron du bar « le Gobelet » : Mathieu Mattei, parent d’Alexandre Sanguinetti. Il sera assassiné un an plus tard devant la porte de sa villa »… Mattéi était aussi considéré comme le « parrain » de la ville de Grenoble  !

Le statut de truand blanchi par une action « gouvernementale » sur commande est pour le moins sidérant : les gens qui ont eu cette idée devaient être de sacrés… tordus. Car les témoignages retrouvés par Chairoff glacent le sang : il explique qu’un bon nombre d’attentats commis en métropole étaient en fait de faux attentats (avec de vrais morts !!!) « Le contrat est jugé intéressant par certains, à tel point même qu’ils deviennent eux-mêmes des agents recruteurs acharnés, n’hésitant pas à contacter en prison certains « clients » potentiels et à les en extraire si l’agrément est obtenu, comme l’illustre le témoignage de Jean-Baptiste C… (Témoignage recueilli le 6 décembre 1973) :« ... Durant l’été 1958, je purgeais une peine de prison à la Maison d’arrêt des Baumettes, à Marseille. J’avais « pris » cinq ans et j’avais une instruction en cours pour une seconde affaire d’attaque à main armée. J’ai été contacté par un avocat marseillais qui m’a demandé si, en échange de ma libération, j’acceptais de m’enrôler dans un mouvement clandestin de lutte contre le F.L.N. … Ma foi, cette proposition avait tout pour plaire, en tout cas pour me plaire : d’abord je me tirais d’une situation difficile et puis les arabes j’ai jamais aimé alors c’était tout bénéfice !… J’ai dit O.K. On m’a d’abord transféré à Aix- en Provence, et puis à la Santé, à Paris. Là un avocat parisien est venu me voir et m’a mis le marché en main . Je rejoignais un mouvement clandestin, d’accord, mais qui en fait était une sorte de police parallèle. Notre travail devait être double : tout d’abord infiltrer les réseaux F.L.N. en métropole en nous faisant passer pour des sympathisants d’extrême gauche, et ensuite effectuer toutes les tâches dont la police officielle ne pouvait se charger, en particulier la liquidation physique de certains éléments. En échange, on m’offrait la liberté immédiate, un salaire élevé plus des primes et, à la fin de la mission, un casier Judiciaire vierge et l’extinction des poursuites en cours. Quarante-huit heures plus tard. j’étais libre. Deux personnes m’attendaient au bar « A la bonne santé », situé rue de la Santé à Paris, juste en face de la prison. je n’eus que la rue à traverser. En fait le travail commençait immédiatement. On m’a muni d’un faux passeport et d’un faux permis de conduire, d’une carte de police périmée depuis six mois, d’un permis de port d’arme en bonne et due forme valable pour un Walther P-38, du P-38 en question avec des munitions en quantité et de deux numéros de téléphone à Paris, l’un valable pour la journée, l’autre pour la nuit. Je faisais équipe avec quatre autres personnes, dont une était un inspecteur principal des Renseignements généraux placé pour la circonstance en congé de maladie ». Un recrutement express, et une autonomie d’action ayant pour seul objectif que de créer la zizanie entre factions du MLN….

Pour ce faire, il faut entretenir une haine perpétuelle, à coups de provocations : « Notre travail n’avait rien à faire avec l’infiltration dont d’autres groupes se chargeaient. Pour nous. iI s’agissait de créer de toutes pièces des vendettas, des règlements de comptes interminables entre F.L.N. et M.N.A. et de procéder à des exécutions sommaires. En ce qui concerne la rivalité F.L.N./M.NA, rien n’était plus facile : on arrivait le soir avec une ou deux voitures dans le quartier arabe de la Porte d’Aix. à Marseille, ou à la Goutte d’Or ou à Barbès, a Paris, on s’arrêtait devant un café maure repéré à l’avance et on lâchait une ou deux grenades accompagnées de quelques rafales de mitraillette. Ca suffisait et le lendemain les représailles commençaient d’elles-mêmes … Y a eu également du boulot moins sympathique. Mais nos employeurs étaient coulants et chaque fois qu’on mettait la main sur un collecteur de fonds, on fadait (partager) à cinq, car même le flic ne faisait pas la fine gueule ! Et les embrouilles étaient vite réglées dans l’ensemble. Bref, d’une façon générale, nos patrons du S.A.C. ont été corrects à part le lait qu’on n’a jamais vu les casiers judiciaires vierge ! »…

Répandre la terreur, ou terroriser les terroristes, pour paraphraser une phrase de Charly  ; : « 20 novembre nouvelle tactique des barbouzes : le plasticage d’endroits fréquentés par les européens en faisant croire que c’est l’OAS qui a frappé, afin de désorienter la population Française. « Raymond la science » est à la base de ces attentats à l’explosif. Il a une double vie car il renseigne également l’OAS. Il restera actif longtemps. Du 20 au 21 novembre 1961, cinq commandos en voiture font sauter l’Otomatic, le Tantonville et le Cheval Blanc. Deux jours plus tard, le Joinville, le Coq Hardi et le Viaduc sautent à leur tour. Dégâts considérables, surtout sur le plan psychologique. Tous ces établissements étaient très fréquentés par les Européens ».

Le principe du jeu étant de laisser le moins de traces possible : « en septembre 1960, on nous a dit que le boulot était terminé et on nous a remis une forte somme en liquide, on nous a retiré les ports d’armes et les cartes de flic périmées et on nous a laissé le flingue comme souvenir avec en prime notre jeu de faux papiers et une carte du S.A.C. tricolore … Il était temps car on commençait a en avoir marre de ce boulot… » Sidérant témoignage : l’Etat français, via ses barbouzes a donc tué en France, dans le seul but de désorganiser la résistance algérienne, en lui imputant des attentats !!!

Pour se fondre dans le paysage, pas de problème, en effet car l’administration est là pour donner un coup de main : « A l’occasion, le SAC fournissait à ses troupes de fausses cartes de police et des armes. Bien payés, les hommes du SAC exécutaient les basses œuvres du régime dont la police et l’armée ne pouvaient se rendre coupables : exécutions d’otages, infiltrations, tortures etc. L’histoire du Service ne compte plus bientôt les attentats, les passages à tabac, les fusillades, les cambriolages, les trafics de drogue, les chantages, les extorsions de fonds, les meurtres et les affaires de proxénétisme… C’est donc un fait bel et bien réel. Une véritable osmose a vu le jour entre les caïds et le SAC. Les chiffres sont là pour le prouver. Entre 1960 (année de création) et 1982 (année de désintégration), quelques 65 affaires, impliquant 106 membres du Service, ont pu être dénombrées. »

Pasqua, fidèle allié de De Gaulle, avait beaucoup aidé à l’accession de son mentor, en préparant même en lousdé un coup d’Etat ; au cas où, en 1958 :« dans les Bouches-du-Rhône, Charles Pasqua a préparé le 13 mai 1958 en groupant autour de lui une poignée d’hommes décidés. Bien armés, anciens du R.P.F., gaullistes bâtis à chaux et à sable, qui passent dix jours dans les caves de la place Félix-Baret, à Marseille, dans l’attente du mot de code « Résurrection » qui leur donnerait le feu vert pour la prise d’assaut de la préfecture. La victoire assurée, Charles Pasqua amène au S.A.C. tous ces hommes dont il fait des chefs de groupe. Jean Lucchinacci, Gilbert Vaniers Ange-Félix Calzi, Max-Antoine Orsoni, Jean Pinelli, constituent ainsi l’armature autour de laquelle se groupent bientôt des hommes aussi divers que Paul Gaillet, futur secrétaire fédéral de I’U.N.R., Gérard Kappé (on reparlera de lui un peu plus loin), Bernard Masiani, André Mouton et d’autres de moindre envergure “En une heure, je peux mobiliser deux mille hommes armés à Paris”, déclarait Charles Pasqua(co-fondateur du SAC) au cours d’une réunion des chefs de groupe tenue à Paris en février 1970. »  Des gros bras, souvent issus de la Résistance, où va s’illustrer un dénommé Ponchardier, bien connu, ou plutôt son frère, des cinéphiles : « quant à Dominique Ponchardier, le responsable du Service d’ordre du R.P.F., il est le frère de l’amiral Ponchardier qui se rendit célèbre durant la guerre d’Indochine par les méthodes inhabituelles et « musclées » de ses commandos. Sous le pseudonyme d’Antoine Dominique, et dans la série des « Gorilles », parue chez Plon, Dominique Ponchardier a romancé certaines des aventures du S.O, du R.P.F. Romancé et moralisé, bien sûr ! » C »est le même Ponchardier (Dominique) qui était derrière l’audacieuse attaque de la prison d’Amiens par des Mosquitos anglais le 18 février 1944 !!! C’est lui qui est à l »origine du mot… Barbouze !

Parmi les recrues, on trouve beaucoup de repris de justice ou de Corses, Pasqua ayant entre temps été envoyé là-bas pour doper les ventes du Ricard. « A peine constitué, le SAC se lance dans une campagne d’infiltration et d’assassinat contre le FLN. Pour ses “sales coups”, Pasqua et les chefs du SAC recrutent dans les prisons, notamment parmi les truands incarcérés pour des attaques à main armée. Comme à l’époque du RPF, les gaullistes travaillent à travers de nombreuses entreprises (la Barracuda, la Fimotex etc.), qui, tout en ayant une existence légale, sont entre les mains de membres ou d’anciens membres des services secrets et s’engagent dans un trafic d’armes particulièrement lucratif – de chars, de mitrailleuses, de munitions et d’explosifs – en direction de l’Afrique Noire, des pays du Maghreb et du Moyen-Orient. Dans toutes les basses œuvres de la France en Afrique – coups d’État, assassinats, corruption, détournement de fonds, élimination d’opposants – les hommes du SAC sont de la partie, autour de Jacques Foccart, surnommé le “Monsieur Afrique” du camp gaulliste. (ici avec Félix Houphouët Boigny)« 

Le SAC sert à quoi, à l’époque, à part jeter la zizanie au FLN ? A remettre de l’ordre là où ça bouge un peu trop, et surtout lorsque que ça déplaît à De Gaulle. Pour fonctionner, il faut de l’argent, vite trouvé, avec les entreprises priées de cracher au bassinet, au prétexte de lutter contre l’invasion communiste :  « le financement de ce “recours” putschiste provient d’un nombre important de grandes entreprises françaises et étrangères : Rhône-Poulenc, Esso-Standard, le Crédit Lyonnais, Simca, Dassault, pour n’en citer que quelques unes. Jacques Foccart et d’autres acolytes du général ont mis en place une constellation de sociétés d’import-export, telles que la Safiex, dont la fonction est de fournir une couverture “commerciale” à l’activité des agents de renseignement gaullistes, d’alimenter les caisses noires de l’organisation et de financer les campagnes électorales des candidats gaullistes. Le Service d’Ordre du RPF est particulièrement actif à Marseille, pendant et après les élections municipales de 1947, où le RPF obtient environ 40% des voix : les réunions publiques organisées par le PCF ou la SFIO sont dispersées à coups de matraque, et plusieurs personnes sont assassinées, des dizaines blessées. » A Marseille, où il y a… Charly Pasqua, le chef des matraqueurs.

De l’ordre, partout où on en a besoin. Et en 1960, deux foyers principaux de mouvements sont particulièrement surveillés : les communistes, dont De Gaulle se méfie comme de la peste depuis 1947, mais aussi les gens de l’OAS, toujours tentés de vouloir l’assassiner, n’acceptant pas son revirement algérien. « En France métropolitaine, le SAC mène des opérations contre les forces de gauche, et en particulier contre la CGT, le PCF et l’UNEF. Il s’agit d’agressions, de menaces de mort et d’autres procédés d’intimidation, ainsi que de la constitution de fichiers de renseignement sur les militants. Un fascicule de formation interne du SAC, rédigé en 1964, et cité dans le livre d’un ancien membre du SAC, B comme Barbouzes, préconise “une offensive permanente, une action constante, suivie, intelligente” contre la CGT, visant à “l’éclatement de cette centrale syndicale”. Le document conclut : “Ce n’est pas la réduction de l’influence de la CGT que nous visons mais son élimination pure et simple.” Fichtre !

Cela, et les actions anti-OAS, d’une grande violence, pour répondre à celle de l’OAS même. Une OAS qui a perdu la boule et commet des exactions sans nom, d’abord en Algérie puis en France, pour lequel Germaine Tillion avait exprimé son dégoût (cet article n’évoque pas les exactions du FLN, toutes aussi odieuses) : « frapper les imaginations, se rappeler à l’attention des Algérois par des actions spectaculaires est une des constantes préoccupations de l’O.A.S. Soit qu’elle attaque au bazooka la Délégation générale, soit qu’elle se livre à des mises en scène grand-guignolesques comme c’est le cas le 10 mars à Bab-el-Oued. Ce jour-là, en plein midi, le corps d’un homme nu apparaît subitement, pendu à 15 mètres du sol, rue du Roussillon, au cœur du fief activiste, très animé à cette heure de la journée. Le cadavre est suspendu à un système de roulettes glissant le long d’un filin tendu entre deux immeubles. Il se balance là-haut pendant plus d’une demi-heure en plein soleil avant que les pompiers n’interviennent. Dans la rue, la foule, têtes levées, crie : C’est une barbouze, c’est une barbouze ! La victime de cette macabre exécution, qui rappelle les atrocités du Ku-Klux-Klan, porte, peinte au goudron sur le corps, l’inscription « L’O.A.S. veille ». C’est le quatrième cadavre découvert nu, badigeonné de goudron ou de mercurochrome, en moins d’une semaine à Alger. » C’est dans cette lourde ambiance de meurtres atroces que le SAC agît, sans mettre davantage de gants que son adversaire de l’OAS. Les meurtres ordonnés par Debizet sont plus… discrets, disons, et se poursuivront longtemps. En 2010, une de ces barbouzes confiera même à la presse que c’était bien Debizet qui avait commandité l’assassinat de Pierre Goldman (le demi-frère du chanteur), attribué jusqu’alors à l’extrême droite…

 

(*) Le sommet étant l’hommage d’Henri Guaino, homme de droite s’il en est, qui a dit à l’annonce de son décès qu’ « Il connaissait tous les secrets de la République. Il n’en révéla aucun pour se défendre lorsqu’il fut attaqué. Question d’honneur, énonce Guaino des sanglots dans la voix. On l’accusait de diplomatie parallèle et d’être peu regardant sur les moyens. Il l’était, en effet, quand il s’agissait de sauver une vie ou de défendre l’honneur de la France. Mais personne ne l’a jamais vu accomplir un acte dont la France put avoir honte. » La dernière phrase étant visiblement de trop. Pasqua s’est toujours arrangé pour ne pas être visible, et ce « goût du secret » célébré le jour de son enterrement ne cherchait qu’à dissimuler ses coups tordus. Les secrets gardés dans la tombe ne glorifient pas la République, bien au contraire. Le jour de cet enterrement on a eu droit à pire encore : selon Christian Estrosi, il aurait « apporté tant de noblesse à la politique, ce qui manque considérablement aujourd’hui » et selon celui qui lui a piqué sa palce à Neuilly (Sarkozy avait profité de son hospitalisation pour refaire toutes les affiches de sa campagne avec son nom dessus et non celui de Pasqua), « Charles Pasqua était un homme réservé, droit, courageux, qui ne trahissait pas, qui respectait sa parole »... ajoutant « Charles a beaucoup compté dans ma vie »… un beau florilège en effet !

http://destins.notrejournal.info/L-HISTOIRE-des-BARBOUZES

source:http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-cadavres-dans-le-placard-de-169199

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FRANCE: Charles Pasqua est décédé

Charles Pasqua, Photo d'illustration.L’ancien ministre de l’Intérieur Charles Pasqua est mort à l’âge de 88 ans

Le narcotrafic, la French connection, Les otages français, les généreuses enveloppes de Elf, les allers-retours de certaines éminences de la classe politique en Afrique, les projets immobiliers douteux, les accords secrets avec le FN ou l’UDF, les contrats d’armes, l’affaire Boulin, le suicide de François de Grossouvre, les disgrâces de quelques barons qui avaient cessé de plaire au roi… etc.ETC.ETC. – Tout cela n’avait plus de secrets pour lui…et plus encore!

