Aviseur International renseigne, sans complaisance, sur la problématique de la drogue, du narcotrafic, de la corruption et sur les politiques mises en œuvre par les différents Etats et les dérives que s'autorisent les fonctionnaires des administrations — aviseurinternational@proton.me — 33 (0) 6 84 30 31 81
BOSTON – A dual citizen of Iran and Canada was sentenced yesterday in federal court in Boston for international money laundering.
Omid Mashinchi, 35, was sentenced by U.S. District Court Judge Nathaniel M. Gorton to two years in prison, one year of supervised release, ordered to pay a $20,000 fine, and a personal money judgment of approximately $7,616.
In July 2018, Mashinchi pleaded guilty to five counts of international money laundering. He was charged in a sealed indictment in January 2018 and arrested in April 2018, when he flew to the United States; he has been in federal custody since.
On five occasions in 2017, Mashinchi transferred funds from a bank in Vancouver, British Columbia, Canada, to a bank in Boston knowing that the money was derived from drug trafficking.
On Jan. 28, Mashinchi transferred $37,794; on July 28 he made two transfers, one for $49,915 and another for $49,445; and on Aug. 3, he made two more transfers, one for $49,930 and another in the amount of $49,645.
Brian D. Boyle, Special Agent in Charge of the DEA’s New England Division; United States Attorney Andrew E. Lelling; and Kristina O’Connell, Special Agent in Charge of the Internal Revenue Service’s Criminal Investigations in Boston, made the announcement today.
Que vous soyez douanier, gendarme, policier, magistrat, agent secret ou simple citoyen, tous types de documents inédits, toutes informations « sensibles » que vous pourriez détenir intéressent « Aviseur international ».
Madame Corinne Cléostrate, (photo de gauche), directrice aujourd’hui de la DNRED, n’était pas au courant de ce qui se passait à Roissy…et donc n’a pas utilisé le 40! Pourtant elle était de 2008 à 2011, cheffe de la direction du renseignement douanier, à la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières) et de 2011 à 2014, elle a exercé en tant que directrice régionale des douanes et droits indirects à Roissy Voyageurs.Inquiétant quand même que cette spécialiste du renseignement n’était pas informé des dérives de ses collaborateurs!
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A lire, l’article de Thierry LÉVÊQUE, paru dans « Crocs de boucher »en avril 2015, qui dévoilait le rapport qui raconte comment des douaniers sont devenus millionnaires avec l’argent de la drogue pendant deux décennies.
Douaniers « ripoux » et millionnaires : le rapport enterré
Des trafiquants de drogue sanguinaires font la loi et s’échangent allègrement des montagnes d’argent par les lignes aériennes régulières, dans des grosses valises bourrées de millions d’euros en grosses coupures. La police est impuissante. La douane se sert au passage en interceptant à son profit une partie de l’argent, empêchant les forces de l’ordre de remonter les filières. Avertie, la justice ferme les yeux sur l’essentiel.
Suis-je ainsi en train de vous dépeindre l’Amérique latine au beau temps des cartels colombiens ou mexicains ? Pas du tout. L’Europe et la France, aujourd’hui. La police française a découvert le pot aux roses par hasard en 2012 et sept douaniers en poste à Roissy à la Brigade surveillance extérieure (BSE) ont été arrêtés.
Alors qu’il est apparu de suite que le manège de ces agents de l’Etat avec l’argent sale durait depuis au moins 20 ans, et que les douaniers avaient entassé partout dans le monde un fabuleux trésor qui se comptait en millions d’euros et peut-être plus, le dossier n’a pas été traité. Le tribunal de Bobigny ne devrait connaitre fin 2015 ou début 2016 qu’un dossier d’enquête tronqué, pour un procès tronqué.
Dommage, car l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS) avait tout dit dès le départ dans un rapport-choc, que personne n’a jugé utile d’exploiter jusqu’au bout. C’est trop bête.
Une malheureuse négligence ? Le manque de moyens du tribunal de Bobigny, totalement engorgé et où les juges d’instruction se succèdent à haute fréquence ? Une volonté d’enterrer une affaire potentiellement explosive pour la Douane et l’Etat français ? Les trois à la fois ? Mystère.
Heureusement, « Crocs de boucher » est là pour en livrer de bons passages de ce rapport évoqué par mes soins déjà dans Sud-Ouest, en exclusivité. C’est un document de onze pages , rédigé après les premières auditions et investigations et remis au parquet de Bobigny.
Comme on le lit sur la page de garde ci-dessous, un nom amusant a déjà été donné à l’affaire : « Harpagon », le personnage de l’Avare de Molière.
La police a bien le droit de s’amuser un peu, même si ce dossier ne la fait pas forcément trop rire. Ce document relate toute l’affaire en commençant par le début, le 12 avril 2012.
L’OCRTIS est sur une piste brûlante ce jour-là, celle d’une valise d’argent contenant 640.000 euros en espèces, et que deux passeurs doivent acheminer par un vol régulier vers la République dominicaine.
Cette technique qui peut paraître incongrue est pourtant utilisée de manière routinière par les mafieux européens assurant la distribution de la drogue en Europe.
Il s’agit de payer leurs fournisseurs, les cartels latino-américains. Cette appétence des criminels pour les espèces a été évoquée dans le livre que j’ai publié chez Flammarion en 2013 avec mon camarade Mathieu Delahousse, « Cache-cash ».
Ce mois d’avril à Punta Cana, à la surprise des policiers français qui travaillent avec leurs homologues locaux, la précieuse valise n’arrive pas.
On examine les images de vidéosurveillance de Roissy et on s’aperçoit qu’un douanier semble avoir embourbé le magot.
Une filature s’ensuit, des écoutes téléphoniques et les policiers mettent au jour toute la filière par laquelle les douaniers blanchissent l’argent dans la principauté d’Andorre, un paradis fiscal situé dans les Pyrénées. Ses co-princes sont le président français et le roi d’Espagne, mais ça ne l’empêche pas d’être très accueillant pour l’argent sale.
On lira ce vendredi sur le site Hexagones.fr, – le site d’enquêtes et de reportages que j’anime avec d’autres indépendants – la totalité du rapport et ses pages croustillantes sur les faramineuses découvertes des policiers dans les banques d’Andorre et aux domiciles des douaniers, l’histoire complète d’une maîtresse en Thaïlande évoquée comme prétexte pour un virement de 270.000 euros et bien d’autres détours de cette affaire.
« Crocs de bouchers » publie ici les passages les plus dérangeants pour la justice.
Ce rapport vieux de trois ans mentionne en effet un aveu d’un suspect qui dit avoir commencé les vols dix ans auparavant, donc en 2002. Les chiffres sont déjà coquets pour de premières déclarations sur « ces choses », comme dit le suspect.
Pas mal pour des salariés quasi-smicards.
Un autre suspect, lit-on, fait de son côté remonter « ces choses » à 1994 en ce qui le concerne, et se souvient qu’il avait alors été « initié par un ancien », ce qui suppose que la pratique existait déjà.
Un troisième suspect explique avoir commencé en 1997 et décrit la fièvre qui l’a saisi.
Un quatrième dit avoir ouvert son premier compte en Andorre en 1998 et avoue au passage détenir au moment de l’interrogatoire plus de 1,1 million d’euros. Il précise que son fils est informé.
La question est donc : une enquête a-t-elle été menée par la justice pour vérifier les patrimoines de tous les douaniers de la DSE passés par la BSE de Roissy sur les deux dernières décennies ?
Ils sont sans doute plusieurs dizaines au moins. Certains sont peut-être montés en grade…
Après des sollicitations infructueuses ces derniers mois, le parquet de Bobigny a fini par répondre par texto le 3 avril : « la seule nouveauté c’est que l’instruction touche à sa fin et que le dossier devrait être rapidement communiqué au parquet ». Le procès qui devrait se dérouler (si les délais habituels sont respectés), fin 2015 ou plus vraisemblablement en 2016, ne concernera que les sept douaniers pris sur le fait.
L’instruction a-t-elle au moins permis de recenser et de saisir les biens acquis avec l’argent de la drogue par les douaniers en Thaïlande, à Hong-Kong, en Afrique et mis au jour par les toutes premières perquisitions ? On n’en saura rien pour l’instant.
On image que l’avocat des douaniers, Daniel Merchat est ravi. « Que des pratiques illégales aient existé au-delà de la prescription n’a aucun intérêt. Je considère que l’élargissement des investigations au-delà de 2002 est une perte de temps et un gaspillage de l’argent public », nous a-t-il déclaré.
À ses yeux, les douaniers ont fait quelque part leur métier. « Ils ont estimé que dans le cadre de la lutte contre le trafic de stupéfiants, compte tenu de ce qu’ils percevaient comme de l’inertie, il était plus efficace de priver les trafiquants du produit de leur business, c’est-à-dire de leur argent. Ce sont des soldats perdus qui ont continué leur guerre contre les cartels par d’autres moyens que ceux que leur donnait la loi. » Pour un peu, il demanderait une médaille au lieu d’un procès.
Fermez le ban et dormez, bonnes gens!
Quant à la douane, elle a assuré en 2014 avoir fait le nécessaire pour mettre fin à ce qu’elle considère comme des « comportements totalement isolés ». C’est Hélène Crocquevieille qui était la directrice générale de la Douane française en 2014!
La douane peut continuer sa vaillante lutte « contre la criminalité organisée », dont elle se vante dans de belles brochures.
A la lecture de l’article de Libération, « Gérard Fauré, une clientèle haut de came« , je ne peux m’empêcher de repenser à mon action d’infiltration pour le compte de la DNRED au sein des organisations criminelles qui m’ont à l’époque permis de constater la très grande proximité d’intérêts entre le sieur Pasqua Charles et les profits dégagés par le narcotrafic.
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EXTRAIT
Pasqua n’était guère cocaïnomane – «j’en suis sûr», atteste Gérard Fauré – mais l’argent parallèle du secteur a pu l’intéresser… Fauré, précoce dealer au Maroc puis un peu partout ailleurs continue en écrivant: « Moyennant la moitié de nos gains, il nous garantissait l’impunité sur des affaires juteuses et triées sur le volet, sachant exactement là ou il fallait frapper. »
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A l’époque, les fonctionnaires français de la DNRED et américains du DEA que j’eus en face de moi firent les sourds à mes déclarations.
Il y a quelques semaines, j’écrivais un article intitulé:FRANCE (Douane Française): lorsque NS 55, l’agent infiltré de la DNRED, partait à Bogotá
EXTRAIT
« Je retourne sur la Costa del Sol, mais je repense, sans cesse, à notre dernière conversation dans le bureau de Christian Gatard à l’échelon DNRED de Nantes. J’ai dit à Jo Le Squere que j’irai jusqu’au bout et que je mettrais Pasqua au placard. David May, le correspondant du DEA à Paris, est resté interloqué et sa suprême laideur, dont il use pour provoquer ses interlocuteurs par des manœuvres déstabilisatrices, ne me permettra pas de constater la moindre réaction…Mais, les gens du DEA connaissent bien les réseaux de Monsieur Pasqua. Les dernières informations recueillies à Marseille m’ont encore conforté dans ma position jusqu’au-boutiste ! Ce type qui est ministre de l’intérieur…. » Lire plus
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Le livre de Gérard Fauré s’achève sur cet hommage indirect à la police française: lors d’une perquisition à son domicile, 10 des 15 kilos de cocaïne disparaissent, tout comme 90 % des 300 000 euros logés dans un tiroir. «Je n’ai pas pensé un seul instant me plaindre de la brigade du quai des Orfèvres, dans la mesure où les vols qu’elle commettait chez moi ne pouvaient qu’alléger ma future condamnation.»
Le scandale des “Panama Papers” , déclenché par un lanceur d’alerte anonyme et non rémunéré -connu seulement sous le pseudonyme de John Doe-, désigne la fuite de plus de 11,5 millions de documents confidentiels issus du cabinet d’avocat panaméens Mossack Fonseca, détaillant des informations sur plus de 214.000 sociétés off shore, ainsi que les noms des actionnaires de ces sociétés.
Les chefs d’État ou de gouvernement de six pays -Arabie saoudite, Argentine, Emirats Arabes Unis, Islande, Royaume Uni et Ukraine- sont directement incriminés par ces révélations, tout comme des membres de leurs gouvernements, et des proches et des associés de chefs de gouvernements de plus de 40 autres pays, tels que l’Afrique du Sud, Chine, Corée du Sud, Brésil, France, Inde, Malaisie, Mexique, Pakistan Russie Syrie. Parmi eux se trouvent des hommes politiques, des milliardaires, des sportifs de haut niveau ou des célébrités.
Initialement envoyées au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung en 2015, les données ont rapidement été partagées avec les rédactions de media dans plus de 80 pays par l’intermédiaire de l’international Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) basé à Washington. Les premiers articles ont été publiés le 3 avril 2016, accompagnés de 149 documents. D’autres révélations suivront les publications initiales, l’intégralité des sociétés mentionnées par les documents devant être dévoilée d’ici mai 2017.
