AVISEUR INTERNATIONAL

Aviseur International renseigne, sans complaisance, sur la problématique de la drogue, du narcotrafic, de la corruption et sur les politiques mises en œuvre par les différents Etats et les dérives que s'autorisent les fonctionnaires des administrations — aviseurinternational@proton.me — 33 (0) 6 84 30 31 81

AVISEUR INTERNATIONAL

DNRED: lorsque la Douane française faisait le ‘sale boulot’ du »HM Customs and Excise »anglais

andalousie-original

Par Marc Fievet – NS 55 DNRED

ANNÉE 1992 –  Andalousie – Marbella -Espagne

Lorsque j’arrive chez Heidi Hoffman, John Short est déjà installé sur un canapé. C’est un homme  grand et massif au regard acéré. Il parle à une vitesse vertigineuse avec un horrible accent cockney  londonien. J’ai un mal fou à suivre ses paroles. Plusieurs fois je suis obligé de le faire répéter, ce qui semble l’agacer. J’apprends d’emblée que Bobby Mills travaille également pour lui et qu’il connaît donc parfaitement mes activités, ce qui nous permet d’aller droit au but.

TANCREDE

MY Windarra

Je comprends vite que Short brasse de grosses affaires. Dans l’immédiat, il a un besoin urgent d’un bateau et d’un skipper pour enlever de grosses quantités de cannabis en Afghanistan et de cocaïne en Amérique du Sud. Ces substances sont attendues en Ecosse, et c’est pourquoi il fait appel à moi: avec mon Windarra je suis l’homme providentiel.

Malheureusement, je suis obligé de le décevoir:

-Désolé John, mais je viens de vendre le « Windarra », il me coûtait trop cher. Je n’ai plus de bateau. (Mais impossible de lui dire que c’est le ministre du Budget Michel Charasse qui m’a donné l’ordre de me séparer de ce navire en chargeant Jean Dominique Comolli, le DG de la Douane française, de me dédommager…Nous sommes en 2016 et j’attends encore!).

Le ministre du Budget Michel Charasse

John Short en paraît contrarié un court instant. Il me fixe en croisant et décroisant nerveusement ses longues jambes puis lâche une rafale de mots que je saisis au vol :

-Il faut absolument que je charge cette marchandise, trouvez un bateau et achetez-le, je vous finance.

Je pense avoir mal compris et je demande à Short de répéter. Il confirme: il veut que j’achète un bateau, et pas une barque, un cargo. Il  est prêt à investir, et il paye cash. A moi de me débrouiller.

J’accepte ce marché que nous concluons par une brève poignée de main et je rentre à Estepona pour informer Gatard.  Lui aussi se montre très intéressé et, fait exceptionnel, il m’assure qu’éventuellement la DNRED m’aidera financièrement si je ne peux boucler mon budget.

Trois jours plus tard je retourne en Hollande, à Rotterdam, où j’épluche les petites annonces des journaux spécialisés. J’ai déjà visité plusieurs navires mais aucun ne correspond vraiment à ce que je cherche, la plupart sont trop sophistiqués et trop chers pour l’usage que je vais en faire.

map_of_moerdijkFinalement j’ai rendez-vous dans un petit port au sud de Rotterdam,  Moerdijk,  pour visiter un petit cargo, le « Larissa ». Ce nom  ne m’est pas inconnu  et  en arrivant sur le quai, j’ai la certitude d’avoir déjà vu ce navire dans le port de Gibraltar. Il y a donc de fortes chances qu’il est déjà fait de la contrebande.

Le propriétaire est représenté par Ralf De Groot qui m’attend à bord et nous nous gardons bien d’échanger nos confidences. La visite est strictement technique. Le Larissa n’est pas tout jeune mais ses structures sont encore saines. Après une remise en état sommaire et un bon coup de peinture il pourra parfaitement faire l’affaire. En plus, ce qui pourrait être considéré comme un inconvénient m’apparaît comme un avantage : sa mécanique est vieillotte et rudimentaire. Une aubaine pour moi.

Lorsque je pénètre dans la salle des machines une puissante odeur d’huile me prend à la gorge. Je me penche sur les bielles visibles par les trappes de visite que le vendeur a ouvertes et j’ai l’impression de retrouver mes moteurs de camions que j’ai si souvent bricolés sur les pistes de l’Irak ou de l’Arabie. Je me garde bien de dire au propriétaire que cette mécanique d’un autre âge me convient à merveille, j’en profite au contraire pour revoir le prix à la baisse et nous remontons dans la cabine pour discuter. Après une heure et demie de négociations pointilleuses, nous parvenons à un accord de principe : Cent dix mille dollars. John Short m’ayant promis la moitié de cette somme, il me manque trois cent mille francs et je demande un délai de réflexion au propriétaire.

De retour à mon hôtel j’appelle Christian Gatard pour lui exposer la situation. A ma grande surprise, il me rappelle quelques minutes plus tard pour me signifier que l’administration des douanes françaises accepte de payer.

Deux jours plus tard, un émissaire de John Short débarque à Rotterdam. C’est un Anglais roux comme une Guinness que je repère sans mal dans le bistrot enfumé du port où il m’a donné rendez-vous. Nous échangeons quelques mots avant qu’une petite mallette noire ne change de main. Inutile de vérifier son contenu, je n’imagine pas mon coursier prendre le risque d’une entourloupe. L’attaché-case renferme bien ce qui est prévu. Je n’ai plus qu’à attendre le complément promis par les douanes.

anvers novotelGatard ne se défile pas et il me donne au contraire un rendez-vous précis. C’est Marc Romyn qui m’emmène au Novotel Sud, à Anvers. Jo Le Squere et un autre douanier que je ne connais pas, Philippe Capitaine, m’y rejoignent.

Jo Le Squere se dit content de me revoir, mes aventures l’amusent. En revanche, son compagnon de voyage est parfaitement glacial. A peine entré dans ma chambre il me tend une grande enveloppe bourrée de billets de banque et me prie de les compter avant de lui signer un reçu. J’ai vraiment l’impression de lui arracher un héritage, il ne quitte pas les billets des yeux pendant que je les fais glisser entre mes doigts. Tout est en règle, je range soigneusement l’enveloppe dans ma sacoche que je boucle à double tour et nous descendons prendre un verre. Jo me raconte les derniers potins de la DNRED.

Le propriétaire du Larissa ne s’étonne absolument pas que je lui paye son bateau en argent liquide, et le banquier devant lequel nous effectuons la transaction non plus. Il ne pose pas la moindre question. Je reçois tous les certificats de validité attestant que le navire est bien « en classe », c’est-à-dire  qu’il a subi tous les contrôles techniques, et qu’il peut naviguer.

Ralf  De Groot, capitaine de la Marchande, ancien armateur, va m’aider à diriger les travaux de réfection que je vais effectuer sur le cargo maintenant enregistré à Saint-Vincent sous le nom de Melor. Le Larissa avait trop mauvaise réputation.

Gros homme à lunettes rondes débonnaire et jovial, Ralf De Groot a des allures de parfait père de famille. Je découvre très vite ses compétences. Il est redoutablement efficace, ingénieux, professionnel en diable.

ParkhavenParkhaven

Contre un salaire de deux cent florins par jour plus frais, Rolf accepte de superviser les travaux  du Melor que je confie à un chantier non loin de Parkhaven, sur le Rhin.

Une remise à niveau du bateau s’impose, j’en avertis John Short qui accepte de prendre les frais supplémentaires à sa charge.

De Groot commande aussitôt tout un matériel radio sophistiqué à la société Radio-Holland qui envoie ses propres techniciens pour la mise en place. Puis nous commandons un radar, un GPS, un radio-compas  et un  telex-Inmarsat.

En effectuant quelques tests, Ralf constate que le pilote automatique est défaillant et il me conseille vivement de le changer. Je fais également installer sur le pont une grue télescopique absolument indispensable pour charger et décharger rapidement la marchandise en mer ou dans les ports.

La solide stature de Ralf s’encadre dans l’ouverture de ma cabine :

-Marc, nous avons de la visite.

logo_douaneCinq douaniers hollandais m’attendent sur le pont. Ils demandent à visiter le bateau et vérifient tous les documents administratifs. Me sachant totalement en règle, je m’exécute de bonne grâce et observe, amusé, leur manège. Ils savaient bien sûr avant de monter à bord que sous le Melor se cache le Larissa et ils tiennent  à noter toutes les transformations apportées. La fouille méthodique du navire va durer deux bonnes heures. Des panneaux sont démontés, des réservoirs jaugés, puis le chef de l’équipe vient me saluer. En me remerciant pour ma coopération. Je meurs d’envie de lui révéler que les Douanes françaises sont propriétaires à 50% du bateau qu’il vient d’inspecter avec tant d’attention, l’autre actionnaire étant un trafiquant notoire…

Les douaniers disparus je verrouille le Melor et m’en retourne avec Ralf vers Rotterdam.

Un message m’attend à mon hôtel, je dois appeler Gatard d’urgence.

Mon agent traitant paraît bien excité et, avant même que j’aie eu le temps de lui parler de la visite des douanes sur ce qui est un peu son bateau, malgré tout, il s’exclame :

-Marc, l’Anglais que tu as levé, John Short, c’est celui que les « perfides » espéraient, le gros poisson dont ils nous parlent depuis si longtemps. Ils nous l’ont dit, en oubliant, bien sûr, de nous remercier. Mais j’ai l’impression que ce type ne les intéresse pas seulement pour la drogue. Il doit y avoir autre chose. Je ne sais pas quoi. Nous verrons bien.

Nous verrons bien… J’adore Gatard.  Il m’informe que je suis assis sur une bombe, j’ignore où est la mèche, qui peut l’allumer, et quand, et tout ce qu’il trouve à dire c’est : « Nous verrons bien… »

Après la politique, le terrorisme.

John Short me l’a clairement indiqué: le Melor ne va pas faire du cabotage. Mon gentil trafic entre le Maroc et l’Espagne, voire l’Italie, n’était que de l’artisanat à côté de ce que Short me laisse entrevoir. On ne parle plus de cannabis, ni de Tanger, mais de cocaïne et des Caraïbes, et je dois impérativement en tenir compte pour les travaux de mise à niveau de mon cargo. Celui-ci doit être absolument fiable, je ne peux m’aventurer en haute mer, pour de longues traversées, sans un maximum de sécurité. J’en parle longuement avec Ralf De Groot qui m’avertit que la sécurité et la belle mécanique ont un coût. Lorsqu’il me montre le calcul, le total me donne le vertige. J’en avise mon commanditaire anglais qui tousse un peu mais finit par se ranger à mes arguments et accepte de régler les factures. En bon commerçant, il comprend que la fiabilité du bateau rassure le client, convaincu que ses commandes arriveront à bon port.

Le principe de réparations et d’aménagements lourds est donc acquis, ce qui va m’obliger à rester à Rotterdam pendant deux mois et demi. Le Melor disposera d’une autonomie de soixante-dix jours de mer. Mais pour cela il faut installer de nouveaux réservoirs de fuel et donc, également, de nouvelles canalisations. Nous sommes loin du bricolage prévu au départ et cette nouvelle orientation n’échappe pas aux douaniers hollandais. Mon équipement de bord les avait déjà intrigués, voilà qu’ils s’interrogent maintenant sur mes aménagements et me demandent des comptes sur mes projets. Cette fois l’heure n’est plus aux civilités et je me fâche lorsqu’un officier vient à nouveau me poser des questions :

-Ceci est mon bateau,  j’en fais ce que je veux. Pour votre information, j’ai l’intention de commercer et de monter une affaire avec un pays d’Amérique centrale. J’aurai besoin de mon cargo pour transporter du matériel et des marchandises. Jusqu’à preuve du contraire ce n’est pas interdit et je suis bien aimable de vous en aviser.

Le douanier grommelle quelques remarques que je n’écoute pas, puis  rejoint le quai. Je sais fort bien qu’il ne va pas se contenter de ces explications et qu’il me demandera d’autres précisions. Je devrai les lui fournir et pour cela une évidence apparaît : je dois effectivement lancer un projet avec un pays d’Amérique centrale, ou, en tout cas, en donner l’impression.

Je ne manque pas d’imagination et la démesure ne m’effraie pas. Je consulte un atlas et je décide tout à fait arbitrairement d’implanter une affaire sur la côte Atlantique du Guatemala. La base étant définie, j’opte pour la création d’un complexe hôtelier autour d’une marina. C’est ambitieux, mais seul un projet ambitieux peut  motiver les autorités locales et les pousser à me fournir les cautions et les justifications que les douaniers vont me demander à coup sûr.

Aidé par un juriste, j’échafaude mon projet avec le plus grand sérieux pour le rendre crédible, puis je prends contact avec l’attaché commercial de l’ambassade du Guatemala à Madrid. Un rendez-vous est fixé et je fais un aller-retour en Espagne pour peaufiner le projet et lui donner corps. Un lieu précis est déterminé : Puerto Barrios, qu’il faut aller  reconnaître. Pour me justifier aux yeux d’autorités curieuses, je dois aller jusqu’au bout de l’illusion et j’envoie à Guatemala City  mon fils Laurent  et un ami, cadre commercial, totalement étranger à tous trafics qui parle parfaitement espagnol. Avant leur départ je les invite, bien sûr, à susciter et multiplier les actes écrits avec les autorités et les entreprises.

Paré de ce côté, je dois maintenant m’occuper de l’autre volet de mes travaux sur le Melor : leur financement. Le chantier de Parkhaven m’a présenté une première facture que je dois régler et j’appelle mon caissier à Londres. John Short tient parole et  m’invite aussitôt à le rejoindre au Croydon Palace Hôtel, juste en face de la Cour de Justice, dans la banlieue de Londres où il me remettra l’argent. Mais il s’inquiète :

-Comment comptes-tu sortir une telle somme en argent liquide d’Angleterre ?

-Je me débrouillerai, j’ai l’habitude.

En fait d’habitude j’appelle aussitôt Gatard pour qu’il demande de l’aide à son homologue anglais. Il ne peut tout de même pas refuser.

Quelques jours plus tard, je suis assez satisfait de passer devant les douaniers de l’aéroport d’Heathrow sous la discrète protection de John Hector, l’un des leurs, sans même leur montrer la moindre pièce d’identité. Je n’ai même pas cherché à dissimuler les liasses de livres sterling serrées dans une pochette en plastique au fond de mon sac de voyage, puisque pour plus de sûreté, c’est John Hector lui-même qui portait mon sac.

hmSous l’impulsion de Ralf, les travaux ne prennent pas de retard et je peux bientôt communiquer avec exactitude  à John Short la date où le Melor sera prêt à appareiller. Il me donne alors plus de détails sur l’opération que je vais mener et, brusquement, je comprends pourquoi les Anglais s’intéressent tant à lui :

-Marc, tu pars dès que le bateau est paré. Tu vas charger une tonne de cocaïne aux Caraïbes  que tu livreras à des gens de l’IRA. C’est urgent, ils ont besoin d’argent, et moi aussi. Nous avons déjà perdu trop de temps. Je te préciserai le programme plus tard. Pour l’instant je peux juste te dire que tu déchargeras près d’Oban, en Ecosse. Tu peux aller repérer les lieux et chercher le site qui te convient. Tiens-moi au courant.

Je sens que Short ne tient pas à en dire plus pour le moment mais je l’interroge tout de même car l’information qu’il vient de me donner  sans la moindre précaution me paraît énorme :

-John, l’IRA donne dans le trafic de drogue ?

-Allons Marc, tu  n’es pas naïf, ça coûte cher la clandestinité. A ton avis, ils vivent de quoi ? Des dons des militants ?  Et les armes, les bombes, ça pousse dans les champs comme les salades ? Au revoir Marc, je te rappelle.

