AFP 06/04/2016

Los llamados “Papeles de Panamá” lastran en cierto modo los esfuerzos de Panamá por cambiar su imagen en el exterior y dejar de ser considerado un paraíso fiscal. LA PRENSA/EFE
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Los llamados “Papeles de Panamá” lastran en cierto modo los esfuerzos de Panamá por cambiar su imagen en el exterior y dejar de ser considerado un paraíso fiscal. LA PRENSA/EFE
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LE MONDE | 05.04.2016 à 10h30 | Par Luc Leroux (Marseille, correspondant)

« Nous sommes face à un Everest de folie meurtrière », a résumé le procureur de la République, Brice Robin, lundi 4 avril, au lendemain de deux règlements de comptes qui ont coûté la vie à quatre hommes à Marseille en quarante-huit heures.
Marseille connaît un regain de violence, avec onze tués depuis le début de l’année lors de règlements de comptes, sur fond de guerre des clans pour contrôler le trafic de drogue dans les quartiers nord. Samedi 2 avril, vers 22 heures, trois hommes ont tiré à l’arme automatique à l’extérieur puis à l’intérieur de l’épicerie située au centre de la cité Bassens (15e arrondissement), l’une des plus déshéritées de la ville et longtemps l’un des plus juteux points de vente de drogue marseillais – au détail mais aussi en gros et demi-gros pour alimenter les autres cités.
PANAMA: l’immobilier est utilisé par les narco-trafiquants de Colombie et du Nicaragua, et d’autres mafias, comme une énorme machine à recycler l’argent sale»

Connu pour son canal, le Panama est un petit pays en plein développement qui a construit son économie sur son pavillon de complaisance (20% de la flotte mondiale) et l’activité de centaines de milliers de sociétés plus ou moins réelles. Malgré sa mauvaise réputation, le Panama a reçu le satisfecit du Gafi, organisme regroupant les principaux Etats dans la lutte contre le blanchiment.

Panama City en 2015. En quelques années, une ville moderne a poussé avec son quartier d’affaires et ses tours. © RODRIGO ARANGUA / AFP
Panama, son canal, ses banques, ses tours… et même sa Trump Tower. Aujourd’hui, cet Etat d’Amérique latine est montré du doigt dans l’affaire des «Panama Papers». Avec ses 75.420 km² et ses 3,6 millions d’habitants, le Panama est un petit pays à la croissance rapide. Plus de 6% par an en moyenne, notamment grâce à son canal, mais pas seulement. Pour le FMI, sa «forte intégration dans le commerce mondial et le système financier apporte des avantages substantiels à Panama». Cette intégration ne fait pas de doute à voir les informations rapportées par les «Panama Papers». La finance est aussi un moteur du succès de ce pays. Même si celle-ci peut avoir des origines douteuses. «Plus de 150 buildings sont actuellement en chantier. Mais pour y loger qui? On n’en parle pas mais tout le monde le sait. L’immobilier est utilisé par les narco-trafiquants de Colombie et du Nicaragua, et d’autres mafias, comme une énorme machine à recycler l’argent sale», confiait au Monde un juge anticorruption.
Il est vrai que créer une société au Panama est simple. «Le Panama est le domicile légal pour les sociétés au Panama et plus de 500.000 Fondations du Panama, ce qui en fait le deuxième territoire le plus populaire d’incorporer (lire création de sociétés, NDLR) dans le monde, à côté de Hong Kong», se vante un site panaméen de création de sociétés en ligne (pour 3.200 dollars), qui décrit les avantages fiscaux du pays.

«Des progrès significatifs»
Pourtant, les autorités internationales semblent avoir donné quitus au pays pour ses engagements dans la lutte contre le blanchiment d’argent. Ainsi, le Gafi a reconnu que le Panama a «fait des progrès significatifs dans l’amélioration de» son régime «de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme». Ce quitus du Gafi (ce Groupe d’action financière est un organisme intergouvernemental créé en 1989 par les Ministres de ses Etats membres. Ses objectifs sont «l’élaboration des normes et la promotion de l’efficace application de mesures législatives, réglementaires et opérationnelles en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et les autres menaces liées pour l’intégrité du système financier international») date de février 2016…

Faibles impôts, sociétés fictives, secret…
Et le pays semble vouloir s’intégrer dans les règles de plus en plus strictes officiellement voulues par le G20 et définies par l’OCDE. Le Panama s’est en effet plié aux principes de l’échange automatique de renseignements en matière fiscale. Une décision qui devrait s’appliquer en 2018 et qui n’a été prise que fin 2015. Mais les progrès affichés par le Panama ont connu un coup d’arrêt… au point que l’OCDE a totalement changé de position. Affirmant en octobre 2015 que le pays était «conforme pour l’essentiel», l’Organisation pour la coopération et le développement économique affirmait en 2016 découvrir que «le Panama n’a pas l’intention d’échanger ses informations conformément au standard défini par l’OCDE à la demande du G20. Mais au cas par cas, avec les pays de son choix et selon ses propres règles. Nous le sortons donc de la liste officielle des pays engagés dans l’échange automatique», affirmait au Monde Pascal Saint-Amans, le directeur du Centre de politique et d’administration fiscales de l’OCDE.
Comme quoi la tradition d’abri fiscal semble bien implantée dans le pays. Le site Alteréco raconte que «dès 1919, le Panama permet à la Standard Oil d’échapper aux impôts et aux régulations Etats-uniennes en offrant un statut de pavillon de complaisance. A partir de 1927, le pays développe toutes les caractéristiques habituelles des paradis fiscaux : faibles impôts, sociétés fictives, secret.» Il faut cependant relativiser l’importance de la place financière panaméenne. Selon Alternatives economiques, Panama ne pèse pas plus lourd que l’île de Man (paradis situé entre le Royaume-Uni et l’Irlande).
Paris ne place d’ailleurs pas le Panama dans la liste des pays «non coopératifs au regard de la transparence et de l’échange d’informations en matière fiscale». Mais la France reste «cependant attentive à l’évolution des échanges avec Panama, Bercy précisant que la coopération aux demandes d’information des autorités françaises n’est aujourd’hui pas satisfaisante».
Il est vrai que pour la France, le nom de Panama garde depuis la fin du 19e siècle un parfum de scandale qui avait failli emporter la IIIe République même si les «chéquards» de l’époque ne sont plus les mêmes qu’aujourd’hui.

par Benoît Lasnier
2005
Texte produit dans le cadre du cours CRI 6224
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Le phénomène narcoterroriste a fait couler beaucoup d’encre dans les dernières années, plus particulièrement depuis les événements du 11 septembre 2001. Comme de nombreux groupes terroristes anti-États-Unis ont été reliés d’une manière ou d’une autre au trafic de stupéfiants, les autorité étatsuniennes concernées ont considérablement accru leurs efforts répressifs. Toutefois, il semble que plusieurs bénéfices secondaires sous-jacents découlent du fait d’étiqueter comme « narcoterroriste » un groupe opposé aux politiques étatsuniennes. Le narcoterrorisme est-il une réalité ou n’est-ce qu’un construit élaboré dans le but de justifier certaines manoeuvres politiques extérieures? Afin de distinguer la réalité du mythe, différentes typologies visant à décrire le narcoterrorisme seront présentées, de même que les méthodes d’opération vraisemblablement utilisées dans le but de pratiquer le trafic de substances illicites. Les actions répressives menées par les agences de lutte au terrorisme et au trafic de stupéfiants seront finalement illustrées afin d’établir une comparaison avec les méthodes d’opération au niveau de l’efficacité. Bien que plusieurs documents cités par la suite se révèlent être de source étatsunienne, devant ainsi être considérés partiaux dans une certaine mesure, un effort particulier sera apporté à la présentation de la situation d’un point de vue objectif.
Le phénomène narcoterroriste semble prendre racine dans le fait que, contrairement à ce qui se faisait par le passé, le parrainage par des États est hautement surveillé et condamné par la justice internationale. Auparavant, des représentants d’États pouvaient aisément supporter un mouvement terroriste par le biais de dons en argent, les avantages retirés de cette pratique étant qu’ils s’assuraient un support inconditionnel des terroristes, que ce soit pour assurer la sécurité du territoire, pour affaiblir un adversaire ou pour se procurer des armes plus puissantes. Dans les dernières années, cependant, le resserrement de la surveillance internationale aurait amené les différents groupes terroristes à rechercher une autre source de financement. Le trafic de drogue est ainsi apparu à plusieurs comme la solution idéale, du fait qu’elle permet des gains faramineux pour un niveau de dépense accessoire.
