Aviseur International renseigne, sans complaisance, sur la problématique de la drogue, du narcotrafic, de la corruption et sur les politiques mises en œuvre par les différents Etats et les dérives que s'autorisent les fonctionnaires des administrations — aviseurinternational@proton.me — 33 (0) 6 84 30 31 81
Le marché français de la cocaïne est en expansion, selon un rapport de la police judiciaire.
Des réseaux de cités, qui étaient spécialisés dans le trafic de cannabis, ont diversifié leurs activités en proposant de la cocaïne.
En 2017, 17 tonnes de poudre blanche ont été saisies, contre 8,5 tonnes en 2016.
2017, année record. Jamais les services répressifs français n’avaient saisi autant de cocaïne sur le territoire. Ils ont mis la main, l’année dernière, sur 17 tonnes de poudre blanche, contre 8,5 tonnes en 2016, souligne le rapport annuel du Sirasco (Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée), dévoilé ce vendredi. Une augmentation des saisies reflétant « le dynamisme des trafiquants français » qui ont implanté des filières de distribution dans toutes les grandes agglomérations du pays, explique le commissaire divisionnaire Vincent le Beguec, chef de l’Octris (Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants).
Les enquêteurs de la police judicaire ont remarqué que les groupes criminels issus des cités, qui jusque-là étaient spécialisés dans la vente de cannabis, s’orientaient de plus en plus en plus vers le trafic de cocaïne. Il faut dire que la demande est en constante augmentation. La part des consommateurs ayant expérimenté ce produit a été multipliée par quatre en vingt ans. Selon l’ OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies), 2,2 millions de Français s’étaient laissés tenter en 2015, et 450.000 en consommaient régulièrement. Son prix, lui, reste stable : en moyenne, 65 euros le gramme.
« Les bénéfices sont considérables »
Surtout, les trafiquants de cannabis ont compris qu’ils pouvaient augmenter leurs bénéfices en proposant de la « blanche ». Un kilo de cocaïne pure s’achètent environ 1.000 dollars (environ 860 euros) en Colombie. En France, la même quantité se négocie 30.000 euros. « Les bénéfices sont considérables », souffle Vincent le Beguec. Par ailleurs, le kilo de cocaïne pure est coupé avec d’autres produits comme de la lidocaïne ou de la caféine, leur permettant ainsi de multiplier son poids par trois. Ainsi, sur le territoire national, il peut leur rapporter jusqu’à 90.000 euros.
Le néo-bandistime des cités est donc en train de « mettre en place des connexions » avec les pays producteurs de cocaïne que sont la Bolivie, le Pérou et la Colombie, d’où provient 98 % de la drogue consommée dans le monde, poursuit le patron de l’Octris. Ces trois états ont même augmenté leur production. « On est passé de 900 tonnes produites en 2013 à 1.400 en 2016 », précise Vincent le Beguec. Les surfaces de coca cultivé en Colombie ont triplé en cinq ans. La raison ? Le gouvernement de ce pays a cessé de répandre, depuis des avions, du glyphosate sur les champs de coca et privilégie désormais l’arrachage des plants avec des résultats moindres.
De plus en plus de passeurs interpellés
La drogue est acheminée en Europe principalement par bateau. « Le port du Havre figure parmi les points d’entrée majeurs en Europe », indique le rapport du Sirasco, précisant que 3,5 tonnes de cocaïne ont été saisies en 2017 dans des conteneurs arrivés au port normand, soit une augmentation de 120 % par rapport à 2016. Souvent, « les enquêtes ont mis en lumière des complicités parmi les dockers qui récupèrent la drogue dissimulée au sein du fret légal selon la technique du ‘rip off’ », signale également le document. Mais la principale porte d’entrée de la drogue en Europe reste le port d’Anvers, en Belgique, avec 42 tonnes saisies l’an passé.
La cocaïne arrive également sur le territoire national par voie aérienne.
En 2017, les services français ont effectué 640 saisies, permettant aux policiers d’appréhender 1,7 tonne de produit.
Le commissaire divisionnaire Le Beguec remarque « une augmentation des interpellations de passeurs, notamment sur la ligne Cayenne-Paris ». En effet, de nombreux réseaux criminels achètent la drogue au Suriname, où elle est moins chère, et tentent de l’acheminer en France en utilisant des « mules » qui la transportent principalement sur eux ou dans leur valise, voire qui l’avalent. L’année dernière, 608 passeurs ont ainsi été interpellés au départ ou en provenance de Guyane, dont 250 qui avaient ingéré la drogue.
Réseaux de blanchiment
Si la vente de cocaïne est lucrative, les trafiquants ont dû trouver un moyen pour blanchir leurs revenus. Pour cela, ils ont conclu des contrats avec des groupes criminels organisés qui en ont fait leur spécialité. Ces réseaux collectent l’argent liquide sur le territoire et se débrouillent pour le transformer « en produits à forte valeur ajoutée ou facilement transportables tels que l’or, les bijoux ou les véhicules » ou en mettant en place des « mécanismes de compensation variés », très sophistiqués. Les services répressifs français sont néanmoins parvenus, en 2017, à saisir 63 millions d’avoirs criminels. Une goutte d’eau au regard des 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires générés par le trafic de stupéfiant.
La police néerlandaise qui n’est pas impuissante et possède la sophistication et les moyens nécessaires pour agir, est débordée!
Elle ne réussit qu’à démanteler un réseau de narcotrafic sur 10.
Et surtout, elle assiste impuissante depuis des décennies et constate comment une véritable économie parallèle s’est mise en place et prend de l’ampleur!l
La dernière opération en est une éclatante démonstration. Ce qui me dérange profondément, c’est que cette dernière ait été cornaquée par la DEA démontrant une énième fois notre incapacité à fédérer la lutte contre la drogue en Europe. Il serait illusoire de penser résoudre ce problème majeur chacun dans son village!
La tolérance néerlandaise
Il vaut mieux trafiquer depuis La Haye ou Amsterdam: on risque moins si l’on se fait prendre.
De plus, les Pays-Bas sont la porte d’entrée de l’Europe avec, on l’a vu, Rotterdam et toujours Anvers chez les voisins belges.
Pour blanchir l’argent, les mafias profitent d’un réseau bancaire de premier ordre et d’une relative tolérance entrepreneuriale.
Le bonheur des mafias est donc néerlandais.
Pour les policiers néerlandais, il faudrait plus de moyens !
Beaucoup plus: 2 000 policiers de plus !
Ce qui pour un pays de 17 millions d’habitants est énorme.
Les narcos, meilleurs alliés de la Police pour « sécuriser » le pays
Si l’on regarde les chiffres, le nombre de crimes et délits aux Pays-Bas a chuté de 25% en 10 ans, les mafias détestent le désordre, c’est mauvais pour le commerce.
Qu’a t’il été fait depuis les années 80?
Rien, aucune avancée permettant d’enrayer ce déferlement de drogues via Rotterdam et Anvers.
Au contraire, les Pays Bas, déjà importateurs de cocaïne avec les conteneurs sur Rotterdam et Anvers, qui gèrent aujourd’hui un marché de près de 6 milliards d’euros annuels, sont devenus producteurs.
« Aucune drogue ne s’est répandue aussi vite,constate le spécialiste August De Loor, qui estime qu’aux Pays-Bas environ 200 000 personnes en consomment régulièrement. M. De Loor contrôle depuis des années l’ecstasy qui circule dans les house parties. Depuis l’interdiction de ce produit, la production et la vente sont totalement sous l’emprise des milieux criminels.