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La Pasqua connection

Publié par Bakchich il y a 8 ans

Ces portraits sont extraits du livre La maison Pasqua (Plon), paru en 2001. Le livre a fait l’objet de multiples procès en diffamation de la part de Charles Pasqua, Jean-Charles Marchiani et Pierre Falcone… Tous ont été déboutés.

Etienne Léandri, le mentor

« Les deux premiers à accourir au chevet d’Etienne ont été Charles Pasqua et son fiston Pierre. C’est dire si la famille Pasqua doit beaucoup à l’ami Etienne, le grand argentier du clan. Laqués de rouge carmin et de liège précieux, les bureaux d’Etienne Léandri rue du Faubourg-Saint-Honoré sont surveillés par un homme à tout faire laotien, l’énigmatique M. Pao. Du haut de son mètre quatre-vingt-trois, Etienne domine implacablement son interlocuteur d’un beau regard de vieux séducteur. Tout, chez cet épicurien, est réglé comme du papier à musique. Un petit porto au début du repas, un petit Cointreau après le café, et encore, allongé d’un glaçon. Le reste du temps il se contente d’un Fernet-Branca, atroce breuvage d’herbes amères adouci d’un soupçon de sirop de menthe. Et le dimanche le bel Etienne rend visite aux Délices, pâtisserie alors célèbre de la plaine Monceau, dont il affectionne tant les petits pâtés.

Né à Gap dans une famille de militaires corses, « le Pépé » aura été un intermédiaire flamboyant. Secret, malin, ce redoutable négociateur aura vite compris que l’histoire s’était accéléré et que les frontières avaient explosé. Durant la dernière guerre qu’il vécut de façon délicieuse, ce play-boy fricote avec l’occupant, obtient des licences d’importation de suif et fabrique le produit Tokalon, l’unique crème de beauté de l’époque. Avec son ami intime Tino Rossi, Etienne devient une des coqueluches du Fouquet’s.

« Mondain et curieux, Etienne Léandri fréquente le Tout-Paris pendant la guerre, il n’est pas le genre à prendre les Allemands à rebrousse-poil », explique joliment l’écrivain Jean Montaldo, son ami et confident. Le 21 juin 1948, la Cour de Justice de la Seine condamne Etienne Léandri par contumace à 20 ans de travaux forcés « pour intelligence avec l’ennemi ». « Etienne s’était alors réfugié en Italie, en passant par Berlin, pour assister à la chute du IIIe Reich, poursuit Jean Montaldo, c’était un extravagant, il en existait beaucoup à l’époque. Il vécut cette époque comme le crépuscule des dieux. On le retrouve plus tard à Milan, abrité par des religieux, le temps d’attendre la fin de l’épuration et des exécutions sommaires ». La légende veut que, durant ses années italiennes, Etienne Léandri aurait approché le mythique parrain sicilien, Lucky Luciano qui, depuis les Etats-Unis, a négocié avec la CIA le débarquement américain en Sicile. « Le patron corse d’un bar parisien de la rue Ponthieu, qui connaissait les Siciliens pour avoir fait de la contrebande de cigarettes, lui sert de recommandation auprès de Luciano », explique un de ses anciens amis, l’universitaire Michel Carmona, auteur d’excellentes biographies de Richelieu ou du baron Haussmann. Cette version de l’histoire n’est pas unanime. « Etienne n’a jamais connu Luciano, s’insurge Montaldo, il détestait les truands ».

Une seule certitude, Etienne Léandri parvient à se faire de nombreuses et précieuses relations en Italie : les industriels du groupe Richard Ginore, soupçonnés de liens privilégiés avec les banquiers du Vatican ; le promoteur Cabassi, aujourd’hui décédé, qui a nettoyé Milan des décombres des bombardements alliés et acquis une grande partie des réserves foncières de la ville ; ou encore l’architecte Carlo Castelli, qui a conçu l’ensemble Milano Fiori, réplique à Milan du quartier de la Défense, dont la justice genevoise a retrouvé la trace en épluchant les comptes bancaire d’Etienne Léandri, Cabassi, Castelli…autant d’amis et de relation de feu Bettino Craxi, l’ancien président socialiste du conseil italien poursuivi par la justice de son pays et réfugié jusqu’à la fin de sa vie en Tunisie.

Revenons à l’après-guerre : le 3 mai 1957 donc, le tribunal permanent des forces armées de Paris déclare Léandri « non coupable de haute trahison ». Rentré en France en s’appuyant sur les réseaux anti-communistes, Etienne apprend vite les recettes du gaullisme immobilier. « A cette époque de divagations financières, raconte Jean Montaldo, Etienne graissait la patte des politiques, il était même un orfèvre en la matière. » « Il jouissait en faisant des affaires », explique l’actuel vice-président du RPF, Jean-Jacques Guillet, dont la société de communication négocia avec Etienne, dans les années 70, des espaces publicitaires…sur les tickets de loterie.

Ce natif de l’île de beauté est au mieux avec les Corses de l’UDR : Achille Peretti, Paul Comiti, René Tomasini, et naturellement Charles Pasqua. « Etienne Léandri était une relation de Christian Poncelet, l’actuel président du Sénat, a admis simplement Pasqua face aux juges, je l’ai vu à plusieurs reprises. Léandri faisant des affaires, je ne me suis jamais inquiété de savoir dans quel domaine. » On n’est pas obligé de le croire sur parole. Son bras droit, Jean-Jacques Guillet, a conservé, lui, des souvenirs plus précis : « dans les années 70, Etienne connaissait bien Marcel Boussac, qui était en train de liquider son groupe industriel. Comme Poncelet est élu dans les Vosges et l’entreprise Boussac est fort présente dans son département, il est amené tout naturellement à rencontrer Etienne Léandri. Or, à l’époque, Charles Pasqua, qui préside une première fois le conseil général des Hauts-de-Seine, cherche à reprendre les haras de Jardy, un des fleurons de l’empire Boussac. C’est pour cela que Poncelet, tout naturellement, lui présente Boussac et Léandri ».

Dans les années 90, Etienne croit au destin de Charles. Entre deux virées à la Scala avec ses amis milanais, le Pépé conclut de juteux contrats pour le compte de l’entreprise de bâtiments Lyonnais-Dumez, la société Thomson ou d’autres. Son associé en affaires est parfois Pierre Pasqua, le fils de Charles. « Etienne rendait à Pasqua le plus grand des services, note cruellement l’universitaire Michel Carmona, il occupait le fiston ».

Pierre Pasqua n’apparaît jamais publiquement. En revanche son nom figure sur quelques comptes discrets en Suisse ou à Monaco. Le fiston est le portrait de son père et son plus fidèle conseiller. Officiellement, sa jeunesse musclée dans les rangs du Gud, un syndicat étudiant d’Extrême droite, est sa seule incursion en politique. Agent immobilier à Grasse, avec pour associé le fils d’un gendarme du coin, Pierre tombe amoureux de l’Afrique et devient conseiller du milliardaire Jean-Claude Mimran, roi de l’agro-alimentaire au Sénégal. Grand voyageur, il effectue quelques escapades avec les amis de son père, Etienne Léandri bien sûr, qui l’emmène en 1994 en Corée, mais aussi le flamboyant André Guelfi, dit Dédé la Sardine, surnommé ainsi en raison de ses investissements passés dans les pêcheries en Mauritanie

Les faux frères Guillet

Grand copain de Pierre, Jean Jacques Guillet est le plus ancien des collaborateurs de Charles. Après avoir fait ses classes au cabinet de Jacques Chaban-Delmas alors Premier ministre de Pompidou, Guillet est chargé entre 1973 et 1976 des relations publiques du conseil général des Hauts-de-Seine, que préside une première fois Charles Pasqua. De sa jeunesse musclée dans les rangs d’Occident, un mouvement d’extrême droite, le vice-président du RPF a conservé un goût marqué pour les méthodes expéditives. Lors des élections présidentielles de 1981, quand Pasqua roulait pour Chirac, une de ses sociétés, l’institut de sondage Indice SA, attribuait au patron du RPR des scores mirobolants. Jean-Jacques le conceptuel prétendait introduire dans ses études d’opinion la dimension de « l’inconscient collectif ». Laquelle dimension, on l’aura compris, était à l’époque profondément anti-giscardienne. Autre atout, ce Guillet-là appartient à la Grande Loge Nationale de France (GLNF), un des trois grandes obédiences maçonniques, et ne s’en cache pas.

Conseiller diplomatique de Charles Pasqua, Bernard Guillet n’a aucun lien de parenté avec Jean-Jacques. « Dans la maison Pasqua, Bernard serait du genre à occuper la chambre de bonne », explique aimablement son avocat, l’ineffable Jacques Vergès. Plus sérieusement, ce simple fonctionnaire du Quai d’Orsay possède une belle maison estimée à trois millions huit cent mille francs au Vésinet, près de Paris. Cette modeste masure intéresse fort la justice qui a épluché ses comptes bancaire sans égard pour son rang de diplomate. Surnommé « Benguigui » par ses détracteurs en raison de son goût pour les pays arabes aussi démocratiques que la Syrie, l’Irak ou la Tunisie, Bernard Guillet apprécie également les golfs du Maroc, un pays où il fut longtemps consul de France. Pour le reste ce diplomate est connu pour u n autre passe-temps, la création d’association. De préférence à but non-lucratif…comme France-Orient et France-Sibérie-Russie, où oeuvra une vraie fausse journaliste prénommée Victoria, au mieux avec les pontes de l’ex-KGB.

Fort colérique, ce diplomate n’inspire pas une totale confiance à ses amis. Avant d’être interrogé par le juge Philippe Courroye l’hiver dernier, Bernard Guillet recevait par colis anonyme, un panier de charcuteries corses. Sans parles de quelques fromages de brebis en prime. Le message était parfaitement clair. Du genre : souviens-toi de ceux qui t’ont nourri.

Histoire d’éviter face à un juge bulldozer, quelques bavardages inutiles.

Daniel Léandri, dit « le tondu »

Daniel Léandri, qui n’a aucun lien de famille avec Etienne Léandri, est le fidèle d’entre les fidèles, le grognard de l’empereur, le « flambeau » dévoué corps et âme. Papa Léandri appartenait déjà à la maison Poulaga, où il avait côtoyé Papa Pasqua, également gardien de la paix. D’où la larme versée par Charles, lors de sa première nomination à l’Intérieur en 1986, en pensant à son père, simple flic, décédé quelques années auparavant. En novembre 1978, Jacques Chirac est hospitalise à l’hôpital Cochin, une jambe fracassée, après un accident de la circulation sur une route verglacée de Corrèze. Totalement dévoué à sa cause, Pasqua lui envoie le brigadier Léandri, pour veiller jour et nuit sur l’accidenté de la route. L’ami Daniel s’endormait, le soir, devant la porte de la chambre d’hôpital. C’est le moment où, sur son lit de douleur, le futur président de la République lancé, très exalté, son fameux appel de Cochin contre la politique giscardienne. « Comme toujours, quand il s’agit de l’abaissement de la France, le parti de l’étranger est à l’œuvre, avec sa voix paisible et rassurante. Français, ne l’écoutez pas. C’est l’engourdissement qui précède la mort. » La présence du garde du corps Léandri s’explique par les relations fort tendues qu’entretenaient alors les gaullistes avec « le parti de l’étranger » de Giscard d’Estaing.

Trois jours avant l’audition de Charles Pasqua par les juges, au mois de mai 2001, on surprend Daniel Léandri, dans le bar d’un grand hôtel, à deux pas du ministère de l’Intérieur, en compagnie d’un grand flic de ce même ministère. Histoire de venir aux nouvelles.

S’il en faut un pour aller au contact, ce sera toujours Daniel, dit encore le « Tondu ». Ou encore « l’enrhumé ».

Le « préfet boum-boum »

« Il faut lui envoyer les voyous ». Dans le rôle du méchant, le préfet Marchiani est toujours parfait. Ses menaces ne sont jamais voilées, l’auteur de ce livre l’a appris à ses dépens. Alors que le Canard enchaîné avait publié l’hiver dernier, plusieurs papiers sur les comptes bancaires de proches de Pasqua, Jean-Charles Marchiani confiait à un ami : « ce Nicolas Beau, il faut lui régler son problème. En Corse c’est assez vite fait : boum, boum et terminé ». Ce qui valut une explication de gravure entre le préfet « boum boum » et le rédacteur en chef du Canard, Claude Angeli, mis au courant de ces menaces par un informateur du journal. Le journaliste conseillera à l’ami Jean-Charles de se calmer un peu.

Jean-Charles Marchiani n’en est pas à son coup d’essai. Apparemment, les « voyous » ont tenté de faire pression sur un journaliste de France 2, Eric Lemasson auteur de la seule biographie du préfet Boum-Boum parue. Début 1999, un dossier de presse annonçant la tenu d’un colloque des chirurgiens-dentistes est délicatement posé sur le bureau du journaliste. Le sujet imposé « la référence en prothèse », est parfaitement étranger à ses préoccupations. Plus surprenant, certains passages sont soulignés au feutre jaune :  » un protocole clinique et technique, lisait-on, permet d’améliorer le traitement de l’édentation totale ». Ou encore : « contrairement aux idées reçues, le nombre d’édenté totaux ne régresse pas ». Et enfin : « les praticiens hospitaliers mesurent un rajeunissement de la population édentée ». Or Eric Lemasson n’a pas dépassé à l’époque, la trentaine d’années. A bon entendeur, salut !

Plus tard, le même plumitif et père de famille reçoit, entre deux coups de fil menaçants (sur fond de bruit de cour de récréation) une étrange visite d’un avocat connu. Cet honorable représentant du barreau lui demande de supprimer certains passages du livre, contre la somme de cinquante mille francs. Pour les envoyés du préfet Boum-Boum, le retournement d’un journaliste vaut peu de choses. De tels tarifs sont presque insultants pour la profession.

