AVISEUR INTERNATIONAL

Aviseur International renseigne, sans complaisance, sur la problématique de la drogue, du narcotrafic, de la corruption et sur les politiques mises en œuvre par les différents Etats et les dérives que s'autorisent les fonctionnaires des administrations — aviseurinternational@proton.me — 33 (0) 6 84 30 31 81

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FRANCE (Pays basque): un laboratoire clandestin découvert à Fontarabie

speed-20kg-de-haschich-1kg-de-cocaine-et-500g80kg de speed, 20kg de haschich, de la méthamphétamine et de la cocaïne ont été saisis. Huit personnes ont été arrêtées

L‘enquête policière avait démarré au début de l’année. Elle a permis à la Ertzaintza, la police de la communauté autonome d’Euskadi, de mettre au jour un important laboratoire clandestin de drogues à Fontarabie, ville située en face de la cité frontalière d’Hendaye.

lire: http://www.sudouest.fr/2016/07/21/pays-basque-un-important-laboratoire-clandestin-de-drogues-decouvert-a-fontarabie-2442536-4018.php

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OCRTIS (Sofiane Hambli): serré par la DNRED (douane française), il réclame l’impunité et fout le bordel entre les deux services.

Sophiane Hambli,Spécialiste du transport de drogue à travers l’Espagne et la France, Sofiane avait passé un accord avec la police. Serré par les douanes, il réclame effrontément l’impunité et sème au passage la zizanie entre les deux services.

Sofiane, la quarantaine et déjà un beau palmarès criminel derrière lui, sans compter les millions mis au frais, n’était pas une source de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis) : considéré comme l’un des plus gros transitaires de shit marocain en France, logisticien respecté de Tanger à Malaga, il était la source. Et pas celle de n’importe qui puisque son officier traitant n’était autre que le patron du service, le commissaire François Thierry, l’homme chargé en France de fixer pour tous les policiers les règles présidant à l’encadrement des informateurs.

Sofiane est aujourd’hui en prison après un croche-pied historique des collègues de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) fait aux policiers; le commissaire, lui, attend de pied ferme l’occasion de s’expliquer devant les deux juges de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris chargés de démêler l’affaire, Baudoin Thouvenot et Marc Sommerer.

Lire l’article sur: http://www.marianne.net/trafic-drogue-indic-qui-revait-avoir-carte-tricolore-100244596.html

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FRANCE (Drogue): quand la police devient dealer

Publié: 27 mai 2016

LCPNS55Les invités d’Arnaud Ardoin

Emmanuel Fansten, journaliste à Libération, auteur de l’enquête – Dominique Perben, ancien Garde des sceaux et aujourd’hui avocat – Gilbert Collard, avocat, député RBM-FN du Gard et Secrétaire Général du Rassemblement Bleu Marine, auteur du livre  » Les dérives judiciaires : et si ça vous arrivait ?  » Paru aux Editions Eyrolles  – Marc Fievet, aviseur de la douane française, inscrit sous le matricule  » NS 55 DNRED « , auteur des livres  » Infiltré au coeur de la mafia  » paru aux Editions Hugo Doc, et  » Gibraltar « , paru aux Editions Michel Lafon.

Durant ce mois de mai, la justice a affaire à deux histoires de grands flics qui flirtent avec la légalité, deux histoires d’indics, deux histoires qui posent question du lien trouble entre policiers et voyous.

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francois-thierry-ocrtisOCRTIS France: lire ou relire l’audition de François Thierry au Sénat en janvier 2011 MERCREDI 26 JANVIER 2011 Présidence de M. François Pillet, sénateur, coprésident et de M. Serge Blisko, député, coprésident Audition de M. François Thierry, commissaire divisionnaire, chef de l’office central pour la répression du trafic des stupéfiants M. François Pillet, coprésident pour le Sénat. – Mes chers collègues, nous accueillons aujourd’hui M. François Thierry, Commissaire divisionnaire, […]

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 FRANCE (OCTRIS année 1989): un grand cru pour Mario Le Corff ET Pour mémoire, les drôles dessous d’une grosse saisie de cocaïne réalisée par l’OCRTIS Mercredi, 4 Mai, 1994 L’Humanité Le procès qui s’est ouvert hier à Grasse n’aurait été que celui de trafiquants pris dans le filet des stups si un commissaire suisse n’y […]

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Mardi, le commissaire divisionnaire Vincent Le Beguec a été nommé à la suite de la commission administrative paritaire (CAP) – l’instance chargée d’étudier les mutations dans la police. Pur flic de PJ, Le Beguec, 52 ans, arrive de la Direction interrégionale de la police judiciaire de Rennes (DIPJ). Auparavant, il a dirigé la brigade des stups de Lille, […]

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Dans les années 90, à Estepona (Andalousie), Marc Fievet, AKA ‘NS 55 DNRED’, gérait le restaurant Saint Georges, dont le co-propriétaire était la Douane française. Bien plus de 20 tonnes ont été importées d’Espagne pour le seul mois d’octobre 2015 ———————————- Par Emmanuel Fansten — 8 juin 2016 à 20:21

Après nos révélations sur les méthodes de l’ex-patron […]

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Publié le 31 mai 2016 dans Libertés publiques L’ancien patron des stups, François Thierry, est accusé d’avoir participé au trafic de cannabis en France. Sa condamnation éventuelle ne signera en aucun cas la fin de la corruption du secteur, conséquence directe de la prohibition. Par Édouard H. Scandale, stupeur et surprise dans

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Faut-il créer un parquet national antidrogue? « Il y a une réelle insécurité juridique pour les enquêteurs. Si on veut lutter vraiment contre le trafic, on ne va pas pouvoir continuer comme ça longtemps… », prévient un policier spécialisé. °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°° ENQUÊTE- Un grand flic charismatique mis en cause. Un indic qui passe aux aveux. Un ex-infiltré qui […]

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Par Catherine Fournier Mis à jour le 29/05/2016 | 07:04 , publié le 29/05/2016 | 07:04 C’est un petit monde où chacun a son surnom : Mohamed Benabdelhak, dit « le bombé », Djamel Talhi, alias « Johnny Depp », Mohamed Bouarfa alias « l’autruche » et Sofiane Hambli, aka « la Chimère ». Ce dernier, comme ses compères, appartient au cercle fermé des millionnaires du cannabis. Comme […]

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Il a travaillé en sous-main pour le compte de la France mais aussi pour les Etats-Unis : Stéphane V., jugé crédible par la justice, détaille les méthodes sans scrupules des Stups. Le témoignage de Stéphane V. est tellement compromettant qu’il a aussitôt provoqué l’ouverture d’une enquête préliminaire au parquet de Paris. Cet homme de 52 ans a […]

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En attendant, les trafiquants ont encore de beaux jours devant eux, puisqu’ils semblent décider de la quantité qui sera saisie, et quand. °°° Après la saisie de 7 tonnes de shit à Paris, la justice a mis son nez dans la lutte contre le trafic de stups. Où l’on découvre que les douaniers ont mis […]

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Par Frédéric Couteau lundi 23 mai 2016 AFP Un scoop retentissant dans Libération ce matin : le journal révèle et détaille par le menu « le rôle central de François Thierry, ancien numéro 1 de la lutte antidrogue, dans l’importation en France de plusieurs dizaines de tonnes de cannabis en lien avec un des plus […]

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les PIEDS NICKELÉS chez les narcotrafiquants °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°° De la cocaïne saisie sur un voilier au large de la Martinique et entreposée sur la base militaire de Fort-de-France, le 17 avril 2015. (Photo douane française. AFP) Emmanuel FANSTEN ENQUÊTE La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a annulé…
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« L’OCRTIS est devenu le premier narcotrafiquant de France! » dixit un ancien magistrat instructeur °°°°°°°°°°°°°°° Magouille institutionnelle, dossiers montés et arrangés, les « suceurs de roues » n’ont guère évolué depuis l’époque de Mario Le Corff. (Marc Fievet -NS 55 DNRED) LIRE: NARCOTRAFIC: quand Mario Le Corff de l’OCTRIS montait des opérations douteuses…Mais…

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Et s’il s’agissait d’une histoire « à la Michel Neyret » ? François Thierry était à la tête du prestigieux Office centrale de répression du trafic de stupéfiants (Ocrtis), c’est-à-dire la prestigieuse brigade des stups. Il a depuis été muté à la sous-direction antiterroriste… et ce n’est pas une promotion. Grand flic, il avait alors pour habitude de […]

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OCRTIS: le grand flic, son « indic » et les 15 tonnes de cannabis Publié: 7 avril 2016 

LE MONDE | 06.04.2016 à 11h28 • Mis à jour le 07.04.2016 à 07h35 Par Julia Pascual et Soren Seelow Au sièges des douanes, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), le 18 octobre 2015, les sept tonnes de cannabis saisies la veille. | Benjamin Girette / IP3 Rarement les révélations d’un indic auront été attendues avec autant de fébrilité par […]

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FRANCE (Grand Bal des « Faux-culs »): tous, du BCS en passant par la DCPJ, la DNRED, l’ IGPN, l’ OCRTIS, le SIAT et … le Parquet vont rivaliser dans le port de « faux-nez »Publié: 4 mars 2016

Quand une saisie record révèle les liaisons dangereuses entre « stups » et « indics » °°° En octobre dernier, les douanes effectuent une saisie record de 7 tonnes de résine de cannabis dans l’ouest parisien. Problème : le trafiquant présumé est aussi un « indic » de l’Office central de lutte contre le trafic de stups. L’affaire était trop belle.Quatre […]

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AERONARCOTRAFIC: les avions de la drogue… et des mafieux

Avec cette enquête, on va aller rapidement de surprise en surprise.

Les gens qui passent des contrats avec le Pentagone sont loin d’être des oies blanches, c’est ce qu’on peut déjà retenir.  

Et en effet, puisqu’on va découvrir dans cet épisode de bien étranges liens avec la mafia des casinos, notamment ceux gérés par une tribu indienne. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises, à découvrir que le but de ces gens est surtout de se faire de l’argent, et que l’armement ou la défense est le cadet de leurs soucis.  On trouvera même l’un d’entre eux impliqué dans un classique schéma de Ponzi, c’est dire…. l’externalisation et la privatisation des tâches militaires tant souhaitées par Donald Rumsfeld ou Dick Cheney a son revers, et il est de taille, en effet…

carilello_and_a_kid-b1af2Ce n’est pas donc pas Aerogroup qui a eu l’idée de se tourner vers le civil pour l’entraînement des militaires, mais la société qu’avait créé Mike « Ratso » Cariello au lendemain de son départ en retraite (il quitte l’armée en 1997 et forme sa société en 1998) : avec ACE (Aerial Combat Excellence International, Inc.), qui formera des pilotes pour le Koweït, la Nouvelle-Zélande et l’Indonésie, ainsi que les États-Unis.  Avant d’entrer chez Aerogroup, Cariello avait également et conjointement fondé Tactical Air Défense Services (alias TADF), et avait déjà embrayé sur l’idée de sociétés civiles entraînant des pilotes militaires.  C’est là où il avait eu du flair.  En 2002, il avait ainsi signé un contrat avec la Royal Canadian Air Force, pour faire voler un Hawker Hunter et des A-4 Skyhawks comme « bandits » à la façon de TopGun School aux USA.  Même chose plus tard avec la RNLAF. TADF fournissant aussi la RAF via le Savannah Combat Readiness Training Center (CRTC), de la maintenance aux AWACS anglais sur la base CRTC-Savannah, Shaw AFB, et à Beaufort, sur la base de l’USMC. Ratso était aussi l’expert de l’aéronavale Fighter Performance et Manœuvre Weaponeering Fighter pour la formation des « adversaires tactiques ».  Entre deux vols, Cariello sait aussi soigner sa propre pub comme ici dans le journal Tampa Bay… (il est ici à gauche de la photo).

Dans sa biographie, on notera aussi ceci :  « M. Cariello est l’un des rares pilotes du US Actuellement approuvé pour voler un Super Tucano, et est le fer de lance des opérations conjointes Super Tucano pour TADF. M. Cariello servi dans l’US Marine Corp pendant environ 14 ans, y compris un engagement de 3 ans comme officier adversaire au Top Gun Fighter Weapons Ecole de la Marine et du Corps des Marines. M. Cariello également servi en tant que gestionnaire de programme 767 et chef pilote pour Blackwater, Inc., un des plus grands entrepreneurs de Défense des Etats-Unis en Irak de 2005 à 2007 »... Ah tiens… il a aussi été à la tête des pilotes mercenaires. On reparlera un peu plus loin de ce fameux Tucano, à coup sûr.

momo5Pour réaliser son entreprise, Mike Cariello dont tout le monde vante aujourd’hui encore les talents indéniables et plutôt renversants de pilote, avait fait appel à des financeurs particuliers, disons. De l’argent frais, dont la provenance n’était pas son souci. L’un des présidents de Tactical est en effet Gary Fears, un magnat sulfureux de St-Louis, ancien secrétaire d’Etat au transports de l’Ilinois, devenu le roi des casinos de St-Louis (la mafia n’est jamais loin de ces lieux), mais aussi des casinos gérés par les indiens, aux revenus faramineux. En Floride son seul casino de Coconut Creek fait par exemple 100 millions de chiffre annuel. Réalisé à partir de ce qu’on peut appeler une entourloupe. Fears avait en fait réalisé une affaire en or avec les indiens séminoles, qui s’estiment aujourd’hui plutôt grugés, comme le raconte cette plainte écrite en 2003 : « dans une lettre à la tribu déposée le 7 Juillet au tribunal fédéral de Fort Lauderdale, Penny J. Coleman, avocate générale intérimaire de la Commission nationale de l’Indian Gaming, a déclaré à l’agence était « particulièrement troublée » par le bail requis aux Seminoles pour payer les investisseurs, monté à 35 pour cent du chiffre d’affaires net du casino pour 10 années, en particulier parce que la tribu avait payé déjà 19,6 millions de dollars pour sa construction dans les six mois qui ont suivi de l’ouverture de l’établissement. 


coconut« En d’autres termes, les documents permettent au casino de Coconut Creek de recueillir une grande quantité d’argent, sur une longue période de temps, en ne faisant rien » a écrit Coleman (…). Le casino a requis moins de 20 millions de dollars pour être construit, mais il apporte environ 61 millions de dollars par an. « L’investissement assez négligeable nécessaire, par opposition aux bénéfices à prendre, a soulevé de graves préoccupations au sujet de la nature de la relation entre la tribu et Coconut Creek Gaming, » écrit Coleman. Une partie de cette relation implique l’homme d’affaires de l’ Illinois Gary Fears. Dans un effort pour gagner le contrat de gestion du casino de Coconut Creek, Fears avait reversé à la tribu une propriété de 1,7 millions de dollars e
t l’utilisation d’un avion Turbo Commander de 670 000 dollars « . L’avion résidait dans le hangar de la tribu, à Big Cypress Airfield, le pôle de l’aviation de la tribu, souhaité par son flamboyant représentant. On y trouve aujourd’hui un Gulfstream G-IV, un PC-12, un Bell 407, un Bell 430 et deux 2 Ecureuils AS 350B. Les indiens sont riches, enfin certains…