Ces documents concernent de sociétés extra territoriales — dites offshore — que la firme Mossack Fonseca a aidé à créer, ou avec qui ses clients ont été en contact. Si dans la législation de la plupart des pays, les sociétés offshore ne sont pas illégales en elles-mêmes, c’est leur usage comme société-écran dans l’évasion fiscale ou le blanchiment d’argent qui l’est.
«PANAMA PAPERS», HUIT ANS APRÈS LA GRANDE CRISE DU SYSTÈME BANCAIRE
Précédé du scandale Luxleaks (Luxembourg) «Panama Papers» intervient huit ans après la grande crise systémique bancaire d’octobre 2008. Au terme d’un psychodrame d’un mois Septembre-Octobre 2008), le Congrès américain avait autorisé, le 3 octobre 2008, l’injection de 700 milliards de dollars dans l’économie américaine en vue de contenir la bourrasque financière et boursière qui a entraîné la faillite de treize banques et compagnies d’assurances et de sept cent mille foyers américains du fait d’un gestion spéculative des prêts immobiliers, sinistrant l’industrie automobile avec une chute de la production de l’ordre de 26 pour cent, plongeant dans la récession bon nombre de pays européens, dont la France.
Sur fond d’un paysage sinistré de l’économie occidentale, marqué par de faillites retentissantes de grands établissements de renom tant aux Etats-Unis qu’en Europe, un basculement stratégique s’est ainsi opéré en 2008 au niveau de la géo-économie» mondiale avec la recomposition de la carte bancaire américaine, l’entrée spectaculaire des fonds souverains arabes ou asiatiques dans le capital de grandes sociétés américaines ou européennes et l’affirmation de plus en plus marquée des grands pays du Sud, les pétromonarchies du Golfe et le groupe Bric (Brésil, Inde, Chine et Afrique du Sud) comme acteurs majeurs de la scène mondiale.
Au point que se pose la question de la pérennité de l’hégémonie planétaire des Etats-Unis et de la viabilité des structures internationales tant financières que politiques mises en place dans la foulée de la Deuxième Guerre Mondiale (1939-1945), notamment le Conseil de sécurité de l’ONU, le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale, ainsi que le G7, le regroupement des sept pays les plus industrialisés de la planète crée après la première crise du pétrole (1973). Apparemment la leçon n’a pas été retenue.
Pis, selon The Daily Beast, les sommes détournées par l’ensemble des kleptocrates de la planète avoisineraient les 12 billions de dollars. Si l’on ajoute l’évasion fiscale et les activités criminelles comme le trafic de drogue, le nombre avoisinerait les 36 billions de dollars.
En 2014, la valeur nette de la planète Terre était estimée à environ 240 000 milliards de dollars, ce qui signifie que 15% de la richesse mondiale serait passée dans la poche des kleptocrates.
La publication américaine se fonde sur les calculs d’un économiste d’investigation qui a épluché 45 ans de statistiques officielles. En croisant les statistiques de 200 pays, l’économiste en vient à la conclusion que 15 pour cent de la richesse mondiale est volée des pays les plus pauvres et placée dissimulé dans les paradis fiscaux, en Suisse, aux États-Unis et dans des protectorats britanniques comme les Bermudes et les îles Caïmans. Le terme kleptocrate désigne les dirigeants de régimes qui s’enrichissent par le vol des ressources publiques, et pratiquent à grande échelle la corruption et le blanchiment d’argent pour dissimuler l’origine de leur richesse.
LES FUITES DES «PANAMA PAPERS» HASARD OU PRÉMÉDITATION ?
L’économiste Paul Jorion soutient, quant à lui, que «les fuites des Panama-papers ne surviennent pas par hasard». «Le réseau des paradis fiscaux est en fait extrêmement bien surveillé, parce qu’il correspond à l’ancien Empire britannique. La City de Londres continue d’opérer une surveillance de bon niveau sur l’ensemble du réseau. En fait, les États ont besoin de cette surveillance parce qu’ils veulent contrôler de façon semi-permissive le blanchiment d’argent sale qui provient du trafic de la drogue, de la prostitution, du trafic d’armes. Le 17 septembre 2008, jour où le système s’est effondré, beaucoup d’argent sale a été injecté par le biais des paradis fiscaux si l’on en croit Antonio Mario Costa, qui était alors directeur de l’Office des Nations-Unies contre la drogue et le crime. « Il est évident que la raison d’état a besoin de ces paradis », assure-t-il.
CAPITAUX ERRANTS ET BUDGETS ABERRANTS
Paradis fiscaux, zones offshore, flux monétaires, capitaux errants et budgets aberrants. Ces termes innocents évoquent au premier abord une douceur de vivre dans une société marquée par l’abondance financière, la flexibilité économique et l’évasion fiscale.
C’est en fait la face hideuse de la mondialisation, nouveau dogme de la libre entreprise, avec son cortège de chômage, d’exclusion, de corruption, en un mot tous les ingrédients qui gangrènent la vie politique, sapent les fondements des puissances grandes et petites et font planer le risque de perversion des grandes et vieilles démocraties.
Le nouvel ordre international tant célébré depuis l’effondrement du bloc communiste, c’est à dire depuis l’effondrement du monde bipolaire au début de la décennie 1990, a sécrété en contrepoint, un système planétaire articulé autour de la criminalité transnationale.
Les commentateurs occidentaux se sont longtemps montrés discrets sur ce sujet, plus prompts à dénoncer le péril islamiste ou le péril jaune, après avoir tant dénoncé le péril rouge.
Mais s’il est sain de dénoncer les périls extérieurs, il serait tout aussi salubre de dénoncer aussi ses propres périls intérieurs: Trafic de drogue, trafic d’armes, prostitution, jeux clandestins, racket constituent les principales sources de capitaux illicites et ces divers trafics, parfois tolérés sinon encouragés par les états, génèrent annuellement mille cinq cent milliards de dollars (1.500 milliards), soit le budget des 20 pays de la Ligue arabe, dont le tiers -500 milliards de dollars- proviendrait uniquement de la drogue.
Un universitaire britannique, Ronan Palan, chef du département international de l’Université du Sussex et auteur d’un ouvrage «The Off-Shore World» (Cornell Press University -2003) soutient que les paradis fiscaux ont été impliqués dans tous les scandales car ils disposent de la faculté de «légaliser» l’argent provenant d’activités illicites dans la mesure où la surveillance des capitaux transitant par les places off-shore sont très difficiles.
L’explosion du nombre des paradis fiscaux a avivé la concurrence au point que même la City de Londres, pourtant réputée pour sa rigueur, n’a pas été épargnée par des manipulations douteuses.
Première place financière européenne, Londres compte près de 800 banques. Les autorités financières notamment Financial Service Authority (FSA) ont ainsi gelé les comptes bancaires d’un total d’un milliard de dollars volés dans la caisse de la banque centrale du Kenya sous la présidence de Daniel Arap Moi (1978-2002), ainsi que des avoir dissimulés de l’ancien dictateur chilien Augusto Pinochet.
Pour se démarquer, les paradis fiscaux cherchent à se spécialiser proposant une gamme de services. C’est ainsi que Guernesey (Îles britanniques) s’est lancée dans l’assurance, Costa Rica dans les casinos sur Web, les Bermudes dans le commerce en ligne.
Les tenants de l’économie libérale justifient leur existence par le fait que leur présence contraint les places financières traditionnelles à ne pas sombrer dans la léthargie et qu’il convient de distinguer entre l’évasion fiscale, un délit, et une optimisation fiscale, qui constitue à leurs yeux une démarche légale visant à minimiser les impôts.
A L’ORIGINE ÉTAIT LA MAFIA
Curieusement à l’origine la prolifération des paradis fiscaux se trouve la Mafia.
La Mafia fonctionne à une seule échelle, celle de la planète. La mafia de la drogue s’étend partout: Chine, Japon, États-Unis, Amérique du Sud, dans la zone caraïbes-Pacifique, en Russie et l’Europe de l’Est, sans parler de l’Asie du Sud-est, du Moyen-Orient et de l’Afrique. S’adaptant à la mondialisation des économies, les organisations mafieuses ont crée des réseaux internationaux qui s’appuient sur des technologies les plus modernes (Internet, téléphone cellulaire), échappant à toute interception.
Selon une étude du FBI américain, le cartel colombien de la drogue aurait réalisé en 1995 un chiffre d’affaires estimé à 67 milliards de dollars, soit plus du double du budget d’Interpol (30 milliards de dollars) qui emploie, lui, plusieurs centaines d’agents. Les meilleurs experts en informatique sont embauchés pour faire prospérer ce pactole par son blanchiment et les grandes confédérations mafieuses (américaine, sicilienne, turque, russe, yakuza japonais et triades chinoises) se seraient constituées en une multinationale se partageant pays et produits, rôles et marchés.
A l’instar de la drogue, l’argent sale provenant du trafic illicite devient pour les banques et institutions financières qui se prêtent à des opérations de blanchiment une addiction ayant les mêmes effets que les stupéfiants sur les individus.
Empruntant un circuit complexe et risqué, l’argent noir transite par une multitude de sociétés écrans éparpillées à travers les paradis fiscaux de la planète, avant de se réhabiliter dans de respectables banques des grandes places financières internationales. Sa détection est difficile. Le seul véritable détecteur, au niveau mondial, est la balance mondiale des paiements.
Normalement, au niveau des échanges mondiaux, lorsqu’un pays est déficitaire, un autre devient excédentaire, mais l’injection massive de capitaux illicites a fortement déséquilibré les échanges mondiaux. Depuis 1982, le trou dans les échanges mondiaux est estimé à cent milliards de dollars annuellement. En 17 ans, il s’est élevé à mille sept cent milliards de dollars.
Les détenteurs de ces capitaux de l’ombre sont, pêle-mêle, des services spéciaux, guérillas du tiers-monde, mafias, trafiquant d’armes et de stupéfiants, états sous embargo, banques corrompues, y compris de respectables compagnies et États occidentaux toujours prêts à dire le Droit et à prêcher la Morale.
Cette importante masse financière clandestine tire profit des crises conjoncturelles de l’économie mondiale -Krach boursier américain de 1986, Krach immobilier européen du début des années 1990, tourmente boursière des marchés asiatiques de 1997- pour s’insinuer dans les rouages de la finance internationale. Ceci risque de gangrener à terme l’économie mondiale, comme en témoigne l’augmentation du nombre des pays à budgets aberrants, ou les pays à forte NEO.
LES PAYS NEO (NET ERRORS AND OMISSIONS)
Généralement situés à proximité des zones du narco-trafic mondial, les pays NEO sont ainsi appelés car ils disposent dans leur balance de paiement d’une rubrique NEO (Net Errors and omissions) qui permet par un artifice comptable, en prétextant les erreurs statistiques résultant des désordres administratifs, de dissimuler le grave dysfonctionnement de leur commerce extérieur découlant du transit du capital blanchi.
La procédure du blanchiment tire son nom d’une technique empruntée par un mafieux de Chicago des années 20 désireux à l’époque de se débarrasser de l’argent retiré de la vente clandestine d’alcool du temps de la prohibition. Par un jour de grande inspiration, il mit en application une idée inspirée par la mafia locale en achetant une chaîne de laveries automatiques où l’on paye en espèces.
Il ne lui restait plus à la fin de chaque journée de travail que d’ajouter de l’argent sale aux gains du jour et de déposer le tout à la banque, en prenant soin au préalable de déclarer au fisc la totalité de la recette, incluant l’argent ainsi blanchi. Plus tard, dans les années 50-60, les mafias, anticipant les modifications du marché de la consommation, ont eu recours aux chaînes de restauration rapide à l’exemple des pizzeria, pour blanchir l’argent sale, donnant ainsi naissance à la «Pizza connection». Ces techniques apparaissent désormais dérisoires.
De nos jours, les sommes en cause sont énormes et nécessitent pour leur blanchiment des techniques sophistiquées, donnant ainsi naissance à un métier nouveau «le financier-criminel», c’est à dire un ingénieur financier déployant ses talents dans les activités de nature criminelle.
Le blanchisseur perçoit, à titre de commissions, près de huit pour cent de la somme ayant transité par les transferts électroniques, alors que le contrebandier, passeur d’argent avec des mallettes, ne prélève que cinq pour cent. A titre d’illustration, les SWIFF (sociétés pour les télécommunications financières mondiales interbancaires) et les CHIPS (Chambre de compensation des systèmes de paiement interbancaires) brassent quotidiennement près de mille milliards de dollars.
L’identification tant du donneur initial que du bénéficiaire final devient donc d’autant plus difficile que le recycleur, moyennant une commission substantielle à chaque phase de l’opération, peut promener l’argent de compte offshore en sociétés-écrans, jusqu’à trouver un abri décent au capital. Ainsi un capital illicite entreposé aux Îles Caïmans peut, après un détour par Hongkong et Singapour se retrouver au Luxembourg pour être investi ensuite dans l’immobilier de luxe parisien.
S’il gagne gros, le recycleur a néanmoins une obligation de résultat. Il répond de sa vie de la réussite de l’opération de blanchiment. Il est en fait responsable sur sa vie…pour le restant de sa vie.