Après le GAL en Espagne, l’IRA en Irlande… Décidément les trafics de drogue ne profitent pas qu’aux dealers des banlieues et je me pose des questions sur la volonté de certains États d’y mettre un terme. Pour alimenter certaines caisses noires quoi de plus anonyme et discret qu’une livraison dans un charmant  petit port ? Pas de paperasse, pas de trace, pas de TVA et le contribuable n’est même pas floué…

En tout cas j’ai la certitude que je viens de franchir un palier. Je naviguais en eaux troubles, je plonge en eaux profondes.

gatardChristian Gatard, le patron de la DNRED de Nantes émet un long sifflement lorsque je lui révèle mon information:

-C’était donc ça, les British se doutaient que par Bob Mills, puis John Short, ils allaient remonter jusqu’à l’IRA. Je comprends mieux, il ne s’agit plus seulement de saisir des stups mais surtout de coincer salement des indépendantistes irlandais. C’est une tout autre dimension.

Avec Christian je ne cherche pas à jouer l’oisillon tombé du nid :

-Depuis le temps, je suppose quand même que les flics anglais se doutent bien que l’IRA ne vit pas d’oboles ?

-C’est certain. Tu vois bien qu’ils ne pistaient pas Mills par hasard. Mais, entre savoir et prouver, il y a un grand vide juridique.

J’apprends ainsi que tous les mouvements clandestins du monde, qu’ils soient de droite ou de gauche, n’existent que par les trafics, mais que le lien entre la drogue et le financement du mouvement n’est jamais évident, sans compter que, bien souvent, la politique vient encore compliquer les choses. Même très riches, les États n’aiment pas mettre la main à la poche, alors, si leurs protégés peuvent subvenir à leurs besoins, ils ferment pudiquement les yeux sur les méthodes et, éventuellement, donnent même un petit coup de pouce. Ce qui ne les empêche pas, parallèlement, d’engloutir des sommes colossales dans la lutte contre les trafics à grand renfort de beaux discours et de bonnes intentions.

Tous les policiers, tous les douaniers du monde sont d’accord sur ce point, ce qui ne les empêche pas de traquer les trafiquants  pour la plupart d’entre eux avec pugnacité, conviction, voire avec courage, ce qui est d’autant plus admirable. Pour l’heure c’est ce que font les douaniers de Nantes et ceux de Londres.

En apprenant que je vais livrer pour l’IRA, le contrôleur Atkinson s’autorise une sorte de glapissement qui doit traduire chez lui une intense euphorie, et propose immédiatement de mettre l’un de ses hommes à ma disposition pour aller repérer les lieux de la livraison. Un rendez-vous est prévu à l’ambassade de France, dans le bureau de l’attaché des Douanes, Marc Lerestre, pour monter l’opération.  Nicole, la secrétaire de la DNRED de Nantes m’y accompagne pour représenter le service et ramener quelques documents confidentiels que Lerestre High_Holborndoit lui remettre.

King’s Gate House, 115 High Holborne

Il fait gris et il pleut lorsque nous arrivons devant le King’s Gate House, 115 High Holborne, annexe de l’ambassade de France. Dans le hall,  Marc Lerestre discute déjà avec deux officiers du HM Customs and Excise anglais, dont ce  »cher »John Hector. C’est lui qui va nous accompagner en Ecosse. Les présentations effectuées nous montons dans le bureau de l’attaché des Douanes qui a déjà étalé une carte des côtes écossaises sur une table ronde. John Hector pointe tout de suite son doigt sur le golfe de Murray, à l’ouest, et le canal Calédonien qui relie la côte ouest à la côte est de l’Écosse. C’est dans cette zone que l’on m’a demandé de livrer et c’est donc là où nous allons nous rendre demain.

Je loue une voiture à mon nom à l’aéroport de Glasgow et j’inscris John Hector comme conducteur parce que je n’aime pas la conduite à gauche. Un tout petit détail qui me lie par contrat aux douanes anglaises et scelle notre coopération.

oban 55

Virée en Ecosse

Pour mes trois compagnons de voyage, notre séjour écossais se transforme bien vite en circuit touristique. Ne connaissant rien aux manœuvres que je vais avoir à exécuter ils ne me sont d’aucune utilité. Aussi, la plupart du temps, je leur laisse la voiture, préférant prospecter les ports et longer les côtes seul et à pied. Nous restons trois jours sur le secteur et je fixe mon choix sur un tout petit port  assez isolé, près d’Oban, face auquel je pourrai mouiller sans trop attirer l’attention. Un Zodiac viendra prendre la marchandise et la mènera jusqu’à un camion garé le long du canal Calédonien. La suite ne me regarde plus, elle concerne John ObanHector qui m’assure que son service n’a encore rien prévu. Le repérage est terminé, je rentre à Rotterdam.

Oban

A peine revenu sur le Melor, John Short me dit lors d’un contact téléphonique (Chez sa sœur qui est fleuriste à Londres) que je dois partir à Dublin immédiatement et prendre une chambre dans un hôtel dont il me donne le nom. Il m’indique le jour, et l’heure exacte à laquelle je devrais me trouver au bar de cet hôtel. C’est concis.

dublin_2Dublin

Au jour dit, à l’heure dite, je suis à mon poste.  J’ai repéré le téléphone posé au bout d’un assez joli bar en bois et je me suis installé à la table la plus proche en commandant une « lager beer ».  Cet instant m’excite, mais en même temps je pense que tout cela n’est qu’un jeu.  Ce téléphone que je fixe intensément ne peut pas sonner, on ne voit cela que dans les films…

Et pourtant il sonne.

Incrédule, je refuse de regarder le barman, qui fait répéter un nom pour la troisième fois, et j’accroche mon regard sur le programme d’un singing-pub affiché en face de moi entre un jeu de fléchettes et une  vieille publicité pour la Pelforth.

-Mister Fiévet ?

Le barman m’interroge du regard. Oui je suis Monsieur Fiévet. Je prends le combiné. Mon interlocuteur ne me laisse pas le temps de parler :

-Je suis un ami de John. Vous aller sortir de votre hôtel et remonter la rue à contresens de la circulation. Marchez doucement!

J’obtempère. En débouchant dans la rue je ne peux m’empêcher de regarder à droite et à gauche. Je ne remarque rien d’anormal. Alors je marche, doucement, longtemps, scrutant furtivement les passants : celui-ci, celui-là ?

Derrière moi, un homme presse le pas. Arrivé à ma hauteur il me souffle brièvement de bifurquer vers la chaussée. Au bord du trottoir alors que  nous attendons pour traverser, il se tourne a demi vers moi :

-Je m’appelle Sean. Demain à 10 heures précises dans la première salle du musée national de Dublin.

Sean se projette dans la circulation et disparaît.

Le lendemain à dix heures, je suis plongé dans la profonde contemplation d’un tableau dont je ne connaîtrais jamais l’auteur lorsque Sean se glisse à mes côtés :

-Je sors le premier. Vous me suivez de loin. D’accord ?

Sean m’entraîne alors dans un véritable labyrinthe qui nous mène jusqu’à un parc après une bonne demi-heure de marche. Mon mystérieux guide s’assoit sur un banc, déplie un journal,  me fait signe de le rejoindre. Dissimulés derrière les pages politiques de l’Evening Standard nous commençons enfin à parler.

Sean me confirme qu’il opère bien pour le compte de l’IRA, et que son organisation a un besoin urgent d’argent. Les fonds avancés pour l’achat de la drogue permettront de renflouer les caisses grâce aux larges bénéfices réalisés lors de la revente. Sean souhaite donc que je parte le plus vite possible pour les Caraïbes. Je le rassure sur ce point :

-Mon bateau est prêt et je suis déjà allé repérer un site près d’Oban pour décharger la cargaison. J’ai trouvé un petit port…

L’irlandais m’interrompt:

-L’Écosse n’est plus d’actualité. Tous nos plans sont changés. Il faudra vous habituer et vous adapter à ces changements de programmes au dernier moment. C’est une mesure de sécurité.

-Ne perdez tout de même pas de vue que je ne peux pas improviser  des opérations aussi lourdes.

-Nous le savons et nous en tenons compte dans nos plans.

-Bien. Et quel est votre nouveau plan ?

awacsSean tourne une page de son journal puis détaille en détachant bien ses mots, comme un véritable chef de guerre.

-Vous allez vous diriger vers le Surinam, au dessus de la Guyane. Une fois arrivé dans ces parages, nous vous communiquerons un point géographique en haute mer où vous vous arrêterez. Cet arrêt sera impératif  et vous devrez être très précis car nous tenons compte de la portée des différents radars installés sur les côtes du Venezuela et du Guyana  par le DEA. Nous essayons de prévoir  ceux embarqués à bord des Awaks américains. Deux avions parachuteront autour de votre bateau, en deux passages, cinquante colis flottants et contenant chacun vingt kilos de cocaïne. Votre canot devra être à la mer lors du largage pour récupérer les paquets le plus vite possible  avant qu’ils ne dérivent. Un de nos plongeurs partira avec vous de Rotterdam, il se mettra à l’eau pendant les manœuvres  pour vous aider. Il a l’habitude. Une fois la drogue chargée vous mettrez le cap vers le sud de l’Irlande. Au retour, nous vous indiquerons également un point où larguer à nouveau les colis. Un autre bateau viendra les récupérer.

irlandebisJe suis abasourdi par l’ampleur de la logistique déployée et je demande à mon voisin pourquoi nous ne transférons pas directement la cocaïne de bateau à bateau. La réponse est immédiate et violente :

-Certainement pas. Malgré nos précautions, nous risquons toujours de tomber dans l’œil d’un radar et deux bateaux qui se rapprochent puis se mettent bord à bord en haute mer sont immédiatement suspects. Avez vous d’autres questions ? Nous ne devons pas rester trop longtemps ensemble.

-Non, tout est clair.

-Parfait. Dernier point. Deux de nos hommes vont venir vous voir à Rotterdam pour acheter le bateau qui nous servira à récupérer la drogue au large de l’Irlande. Pouvez-vous les aider ?

-Bien sûr.

-Alors Short vous contactera. C’est lui également qui vous fournira la radio de bord qui nous permettra de communiquer en haute mer lorsque vous arriverez au Surinam.

L’entretien est terminé. Sean replie son journal et disparaît après m’avoir prié d’attendre quelques minutes sur mon banc avant de me lever.

Sitôt rentré à l’hôtel j’informe Christian Gatard des évolutions de l’affaire puis je réserve le  premier avion pour Amsterdam.

Quelques jours plus tard, John Short m’informe que Sean viendra lui-même choisir le bateau avec un marin. Aussitôt prévenus, les douaniers anglais envoient un de leurs hommes pour faire des photos. Je le réceptionne peu de temps avant d’aller chercher mes Irlandais à l’aéroport. L’achat du bateau est réglé en trois jours et mes commanditaires repartent vers l’Irlande avec leur navire. Il est temps pour moi d’effectuer les derniers préparatifs sur le mien.

ssbShort m’apporte la radio promise, une énorme Kenwood que  nous installons et, à  peine a-t-il le dos tourné, que Gatard arrive à son tour avec une balise Argos. Je suis flatté : tout le monde veut absolument savoir en permanence où je suis. Je rappelle simplement à Christian que je vais avoir un ange gardien de l’IRA à mon bord et que je ne tiens pas du tout à ce qu’il découvre cette balise. Alors que son groupe révolutionnaire se dépense pour agir sans laisser de trace, il n’apprécierait certainement pas que je joue au Petit Poucet. Nous parvenons à dissimuler la balise dans ma cabine et Gatard  m’avoue alors qu’il envisageait même de faire poser une boule satellite sur le pont mais qu’il y a renoncé vu la taille. Un tel engin sur un cargo sans prétention, cela aurait à coup sûr attiré l’attention. En revanche j’installe un télex à bord qui me reliera directement au Saint-Georges à Estepona, et là, tout le monde y trouve son compte.

Les informations passées seront retransmises soit à la DNRED Nantes, soit à Heidi Hoffman qui assure le lien avec Short et l’Armée Révolutionnaire Irlandaise. Son rôle se limitera à cela.

Je crois avoir pensé à tout lorsque je reçois un appel de Hervé Maignier, le divisionnaire des Douanes de Nantes, spécialiste des affaires maritimes. Ce qu’il a à me dire doit être important car il ne m’appelle pas souvent :

-Marc, tu ne dois pas partir sans arme. Des bateaux de plaisance sont victimes de pirates dans ce secteur bien qu’il n’y ait pas grand’ chose à voler à bord. Alors tu imagines, un cargo chargé d’une tonne de cocaïne… Même si l’opération est entourée d’un maximum de discrétion des fuites sont toujours possibles, des trahisons aussi. Je te certifie que de mauvaises rencontres ne sont pas exclues.

Je prends ce conseil très au sérieux et dès le lendemain je vais à Anvers où c’est  sans aucun mal que j’acquiers à bon prix dans une armurerie deux fusils à pompe et  une carabine Remington, type « grande chasse », munie d’une lunette réglée à 150 mètres. Pourquoi utiliser le marché parallèle lorsqu’officiellement on peut acquérir ce dont on a besoin !

Cette fois il ne me reste plus qu’à composer mon équipage avant le départ. En plus du plongeur délégué par l’IRA qui arrivera au dernier moment j’enrôle mon fils Laurent ainsi que deux hommes, l’un que l’on me recommande sur un quai de Rotterdam, un mécanicien portugais, Fernando, et un cuisinier français, Gilbert, recommandé par Le Baron, une « figure » de la Costa del Sol.

Carte_de_la_Manche

MELORLe cargo « Melor » à Rotterdam

Le mois de mai tire à sa fin lorsque le Melor quitte le port de Rotterdam  pour cingler vers  les Amériques. Assis sur une bite d’amarrage, Ralf De Groot nous salue longuement. Il a bien  travaillé et le vieux moteur ronronne comme une chatte repue. Je m’engage avec prudence sur le rail qui mène vers le sud, vers les côtes françaises; le pilote automatique rempli parfaitement sa tache. Le cap affiché est maintenu sans effort, c’est  vraiment un membre d’équipage à part entière et tellement docile !.

Tout va bien jusqu’à Ouessant et je m’apprête à piquer au sud sud-ouest lorsqu’un bruit sec retentit dans le local des machines. Je crains le pire lorsque je vois Fernando se précipiter dans le réduit. Je mets aussitôt la propulsion au ralenti, et je perçois d’étranges cliquetis qui ne laissent rien présager de bon. La voix de Fernando montant des entrailles du bateau vient confirmer mes craintes :

-Arrête tout il faut que je démonte.

Jusque là conquérant et fier de sa jeunesse retrouvée, le Mélor n’est plus à nouveau qu’une vieille carcasse penaude ballottée par des vagues heureusement nonchalantes.

Je rejoins mon mécanicien au moment où il vient de déterminer la panne :

-C’est l’inverseur qui est cassé. Il faut aller faire réparer dans un port. On peut essayer de naviguer à très petite vitesse en faisant attention, mais ça peut lâcher à tout moment.

J’avertis immédiatement John Short par télex, via Estepona, de cet incident mécanique et une heure plus tard nous dialoguons  par claviers interposés:

SONY DSCNEWHAVEN

-J’ai trouvé un chantier sûr à Newhaven qui peut prendre le bateau en charge, mais est-ce que tu pourras monter jusque là ?

-Fernando me dit que l’on peut essayer, mais je vais quand même alerter les autorités maritimes françaises par Radio Conquet, pour leur signaler que je suis en difficulté.

-O.K.

L’Abeille Flandres

J’ai entamé ma lente et pénible remontée vers le Nord depuis trois bonnes heures lorsque je vois arriver au loin le remorqueur l’Abeille Flandres qui se propose de me remorquer. Je refuse. Je ne vais pas payer tant que je suis à peu près autonome. Le capitaine du  navire n’insiste pas mais il m’escorte pendant des heures ce qui est parfaitement détestable. Loin d’être rassurante, la présence de ce bâtiment est oppressante. J’ai l’impression abeilled’être surveillé par un vautour qui attend ma mort en comptant mes os. Découragé par ma résistance, l’Abeille Flandres finit par retourner vers la France après un dernier salut malgré tout sympathique, nous souhaitant bonne chance et bonne route.

