LIRE ou Relire: « Cocaïne, fric et flics »

Cocaïne, fric et flics

L’arrestation ces derniers jours de policiers de la PAF, mis en cause dans un trafic qu’ils sont censés surveiller ; la disparition d’une cinquantaine de kilos de cocaïne dans la salle des scellés de la brigade des stups du quai des Orfèvres, autant d’affaires récentes qui plombent la police. Une seule raison : le fric. En octobre dernier, c’était un ancien chef d’Interpol qui était mis sous les verrous en Équateur, et l’on se souvient des nombreuses arrestations parmi les autorités de l’aéroport de la station balnéaire de Punta Cana, en République Dominicaine, après la découverte de 682 kg de cette drogue dans un Falcon 50 français, en mars 2014.

NarcopsLe trafic de stupéfiants, et notamment celui de la cocaïne, génère de tels bénéfices que tous les intermédiaires s’enrichissent… en une traînée de poudre – du moins s’ils ne vont pas en prison. Quant aux « cocotrafiquants », le fric les rend omnipuissants. Devant ces kilos de drogue qui défilent sous leur nez et qui disparaissent en fumée dans les incinérateurs, certains flics craquent. Ils passent du côté obscur. Même s’ils ne sont que quelques-uns, ils font mal à la corporation. Mais, comme dit le directeur général Jean-Marc Falcone, « la police nationale fait le ménage dans sa propre institution »

Sniff !

En France, d’après l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, la cocaïne se revend 68 € le gramme, pour une pureté moyenne qui tourne autour de 35 %. Ce qui met le produit pur autour de 200 000 € le kilo alors qu’il est acheté aux cultivateurs l’équivalent de 2 à 3000 €. On imagine les retombées que cela engendre tout au long de la chaîne d’intermédiaires ! Évidemment, les narcotrafiquants sont les premiers à passer à la caisse. Pour la seule cocaïne, leur chiffre d’affaires annuel se situerait dans une Prix des drogues 2013fourchette comprise entre 75 et 100 milliards de dollars (Rapport mondial sur les drogues de 2011). Un chiffre qui est d’ailleurs en baisse sur ces dix dernières années, notamment aux États-Unis, mais qui représente environ le quart du marché de l’ensemble des drogues. Même si l’on tient compte du prix du traitement (20 à 30% du prix d’achat), la marge est impressionnante. Certains analystes estiment que le trafic de drogue dans sa totalité équivaut à 1 % du PIB mondial.

Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (2009), les produits stupéfiants représenteraient environ un cinquième du produit du crime dans le monde et il faudrait un budget de 200 à 250 milliards de dollars pour couvrir les dépenses de santé annuelles liées à la consommation des « drogues illicites ». Je suppose que les drogues licites sont les médicaments !

Les moyens mis en œuvre pour lutter contre ce type de criminalité donnent le tournis. On a l’impression d’un petit monde qui s’agite en vase clos. Pour l’UE, les coûts cachés ou apparents liés aux produits stupéfiants oscilleraient entre 28 et 40 milliards d’euros par an. La cocaïne est la deuxième drogue la plus consommée en Europe.

Quant à la France, elle dépenserait plusieurs milliards d’euros (je ne suis pas sûr qu’il soit tenu une comptabilité), dont une grande partie pour lutter contre l’importation de la « bigornette », comme disait Francis Carco dans La dernière chance, en 1935. En effet, via les Antilles et la Guyane, notre pays est en première ligne.

Ainsi, le mois dernier, près de 30 tonnes de drogue ont été saisies lors d’une opération Interpol menée en Amérique centrale et dans les Caraïbes. En partie de l’héroïne et du cannabis, mais principalement de la cocaïne, pour une valeur estimée à 1,3 milliard de dollars. Cette opération baptisée Lionfish II a été menée conjointement par 39 pays, dont 4 de l’UE : l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas et la France. Mais c’est la France qui a financé l’opération (je ne sais pas si l’UE participe). La partie opérationnelle est revenue à l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) en coordination avec le secrétariat général d’Interpol. « L’opération a également permis de fermer une cinquantaine de laboratoires de fabrication de stupéfiants. La marine nationale colombienne a saisi un semi-submersible qui servait à transporter de la drogue, deux avions légers ont été saisis en Équateur et une vingtaine de pistes d’atterrissage dissimulées dans la forêt ont été détruites par les autorités colombiennes… », peut-on lire sur le site d’Interpol.

Comme on le sait, la cocaïne est cultivée et traitée dans le nord de l’Amérique Latine, essentiellement en Colombie, en Bolivie et au Pérou. Elle suit ensuite trois axes d’exportation « traditionnels », l’un vers les États-Unis et le Canada ; les deux autres vers l’Europe et l’Afrique (on peut se demander si la fin de l’embargo sur Cuba ne changerait pas la donne). L’UE est d’ailleurs fortement « attaquée » par des passeurs qui viennent d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique du Nord.

Observatoire français des drogues et des toxicomanies

Dans la mer des Caraïbes, la « Méditerranée américaine », la lutte contre les trafiquants est menée par les forces armées de différents pays. Pour ce faire, plusieurs accords ont été passés, trop sans doute, au point de ne pas s’y retrouver. Ce qui favorise la suprématie américaine. En 2008, un accord a été signé entre le commandant supérieur (COMSUP) de Fort-de-France et le commandant régional américain. Nom de code : Narcops. Et en novembre 2011, une première opération conjointe d’envergure pour lutter contre le trafic à destination de l’Europe et de l’Afrique du Nord a été mise sur pied.

La France dispose en permanence de deux bâtiments de guerre qui patrouillent le secteur avec chacun un hélicoptère embarqué. Parfois, un sous-marin nucléaire pointe son nez. En cas d’intervention sur un go fast, un tireur d’élite prend position pour neutraliser les moteurs. Puis il reste en appui pour protéger l’équipe d’intervention. En cas de nécessité, l’ordre d’ouvrir le feu doit venir de Matignon, via le Secrétariat général à la mer, qui assure la coordination interministérielle des actions de l’État en mer. Il faut dire que dans ce type d’opération, plusieurs ministères sont concernés : Défense, Intérieur, Justice, Finances et Santé. C’est une exception française.

La police judiciaire est également très active. Il existe une antenne de l’OCRTIS à Fort-de-France et deux détachements, l’un à Pointe-à-Pitre, l’autre à Saint-Martin, et les gendarmes disposent d’un patrouilleur. Mais depuis quelques années c’est la Guyane qui inquiète. Elle a déjà pris sa place dans un trafic de « mules » à destination de la métropole. Mais cela pourrait bien évoluer, notamment en raison de sa proximité avec des pays trafiquants, comme le Surinam et le Venezuela, et aussi d’une présence policière moins forte. Dans ce département où 40 % des moins de 30 ans sont au chômage et où 44% des travailleurs sont fonctionnaires, il doit être difficile de rêver sa vie.

Pour comprendre, comment on en est arrivé là, c’est-à-dire une situation inextricable malgré les moyens mis en œuvre, il faut jeter un coup d’œil en arrière…

De 1860 à 1910, la coca et la cocaïne sont des denrées qui s’exportent mondialement, notamment par deux réseaux principaux partant des pays andins, l’un vers l’Allemagne et le reste de l’Europe, l’autre vers les États-Unis. Les Américains deviennent alors les plus grands consommateurs au monde. Le revirement est brutal. En 1915, les États-Unis se lancent dans une croisade solitaire contre ce fléau qui ravage l’Amérique, diabolisant l’Allemagne en le dépeignant comme l’empire de la drogue. Peu à peu, différents pays emboîtent le pas au géant américain, jusqu’à l’interdiction mondiale en 1950.

En quelques décennies, un produit licite devient illicite et sa commercialisation échappe alors aux contrôles des États. Les filières légales disparaissent laissant la porte ouverte aux aventuriers et aux trafiquants de tout crin.

Au retour de la guerre du Vietnam, de nombreux soldats américains sont devenus héroïnomanes. Aussi, en 1971, le président Nixon déclare la guerre à la drogue, notamment à l’héroïne. Georges Pompidou reçoit le message 5 sur 5 et Marseille perd ses labos de morphine-base. Dans le même temps, la consommation de cocaïne explose aux États-Unis. Comme un pied-de-nez – plus gentiment nommé la contre-culture. La justice moralisatrice se met en place et le nombre d’incarcération explose. Les prisons sont remplies de jeunes, surtout des Noirs et des Latinos au point que certains s’interrogent : existerait-il une raison cachée à cette pénalisation à outrance ? Un peu comme en France on utilise la pénalisation de la consommation de cannabis pour contrôler les jeunes des cités. Toute proportion gardée, bien sûr !

Même si la consommation mondiale semble stagner, peut-être à cause des drogues de synthèse, la guerre contre le trafic de cocaïne n’est pas prête d’être gagnée. Trop de fric en jeu. Et l’amusant, si l’on peut dire, c’est que plus la répression est efficace, plus les prix grimpent – et plus les trafiquants s’en mettent plein les poches.

Y a pas de morale à mon histoire !

http://moreas.blog.lemonde.fr/2015/01/31/cocaine-fric-et-flics/

DROGUES: les ravages du narcotrafic et…le naufrage de la « guerre aux drogues »

guerredrogueFrançois Polet

Source : Alternatives Sud

Déchaînement de violence, corrosion des institutions, nouvelles inégalités – le narcotrafic s’impose comme un obstacle majeur à la démocratisation d’un grand nombre de pays au Sud. Promu depuis quarante ans par les États-Unis, le modèle de la « guerre aux drogues » a alimenté le phénomène et généré quantité d’effets pervers. Depuis l’Amérique latine notamment, la contestation du régime international prohibitionniste monte en puissance.

Avec autour de 200 millions de consommateurs et plus de 300 milliards de dollars de chiffre d’affaire, le commerce des drogues illicites se porte bien. Il s’agit même d’un secteur porteur :
entre 2008 et 2011 le nombre d’utilisateurs de stupéfiants aurait augmenté de 18 % d’après le dernier rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Onudc, 2013), bien au-delà du taux de croissance de la population mondiale. Comme d’autres segments de l’économie, l’industrie des stupéfiants profite pleinement de l’augmentation du pouvoir d’achat et des changements de modèle de consommation dans les marchés émergents, en Asie et en Amérique du Sud en particulier.

L’enjeu de cette livraison d’Alternatives Sud est de mettre en lumière les effets de l’économie des drogues – et des politiques mises en oeuvre pour la combattre – sur les sociétés et les États du Sud. Si dans les pays occidentaux les impacts des drogues – de leur utilisation et de leur commerce – sont globalement maîtrisés par les pouvoirs publics, il en va tout autrement dans les nations en développement, où l’insécurité sociale et la faiblesse des institutions démultiplie la puissance économique et politique des narcotrafiquants. Les contributions rassemblées dans ce numéro l’illustrent sans détour : le noeud « narcotrafic – guerre aux drogues » constitue un obstacle majeur à la construction de relations sociopolitiques plus égalitaires et démocratiques dans un nombre considérable de pays du Sud.

Esquisse de géographie du narcotrafic

Du fait de la nature illicite des activités concernées, des évolutions complexes et permanentes auxquelles elles-sont sujettes et du manque de données dans un grand nombre de pays, les agences officielles cherchant à identifier les lieux, flux, volumes et acteurs du narcotrafic procèdent par estimations ou recoupements et présentent des fourchettes larges. Cela étant, un certain nombre de réalités dominent la géographie mondiale des drogues et peuvent sans trop de risque être dégagées.

Pour des raisons à la fois climatiques, historiques et politiques, la production mondiale des deux substances illicites les plus rentables – la cocaïne et l’héroïne – n’est le fait que de quelques pays du Sud seulement. La quasi-intégralité de l’offre mondiale de cocaïne est issue de trois pays andins – le Pérou, la Colombie et la Bolivie. La production de l’héroïne est géographiquement plus concentrée encore : environ 85 % provient des cultures de pavot à opium d’Afghanistan. La Birmanie, principal pays producteur jusqu’au début des années 1990, et le Mexique, fournissent le gros du volume restant.

A l’instar de bien des produits tropicaux, les principaux marchés de ces deux drogues sont situés au Nord. Principaux marchés en volume : 65 % de la cocaïne environ et plus de la moitié de l’héroïne y seraient consommés. [1] Mais aussi et surtout principaux marchés en valeur – le gramme de poudre est beaucoup plus cher dans les rues des villes occidentales que dans les métropoles du Sud. La demande du premier monde représenterait donc 80% des profits liés à la cocaïne et près de 70% de ceux de l’héroïne (Onudc, 2010). Effet de la mondialisation, ce tableau est cependant en train de s’infléchir, du fait d’un tassement de la consommation globale de ces deux drogues aux États-Unis et en Europe et de la croissance concomitante de la demande dans les pays émergents, notamment en Amérique du Sud (le Brésil serait devenu le deuxième plus gros consommateur de cocaïne derrière les États-Unis), en Chine et en Asie du Sud-Est. La hausse est également forte en Afrique, où le nombre de consommateurs de cocaïne serait passé d’un million environ à plus de deux millions entre 2004-2005 et 2011 (Onudc, 2013).

Á l’opposé de cette configuration, la géographie du cannabis est on ne peut plus décentralisée : on en consomme et on en produit dans toutes les régions du monde (avec une explosion des cultures indoors en Europe et aux États-Unis). La prédominance de ces circuits courts n’empêche pas l’existence d’un trafic international, dont les principaux flux vont du Maroc et de l’Afghanistan vers l’Europe, et du Mexique vers les États-Unis. Du fait qu’elles ne nécessitent pas de cultures végétales, l’offre et la demande des drogues de synthèse (amphétamines, méthamphétamines, ecstasy, etc.) sont elles aussi plus rapprochées géographiquement, avec cependant l’existence de commerces intra-régionaux notables en Europe, en Asie de l’Est (et Océanie) et en Amérique du Nord (du Mexique vers les États-Unis).

Les activités du narcotrafic ne se limitent bien entendu pas aux pays sources, abritant les cultures et laboratoires qui alimentent le marché mondial, mais affectent également les pays de transit, placés sur les voies reliant les sites de production aux marchés les plus lucratifs. Á la rigueur, du fait des changements de tactiques incessants des trafiquants et de la démultiplication des itinéraires indirects via les territoires moins contrôlés, aucune nation n’est épargnée. Certaines d’entre elles sont néanmoins plus concernées en ce qu’elles sont placées sur les « routes » principales du trafic. Le Mexique et les pays d’Amérique centrale en particulier ont le malheur de servir de voie d’acheminement principale de la cocaïne sud-américaine vers les États-Unis. Le Venezuela, mais aussi le Brésil (dont la frontière amazonienne avec les trois pays producteurs fait plus de 7 000 km) servent quant à eux de tête de pont pour l’envoi (par avion ou bateau) de la production andine vers l’Europe, dont une portion notable transite depuis une dizaine d’années par les pays d’Afrique de l’Ouest.