Pour d’évidents et impérieux motifs de sécurité, la Mafia ne peut tolérer l’amateurisme ou le bavardage et préfère limiter ses risques au maximum. Quiconque participe à une opération de blanchiment demeure un otage pour la vie. S’il lui est loisible, après accord de ses employeurs, de se reconvertir dans d’autres activités, son port d’attache demeure son activité de départ: la validation d’un argent d’origine crapuleuse. Captif doré, mais captif.
En marge du transfert électronique des capitaux, qui est le MUST du blanchiment, il existe diverses autres techniques liées au jeu, aux transactions sur les métaux précieux, ainsi qu’au transfert par «stroumpfage»:
Le jeu: l’argent noir est investi dans des casinos par l’achat de plaques de jeu, puis reconvertis en chèques, c’est la technique du «faux-jeton».
L’achat de bijoux et d’or dans les zones offshore. Le produit de revente du métal précieux est déposé en toute légalité dans un compte en banque.
Le transfert par «stroumpfage». Une multitude de petits passeurs (smurfs en Américain) achètent dans les banques des traveller’s chèques ou des devises. Aux États-Unis, tout individu peut retirer jusqu’à dix mille dollars en liquide. Une fois à l’étranger, ces passeurs entreposent ces chèques de voyage dans un compte bancaire légal.
PANAMA
En 1993 à New York, le FBI, intrigué par un flux anormal de mandats de la poste locale, ordonne une enquête. La découverte est stupéfiante: les cartels colombiens ayant recours à des «fourmis» ont procédé, pendant près d’un an à des virements sur des comptes au Panama pour un montant global quotidien de l’ordre de cent mille 100.000 dollars réalisé par le biais de modestes mandats dont la valeur pour chaque opération n’excédait pas mille dollars.
Depuis Panama, les fonds collectés étaient virés une nouvelle fois vers une succursale bancaire à Hong kong. L’opération a permis le blanchiment de 198 millions de dollars en moins d’un an. La répartition des fonds entre les différents bénéficiaires mafieux se faisant en fonction des signes distinctifs enregistrés au dos du mandat-poste et qui permettait le repérage de chaque mandat et son appartenance.
Autre stratagème de légalisation de l’argent illicite: la création d’une société écran dont l’objet est de collecter des fonds et des «dons charitables» pour de fausses congrégations religieuses.
Face à un tel pactole, l’imagination tourne à plein rendement et les procédés sont parfois rocambolesques, tel celui utilisé par un trafiquant de cannabis pakistanais qui n’a pas hésité à cacher 35 millions de dollars en espèces dans des machines de dessalement d’eau de mer spécialement aménagées à cet effet, commandées en Australie pour être exportées vers Singapour.
Toutefois, face à l’énormité des sommes en jeu, la Mafia n’a pas hésité parfois à prendre le contrôle de la totalité d’une banque pour en faire une usine de blanchiment d’argent.
LA BANQUE PIRATE
L’inventeur de la «banque pirate» est M. Jose-Antonio Fernandez, gros importateur de Marijuana colombien aux États-Unis dans la décennie 1970.
A travers toute une série de sociétés-écrans, M. Fernandez a réussi à prendre le contrôle de la «Sunshine State Bank» de Floride, la transformant en blanchisseuse géante pendant une dizaine d’années, jusqu’à son arrestation en 1984.
Parmi les autres exemples célèbres de banque-pirate citons celui de la BCCI (Banque du crédit et du Commerce International), propriété des émirats arabes, mise en banqueroute financière à la fin des années 80 pour sa connection réelle ou supposée avec l’argent de la drogue.
Un autre exemple est celui de la «Great American Bank» aux États-Unis, sous contrôle colombien en 1984 au moment de son démantèlement ainsi que la «Banque pour le développement du bâtiment de Poznam» (Pologne), qui a écoulé en Allemagne en 1992, près de 150 millions de dollars issus des fonds errants de Hong Kong.
LE PROCESSUS DU BLANCHIMENT
Le processus de blanchiment se déroule en trois étapes: le placement, l’empilage et l’intégration
-Le placement (ou prélavage): l’opération consiste à placer les importantes sommes d’argent recueillies de manière illicite dans le maillon faible du dispositif: l’économie de détail (achat de devises auprès d’agent de change, casinos de jeu, maison de retraite), le transfert par petits porteurs et petites coupures (schtroumpfage).
-L’empilage (ou lavage): l’opération consiste à gommer toute trace des origines criminelles de l’argent, en multipliant les transferts de compte à compte ou les transactions financières, notamment par le biais du «prêt apparent». Ce procédé consiste à obtenir un prêt pour un investissement garanti par le montant du compte numéroté détenu dans la même banque par l’emprunteur.
Le montant du prêt correspond à celui du dépôt et les intérêts à payer identiques à ceux perçus sur le compte numéroté.
-L’intégration (ou recyclage), terme ultime, confère une apparence de légalité à des revenus d’origine criminelle, qui sont investis dans des circuits économiques officiels: immobilier, tourisme, finance.
Ainsi le capital illicite part de New York par petits porteurs, fait d’abord une halte dans un des paradis fiscaux des micro-états de la région Pacifique-Caraibes, se transfère sur des grandes places financières asiatiques pour reprendre un début de respectabilité (Hongkong, Singapour) et termine dans les grandes places financières occidentales (Suisse, Luxembourg). A ce stade, le détenteur du capital réclame à Paris ou Londres un «prêt adossé» (Loan back), un prêt gagé sur un dépôt bancaire au Luxembourg, investissant ainsi tout à fait légalement dans l’immobilier, l’hôtellerie, la restauration, la bourse etc. avec en prime un surcroît d’honorabilité et de notoriété mondaine.
Devant l’ampleur du phénomène, les sept pays les plus industrialisés -les G7- ont fondé en juillet 1989 à la date anniversaire de la Révolution française, le groupe d’action financière internationale (GAFI) contre le blanchiment des capitaux. Instrument d’étude et d’expertise, le GAFI est chargé de suivre l’évolution des techniques de recyclage de l’argent sale et de vérifier l’application des mesures de lutte contre le blanchiment. En 2005, le Tracfin, l’organisme chargé de faire la chasse aux comptes douteux, a traité plus de dix mille «déclarations de soupçons», signalement de cas douteux, mais seulement 347 dossiers ont été transmis à la justice.
Parmi les autres organismes internationaux, on relève le programme des Nations-Unies pour le contrôle international de la drogue (PNUCID), l’organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) et enfin Interpol qui a crée en son sein un service spécialisé de lutte contre le blanchiment de l’argent de la drogue. Si la communauté internationale a pris conscience de l’ampleur de l’enjeu, la lutte contre la prolifération des capitaux illicites demeure rudimentaire.
Selon le Gafi, à peine 0,5 pour cent des 4.400 milliards de dollars de bénéfices réalisés entre 1982 et 1992 du fait du trafic de drogue ont été confisqués. Le mal est profond et la contamination étendue.
Elle se prolonge désormais sur la scène internationale par un nouveau venu le djihadisme d’un type nouveau et son industrie du captagon.
L’Amérique est au centre de l’économie de la drogue
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Les principaux centres de production de cocaïne au monde sont situés en Amérique du Sud.
Les trois quarts de la consommation annuelle totale de cocaïne des États-Unis, d’une valeur de près de 45 milliards de dollars, proviennent de Colombie.
En termes de chiffre d’affaires, le commerce de drogues illicites pourrait maintenant être la plus grande entreprise du monde. Selon le rapport de l’Organe international de contrôle des stupéfiants, il s’agit d’un marché de 500 milliards de dollars.
Comme dans d’autres produits de base, les États-Unis sont le premier pays importateur de stupéfiants au monde, dépensant plus de 100 milliards de dollars pour la fabrication de drogues. Étant donné que le commerce des stupéfiants se fait principalement en dollars US, cela contribue de manière décisive au maintien du dollar comme roi dans le monde entier.
Le choix en tant que monnaie préférée du monde est plus souvent fait dans les rues du monde que dans les banques centrales du monde.
La cocaïne est la drogue de loisir préférée des classes supérieures occidentales et des petites classes supérieures imitatrices des pays en développement, mais c’est l’héroïne qui est vraiment le stupéfiant de l’homme du commun dans le monde entier.
La société pharmaceutique allemande Bayer fabriqua l’héroïne pour la première fois en 1879, et tirait le mot du mot grec «héros», qui signifie moitié-dieu, moitié-homme. Il a été nommé ainsi parce que ceux qui ont pris le médicament ont des illusions d’héroïsme.
Mais qu’il s’agisse de la cocaïne ou de l’héroïne ou de l’une des nouvelles drogues synthétisées telles que les amphétamines, la quasi-totalité de la transformation du produit de base, qu’il s’agisse de la feuille de coca ou du pavot à opium, se situe dans les pays les plus pauvres et les moins gouvernés du monde.
Malheureusement, peu de la grande richesse générée par cette activité est transmise aux producteurs primaires, car contrairement à la plupart des entreprises de produits de base, le commerce des stupéfiants a un facteur de création de valeur très élevé à chaque étape de l’activité et la production en est la partie la plus précoce et la plus facile. .
Malgré tout, les drogues sont devenues une raison majeure pour laquelle des pays comme la Birmanie, l’Afghanistan, le Pérou, la Colombie et même le Pakistan restent financièrement à flot.
Les principaux centres de production de cocaïne au monde sont situés en Amérique du Sud.
Les trois quarts de la consommation annuelle totale de cocaïne des États-Unis, d’une valeur de près de 45 milliards de dollars, proviennent de Colombie. Selon le National Crime Intelligence Service britannique, le prix de détail d’un gramme de cocaïne était de 96 dollars, alors que celui de l’héroïne était légèrement supérieur à 100 dollars. La bonne nouvelle ou la mauvaise nouvelle, selon votre perception du problème, est la tendance à la baisse observée dans les prix de vente depuis 1990, lorsque les prix équivalents de la cocaïne et de l’héroïne étaient près de 50% supérieurs aux prix actuels. Cela ne fait que refléter la plus grande disponibilité rendue possible par une production supérieure et plus efficace et non par une réduction de la demande. On estime que la consommation augmente de 12%, ce qui est malsain.
En tant que plus gros consommateur de stupéfiants, les États-Unis ont tout intérêt à être le policier anti-drogue le plus proactif au monde.
Il dispose d’un programme d’interdiction actif en Amérique du Sud, qui consiste non seulement en une assistance militaire, mais également en une grande quantité d’argent à plusieurs gouvernements d’Amérique latine. Ses mesures proactives incluent le limogeage des dirigeants politiques impliqués dans le trafic de drogue, que ce soit directement ou indirectement.
Sur les 948 millions de dollars que les États-Unis ont alloués au titre de l’assistance au contrôle international des stupéfiants, un montant de 762 millions de dollars a été affecté à l’Amérique du Sud.
En plus de cela, le Pentagone dépense 1 milliard de dollars en assistance militaire.
En tout, les États-Unis dépensent 19 milliards de dollars par an pour le contrôle des stupéfiants.
De toute évidence, les efforts des États-Unis sont davantage axés sur l’interdiction de la cocaïne et le contrôle de sa production. Il semble y avoir une raison à cela. Un sondage auprès de la hotline 800-COCAINE a révélé que l’appelant moyen était «un homme blanc de 31 ans, de classe moyenne, blanc, possédant une certaine formation universitaire» et dont le salaire annuel était bien supérieur à la médiane.
La tendance la plus alarmante a été l’augmentation de la consommation chez les adolescents, en particulier chez les lycéens.
L’héroïne, par contre, est la drogue préférée du pauvre.
Une étude menée par le professeur John Kaplan de l’Université de Stanford sur les consommateurs d’héroïne révèle que 75% d’entre eux étaient des hommes, 55% étaient des Noirs, 44% des Hispaniques, 36% avaient moins de 30 ans, 61% avaient moins de 11 ans l’éducation et 81% étaient au chômage. C’est très clairement la classe inférieure, et le manque d’emphase et d’urgence qui en résulte dans les efforts internationaux des États-Unis reflète clairement le parti pris de l’administration américaine.
Aujourd’hui, les deux principaux centres de production sont le triangle d’or et le croissant d’or.
Le Triangle d’or fait référence aux terres isolées produisant du pavot à opium et du traitement de l’héroïne dans le nord de la Birmanie, de la Thaïlande et du Laos, tandis que le Croissant d’Or se réfère aux terres accidentées du Pakistan et de l’Afghanistan. L’Inde étant prise en sandwich entre les deux régions «dorées», il n’est pas surprenant que de nombreux Indiens recherchent une partie de cet or. C’est un point de débarquement majeur. Cet emplacement stratégique lui a également permis de devenir un important producteur d’anhydride acétique, qui joue un rôle central dans le processus de transformation de la morphine base en héroïne pure. Une visite à la ville de Gajraula, dans l’ouest de l’Uttar Pradesh, vous montrera l’importance de l’activité de l’anhydride acétique. Le politicien Amar Singh possède également une usine d’anhydride acétique à Ghaziabad.