Le parcours politique du préfet Boum Boum ne plaide pas en sa faveur. Etudiant en droit à Aix, où il rencontre déjà Pasqua alors représentant en pastis à Marseille, le jeune Marchiani est très engagé du côté de l’Algérie française. A moins, comme on le raconte volontiers, qu’il n’infiltre l’OAS pour le compte du SAC. Plus sérieusement, le préfet Boum Boum commence sa carrière à dix-neuf ans, au Sdece, l’ancêtre des services secrets de la DGSE (direction générale de la sécurité extérieure), dont il est évincé en 1970 pour avoir joué un rôle trouble dans l’affaire Markovic.

« Il a toujours cultive un côté préfet chrétien et d’autre part, le genre voyou des services secrets », explique son camarade du RPF, Jean-Jacques Guillet, conseille de toujours de Pasqua. Et d’ajouter, cruel : « il a un côté Rintintin à courir partout même si on ne lui demande pas, encore qu’en matière politique, face à Chirac notamment, il fasse davantage penser à Rantanplan ».

A partir de 1993, Jean-Charles Marchiani devient l’interlocuteur privilégié des hommes du président angolais Dos Santos, le Franc-brésilien Pierre Falcone et le Russe Arkadi Gaydamak, deux amis plus récents de la bande à Pasqua. Pierre Falcone est un Franco-Brésilien né à Alger en 1952 de parents italiens émigrés. Un bien joli métissage. Touche-à-tout, il s’intéresse aussi bien aux armements qu’aux produits alimentaires ou à la santé financière des associations satellites du RPF. Accusé de commerce d’armes illicite, de trafic d’influence et de fraude fiscale, Pierre Falcone n’a jamais livré ses secrets de fabrication. « Il ne dit rien, il a une défense de voyou », estime un enquêteur.

Avant de connaître pendant une année, jusqu’à décembre 2001, une cellule de Fleury-Mérogis où la température ne dépasse pas huit degrés en hiver- et encore avec des cartons aux fenêtres-, Pierre était confiant en son destin : « dans mon pays au Brésil, on aime bien les maximes. Et celle-ci en particulier : bien faire et laisser dire. » «  Bien faire… » Pierre Falcone aura ainsi contribué à livrer cinq cent millions de dollars d’armement à l’Angola, un des pays les plus riches en pétrole de la planète et l’un des plus misérables pour le niveau de vie de ses habitants.

Bon camarade, Pierre Falcone a emmené dans ses aventures angolaises le milliardaire russe Arkadi Gaydamak, fort bien introduit dans le complexe militaro-industriel de Russie. Au départ, ce petit émigré aura été un bon informateur de la DST, le service de sécurité intérieur. « C’est un génie, le roi Midas en personne », souligne son avocat, William Goldnadel.

Cet Arkadi est surtout un ami de la France. De multiples portraits de Napoléon ornent les pièces de réception de son superbe appartement avenue Foch. A l’entendre, il aurait beaucoup fait pour libérer en 1995 les pilotes français, otages en Serbie. « La France devrait me traiter en héros , proteste aujourd’hui Arkadi, or elle me traite en bandit. » Recherché par la justice française, le Russe s’est réfugié en Israël, où il a hébraïsé son nom en « Ari Barlev ». De là il multiplie les propos vengeurs et les menaces voilées dans les nombreux entretiens qu’il accorde aux envoyés spéciaux de la presse française, qu’il reçoit volontiers dans sa belle maison de Césarée. Entre deux voyages en Angola…

Le clan des Corses

«  J’ai des amis corses, et alors ? Ce n’est pas un délit. » Cette confidence émouvante de Charles Pasqua au journal Corse-Matin durant l’été 2001 traduit une affection particulière pour deux familles dans l’île : les trois frères Feliciaggi, les deux frères Tomi. Et les proches de Charlie s’affichent avec Jean-Baptiste Jérôme Colonna, dit « Jean-Jérôme », dit encore « Jean-Jé », qui passe pour le parrain corse par excellence.

Au cinéma, les amis corses auraient joué le rôle des mauvais garçons ; de lourdes paupières, dès lèvres épaisses, des visages figés. Leur impassibilité est traversée parfois par une lueur d’intelligence, baptisée sur l’île le « vice du berger », ou encore « le vice du renard ». Autant dire la capacité de certains Corses à se tirer des situations les plus périlleuses.

Les Feliciaggi sont officiellement trois, l’histoire en retiendra surtout deux. Nés au Congo de parents fonctionnaires, Charlie et Robert Feliciaggi allient le meilleur et le pire des Corses expatriés en Afrique : l’esprit d’entreprise, l’énergie débordante, la générosité clanique, mais aussi cette propension à se sentir en marge de la loi commune. Chez eux le clan passe avant l’Etat-nation.

L’aîné, Charlie, vit en Angola où comme Jean-Christophe, Dédé la sardine et d’autres, il s’occupe officiellement de pêcheries. Encore que ce ne soit pas exactement l’impression de la justice de Monaco, qui s’intéresse de près à ses activités, et notamment aux 35 millions de dollars de matériel qu’il a livré à la garde présidentielle angolaise, avec l’aide notamment de Pierre Falcone. Le deuxième, le plus entreprenant, se prénomme « Jérôme », mais se fait appeler « Robert l’Africain ». Malgré la cure d’amaigrissement suivie l’été dernier dans une ville d’eaux, Robert a le visage empâté, les yeux sombres et le geste lent. Ce Corse est surtout le grand patron des jeux en Afrique. Sans parler de ces quelques casinos hexagonaux que Charles Pasqua lui a concédés lors de son règne au ministère de l’Intérieur, entre 1993 et 1995. il faut dire que Robert fut le principal artisan du lancement de Demain la Corse, l’antenne du RPF sur l’île. C’est lui encore, qui, pendant les européennes de 1999, renfloue les comptes de la patronne du PMU gabonais, Marthe Mondoloni, pour l’aider à avancer sept millions et demi au RPF…

Marthe est la fille de Michel Tomi, autre empereur des jeux et des casinos, qui tutoie Pasqua. Condamné dans la débâcle du casino de Bandol en 1996 à un an de prison, une peine confirmée voici quinze mois par la Cour de Cassation, cet honnête garçon vient d’obtenir d’un juge d’application des peines en Corse un régime de semi-liberté. Du genre souple.

Resté au pays, son frère, Jean-Baptiste Tomi, aura été élu maire du village familial de Tasso, sous les étiquettes successives de radical, de gaulliste puis de « divers droite ». Surnommé « le gros », le fringant Jean-Baptiste appartenait surtout au clan de feu Marcel Francisci, le patron des cercles de jeu à Paris. Hélas, le 15 janvier 1982, ce grand entrepreneur a été flingué dans un parking parisien et depuis, Jean-Baptiste s’est converti dans la restauration. Son auberge, le Col-Saint-Georges, se prête merveilleusement à de discrètes agapes, notamment lorsque le patron du RPF réunit ses amis politiques dans l’île.

Autre Corse d’Afrique, André Tarallo, l’homme fort d’Elf pendant un quart de siècle, est naturellement au mieux avec ce tout petit monde. Il connaît depuis toujours Charlie Feliciaggi, dont l’appartement, rue Jean-Goujon, tous volets clos, fait face aux locaux que lui-même a aménagés depuis son départ de la compagnie pétrolière. André a également côtoyé Robert Feliciaggi, qu’il « n’a pas revu depuis cinq ans ». Et bien sûr Jean-Jé Colonna, qui vit à Pila-Canale, le village des Feliciaggi, ne lui est pas inconnu. « Je l’aperçois parfois, je peux vous assurer qu’il est en pleine activité », admet André Tarallo, dans un sourire. Et d’ajouter, amical envers le journaliste de passage : « il ne faut pas s’attaquer à la bande de Pila-Canale, il faut vous méfier, ils peuvent vous retrouver d’ici deux ou trois ans ».

Officiellement employé par la supérette de sa femme pour dix mille francs par moi, Jean-Jé est avant tout connu comme le neveu de Jean-Jean. Ce dernier a trempé après guerre, dans l’affaire mythique du trafic de cigarette du combinatie, du nom du bateau détourné avec sa cargaison de blondes. Ce qui lui a valu, lors d’une fusillade de rue, de perdre les deux jambes. Maire à l’époque de Pila-Canale, le fief de la famille, Jean-Jean inaugura tout de même, en voiture roulante, une place du village à son propre nom. Le tout fut filmé par les actualité Pathé.

Jean-Jé est également le frère de Charles Colonna, longtemps maire-adjoint d’Ajaccio chargé du tourisme. Une position en or. Jusqu’au jour où, agacé par un jet d’eau chaude chez le coiffeur, l’élu arrosa la vitrine du commerçant de plusieurs balles de révolver.

Le jeune Jean-Jé passe vite sur le continent où il exploite un modeste bar marseillais, La folle époque. En fait, il travaille pour le compte de son oncle Jean-Jean. La police s’intéresse à lui une première fois en 1971, après avoir saisi à Orly un sac de douze kilos d’Héroïne. Plus sérieusement, il est interpellé en janvier 1975 dans l’affaire dite de la » french connection » et emprisonné aux Baumettes. On lui reproche d’avoir convoyé vers les Etats-Unis une tonne d’héroïne pure. Excusez du peu. Sept mois plus tard, Jean-Jé s’enfonce une lame dans la poitrine avant d’être admis à la salle des consignés de l’hôtel-dieu de Marseille, d’où il prendra la fuite. Le 13 janvier 1978, notre homme est condamné à 17 ans d’emprisonnement. Six mois plus tard, Jean-Jé obtient de façon totalement inédite, un sursis de la cour d’appel pour la peine qui lui avait été infligée pour trafic de stupéfiants ? Dix sept ans avec sursis, du jamais vu…

Sa seule peine pour évasion prescrite, Jean-Jé peut rentrer au pays de 1985. son séjour au Brésil n’aura pas été trop dur, il y connaît du beau monde, notamment Jules Filipeddu. Voilà un homme serviable. Propriétaire du restaurant la Caravelle sur le port de Bonifacio, qui accueille la jet-set parisienne, Jules est apparu au Brésil dans la fameuse affaire du vrai faux passeport délivré par Charles Pasqua à un ancien chef de cabinet du ministre socialiste Christian Nucci. Depuis son retour dans son bled de Pila-Canale, Jean-Jé a conquis de fortes positions, devenant le discret propriétaire de plusieurs établissements dans l’île, généralement sous des prête-noms. Cette vie paisible n’a été troublée qu’en juin dernier, lors de la visite inopinée de la police judiciaire d’Ajaccio à son domicile. Depuis, ces enquêteurs bien curieux épluchent ses comptes et ceux de ses proches.

Ainsi avec l’entourage de Charles Pasqua on ne s’ennuie guère. Entre armes et pétrole, roulette et baccara, les pépés flingueurs mènent joyeuse vie. »

source: https://www.bakchich.info/france/2007/10/08/la-pasqua-connection-50998

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DOUANE FRANÇAISE (DNRED – Renseignements, Enquêtes et actions d’infiltration): retour sur l’infiltration dans l’organisation Locatelli

Actualisé le 29 juin 2015 à 11 h 15

dnred———————————————————————————–

Résumé d’une action d’infiltration de la DNRED au sein de l’organisation de

Claudio Pascuale Locatelli

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gibraltar55

Infiltration débutée en février 1993 :
Début février 1993, NS 55  est présenté à Gibraltar à Mario Marroni par  des membres des familles Victori et Sheldon, contrebandiers connus sur Gibraltar, signalés au chef d’échelon DNRED de Nantes Christian Gatard.

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Claudio Pasquale Locatelli

AKA

Mario Marroni

 Mariano Zizzi

Mario de Madrid

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Christian Gatard 

Photo: http://www.ouest-france.fr/jai-recrute-le-vrai-heros-du-film-gibraltar-1659460

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Signalement à Christian Gatard, chef d’Echelon DNRED à Nantes, de Mario Marroni.

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Le samedi 13 février 1993, Christian Gatard annonce à NS 55 qu’il descend  voir le mercredi 17 février 1993 Michel Rotard, le douanier sous couverture, associé du restaurant St Georges, et qu’il passera le voir en fin de journée.

rotard Restaurant Saint Georges – Estepona (Andalousie)

Michel Rotard (de profil), l’agent de la DNRED, avec Marc Fievet

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Le chef de l’échelon de la DNRED Nantes, Christian Gatard, s’intéresse à l’opération en projet avec Mario que NS 55 lui relate dans le détail.

NS 55 lui demande assistance pour l’aider à déménager du Saint Georges avec l’aide de douaniers français, pour éviter que les hommes de Carlos Ferran, le responsable du GAL ne puisse le positionner. En effet ce dernier pouvait utiliser les services du commissaire Ricardo Kohl d’Estepona pour éventuellement le rechercher. Carlos Ferran savait que NS 55 travaillait pour la douane française, suite aux informations transmises par la police espagnole et comme NS 55 commençait à perturber ses trafics (Saisie de 500 kgs de cannabis sur le Scarab de Daudet AKA Roger Martens par le SVA). Le narcotrafic des « GAL » était couvert par la police espagnole et la Guardia Civil en récompense des services rendus!

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M/V MELOR (Ex LARISSA)

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– Mars 1993 :

Signalement à Christian Gatard du premier chargement (1 600 kg de cannabis) par le M/V MELOR, pour le compte de Mario Marroni à destination du sud Italie (livraison au large de Brindisi). Christian Gatard ne signalera pas ce voyage aux autorités italiennes. Christian GATARD a alors précisé à NS 55 les raisons de ce non signalement en précisant que s’il faisait ce signalement auprès des autorités italiennes cela compromettrait  l’action d’infiltration en cours au sein de l’organisation de ce Mario Marroni (Locatelli).

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Intervention de Jean-Paul Garcia, attaché des douanes à Madrid, en charge des relations avec Malte, pour faire en sorte que le navire Melor qui après livraison s’était réfugié à Malte (port de La Valette) pour se mettre à l’abri d’une tempête, soit autorisé à quitter le port sans devoir passer les contrôles techniques exigées par la règlementation maritime et les autorités locales.

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Mars 1993 :

NS 55 doit se sortir seul de son action d’infiltration au sein de L’IRA débutée en avril 1992 avec les autorités anglaises du HM Customs Excise.

Signalement à Christian Gatard d’un chargement à destination de l’Angleterre de 12 tonnes de cannabis organisé par Marroni (chargement récupéré au large du Cap Vert). Cette livraison a échoué et à la suite de cet échec, NS 55 s’est rendu à Milford Haven, dans le sud du Pays de Galles en Cornouailles à la demande de Mario Marroni (Locatelli) pour demander à l’équipage de ramener le bateau Almeer 3 à Cadix (Espagne). Déplacement en Angleterre préalablement signalé à Christian Gatard pour que les autorités anglaises soient avisées.