Selon Steven W. Casteel, cadre de la Drug Enforcement Administration (DEA), dans sa présentation devant le Comité Judiciaire du Sénat en mai 2003, il existe deux principaux types de narcoterrorisme, soit politique et religieux. Il les différencie par la portée de leurs objectifs, chacun ayant des préoccupations portant sur une sphère d’influence spécifique. Afin de mieux comprendre la différence entre un groupe terroriste et un groupe narcoterroriste, on peut considérer les définitions proposées par la DEA, postulant que le terrorisme est constitué de « toute forme de violence motivée politiquement et perpétrée contre des cibles non-combattantes » et que le narcoterrorisme se comprend plutôt comme étant « toute activité menée par un groupe organisé dans le but de faciliter ou d’effectuer le trafic de drogue, cela afin de financer ou de perpétrer des actes violents contre des cibles non-combattantes ».
Narcoterrorisme politique
Au niveau du narcoterrorisme à motivation politique, il apparaît que les objectifs premiers des divers groupes terroristes sont d’acquérir plus de pouvoir et d’influence par le biais d’achat d’armements divers et de ressources visant à maintenir le groupe opérationnel, tel que des appareils de communication et des biens matériels de survie (nourriture, logement). De tels groupes se retrouvent un peu partout sur la surface du globe, de l’Amérique du Sud à l’Océanie en passant par l’Europe centrale, plus précisément dans les pays où la situation politique présente des instabilités structurelles.
En Amérique du Sud, il existe, selon le Département d’État, trois organisations paramilitaires pouvant être considérées comme étant narcoterroristes. Elles sont toutes trois localisées en Colombie et ont en général les mêmes objectifs, soit le renversement du gouvernement colombien actuel et l’instauration d’une administration militaire à la tête du pays. Effectivement, l’Armée de Libération Nationale, les Groupes d’Autodéfense de Colombie et les Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes visent tout d’abord à prendre le pouvoir politique en Colombie, et recourent ainsi au trafic de drogue pour financer l’entretien de leur armada. Selon des sources informatives étatsuniennes, ces organisations seraient responsables de plus de 3 500 meurtres et de 3 000 enlèvements en 2002 seulement. Il est intéressant de noter que les groupes narcoterroristes politiques ont souvent tendance à diversifier leurs activités illégales de financement, passant du trafic de stupéfiants au vol qualifié en passant par le kidnapping et l’extorsion. Plusieurs figures importantes de ces groupes narcoterroristes ont déjà été appréhendés par les autorités étatsuniennes relativement à des accusations de trafic de drogue. Au cours de l’année 2002, un commandant des Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes, Tomas Molina-Caracas, fut arrêté dans le district de Colombie pour production et distribution de cocaïne destinée au marché nord-américain. Dans la même année, l’opération White Terror fut menée afin de démanteler un réseau de trafic de drogue mené par des dirigeants des Groupes d’Autodéfense de Colombie, menant à l’arrestation de Fernando Blanco-Puerta, Elkin Arroyave-Ruiz, Uwe Jensen, et Carlos Ali Romero-Varela. Les deux premiers se seraient eux-mêmes désignés comme étant des officiers des Groupes d’Autodéfense de Colombie lors de leur arrestation.
En Europe et au Moyen-Orient, les autorités étatsuniennes semblent accorder une attention particulière au Parti Travailliste Kurde, une organisation terroriste opérant sous la couverture d’un parti politique. Ce groupe s’est développé dans les années 70 sous la tutelle de Abdullah Ocalan et constitue une organisation socialiste révolutionnaire qui a pour but premier d’instaurer l’indépendance du Kurdistan. Dans les années 90, de nombreux conflits armés (comprenant certains actes de terrorisme urbain) entre les forces militaires turques et les révolutionnaires kurdes ont entraîné plus de 30 000 décès et ont entraîné des dépenses d’environ 7 millions de dollars par année à l’administration turque. La plupart des gouvernements occidentaux considère le Parti Travailliste Kurde comme une organisation narcoterroriste, le gouvernement turc signalant leur responsabilité dans la majorité des transactions de substances illicites en Turquie. La presse turque avance même que le Parti Travailliste Kurde produirait environ 60 tonnes d’héroïne chaque année et recevrait de la vente une somme annuelle de 40 millions de dollars. Certains rapports de la DEA précisent que les activités de trafic de l’organisation ne se limitent pas au marché turc, se répandant vraisemblablement au-delà des frontières dans la plupart des pays européens.
Pour ce qui est de l’Asie du sud-est, trois groupes narcoterroristes semblent avoir retenu l’attention des autorités étatsuniennes, à tout le moins selon M. Casteel. Il s’agit des Tigres Tamouls, du United Wa State Army et d’Abu Sayyaf. Ces trois groupes terroristes séparatistes sont respectivement basés au Sri Lanka, en Birmanie et aux Philippines. Les trois organisations sont reconnues comme narcoterroristes du fait qu’elles assurent quasiment à elle seules l’approvisionnement de drogues illicites dans l’archipel sud-asiatique. Le problème majeur que cause l’action des Tigres Tamouls au Sri Lanka consiste en la monopolisation de l’attention des services de sécurité côtière. Effectivement, les autorités sri lankaises doivent investir tout leurs effectifs dans la lutte au trafic de drogue activement mené par l’organisation, affaiblissant par le fait même leurs capacités de patrouiller adéquatement les quelques 1700 kilomètres formant leur côte frontalière pour réprimer efficacement le trafic de drogue maritime mené par des organisations criminelles extra-territoriales. Le United Wa State Army pose également de grands problèmes au Burma, étant tellement influents qu’une partie de territoire est désormais sous leur contrôle politique (Northeastern Shan State). Il s’avère donc très problématique de superviser leur action, plus précisément en ce qui concerne le trafic de stupéfiants. Leur territoire, selon certaines sources de la Communauté du renseignement étatsunienne, servirait même de point de convergence entre plusieurs organisations criminelles tirant profit du commerce des drogues illégales. Finalement, lorsqu’on considère le cas d’Abu Sayyaf, on s’aperçoit que cette organisation constitue en fait un dérivé d’un groupe extrémiste afghan ayant existé dans les années 80. Au cours des années suivantes, elle a déplacé ses activités vers les Philippines où elle tente à présent d’établir un État islamique indépendant. Pour atteindre son objectif, Abu Sayyaf s’est impliqué au fil des ans dans une variété d’entreprises criminelles, incluant, autre le trafic de drogue, le kidnapping, la contrebande d’armes et l’extorsion. Nous pouvons penser ici au kidnapping de Martin et Gracias Burnham, ayant entraîné la mort du premier. En dernier lieu, soulignons qu’Abu Sayyaf est réputé entretenir des liens avec Al Qaïda à travers le groupe Jemaah Islamiya, bien connu pour avoir été impliqué dans l’attentat à la bombe à Bali.
Narcoterrorisme religieux
Le second type de narcoterrorisme identifié par Casteel s’avère être le narcoterrorisme à caractère religieux. Il diffère du narcoterrorisme politique au sens où il n’a pas pour objectif avoué de modifier la situation politique d’une nation. Il cherche plutôt à imposer son idéologie religieuse à d’autres cultures, jugeant ses principes moraux supérieurs et seuls valides à l’atteinte d’un idéal spirituel. Il y a toutefois certaines réserves à émettre quant à la typologie de Casteel, car il n’apparaît pas certain que des groupes narcoterroristes considérés comme étant de type religieux n’ont pas d’objectif politique sous-jacent à leurs revendications religieuses. Ainsi, des groupes terroristes d’origine arabe, donc islamistes, pourraient avoir pour but de réinstaurer la puissance politique qu’avait l’Empire Ottoman dans les siècles derniers. Sous le couvert de motivations spirituelles, ces dernières apparaissant plus justes du fait qu’elles n’indiquent pas de volonté de domination politique, des organisations terroristes pourraient en fait travailler à renverser l’hégémonie économique étatsunienne.
Quoiqu’il en soit, il semble que les organismes de contrôle étatsuniens adhèrent à cette vision de la problématique, et ont ainsi désigné plusieurs organisations terroristes reconnues comme étant en fait « narcoterroristes ». La grande majorité des groupes narcoterroristes à caractère religieux identifiés par les autorités étatsuniennes sont de religion musulmane, dont Hezbollah, Al Qaïda, le Hamas et le Mouvement Islamique d’Ouzbekistan. Hezbollah et le Hamas sont les deux groupes les plus actifs en Amérique du Sud, alors qu’Al Qaïda et le Mouvement Islamique d’Ouzbekistan ont plus tendance à exercer leurs activités au Moyen-Orient. La tactique de ces groupes diffèrent grandement de celle des groupes narcoterroristes à motivation politique, au sens où ces derniers regroupent leurs agents dans leur territoire d’origine. Les narcoterroristes religieux préfèrent largement s’installer dans des pays étrangers qu’ils cherchent à influencer, à s’infiltrer en quelque sorte. Pour ce faire, les agents de ces groupes terroristes s’introduisent au pays en utilisant de faux papiers d’identité, assimilant ensuite la culture et les manières de faire propres à la nation hôte. Typiquement, on signale que la plupart de ces individus travaillent dans le milieu commercial, celui-ci étant propice aux rencontres entre agents. On soupçonne ainsi la présence de plusieurs agents d’Al Qaïda et d’Hezbollah en Amérique du Nord, ces derniers préparant vraisemblablement les prochaines actions terroristes et supervisant le transit de la drogue des pays producteurs jusqu’aux États-Unis et au Canada.