Selon M. De Loor, les premiers producteurs aux Pays-Bas étaient eux-mêmes d’enthousiastes consommateurs d’ecstasy, ce qui garantissait une qualité assez constante.
« Mais, lorsque l’ecstasy est devenue illégale, ces producteurs ont été évincés. Le marché est tombé aux mains des voyous. » La production d’ecstasy s’est amplifiée et constitue « un flot constant qu’il est impossible d’endiguer », affirme Jaap De Vlieger, de la police de Rotterdam.
« Il est très facile de se procurer de l’ecstasy. « C’est ce que confirme une enquête effectuée par les spécialistes européens de la drogue. Après le cannabis, l’ecstasy est devenue la deuxième drogue illicite en Europe de l’Ouest.
Pour ce qui est de la production d’ecstasy, les Pays-Bas sont la Colombie de l’Europe, a déclaré, lors de l’émission télévisée Nova, un spécialiste des drogues de synthèse travaillant pour le Centrale Recherche Informatiedienst [CRI, Service national d’information et d’enquête de la police néerlandaise]. Pour illustrer ses propos fort controversés, il a montré la progression constante du nombre de laboratoires d’ecstasy démantelés: 3 en 199 1, 12 en 1993 et 15 au début du mois de décembre 1995. »
Aujourd’hui, une grande majorité de l’ecstasy, ou MDMA, consommée en Europe est produite dans le sud des Pays-Bas dans des laboratoires clandestins.
On sait aussi que ces laboratoires sont entre les mains de gangs marocains qui ont d’abord fait leurs armes avec l’importation illégale de cannabis depuis leur pays d’origine.
Or ces narco-businessmans sont en constante augmentation.
Pendant ce temps-là, en France, les livraisons de stups en provenance des Pays Bas et de Belgique continuent sans entrave aucune!
Après un film et différents livres sur le narcotrafic écrits par Marc Fievet… Le journal le Monde s’intéresse à cette zone géographique du Sud de la péninsule ibérique, en omettant de parler de l’historique de la contrebande et du narcotrafic existant dans ces lieux.
Lire que « depuis des mois, l’Espagne fait face au sentiment d’impunité des trafiquants de drogue et à leur radicalisation. Fini le temps où les membres des clans familiaux, héritiers des contrebandiers de tabac entre l’Espagne et Gibraltar, attendaient que la nuit tombe pour agir, transportaient la marchandise dans les cales de bateaux de pêche et la jetaient par-dessus bord lorsqu’ils apercevaient la police. » n’est pas le reflet de la réalité.
GIBRALTAR et la Costa del Sol sont depuis plus de 45 ans une zone de « non droit » réservée aux différents groupes d’Espagnols, de Français, d’Anglais, d’Irlandais de l’IRA, de Bataves, de Belges, d’Allemands, d’Italiens, de Croates, de Serbes, d’Albanais, de Turcs, de Russes et de Maghrébins qui sont dans ce business.
Accompagnés parfois par des mercenaires d’Etats
Il faut savoir que durant plus d’une décennie, le narcotrafic cornaqué par le GAL bénéficiait de la protection de la « Policia » et de la « Guardia civil » et les TIR, lestés en cannabis, qui arrivaient de Tanger sur Algeciras n’étaient jamais contrôlés. Quand à la coke, elle arrivait directement dans les marinas de la Costa del Sol (La Duquessa, Estepona, Puerto Banus), voire à Gibraltar à Marina Bay.
Je ne comprends pas qu’un Journal aussi sérieux que « le Monde » ne se soit pas rapproché du journaliste Olivier Jordan Roulot qui a passé plus de deux ans à étudier le parcours de Marc Fievet, l’agent infiltré NS 55 ,de la Douane française, en poste sur cette zone.
Olivier Jordan Roulot aurait pu dire à Sandrine Morel que ce qu’elle décrit comme une nouveauté est en fait une réalité depuis plus de 30 ans.
Abondent les témoignages d’officiers de la DNRED de la Douane française, de l’OCRTIS, du SVA espagnol, d’anciens HM-Custom officers et du DEA.
« Le BARON », avec le journaliste Michel Martin ROLAND, raconte sa vie aventureuse dans les années 80 sur la Costa del Sol. Ce livre démontre également l’ampleur et la narco-logistique existant déjà sur zone.
Non, ce n’est pas nouveau, cette situation existe depuis des décennies et toutes les « politiques » menées n’ont servi à rien, si ce n’est qu’à dépenser un pognon de dingue!
Le temps ne serait-il pas venu de prendre des décisions courageuses pour mettre un terme à ces activités souterraines que l’on commence à considérer comme indispensable!
Gérald Darmanin, posant devant une cargaison de cigarettes saisie par la SURV, déclarait que « l’État est particulièrement attentif à rétablir l’ordre public » en ce qui concerne la défense des distributeurs de tabac.
C’est même le contraire qu’il faut constater après les derniers témoignages de douaniers de la SURV qui lorsqu’ils ne sont pas myopes, deviennent carrément aveugles, sur ordres, pour certains.
Gérald Darmanin, pourtant disert habituellement, est muet…
A la DNRED, Corinne Cleostrate souffre de conjonctivite chronique lorsqu’elle ouvre le dossier « aéroport dédié à l’aviation d’affaires » et devient sourde à toutes relances de ses agents.
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Le handicap gagne du terrain dans la fonction publique!
Une réunion composée des agents du DEA de Rome et Paris (Davis May) en présence de Jo Lesquert (DNRED Nantes) m’avait permis de préciser toutes choses sur mon infiltration dans l’organisation Locatelli.
Au cours de ce debriefing, j’ai déclaré à mes interlocuteurs que j’irai jusqu’au bout de mon action et les ai alertés sur la grande proximité de Charles Pasqua, le grand ami de Nick Venturi et cie, avec les Français de l’organisation Locatelli.
J’ai été arrêté le 23 septembre 1994 et n’ai jamais pu déclarer devant un juge sauf pour plaider coupable pour satisfaire les innombrables pressions des douaniers français Christian Gatard, Philippe Galy, l’attaché douanier en poste à Londres et Bernard Roux, l’attaché douanier à Washington! Marc Lerestre, le prédécesseur de Galy, était venu me saluer amicalement à la prison de Bellmarsh à Londres.
J’ai été libéré 3.888 jours plus tard le 26 mai 2005!
Vis à vis de l’Iran aussi, notre Charly a eu de bien étranges positions, en acceptant de libérer (encore une fois) des terroristes au nom selon lui du secret d’Etat, qui dissimulait surtout d’autres intérêts. Ou d’autres personnes, dont un conseiller plus que critiquable… que l’on retrouvera mêlé étroitement à l’affaire de Tibhirine, qui n’a pas fini de nous étonner, elle aussi. Et contre laquelle se heurtent des juges français, confrontés à la réticence extrême des autorités algériennes à évoquer clairement le problème, ou a simplement soulever le voile de mensonges qui entoure l’affaire.