J’avoue que sur le Mélor nous ne sommes pas fiers. Pendant que je reste dans la timonerie, Laurent, Gilbert et Fernando, à genoux à fond de cale, semblent prier devant le moteur. Je sais que  chaque mile gagné nous rapproche de l’Angleterre mais Dieu que le chemin est long et lorsque  enfin, à l’aube, j’aperçois le faisceau d’un phare j’ai le sentiment de découvrir l’Amérique. Nous jetons l’ancre en face du port de Newhaven et après avoir fait appel à un remorqueur local, nous rentrons dans ce port de l’East Sussex du sud de l’Angleterre.

Malheureusement, quelques heures plus tard, c’est avec ménagement que je dois annoncer à Short que le bateau va être immobilisé cinq semaines et que les réparations coûteront assez cher. Il n’est pas content, mais nous n’avons pas le choix. Durant toute cette période, John Hector du Custom excise et Marc Lerestre, l’attaché des douanes françaises joueront les espions, en totale sécurité, pour contrôler les allées et venues autour du navire Melor…

Après cette longue pause durant laquelle j’aurais la visite d’un Cubano-espagnol répondant au nom de Carlos Hernandez-Reumbeaut qui viendra inspecter le Melor, une fois la réparation effectuée, nous reprenons enfin la mer début juillet et cette fois nous arrivons sans encombre à Santa Cruz de Tenerife où j’ai prévu une escale technique.

santa-cruz-de-tenerifeJo Le Squere m’y rejoint. Il m’apporte des batteries neuves pour ma balise Argos. Je le rencontre en catimini dans un café du port, après avoir expédié mon plongeur irlandais en ville avec Gilbert pour effectuer quelques achats de nourriture. J’ai juste le temps de changer mes piles pendant son absence.

Deux jours de repos et nous reprenons la mer. Cette fois je sens que la tension monte à bord. Le voyage est long et l’on s’ennuie un peu, ce qui laisse le temps de gamberger sur la suite de l’opération avec tous les risques qu’elle comporte. Pour passer le temps et varier les menus, nous avons installé des lignes à la traîne à l’arrière du bateau, ce qui ne constitue tout de même qu’un mince dérivatif. En fait, je crois que nous avons tous hâte de passer à l’action. L’inactivité devient pesante. Après onze jours de navigation, je suis vraiment heureux d’annoncer à mon équipe que nous arrivons à hauteur du Surinam. Nous jetons l’ancre et le soir le cuisinier nous gratifie d’un dîner de gala, sortant deux excellentes bouteilles de Bordeaux de ses réserves cachées.

Le lendemain, j’appelle par radio un mystérieux correspondant dont Short m’a donné les coordonnées avant le départ. L’homme prend la position exacte du bateau et me fixe un  autre rendez-vous radio.

À midi pile, il me rappelle et m’ordonne sans autres commentaires :

-Placez-vous par 11° nord et 55° ouest, maintenez cette position et attendez. On vous contactera quand les avions arriveront. C’est nous qui appelons.

amazonieLes deux appareils doivent décoller de l’une de ces multiples pistes clandestines tracées dans la forêt colombienne, uniquement destinées au trafic de la drogue, puis piquer le plus vite possible vers la côte Est en survolant l’Amazonie brésilienne, la Guyane, puis le Surinam pour éviter au maximum les radars installés par les Américains sur le territoire colombien. Les pilotes sont parfaitement rompus à ces exercices tout à fait routiniers et l’attente ne devrait pas être longue.

Il ne me faut que quelques heures pour me  positionner au point précis indiqué par mon correspondant. Je jette une ancre  flottante en scrutant machinalement le ciel, ce qui est parfaitement inutile tant qu’aucun message radio ne sera parvenu. En revanche, je demande à Laurent et au plongeur d’aller vérifier une dernière fois le système de mise à l’eau du Zodiac et le matériel de plongée. A nouveau, nous sommes contraints à une exaspérante attente.

Les heures passent et le Kenwood reste muet. Pour la troisième fois je vérifie qu’il fonctionne. Tout est en ordre et je remonte sur le pont. Le ciel est bas sur l’horizon et même notre cuisinier a le nez en l’air. Je le renvoie dans sa cambuse pour préparer le dîner. Il me paraît impossible que des avions puissent larguer de nuit, il y aurait trop de risques de perdre les colis. Nous pouvons nous détendre, la livraison sera pour demain.

Pas besoin de réveil, dès le lever du soleil nous nous retrouvons tous accoudés au bastingage à ne savoir que faire.  Nous n’avons même pas un jeu de cartes. Laurent perd patience le premier :

-Essaye de les appeler…

-C’est inutile, le dernier message était clair : ce sont eux qui nous préviennent. S’ils ne le font  pas c’est qu’il y a un problème et il est peut-être plus prudent, précisément, de ne pas appeler.

En revanche j’envoie un télex à Estepona. La réponse traîne un peu, et lorsqu’elle arrive nous ne sommes pas plus avancés: il faut attendre. Pas l’ombre d’une explication.

Je l’apprendrai plus tard, à des centaines de kilomètres de là, la roulette avant du train d’atterrissage d’un des petits avions  s’est cassée net en touchant le sol si bien que l’appareil est parti sur le nez en dérapage avant de terminer sa course en bout de piste sur un haut plateau de la jungle colombienne, la queue en l’air. Il ne peut absolument pas reprendre l’air et les quelques trafiquants présents sur ce terrain de fortune n’arrivent pas à le dégager. Le second avion prévu aurait pu livrer, mais les responsables de l’IRA exigent la totalité de la cargaison et préfèrent attendre que l’on trouve un appareil de remplacement.

Personne ne juge utile de nous tenir au courant de ces contretemps et sur le Mélor nous continuons à attendre dans la plus parfaite ignorance. Au bout de neuf jours, je n’y tiens plus. Je ne supporte plus de tourner en rond entre mon Kenwood, mon télex et la cabine où nous prenons nos repas machinalement pour passer le temps. Notre cuisinier m’a d’ailleurs mis en garde : avec ce « stand by » imprévu, il va falloir faire escale pour se réapprovisionner sur le chemin du retour, ce qui ne me plaît pas du tout : je n’ai pas envie de m’arrêter dans un port avec une tonne de cocaïne à bord. Cette fois, ma décision est prise et j’envoie un télex au Saint Georges.

carte-St-Vincent-et-Iles-Grenadines-Dis à John Short que je rentre. Je fais escale à Saint-Vincent pour faire le plein de nourriture. Si l’opération est maintenue, nous ne serons pas trop loin du Surinam et nous pourrons revenir. Mais nous ne pouvons plus rester sur zone.

Christian que je réussis à joindre de Saint Vincent me dit:

-Il faut que tu partes à Londres. Les Anglais veulent te rencontrer. Vois avec Marc Lerestre, c’est lui qui organise la réunion à l’ambassade de France.

Arrivé à Kingstown, le port de Saint-Vincent, la situation n’a pas évolué et j’envoie un nouveau télex au Saint Georges à Estepona:

-Je laisse le bateau ici. Je serai dans deux jours en Angleterre.

Je suis content de retrouver Marc dans l’immeuble du King’s Gate House, mais beaucoup moins le successeur d’Atkinson et John Hector. Comme je le craignais, l’atmosphère s’envenime rapidement.

J’expose d’abord la situation en précisant que le lieu exact du prochain chargement n’est pas encore défini, mais qu’en revanche il y a de fortes chances que la livraison s’opère à nouveau au large de l’Irlande.

À cet instant, les Anglais me laissent poursuivre tout en se concertant à voix basse. J’observe leur manège en terminant rapidement ma présentation.

Le chef de la délégation britannique prend alors la parole :

-Monsieur Fiévet, nous envisageons une intervention en mer d’Irlande lorsque le bateau de l’IRA  viendra récupérer la drogue que vous aurez larguée. Mais il est évident que si l’un de nos bâtiments croise dans le secteur les Irlandais le repèreront et abandonneront la marchandise. C’est donc un sous-marin que nous enverrons sur place et vous devrez  nous communiquer l’endroit exact du largage pour qu’il se positionne avant intervention.

Je pense instantanément aux risques qu’une telle information me ferait courir :

-C’est impossible. Je serai le seul à connaître l’endroit où je jetterai les colis et, de surcroît, il ne me sera communiqué que peu de temps avant l’opération. Vous imaginez bien que si un sous-marin surgit les gens de l’IRA identifieront immédiatement la personne qui les a trahis.

-Ce n’est pas certain, il peut y avoir des agents infiltrés dans leurs rangs.

-Vous les prenez pour des imbéciles, ou est-ce moi que vous prenez pour un idiot ?

-Monsieur Fiévet, c’est nous qui décidons ! D’autre part, pour être payé il faudra venir témoigner devant un tribunal.

C’en est trop, j’explose :

-Vous êtes des salauds, je vous ordonne de quitter cette ambassade.

Marc Lerestre ne bronche pas mais il se lève et conclut avec beaucoup plus de diplomatie :

-Je pense effectivement qu’il vaudrait mieux reprendre nos travaux lorsque le nouveau projet sera plus élaboré.

Je le coupe :

-Marc arrête, il n’y a plus de projets ni d’opération possibles avec ces gens-là !

Debout, les poings posés sur la table, je suis blanc de rage. Marc, embarrassé,  reconduit la délégation anglaise jusqu’à la porte. En revenant il me livre ce seul commentaire :

-Tu ne t’es pas fait des amis… Méfie-toi!

———-

Extrait de l’Archipel des Soumis écrit lors de mes 3 888 jours de détention dans 23 différentes prison en Espagne, Angleterre, Canada et France.

Jean Henri Hoguet et Marc Fiévet lors d’une conférence, à Saintes en 2015, traitant des actions d’infiltration de la DNRED.

0000000000000000000000000000000000000000000

DNRED: quand la Douane française transportait le cannabis qu’elle avait acheté au Maroc

PEREJILDe l’Ile Persil à Port la Nouvelle

En arrivant rue du Louvre, je comprends immédiatement que je ne suis pas convié à une réunion de routine. Christian Gatard, le chef d’échelon de la DNRED Nantes, discute dans le hall de l’immeuble des Douanes avec deux hommes que je ne connais pas. En revanche, je constate que son adjoint Jo Le Squere est  arrivé de Nantes, lui aussi, ce matin. Dans l’ascenseur, Gatard me présente Michel Ribatet,  patron de la DNRED de Lyon, et l’un de ses adjoints, Jean-Pierre Cazet.

Sans un mot, nous sortons pour rejoindre la première terrasse de café où nous nous installons autour d’une table ronde. Christian Gatard rompt le silence et s’adresse directement à moi. Je comprends instantanément que je vais  être  au cœur des débats :

-Marc, nous avons trouvé une solution pour financer en une seule fois tes travaux du Saint-Georges (Le Saint Georges est le restaurant sis à Estepona dont les douanes sont copropriétaires). Michel Ribatet va t’expliquer.

Le douanier lyonnais  se redresse, réfléchit quelques secondes puis se lance:

-Nous savons que des producteurs disposent actuellement d’une tonne de cannabis au Maroc qu’ils n’arrivent pas à écouler, faute d’acheteurs. Ces acheteurs, nous les avons trouvés grâce à un agent infiltré. Ce sont deux Anglais qui vivent à Amsterdam. Des grosses pointures. Ce marché les intéresse. Nous allons donc leur livrer nous- mêmes la drogue, à Lyon, et les arrêter, bien sûr, dès qu’ils en auront pris possession.

Est-ce que tu peux te charger de l’enlèvement de la marchandise au Maroc ? Je m’engage à te verser un million de francs pour cette opération.

Ça me semble tellement invraisemblable que je ne suis pas certain d’avoir bien compris:

-Tu veux bien dire que les douaniers montent toute l’opération jusqu’à la livraison ?

Absolument.

-De bout en bout ?

Oui.

-Mon équipage ?

A toi de jouer!

Jean-Pierre-CAZELe douanier lyonnais Jean-Pierre Cazet  m’appellera pour me donner le signe du départ et me préciser l’endroit exact où je dois enlever le cannabis. Ensuite je dois remonter vers la France et décharger à Port-la-Nouvelle, près de Narbonne, dans l’Aude. Jean-Pierre Cazet m’y attendra.

Le chargement de la drogue et le voyage s’effectuent sans aucun problème, j’arrive même à Port-la-Nouvelle, avec une journée d’avance sur le planning  établi, ce qui n’est pas franchement une bonne idée car personne ne m’attend. Je téléphone immédiatement à  Michel Ribatet, le chef d’échelon de Lyon pour lui signaler mon arrivée et le prier d’envoyer ses douaniers pour décharger…

C’est impossible, ils sont encore à Lyon. Ils seront là-bas demain.

La perspective de passer vingt-quatre heures sur le Windarra, rebaptisé prudemment Tancrède pour les besoins de l’opération, avec plus d’une tonne de cannabis à bord me contrarie, mais je n’ai pas le choix. Je fais alors le tour du pont pour m’assurer que tout est en ordre. A priori, rien ne peut laisser supposer que ce yacht est parfaitement hors-la-loi. Un peu rassuré, je me détends, et je m’adosse à la barre pour observer l’activité de ce petit port partagé entre pêche et commerce.

Et là, devant moi, brusquement, je ne vois plus qu’elle, tout en bleu délavé. Elle m’écrase, elle me nargue. Comment ne l’avais-je pas remarquée plus tôt : je suis amarré très exactement face à la gendarmerie.

Le lendemain matin, je n’en crois pas mes yeux : sept douaniers descendent de deux véhicules, une voiture et un petit camion, empilent des grands sacs de jute sur le pont du Windarra puis, sans prendre la moindre précaution, ils y enfournent les quarante-trois ballots de cannabis qu’ils déposent dans leur camion en jurant et pestant comme de vieux dockers contre le poids excessif  des colis.

La scène est complètement surréaliste : là, en plein jour, dans un petit port français, au vu de tous, sept douaniers déchargent et rechargent une tonne de cannabis devant une gendarmerie.

Leur travail effectué, les douaniers me saluent et repartent vers Lyon. Ils y arrivent en fin d’après-midi et entreposent la drogue dans un hangar à la  périphérie de la ville.

Un Marocain les rejoint peu après. C’est le représentant des producteurs. Il vient constater que tout est en ordre et est certainement à mille lieux de se douter qu’Eric, le chauffeur qui l’a pris en charge à sa descente d’avion à Barcelone, est Jean Pierre Cazé, un douanier français. L’homme compte les ballots, s’assure de leur contenu puis se fait conduire jusqu’à une cabine téléphonique pour appeler une chambre de l’hôtel George V à Paris.

Quatre hommes y sont réunis, deux Anglais, les acheteurs, et deux douaniers qui se font passer pour les complices des « livreurs ». Tous quatre attendent ce coup de téléphone pour régler leurs affaires et se séparer. L’arrivée de la marchandise étant confirmée et certifiée conforme sur l’honneur par le représentant des producteurs, les Britanniques remettent dans un premier temps huit cent cinquante mille francs aux « narco-douaniers » dans la chambre du George V en règlement du convoyage. Puis ils s’éclipsent  pour rejoindre Lyon afin de prendre livraison de la cargaison et verser un solde de trois  millions de francs aux organisateurs et intermédiaires de l’opération : toujours les douaniers lyonnais…

Les deux Anglais arrivent le lendemain à bord d’une puissante Mercedes de location devant le hangar où est entreposée la drogue. Jean-Pierre Cazet les reçoit. Deux autres douaniers l’accompagnent. Il les présente brièvement comme des agents de sécurité chargés de veiller sur le cannabis jusqu’à son enlèvement.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Deux jours après les douanes sont à l’honneur dans tous les journaux. Les titres sont élogieux : « Saisie record de cannabis »;  « Les douaniers roulent sur l’herbe »; « Coup de filet anti-drogue »…

Lors d’une conférence de presse, les responsables locaux des douanes  racontent comment, par un coup de chance inouïe, et grâce à leur flair, leurs fonctionnaires sont tombés, lors d’un contrôle de routine, sur un véhicule anglais transportant plus d’une tonne de cannabis.