Dans son passionnant livre, Patricia Riles Wickman explique le pourquoi de l’intérêt pour les avions chez le chef indien  :« un point positif dans le monde Seminole (celui de James), cependant, c’ était un département de l’aviation assez bien développé, même si il n’était pas sans élément de controverse. Les voyages, même sans les voyages de chasse, était une partie intégrante et croissante de la vie de James. (Il le serait un peu plus encore près de la fin de la présidence quand les citoyens des tribus commenceraient à affirmer leur intérêt à voyager à bord des avions et la branche tribale intensifierait le calendrier du ministère de l’aviation.) Le premier avion était entré dans la propriété tribale dans les années 1980, grâce à la confiscation de la contrebande au cours de premières tentatives de la tribu pour contrôler la propagation de la drogue à travers et sur les réserves. En 1991, avec des revenus de jeu créant un matelas d’argengt de pour les entreprises tribales, le conseil a décidé de son premier achat pur et simple d’un TBM Modèle 700, pour 1,3 million de dollars ».


seminole« Dans le même exercice, l’utilisation de la piste privée est devenue d’un usage public. Dans l’exercice suivant, elle a été incorporé dans le programme des créations de routes, et la piste d’atterrissage a été rallongée pour accueillir des avions à réaction. C’est rapidement devenu un peu critique pour l’infrastructure du plan de développement prévu par James de la Colombie-Britannique »
 En 2000, la tribu inaugurait même son propre avion, un des dadas du chef indien Billie : un avion de la « Micco Aircraft Company » (MAC), le modèle MAC 145-A, modèle SP20… un avion signé Al Meyers, construit en fait dans les années 50, et vendu 150 000 dollars. La ligne de production Micco a fermé en 2002, après avoir vendu 18 avions seulement. La tentative de sauver l’entreprise de l’industriel originaire du Bangladesh Wadi Rahim, qui venait de racheter les avions amphibies Lake Aircraft Co., une entreprise de 50 ans qui a produit hydravions amphibies Lake Aircraft de Sanford, dans le Maine, échouera. Le modèle SP26 de 2000, vendu 329 000 dollars, était pourtant réussi.

mikko2Le financier dissimulait pourtant une belle casserole. Fears avait bénéficié auparavant d’une belle mansuétude de la part de la justice américaine : « en janvier 1997, lorsque le Ford Explorer de l’homme d’affaires avait été arrêtée par la police à Gulfport dans un coin connu de Saint-Petersburg pour la prostitution. Une femme ayant de l’argent en mains en était sortie. Une fouille du véhicule révélait plusieurs morceaux de crack. Fears avait alors dit à la police qu’il avait  » déjà eu des problèmes avec le crack » et avaient demandé a être aidé. La police l’a arrêté sur l’accusation de possession de cocaïne. Deux mois plus tard, le bureau du procureur Pinellas-Pasco a décidé que l’arrêt de la voiture menant à l’arrestation était inappropriée. Toutes les accusations ont été abandonnées, et son dossier supprimé. Pourtant, son admission à la police qu’il avait un problème de cocaïne aurait dû lui poser des problèmes lors de l’enquête menée par la National Indian Gaming Commission ». En prime, à la même époque, deux proches associés de Fears avaient fini en prison : Stephen Weil, pris en 1998 par des agents fédéraux en train de blanchir 425 000 dollars, et Thomas Utterback, avocat influent de St Louis, arrêté la même année à Genêve avec 4 valises Samsonites pleines de cash faisant 3,24 millions de dollars en coupures de 10 et de 20 dollars…. dans une plainte déposée par lui-même, on peut lire qu’Utterback était mêlé à un trafic de bâtons de dynamite à Panama City : un agent fédéral avait coincé son fournisseur, Edward Trober, de Collinsville, responsable de boîte de nuit et chef de gang du trafic de marijuana, qui était transporté par camions d’Arizona.

Dans l’affaire, l’avocat de Trober (arrêté en juin 2004), Frank Raphael « Tony » Fabbri III, une figure locale, avait aussi été condamné, une première (lire l’excellent article le relatant !). Trober était accusé d’avoir une cagnotte de 20 millions de dollars, jamais découverte ; et Fabbri, pour se faire payer, en avait trouvé une partie sur les recommandations de son client, cachée dans un tronc d’arbre d’une de ses propriétés !!! L’avocat était-il tombé pour avoir visité un peu trop souvent Cuba, dont il était tombé fan, au point d’épouser une cubaine ? « Entre autres choses, M. Trober était aussi propriétaire d’un concession automobile classique. Au printemps de 1997, M. Trober a demandé à Utterback s’il recherchait la possibilité d’utiliser des banques offshore pour réaliser des transactions en espèces avec des russes, qui voulaient acheter des voitures classiques » peut on lire dans un autre document : Trober avait alors des liens avec l’Ukraine (déjà !). Un document sidérant, qui ajoute que « quelque temps plus tard, M. Trober discuté avec Utterback des méthodes utilisés pour transporter de la marijuana aux cruels trafiquants de drogue mexicains. Utterback a négocié au nom d’un autre client du marché de bâtons de dynamitage destinés aux fonctionnaires panaméens. En août ou septembre 1997, Utterback a parlé avec M. Trober d’emporter l’argent de M. Trober au Panama ». Les bâtons de dynamite étaient destinés, selon le document « à l’élargissement du canal de Panama !!!

seminole_gulstream-33059Trober sera condamné en 2005 à dix années de prison…En 2000, on découvrait qu’une tentative de mouiller le chef séminole James Billie dans un trafic de drogue avait eu lieu en 1995 : un informateur de la DEA a « déclaré que le groupe se était réuni en 1995 dans un hôtel Sheraton à proximité de Hollywood avec le président de la tribu et le chef bien connu, le chef James Billie ».  Ils espéraient l’appâter pour son goût prononcé pour les avions ou les bateaux. Un fait connu de tous : aujourd’hui, il vole en Gulfstream G450 à 38,25 millions de dollars, le N857ST. En 2006, les Séminoles annonçaient avoir acheté la chaîne connue de Hard Rock cafés pour 965 millions de dollars au groupe anglais Rank Group plc. Deux hôlels et casinos étant en Floride, La chaîne détenant 124 Hard Rock Cafes, 4 Hard Rock Hotels, 2 Hard Rock Casino Hotels, 2 salles de concert Hard Rock Live et trois autres hôtels non siglés.

billy_copter-3fcb0Le tout générant 127 millions de dollars de revenus en 2006 ! Ecarté du pouvoir en 2003 sur accusation de harcèlement sexuel, l’incroyable Billie est revenu au pouvoir de la tribu en 2011, battant son prédécesseur Mitchell Cypress, lui aussi accusé d’avoir mené une vie un peu trop fastueuse (il admettra avoir dépensé 57 millions de dollars en Mercedes, pour ses amis et lui). Le chef Billie, est donc revenu au pouvoir avec son hélicoptère personnel, un Hughes 500. Le conseil d’administration de la firme de Daniels est une vraie cour des miracles, en fait. L’autre président est Mark J Shubin, détenteur de la firme Sky Bus, Inc., installé à Boca Raton, qui gère les avions d’un certain Wally Hilliard (il est ici devant son Dassault Falcon-10), et le troisième est Alexis Korybut, fondateur de Sterling Financial Investment Group avec Charles Patrick García et John Curry.

shubin-55af0Garcia est un ancien responsable de l’U.S. Strategic Air Command sur la base d’Offutt, dans le Nebraska et de l’United States Southern Command au Panama. Korybut recevait un salaire annuel de 120 000 dollars (voire beaucoup plus). Bref, on est dans la recherche de profits rapides, avant tout, l’ère Bush qui va s’ouvrir leur donnant les moyens d’en réaliser de gros. « Ratso » en a fait son credo, décrit ici lorsqu’il rejoint Aerogroup : « Le temps est venu pour les services militaires de se rendre compte qu’ils peuvent toujours obtenir, un soutien professionnel à la formation de l’adversaire par l’externalisation de ces sorties au secteur privé et avec des pilotes qui faisaient ce type exact de vol la semaine dernière alors, mais encore sous l’uniforme. Il a fallu du temps pour convaincre les chefs de cela, mais ils le reconnaissent maintenant que cela peut être fait en toute sécurité et efficacement grâce à l’externalisation, afin que davantage de pilotes de chasse peuvent obtenir le type de formation que beaucoup ont fait durant trop de temps (au sein de l’armée) ». Des chercheurs de profits rapides à faire, ce n’est pas ce qui manque, en Floride, terre de retraités fortunés et de bonimenteurs prêts à s’emparer de leur argent. Des Madoff, il y en a eu d’autres, en effet.

citationDébut 2010, Mark Shubin fait la une des journaux, mais pas pour ses dons d’entrepreneur. Il défraie alors la chronique judiciaire : entré comme un fou dans le hangar de Logos Aviation (déjà cité ici, et ont il est actionnaire et dirigeant), il a demandé à faire retirer l’ordinateur de vol de l’avion Gulfstream de Mark Daniels. Un engin valant 75000 dollars. Ce dernier porte plainte aussitôt à la police pour vol. L’histoire, étrange, allait rappeler à un posteur curieux, sur le net, les liens de Shubin avec d’autres personnes peu recommandables. Le posteur fait en effet remarquer à qui il avait acheté aupravant un autre avion, sous l’étiquette d’une société du Delaware appelée « Mark IV Aviation« . Étrangement la vente avait été signée à la Barbade ; et sur le compte de la banque Wells Fargo : voilà qui était fort douteux, encore une fois (voir mes épisodes sur la CIA évoquant ces manigances). L’argent rapide à faire, encore et en l’occurrence celui à se faire en rachetant à bon prix des appareils de personnes aux abois. L’avion, un Cessna Citation III 650 (N411SL) acheté 1,1 million de dollars le 23 novembre appartenait en effet à George Levin, propriétaire de Galleria Aviation, une société écran créée en 2008.

RothsteinLa même société avait aussi racheté 1,35 millions le King Air 300 vendu par l’Etat de Floride désireux de réduire ses coûts de fonctionnement, vendu avec son Citation 560XL N500PX). Au total, Mark IV possédait 7 jets privés ! Or il fallait bien le constater, à ce moment-là, le dénommé Levin revendait tout en express, son fond d’investissement (Banyon) était en train de s’effondrer, car c’était aussi une construction totale sous la forme d’un schéma de Ponzi bien classique. Etabli par un autre homme, en réalité : Scott Rothstein, condamné à 50 années de prison pour cela : il se prenait pour Gatsby le Magnifique, celui-là. (en se prenant en photo avec le gouverneur , ou avec Sarah Palin, en invitant Don Henley des Eagles, ou en roulant en Maserati Bentley, Bugatti Veyron, ou Rolls et Ferrari). Il est photo ici avec Shane Strum, le chef de cabinet du gouverneur Crist (il possédait aussi un Boeing 727) La Floride récupérera sa villa pour 10 dollars. Elle en valait 6,45 millions… et abritait parfois de fort jeunes filles. Sa femme Kim sera accusée d’avoir dissimulé l’achat d’un diamant jaune de 12 carats. Elle est sortie de prison le 1er mars dernier.

rothstein_villa-fe66cLevin, lui, contrôlait deux fonds d’investissement ayant réuni 157 millons de dollars, répartis sur 150 investisseurs, en 2 ans seulement ! Il vivait fastueusement avec les profits de son système à la Madoff, établi sur des ventes de voitures, au départ : « Depuis 1983, George G. Levin et son épouse, Sue Gayla ont vécu à Fort Lauderdale Bay Colony sur l’Intracoastal Waterway, dans une villa de 2 étages, 11 000 pieds carrés (1 000 m2) avec huit salles de bains et une grande piscine, d’une valeur 2 millions de dollars. Levin a l’habitude de déposer des plaintes peu recommandables quand ses entreprises commerciales frauduleuses sont exposées ».

levin_rothstein-f568eLui aussi (ici à gauche avec Rothstein) avait sévi dans la vente de voitures (des « Classic Cobra, » « Gazelle, » et « Speedster) » mais d’un genre particulier, des copies, proposés en kits: « selon les documents de la Cour fédérale, l’ex-entreprise 1985-1996 de Levin, GGL Industries, alias Motor Carriages avait escroqué des centaines de clients, avec la vente de voitures en kit. Le gouvernement fédéral a déposé des accusations criminelles contre l’entreprise et GGL a plaidé coupable de fraude en 1999 et a accepté de payer 2,5 millions de dollars en restitution ». Stuart Rado avait été un militant des consommateurs qui a avait été au départ de la plainte et Levin l’avait poursuivi en justice, alors qu’il était atteint d’un cancer. Un homme d’une certaine moralité, dirons-nous ! Nous étions bien dans un environnement de mafieux, dont la Floride regorge, à coup sûr. En 2006, Levin avait recommencé en changeant le nom de « Classic Motor Carriages » de sa société en « Auto Resolutions » puis en « Street Beasts ». Vendant des kits, à nouveau, imitants des modèles anciens de Victoria de 1933, de Jeep Willys de1934 ou un cabriolet Ford de 1944 « à trois vitres » (immortalisé par ZZ Top) et la célèbre Shelby Cobra de 1966, tous à carrosserie de fibre de verre. Avec ça, Levin avait réussi à acheter le Bradley Park Hotel de Palm Beach en Florid, en plus de son jet !

source: http://www.centpapiers.com/les-profiteurs-de-guerre-oublies-2-les-avions-de-la-drogue-et-des-mafieux/

lire aussi: https://internationalinformant.wordpress.com/2016/07/20/business-les-profiteurs-de-guerre-oublies-joe-fluet-est-specialise-dans-les-hauts-profils-et-les-questions-sensibles-qui-necessitent-une-coordination-globale-du-juridique-des-medias-des-politiqu/

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FRANCE (14 Juillet): jour historique et soirée de honte pour la douane

La directrice générale de la Douane française Hélène Crocquevieille défilera-t-elle à la tête de ses douaniers?
DOUANE14

Le 14 juillet 2016 sera un jour historique pour la douane, car cela fait presque 100 ans qu’elle n’avait pas défilé sur les Champs-Élysées.

La dernière participation date du défilé de la victoire, le 14 juillet 1919, les bataillons douaniers s’étant particulièrement illustrés en temps de guerre pour la protection du territoire national.