L’homme qui a un jour clamé vouloir « terroriser les terroristes » a fait tout l’inverse à plusieurs reprises : il a aidé certains à s’échapper. En décembre 1993, rebelote, Charly laisse partir vers l’Iran les deux auteurs du meurtre de l’opposant Kazem Radjavi (ici à droite). Ce dernier a été assassiné à Genève le le 24
Encore une fois, j’ai eu le sentiment d’être floué par les élus de gauche et leur représentant principal, ce premier ministre bombeur de torse, qui a commis ce jour là ce qui représente pour moi une véritable trahison. Je veux bien comprendre et admettre qu’on puisse saluer des adversaires en politique, mais ce qui a été fait pour Charles Pasqua, je ne peux l’admettre. Manuel Valls, ce faisant, a fait preuve d’une totale absence de vue historique. Pasqua a été l’exécuteur de fort basses œuvres, et l’hommage des députés socialistes est tout simplement une honte : on ne peut rendre hommage à un homme qui a trempé trop souvent dans d’aussi douteuses affaires telles qu’assassinats politiques, vente d’armes ou trafic de drogue.
Outré, j’ai décidé de revenir sur la carrière de cet homme charmeur mais plus que redoutable. Car Manuel Valls semble l’avoir oublié, mais il traînait derrière lui un bon nombre de cadavres ou de cas douteux, dans lesquels son nom était revenu avec insistance dans les enquêtes qui avaient suivi. Pasqua « était secret » (*) ai-je pu lire ces derniers jours. Il ne pouvait que l’être, à moins de révéler ses turpitudes. Sa carrière a plus consisté à dissimuler ses cas pendables qu’à être efficace. Pour le résumer, il a dépensé beaucoup d’énergie pour se rendre présentable, ce Machiavel de Canebière. Le jour où il l’était devenu, l’ensemble de la vie politique française avait vu en lui l’arrivée d’un mafieux comme premier flic de France, et rien d’autre : l’aurait-on déjà oublié ? Retour sur Mr Charly, que l’on n’avait pas à saluer ainsi, à moins de ne rien connaître de ses frasques passés. Comme l’a dit un jour Michel Debré, qui s’y connaissait en coups fourrés, « Pasqua ? jamais sur le pont, toujours dans les soutes… » : on ne peut meilleure définition.
Bienvenue dans l’univers du soutier Charles Pasqua, alias « Charly ».
Revenons tout d’abord en 1964. Cinq ans auparavant seulement, en en 1959, le Service d’action civique (SAC) avait été créé par Jacques Foccart et Achille Peretti et Charles Pasqua, mais aussi Roger Frey, Paul Comiti, Alexandre Sanguinetti, Dominique Ponchardier et Jean Bozzi. Pas vraiment des enfants de chœur, ceux-là. Le premier président du Sac est Pierre Debizet un résistant de taille imposante surnommé « Gros Sourcils » ou » alors, qui a été tenté par l’extrême droite du Parti Patriote Révolutionnaire, un groupuscule dirigé par Jean-Baptiste Biaggi, qui a fini au FN après être passé à l’OAS. Avec Joseph Ortiz un cafetier, l’avocat JBiaggi seront à l’origine de le 24 janvier 1960, de « La semaine des barricades » : un député français borgne, nommé JMLePen, qui avait demandé leur extension en métropole sera arrêté et emprisonné. Comme couverture, l’homme qui ne s’est pas encore lancé en poliitique, travaille pour Ricard, boisson anisée qui alors connaît une ascension fulgurante : la France des années 60 en fera son emblème quasi national, au même titre que la baguette et le béret. Déjà, au sein de Ricard, Charly avait fait preuve d’un certain talent. Alors qu’il y travaillait encore, il avait préparé l’importation de l’Americano, produit italien concurrent, mélange de Campari et de vermouth : c’est en l’apprenant que son patron, Paul Ricard. l’avait viré : Pasqua travaillait pourtant chez lui depuis 1952 : jeune plagiste à Marseille, fils d’un policier marseillais, il y avait tenté sa chance, en venant jouer au vendeur dans le bureau même du directeur : sa gouaille et sa faconde l’avaient aussitôt fait embaucher. Chez Ricard, Charles Pasqua, devenu directeur des ventes à l’export, a sous ces ordres Jean Venturi : nous reparlerons de lui dans un autre épisode. Son homme de confiance s’appelle Jean-Charles Marchiani, dont nous reparlerons aussi un peu plus loin…
Le Maroc, premier exportateur mondial de haschisch
Article de Michel Sitbon, actualisé par Marc Fievet
Les rares acheteurs des rapports de l’Observatoire géopolitique des drogues (OGD), normalement édités mais quasiment introuvables en librairie pourraient témoigner. Ce « rapport confidentiel », surtout destiné à la bureaucratie de l’Union européenne semble-t-il, émane de l’OGD.
L’Observatoire est l’auteur d’enquêtes minutieuses qui ont permis depuis des années de détailler à quel point le Maroc est impliqué dans la production et le commerce de drogues. Ce rapport en question rappellait quelques résultats de cette observation du royaume chérifien : « Premier exportateur de haschisch dans le monde, (…) premier fournisseur du marché européen, (…) surfaces de culture – dans la région du Rif – multipliées par dix en dix ans… » Tout ceci s’étant passé « dans la discrétion et une apparente indifférence des pays amis »….
A qui appartient le Maroc ?
Dans ce texte, l’OGD insiste sur le fait que ce commerce est « très hiérarchisé« . Au sommet de la hiérarchie, le rapport citait les noms des membres de la famille royale ou des ministres directement compromis (il est à noter que les bureaucrates européens ont aussitôt demandé une version expurgée où n’apparaîtraient pas ces noms…C’est vrai, en contrepartie d’un séjour à « La Mamounia » que ne ferait-on pas!…)
La Mamounia à Marrakech
C’était bien en première page du « Monde » , journal réputé pour son sérieux, que sur deux colonnes, en haut à droite, s’étalait: « Le Maroc, premier exportateur mondial de haschisch« . Et le sous-titre : « Un rapport confidentiel met en cause l’entourage du roi Hassan II« .
Mais ça, c’était hier!
A la base de cette pyramide, au moins 200.000 paysans du Rif.
De loyaux sujets de Sa Majesté Hassan II, donc de son successeur Mohammed VI.
Mais à la pointe de la pyramide ? Mystère… L’ »entourage du roi » ? Soit. Et le roi ?
A qui appartient le Maroc ? C’est le titre d’un ouvrage que vous pouvez peut-être encore vous procurer chez l’Harmattan.
Le Maroc appartenait à Hassan et donc aujourd’hui à Mohammed VI.
A qui appartient la région du Rif ? Eh bien le Rif appartient directement au roi ! Le Maroc est un pays en grande partie féodal. Le Rif est, lui, féodal. Colonisé par l’administration royale, rien ne peut y être planté sans le feu vert de ses représentants. Et c’est normal : Hassan II était un homme sérieux. Il n’aurait pas laissé un tel commerce entre les mains de n’importe qui.
Hassan II était donc un des hommes les plus riches du monde. Ça lui permit d’avoir des amis – nous y reviendrons dans un instant.
Hassan II, pour sa part, s’était donc spécialement enrichi en trafiquant des drogues illicites. Cette activité était déjà sévèrement réprimée par la loi, y compris celle de son propre pays. Des tas de gens croupissent encore en prison au Maroc, en Espagne, en France ou ailleurs – qui ne sont au fond que ses sous-traitants – pendant que Sa Majesté reçevait dans ses palais les grands de ce monde. Et les grands de ce monde, flattés d’avoir été si bien reçus par un si grand monarque, s’en retournent dans leur pays et font des discours enflammés contre la drogue, cette hydre aux dents longues qui suce le sang de nos petits enfants.
Amis de 20 ans
Un de ces grands amis s’appelle Jacques Chirac. Un ami de vingt ans. Quelqu’un sur qui on peut compter. Jacques Chirac est un monsieur qui fait de la politique à un assez haut niveau. Il a été, entre autres choses, ministre de l’Intérieur, Premier ministre, puis il fut président de la République. Ces métiers-là permettent, parfois, d’être bien informé.