L’héroïne afghane est exportée suivant trois grandes routes. La « route des Balkans », qui relie l’Europe via l’Iran et la Turquie et dans une moindre mesure le Caucase. La « route du Nord », qui mène à la Russie via les républiques d’Asie centrale. La « route du Sud » qui passe par le Pakistan pour ensuite se fractionner en un vaste réseau d’itinéraires reliant l’Asie du Sud-Est, l’Afrique et l’Europe, notamment via les pays du Golfe. L’héroïne birmane alimente le marché chinois ainsi que les pays du Sud-Est asiatique, qui servent par ailleurs de transit vers le juteux marché australien. Quant au marché états-unien, il est quasi intégralement satisfait par l’héroïne mexicaine.

Escalade des profits, asymétrie des bénéfices

La dimension principale de l’économie internationale des drogues réside dans la valeur ajoutée disproportionnée aux étapes du transport et de la commercialisation du produit. Les marges sont énormes lors du franchissement d’obstacles physiques et douaniers – le prix du gramme de cocaïne triple du fait du « simple » franchissement du mur séparant le Mexique des États-Unis – et lors du fractionnement en petites doses sur les marchés de consommation (Labrousse, 2011). Une répartition du profit extrêmement inégale entre les différents intervenants de la chaîne en résulte.

L’exemple de la filière de la cocaïne vers les États-Unis est éloquent (Onudc, 2010) :

 en 2008, les dizaines de milliers de cultivateurs de coca alimentant le marché états-unien ont gagné environ 500 millions de dollars, soit 1,5 % seulement du profit global lié à ce trafic ;

 les trafiquants dans les pays andins qui ont collecté la matière première, l’ont transformée dans leurs laboratoires et ont vendu la cocaïne à des réseaux internationaux ont touché environ 400 millions de dollars, soit 1% du profit ;

 les réseaux colombiens et mexicains qui ont organisé son transport jusqu’aux grossistes états-uniens ont dégagé 4,6 milliards de dollars de bénéfice, soit 13 % du profit ;

 ces grossistes ont à leur tour empoché environ 5,3 milliards de dollars, soit 15 % du profit ;

 enfin les organisations et individus ayant orchestré et réalisé la distribution de la cocaïne dans les rues états-uniennes ont accumulé jusqu’à vingt-quatre milliards de dollars, soit 70 % du profit global.

La même asymétrie se vérifie s’agissant de l’héroïne afghane (Onudc, 2010). La vente « à la ferme » de l’opium a rapporté 400 millions de dollars aux cultivateurs de pavot en 2009, soit 0,6% seulement du revenu de la filière. Si l’on inclut les profits dérivant de la transformation et du trafic vers la frontière, l’économie afghane de l’opium a généré 2,4 milliards de dollars, soit 3,5% seulement des profits totaux de l’industrie des opiacés (héroïne, opium et morphine) en 2009.

Une économie politique plus complète des filières doit également prendre en compte les acteurs captant indirectement une partie considérable des profits du secteur : forces de sécurité et personnel politique arrosés par les narcotrafiquants, groupes rebelles en tout genre prélevant l’impôt « révolutionnaire », mais également sociétés de comptabilité et autres conseillers financiers facilitant le recyclage des profits et enfin secteurs économiques formels profitant de cet afflux d’argent en quête de respectabilité (immobilier, tourisme, sociétés financières des paradis fiscaux) et des dépenses somptuaires des barons de la drogue (industrie du luxe). D’après la littérature sur le blanchiment, les deux tiers environ des profits du narcotrafic seraient l’objet d’opérations de lavage, soit autour de 220 milliards de dollars par an (Onudc, 2011).

Coûts sociaux et politiques du narcotrafic au Sud

Dépendances, inégalités et droit du plus fort

C’est un fait, l’industrie de la drogue constitue une alternative économique – de survie ou d’ascension sociale – pour des millions d’habitants des campagnes et des périphéries impliqués dans les cultures illicites (paysans andins, afghans, marocains, etc.) ou le transport du produit fini (les « mules »). Au Mexique seulement, 468 000 personnes environ auraient tiré leurs revenus du secteur en 2008, faisant du narcotrafic le cinquième plus gros employeur du pays (Rios, 2008). Et plus d’un million d’individus seraient impliqués dans le transport d’héroïne à l’échelle mondiale (Onudc, 2010). Ces bénéfices économiques de court terme pour une partie des plus pauvres ne compensent cependant pas les effets sociétaux massivement déstructurants du narcotrafic.

Á l’échelle de la paysannerie tout d’abord, comme le décrivait Olivier Dabène à propos des pays andins, «  l’intérêt des paysans pour la culture du cocaïer a entraîné un relatif abandon des cultures vivrières comme le maïs, le riz ou la pomme de terre, et donc une hausse de leurs prix. Certains groupes ont été déplacés dans des zones amazoniennes totalement isolées, afin d’échapper aux contrôles. Mais lorsque les prix chutent, ces populations sont laissées à l’abandon, sans moyen de subsistance. (…) tandis que leur environnement subit des dommages irréversibles, en raison de l’utilisation intensive de produits chimiques et de la déforestation » (Dabène, 1996). Perte d’auto-suffisance alimentaire locale donc, mais aussi sujétion de territoires entiers à des réseaux criminels dont on attend le rachat des récoltes et des services de protection… ou dont on craint les représailles en cas de velléité d’émancipation.

Ce phénomène de détournement de la main d’oeuvre des activités traditionnelles ne se limite pas à l’agriculture – les revenus disproportionnés que procure la participation au trafic, même à ses plus bas échelons, par rapport aux autres types d’emploi, plongent des populations entières dans une situation de « dépendance économique » au narcotrafic difficilement réversible. Ce lecteur d’un journal régional mexicain ne dit pas autre chose : « Sinaloa est et a toujours été un État où l’argent vient du trafic de drogues. D’où pourrait-il bien venir d’autre ? Les industries agricoles et de la pêche sont fermées. On ne peut même plus tirer d’argent de l’industrie minière car les gens ne veulent plus y travailler. Les trafiquants de drogues paient les mineurs dix fois plus, juste pour surveiller la drogue. Qu’allons nous faire s’il n’y a pas d’autre endroit où obtenir de l’argent ? ». [2]

Du fait de la forte asymétrie dans la répartition des profits, le narcotrafic est par ailleurs facteur de renforcement ou de création de nouvelles inégalités. « En provoquant des changements rapides de train de vie, en produisant de nouveaux statuts, (la drogue) perturbe les rapports sociaux et économiques et remet en cause le système productif, politique et culturel du pays » expliquent Miguel de Barros, Patrícia Godinho Gomes et Domingo Correia dans leur article sur la Guinée-Bissau, où la présence de la drogue est pourtant « relativement faible ». Quand bien même certains parrains s’emploient à soigner leur image de « bienfaiteurs des pauvres » en redistribuant une petite partie de leurs bénéfices sous la forme de cadeaux divers, une partie autrement conséquente de leurs gains sont généralement réinvestis dans la terre, l’immobilier ou des activités de la région, constituant des mini-empires économiques peu compatibles avec un développement local démocratique.

La conséquence la plus spectaculaire du narcotrafic réside évidemment dans le climat de violence qu’il installe dans certaines régions de production ou de transit. Les guerres entre cartels pour la domination des villes frontières avec les États-Unis et la « guerre aux drogues » menée par les militaires ont fait 55 000 morts entre 2006 et 2011 au Mexique, soit le conflit le plus meurtrier de la planète sur cette période. Moins médiatisé, le taux d’homicides serait plus élevé encore dans les petits pays d’Amérique centrale traversés en amont par la même cocaïne. Comme l’indique cependant Luis Astorga dans sa contribution sur le Mexique, les niveaux de violence sont moins tributaires des quantités de drogues en jeu que de la configuration du champ criminel et de la capacité de l’État à réguler la compétition entre gangs.

Dans les périphéries des villes comme dans les zones rurales les plus isolées, le monopole de la violence que détiennent les gangs liés au narcotrafic sur la vie de territoires entiers a généré un archipel de zones de non-droit, ou plutôt de zones où les codes des gangs et l’allégeance au plus fort ont remplacé le droit formel. « Là se configurent de nouvelles strates, des codes où se mêlent les principes libéraux du marché et les règles qui organisent et protègent les activités illégales, comme cela se passe dans les structures organisées du « Primeiro Comando da Capital » et du « Comando Vermelho » de Rio de Janeiro, ou dans les « bacrim » (bandes criminelles émergentes), comme on les appelle en Colombie, telles que le « Bureau Envigado », « Les Urabeños », « Los Rastrojos » dans les quartiers de Medellín » relève Ricardo Soberón Garrido dans sa réflexion sur les paradoxes du narcotrafic en Amérique latine. On y constate la diffusion d’une culture de l’enrichissement personnel rapide par la violence criminelle qui fonctionne comme modèle de réussite sociale crédible, bien que hautement risqué, pour des millions de jeunes sans perspective autre d’ascension sociale.

Enfin le développement du narcotrafic dans une région donnée va généralement de pair avec un accès plus aisé aux drogues et une hausse de la consommation locale. Le phénomène se vérifie dernièrement en Afrique et dans les républiques d’Asie centrale, deux régions où les quantités en transit vers les gros marchés ont singulièrement augmenté. Les défis que cette hausse des niveaux de dépendance implique en matière de santé comme de sécurité publiques sont considérables. Or comme le relèvent Kwesi Aning et John Pokoo dans leur article sur l’Afrique de l’Ouest, «  les centres de soins de santé dans la région sont en sous-nombre et sous équipés, qui plus est les équipes médicales ne sont pas formées à la prise en charge des conséquences de la dépendance à la drogue ».

Corrosion des institutions, criminalisation du politique, conflits

Si la banalisation de la violence criminelle sous l’effet du narcotrafic est propre au continent latino-américain, aucun territoire de culture ou de transit des stupéfiants n’échappe à l’action délétère du trafic sur les institutions. Celle-ci découle « logiquement » de la puissance financière des mafias vis-à-vis des représentants de l’État dans les régions concernées. D’autant que, pour les sites de production comme pour les « routes » de la drogue, les préférences des trafiquants vont aux régions isolées, négligées par les pouvoirs centraux, où les autorités locales comme les agents des échelons inférieurs de la police ou de la douane sont mal payés et donc sensibles aux arguments « sonnants et trébuchants » des criminels. Il n’est qu’à imaginer la rencontre entre un garde-frontière guinéen ou malien dont le salaire, quand il est versé, dépasse à peine 50 euros et un « narco » colombien brassant des millions de dollars.

Mais l’influence corruptrice des trafiquants va le plus souvent bien au-delà des agents locaux pour toucher les niveaux supérieurs de la justice, de la police, de l’armée, de la classe politique, des services secrets. L’enjeu : obtenir par l’achat des autorités des conditions optimales pour le développement discret de leurs activités criminelles. Achat agrémenté d’intimidation lorsque l’autorité en question refuse de marchander sa probité. Mais les agents de l’État ne sont que rarement objets passifs de corruption. Dans bien des cas ce ne sont pas les trafiquants qui les approchent, mais eux-mêmes qui traquent les contrebandiers afin de monnayer leur libération. Aux Philippines notamment, Nex Benson nous apprend que le rançonnement des trafiquants, grands ou petits, est un véritable fléau au sein de la police anti-drogues.

Dans plusieurs pays, des responsables publics de haut rang vont jusqu’à devenir collaborateurs actifs des trafiquants, voire organisateurs directs de trafics. Phénomène de « criminalisation du politique » donc, mais aussi parfois de « politisation de la criminalité », lorsque des barons de la drogue rentrent en politique afin d’influer le cours des décisions dans le sens de leurs affaires. Principales incarnations des narco-États dans les années 1990, la Birmanie – longtemps considérée « État trafiquant type » (Labrousse, 1993) -, la Colombie, le Pérou, la Bolivie, la Turquie ou le Nigeria se sont vues déclassés par l’Afghanistan, la Guinée Bissau, le Mexique ou le Tadjikistan comme États les plus régulièrement associés au concept [3]. Plus généralement, si le poids politique du narcotrafic a baissé dans les pays andins, il aurait augmenté en Amérique centrale et au Mexique, dans les républiques d’Asie centrale, mais aussi en Afrique de l’Ouest.

Relevons enfin que les activités du narcotrafic contribuent au financement de dizaines de conflits politiques, religieux ou identitaires qui constituent autant de sources de déstabilisation politique et de crispations autoritaires. La récente prise du Nord-Mali par des groupes armés islamistes dont une partie des ressources provenait du rançonnement du trafic transsahélien de la cocaïne en constitue la dernière illustration. Les interactions entre drogues et conflits peuvent prendre des formes variées (Labrousse, 2011). Il existe parfois une proximité politique ou ethnique entre les producteurs de cultures illicites de régions marginalisées et les guérillas prétendant défendre leurs droits – cas des FARC « révolutionnaires » dans les régions pauvres de Colombie ou des talibans dans les provinces à majorité pachtoune d’Afghanistan.

Les organisations rebelles peuvent également tirer profit de la commercialisation des drogues, en taxant les trafiquants ou en assurant elles-mêmes le rôle d’intermédiaires – cas des Tigres tamouls du Sri Lanka. Enfin certaines d’entre elles finissent par s’impliquer dans les étapes les plus rentables de la transformation et de la distribution sur les marchés de consommation – cas du Parti des travailleurs du Kurdistan. Alain Labrousse relève aussi qu’au cours du conflit la drogue peut devenir un enjeu relatif, voire une fin en soi, les organisations politiques dégénérant en organisations purement criminelles. Ce processus de criminalisation concerne d’ailleurs tout autant les forces contre-insurrectionnelles chargées de mater les rebelles.

Libéralisation économique et expansion du narcotrafic

Si les responsabilités des élites du Sud ne peuvent être éludées, l’ampleur et les formes empruntées par l’économie du narcotrafic ces trente dernières années sont davantage le résultat d’un certain nombre de biais et d’asymétries de la gouvernance internationale. Sur le plan de la gestion de la mondialisation tout d’abord. Les politiques de libéralisation des économies et des marchés financiers promues depuis les grandes agences internationales ont indiscutablement contribué au renforcement du narcotrafic.

 La baisse des tarifs douaniers et autres barrières aux échanges a radicalement augmenté les flux de marchandises et de capitaux, ainsi que le caractère transnational des filières de production, notamment dans le secteur agroalimentaire. « Bien souvent les réseaux de trafiquants ont profité des instruments et des mécanismes qui libéralisent le commerce de biens et services pour transporter la drogue et d’autres produits illicites » indique Ricardo Soberón Garrido. Dans la pratique, la priorité à l’augmentation et à la fluidité des échanges qui commande le commerce international rend le contrôle systématique des containers virtuellement impossible.

 Les politiques d’ajustement structurel préconisées par la Banque mondiale, le FMI et le GATT/OMC aux pays latino-américains, africains et asiatique au cours des années 1980-1990 – ouverture aux importations de biens agricoles et démantèlement des politiques de soutien à la petite agriculture – ont objectivement renforcé l’attrait économique des cultures de pavot, de coca et de cannabis pour les paysans pauvres. Les autorités elles-mêmes ont parfois fermé les yeux sur des cultures illicites qui permettaient d’amortir les coûts sociaux de l’ajustement et d’accumuler des devises étrangères protégeant le pays d’une éventuelle crise de la dette (Dabène, 1996).