Ce 14 juillet sera effectivement aussi un jour historique de honte pour la DGDDI, fort taiseuse, voire menteuse, dans le dossier de Marc Fievet, AKA NS 55 DNRED.

La projection du film « GIBRALTAR » sur la chaîne M6  21 H 00 devrait rafraichir la mémoire sélective de tous ces ministres du budget et DG successifs qui n’ont jamais eu le courage d’assumer les actions terrains de la DNRED.

auvigneFrançois Auvigne

Soirée de honte

Soirée de honte donc pour la douane française et en particulier pour l’ex DG, l’énarque inspecteur des finances François Auvigne, qui n’a pas su assuré la continuité du service de l’Etat. Jour de honte pour les successeurs de François Auvigne qui, tous trop occupés, au bon déroulement de leur carrière en quête de privilèges et autres prébendes, n’ont pas trouvé le temps de gérer le dossier NS 55 DNRED.

Voir ou revoir le reportage consacré à Marc Fievet

Au service des douanes, il s’est infiltré parmi les trafiquants de drogue, avant d’être « lâché » par ses employeurs. Une équipe de « Pièces à conviction » l’a rencontré en 2005, à sa sortie de prison.

Retrouver toutes les infos sur la vidéo sur : http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/affaire/v

ou sur: « GIBRALTAR », le jeudi 14 juillet 2016 à 21h sur M6

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Le dossier de Marc Fievet est toujours classé « Secret Défense »

SECRET DEFENSE

AVIS
Avis n° 2005-03 du 27 janvier 2005
NOR: CSDX0508078V

Vu la loi n° 98-567 du 8 juillet 1998, et en particulier ses articles 4 (2e alinéa), 7 et 8 ; Vu la lettre de saisine du ministre de l’économie, des finances et de l’industrie en date du 16 décembre 2004 et la demande présentée le 17 novembre 2004 par Mme Sophie Clement, vice-présidente chargée de l’instruction au tribunal de grande instance de Paris, dans le cadre de l’instruction ouverte à son cabinet sur plainte de M. Marc Fievet concernant ses relations avec les douanes françaises ;

La Commission consultative du secret de la défense nationale, régulièrement convoquée et constituée, ayant examiné l’ensemble des documents classifiés qu’elle a recueillis au terme des investigations conduites par son président en vertu des pouvoirs que lui confèrent les articles 5 et 6 de la loi susvisée,
Emet un avis défavorable à la déclassification des pièces contenues dans le dossier établi au nom de M. Fievet, en sa qualité d’aviseur de la direction générale des douanes et droits indirects.

Fait à Paris, le 27 janvier 2005.
Pour la Commission consultative du secret de la défense nationale :
Le président,
P. Lelong

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=6686A6840C8BCEDB3986A4EB25B2F9E9.tpdila13v_1?cidTexte=JORFTEXT000000629551&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000000002264

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« GIBRALTAR », le jeudi 14 juillet 2016 à 21h sur M6

Inédits, Gibraltar, le jeudi 14 juillet 2016 à 21h sur M6

Le jeudi 14 juillet 2016 à 21h, M6 programmera le film français inédit « Gibraltar ».

gib lelouche

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UN: Dark Web revolutionising drug trafficking by making illegal narcotics much more accessible

UN wants tighter control over anonymous online markets on the Dark Web to prevent drug trafficking.

The United Nations (UN) is deeply concerned about the Dark Web and how anonymous online markets are attracting more users by making it much easier for people to access illegal drugs, while at the same time managing to avoid having direct contact with both criminals and law enforcement.

Read more:

http://www.ibtimes.co.uk/un-dark-web-revolutionising-drug-trafficking-by-making-illegal-narcotics-much-more-accessible-1569218

OCRTIS France: lire ou relire l’audition de François Thierry au Sénat en janvier 2011


MERCREDI 26 JANVIER 2011

Présidence de M. François Pillet, sénateur, coprésident et de

M. Serge Blisko, député, coprésident

Audition de M. François Thierry, commissaire divisionnaire, chef de l’office central pour la répression du trafic des stupéfiants

M. François Pillet, coprésident pour le Sénat. – Mes chers collègues, nous accueillons aujourd’hui M. François Thierry, Commissaire divisionnaire, Chef de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants, auquel je souhaite la bienvenue.

Nous avons auditionné la semaine dernière deux représentants de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies qui nous ont dressé un tableau très éclairant des évolutions de la toxicomanie en Europe.

Nous souhaitons aujourd’hui approfondir avec vous la question des trafics. Vous dirigez l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants, qui centralise tous les renseignements pouvant faciliter la recherche et la prévention des infractions en matière de lutte contre le trafic illicite des produits stupéfiants ; il assure également la coordination des opérations tendant à sa répression.

Votre service a également un caractère opérationnel et peut agir seul. Vous vous trouvez donc à la croisée de l’administration et de l’action de terrain ce qui fait de vous un interlocuteur particulièrement précieux.

Je vous propose de nous exposer les grandes lignes de votre action et les principaux enseignements que vous tirez de votre expérience. Nous nous permettrons ensuite de vous poser quelques questions.

Vous avez la parole…

M. François Thierry. – Merci de ces mots de bienvenue. A titre personnel, je suis très intéressé par votre démarche et sensible à l’intérêt que vous portez à la matière sur laquelle nous nous investissons quotidiennement. Nous trouvons particulièrement intéressant de vous rencontrer et de pouvoir évoquer avec vous tous ces sujets, pour certains extrêmement sensibles.

Je m’occupe des stupéfiants depuis plus de dix ans à des titres divers, y compris un passage par le service d’infiltration français que j’ai eu l’honneur de diriger quelques années. Je dirige aujourd’hui l’Office central des stupéfiants, qui est rattaché à la Direction centrale de la Police judiciaire ; il existe depuis 1953. Ses missions sont celles que vous avez rappelées. Elles nécessitent cependant quelques précisions.

Ce service est un service de police qui compte en son sein des policiers, des gendarmes et des douaniers. C’est un service interministériel qui réunit quotidiennement des gens différents par leur origine et leur mode de fonctionnement dans le but d’embrasser le plus largement possible la problématique de la lutte contre les trafics.

Sa dominante est répressive mais il tente de mettre en oeuvre une approche transversale, différenciée et la plus large possible.

Ce service compte aujourd’hui un peu plus de cent personnes, pour l’essentiel installées à Nanterre. Les services espagnols, italiens, allemands disposent en effet d’effectifs plus importants. Les résultats ne sont d’ailleurs pas forcément fonction du nombre…

L’Office central des « stups » reste donc en Europe, même s’il est reconnu, un service dont l’effectif est mesuré.

A côté de l’implantation de Nanterre, il existe plusieurs antennes, dont l’une aux Antilles, créée en 2004. Une autre se trouve à Roissy et s’occupe essentiellement des enquêtes douanières. D’autres antennes sont en cours de création depuis août 2010 à Lille et à Marseille, l’objectif étant d’essayer de développer en métropole ce qui a fonctionné à Fort-de-France avec de très bons résultats. Si l’activité de ces deux antennes connaît des résultats intéressants en 2011, nous proposerons de décliner ce système dans d’autres grandes villes.

Nous disposons d’enquêteurs et de moyens d’enquête propres. Nous travaillons de la même façon que d’autres services consacrés à la lutte contre le trafic de stupéfiants et sommes saisis par des magistrats d’enquêtes préliminaires, d’enquêtes de flagrance ou sur commission rogatoire.

Nous luttons de manière très classique contre les trafics, en privilégiant ceux dont les débouchés sont internationaux. Nous sommes en effet correspondants des services spécialisés étrangers de lutte contre les stupéfiants. Toute enquête contre un trafic de stupéfiants à l’étranger et ayant des débouchés en France sera traitée par nous et toute enquête née en France connaissant des évolutions en direction de l’étranger aura vocation à passer par nous à un moment ou un autre.

Des dossiers franco-français nous sont également souvent confiés quand l’ampleur du trafic détecté dépasse les capacités d’un service territorial ou si, en raison de sa complexité, il nécessite l’appoint de personnes extérieures, que nous fournissons volontiers.

Nous avons aussi nos initiatives puisque nous gérons nous-mêmes des informateurs et que nous avons notre propre façon de prospecter pour identifier des trafics. Le fait de ne rien découvrir n’est pas forcément un signe de bonne santé d’un ressort géographique donné.

A ces missions que nous partageons avec les services de police et de gendarmerie s’ajoutent des missions spécifiques de l’Office central des stupéfiants ; j’ai évoqué les relations internationales avec d’autres services d’enquête, extrêmement importantes chez nous : nous avons en notre sein des officiers de liaison étrangers, pour la plupart européens -bien que nous ayons développé des liens avec d’autres services hors d’Europe. Il existe également des missions de synthèse et d’analyse, car nous tenons des statistiques répressives à l’intention des autorités politiques et de l’exécutif : commentaires des flux, recherche des faiblesses du système, propositions de stratégies nouvelles ou d’adaptation du dispositif…

Nous essayons donc de développer notre faculté de proposition, d’analyse, de réflexion et de recul en matière de lutte contre les trafics.

Nous sommes en outre membres d’un certain nombre d’institutions européennes internationales et nous participons à un certain nombre de travaux préparatoires visant des changements législatifs ou des ajustements européens.

Enfin, nous sommes porte-parole de la France dans le domaine de la lutte contre les trafics ; nous participons aux travaux et aux fichiers d’Europol ainsi qu’à un certain nombre d’enquêtes dans des affaires où la France n’est peut-être pas directement impactée mais qui concernent le territoire européen. Nous sommes ainsi amenés à lutter, par exemple, contre des trafics basés en Afrique -pour ce qui concerne la cocaïne- ou en Turquie ou en Russie -pour ce qui concerne l’héroïne- et à destinations de l’Europe.

Vous aurez compris que nous ne sommes pas trop de cent pour exécuter toutes ces missions en permanence !

Le bilan 2010 est en cours de constitution mais je puis d’ores et déjà vous faire part des évolutions que nous avons pu constater concernant ces phénomènes extrêmement structurés dans nos sociétés européennes…

La France reste à plusieurs titres un pays très concerné par les stupéfiants. Tout d’abord, elle est, pour des raisons géographiques, un pays de transit très important entre les deux grandes portes d’entrée des produits que sont les Pays-Bas et l’Espagne. Nous sommes, en Europe, au carrefour d’un certain nombre de réseaux d’acheminement. Les produits stupéfiants traversent donc notre territoire en permanence pour alimenter d’autres pays. Ceci est resté vrai en 2010, avec quelques particularités puisqu’on assiste, semble-t-il, à une diminution des flux routiers, notamment par voie de fret.

Nous pensons que les trafiquants ont eu énormément de déboires avec ce vecteur depuis deux à trois ans et cherchent des moyens plus discrets de faire voyager les produits stupéfiants.

La France reste également un pays de transit pour toute la messagerie expresse, ce qui est peut-être moins connu. Le hub de Roissy est devenu le second d’Europe pour Federal Express, DHL et Colissimo. Plusieurs millions de paquets par semaine transitent par ces hubs. Certes, les quantités sont mesurées mais il existe un trafic de fourmi et ces opérateurs nous posent un important problème de logistique, les paquets ne restant en transit sur notre territoire qu’un temps très court. Il est extrêmement difficile pour les services douaniers de détecter les trafics en une heure à peine.

La France demeure également le lieu d’une importante consommation de cannabis. La consommation de cannabis concerne en France un peu plus de 500.000 usagers quotidiens ou très réguliers et un peu plus d’un million d’usagers occasionnels.

Un certain tassement de la demande s’est cependant produit il y a deux ans et semble se poursuivre. Les chiffres, non seulement se sont stabilisés, mais décroissent lentement et régulièrement. Le produit semble passer lentement de mode -même si c’est peut-être au profit d’un autre- et on assiste à un début de désintérêt pour lui, ce qui est en accord avec ce que l’on peut constater dans d’autres pays.

Aux États-Unis, la demande a chuté d’environ 20 %. Elle diminue dans de moindres proportions mais de manière régulière dans d’autres pays européens. On peut donc estimer que l’on a atteint un plafond dans l’utilisation de ce produit.

On constate toutefois l’émergence du cannabis « indoor », domestique, ce qui est très préoccupant pour l’avenir.

Il faut noter que le Maroc a saisi plus de 100 tonnes de cannabis en 2010 alors qu’il n’en saisissait il y a dix ans que 3 ou 4 par an. Les Marocains expliquent qu’ils ont récemment diminué les surfaces cultivées en cannabis d’au moins un tiers. Il faut reconnaître leur effort mais nous sommes par ailleurs persuadés que le rendement à l’hectare a considérablement cru. Il faut donc nuancer cette annonce de succès majeur tout en saluant un résultat qui n’allait pas de soi.

Les Espagnols ont également fait un effort alors qu’ils sont seulement pays de transit, le cannabis n’ayant pas la faveur de leurs usagers. Ils saisissent également plusieurs dizaines de tonnes par an.

Tous ces efforts conjugués ont fini par payer ; on constate une réduction de la demande et, progressivement, du produit disponible, même s’il faut rester vigilant en ce qui concerne le cannabis domestique.

La France reste un pays de consommation de cocaïne, produit très préoccupant. Le plafond n’est probablement pas encore atteint, le nombre d’usagers continuant à augmenter, tout comme celui des trafiquants interpellés.

On pense que le développement de cette activité n’est pas encore arrivé à son point d’équilibre ; c’est pourquoi nous sommes extrêmement motivés pour poursuivre la lutte contre les trafiquants de cocaïne qui ont la particularité d’être particulièrement corrupteurs pour les États dans lesquels ils oeuvrent. On l’a vu de manière spectaculaire dans des États comme le Mexique ou le Venezuela et, plus près de nous, plus récemment, dans les États africains concernés.

On se rassure en se disant que la situation de ces États n’a rien à voir avec la nôtre et que les trafiquants bénéficient dans ces pays de structures faibles, voire inexistante, à tout le moins largement désorganisées. C’est pain béni pour les trafiquants que de s’installer dans des endroits où l’oeuvre de justice a beaucoup de mal à rencontrer des succès.

On voit des organisations sud-américaines progresser désormais au Sahel, au Maghreb et, ces dernières années, en Espagne. Même si leur impact est moins fort pour le moment en France en termes de corruption, nous sommes extrêmement vigilants parce qu’elles sont très puissantes en raison des fonds dont elles peuvent disposer, des méthodes qu’elles utilisent et des succès qu’elles comptent déjà à leur actif.

Je ne m’étends pas sur le problème de santé public car je sais que d’autres le développeront de manière détaillée, mais il est vrai que la cocaïne pose des problèmes majeurs en termes de santé publique et de polytoxicomanie, la cocaïne associés à d’autres produits ayant des effets terribles.