On peut noter une autre divergence entre les objectifs des groupes narcoterroristes politiques et ceux des organismes narcoterroristes religieux. En effet, selon plusieurs organismes de contrôle gouvernementaux, les groupes motivés par un objectif politique pratiqueraient le trafic de drogue dans le seul but de financer leurs activités terroristes, alors que les organisations à motivation religieuse (surtout les extrémistes islamistes) cherchent à atteindre un autre objectif que le financement de leurs actions. On affirme que la conduite du Jyhad par la vente de subtances psychoactives serait une tactique ayant la préférence de ce type d’organisation. L’idée cachée derrière la vente de drogues dures en Amérique du Nord est, dans ce cas de figure, que la consommation de ce type de substances entraîne de graves conséquences pour la santé des occidentaux, ce qui provoque une augmentation des coûts reliés à la santé au Canada et aux États-Unis tout en affaiblissant les deux nations au niveau politique et économique. Selon de récentes publications de l’Office of National Drug Control Policy, la consommation de drogues dures engendrerait, aux États-Unis seulement, des coûts environnant 160 milliards de dollars par année. Cette stratégie d’affaiblissement de l’Occident est notamment l’apanage d’Hezbollah qui, déjà dans les années 80, voyait son utilisation du trafic de drogue comme arme contre les non-croyants sanctionné par un édit religieux (fatwa) se lisant comme suit : «Nous fabriquons ces drogues pour l’Amérique satanique et les Juifs. Si on ne peut les tuer avec des armes, nous les tuerons avec des drogues.» Un autre avantage de l’utilisation de l’arme narcotique contre l’Amérique du Nord tient du fait qu’elle permet plus facilement l’endoctrinement de nouveaux membres dans ces organisations terroristes. Les dirigeants de ces groupes utilisent la situation d’abus de substances illicites en Amérique du Nord comme indice de la dégénérescence de l’Ouest, et justifient ainsi leur désir de détruire des sociétés présentées comme corrompues.
Méthodes de trafic de drogue et de blanchiment d’argent
De nombreux groupes terroristes soupçonnés de se financer par l’entremise du trafic de drogue possèdent des réseaux s’étendant largement au-delà des cellules responsables d’attentats ou encore de la vente de stupéfiants. Dans son volume intitulé Funding Evil ; How Terrorism is Financed, l’auteur Rachel Ehrenfeld explique que des organisations terroristes telles qu’Al Qaïda ou Hezbollah utilisent des réseaux financiers appelés hawalas pour blanchir les profits du trafic de stupéfiants. Le système des hawalas constitue un réseau informel de transfert de fonds, utilisé depuis des siècles par des entreprises et des familles provenant d’Asie et du Moyen-Orient. Ce système assure un service à bas prix efficace et surtout confidentiel dans les régions non desservies par le système bancaire traditionnel. On comprend aisément que les organisations terroristes désirant préfèrent faire affaire avec un courtier des hawalas lorsqu’on apprécie le fait que ce système ne laisse pas de traces documentaires, ces dernières pouvant être exploitées par d’éventuels enquêteurs. Aux États-Unis, les courtiers des hawalas tendent à détenir des fonds importants, provenant majoritairement des gens d’affaires d’origine asiatique ou arabe. Le procédé est simple : un individu donne au courtier une certaine somme d’argent en lui demandant de livrer à un autre individu, résidant dans un autre pays, la même somme. Le courtier contacte ensuite, souvent par l’entremise d’Internet, un confrère résidant dans la ville où l’argent doit être livré. Il l’informe alors de l’identité du destinataire et l’argent est livré sans autre forme de procès. Conséquemment, les fonds sont échangés sans qu’aucune trace ne soit laissée dans une base de données bancaire.
Une autre méthode utilisée par les narcotrafiquants pour blanchir leurs fonds illégalement acquis, connue sous le nom de « Black Market Peso Exchange System (BMPE) », est principalement utilisée par les organismes faisant le trafic de stupéfiants en Amérique du Sud. Bien qu’étant surtout utilisé par les organisations criminelles colombiennes, certains groupes narcoterroristes, tels Hezbollah ou le Hamas, s’en servent pour transférer à leurs agents étatsuniens le produit de la vente de narcotiques. Le BMPE est un système d’échange étant capable de gérer plusieurs milliards de narcodollars chaque année, étant en fait le principal moyen par lequel les cartels convertissent les dollars US acquis par le trafic de drogue en pesos colombiens. Ce système a un impact dévastateur sur l’économie colombienne, parrainant des échanges contrebandiers qui privent le gouvernement du pays de centaines de millions de dollars de revenu. Jusqu’à présent, la taille et la structure exacte du système BMPE n’ont pu être déterminées avec précision par les autorités étatsuniennes, mais on estime qu’entre 3 et 6 milliards de dollars sont blanchis annuellement par son action. Encore une fois, le procédé d’action est ici assez simple. Le processus débute lorsqu’une organisation criminelle ou narcoterroriste organise un envoi de drogues dures aux États-Unis. Les substances illicites sont distribuées aux revendeurs américains en échange de devises étatsuniennes, qui sont par la suite livrées à un courtier du BMPE. Ce dernier contacte alors un confrère colombien pour lui demander de déposer un montant équivalent, en pesos, dans le compte d’un membre de l’organisation criminelle ou narcoterroriste en question. Par ce procédé, qui présente définitivement des ressemblances avec le système des hawalas, les narcotrafiquants évitent de laisser des traces de leurs transactions, ce qui profite autant aux cartels colombiens qu’aux groupes narcoterroristes.
Bien qu’aujourd’hui les Talibans ne contrôlent plus le trafic d’opiacés en Afghanistan, il semblerait qu’al Qaïda continue toujours de profiter de cette source de revenu. En effet, le Mouvement Islamique d’Ouzbekistan, mené par Muhammed al-Zawahiri, a récupéré le territoire occupé auparavant par les forces talibanes. Muhammed étant le frère d’Ayman al-Zawahiri, premier conseiller d’Ousama ben Laden, on ne peut que constater l’étroitesse des liens existant entre le commerce des opiacés en Afghanistan et Al Qaïda. Selon Interpol, 70% de l’héroïne et de l’opium transitant hors de l’Afghanistan par la route des Balkans appartiendrait au Mouvement Islamique d’Ouzbekistan. Les narcoterroristes utilisent fréquemment la route des Balkans pour exporter des substances illicites hors de l’Afghanistan, cette dernière n’étant que très peu fréquentée par des patrouilles de surveillance.
Un autre centre névralgique du trafic de drogue international se retrouve dans la région désignée par les autorités étatsuniennes sous le nom de « South American Tri-border region ». Comme son nom l’indique, cette région est située à la frontière de trois pays d’Amérique du Sud, soit le Brésil, l’Argentine et le Paraguay. Étant donné qu’elle est presque entièrement constituée de forêt vierge, étant ainsi extrêmement difficile à surveiller, cette région constitue le coeur des activités narcoterroristes islamistes en Amérique Latine. Des groupes comme al Qaïda, Hezbollah ou le Hamas utilisent notamment des embarcations civiles et de petits avions bimoteurs pour transporter la cocaïne colombienne et bolivienne en Europe et en Asie, alors que l’héroïne et l’opium provenant d’Afghanistan font le trajet en sens inverse. Environ une centaine de pistes d’atterrissage non-répertoriées tapissent le sol du South American Tri-border region, ce qui assure aux narcoterroristes la confidentialité de leurs opérations. Un fait intéressant à noter ici est qu’ Hezbollah est réputé utiliser cet espace clandestin pour effectuer des transactions de drogues et d’armes avec d’autres organisations terroristes, dont l’Armée de Libération Nationale et les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie.