 Combinées aux effets de la crise économique et de la baisse des recettes d’exportation, ces mêmes mesures d’ajustement ont mené à un resserrement brutal des moyens des États. Les plus affaiblis, en Afrique notamment, ont d’une part réduit leur contrôle sur des pans entiers de leur territoire – y favorisant la prolifération d’activités criminelles -, d’autre part poussé une partie de l’élite politique et militaire à se reconvertir dans des activités illicites pour se maintenir au pouvoir, signant le passage de l’État « kleptocrate » à l’État « malfaiteur » (Bayart, Ellis et Hibou, 1997). Les nouveaux narco-États sont avant tout des États faillis.

 Les politiques de dérégulation de la sphère financière depuis les années 1980 ont quant à elles hautement facilité les opérations de blanchiment de l’argent sale. « Ce phénomène est venu renforcer la puissance des organisations criminelles transnationales les plus liées au commerce de la drogue » (Lalam, 2011). Malgré quelques avancées sur le secret bancaire suite au 11 septembre 2001 et à la crise financière de 2008, les pays riches ont les plus grandes difficultés à mettre de l’ordre dans l’entrelacs de places off-shore et autres paradis fiscaux servant de zone d’intersection entre les flux financiers licites et illicites.

Le régime international de contrôle des drogues

Le principal carburant du phénomène du narcotrafic réside cependant dans l’orientation adoptée depuis un siècle par la communauté internationale pour… réduire la consommation de drogues, à savoir la mise en place et le renforcement d’un régime international de contrôle des drogues axé sur la prohibition. Ce régime est aujourd’hui l’objet de vives critiques, du fait de son inefficacité et de ses effets pervers, mais également de son caractère asymétrique et de ses contradictions, reflets d’inégalités politiques historiques au sein de l’ordre international.

De La Haie à l’Initiative de Mérida : un régime déséquilibré

Le projet d’un système international de contrôle des drogues naît en 1912 lors de la Convention internationale de l’opium de La Haie, à laquelle seules une douzaine de nations participent. Visant à éviter toute production et distribution d’opium en dehors d’un cadre scientifique et médical strictement contrôlé, la rencontre est, déjà, le résultat de l’activisme des États-Unis, qui viennent de prendre les Philippines aux Espagnols et constatent avec effroi le degré d’intoxication de la population des îles, et plus largement de cette partie de l’Asie, suite au « libre » commerce imposé par les européens depuis les guerres de l’opium du 19ème siècle. La restriction de l’opium est à la fois un devoir moral et une manière d’affaiblir commercialement les puissances coloniales, tout en améliorant la relation entre les États-Unis et la Chine, principale victime du commerce de l’opium (Sinha, 2001).

Dès sa naissance donc, la diplomatie des drogues est animée par un mixte étonnant de motivations morales, économiques et géopolitiques. Les traités internationaux adoptés par la suite dans le cadre de la Société des nations, puis des Nations unies, en porteront tous la marque, notamment les trois principaux textes qui constituent l’armature juridique du régime de contrôle actuel : la Convention unique sur les stupéfiants (1961), qui ramasse les traités antérieurs en un seul texte et porte essentiellement sur l’opium, l’héroïne, la cocaïne et le cannabis ; la Convention sur les substances psychotropes (1971), suite au décollage de la consommation de LSD et autres substances de synthèse en Occident ; et enfin la Convention contre le trafic illicite de stupéfiant (1987), qui vise à harmoniser les législations nationales dans un sens nettement répressif.

Outre son orientation prohibitionniste et répressive, au détriment des considérations de santé publique et de droits humains, le régime de contrôle international consacré par ces textes connaît deux déséquilibres, particulièrement préjudiciables pour les anciennes colonies. Tout d’abord l’idée d’un contrôle souple sur les substances d’origine végétale, défendue par les États du Sud dont de larges pans de la population consommaient de manière traditionnelle les matières incriminées ou vivaient de leur production, a été écartée. A l’inverse, les besoins des industries pharmaceutiques occidentales ont été globalement épargnés – ceux-ci relevant des domaines « médical » et « scientifique » -, notamment au sein de la Convention de 1971 sur les produits de synthèse.

Par ailleurs, comme le signale Jai Sinha, en étant centrée sur l’offre de stupéfiants (la production et le trafic), elle déplace « le fardeau et les coûts du contrôle des stupéfiants principalement vers les pays en voie de développement asiatiques et latino-américains, qui n’avaient ni la disposition culturelle, ni les ressources requises pour procéder à une telle ingérence – ni la puissance économique ou militaire qui leur aurait permis de refuser ce qu’on leur imposait » (2001). Des pouvoirs étendus furent par ailleurs accordés à l’Organe internationale de contrôle des stupéfiants (OICS), organisme onusien sous influence états-unienne chargé de vérifier le respect des trois conventions. Dans la pratique, l’appareil de contrôle s’appliquera essentiellement dans un sens Nord-Sud, les pays occidentaux – États-Unis en tête -, s’appuyant sur la qualité juridiquement contraignante des conventions pour réclamer le durcissement des politiques anti-drogues dans le reste du monde.

L’ingérence au nom de « la lutte contre les drogues » franchit plusieurs paliers lorsque les États-Unis décidèrent de porter au coeur de l’Amérique latine la « guerre aux drogues » proclamée en 1971 par le président Nixon. Des opérations en terrain bolivien et péruvien de la Drug Enforcement Administration (DEA) dans les années 1980 à l’énorme programme d’assistance militaire à la Colombie dans le cadre du « Plan Colombie » au tournant du millénaire, l’implication états-unienne prit des formes de plus en plus massives et diversifiées dans les campagnes nationales de démantèlement des trafics. [4] Signe d’un déplacement du front principal de la guerre aux drogues, l’Initiative de Mérida, sorte de réplique à moindre échelle du Plan Colombie, vise à renforcer les forces armées mexicaines dans le cadre de la « guerre contre le trafic de drogues » décrétée en 2006 par un président Calderón en manque de légitimité. L’« initiative » soutient également les efforts de répression en Amérique centrale et dans les Caraïbes.

Instrumentalisation des trafics… et de la guerre aux trafics

Le régime international de contrôle des drogues n’est pas seulement biaisé dans ses orientations répressives et centrées sur l’offre. Á l’instar d’autres politiques internationales, il est aussi l’objet de bien des instrumentalisations géopolitiques. Le rôle de « croisé de la prohibition » que les États-Unis se donnent volontiers dans les enceintes de la diplomatie des drogues n’a pas empêché leurs services secrets de subordonner allègrement la « guerre aux drogues » à d’autres dimensions de leur politique extérieure. Des débris du Kuomintang réfugiés en Birmanie aux Contras du Nicaragua, en passant par les talibans afghans, l’objectif suprême du containment a régulièrement amené la CIA à tolérer, voire à soutenir directement la mise en place de réseaux d’écoulement d’héroïne ou de cocaïne permettant le financement clandestin de groupes armés objectivement alliés.

Avec la fin de la guerre froide et surtout les attentats du 11 septembre 2001, le narcotrafic devient un enjeu central de la doctrine sécuritaire des États-Unis et dans une certaine mesure des autres puissances. Pour les stratèges du Pentagone, l’Afghanistan démontre que le terrorisme et les réseaux de la drogue sont des phénomènes qui s’alimentent mutuellement, voire se confondent, dans les zones de non-droit délaissées par les États faillis, il s’agit donc de recourir aux grands moyens pour combattre le « narco-terrorisme » partout où il fait mine de s’enraciner. La force évocatrice de l’expression diabolise les acteurs, dépolitise les enjeux et est rapidement réappropriée par des pouvoirs nationaux en quête de légitimation de leurs stratégies répressives, de la Colombie au Sri Lanka. Les conseils, offres de services et pressions de toutes sortes se multiplient des États-Unis vers les États supposés manquer de fermeté ou de capacité d’action dans la répression du phénomène. Ces mêmes États que la doctrine d’hier jugeait pléthoriques et envahissants…

Et pourtant ce regain d’activisme international contre les trafics cohabite avec d’autres enjeux, à commencer par celui de la proximité géopolitique avec les États-Unis. Mercille le démontre dans son article sur l’Afghanistan, où Washington s’accommode d’alliés – Hamid Karzai et son entourage en l’occurrence – dont les liens avec le trafic d’héroïne ont suffisamment été démontrés, tout en menant une « guerre aux drogues » sélective visant uniquement les trafiquants liés aux talibans. Une même compréhension a prévalu dans le contexte colombien face à la tolérance du président Uribe vis-à-vis de groupes paramilitaires d’extrême droite tout autant, si pas plus impliqués dans le narcotrafic que les FARC. Le fait que les États-Unis avaient dû fermer leur base militaire au Panama en 1999 et que l’ex-président colombien mettait à leur disposition l’accès à plusieurs bases n’y était certainement pas pour rien.

Le conditionnement géopolitique de la guerre aux drogue apparaît aussi clairement dans le très controversé processus de « certification » auquel les États-Unis s’adonnent annuellement afin d’évaluer la coopération des pays de production ou de transit au système de contrôle international. D’une part l’objet de cette évaluation, qui peut déboucher sur une suppression de l’aide états-unienne, réside moins dans l’engagement des gouvernements dans la lutte contre la drogue que dans leur collaboration avec les agences anti-drogues américaines. D’autre part il est évident que les considérations stratégiques pèsent lourdement dans la classification des États. Ainsi les deux pays ayant récemment rejoint la Birmanie dans la catégorie des pays ayant « clairement échoué à remplir leurs obligations » en matière de respect des conventions internationales ne sont pas la Guinée Bissau ou l’Afghanistan mais… le Venezuela et la Bolivie.

Le régime international de contrôle en question

Développement sans précédent dans l’histoire de la diplomatie des drogues, l’idéologie prohibitionniste qui imprègne le régime international de contrôle des stupéfiants est depuis quelques années l’objet d’un mouvement de contestation au plus haut niveau politique. Les contributions rassemblées dans ce numéro s’en font toutes l’écho d’une manière ou d’une autre.


Effet ballon et criminalisation de la pauvreté

Ces remises en question naissent d’abord de la constatation de l’échec de l’approche outrancièrement répressive de la « guerre aux drogues ». Cet échec se lit d’abord dans les chiffres. En 1998, lors de la session spéciale de l’Assemblée générale des Nations unies sur les drogues (UNGASS), les gouvernements s’étaient donné dix ans pour libérer le monde des drogues (« a drug free world »). En 2008, le nombre de consommateurs d’opiacés dans le monde avait pourtant augmenté de 34 %, celui de cocaïne de 27 %, celui de cannabis de 8 % (Commission mondiale pour la politique des drogues, 2011). Non seulement l’approche répressive ne s’est pas montrée efficace, mais elle s’avère contre-productive car c’est l’interdiction des drogues elle-même qui multiplie le prix de celles-ci et suscite les activités criminelles liées à son commerce. En témoigne le précédent historique du fabuleux enrichissement de la mafia et de l’expansion de son pouvoir corrupteur durant les années de la prohibition de l’alcool aux États-Unis.

La lutte frontale contre les trafiquants a bien permis de démanteler tel cartel ou de « nettoyer » telle région, mais elle n’a jamais débouché sur une baisse globale de la production. Car, à demande égale, la réduction de telle ou telle filière entraîne un renchérissement du produit qui stimule les trafiquants à augmenter la production ou le trafic ailleurs. Un phénomène de géographie économique qualifié d’« effet ballon » [5]. Ainsi la performance du système de surveillance états-unien dans les Caraïbes dans les années 1990 n’a pas entraîné de baisse de l’entrée de cocaïne sur le territoire états-unien, mais un déplacement du trafic par l’itinéraire centro-américain et mexicain. De même, le succès du « bridge denial » entre le Pérou et la Colombie au début des années 1990 a mené à une chute de la production de coca au Pérou mais à une augmentation concomitante des cultures colombiennes. Quelques années plus tard, les campagnes d’éradication forcenées du Plan Colombie ont mené à une (petite) baisse de la production colombienne… immédiatement compensée par un rebond des productions péruvienne et bolivienne.

La focalisation de la répression sur la production et le trafic a par ailleurs des effets pervers dramatiques, qui démultiplient les coûts sociaux et politiques du narcotrafic et en créent de nouveaux. En s’efforçant de démanteler les gangs, les forces de l’ordre perturbent les positions acquises et déclenchent régulièrement de sanglantes guerres de succession. A fortiori lorsque, comme c’est souvent le cas, elles mènent des campagnes à géométrie variable et concentrent leurs forces sur certains réseaux en en épargnant d’autres. La militarisation de la lutte contre les trafics a également comme conséquence une hypertrophie des appareils de sécurité militaire et policier (au détriment des dépenses sociales), un nivellement par le bas du respect des droits humains et une criminalisation des populations pauvres qui fournissent l’essentiel des « petites mains » de la production et du trafic.

Par ailleurs, les campagnes d’épandage aérien telles qu’elles ont été pratiquées à grande échelle en Colombie ont eu des conséquences désastreuses sur la végétation environnante. Plus généralement, les campagnes d’éradication forcée en Colombie ou au Pérou alimentent indirectement la déforestation en incitant les trafiquants à déplacer leurs plantations dans des régions toujours plus isolées de la forêt amazonienne, où ils entrent en contact avec les populations indigènes qui utilisent traditionnellement les terres convoitées. La prophétie de Ricardi Soberon à ce propos est pour le moins inquiétante : « De plus en plus, le bassin de l’Amazone sera confronté à une colonisation progressive et désordonnée, catalysée par les activités économiques illicites. Cela entraînera non seulement la destruction rapide, mais aussi l’implication graduelle des sociétés rurales ancestrales dans cette spirale associée à la criminalité. »

Quant aux programmes de développement alternatif menés parallèlement aux campagnes d’éradication pour détourner les paysans des cultures illicites, ils ont donné des résultats mitigés. Dans leur contribution sur le « miracle » de San Martin (Pérou), Mirella van Dun, Hugo Cabieses Cubas et Pien Metaal identifient les faiblesses de la majorité de ces expériences : focalisation sur les monocultures d’exportation, dépendance des financements internationaux, mauvaises gestion et méconnaissance des causes structurelles de l’implication des populations dans les cultures incriminées. Sans compter le fait que, étant donné « l’effet ballon », la moindre production dans telle région est rapidement compensée par une extension des cultures dans la région voisine.


Fronde latino-américaine

Il en va de la politique des drogues comme de bien d’autres domaines de la diplomatie interaméricaine : la prééminence de la vision états-unienne ne va plus de soi. « Un développement décisif » pour reprendre le titre de l’article d’Amira Armenta, Pien Metaal et Martin Jelsma, qui reviennent dans le détail sur les ressorts du désaccord latino-américain. Cette insatisfaction largement partagée vis-à-vis du modèle prohibitionniste imposé de l’extérieur a des tonalités variables suivant les contextes nationaux.

