FRANCE 🇫🇷 (Bordeaux) : le prochain ‘bal des tartuffes’ s’ouvre demain

L’ancien grand patron des stups parmi les prévenus : on vous explique ce procès hors norme qui se tient pendant un mois à Bordeaux

C’est un procès d’ampleur qui s’ouvre ce lundi 2 mars à Bordeaux. Pendant un mois, François Thierry, l’ex patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiant (OCRTIS) comparaît pour complicité de trafic de stupéfiant et destruction de preuves. Aux cotés de son principal informateur, le baron de la drogue Sophiane Hambli et de seize autres prévenus. Un dispositif spécial a été mis en place par le parquet de Bordeaux.

Demande d’accréditation, dossier de presse de onze pages envoyé aux rédactions régionales, nationales et internationales, le parquet ne veut rien laisser au hasard pour la couverture d’une affaire considérée comme le plus gros scandale d’État de la lutte anti-drogue en France. Un mois d’audience, soixante-dix tomes de procédures et, à la barre, dix-huit prévenus, dont deux qui retiennent particulièrement l’attention.

L’ancien patron des stups poursuivi pour complicité de trafic de stupéfiant

Au centre de toutes les attentions, le commissaire divisionnaire François Thierry, 57 ans. Il fut l’un des plus grands spécialistes de la lutte anti-drogue française, nommé à la tête de l’OCRTIS (l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiant) en 2010. Remercié en 2016, il est poursuivi pour complicité de trafic de stupéfiant et destruction de preuves.

François Thierry en 2012, alors patron de l'OCRTIS
François Thierry en 2012, alors patron de l’OCRTIS • © PATRICK KOVARIK / AFP

Le deuxième grand nom du procès est Sophiane Hambli, 51 ans, originaire de Mulhouse, et principal informateur du commissaire. Considéré dans les années 2000-2015 comme le numéro un de l’importation de haschisch en France, voire en Europe. Actuellement incarcéré au Maroc, pour deux peines de prison d’une trentaine d’années au total, sa présence à l’audience est incertaine, suspendue à l’accord des autorités judiciaires marocaines.

La fiche Interpol de Sophiane Hambli
La fiche Interpol de Sophiane Hambli • © Interpol

Quel véritable lien entre le flic et le voyou ?

C’est en 2009 que les deux hommes signent un pacte. Le flic propose au voyou de devenir son indic, en échange d’une réduction de peine conséquente, alors que l’Alsacien est condamné à dix-huit ans de prison en Espagne où il s’était établi pour son fructueux business. Affaire conclue. La peine sera finalement réduite à cinq années. Et Sophiane Hambli permettra à son protecteur de démanteler des dizaines de réseaux, d’arrêter une centaine de trafiquants et de saisir plusieurs tonnes de résine de cannabis. Un exploit inédit pour la police française.
« On s’appuie sur lui pour faire rentrer des cargaisons de cannabis très importantes et essayer d’identifier les réseaux qui en bénéficient sur le territoire français, c’est ce qu’on a appelé l’opération Myrmidon » explique Eric Pelletier, spécialiste police – justice de France Télévisions. Cette fructueuse coopération durera six ans, jusqu’en octobre 2015. Ce week-end là, une « livraison surveillée » (suivie et infiltrée par les agents de l’OCRTIS dans l’objectif de faire tomber les commanditaires) est court-circuitée par les douanes.

7,1 tonnes de cannabis ont été découverts dans des camionnettes stationnées au pied de cet immeuble, Hambli y louait le dernier étage, avec piscine
7,1 tonnes de cannabis ont été découverts dans des camionnettes stationnées au pied de cet immeuble, Hambli y louait le dernier étage, avec piscine • © FTV

7,1 tonnes de cannabis sont découvertes dans trois fourgonnettes stationnées au pied de l’immeuble d’Hambli, dans le 16e arrondissement de Paris où il loue un appartement de 300 m2 avec piscine. Interpellé, le trafiquant expliquera qu’il agissait sous les ordres de l’Office antidrogue. Le commissaire divisionnaire François Thierry est alors inquiété. Cette opération met au grand jour ses méthodes, hors des clous.