Méthodes de lutte au narcoterrorisme
Le narcoterrorisme, comme le mentionne Deborah McCarthy, employée du International Narcotics and Law Enforcement Affairs (INL), n’est pas seulement une préoccupation étatsunienne depuis les attentats du 11 septembre. On avait déjà, aux États-Unis, commencé à s’intéresser sérieusement à la problématique; au cours des années 90, le INL travaillait à démanteler des réseaux de production et de distribution de drogue à travers le pays. Toutefois, les incidents de 2001 ont considérablement accru l’intérêt des décideurs pour la politique de répression du narcoterrorisme. En 2003, le Congrès allouait plus de 900 millions de dollars US aux organismes chargés d’enquêter sur les groupes terroristes soupçonnés de se financer en trafiquant des substances illicites. Cette responsabilité échouant avant tout au State Department’s Office of Counterterrorism (S/CT), la majorité des fonds leur a été attribué. Le INL joue en fait un rôle de support dans l’effort répressif, fournissant aux agents de la formation en contreterrorisme et de l’équipement à la fine pointe de la technologie en matière de surveillance.
Afin de contrer efficacement l’établissement de réseaux entre les groupes terroristes et d’autres organisations criminelles pratiquant le trafic de stupéfiants, le INL a commencé à intégrer les programme anti-crime et anti-narcotiques, dans un effort d’élargissement des politiques répressives visant à stopper la menace avant qu’elle n’atteigne le sol américain. McCarthy précise que cette initiative se veut un amalgame d’actions à moindre échelle cherchant à favoriser à l’étranger l’élaboration de systèmes judiciaires mieux préparés au contrôle du narcoterrorisme à l’intérieur de leurs frontières respectives. Cela bien entendu dans le but d’étouffer la menace dans l’oeuf, avant qu’elle n’atteigne les États-Unis. De tels efforts impliquent un apport étatsunien accru à l’étranger en ce qui a trait au contrôle frontalier, son resserrement étant supposément garant de sécurité. Plus concrètement, cet apport s’est traduit par l’implantation d’un système de contrôle informatique, le Terrorist Interdiction Program qui, étant donné qu’il contient des données exhaustives, est vraisemblablement en mesure de permettre aux contrôleurs des aéroports internationaux de mieux identifier les individus susceptibles de transporter des substances illicites ou de commettre des actes terroristes.
Le INL travaille également à établir des liens diplomatiques avec d’autres nations et des organismes de répression internationaux dans le but de développer de plus hauts standards de régulation financière et de limiter les failles du système judiciaire permettant souvent aux narcoterroristes d’échapper à la justice. McCarthy conclut ici que les différents programmes menés par le S/CT et le INL sont en fait parties intégrantes des efforts anti-crime étatsuniens, la corruption politique entraînant souvent des difficultés lorsque des réformes visant à combattre le narcoterrorisme et la criminalité en général sont entreprises au niveau légal, politique, économique ou social.
Une nouvelle stratégie élaborée par les services répressifs étatsuniens, en collaboration avec d’autres organismes de contrôle (canadiens, européens, sud-américains ou asiatiques) consiste en la propagation de puissants mycoherbicides spécifiquement élaborés pour rendre certains types de sol impropres à la culture de drogues illicites. Ces mycoherbicides ont déjà été testés sur le terrain et s’avèrent sécuritaires autant au point de vue écologique qu’environnemental. La logique entourant cette opération est la suivante : en éradiquant les sources principales de narcotiques, on atteint le double objectif de réduire les fonds disponibles aux groupes terroristes pour maintenir leurs activités tout en éliminant une part importante de coûts humains reliés à la consommation de drogue.
Alors que le S/CT et l’INL travaillent surtout à assurer l’imperméabilité des frontières étatsuniennes au trafic de drogue, une section spéciale de la DEA, désignée par l’appellation « Counterterrorism Task Force » (CTF), se concentre plus particulièrement sur la coordination de l’information relative aux activités narcoterroristes à l’échelle mondiale. Le CTF est formé de personnel appartenant à plusieurs agences de traitement de l’information, soit l’Office of Domestic Operations, l’Office of International Operations, l’Intelligence Division et l’Office of Diversion Control. Le but premier de cette section de la DEA est de réviser et de catégoriser les dossiers d’information générale et les dossiers d’enquête identifiés par la DEA comme étant reliés au terrorisme, au narcoterrorisme ou à des activités terroristes particulières, ceci afin de permettre à toutes les agences oeuvrant dans le domaine du contreterrorisme de partager leurs sources d’information respectives.
De plus, le CTF compile et met régulièrement à jour la liste des organisations narcoterroristes identifiées par les sources informatives étatsuniennes, ce qui assure un suivi complet de la situation mondiale et permet l’identification de menaces terroristes potentielles en Amérique du Nord. Si on considérait toutes les agences nord-américaines contre-terroristes comme un réseau, le CTF constituerait son centre nerveux, au sens où il dirige vers l’organisme principalement concerné par un cas particulier toute l’information disponible sur le sujet. Cette organisation de l’information permet donc aux différents organismes répressifs d’obtenir sans délai les renseignements dont ils ont besoin pour faire avancer leur enquête.
Narcoterrorisme : mythe ou réalité ?
Il semble que les autorités étatsuniennes aient le beau jeu en ce qui a trait à l’étiquetage des groupes terroristes. Il apparaît stratégiquement utile de qualifier une organisation pratiquant des activités terroristes de « narcoterroriste » puisque ceci contribue à la rendre encore plus menaçante aux yeux du grand public et des autres nations. Ainsi justifiés dans leurs interventions, les organismes de lutte au narcoterrorisme sont libres de mettre en place tout plan d’action explicitement conçu pour limiter l’impact public recherché par les groupes terroristes. La lutte idéologique tient une grande place dans l’affrontement ayant lieu entre les forces répressives internationales et les organisations terroristes, ce qui explique en grande partie l’énergie avec laquelle les organismes anti-terrorisme cherchent à discréditer leurs opposants.
Cela dit, nul ne peut mettre en doute la quantité d’informations compromettantes amassée par les services de renseignement étatsuniens montrant la culpabilité de ces organisations. Lorsque l’existence de liens entre al Qaïda, Hezbollah et des organisations narcotrafiquantes sud-américaines est plus que probable, on est en droit de se demander quelle est véritablement la nature de leurs relations. Pourquoi entretiendraient-elles des liens si ce n’était pour faciliter leurs opérations respectives de trafic de stupéfiants ? Malgré tout, un observateur éclairé ne peut s’empêcher de se demander quel intérêt ont les autorités étatsuniennes à imbriquer la problématique terroriste à celle du trafic de drogue. Comme le précise Casteel dans sa présentation, les deux questions étaient traitées séparément avant les événements du 11 septembre 2001. Depuis la survenue de ces attentats terroristes, la DEA a intégré la répression de la problématique terroriste à ses activités, ceci indiquant la reconnaissance de liens inextricables entre les deux secteurs d’activités illégales.
Pour comprendre les subtilités des politiques étatsuniennes on peut considérer la situation existant présentement en Colombie. Dans ce pays, les liens entre la drogue et le terrorisme sont particulièrement importants, ce qui en apparence explique l’intérêt que porte le système répressif étatsunien à ses institutions. Officiellement, la politique étatsunienne est de supporter le gouvernement colombien dans ses efforts de renforcement de sa structure démocratique, tout en promouvant le respect des droits de la personne et de la loi. Cependant, on constate avant tout dans l’intervention des États-Unis en Colombie un souci de protection de ses propres intérêts. Les autorités étatsuniennes sont particulièrement concernées par le danger exponentiel que provoque la collaboration entre les organisations criminelles locales et certains groupes narcoterroristes islamiques. Leurs interventions sont donc élaborées selon un niveau de priorité, ce dernier étant établi selon le niveau potentiel de dangerosité des actions pouvant être entreprises contre les États-Unis. En effet, on a bien peu entendu parler de l’action américaine en Irlande du Nord dans les années 80, où l’IRA recourait fréquemment à la violence pour faire entendre ses revendications. Comme leurs actions ne mettaient pas directement les États-Unis en danger, ces derniers ne se sont que très peu impliqués dans le conflit.
C’est dans ce sens que j’entends que le narcoterrorisme pourrait être un mythe. Le phénomène est réel, mais les mesures prises pour le contrer diffèrent grandement selon l’importance de la menace qu’il représente pour l’Amérique du Nord. Bien sûr, il existe outre-mer des organismes répressifs dont les fonctions se révèlent être similaires à leur contrepartie nord-américaine. Il est plus que possible que des situations présentant une menace pour ces nations soient prises en charge de manière conséquente, mais on ne peut négliger le fait que les États-Unis ont tout de même un pouvoir hégémonique en ce qui concerne la répression du terrorisme. Ainsi, on peut considérer que les autorités étatsuniennes désignent comme narcoterroriste tout groupe terroriste n’agissant pas selon ses intérêts, alors qu’une organisation terroriste ne leur posant pas de problème significatif pourrait tout simplement être ignorée.