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L'infiltrato di Julien Leclercq. The Informant, con Lellouche, Rahim e ScamarcioMY Poseidon

Signalement de l’acquisition par Mario Marroni (Locatelli) du Poséidon (Navire Hopital transformé en Yacht – 75 mètres) lors d’une réunion de travail (une journée entière) à Barcelone à Christian Gatard et Jo Le Squert: les photos et plans du navire ainsi que sa localisation dans une darse d’un chantier hollandais ont été communiqué lors de cette journée.

Lors de cette journée, NS 55 a informé ses interlocuteurs de tous les détails qu’il avait pu recueillir au contact de Mario Marroni.

NS 55 regrette que le dénommé Marroni n’ait pas encore été identifié…  Christian Gatard répond que la chose n’est  pas aisée car il devait prendre un maximun de précautions pour ne pas alerter les autres services.

Christian Gatard informe NS 55 qu’il ne peut pas lui envoyer des agents de l’échelon DNRED de Nantes pour l’aider à déménager.

– Avril 1993 :
Signalement du deuxième voyage de 2 000 Kgs de cannabis sur Cagliari (Sardaigne) en route vers Djibouti assuré par le Melor pour le compte de Marroni.

Alors que NS 55 lui avait demandé de faire « sauter » ce chargement; Christian Gatard refusera invoquant que, questionné par la Guardia di Finanza, il avait déjà répondu aux autorités italiennes qu’il ne connaissait pas le navire MELOR et qu’il ne connaissait pas Marc Fievet.

– Mai 1993 :
Marroni fait établir un passeport français au nom Charles Henri de Bossieu avec la photo de Marc Fievet (passeport établi en mai 1993). Ce passeport a été immédiatement signalé à Christian Gatard à qui une copie a été remise.

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– Juin 1993 : MELOR
Signalement à Christian Gatard du chargement de 32 000 Kgs de cannabis sur le Melor au large de Djibouti par transbordement à destination du Nord atlantique via le cap de bonne espérance.
NS 55 signale son voyage sur Le Caire pour arranger le transit du canal de Suez puis du voyage sur Djibouti pour présenter l’homme de confiance de Mario Marroni et le faire monter à bord du Melor. NS 55 a voyagé avec l’identité de Charles Henri de Bossieu et il est descendu au Sofitel de Djibouti.

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roissy

NS 55 fait un compte rendu à trois agents de la DNRED à son retour de Djibouti à l’aéroport de Roissy.

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mousson-so-nePour des raisons météorologiques (La mousson) et manque de puissance du moteur du Melor, le chargement  de 32 tonnes de cannabis afghan a été transféré sur un « supplyer » venu de Muscat (Oman), le transfèrement a été effectué derrière l’ile de Socotra (Yemen). Ce transfèrement a été signalé aux douanes françaises qui ont en outre été en mesure de suivre la marchandise grâce au télex ouvert au nom de Rio Plata ldt (la compagnie off shore de Gibraltar parfaitement connue des douanes) qui se trouvait à bord du Melor et qui a été transféré sur le supplyer avec l’homme de confiance de Marroni. Ainsi, par son intermédiaire, les douanes ont pu récupérer touts les éléments de contact ayant transités par ce télex (les factures avec la liste des numéros entrants et sortants ont été communiquées de la main à la main par NS 55 à Jean Paul Garcia, attaché des douanes françaises en Espagne.

(lire: GIBRALTAR, le film diffusé actuellement sur Canal +, s’est inspiré très librement de l’histoire de Marc Fievet.)

Les numéros contactés parleront: des échanges avec un télex dans le Var en France mais sur liste rouge…Et de nombreux échanges avec une grande banque de New York!


Sur ces 32 tonnes, 27 tonnes ont été saisies par les autorités canadiennes (Opération Cutknife II) et 5 tonnes par les autorités anglaises (Opération Schema).

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– Juillet/août 1993 :
Signalement d’un rendez-vous avec une personne d’origine australienne vivant sur la Côte d’Azur qui souhaitait recourir aux services de Locatelli pour transporter du cannabis. Ce rendez-vous s’est tenu à l’Hôtel Meurice à Paris. Joseph Le Louarn, le patron de la DNRED, refusera de couvrir le rdv avec les moyens parisiens (Dixit Christian Gatard), information qui n’a été donnée que la veille à NS 55. Christian Gatard fera descendre des hommes de Nantes et Lille  sans les « contacts » avec le portier et le personnel de cet hôtel. Au final, l’australien Graham et son acolyte Gil ne seront même pas pris en photo alors que NS 55 les a  rencontrés comme cela était prévu et signalé.

– Septembre 1993 :
Christian Gatard descend spécialement à Malaga pour annoncer à NS 55 lors d’un rdv au Parador de Malaga que Marroni n’est autre que Locatelli, lequel est en cavale et recherché par les autorités françaises en raison d’une évasion de la prison de Grasse, 4 ans plus tôt.
Lors de ce rendez-vous, NS 55 précise et confirme à Christian Gatard la mise en route d’une opération consistant, dans un premier temps, à charger + ou – 5 000 Kgs de cocaïne au large de la Colombie à destination du Canada puis, au retour, de recharger 10 tonnes de cocaïne prévues pour être déchargées à Propriano en Corse. Le bateau prévu pour réaliser ces opérations était le Poséidon, déjà signalé.

– Fin septembre/octobre 1993 :
Signalement de la prise en charge préalable par le Poseidon de cannabis au large de Tanger, pour livraison initialement au Canada mais finalement, dérouté vers l’Angleterre à la suite de difficultés liées à la maladie d’un membre de l’équipage.

– Novembre 1993 :
concordelafayetteDans le cadre du suivi de l’opération signalée plus haut, NS 55 de retour de Londres, rencontre Joseph Le Louarn (directeur de la DNRED, successeur de Jean Henri Hoguet) et Christian Gatard au Concorde Lafayette de Paris pour évoquer le voyage en « cours » du Poseidon ». La veille au soir, NS 55 a diné avec Hervé Maigner et la collaboratrice de Christian Gatard prénommée Nicole. Lors du rdv avec Le Louarn et Gatard, il a été abordé et convenu qu’il semblait indispensable que NS 55 réclame une rémunération à Locatelli en raison de la réussite des deux livraisons intermédiaires dont, notamment, celle qui devait délivrer 5 000 Kgs au Canada.

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Joseph Le Louarn

Joseph Le Louarn était d’accord pour blanchir 2 000 000 US$ que NS 55 estimait nécessaire de réclamer à Locatelli. Le nom du banquier Weber (ancien DG des douanes et alors directeur du Crédit Mutuel d’Alsace) avait été retenu pour assurer les opérations de blanchiment. NS 55 a demandé expressément à Joseph Le Louarn qu’il le fasse sortir de cette spirale infernale qu’il ne contrôlait plus.

Joseph Le Louarn n’a même pas relevé, lui rétorquant seulement que ce serait préférable qu’il fasse atterrir la quantité prévue à Propiano, sur Marseille où, là, lui a t’il dit, la Douane française disposait de moyens plus conséquents.

A la suite de cette réunion, c’est le douanier Francis Geoffroy qui a été chargé de  conduire NS 55 à Orly pour reprendre un avion sur Gibraltar où NS 55 devait présenter l’avocat de Locatelli dénommé Pascuale Ciolla au Banco Atlantico pour faire blanchir quelques milliards de lires destinés à l’acquisition du Pacifico, un cargo de 150 mètres.
NS 55 a signalé l’acquisition du Pacifico et les conditions de son acquisition à Messieurs Joseph Le Louarn et Christian Gatard lors de ce rendez-vous à Paris, après avoir, d’ailleurs, informé Christian Gatard du fait que Locatelli lui avait demandé depuis quelques semaines de lui trouver un Cargo marchand.

Les Douanes françaises (DNRED) connaissent l’ensemble du projet d’acquisition du Pacifico (photo de droite) dont, en particulier, le fait que Locatelli l’avait fait acheter par un Hollandais du nom de Ralph De Groot à Gdansk (Pologne).

Signalement de l’acquisition du Sea Harmony, à Palma de Majorque où NS 55 se déplace et communication à Christian Gatard de l’identité de toutes les personnes que NS 55 rencontre et de tous les renseignements que NS 55 peut glaner à cette occasion.

En particulier, le signalement d’ un dénommé Leblanc, ressortissant canadien, en visite à Benalmadena costa, qui d’ailleurs sera arrêté plus tard par les autorités canadiennes lors de la saisie du Pacifico.

– Novembre/décembre 1993 :

MS Avenger F-185

Lorsque le Poséidon a été arraisonné au milieu de l’Atlantique par l’Avenger, un destroyer anglais, Claudio Locatelli emmène NS 55 en « cavale » avec lui.

A Westland Lynx

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C’est John Hector du HM Customs-Excise qui sera le premier a être hélitreuillé

sur le Poséidon.L'infiltrato di Julien Leclercq. The Informant, con Lellouche, Rahim e Scamarcio

M/V POSEIDON

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pacificoL’EVE PACIFIQUE qui deviendra le PACIFICO dans un chantier de Gdansk (Pologne)

NS 55 prévient Christian Gatard, et reste en contact avec lui en lui demandant de dire aux autorités anglaises de ne pas le « ménager », vu la précarité de sa situation. Dans les semaines qui suivent, NS 55 informe Christian Gatard que  Claudio Locatelli, après l’arraisonnement du Poséidon par les autorités anglaises, a décidé de substituer au Poséidon,  le Pacifico et qu’il lui a fait acheter un yacht de 27 mètres à Palma de Majorque du nom de Sea Harmony auprès d’une compagnie off shore de Jersey.

NS 55 a fourni une photocopie de son passeport au nom de Charles Henri de Bossieu pour que sea harmony 1la transaction soit enregistrée à Jersey; Christian Gatard décide alors d’envoyer Hervé Maignier (Divisionnaire de la Douane, Echelon DNRED de Nantes) à Jersey pour faire noircir cette photocopie pour que la photo qui y figure ne permette pas aux autorités anglaises de le reconnaître et d’orienter les poursuites sur Marc Fievet – NS 55.

Hervé Maignier indiquera au téléphone qu’il a pu rencontrer les responsables du Customs de Jersey et réussir à rendre invisible la photo sur les documents enregistrant l’acquisition de ce yacht qui devait être utilisé pour transborder les 10 000 kilos de cocaïne du cargo Pacifico vers la Corse.

sea harmonyM/Y Sea Harmony

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– Février 1994 :
Lorsque le Pacifico a été intercepté en février 1994, par les autorités canadiennes, NS 55 a téléphoné à Christian Gatard à 03 H 00 pour l’en informer et sa  réponse a été: « Mais bon sang, c’est pas possible, vous êtes infiltrés… ».

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– Mars/juillet 1994 :
DEAA la suite de cette interception et ayant pris conscience que l’infiltration de NS 55 intéressait plusieurs Etats, il a été décidé avec Christian Gatard de rencontrer les responsables du DEA.

NS 55 a continué à donner les informations en sa possession sur Claudio Pasquale Locatelli directement aux enquêteurs du DEA Paris (David May), du DEA Rome et de la police italienne, à l’occasion de séances de travail qui se sont tenues 4 fois sur Paris et une fois sur Nantes, en présence des douaniers Jo Le Squert  et Hervé Maignier.

Le DEA savait depuis l'opération DINERO!

     DEA David May

Les agents du DEA n’informeront pas NS 55 que leur opération DINERO (DNRED: retour sur l’Opération Dinero.) est en cours sur l’organisation Locatelli depuis le milieu de l’année 1992.

A l’époque, le DEA a défrayé NS 55 de ses voyages à Saint Martin (WI) à hauteur de 10.000$ US en deux versements en cash faits devant les douaniers Le Squert et Maignier à l’ambassade américaine de Paris.

NS 55 était entré à l’ambassade avec son identité de Charles Henri de Bossieu accompagné de Le Squert et Maignier.

Ambassade des États unis à Paris

Le reçu de ces versements a été établi au nom de Marc Fievet, sans qu’il ne lui soit donné un double.

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Rencontre avec le nouveau patron de la DNRED, Bernard Pouyané en compagnie de Christian Gatard, courant mai, dans un café de la Bastille.

Bernard Pouyané  proposera 3.000.000 de francs à NS 55 s’il réussissait à faire charger quelques tonnes de cocaïne sur le Sea Harmony.

Marc Fievet restera infiltré dans l’organisation Locatelli jusqu’au 23 septembre 1994, date de son arrestation à Fuengirola par la police espagnole suite activation du mandat Interpol par les autorités anglaises et canadiennes.

***

Marie-France Vergara du consulat de France de Séville visite Marc Fievet à la prison d’Alhaurin de la Torre suite demande de Jean Paul Garcia, attaché de la douane française à Madrid et lui demande de ne pas prendre d’avocat. Tout sera géré par Madrid dit-elle!

Jean Paul Garcia visite Marc Fievet à la Prison d’Alhaurin de la Torre (Malaga) et lui précise que c’est l’ambassade de France qui va gérer son dossier.

Jean Paul Garcia témoigne devant « l’audience nationale » en faveur de Marc Fievet lors du jugement devant décider de ses extraditions vers l’Angleterre et le Canada.

Michel Charasse (ex ministre du budget), contacté par Marc Fievet, ne fera rien.

Le directeur général de la douane française, Jean Luc Vialla, informé, laissera pourrir la situation.

Pierre Mathieu Duhamel, directeur de la douane française,  rencontre Madame Strachan, la directrice générale du « HM Customs-Excise » à Stockholm (Suède) pour aborder la situation de Marc Fievet.

Philippe Galy, attaché de la douane française à Londres visite de nombreuses fois Marc Fievet dans différentes prisons anglaises et pratiquera le chantage pour obtenir son plaidoyer de culpabilité en Angleterre. (Si vous ne plaidez pas coupable, on s’arrangera pour vous en faire prendre pour 10 ans! (SIC)).

Jean Puons, le DI de la DNRED, rencontre  Marc Fievet dans les prisons françaises et demande une intervention du DG François Auvigne.

François Auvigne, inspecteur des finances directeur général de la douane française, dit à Jean Puons qu’il ne veut plus entendre parler de ce Marc Fievet et refuse d’assumer les promesses émises par ses prédécesseurs écartant ainsi toute continuité du service de l’Etat!

ÉCOUTER:

INTERVIEW de Marc Fievet sur France Bleu Nord.

Lire et écouter:

Mais qui est donc l’énarque inspecteur général des finances François Auvigne? Un salaud qui s’est planqué derrière les textes? par Marc Fievet AKA « NS 55 DNRED ».

Écouter:

FRANCE (Bercy – Ministère des finances): confidences de NS 55 à bord d’un camping-car….

 « Le Choix de Yves Calvi » du 6 septembre 2013 en vidéo : pendant six ans, Marc Fiévet était un « aviseur » pour les Douanes Françaises, un agent infiltré dans les plus gros réseaux de trafics de drogue. Lâché par le Directeur de la douane française François Auvigne, un inspecteur des finances… » href= »https://ns55dnred.wordpress.com/2015/04/28/rtl-yves-calvi-et-jacques-pradel-ont-recu-le-vendredi-6-septembre-2013-marc-fievet-infiltre-au-coeur-de-la-mafia/ » rel= »nofollow »>FRANCE (RTL): Yves Calvi et Jacques Pradel ont reçu le vendredi 6 septembre 2013 : Marc Fievet, infiltré au coeur de la mafia.