Les journalistes se régalent, ils relatent avec force détails ce coup de maître des enquêteurs lyonnais. Les vieux renards du fait divers mettent toutefois un bémol. Ils saluent  le succès des douanes mais ne croient pas une seule seconde au coup de chance. Comme d’habitude les enquêteurs ont dû travailler sur renseignements. C’est classique, mais ils ne vont quand même pas donner leurs sources.

Je suis désormais bien loin de toute cette agitation. Bercé par une douce Méditerranée, le patron des services aéronaval des douanes de Nantes ramène avec son amie mon yacht vers  Sottogrande.

Encore deux jours de navigation et il sera  à quai. Au final il s’arrêtera au port de La Duquesa.

———————————

TANCREDEMotor yacht Windarra

Le Motor yacht « Windarra » avait repris son ancien nom de « Tancrède » pour réaliser l’opération de transport de 1285 kilos de cannabis entre l’Ile Persil dans le détroit de Gibraltar et Port la Nouvelle où une équipe de douaniers de l’échelon DNRED de Lyon l’attendait pour transporter la drogue jusqu’à l’entrepôt lyonnais loué par le douanier Jean Piere Cazé.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Un lamentable épisode de la guerre des polices qui pose la question des moyens juridiques de la lutte anti-drogue

dnredAprès 84 jours de prison, M. Ribatet, chef de l’antenne lyonnaise de la DNRED est libre.

Il n’a pas donné ses informateurs
Jeudi, 6 Juin, 1991

MICHEL RIBATET, le dernier des douaniers incarcérés à Dijon depuis le 13 mars, est enfin sorti de prison mardi vers 19 heures. Patron de l’antenne de Lyon de la Direction nationale des enquêtes et recherches douanières (DNRED), il avait été incarcéré en même temps que son surbordonné, Pierre Tardy, et qu’un inspecteur de Dijon, Jacques Dorey. Tous trois avaient été inculpés de «détention, transport, acquisition et cession de stupéfiants».

Ils avaient rejoint en prison Jean-Pierre Caze, inspecteur divisionnaire à Lyon, qui avait infiltré un réseau de trafiquants de cannabis en provenance du Maroc et avait été écroué le 6 mars pour les mêmes raisons.

Il s’agit d’une bien lamentable affaire qui pose d’abord la question des moyens juridiques reconnus à la douane, responsable de la quasi-totalité des 22 tonnes de drogue saisies l’an dernier par l’ensemble des services français.

Dans l’affaire de Dijon la PJ a mis à profit les trois jours de garde à vue dont elle dispose après les 24 heures de rétention douanière, non pas pour poursuivre le travail des douaniers, mais pour retourner contre eux les trafiquants qu’ils avaient arrêtés.

Au centre de l’affaire, la saisie par les douaniers lyonnais de 535 kg de résine de cannabis, le 6 décembre 1990, au péage de Pouilly-en-Auxois (Côte-d’Or) sur l’autoroute A6. Cette saisie intervenait après celle d’une tonne de drogue à Lyon le 6 juin 1990 ( marchandise transportée par Marc Fievet-NS55 DNRED jusqu’au port de Port La Nouvelle sur le Motor Yacht TANCREDE) , et en précédait une autre de 520 kilos, le 20 décembre, sur le parking d’Isardrôme près de Vienne.

HOGUET

Jean Henri Hoguet en premier plan lors d’un exposé sur les techniques de lutte contre le narcotrafic avec Marc Fievet en arrière plan

Les douaniers et leur chef, M. Hoguet, patron de la DNRED ont expliqué au magistrat, en gros, ces méthodes et leur efficacité. Ils n’ont pas tout dit. C’est clair. Pour le juge demeure « un problème d’argent et de paiement des informateurs». Il veut savoir «d’où provient l’argent et ce qu’il est devenu» car il ne peut discerner «ni le début ni la fin de la chaîne» et reconnaît qu’il n’a pu «percer le mystère de l’organisation qui avait conduit à la saisie». Il se serait heurté, selon ses propres mots, à un «refus total de collaboration» de la part des inculpés. M. Ribatet et les siens ont protégé leur «construction», le réseau de leurs informateurs et agents – les douaniers les appellent des aviseurs – au sein de cet important réseau d’importation de cannabis marocain en Europe. En se taisant ils ont protégé le travail en cours et, aussi et surtout, la vie de ces hommes. Le nom d’un de ces aviseurs n’a-t-il pas été publié dans certains journaux? C’est son silence qui a valu à M. Ribatet 84 jours de prison.

Côté Douane on se félicite de cette libération et on met sur le compte de la mauvaise humeur du magistrat l’interdiction jusqu’à nouvel ordre d’exercer signifiée aux douaniers libérés. Mais on relève surtout que l’intégrité de ces fonctionnaires n’est pas contestée par le juge qui n’a pu établir leur enrichissement personnel. Ils demeurent ce qu’ils ont toujours été, au dessus de tout soupçon de ce point de vue essentiel: ce ne sont pas des ripoux.

charasse_michel81015e

Michel Charasse

Depuis le 28 mai, jour où le magistrat fit perquisitionner à la DNRED de Lyon, ce dernier avait refusé ses plateaux repas, n’avalant que de l’eau, du lait et des jus de fruit. Les douaniers ont été constamment soutenus par leur hiérarchie, l’ensemble des syndicats, et par leur ministre de tutelle, Michel Charasse. Plusieurs manifestations de soutien s’étaient tenues dans toute la France, notamment devant le palais de justice de Dijon. Une autre était prévue hier.

Les syndicats de douaniers, satisfaits de la libération de M. Ribatet, ont annulé leur journée d’action et de grève annoncée pour le 11 juin. Pour la CGC, dont le douanier lyonnais est adhérent, «cette décision n’est que justice». Satisfaction également à la CGT qui souligne: «Le problème reste entier quant aux missions de la douane, ses moyens pour les remplir et leur cadre juridique». Cette question a été publiquement posée par André Lajoinie, au nom du groupe communiste à l’Assemblée, dans une lettre au ministre de la Justice Henri Nallet.

De source bien informée, un protocole intégrant au droit et procédures français les moyens reconnus par la Convention de Vienne pour lutter contre le trafic aurait été élaboré par les ministères de la Justice, de l’Intérieur et des Finances (Douane). Mais en ce qui concerne l’attribution de la qualification d’officier de police judiciaire aux douaniers, ce qui leur permettrait de conduire jusqu’à la clôture de l’instruction judiciaire les affaires qu’ils réalisent, le blocage du ministère de l’Intérieur demeure total.

Jean-Michel Cordier

Port la Nouvelle: http://www.sea-seek.com/images/b/bc/Port_La_Nouvelle.jpg

VOIR ou revoir: https://ns55dnred.wordpress.com/a-propos/Le héros de "Gibraltar" attaque l'Etat

LIRE: https://ns55dnred.wordpress.com/2014/06/29/quand-on-constate-la-lachete-des-directeurs-generaux-de-la-douane-francaise-les-denommes-pierre-mathieu-duhamel-et-francois-auvigne/

Reportage : C.Le Goff/F.Le Moal/O.Lecointe/S.Malin

via : api.dmcloud.net

000000000000000000000000000000000000000000000000

FRANCE (14 Juillet): jour historique et soirée de honte pour la douane

La directrice générale de la Douane française Hélène Crocquevieille défilera-t-elle à la tête de ses douaniers?
DOUANE14

Le 14 juillet 2016 sera un jour historique pour la douane, car cela fait presque 100 ans qu’elle n’avait pas défilé sur les Champs-Élysées.

La dernière participation date du défilé de la victoire, le 14 juillet 1919, les bataillons douaniers s’étant particulièrement illustrés en temps de guerre pour la protection du territoire national.

Ce 14 juillet sera effectivement aussi un jour historique de honte pour la DGDDI, fort taiseuse, voire menteuse, dans le dossier de Marc Fievet, AKA NS 55 DNRED.

La projection du film « GIBRALTAR » sur la chaîne M6  21 H 00 devrait rafraichir la mémoire sélective de tous ces ministres du budget et DG successifs qui n’ont jamais eu le courage d’assumer les actions terrains de la DNRED.

auvigneFrançois Auvigne

Soirée de honte

Soirée de honte donc pour la douane française et en particulier pour l’ex DG, l’énarque inspecteur des finances François Auvigne, qui n’a pas su assuré la continuité du service de l’Etat. Jour de honte pour les successeurs de François Auvigne qui, tous trop occupés, au bon déroulement de leur carrière en quête de privilèges et autres prébendes, n’ont pas trouvé le temps de gérer le dossier NS 55 DNRED.

Voir ou revoir le reportage consacré à Marc Fievet

Au service des douanes, il s’est infiltré parmi les trafiquants de drogue, avant d’être « lâché » par ses employeurs. Une équipe de « Pièces à conviction » l’a rencontré en 2005, à sa sortie de prison.

Retrouver toutes les infos sur la vidéo sur : http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/affaire/v

ou sur: « GIBRALTAR », le jeudi 14 juillet 2016 à 21h sur M6

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Le dossier de Marc Fievet est toujours classé « Secret Défense »

SECRET DEFENSE

AVIS
Avis n° 2005-03 du 27 janvier 2005
NOR: CSDX0508078V

Vu la loi n° 98-567 du 8 juillet 1998, et en particulier ses articles 4 (2e alinéa), 7 et 8 ; Vu la lettre de saisine du ministre de l’économie, des finances et de l’industrie en date du 16 décembre 2004 et la demande présentée le 17 novembre 2004 par Mme Sophie Clement, vice-présidente chargée de l’instruction au tribunal de grande instance de Paris, dans le cadre de l’instruction ouverte à son cabinet sur plainte de M. Marc Fievet concernant ses relations avec les douanes françaises ;

La Commission consultative du secret de la défense nationale, régulièrement convoquée et constituée, ayant examiné l’ensemble des documents classifiés qu’elle a recueillis au terme des investigations conduites par son président en vertu des pouvoirs que lui confèrent les articles 5 et 6 de la loi susvisée,
Emet un avis défavorable à la déclassification des pièces contenues dans le dossier établi au nom de M. Fievet, en sa qualité d’aviseur de la direction générale des douanes et droits indirects.

Fait à Paris, le 27 janvier 2005.
Pour la Commission consultative du secret de la défense nationale :
Le président,
P. Lelong

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=6686A6840C8BCEDB3986A4EB25B2F9E9.tpdila13v_1?cidTexte=JORFTEXT000000629551&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000000002264

0000000000000000000000000000000000000

FRANCE (OCRTIS – DNRED): règlement de comptes au boulevard Exelmans

A la Une : le patron des Stups au cœur du trafic du drogue !
lundi 23 mai 2016
AFP
Un scoop retentissant dans Libération ce matin : le journal révèle et détaille par le menu « le rôle central de François Thierry, ancien numéro 1 de la lutte antidrogue, dans l’importation en France de plusieurs dizaines de tonnes de cannabis en lien avec un des plus gros trafiquants européens. Un système d’une ampleur inédite qui s’apparente, dénonce Libération, à un trafic d’Etat. »

Explications : tout commence avec la saisie par les douanes en octobre dernier, dans les beaux quartiers de Paris d’un peu plus de 7 tonnes de cannabis entreposées dans trois camionnettes. Une saisie record pour la capitale. Et l’enquête va réserver quelques surprises… Libération raconte : « Une facture retrouvée dans une des camionnettes et des traces ADN permettent rapidement de remonter jusqu’à un certain Sofiane H., bien connu des services de police. L’homme habite justement boulevard Exelmans, près du lieu où le cannabis a été retrouvé, dans un penthouse de 300 m2 avec piscine intérieure, dont le loyer de 9.000 euros est réglé chaque mois en cash. Mais il a surtout la particularité d’être un indic de l’Ocrtis, l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants, dûment immatriculé au Bureau central des sources. Un informateur au pouvoir exorbitant, directement traité par le patron de l’Office, et capable d’importer chaque mois plusieurs tonnes de shit en ‘livraison surveillée’. Cette technique d’enquête, très prisée des services de stups, permet de laisser passer de la drogue sous le contrôle d’un magistrat, afin de démanteler des réseaux de revendeurs à l’arrivée. Une technique légale. Sauf qu’en l’espèce, pointe Libération, Sofiane H. semblait bénéficier d’une protection en haut lieu, ce qui lui permettait de poursuivre ses activités sans jamais être inquiété. »

Des policiers déchargeant de la drogue…

Alors, s’interroge Libération, « jusqu’où l’Office central des stups était-il impliqué dans ce gigantesque scandale ? Et dans quelle mesure les magistrats ont-ils validé certaines procédures ? Un témoignage édifiant permet d’éclairer ce système de l’intérieur. »

Libération poursuit son récit : « ancien indic de François Thierry, bien connu des autorités françaises, Stéphane V. a livré de nombreux éléments à l’Inspection générale de la police nationale, chargée de l’enquête sur les méthodes des Stups. Il affirme notamment avoir été mandaté par François Thierry pour garder une villa, dans le sud de l’Espagne, entre mars et avril 2012. Pendant près de trois semaines, a-t-il expliqué, cinq hommes présentés comme des policiers français se relayaient pour charger et décharger sur la plage des dizaines de paquets remplis de drogue, récupérées sur des Zodiac venus du Maroc. Au total, 19 tonnes auraient transité par la villa au cours de ce seul séjour. Une mission payée à Stéphane V. en cash par François Thierry. Il sera à nouveau sollicité plusieurs fois par le grand patron des Stups pour des opérations identiques, jusqu’en décembre 2014. Selon ce témoin, jugé crédible par le parquet, le schéma était parfaitement rodé. La drogue était achetée en gros à Marbella. Une partie des équipes, préalablement identifiées par l’Ocrtis, était ensuite interceptée dans des ‘go-fast’ à la remontée. Les autres pouvaient alors inonder le marché sans être inquiétées. La came étant payée au départ, rien n’était perdu. Une stratégie basée sur un double objectif : faire grossir la taupe de François Thierry tout en éliminant les équipes concurrentes, grosses saisies et convocation de la presse à l’appui. »

Complicité ou incompétence ?

Cette affaire, digne des plus grands romans policiers, pose bien des questions… « La première est dérangeante, s’exclame Libération. Admettons que, pour mettre à terre les trafics internationaux, frayer avec l’illégalité soit nécessaire. A défaut d’être de la bonne justice, on parlera de ‘bonne police’. Mais quelles sont toutes les ramifications de cette filière ? Combien de petits trafiquants et de crimes se sont greffés à ces tonnes de cannabis ? Savoir que des policiers français ont directement mis la main à la pâte pour récupérer de la drogue venant d’Afrique – carrefour de trafics de toutes sortes, du crime organisé et du terrorisme combattu par… des soldats français – interroge, pour le moins. Quand on connaît la porosité entre la délinquance et le terrorisme en Europe, des Buttes-Chaumont à Molenbeek, on se dit qu’il y a matière là aussi à demander des comptes. »

Autre question posée par Libé, question posée à l’Etat : « comment un tel trafic de stupéfiants a-t-il pu se monter au nez et à la barbe de la hiérarchie, des magistrats, des parquetiers, des politiques et des premiers flics de France, de Guéant à Cazeneuve ? Par complicité, complaisance ou incompétence ? »
Deux précisions pour clore provisoirement ce chapitre explosif : contacté dimanche matin par Libération, le ministère de l’Intérieur n’a pas souhaité réagir avant la publication de l’enquête.
Et le commissaire François Thierry, discrètement débarqué des Stups en mars dernier, est actuellement N°2 de la Sous-direction antiterroriste de la PJ. Peut-être plus pour longtemps. Lui non plus, n’a pas souhaité répondre aux questions de Libération.