En fait, chaque camp cherche à démoniser son adversaire, afin de justifier le caractère radical de ses actions. Bien qu’on ne puisse pas qualifier l’action répressive d’aussi radicale que le terrorisme en tant que tel, on constate tout de même que certaines actions entreprises pour enrayer l’arme terroriste se révèlent aussi violentes qu’une action terroriste (on n’a qu’à penser au bombardement de Baghdad). On peut donc conclure ici que la perception de ce qu’est réellement une organisation terroriste diffère selon le point de vue de l’observateur, celui-ci variant selon son système de valeur et ses croyances. La composante différenciant un groupe narcoterroriste d’un groupe terroriste, soit toute activité reliée au trafic de stupéfiants, prête également le flanc à une évaluation subjective. Ainsi, les construits que nous étudions lorsque nous nous intéressons au phénomène narcoterroriste proviennent majoritairement de sources étatsuniennes ou européennes, ce qui laisse place au doute quant à leur objectivité. Pour réellement comprendre le narcoterrorisme, il serait nécessaire d’avoir en main des données provenant de sources extérieures, ce qui, en vérité, semble utopique
http://www.erta-tcrg.org/cri6224/2004-2006/narcoterrorisme.htm
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Dans les années 90, Michel Charasse, l’homme aux bretelles, fumeur de « cohiba », ministre du budget et donc patron de la Douane française m’avait suggéré d’ouvrir une banque pour mieux remonter les blanchisseurs.
J’avais alors approché un jeune directeur du Banco Atlantico de Gibraltar qui était partant!
En 1994, j’ai eu un contact avec un agent du TRACFIN dans une chambre d’ hôtel parisien réservée par Christian Gatard de la DNRED Nantes.
Les services anglais du « HM Customs excise » aidés des services canadiens de la « RCMP » ne m’ont pas permis de finaliser la création et l’implantation de cette banque en Croatie, alors que des contacts avaient été pris au plus haut niveau de la jeune Croatie, à peine sortie de la Yougoslavie….
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Écoutons Denis Robert qui aujourd’hui nous parle du meilleur circuit de blanchiment!
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EXTRAIT
de
l’Archipel des soumis
Et c’est l’esprit libre, avec la certitude du devoir accompli que je prends l’avion pour Venise, via Milan, où m’attendent l’avocat Pascuale Ciolla et Giuseppe Laveneziana.
Nous nous rendons en voiture, puis en train à Zagreb où je vais mettre en place le projet fou que Michel Charasse avait approuvé : ouvrir une banque avec les fonds de la drogue pour mieux contrôler le cheminement de l’argent sale.
D’abord surpris par cette idée, Mario (Claudio Pasquale Locatelli) en a vite saisi tout l’intérêt. Il a décidé d’investir dans différentes industries croates et a chargé un avocat local de recenser toutes les entreprises cherchant acquéreur.
La création de sa propre banque ne peut que favoriser ses plans.
Nous sommes accueillis dans le pays comme des ministres. Les autorités militaires nous gratifient d’une escorte qui nous ouvre la route lors de nos déplacements. C’est un gros 4X4 Mercedes piloté par un militaire qui nous sert de taxi. Un problème administratif qui aurait pu retarder certaines démarches est réglé en cinq minutes devant le tribunal de Zagreb, moyennant cinq mille dollars payés cash et sans reçu.
Nous sommes entre gens dynamiques et performants…
………………
Début janvier 1994, je passe voir Jean Paul Garcia, l’attaché des douanes françaises en poste à Madrid. Je lui apporte les dernières factures que la compagnie anglaise Marconi m’a fait parvenir pour le règlement des factures de communication par satellites du télex embarqué sur le Melor.
Par hasard, je réussis à faire dire à Jo Le Squere de l’Echelon DNRED de Nantes que les numéros de télex relevés sur les factures de Marconi remises à Jean Paul Garcia à Madrid, ont permis de savoir que mon navire, le MELOR,
alors qu’il était chargé de plus de trente tonnes de cannabis afghan, était en communication avec un télex sur liste rouge dans le département du Var en France et avec une grande banque américaine de New York.
Je ne pourrais pas obtenir le nom et l’adresse de ces correspondants !
Le MELOR au mouillage à Gibraltar
Par ailleurs, une réunion est organisée par Christian Gatard et Hervé Maignier dans un hôtel du XVe arrondissement avec un agent du TRACFIN, service rattaché au ministère des Finances chargé du traitement du renseignement et de l’action contre les circuits financiers clandestins. C’est évidemment de l’ouverture de ma banque à Zagreb que je dois l’entretenir. Je m’aperçois très vite que cet agent est à mille lieux des réalités. Ficelé à ses certitudes, et à sa culture livresque, il ne me croit pas et préfère s’en tenir à ses dossiers. La fin de la réunion sera marquée par une démonstration éloquente de l’attitude de nos chers fonctionnaires qui ne pensent avant tout qu’à leur petite carrière. J’osais suggérer à l’homme du TRACFIN de démissionner puisqu’il reconnaissait ne pas pouvoir agir efficacement! Sa réaction fut immédiate, en se dressant, il s’exclama: « Certainement pas« !
L’humour n’est pas apprécié par certains fonctionnaires de Bercy….
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Lire aussi: NARCOTRAFIC: l’implication du pouvoir… et des banques
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Le chiffre d’affaires généré par le narcotrafic, selon les études du Bureau de lutte contre la drogue des Nations unies, est estimé entre 300 et 500 milliards de dollars annuellement, et que les bénéfices des narcotrafiquants est évalué à plus de 200 milliards de dollars.
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Coup de théâtre hier à Tlemcen. La délégation marocaine participant à la conférence internationale sur le narcotrafic, a quitté la salle. Et pour cause, l’intervention du bâtonnier du barreau de Tlemcen, Mohamed Sefahi, n’aura pas été du goût des Marocains.
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Malgré ses efforts, les contrôles anti-blanchiment d’argent mis en place par la banque britannique ne seraient pas assez efficaces.L’auditeur interne, chargé de traquer les manquements de la banque HSBC en matière de respect des règles anti-blanchiment, pointe des défauts de contrôle au sein de l’établissement sino-britannique, d’après des informations du Wall Street Journal (lien payant). Selon une source « proche du dossier » citée par le quotidien américain, la banque aurait par exemple financé des activités liées à l’exportation de minijupes vers l’Iran, de confiseries vers la Syrie. L’établissement aurait également ouvert un compte à un Mexicain se présentant au guichet avec des milliers de dollars en cash dans une valise..
En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/021804811096-les-difficultes-dhsbc-dans-la-lutte-contre-le-blanchiment-dargent-1210483.php?kAvxHa8jmOhodmJt.99
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«Avec des amis, on voulait essayer le LSD, mais ce n’était pas facile d’en trouver», raconte Matthias. Sur le darknet en revanche, rien de bien sorcier.
La « face cachée » du Web contient un catalogue de pages inaccessibles sur les navigateurs que nous utilisons tous les jours. Parmi ces pages, de nombreux sites qui vendent des drogues directement livrées à domicile. Un système qui change le rapport aux revendeurs de drogue et aux stupéfiants.
Une simple enveloppe, petit format, dans la boîte aux lettres. C’est sous cette forme que Matthias, 26 ans, a reçu en juillet dernier dix buvards de deux cents microgrammes de LSD. L’étudiant avait fait une commande sur une plate-forme de vente impossible à trouver sur Google. Elle n’est atteignable que par Tor, un réseau particulier qui permet de parcourir le Web de manière anonyme.
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Surnommé « le roi Midas », cet homme est soupçonné d’avoir blanchi quatre milliards de dollars en 10 ans.

Il est un peu plus de 15 heures quand Nicolas Pisapia apparaît à l’écran. Dans la maison familiale, à Velaux, sa mère se précipite devant l’ordinateur. Tous les jours, c’est le même rituel : dès que le carillon de Skype retentit, Monique et Claude Pisapia s’installent devant la petite caméra et ajustent leurs lunettes, pour voir leur fils apparaître dans une petite fenêtre. C’est le seul contact qu’ils ont avec lui depuis trois ans. Il fait partie des quatre Français inculpés dans l’affaire « Air Cocaïne ».
Condamné à 20 ans de prison pour trafic de stupéfiants, Nicolas Pisapia vit en liberté surveillée à Punta Cana, en République Dominicaine. Son procès en appel doit démarrer le 1er avril à Saint-Domingue, la capitale. « Il y a eu beaucoup d’irrégularités en première instance, commence-t-il. Nous allons les dénoncer et développer nos arguments, point par point, pour démontrer que tout cela est faux ». Pour lui, ce dossier est une « affaire entre les policiers et les militaires » dominicains.