Nous restons donc extrêmement combatifs sur le sujet. On a saisi en 2010 plus de 5,6 tonnes de cocaïne, ce qui reste dans la moyenne de ce que l’on saisit habituellement.

Pour ce qui est de la consommation, nous sommes également -mais à un niveau bien moindre- un pays consommateur d’héroïne. Il y a deux ou trois ans, je l’aurais à peine citée, aujourd’hui on assiste lentement mais sûrement à une reprise de son usage malgré les efforts de l’État en matière d’accompagnement des toxicomanes, les soins dispensés, les campagnes d’information, la disponibilité de produits de substitution. Ce produit a une apparence plus « attirante » qu’autrefois, s’injecte moins, se sniffe et se fume plus qu’avant mais a toujours les mêmes effets dévastateurs sur la santé et sur les capacités d’insertion de nos concitoyens dans la vie sociale.

L’héroïne revient progressivement par l’Est de l’Europe. Les chiffres des saisies, plus d’une tonne cette année, sont en augmentation régulière. Je pense qu’il faudra être extrêmement vigilant et surveiller la diffusion de l’héroïne par le biais du milieu festif ou des « raves parties ».

Les trafiquants ont bien étudié le problème. Ce sont des « commerçants » : ils ont compris les inconvénients de leur produit et ont énormément travaillé le packaging, l’image, la publicité, les effets secondaires et le mode de prise. Il fallait que ce soit plus à la mode qu’un « shoot » qui a aujourd’hui mauvaise presse.

Ils ont réussi à offrir un produit relativement compétitif et disposent d’environ deux ans de stocks, en raison de l’importante production afghane et maintenant iranienne. Ils peuvent ainsi se permettre d’offrir des prix bas pour favoriser la reprise de la consommation.

Nous sommes également, marginalement, un pays consommateur d’ecstasy et d’amphétamines. On annonce une augmentation des saisies d’ecstasy de 500 % mais nous partons de chiffres extrêmement modestes : environ 700.000 cachets ont été saisis cette année, ce qui reste très en-deçà des 2 à 3 millions saisis couramment par an il y a dix ans.

Ce produit n’a donc pas fonctionné commercialement. Il faut toujours ramener le trafic de stupéfiants à celui d’un commerce. Certes, ce n’est pas un commerce comme un autre mais il génère pour les trafiquants des problématiques commerciales classiques de production, d’acheminement, de stockage, de marché, de marges, de risques sur la route. Il faut rapprocher les lieux de stockage des lieux de demande. Si vous mettez trop de temps à répondre à une demande, vous allez être concurrencé sur votre marché et vous ne serez plus compétitif, de même que si vous êtes trop cher ou si votre marchandise est de mauvaise qualité. Si vous effrayez le consommateur -ce qui est fréquent dans le domaine des stupéfiants- vous ne serez plus compétitif non plus !

Toutes ces problématique sont au coeur du métier de trafiquant de stupéfiants et nécessitent des adaptations incessantes.

L’ecstasy n’a pas la faveur du consommateur français, contrairement à ce que l’on constate aux Pays-Bas, en Belgique ou en Grande-Bretagne, mais cela ne signifie pas qu’elle ne resurgira pas sous une autre forme. Il faut noter qu’il existe d’autres produits assez proches qui peuvent devenir à la mode en quelques mois.

L’ecstasy, en tout état de cause, ne représente pas un problème pour l’État français pour le moment, dans la mesure où, peu diffusée, elle est restée confinée dans des milieux particuliers pour ce qui est de l’usage mais aussi de la distribution. Ce n’est pas un produit aux mains du banditisme organisé. Autant la résine de cannabis est aux mains de trafiquants extrêmement déterminés et violents, autant la cocaïne est aux mains d’organisations qui ont des moyens d’intervention sur la vie d’un État, autant l’héroïne est aux mains d’organisations étrangères qui font de l’argent ailleurs et essayent de développer leur marché, autant l’ecstasy et, pour l’instant, les drogues de synthèse, restent l’objet de « micro trafics », avec des lieux de production peu éloignés du lieu d’usage, et ne sont pas pour le moment aux mains de maffias ou d’organisations criminelles.

Nous sommes restés un pays de transit et un pays consommateur de deux produits phares mais nous allons peut-être désormais de plus en plus devenir un pays producteur. Peu à peu diminue ce qui nous distinguait des pays producteurs que nous avons énormément dénoncés, comme le Brésil qui a récemment regretté d’être pointé du doigt par l’Europe en tant que plate-forme de départ pour la cocaïne. En tant qu’enquêteur, je puis toutefois vous dire que c’est bien une réalité.

La France peut devenir, comme d’autres pays européens désormais, un pays producteur. La Belgique et les Pays-Bas accueillent ainsi depuis longtemps des laboratoires de transformation ou de production de drogues de synthèse.

Aujourd’hui, ils accueillent en outre des centres de culture qui permettent de trouver du cannabis « made in Europe », ce qui n’était pas le cas jusqu’alors, ou dans des proposions modestes. Nous avons tous en tête l’image de l’étudiant cultivant du cannabis chez lui après avoir ramené des graines d’un voyage aux Pays-Bas. A cette production a succédé progressivement, depuis deux ou trois ans, celle effectuée dans des appartements dédiés à cette culture, voire dans des lieux plus importants exploités par des gens dont les préoccupations sont avant tout commerciales.

Le cannabis européen est produit de manière hydroponique ; il est transgénique, les semences ayant été manipulées pour être plus productives. Le principe actif du cannabis, le tétrahydrocannabinol, est présent entre 3 et 6 % dans la plante à l’état naturel, comme au Maroc. Le plant peut aller jusqu’à 25, 30 ou 35 % de concentration. On en trouve à 37 ou 38 % quand le plan a été génétiquement modifié pour que son rendement en THC soit supérieur. La particularité de ces plans est d’avoir une croissance plus rapide et d’être plus forts, ce qui conduit aussi le cannabis à être plus dangereux qu’avant et susceptible de davantage d’utilisations en raison de sa très forte teneur en principes actifs.

On a vu apparaître des plantations en Belgique, aux Pays-Bas et un peu en Pologne. Le Canada est également touché, avec des surfaces très importantes de serres agricoles ayant fait faillite rachetées par des gens qui y ont installé des plantations de cannabis et qui font énormément d’argent avec.

Ceci est préoccupant pour deux raisons : les plantations sont très proches de l’endroit où le produit est consommé -le délai de route s’est donc considérablement raccourci- et le produit est plus fort.

Aux Pays-Bas, comme en Belgique, cette production est déjà aux mains d’organisation criminelles extrêmement structurées qui commencent à se voler les récoltes, incendier les plantations, enlever les jardiniers et demander des rançons, un jardinier compétent ayant dans ces pays une valeur sur le marché du cannabis.

Ce produit très fort qui a la faveur des clients est par ailleurs peu cher, les risques sur la route étant moindres, de même que les surfaces de stockage ou le nombre de personnes à corrompre ou à payer pour les passages.

Ce cannabis a également su se prévaloir d’une image « bio ». Les trafiquants marocains, libanais ou afghans ont de plus en plus mauvaise réputation : les produits ont été tellement coupés que les consommateurs se sont tournés vers un produit vendu comme plus naturel et de manière plus directe. Ce produit risque donc d’avoir la faveur des consommateurs dans les deux à trois ans qui viennent, et de nous poser problème.

Il n’y a aucune raison pour que nous ne courrions pas le risque de voir la production s’implanter dans notre pays : nous avons nous aussi des surfaces agricoles à même d’accueillir ces fermes et des exploitations en faillite pouvant être rachetées. Cela générera les mêmes troubles qu’ailleurs. On estime à 45.000 le nombre total des plantations, de dimensions diverses, aux Pays-Bas. Les autorités en découvrent plusieurs par jour. Pour un aussi petit pays, ce chiffre paraît énorme.

Je termine le bilan en signalant la progression très prometteuse et très importante du nombre de saisies d’avoirs criminels, qui ont plus que doublé l’an dernier, pour atteindre un peu plus de 30 M€.

L’essor de l’activité de saisie est réel et sa logique est désormais intégrée pas les services. Ce qui était une conséquence est maintenant un des critères les plus importants d’ouverture de dossiers. On progresse au niveau européen sur ce sujet et on va jusqu’au Maroc pour récupérer le patrimoine des trafiquants !

M. François Pillet, coprésident pour le Sénat. – Merci de cet exposé très clair et très enrichissant.

La parole est aux parlementaires.

Mme Christiane Hummel, sénatrice. – Etant du Sud-Est de la France, je ne suis pas surprise d’apprendre que l’on cultive du cannabis. J’en ai même vu dans des champs et on a apporté dans ma médiathèque municipale, une nuit, une trentaine de pots de cannabis dont quelqu’un voulait sûrement se débarrasser !

Je suis cependant étonnée que l’on trouve sur Internet des sites ou l’on vende des graines de cannabis et des kits. On y explique également comment cultiver. N’y a-t-il pas moyen d’interdire cette vente ?

Mme Catherine Lemorton, députée. – Vous disiez en préambule que la France est un pays de transit entre deux plaques tournantes, les Pays-Bas et l’Espagne. La Belgique est-elle confrontée au même problème ?

Par ailleurs, quelle est la relation entre la baisse des saisies de cannabis et la baisse de sa consommation ? La politique de saisies en quantités importantes et les lois plus ou moins répressives selon les pays y contribuent-elles ?

Quant aux gros efforts de la France en matière de traitements de substitution aux opiacés, je rappelle que l’on avait un fort retard à rattraper.

Vous évoquez d’autre part un important stock d’héroïne. S’agit-il de produit pur ou coupé ? A Toulouse, les trafiquants mélangent l’héroïne à de la brique rose : les quantités ne sont-elles pas, par suite, démultipliées ? Avez-vous une idée de l’importance de la revente illégale de méthadone et de Subutex ?

Mme Fabienne Labrette-Ménager, députée. – Les saisies d’avoir criminels existent-elles dans les autres pays ?

Mme Marie-Thérèse Hermange, sénatrice. – Vous avez saisi 66 tonnes de cocaïne en 2010 ; quel est le rapport entre ce que vous saisissez et ce qui ne l’est pas ?

Par ailleurs, constatez-vous un trafic de faux médicaments dans les banlieues ?

D’autre part, quel est l’impact des nouvelles drogues -GHB, GBL- sur la santé ?

Enfin, je m’étonne, face aux conséquences de la prise de cocaïne à vie, que l’on ne fasse pas appel aux chercheurs pour attirer l’attention des usagers sur les risques qu’ils encourent.

M. Georges Mothron, député. – Je suis élu de la seconde couronne. Vous faisiez référence à la relation, dans certains quartiers, entre la tranquillité et la vente de drogue. Or, je le vois chez moi, la tranquillité est souvent synonyme de prosélytisme salafiste. Les services collaborent-ils parfaitement en matière de renseignements, de façon que vous puissiez être aussi bien informés que possible ?

Par ailleurs, quelle est la structure d’âge de la consommation de cannabis, de cocaïne mais aussi d’héroïne ? Y a-t-il des profils particuliers de consommateurs dans les strates socioprofessionnelles ?

M. François Thierry. – Il est vrai qu’en matière de criminalité, Internet va être un des gros enjeux des années à venir.

Pour ce qui concerne les stupéfiants, Internet propose non seulement des graines à la vente mais aussi la méthode pour planter et récolter, ainsi que le matériel. Plus de 400 sites sont accessibles en France. Internet propose également de la vente de produits nouveaux comme le « spice », cannabis de synthèse fabriqué sous forme de spray dont on peut imbiber n’importe quel support à fumer.

Ce produit est interdit mais la molécule, Delta 09, est extrêmement puissante. On manque de recul pour évaluer ses incidences sur la santé publique mais un produit plus fort que le cannabis ne devrait pas être bon pour la santé. De tels produits -méphédrone, kétamine, spice- sont disponibles sur Internet…

Je n’ai pas de solution en matière de contrôle d’Internet : nous sommes pourtant nombreux à être concernés. Nous agissons avec Internet comme pour tous les autres moyens de transport du produit. Nous faisons de la veille et nous allons en faire davantage. Nous visitons ces sites, faisons de l’infiltration, comme pour les autres affaires.

Nous réalisons aussi des livraisons surveillées. Leur nombre a plus que doublé en un an. Ce mode d’action auquel nous croyons beaucoup consiste à laisser passer le produit pour interpeller son destinataire et éventuellement son fournisseur. Nous essayons de ne pas couper un chaînon du transport pour voir où va le produit et qui est derrière, en accord avec les magistrats. Tout cela est très rôdé, même en Europe.

C’est plus difficile avec certains pays, plus concernés que d’autres : appeler les Pays-Bas pour les informer que nous réalisons une livraison surveillée de 800 g de spice ne les intéresse pas vraiment : ils ont 2.000 demandes par semaine ! Nous essayons toutefois de motiver nos correspondants et de privilégier ces modes d’action classiques qui donnent de très bons résultats.

On ne fera pas de miracle avec Internet dans le domaine des stupéfiants. Le problème est ici identique à celui que posent la pédopornographie, le terrorisme, les financements occultes, etc. Internet sert à tout cela, comme il sert à plein de choses.

Pourquoi n’existe-t-il pas un discours plus vigoureux à propos des dangers de la cocaïne ? Les usagers qui ont une vie sociale développée, des relations familiales normales, qui font usage de cocaïne à titre ponctuel ou régulier, soit pour travailler mieux soit dans le cadre de fêtes et qui m’expliquent qu’ils hésitent à absorber un yaourt périmé depuis une journée ou deux me font toujours sourire : il y a en effet dans la cocaïne au minimum seize produits chimiques différents, voire plus, sans compter les coupages. Les feuilles de cocaïne trempent d’abord dans un bain de kérosène afin de les transformer en pâte que l’on fait réagir avec de l’acide sulfurique, puis chlorhydrique. C’est cette substance que l’on s’introduit dans le nez, alors qu’on hésite par ailleurs à manger un yaourt périmé ou que l’on recherche du bio sous prétexte que c’est meilleur !

La cocaïne souffre encore d’un important déficit d’information des consommateurs. C’est un produit encore à la mode qui a été fort bien lancé commercialement par ceux qui en vendent. Il jouit encore d’une certaine faveur dans la « jet set » ou dans une certaine classe sociale et ce ne sont pas les confessions publiques d’animateurs de la télévision qui y changeront quelque chose…

Une alerte est effectivement nécessaire en matière de santé publique mais ce n’est pas à moi de la lancer, certains s’en occupent d’ailleurs très bien. On sait qu’il existe un chiffre noir des décès par overdose de cocaïne et que certaines personnes développent des troubles mentaux sévères mais aussi bien d’autres pathologies. Nous sommes persuadés qu’un certain nombre d’infarctus, de ruptures d’anévrisme, etc., sont dus à la consommation de ce produit sans ce soit détecté. Il reste donc de gros progrès à faire dans ce domaine.