En France il existe une Brigade des stups, un Office central de répression du trafic international de stupéfiants (OCRTIS) et la DNRED, le service ‘intelligence’ de la Douane française. Ce sont de services qui ont beaucoup de moyens.
L’OGD est une petite organisation qui a peu de moyens. Pouvons-nous supposer un instant que ce que l’OGD a pu apprendre en enquêtant soit inconnu, à l’époque de Jacques Chirac ?
On sait aussi que le roi du Maroc, qui est un homme riche, a pour habitude de subventionner les partis politiques français. Ceci est spécialement utile, bien sûr, pendant les campagnes électorales. Et doublement utile lorsque ces campagnes sont difficiles, comme celle de Jacques Chirac contre Edouard Balladur.
Édouard Balladur, lui qui était aux manettes, fut soupçonné d’avoir financé une partie de sa campagne présidentielle de 1995 grâce à des rétrocommissions sur des contrats d’armement. L’aide que lui apporta son ministre du Budget, Nicolas Sarkozy, est une réalité! C’est l’affaire Karachi ! Il a été mis en examen depuis!
A peine élu, le premier acte du Génial président, avant même de faire péter des bombes à Mururoa, ce fut un petit voyage en Afrique, chez les amis.
La première étape de ce voyage fut la plus importante: le Maroc.
Jacques Chirac et Hassan II se sont retrouvés très cordialement. Ils ont conclu en un éclair un accord impressionnant qui consistait, entre autres choses, à doubler l’aide française au Maroc. Rien que ça.
Deux heures d’entretien confidentiel entre Chirac et son ami le dealer
Au nom des vingt années d’amitié les unissant, Son Altesse Royale Hassan II décora le Génial président de la plus haute distinction marocaine. Ils ont même eu l’occasion de parler du Rif et de ses « problèmes de développement économique et social« . Chirac s’est engagé à ce que la France soutienne plus particulièrement l’action du roi dans cette région.
Pour la petite histoire, il faut savoir que le roi a réussi à encaisser des milliards de dollars de la communauté internationale, sous prétexte de développer des cultures de substitution au cannabis dans le Rif. D’un côté il encaisse les subventions, de l’autre les surfaces de cultures s’étendent… Tout bénéfice! L’astuce a beau être éventée depuis un moment et faire sourire les spécialistes, c’est bien cette escroquerie-là que Chirac proposait de relancer auprès de la communauté européenne, pour un montant de plus de deux milliards de dollars cette fois…
En 36 heures de visite, le fringuant Président français Chirac a aussi trouvé le temps pour deux heures d’entretien confidentiel avec son ami le dealer…
On ne sait pas ce qu’ils se sont dit.
Le Pays-Bas concurrence ce juteux trafic
Ce qu’on sait en revanche, c’est que s’il n’y avait pas l’OGD – et « Le Monde » -, notre ami le roi serait peut-être soupçonné de n’être pas un très bon démocrate – mais l’affaire s’arrêterait là. Le pollen du cannabis marocain a beau embaumer jusqu’en Espagne – ainsi que c’était le cas cet été, à peu près en même temps que Chirac passait par là… -, motus et bouche cousue, personne n’oserait dire un mot.
Il vaut mieux. Quelqu’un a osé témoigner sur la complicité franco-marocaine dans le trafic de drogues. Il s’appelle Ali Bourequat.
L’asile politique lui a été accordé il y a quelques mois aux Etats-Unis. Il l’a obtenu en raison des persécutions subies en France du fait des dénonciations que contient son livre « Dix-huit ans de solitude : Tazmamart« , paru chez Lafon en 1993.
Charles Pasqua était encore ministre de l’Intérieur. Il semble que cet autre grand ami du roi du Maroc n’ait pas été en mesure de garantir la sécurité d’Ali Bourequat en France.
Bourequat osait simplement dénoncer les complicités entre la France de monsieur Pasqua et le Maroc de monsieur Hassan II dans le trafic de stupéfiants.
De retour à Paris, Jacques Chirac s’est cru autorisé à agresser le premier ministre néerlandais pour le « laxisme » dont fait preuve son pays en matière de drogues. En fait de laxisme, les Pays-Bas mènent une politique qui tend à la légalisation du cannabis, une légalisation qui mettrait fin au marché noir à colossales plus-values que permet la pseudo-prohibition des drogues. En plus, les Pays-Bas pratiquent une sorte de « tolérance » qui en fait le premier producteur européen de cannabis et donc, un concurrent du Maroc.
Assurance deal
Si Chirac, Pasqua et les patrons de la brigade des stups et de l’OCRTIS sont tellement remontés contre les Pays-Bas, c’est simplement parce qu’ils proposent une voie qui mettrait fin à leurs petites affaires, et qu’en attendant, elle fait concurrence à Son Altesse Royale, leur ami le dealer.
Pour bien comprendre tout ça, il faut savoir comment se passe le commerce entre le Maroc et les pays destinataires des drogues qu’il exporte. Un ami de l’OGD me racontait un jour comment, au cours d’une de ses enquêtes, il avait réussi à se faire passer pour un gros acheteur de haschisch, un investisseur en col blanc. On lui proposait alors deux formules : soit il achetait la marchandise et la faisait transporter à ses risques et périls, soit il payait l’assurance. On appelle ça « acheter la route« . La marchandise lui coûtait plus cher, mais il n’avait qu’à indiquer le point de livraison. L’assurance était totale. En cas de pépin – on ne sait jamais, on peut tomber sur un flic ou un douanier honnête -, la marchandise était remplacée sans qu’il ait à débourser un sou de plus, et livrée comme prévu à l’adresse indiquée.
Héroïne, terrorisme et médailles…
Pour compléter le tableau, il est utile de savoir aussi que le Maroc n’est plus spécialisé en cannabis depuis longtemps. Voilà des années qu’il a proposé à la Mafia internationale de profiter de son infrastructure et de ses excellentes capacités d’acheminement des drogues en Europe pour récupérer, d’abord le marché de la cocaïne, car les précurseurs entrent sans difficultés, puis celui de l’héroïne.
En ce qui concerne l’héroïne, le Maroc expérimente la culture de pavot – et maîtrise déjà sa transformation. Ainsi, ce pays n’est pas seulement le premier producteur de haschisch, mais vraisemblablement la première « plaque tournante » de drogues sur terre.
Que dire de plus ?
Ce sont les bases mêmes de l’ordre qui nous accable qui sont en cause. La politique criminelle dite de « prohibition » des drogues a d’ores et déjà sapé tout l’édifice. Il faut en changer d’urgence. Il n’y a plus de contrat social qui tienne dans de telles conditions.
Ramzi Ahmed Youssef, un Pakistanais de 27 ans, est soupçonné d’avoir organisé l’attentat contre le World Trade Center, en 1993, à New York – et d’avoir été sponsorisé par les « narcos » de son pays. Les hezbollahs de monsieur Hekmatyar, en Afghanistan, ont financé leur guerre en cultivant le pavot, transformé en héroïne, au Pakistan, avec l’aide des services secrets pakistanais, travaillant main dans la main avec la CIA (pour vaincre, à l’époque, l’armée rouge).