***

PLUS: https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Fievet

Toutes informations complémentaires et précisions supplémentaires sur cette opération en écrivant  à  marcfievet@live.fr

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TERRORISME (de Merah à Salhi): «Il y a une méconnaissance absolue de la manière dont pense le terroriste nouveau»

Avatar de Marc FievetThe international informant

Multiples voyages financés par le narcotrafic!

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Par Eugénie Bastié

    • Mis à jour le 28/06/2015 à 09:33
    • Publié le 27/06/2015 à 20:32

Le journaliste Alex Jordanov a écrit un récit documenté sur l’affaire Merah. Il revient sur les évènements de mars 2012 et met en garde contre certains tabous qui nous empêcheraient de voir la réalité de la détermination des nouveaux terroristes, dont fait désormais partie Yassin Salhi.

LE FIGARO: Vous publiez Merah, l’itinéraire secret (Nouveau monde, 2015). Nemmouche, Kouachi, Coulibaly, Ghlam et maintenant Salhi.. diriez-vous que Mohamed Merah a été le pionnier et modèle d’une «génération djihadiste»?

Merah est effectivement une «idole». C’est lui qui a inauguré cette longue liste, donc un pionnier. Il est souvent cité comme l’exemple à suivre dans les vidéos de propagande francophone diffusées par l’État islamique. Ce qui m’inquiète ce sont les conférences de presse de M. Cazeneuve après chaque attentat. Le temps passe…

Voir l’article original 851 mots de plus

GIBRALTAR: l’éternel recommencement!

GIBRALTAR MELANIE
Brazen gang smuggle drugs on busy Spanish tourist beach in BROAD DAYLIGHT

PUBLISHED: 03:22, Tue, Jun 23, 2015 | UPDATED: 10:23, Tue, Jun 23, 2015
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Families with young children looked on dumbstruck as the traffickers stopped their speedboat on the shoreline, a stone’s throw from Gibraltar, and began to hand their illegal stash to waiting accomplices.The eye-catching incident happened around 6pm on Friday at a beach called El Burgo in La Linea, Gibraltar’s neighbour on the Spanish side of the border.The Rock is clearly visible in home-made videos taken by bathers and posted on social networking sites.The traffickers, thought to be Moroccans working with Spanish accomplices who crossed the short distance separating Africa from Spain, are believed to have unloaded around 1,500 kg of cannabis resin.

Drug smuggling on La Linea beachIG

Spanish police say they feel ‘impotent’ over tackling drug-smugglers

MORE: http://www.express.co.uk/news/world/586205/VIDEO-gang-drugs-smuggle-cannabis-La-Linea-Spain-Gibraltar-daylight-beach-tourists

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SEE MORE

informant espagne

https://ns55dnred.wordpress.com/

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FRANCE (Loi sur le renseignement): du respect des grands principes du droit à la surveillance de masse sur internet – Par Antoine Cheron, Avocat.

Par Antoine Cheron, Avocat.

– lundi 15 juin 2015
Le 9 juin 2015, le projet de loi relatif au renseignement a été voté par le Sénat à 252 voix pour, 67 voix contre et 28 abstentions. Le texte ayant été adopté à une grande majorité par l’Assemblée Nationale le 5 mai dernier, les sénateurs ont eu à s’exprimer sur des questions de société aussi fondamentales que celles de la sécurité, de la défense des intérêts fondamentaux de la nation et de la garantie des droits et libertés des citoyens.

Le texte constitue l’aboutissement d’un long processus dont les premières manifestations peuvent remonter aux condamnations prononcées contre la France par la Cour Européenne des droits de l’homme à partir des années 1990 [1].

La CEDH avait en effet considéré que « le droit français, écrit et non écrit, n’indique pas avec assez de clarté l’étendue et les modalités d’exercice du pouvoir d’appréciation des autorités dans le domaine considéré ». La France étant un Etat de droit, il devenait urgent pour le gouvernement d’encadrer l’activité de ses services de renseignement.

Dès lors, le législateur a poursuivi l’objectif d’établir un cadre juridique réglementant les services de renseignement dont les agents agissaient, selon divers rapports parlementaires, sans véritable cadre légal.

C’est ainsi que, à l’occasion de plusieurs lois intéressant la sécurité, diverses dispositions relatives au renseignement seront adoptées et intégrées notamment au Code de la sécurité intérieure. A ce titre, on peut citer la loi portant création de la délégation parlementaire au renseignement (loi du 9 octobre 2007), la loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI) du 14 mars 2011, la récente loi du 18 décembre 2013 de programmation militaire pour les années 2014 à 2019 ou encore celle relative à la lutte anti-terrorisme du 3 novembre 2014.

Fixer des règles propres à encadrer l’activité des services de renseignement est donc devenu une préoccupation majeure du gouvernement. Ce texte sur le renseignement illustre l’ambition gouvernementale de couvrir par une seule loi l’ensemble des aspects liés à l’activité de renseignement.

Ce texte, qui donne enfin un cadre juridique complet à une activité qui n’en disposait pas, constitue indéniablement une avancée dans un Etat démocratique. Le texte n’est cependant pas indemne de tout reproche et plusieurs voix se sont élevées, notamment au sein des syndicats des professions juridiques, pour manifester leur mécontentement.

La loi votée par le Sénat comporte encore quelques points sensibles, spécialement en ce qui concerne les contrôles internes et externes du recours aux techniques de renseignement. Entre deux impératifs aussi essentiels que la nécessité de la sécurité nationale et la garantie des droits et libertés des citoyens, l’équilibre restera toujours un objectif difficile à atteindre.

Du point de vue de la technique juridique, le présent texte sur le renseignement crée au sein du Code de la sécurité intérieure un livre VIII intitulé « Du renseignement ». Il s’agit d’une nouveauté puisqu’il n’existe aujourd’hui qu’un livre II titre IV relatif aux « interceptions de sécurité », lequel est donc appelé à disparaitre.

La loi votée par le Sénat, qui modifie dans une certaine mesure le projet adopté par l’Assemblée nationale, ne fait pas l’unanimité : ses opposants la qualifient de liberticide et n’hésitent pas à la rapprocher du Patriot Act américain. Elle est actuellement en attente d’examen par la commission mixte paritaire afin d’aboutir à une version commune aux deux chambres du Parlement. Le vote définitif devrait quant à lui avoir lieu à la fin du mois.

Pour l’heure, la loi est articulée autour de 17 articles dont les principales mesures concernent les motifs de recours aux techniques de renseignement, les nouveaux outils et la procédure applicable aux techniques d’accès à l’information, la création d’une autorité administrative indépendante, l’ouverture d’un recours devant le Conseil d’Etat et enfin la protection administrative et juridique des agents des services de renseignement.

LIRE: http://www.village-justice.com/articles/Loi-sur-renseignement-respect-des,19863.html

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NARCO BUSINESS: les chiffres de l’année 2012 montraient déjà l’ampleur du problème

https://i0.wp.com/www.mysecurite.com/wp-content/uploads/2013/04/trafic-de-drogue_909526.jpeg

Dans le monde, environ 210 millions de personnes – soit 4,8 % de la population âgée de 15 à 64 ans ont consommé des substances illicites au moins une fois au cours des 12 derniers mois. Avec un chiffre d’affaires estimé entre 300 et 500 milliards de dollars, le trafic de drogue est devenu le deuxième marché économique au monde, juste derrière les armes ,mais devant le pétrole.

Les bénéfices et les sommes en jeu sont colossales. En effet, les profits des petits et grands trafiquants sont immenses. Le chiffre d’affaire du trafic de stupéfiant est de 243 milliards d’euros par an : si les trafiquants de drogues étaient un pays, leur PIB les classerait au 21è rang mondial, juste derrière la Suède. Malgré la répression, l’ONU estime que seuls 42% de la production mondiale de cocaïne est saisie (23% pour la héroïne). Dans certains pays de production ou de transit, comme le Mexique, ce sont de véritables contre-pouvoirs occultes qui font régner la terreur et corrompent les rouages de l’État. (1)

Le commerce de la  drogue comme marchandise prohibée est extrêmement lucratif : le marché de la drogue est celui qui connaît actuellement la plus forte expansion.

DE LA DANGEROSITÉ DE LA PROHIBITION ACTUELLE

La prohibition de l’alcool aux États-Unis en 1920 a eu comme conséquences:

  • Une augmentation des prix des produits alcoolisés,
  •  une détérioration  de la qualité des boissons, avec des risques sanitaires accrus,
  • une augmentation du trafic international,
  • une augmentation de la criminalité chez les consommateurs et chez les trafiquants,
  • la constitution de contre pouvoir avec des gangs à renommée internationale comme celui d’Al Capone,
  • le développement de la corruption dans tous les rouages de l’économie et de l’État,
  • un manque à gagner en impôts et taxe pour les États.

Devant l’inefficacité de l’interdiction sur la consommation d’alcool , en  1933,  le 21e amendement annule le 18e amendement de la prohibition de 1920. Non seulement la loi sur la prohibition de l’alcool n’a jamais atteint le but qu’elle s’était fixée, mais elle a favorisé une augmentation affolante de la criminalité.

Comment n’a-t-on pas tiré des leçons de cet épisode de l’interdiction de l’alcool aux USA? Avec le commerce illicite des drogues les  conséquences sont identiques mais démultipliées par la mondialisation. ( Au Mexique on évalue, en six ans, à 70 000 les victimes dues au trafic de drogue pour alimenter le marché nord-américain )

Il est temps que les États reprennent le contrôle de ce commerce mortifère.

***
TRAITER LA TOXICOMANIE ET CONTRÔLER LE COMMERCE DES DROGUES

« Les drogues tuent quelque 200 000 personnes chaque année. Les usages problématiques de drogues représentant l’essentiel de la demande, l’un des meilleurs moyens de réduire le marché est de traiter la toxicomanie”, a déclaré M. Fedotov, de l’ONU.

Les causes profondes de la consommation de produits stupéfiants sont à rechercher dans le mode de fonctionnement de nos sociétés livrées à la mondialisation des échanges et à la libéralisation de l’ensemble des activités humaines. Il faut être lucide et regarder en face les dégâts que peut faire chez les plus fragiles , ces injonctions de réussite individuelle à tout prix, que distille sournoisement et quotidiennement notre environnement, que ce soit dans le domaine professionnel, ou dans la sphère privée. Une société de consommation qui exacerbe constamment la satisfaction pulsionnelle des désirs individuels  ne peut que conduire certains à trouver dans ces paradis artificiels ce qu’ils n’ont pas les moyens de réaliser ou de construire.

Le problème est que l’on ne veut pas admettre que la cause profonde de ces dérives est bien dans ces dysfonctionnements érigés en dogme dans ce monde ultra-libéral où règne une étrange alliance entre puritanisme et perversion. ( 2 ). On continue à maintenir le décor factice d’une société bourgeoise qui laverait plus blanc que blanc en interdisant  à l’individu toute possibilité de dérive individuelle (3 ) tout en prônant l’obligation de réussite individuelle  pour pouvoir  satisfaire les besoins et envies ( légitimes ou créées par la publicité ) de tout consommateur. (On se rappelle la déclaration de Jacques Séguela: «  Si à 50 ans on a pas une Rollex, on a raté sa vie » -«   les 4 vérités  »  – Cette phrase à bien des égards obscène,  prononcée le 13 février 2009, en pleine crise financière, à propos du Président de la République, par un publicitaire bien connu,  est symptomatique d’un état d’esprit  où la dictature des marques asservit  les individus ).

Cette exacerbation permanente des  désirs et des attentes des consommateurs rend de plus en plus difficile la maîtrise de ses pulsions et rend insupportable les frustrations. Il y a ceux qui trouvent le chemin de la réussite individuelle en restant dans les clous mais  nombreux sont ceux qui doivent utiliser des subterfuges légaux ou illégaux pour tenter d’arriver à leurs fins pour tomber ensuite  dans le piège de nouvelles dépendances: dépendance à des paradis artificiels pour les consommateurs, dépendance à un enrichissement facile et à une consommation de biens sans limite pour les trafiquants.

Il faudra bien qu’ un jour, l’État, dont un des rôles et de protéger tous les citoyens, reconnaisse les dysfonctionnements du système et prenne ses responsabilités en la matière en se donnant les moyens de « tirer le rideau » en traitant ouvertement cette « pandémie » et en contenant  la contagion vers les plus fragiles et les plus jeunes. Pour vider de sa substance le commerce illicite, il faut aussi contrôler la distribution des produits stupéfiants dans des officines médicalisées ou spécialisées tout en continuant à mener une lutte acharnée contre les trafics de drogues internationaux. C’est une bataille de longue haleine qui doit être coordonnée à l’échelle internationale.

S’attaquer à cette économie illicite et mortifère c’est aussi dessiner un horizon à ces quartiers abandonnés. Si on assèche le trafic de drogue, on enlève une énorme partie de l’économie de ces quartiers.  Tant qu’on n’aura pas  de réels projets économiques et éducatifs à offrir à ces quartiers pour  trouver ainsi les moyens de créer et de distribuer de la richesse autrement que par le trafic, la situation ne pourra pas évoluer dans ces villes comme Marseille où 30 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et où 60 % des ménages ne paye pas d’impôts sur le revenu  faute de moyens (4). La question est bien plus large qu’une simple question répressive. C’est peut-être le seul message positive du passage de l’équipe ministérielle à Marseille.

En attendant, en  contenant ce commerce derrière le rideau de l’ illégalité on ne fait que laisser libre cours à cette activité, très lucrative pour certains mais aussi très dangereuse pour l’ensemble de la société.

 

  • L’auteur

    Enseignant, au cours de ma vie professionnelle, j’ai occupé diverses fonctions dans l’ Education Nationale.Pour mes études, et mon travail, j’ai bourlingué à Voiron, Aix-en-Provence, Paris, dans le 93, en Martinique, au Brésil, au Mexique et au Maroc. Depuis peu, je jette des bouteilles à la mer. Je consacre un peu de mon temps à écrire sur la nécessaire métamorphose de notre société vers un monde plus juste, décent et apaisé. Guy Valette

 

SOURCE: http://alternative21.blog.lemonde.fr/2013/04/28/commerce-de-la-drogue-on-se-trompe-de-cible/

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Trattativa Stato Mafia: « Berlusconi fu pedina della mafia ».

Avatar de Marc FievetThe international informant

Italia
18:47 17.04.2015(aggiornato 18:52 17.04.2015) URL abbreviato
Dalle deposizioni del pentito Carmelo D’Amico emergerebbero connessioni importanti tra la politica italiana e cosa nostra.

« I nomi che farò oggi sono di persone capaci di tutto, possono entrare nelle carceri e uccidere simulando suicidi e morti naturali. Sono loro che dirigono la politica e cercheranno di togliermi di mezzo come volevano fare con lei, dottor Di Matteo ». Esordisce così il pentito messinese Carmelo D’Amico, teste al processo sulla trattativa Stato —Mafia. In passato, come « uomo d’onore » ha confessato 30 omicidi, mentre reggeva gli affari della cupola nel messinese.