ÉCOUTEZ: http://www.rfi.fr/emission/20160523-une-france-patron-stups-coeur-trafic-drogue-cannes-cinema

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Par lefigaro.fr

Un témoignage met en cause l’ancien patron de la lutte antidrogue

L'enquête ouverte après la saisie record de sept tonnes de cannabis dans trois véhicules à Paris en octobre 2015 aurait révélé certains éléments surprenants, impliquant notamment un informateur, selon Libération.

Un individu se présentant comme un «infiltré» avec comme agent traitant l’ex-responsable des Stups, accuse ce dernier, dans Libération, d’avoir facilité l’importation en France de plusieurs dizaines de tonnes de cannabis avec des informateurs.

Un «trafic d’État», écrit Libération. Un témoignage publié ce mardi par le journal met en cause l’ex-patron de la lutte antidrogue. Stéphane V. se présente à Libération comme un «infiltré» ayant effectué «plusieurs missions pour l’État» avec pour agent traitant François Thierry, ex-patron de l’Ocrtis (Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants). Ce témoin, qui dit être inscrit comme informateur au Bureau central des sources en 2007, a été entendu par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) et une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris à la suite de ce témoignage, selon Libération.

L’homme âgé de 52 ans, qui affirme avoir travaillé également pour l’agence antidrogue américaine (DEA), dénonce «les méthodes de l’Office des stups depuis des années» en France. Il raconte qu’entre mars et avril 2012, «François Thierry (lui) a demandé d’aller garder une villa à Estepona» en Espagne. Là, «pendant vingt jours, cinq hommes se sont relayés pour charger et décharger des paquets de drogue sur la plage. François Thierry me les a présentés comme des policiers français. J’en avais déjà vu certains à l’Ocrtis», affirme Stéphane V. «Le cannabis arrivait du Maroc dans des Zodiac» et «en tout, 19 tonnes ont transité par la villa au cours de ce seuls séjour. La drogue remontait vers la France par “go-fast”», c’est-à-dire via des convois de voiture. «Seule une partie des voitures étaient interceptées», ajoute le témoin.

Une saisie record boulevard Exelmans éveille les soupçons

D’après l’enquête de Libération, François Thierry, qui a récemment quitté ses fonctions à la tête de l’Ocrtis, aurait ainsi joué un «rôle central» dans l’importation de «plusieurs dizaines de tonnes de cannabis» au bénéfice d’un présumé trafiquant de drogue, interpellé le 22 février en Belgique. Cet homme de 40 ans, Sofiane H., était recherché dans l’enquête sur la prise record de sept tonnes de cannabis à Paris, boulevard Exelmans, en octobre 2015, derrière laquelle de nombreuses zones d’ombre demeurent. Le fait que ce suspect soit un informateur et que la marchandise soit issue d’un lot beaucoup plus important, partiellement saisi au cours des jours précédents, aurait éveillé certains soupçons.

Selon Libération, Sofiane H. aurait été recruté comme informateur par François Thierry. Lui aussi enregistré au bureau central des sources, il a réussi à «s’imposer comme le plus gros trafiquant de l’Hexagone grâce à la protection» de l’ex-patron de l’Office central des stups. Cet informateur «au pouvoir exorbitant» était, toujours selon le journal, en mesure d’importer tous les mois plusieurs tonnes de stupéfiants en «livraison surveillée», une technique qui permet de laisser entrer de la drogue de façon contrôlée, pour mieux remonter aux revendeurs. Ce qui lui aurait permis de mener ses activités sans être inquiété par les autorités.

D’après le quotidien, le témoin Stéphane V. est «jugé crédible par le parquet». Il met en cause un commissaire de police félicité pour ses nombreux succès dans la lutte antidrogue. En-dehors de cette mise en cause personnelle, rappelle le quotidien, son témoignage risque de fragiliser certaines procédures dans le cadre d’affaires liées notamment à Sofiane Hambli.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/05/23/01016-20160523ARTFIG00077-un-temoignage-met-en-cause-l-ancien-patron-de-la-lutte-antidrogue.php

000000000000000000000000000000000000000000000

FRANCE (lutte contre le narcotrafic): les « Tartuffes » dans la tourmente

Des policiers qui « bougent » des valises marocaines! Du grand classique des méthodes utilisées dans la lutte contre le narcotrafic!

C’était déjà le cas il y a 20 ans!

DNRED (provocation douanière): vers Caracas avec des « James Bond » des Douanes françaises

Aujourd’hui
pour marcoFRANCE (Stups): révélations sur un trafic d’Etat
OCRTIS 2016: bis repetita placent

NARCOTRAFIC (France): quand la cocaïne était rapatriée sous le regard bienveillant de l’OCRTIS et la DNRED

AIR COCAÏNE: la DNRED, l’OCRTIS, le TRACFIN avaient ils des informations sur cette affaire ?

FRANCE (OCRTIS): quant à la lutte contre le narcotrafic!

 

Il est grand temps de pratiquer un ménage complet dans nos institutions régaliennes si l’on veut réellement éviter de nouveau ce « Grand Bal des « Faux-culs  » auquel nous allons assister!

Car tous, j’écris bien tous, du BCS en passant par la DCPJ, la DNRED, l’ IGPN, l’ OCRTIS, le SIAT et ……… le Parquet vont rivaliser dans le port de « faux-nez ».

Marc Fievet – NS 55 DNRED

0000000000000000000000000000000000000000000000

NARCOTRAFIC (France): quand la cocaïne était rapatriée sous le regard bienveillant de l’OCRTIS et la DNRED

Avatar de Marc FievetAVISEUR INTERNATIONAL

les PIEDS NICKELÉS chez les narcotrafiquants

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

C’est un des derniers tabous dans les affaires de stups : la provocation policière, ou comment monter un dossier de toutes pièces pour réaliser une grosse saisie ou faire tomber un réseau. Cette pratique, formellement proscrite par le code de procédure pénale, est difficile à établir faute d’éléments probants. C’est pourtant pour cette raison que la cour d’appel de Paris vient d’annuler l’intégralité d’une procédure visant un vaste trafic de drogue entre la…

Voir l’article original 1 318 mots de plus

AIR COCAÏNE: la DNRED, l’OCRTIS, le TRACFIN avaient ils des informations sur cette affaire ?

Avatar de Marc FievetAVISEUR INTERNATIONAL

Depuis la fameuse saisie des camionnettes  lestées  de cannabis  qui permit à  François Hollande d’aller faire le beau avec son copain Michel Sapin au siège  de la DNRED pour encenser ce grand service dont le directeur, le DI Jean Paul Garcia, était  absent .
Comme sont absents aujourd’hui dans le dossier  » Air cocaïne  » nos services spécialisés en matière de stupéfiants.
Nos services spéciaux ne seraient ils  aujourd’hui  devenus que des « faire valoir » des politiques?

Que savent ils  réellement  sur le narcotrafic, sur le narco-terrorisme, sur l’ Aero-narcotrafic, sur l’évasion  fiscale …et surtout que font ils réellement pour lutter contre ces plaies societales actuelles ?

Posté avec WordPress pour Android

Voir l’article original

FRANCE (OCRTIS): quant à la lutte contre le narcotrafic!

Avatar de Marc FievetAVISEUR INTERNATIONAL

ecusson-OCRTIS« L’OCRTIS est devenu le premier narcotrafiquant de France! »

dixit un ancien magistrat instructeur

°°°°°°°°°°°°°°°

Magouille institutionnelle, dossiers montés et arrangés, les « suceurs de roues » n’ont guère évolué depuis l’époque de Mario Le Corff. (Marc Fievet -NS 55 DNRED)

LIRE: NARCOTRAFIC: quand Mario Le Corff de l’OCTRIS montait des opérations douteuses…Mais ça c’était hier!

°°°°°°°°°

https://narconews.fr/wp-content/uploads/2016/01/pour-marco.jpgpour marco

0000000000000000000000000000000

Voir l’article original

OCRTIS 2016: bis repetita placent

francois-thierry-ocrtisEt s’il s’agissait d’une histoire « à la Michel Neyret » ? François Thierry était à la tête du prestigieux Office centrale de répression du trafic de stupéfiants (Ocrtis), c’est-à-dire la prestigieuse brigade des stups. Il a depuis été muté à la sous-direction antiterroriste… et ce n’est pas une promotion.

Grand flic, il avait alors pour habitude de se montrer devant ses saisies record de drogues, en compagnie des ministres de l’Intérieur successifs – Claude Guéant, puis Manuel Valls et enfin Bernard Cazeneuve.francois-thierry-aimait-s-afficher-avec-les-ministres-de-l-interieur-succesifs

François Thierry aimait s’afficher avec les ministres de l’Intérieur succesifs lors de ses plus belles prises – ici avec Claude Guéant. Photo archives AFP

A-t-il protégé un des plus gros trafiquants d’Europe?

Mais ce haut gradé de la police judiciaire est aujourd’hui soupçonné de pratiques illicites : il aurait laissé entrer en France des dizaines de tonnes de résine de cannabis avec la complicité d’un des plus gros trafiquants européens, le Mulhousien Sofiane Hambli. La pratique est légale mais extrêmement encadrée… Or, cette fois, le trafiquant aurait pu poursuivre ses activités illicites sans jamais être inquiété, selon « Libération« .

C’est le 17 octobre dernier que le système, bien rodé, aurait déraillé : ce jour-là, les douanes tombent sur une fourgonnette garée en plein XVIe arrondissement de Paris.

Sophiane Hambli,Sophiane Hambli, un trafiquant de drogue originaire de Mulhouse, en cavale depuis six ans et condamné à 18 ans de prison par la justice française, a été arrêté à Marbella (Espagne). En août 2003, il s’était évadé de l’hôpital Bon-Secours de Metz.

7,1 tonnes de cannabis

À l’intérieur, 7,1 tonnes de cannabis. Mais ce n’est qu’une partie des 15 tonnes qui sont entrées en France par les mêmes canaux… en quelques semaines seulement. Mais, cette fois, les douanes ont été mystérieusement informées…

Le trafiquant défendu par la compagne de Thierry

A-t-on voulu faire tomber Sofiane Hambli ? Ou François Thierry, le grand flic qui lui permettrait de poursuivre ses trafics en toute impunité ? Hambli habite un luxueux appartement de 300 mètres carrés, boulevard Exelmans, là où a été retrouvée la fourgonnette pleine de drogue.

Qui a payé l’amende de 2 millions?

Arrêté en 2009 en Espagne, Hambli est alors recruté comme indic par François Thierry. Il est condamné à 13 ans de prison deux ans plus tard, en France. Mais il sort dès 2014… Autre fait étrange, son avocate – spécialisée dans le droit immobilier – est la compagne de François Thierry.

Et Hambli a tout de même dû régler 2 millions d’euros d’amende. Mais le mystère demeure quant à l’origine des fonds…

Enfin, Hambli n’est pas réputé être un détenu modèle : il s’était évadé, en 2003, lors d’un transfert prison-hôpital, à Metz, grâce à un complice à moto. Repris en Espagne l’année suivante, il avait déjà été condamné à trois ans ferme en 2005.

Des policiers qui déchargent de la drogue…

L’enquête pose aujourd’hui d’intrigantes questions : un autre ex-indic de François Thierry, Stéphane, jugé crédible par les enquêteurs de l’Inspection générale de la police nationale (les fameux « bœufs-carottes »), aurait dû surveiller une villa par laquelle auraient transité des tonnes de drogue, transportée par des policiers français. Le tout… à la demande de François Thierry.

Au total, 19 tonnes de drogue seraient passées par la villa d’Espagne, depuis le Maroc.

Aujourd’hui, les questions s’accumulent : si François Thierry a effectivement couvert – voire accompagné – de si gigantesques trafics, a-t-il pu agir seul ? Ou a-t-il lui-même bénéficié de pr: otections au plus haut niveau de l’État ? A-t-il simplement aidé Sofiane Hambli à se débarrasser de la « concurrence », tout en opérant de grosses saisies ?

http://www.lalsace.fr/actualite/2016/05/22/drogue-l-ex-chef-des-stups-implique-dans-un-vaste-trafic

LIRE: FRANCE (Grand Bal des « Faux-culs »): tous, du BCS en passant par la DCPJ, la DNRED, l’ IGPN, l’ OCRTIS, le SIAT et … le Parquet vont rivaliser dans le port de « faux-nez »

000000000000000000000000000000000000000000000000

FRANCE (Stups): révélations sur un trafic d’Etat

Par Emmanuel Fansten 22 mai 2016

paris-customs-find-71-tons-of-cannabis
 Photo WITT.SIPA

Saisie record à Paris, le 17 octobre : 7,1 tonnes de cannabis sont saisies dans trois camionnettes boulevard Exelmans (XVIe arrondissement). Le lendemain, François Hollande se rend sur place, accueilli par Hélène Crocquevieille, la directrice générale de la Douane française en l’absence remarquée de Jean Paul Garcia, le « Boss » de la DNRED.

C’est un scandale qui risque de provoquer une déflagration au sommet de la police judiciaire. L’ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), François Thierry, est soupçonné d’avoir laissé entrer en France plusieurs dizaines de tonnes de cannabis au cours des dernières années, avec la complicité d’un des plus gros trafiquants européens, recruté par ses soins. Visage de la lutte antidrogue française depuis 2010, le commissaire avait pris l’habitude de poser devant ses plus belles saisies, aux côtés des ministres de l’Intérieur successifs, Claude Guéant, puis Manuel Valls et Bernard Cazeneuve. Que savaient ces derniers des méthodes de François Thierry ? Ont-ils cautionné ce trafic d’Etat ? De nouveaux éléments et un témoignage accablant recueilli par Libération dévoilent l’ampleur de ce système, dont l’existence pourrait mettre en péril des dizaines de procédures judiciaires. Contacté dimanche matin, le ministère de l’Intérieur n’a pas souhaité réagir avant la publication de notre enquête.

Le déclic

DNRED11Le système a déraillé brutalement le 17 octobre à Paris. Ce soir-là, la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) met la main sur 7,1 tonnes de cannabis entreposées dans trois camionnettes garées boulevard Exelmans, dans le XVIe arrondissement. Une saisie record pour la capitale. Le lendemain, François Hollande se déplace en personne au siège des douanes pour saluer ce «coup fatal» porté aux trafiquants. Mais l’enquête ouverte le jour-même par le parquet de Paris, confiée à la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs), va réserver quelques surprises. Une facture retrouvée dans une des camionnettes et des traces ADN permettent rapidement de remonter jusqu’à un certain Sofiane Hambli , bien connu des services de police. L’homme habite justement boulevard Exelmans, dans un penthouse de 300 m2 avec piscine intérieure, dont le loyer de 9 000 euros est réglé chaque mois en cash. Mais il a surtout la particularité d’être un indic de l’Ocrtis, dûment immatriculé au Bureau central des sources. Un informateur au pouvoir exorbitant, directement traité par le patron de l’Office, et capable d’importer chaque mois plusieurs tonnes de shit en «livraison surveillée». Cette technique d’enquête, très prisée des services de stups, permet de laisser passer de la drogue sous le contrôle d’un magistrat, afin de démanteler des réseaux de revendeurs à l’arrivée. Une technique légale. Sauf qu’en l’espèce, Sofiane Hambli  semblait bénéficier d’une protection en haut lieu, ce qui lui permettait de poursuivre ses activités sans jamais être inquiété.