L’Afghanistan et la Birmanie représentent maintenant 80% de la culture illicite du pavot à opium et 90% de la production mondiale.
Selon le gouvernement américain, la Birmanie est responsable de 60% de la production mondiale d’héroïne, soit deux fois plus que la production actuelle en Afghanistan. Cela a beaucoup d’ironie, car la concentration de la production d’héroïne dans ces deux régions est une conséquence directe de la volonté résolue de la CIA de «contenir» le communisme.
Depuis que les Arabes ont introduit l’opium en Inde au cours des premières années du dernier millénaire, l’utilisation de l’opium et de ses dérivés a entraîné les économies et l’histoire avec une intensité que les prosélytes de religions et d’idéologies pourraient envier. Au XVIe siècle, les Portugais l’introduisirent à Java pour le travail sous contrat. Il s’est ensuite étendu à la Chine. La Compagnie des Indes orientales a volé l’affaire aux Portugais et, en 1838, le Bengale exportait 2 400 tonnes par an vers la Chine. Lorsque la Chine a tenté de fermer le commerce, les Britanniques ont mené la Première Guerre de l’opium (1839-1841) pour défendre les principes du «libre-échange» et de «l’égalité diplomatique».
La Chine a ensuite tenté de battre les importations en permettant la culture de l’opium au Yunnan. Ça a réussi. Mais lorsque les communistes sont arrivés au pouvoir en 1949, la production a été transférée en Birmanie, les généraux du KMT étant chassés du sud de la Chine. En 1950, la CIA a commencé à regrouper les forces du KMT dans l’État de Shan en vue d’une éventuelle invasion du sud de la Chine. Ce commerce s’est ensuite étendu pour inclure les généraux en Thaïlande. La drogue, les armes fournies par la CIA et les forêts denses ont engendré de nombreuses insurrections en Birmanie. La Birmanie compte plus de 40 des 387 groupes terroristes et insurgés connus dans le monde.
Bien qu’il y ait toujours eu une production de pavot à opium en Afghanistan et dans le nord-ouest du Pakistan, sa production a pris une impulsion majeure en 1978 lorsque la CIA est arrivée sur les lieux pour inciter le djihad à contenir le communisme. L’Amérique a dû payer un prix élevé pour cela. Deux ans après l’intervention de la CIA en Afghanistan, les régions frontalières entre le Pakistan et l’Afghanistan sont devenues le premier producteur mondial d’héroïne, fournissant 60% de la demande des États-Unis. Et aussi Oussama Ben Laden dans le Blowback!
Cette héroïne rapporte au Pakistan plus de 4 milliards de dollars par an. Une inondation d’héroïne bon marché au Pakistan a eu pour résultat que le nombre de toxicomanes est passé de presque zéro en 1979 à environ trois millions maintenant. Inévitablement, l’héroïne (smack) a fait son entrée en Inde et compte plus de trois lakhs (Un lakh est une unité du système de numérotation indien égale à cent mille) enregistrés en tant que toxicomanes et ce nombre peut même être 20 fois supérieur.
Et maintenant, plutôt que la religion soit l’opiacé des masses, il semble que ce soit l’inverse!
Mohan Guruswamy
L’auteur, un analyste des politiques qui étudie les questions économiques et de sécurité, a occupé des postes de direction au sein du gouvernement et de l’industrie. Il est également spécialisé dans l’économie chinoise.
Publié: Oct 27, 2018, 12:31 IST
Mise à jour le: 27 oct. 2018, à 12 h 31, heure de l’Est
Hambli recruté, Hambli exploité mais Hambli libéré!
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L’homme faisait bander tous les hiérarques de l’OCRTIS et de la DNRED.
Son carnet d’adresse pouvait permette à tous ces planqués de se faire mousser auprès de ministres toujours trop contents de poser devant des saisies bidons mais spectaculaires.
Ces escrocs de la fonction publique n’ont aucun honneur et seuls, pour eux, compte l’esbroufe et le déroulement optimisé de la carrière.
Je viens de relire les dépositions des douaniers suite à la plainte que j’avais déposée…
Des tissus de mensonges et de demi vérités.
Le gars de l’IGPN qui était au stylo était un faible enquêteur pour ne pas relever les incohérences des dépositions tellement ressemblantes.
Vous êtes la honte de ces régaliennes que j’ai servies avec la plus grande loyauté.
Vous êtes des canailles institutionnelles, c’est le seul constat possible aujourd’hui !
Marc Fievet aka NS 55 DNRED
PS:
J’ai été maintenu plus de 10 longues années (3.888 jours) dans des geôles de 4 pays « dits civilisés » sans jamais obtenir ne serait-ce qu’une seule journée de sortie… Les nombreux fonctionnaires de justice de « japerie » rencontrés m’ont permis de constater une totale incapacité pour prendre des décisions sensées en se planquant tous derrière le sacro-saint Dalloz!
J’ai également constaté l’attitude scélérate de François Auvigne, un dg de la douane française, à qui je dois plus de 75 mois de détention en France comme celle des administrateurs Thomas Charvet et Michel Baron spécialistes de la réinterprétation des faits.
Un seul viendra témoigner, c’est Jean Henri Hoguet, ex directeur de la DNRED, devant la cour d’appel qui devait juger la plainte pour diffamation déposée par le Ministre Michel Charasse contre moi! « J’avais osé dire que le ministre m’avait lâché! »
Jean Henri Hoguet soulignera avec force le caractère scandaleux de ma présence en prison!Aujourd’hui, les dalloziens libèrent Sofiane Hambli qui doit apprécier une telle mansuétude!
Interpellé en Belgique après quatre mois de cavale, le trafiquant est rapatrié en France dans un hélicoptère du GIGN.
Dépaysée depuis à Bordeaux, l’enquête a du plomb dans l’aile.
En juin, la chambre de l’instruction a rendu un arrêt au vitriol, estimant que la procédure douanière ayant conduit à la saisie parisienne est entachée d’irrégularités.
L’enquête a en effet démontré que, contrairement à leurs premières déclarations, les douaniers «travaillaient» depuis longtemps sur Sophiane Hambli, sur fond de rivalités entre services.
Une demande de supplément d’information a été demandée avant d’examiner à nouveaux les requêtes en nullité, qui pourraient faire tomber toute la procédure.
Mais Sophiane Hambli est également mis en cause dans une autre enquête instruite par des magistrats lyonnais. Selon nos informations, il a récemment été placé en garde à vue dans cette procédure dite «Avoine», ouverte notamment pour«faux en écriture publique» et «association de malfaiteurs».
Une enquête qui vient de s’accélérer, avec la garde à vue, il y a deux semaines, de François Thierry et de deux hautes magistrates du parquet de Paris. Le dossier pourrait connaître de nouveaux rebondissements dans les prochaines semaines.
C’est l’histoire d’une incroyable boulette. Une grossière erreur de procédure qui pourrait être indirectement à l’origine de la libération inattendue de Sophiane Hambli, le «trafiquant-indic» au cœur du gigantesque scandale qui secoue la lutte antidrogue depuis trois ans. Dans sa dernière ordonnance, signée fin septembre, le juge des libertés et de la détention (JLD) saisi du cas Hambli a fondé sa demande de prolongation sur certains faits pour lesquels le trafiquant n’est pas mis en examen. Une irrégularité que s’est empressé de soulever son avocat, Hugues Vigier. Curieusement, la chambre de l’instruction n’a pas retenu ce motif mais évoqué des délais de détention trop longs pour justifier la libération soudaine de Sophiane Hambli. Etrange revirement, le trafiquant ayant envoyé ces derniers mois de nombreuses demandes de mise en liberté restées lettre morte, notamment parce qu’il est loin d’avoir atteint la durée légale d’une détention provisoire en matière criminelle, soit quasiment cinq ans. La chambre de l’instruction a-t-elle voulu couvrir cette erreur manifeste en libérant Hambli sous un prétexte fallacieux ? L’annonce de sa libération a en tout cas provoqué stupeur et sidération.
«On a libéré Pablo Escobar,s’insurge un avocat du dossier.
Le scandale judiciaire ne fait que commencer.»
Avocat au barreau de Rouen, Hugues Vigier défend Sophiane Hambli depuis plusieurs mois. Il souligne l’incroyable paradoxe d’une procédure qu’il qualifie «d’affaire d’Etat» mais qui pourrait, sous peu, tomber intégralement pour des nullités juridiques.
Selon lui, c’est désormais au politique de se saisir du scandale des Stups en constituant, comme sur le dossier Outreau, une commission d’enquête parlementaire.
Des dallozziens de Nancy et Paris avaient arrangé une garde à vue fantôme dans une chambre de l’hôtel Mercure de Nanterre le 3 avril 2012 !
Aujourd’hui, les dalloziens de Bordeaux ont décidé qu’il était temps de remettre dehors Sofiane Hambli, trafiquant notoire, condamné à 14 ans de prison, qui s’était vu promettre une sérieuse remise de peine s’il acceptait de passer commande de plusieurs tonnes de cannabis à son ancien lieutenant, installé en Algérie.
Sofiane Hambli, l’informateur préféré de Françaois Thierry, donc de l’OCRTIS, avait pu téléphoner de sa cellule à Nancy, comme il le faisait régulièrement d’ailleurs ; si ce n’est que dans ce cas précis les agents de l’OCTRIS tenaient à être à ses côtés pour ne rien rater de la séquence et donner en temps réel leurs informations et ordre en Espagne.
D’où l’organisation de la fausse garde à vue.
La fausse garde à vue avait été prolongée, après l’intervention de Véronique Degermann , selon sa collègue de permanence le même jour. Mais pas de chance, Véronique Degermann a perdu la mémoire lorsque les bœufs-carottes de l’IGPN la mettent en garde à vue il y a quelques jours.
Souvenez vous, même Michel Sapin avait trainé son copain François à la DNRED où seule Hélène Crocquevieille, la DG de la Douane française était là pour le recevoir accompagnée bien sûr de l’énarque du service,le directeur de la DOD Erwan Guillemin.
Jean Paul n’était pas là, retenu pour affaires familiales…Savait-il que la DOD allait taper 7 tonnes Bd Exelmans? Jean Paul faisait totale confiance à ses directeurs qui ne lui disaient pas tout! Lui, n’avait pas ses propres taupes auprès de chacun d’entre eux! Depuis, dans son immense sagesse, la DG l’a mis dans un placard comme chef d’un obscur poste à Bordeaux en attendant de connaitre les suites de sa mise en examen décidé par la juge d’instruction parisienne Aude Buresi pour « détournement de fonds publics par négligence« .
La liberté pour Sofiane
Comment ne pas être surpris de cette élargissement décidé par des dalloziens au sens de discernement limité à la seule lecture du Dalloz, la seule chose qu’il semblerait qu’on apprenne à l’ENM.
« L’Etat de droit, se gargarisent-ils à longueur de séances entre deux rires, de quelques remémorations de soirées entre-soit, de vacances passées entre-soit et du prochain mercato-dallozien! »
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Mais revenons à notre affaire de la « Française des Stups » qui défraie la chronique depuis de trop nombreuses années maintenant!
Quid de François Thierry, l’homme qui portait des valises et savait parler à l’oreille des narcos? Pour l’instant, il est toujours payé par les deniers publics!
Quid du magicien Erwan Guilleminn, responsable d’un tour de passe-passe assimilable à une dissimulation de preuves. Il a été mis en examen ? Aura-t-il le courage de démissionner? Mais non, entre énarques, on se soutient! Une promotion, c’est sûr!
Quid de Magalie Noël, la numéro trois de la DRD, le service de renseignement de la DNRED, qui a été mise en examen pour « complicité d’importation et détention en bande organisée de marchandise contrefaite, escroquerie en bande organisée et détournement de fonds publics ».?
Quid de Pascal Schmidt, le responsable de l’échelon DNRED du Havre, qui est poursuivi pour ainsi que pour « complicité d’importation et détention en bande organisée de marchandise contrefaite, escroquerie en bande organisée et détournement de fonds publics corruption passive, destruction de preuves et faux et usage de faux ».
Quid de Vincent Sauvalère, parti en 2014 à l’Office européen de lutte antifraude de Bruxelles, où il dirige l’unité « tabac et contrefaçons ». qui a été, en juillet dernier, la cible de deux perquisitions, à son bureau et à son domicile bruxellois! Il n’est plus à Bruxelles!
Quid du trop confiant Jean Paul Garcia, mis en examen pour « détournement de fonds publics par négligence »?
Quid des « douaniers encaisseurs » de Roissy aux magots établis en Andorre et ailleurs?
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L’agent infiltré NS 55 de la DNRED a été maintenu plus de dix ans en prison sans une seule journée de sortie.
Il a tout au long de ce chemin de croix à 23 stations-prisons rencontré de nombreux fonctionnaires de justice en Japerie incapables de prendre une décision sensée, se planquant tous derrière le sacro saint Dalloz.