L’évolution la plus remarquable a paradoxalement été initiée par deux chefs d’États conservateurs et proches des États-Unis, les présidents Otto Perez Molina (Guatemala) et Juan Manuel Santos (Colombia), qui ont mis sur la table lors du Sommet des Amériques d’avril 2012 la nécessité d’une révision réaliste des politiques de contrôle des drogues sur le continent. Avec leurs homologues du Costa Rica et du Mexique notamment, ils estiment que leurs sociétés paient un prix exorbitant à la guerre aux drogues orchestrée depuis Washington, notamment sous la forme d’une escalade de la violence et d’un encombrement de leurs systèmes carcéraux. Si aucune alternative n’a fait l’objet d’un consensus, des options autrefois inimaginables sont en cours de débat entre présidents centro-américains, en ce compris la « dépénalisation » du transit et la réglementation de la production, du commerce et de la consommation de drogues.

La dissidence du président bolivien était plus prévisible. Porté par un large mouvement populaire de réappropriation « nationale » des ressources naturelles, Evo Morales est aussi un syndicaliste cocalero qui, à ce titre, a plusieurs fois été la cible des opérations de la DEA durant les années 1980. « Coca oui, cocaïne non ! » – pour le leader aymara, la feuille de coca mastiquée par des millions d’indiens depuis des millénaires doit être réhabilitée en tant que symbole de l’identité nationale et les conventions internationales qui la criminalisent doivent être modifiées. Les agents de la DEA seront expulsés en 2008, une question de «  dignité et de souveraineté ». Cinq ans plus tard, le gouvernement affirme, chiffres à l’appui, que la nationalisation de la lutte contre le narcotrafic s’est traduite par une plus grande efficacité. Ce rejet de l’ingérence états-unienne est sans surprise partagé par les voisins vénézuélien et équatorien.

Moins spectaculaire, l’évolution des pays du cône sud (Argentine, Brésil, Uruguay) dans le sens d’une dépénalisation de la possession de drogues « pour usage personnel » traduit cependant un changement important dans les mentalités et la montée des préoccupations de santé publique. En pointe dans le débat, l’Uruguay envisage de mettre en place un « Institut national du Cannabis » qui, d’une part, distribuerait des licences de production, d’autre part, vendrait directement le produit, ce qui ferait du petit pays sud-américain le premier « fournisseur officiel » de cannabis au monde. Notons par ailleurs que l’ex-président brésilien Fernando Enrique Cardoso est président de la Commission mondiale pour la politique des drogues, une initiative de tout haut niveau (y participent notamment deux anciens présidents du Mexique et de Colombie, ainsi que l’ex-Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan) visant à sortir le monde de la « guerre aux drogues ».

La fronde latino-américaine débouchera-t-elle sur une réforme du régime international des drogues ? Si pour Armenta, Metaal et Jelsma le déblocage du débat est irréversible, l’adoption de propositions communes de changements de la part des nations latino-américaines n’est pas pour demain. La conjoncture internationale est pourtant favorable, souligne Carolina Cepeda, avec une présidence Obama ayant pris ses distances avec les accents les plus répressifs de la lutte contre les drogues (l’éradication forcée notamment) et débarrassé son lexique de l’expression « guerre aux drogues ». Un assouplissement qui ne va cependant pas jusqu’à sortir du paradigme prohibitionniste… et qui pourrait même s’assimiler à une tactique pour diviser les pays critiques, d’après Luis Astorga. D’autant que les partisans de la ligne dure comptent des alliés de poids dans le reste du monde, à commencer par la Russie et la Chine. Mais le choix récent de deux États états-uniens de légaliser l’usage du cannabis est peut-être annonciateur d’une évolution plus nette des positions américaines. Et les États latino-américains devraient pouvoir compter sur des alliés, notamment européens, pour faire bouger les lignes dans les enceintes internationales.

Bibliographie

Bayart J.-F., Ellis S. et Hibou B. (1997), « De l’État kleptomane à l’État malfaiteur », in La Criminalisation de l’État en Afrique, Bruxelles, Éditions Complexe.

Commission mondiale pour la politique des drogues (2011), Rapport de la Commission mondiale pour la politique des drogues, juin 2011.

Dabène O. (1996), « Les narcodémocraties andines », Les Études du CERI n°20, septembre.

Labrousse A. (1993), « Drogues et réseaux » in P. Boniface et J. Golliet (sous la dir. de), Les nouvelles pathologies des États dans les relations internationales, Paris, Dunod.

Labrousse A. (2011), Géopolitique des drogues, Paris, Puf.

Lalam N. (2011), « Argent de la drogue : blanchiment et mondialisation financière », Drogues et enjeux internationaux, bulletin n°2, novembre.

Onudc (2013), Rapport mondial sur les drogues 2013, Office des Nations unies contre la drogue et le crime, Vienne.

Onudc (2011), Estimating Illicit financial flows resulting from drug trafficking and other transnational organized crimes, United Nation Office on Drug and Crime (ONUDC), rapport de recherche, octobre.

Onudc (2010), Rapport mondial sur les drogues 2010, Office des Nations unies contre la drogue et le crime, Vienne.

Rios V. (2008), Evaluating the economic impact of Mexico’s drug trafficking industry, Mimeo, http://www.gov.harvard.edu/files/Rios2008_MexicanDrugMarket.pdf

Sinha J. (2001), L’historique et l’évolution des principales conventions internationales de contrôle des stupéfiants, Direction de la recherche parlementaire, Bibliothèque du Parlement canadien, Ottawa.


Notes

[1] En incluant la Russie, premier pays consommateur d’héroïne. Quant à l’opium afghan (non transformé en héroïne), il est très majoritairement consommé en Asie, en particulier en Iran (environ 40% pour ce seul pays).

[2] Cité dans Rios (2008).

[3] Un concept dont le contenu comme l’application, il faut le souligner, sont l’objet de controverses scientifiques et d’instrumentalisations géopolitiques.

[4] Pour autant, comme le précisent Tickner et Cepeda dans ce numéro à propos du Plan Colombie, l’adoption de ces dispositifs d’assistance externe anti-drogues répond aussi aux stratégies des gouvernements locaux.

[5] En référence au fait que si l’on comprime un ballon gonflable en un endroit, l’air à l’intérieur de celui-ci ne diminue pas mais se déplace.

 

http://www.cetri.be/Ravages-du-narcotrafic-naufrage-de

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COLOMBIA (Operación Neymar): lavaban el dinero de droga

Desmantelan en EE.UU. una red de dos cárteles

MIAMI (Notimex).— Autoridades de Florida confirmaron ayer el desmantelamiento de una sofisticada red de lavado de dinero del narcotráfico que tenía sede en Colombia y era operada por miembros del mexicano Cártel de Sinaloa y sucesores del colombiano Cártel de Cali.

La llamada “Operación Neymar” —porque uno de los sospechosos usaba el nombre del futbolista brasileño— reveló que el grupo lavaba un millón de dólares al mes a través de 11 negocios en Miami-Dade, informó la fiscal en dicho condado, Katherine Fernández Rundle.

Las autoridades presentaron fotos de 22 integrantes de la red, de los cuales sólo tres fueron arrestados, dos de ellos en Miami.

“Era un complejo y sofisticado sistema financiero global para mover sus ganancias de las drogas a través de las fronteras”, declaró la fiscal, quien comentó que los integrantes de la red utilizaban apodos como “Neymar”, “Vito Corleone” y “Tony Montana”.

“Las transacciones fueron hechas en nombre del Cártel de Sinaloa en México y los sucesores del Cártel de Cali en Colombia”, agregó la funcionaria ante la prensa.

En 5 continentes

La red operaba en los cinco continentes, en Estados Unidos, México, Canadá, España, Italia, Holanda, Panamá, Guatemala, Colombia, Venezuela, Ecuador, Reino Unido, Australia y China.

El dinero tuvo su origen en 14 estados de Estados Unidos, entre ellos Arkansas, California, Florida, Georgia, Illinois, Kentucky, Massachusetts y Michigan.

“El dinero sucio era lavado a través de cuentas de negocios asociados con algunas de las instituciones financieras más grandes del mundo”, apuntó Fernández Rundle, aunque sin mencionar alguna en específico.

Durante la investigación, que duró dos años, las autoridades decomisaron más de un millón de dólares producto de la venta de drogas. La red utilizaba el “mercado negro” de cambio del peso en Colombia. Según las autoridades, el esquema se iniciaba con el cártel mexicano pagando en dólares para comprar la cocaína en Colombia y posteriormente enviarla a Estados Unidos.

Según se informó, los pagos se hacían a representantes en Estados Unidos del cártel colombiano, quienes a su vez ofrecían divisas a empresas importadoras en Cali a un precio más barato que el cambio oficial para cubrir sus pedidos de equipos electrónicos, tecnología y otros bienes. De regreso en Colombia, esos negocios legítimos podían devolver el dinero a los agentes, quienes finalmente lo entregan al cártel.

Las autoridades desvincularon de este caso a Juan Manuel Álvarez Inzunza, del Cártel de Sinaloa arrestado el mes pasado por autoridades mexicanas.

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BLANCHIMENT (Panama Papers): des barons de la drogue mis en cause

Parmi les clients de Mossack Fonseca figurent « des trafiquants de drogue du Mexique, du Guatemala et d’Europe de l’Est » qui ont fait l’objet de sanctions.

Source AFP

Publié le 06/04/2016 Le Point.fr
Le cabinet d'avocats de Panama Mossack Fonseca, au coeur du scandale des Panama Papers.
Le cabinet d’avocats de Panama Mossack Fonseca, au coeur du scandale des Panama Papers. © RODRIGO ARANGUALe cabinet d’avocats de Panama Mossack Fonseca, au coeur du scandale des Panama Papers, a eu pour clients des barons de la drogue, ou des personnes ou sociétés faisant l’objet de sanctions européennes ou américaines, révèle mercredi le Süddeutsche Zeitung. Le journal allemand, à l’origine avec d’autres médias internationaux de révélations fracassantes, affirme que dans la liste des clients du cabinet figurent « des trafiquants de drogue du Mexique, du Guatemala et d’Europe de l’Est » qui ont fait l’objet de sanctions.« Un probable financier du Hezbollah, des personnes soutenant les programmes nucléaires iranien et nord-coréen et deux soutiens présumés du président du Zimbabwé, Robert Mugabe » apparaissent également dans ces fichiers, poursuit le journal sans toutefois donner l’identité des personnes ou des sociétés mises en cause. « Au moins 22 personnes et au moins 24 sociétés » avec qui Mossack Fonseca a fait des affaires étaient ou sont sur des listes visées par des sanctions américaines ou européennes, selon la même source.

140 personnalités

Le Süddeutsche Zeitung ajoute que dans certains cas, la collaboration s’est achevée avant que les sanctions n’entrent en vigueur, mais que dans d’autres, elle s’est au contraire poursuivie durant des années. Actuellement, quatre entreprises ayant leur siège aux Seychelles font l’objet de sanctions des États-Unis et toutes les quatre ont été « au moins durant un certain temps » créées ou administrées par le cabinet panaméen. Dans les îles Vierges, 15 firmes font l’objet de sanctions américaines et 6 d’entre elles ont été manifestement enregistrées ou gérées par Mossack Fonseca.

Le quotidien français Le Monde avait déjà divulgué dans le cadre de cette même enquête journalistique que le régime syrien avait pu contourner les sanctions internationales et financer sa machine de guerre grâce entre autres à trois sociétés-écrans basées aux Seychelles. L’enquête sur la base de documents provenant du cabinet d’avocats panaméen a révélé des avoirs dans les paradis fiscaux de 140 responsables politiques ou personnalités de premier plan.

Consultez notre dossier : L’affaire Panama Papers

http://www.lepoint.fr/economie/panama-papers-des-barons-de-la-drogue-mis-en-cause-06-04-2016-2030409_28.php

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PANAMA: traficantes de droga estaban entre los clientes de Mossack Fonseca

 AFP   06/04/2016

Traficantes de droga estaban entre los clientes de Mossack Fonseca

Los llamados “Papeles de Panamá” lastran en cierto modo los esfuerzos de Panamá por cambiar su imagen en el exterior y dejar de ser considerado un paraíso fiscal. LA PRENSA/EFE

El despacho de abogados panameño Mossack Fonseca, de donde fueron filtrados millones de documentos confidenciales, tuvo como clientes a varios traficantes de droga o compañías sancionados por Europa y Estados Unidos, indicó este miércoles el Süddeutsche Zeitung.El periódico alemán, que junto a otros medios de todo el mundo está publicando las revelaciones de los llamados “Panama Papers”, asegura que entre los clientes del despacho había “traficantes de droga de México, Guatemala y Europa del Este”.

Lea: Latinoamérica calla ante escándalo

También aparecen en la lista un posible financiero de Hezbolá, varias personas que apoyaron los programas nucleares de Irán y Corea del Norte y dos presuntos aliados del presidente de Zimbabue Robert Mugabe, asegura el periódico.

http://www.laprensa.com.ni/2016/04/06/internacionales/2013902-traficantes-de-droga-estaban-entre-los-clientes-de-mossack-fonseca

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FRANCE: à Marseille, la guerre des gangs pour le trafic de drogue a fait quatre morts en deux jours

LE MONDE | 05.04.2016 à 10h30 | Par Luc Leroux (Marseille, correspondant)

Un policier sur le lieu d'une fusillade à Marseille, lundi 4 avril.

« Nous sommes face à un Everest de folie meurtrière », a résumé le procureur de la République, Brice Robin, lundi 4 avril, au lendemain de deux règlements de comptes qui ont coûté la vie à quatre hommes à Marseille en quarante-huit heures.

Marseille connaît un regain de violence, avec onze tués depuis le début de l’année lors de règlements de comptes, sur fond de guerre des clans pour contrôler le trafic de drogue dans les quartiers nord. Samedi 2 avril, vers 22 heures, trois hommes ont tiré à l’arme automatique à l’extérieur puis à l’intérieur de l’épicerie située au centre de la cité Bassens (15e arrondissement), l’une des plus déshéritées de la ville et longtemps l’un des plus juteux points de vente de drogue marseillais – au détail mais aussi en gros et demi-gros pour alimenter les autres cités.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/04/05/a-marseille-la-guerre-des-gangs-pour-le-trafic-de-drogue-a-fait-quatre-morts-en-deux-jours_4895867_1653578.html#61vBiZg1s0XJELiE.99

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PANAMA: un pays très complaisant à la croissance record

PANAMA: l’immobilier est utilisé par les narco-trafiquants de Colombie et du Nicaragua, et d’autres mafias, comme une énorme machine à recycler l’argent sale»

Carte Panama

Connu pour son canal, le Panama est un petit pays en plein développement qui a construit son économie sur son pavillon de complaisance (20% de la flotte mondiale) et l’activité de centaines de milliers de sociétés plus ou moins réelles. Malgré sa mauvaise réputation, le Panama a reçu le satisfecit du Gafi, organisme regroupant les principaux Etats dans la lutte contre le blanchiment.