Le soir du 19 mars 2013, Nicolas Pisapa se trouve dans le salon VIP de l’aéroport de Punta Cana. Il attend d’embarquer à bord d’un Falcon 50, à destination de Saint-Tropez quand atterrit sur le tarmac un hélicoptère de la DNCD, le service de la police chargée de la lutte contre la drogue. Lui, le second passager, Alain Castany, et les deux pilotes de l’appareil, Bruno Odos et Pascal Fauret, sont aussitôt interpellés par des hommes en armes qui fouillent l’avion et trouvent à son bord plusieurs valises contenant près de 700 kg de cocaïne.
« Je n’ai rien à voir là-dedans, maintient Nicolas Pisapia. Je suis victime d’un règlement de comptes entre policiers et militaires » dominicains. Les quatre Français se seraient retrouvés, selon lui, au milieu d’une guerre de tranchée entre la DNCD et l’armée qui se disputeraient le contrôle de la lutte anti-drogue, et peut-être aussi une partie du trafic. « Quelques semaines plus tôt, une autre opération du même genre, menée cette fois par l’armée, avait conduit à la mise en cause de plusieurs membres de la DNCD, assure son avocat Julien Pinelli. Ce qui s’est passé le 19 mars, c’est une sorte de réplique ».
«Air Cocaïne»: Une affaire où se croisent des pilotes, un jet-setteur, Sarkozy et Afflelou
En plus des quatre Français, une quarantaine de Dominicains ont été interpellés lors de cette opération, ajoute-t-il, « principalement des membres de l’armée ». En outre, « aucun élément ne permet de lier » son client aux valises bourrées de cocaïne : « Il ignorait leur existence ». Nicolas Pisapia sera le seul à comparaître devant la justice dominicaine à partir du 1er avril. Depuis leur évasion, les deux pilotes sont en détention aux Baumettes, à Marseille. Et le second passager, Alain Castany, est hospitalisé à Saint-Domingue après un accident de la circulation.
Le dernier épisode de l’affaire – l’interpellation puis l’extradition de Christophe Naudin qui a été aidé à l’exfiltration des deux pilotes – fait craindre à Nicolas Pisapia un durcissement de la justice dominicaine. D’autant qu’il doit faire face au silence du Quai d’Orsay depuis le début de cette affaire. « On essaye de les faire bouger mais il ne se passe rien », s’agace Claude, 65 ans, ancien agent de la SNCF. « Il faut pourtant que la diplomatie fasse son travail », sanglote Monique, 68 ans, ancienne employée chez un grossiste en pharmacie.
Faute d’appui à Paris, ils ont participé à la création d’un comité de soutien à Velaux. L’association rassemble des proches et des habitants de la petite commune qui, comme Didier Debarge, sont « tombés de l’armoire » en apprenant la nouvelle de l’arrestation de leur fils. A force de communiqués, de réunions publiques et d’interventions dans les médias, elle a obtenu le soutien les deux députés du coin, Jean-Pierre Maggi (PS) et Christian Kert (LR), qui ont interpellé le gouvernement. Toujours sans réponse pour l’instant.
http://m.20minutes.fr/marseille/1812459-20160323-air-cocaine-comment-nicolas-pisapia-prepare-defense
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L’information est confirmée par le parquet de Paris : l’ancien directeur des opérations (jusqu’en 2014) au sein de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) a été placé en garde à vue dans les locaux de la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) un service de la police judiciaire parisienne. La DNRED est une des 6 composantes de la communauté française du renseignement au même titre que la DGSI ou la DGSE. L’audition sous contrainte avait débuté mardi matin. Elle s’est terminée mercredi en fin d’après-midi. Le directeur n’a pas été déféré devant un magistrat à l’issue de sa garde à vue.
Les magistrats enquêtent sur les méthodes des services de lutte contre les stupéfiants. Après l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtris), ce sont les douanes qui font l’objet de la curiosité des juges. En janvier, ils ont perquisitionné les locaux de la DNRED, dans une atmosphère houleuse selon des témoins. La justice tente de savoir si les douanes, avisées par des indics, laissent entrer des tonnes de produits stupéfiants sur le territoire national puis procèdent à la saisie de la marchandise en en laissant une partie aux dealers-informateurs.
Ces livraisons sont encadrées par la loi. Mais elles peuvent susciter la convoitise ou la corruption de certains fonctionnaires. Dans un premier temps, les magistrats ont épluché le train de vie des douaniers mis en cause et n’ont pas pu démontrer d’enrichissement personnel à ce stade.
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D’après les informations de M6, François Thierry devrait être prochainement muté de son service. Un départ précipité par une affaire judiciaire.
Publié le 19/03/2016 à 18:45 | Le Point.fr

François Thierry, commissaire divisionnaire de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants © Copyright 1999 Adobe Systems Incorporated/ PATRICK
Thierry, actuel commissaire divisionnaire de l’ Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), devrait être muté à la sous-direction antiterroriste (SDAT) dans les prochaines semaines. C’est en tout cas ce qu’affirme M6, qui va même jusqu’à expliquer que cette promotion serait en réalité due aux récents démêlés de l’office anti-drogue avec la justice.
« La justice s’intéresse depuis plusieurs mois au fonctionnement de certaines sections de l’OCRTIS, et des relations entretenues entre les responsables de ces groupes, et les indicateurs qui fournissent les informations permettant les saisies », explique M6. Certains fonctionnaires seraient en effet soupçonnés de ne pas avoir coopéré entièrement avec la justice dans le cadre d’une saisie de sept tonnes de cannabis fin 2015 dans le 16e arrondissement de Paris. Dans cette affaire, un ex-patron des douanes avait été placé en garde à vue le 17 mars.
En poste depuis six ans à l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants, François Thierry est connu dans les médias depuis plusieurs années comme le visage de la lutte anti-drogue. D’après des sources policières, la mutation de ce fonctionnaire respecté et médiatique permettrait « d’apaiser les tensions internes et externes » autour du service, et de « renouer des relations de confiance avec certains magistrats qui rechignaient parfois à saisir un office, peut-être victime d’égarements de certains de ses cadres ». Une promotion qui n’empêcherait pas cependant François Thierry d’être entendu prochainement devant les juges pour expliquer les « dysfonctionnements supposés de son futur-ex service », explique M6.
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Une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé a réalisé un classement de la consommation de cannabis par pays et par âge.
L’étude s’intéressait plus globalement au comportement des jeunes de quinze ans face à la drogue, et ce, dans plus de quarante-deux pays (en Europe, au Canada et en Israël). Alors que la moyenne internationale situe à 15% la part de la population âgée de quinze ayant déjà consommé du cannabis, la France explose le record avec un taux moyen de 29% pour les garçons et 26% pour les filles. Il n’est pas simplement question d’expérimentation dans ces chiffres mais bien de consommation régulière, puisque là encore les petits français…
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Frédéric Naizot | Publié le Vendredi 18 Mars 2016
Ils vendaient parfois la cocaïne devant l’entrée de la supérette Simply Market. Les trafiquants de cocaïne qui sévissaient sur le quartier du Val-d’Argent Sud, à Argenteuil, ont découvert cette semaine que les policiers les suivaient de près depuis plusieurs mois.
L’enquête de la sûreté départementale débute au mois de novembre dernier, lorsque les premières informations parviennent à ses fonctionnaires. Elles sont rapidement confirmées : les acteurs du trafic se postent parfois devant la supérette du Val-Sud, revendant aussi les produits stupéfiants dans le parc de la rue de Rethondes ou livrant carrément la cocaïne à domicile.
Au fil des surveillances, les enquêteurs parviennent ainsi à mettre un nom sur chacun des protagonistes. L’un d’eux ne leur est pas inconnu : âgé d’une trentaine d’années, il avait déjà été impliqué dans un précédent dossier de trafic de drogue mené par la sûreté départementale. Lors de cette affaire, en 2011, les policiers avaient saisi 333 kg de résine de cannabis dans les placards d’un appartement de Bezons. Les enquêteurs avaient aussi retrouvé à cette occasion un pistolet-mitrailleur Uzi.
Les policiers ont pu évaluer à une vingtaine le nombre de consommateurs qui chaque jour se fournissait via ce trafic. Il y aurait au total une centaine de clients. Ils ont également découvert que les trafiquants avaient leur quartier général : un bar à chicha situé à proximité et qui les employait dans des conditions suspectes.
Cette semaine, les policiers ont lancé une vague d’arrestations, interpellant huit personnes. Chez celui qui apparaît comme l’un des principaux suspects, et qui avait été impliqué dans le dossier de 2011, les policiers ont retrouvé pas moins de 62 000 € en espèces.
Six personnes ont été déférées à la justice ce jeudi, en comparution immédiate, dont une femme. Deux d’entre elles ont été incarcérées dans l’attente du procès qui se déroulera le 25 avril prochain.
Les deux mineurs, dont la participation au trafic consistait à effectuer des reventes occasionnelles, ont été mis en examen par un juge des enfants mercredi.