Les "livraisons surveillées" sont soumises à un cadre très strict, en lien avec des magistrats, que n'a pas toujours respecté François Thierry
Les « livraisons surveillées » sont soumises à un cadre très strict, en lien avec des magistrats, que n’a pas toujours respecté François Thierry • © FTV

Le chef des stups omettait parfois, dans les « livraisons surveillées » pilotées en collaboration avec Hambli, de préciser des noms, des montants ou certaines quantités de drogue échangées, alors que les règles en la matière sont très strictes. Tout doit être scrupuleusement répertorié et préparé en amont avec les autorités judiciaires. Le policier agissait souvent en solo pour, explique-t-il, plus d’efficacité.

Hors des clous

Problème : a-t-il fermé les yeux sur une partie du trafic, permettant ainsi à son informateur de s’enrichir ? Était-ce une façon d’obtenir de meilleures informations et de faire briller son service et sa propre personne ? C’est toute la question. Sur les différents comptes d’Hambli, des dizaines de millions d’euros ont été trouvés. Plutôt intrigant.

Hambli était devenu quasi intouchable, il continuait son trafic avec l’accord tacite de François Thierry, ou bien dans son dos

Eric Pelletier. spécialiste police – justice FTV

Thierry est rapidement démis de ses fonctions, même si, côté police, on défend fermement l’ancien grand patron des stups. Le directeur général de la Police Nationale de l’époque le décrit comme un homme droit, loyal, à l’engagement exceptionnel, qui aurait simplement « manqué de discernement« . François Thierry admet des entorses « inévitables » au règlement. En 2017 il est mis en examen pour complicité d’exportation de stupéfiants en bande organisée et destruction de preuves, puis son habilitation d’officier de police judiciaire lui est retirée. C’est la descente aux enfers. L’OCRTIS est dissoute, remplacée par l’office national anti stupéfiant (Ofast).

François Thierry est aujourd'hui responsable de la tranformation numérique de la police
François Thierry est aujourd’hui responsable de la transormation numérique de la police • © FTV

En 2024, devenu responsable de la transformation numérique de la police, et jugé dans une affaire annexe pour faux en écriture publique destiné à protéger un indicateur, un crime aux yeux de la loi, il est acquitté.

Un procès médiatique

Ce 2 mars, il comparaîtra de nouveau, à Bordeaux cette fois, devant la première chambre du tribunal correctionnel pour complicité de trafic de stupéfiants et destruction de preuves. Le procès se tiendra dans les locaux de la cour d’appel où une salle de presse a été aménagée. Des dizaines de journalistes sont attendus pour couvrir cette affaire hors norme, qui met en question l’éthique, l’ensemble de l’organisation de la lutte antidrogue en France et les frontières de la légalité. Affaire qui a inspiré un livre, « l’Infiltré » de H. Avoine et E. Fansten, et un film, « Enquête sur un scandale d’Etat » (de T. de Peretti – 2021).

source

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Souvenons-nous !

ET AUSSI

Avec la réaction du secretaire générale de l’ AIDF (Association Internationale des Douaniers Francophones)

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FRANCE 🇫🇷 (IGPN – BAC) : assurément des virtuoses dans les pires dérives de l’institution policière

Pour Karim Mameche, ancien policier accusé à tort : « Le plus difficile, ça n’est pas la prison, c’est lorsque tu dis la vérité et que personne ne te croit »

Mais qui peut sonner comme ça, à six heures du matin ?

Ce jour de juin 2019, Karim Mameche se lève, encore mal réveillé. Devant sa porte, la police. Vu l’heure, il aurait pu s’en douter. Huit policiers sont là : l’IGPN (Inspection générale de la police nationale, la « police des polices »), la brigade financière, la brigade canine. Deux chiens renifleurs, un pour l’argent, l’autre pour la drogue. Et, cerise sur la procédure, la juge d’instruction, venue en personne assister à la perquisition. Tout s’enchaîne très vite. La famille est regroupée dans le salon, tandis que chaque recoin est passé au peigne fin. La maison est mise sens dessus dessous, méthodiquement.