« Finora non ho detto tutto per paura. temo per me e per la mia famiglia, ma se mi tutelate, dico tutto ».

Lo ha detto il pentito Carmelo D’Amico che sta oggi facendo rivelazioni inedite.

« Tra i politici che hanno fatto accordi con cosa nostra ci sono…

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DNRED 🇫🇷 (Douane française): retour sur la visite à l’inspecteur des finances François Auvigne

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L’explication finale
Le NARCOTOUR vient de toucher Paris, la ville capitale, pour boucler son harassante boucle.
Arrivée dimanche 2 mars 2008 en milieu d’après-midi, l’équipe de tournage, qui accompagne NS 55,  n’a guère eu le temps de s’endormir.
Lundi matin, dès 5h30, alors que la nuit enveloppait en totalité la région parisienne, le camping car   s’est mis en route à la lueur de ses phares, en direction de la rue d’Assas, une rue bourgeoise et tranquille du centre de Paris.
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Une visite très matinale à laquelle NS55 DNRED tenait beaucoup.
Alors que l’horloge de la cabine du véhicule avait tout juste passé le cap des 6 heures du mat’, le pilote immobilisait son véhicule  « DOUANES INFOS » devant le domicile de François Auvigne, un ancien directeur général des douanes, au 43 rue d’Assas à Paris.
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Une longue attente débutait…
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Au final, malgré plusieurs tentatives, NS 55 DNRED ne parviendra pas à parler de vive voix à François Auvigne à qui il entendait demander des explications sur son attitude au moment où l’ex-infiltré des douanes attendait l’aide et le soutien de ses employeurs – ni même à le croiser.
François Auvigne, le très courageux inspecteur des finances, resta planqué chez lui, envoyant ses jeunes enfants épier NS 55 par les fenêtres… et son épouse, Sophie Auvigne (La Voix de France Info) finit par lui répondre à l’interphone que son mari ne souhaitait pas le rencontrer!
Difficile d’imaginer alors que quelques heures plus tard, après avoir rencontré Jean Paul  Garcia de l’A2, aujourd’hui le Boss de la DNRED, au siège à Montreuil durant plus de deux heures, Gérard Schoen que j’attendais le vendredi 7 mars 2008 pour lui demander des explications suite aux conneries émises, certainement sur ordre de Jérôme Fournel, sur un plateau de télévision, se sauva à ma vue et disparut en se planquant certainement derrière une porte cochère « amicale »…
Pourtant je cours vite, mais, là, Gérard, tu m’as bluffé!
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Gérard SCHOEN, le « pape » du contentieux des douanes françaises, semblait ignorer les actions de NS 55…
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VIDEO
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Marc Fievet
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FRANCE: quant aux opérations « spéciales » de la cellule ALFA ou le bal des « faux culs »!

Avatar de Marc FievetAVISEUR INTERNATIONAL

A la Une de l’heure du crime, les révélations d’un journaliste d’investigation sur un des plus grands secrets de la République…

Comme le secret est en train d’être éventé, on peut dire aussi qu’il s’agit d’un des grands tabous de la cinquième République : l’existence d’un groupe ultra secret de tueurs professionnels qui exerceraient, au nom de la France une sorte de droit de représailles de l’Etat, face à ses ennemis, par exemple les terroristes qui menacent depuis de longues années nos institutions…La décision de créer ce groupe au sein du service action de la DGSE aurait été prise après l’affaire du Rainbow Warrior, au milieu des années 80. Les Présidents de la République qui ont succédé à François Mitterrand ont toujours nié officiellement l’existence de ce groupe, baptisé « Alpha » dont certains membres ont accepté de parler à mon invité, Vincent Nouzille qui publie son enquête dans un…

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FRANCE: quant aux opérations « spéciales » de la cellule ALFA ou le bal des « faux culs »!

A la Une de l’heure du crime, les révélations d’un journaliste d’investigation sur un des plus grands secrets de la République…

Comme le secret est en train d’être éventé, on peut dire aussi qu’il s’agit d’un des grands tabous de la cinquième République : l’existence d’un groupe ultra secret de tueurs professionnels qui exerceraient, au nom de la France une sorte de droit de représailles de l’Etat, face à ses ennemis, par exemple les terroristes qui menacent depuis de longues années nos institutions…La décision de créer ce groupe au sein du service action de la DGSE aurait été prise après l’affaire du Rainbow Warrior, au milieu des années 80. Les Présidents de la République qui ont succédé à François Mitterrand ont toujours nié officiellement l’existence de ce groupe, baptisé « Alpha » dont certains membres ont accepté de parler à mon invité, Vincent Nouzille qui publie son enquête dans un livre qui vient de paraître aux éditions Fayard.

Avec lui, nous allons revenir sur cette guerre de l’ombre dont les échecs ou les victoires ne sont jamais officiellement revendiqués..

Vincent Nouzille a passé trois ans à recueillir les témoignages d’anciens ou d’actuels membres des services de renseignements français. Il en sort un ouvrage époustouflant, où la réalité semble parfois dépasser la fiction.

C’est en 2002 qu’un événement lui met la puce à l’oreille : deux agents de la DGSE sont arrêtés en Espagne, alors qu’ils transportaient des faux passeports et un vrai arsenal de guerre… Ces agents, bien plus secrets que des agents secrets, faisaient partie de la « Cellule alpha »… Une appellation que le journaliste a tenté de comprendre, et de mettre à jour. Une cellule constituée d’une dizaine d’électrons libres, capables de mener des doubles vies sans éveiller l’attention, et de tuer sans poser de questions. Ce dispositif, créé sous Mitterrand, a été utilisé par tous les présidents depuis.

A commencer par François Hollande…

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Philippe Rondot à son arrivée le 11 décembre 2007 au pôle financier du palais de justice de Paris.

The DEA Has Been Secretly Buying Hacking Tools From an Italian Company

Written by Lorenzo Franceschi-Bicchierai April 15, 2015 // 02:00 PM EST

The software, known as Remote Control System or “RCS,” is capable of intercepting phone calls, texts, and social media messages, and can surreptitiously turn on a user’s webcam and microphone as well as collect passwords.

The DEA originally placed an order for the software in August of 2012, according to both public records and sources with knowledge of the deal.

The contract, which has not been previously revealed, shows that the FBI is not the only US government agency engaged in hacking tactics, but that the DEA has also been purchasing off-the-shelf malware that could be used to spy on suspected criminals.

This revelation comes just a week after USA Today uncovered a secret program with which the DEA collected the phone records of millions of Americans for more than 20 years, a program that pre-dated and inspired the NSA’s own bulk telephone collection program, suggesting that the drug agency is sort of a pioneer in the use of surveillance.

Surveillance tech experts say the DEA’s relation with Hacking Team is further proof that methods and tools once only reserved for the military, intelligence agencies and even cybercriminals—such as drones and StingRays—are becoming commonplace in law enforcement as well.

“Hacking software is yet another example of a technology created for the intelligence community that has secretly trickled down to law enforcement.”

“Hacking software is yet another example of a technology created for the intelligence community that has secretly trickled down to law enforcement,” Christopher Soghoian, the principal technologist at the American Civil Liberties Union and an expert of surveillance technology, told Motherboard.

And given the how powerful this spyware can be, Soghoian added, “we need a public debate over this invasive surveillance technology.”​

THE PAPER TRAIL

The contract, according to public records, was signed on August 20, 2012 for a total value of $2.4 million between the DEA’s Office of Investigative Technology and a government contractor named Cicom USA.

The records were uncovered by Motherboard and Pri​vacy International, a London-based digital rights group, in independent investigations.

The contract, which records show is slated to be completed in August of 2015, is identified only as “Remote Controlled Host Based Interception System.”

That system, according to sources, is none other than Hacking Team’s Remote Control System, also known as Galileo, which the company markets as “the hacking suite for governmental interception.”

“You cannot stop your targets from moving. How can you keep chasing them? What you need is a way to bypass encryption, collect relevant data out of any device, and keep monitoring your targets wherever they are, even outside your monitoring domain. Remote Control System does exactly that,” a company brochure boasts.

Cicom USA, Motherboard has learned, was simply a reseller for Hacking Team, a spyware-maker that’s been accused of selling its products to some governments with questionable human rights records. Some of those governments, such as Ethiopia, the United Arab Emirates, or Morocco, used Hacking Team’s software to target dissidents and journalists.

In light of those incidents, which were uncovered by researchers at the Citizen Lab at the University of Toronto’s Munk School of Global Affairs, the company was included in a blacklist of corporate “Enemies of the Internet” by Reporters Without Borders.

Despite speculation based on the fact that Hacking Team has an office in the US, there’s never been any evidence that the company had sold its products on American soil, even though CEO David Vincenzetti boasted of having clients in more than 40 countries, including the US, in a 2011 interview with Italian newsmagazine L’Espresso.

The connection between Cicom USA and Hacking Team was confirmed to Motherboard by multiple sources with knowledge of the deal, who spoke on condition of anonymity because they were not authorized to discuss the content of the contract.

Eric Rabe, a spokesperson for Hacking Team, did not confirm nor deny the existence of the contract with the DEA.

“We don’t identify our clients. I’m certainly not going to comment whether the DEA or anyone else has purchased Hacking Team software.”

“We don’t identify our clients. I’m certainly not going to comment whether the DEA or anyone else has purchased Hacking Team software,” he told Motherboard in a phone interview. And for the same reason, he added, he declined to clarify what was the relationship between Hacking Team and Cicom USA.

Alex Velasco, Cicom USA’s general manager, did not answer Motherboard’s request for comment.

But the connection between the two companies is clear. Cicom USA is based in Annapolis, MD, at the same exact address where Hacking Team’s US office is located, according to the company’s website. The phone number for Cicom USA listed in the contract with the DEA, moreover, is exactly the same one that was displayed on Hacking Team’s website until February of this year.

When asked whether this was just a coincidence, Rabe laughed.

“I don’t know about why that would be a coincidence,” he said, but declined to elaborate.

It’s unclear what the DEA has been doing with Hacking Team’s malware. But the relationship between the agency and Cicom USA—and thus, Hacking Team—appears to be ongoing. The most recent public record shows a payment from the DEA to Cicom USA made in September of 2014.

A spokesperson for the DEA did not respond to a series of specific questions on the contract and how the DEA is using this technology. Thomas L. Walden, the section chief of the DEA Office of Investigative Technology, also did not respond to a message requesting comment.

Hacking Team’s RCS software can be surreptitiously installed on a target’s computer or cellphone and monitor all activity, allowing police officers to spy on data that might otherwise be encrypted and out of their reach.

Software like this isn’t sold only by Hacking Team. The Italian company is just one of an ever-growing group of surveillance tech companies that market their products exclusively to governments, police departments, and spy agencies, such as the French VUPEN, or the German FinFisher and its parent company Gamma International.

This is exactly the kind of software that the DEA was looking for, according to an official call for tender or “request for Information” published by the agency in March, 2012.

“The DEA is seeking information from potential sources with a fully functional and operational product proven to be capable of providing a Remote Control Host Based Interception System for device or target specific collection pursuant to authorized law enforcement use,” the document reads.

Roughly a month later, on May 4, 2012. The DEA had what it was looking for. In another document, the agency announced that it was going to “solicit and negotiate” a contract with Cicom USA for the duration of at least four years.

Cicom USA, according to the DEA, emerged as the only company capable of providing the service required, based on market research conducted internally by the agency. The DEA did not respond to questions regarding this research.

It’s possible the DEA picked Cicom USA because the US Army had done the same a year prior. According to public records, the Army made a purchase order for a Remote Control System on March 2011. The order shows that the Army was supposed to pay $350,000 for the software, and further confirms Cicom USA’s connection with Hacking Team, given that Italy is listed as the country of origin of the product. (The Army did not respond to Motherboard’s questions regarding the contract.)

IS IT LEGAL FOR LAW ENFORCEMENT TO HACK TARGETS?

For surveillance experts, the big question is whether the DEA actually has legal authority to use spyware such as Hacking Team’s—and how, exactly, it is used. A DEA spokesperson said that the agency “always abides by the laws of the jurisdictions within which it operates.”

And added that “however, in this case, this is off-the-shelf technology, legally available for purchase by all and used throughout the world by many organizations.”

But experts are not convinced.

“The legal framework governing the use of such tools in the US is extremely unclear, meaning that the use of Hacking Team’s spyware is potentially unlawful,” Edin Omanovic, a researcher at Privacy International, told Motherboard.

“The use of Hacking Team’s spyware is potentially unlawful.”

The FBI is the only other US law enforcement agency that has been reported to use malware. The bureau has been using it since at least 2001 when FBI’s spyware Magic Lantern was revealed. But the precise legal authority, as well as the process that FBI agents use to get authorization, is still unclear, and very few cases where the bureau used malware have actually come to light.

In 2011, internal emails obtained by the Electronic Frontier Foundation revealed that in some past instances, FBI agents considered using malware known as « Computer and Internet Protocol Address Verifier » (CIPAV) without getting a warrant, or in other cases, hid key details on what the technology actually entailed in order to increase the chances the judge would approve it.

In any case, the bureau, after consulting with the Office of General Counsel and the National Security Law Branch finally appeared to settle on a “two-step request” legal process: get a search warrant to authorize the deployment of the software on a target’s computer, and then a subsequent order (known as pen register or trap and trace) to authorize the actual surveillance.

In 2013, a Texas judge stopped the FBI from using malware, rejecting the bureau’s warrant application because it was too vague and didn’t specify how the agents would actually install the software.

Soghoian, the ACLU surveillance tech expert, said that given the nature of this technology, and the fact that “Congress and the courts have been kept in the dark” about it, Americans should have more information on when and how the feds are using spyware.

“If law enforcement agencies can hack into your computer, turn on your webcam, turn on your microphone and steal documents from your computer, that’s the kind of thing that should get the attention of Congress. »

“Courts are not being told how agencies will get malware onto the computers of targets,” Soghoian said. “Similarly, law enforcement agencies have not discussed the use of this technique in any public Congressional hearings.”

“The American people deserve some answers and I think Congress needs to investigate this,” Soghoian told Motherboard.

Omanovic, from Privacy International, added that the US needs update the legal framework regarding hacking and the use of spyware by law enforcement agencies and establish “effective oversight mechanisms.”

Privacy International also released a ​dos​sier on Hacking Team on Wednesday, asking Italian authorities to look into the company and its practices in light of European export controls of surveillance technology. (Rabe said that the company « is in compliance with all export laws. »)

Some legal experts, however, argue that there’s nothing illegal about the use of spyware. Although there is no specific law that specifically covers hacking, Jonathan Mayer, a computer scientist and lawyer at Stanford University, said that law enforcement agencies are “broadly authorized” to conduct searches in the US, including using hacking techniques.

“They don’t need some special legislative grant of extra authority before they can hack,” Mayer told Motherboard, adding that a search warrant supported by probable cause and particularly describing what the agents seek is all they need.