Panama-City-en-2015
Panama City en 2015. En quelques années, une ville moderne a poussé avec son quartier d’affaires et ses tours. © RODRIGO ARANGUA / AFP
Panama, son canal, ses banques, ses tours… et même sa Trump Tower. Aujourd’hui, cet Etat d’Amérique latine est montré du doigt dans l’affaire des «Panama Papers». Avec ses 75.420 km² et ses 3,6 millions d’habitants, le Panama est un petit pays à la croissance rapide. Plus de 6% par an en moyenne, notamment grâce à son canal, mais pas seulement. Pour le FMI, sa «forte intégration dans le commerce mondial et le système financier apporte des avantages substantiels à Panama». Cette intégration ne fait pas de doute à voir les informations rapportées par les «Panama Papers». La finance est aussi un moteur du succès de ce pays. Même si celle-ci peut avoir des origines douteuses. «Plus de 150 buildings sont actuellement en chantier. Mais pour y loger qui? On n’en parle pas mais tout le monde le sait. L’immobilier est utilisé par les narco-trafiquants de Colombie et du Nicaragua, et d’autres mafias, comme une énorme machine à recycler l’argent sale», confiait au Monde un juge anticorruption.

Il est vrai que créer une société au Panama est simple. «Le Panama est le domicile légal pour les sociétés au Panama et plus de 500.000 Fondations du Panama, ce qui en fait le deuxième territoire le plus populaire d’incorporer (lire création de sociétés, NDLR) dans le monde, à côté de Hong Kong», se vante un site panaméen de création de sociétés en ligne (pour 3.200 dollars), qui décrit les avantages fiscaux du pays.

Site panaméen pour créer société
Site panaméen pour créer une société. Forfait tout compris pour sociétés offshore. © DR

 

 

 

«Des progrès significatifs»
Pourtant, les autorités internationales semblent avoir donné quitus au pays pour ses engagements dans la lutte contre le blanchiment d’argent. Ainsi, le Gafi a reconnu que le Panama a «fait des progrès significatifs dans l’amélioration de» son régime «de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme». Ce quitus du Gafi (ce Groupe d’action financière est un organisme intergouvernemental créé en 1989 par les Ministres de ses Etats membres. Ses objectifs sont «l’élaboration des normes et la promotion de l’efficace application de mesures législatives, réglementaires et opérationnelles en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et les autres menaces liées pour l’intégrité du système financier international») date de février 2016…

Le drapeau Panama
Le pavillon du Panama abrite toujours la plus importante flotte au monde. Mais la croissance du pays provient surtout du canal et de sa place financière. © Sergio Pitamitz / Robert Harding Heritage / robertharding

Faibles impôts, sociétés fictives, secret…
Et le pays semble vouloir s’intégrer dans les règles de plus en plus strictes officiellement voulues par le G20 et définies par l’OCDE. Le Panama s’est en effet plié aux principes de l’échange automatique de renseignements en matière fiscale. Une décision qui devrait s’appliquer en 2018 et qui n’a été prise que fin 2015. Mais les progrès affichés par le Panama ont connu un coup d’arrêt… au point que l’OCDE a totalement changé de position. Affirmant en octobre 2015 que le pays était «conforme pour l’essentiel», l’Organisation pour la coopération et le développement économique affirmait en 2016 découvrir que «le Panama n’a pas l’intention d’échanger ses informations conformément au standard défini par l’OCDE à la demande du G20. Mais au cas par cas, avec les pays de son choix et selon ses propres règles. Nous le sortons donc de la liste officielle des pays engagés dans l’échange automatique», affirmait au Monde Pascal Saint-Amans, le directeur du Centre de politique et d’administration fiscales de l’OCDE.

Comme quoi la tradition d’abri fiscal semble bien implantée dans le pays. Le site Alteréco raconte que «dès 1919, le Panama permet à la Standard Oil d’échapper aux impôts et aux régulations Etats-uniennes en offrant un statut de pavillon de complaisance. A partir de 1927, le pays développe toutes les caractéristiques habituelles des paradis fiscaux : faibles impôts, sociétés fictives, secret.» Il faut cependant relativiser l’importance de la place financière panaméenne. Selon Alternatives economiques, Panama ne pèse pas plus lourd que l’île de Man (paradis situé entre le Royaume-Uni et l’Irlande).

Paris ne place d’ailleurs pas le Panama dans la liste des pays «non coopératifs au regard de la transparence et de l’échange d’informations en matière fiscale». Mais la France reste «cependant attentive à l’évolution des échanges avec Panama, Bercy précisant que la coopération aux demandes d’information des autorités françaises n’est aujourd’hui pas satisfaisante».

Il est vrai que pour la France, le nom de Panama garde depuis la fin du 19e siècle un parfum de scandale qui avait failli emporter la IIIe République même si les «chéquards» de l’époque ne sont plus les mêmes qu’aujourd’hui.

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NARCOTERRORISME: mythes et réalités

par Benoît Lasnier 

2005
Texte produit dans le cadre du cours CRI 6224
Pour tout commentaire contactez ERTA

Le phénomène narcoterroriste a fait couler beaucoup d’encre dans les dernières années, plus particulièrement depuis les événements du 11 septembre 2001. Comme de nombreux groupes terroristes anti-États-Unis ont été reliés d’une manière ou d’une autre au trafic de stupéfiants, les autorité étatsuniennes concernées ont considérablement accru leurs efforts répressifs. Toutefois, il semble que plusieurs bénéfices secondaires sous-jacents découlent du fait d’étiqueter comme « narcoterroriste » un groupe opposé aux politiques étatsuniennes. Le narcoterrorisme est-il une réalité ou n’est-ce qu’un construit élaboré dans le but de justifier certaines manoeuvres politiques extérieures? Afin de distinguer la réalité du mythe, différentes typologies visant à décrire le narcoterrorisme seront présentées, de même que les méthodes d’opération vraisemblablement utilisées dans le but de pratiquer le trafic de substances illicites. Les actions répressives menées par les agences de lutte au terrorisme et au trafic de stupéfiants seront finalement illustrées afin d’établir une comparaison avec les méthodes d’opération au niveau de l’efficacité. Bien que plusieurs documents cités par la suite se révèlent être de source étatsunienne, devant ainsi être considérés partiaux dans une certaine mesure, un effort particulier sera apporté à la présentation de la situation d’un point de vue objectif.
Le phénomène narcoterroriste semble prendre racine dans le fait que, contrairement à ce qui se faisait par le passé, le parrainage par des États est hautement surveillé et condamné par la justice internationale. Auparavant, des représentants d’États pouvaient aisément supporter un mouvement terroriste par le biais de dons en argent, les avantages retirés de cette pratique étant qu’ils s’assuraient un support inconditionnel des terroristes, que ce soit pour assurer la sécurité du territoire, pour affaiblir un adversaire ou pour se procurer des armes plus puissantes. Dans les dernières années, cependant, le resserrement de la surveillance internationale aurait amené les différents groupes terroristes à rechercher une autre source de financement. Le trafic de drogue est ainsi apparu à plusieurs comme la solution idéale, du fait qu’elle permet des gains faramineux pour un niveau de dépense accessoire.
Selon Steven W. Casteel, cadre de la Drug Enforcement Administration (DEA), dans sa présentation devant le Comité Judiciaire du Sénat en mai 2003, il existe deux principaux types de narcoterrorisme, soit politique et religieux. Il les différencie par la portée de leurs objectifs, chacun ayant des préoccupations portant sur une sphère d’influence spécifique. Afin de mieux comprendre la différence entre un groupe terroriste et un groupe narcoterroriste, on peut considérer les définitions proposées par la DEA, postulant que le terrorisme est constitué de « toute forme de violence motivée politiquement et perpétrée contre des cibles non-combattantes » et que le narcoterrorisme se comprend plutôt comme étant « toute activité menée par un groupe organisé dans le but de faciliter ou d’effectuer le trafic de drogue, cela afin de financer ou de perpétrer des actes violents contre des cibles non-combattantes ».

Narcoterrorisme politique

Au niveau du narcoterrorisme à motivation politique, il apparaît que les objectifs premiers des divers groupes terroristes sont d’acquérir plus de pouvoir et d’influence par le biais d’achat d’armements divers et de ressources visant à maintenir le groupe opérationnel, tel que des appareils de communication et des biens matériels de survie (nourriture, logement). De tels groupes se retrouvent un peu partout sur la surface du globe, de l’Amérique du Sud à l’Océanie en passant par l’Europe centrale, plus précisément dans les pays où la situation politique présente des instabilités structurelles.
En Amérique du Sud, il existe, selon le Département d’État, trois organisations paramilitaires pouvant être considérées comme étant narcoterroristes. Elles sont toutes trois localisées en Colombie et ont en général les mêmes objectifs, soit le renversement du gouvernement colombien actuel et l’instauration d’une administration militaire à la tête du pays. Effectivement, l’Armée de Libération Nationale, les Groupes d’Autodéfense de Colombie et les Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes visent tout d’abord à prendre le pouvoir politique en Colombie, et recourent ainsi au trafic de drogue pour financer l’entretien de leur armada. Selon des sources informatives étatsuniennes, ces organisations seraient responsables de plus de 3 500 meurtres et de 3 000 enlèvements en 2002 seulement. Il est intéressant de noter que les groupes narcoterroristes politiques ont souvent tendance à diversifier leurs activités illégales de financement, passant du trafic de stupéfiants au vol qualifié en passant par le kidnapping et l’extorsion. Plusieurs figures importantes de ces groupes narcoterroristes ont déjà été appréhendés par les autorités étatsuniennes relativement à des accusations de trafic de drogue. Au cours de l’année 2002, un commandant des Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes, Tomas Molina-Caracas, fut arrêté dans le district de Colombie pour production et distribution de cocaïne destinée au marché nord-américain. Dans la même année, l’opération White Terror fut menée afin de démanteler un réseau de trafic de drogue mené par des dirigeants des Groupes d’Autodéfense de Colombie, menant à l’arrestation de Fernando Blanco-Puerta, Elkin Arroyave-Ruiz, Uwe Jensen, et Carlos Ali Romero-Varela. Les deux premiers se seraient eux-mêmes désignés comme étant des officiers des Groupes d’Autodéfense de Colombie lors de leur arrestation.
En Europe et au Moyen-Orient, les autorités étatsuniennes semblent accorder une attention particulière au Parti Travailliste Kurde, une organisation terroriste opérant sous la couverture d’un parti politique. Ce groupe s’est développé dans les années 70 sous la tutelle de Abdullah Ocalan et constitue une organisation socialiste révolutionnaire qui a pour but premier d’instaurer l’indépendance du Kurdistan. Dans les années 90, de nombreux conflits armés (comprenant certains actes de terrorisme urbain) entre les forces militaires turques et les révolutionnaires kurdes ont entraîné plus de 30 000 décès et ont entraîné des dépenses d’environ 7 millions de dollars par année à l’administration turque. La plupart des gouvernements occidentaux considère le Parti Travailliste Kurde comme une organisation narcoterroriste, le gouvernement turc signalant leur responsabilité dans la majorité des transactions de substances illicites en Turquie. La presse turque avance même que le Parti Travailliste Kurde produirait environ 60 tonnes d’héroïne chaque année et recevrait de la vente une somme annuelle de 40 millions de dollars. Certains rapports de la DEA précisent que les activités de trafic de l’organisation ne se limitent pas au marché turc, se répandant vraisemblablement au-delà des frontières dans la plupart des pays européens.
Pour ce qui est de l’Asie du sud-est, trois groupes narcoterroristes semblent avoir retenu l’attention des autorités étatsuniennes, à tout le moins selon M. Casteel. Il s’agit des Tigres Tamouls, du United Wa State Army et d’Abu Sayyaf. Ces trois groupes terroristes séparatistes sont respectivement basés au Sri Lanka, en Birmanie et aux Philippines. Les trois organisations sont reconnues comme narcoterroristes du fait qu’elles assurent quasiment à elle seules l’approvisionnement de drogues illicites dans l’archipel sud-asiatique. Le problème majeur que cause l’action des Tigres Tamouls au Sri Lanka consiste en la monopolisation de l’attention des services de sécurité côtière. Effectivement, les autorités sri lankaises doivent investir tout leurs effectifs dans la lutte au trafic de drogue activement mené par l’organisation, affaiblissant par le fait même leurs capacités de patrouiller adéquatement les quelques 1700 kilomètres formant leur côte frontalière pour réprimer efficacement le trafic de drogue maritime mené par des organisations criminelles extra-territoriales. Le United Wa State Army pose également de grands problèmes au Burma, étant tellement influents qu’une partie de territoire est désormais sous leur contrôle politique (Northeastern Shan State). Il s’avère donc très problématique de superviser leur action, plus précisément en ce qui concerne le trafic de stupéfiants. Leur territoire, selon certaines sources de la Communauté du renseignement étatsunienne, servirait même de point de convergence entre plusieurs organisations criminelles tirant profit du commerce des drogues illégales. Finalement, lorsqu’on considère le cas d’Abu Sayyaf, on s’aperçoit que cette organisation constitue en fait un dérivé d’un groupe extrémiste afghan ayant existé dans les années 80. Au cours des années suivantes, elle a déplacé ses activités vers les Philippines où elle tente à présent d’établir un État islamique indépendant. Pour atteindre son objectif, Abu Sayyaf s’est impliqué au fil des ans dans une variété d’entreprises criminelles, incluant, autre le trafic de drogue, le kidnapping, la contrebande d’armes et l’extorsion. Nous pouvons penser ici au kidnapping de Martin et Gracias Burnham, ayant entraîné la mort du premier. En dernier lieu, soulignons qu’Abu Sayyaf est réputé entretenir des liens avec Al Qaïda à travers le groupe Jemaah Islamiya, bien connu pour avoir été impliqué dans l’attentat à la bombe à Bali.