Pour ce qui est de l’héroïne, les deux ans de stock concernent le produit tel qu’il arrive en Europe, avant la plus grosse partie des coupages. L’héroïne est fréquemment coupée avec du plâtre, de la farine, de la colle, du sucre, du talc, de la brique et avec énormément d’anesthésiants vétérinaires qui renforcent son effet. L’usager a l’impression que le produit est bon parce qu’il a un effet puissant ; en réalité, c’est surtout l’anesthésiant vétérinaire ajouté qui produit l’effet.

Concernant la méthadone et le Subutex, peu de cas de trafics sont recensés. On sait qu’il existe un détournement -depuis le vol d’ordonnance jusqu’à la revente dans la rue- et de la contrefaçon mais il n’y a pas de dossier d’envergure, en France. Cela ne veut pas dire qu’il n’y en aura pas.

Les cas ponctuels sont en général gérés par les services territorialement compétents. Pour le moment, on n’a pas perçu l’émergeante d’un phénomène préoccupant, même si la Suède nous alertés plusieurs fois à propos de Subutex venant de France vendu en fraude dans ce pays. On a trouvé la source et déféré l’auteur mais il ne s’agissait pas de grosses quantités.

Concernant les avoirs criminels et la cohésion européenne dans ce domaine, tout le monde a très bien compris l’intérêt que cela pouvait représenter en période de budget contraint. Outre la recherche d’efficacité, nous avons aussi la volonté d’essayer de coûter le moins cher possible à l’État. C’est pourquoi nous tentons de récupérer le plus d’argent possible.

Cela fait l’objet d’un atelier européen géré par Europol qui pousse les pays en retard à adopter des législations permettant le versement des avoirs criminels dans le budget des États. La Grande-Bretagne est extrêmement motrice sur le sujet, la France également. Des progrès restent à accomplir mais nous avons largement compensé notre retard. Nous croyons beaucoup aux perspectives d’évolution dans ce domaine. J’ai évoqué le Maroc ; nous avons également d’autres pistes avec l’Afrique ou la Turquie. Ce n’est qu’un début mais on arrive à remonter la trace de certains patrimoines alors qu’auparavant, on n’osait même pas poser la question ! Cela va donc dans le bon sens.

Quel est le rapport entre ce qui est saisi et ce qui passe ? Nous saisissons de manière certaine entre un cinquième et un quart de ce qui entre. Cela varie selon les produits, le moment et la typologie du trafic sur lequel on travaille. Un trafiquant, pour commercialiser un kilo, doit envoyer 1,5 à 2 kilos, voire plus. Les saisies ont donc d’un impact réel sur le trafic.

Elles font partie des préoccupations majeures des trafiquants, qui sont obligés de changer leurs routes et d’adopter des stratégies plus onéreuses. C’est ainsi que la cocaïne voyage de moins en moins sous sa forme finie. Traditionnellement, la cocaïne peut voyager en pain d’un kilo ; aujourd’hui, elle est déstructurée et mélangée à d’autres supports dans un laboratoire du pays de départ. Il s’agit de lui donner une forme différente pour la rendre moins détectable et plus facilement dissimulable et stockable à l’arrivée. Ceci nécessite, outre le laboratoire du pays de départ, d’en avoir un dans le pays d’arrivée pour retransformer la cocaïne et la rendre à nouveau compatible avec une commercialisation directe.

Ces deux laboratoires sont pour les trafiquants des outils extrêmement compliqués à mettre en place : il leur faut des gens compétents, ils risquent de se faire escroquer par leurs associés qui sont, avec nous, leur principal problème. Nous y voyons une forme de succès, même si cela n’a pas tari le trafic.

Quant aux faux médicaments, nous ne sommes pas saisis de ce sujet.

Concernant les quartiers, la collaboration entre services de renseignements est réelle. Elle pourrait s’accroître et s’améliorer, la marge de progression demeurant importante mais nous leur transmettons tout ce que nous identifions. Nous avons moins de retours de leur part, ce qui est normal car nous interpellons plus de 170.000 personnes par an. Notre volant d’activités est forcément supérieur à celui des services qui enquêtent sur les mouvements salafistes.

M. Patrice Calméjane, député. – Que peut-on faire pour vous aider à lutter contre la vente de produits par l’intermédiaire des hubs ?

Par ailleurs, que changeraient pour vous les salles d’injection, si elles étaient institutionnalisées ?

Mme Brigitte Bout, sénatrice. – A combien estimez-vous le nombre de trafiquants qui circulent sans que vous les arrêtiez ?

M. Gilbert Barbier, corapporteur pour le Sénat. – Un best-seller récent a montré comment travaillait l’Office de répression des stupéfiants à Roissy, faisant des révélations dont la véracité reste à confirmer. Que pensez-vous du trafic dans nos aéroports, notamment à Roissy ?

Mme Françoise Branget, corapporteure pour l’Assemblée nationale. – Concernant les trafics, la répression du trafic illicite de stupéfiants s’inscrit dans une politique publique. A-t-elle un impact sur l’offre ? Une politique de prévention plus appuyée, qui pourrait réduire la demande, réduirait-elle l’offre ?

En second lieu, certains proposent d’instaurer des salles d’injection, d’autres la dépénalisation, voire la légalisation de certains produits, comme le cannabis. Que pensez-vous de ces éventuelles évolutions de la loi ?

M. Serge Blisko, coprésident pour l’Assemblée nationale. – Monsieur le Commissaire, de quels changements législatifs auriez-vous besoin dans votre travail ?

M. François Thierry. – Il faut bien sûr travailler sur la demande. On ne peut méconnaître le fait que ces produits auront à terme des conséquences très nocives sur la santé de nos concitoyens si ceux-ci en sont usagers. C’est pourquoi ils sont interdits. Il n’y a pas d’autres justifications. Il faut donc absolument travailler à la réduction de la demande, nous sommes d’accord sur ce sujet.

Les organisations criminelles qui recourent au trafic de stupéfiants ont des stratégies commerciales extrêmement agressives. Les diminutions de la demande sont toujours compensées, comme on le voit aux Pays-Bas, par une relance de la stratégie commerciale de l’organisation qui se sent visée.

Cela ne veut pas dire que l’on ne peut arriver à réduire la demande, mais toute réduction accroît la concurrence entre organisations et développe des stratégies commerciales agressives : tout le monde a vu des reportages sur les « drug runners » qui, aux Pays-Bas, le long des autoroutes, cherchent, les armes à la main, à vendre de force leurs produits !

Il ne s’agit pas de ne rien faire mais il ne faut pas attendre des organisations criminelles qu’elles baissent les bras devant une réduction de la demande. Ce ne sera pas le cas ! Mon propos rejoint un peu la problématique de la dépénalisation, voire de la légalisation. Dépénaliser ou légaliser n’enlèvera rien à la détermination de ces organisations qui, de toutes façons, continueront à s’enrichir par d’autres moyens ou en utilisant les failles de la dépénalisation ou de la légalisation.

Le cannabis n’est pas un produit stable, on l’a vu : si vous autorisez la production d’un cannabis le moins dangereux pour la santé, à 10 % de THC, les organisations criminelles vendront du 30, du 35 ou du 38 %. Ils en vendront aux mineurs si vous en avez interdit la vente aux mineurs ; ils en vendront la nuit si vous avez interdit la vente de nuit !

C’est ce qui se passe aux Pays-Bas, où toutes sortes de commerces sont apparus à côté du commerce légal, ce qui ne résout rien. Vous aurez autorisé un produit de plus, et Dieu sait que l’on a du mal avec ceux qui le sont déjà, comme le tabac et l’alcool. Si on avait pu les interdire, on l’aurait fait. On a aujourd’hui 10 millions d’usagers d’alcool, 12 millions d’usagers de tabac et on essaie, à coup de spots télévisés et d’affiches de toutes sortes, de conseiller aux usagers de moins consommer et de prendre garde à leur santé !

Autoriser un produit de plus ne diminuera pas l’activisme très violent de ces organisations criminelles, ni leur activité. Les Pays-Bas, qui s’étaient engagés dans cette voie, sont en train d’en revenir. Ils subissent des conflits entre bandes rivales qui se battent pour fournir les coffee shops. Les coffee shops sont autorisés à vendre 100 kg d’une provenance fléchée mais en vendent en fait 2 tonnes : 100 kg de la provenance fléchée et, sous le manteau, 1,9 tonne de provenances diverses !

Aux Pays-Bas, 75 à 80 % des gens qui viennent se fournir dans les coffee shops ne sont pas hollandais. Cela a généré des trafics énormes. L’État en récolte certes les fruits, les gens dépensant de l’argent par ailleurs, mais on ne sait plus comment se défaire de ces trafics. Les coffee shops sont fermés les uns après les autres et l’on assiste à des troubles associés colossaux, avec des plaintes du voisinage incessantes.

On va créer selon moi un problème plus compliqué que celui d’origine. Si, demain, la cocaïne connaît le même engouement, va-t-on nous expliquer qu’il faut la dépénaliser et la légaliser ? On va reculer le problème sans avoir un effet réel sur les organisations criminelles. Or, ce sont elles que l’on veut viser, non l’usager. Certes, l’usage reste répréhensible mais l’usager est peu poursuivi pénalement : il est surtout encadré. Quand il est poursuivi pénalement, c’est pour mieux l’inciter à décrocher, non pour lui infliger réellement une peine.

Les législateurs que vous êtes ont pour l’instant souhaité ne pas modifier le droit, les praticiens et la jurisprudence ayant adapté leurs réponses : on ne matraque pas l’usager comme un délinquant ordinaire, on essaye de l’inciter à suivre des canaux de santé publique dans son propre intérêt. C’est fort utile pour l’inciter à décrocher.

Il est important de conserver des infractions qui permettent de toucher les organisations criminelles ; si vous les supprimez, vous privez les services d’enquête d’un moyen d’accès à ces organisations. Il s’agit d’infractions occultes, difficiles à mettre en lumière. La situation peut être très calme dans un quartier alors que celui-ci est aux mains d’une organisation de trafiquants ! Un intérêt de l’incrimination est de contraindre l’usager à nous parler, avant de l’envoyer chez le médecin ou l’assistante sociale.

M. François Pillet, coprésident pour le Sénat. – C’est là votre réponse à la dernière question qui vous a été posée : qu’attendez-vous des politiques ?

M. François Thierry. – Nous attendons du législateur une sécurité juridique. L’arsenal existe déjà. L’Office pour la répression du trafic de stupéfiants existe depuis 1953. Le législateur français a été particulièrement clairvoyant en fixant de grands axes diversifiés de travail : soins, répression…Il a également laissé la coopération européenne se développer.

Le problème réside dans l’insécurité des régimes de garde à vue qui mettent terriblement à mal les procédures. On attend du législateur un signe fort et pérenne sur le sujet, une stabilisation de l’état du droit plutôt que des idées novatrices. L’effort doit porter sur la coordination, l’accompagnement et le développement de la lutte contre les trafics. Il faut continuer à taper au porte-monnaie, à donner des moyens pour lutter contre ces organisations criminelles, qui travaillent comme la maffia italienne il y a vingt ans ou les cartels colombiens et mexicains aujourd’hui. Même si c’est plus impressionnant au Mexique, la méthode de travail est la même. Il faut donc que les outils soient adaptés mais je crois qu’on en dispose déjà largement.

Les « salles de shoot », comme la dépénalisation, ne sont pas selon moi une bonne idée. La logique française a consisté à limiter la demande et à accompagner les personnes tombées dans l’usage incontrôlé de ces produits sur les plans médical et social. Elle a été aussi de les punir lorsque c’est judicieux. Mais la mission de l’État est plus d’accroître l’accompagnement des gens que d’organiser l’usage, qui risque de multiplier les problèmes.

Si vous créez des « salles de shoot », les dealers s’introduiront à l’intérieur : pour eux, ce sera un marché à prendre ! Vous aurez également des problèmes entre usagers : certains vont venir sans ce qui leur est nécessaire et voler les autres. Vous aurez également des vendeurs aux abords des salles de shoot… Vous entrez dans des problèmes sans fin et très difficiles à gérer à moins de poster des policiers dans chaque salle, ce qui est une antinomie totale dont personne ne veut !

Il faudra instaurer une zone où l’usage sera semi-encadré. Je comprends que, pour les professionnels de santé, cela puisse être une solution potentielle mais, à long terme, ce n’en est pas une. Certes, les pays qui se sont lancés dans cette voie depuis 1986 ont pu diminuer le nombre d’infections -et encore- et stabiliser l’usage des seringue mais, pour nous qui luttons contre les organisations criminelles, la problématique est marginale. Nous ne voulons pas voir se reproduire dans ces salles de shoot ce qui se passe déjà dans les hôpitaux français, où il existe, dans chaque service spécialisé, des toxicomanes ravitaillés par des dealers qui démarchent directement certains hôpitaux. Ce sera la même chose ! On croit résoudre le problème par ce biais alors qu’on l’élargit !
M. François Pillet, coprésident pour le Sénat. – Merci.
M. François Thierry. – Je reste à votre disposition. L’une de mes missions prioritaires est de vous informer.

FRANCE: quant aux méthodes des régaliennes pour lutter contre le trafic de drogue

LCPNS55

Les invités d’Arnaud Ardoin – LCP

Emmanuel Fansten, journaliste à Libération, auteur de l’enquête – Dominique Perben, ancien Garde des sceaux et aujourd’hui avocat – Gilbert Collard, avocat, député RBM-FN du Gard et Secrétaire Général du Rassemblement Bleu Marine, auteur du livre  » Les dérives judiciaires : et si ça vous arrivait ?  » Paru aux Editions Eyrolles  – Marc Fievet, aviseur de la douane française, inscrit sous le matricule  » NS 55 DNRED « , auteur des livres  » Infiltré au coeur de la mafia  » paru aux Editions Hugo Doc, et  » Gibraltar « , paru aux Editions Michel Lafon.

http://www.lcp.fr/emissions/ca-vous-regarde
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Le narcotrafic, et tout ce qui en découle, ne semble pas être pris au sérieux par nos décideurs politiques qui continuent à laisser les régaliennes affectées à cette tâche, et ses différentes hiérarchies, faire « joujou » avec les moyens mis à leurs dispositions pour surtout dérouler des plans de carrière qui trop souvent vont privilégier des réussites personnelles à l’atteinte de résultats probants dans la lutte contre la drogue.
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« La lutte contre le trafic de stups a pris 10 ans de retard en une journée, à cause d’une guerre des chefs de service entre les douanes et l’Office« , résume un policier de terrain (INFO RMC).