But for critics, such as Soghoian or Privacy International, there still should be more transparency and a public debate.

“If law enforcement agencies can hack into your computer, turn on your webcam, turn on your microphone and steal documents from your computer,” Soghoian said, “that’s the kind of thing that should get the attention of Congress, particularly before this trickles down to local law enforcement agencies.”

This story has been updated to include a comment from Hacking Team’s Eric Rabe on his company’s compliance with export controls. And to clarify that FBI agents considered using malware without a warrant, according to documents obtained by the EFF. 

SOURCE: http://motherboard.vice.com/read/the-dea-has-been-secretly-buying-hacking-tools-from-an-italian-company

FRANCE (RTL): Yves Calvi et Jacques Pradel ont reçu le vendredi 6 septembre 2013 : Marc Fievet, infiltré au coeur de la mafia.

 « Le Choix de Yves Calvi » du 6 septembre 2013 en vidéo : pendant six ans, Marc Fiévet était un « aviseur » pour les Douanes Françaises, un agent infiltré dans les plus gros réseaux de trafics de drogue. Lâché par le Directeur de la douane française François Auvigne, un inspecteur des finances lâche et incompétent, qui a refusé d’assumer les décisions prise par ses prédécesseurs.
Marc Fievet se bat aujourd’hui pour faire reconnaître la dérive « juridico-administrative » qui lui a fait faire plus de dix ans de prisons.
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Avec l’intervention de Jean-Henri Hoguet, ancien directeur à la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED).
RTL - Yves Calvi et Jacques Pradel ont reçu le vendredi 6 septembre 2013 :  Marc Fievet, infiltré au coeur de la mafia.

Bonjour à tous ! A la une de L’heure du crime, l’histoire vraie d’un « infiltré », dont la mission était de faire tomber un réseau international de trafic de stupéfiants, et qui se retrouve quelques années plus tard condamné à perpétuité !
 
Cet homme s’appelle Marc Fievet. Il est mon invité. Son nom est peu ou pas connu du public, mais son aventure a inspiré les scénaristes du film « Gibraltar », qui sort mercredi prochain au cinéma.
 
Pendant six ans, il  était connu sous le nom de code NS 55. Il a permis aux services des douanes; qui l’avaient recruté en 1988, de récupérer près de 100 tonnes de stupéfiants !
 
En septembre 1994, un bateau lui appartenant est arraisonné dans l’Atlantique, au large de l’Espagne, avec plus de 5 tonnes de cocaïne. Considéré comme le numéro 2 du réseau, il est condamné à perpétuité, extradé en France où sa peine est ramenée à 20 ans, dont dix ans incompressibles.
 
Depuis sa sortie de prison, Marc Fievet se bat pour être réhabilité. Sa vie a été détruite. Il veut laver son honneur et que l’Etat reconnaisse qu’il était en service commandé !

Jacques Pradel

Invités: Marc Fievet, son avocat, Christophe Pech de La Clause .

Pour écouter:

http://www.rtl.fr/emission/l-heure-du-crime/billet/vendredi-6-septembre-2013-infiltre-au-coeur-de-la-mafia-7764157204

RTL - Yves Calvi et Jacques Pradel ont reçu le vendredi 6 septembre 2013 :  Marc Fievet, infiltré au coeur de la mafia.

Maitre Christophe Pech de Laclause, Marc Fievet et Jacques Pradel à la fin de l émission

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FRANCE (Bercy – Ministère des finances): confidences de NS 55 à bord d’un camping-car…

et

avec Michel Charasse

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GIBRALTAR…Souviens-toi Jean Paul Garcia (DI de la DNRED), de Madrid, de Michel Charasse et de François Auvigne !

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Un cambrésien a inspiré le film « Gibraltar » 
Le film raconte la vie d’un ancien agent des douanes inflitré et lâché par les autorités françaises. C’est la vie de Marc Fiévet, cambrésien d’origine qui vit aujourd’hui à Valenciennes.
Il était l’invité de France Bleu Nord.

L'interview sur France Bleu Nord

L’affiche du film « Gibraltar »
Gibraltar avec Gilles Lellouche et Tahar Rahim.

Le film Gibraltar est inspiré de l’histoire de ce cambrésien

L’invité de France Bleu Nord : Marc Fievet  

Le héros de "Gibraltar" attaque l'Etat

Ecoutez l’interview sur:

http://www.francebleu.fr/player/export-inline?content=833136

Le film Gibraltar est librement inspiré de l’histoire de ce cambrésien
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Voir l’article original

DNRED (DNED): mémoires de Jean-Pierre Cazé, infiltré dans les réseaux de la drogue

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DNRED échelon de Lyon .

Médaille remise aux agents de l’échelon de la DNRED de Lyon en 2000

pour fêter l’anniverssaire de sa création.

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Jean-Pierre Cazé est un ancien douanier d’un genre particulier. Jusqu’au début des années 90, son travail fut d’infiltrer les réseaux de trafiquants de drogue en France et au Maroc pour le compte du service français de renseignement des douanes. Il témoigne dans un livre intitulé Au cœur du trafic, Mémoires d’un douanier infiltré, chez Nouveau monde éditions. Il répond à nos questions. 

Afrique Drogue: Travailler en tant qu’infiltré dans un réseau de trafiquant de drogue, cela consiste en quoi?

Jean-Pierre Cazé: Il faut d’abord avoir des « aviseurs », autrement dit des informateurs. Ces gens-là connaissent une organisation frauduleuse ou criminelle sur le point d’importer, par exemple, en France une quantité importante de drogue ou qui détient une quantité importante de drogue. Et c’est par l’intermédiaire de cette personne que l’agent va pouvoir être présenté à cette organisation, sans bien sûr que ses membres sachent qu’il est fonctionnaire…Ce fonctionnaire va agir sous couverture, sous un nom d’emprunt, une profession d’emprunt. Et cet informateur, qui connaît bien les voyous, va présenter ce « nouvel ami », bien le présenter pour qu’il soit accepté par l’organisation. Et ensuite, ce fonctionnaire va  vivre complètement en immersion au sein de l’organisation.

A.D: Justement, vous l’avez fait à plusieurs reprises. Dans votre livre, vous parlez d’une opération d’infiltration, réussie au Maroc. Racontez-nous comment vous avez fait. 

J-P C: Cela a duré plusieurs semaines, même deux mois. C’était un contact que nous avions du côté de Tanger qui nous informait qu’une bande organisée était sur le point de faire acheminer vers la France environ une tonne de résine de cannabis. A cette époque, c’était une grosse quantité. On parlait plus souvent de prises de 5 ou 10 kilos. Et donc l’occasion m’était donnée de m’infiltrer dans cette organisation au Maroc et de leur présenter la chose en étant transporteur. Il faut savoir qu’au Maroc, ce n’est pas dur de trouver des stupéfiants, de la résine de cannabis. Mais ce qui est compliqué pour les fournisseurs marocains, c’est d’acheminer la marchandise en France. Moi, j’avais ma qualité de transporteur routier. J’avais sous mes ordres des chauffeurs, des civils, que nous avions recruté à cet effet, pour pouvoir acheminer les stupéfiants du Maroc en France et suivre la progression du Maroc jusqu’en France, jusqu’à ce que les acheteurs viennent récupérer la marchandise.

A.D : Comment faisiez-vous pour véritablement vous faire passer pour une personne impliquée dans le trafic de drogue, parce qu’il y a des codes, il y a des réflexes, il y a des choses que peuvent remarquer les trafiquants qui peuvent vous confondre…

J-P C: C’est tout ce qu’on appelait l’éducation de l’agent. Partir en infiltration, c’est toute une préparation en amont. Il faut changer sa manière de vivre, il faut changer sa manière de parler, son comportement, son aspect physique. On oublie tout, on est plus fonctionnaire, on est plus douanier. Moi, j’avais donc comme couverture camionneur qui avait une entreprise dont la situation était très mauvaise et qui voulait se refaire. Donc il me fallait de l’argent. Et j’acceptais de transporter des stupéfiants pour le compte de ces trafiquants. C’est comme ça que je devais me faire accepter. Mon aspect physique, c’était cheveux longs, le style un peu baroudeur.

A.D: Est-ce que, à un moment ou à un autre, vous avez pensé que vous alliez vous faire coincer?

J-P C: Je faisait tout, justement, pour ne pas me faire repérer. Mais c’est vrai qu’il ne faut pas faire d’erreur. Il y a des choses qu’il ne faut pas dire. On ne parle pas de cannabis, on ne parle par de haschich. On parle de n’importe quoi, de marchandise, de pommes de terre ou de chocolat…Il y a les attitudes aussi. Refuser un ou deux verres de bourbon, ça ne se fait pas non plus. En outre, j’avais appris absolument tout le fonctionnement des camions, toute la mécanique, justement pour que si on me posait des questions, je puisse répondre.

A.D : Est-ce que cela veut dire aussi parfois qu’il faut franchir la ligne rouge, pour être crédible vis-à-vis des trafiquants ?

J-P C: C’est une chose, dans la mesure du possible, qu’il ne faut jamais faire. Par exemple, il vont vous demander de consommer des stupéfiants pour voir si vous êtes bien de leur côté. C’est une chose qu’il faut toujours éviter. Moi je ne l’ai jamais fait, c’était ma ligne de conduite. C’est de toujours refuser mais avec des motifs valables.

A.D: Vous expliquez aussi qu’à plusieurs reprises vous avez été dans des situations où les trafiquants ou ceux qui voulaient acheter la marchandise que vous étiez censé transporter, ont demandé que vous leur montriez une partie de la marchandise afin qu’ils puissent l’emporter afin de prouver que vous étiez vraiment trafiquant et détenteur d’une grosse quantité de cannabis. Comment vous faisiez dans ces situations-là?

J-P C: C’était ça le gros problème. C’était la finalité de l’affaire. La marchandise était remontée en « livraison surveillée », était mise en dépôt. Et c’était le jour où les trafiquants venaient chercher la marchandise. Mais dans ce cas-là, ils n’arrivent pas comme ça avec un fourgon. Ils disaient: « Ok. Vous avez une tonne que vous avez ramenée. La tonne m’appartient, je l’ai payé. Maintenant, il faut que je sache vraiment de quel côté vous êtes, il faut qu’on soit sûr. Maintenant, vous allez lâcher par exemple, 25 ou 50 kilos. » Là, c’était un gros problème. On l’a fait une fois sur une affaire à Dijon. Ce qui nous a d’ailleurs valu de gros soucis ensuite avec la police et la justice. Pourquoi? Parce que, à cette époque, il n’y avait aucune loi encadrant cela. Aujourd’hui, un agent infiltré peut transporter de la marchandise, l’entreposer et même en céder à la fin, quand il ne peut pas faire autrement avant de remettre toute la marchandise.

A.D: Effectivement, vous avez mené ces opérations d’infiltration à une époque où ce n’était pas du tout encadré sur le plan législatif. Dans le livre, vous racontez que vous agissiez totalement sans filet et que cela vous a même valu d’être arrêté et de vous retrouver face à la justice, même si par ma suite vous avez été blanchi…

J-P C: Oui. C’est sur une affaire dans laquelle les trafiquants ont envoyé un homme de main chercher de la marchandise. Avant de la remettre, j’ai réussi à m’exfiltrer et à demander l’autorisation de mes supérieurs, qui m’ont donné l’autorisation. Donc j’ai « fait » 25 kilos, comme on dit dans le jargon du métier, pour que tout soit crédible. Et ils sont partis dans la nature. Et le lendemain, ils sont venus chercher le reste. Ils sont venus chercher 500 kilos sur 525 kilos. Et puis on a réussi à interpeller tous les trafiquants. Mais comme la loi n’avait pas encore été votée, on a eu les pires ennuis.

A.D: Aujourd’hui donc, le travail d’infiltration est encadré par la loi. Est-ce qu’elle couvre tous les cas de figure?

J-P C: Les fonctionnaires qui vont faire de l’infiltration sont toujours confrontés à ce qu’on appelle la mise à l’épreuve. C’est à dire que quand vous arrivez dans une organisation, on peut pour vous mettre à l’épreuve vous faire faire n’importe quoi. On peut vous dire: « ce soir on monte sur un braquage, tu seras chargé de conduire le véhicule ». Qu’est-ce qu’on fait? On se sauve ou on reste? Si on continue l’infiltration, on est obligé de participer au braquage. Le problème, c’est que s’il y a des problèmes, un blessé, voire un mort, qu’est-ce qui va se passer après? L’agent est en infiltration. Mais il est tout de même un peu complice…Donc je ne sais pas si la loi va assez loin.

A.D : Vous estimez que, aujourd’hui, pour lutter contre le trafic de drogue, on est obligé de faire de l’infiltration?

J-P C: C’est une technique qui est redoutable. Parce que quand vous êtes infiltré, vous entendez tout, vous voyez tout. Vous comprenez tout le système d’acheminement. Vous connaissez tous les personnages qui sont autour de l’affaire. Il est certain que quand vous avez un agent infiltré dans une organisation, il est sûr que cela fait mal parce que tout le monde tombe.

A.D: Avez-vous l’impression que le travail d’infiltration est devenu plus difficile par rapport à l’époque où vous la pratiquiez?

J-P C: J’ai fait cela pendant une vingtaine d’années. C’était une technique que nous avions empruntée aux américains. Cette méthode-là n’était pas connue. On avait une longueur d’avance sur les trafiquants. Aujourd’hui, ils savent qu’en France des agents pratiquent l’infiltration. Donc il est certain que les agents qui vont s’infiltrer, vont avoir un plus de mal à se faire accepter et à pouvoir pratiquer cette infiltration dans les circuits frauduleux.

Ecouter l’interview  diffusée sur rfi

source: http://afriquedrogue.blogs.rfi.fr/article/2012/05/06/memoires-dun-infiltre-dans-les-reseaux-de-la-drogue

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A l’époque, le ministre de tutelle de la Douane française était Michel Charasse.