Narcoterrorisme religieux

Le second type de narcoterrorisme identifié par Casteel s’avère être le narcoterrorisme à caractère religieux. Il diffère du narcoterrorisme politique au sens où il n’a pas pour objectif avoué de modifier la situation politique d’une nation. Il cherche plutôt à imposer son idéologie religieuse à d’autres cultures, jugeant ses principes moraux supérieurs et seuls valides à l’atteinte d’un idéal spirituel. Il y a toutefois certaines réserves à émettre quant à la typologie de Casteel, car il n’apparaît pas certain que des groupes narcoterroristes considérés comme étant de type religieux n’ont pas d’objectif politique sous-jacent à leurs revendications religieuses. Ainsi, des groupes terroristes d’origine arabe, donc islamistes, pourraient avoir pour but de réinstaurer la puissance politique qu’avait l’Empire Ottoman dans les siècles derniers. Sous le couvert de motivations spirituelles, ces dernières apparaissant plus justes du fait qu’elles n’indiquent pas de volonté de domination politique, des organisations terroristes pourraient en fait travailler à renverser l’hégémonie économique étatsunienne.
Quoiqu’il en soit, il semble que les organismes de contrôle étatsuniens adhèrent à cette vision de la problématique, et ont ainsi désigné plusieurs organisations terroristes reconnues comme étant en fait « narcoterroristes ». La grande majorité des groupes narcoterroristes à caractère religieux identifiés par les autorités étatsuniennes sont de religion musulmane, dont Hezbollah, Al Qaïda, le Hamas et le Mouvement Islamique d’Ouzbekistan. Hezbollah et le Hamas sont les deux groupes les plus actifs en Amérique du Sud, alors qu’Al Qaïda et le Mouvement Islamique d’Ouzbekistan ont plus tendance à exercer leurs activités au Moyen-Orient. La tactique de ces groupes diffèrent grandement de celle des groupes narcoterroristes à motivation politique, au sens où ces derniers regroupent leurs agents dans leur territoire d’origine. Les narcoterroristes religieux préfèrent largement s’installer dans des pays étrangers qu’ils cherchent à influencer, à s’infiltrer en quelque sorte. Pour ce faire, les agents de ces groupes terroristes s’introduisent au pays en utilisant de faux papiers d’identité, assimilant ensuite la culture et les manières de faire propres à la nation hôte. Typiquement, on signale que la plupart de ces individus travaillent dans le milieu commercial, celui-ci étant propice aux rencontres entre agents. On soupçonne ainsi la présence de plusieurs agents d’Al Qaïda et d’Hezbollah en Amérique du Nord, ces derniers préparant vraisemblablement les prochaines actions terroristes et supervisant le transit de la drogue des pays producteurs jusqu’aux États-Unis et au Canada.
On peut noter une autre divergence entre les objectifs des groupes narcoterroristes politiques et ceux des organismes narcoterroristes religieux. En effet, selon plusieurs organismes de contrôle gouvernementaux, les groupes motivés par un objectif politique pratiqueraient le trafic de drogue dans le seul but de financer leurs activités terroristes, alors que les organisations à motivation religieuse (surtout les extrémistes islamistes) cherchent à atteindre un autre objectif que le financement de leurs actions. On affirme que la conduite du Jyhad par la vente de subtances psychoactives serait une tactique ayant la préférence de ce type d’organisation. L’idée cachée derrière la vente de drogues dures en Amérique du Nord est, dans ce cas de figure, que la consommation de ce type de substances entraîne de graves conséquences pour la santé des occidentaux, ce qui provoque une augmentation des coûts reliés à la santé au Canada et aux États-Unis tout en affaiblissant les deux nations au niveau politique et économique. Selon de récentes publications de l’Office of National Drug Control Policy, la consommation de drogues dures engendrerait, aux États-Unis seulement, des coûts environnant 160 milliards de dollars par année. Cette stratégie d’affaiblissement de l’Occident est notamment l’apanage d’Hezbollah qui, déjà dans les années 80, voyait son utilisation du trafic de drogue comme arme contre les non-croyants sanctionné par un édit religieux (fatwa) se lisant comme suit : «Nous fabriquons ces drogues pour l’Amérique satanique et les Juifs. Si on ne peut les tuer avec des armes, nous les tuerons avec des drogues.» Un autre avantage de l’utilisation de l’arme narcotique contre l’Amérique du Nord tient du fait qu’elle permet plus facilement l’endoctrinement de nouveaux membres dans ces organisations terroristes. Les dirigeants de ces groupes utilisent la situation d’abus de substances illicites en Amérique du Nord comme indice de la dégénérescence de l’Ouest, et justifient ainsi leur désir de détruire des sociétés présentées comme corrompues.

Méthodes de trafic de drogue et de blanchiment d’argent

De nombreux groupes terroristes soupçonnés de se financer par l’entremise du trafic de drogue possèdent des réseaux s’étendant largement au-delà des cellules responsables d’attentats ou encore de la vente de stupéfiants. Dans son volume intitulé Funding Evil ; How Terrorism is Financed, l’auteur Rachel Ehrenfeld explique que des organisations terroristes telles qu’Al Qaïda ou Hezbollah utilisent des réseaux financiers appelés hawalas pour blanchir les profits du trafic de stupéfiants. Le système des hawalas constitue un réseau informel de transfert de fonds, utilisé depuis des siècles par des entreprises et des familles provenant d’Asie et du Moyen-Orient. Ce système assure un service à bas prix efficace et surtout confidentiel dans les régions non desservies par le système bancaire traditionnel. On comprend aisément que les organisations terroristes désirant préfèrent faire affaire avec un courtier des hawalas lorsqu’on apprécie le fait que ce système ne laisse pas de traces documentaires, ces dernières pouvant être exploitées par d’éventuels enquêteurs. Aux États-Unis, les courtiers des hawalas tendent à détenir des fonds importants, provenant majoritairement des gens d’affaires d’origine asiatique ou arabe. Le procédé est simple : un individu donne au courtier une certaine somme d’argent en lui demandant de livrer à un autre individu, résidant dans un autre pays, la même somme. Le courtier contacte ensuite, souvent par l’entremise d’Internet, un confrère résidant dans la ville où l’argent doit être livré. Il l’informe alors de l’identité du destinataire et l’argent est livré sans autre forme de procès. Conséquemment, les fonds sont échangés sans qu’aucune trace ne soit laissée dans une base de données bancaire.
Une autre méthode utilisée par les narcotrafiquants pour blanchir leurs fonds illégalement acquis, connue sous le nom de « Black Market Peso Exchange System (BMPE) », est principalement utilisée par les organismes faisant le trafic de stupéfiants en Amérique du Sud. Bien qu’étant surtout utilisé par les organisations criminelles colombiennes, certains groupes narcoterroristes, tels Hezbollah ou le Hamas, s’en servent pour transférer à leurs agents étatsuniens le produit de la vente de narcotiques. Le BMPE est un système d’échange étant capable de gérer plusieurs milliards de narcodollars chaque année, étant en fait le principal moyen par lequel les cartels convertissent les dollars US acquis par le trafic de drogue en pesos colombiens. Ce système a un impact dévastateur sur l’économie colombienne, parrainant des échanges contrebandiers qui privent le gouvernement du pays de centaines de millions de dollars de revenu. Jusqu’à présent, la taille et la structure exacte du système BMPE n’ont pu être déterminées avec précision par les autorités étatsuniennes, mais on estime qu’entre 3 et 6 milliards de dollars sont blanchis annuellement par son action. Encore une fois, le procédé d’action est ici assez simple. Le processus débute lorsqu’une organisation criminelle ou narcoterroriste organise un envoi de drogues dures aux États-Unis. Les substances illicites sont distribuées aux revendeurs américains en échange de devises étatsuniennes, qui sont par la suite livrées à un courtier du BMPE. Ce dernier contacte alors un confrère colombien pour lui demander de déposer un montant équivalent, en pesos, dans le compte d’un membre de l’organisation criminelle ou narcoterroriste en question. Par ce procédé, qui présente définitivement des ressemblances avec le système des hawalas, les narcotrafiquants évitent de laisser des traces de leurs transactions, ce qui profite autant aux cartels colombiens qu’aux groupes narcoterroristes.
Bien qu’aujourd’hui les Talibans ne contrôlent plus le trafic d’opiacés en Afghanistan, il semblerait qu’al Qaïda continue toujours de profiter de cette source de revenu. En effet, le Mouvement Islamique d’Ouzbekistan, mené par Muhammed al-Zawahiri, a récupéré le territoire occupé auparavant par les forces talibanes. Muhammed étant le frère d’Ayman al-Zawahiri, premier conseiller d’Ousama ben Laden, on ne peut que constater l’étroitesse des liens existant entre le commerce des opiacés en Afghanistan et Al Qaïda. Selon Interpol, 70% de l’héroïne et de l’opium transitant hors de l’Afghanistan par la route des Balkans appartiendrait au Mouvement Islamique d’Ouzbekistan. Les narcoterroristes utilisent fréquemment la route des Balkans pour exporter des substances illicites hors de l’Afghanistan, cette dernière n’étant que très peu fréquentée par des patrouilles de surveillance.
Un autre centre névralgique du trafic de drogue international se retrouve dans la région désignée par les autorités étatsuniennes sous le nom de « South American Tri-border region ». Comme son nom l’indique, cette région est située à la frontière de trois pays d’Amérique du Sud, soit le Brésil, l’Argentine et le Paraguay. Étant donné qu’elle est presque entièrement constituée de forêt vierge, étant ainsi extrêmement difficile à surveiller, cette région constitue le coeur des activités narcoterroristes islamistes en Amérique Latine. Des groupes comme al Qaïda, Hezbollah ou le Hamas utilisent notamment des embarcations civiles et de petits avions bimoteurs pour transporter la cocaïne colombienne et bolivienne en Europe et en Asie, alors que l’héroïne et l’opium provenant d’Afghanistan font le trajet en sens inverse. Environ une centaine de pistes d’atterrissage non-répertoriées tapissent le sol du South American Tri-border region, ce qui assure aux narcoterroristes la confidentialité de leurs opérations. Un fait intéressant à noter ici est qu’ Hezbollah est réputé utiliser cet espace clandestin pour effectuer des transactions de drogues et d’armes avec d’autres organisations terroristes, dont l’Armée de Libération Nationale et les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie.

Méthodes de lutte au narcoterrorisme

Le narcoterrorisme, comme le mentionne Deborah McCarthy, employée du International Narcotics and Law Enforcement Affairs (INL), n’est pas seulement une préoccupation étatsunienne depuis les attentats du 11 septembre. On avait déjà, aux États-Unis, commencé à s’intéresser sérieusement à la problématique; au cours des années 90, le INL travaillait à démanteler des réseaux de production et de distribution de drogue à travers le pays. Toutefois, les incidents de 2001 ont considérablement accru l’intérêt des décideurs pour la politique de répression du narcoterrorisme. En 2003, le Congrès allouait plus de 900 millions de dollars US aux organismes chargés d’enquêter sur les groupes terroristes soupçonnés de se financer en trafiquant des substances illicites. Cette responsabilité échouant avant tout au State Department’s Office of Counterterrorism (S/CT), la majorité des fonds leur a été attribué. Le INL joue en fait un rôle de support dans l’effort répressif, fournissant aux agents de la formation en contreterrorisme et de l’équipement à la fine pointe de la technologie en matière de surveillance.
Afin de contrer efficacement l’établissement de réseaux entre les groupes terroristes et d’autres organisations criminelles pratiquant le trafic de stupéfiants, le INL a commencé à intégrer les programme anti-crime et anti-narcotiques, dans un effort d’élargissement des politiques répressives visant à stopper la menace avant qu’elle n’atteigne le sol américain. McCarthy précise que cette initiative se veut un amalgame d’actions à moindre échelle cherchant à favoriser à l’étranger l’élaboration de systèmes judiciaires mieux préparés au contrôle du narcoterrorisme à l’intérieur de leurs frontières respectives. Cela bien entendu dans le but d’étouffer la menace dans l’oeuf, avant qu’elle n’atteigne les États-Unis. De tels efforts impliquent un apport étatsunien accru à l’étranger en ce qui a trait au contrôle frontalier, son resserrement étant supposément garant de sécurité. Plus concrètement, cet apport s’est traduit par l’implantation d’un système de contrôle informatique, le Terrorist Interdiction Program qui, étant donné qu’il contient des données exhaustives, est vraisemblablement en mesure de permettre aux contrôleurs des aéroports internationaux de mieux identifier les individus susceptibles de transporter des substances illicites ou de commettre des actes terroristes.
Le INL travaille également à établir des liens diplomatiques avec d’autres nations et des organismes de répression internationaux dans le but de développer de plus hauts standards de régulation financière et de limiter les failles du système judiciaire permettant souvent aux narcoterroristes d’échapper à la justice. McCarthy conclut ici que les différents programmes menés par le S/CT et le INL sont en fait parties intégrantes des efforts anti-crime étatsuniens, la corruption politique entraînant souvent des difficultés lorsque des réformes visant à combattre le narcoterrorisme et la criminalité en général sont entreprises au niveau légal, politique, économique ou social.
Une nouvelle stratégie élaborée par les services répressifs étatsuniens, en collaboration avec d’autres organismes de contrôle (canadiens, européens, sud-américains ou asiatiques) consiste en la propagation de puissants mycoherbicides spécifiquement élaborés pour rendre certains types de sol impropres à la culture de drogues illicites. Ces mycoherbicides ont déjà été testés sur le terrain et s’avèrent sécuritaires autant au point de vue écologique qu’environnemental. La logique entourant cette opération est la suivante : en éradiquant les sources principales de narcotiques, on atteint le double objectif de réduire les fonds disponibles aux groupes terroristes pour maintenir leurs activités tout en éliminant une part importante de coûts humains reliés à la consommation de drogue.
Alors que le S/CT et l’INL travaillent surtout à assurer l’imperméabilité des frontières étatsuniennes au trafic de drogue, une section spéciale de la DEA, désignée par l’appellation « Counterterrorism Task Force » (CTF), se concentre plus particulièrement sur la coordination de l’information relative aux activités narcoterroristes à l’échelle mondiale. Le CTF est formé de personnel appartenant à plusieurs agences de traitement de l’information, soit l’Office of Domestic Operations, l’Office of International Operations, l’Intelligence Division et l’Office of Diversion Control. Le but premier de cette section de la DEA est de réviser et de catégoriser les dossiers d’information générale et les dossiers d’enquête identifiés par la DEA comme étant reliés au terrorisme, au narcoterrorisme ou à des activités terroristes particulières, ceci afin de permettre à toutes les agences oeuvrant dans le domaine du contreterrorisme de partager leurs sources d’information respectives.
De plus, le CTF compile et met régulièrement à jour la liste des organisations narcoterroristes identifiées par les sources informatives étatsuniennes, ce qui assure un suivi complet de la situation mondiale et permet l’identification de menaces terroristes potentielles en Amérique du Nord. Si on considérait toutes les agences nord-américaines contre-terroristes comme un réseau, le CTF constituerait son centre nerveux, au sens où il dirige vers l’organisme principalement concerné par un cas particulier toute l’information disponible sur le sujet. Cette organisation de l’information permet donc aux différents organismes répressifs d’obtenir sans délai les renseignements dont ils ont besoin pour faire avancer leur enquête.

Narcoterrorisme : mythe ou réalité ?