LIRE

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Pour mémoire, l’affaire de Marc Fievet, agent infiltré pour la DNRED de la Douane française

C’est l’histoire d’un homme ordinaire devenu presque par hasard un agent secret hors pair. Tout commence en 1993 à Gibraltar, une enclave britannique située au sud de l’Espagne, carrefour du trafic entre l’Afrique et l’Europe (et la France en particulier). À l’époque, Marc Fiévet est un père de famille tranquille, qui a un petit voilier et rêve de voyages et d’aventures avec sa famille. Mais il a besoin d’argent. C’est alors qu’un agent des services des douanes françaises lui propose de surveiller discrètement les allées et venues des bateaux des trafiquants. Marc Fiévet se révèle un agent du renseignement redoutable. À tel point qu’il va infiltrer la mafia en prenant tous les risques. Seulement, en 1994, il est arrêté pour trafic de stupéfiants et condamné à la prison à perpétuité. C’est le début d’un calvaire pour Marc Fiévet, qui affirme avoir été lâché par les autorités françaises.

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FRANCE 🇫🇷 (OFAST Marseille) : l’effarante genèse d’un trafic de coke piloté par les flics

Opération Trident (1/4) 

Pour piéger un gros trafiquant de drogue, des policiers de l’Office antistupéfiants marseillais ont monté une opération de grande envergure, baptisée «Trident», avec l’aide de la DEA, l’agence antidrogue américaine.

Mais l’affaire a viré au fiasco, révélant le rôle actif d’agents dans le trafic, dont cinq sont à ce jour mis en examen, et l’intervention de protagonistes troubles.

Une débâcle qui menace désormais de fragiliser d’autres procédures judiciaires.

Une série de Libération en quatre épisodes.

A lire assurément

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FRANCE 🇫🇷 (narco-business) : retour sur deux affaires emblématiques

Fausto Cattaneo et la «flic connection»

1992 est une année record.

Cette année-là, 1,6 tonne de cocaïne est saisie par les services français. C’est 96% de plus qu’en 1991. Mais une ombre apparaît bientôt au tableau. Un «superflic» suisse «undercover» accuse les stups d’avoir révélé sa véritable identité dans le milieu.

Pourquoi ? Fausto Cattaneo est l’auteur d’un rapport explosif sur l’opération «Matto Grosso», qui a pour cible un trafic de cocaïne reliant le Brésil à l’Europe. Selon lui, les services français, suisses et italiens ont directement supervisé l’import de 116 kilos de poudre, tout droit sortie des scellés des services brésiliens, afin de la vendre à des malfaiteurs, arrêtés dans la foulée.

Pour faire fonctionner l’opération, les indics auraient été directement rémunérés avec l’argent de la transaction. Subissant les foudres de la «flic connection», Fausto Cattanéo sera placardisé plusieurs années, avant d’être blanchi par une enquête interne. Il quittera finalement les services pour une retraite anticipée.

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C’est l’histoire du lâchage de NS 55 de la #DNRED

Au début des années 1990, Marc Fiévet est un informateur hors-pair. Infiltré dans le milieu pendant six ans, il livre une avalanche de renseignements. Grâce à lui, les douanes françaises mettent la main sur une centaine de trafiquants et saisissent ou/et font saisir plus de 105 tonnes de stups

En 1994, le voilà en compagnie de Claudio Pasquale Locatell, un brooker présumé de la Cosa Nostra. Fievet, se sentant en danger, demande aux services français une «exfiltration». Celle-ci n’arrivera jamais !

Le 23 septembre, il est interpellé par Interpol au sud de l’Espagne, alors que 5,4 tonnes de poudre ont été interceptées au large du Canada.


Onze ans derrière les barreaux

Des émissaires français lui conseillent rapidement de ne pas révéler sa vraie condition, en l’échange d’une peine de prison symbolique en France. Transféré, il passera finalement 11 ans derrière les barreaux, «lâché» par la DGGDI, la direction générale de la Douane Française et en particulier par Francois Auvigne malgré l’intervention de Jean Puons, le patron de la DNRED.

Depuis sa sortie, l’ex-agent «NS55» a réclamé un dédommagement à l’État français en vain, des énarques de Bercy ayant réécrit les faits pour dégager LA DOUANE FRANÇAISE de toutes responsabilités. Son histoire a notamment inspiré le film «Gibraltar», avec Gilles Lellouche dans le rôle principal.

Le scénario original a été modifié suite aux pressions de Jérôme Fournel, alors DG de la Douane Française et les dialogues modifiés par Gilles Lellouche et Tahar Rahim.