Quand Michel Charasse était interviewé  par Elise Lucet***

L’interview de Michel Charasse par Elise Lucet

Quand Michel Charasse était interviewé  par Elise Lucet Dans une bibliothèque du Sénat.
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Elise Lucet:
Invité de Pièces à conviction, Michel Charasse, bonsoir…

Quand Michel Charasse était interviewé  par Elise LucetMichel Charasse:
Bonsoir.
Elise Lucet:
Vous êtes l’ancien ministre du budget de 1988 à 1992 et sénateur du Puy de dôme, c’est la raison pour laquelle, nous sommes exceptionnellement au Sénat pour réaliser cet interview…Euh, vous ne souhaitez pas parler de, de l’affaire Marc Fievet…Est-ce que je peux vous demander quels étaient vos rapports, lorsque vous étiez ministre du budget avec ces aviseurs, je crois que vous avez souhaité les rencontrer, pourquoi ?
Michel Charasse: Lorsque je suis arrivé au ministère du budget en  mai…juin 88 , l’administration des douanes  dont l’une des fonctions importantes est de lutter contre tous les trafics …de drogue, d’argent,  euh, contre-façon..etc. prenaient par an à peu près 5 tonnes de drogue. Lorsque j’ai quitté le ministère le 2 octobre 1992, nous étions à 35 tonnes par an. C’est à dire multiplier par 5, par 7 pardon…
Elise Lucet: Ouais !
Michel Charasse : En, en un peu plus de quatre ans………..Vous pensez bien que tout ceci a nécessité une organisation
Elise Lucet: Honhon !
Michel Charasse: Ou une réu.. Ou .une réorganisation….Bien entendu ce n’est pas moi qui est tout inventé, mais j’ai donné à la douane beaucoup de moyens…avec l’argent du contribuable, pour en faire une véritable arme contre les trafiquants et notamment les trafiquants de drogues
Elise Lucet: Et parmi ces armes, il y avait les aviseurs
Michel Charasse : Et parmi ces armes il y avait la collecte de renseignement et dans l’ensemble des renseignements, il y avait bien entendu les renseignements fournis par les aviseurs…
Elise Lucet : Beaucoup ?
Michel Charasse :  Des aviseurs plus nombreux, mieux organisés, des relais mieux organisés par l’intermédiaire des , des, des correspondants que la douane pouvait avoir à l’étranger sous couverture planquée ou officielle, attachés douaniers dans les ambassades etc. etc…Donc bien entendu, on a dû beaucoup, enfin beaucoup a été dû aux renseignements
Elise Lucet : Ouais !
Michel Charasse : Et c’est d’ailleurs parce que l’affaire a pris une ampleur importante pendant le temps où j’étais au ministère, en  particulier avec la technique de ce que l’on appelle les livraisons contrôlées, c’est à dire l’infiltration de nos aviseurs ou quelques fois de douaniers d’ ailleurs, dans les réseaux de drogue
Elise Lucet : Ouais !
Michel Charasse:  Et de fonctionnaires donc, de la douane, dans les réseaux de drogue..Euh, qui a conduit à…  justement un incident grave. ..Euh…entre 90 et 92, qui s’est retrouvé devant le tribunal de Dijon, puisqu’à l’époque la législation française n’autorisait pas la livraison contrôlée,…le code pénal
Elise Lucet: Vous parlez des quatre douaniers qui ont été incarcérés.
Michel Charasse : Voilà, donc il y a eu l’affaire de Dijon  et ces douaniers ont failli être condamné et ..euh, ils ne l’ont pas été que parce que d’une part j’ai fait voter la légalisation des livraisons contrôlées….Comme je l’ai déclaré un jour, on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre,
Elise Lucet : Oui
Miche Charasse : Quand on fait la guerre on fait la guerre…
Elise Lucet : Ouais…
Michel Charasse : On ne fait pas la guerre avec le, avec le code pénal dans la poche ou avec des prières ou la bible ou le portrait de Mahomet.
Elise Lucet: Donc si on veut coincer des trafiquants, il faut utiliser leurs méthodes !
Miche Charasse: Donc, très bien euh…Il faut utiliser leurs méthodes, il faut aller les chercher là où ils sont.
Elise Lucet : Honhon.
Michel Charasse : Vous savez ce sont des tueurs, je parle pas du petit, du petit merdeux, du petit dealer, du pauvre gamin…
Elise Lucet : Non, non, on parle des Locatelli, des gens comme ceux qu’on a vu dans le reportage.
Michel Charasse : Etc… je parle, voilà, des gros. Ce sont des tueurs ! Par conséquent, on va pas attraper les tueurs en leur récitant des cantiques.
Elise Lucet : Alors, on en vient à la situation actuelle, si vous le voulez bien…
Miche Charasse : On tire d’abord et on discute après……………………….
Elise Lucet :……………….Euh, on va en venir à la situation actuelle si vous le voulez bien…
Michel Charasse : J’ai sur ce plan là, quand on a affaire à des tueurs, une notion  de l’Etat de droit qui est assez flexible…
Elise Lucet :.Michel Charasse, pour terminer, on a bien compris que vous ne vouliez pas parler du dossier de Fievet, mais est-ce qu’il y a en France … des aviseurs de la douane et là je parle pas forcément du moment où vous, vous y étiez, qu’on a laissé tomber…
Michel Charasse : ……………..A mon époque, je n’ai pas entendu dire qu’on avait laissé tomber qui que ce soit…
Elise Lucet : Donc, on laisse pas tomber les aviseurs ?
Michel Charasse :………Mais, on laisse tomber personne …Il faut laisser tomber personne. Lorsque vous êtes  engagé dans une bataille….Euh, et ben…Euh…Euh, vous faites le nécessaire pour sauver tous vos soldats…
Elise Lucet : C’est pas ce que Fievet a l’air de penser…
Michel Charasse : (6 secondes de silence).Chacun pense ce qu’il veut, moi je vous dis simplement que quand on voit les résultats qu’on voit, il faut bien que…euh, l’administration des douanes soit soutenue par son ministre et qu’elle soutienne tous ceux qui collaborent, fonctionnaires ou non à ses activités.
Elise Lucet : Michel Charasse, merci d’avoir répondu à nos questions.

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STUPÉFIANTS: comment le narcotrafic est devenu «too big to fail»

DICK MARTY Docteur en droit, ancien procureur général du Tessin, conseiller aux Etats, conseiller d’Etat  et membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, pour laquelle il a mené différentes enquêtes qui l’ont fait connaître sur la scène internationale.

DICK MARTY Docteur en droit, ancien procureur général du Tessin, conseiller aux Etats, conseiller d’Etat et membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, pour laquelle il a mené différentes enquêtes qui l’ont fait connaître sur la scène internationale.

© Lukas Lehmann, Keystone

Par Dick Marti

Pour lutter contre les narcotrafiquants, il est nécessaire de mener une importante action de sensibilisation au niveau mondial, selon Dick Marty. Et il faut progressivement s’acheminer vers un marché contrôlé dans lequel la réglementation est définie en fonction de la dangerosité de la substance et de l’âge du consommateur.

Après des décennies de faillites ruineuses dans la réponse sociale au problème des dépendances, on doit le dire clairement: le prohibitionnisme en matière de drogue et la criminalisation des consommateurs sont une voie sans issue. Plus, ils ont directement contribué à produire le plus important phénomène criminel de tous les temps, qui alimente toutes sortes d’autres trafics. L’argent de la drogue et les pratiques des organisations criminelles infiltrent l’économie avec un effet de contamination morale et de diffusion à grande échelle de la corruption. Les enquêtes n’atteignent presque jamais les hauts étages du crime organisé. La répression des petits poissons sert en revanche, presque cyniquement, à entretenir un certain niveau des prix et à assurer des profits fabuleux à ceux qui gèrent les grands trafics.

L’argent facile de la drogue est en fait devenu un facteur économique de grande importance, ce qui explique aussi pourquoi on ne s’attaque pas à la racine du problème. Si l’on pense que le chiffre d’affaires du trafic de drogue est estimé à environ 300 milliards de dollars par année, il est évident que cet argent est désormais devenu un véritable facteur de portée géopolitique. Il entretient de nombreux conflits, permet de financer des achats massifs d’armes de plus en plus sophistiquées, conditionne les choix de nombreux gouvernements, influence les structures socioéconomiques. J’ai entendu récemment un chercheur affirmer que si le trafic de drogue était éliminé, la plupart des familles des cités entourant Marseille ne seraient plus à même de payer leur loyer.

Des ressources énormes sont investies dans la répression, alors que le crime qui en contrôle le trafic prospère. Les institutions et la structure sociale de plusieurs pays ont été bouleversées par les narcodollars et les narcotrafiquants.

Nous sommes tous conscients qu’il n’existe pas de solution facile ni de solution idéale. Je pense cependant que toute nouvelle solution présuppose que l’on soit conscient de ce qui est en train de se passer et du gâchis auquel a conduit la politique actuelle.

Une importante action de sensibilisation au niveau mondial est nécessaire. Ce travail est en cours depuis longtemps. En 1984 déjà, Milton Friedman, Prix Nobel d’économie, écrivait que la prohibition de la drogue favorisait le crime, sans en diminuer l’usage, et imposait un coût aberrant à la société. Une position analogue a été prise, par la suite, par la célèbre revue The Economist, ce qui fit sensation. D’anciens chefs d’Etat se sont réunis en groupe de travail et ont pris position en faveur d’une nouvelle politique de la drogue et contre l’actuel régime de prohibition. Il est à peine besoin de rappeler ici le rôle important joué par Ruth Dreifuss dans ce contexte. C’est un travail difficile, qui demande beaucoup d’énergie et beaucoup de temps.

Il faut ainsi convaincre les politiciens un peu partout dans le monde. La politique actuelle de la drogue est en effet ancrée, je dirai cristallisée, dans des conventions internationales qu’on ne pourra modifier qu’avec l’accord des principaux pays. Or, la peur de la drogue et les discours guerriers qui prônent la répression ont toujours la faveur de nombreux politiciens. Ce genre de discours, en effet, se prêtent bien à des tirades démagogiques et populistes, aujourd’hui plus que jamais à la mode.

Les chroniques parlementaires de ces dernières années démontrent, hélas, qu’à chaque fois que se pose un problème dans la société, il y a toujours de nombreuses voix, souvent majoritaires, pour proposer un durcissement des peines ou la création de nouvelles normes pénales. En Suisse, avant même de disposer d’une étude sérieuse quant aux conséquences sur la récidive de l’élimination des courtes peines de prison décidée lors de la dernière révision du Code pénal, il est devenu de bon ton, aussi bien à droite qu’à gauche, d’invoquer un retour à la case prison. C’est naturellement plus facile que d’essayer de comprendre les raisons profondes de certains comportements et de mettre au point les remèdes les plus efficaces. Il y a exactement deux cent cinquante ans, Cesare Beccaria publiait son ouvrage Dei delitti e delle pene. Il démontrait que ce n’est pas la sévérité de la peine qui retient une personne de commettre une infraction, mais bien le degré de probabilité de se faire prendre; un enseignement qui a maintenu une actualité étonnante. Cette vérité devrait être rappelée avec force aux décideurs d’aujourd’hui qui tendent à faire exactement le contraire: diminuer les moyens à la disposition de l’Etat pour le social, l’éducation et la prévention, et, par ailleurs, durcir la répression pénale.

La politique de la drogue exige une approche cohérente et crédible pour être efficace. C’est loin d’être le cas aujourd’hui. La distinction entre substances légales et illégales apparaît aujourd’hui comme arbitraire, injuste et hypocrite. Je pense qu’il est nécessaire de mettre en œuvre une stratégie globale pour l’ensemble des substances psychotropes créant une dépendance. Cela ne veut nullement dire qu’on va traiter toutes les substances de la même façon. Il faut progressivement s’acheminer vers un marché contrôlé (cela existe déjà pour le tabac, l’alcool et les médicaments), dans lequel la réglementation est définie en fonction de la dangerosité de la substance et de l’âge du consommateur.

Dans de nombreux pays, les choses ont commencé à bouger. La distribution contrôlée d’héroïne a choqué au début, mais elle a démontré que, bien appliquée, elle contribuait à une réduction sensible des risques pour la santé, à une baisse de la criminalité et permettait une réintégration sociale qui ne paraissait guère possible auparavant. Quelques Etats ont libéralisé le cannabis. (…)

En matière d’addiction et sur la façon d’y faire face, j’ai beaucoup de doutes et, plus j’avance dans la connaissance de ce phénomène, plus les certitudes ont fondu comme neige au soleil. J’ai toutefois une conviction. La prohibition telle que nous l’appliquons est non seulement une faillite, mais elle entretient le phénomène criminel le plus important de tous les temps. Ce dernier a assumé une telle dimension que la lutte que nous menons actuellement contre le trafic de drogue ne peut pas et ne pourra jamais être gagnée.

Pourquoi? Parce que les intérêts du crime organisé sont aujourd’hui à ce point entremêlés avec ceux d’autres acteurs économiques, politiques et sociaux qu’une disparition des narcodollars entraînerait une réaction en chaîne désastreuse. Le directeur de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, Antonio Maria Costa, a affirmé que les narcodollars ont contribué à sauver de la faillite des établissements bancaires de première importance lors de la tempête qui s’est abattue sur les marchés financiers mondiaux en 2008. Je laisse la responsabilité de cette affirmation à son auteur, qui n’est en tout cas pas le dernier venu. Ce qui est vrai, en tout cas, c’est qu’avec le prohibitionnisme le narcotrafic est en fait devenu aussi, comme certaines banques, too big to fail!

Seul un changement de paradigme est à même de nous offrir une meilleure perspective d’avenir. Il faut attaquer le trafic sur le terrain qui lui a assuré son fantastique succès, le marché. Ce marché que nous avons soutenu, financé, entretenu et qui a ainsi conféré une énorme plus-value à des substances qui n’avaient que peu de valeur. Au lieu d’essayer d’éliminer ce marché par des tentatives qui jusqu’à présent n’ont eu d’autre effet que de le renforcer, il faut l’accepter comme une réalité, il faut l’occuper et le réguler. C’est finalement ce qu’on a fait avec l’alcool et le tabac.

La drogue est avant tout un problème de santé et il faut l’appréhender en tant que tel. Certes, ce changement d’orientation fondamental de la politique de la drogue n’est pas facile et n’est pas sans risque; des erreurs seront inévitables. Des expériences intéressantes sont en cours et les désastres que l’on nous a annoncés ne se sont pas produits. Comme l’a bien dit récemment un chercheur français, l’ampleur de la catastrophe actuelle est telle que le risque de faire pire est très faible.

En fait, il ne s’agit ni d’imaginer ni de réaliser une société sans drogue, celle-ci n’a jamais existé. Le véritable défi est d’accepter l’existence des drogues et d’apprendre à vivre avec. La régulation du marché – avec le contrôle de la production et de la distribution en tenant compte de la dangerosité des substances – permettrait de diminuer sensiblement les profits des narcotrafiquants. Mais cela contribuerait également à diminuer fortement les risques pour les consommateurs puisque, par exemple, la plupart des morts dues à la consommation de drogues ne sont en fait pas provoqués directement par la substance, mais par le fait qu’elle est frelatée.

Les ressources financières que l’on économiserait dans le domaine de la répression et du système pénitentiaire permettraient d’intervenir avec plus d’efficacité sur la demande. Non plus avec le gendarme et la prison, mais avec une action de prévention cohérente.

Persister sur la voie actuelle serait en revanche reconnaître la victoire du crime organisé et lui assurer un avenir confortable. Le marché illégal de la drogue continuera à être florissant et à être présent partout, dans tous les milieux, même dans les structures les plus fermées et les mieux surveillées. Les narcodollars, comme évoqué plus haut, alimentent une corruption économique et morale aux plus hauts niveaux. Cette corruption est à mon avis la menace la plus grave pour nos démocraties. Oui, plus grave que le terrorisme.

Extraits d’une conférence publique donnée à l’Université de Genève par Dick Marty.

source/ http://www.hebdo.ch/hebdo/id%C3%A9es-d%C3%A9bats/detail/stupefiants-narcotrafic-dick-marti

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