Les mêmes hezbollahs de Hekmatyar étaient, selon la DST, les organisateurs des attentats qui nous ont valu Vigipirate. Les poseurs de bombes qui accaparent la une des journaux ont été entraînés en Afghanistan, dans les camps de monsieur Hekmatyar, à côté de ses champs de pavot. Toujours selon la DST, ils auraient pris leurs ordres dans un bureau de Peshawar, et le communiqué revendiquant finalement ces attentats est arrivé au Caire en provenance de Lahore. Lahore, c’est au Pakistan. Un pays qui dispute à la Birmanie la place de premier producteur d’héroïne du monde.
Ce n’est pas la peine de faire semblant de combattre le terrorisme par Vigipirate quand on va prendre ses médailles chez le roi du Maroc.
En mai, le Président de la République française Emmanuel Macron avait annoncé pour le mois de juillet un nouveau plan de lutte contre les trafics de drogues…
A la PJ, à l’OCRTIS, à l’état major de la Gendarmerie comme dans les BSI de la Douane française et dans les échelons de la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières), on attend!
Les périodes estivales propices en général à la promulgation de décrets n’ont pas permis de faire connaître la volonté présidentielle en matière de lutte contre les stups.
Personnellement, j’ai souhaité rencontrer le Président de la République pour lui présenter un plan pour la création d’une DROES (Direction du Renseignement, des Opérations et des Enquêtes sur les Stupéfiants), à compétence européenne, réunissant enfin l’ensemble des professionnels luttant contre ce secteur d’activités criminelles.
Ses agents sont surnommés « les incorruptibles » et, en toute logique, il leur arrive d’appeler leur patron « Eliot ».
Comme Eliot Ness, le chef de l’équipe du Trésor américain qui fit tomber Al Capone, Bruno Dalles, directeur de Tracfin (traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins), a compris depuis longtemps que, pour combattre la criminalité organisée, il faut traquer ses flux financiers. Il en va de même pour le terrorisme : identifier les collecteurs des fonds, lesquels sont susceptibles de transiter via des associations cultuelles, peut permettre de détecter l’imminence du passage à l’acte.
De même, le financement participatif, en plein essor, laisse parfois deviner la destination des dons : aide au retour de soldats de Daech, au départ d’apprentis djihadistes, soutien aux détenus radicalisés. Ces « cagnottes » ont été privilégiées par les assassins du père Jacques Hamel, égorgé le 26 juillet 2016 à Saint-Étienne-du-Rouvray. Il arrive aussi qu’un signal faible puisse sauver des vies : le chef du commando du Bataclan a réactivé son compte bancaire en avril 2015, sept mois avant les attentats, pour percevoir ses prestations sociales quand la police le pensait en Syrie. Instruit de l’expérience cruelle, Tracfin a initié « l’appel à vigilance », ciblant des gens réputés dangereux. Aujourd’hui, le secteur bancaire doit alerter dès qu’il décèle le plus petit transfert d’argent.C’est à ce travail de fourmi, notamment, que se consacrent les agents de Tracfin : ils seront 160 d’ici fin 2018. Cet effectif, en hausse de 27 % en deux ans, est en adéquation avec la progression des activités du service de renseignement, dont le rapport a été publié en juin dernier. Il révèle de telles performances qu’il eût été dommage de se priver de la tête de pont » : Bruno Dalles, arrivé le 5 août 2015, marquant le vingt-cinquième anniversaire de l’institution, vient d’être reconduit pour trois ans par Gérard Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics.
Dans son bureau à dominante noir et acajou, parmi d’impressionnantes piles de dossiers qui contrastent dans ce temple de la dématérialisation, le magistrat Bruno Dalles reçoit tard. Pour accéder à Tracfin, dans les hauteurs d’un édifice moderne à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, il faut passer par un sas cylindrique à identification biométrique, après réception de deux badges. La sécurité est primordiale : « Il est essentiel de savoir qui est là, qui peut prendre connaissance de nos données », justifie-t-il. Un long couloir mène aux bureaux vitrés mais fermés, on distingue des ordinateurs à double écrans et portails cryptés. Rien d’autre à voir, chez Tracfin. Son personnel, inspecteurs des finances, de police, de la douane, informaticiens, magistrats, X-Mines ou gendarmes, n’opère pas sur le terrain. Les agents ont le regard rivé aux relevés bancaires, déclarations de soupçon (68 661 en 2017), notes confidentielles (+ 57 % depuis 2015), parmi tant d’éléments qui leur ont permis de réaliser 12 518 enquêtes l’an passé, transmises pour certaines à la justice ou aux administrations. Mais ils n’attendent pas que les « sources » se manifestent. D’initiative, ils puisent dans les bases de données fiscales, sociales, douanières. S’ils repèrent un infime indice d’arnaque, ils ont recours à la procédure dite « flash fiscal » qui informe le service compétent, à charge pour lui de confirmer ou non le délit.
La plus petite des six cellules de renseignement est ainsi devenue la terreur des fraudeurs.
Quand elle n’est pas à l’origine d’affaires d’envergure, elle y a de toute façon pris part : les « biens mal acquis », l’escroquerie aux certificats d’économie d’énergie, les dossiers Tapie, Balkany, Cahuzac, Alliot-Marie père et fille, Thomas Fabius ou les jumeaux Bogdanov. Tracfin agit en amont, dans la détection, avec un temps d’avance car les technologies déployées sont pointues : « Nous sommes une start-up administrative », se plaît à dire Bruno Dalles, référence à la diversité humaine, à la moyenne d’âge de 40 ans et aux outils. Les informations ne proviennent pas d’anonymes, de particuliers, mais de professionnels assujettis au dispositif de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme (C. mon. fin., art. L. 561-2), d’organismes publics et des cellules étrangères.Parmi les « déclarants », les établissements de crédit ou de paiement sont en tête du palmarès. Dans la liste des professions non financières, on relève un effort des notaires, mandataires judiciaires, experts-comptables. Mais les avocats demeurent en bas de tableau : pas une déclaration de soupçon l’an passé ! « Le dispositif ne peut pas être efficace puisqu’il a été juridiquement construit pour ne pas l’être. Le champ d’assujettissement des avocats est très limité, la loi exclut ce qui relève des droits de la défense. Pour améliorer la situation, il faut renforcer la coopération avec la caisse des règlements pécuniaires des avocats (CARPA). Il y a eu une avancée, la transposition de la quatrième directive européenne antiblanchiment, fin 2016, a ouvert un droit de communication de Tracfin auprès de la CARPA. Lors des discussions avec le Conseil national des barreaux (CNB), la Conférence des bâtonniers, le barreau de Paris, j’ai noté moins de réticences qu’auparavant. Nous travaillons avec l’UNCA pour envisager des perspectives d’évolution visant à assujettir la CARPA aux déclarations de soupçon d’ici à 2020. » L’échéance sera marquée par la nouvelle évaluation de la France par le groupe d’action financière (GAFI). En 2011, « l’insuffisante participation des professionnels du droit et du chiffre » avait été stigmatisée. Bruno Dalles veut que cette mention disparaisse.Son parcours atypique a facilité ses relations avec le monde judiciaire, autant que son adaptation au microcosme du renseignement, qu’il n’avait jamais exploré de l’intérieur. En juin, la rumeur l’annonçait au parquet de Paris, en remplacement de François Molins, attendu à la Cour de cassation. Il n’était pas candidat car il est « heureux » à son poste, obtenu après une carrière déjà très riche et un cursus qui lui a ouvert divers horizons. Le droit, Sciences Po (finances publiques), concours d’entrée à l’ENA (raté), à l’ESSEC et à l’ENM (réussis). Il choisit la magistrature. Juge d’instruction après un service militaire dans la gendarmerie, il est nommé au ministère de la justice en 1997. À la direction des affaires criminelles, il passe deux ans aux affaires générales puis, en 2000, devient chef du bureau chargé de la criminalité organisée, du terrorisme et du blanchiment d’argent. Avant le 11 septembre 2001, Bruno Dalles rédige des notes recommandant la prise en compte du financement du terrorisme : « Il faut créer un délit spécifique », préconise-t-il. On lui oppose une fin de non-recevoir. Le 12 septembre, on lui demande s’il a des idées et, le 15 novembre, un amendement à la loi « sécurité au quotidien » instaure ledit délit. En 2003, il créé la Douane judiciaire, puis la quitte en 2010, direction Melun où il dirige le parquet. Et de procureur, le voici directeur du renseignement financier à 51 ans.Le service n’a depuis cessé de se développer et de s’ouvrir à l’extérieur, jusqu’aux facultés et grandes écoles où il a instauré des partenariats. Tracfin part également à la pêche au renseignement hors des frontières, grâce à l’entraide formalisée par le groupe Egmont. Créé en 1995, il rassemble 155 pays, dont certains, réticents à collaborer, sont maintenant pourvoyeurs de secrets : « Nous avons d’excellents échanges avec Singapour, les États-Unis, le Luxembourg, la Suisse. La Russie nous aide beaucoup dans la lutte antiterroriste, y compris dans la transmission de dossiers financiers », précise Bruno Dalles. La coopération s’améliore à Hong-Kong, aux îles Caïmans, elle demeure difficile en Chine, en Iran. Il faut mettre de l’huile dans les rouages, ce qui l’oblige à souvent rendre visite à ses homologues. Il faut en permanence consolider la task force
« Les grandes oreilles de Bercy », ainsi qu’on les désigne, sont indépendantes. Si le patron rend compte de l’activité dans sa globalité, il n’informe ni le ministre ni aucune autorité avant les transmissions à la justice ou aux administrations. C’est le GAFI qui a imposé ces critères d’autonomie, soucieux que le pouvoir politique n’interfère jamais dans les enquêtes. Le GAFI encore, qui dira en 2020 si la France mérite des lauriers. À Bruno Dalles de convaincre les professionnels circonspects, voire indifférents, d’enfin s’impliquer pleinement.
1 Avec la DGSI, la DGSE, la DRSD, la DRM et la DNRED.
Le Germinal intercepte 1.5 tonne de cocaïne au large de la Martinique…
Le 20 juillet, la frégate de surveillance Germinal, basée aux Antilles, a mené une opération de lutte contre les narcotrafics maritimes en coopération avec la vedette des douanes de Saint-Martin de la direction régionale garde-côtes Antilles-Guyane. Cette opération a permis la saisie de 53 ballots de cocaïne représentant un poids total de 1506 kg.
Dans le cadre d’une opération sous pilotage de l’Action de l’État en mer, le 18 juillet, la frégate Germinal de la Marine nationale et la vedette des douanes de Saint-Martin ont été engagés pour tenter d’intercepter en haute mer un voilier suspecté de se livrer au trafic de stupéfiants.
Dans la nuit du 19 au 20 juillet, le voilier a été localisé avec deux personnes à son bord. En raison des conditions de mer difficiles, les douaniers n’ont pas été en mesure de le contrôler, mais les occupants du voilier ont accepté de suivre la vedette des douanes jusqu’à Saint-Martin.
Cependant, le 20 juillet à 10 heures, le skipper et son équipier ont abandonné le voilier après y avoir mis le feu et se sont mis à l’eau dans leur radeau de survie. L’équipage de la vedette des douanes a alors porté secours aux occupants et s’est organisé pour éteindre le feu. Deux heures plus tard, l’incendie était maîtrisé et les naufragés en sécurité. Dépêchée sur les lieux, la frégate Germinal est arrivée en renfort permettant de constituer une équipe composée de douaniers et de marins-pompiers pour monter à bord de l’épave et s’assurer de l’absence de tout risque de reprise de feu.
A l’occasion de cette inspection de sécurité, les équipages ont découvert des paquets de cocaïne. Au terme d’une fouille des restes du voilier, 1,5 tonne de cocaïne a été saisie.
La frégate Germinal a embarqué les occupants et les stupéfiants à bord afin de les ramener à Fort-de-France. Le 20 juillet au soir, à leur arrivée dans l’enceinte de la base navale, ils ont été remis à l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) chargé de l’enquête judiciaire, sur instruction du Procureur de la République de la Juridiction spécialisée (JIRS).
L’opération menée constitue le fruit d’une coopération interministérielle entre la marine nationale et la douane. La complémentarité des moyens et la capacité d’adapter les modes d’action ont permis le succès de cette opération, la plus importante dans la zone depuis avril 2015 en termes de volume de cocaïne saisi.
Dans le cadre d’une opération sous pilotage de l’Action de l’État en mer, mercredi 18 juillet, la vedette des douanes de Saint-Martin (DF 24) de la direction régionale garde-côtes Antilles-Guyane (DRGC) et la frégate Germinal de la Marine nationale étaient engagées pour tenter d’intercepter en haute mer un voilier suspecté de se livrer au trafic de stupéfiants.
Et en final, c’est l’OCRTIS qui récupère le dossier!
L’histoire du Brésil dans la deuxième moitié du siècle précédent s’est avérée mouvementée.
En 1985 on espère beaucoup, peut-être trop, avec la fin de la terrible et sanglante dictature qui a duré deux décennies. Les brésiliens veulent alors en finir aussi avec le commerce de la cocaïne qui détruit déjà leur jeunesse dans les favelas. Alors ils créent un phénomène inédit, à savoir une sorte de tribunal permanent dirigé par des élus, qui vont diligenter pendant 18 mois des enquêtes, aidés par la police et même l’armée, pour traquer les dealers mais surtout les organisateurs des réseaux d’arrivée de la coke dans 18 États (sur les 27 que comporte la fédération). Ils vont donc tomber sur cette noria d’avions, et commencer à en faire la fastidieuse liste… ils ne s’attendaient pas à en trouver autant. Son rapport final fera 1100 pages. Sur 2394 personnes qu’il interrogera, 1812 seront accusés d’implication dans le trafic de drogues ou dans des activités illégales…
Jusque dans les années 80, les caïds de la drogue qui ont envahi les favélas et ont depuis pris racine dans tous les quartiers sont craints par la population, qu’ils terrorisent tous les jours. Le pouvoir dictatorial n’intervenait pas durant cette période, préférant un pays qui se déchire pour son propre intérêt personnel ; qu’ils s’entre-tuent donc, ça sera ça de moins à torturer c’est ce qu’il pense, sans aucun doute. Après lui, le chaos, donc (1). Les régimes forts ont toujours préféré l’instabilité, en clamant haut et fort pourtant qu’ils étaient partisans de l’ordre. C’est une position de façade, tous les dictateurs ou presque ayant eu des liens avec la mafia locale, chez qui ils ont souvent trouvé des affidés serviles. Les habitants de l’état de São Paulo avaient assisté pendant des années, à l’augmentation croissante du nombre de crimes liés au trafic de drogue; mais aussi à l’augmentation du vol de fret routier, ainsi qu’à une recrudescence des homicides, dans toutes les villes de l’intérieur. Le nom retenu pour désigner cette montée des phénomènes de ce type a été « Filière Caipira « (Rota Caipira). Pour eux, cette filière ne s’arrêterait que s’ils prenaient les choses en main, via la démocratie enfin revenue. Car cette « Nouvelle République » apparue en 1985 (l’appellation porte en faite sur la seconde qui a duré avant l’arrivée des militaires) au Brésil change enfin la donne. En mettant fin à 21 ans de pouvoir dictatorial de la part des militaires, elle redonne espoir à certains. L’espoir d’endiguer le fléau de la drogue, notamment. Un grand élan démocratique anti prolifération de la drogue s’engage donc sous les présidences successives de Fernando Collor de Mello (1990-92), le tout premier président élu au suffrage universel après la dictature (ici à gauche, en réalité il a été précédé par Tancredo Neves mais celui-ci est mort avant de prendre le poste), puis d’Itamar Franco du Parti du Mouvement Démocratique brésilien et enfin en 1995 de Fernando Henrique Cardoso (cf ici à gauche) du Parti de la Social-Démocratie brésilienne (PSDB), dont le successeur en 2003 s’appellera… Lula. Des gens s’enhardissent, et commencent à réclamer des comptes aux autorités, ou désirent qu’elles interviennent enfin pour lutter contre le trafic de drogue qui gangrène toutes les plus grandes villes, notamment. En 2000, Cardoso ordonnera la déclassification d’une partie des documents militaires concernant de « l’Opération Condor » : les gens découvriront alors une partie des horreurs de la dictature… mais aussi le rôle de la CIA.