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Karim Benzema est à nouveau rattrapé par son entourage. Le nom du footballeur français apparaît dans une affaire qui pourrait s’avérer bien plus explosive que celle de la «sextape». Une information judiciaire a été ouverte le 17 septembre 2015 par le parquet de Paris pour «blanchiment en bande organisée» et «blanchiment de trafic de stupéfiants», enquête confiée au juge du pôle financier Renaud Van Ruymbeke. Selon nos informations, Karim Benzema a été entendu comme témoin dans ce dossier il y a deux mois, en toute discrétion. «Karim s’est fait avoir, indique-t-on dans son entourage. Il a perdu beaucoup d’argent dans cette histoire». «Avoir» jusqu’à quel point ? Si le juge Van Ruymbeke semble à ce stade écarter une responsabilité directe du footballeur, l’affaire n’en est pas moins embarrassante et pourrait expliquer la sortie récente de Manuel Valls, affirmant que les conditions n’étaient pas réunies pour un retour de l’attaquant du Real Madrid en équipe de France. Sollicité, l’avocat de Karim Benzema, Alain Jakubowicz, refuse de commenter.
Tout commence à l’été 2015 par une banale affaire de trafic de stups, sur laquelle enquête le Service national de douanes judiciaires (SNDJ). Plusieurs trafiquants sont placés sur écoute, un grand classique dans ce type de dossiers. Sauf que cette fois, les conversations des suspects branchés mènent les douaniers directement à Karim Benzema et à son entourage. Dans le jargon, on parle d’«écoutes incidentes».
LIRE sur:
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L’inspection générale de la Police nationale (IGPN), la police des polices, vient d’être saisie d’une enquête sulfureuse visant l’Office central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS).
C’est l’enquête qui dira si c’était véritablement pour « remercier », mais ce qui est certain c’est que depuis quelques jours, l’IGPN, la police des polices, a été chargée de faire la lumière sur les liens qui existent entre l’un des plus gros trafiquants de cannabis français, arrêté le mois dernier en Belgique, et l’office central de lutte contre le trafic de drogue.
L’affaire agite la police judiciaire depuis plusieurs semaines, et les intéressés eux mêmes s’attendent à des remous, avec des gardes à vue, sans doute même du patron de cet office et des perquisitions. Les juges en charge de l’enquête sur la saisie du mois d’octobre sont persuadés que les policiers leur ont caché des éléments de cette livraison surveillée. Et que la quantité, déjà énorme, saisie cachait en fait une cargaison cinq fois supérieure.
La livraison surveillée consiste en quelque sorte à effectuer une filature de la drogue depuis le Maroc jusqu’en France, de manière à identifier les équipes qui viennent récupérer la marchandise. Au mois d’octobre dernier, la procédure a été respectée.
Mais le vrai problème, c’est la découverte de l’origine du tuyau : un trafiquant bien connu, qui serait donc aussi le « tonton » de la police. Alors les questions qui se posent aujourd’hui sont simples : l’office des « stups » peut-elle lutter contre le trafic en s’associant avec l’un de ses barons ? Et les policiers peuvent-ils, pour pécher au gros, devenir les associés momentanés d’une importation de cannabis ?
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LIRE:
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L’ampleur prise par le deal de rue dans la métropole lilloise inquiète les autorités. Les quartiers sud de Lille sont les plus touchés par la multiplication des réseaux. Martine Aubry a tiré la sonnette d’alarme. Les habitants, notamment dans les cités HLM, subissent de plein fouet le phénomène.
On connaissait le boulevard du shit, à Hem, près de Roubaix. Voilà désormais les boulevards de la poudre, à Lille. De la porte de Valenciennes au boulevard de Metz, dans les quartiers populaires au bord du métro et du périphérique sud, elle s’écoule en quantité astronomique : une tonne d’héroïne vendue par an sur cet axe, soit onze millions d’euros de bénéfice (!), d’après une évaluation confidentielle menée par la police en 2015.
Un trafic d’héro et de coke démantelé fin décembre, boulevard de Metz, drainait par exemple 200 clients quotidiens. Spécialité lilloise, l’héroïne y est la moins chère de France. Cocaïne et cannabis abondent aussi. Certes, la capitale nordiste est une plaque tournante historique. Mais depuis quelques années, elle a pris une ampleur inédite.
« Il y a eu une explosion, avec de multiples petits points de revente », constate Bruno Dieudonné, procureur-adjoint de Lille. Ils se sont en particulier développés dans les entrées de cités HLM. « C’est très inquiétant, on n’a jamais vu ça », déplore François Dreux, responsable de la sécurité du bailleur social Lille Métropole Habitat. La montée en puissance lilloise n’a pas fait trop de bruit. Elle hisse pourtant sa métropole et la région au sommet national : « On a rejoint, voire dépassé, le binôme de tête, PACA et la banlieue parisienne », estime Romuald Muller, chef de la DIPJ (direction interrégionale de la police judiciaire) de Lille.
Aubry écrit à Cazeneuve
En 2014, 10 400 personnes ont ainsi été interpellées dans le Nord pour des affaires de drogues, principalement de l’usage. Un volume équivalent à la Seine-Saint-Denis, et supérieur aux Bouches-du-Rhône (9 000) (Source : observatoire national de la délinquance et des réponses pénales) . « Le Nord Pas-de-Calais connaît une diversité de trafics qui n’existe nulle part en France, décrypte Romuald Muller. Il y a d’abord une multitude de micro-réseaux. Plus inquiétant encore, on est devenus une zone de stockage et de redistribution pour d’autres régions. Enfin, il y a du transit de drogues et un essor de la cannabiculture. »
Face à la dérive, Martine Aubry a envoyé, le 15 mai dernier, un courrier alarmant à Bernard Cazeneuve afin d’obtenir à Lille un plan antidrogue comme à Saint-Ouen (93).
Elle décrit au ministre de l’Intérieur « l’une des situations les plus enracinées du pays » et un « développement préoccupant de ces trafics dans plusieurs secteurs » : les Aviateurs (Bois-Blancs), la rue Pierre-Legrand (Fives), la place Catinat (Vauban), la rue Jules Guesde (Wazemmes), le boulevard Hoover (centre). Les trois quartiers de la ZSP (zone de sécurité prioritaire), créée en 2012, sont les principaux gangrenés : de « larges pans » de Lille-Sud, du Faubourg-de-Béthune et surtout de Moulins, où le phénomène est jugé « très critique ».
La police, notamment la sécurité publique, a beau multiplier les démantèlements, les réseaux renaissent sans arrêt. « On vide la mer avec une passoire, se désole un policier. Les enjeux financiers sont trop énormes ». « Un point de deal peut rapporter jusqu’à 15 000 euros par jour », détaille Didier Perroudon, patron de la police du Nord.
Signe d’une prise de conscience, Bernard Cazeneuve a annoncé à Lille, en septembre, le plan antidrogue réclamé par Martine Aubry : hormis des renforts de CRS pendant trois semaines à Lille-Roubaix-Tourcoing, partis ensuite à Calais, rien n’a vu le jour.
Pendant ce temps, les habitants, confrontés aux nuisances de cette économie parallèle, n’en peuvent souvent plus . « On est sur des organisations criminelles qui prennent un quartier en otage… et font vivre des familles », souligne Didier Perroudon.
Métropole lilloise, Maubeuge et Bassin minier : le trio de tête des trafics régionaux
Sans surprise, la métropole lilloise concentre de loin le plus grand nombre de trafics de la région, analyse Romuald Muller, directeur de la DIPJ (direction interrégionale de la police judiciaire) de Lille.
Dans le détail, les quartiers sud de Lille arrivent en tête, suivie de Roubaix et Tourcoing.
Plus inattendu, s’il fallait étalir un classement régional, Maubeuge se place en deuxième position. « C’est une porte pour alimenter l’Est de la France. Et il y a la proximité avec la Belgique, en particulier Charleroi, où se trouve une forte criminalité organisée. »
Encore un cran en-dessous, vient le bassin minier. « Il y a des micros-réseaux. Mais beaucoup de consommateurs s’approvisionnent dans l’agglomération lilloise. Il existe toutefois du stockage pour revendre ailleurs, comme l’a montré la saisie de 360 kilos de résine de cannabis, à Hénin-Beaumont, en 2015. »
PAR BENJAMIN DUTHOIT
http://m.lavoixdunord.fr/region/enquete-sur-la-drogue-a-lille-une-tonne-d-heroine-ia19b0n3386791
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Des hommes qui sont magistrats…doivent-ils être jugés?