Constaté également l’attitude scélérate de François Auvigne le DG de la Douane française comme des administrateurs Thomas et
Extrait de l’Archipel des Soumis écrit par Marc Fievet entre 2002 et 2003
Dans ce contexte, pour une fois, je ne suis pas mécontent de quitter l’Espagne pour la Colombie, même si je dois voyager en compagnie de Carlos Hernandez-Reumbeaut. Je pars à Bogotá pour négocier avec les « parrains » des cartels de Cali et Baranquilla l’enlèvement de quatre à cinq tonnes de cocaïne. À notre arrivée à l’aéroport de Bogotá, nous sommes attendus par deux gardes du corps qui nous font monter à l’arrière d’une Renault 7 -version colombienne de la Renault 5- et nous emmènent vers un immeuble de la 100ème avenue. Parfaitement en évidence, un pistolet mitrailleur, chargeur engagé, est négligemment posé devant le levier de vitesse de notre voiture.
Salle de conférence au 17ème étage d’un immeuble sur la 100ème avenue à Santa Fe de Bogota en Colombie
Cinq membres des cartels de Cali et Barranquilla nous attendent dans une salle de conférence digne des conseils d’administration les plus solennels. Longue table en bois massif ovale et fauteuils recouverts de cuir couleur vert foncé. Sagement assis, ils écoutent attentivement nos exposés et la description de nos moyens logistiques, puis manifestent leur satisfaction par des grognements appuyés faisant office de mots. Lors de cette réunion, personne ne représente Bipe et Cardell, les hommes de Gilberto Rodriguez Orejuela (à gauche sur la photo) que j’avais rencontré à Caracas, mais, le plus âgé des participant à cette table ronde n’est autre que Miguel, le frère de Gilberto (à droite sur la photo). Ce qui me paraîtra surprenant, c’est qu’ils agissent comme n’importe quelle « Cofradia (coopérative agricole) ».
De retour en Europe, j’accélère au maximum les préparatifs du voyage pour la Colombie en expliquant à Mario (Locatelli) que nos commanditaires sont pressés. Je me retiens bien sûr d’ajouter que Joseph Le Luarn, le successeur fossoyeur de Jean Henri Hoguet à la tête de la DNRED est également impatient. J’ai négocié pour un transfert de marchandise de bateau à bateau. Il faut accélérer le déroulement des opérations et modifier toutes les sécurités qui avaient été mises en place pour le Poseidon qui était normalement chargé de cette action.
Le 12 décembre le Pacifico quitte les chantiers de Gdansk (photo au radoub à droite) pour rejoindre Kiel en Mer du Nord. Ralf De Groot le fait visiter quatre jours plus tard à Raymond Leblanc, l’émissaire des trafiquants canadiens. Lors d’une visite de ce Leblanc à Fuengirola, j’avais demandé à Christian Gatard de vérifier le parcours de ce Canadien. Tout se met en place pour le plus vaste transport de drogue jamais réalisé par Mario. Nous sommes même certainement en train de pulvériser un sinistre record mondial.
J’avertis Gatard qui en bâille de plaisir. Rien qu’à imaginer les dix tonnes de cocaïne qu’on va saisir, il imagine déjà, sans aucun doute, les manchettes des journaux : « La plus grosse saisie du siècle… » et les honneurs qu’il ne manquera pas d’en tirer.
Au Liechstentein, blanchiment assuré!
La longue traversée que doit effectuer le Pacifico vers l’Amérique centrale me laisse le temps de faire un saut à Vaduz, au Liechtenstein, charmant paradis fiscal, pour y rencontrer un avocat que Mario (Locatelli) a sorti de sa boîte à malice et que le blanchiment d’argent ne rebute absolument pas.
En recomptant le million de dollars que je lui apporte, il me précise simplement: « –Attention, pour commencer, je ne pourrai vous absorber qu’un million de dollars par semaine. Merci de vérifier que les billets soient toujours remis à mon cabinet, correctement enliassés. »
Quand je pense que des milliers de policiers sont censés remonter les filières de l’argent sale à travers le monde entier et qu’ils n’y parviennent pas, paraît-il, je trouve que les contraintes imposées par l’avocat ne sont pas insurmontables.
Lorsque je fais part de mon étonnement à Christian Gatard en lui communiquant l’adresse de cet homme dit de loi, il passe rapidement à un autre sujet.
Début Janvier, je rencontre Jean Paul Garcia, l’attaché des douanes françaises en poste à Madrid. Je lui apporte les dernières factures que la compagnie anglaise Marconi m’a fait parvenir pour le règlement des factures de communication par satellites du télex embarqué sur le Melor.
Le 16 janvier 1994, dans le port de Paramaribo, le Pacifico qui est un navire de commerce tout à fait respectable, charge ainsi de la ferraille qui sera recyclé dans une usine du Canada. L’affréteur qui assure les enlèvements a prévu de nombreuses brèves escales à Georgetown, au Guyana, puis à Willemstadt au Curaçao, et enfin Puerto Odaz, au Venezuela avant de permettre au capitaine du Pacifico de retrouver son indépendance et son autonomie pour passer aux choses sérieuses.
Des petits avions bimoteurs venus de Colombie doivent larguer au lever du jour huit tonnes de cocaïne autour du Pacifico loin au large des côtes du Venezuela. L’équipage les récupèrera avec les Zodiacs embarqués à bord comme canots de sauvetage, lors de l’escale à Kiel.
L’opération n’est déclenchée que le 7 février 1994. Installé à Montréal, Mario (Locatelli) est régulièrement informé de la manœuvre par radio. Son compère Carlos Hernandez-Rembeault est aussi à Montréal et négocie l’enlèvement qui suivra cette première opération. Il tombe d’accord sur dix tonnes de cocaïne qui seront transbordées sur le Pacifico qui a déjà retenu du fret au départ de Philadelphie pour le Liban. Il est prévu qu’au passage en
Méditerranée, au sud de la Sardaigne ; le motor yacht Sea Harmony (photo ci-dessus à droite) récupérera la marchandise avant de la décharger sur Propiano.
Mais, pour l’heure, nous n’en sommes qu’au début des opérations et je suis chargé de superviser la partie technique du parachutage par téléphone depuis l’Espagne. Avisé de conditions météorologiques détestables je décide d’interrompre l’opération et j’interdis au pilote d’un avion-cargo un dernier largage de trois tonnes. J’estime que l’état de la mer que l’on me décrit ne permettrait plus de récupérer la marchandise.
Les narcotrafiquants se mettent au marketing…
Pierino Divito
Au total, ce ne sont donc finalement que cinq tonnes quatre cents de coke – et non huit comme prévu – qui seront récupérées par l’équipage et cingleront vers le Canada, ce qui constitue tout de même un record. Autre grande première dans le monde du commerce illicite : non seulement les ballots de drogue sont livrés en même temps par plusieurs fournisseurs, mais la marchandise est également destinée à deux circuits différents: Carlos Hernandez-Rembeault pour l’organisation de Pierino Divito, et les Colombiens Bipe et Cardel.
Alors que le Pacifico approche de la Nouvelle-Écosse au Canada, les ballots de cocaïne reliés entre eux par un cordage sont jetés à la mer. Ils sont récupérés par un bateau de pêche, le Lady Terri Anne qui met aussitôt le cap sur le port de Shelburne. À peine arrivé à quai, le bateau est laissé au seul contrôle d’un homme d’équipage et ne sera envahi par une cohorte de policiers que plusieurs heures plus tard. La drogue est rapidement découverte et les responsables de la Gendarmerie Royale clament sur toutes les ondes : « C’est la plus grosse saisie jamais réalisée à ce jour dans le monde. »
Dans le même temps, suite aux informations données par Raymond Leblanc au gendarme Fournier, le Pacifico est arraisonné en haute mer et dirigé vers Halifax. Des enquêteurs hélitreuillés fouillent le bord, ne trouvent bien sûr plus de drogue, mais se régalent avec des télex dont ils attribuent l’origine au propriétaire supposé du navire: c’est-à-dire moi.
La situation devient parfaitement ubuesque
Alors qu’ils devraient me remercier, et m’offrir le champagne pour la formidable saisie record que je viens de leur servir sur un plateau, les Canadiens me condamnent!
En effet, dès le 7 février, sans même consulter les douanes françaises, les Anglais et les Canadiens font établir un mandat d’arrêt contre moi et contre Mario, m’imputant une conspiration depuis 1991, alors que je n’ai jamais mis les pieds au Canada.
Mon officier traitant de Nantes ne réagit pas.
C’est David May le représentant à Paris de la DEA, la Drug Enforcement Administration, qui monte à Londres fin mars pour prendre ma défense et demander aux douaniers anglais de suspendre les poursuites contre moi.
En revanche, la Douane et la DNRED, mes employeurs français, eux, ne semblent absolument pas concernés par ce qui arrive et se soucient comme d’une guigne du mandat lancé contre moi. Par contre, je rencontre bientôt le nouveau directeur de la DNRED, Bernard Puyanet, en compagnie de Gatard dans une brasserie de la place de la Bastille et il me promet une prime de trois millions de francs si je réussis à faire charger le Sea Harmony (ici à droite au mouillage) toujours en réfection à Saint-Martin.
Afin que je puisse continuer à coopérer et à voyager, j’utilise mon passeport établi au nom de Charles-Henri de Bossieu et le divisionnaire Hervé Maignier, d’un aller retour à Jersey, s’est assuré que la photo y figurant est suffisamment sombre pour qu’on ne puisse pas comparer avec celle fournie par les Anglais pour le mandat d’arrêt. Me voilà tout à fait rassuré…Plus même, Hervé, lors de son déplacement à Jersey pour sécuriser cette identité, a désinformé les services de Jersey et téléphone aussi dès son retour à Nantes aux services anglais pour tenter d’obtenir des informations sur un certain Mark Van de Velde, une des identités que j’ai utilisée pour l’opération contre l’IRA.
La réponse des Anglais est formelle, Van de Velde est inconnu par les services de sa très gracieuse majesté! Par hasard, je réussis à faire dire à Jo Le Squere que les numéros de télex relevés sur les factures de Marconi remises à Jean Paul Garcia à Madrid, ont permis de savoir que mon navire, le Melor (ici à gauche au départ de Rotterdam), alors qu’il était chargé de plus de trente tonnes de cannabis afghan, était en communication avec un télex sur liste rouge dans le département du Var en France et avec une grande banque américaine de New York. Je ne pourrais pas obtenir le nom et l’adresse de ces correspondants !
Par ailleurs, une réunion est organisée par Christian Gatard et Hervé Maignier dans un hôtel du XVe arrondissement avec un agent du TRACFIN, service rattaché au ministère des Finances chargé du traitement du renseignement et de l’action contre les circuits financiers clandestins. C’est évidemment de l’ouverture de ma banque à Zagreb que je dois l’entretenir. Je m’aperçois très vite que cet agent est à mille lieux des réalités. Ficelé à ses certitudes, et à sa culture livresque, il ne me croit pas et préfère s’en tenir à ses dossiers. La fin de la réunion sera marquée par une démonstration éloquente de l’attitude de certains de nos chers fonctionnaires qui ne pensent avant tout qu’à leur petite carrière. J’osais suggérer à l’homme du TRACFIN de démissionner puisqu’il reconnaissait ne pas pouvoir agir efficacement; il s’exclama en se dressant debout:
–Certainement pas!
L’humour ne semblait pas être apprécié par ce fonctionnaire de Bercy.
Ambassade des États-unis à Paris
Brusquement très demandé, je parviens pourtant à caler un rendez-vous avec mon « défenseur » David May à l’ambassade des Etats-Unis à Paris. Son homologue du bureau de Rome fait le déplacement pour me rencontrer à cette occasion et les deux hommes me prient d’effectuer pour eux une série de photos du Sea Harmony. Le même jour, à la demande de Hervé Maignier, je révèle aussi l’exact rôle du juge Domenico Catenacci à l’attaché de la police italienne à Paris. Puis je prends l’avion pour Saint-Martin via Pointe-à-Pitre. A mon retour je remets les photos du Sea Harmony à David May qui me donne chichement dix mille dollars après m’avoir fait signer un reçu de caisse pour une mission officielle parfaitement bidon au nom de Marc Fiévet alors que j’étais entré sous l’escorte de Jo Le Squere et Hervé Maignier à l’Ambassade américaine avec mon identité de Charles Henri De Bossieu.
La réunion à Pornic avec la DEA
Le 8 juin 1994, une nouvelle réunion au sommet se tient dans une villa du Pornic, sur la côte bretonne, à coté de Nantes. Christian Gatard ne vient pas, je le vois de moins en moins.
Ce sont Jo Le Squere et Hervé Maignier qui nous reçoivent David May et moi.