Création et établissement de la Commission parlementaire
En 1996, une courageuse Commission d’enquête parlementaire (la CPI, ici à droite en 1999) décide donc d’enquêter elle-même sur le trafic de drogue proprement dit, et pour cela elle décide de venir s’installer à à Campinas, à l’intérieur de l’Etat de São Paulo où elle commence à recueillir des données, des témoins, des arrestations de suspects et des preuves dans ce qui est l’une des villes les plus opulentes du pays et là aussi où le trafic est le plus intense.
On n’hésitera alors pas à évoquer devant les parlementaires la distribution de la cocaïne et le blanchiment d’argent de la drogue au Brésil, les cartels de raffinage et de distribution des drogue en Colombie, ou la production de pâte de coca, en Bolivie.
Les États-Unis veulent se donner la réputation d’être implacables dans leur lutte contre le narcotrafic, comme le démontre leur intervention dans l’affaire de la saisie de 701 kg de cocaïne à Oran, allant jusqu’à menacer l’Etat algérien de représailles si des responsables s’avéraient impliqués.
Ils font pourtant preuve d’une ambivalence certaine!
Lorsqu’il s’agit de banques américaines qui blanchissent des centaines de milliards de dollars générés par le commerce de la drogue, motus et bouche cousue !
En effet, l’ambivalence des autorités américaines dans leur lutte contre le fléau du trafic de cocaïne, de drogue en général et du blanchiment d’argent sale qui en découle, est établie.
«Dans de nombreux cas, l’argent de la drogue était le seul capital d’investissement liquide. Dans la deuxième moitié de l’année 2008 (période où sévissait la crise financière mondiale ndlr), le manque de liquidités était le principal problème du système bancaire, et par conséquent le capital liquide est devenu un pion important», a affirmé le 13 décembre 2009 Antonio Maria Costa, le chef de bureau des Nations unies contre la drogue et le crime, dans une interview publiée par le quotidien britannique The Obsever.
Voir ou revoir le reportage avec les témoignages de Jean Henri Hoguet, l’ex Directeur de la DNRED, Yves Bonnet, l’ex Directeur de la DST et celui de Michel Charasse, l’ex Ministre du Budget.
La prestation enregistrée de François Auvigne restera dans les mémoires comme le summum de la lâcheté.
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Marc Fiévet, recruté par la DNRED (le service ‘intelligence’ de la douane française) s’était infiltré parmi les plus grands réseaux de narcotrafiquants, avant d’être « lâché » par ses employeurs.
Une équipe de « Pièces à conviction » l’avait rencontré en 2005, à sa sortie de prison.
Au printemps 2017, l’état-major de la DNRED subit une purge. Jean-Paul Garcia, le Boss de la DNRED et deux de ses adjoints sont démis de leurs fonctions et placardisés.
Magalie Noël, la numéro trois du service de renseignement, est mise en examen pour « complicité d’importation et détention en bande organisée de marchandise contrefaite, escroquerie en bande organisée et détournement de fonds publics ».
Pascal Schmidt, le responsable de l’antenne du Havre, est poursuivi pour les mêmes faits, ainsi que pour « corruption passive, destruction de preuves et faux et usage de faux ».
En août 2017, Erwan Guilmin, le patron déchu de la DOD (Direction des Opérations Douanières), le service phare de la DNRED, est lui aussi mis en examen.
Deux mois plus tard, comme le révèle alors L’Express, c’est le tour de son prédécesseur à ce poste, Vincent Sauvalère, parti en 2014 à l’Office européen de lutte antifraude de Bruxelles, où il dirige l’unité « tabac et contrefaçons ».
Jean Paul Garcia vient d’être mis en examen par la juge d’instruction parisienne Aude Buresi pour « détournement de fonds publics par négligence »
L’administration, qui avait envoyé Jean Paul Garcia témoigner à Madrid en 1995 pour tenter d’éviter les extraditions de Marc Fievet, AKA NS 55 vers l’Angleterre et le Canada, a octroyé à Jean Paul Garcia la protection fonctionnelle [l’assistance juridique apportée à un fonctionnaire].
Pour Marc Fievet, les faits ont été revus et réécris par l’administrateur civil Thomas Charvet et l’administrateur des douanes Michel Baron pour éviter à la Douane française de prendre en charge les frais de justice et d’assumer le préjudice important subi par Marc Fievet (3888 jours de détention en Espagne, en Angleterre, au Canada et en France), au mépris du bon sens élémentaire.
Que ce soient Zendjabil (le Pablo Escobar de l’Oranie) ou Saïd l’«Emigré» (membre d’un réseau de trafiquants de drogue de renommée internationale, évadé d’une prison française, puis installé en toute quiétude en Algérie), les barons de la drogue n’ont pu ériger des fortunes colossales que grâce à leurs relations bien placées, tapies dans l’ombre et qui leur permettent d’agir en toute impunité.
Limiter l’affaire des 701 kg de cocaïne saisis à Oran à Kamel Chikhi et ses frères, c’est clore définitivement ce gros dossier pour protéger les vrais barons.
Que ce soient Zendjabil, le Pablo Escobar de l’Oranie, ou Saïd l’«Emigré», membre d’un réseau de trafiquants de drogue de renommée internationale, évadé d’une prison française, puis installé en toute quiétude en Algérie, les barons de la drogue n’ont pu ériger des fortunes colossales que grâce à leurs relations bien placées, tapies dans l’ombre et qui leur permettent d’agir en toute impunité…
La justice espagnole pointe du doigt sept banques suisses impliquées dans le scandale qui a provoqué en Espagne la chute du gouvernement de Mariano Rajoy.
Une « corruption institutionnalisée » en faveur du Parti populaire d’Espagne n’a été possible que grâce au concours de sept banques helvétiques: Cial (aujourd’hui le CIC), la Dresdner Bank (ex-LGT), la banque SYZ, Lombard Odier, le Crédit suisse, la BSI et la banque Mirabaud.