Il semble que les autorités étatsuniennes aient le beau jeu en ce qui a trait à l’étiquetage des groupes terroristes. Il apparaît stratégiquement utile de qualifier une organisation pratiquant des activités terroristes de « narcoterroriste » puisque ceci contribue à la rendre encore plus menaçante aux yeux du grand public et des autres nations. Ainsi justifiés dans leurs interventions, les organismes de lutte au narcoterrorisme sont libres de mettre en place tout plan d’action explicitement conçu pour limiter l’impact public recherché par les groupes terroristes. La lutte idéologique tient une grande place dans l’affrontement ayant lieu entre les forces répressives internationales et les organisations terroristes, ce qui explique en grande partie l’énergie avec laquelle les organismes anti-terrorisme cherchent à discréditer leurs opposants.
Cela dit, nul ne peut mettre en doute la quantité d’informations compromettantes amassée par les services de renseignement étatsuniens montrant la culpabilité de ces organisations. Lorsque l’existence de liens entre al Qaïda, Hezbollah et des organisations narcotrafiquantes sud-américaines est plus que probable, on est en droit de se demander quelle est véritablement la nature de leurs relations. Pourquoi entretiendraient-elles des liens si ce n’était pour faciliter leurs opérations respectives de trafic de stupéfiants ? Malgré tout, un observateur éclairé ne peut s’empêcher de se demander quel intérêt ont les autorités étatsuniennes à imbriquer la problématique terroriste à celle du trafic de drogue. Comme le précise Casteel dans sa présentation, les deux questions étaient traitées séparément avant les événements du 11 septembre 2001. Depuis la survenue de ces attentats terroristes, la DEA a intégré la répression de la problématique terroriste à ses activités, ceci indiquant la reconnaissance de liens inextricables entre les deux secteurs d’activités illégales.
Pour comprendre les subtilités des politiques étatsuniennes on peut considérer la situation existant présentement en Colombie. Dans ce pays, les liens entre la drogue et le terrorisme sont particulièrement importants, ce qui en apparence explique l’intérêt que porte le système répressif étatsunien à ses institutions. Officiellement, la politique étatsunienne est de supporter le gouvernement colombien dans ses efforts de renforcement de sa structure démocratique, tout en promouvant le respect des droits de la personne et de la loi. Cependant, on constate avant tout dans l’intervention des États-Unis en Colombie un souci de protection de ses propres intérêts. Les autorités étatsuniennes sont particulièrement concernées par le danger exponentiel que provoque la collaboration entre les organisations criminelles locales et certains groupes narcoterroristes islamiques. Leurs interventions sont donc élaborées selon un niveau de priorité, ce dernier étant établi selon le niveau potentiel de dangerosité des actions pouvant être entreprises contre les États-Unis. En effet, on a bien peu entendu parler de l’action américaine en Irlande du Nord dans les années 80, où l’IRA recourait fréquemment à la violence pour faire entendre ses revendications. Comme leurs actions ne mettaient pas directement les États-Unis en danger, ces derniers ne se sont que très peu impliqués dans le conflit.
C’est dans ce sens que j’entends que le narcoterrorisme pourrait être un mythe. Le phénomène est réel, mais les mesures prises pour le contrer diffèrent grandement selon l’importance de la menace qu’il représente pour l’Amérique du Nord. Bien sûr, il existe outre-mer des organismes répressifs dont les fonctions se révèlent être similaires à leur contrepartie nord-américaine. Il est plus que possible que des situations présentant une menace pour ces nations soient prises en charge de manière conséquente, mais on ne peut négliger le fait que les États-Unis ont tout de même un pouvoir hégémonique en ce qui concerne la répression du terrorisme. Ainsi, on peut considérer que les autorités étatsuniennes désignent comme narcoterroriste tout groupe terroriste n’agissant pas selon ses intérêts, alors qu’une organisation terroriste ne leur posant pas de problème significatif pourrait tout simplement être ignorée.
En fait, chaque camp cherche à démoniser son adversaire, afin de justifier le caractère radical de ses actions. Bien qu’on ne puisse pas qualifier l’action répressive d’aussi radicale que le terrorisme en tant que tel, on constate tout de même que certaines actions entreprises pour enrayer l’arme terroriste se révèlent aussi violentes qu’une action terroriste (on n’a qu’à penser au bombardement de Baghdad). On peut donc conclure ici que la perception de ce qu’est réellement une organisation terroriste diffère selon le point de vue de l’observateur, celui-ci variant selon son système de valeur et ses croyances. La composante différenciant un groupe narcoterroriste d’un groupe terroriste, soit toute activité reliée au trafic de stupéfiants, prête également le flanc à une évaluation subjective. Ainsi, les construits que nous étudions lorsque nous nous intéressons au phénomène narcoterroriste proviennent majoritairement de sources étatsuniennes ou européennes, ce qui laisse place au doute quant à leur objectivité. Pour réellement comprendre le narcoterrorisme, il serait nécessaire d’avoir en main des données provenant de sources extérieures, ce qui, en vérité, semble utopique

http://www.erta-tcrg.org/cri6224/2004-2006/narcoterrorisme.htm

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TRACFIN INFO: blanchir de l’argent…

bercy2——————

Charasse cohibaDans les années 90, Michel Charasse, l’homme aux bretelles, fumeur de « cohiba », ministre du budget et donc patron de la Douane française m’avait suggéré d’ouvrir une banque pour mieux remonter les blanchisseurs.

J’avais alors approché un jeune directeur du Banco Atlantico de Gibraltar qui était partant!

En 1994, j’ai eu un contact avec un agent du TRACFIN dans une chambre d’ hôtel parisien réservée par Christian Gatard de la DNRED Nantes.

Les services anglais du « HM Customs excise » aidés des services canadiens de la « RCMP » ne m’ont pas permis de finaliser la création et l’implantation de cette banque en Croatie, alors que des contacts avaient été pris au plus haut niveau de la jeune Croatie, à peine sortie de la Yougoslavie….

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Écoutons Denis Robert qui aujourd’hui nous parle du meilleur circuit de blanchiment!

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A LIREgibraltar

infiltre2

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EXTRAIT

de

l’Archipel des soumis

Et c’est  l’esprit libre, avec la certitude du devoir accompli que je prends l’avion pour Venise, via Milan, où m’attendent l’avocat Pascuale Ciolla et Giuseppe Laveneziana.

palace zagrebLe Palace Hotel de Zagreb

Nous nous rendons en voiture, puis en train à Zagreb où je vais mettre en place le projet  fou que Michel Charasse avait approuvé : ouvrir une banque avec les fonds de la drogue pour mieux contrôler le cheminement de l’argent sale.

D’abord surpris par cette idée, Mario (Claudio Pasquale Locatelli) en a vite saisi tout l’intérêt. Il a décidé d’investir dans différentes industries croates et a chargé un avocat local de recenser toutes les entreprises cherchant acquéreur.

La création de sa propre  banque ne peut que favoriser ses plans.

Nous sommes accueillis dans le pays comme des ministres. Les autorités militaires nous gratifient d’une escorte qui nous ouvre la route lors de nos déplacements. C’est un gros 4X4 Mercedes piloté par un militaire qui nous sert de taxi.  Un problème administratif qui aurait pu retarder certaines démarches est réglé en cinq minutes devant le tribunal de Zagreb, moyennant cinq mille dollars payés cash et sans reçu.

Nous sommes entre gens dynamiques et performants…

………………

Début janvier 1994, je passe voir Jean Paul Garcia, l’attaché des douanes françaises en poste à Madrid.  Je lui apporte les dernières factures que la compagnie anglaise Marconi m’a fait parvenir pour le règlement des factures de communication par satellites du télex embarqué sur le Melor.

Par hasard, je réussis à faire dire à Jo Le Squere  de l’Echelon DNRED de Nantes que les numéros de télex relevés sur les factures de Marconi remises à Jean Paul Garcia à Madrid, ont permis de savoir que mon navire, le MELOR,melor11 alors qu’il était chargé de plus de trente tonnes de cannabis afghan, était en communication avec un télex sur liste rouge dans le département du Var en France et avec une grande banque américaine de New York.

Je ne pourrais pas obtenir le nom et l’adresse de ces correspondants !

Le MELOR au mouillage à Gibraltar

Par ailleurs, une réunion est organisée par Christian Gatard et Hervé Maignier dans un hôtel du XVe arrondissement avec un agent du TRACFIN,  service rattaché au ministère des Finances chargé du traitement du renseignement et de l’action contre les circuits financiers clandestins. C’est évidemment de l’ouverture de ma banque à Zagreb que je dois l’entretenir. Je m’aperçois très vite que cet agent est à mille lieux des réalités. Ficelé à ses certitudes, et à sa culture livresque, il ne me croit pas et préfère s’en tenir à ses dossiers. La fin de la réunion sera marquée par une démonstration éloquente de l’attitude de nos chers fonctionnaires qui ne pensent avant tout qu’à leur petite carrière. J’osais suggérer à l’homme du TRACFIN de démissionner puisqu’il reconnaissait ne pas pouvoir agir efficacement! Sa réaction fut immédiate, en se dressant, il s’exclama: « Certainement pas« !

L’humour n’est pas apprécié par certains fonctionnaires de Bercy….

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Lire aussi: NARCOTRAFIC: l’implication du pouvoir… et des banques

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ALGERIE (Tlemcen): la délégation marocaine participant à la conférence internationale sur le narcotrafic, a quitté la salle

ONDUCLe chiffre d’affaires généré par le narcotrafic, selon les études du Bureau de lutte contre la drogue des Nations unies, est estimé entre 300 et 500 milliards de dollars annuellement, et que les bénéfices des narcotrafiquants est évalué à plus de 200 milliards de dollars.

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Coup de théâtre hier à Tlemcen. La délégation marocaine participant à la conférence internationale sur le narcotrafic, a quitté la salle. Et pour cause, l’intervention du bâtonnier du barreau de Tlemcen, Mohamed Sefahi, n’aura pas été du goût des Marocains.

Prenant la parole devant les participants à la rencontre internationale sur la lutte contre la drogue, à laquelle participent 11 pays, dont les USA et la France, Sefahi s’est attaqué de front au Maroc et à son Roi. «J’appelle le Maroc à cesser la plantation du haschich et la production des psychotropes, et j’en appelle aussi à la conscience du roi Mohammed VI, l’émir des croyants et président de la commission d’El Qods, pour qu’il mette un terme au trafic de la drogue.» Ce qui a mis dans l’embarras le ministre algérien de la Justice, Tayeb Louh, sachant que parmi les participants figurent deux Marocains qui n’ont pas d’ailleurs tardé à manifester leur colère en quittant la salle. Ce qui est sûr, c’est que la réaction de la délégation marocaine peut être perçue comme étant un aveu implicite du rôle du Maroc dans l’inondation de l’Algérie par le kif et autres stupéfiants. A noter que le ministre de la Justice, qui inaugurait auparavant la rencontre internationale sur la lutte contre les stupéfiants, a, lors de son allocution, fait une analyse exhaustive sur ce phénomène transnational «qui menace la stabilité sociale et politique des Etats et entrave leur développement économique» et qui a pris des dimensions multiples et des proportions alarmantes. Il a indiqué, à ce titre, que le chiffre d’affaires généré par le narcotrafic, selon les études du Bureau de lutte contre la drogue des Nations unies, est estimé entre 300 et 500 milliards de dollars annuellement, et que les bénéfices des narcotrafiquants est évalué à plus de 200 milliards de dollars. Ces chiffres ne prennent pas en compte le commerce des psychotropes et des neuroleptiques, mais concernent uniquement le trafic de la cocaïne, l’héroïne et le haschich et que, selon la même étude, il a été recensé, à travers le monde en 2013, plus de 264 millions de jeunes toxicomanes, dont 27 millions sont issues de l’Afrique. Des pays pauvres qui ne disposent, dira le ministre, d’aucune infrastructures sanitaire ou psychologique pour les désintoxiquer et les prendre en charge en plus des maladies liées directement à la drogue comme le sida et les hépatites qui font des ravages dans ces pays».
Ce qui place l’Afrique au rang de continent le plus touché par ce fléau, et les causes, selon le ministre, «sont d’ordre politique, social et économique, et que la pauvreté encourage le commerce et la consommation de la drogue en Afrique».
L’aspect sécuritaire a été également évoqué. La connexion a été établie entre le crime organisé, le narcotrafic et le terrorisme ; ce qui comporte «un risque majeur pour la stabilité politique et sociale des Etats de la région toute entière», dira le ministre, et de souligner que «la situation géopolitique qui prévaut actuellement dans notre région et dans le Sahel, va amplifier cette instabilité». Il a appelé la communauté internationale à se mettre devant ses responsabilités et adopter une stratégie régionale et internationale pour aider en urgence les Etats du Sahel et subsahariens à mettre en place des plans nationaux de développement, mais cela exige aussi la volonté de toutes les parties à lutter efficacement contre le phénomène de la drogue en privilégiant l’intérêt national et international et sans tenir compte des intérêts étroits».
Dans le même sillage, il a été relevé que l’Algérie a mobilisé tous ses moyens pour lutter contre la drogue et qu’à partir de 2007 le pays a adopté en parallèle une politique de prise en charge des toxicomanes en milieu carcéral. A ce titre, il a été formé des médecins, des spécialistes et des psychologues pour les prendre en charge. Notons que lors de cette visite, le ministre a inauguré un tribunal à Tlemcen et un autre à Sebdou.B. S.

http://www.letempsdz.com/index.php/132-actualite/177168-conf%C3%A9rence-internationale-sur-le-narcotrafic-%C3%A0-tlemcen-les-marocains-quittent-la-salle

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TRACFIN info: les difficultés d’HSBC dans la lutte contre le blanchiment d’argent

Les difficultés d’HSBC lutte blanchiment d’argent Etienne Goetz – Le 30/03

Malgré ses efforts, les contrôles anti-blanchiment d’argent mis en place par la banque britannique ne seraient pas assez efficaces.L’auditeur interne, chargé de traquer les manquements de la banque HSBC en matière de respect des règles anti-blanchiment, pointe des défauts de contrôle au sein de l’établissement sino-britannique, d’après des informations du Wall Street Journal (lien payant). Selon une source « proche du dossier » citée par le quotidien américain, la banque aurait par exemple financé des activités liées à l’exportation de minijupes vers l’Iran, de confiseries vers la Syrie. L’établissement aurait également ouvert un compte à un Mexicain se présentant au guichet avec des milliers de dollars en cash dans une valise..

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/021804811096-les-difficultes-dhsbc-dans-la-lutte-contre-le-blanchiment-dargent-1210483.php?kAvxHa8jmOhodmJt.99

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TOR (Darknet): la nouvelle forme de distribution de la drogue

cyberdouane_001_16x9«Avec des amis, on voulait essayer le LSD, mais ce n’était pas facile d’en trouver», raconte Matthias. Sur le darknet en revanche, rien de bien sorcier.

La « face cachée » du Web contient un catalogue de pages inaccessibles sur les navigateurs que nous utilisons tous les jours. Parmi ces pages, de nombreux sites qui vendent des drogues directement livrées à domicile. Un système qui change le rapport aux revendeurs de drogue et aux stupéfiants.

Une simple enveloppe, petit format, dans la boîte aux lettres. C’est sous cette forme que Matthias, 26 ans, a reçu en juillet dernier dix buvards de deux cents microgrammes de LSD. L’étudiant avait fait une commande sur une plate-forme de vente impossible à trouver sur Google. Elle n’est atteignable que par Tor, un réseau particulier qui permet de parcourir le Web de manière anonyme.

LIRE:http://m.ledevoir.com/article-466715

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TRACFIN info: Juan Manuel Alvarez Inzunza, surnommé « le roi Midas », chef des finances d’«El Chapo» a été arrêté au Mexique

Surnommé « le roi Midas », cet homme est soupçonné d’avoir blanchi quatre milliards de dollars en 10 ans.

Avis de recherche contre Juan manuel Alvarez, soupçonné d'être l'argentier du cartel mené par El Chapo. (Source : police fédérale mexicaine)

SANTO DOMINGO («Air Cocaïne»): comment Nicolas Pisapia (et ses parents) préparent sa défense

Nicolas Pisapia en Skype.

Nicolas Pisapia en Skype. — MickaÎl Penverne / 20 Minutes

Mis à jour le 24/03/16

Le passager dans l’affaire «Air Cocaïne» attend son procès en appel qui démarre le 1er avril…

Il est un peu plus de 15 heures quand Nicolas Pisapia apparaît à l’écran. Dans la maison familiale, à Velaux, sa mère se précipite devant l’ordinateur. Tous les jours, c’est le même rituel : dès que le carillon de Skype retentit, Monique et Claude Pisapia s’installent devant la petite caméra et ajustent leurs lunettes, pour voir leur fils apparaître dans une petite fenêtre. C’est le seul contact qu’ils ont avec lui depuis trois ans. Il fait partie des quatre Français inculpés dans l’affaire « Air Cocaïne ».