D’emblée, David May (photo à gauche) , mon « défenseur américain » m’informe:
-« Ce matin, à Tampa, en Floride, il y a quelque heures, dans nos bureaux, installés au Département de la Justice, nos agents de la DEA ont transmis tous les renseignements que vous nous avez fournis sous le nom de code NS55 au gendarme Michel Fournier, représentant de la Bathurst Drug Section de la Police Montée canadienne. Ces renseignements portent essentiellement sur l’organisation mafieuse de Mario, Claudio Locatelli de son vrai nom et sur ses trafics de drogue. La liste des numéros de téléphone qu’il utilise nous a été précieuse. Merci. »
Une fois de plus je me tourne vers Jo Le Squere:
–Mais pourquoi nous n’arrêtons pas Mario tout de suite ? Pourquoi laisser les Canadiens prendre ça en main ? Vous voulez que je lui passe les menottes moi-même ?
David May, l’homme du DEA Paris s’énerve:
–Mario, on l’arrêtera quand on voudra. C’est nous qui décidons.
Hervé Maignier renchérit:
–Le cas échéant, si c’était utile dans l’intérêt du service, est ce que tu serais prêt à le descendre?
je crie alors:
–Mais t’es cinglé…T’es complètement ravagé ! C’est hors de question…
Cette simple idée me donne envie de vomir. Je suis outré que l’on ose seulement envisager cette hypothèse, mais pour Hervé, il imagine cette option comme tant d’autres ! J’ai hâte de quitter les lieux et de me rendre à Marseille où j’ai rendez-vous avec Pino et Lucien. Je dois leur confirmer qu’après tous ces déboires leurs dix tonnes de drogue seront bien livrées en Corse par le Sea Harmony.
Quand et comment, je ne sais pas encore!
Les services pour « protéger » NS 55…ne le suivent plus!
Pour garantir ma sécurité, aucune couverture par les services qui ne me couvrira donc pas… Déjà que David May m’avait dit qu’il n’était pas envisageable de prévenir les Espagnols de mon infiltration, ne pas me suivre dans ces prises de contact n’était qu’une anomalie supplémentaire. Après un bon repas dans un restaurant au pied du château d’Anne de Bretagne à Nantes, j’appelle Mario (Locatelli) à partir du téléphone portable de l’agent DEA de Rome. Mario (Locatelli) m’informe avoir été en contact le jour même avec Gilberto (ici à droite), un des frères Rodriguez Orejuela….Gros poissons, puisque ce sont eux les successeurs de Pablo Escobar!
Les mecs du DEA sont satisfaits!
Je retourne sur la Costa del Sol, mais je repense, sans cesse, à notre dernière conversation dans le bureau de Christian Gatard à Nantes. J’ai dit à Jo Le Squere que j’irai jusqu’au bout et que je mettrais Pasqua au placard. David May est resté interloqué et sa suprême laideur, dont il use pour provoquer ses interlocuteurs par des manœuvres déstabilisatrices, ne me permettra pas de constater la moindre réaction…Mais, les gens du DEA connaissent bien les réseaux de Monsieur Pasqua. Les dernières informations recueillies à Marseille m’ont encore conforté dans ma position jusqu’au-boutiste ! Ce type qui est ministre de l’intérieur et qui vient, fort de sa position de ministre des cultes, de rencontrer Monseigneur Tauran, le ministre français des affaires étrangères du Vatican, le N° 3 du Pape, pour « s’occuper » de Jacques Gaillot, cet évêque impudent par les propos tenus dans son livre Coup de gueule contre l’exclusion contre lui, Charles Pasqua, le tout puissant magouilleur de la Vème république, ne mérite absolument pas la moindre réserve dans mon action. Bon d’accord, avec Jacques Gaillot, il ne va pas mobiliser l’arrière garde du SAC et refaire un « Auriol bis », mais sa position dominante de ministre va lui permettre d’obtenir la tête de Jacques Gaillot.
Ah, le terrible Monsieur Pasqua comme aimait à le dire François Mitterrand!
La DNRED connaît tout ça, et même plus, après tout que du normal pour un service de renseignement, comme sur la nébuleuse Tranchant, oui, oui, Georges Tranchant, l’ex député RPR, à qui d’ailleurs des douaniers, égarés sans doute, piquèrent un gros paquets de biffetons en partance pour la Suisse!
La DNRED connaît aussi Benjamin, l’un des fils qui faisait de la trésorerie… avec son jet!
Mais tout ça ne doit pas être révélé au grand public et nos gabelous sont d’une discrétion à toute épreuve!
Ah mon bon monsieur, au Bourget, ils savent quand il le faut s’absenter ! Discret, prudent, réservé, voire effacé jusqu’à l’insignifiance, telles sont les qualités indispensables du fonctionnaire de base…Surtout ne pas découvrir quelques turpitudes commises par nos puissants! Encore mieux que le « secret défense »! Pour un fonctionnaire, cela correspondrait à coup sûr à un arrêt de mort pour le moins dans sa trajectoire professionnelle s’il persistait dans le constat de tels méfaits… Pour souvenir, ce gabelou qui fut sanctionné pour avoir osé constater qu’une intellectuelle qui accompagnait un président de la République avait profité de son voyage pour s’approvisionner en poudre colombienne…
La Françoise Sagan se faisait aussi envoyer par la poste sa consommation et un jour, les agents de la DNRED qui ne pourront intervenir qu’après avoir eu l’accord de Jean Dominique Comolli, le DG de la Douane, saisissent 75 grammes de coke. Toi, le lecteur, tu penses que le procès verbal qui va être établi entrainera des poursuites…! Mais tu rêves! Non, seulement un classement sans suite par le parquet!
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Mario (Locatelli – photo à droite) a été arrêté en douceur le 6 septembre 1994 à Madrid. C’est Christian Gatard qui me l’a annoncé. Ça s’est passé dans un restaurant où il dînait avec son conseiller, le magistrat Domenico Catenacci, son cher avocat Pascuale Ciolla et sa fidèle secrétaire, la suissesse Heidi Hoffmann. Dans la valise de Domenico Catenacci qu’il avait à ses pieds, les policiers trouvèrent l’équivalent de 200 000 dollars et, vu sa « qualité », le magistrat Catenacci ne subit que quelques heures de retenue policière. L’avocat Pascuale Ciolla, lui, restera quelques semaines en détention.
Marc Fievet sera arrêté le 23 septembre 1994 à Fuengirola en Espagne par Interpol et découvrira que la DEA qui finalisait l’opération DINERO n’avait pas informé l’agent NS 55 de la DNRED! Marc Fievet attendra 33 mois pour arriver au Canada via Madrid et Londres, bénéficiant alors des meilleurs attentions carcérales.
Contraint par la Douane française à plaider coupable, sans avocat, Marc Fievet sera condamné par la Cour provinciale de Bathurst au Nouveau-Brunswick le 5 août 1997 à… perpétuité!
De retour en France, c’est la poudre d’escampette!
Le DG François Auvigne (photo à gauche), malgré les demandes réitérées de Jean Puons, le directeur de la DNRED pour faire respecter les engagements pris à l’égard de l’agent NS 55 et le faire libérer, refusera d’intervenir, n’ayant pas, d’après lui, à assumer les actions de ses prédécesseurs.
La continuité du service de l’Etat sera passée à la trappe par cet inspecteur des finances qui sera le seul, à ma connaissance, à demander à quitter son poste de DG de la Douane française!
Avec Christophe Pech de Laclause, son avocat français, Marc Fievet dépose plainte pour complicité de trafic de drogue et subornation de témoins contre X.
Pour Maitre Pech de Laclause: « Puisque Fiévet travaillait pour les douanes, son supérieur hiérarchique, et pourquoi pas le ministre du Budget, n’auraient-ils pas dû comparaître à ses côtés devant le tribunal canadien ?
La juge d’instruction Sophie Clément rendra un non-lieu en 2006…
Dans ses conclusions, la magistrate reconnaît que Marc Fiévet ne s’est pas livré à un quelconque trafic de stupéfiants, puisqu’il était chargé d’infiltrer un réseau et donc… qu’il n’est pas un narcotrafiquant.
Pourtant Marc Fievet subira 3 888 jours d’enfermement dans 23 prisons d’Espagne, d’Angleterre, du Canada et de France!
Extrait de l’Archipel des Soumis, écrit par Marc Fievet entre 2002 et 2003
Lu sur « Le blog de KShoo » – paru le 28 décembre 2017
Pas moins de 11 tonnes de résine auraient ainsi été interceptées par la vénérable institution policière elle-même impliquée dans l’une des plus rocambolesques affaires de corruption connues à ce jour.
S’agirait-il là d’une nouvelle manœuvre visant à occulter les minables résultats d’un dispositif répressif n’ayant jamais atteint ses objectifs sauf s’il s’agissait de dynamiser le crime organisé. Jamais celui-ci n’a autant prospéré, appuyé désormais par tout un panel de milliers de petites mains employant les outils que la technologie numérique met désormais à leur disposition, leur permettant d’assurer l’approvisionnement des millions d’usagers que compte notre pays.
En à peine 10 ans, nous sommes passés du vulgaire deal de rue aux « fours », ces véritables centres commerciaux des drogues où peut venir se ravitailler tout un chacun.
Des lieux bien connus d’une police impuissante, extrêmement bien organisés aussi et dont les « gérants » semblent n’attendre qu’une réforme de la loi pour mener leur activité en toute légalité.
Un simple coup de fil permet dorénavant de commander les substances de votre choix, en toute quiétude, livrées à domicile en scooter. La banalisation de ce négoce est telle que la plupart des revendeurs propose cartes de fidélité et autres « petits cadeaux » aux client(e)s les plus régulier(e)s.
Un commerce s’apparentant à un service, délivré par une multitudes de « start-up » dédiées à cette filière. La vente sur Internet à travers le « Dark Web » demeure, elle, anecdotique. Dénoncée dans les médias, elle ne sert que d’outil de propagande pour stigmatiser ce qui reste de libre sur le réseau numérique mondial.
Ces saisies records ne peuvent nous faire oublier le formidable échec de la prohibition que certain(e)s persistent cependant à soutenir. Il en est ainsi du gouvernement de notre sémillant Président qui, plutôt que de suivre la voie du téméraire Premier Ministre Canadien, M. Justin Trudeau, a décidé de confier au très sécuritaire Ministre de l’Intérieur, un domaine dévolu normalement à celui de la Santé. Joli coup de pression opéré par les services judiciaires, policiers et militaires à l’occasion d’une autre imposture, la prétendue « mission d’information parlementaire relative à l’application d’une procédure d’amende forfaitaire au délit d’usage illicite de stupéfiants » pour laquelle les associations d’usagers et autres acteurs de la réduction des risques, ont été écoutés sans pour autant être entendus courant septembre.
Cette mainmise des forces de l’ordre est d’autant plus préoccupante que celles-ci ne devraient avoir d’autre rôle que d’appliquer le Droit et non d’en débattre.
Leur témoignage est précieux certes, mais à bien y réfléchir, il n’a d’intérêt que pour souligner le naufrage du système répressif en place, son incapacité à juguler l’offre et la demande de stupéfiants. Leur avis est en cela purement anecdotique et ne devrait par conséquent pas interférer dans un débat n’intéressant que la santé et les libertés publiques. Il n’en est pourtant rien, ce que l’ensemble des organisations antiprohibitionnistes déplorent.
En attendant, ce sont toujours les mêmes qui trinquent, les jeunes que l’État prétend protéger tout en encourageant leur stigmatisation à coup de contrôles policiers incessants menant parfois à de retentissantes bavures. Des jeunes des quartiers populaires le plus souvent, principalement issus des « minorités visibles ». Pas un mot sur les millions de cannabinophiles intégrés, de tous âges et de toutes catégories socio-professionnelles, cette multitude d’individus invisibles aux yeux des autorités mais qui constituent cependant la principale substance du peuple de l’herbe.
Viendra bien un jour où les Droits et les Libertés individuelles prévaudront sur une approche morale anachronique d’un autre temps.
Mais malgré cette évidence, il faudra faire preuve d’un courage politique à toute épreuve tant le terrain est miné depuis près d’un siècle de « guerre à la drogue ». Un déminage que seul un débat serein, exempt de passion et d’irrationalité, peut apporter. Mais encore faudrait-il que les croisé(e)s de ce dogme, bien que dépourvus d’argumentation raisonnable, ne viennent le polluer avec leurs habituels messages anxiogènes.
En France contemporaine, il est régulièrement précisé que l’on n’intervient jamais dans une affaire judiciaire en cours et qu’une fois la chose jugée, on ne s’autorise pas à commenter la décision des fonctionnaires de justice que sont les « dalloziens » magistrats.
Et pourtant!
Trop souvent, il m’est arrivé de constater que des décisions contradictoires émanant de juges indépendants que sont les juges d’instruction n’arrivaient pas à faire changer les décisions de jugement émises par certains dalloziens du siège.
Trop souvent, il m’est arrivé de constater que nos éminents dalloziens aimaient clôturer un dossier sans pour autant avoir personnellement réussi à se convaincre de la justesse des décisions qu’ils prenaient!
Trop souvent, j’ai constaté que dans les dossiers d’affaires importantes, les manipulations et autres petits arrangements dans le traitement ou l’interprétation des procès verbaux pouvaient transformer un innocent en coupable ou un coupable en innocent!