L’OCRTIS et les « opérations Myrmidons » avec ses derniers exploits de se constituer en super protecteur de narcotrafiquants pour permettre de transmettre des fiches de renseignements aux services de police judiciaires et à des pays étrangers comme l’Espagne, l’Angleterre voire le Maroc.
La DNRED (Douane française) avec ses « saisies spectaculaires » pour lesquelles on assistera au déplacement totalement surréaliste du président Hollande accompagné de son fidèle Sapin et en l’absence de Jean Paul Garcia, le patron de la DNRED.
Les stups du « 36 » avec ses casseroles.
La Douane française et ses services « Cyberdouane » ( DARKNET: cocaïne, shit et armes en deux clics…Que fait la cyberdouane? ) et « CELTIC » ( Douane française: la CELTIC (cellule d’études et de lutte contre les trafics illicites par conteneurs ), la Gendarmerie, les Policiers municipaux, le TRACFIN et les Services Spéciaux…
Tous ces services s’emploient à nous expliquer chaque jour par des communicants performants qu’ils sont les meilleurs et que d’exploits en exploits ils nous protégeraient de ce fléau, alors qu’il n’en est rien.

Nos frontières sont de véritables passoires et la progression des saisies dans l’hexagone, territoire de consommation et de transit, n’est due qu’à l’augmentation de la demande et donc du business généré!

Comment ne pas être inquiet lorsque l’on apprend la saisie, par hasard, de  270 kilos d’héroïne pure dans un camion iranien qui est arrivé sans avoir été contrôlé à Flixecourt dans la Somme (FRANCE (Camion iranien): à Flixecourt(80), suite à la saisie de 260 kg d’héroïne, le patron d’  »Immo Ouest » est bouleversé !) , comme cette saisie par hasard (FRANCE (narcotrafic maritime): 230 kilos de cocaïne trouvés dans un conteneur de verre pour Saint-Gobain, pas contrôlé par la CELTIC) ces derniers jours.

Les alertes au ministre Christian Eckert (DROGUE (Douane française): lettre ouverte à Monsieur Christian Eckert, ministre du Budget) comme à la directrice générale de la Douane, Madame Hélène Crocquevieille (FRANCE (Douane française): lettre ouverte à madame Hélène Crocquevieille, directrice générale.) n’ont pas réussi à provoquer la moindre réaction à ce jour et les dernières décisions du ministre de l’intérieur comme la mise en place d’une section « anti-mules » en Guyane avec promesse de doublement des effectifs affectés à la lutte contre le narcotrafic ne sont pas à la hauteur des besoins ( OCRTIS (Guyane): vers la création d’une antenne de lutte contre les mules…).
Affecter une quinzaine de fonctionnaires pour tenter de limiter le transport de drogue via les « mules » ne sera qu’une énième « ligne Maginot » que les narcotrafiquants contourneront sans aucun problème.
Nos régaliennes continuent à se concurrencer, quand ce n’est pas à se tirer dans les pattes, au mépris de l’efficacité pour avant tout se faire mousser!

Comment ne pas être inquiet de cette non évolution dans les moyens mis en œuvre par nos décideurs qui de « machin » en « machin » ne savent plus que faire pour essayer encore de berner l’opinion publique sur la soit disant efficacité de nos services.
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OCRTIS (Guyane): vers la création d’une antenne de lutte contre les mules…

imageLe ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, annoncera aujourd’hui l’installation d’une cellule de 15 à 20 enquêteurs dédiés à la lutte contre les mules à Cayenne.
L’annonce du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, à l’Assemblée nationale, de renforcer les moyens alloués à la lutte contre le trafic de stupéfiants en Guyane sera confirmée aujourd’hui. À Paris, il sera annoncé l’installation d’une antenne de l’Office central pour la répression du trafic international de stupéfiants (Ocrtis) en Guyane. Cette antenne permettra de centraliser toutes les enquêtes liées aux stupéfiants.
Depuis le début de l’année, plus de 200 mules (cocaïne in corpore ou dans la valise) ont été interpellées en Guyane.

L’antenne de l’Ocrtis comptera entre 15 et 20 fonctionnaires.

Lire:

http://www.franceguyane.fr/actualite/faitsdivers/vers-la-creation-d-une-antenne-de-lutte-contre-les-mules-300383.php

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SANTO DOMINGO (Air Cocaïne): verdict aujourd’hui pour Pisapia

imageLe Français Nicolas Pisapia, condamné en République dominicaine à 20 ans de prison pour trafic de drogue dans le cadre de l’affaire dite « Air Cocaïne », connaîtra aujourd’hui son verdict en appel, a-t-on appris auprès de son avocat.

Le verdict devrait être prononcé vers 18 heures (en France).

Lire:
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/06/28/97001-20160628FILWWW00025-air-cocaine-pisapia-fixe-mardi-sur-son-verdict.php

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NARCOTRAFIC: les transports de la drogue

par Gérard Feldzer
samedi 25 juin 2016
écouter l’émission disponible jusqu’au 21/03/2019

Saisie record douanes françaises

© douanes françaises
Demain 26 juin, a lieu la journée Internationale contre l’abus et le trafic de drogues, sous l’égide des Nations Unies. Et qui dit trafic dit évidemment transport.

Au-delà de la santé les réseaux financent entre autres des conflits armés.

Pour Danièle Jourdain Menninger, Présidente de la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues, et aux conduites addictives, les saisies sont impressionnantes mais l’imagination des trafiquants est sans limite et surtout leur absence de scrupules lorsqu’ils mettent en danger les mules.

Les mules sont des passeurs à qui les trafiquants font avaler des capsules de cocaïne censées être rejetées dans les selles, mais le risque est énorme. On a d’ailleurs déploré une passeuse martiniquaise victime d’une overdose suite à la rupture d’une des capsules.

Ecouter l’Interview complète de Danièle Jourdain-Meninger

Clément Vives, commissaire, chef de la Mission Anti-drogue à la Police Nationale, nous explique que les coopérations internationales sont essentielles, et que les moyens doivent être à la hauteur de ceux des trafiquants.

Ecouter l’Interview complète de Clément VIVES

J’ai moi-même été témoin, lorsque j’étais pilote de ligne sur un retour de Bogota -un vol de 10 heures- d’un passager qui se sentait mal, à l’arrivée. Il a avoué aux douaniers qu’il était accompagné par une dizaine d’autres mules.
Pour Nicolas Chiellino, chef du ciblage, du contrôle et de la contrebande aux douanes au sein de l’INRED, les trafiquants sont sans scrupule. Certains même n’hésitent pas à installer des implants mammaires à de pauvres femmes qui acceptent souvent sous la contrainte.

Ecouter l’Interview complète de Nicolas Chiellino

Pour les grosses quantités, c’est surtout le transport maritime qui est utilisé. Grâce à des complicités achetées dans les ports, la drogue est glissée dans des containers à l’insu des transporteurs ; on a ainsi démantelé récemment au Havre toute une organisation.

Mais il y a également des cargos qui sont concernés par le problème, et là il faut faire vite, car on ne peut pas bloquer indéfiniment un bateau de commerce.
Nicolas Chiellino nous explique  qu’il faut connaitre toutes les planques possibles. Des formations permanentes sont prodiguées à l’École des Douanes.

Les « Go Fast », bateaux capables d’atteindre 100 km/h, sont très utilisés pour acheminer le cannabis depuis le Maroc, le principal fournisseur de l’Europe. Les go fast routiers sont de grosses cylindrées qui roulent en convoi à plus de 200 kms/h, quitte à forcer les barrages.

Il faut beaucoup de moyens aux services des douanes, de police et de gendarmerie, Clément VIVES nous explique qu’il existe un « fond drogue » alimenté par l’argent confisqué ou saisi aux trafiquants ! On estime le marché de la drogue en France à plus de 2 milliards d’euros.

Devant de tels enjeux financiers, et de criminalité, on peut se poser la question de dépénaliser et règlementer un certain type de drogue.

Eric Piol, le maire de Grenoble, demande une véritable réflexion « dépassionnée » qui puisse à la fois éviter les dommages collatéraux (nuisances, sécurité des quartiers, financements illicites, achats d’armes,…) et en même temps qui puisse contenir, prévenir les consommations. L’expérience de la prohibition de l’alcool aux États-Unis, n’avait pas fait baisser les consommations, mais avait augmenté la criminalité.

Les services tentent d’assécher un océan avec une cuillère (Eric Piol).

Ecouter l’Interview complète d’Eric Piol

La réponse de Nicolas Chiellino est que cela ne résout pas le problème de la production, et des pays producteurs qui ne veulent pas lâcher une telle manne financière. Sans compter les paradis fiscaux qui alimentent le blanchiment par le secret bancaire.

Une fois de plus la finance prend le pas sur la moralité et la santé des citoyens.  

Ma séquence insolite de cette semaine concerne les « narco sous marins » et « narco torpilles ».
Face à la surveillance maritime et aérienne américaine, les trafiquants colombiens n’hésitent à construire des sous-marins ou semi-submersibles, capables d’emporter en toute discrétion 10 tonnes de cocaïne.

On a même découvert dans un chantier en Amazonie un sous-marin en construction pouvant emporter dix fois plus. Le coût de ce type de submersible est évalué à 2 millions de dollars pour une marchandise transportée qui en vaut 20 fois plus. Donc un seul voyage suffit, il est coulé à l’arrivé !

Et dernièrement ces trafiquants ont conçu des torpilles qui restent sous l’eau, tirées par de simples bateaux de pêche. S’ils se font repérer, ils larguent la torpille et placent une bouée émettrice d’un signal pour la récupérer plus tard. De la « narco technologie » en quelque sorte.

Mon coup de cœur est cette semaine pour la race canine
Côté face, il y a les trafiquants qui utilisent des chiens comme mules si j’ose dire, il leur font  avaler des capsules de drogues et les dépècent à l’arrivée. L’horreur absolue. Mais côté pile il y a ces chiens renifleurs, j’ai rencontré dans un salon spécialisé Stéphanie, maitre-chien au service des douanes.

Ecouter l’Interview complète de Stéphanie, maître-chien

Les douaniers, on le sait, ont du flair dans tous les sens du terme, mais la criminalité liée aux drogues et aux blanchiments a encore de beaux jours devant elle.

http://www.franceinfo.fr/emission/transportez-moi/2015-2016/les-transports-de-la-drogue-25-06-2016-13-59

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FRANCE (Air cocaïne): l’organisateur présumé écroué en France

L’organisateur présumé des importations de stupéfiants dans le dossier Air Cocaïne, le Lyonnais Ali Bouchareb a été remis à la France par les autorités espagnoles, « il y a une quinzaine de jours », et écroué apprend-on aujourd’hui de source judiciaire.

Arrivé par l’aéroport de Roissy, il avait aussitôt été conduit dans le bureau de la juge marseillaise Christine Saunier-Ruellan qui instruit le dossier Air Cocaïne depuis mars 2013. Ali Bouchareb, 44 ans, a été mis en examen notamment pour importation de stupéfiants en bande organisée et placé en détention provisoire.
Lire:

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/06/24/97001-20160624FILWWW00347-air-cocaine-l-organisateur-presume-ecroue-en-france.php

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DRUGS: how the military benefits from Myanmar’s growing opium economy

Myanmar’s military government has, since the late 1980s, used the drug economy as a means to finance its own state-building objectives, rather than launch sustained efforts to dismantle it.


A soldier from the Ta-ang National Liberation Army, one of the ethnic rebel groups, burning a pile of seized drugs in Homain village, Nansam Township, Northern Shan State, Myanmar. (Photo: AAP).14 June 2016
Author:
Patrick Meehan recently completed his PhD in the Department of Development Studies at the School of Oriental and African Studies (SOAS), University of London.
For the past 10 years drug production in Myanmar has been on the rise. The amount of land used to grow poppy — from which the opium sap used to make heroin is derived — has more than doubled since 2006. According to the UN, Myanmar now accounts for more than 25 per cent of the global area under illegal poppy cultivation, making the country the second largest producer of illegal opium in the world after Afghanistan.carte birmanie-The vast majority of opium is produced by poor farmers in highland areas of Shan State close to the country’s borders with China, Thailand and Laos, which have been affected by decades of conflict between ethnic armed groups and the central government. In 2012, studies conducted by local researchers recorded opium cultivation in 49 out of Shan State’s 55 townships involving more than 200,000 households.Drugs play an ambiguous role in Myanmar’s borderlands. Drug abuse has taken far more lives than armed conflict in many communities over the past decade and the growing heroin epidemic across parts of Shan and neighbouring Kachin State is one of the main drivers of HIV/AIDS in Myanmar.

 

READ MORE: http://www.eastasiaforum.org/2016/06/14/how-the-military-benefits-from-myanmars-growing-opium-economy/

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OCRTIS France: le Commissaire Vincent Le Beguec va-t-il faire évoluer les méthodes de travail de l’Office Central de la Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants ?

OCRTIS1 FRANCE (OCTRIS année 1989): un grand cru pour Mario Le Corff

ET

Pour mémoire,

les drôles dessous d’une grosse saisie de cocaïne réalisée par l’OCRTIS

Mercredi, 4 Mai, 1994
L’Humanité

Le procès qui s’est ouvert hier à Grasse n’aurait été que celui de trafiquants pris dans le filet des stups si un commissaire suisse n’y était allé de quelques confidences explosives.

De notre envoyé spécial à Grasse

Le procès qui s’est ouvert hier à Grasse (Alpes-Maritimes) pourrait avoir d’importantes répercussions. Tout démarre en février 1992 dans le département avec l’arrestation de plusieurs trafiquants de drogue. Ce jour-là, dans la petite ville de Cagnes-sur-Mer, des inspecteurs de l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCTRIS) interceptent Vittorio Ceretta, un Calabrais de cinquante-deux ans, en train de remettre 63 kilos de cocaïne au conducteur d’un semi-remorque, Rosario Dioguardi, chargé de passer la frontière franco-italienne avec la marchandise.

Trois mois plus tard, nouveau coup de filet. 53 kilos de coke sont saisis et quatre autres personnes sont interpellées. Un couple d’Espagnols, Manuel et Manuella Munoz, ainsi que Drissia Bonacina et son époux suisse, Sergio Bonacina. Du beau travail donc, réalisé par les policiers français en relation avec leurs homologues brésiliens.

Tout irait pour le mieux et les autorités pourraient assurer que la répression du trafic porte ses fruits si Fausto Cattaneo, policier et suisse, commissaire de surcroît, ne dénonçait, dans un rapport en date du 27 novembre 1992 et adressé au Conseil d’Etat du canton du Tessin et au ministère public de la Confédération, les dessous de l’opération. A la lecture de ce volumineux rapport, on se dit effectivement que tout cela n’est pas bien propre.