Condamné à 20 ans de prison pour trafic de stupéfiants, Nicolas Pisapia vit en liberté surveillée à Punta Cana, en République Dominicaine. Son procès en appel doit démarrer le 1er avril à Saint-Domingue, la capitale. « Il y a eu beaucoup d’irrégularités en première instance, commence-t-il. Nous allons les dénoncer et développer nos arguments, point par point, pour démontrer que tout cela est faux ». Pour lui, ce dossier est une « affaire entre les policiers et les militaires » dominicains.

Au milieu d’une guerre

Le soir du 19 mars 2013, Nicolas Pisapa se trouve dans le salon VIP de l’aéroport de Punta Cana. Il attend d’embarquer à bord d’un Falcon 50, à destination de Saint-Tropez quand atterrit sur le tarmac un hélicoptère de la DNCD, le service de la police chargée de la lutte contre la drogue. Lui, le second passager, Alain Castany, et les deux pilotes de l’appareil, Bruno Odos et Pascal Fauret, sont aussitôt interpellés par des hommes en armes qui fouillent l’avion et trouvent à son bord plusieurs valises contenant près de 700 kg de cocaïne.

« Je n’ai rien à voir là-dedans, maintient Nicolas Pisapia. Je suis victime d’un règlement de comptes entre policiers et militaires » dominicains. Les quatre Français se seraient retrouvés, selon lui, au milieu d’une guerre de tranchée entre la DNCD et l’armée qui se disputeraient le contrôle de la lutte anti-drogue, et peut-être aussi une partie du trafic. « Quelques semaines plus tôt, une autre opération du même genre, menée cette fois par l’armée, avait conduit à la mise en cause de plusieurs membres de la DNCD, assure son avocat Julien Pinelli. Ce qui s’est passé le 19 mars, c’est une sorte de réplique ».

«Air Cocaïne»: Une affaire où se croisent des pilotes, un jet-setteur, Sarkozy et Afflelou

Seul au procès

En plus des quatre Français, une quarantaine de Dominicains ont été interpellés lors de cette opération, ajoute-t-il, « principalement des membres de l’armée ». En outre, « aucun élément ne permet de lier » son client aux valises bourrées de cocaïne : « Il ignorait leur existence ». Nicolas Pisapia sera le seul à comparaître devant la justice dominicaine à partir du 1er avril. Depuis leur évasion, les deux pilotes sont en détention aux Baumettes, à Marseille. Et le second passager, Alain Castany, est hospitalisé à Saint-Domingue après un accident de la circulation.

Le dernier épisode de l’affaire – l’interpellation puis l’extradition de Christophe Naudin qui a été aidé à l’exfiltration des deux pilotes – fait craindre à Nicolas Pisapia un durcissement de la justice dominicaine. D’autant qu’il doit faire face au silence du Quai d’Orsay depuis le début de cette affaire. « On essaye de les faire bouger mais il ne se passe rien », s’agace Claude, 65 ans, ancien agent de la SNCF. « Il faut pourtant que la diplomatie fasse son travail », sanglote Monique, 68 ans, ancienne employée chez un grossiste en pharmacie.

Faute d’appui à Paris, ils ont participé à la création d’un comité de soutien à Velaux. L’association rassemble des proches et des habitants de la petite commune qui, comme Didier Debarge, sont « tombés de l’armoire » en apprenant la nouvelle de l’arrestation de leur fils. A force de communiqués, de réunions publiques et d’interventions dans les médias, elle a obtenu le soutien les deux députés du coin, Jean-Pierre Maggi (PS) et Christian Kert (LR), qui ont interpellé le gouvernement. Toujours sans réponse pour l’instant.

http://m.20minutes.fr/marseille/1812459-20160323-air-cocaine-comment-nicolas-pisapia-prepare-defense

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DNRED (DOD): l’ancien directeur des opérations (jusqu’en 2014) au sein de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) a été placé en garde à vue dans les locaux de la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE)

dnredL’information est confirmée par le parquet de Paris : l’ancien directeur des opérations (jusqu’en 2014) au sein de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) a été placé en garde à vue dans les locaux de la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) un service de la police judiciaire parisienne. La DNRED est une des 6 composantes de la communauté française du renseignement au même titre que la DGSI ou la DGSE. L’audition sous contrainte avait débuté mardi matin. Elle s’est terminée mercredi en fin d’après-midi. Le directeur n’a pas été déféré devant un magistrat à l’issue de sa garde à vue.

Les magistrats enquêtent sur les méthodes des services de lutte contre les stupéfiants. Après l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtris), ce sont les douanes qui font l’objet de la curiosité des juges. En janvier, ils ont perquisitionné les locaux de la DNRED, dans une atmosphère houleuse selon des témoins. La justice tente de savoir si les douanes, avisées par des indics, laissent entrer des tonnes de produits stupéfiants sur le territoire national puis procèdent à la saisie de la marchandise en en laissant une partie aux dealers-informateurs.

Ces livraisons sont encadrées par la loi. Mais elles peuvent susciter la convoitise ou la corruption de certains fonctionnaires. Dans un premier temps, les magistrats ont épluché le train de vie des douaniers mis en cause et n’ont pas pu démontrer d’enrichissement personnel à ce stade.

http://www.lepoint.fr/societe/exclusif-l-ex-patron-du-renseignement-des-douanes-en-garde-a-vue-17-03-2016-2026045_23.php

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LIRE aussi:  FRANCE (Grand Bal des « Faux-culs »): tous, du BCS en passant par la DCPJ, la DNRED, l’ IGPN, l’ OCRTIS, le SIAT et … le Parquet vont rivaliser dans le port de « faux-nez »

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OCRTIS (Office anti-drogue): le patron muté sous la pression judiciaire ?

D’après les informations de M6, François Thierry devrait être prochainement muté de son service. Un départ précipité par une affaire judiciaire.
Publié le 19/03/2016 à 18:45 | Le Point.fr

François Thierry, commissaire divisionnaire de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants

François Thierry, commissaire divisionnaire de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants © Copyright 1999 Adobe Systems Incorporated/ PATRICK

Thierry, actuel commissaire divisionnaire de l’ Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), devrait être muté à la sous-direction antiterroriste (SDAT) dans les prochaines semaines. C’est en tout cas ce qu’affirme M6, qui va même jusqu’à expliquer que cette promotion serait en réalité due aux récents démêlés de l’office anti-drogue avec la justice.

« La justice s’intéresse depuis plusieurs mois au fonctionnement de certaines sections de l’OCRTIS, et des relations entretenues entre les responsables de ces groupes, et les indicateurs qui fournissent les informations permettant les saisies », explique M6. Certains fonctionnaires seraient en effet soupçonnés de ne pas avoir coopéré entièrement avec la justice dans le cadre d’une saisie de sept tonnes de cannabis fin 2015 dans le 16e arrondissement de Paris. Dans cette affaire, un ex-patron des douanes avait été placé en garde à vue le 17 mars.

« Dysfonctionnements supposés »

En poste depuis six ans à l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants, François Thierry est connu dans les médias depuis plusieurs années comme le visage de la lutte anti-drogue. D’après des sources policières, la mutation de ce fonctionnaire respecté et médiatique permettrait « d’apaiser les tensions internes et externes » autour du service, et de « renouer des relations de confiance avec certains magistrats qui rechignaient parfois à saisir un office, peut-être victime d’égarements de certains de ses cadres ». Une promotion qui n’empêcherait pas cependant François Thierry d’être entendu prochainement devant les juges pour expliquer les « dysfonctionnements supposés de son futur-ex service », explique M6.

http://www.lepoint.fr/justice/office-anti-drogue-le-patron-mute-sous-la-pression-judiciaire-19-03-2016-2026583_2386.php

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DROGUE (Consommation de cannabis): médaille d’or pour la France

coq bleu blc rgeUne étude de l’Organisation Mondiale de la Santé a réalisé un classement de la consommation de cannabis par pays et par âge.

L’étude s’intéressait plus globalement au comportement des jeunes de quinze ans face à la drogue, et ce, dans plus de quarante-deux pays (en Europe, au Canada et en Israël). Alors que la moyenne internationale situe à 15% la part de la population âgée de quinze ayant déjà consommé du cannabis, la France explose le record avec un taux moyen de 29% pour les garçons et 26% pour les filles. Il n’est pas simplement question d’expérimentation dans ces chiffres mais bien de consommation régulière, puisque là encore les petits français…

lire sur:http://m.gqmagazine.fr/pop-culture/news/articles/la-jeunesse-francaise-recoit-la-medaille-de-la-plus-grosse-consommatrice-de-cannabis-deurope/32658

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FRANCE (Argenteuil): coup d’arrêt aux trafiquants de cocaïne du Val-Sud

Frédéric Naizot | Publié le Vendredi 18 Mars 2016

 
Illustration . (LP/O.B.)

Ils vendaient parfois la cocaïne devant l’entrée de la supérette Simply Market. Les trafiquants de cocaïne qui sévissaient sur le quartier du Val-d’Argent Sud, à Argenteuil, ont découvert cette semaine que les policiers les suivaient de près depuis plusieurs mois.

L’enquête de la sûreté départementale débute au mois de novembre dernier, lorsque les premières informations parviennent à ses fonctionnaires. Elles sont rapidement confirmées : les acteurs du trafic se postent parfois devant la supérette du Val-Sud, revendant aussi les produits stupéfiants dans le parc de la rue de Rethondes ou livrant carrément la cocaïne à domicile.

Au fil des surveillances, les enquêteurs parviennent ainsi à mettre un nom sur chacun des protagonistes. L’un d’eux ne leur est pas inconnu : âgé d’une trentaine d’années, il avait déjà été impliqué dans un précédent dossier de trafic de drogue mené par la sûreté départementale. Lors de cette affaire, en 2011, les policiers avaient saisi 333 kg de résine de cannabis dans les placards d’un appartement de Bezons. Les enquêteurs avaient aussi retrouvé à cette occasion un pistolet-mitrailleur Uzi.

Les policiers ont pu évaluer à une vingtaine le nombre de consommateurs qui chaque jour se fournissait via ce trafic. Il y aurait au total une centaine de clients. Ils ont également découvert que les trafiquants avaient leur quartier général : un bar à chicha situé à proximité et qui les employait dans des conditions suspectes.

Cette semaine, les policiers ont lancé une vague d’arrestations, interpellant huit personnes. Chez celui qui apparaît comme l’un des principaux suspects, et qui avait été impliqué dans le dossier de 2011, les policiers ont retrouvé pas moins de 62 000 € en espèces.

Six personnes ont été déférées à la justice ce jeudi, en comparution immédiate, dont une femme. Deux d’entre elles ont été incarcérées dans l’attente du procès qui se déroulera le 25 avril prochain.

Les deux mineurs, dont la participation au trafic consistait à effectuer des reventes occasionnelles, ont été mis en examen par un juge des enfants mercredi.

http://m.leparisien.fr/argenteuil-95100/argenteuil-coup-d-arret-aux-trafiquants-de-cocaine-du-val-sud-18-03-2016-5639083.php

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SNDJ: les mauvaises affaires de Karim Benzema

benzemaKarim Benzema est à nouveau rattrapé par son entourage. Le nom du footballeur français apparaît dans une affaire qui pourrait s’avérer bien plus explosive que celle de la «sextape». Une information judiciaire a été ouverte le 17 septembre 2015 par le parquet de Paris pour «blanchiment en bande organisée» et «blanchiment de trafic de stupéfiants», enquête confiée au juge du pôle financier Renaud Van Ruymbeke. Selon nos informations, Karim Benzema a été entendu comme témoin dans ce dossier il y a deux mois, en toute discrétion. «Karim s’est fait avoir, indique-t-on dans son entourage. Il a perdu beaucoup d’argent dans cette histoire». «Avoir» jusqu’à quel point ? Si le juge Van Ruymbeke semble à ce stade écarter une responsabilité directe du footballeur, l’affaire n’en est pas moins embarrassante et pourrait expliquer la sortie récente de Manuel Valls, affirmant que les conditions n’étaient pas réunies pour un retour de l’attaquant du Real Madrid en équipe de France. Sollicité, l’avocat de Karim Benzema, Alain Jakubowicz, refuse de commenter.

Tout commence à l’été 2015 par une banale affaire de trafic de stups, sur laquelle enquête le Service national de douanes judiciaires (SNDJ). Plusieurs trafiquants sont placés sur écoute, un grand classique dans ce type de dossiers. Sauf que cette fois, les conversations des suspects branchés mènent les douaniers directement à Karim Benzema et à son entourage. Dans le jargon, on parle d’«écoutes incidentes».

LIRE sur:

http://www.liberation.fr/sports/2016/03/17/les-mauvaises-affaires-de-karim-benzema_1440395?xtor=EPR-450206&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=quot

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FRANCE (IGPN): enquête de la police des polices visant l’Office central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS)

L’inspection générale de la Police nationale (IGPN), la police des polices, vient d’être saisie d’une enquête sulfureuse visant l’Office central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS).

Enquête de la police des polices sur la disparition de plusieurs tonnes de cannabis Crédit Image : AFP / FRED DUFOUR Crédit Média : Damien Delseny

C’est l’enquête qui dira si c’était véritablement pour « remercier », mais ce qui est certain c’est que depuis quelques jours, l’IGPN, la police des polices, a été chargée de faire la lumière sur les liens qui existent entre l’un des plus gros trafiquants de cannabis français, arrêté le mois dernier en Belgique, et l’office central de lutte contre le trafic de drogue.

Des gardes à vue au plus haut niveau ?

L’affaire agite la police judiciaire depuis plusieurs semaines, et les intéressés eux mêmes s’attendent à des remous, avec des gardes à vue, sans doute même du patron de cet office et des perquisitions. Les juges en charge de l’enquête sur la saisie du mois d’octobre sont persuadés que les policiers leur ont caché des éléments de cette livraison surveillée. Et que la quantité, déjà énorme, saisie cachait en fait une cargaison cinq fois supérieure.

Des pratiques tolérées et encadrées par la loi

La livraison surveillée consiste en quelque sorte à effectuer une filature de la drogue depuis le Maroc jusqu’en France, de manière à identifier les équipes qui viennent récupérer la marchandise. Au mois d’octobre dernier, la procédure a été respectée.

Mais le vrai problème, c’est la découverte de l’origine du tuyau : un trafiquant bien connu, qui serait donc aussi le « tonton » de la police. Alors les questions qui se posent aujourd’hui sont simples : l’office des « stups » peut-elle lutter contre le trafic en s’associant avec l’un de ses barons ? Et les policiers peuvent-ils, pour pécher au gros, devenir les associés momentanés d’une importation de cannabis ?

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/enquete-de-la-police-des-polices-sur-la-disparition-de-plusieurs-tonnes-de-cannabis-7782389956

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faux cul
LIRE:

FRANCE (Grand Bal des « Faux-culs »): tous, du BCS en passant par la DCPJ, la DNRED, l’ IGPN, l’ OCRTIS, le SIAT et … le Parquet vont rivaliser dans le port de « faux-nez »

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