Trop souvent, je constate que nos grands pouvoirs de la société actuelle française que sont les sociétés du CAC 40 (ACCOR HOTELS, AIRBUS GROUP, AIR LIQUIDE, ARCELORMITTAL, ATOS, AXA, BNP PARIBAS, BOUYGUES, CAPGEMINI, CARREFOUR, CREDIT AGRICOLE, DANONE, ENGIE, ESSILOR INTERNATIONAL, KERING, LAFARGE HOLCIM, LEGRAND, L’ORÉAL, LVMH, MICHELIN, ORANGE, PERNOD RICARD, PSA GROUPE, PUBLICIS, RENAULT, SAFRAN, SAINT-GOBAIN, SANOFI, SCHNEIDER ELECTRIC, SOCIETE GENERALE, SODEXO, SOLVAY, STMICROELECTRONICS, TECHNIPFMC, TOTAL, UNIBAIL-RODAMCO, VALEO, VEOLIA ENVIRONNEMENT, VINCI, VIVENDI), les hauts fonctionnaires (ENA, EHESP, INET, Polytechnique, Science Po, MINES etc.etc qui font pour la plupart des allers-retours entre privé et public),les gouvernants (Ministres et secrétaires d’état), les parlementaires (députés et sénateurs), les forces régaliennes de maintien de l’ordre (Police, Gendarmerie, Douane et services spéciaux), la Justice (indépendante…) et les médias (pas franchement indépendants, mais parfois instrumentalisés par des magistrats), bénéficient tous de la possibilité de s’adjoindre un partenaire supplémentaire, dés que besoin, qui s’appelle Alzheimer. Ce dernier permettant des pirouettes procédurales dans les affaires sensibles que doit gérer la justice aujourd’hui et arranger la sauce pour qu’elle paraisse vraisemblable aux yeux du peuple!
Et reste toujours à disposition le « secret défense », l’arme fatale pour protéger les turpitudes de nos puissants!
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Mais revenons aux affaires DNRED et OCRTIS
Dans l’ affaire de l’OCRTIS, comme dans celle de la DNRED il est certain que des individus de chacun de ces grands services ont eu des comportements pour le moins inappropriés, voire crapuleux pour ne pas dire criminels dans la tache qu’ils étaient sensés accomplir.
Des sanctions auraient du tomber, mais trop souvent ce sont des promotions qui récompensent les incapables, les incompétents et même les déviants !
Pourtant, il me semble que les magistrats qui semblent découvrir aujourd’hui toutes ces irrégularités ont fait preuve de grande naïveté ou… de complaisance!
Par exemple, comment imaginer à la lecture des fiches et affaires conclues sur l’ensemble du territoire français voire à l’international, par la mise en œuvre de MYRMIDON, que nos magistrats ne savaient pas, ignoraient tout et que c’est grande découverte aujourd’hui des actions menées par l’OCRTIS de François Thierry qui n’étaient que la continuation des opérations menées par l’OCRTIS depuis les années 1980. C’était l’époque de Mario Le Corff. (Ces magistrats auront-ils à assumer une quelconque responsabilité? J’en doute!)
Toutes ces opérations ont été inspirées par les actions douanières de la DNRED lorsque ses agents se retrouvèrent à lutter contre les narcotrafiquants alors qu’ils faisaient surtout dans la poursuite des valises de fric.
A l’époque, il fallut donc inventer de nouvelles méthodes pour obtenir des résultats. Ce qui était nouveau, c’était l’infiltration d’agents et Jean Henri Hoguet qui était aux manettes avait demandé et proposé une loi inspirée de ce qui se faisait aux USA. Le texte fut transmis par le ministre Michel Charasse au ministère de la justice, lequel répondit au bout de plusieurs mois que ce qui était demandé était… » anticonstitutionnel « …!!!
Jean Dominique Comolli, le DG de la Douane française d’alors, savait, comme le Directeur du Trésor, comme toute la hiérarchie douanière. Oui, tous savaient! Mais… souffrirent d’amnésie lorsqu’ils furent questionnés!
Les flics, à l’époque, n’avaient pas hésité à utiliser des méthodes douteuses pour « saper » les actions douanières. Et il est savoureux de noter que lorsque les flics ont fait incarcérer six douaniers avec la complicité d’un juge d’instruction, Michel Charasse a pu faire voter à l’unanimité en 15 jours une loi autorisant l’infiltration, plus l’amnistie pour les douaniers.
Peu après, lors de la visite que Michel Charasse rendit à Marc Fievet à San Pedro d’Alcantara à l’Hotel Puente Romano, le ministre se confia longuement sur l’incapacité des juges à gérer et juger des situations d’actions spéciales des services de l’Etat.
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Des magistrats incapables du discernement nécessaire dés que l’on aborde des affaires de services spéciaux.
En effet, alors que les comportement individuels délictueux devraient être sanctionnés avec la plus grande sévérité, nos dalloziens préfèrent jeter l’anathème sur l’ensemble des services indispensables à la société actuelle totalement minée par la drogue et ses effets dévastateurs.
Qui laisse fuiter tous ces documents dans une presse avide de lecteurs pour mieux vendre sa publicité?
Qui jette le discrédit sur nos régaliennes entrainant, pour la sacro-sainte transparence, le merdier dans lequel vivent aujourd’hui nos fonctionnaires de la Police, de la Douane et les militaires de la Gendarmerie?
Qui, si ce ne sont que les décideurs dont les décisions ne peuvent être remises en cause!
Le cas « exemplaire » de José Dirceu, confident de Lula
C’est une dénonciation tardive, celle-là, qui révèle une fois de plus l’ampleur de la corruption rampante au Brésil: celle d’un lobbyiste bien en cours à une époque, appelé Milton Pascowitch.
Avec au cœur de l’affaire à nouveau un avion.
C’est en fait l’informateur qui a mis en route l’Opération Pixulexo, un dossier supplémentaire à l’intérieur des enquêtes de l’épais dossier Lava Jato, qui ressemble en fait à des poupées russes avec des affaires imbriquées les unes dans les autres. Selon cet informateur, il aurait en effet fourni gracieusement un jet à l’ex ministre José Dirceu de Oliveira e Silva. L’homme n’est pas n‘importe qui : ex-embre d’un groupe révolutionnaire armé dans les années 60 (il avait été le chef de la contestation étudiante contre le régime militaire) fondateur du Parti des travailleurs devenu son président de 1999 à 2002, très proche de Lula (ils sont ensemble ici à droite), le confident de l’ex-président a été surnommé Raspoutine, par ses détracteurs, tant son influence sur l’ex-président a été grande auprès de lui. C’est lui l’instigateur du « mensalao », ce procédé véreux consistant à verser des pots-de-vin aux membres du Congrès pour obtenir l’approbation de certaines lois allant dans le sens du gouvernement. Ce que révèle Pascowitch, c’est que c’est lui en tout cas à qui a en effet offert une part de l’achat d’un Cessna Citation 560 XL (soit 1.071.000 de reals) avec de l’argent provenant des pots-de-vin du plan de corruption installé à Petrobrás, ceci au nom de l’entreprise-écran de Pascowitch, la société Jamp Engineering (ici le dossier de justice le précisant). Selon le procureur qui a hérité de l’affaire, c’est un autre lobbyste de la société Jamp Engineering, Julio Camargo, qui avait tout d’abord réglé les frais des voyages effectués par l’avion avec à bord Dirceu, sans que ce dernier n’injecte de l’argent dans l’appareil, donc. Pour dissimuler l’usage fréquent de l’avion, Dirceu et Camargo en étaient arrivés un peu plus tard à rédiger un protocole d’accord entre eux, selon lequel Milton investissait 1,071 millions de reals dans la société appartenant à Julio Camargo, José Dirceu devenait ainsi le propriétaire déguisé et caché d’ 1/3 de la valeur de l’avion. Selon le procureur, il s’était bien agi d’une acquisition cachée en effet et d’un pacte rédigé de corruption évidente. Un magazine avait dénombré 113 vols à son bord, totalisant 105 000 kilomètres, l’équivalent de deux tours et demi au monde !!!
Tout un système de corruption L’enquête avait fait remonter à la surface deux paiements douteux, effectués par JD Assessoria e Consultoria, une société de l’ancien ministre, soupçonnée d’avoir participé à Lava Jato. JD Assessoria e Consultoria, aurait été utilisé par Dirceu pour masquer la réception des pourboires provenant des détournements de fonds de Petrobras (s’inscrivant donc dans le dossier Java Lato. Deux avions étaient cités dans l’enquête : le fameux Citation Excel, immatriculé PT-XIB et un autre, plus petit, un Citation Mustang numéroté PP-EVG (ici à gauche et là en photo à Canela en 2011). C’est le premier qui avait été « acheté » par Dirceu en 2011, avant qu’il ne le revende en voyant venir les enquêteurs vers lui. Le deuxième est détenu par la société Riomarine, et a aussi été utilisé par Mario Goes, selon le blog O Antagonista (3).Un site qui avait retrouvé photo à l’appui (ici à droite) un autre Cessna immatriculé PR-BRS dans lequel Lula avait voyagé avec sa femme (photo ici à droite). Pour trouver que l’avion appartenait à une société appelée « Brasif Duty Free Shop » dont le propriétaire était le même que celui du Citation 560L PT-XIB !!! Un PT-XIB racheté depuis par Rui Thomaz de Aquino, qui a aussi été le président de TAM Táxi Aéreo.
L’avion était passé entre-temps entre les mains d’Ailanto Marketing, une société créée par Ricardo Teixeira (président de la Fédération brésilienne de foot) en connivence avec l’espagnol Sandro Rosell, l’ancien président du club de Barcelone (aujourd’hui derrière les barreaux, il a été arrêté en 2014, puis à nouveau en 2017, on revient toujours au football au Brésil !!!).
Le Brésil est handicapé par sa géographie, qui oblige ses politiciens à se munir de jets privés s’ils veulent se faire voir partout.
Le réseau ferré est en effet inexistant et les routes sont loin d’être toutes en bon état. Mais il l’est aussi par son agriculture qui utilise à foison des pesticides (c’est le royaume de Monsanto (1)) et jonche le sol de pistes de décollage disséminées partout dans le pays. Des pistes propices aux trafiquants, qui n’a aucune difficulté à recruter des pilotes d’épandage, comme on l’a vu. Tout cela sous le regard bienveillant de politiciens qui se partagent le gâteau (fourré à la coke). Ce qui mène jusque Jaime Campos, André Puccinelli ou même José Dirceu, un homme très proche de Lula. Avec lui, on se rapproche de plus en plus du sommet de l’Etat.
Les politiciens leurs grandes propriété et leurs avions agricoles
Les politiciens brésiliens sont donc aussi parfois, et c’est logique, des agriculteurs. Ou plus exactement de grands propriétaires terriens, avec ce que l’on vient de voir, localisés plutôt dans le sud du pays et le Mato Grosso essentiellement, et ils possèdent des jet privés mais aussi aussi des avions épandeurs, comme le rappelle ici la presse nationale : « une enquête menée par le site Contas Abertas, basée sur des données publiées par le Tribunal électoral suprême (TSE), révèle que 49 politiciens en lice pour les élections de 2014 ont déclaré avoir 63 avions. Ensemble, ils représentent environ 43,5 millions de reais. La liste comprend cinq candidats pour les élections au Mato Grosso: le député d’état Zeca Viana (PDT, ici à gauche devant un de ses tracteurs); le député d’état Nininho Bortolini (PR); l’homme d’affaires Paulo Gasparato (PSD); l’ancien maire de Juara, Oscar Bezerra (PSB); et Silvio Delmondes (PSD). Avec un capital total de 87 millions de reais, l’adjoint Zeca Viana, l’un des principaux articulateurs de la campagne du sénateur Pedro Taques (PDT) auprès du gouvernement du Mato Grosso, se classe au 11ème rang de la liste du site. Le parlementaire a déclaré devant le Tribunal électoral qu’il détient un quota de 50% de chacun des cinq avions qu’il possède. Parmi les modèles, il y a des avions agricoles et un avion Ipanema. La valeur estimée de l’avion dépasse 3 millions de reals ( environ 792 000 dollars)».
Outre les treize fermes (?) lui appartenant, on retrouve facilement les cinq avions appartement à Zeca Viana, dont la fortune à bondi de 1644% en 4 ans, note également finement Keka Werneck : « entre 2010 et 2014, les actifs de Zeca Viana (PDT) sont passés de 5 millions de reals 87 millions » !
Cela représente 82 millions de reals de plus en seulement quatre ans. Il est le candidat parlementaire le plus riche du Mato Grosso ». On lui trouve tout d’abord, en épluchant sa déclaration de campagne électorale, un Air Tractor AT-4028-1222 de 2009 valant un demi-million de dollars (579 000 dollars exactement), et en « copropriété » à 50% des autres Air Tractor plus récents (de 2013) le T502B-2927 (ex N10028 ici sur la droite), et l’AT502B-2929 (ex N1005Z ici à gauche), plus un Embraer Ipanema modèle BEM 202 (comme celui-ci) immatriculé PT-USQ (l’engin est vendu dans les 230 000 dollars neuf), soit environ 870 000 reals). En enfin le cinquième appareil lui appartenant et qui n’a rien d’un avion agricole, c’est un Beechcraft Baron 58 (ici à droite) lui aussi détenu à 50%, le N° TH1924, l’ancien N717VP aux USA devenu PR-JGV au Brésil (l’avion n’a pas été repeint comme on peut le constater ici à droite).