Il faut prendre le temps de lire 1 689 pages du jugement de la justice espagnole condamnant le Parti populaire (PP) pour financement illégal, ainsi que 29 personnes pour « corruption, détournement de fonds et blanchiment d’argent » dans l’affaire Gürtel. Une affaire qui a fait chuter cette semaine le Premier ministre Mariano Rajoy. Ce travail patient, réalisé par le site suisse Gotham City, permet de révéler que cette « corruption institutionnalisée » n’a été possible que grâce au concours de sept banques helvétiques. La banque Cial (aujourd’hui le CIC), la Dresdner Bank (ex-LGT), la banque SYZ, Lombard Odier, le Crédit suisse, la BSI et la banque Mirabaud.
Le Credit suisse est la deuxième banque du pays, après UBS, et Lombard Odier et Mirabaud comptent parmi les principales banques privées genevoises, accueillant les plus grosses fortunes de la planète. « La complicité des banques helvétiques est décrite par les juges, qui expliquent que les comptes, d’abord détenus par les personnes impliquées, changent par la suite de bénéficiaire et passent au nom de fondations », écrit le site Gotham City, qui ajoute que plusieurs gestionnaires de fortune indépendants « ont reconnu avoir été payés 0,5 % du montant total du capital pour blanchir les sommes reçues illégalement ».
Les avocats échappent à la loi
Cette révélation, qui vient d’un site présentant « l’actualité des affaires par les sources judiciaires », n’a pas fait la une de la presse helvétique. Officiellement, la Confédération ne blanchit plus d’argent. Elle affirme haut et fort collaborer activement avec les fiscs étrangers. Pour preuve, elle n’a guère hésité à lâcher l’ancien ministre français du Budget Jérôme Cahuzac. Le Conseil fédéral (gouvernement) écrit même que « la Suisse a participé activement dès le début aux travaux du Gafi [Groupe d’action financière, NDLR] et fait figure de pionnière notamment dans les domaines de l’identification des clients et des autres obligations de diligence, et a contribué à la définition des standards ». Sauf que le filet pour attraper les blanchisseurs contient toujours de gros trous.
En effet, cette identification des clients ne s’applique pas aux sociétés fiduciaires et aux avocats. Ils n’ont toujours pas à vérifier l’identité de leurs clients et la provenance des fonds. En clair, la loi fédérale concernant la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme du 10 octobre 1997 oblige, par exemple, le banquier à vous demander votre identité et d’où proviennent ces 5 millions d’euros en petites coupures. En revanche, si vous passez d’abord par un avocat d’affaires, ce dernier n’a pas la même obligation. « Cela permet aux avocats et aux fiduciaires de travailler avec des clients dont la réputation est douteuse sans courir de risques réels », reconnaît La Tribune de Genève. Les Panama Papers ont ainsi montré que des avocats et des fiduciaires suisses étaient responsables de 7 300 entreprises – boîtes aux lettres liées au seul cabinet Mossack Fonseca à Panama… Des révélations qui n’ont guère perturbé Ueli Maurer, le ministre suisse des Finances, membre de l’Union démocratique du centre (UDC), le parti le plus à droite de l’échiquier politique. Pour lui, l’affaire des Panama Papers ne relève que d’un « battage médiatique ».
L’OCRTIS qui semble être le seul service a avoir été chargé d’émettre un rapport sur ce que devrait être le futur service chargé de la lutte anti narcotrafic demande que son rôle de coordinateur soit renforcé avec, toujours coté Police, l’OCRGDF (Office central de répression de la grande délinquance financière) et le SIRASCO, le Service d’Information, de Renseignement et d’Analyse Stratégique sur la Criminalité Organisée.
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QUID de la Gendarmerie, des 1000 communautés de brigades et 700 brigades territoriales autonomes, des 8 commandements de la Gendarmerie ou COMGEND, qui sont établis dans les départements (DOM) ou communautés (COM) d’outre-mer : Nouvelle-Calédonie et îles Wallis-et-Futuna, Polynésie française, La Réunion, Mayotte, Guyane, Martinique, Guadeloupe et Saint-Pierre-et-Miquelon?
QUID de la Douane Française, de ses 8 338 agents de la SURV (terrestres, marins, aériens, aéroports)?
QUID de la DNRED, la Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières et de ses 715 agents répartis en trois directions:
la Direction du renseignement douanier (DRD), la Direction des enquêtes douanières (DED), la Direction des opérations douanières (DOD).
La DNRED est chargée de:
collecter, centraliser, traiter et diffuser le renseignement d’origine douanière,
lutter contre les grands réseaux internationaux de contrebande (stupéfiants, tabac, armes, biens culturels, contrefaçons) en mettant en œuvre, si les enjeux le justifient, des techniques d’investigation spécialisées,
coordonner les activités opérationnelles menées avec les partenaires étrangers de la douane française.
Au sein de la communauté française du renseignement et dans le cadre du Conseil national du renseignement, la DNRED est prioritairement chargée des domaines suivants :
la lutte contre les activités criminelles et les flux financiers clandestins (principalement la lutte contre les narco-trafics),
la lutte contre le terrorisme et son financement, en appui de la DGSE, de la DGSI et de TRACFIN,
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Parce que l’OCRTIS estime que « La lutte contre le trafic de stupéfiants mobilise de nombreux acteurs qui peuvent poursuivre des stratégies divergentes, voire concurrentes […] et que La coordination est lacunaire au niveau territorial et perfectible au niveau central […]« , faisant allusion aux stratégies de la Gendarmerie et de la Douane, qui joueraient leur partition en solo, l’OCRTIS suggère que son rôle de coordinateur soit renforcé allant même jusqu’à écrire qu’il est urgent de réinstaurer un contexte de collaboration authentique entre services…
De qui se fout-on?
Voila des décennies que l’OCRTIS se tire la bourre avec douaniers et gendarmes profitant du fait que systématiquement toutes les affaires de stups tombaient pour « traitement » dans son escarcelle. De coups tordus en coups véreux, sans oublier les coups de vice, les coups pendables, les coups fourrés et autres coups de jarnac que l’OCRTIS savaient parfaitement mettre en œuvre pour le plus grand bien du déroulement des carrières de ses successifs dirigeants, imaginer qu’aujourd’hui ce seul service soit aux manettes pour diriger la lutte anti-narcotrafic me semble tout simplement impensable.
La Gendarmerie ne pipe mots…Logique puisqu’elle fait partie de la grande muette!
La Douane semble être aux abonnés absents dans ce combat futur et Rodolphe Gintz, son directeur général, pourtant aficionado de Twitter, ne s’exprime pas. Gérald Darmanin, qui sait profiter des avions douaniers pour ses déplacements, ne donne pas l’impression que ce combat anti-narcotrafic lui incombe.
A la mondialisation des trafics doit répondre une approche globale de l’État, indispensable à la maîtrise des quartiers de reconquête républicaine souligne encore l’OCRTIS!
Cette mondialisation n’a rien de nouveau, seule cette prise de conscience semble nouvelle et opportune pour récupérer le contrôle des opérations. Attention danger!
Mieux vaudrait alors créer un service englobant les services dédiés à la lutte anti-narcotrafic composés de douaniers, gendarmes et policiers en une espèce de GIR à compétence nationale et internationale.
Que je sache la DEA (Drug Enforcement Agency) remplit parfaitement ce rôle pour les Etats Unis d’Amérique démontrant aujourd’hui un rôle prépondérant dans la lutte anti-narcotrafic au niveau mondial.
« Il est urgent de réinstaurer un contexte de collaboration authentique entre services » insiste le rapport… Et bien, qu’un seul service nouveau soit créé pour enfin obtenir l’efficacité qui a fait grandement défaut depuis trop longtemps.