L’affaire d’Exelmans est jugée d’autant plus sérieuse par le parquet que la drogue saisie à Paris fait partie d’un lot beaucoup plus important. Trois jours plus tôt, les douanes avaient déjà intercepté 1,9 tonne de cannabis sur l’autoroute A11, en direction de Nantes. Puis quelques jours plus tard, 6,2 tonnes sont saisies dans une fourgonnette en Belgique. A chaque fois, la marchandise a la même origine. Pour le seul mois d’octobre, plus de 15 tonnes sont donc passées par le même canal sans aucun encombre. Avant que les douanes, avisées par un mystérieux informateur, ne fassent capoter l’opération. Quel rôle a joué Sofiane Hambli dans ce trafic ? Et surtout, quelle était la nature de sa relation avec François Thierry pour bénéficier d’une telle impunité ? Après quatre mois de cavale, le trafiquant est finalement interpellé le 22 février en Belgique. Un témoin tellement exposé que le parquet a jugé bon d’envoyer les gendarmes d’élite du GIGN pour aller le chercher en hélicoptère lors de son extradition. Une première en Belgique, quelques jours avant le rapatriement de Salah Abdeslam dans les mêmes conditions. Entendu depuis à deux reprises par les enquêteurs, Sofiane Hambli est resté très évasif, laissant simplement entendre qu’il avait toujours agi sous les ordres de l’Ocrtis.

Le recrutement

Sophiane Hambli,Sofiane Hambli

Le parcours de Sofiane Hambli est à la mesure du scandale qui couve depuis la saisie record du boulevard Exelmans. L’homme peut en effet se targuer d’être le plus gros importateur de cannabis en France, ni plus ni moins.

Dès la fin des années 90, à seulement 20 ans, il est déjà considéré comme un des barons du trafic international entre le Maroc, l’Espagne et la France. Recherché pour l’importation de plusieurs tonnes de shit, il est condamné en 2002 à cinq ans de prison, puis à dix-huit ans pour avoir continué à trafiquer depuis sa cellule. Sur une écoute téléphonique, on l’entend menacer un de ses acolytes de «lui trouer les genoux avec une perceuse» après le vol présumé d’une tonne et demie de marchandise. Quelques mois plus tard, il parvient à s’évader de la prison de Metz lors d’un transfert et s’installe dans le sud de l’Espagne. Une période faste au cours de laquelle Sofiane Hambli se refait rapidement un nom dans l’élite du trafic international.

Mais après avoir échappé à plusieurs coups de filet, le Français est finalement arrêté en mars 2009 à côté de Marbella, en Andalousie, dans le cadre de l’opération «Baleine blanche», la plus grosse enquête jamais menée en Espagne sur le blanchiment lié au trafic de drogue. L’opération, qui porte sur un montant de 250 millions d’euros, permet d’interpeller une cinquantaine de personnes et de saisir plus de 200 propriétés et véhicules de luxe. En garde à vue, Sofiane Hambli essaiera d’effacer ses empreintes digitales en se frottant les doigts aux barreaux de sa cellule. Selon plusieurs sources, c’est lors de sa détention en Espagne qu’il aurait été recruté par François Thierry. «Tamponné», comme on dit dans le milieu.

Extradé en France, Sofiane Hambli est condamné en avril 2011 à treize ans de prison. Mais il a désormais une bonne avocate. Anne Claire V. n’est autre que la compagne de François Thierry. A l’énoncé du verdict, elle dénonce une «peine sévère». Mais à peine trois ans plus tard, l’avocate spécialisée en droit immobilier dans un grand cabinet d’affaires parvient à faire libérer le trafiquant. Contre toute attente, Sofiane Hambli bénéficie d’une remise de peine exceptionnelle suivie d’une libération conditionnelle, accordée par un juge d’application des peines de Nancy. Une mesure rarissime, réservée à certains repentis. Selon nos informations, Sofiane Hambli a dû s’acquitter au passage d’une amende douanière de 2 millions d’euros.

Qui a réglé cette somme ? Avec quel argent ? Et comment a été payée l’avocate ? Contactée par Libération, Anne Claire V. n’a pas souhaité s’exprimer. Seule certitude : Sofiane Hambli va désormais s’imposer comme le plus gros trafiquant de l’Hexagone grâce à la protection de François Thierry. «Un homme à la tête du troisième réseau d’Europe en termes de volume de trafic», selon un enquêteur spécialisé.

Le trafic

Jusqu’où l’Office central des stups était-il impliqué dans ce gigantesque scandale ? Et dans quelle mesure les magistrats ont-ils validé certaines procédures ? Un témoignage édifiant permet d’éclairer ce système de l’intérieur. Ancien indic de François Thierry, bien connu des autorités françaises, Stéphane V. a livré de nombreux éléments à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), chargée de l’enquête sur les méthodes des Stups. Il affirme notamment avoir été mandaté par François Thierry pour garder une villa à Estepona, dans le sud de l’Espagne, entre mars et avril 2012. Pendant près de trois semaines, a-t-il expliqué aux «bœufs-carottes», cinq hommes présentés comme des policiers français se relayaient pour charger et décharger sur la plage des dizaines de paquets remplis de drogue, récupérées sur des Zodiac venus du Maroc.

esteponaAu total, 19 tonnes auraient transité par la villa au cours de ce seul séjour. Une mission payée à Stéphane V. en cash par François Thierry. Il sera à nouveau sollicité plusieurs fois par le grand patron des Stups pour des opérations identiques, jusqu’en décembre 2014.

Selon ce témoin, jugé crédible par le parquet, le schéma était parfaitement rodé. La drogue était achetée en gros à Marbella. Une partie des équipes, préalablement identifiées par l’Ocrtis, était ensuite interceptée dans des «go-fast» à la remontée. Les autres pouvaient alors inonder le marché sans être inquiétées. La came étant payée au départ, rien n’était perdu. Une stratégie basée sur un double objectif : faire grossir la taupe de François Thierry tout en éliminant les équipes concurrentes, grosses saisies et convocation de la presse à l’appui.

Les conséquences

Difficile d’imaginer qu’un commissaire loué pour sa prestance, son professionnalisme et sa connaissance des dossiers ait pu agir de la sorte sans l’aval de sa hiérarchie. Combien d’équipes sont tombées dans les pièges tendus par l’Ocrtis ? Combien de livraisons surveillées ont été autorisées ces dernières années sur la foi d’informations tronquées ? Combien de suspects sont désormais potentiellement libérables par des avocats pugnaces ?

Toutes les procédures judiciaires dans lesquelles le nom de Sofiane Hambli apparaît risquent en tout cas d’être fragilisées. Comme en juillet 2015, quand la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a annulé l’ensemble d’une procédure ayant abouti à la saisie de 132 kilos de cocaïne par l’Ocrtis, dans l’affaire dite de la «coopérative». «Une provocation policière», avait estimé les magistrats pour motiver leur décision, soulignant le rôle «déterminant» de l’Office dans la mise en place du trafic. A l’époque, cet arrêt avait mis en émoi les services enquêteurs, inquiets de voir leurs méthodes soudainement retoquées par la justice. Cette nouvelle affaire, autrement plus sensible, risque de relancer sérieusement le débat.

Emmanuel Fansten

http://www.liberation.fr/france/2016/05/22/stups-revelations-sur-un-trafic-d-etat_1454417
Lire aussi :François Thierry : tuyaux, «tontons» et tonnes de shit
Lire aussi :«En tout, 19 tonnes de cannabis ont transité par la villa au cours de ce seul séjour»
LIRE aussi:
FRANCE (Grand Bal des « Faux-culs »): tous, du BCS en passant par la DCPJ, la DNRED, l’ IGPN, l’ OCRTIS, le SIAT et … le Parquet vont rivaliser dans le port de « faux-nez »
————————–
LIRE ou Relire: « Cocaïne, fric et flics »
000000000000000000000000000000000000000

FRANCE (Affaire Neyret): la grande tartufferie avec un nombre incalculable de faux culs, de vierges effarouchées et de Dalloziens coincés !

Affaire Neyret : un système à la barre

Par Emmanuel Fansten 1 mai 2016 

neyret22Le long procès qui s’ouvre ce lundi devant le tribunal correctionnel de Paris n’est pas seulement celui de Michel Neyret, 60 ans, ancien numéro 2 de la PJ lyonnaise soupçonné d’avoir basculé dans la voyoucratie. Poursuivi (entre autres) pour «corruption», «trafic d’influence», «violation du secret professionnel», «trafic de stupéfiants», «détournement de scellés» et «association de malfaiteurs», l’ex-star de l’antigang incarne aussi la dérive d’un système longtemps toléré. Trois autres policiers comparaissent avec lui (lire l’interview ci-contre), poursuivis pour avoir souscrit à ses méthodes policières «borderline».

Au travers du cas particulier de Michel Neyret, qui risque dix ans de prison, le procès parisien sera aussi celui de certaines méthodes policières, qui ont permis à la PJ lyonnaise de réaliser ses plus belles prises.

Une époque, pas si lointaine, où les entorses au code de procédure pénale étaient monnaie courante,…………………..lire sur: http://www.liberation.fr/france/2016/05/01/affaire-neyret-un-systeme-a-la-barre_1449869

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Tout le monde connaissait les méthodes de Michel Neyret.

Sa hiérarchie, mais aussi les magistrats, les parquetiers, les politiques.

Puis, quand l’affaire a éclaté, tout le monde a crié au loup en dénonçant des méthodes archaïques qui n’ont plus lieu d’être. Mais en Rhône-Alpes, les grosses affaires se sont quasiment arrêtées pendant quatre ans après la chute de Neyret. C’est d’une grande hypocrisie. Quand les douanes saisissent en octobre 7 tonnes de résine de cannabis sous les fenêtres d’un indic rémunéré par l’Etat, de quoi s’agit-il sinon d’un trafic de stups toléré ? On permet à un indic de transporter de la drogue d’un point A à un point B sous le contrôle de l’Etat. Où est la logique ? Si on veut laver plus blanc que blanc, il faut le faire tout le temps.

http://www.liberation.fr/france/2016/05/01/tout-le-monde-connaissait-les-methodes-de-michel-neyret_1449870

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

EXTRAIT

Invité de Pièces à conviction, Michel Charasse

Quand Michel Charasse était interviewé par Elise LucetMichel Charasse : Quand on fait la guerre on fait la guerre…
Elise Lucet : Ouais…
Michel Charasse : On ne fait pas la guerre avec le, avec le code pénal dans la poche ou avec des prières ou la bible ou le portrait de Mahomet.
Elise Lucet ; Donc si on veut coincer des trafiquants, il faut utiliser leurs méthodes !
Miche Charasse : Donc, très bien euh…Il faut utiliser leurs méthodes, il faut aller les chercher là où ils sont.
Elise Lucet : Honhon.
Michel Charasse : Vous savez ce sont des tueurs, je parle pas du petit, du petit merdeux, du petit dealer, du pauvre gamin…
Elise Lucet : Non, non, on parle des Locatelli, des gens comme ceux qu’on a vu dans le reportage.
Michel Charasse : Etc… je parle, voilà, des gros. Ce sont des tueurs ! Par conséquent, on va pas attraper les tueurs en leur récitant des cantiques.
Elise Lucet : Alors, on en vient à la situation actuelle, si vous le voulez bien…
Miche Charasse : On tire d’abord et on discute après……………………….
Elise Lucet :……………….Euh, on va en venir à la situation actuelle si vous le voulez bien…
Michel Charasse : J’ai sur ce plan là, quand on a affaire à des tueurs, une notion  de l’Etat de droit qui est assez flexible…

Lire la totalité de l’interview: http://marcfievet55.skyrock.com/2.html

00000000000000000000000000000000000

NARCOTRAFIC (The Golden Age of Drug Trafficking): How Meth, Cocaine, and Heroin Move Around the World

onudc1By Keegan Hamilton

Diplomats and top officials from governments around the world gathered last week at United Nations headquarters in New York to discuss what to do about the global drug problem. Over the course of four days and multiple discussions, the assembled dignitaries vowed to take a more comprehensive approach to the issue than in years past — but they also decided to keep waging the war on drugs.

The « outcome document » adopted during the UN General Assembly’s special session (UNGASS) calls for countries to « prevent and counter » drug-related crime by disrupting the « illicit cultivation, production, manufacturing, and trafficking » of cocaine, heroin, methamphetamine, and other substances banned by international law. The document also reaffirmed the UN’s « unwavering commitment » to « supply reduction and related measures. »

Yet according to the UN’s own data, the supply-oriented approach to fighting drug trafficking has been a failure of epic proportions. Last May, the United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC) issued its 2015 World Drug Report, which shows that — despite billions of dollars spent trying to eradicate illicit crops, seize drug loads, and arrest traffickers — more people than ever before are getting high.

READ: https://news.vice.com/article/drug-trafficking-meth-cocaine-heroin-global-drug-smuggling

READ: https://news.vice.com/article/drug-trafficking-meth-cocaine-heroin-global-drug-smuggling

READ: https://news.vice.com/article/drug-trafficking-meth-cocaine-heroin-global-drug-smuggling

READ: https://news.vice.com/article/drug-trafficking-meth-cocaine-heroin-global-drug-smuggling

000000000000000000000000000000000000

COCAINA: doble moral e hipocresía mundial

La doble moral y la hipocresía son la regla al hablar de la cocaína. El análisis y la reflexión, la excepción.

El informe de consumo de drogas de la Oficina de las Naciones Unidas contra la droga y el delito (UNDOC) de 2014, concluye que ningún dato estadístico permite inferir una reducción de la demanda de cocaína en los EE.UU. o Europa occidental. Al contrario. Los datos disponibles señalan un aumento de las cantidades vendidas y la ampliación del consumo debido al surgimiento de nuevos mercados en Europa Central y del Este. La demanda también ha aumentado en América del sur, en Chile, Uruguay, y particularmente en Argentina, que ahora está en la lista de los tres grandes consumidores mundiales junto a los EE.UU. y España.

Las incautaciones son otro de los temas abordados en el informe. Entre 2011 y 2012 estas pasaron de 362 a 418 toneladas en el ámbito geográfico de los productores suramericanos (Colombia, Perú y Bolivia), mientras que en Europa occidental se pasó de 63 a 71.2 toneladas. Entre el 2003 y el 2012 las incautaciones fueron en aumento en toda Suramérica, particularmente en Colombia, donde el número de toneladas decomisadas no ha dejado de aumentar desde el 2006. En cambio, en Europa Occidental, la cantidad de incautaciones se redujo considerablemente en el 2007 y el 2008. En realidad, el lentísimo aumento en las incautaciones europeas a partir del 2009 significa muy poco si se le compara con las incautaciones realizadas en Suramérica (ver: Cocaine, World Drug Report, 2014, p. 34).

Hasta aquí no hay ninguna novedad ni nada que no se haya dicho antes: las fiestas en Nueva York, Londres, Madrid, Paris, Frankfurt, Buenos Aires y Santiago de Chile se aderezan con el denodado polvo blanco y la gran mayoría de las incautaciones se realiza en los países productores y no en los países consumidores. La demanda mundial aumenta en vez de disminuir.

A pesar del carácter público de los informes sobre consumo global de drogas, y a pesar de que los consumidores de cocaína del mundo que han visitado a Colombia tienen la plena conciencia de que sus habitantes son muchísimo menos adictos a las drogas que sus compatriotas, la imagen del colombiano narcotraficante, el mito de los 48 millones de Pablos Escobares siguen cómodamente instalados en la conciencia global de la humanidad. Colombia: un paraíso en el que las cimas de las montañas están cubiertas por alcaloides cristalinos y no por nieves perpetuas.

Sé bien que no soy el único: quienes han visitado las cinco partes del mundo recordarán los rostros de asombro de quienes no creen que puede haber Colombianos que no consumen cocaína. La responsabilidad del problema se sitúa casi siempre en los países productores. Ni a los Estadounidenses ni a los Europeos les gusta escuchar que la droga no entra a los puertos o a los aeropuertos de sus países por obra y gracia del espíritu santo, sino que hay redes de corrupción entre sus autoridades portuarias, de carreteras y entre sus cuerpos policiales que facilitan la distribución y se lucran del negocio.

Por más difícil y doloroso que pueda resultar, es indispensable que los Colombianos nos esforcemos por conocer el negocio de las drogas y su impacto internacional. Tenemos el deber de aceptar la responsabilidad histórica de ser el país en el que el tráfico de cocaína se desarrolló como en ningún otro lugar del planeta, pero también tenemos el derecho de decirle al mundo que la responsabilidad de ese tráfico mundial es eso, mundial, y que Colombia ha sido sólo un eslabón de esa gran cadena que es el tráfico de estupefacientes.