Des propriétaires politiciens qui ne respectent pas les lois…………..
Le monde de la Banque, pas beaucoup mieux que celui des trafiquants.
Les frères Roberto et José Carlos Acevedo
Une mise en scène des saisies ?
A-ton assisté en 2015 à une mise en scène des avions saisis au Paraguay et regroupés à Asuncion sous un hangar particulier ? Oui, très certainement. Le but politique étant de montrer qu’on s’occupait du problème… en apparence, en le laissant se poursuivre en fond.
Un avion particulier va bien servir aux politiciens, comme on va le voir un peu plus loin. Les appareils montrés à Asuncion sous un hangar sont bien une des clés du problème, en tout cas, comme l’affirmait déjà l’épisode précédent.
Revenons à ce fameux hangar ouvert, construit dans les premiers mois de 2012, situé pas loin des hangars de Latourrette & Parini, de ceux du PAS ou de l’immeuble contre lequel a été adossé le Hawker 700 (tous déjà vu ici, je n’y reviens pas), un autre avion saisi comme on la vu.
Voilà pour le décor:
Le hangar, Google Earth nous le prouve (cf ci-dessous), a été construit entre janvier 2012 (première image ici à gauche) et août 2012 (deuxième cliché ici à droite) sur un emplacement où étaient stockés trois vieux C-47B Skytrain (DC-3) militaires paraguayens scrappés à cette époque (un DC-3 demeure préservé sur la base de Nu Gauzu de Campo Grande). En octobre 2014, on peut voir sur l’extérieur vers l’ouverture située à l’ouest, ce qui semble être un grand Cessna 208 (troisième image sur la droite au premier rang. Peut-être bien le ZP-BZP aperçu ici chez Laourrette en 2015 et ici le 23 juillet 2016 au Florianópolis Hercílio Luz, au Brésil.
Ce n’est qu’en 2015 que le hangar ouvert à tous les vents a servi à montrer les avions saisis qui ont réunis sont sous son toit lors de leur exposition médiatique, comme on a pu le voir plusieurs fois ici. Dès 2016 ces appareils sont déplacés à l’extérieur côté nord, cinq sortis également ou ramenés sur place étant alignés au sud. Parmi ceux-ci, celui que l’on distingue le mieux demeure un appareil à l’avant et aux ailes bleu-violet, mais qui ne correspond par pour autant au fameux CP-2657 qui avait les ailes blanches. Un avion jaune à aile basse haubanée semble bien être un avion agricole, deux avions à aile basse monomoteurs l’entourent, type Beechcraft 36 ou Embraer Corisco. Un seul bimoteur est visible au sud, de type indéterminé. On rappelle que ce n’est qu’en 2017 que l’on arrêtera les fonctionnaires de la Dinac qui falsifiaient les appareils et les maquillaient avec comme tête de file Jesus Rios, un ancien colonel. Les avions étaient modifiés dans le Hangar N°10 d’Asuncion par le mécanicien en chef Rubén León Téllez, employé par la Dinac. Il possédait sa propre entreprise appelée « Airparservice » société qui affichait encore en 2014 un Cessna 401 bimoteur dans sa page Facebook, le montrant à l’extérieur notamment le 25 mars 2015. Un appareil qui questionne, lui aussi, car en 2010 encore il affichait les couleurs de la « Navale » paraguayenne, qui existe en effet bel et bien. Sur le premier cliché en haut, l’appareil est présenté sur le côté du hangar d’Aeromecanica, à Asuncion toujours. Un hangar dont nous reparlerons très bientôt ici-même.
La découverte d’un appareil appartenant aux militaires et passé dans le domaine civil interpelle en effet. A-t-il été vendu et comment ? Est-ce dans une procédure comme celle de la vente des domaines en France ? On l’ignore. Cela questionne en effet, comme son usage tel ci-dessus « quelque part dans un endroit au Paraguay » comme le précise son nouveau pilote en commentaire de la photo , l’appareil posé sur une piste en herbe inconnue. L’appareil étant désormais immatriculé ZP-BFX aperçu ici à Formosa le 31 décembre 2015. Et c’est en Argentine (et ici au Florianópolis Hercílio Luz au Brésil )!
L’examen du Facebook lié à l’entreprise montre d’autres clichés de l’appareil ainsi que celui du ZP-TAX, mais aussi d’un hélicoptère Robinson dont l’immatriculation a été mise hors-champ de vue (à nous de deviner pourquoi), le Cessna cité, montrant lui un DOUBLE venturi, sur son flanc droit !!! Ironie, le fameux ZP-TAX est un ancien Cessna des forces armées du pays, le modèle D-3140 (un Cessna 175 comme celui-ci) !!!
Que faire de tous ces avions saisis ?
Evidemment, le gouvernement paraguayen se retrouve fort tenté de remettre en service pour son propre usage ces appareils, dont bien sur les moins anciens ou ceux en meilleur état. Ça se distingue assez rapidement sur Google Earth, où le stock d’avions accumulés début 2015 a fondu depuis.
Un bimoteur de taille moyenne est toujours là : d’après la forme de son aile et ses fuseaux moteurs étroits, on peut parier sur un vieux Jetstream, bien répandu aussi dans le pays (on a déjà écrit ici lequel était-ce). On peut s’attendre à ce qu’ils atterrissent dans les casernes mais ce n’est toujours pas le cas. Tous les Cessna employés même par la SENAD sont des avions anciens, comme ceux de la « Naval ».
Sauf quelques appareils, dont certains effectivement empruntés aux trafiquants… ce qui va provoquer en 2015 une étrange situation, deux d’entre réclamant leur appareil au juge Miguel Tadeo Fernández, au prétexte d’une saisie juridiquement contestable (les avions auraient été saisis en dehors de l’enquête elle-même). Parmi eux, Adilson Gibellato, propriétaire aussi du petit Cessna 152 N7338L, et du modèle 150 N11175 en plus d’être le propriétaire du ZP-BHF, avait carrément demandé au juge de l’époque, Miguel Tadeo Fernández, de rendre son avion saisi. Le procureur Marcello Pecci faisant immédiatement appel de la décision du juge, provoquant un imbroglio juridique qui va se compliquer car son oiseau rouge et blanc (un Cessna 210L) avait été versé entre-temps à la Brigada Aérea – Grupo Aéreo de Transporte Especial du pays. Or le 20 janvier 2017, l’avion s’écrase près de l’aéroport Silvio Pettirossi, après une défaillance électrique, avec à bord Hugo Marcial Sánchez, instructeur et un cadet Orlando Zárate Solís : il était devenu semble-t-il le 0235 de la flotte de l’armée !!! En mai, les ZP-BHF, requis par Adilson Gibellato et le ZP-BCQ demandé par Vicente Cano Espinola sont examinés à nouveau par la juge María Griselda Caballero, qui recommande de libérer les appareils. Ce qui donne des idées à trois autres : le 12 juillet 2016, est déclarée recevable la plainte de 5 détenteurs d’appareils saisis : ceux de Fidel Silva Caceres, de Pablino Candia, de Sixto Benitez, de Javier Romero et de Patricio Rodolfo Ibarra, phénomène auquel s’oppose à nouveau le procureur Pecci. Impossible en tout cas de rendre le ZP-BHF… détruit (à droite son examen par les militaires paraguayens, sous son ancienne livrée lors du « show de 2015 », à Asuncion même)!
Manipulation politique des avions saisis……
Au Paraguay, je vous l’ai décrit et démontré, une bonne partie de la classe politique, notamment celle gravitant autour du parti Colorado, parti présidentiel on le rappelle, est noyée jusqu’au cou dans le trafic de drogue. Le meilleur exemple qui soit, c’est encore une fois une image qui nous le démontre. Celle de la visite électorale d’un député (et futur sénateur qui va même devenir le président de l’assemblée sénatoriale !) venu visiter le centre de la Senad, qui s’occupe de la lutte contre la drogue dans le pays. La scène se passe le 25 mars de 2015, elle a été ainsi décrite : « une Commission pour la prévention du trafic des drogues et les crimes connexes présidé par le sénateur Roberto Acevedo accompagné des membres sénateurs Fernando Silva, Arnaldo Giuzzio, Enrique Bacchetta et Julio Quiñonez, fait la connaissance de la presse et à travers vous à l’opinion publique généralement membres de la Commission sur la prévention et la lutte contre le trafic des drogues et des infractions connexes de la Chambre des sénateurs ont assisté à la réunion pour présenter le projet de gestion des biens saisis et confisqués pour l’Amérique latine (BIDAL), réalisée Le 25 mars 2015, à 10h00, dans la salle de l’Auditorium du Secrétariat national antidrogue SENAD (…). Dans ce contexte, ils ont l’occasion de visiter les installations de la Force aérienne, où sont déposés les aéronefs saisis par le SENAD, et il a été constaté que 36 avions s’y trouvaient avec différentes plaques d’immatriculation (Paraguay, Argentine, du Brésil et de la Bolivie) dont certains déposés il y a plus de 20 ans, la plupart sont détériorées et inutilisables ». Et quel avion montre-t-on ce jour-là bardé de collants servant de scellés ? célèbre CP-2657, si reconnaissable, bien sûr ! Une avion (Cessna 210) on le rappelle, qui avait atterri à Pedro Juan Caballero, dans un ranch de bétail, situé sur les rives de la Aguaray Guazú River et à environ 20 kilomètres à l’est de la «jonction de Lima» de la route III. Sur un terrain appartenant au général (SR) Carlos Egisto Maggi, qui avait nié toute implication… bien sûr. C’était le père de père de Carlos Manuel Maggi, membre du mouvement « Honor Colorado » soutenant la présidence Cartes !!! Dans l’avion on avait trouvé 11 sacs chargés de plusieurs « pains » de cocaïne, totalisant 311 kilos. Le député et futur sénateur était-il le plus capable de diriger une telle commission ? Son frère et lui vont nous démontrer le contraire en fait…
Les deux terreurs de l’Amambay
Car Roberto Acevedo et son frère José Carlos; maire de Pedro Juan Caballero, tous deux opposants à Cartes, il faut le préciser, avaient déjà derrière eux de belles casseroles. Leur début de carrière remonte à leur association avec Fahd Jamil Georges lorsque le « turc » dominait la frontière dans un triple trafic d’armes, de cigarettes et de cocaïne.
es deux frères n’ont jamais voulu révéler d’où leur venait leur immense fortune… pas plus que leurs comptes en Suisse. Aux trois trafics déjà cités, ils en avaient ajouté un quatrième : ils ont en effet été accusés par leur collègue Colorado, Héctor González de monopoliser la vente de carburant à la frontière. Ils en possédaient en effet six, de stations services, gérées avec l’accord du trafiquant Fahd Jamil Georges. Extérieurement, ça n’empêchait pas Roberto de se faire le chantre de la lutte antidrogue, comme on vient de le voir. Tenté par la politique, il a été en effet élu tôt gouverneur de l’Amambay en 2004, son frère devint le maire de Pedro Juan Caballero, comme on l’a dit.
Une ascension politique qui fait bien des jaloux.
Le 27 avril 2010, le pick-up électoral de Roberto est assailli par deux hommes à moto, qui tirent une quarantaine de balles sur lui. Il s’en sort légèrement blessé, un vrai miracle. Bien entendu, il incrimine aussitôt les trafiquants, et notamment Jorge Rafaat (Toumani ), passé depuis à la sulfateuse gros calibre comme on l’a vu ici-même, profitant de l’événement pour renforcer sa stature de candidat antidrogue.
Le calendrier de la réorganisation des services a sans doute était reporté après les emballements médiatiques dans l’affaire Bennala!
Pourtant il est grand temps de pratiquer un ménage complet dans nos « institutions » régaliennes si l’on veut réellement éviter de nouveau un « Grand bal des faux-culs » auquel nous devrions assister dans les prochains mois.
Car, tous, j’écris bien tous, oui tous, du BCS (Bureau central des sources) en passant par la DCPJ, LA DNRED, l’ IGPN, l’OCRTIS, le SIAT et …. les Dalloziens du parquet vont rivaliser en petits arrangements, oublis, mensonges et autres carabistouilles comme dans le port de « faux nez » dans lequel ils subliment.
Les agents de la Brigade de surveillance intérieure (BSI) d’Hendaye ont réalisé plusieurs saisies de cannabis et d’argent dissimulés dans des véhicules au cours des trois dernières semaines.
Pour les stupéfiants, ce sont 600 kg de cannabis qui ont été interceptés par les douaniers dans des véhicules en provenance d’Espagne
Pour le cash, c’est 243 700 € qui ont été découverts à l’intérieur d’un véhicule se dirigeant vers l’Espagne.