Qu’écrit Cattaneo? Tout d’abord que la prise de cocaïne effectuée sur la Côte d’Azur est la ramification d’un trafic beaucoup plus important que le policier surnomme Mato Grosso, du nom de l’Etat brésilien dans lequel se fabrique une partie des produits acheminés par une filière colombienne. Le commissaire explique comment il a infiltré le réseau, parle de son travail avec les indics et les multiples problèmes qui ont surgi. Il raconte son contact avec un industriel brésilien lié à l’ex-président Collor et à Roméo Tuma, chef de la police, accusé de corruption et disposant de comptes bancaires à Genève «gérés, entre autres, par un fonctionnaire de la police genevoise».

Mais Cattaneo ne s’arrête pas là. Il dénonce également l’attitude et le rôle des services français – notamment d’un commissaire des stups parisien – accusés de l’avoir écarté de l’opération Mato Grosso: «Les services français et les indicateurs, ainsi que les éléments de la police fédérale brésilienne (…) se sont introduits entre fournisseurs et acheteurs en remplaçant les vrais trafiquants à l’origine du flux de drogue», écrit-il.

Et un peu plus loin, à propos de la cocaïne saisie près de Nice, on peut lire: «La drogue ne provenait pas des cartels colombiens ou des raffineries du Mato Grosso mais a été mise à disposition par la police brésilienne.» Les indicateurs ayant remis la cargaison avec l’accord des services français et brésiliens «ont encaissé environ 800.000 dollars qu’ils se sont partagés avec les fonctionnaires de police».

Le procès de Grasse, interrompu en milieu de matinée, après l’audition de trois témoins, pour cause d’enterrement du bâtonnier, ne pourra éviter de traiter des méthodes pour le moins surprenantes des enquêteurs. L’OCTRIS jure que ces pratiques lui sont étrangères, alors que deux des principaux accusés assurent que les indics ont été volontairement laissés en liberté. Il reste que le commissaire Cattaneo était absent et qu’il risque de le rester jusqu’à la fin du procès, prévue pour jeudi soir.

http://www.humanite.fr/node/78968

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Cent kilos de coke qui pèsent lourd

Jeudi, 5 Mai, 1994
L’Humanité

AU procès des trafiquants de cocaïne, à Grasse, c’était hier l’audition de Sergio Bonacina, considéré comme le chef du groupe appréhendé en deux temps dans la région niçoise, le 24 février et le 29 mai 1992, ainsi que 100 kilos de cocaïne. Sergio ne manque pas d’aplomb: «Les accusations de trafiquants portées contre moi viennent de la fantaisie de M. Cattaneo». Fausto Cattaneo est un commissaire suisse, auteur d’un rapport mettant en cause l’attitude des services français dans cette affaire, reliée selon lui à un trafic beaucoup plus important surnommé «Mato Grosso» et portant sur cinq tonnes de «coke».

Mais Cattaneo n’a pas été autorisé par sa hiérarchie à se présenter à la barre des témoins «pour des raisons de sécurité». Bonacina, de son côté, reconnaît s’être livré au Maroc au «trafic de stupéfiants mais, après ça, finito, basta!». Il avoue, en revanche, être un consommateur occasionnel de poudre blanche. Le président Acquaviva semble amusé par ses déclarations: «Vous avez pourtant une certaine stature dans les activités illicites.» L’homme nie tout. Il prétend être «un homme sous l’influence de sa femme». Mais cette dernière, présente dans le box des accusés, dit le contraire, se bornant à répéter que son mari en savait long sur toute l’opération et sur les contacts avec deux Sud-Américains, pourvoyeurs de drogue.

De ces deux Sud-Américains, il en fut longuement question lors de l’audition de Mario Le Corff, commissaire principal à l’Office central des stupéfiants. Ce dernier affirme que les prises effectuées en 1992 sur la Côte d’Azur n’ont rien à voir avec l’affaire «Mato Grosso». Pour lui, «le rapport Cattaneo relève de la mégalomanie». Tout s’est passé légalement, dans le cadre d’une livraison surveillée, c’est-à-dire sous haute surveillance policière, jusqu’à l’interpellation. Dans le cadre de l’enquête, plusieurs personnes étaient suivies. «Puis sont apparus des individus non identifiés que nous avons considérés comme étant sud-américains», dit le policier français. Malheureusement, ils ne seront jamais appréhendés, ce qui déclenchait de la part de la défense une vive polémique. Me Baudoux laisse entendre que les Sud-Américains travaillaient pour les policiers. Après deux jours de débats, le flou continue de régner dans ce procès. La seule certitude que l’on ait est que la Mafia est solidement implantée dans le sud de la France, région devenue privilégiée pour les trafics en tout genre entre l’Hexagone et l’Italie.

http://www.humanite.fr/node/79083

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Des trafics et une enquête qui intrigue

Samedi, 7 Mai, 1994
L’Humanité

Le procureur a requis des peines de douze à dix-huit ans de prison pour achat, importation et tentative d’écoulement de 117 kilos de cocaïne. La défense invoque un coup monté par les policiers français.

De notre correspondant régional.

ETRANGE procès en vérité que celui qui vient de se tenir dans les locaux du tribunal de Grasse, et dont le verdict a été mis en délibéré jeudi soir. Les personnes jugées l’étaient, selon l’acte d’accusation, pour achat, importation et tentative d’écoulement de stupéfiants. Le trafic portait sur 117 kilos de cocaïne. La France, et plus particulièrement la Côte d’Azur, n’étant qu’un lieu de transit avant l’acheminement vers l’Italie.

Des faits assez graves pour que le procureur de la République, Jean-Luc Cabaussel, requière des peines allant de douze à dix-huit ans d’emprisonnement, avec ce petit commentaire qui résume bien l’atmosphère: «Je suis toujours très satisfait de requérir face à des malfrats.»

Une phrase qui n’était pas gratuite. Depuis l’ouverture des débats, quelque chose semblait gripper la machine judiciaire. Plus exactement, un rapport établi par un commissaire suisse, Fausto Cattaneo, en partie corroboré par le numéro deux de la section antidrogue de l’office du procureur de la Confédération helvétique, Jacques-André Kaeslin.

Les deux hommes, dans deux notes séparées et officielles, soulignent les pratiques des services français et plus particulièrement de l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCTRIS). Des révélations de taille comme celle lue par le procureur lui-même, à propos de la drogue saisie, qui «proviendrait des stocks de Marco Cavallero, numéro deux de la police fédérale des stupéfiants du Brésil, et aurait été importée, livrée et vendue par des informateurs».

Le procureur n’a pas soutenu la demande de supplément d’informations exigée par les avocats de la défense. «Ce serait énorme», dit-il: «Ce rapport, c’est un jet d’encre craché par un mollusque marin avant qu’il ne tombe dans l’épuisette.»

Que les accusés ne soient pas des enfants de choeur, ou plutôt de «Marie», selon les termes d’un défenseur, personne ne semblait le nier, sauf peut-être ceux qui attendent de connaître leur sort.

Selon Interpol, deux d’entre eux, Vittorio Ceretta et Stefano Fasanotti, seraient membres de la N’Dranghetta calabraise et un troisième larron, Renato Macri, appartiendrait à une organisation mafieuse dans le Piémont. Sergio Bonacina n’est pas non plus un inconnu pour les stups de différents pays et son épouse Drissia vivait auparavant avec un «mauvais garçon» en cheville avec des trafiquants basés en Amérique latine.

Mais l’audition de plusieurs policiers en qualité de témoins et notamment de Mario Le Corff, commissaire principal à l’Office central des stupéfiants, devait jeter le trouble.

A l’écoute de ces fonctionnaires, on avait une sensation de non-dit. Comme si certaines pratiques n’avaient pas à être évoquées. Comme si, la fin justifiant les moyens, seules importaient les «prises» record de drogue. Qui étaient les Sud-Américains, fournisseurs repérés dans cette affaire, jamais arrêtés ni photographiés de face contrairement aux autres protagonistes?

Je ne sais pas, répondait Le Corff, qui répétait devant le tribunal que dans cette procédure, aucun indicateur n’avait été utilisé. Mais selon Fausto Cattaneo (absent à l’audience), il s’agirait d’informateurs et il donne leurs noms. Mais le procureur, une fois de plus, s’est refusé à en tenir compte, ne serait-ce que pour que la lumière soit faite. «Ce rapport ne vient pas du ciel mais de l’enfer dans lequel se morfond Fausto Cattaneo.»

Les défenseurs avaient alors beau jeu de demander dans leurs plaidoiries si «l’efficacité de la répression permet tout», si la justice «allait servir le droit ou la pyromanie policière» ou encore de dénoncer «le mur de l’Etat policier».

Au mois de février déjà, à Marseille, dans un procès portant sur une saisie de 5 tonnes de hasch, les avocats des prévenus avaient invoqué un coup monté par l’OCTRIS… Ni la justice ni la police n’auraient à gagner à couvrir de tels agissements. Car si quelques «mules» tombent grâce à ces stratagèmes, ils n’ont pas d’effet sur les cartels qui continuent de proliférer tandis que les narcodollars pénètrent toujours plus l’économie mondiale.

C’est dire si le verdict du tribunal de Grasse, prévu pour le 24 mai, est attendu. Avec crainte ou espoir, c’est selon…

http://www.humanite.fr/node/79247

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UNDERCOVER: Robert Mazur, alias Bob Musella, a infiltré pendant 18 mois le cartel de Medellín au temps de Pablo Escobar

J'ai infiltré pendant 18 mois le cartel de Medellín au temps de Pablo EscobarLe cartel de Medellín utilisait les moyens aériens afin de créer et d’acheminer la cocaïne aux États-Unis et y développer un marché de la drogue. (Robert Mazur)

Robert Mazur, alias Bob Musella, a blanchi l’argent du cartel colombien tout en enquêtant pour l’IRS. Il raconte son histoire incroyable.

En partenariat avec « Ulyces ».

Les propos ayant servi à réaliser cette histoire ont été recueillis par Arthur Scheuer au cours d’un entretien avec Robert Mazur. Les mots qui suivent sont les siens.

Je viens d’une famille italo-américaine pauvre, et nous vivions dans un quartier pauvre de Staten Island, à New York. Le premier appartement dans lequel j’ai habité comportait trois chambres. Quatre familles y logeaient : mes grands-parents, les deux sœurs de ma mère, moi, mon frère, mon père et ma mère.

Mes parents travaillaient très dur, mon père cumulait deux ou trois emplois à la fois. Ils désiraient plus que tout aider leurs enfants à avoir une meilleure vie que la leur. Déjà à l’époque, leur objectif était de nous tenir éloignés de la mauvaise graine du quartier dont j’ai plus tard, en tant qu’agent infiltré, prétendu faire partie. Ils tenaient à faire de mon frère et moi les premiers membres de la famille à entrer à l’université. C’est arrivé.

IRS_logo_blue_PDNos économies étaient maigres quand j’ai fait mes premiers pas à la fac, et j’avais besoin d’un job pour payer mes livres. J’ai décroché un entretien par l’intermédiaire de l’université me permettant de devenir ce qu’ils appelaient un étudiant « coopté » au sein d’une organisation. Il s’agissait d’une unité spéciale de l’IRS (https://fr.wikipedia.org/wiki/Internal_Revenue_Service).

À l’époque, on l’appelait la « division du renseignement », c’est elle qui s’était chargée de monter le procès d’Al Capone.

Suivre le cash

flucasUne fois engagé, je travaillais deux jours par semaine, le week-end et l’été. Mon rôle se limitait à porter les valises des gars, je n’ai rien fait de très important et je n’ai traité aucun dossier. Je faisais des photocopies, de la retranscription d’entretiens, je n’étais pas sur le terrain. Un des dossiers les plus importants concernait Frank Lucas, le plus gros trafiquant d’héroïne de Manhattan (photo de droite) (plus sur: http://users.skynet.be/dosscrim/franklucas/index.html). Nous étions chargés de poursuivre la banque au sein de laquelle il blanchissait de l’argent. Ironie du sort, son nom était la Chemical Bank, la « banque chimique ».

LIRE sur:

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160603.OBS1849/j-ai-infiltre-pendant-18-mois-le-cartel-de-medellin-au-temps-de-pablo-escobar.html

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AFRIQUE: base de transit, de transformation et maintenant, de production de stupéfiants


Depuis peu, l’Afrique de l’Ouest est devenue la plaque tournante du trafic international de drogue. Cette enquête fait la lumière sur ces réseaux et leurs répercussions politiques et sociales dévastatrices.
➜ Ces dix dernières années, le trafic international de drogue a connu un développement fulgurant en Afrique de l’Ouest, au point de faire de la région l’une des principales plaques tournantes pour les narcotrafiquants internationaux. Depuis l’Amérique latine, région productrice, entre 60 et 250 tonnes de cocaïne transitent chaque année par la Guinée-Bissau, le Mali, le Sénégal ou le Cap-Vert avant d’inonder l’Europe, premier marché consommateur. Un trafic extrêmement lucratif, qui générerait plus de 400 milliards de dollars par an. Face à cette tendance, l’un des bureaux régionaux de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime s’est installé à Dakar, haut lieu du narcotrafic.

Immobilisme

Mais le combat reste très inégal, d’autant que la drogue profite quelquefois à ceux qui tiennent les rênes du pouvoir. C’est le cas en Guinée-Bissau, où plusieurs hauts gradés de l’armée sont même impliqués dans des meurtres politiques, ou dans le nord du Mali, où les mouvements séparatistes et islamistes collaborent avec les trafiquants pour financer leur achat d’armes. Outre la violence et l’exacerbation des écarts de richesse, cette situation a fait exploser la toxicomanie dans des régions aux infrastructures quasi inexistantes. Comment les autorités nationales et internationales entendent-elles lutter contre cette mafia mondialisée, qui tire profit du défaut de démocratie, du manque de moyens et de l’instabilité politique des pays d’Afrique occidentale ? Entre Bissau, Dakar et Bamako, cette enquête de terrain interroge les acteurs de la lutte contre le narcotrafic – membres de rares brigades anti-drogue, magistrats et journalistes d’investigation -, montrant combien l’immobilisme et le manque de volonté politique encouragent ce fléau.

➜ L’organe international de contrôle des stupéfiants présente son rapport pour l’année 2015. Une donnée connue de longue date se confirme : l’Afrique est bel et bien une porte d’entrée, une zone de transit pour tous types de drogues qui sont ensuite acheminées vers les Etats-Unis, l’Europe et l’Asie. Fait nouveau, le continent devient aussi une zone de fabrication de drogues de synthèses.