Ahora bien, cuando el término ‘cocaína’ surge en las conversaciones entre Colombianos y extranjeros, el análisis y la reflexión son más bien excepcionales. La política, la economía y el funcionamiento de mafias que burlan las fronteras de los Estados como si jugaran golosa languidecen frente a los juicios morales: entre comentarios jocosos y recuerdos de buenas fiestas, la doble moral y la hipocresía empiezan a rodar como bolas de nieve que aumentan de tamaño en su vertiginoso recorrido.

Daniel Emilio Rojas | Elespectador.com

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

DOUANE FRANÇAISE (DNRED – Renseignements, Enquêtes et actions d’infiltration): retour sur l’infiltration dans l’organisation Locatelli

Actualisé le 29 juin 2015 à 11 h 15

dnred———————————————————————————–

Résumé d’une action d’infiltration de la DNRED au sein de l’organisation de

Claudio Pascuale Locatelli

***

gibraltar55

Infiltration débutée en février 1993 :
Début février 1993, NS 55  est présenté à Gibraltar à Mario Marroni par  des membres des familles Victori et Sheldon, contrebandiers connus sur Gibraltar, signalés au chef d’échelon DNRED de Nantes Christian Gatard.

***

Claudio Pasquale Locatelli

AKA

Mario Marroni

 Mariano Zizzi

Mario de Madrid

***

Christian Gatard 

Photo: http://www.ouest-france.fr/jai-recrute-le-vrai-heros-du-film-gibraltar-1659460

***

Signalement à Christian Gatard, chef d’Echelon DNRED à Nantes, de Mario Marroni.

***

Le samedi 13 février 1993, Christian Gatard annonce à NS 55 qu’il descend  voir le mercredi 17 février 1993 Michel Rotard, le douanier sous couverture, associé du restaurant St Georges, et qu’il passera le voir en fin de journée.

rotard Restaurant Saint Georges – Estepona (Andalousie)

Michel Rotard (de profil), l’agent de la DNRED, avec Marc Fievet

***

Le chef de l’échelon de la DNRED Nantes, Christian Gatard, s’intéresse à l’opération en projet avec Mario que NS 55 lui relate dans le détail.

NS 55 lui demande assistance pour l’aider à déménager du Saint Georges avec l’aide de douaniers français, pour éviter que les hommes de Carlos Ferran, le responsable du GAL ne puisse le positionner. En effet ce dernier pouvait utiliser les services du commissaire Ricardo Kohl d’Estepona pour éventuellement le rechercher. Carlos Ferran savait que NS 55 travaillait pour la douane française, suite aux informations transmises par la police espagnole et comme NS 55 commençait à perturber ses trafics (Saisie de 500 kgs de cannabis sur le Scarab de Daudet AKA Roger Martens par le SVA). Le narcotrafic des « GAL » était couvert par la police espagnole et la Guardia Civil en récompense des services rendus!

***

M/V MELOR (Ex LARISSA)

***

– Mars 1993 :

Signalement à Christian Gatard du premier chargement (1 600 kg de cannabis) par le M/V MELOR, pour le compte de Mario Marroni à destination du sud Italie (livraison au large de Brindisi). Christian Gatard ne signalera pas ce voyage aux autorités italiennes. Christian GATARD a alors précisé à NS 55 les raisons de ce non signalement en précisant que s’il faisait ce signalement auprès des autorités italiennes cela compromettrait  l’action d’infiltration en cours au sein de l’organisation de ce Mario Marroni (Locatelli).

***

Intervention de Jean-Paul Garcia, attaché des douanes à Madrid, en charge des relations avec Malte, pour faire en sorte que le navire Melor qui après livraison s’était réfugié à Malte (port de La Valette) pour se mettre à l’abri d’une tempête, soit autorisé à quitter le port sans devoir passer les contrôles techniques exigées par la règlementation maritime et les autorités locales.

***

Mars 1993 :

NS 55 doit se sortir seul de son action d’infiltration au sein de L’IRA débutée en avril 1992 avec les autorités anglaises du HM Customs Excise.

Signalement à Christian Gatard d’un chargement à destination de l’Angleterre de 12 tonnes de cannabis organisé par Marroni (chargement récupéré au large du Cap Vert). Cette livraison a échoué et à la suite de cet échec, NS 55 s’est rendu à Milford Haven, dans le sud du Pays de Galles en Cornouailles à la demande de Mario Marroni (Locatelli) pour demander à l’équipage de ramener le bateau Almeer 3 à Cadix (Espagne). Déplacement en Angleterre préalablement signalé à Christian Gatard pour que les autorités anglaises soient avisées.

***

L'infiltrato di Julien Leclercq. The Informant, con Lellouche, Rahim e ScamarcioMY Poseidon

Signalement de l’acquisition par Mario Marroni (Locatelli) du Poséidon (Navire Hopital transformé en Yacht – 75 mètres) lors d’une réunion de travail (une journée entière) à Barcelone à Christian Gatard et Jo Le Squert: les photos et plans du navire ainsi que sa localisation dans une darse d’un chantier hollandais ont été communiqué lors de cette journée.

Lors de cette journée, NS 55 a informé ses interlocuteurs de tous les détails qu’il avait pu recueillir au contact de Mario Marroni.

NS 55 regrette que le dénommé Marroni n’ait pas encore été identifié…  Christian Gatard répond que la chose n’est  pas aisée car il devait prendre un maximun de précautions pour ne pas alerter les autres services.

Christian Gatard informe NS 55 qu’il ne peut pas lui envoyer des agents de l’échelon DNRED de Nantes pour l’aider à déménager.

– Avril 1993 :
Signalement du deuxième voyage de 2 000 Kgs de cannabis sur Cagliari (Sardaigne) en route vers Djibouti assuré par le Melor pour le compte de Marroni.

Alors que NS 55 lui avait demandé de faire « sauter » ce chargement; Christian Gatard refusera invoquant que, questionné par la Guardia di Finanza, il avait déjà répondu aux autorités italiennes qu’il ne connaissait pas le navire MELOR et qu’il ne connaissait pas Marc Fievet.

– Mai 1993 :
Marroni fait établir un passeport français au nom Charles Henri de Bossieu avec la photo de Marc Fievet (passeport établi en mai 1993). Ce passeport a été immédiatement signalé à Christian Gatard à qui une copie a été remise.

***

– Juin 1993 : MELOR
Signalement à Christian Gatard du chargement de 32 000 Kgs de cannabis sur le Melor au large de Djibouti par transbordement à destination du Nord atlantique via le cap de bonne espérance.
NS 55 signale son voyage sur Le Caire pour arranger le transit du canal de Suez puis du voyage sur Djibouti pour présenter l’homme de confiance de Mario Marroni et le faire monter à bord du Melor. NS 55 a voyagé avec l’identité de Charles Henri de Bossieu et il est descendu au Sofitel de Djibouti.

***

roissy

NS 55 fait un compte rendu à trois agents de la DNRED à son retour de Djibouti à l’aéroport de Roissy.

***

mousson-so-nePour des raisons météorologiques (La mousson) et manque de puissance du moteur du Melor, le chargement  de 32 tonnes de cannabis afghan a été transféré sur un « supplyer » venu de Muscat (Oman), le transfèrement a été effectué derrière l’ile de Socotra (Yemen). Ce transfèrement a été signalé aux douanes françaises qui ont en outre été en mesure de suivre la marchandise grâce au télex ouvert au nom de Rio Plata ldt (la compagnie off shore de Gibraltar parfaitement connue des douanes) qui se trouvait à bord du Melor et qui a été transféré sur le supplyer avec l’homme de confiance de Marroni. Ainsi, par son intermédiaire, les douanes ont pu récupérer touts les éléments de contact ayant transités par ce télex (les factures avec la liste des numéros entrants et sortants ont été communiquées de la main à la main par NS 55 à Jean Paul Garcia, attaché des douanes françaises en Espagne.

(lire: GIBRALTAR, le film diffusé actuellement sur Canal +, s’est inspiré très librement de l’histoire de Marc Fievet.)

Les numéros contactés parleront: des échanges avec un télex dans le Var en France mais sur liste rouge…Et de nombreux échanges avec une grande banque de New York!


Sur ces 32 tonnes, 27 tonnes ont été saisies par les autorités canadiennes (Opération Cutknife II) et 5 tonnes par les autorités anglaises (Opération Schema).

***

– Juillet/août 1993 :
Signalement d’un rendez-vous avec une personne d’origine australienne vivant sur la Côte d’Azur qui souhaitait recourir aux services de Locatelli pour transporter du cannabis. Ce rendez-vous s’est tenu à l’Hôtel Meurice à Paris. Joseph Le Louarn, le patron de la DNRED, refusera de couvrir le rdv avec les moyens parisiens (Dixit Christian Gatard), information qui n’a été donnée que la veille à NS 55. Christian Gatard fera descendre des hommes de Nantes et Lille  sans les « contacts » avec le portier et le personnel de cet hôtel. Au final, l’australien Graham et son acolyte Gil ne seront même pas pris en photo alors que NS 55 les a  rencontrés comme cela était prévu et signalé.

– Septembre 1993 :
Christian Gatard descend spécialement à Malaga pour annoncer à NS 55 lors d’un rdv au Parador de Malaga que Marroni n’est autre que Locatelli, lequel est en cavale et recherché par les autorités françaises en raison d’une évasion de la prison de Grasse, 4 ans plus tôt.
Lors de ce rendez-vous, NS 55 précise et confirme à Christian Gatard la mise en route d’une opération consistant, dans un premier temps, à charger + ou – 5 000 Kgs de cocaïne au large de la Colombie à destination du Canada puis, au retour, de recharger 10 tonnes de cocaïne prévues pour être déchargées à Propriano en Corse. Le bateau prévu pour réaliser ces opérations était le Poséidon, déjà signalé.

– Fin septembre/octobre 1993 :
Signalement de la prise en charge préalable par le Poseidon de cannabis au large de Tanger, pour livraison initialement au Canada mais finalement, dérouté vers l’Angleterre à la suite de difficultés liées à la maladie d’un membre de l’équipage.

– Novembre 1993 :
concordelafayetteDans le cadre du suivi de l’opération signalée plus haut, NS 55 de retour de Londres, rencontre Joseph Le Louarn (directeur de la DNRED, successeur de Jean Henri Hoguet) et Christian Gatard au Concorde Lafayette de Paris pour évoquer le voyage en « cours » du Poseidon ». La veille au soir, NS 55 a diné avec Hervé Maigner et la collaboratrice de Christian Gatard prénommée Nicole. Lors du rdv avec Le Louarn et Gatard, il a été abordé et convenu qu’il semblait indispensable que NS 55 réclame une rémunération à Locatelli en raison de la réussite des deux livraisons intermédiaires dont, notamment, celle qui devait délivrer 5 000 Kgs au Canada.

***

Joseph Le Louarn

Joseph Le Louarn était d’accord pour blanchir 2 000 000 US$ que NS 55 estimait nécessaire de réclamer à Locatelli. Le nom du banquier Weber (ancien DG des douanes et alors directeur du Crédit Mutuel d’Alsace) avait été retenu pour assurer les opérations de blanchiment. NS 55 a demandé expressément à Joseph Le Louarn qu’il le fasse sortir de cette spirale infernale qu’il ne contrôlait plus.

Joseph Le Louarn n’a même pas relevé, lui rétorquant seulement que ce serait préférable qu’il fasse atterrir la quantité prévue à Propiano, sur Marseille où, là, lui a t’il dit, la Douane française disposait de moyens plus conséquents.

A la suite de cette réunion, c’est le douanier Francis Geoffroy qui a été chargé de  conduire NS 55 à Orly pour reprendre un avion sur Gibraltar où NS 55 devait présenter l’avocat de Locatelli dénommé Pascuale Ciolla au Banco Atlantico pour faire blanchir quelques milliards de lires destinés à l’acquisition du Pacifico, un cargo de 150 mètres.
NS 55 a signalé l’acquisition du Pacifico et les conditions de son acquisition à Messieurs Joseph Le Louarn et Christian Gatard lors de ce rendez-vous à Paris, après avoir, d’ailleurs, informé Christian Gatard du fait que Locatelli lui avait demandé depuis quelques semaines de lui trouver un Cargo marchand.

Les Douanes françaises (DNRED) connaissent l’ensemble du projet d’acquisition du Pacifico (photo de droite) dont, en particulier, le fait que Locatelli l’avait fait acheter par un Hollandais du nom de Ralph De Groot à Gdansk (Pologne).

Signalement de l’acquisition du Sea Harmony, à Palma de Majorque où NS 55 se déplace et communication à Christian Gatard de l’identité de toutes les personnes que NS 55 rencontre et de tous les renseignements que NS 55 peut glaner à cette occasion.

En particulier, le signalement d’ un dénommé Leblanc, ressortissant canadien, en visite à Benalmadena costa, qui d’ailleurs sera arrêté plus tard par les autorités canadiennes lors de la saisie du Pacifico.

– Novembre/décembre 1993 :

MS Avenger F-185

Lorsque le Poséidon a été arraisonné au milieu de l’Atlantique par l’Avenger, un destroyer anglais, Claudio Locatelli emmène NS 55 en « cavale » avec lui.

A Westland Lynx

***

C’est John Hector du HM Customs-Excise qui sera le premier a être hélitreuillé

sur le Poséidon.L'infiltrato di Julien Leclercq. The Informant, con Lellouche, Rahim e Scamarcio

M/V POSEIDON

***

pacificoL’EVE PACIFIQUE qui deviendra le PACIFICO dans un chantier de Gdansk (Pologne)

NS 55 prévient Christian Gatard, et reste en contact avec lui en lui demandant de dire aux autorités anglaises de ne pas le « ménager », vu la précarité de sa situation. Dans les semaines qui suivent, NS 55 informe Christian Gatard que  Claudio Locatelli, après l’arraisonnement du Poséidon par les autorités anglaises, a décidé de substituer au Poséidon,  le Pacifico et qu’il lui a fait acheter un yacht de 27 mètres à Palma de Majorque du nom de Sea Harmony auprès d’une compagnie off shore de Jersey.

NS 55 a fourni une photocopie de son passeport au nom de Charles Henri de Bossieu pour que sea harmony 1la transaction soit enregistrée à Jersey; Christian Gatard décide alors d’envoyer Hervé Maignier (Divisionnaire de la Douane, Echelon DNRED de Nantes) à Jersey pour faire noircir cette photocopie pour que la photo qui y figure ne permette pas aux autorités anglaises de le reconnaître et d’orienter les poursuites sur Marc Fievet – NS 55.

Hervé Maignier indiquera au téléphone qu’il a pu rencontrer les responsables du Customs de Jersey et réussir à rendre invisible la photo sur les documents enregistrant l’acquisition de ce yacht qui devait être utilisé pour transborder les 10 000 kilos de cocaïne du cargo Pacifico vers la Corse.

sea harmonyM/Y Sea Harmony

***

– Février 1994 :
Lorsque le Pacifico a été intercepté en février 1994, par les autorités canadiennes, NS 55 a téléphoné à Christian Gatard à 03 H 00 pour l’en informer et sa  réponse a été: « Mais bon sang, c’est pas possible, vous êtes infiltrés… ».

***

– Mars/juillet 1994 :
DEAA la suite de cette interception et ayant pris conscience que l’infiltration de NS 55 intéressait plusieurs Etats, il a été décidé avec Christian Gatard de rencontrer les responsables du DEA.

NS 55 a continué à donner les informations en sa possession sur Claudio Pasquale Locatelli directement aux enquêteurs du DEA Paris (David May), du DEA Rome et de la police italienne, à l’occasion de séances de travail qui se sont tenues 4 fois sur Paris et une fois sur Nantes, en présence des douaniers Jo Le Squert  et Hervé Maignier.