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En septembre 2025, Vincent Thomazo, secrétaire général de l’AIDF (Association Internationale des Douaniers Francophones) a publié sur Facebook

FRANCE (#DNRED) : un scandale d’Etat étouffé depuis 30 ans

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🟥🟥 MARC FIÉVET : HÉROS TRAHI PAR L’ÉTAT FRANÇAIS 🟥🟥
UN SCANDALE D’ÉTAT ÉTOUFFÉ DEPUIS 30 ANS

Pendant 6 ans, Marc Fiévet, alias NS55, a infiltré les cartels internationaux pour le compte des Douanes françaises.
Résultat :

✅ 23 opérations de haut niveau menées à bien
✅ Des tonnes de drogue saisies
✅ Une vingtaine de grands truands internationaux arrêtés

Mais en septembre 1994, tout bascule.
Lors de l’interception du cargo Pacifico au Canada, chargé de cocaïne, l’opération est un succès…
… mais Marc Fiévet est brûlé.

🔻 Quelques jours plus tard, il est arrêté en Espagne, et là, c’est le début de l’abandon.
Les Douanes françaises refusent d’admettre qu’il travaillait pour elles.
Aucun soutien. Aucune reconnaissance. Un silence organisé.

🔒 3888 jours de prison.
Soit plus de 10 ans, enfermé comme un trafiquant — alors qu’il n’était qu’un agent infiltré de l’État.
Un homme sacrifié pour protéger les méthodes opaques de la DNRED.

Et aujourd’hui ?
➡️ À 82 ans, Marc Fiévet conduit encore des poids lourds pour survivre.
➡️ Aucune retraite. Aucune indemnisation. Aucun honneur.
➡️ Juste l’oubli organisé. L’invisibilisation volontaire.

🎬 Le film Gibraltar, diffusé cette semaine à la télévision, raconte son histoire sous le nom de “Marc Duval”, joué par Gilles Lellouche.
Mais derrière la fiction, il y a un homme réel, brisé, trahi, mais debout.

🛑 Ce que l’État cherche à cacher, nous devons le crier.

📢 La France doit reconnaître Marc Fiévet.
📢 La Douane doit assumer ses responsabilités.
📢 Il est temps de réparer cette injustice monstrueuse.

➡️ On ne sacrifie pas un homme qui a servi la République au péril de sa vie.
➡️ On ne détruit pas un agent parce qu’on a peur du scandale.

🔁 Partagez son histoire. Faites du bruit.
Pour que Marc Fiévet ne soit plus jamais invisible.

#JusticePourMarcFiévet #ScandaleDÉtat #DouanesFrançaises #IndemnisationMaintenant #HérosTrahi #NS55 #Gibraltar

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FRANCE 🇨🇵 (Trafics de STUPS) : la corruption des agents publics, ce phénomène en forte hausse que le gouvernement ne veut pas voir

Le gouvernement multiplie les textes législatifs et les annonces contre le fléau du narcotrafic. Mais il ignore au passage une tendance de plus en forte : la corruption d’agents publics par les trafiquants de drogue.

« Un sujet très sensible, surtout du côté de la police »

Si ces thématiques étaient jusque-là portées par ses ministres de l’Intérieur et de la Justice Bruno Retailleau et Gérald Darmanin, le président de la République a voulu reprendre la main sur ces deux dossiers. Mais il semble frappé par la même cécité que l’ensemble de son gouvernement concernant une question centrale : celle de la hausse de la corruption liée aux narcotrafics.

 » La montée en puissance de la corruption d’agents publics par les réseaux de narcotrafiquants est un sujet d’une importance majeure aujourd’hui. « 

Source

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FRANCE 🇫🇷 (OFAST Marseille) : les « bœufs carottes » passent à la moulinette un groupe d’enquêteurs

Des enquêteurs de l’OFAST dans le viseur

A la suite de faits étranges, une enquête a été ouverte en janvier 2024 visant particulièrement un groupe d’enquêteurs de l’OFAST. Téléphones et ordinateurs ont été saisis par l’IGPN. Ce dossier, jugé « épineux » sera traité avec la plus grande prudence…

Ayant personnellement pu constater la très grande capacité d’interprétation des faits et pu constater les « conseils » savamment distillés auprès des personnes (hauts fonctionnaires et politiques) interviewées suite à ma plainte contre X pour narcotrafic, l’IGPN saura-t-elle cette fois ne pas chercher avant tout à protéger la caste au détriment des agents de terrain qui la servent !

Penser que l’IGPN pourra tout dire reste chimérique. Il aurait été souhaitable de charger la gendarmerie de cette enquête délicate.

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