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Extrait du Rapport d’information de l’Assemblée nationale
M. Eric de MONTGOLFIER, Procureur général au Tribunal de grande instance de Nice : Je n’ai pas le sentiment de bien savoir ce qui se passe dans ma circonscription. J’y découvre chaque jour des choses très particulières, propre à une région où, c’est vrai, des gens se compromettent. Un exemple parmi d’autres : un dossier vient d’être ouvert sur un homme qui n’a pas une « surface » sociale considérable mais que l’on retrouve dans de nombreuses affaires où l’on se rend service… Je travaille dans une circonscription où le maître mot est « arrangement » et où le monde des voyous côtoie souvent celui des « honnêtes gens »… Dès lors, toute la difficulté de notre travail est de savoir à qui on s’adresse, de quel bord est tel ou tel. Cela, c’est très…
Voir l’article original 2 116 mots de plus

Le fantasme de la fumerie d’opium dans les années 1920.
© Ministère de la Culture – France/Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine
Les stupéfiants ont été une aubaine coloniale, un produit prohibé, la cible d’une croisade. Et maintenant? Le département de Sociologie de l’UNIGE explore les idées émergentes dans une série de conférences
La croisade est peut-être terminée. La «guerre contre la drogue», déclarée par le président états-unien Richard Nixon en 1969 et menée depuis lors sous l’égide des traités internationaux, semble sur le point de s’éteindre et de passer à l’histoire comme l’un des égarements du XXe siècle. Une nouvelle ère s’ouvre, qui s’annonce plus raisonnable, mais où pour l’instant «tout le monde se pose des questions et personne n’a des réponses», note Jean-Félix Savary, secrétaire général du Groupement romand d’études sur les addictions (GREA). «Même le gardien du temple, l’Organe international de contrôle des stupéfiants, qui veille à la mise en œuvre des traités, n’est plus opposé à l’ouverture du débat. Dans son rapport annuel, publié ces jours, il invite à discuter de nouveaux modèles.»
Le GREA est partenaire de l’Université de Genève pour une série de conférences, agendées jusqu’en mai, sur «Les drogues dans tous leurs états». Il s’agit de rassembler et de confronter, en public, les différents savoirs qui s’élaborent au sein de l’UNIGE, rendant ainsi visible un processus en cours, qui vise à regrouper et à coordonner ces compétences. Le cycle s’est ouvert mercredi dernier avec l’historien français Alexandre Marchand en invité principal, plaçant la prohibition des stupéfiants dans une perspective historique. Le 9 mars, le sociologue genevois Loïc Pignolo présentera son enquête de terrain portant sur les dealers de rue et sur leur éthique, plus développée qu’on ne l’imaginerait.
LIRE: https://www.letemps.ch/societe/2016/03/04/guerre-drogue-s-eteint-apres
Les conférences:
«Les drogues dans tous leurs états», jusqu’au 18 mai 2016, les mercredis de 18h30 à 20h à Uni Mail (40, bd. du Pont-d’Arve, Genève), salle MR160, entrée libre. Sous la responsabilité de Sandro Cattacin, avec la participation de Barbara Broers, Anne Philibert et Loïc Pignolo, en collaboration avec le Groupement Romand d’Etudes sur les Addictions
Prochaine conférence le mercredi 9 mars 2016: «Deal de rue dans un quartier genevois: résultats d’une enquête de terrain», avec Loïc Pignolo (Institut de recherches sociologiques, UNIGE) et Christian Ben Lakhdar (Faculté Libre des Sciences Economiques et de Gestion de Lille)
Le blog de la manifestation: www.unige.ch/sciences-societe/socio/blog
https://www.letemps.ch/societe/2016/03/04/guerre-drogue-s-eteint-apres
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Le Venezuela, ce narco-Etat qui aime tant la Suisse
Des dizaines de milliers de pages de documents, plus de 730 comptes bancaires: l’arrestation de l’homme d’affaires Roberto Rincón, près de Houston, au Texas, le 10 décembre dernier, a permis aux autorités américaines de remonter la piste d’un immense système de corruption impliquant des cadres de la société pétrolière nationale du Venezuela, PDVSA.
Roberto Rincón est accusé d’avoir organisé le versement de plus de 1 milliard de dollars de pots-de-vin, de 2009 à 2014, en échange de contrats d’équipement fournis par sa société d’exploitation pétrolière, Tradequip. Cinq dirigeants de PDVSA seraient impliqués, ainsi qu’au moins trois autres intermédiaires non identifiés.
Sur le milliard de dollars en question, plus de 100 millions auraient transité par la Suisse. Les Etats-Unis ont adressé une demande d’entraide à la Suisse dans cette affaire, comme l’a confirmé l’Office fédéral de la justice (OFJ) à L’Hebdo. «Cette requête vise huit banques pour des obtentions de preuves, une de plus pour des blocages de comptes, ainsi que 20 personnes morales et physiques», indique Folco Galli, porte-parole de l’OFJ. Mais le Département de la justice américain s’inquiète déjà des lenteurs de la procédure. Ses enquêteurs, qui envisagent de se rendre en Suisse pour poursuivre leurs recherches, craignent qu’une partie des fonds n’ait déjà été transférée vers d’autres horizons.
Par son ampleur, cette affaire rappelle le cas du géant étatique brésilien Petrobras. Des centaines de millions versés par la société de construction Odebrecht avaient transité par des banques suisses, faisant dire au Ministère public fédéral (MPC) que la place bancaire helvétique avait été «sérieusement exposée» par ce scandale.
Par certains aspects, l’implication des banques suisses dans l’affaire PDVSA est plus inquiétante encore car, si les fonds en question consistaient apparemment en de «simples» pots-de-vin destinés à gagner des marchés publics, l’argent de la drogue n’est jamais loin quand il s’agit du Venezuela.
Trafic contrôlé par l’armée
Le pays s’est peu à peu transformé, ces dernières années, en narco-Etat. Le phénomène s’est accéléré depuis la mort du président Hugo Chávez, qui a laissé derrière lui un régime clanique contrôlé par des militaires corrompus. La situation s’est encore aggravée, depuis 2014, avec la chute de 70% des prix du pétrole, principale source de revenus du pays.
Selon Leopoldo Colmenares, professeur d’économie à l’Université Simón Bolívar de Caracas, les principales caractéristiques de la politique mise en place par Hugo Chávez ont été maintenues malgré sa disparition: militarisation des institutions, soutien implicite de la corruption et création de réseaux parallèles au sein de l’appareil d’Etat. Ces modalités se sont encore renforcées sous son successeur, Nicolás Maduro, notamment les activités criminelles d’un ensemble de réseaux à l’intérieur du gouvernement national.
Le trafic de drogue serait aujourd’hui totalement contrôlé par l’armée, dirigée par une caste de généraux réunie au sein du Cartel de los Soles (le cartel des soleils). Cette organisation est soupçonnée par les Etats-Unis d’organiser le transport de la drogue depuis la Colombie et le Pérou vers le Mexique pour le compte du cartel mexicain de Sinaloa.
Roberto Rincón, l’homme d’affaires texan arrêté en décembre, détenteur de trois comptes crédités de 25 millions de dollars chez Credit Suisse, est décrit comme un ami très proche d’un des plus puissants de ces généraux, le célèbre Hugo Carvajal, alias El Pollo (le poulet), ancien chef des services secrets.
En juillet 2014, des agents de l’agence antidrogue américaine (DEA) avaient tenté d’arrêter Hugo Carvajal lors de son passage sur l’île d’Aruba, dans les Caraïbes néerlandaises. L’armée vénézuélienne avait aussitôt dépêché des navires de guerre au large de l’île, et Caracas avait menacé de couper les lignes aériennes ainsi que l’approvisionnement en pétrole. Les autorités néerlandaises avaient relâché Hugo Carvajal dès le lendemain; il avait été accueilli en héros dans son pays et congratulé par le président Nicolás Maduro. Lorsqu’il s’était rendu à Aruba, Hugo Carvajal voyageait dans le jet privé de Roberto Rincón. Le général a donné une interview à la télévision vénézuélienne le 16 février, assurant que «tout ce dont les Etats-Unis m’accusent est faux».
Les soupçons sur l’implication des militaires vénézuéliens dans le trafic de drogue remontent à 2008, quand le Trésor américain avait désigné plusieurs d’entre eux, dont Hugo Carvajal, pour leur rôle en tant qu’intermédiaires entre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et les cartels mexicains. Depuis, plusieurs trafiquants et anciens membres du gouvernement ont collaboré avec les enquêtes américaines en échange de réductions de peine. En 2011, Walid Makled, un narcotrafiquant vénézuélien arrêté en Colombie, avait déclaré: «Quand je donnais 200 millions de bolivars par semaine, 100 millions allaient pour le général Hugo Carvajal.»
D’autres ont suivi. Rafael Isea, ancien ministre des Finances et gouverneur de l’Etat d’Aragua, a fait défection en 2013 et collaboré avec les Etats-Unis. Il accuse….
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