Cocaïne à l’Ouest, héroïne à l’Est, drogues de synthèse et marijuana partout. Le continent africain est toujours une porte d’entrée pour tous types de drogues. « Le trafic de cocaïne demeure une préoccupation majeure », pointe le rapport. La Guinée-Bissau, la Gambie ou encore le nord du Mali sont des zones d’arrivées et de transit connues, mais, signe que ce dossier est ultrasensible, aucun de ces pays n’est cité dans le rapport. Seul le Cap-Vert est présenté comme une plaque tournante du trafic de cocaïne, une demi-tonne a été saisie.

Dans ce rapport, aucun lien n’est établi entre les cartels d’Amérique latine et les groupes jihadistes présents en Afrique de l’ouest. De plus, il ne donne aucun détail sur l’argent généré par ce trafic.

Changement de méthode

Les trafiquants d’Amérique latine ont changé de méthode. Moins de grosses cargaisons, c’est via des colis plus petits que la cocaïne est acheminée en Afrique, notamment de l’Ouest. La multiplication des vols commerciaux depuis le Brésil explique en partie cette augmentation : 120 kilos saisis à Lagos en 2014, 286 kilos à Lomé.

Autre élément, la confirmation que l’Afrique, notamment de l’Est est une zone de transit de l’héroïne. Les saisies ont fortement augmenté en Tanzanie, au Kenya, en Egypte. Dans ce dernier pays, 260 kilos ont été saisis en 2013 et plus de 600 kilos en 2014.

Dernier point qui inquiète, l’Afrique de l’Ouest, notamment au Nigeria, en Côte d’Ivoire et Guinée, est devenue une zone de fabrication de drogues de synthèse. Dix laboratoires ont été démantelés l’an dernier. Plus de 100 kilos de méthamphétamine en provenance du Mali ont été saisis au Sénégal.

Pour fabriquer ces drogues, il faut des produits chimiques, par exemple de l’éphédrine. Des produits légaux et qui sont importés en toute légalité sur le continent africain. Pour le moment, les contrôles pour savoir quelle est la destination finale de ses produits sont insuffisants.

➜[Reportage Et Documentaire] « HD »

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FRANCE: le commissaire Vincent Le Beguec est le nouveau patron de l’OCRTIS

OCRTIS1Mardi, le commissaire divisionnaire Vincent Le Beguec a été nommé à la suite de la commission administrative paritaire (CAP) – l’instance chargée d’étudier les mutations dans la police. Pur flic de PJ, Le Beguec, 52 ans, arrive de la Direction interrégionale de la police judiciaire de Rennes (DIPJ).

Auparavant, il a dirigé la brigade des stups de Lille, est passé par Nantes et Marseille, avant d’occuper un poste important à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Au 11 rue des Saussaies, Le Beguec dirigeait la Division des études et prospectives, chargée de l’élaboration des différents textes de loi.

«Peu causant», «procédurier», Vincent Le Beguec a été choisi pour recrédibiliser un Office ébranlé par les méthodes de son ancien patron François Thierry.

lire plus:

http://www.liberation.fr/france/2016/06/09/un-nouveau-patron-pour-les-stups_1458373

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FRANCE (Les Mureaux): le Colombien avait six kilos de cocaïne dans sa valise

OCRTIS1par Julien Constant09 juin 2016

Un homme de 36 ans a été condamné ce jeudi par le tribunal correctionnel de Versailles à trois ans de prison ferme pour trafic, importation de stupéfiants et association de malfaiteurs. Il a été écroué dans la foulée.

Ce Colombien a été interpellé dimanche dans un hôtel des Mureaux par les enquêteurs de l’office central de lutte contre le trafic de drogue. Quelques heures auparavant, ces enquêteurs spécialisés apprennent qu’un Sud-Américain transportant de la drogue résiderait dans la chambre d’un hôtel des Mureaux.

LIRE sur:http://www.leparisien.fr/informations/les-mureaux-il-avait-six-kilos-de-cocaine-dans-sa-valise-09-06-2016-5869787.php

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FRANCE (Complément d’enquête sur la drogue): la guerre perdue – Le direct débutera ce jeudi 9 juin 2016 à 22h45

paris-customs-find-71-tons-of-cannabisFrançois Hollande et Michel Sapin, au siège de la DNRED, sont reçus  par la DG de la Douane Française, Hélène Crocquevielle.

DNRED (Douane francaise): Hollande prend la pose devant une opération anti-drogue… ratée ! – Le Point

FRANCE (Grand Bal des « Faux-culs »): tous, du BCS en passant par la DCPJ, la DNRED, l’ IGPN, l’ OCRTIS, le SIAT et … le Parquet vont rivaliser dans le port de « faux-nez »

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Un trafic de drogue au plus haut niveau. Des tonnes de cannabis arrivées du Maroc par bateaux pneumatiques et remontant vers la France via des « go fast » − dont la police n’interceptait qu’une partie. Alors que l’affaire Neyret continue de défrayer la chronique, cette nouvelle affaire d’indics pourrait devenir un scandale d’Etat. Après une saisie record de 7 tonnes de cannabis, la police des polices enquête sur les méthodes des stups français.

Pour s’assurer de grosses saisies, des policiers auraient permis à certains « dealers-indics » d’écouler des dizaines de tonnes par an.francois-thierry-ocrtisFrançois Thierry

Sophiane Hambli,Des révélations publiées par Libération le 23 mai pointent le rôle central de l’ancien chef de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS). C’est (https://fr.wikipedia.org/wiki/Sofiane_Hambli ) photo de droite, un ancien indic de François Thierry qui affirme avoir été payé en cash par l’ex-numéro 1 de la lutte antidrogue lui-même. En tout, 19 tonnes de cannabis auraient transité par une villa au sud de l’Espagne où « cinq hommes présentés comme des policiers français se relayaient pour charger et décharger sur la plage des dizaines de paquets remplis de drogue » récupérés sur des Zodiac venus du Maroc.

michelneyretQuand les flics franchissent la ligne rouge

Comment combattre efficacement le trafic de drogue ? En côtoyant au plus près les trafiquants « pour mieux les connaître », comme l’a plaidé l’ex-commissaire Michel Neyret à son procès ? L’ancien numéro 2 de la police judiciaire lyonnaise comparaissait en mai pour corruption et trafic de stupéfiants. Il est accusé d’avoir protégé certains de ses informateurs en échange de cadeaux et de voyages, et de s’être servi sur des saisies de drogue afin de rémunérer des indics.

Prohibition ou légalisation ?

Faut-il pratiquer la tolérance zéro, ou légaliser un trafic impossible à endiguer ? Jamais le narcotrafic ne s’est si bien porté. En France, la vente de cannabis atteint des records. Faut-il suivre l’exemple de certains Etats américains comme le Colorado, et mettre fin à la prohibition ? L’industrie de la marijuana y pèse 1 milliard de dollars ! Alléchés par ce « marché » lucratif, les loups de Wall Street s’engouffrent dans le business de l’herbe.

Un « héros » du narcotrafic

Au Mexique, où les cartels ont déjà fait 100 000 morts en dix ans, « Complément d’enquête » est parti sur les traces du plus puissant des narcotrafiquants : El Chapo, roi de l’évasion, baron de la drogue devenu milliardaire et considéré comme un héros par une bonne partie de la population.

Le 9 juin, « Complément d’enquête » vous raconte comment la drogue a gagné le combat.

Au sommaire

OCRTIS1OCRTIS : des méthodes stupéfiantes

Où se situe la ligne rouge quand on lutte contre le trafic de drogue ? Les stups peuvent-ils aider leurs indics à écouler du cannabis ? « Complément d’enquête » sur les liaisons dangereuses qui unissent policiers et dealers.

Une enquête de Matthieu Fauroux, Violaine Vermot-Gaud et Xavier Puypéroux, suivie d’un entretien avec Patricia Tourancheau, journaliste à l’Obs.

De l’herbe à Wall Street

Aux Etats-Unis, les fonds d’investissement les plus respectables ne se posent aucun problème moral : la vente de la drogue, c’est l’avenir ! Portrait de Douglas Anderson, 52 ans, talentueux homme d’affaires de Wall Street qui se lance dans le business de l’herbe, en toute légalité.

Un reportage de Baptiste des Monstiers, Christophe Kenck et Michel Pignard, suivi d’un entretien avec Emmanuelle Auriol, économiste.

El Chapo, sombre héros

« Complément d’enquête » au Mexique sur les traces du narcotrafiquant Joaquin Guzman, dit El Chapo. Portrait de ce baron de la drogue devenu milliardaire, admiré par la population.

Un reportage d’Yvan Martinet,Yann Moine et Olivier Broutin, suivi d’un entretien avec Stéphane Peu, adjoint au maire de Saint-Denis (93).

La rédaction de « Complément d’enquête » vous invite à commenter l’émission sur sa page Facebook ou sur Twitter avec le hashtag #Cdenquete.

http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/complement-d-enquete/complement-d-enquete-du-jeudi-9-juin-2016_1480673.html

lire aussi:

OCRTIS France: la défense des Stups part en fumée (ça part en sucette!)

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OCRTIS France: la défense des Stups part en fumée (ça part en sucette!)

Dans les années 90, à Estepona (Andalousie), Marc Fievet, AKA ‘NS 55 DNRED’, gérait le restaurant Saint Georges, dont le co-propriétaire était la Douane française.
estepona
Bien plus de 20 tonnes ont été importées d’Espagne pour le seul mois d’octobre 2015
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Par Emmanuel Fansten 8 juin 2016 à 20:21

Trois semaines après les premières révélations de Libération sur les méthodes de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis), de nouveaux éléments viennent accréditer l’existence d’un véritable trafic d’Etat. Pendant plusieurs années, des dizaines de tonnes de cannabis auraient bien été importées en France avec la complicité des Stups et de leur ancien patron, François Thierry, muté en mars à la Sous-Direction antiterroriste (Sdat). Plusieurs rapports d’enquête et des notes de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) semblent démontrer l’ampleur de ce trafic contrôlé.

Ce dispositif a volé en éclats le 17 octobre, lors de la saisie par les douanes de 7,1 tonnes de résine de cannabis dans quatre camionnettes garées boulevard Exelmans, dans le XVIe arrondissement de Paris. La plus grosse prise jamais réalisée dans la capitale. A un détail près : le destinataire de la marchandise, Sofiane H., est à la fois le plus gros trafiquant français et le principal indic de l’Office des stups. Une information que François Thierry, pris de court par l’opération des douanes, mettra trois jours à livrer au parquet de Paris, avant de voir son service aussitôt dessaisi de l’enquête au profit de la brigade des stupéfiants de Paris (BSP) et de la section de recherche de gendarmerie.

«Libre passage»

Interpellé depuis en Belgique, puis rapatrié par le GIGN, Sofiane H. a commencé à parler : «Je n’ai pas commis d’infraction, a-t-il expliqué le 9 mai aux deux juges d’instruction parisiens. J’ai fait ce qu’on m’a demandé de faire, j’ai agi sur instruction de l’Ocrtis, je n’ai pris aucune initiative, j’ai tout le temps rendu compte de ce que je faisais.» Interrogé sur le cadre juridique de ces procédures, le trafiquant s’est défaussé sur son agent traitant : «François Thierry me disait que la Jirs [juridiction interrégionale spécialisée, ndlr] de Paris était parfaitement au courant de mes interventions.» Selon nos informations, pourtant, il n’y a aucune trace de cette procédure à la Jirs de Paris.

LIRE l’article sur:  http://www.liberation.fr/france/2016/06/08/la-defense-des-stups-part-en-fumee_1458260
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Sur le même sujet:
NARCOTRAFIC (France): quand la cocaïne était rapatriée sous le regard bienveillant de l’OCRTIS et la DNRED
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lcp55Emmanuel Fansten, journaliste à Libération, auteur de l’enquête – Dominique Perben, ancien Garde des sceaux et aujourd’hui avocat – Gilbert Collard, avocat, député RBM-FN du Gard et Secrétaire Général du Rassemblement Bleu Marine, auteur du livre  » Les dérives judiciaires : et si ça vous arrivait ?  » Paru aux Editions Eyrolles  – Marc Fievet, aviseur de la douane française, inscrit sous le matricule  » NS 55 DNRED « , auteur des livres  » Infiltré au coeur de la mafia  » paru aux Editions Hugo Doc, et  » Gibraltar « , paru aux Editions Michel Lafon.

 

VIDEO:
FRANCE (Drogue): quand la police devient dealer
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L’Espagne, hub pour les valises marocaines
Par Emmanuel Fansten, Envoyé spécial à Marbella 8 juin 2016 à 20:21

Depuis la mer, la villa affiche un luxe plus discret que ses voisines d’Estepona, petit village au sud de Marbella, sur la Costa del Sol. Le gazon a été parfaitement tondu autour de la piscine. Une rangée de buis prolonge le petit muret en pierre qui donne sur la plage de galets, à quelques mètres de l’eau. Le seul pêcheur présent ce jour-là observe le ballet des yachts et des jet-skis qui croisent au large. Sur la droite, tout au bout de la côte, on aperçoit le rocher de Gibraltar, minuscule enclave britannique nichée à la pointe sud de l’Espagne. Par beau temps, on peut même deviner les côtes marocaines et les montagnes du Rif, où sont produites les tonnes de cannabis qui inondent chaque jour l’Europe.

C’est dans cette villa paradisiaque que Stéphane V. a été envoyé au printemps 2012 par François Thierry, alors patron de l’Office central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis). Le témoignage de cette ancienne recrue de l’Office a provoqué l’ouverture d’une enquête préliminaire au parquet de Paris, confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Au cours de son séjour de trois semaines, a expliqué Stéphane V. aux enquêteurs, 19 tonnes de résine de cannabis ont été stockées dans cette villa sous le contrôle de l’ex-patron des Stups, avant de remonter vers la France dans de puissantes berlines. «Tout repartait par ici», raconte l’homme en montrant la ruelle calme bordée de cactus. Selon ce témoin jugé de plus en plus crédible par l’IGPN, cinq hommes présentés comme des policiers étaient sur place pour charger et décharger la marchandise. Au moins un policier français a déjà été identifié dans la procédure par la «police des polices» (lire page 3). Les bateaux pneumatiques transportant la drogue depuis le Maroc étaient déchargés un peu plus loin sur le sable. Les «valises marocaines», ces ballots de 30 kilos de cannabis conditionnés dans de la toile de jute, étaient ensuite entreprosées dans le garage, devant lequel une Subaru immatriculée 75 était garée lors de notre passage.

Base arrière. Qui était présent exactement dans cette villa ? Dans quelle procédure ? Des vérifications sont en cours pour identifier les protagonistes. Mais dans cette partie de l’Espagne, le fait qu’une telle opération ait pu avoir lieu ne surprend pas grand monde. Depuis de nombreuses années, la Costa del Sol est un supermarché à ciel ouvert, un paradis pour les grossistes européens…………..

LIRE sur: http://www.liberation.fr/france/2016/06/08/l-espagne-hub-pour-les-valises-marocaines_1458257

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