Le DEA savait depuis l'opération DINERO!

     DEA David May

Les agents du DEA n’informeront pas NS 55 que leur opération DINERO (DNRED: retour sur l’Opération Dinero.) est en cours sur l’organisation Locatelli depuis le milieu de l’année 1992.

A l’époque, le DEA a défrayé NS 55 de ses voyages à Saint Martin (WI) à hauteur de 10.000$ US en deux versements en cash faits devant les douaniers Le Squert et Maignier à l’ambassade américaine de Paris.

NS 55 était entré à l’ambassade avec son identité de Charles Henri de Bossieu accompagné de Le Squert et Maignier.

Ambassade des États unis à Paris

Le reçu de ces versements a été établi au nom de Marc Fievet, sans qu’il ne lui soit donné un double.

***

Rencontre avec le nouveau patron de la DNRED, Bernard Pouyané en compagnie de Christian Gatard, courant mai, dans un café de la Bastille.

Bernard Pouyané  proposera 3.000.000 de francs à NS 55 s’il réussissait à faire charger quelques tonnes de cocaïne sur le Sea Harmony.

Marc Fievet restera infiltré dans l’organisation Locatelli jusqu’au 23 septembre 1994, date de son arrestation à Fuengirola par la police espagnole suite activation du mandat Interpol par les autorités anglaises et canadiennes.

***

Marie-France Vergara du consulat de France de Séville visite Marc Fievet à la prison d’Alhaurin de la Torre suite demande de Jean Paul Garcia, attaché de la douane française à Madrid et lui demande de ne pas prendre d’avocat. Tout sera géré par Madrid dit-elle!

Jean Paul Garcia visite Marc Fievet à la Prison d’Alhaurin de la Torre (Malaga) et lui précise que c’est l’ambassade de France qui va gérer son dossier.

Jean Paul Garcia témoigne devant « l’audience nationale » en faveur de Marc Fievet lors du jugement devant décider de ses extraditions vers l’Angleterre et le Canada.

Michel Charasse (ex ministre du budget), contacté par Marc Fievet, ne fera rien.

Le directeur général de la douane française, Jean Luc Vialla, informé, laissera pourrir la situation.

Pierre Mathieu Duhamel, directeur de la douane française,  rencontre Madame Strachan, la directrice générale du « HM Customs-Excise » à Stockholm (Suède) pour aborder la situation de Marc Fievet.

Philippe Galy, attaché de la douane française à Londres visite de nombreuses fois Marc Fievet dans différentes prisons anglaises et pratiquera le chantage pour obtenir son plaidoyer de culpabilité en Angleterre. (Si vous ne plaidez pas coupable, on s’arrangera pour vous en faire prendre pour 10 ans! (SIC)).

Jean Puons, le DI de la DNRED, rencontre  Marc Fievet dans les prisons françaises et demande une intervention du DG François Auvigne.

François Auvigne, inspecteur des finances directeur général de la douane française, dit à Jean Puons qu’il ne veut plus entendre parler de ce Marc Fievet et refuse d’assumer les promesses émises par ses prédécesseurs écartant ainsi toute continuité du service de l’Etat!

ÉCOUTER:

INTERVIEW de Marc Fievet sur France Bleu Nord.

Lire et écouter:

Mais qui est donc l’énarque inspecteur général des finances François Auvigne? Un salaud qui s’est planqué derrière les textes? par Marc Fievet AKA « NS 55 DNRED ».

Écouter:

FRANCE (Bercy – Ministère des finances): confidences de NS 55 à bord d’un camping-car….

 « Le Choix de Yves Calvi » du 6 septembre 2013 en vidéo : pendant six ans, Marc Fiévet était un « aviseur » pour les Douanes Françaises, un agent infiltré dans les plus gros réseaux de trafics de drogue. Lâché par le Directeur de la douane française François Auvigne, un inspecteur des finances… » href= »https://ns55dnred.wordpress.com/2015/04/28/rtl-yves-calvi-et-jacques-pradel-ont-recu-le-vendredi-6-septembre-2013-marc-fievet-infiltre-au-coeur-de-la-mafia/ » rel= »nofollow »>FRANCE (RTL): Yves Calvi et Jacques Pradel ont reçu le vendredi 6 septembre 2013 : Marc Fievet, infiltré au coeur de la mafia.

***

PLUS: https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Fievet

Toutes informations complémentaires et précisions supplémentaires sur cette opération en écrivant  à  marcfievet@live.fr

0000000000000000000000000000000000000

DOUANE FRANÇAISE: l’enquête tronquée sur les ripoux de la Douane et leurs comptes cachés à Andorre

LA  HONTE !

***

modifié le 12/04/2015 à 14h34 par THIERRY LéVêQUE

L’enquête sur une affaire de vol d’argent de la drogue par des douaniers de l’aéroport de Roissy va s’achever sans avoir fait la lumière sur un système frauduleux d’une ampleur sidérante.

À l’aéroport de Roissy, des douaniers subtilisaient des valises d’argent depuis 1997.
L’enquête tronquée sur les ripoux de la Douane et leurs comptes cachés à Andorre© archives maxppp

Y a-t-il un trésor secret des douaniers français constitué sur toute la planète avec l’argent de la drogue ? Cette question posée par l’arrestation, fin 2012, de sept agents de la Brigade de surveillance extérieure (BSE) de l’aéroport de Roissy n’aura pas de vraie réponse.

Après deux ans d’investigations, « l’instruction touche à sa fin et le dossier devrait être rapidement communiqué au parquet » pour le règlement en vue du procès en correctionnelle, a dit à « Sud Ouest » un porte-parole du parquet de Bobigny.
Dans le dossier « Harpagon »

La police et la justice avaient perçu d’emblée la mesure du scandale baptisé Harpagon, comme le montre un rapport daté du 23 juin 2012 et remis à la direction de l’OCRTIS (l’office anti-drogue), qui fait la synthèse des éléments d’enquête.

Un des suspects a déclaré avoir commis son premier vol en 1997. Un autre a expliqué avoir commencé en 2002 et un troisième… en 1994, relève ce rapport.

Ce dernier a admis avoir alors été « initié par un ancien », ce qui indique que les vols duraient sans doute depuis au moins deux décennies.

Un autre suspect a donné une idée de l’ampleur des sommes en admettant une quinzaine de vols de valises depuis 1998.

Les poursuites n’iront donc pas au-delà des suspects à l’origine de l’affaire. Cet aboutissement paraît tronqué quand on prend connaissance d’un rapport de police de 2012, que « Sud Ouest » s’est procuré.

Principale révélation choc : c’est peut-être depuis… quinze ans, voire vingt, que les douaniers de la BSE, chargés de contrôler les bagages des voyageurs à l’embarquement, volaient l’argent envoyé aux cartels sud-américains par les mafieux européens pour rémunérer les envois de drogue.
Ceux-ci adoptent de plus en plus souvent cette méthode pour faire voyager l’argent, évitant les circuits financiers, donc l’électronique et les ordinateurs du renseignement. Le pot aux roses a été découvert par hasard.

***
Des millions placés en Andorre

Tout commence le 12 avril 2012, quand une valise contenant 640 000 euros en grosses coupures provenant du trafic de drogue et destinée à la République dominicaine disparaît mystérieusement à Roissy. Chez les policiers français de l’OCRTIS (Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants), c’est la stupéfaction. Ils suivaient, grâce à une information, la piste de deux trafiquants, espérant ainsi mettre au jour toute la filière.

Ce sont des soldats perdus qui ont continué leur guerre contre les cartels par d’autres moyens que ceux que leur donnait la loi.

Les policiers examinent les enregistrements de vidéosurveillance de la zone de tri des bagages du terminal 2C. Un douanier peut y être vu se faisant remettre trois valises suspectes avant leur embarquement en soute, puis n’en ramener que deux. Les enquêteurs constatent que cet agent appelle un de ses collègues, qui prend l’avion le soir même pour Toulouse. Il est appelé à son arrivée par un numéro de la principauté d’Andorre, micro-État et paradis fiscal pyrénéen dont les co-princes sont le roi d’Espagne et le président français. Les conversations sont écoutées : l’argent est plus tard déposé dans une banque, où un conseiller propose même des placements avantageux.

Les policiers arrêtent trois douaniers le 19 juin 2012, et leurs premières déclarations amènent quatre autres interpellations le lendemain. De fortes sommes en espèces sont saisies. Six des sept suspects passent aux aveux. Les recherches effectuées en Andorre donnent des résultats effarants : six des douaniers y possèdent des comptes créditeurs de plusieurs centaines de milliers d’euros et leurs historiques montrent qu’ils y ont déposé et retiré dans le passé des millions d’euros en espèces, sans que cela effarouche outre mesure les banquiers andorrans.

***

Une maîtresse coûteuse

Le douanier de la valise de Roissy, le seul à ne pas avoir de compte en Andorre, justifie son comportement par la nécessité d’entretenir une maîtresse en Thaïlande. Il avoue notamment un envoi dans ce pays de 270 000 euros, et déclare : « Quand on a une maîtresse là-bas, il faut payer très souvent pour l’entretenir. »

Les premiers juges d’instruction lancent des commissions rogatoires en Thaïlande, en Côte d’Ivoire et à Hongkong, où des pièces saisies en perquisition prouvent que les douaniers y avaient blanchi une partie de leur trésor via des comptes bancaires et des appartements. Le résultat de ces demandes d’aide de la justice est à ce jour inconnu. La procédure s’enlise au fil des mois et des changements de juge d’instruction du tribunal de Bobigny.

Un fait déroutant est pourtant très vite apparu : le vol d’argent de la drogue était un système qu’on se transmettait à la douane. Un des suspects a ainsi expliqué aux juges avoir été initié en 2003, à son arrivée à la brigade. Cinq autres douaniers lui ont alors payé des vacances aux Pays-Bas et en Espagne, propices à une mise en condition et à une « formation ». Au retour, il a ouvert un compte en Andorre.

L’ancienneté du dispositif laisse penser que plusieurs « générations » de douaniers se sont ainsi enrichies, elle fait entrevoir des personnes peut-être encore en poste à la douane et inconnues des policiers. Les charges d’« association de malfaiteurs en vue de préparer des crimes, vols en bande organisée et blanchiment en bande organisée » auraient donc pu concerner des dizaines de douaniers. Ça ne s’est pas produit, et les sept suspects ont été libérés après moins d’un an de détention provisoire.

***

Dossier dérangeant

Le dossier est-il dérangeant ? Cette timidité judiciaire fait évidemment les affaires de l’avocat des suspects, Daniel Merchat. « Que des pratiques illégales aient existé au-delà de la prescription n’a aucun intérêt. Je considère que l’élargissement des investigations au-delà de 2002 est une perte de temps et un gaspillage de l’argent public », a-t-il déclaré à « Sud Ouest ».

À ses yeux, les douaniers ont fait quelque part leur métier. « Ils ont estimé que dans le cadre de la lutte contre le trafic de stupéfiants, compte tenu de ce qu’ils percevaient comme de l’inertie, il était plus efficace de priver les trafiquants du produit de leur business, c’est-à-dire de leur argent. Ce sont des soldats perdus qui ont continué leur guerre contre les cartels par d’autres moyens que ceux que leur donnait la loi. » La douane a mené une enquête administrative dont le résultat n’est pas public. Un porte-parole nous avait déclaré en 2014 avoir « entièrement redéfini les méthodes de travail pour limiter tout risque de nouveaux agissements frauduleux » et avoir lancé « au plan national une démarche de maîtrise des risques déontologiques ». Il s’agit de « comportements totalement isolés », considérait-il.

Compte tenu des délais habituels, le procès ne devrait pas se tenir avant fin 2015, voire début 2016.

source: http://www.sudouest.fr/2015/04/12/l-enquete-tronquee-sur-les-ripoux-de-la-douane-1889033-4697.php

La DNRED et le TRACFIN savaient-ils?

Que savait Jean Paul Garcia?

—-

Que savait Jean Baptiste Carpentier?

°°°°

LIRE aussi:

FRANCE: Histoire secrète de la corruption sous la 5e République.

000000000000000000000000000000000000000000000

FRANCE (RTL): Yves Calvi et Jacques Pradel ont reçu le vendredi 6 septembre 2013 : Marc Fievet, infiltré au coeur de la mafia.

 « Le Choix de Yves Calvi » du 6 septembre 2013 en vidéo : pendant six ans, Marc Fiévet était un « aviseur » pour les Douanes Françaises, un agent infiltré dans les plus gros réseaux de trafics de drogue. Lâché par le Directeur de la douane française François Auvigne, un inspecteur des finances lâche et incompétent, qui a refusé d’assumer les décisions prise par ses prédécesseurs.
Marc Fievet se bat aujourd’hui pour faire reconnaître la dérive « juridico-administrative » qui lui a fait faire plus de dix ans de prisons.
 ****
Avec l’intervention de Jean-Henri Hoguet, ancien directeur à la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED).
RTL - Yves Calvi et Jacques Pradel ont reçu le vendredi 6 septembre 2013 :  Marc Fievet, infiltré au coeur de la mafia.

Bonjour à tous ! A la une de L’heure du crime, l’histoire vraie d’un « infiltré », dont la mission était de faire tomber un réseau international de trafic de stupéfiants, et qui se retrouve quelques années plus tard condamné à perpétuité !
 
Cet homme s’appelle Marc Fievet. Il est mon invité. Son nom est peu ou pas connu du public, mais son aventure a inspiré les scénaristes du film « Gibraltar », qui sort mercredi prochain au cinéma.
 
Pendant six ans, il  était connu sous le nom de code NS 55. Il a permis aux services des douanes; qui l’avaient recruté en 1988, de récupérer près de 100 tonnes de stupéfiants !
 
En septembre 1994, un bateau lui appartenant est arraisonné dans l’Atlantique, au large de l’Espagne, avec plus de 5 tonnes de cocaïne. Considéré comme le numéro 2 du réseau, il est condamné à perpétuité, extradé en France où sa peine est ramenée à 20 ans, dont dix ans incompressibles.
 
Depuis sa sortie de prison, Marc Fievet se bat pour être réhabilité. Sa vie a été détruite. Il veut laver son honneur et que l’Etat reconnaisse qu’il était en service commandé !

Jacques Pradel

Invités: Marc Fievet, son avocat, Christophe Pech de La Clause .

Pour écouter:

http://www.rtl.fr/emission/l-heure-du-crime/billet/vendredi-6-septembre-2013-infiltre-au-coeur-de-la-mafia-7764157204

RTL - Yves Calvi et Jacques Pradel ont reçu le vendredi 6 septembre 2013 :  Marc Fievet, infiltré au coeur de la mafia.

Maitre Christophe Pech de Laclause, Marc Fievet et Jacques Pradel à la fin de l émission

00000000000000000000000000000000000

FRANCE (Bercy – Ministère des finances): confidences de NS 55 à bord d’un camping-car…

et

avec Michel Charasse

0000000000000000

CANADA: un importateur de la mafia libéré d’office sous haute surveillance

giuseppe-torre-lors-arrestation-lavalGiuseppe Torre lors de son arrestation à Laval, en novembre 2006, dans le cadre de l’opération Colisée.

Publié le 27 avril 2015 à 20h01 | Mis à jour le 27 avril 2015 à 21h19

Un lieutenant de la mafia qui supervisait les importations de cocaïne à l’aéroport PET durant l’enquête Colisée est libéré d’office tout en étant assujetti à des conditions spéciales par la Commission des libérations conditionnelles du Canada.

Un importateur de la mafia libéré d’office sous haute surveillance »>Giuseppe Torre, 43 ans, qui avait été condamné à 9 ans et quatre mois de pénitencier en 2009 pour deux complots d’importation de 218 et de 38 kilos de cocaïne, ne devra posséder ou utiliser aucun dispositif de communication sans fil, sauf avec autorisation préalable, devra fournir toute information financière et ne pourra communiquer avec toute personne ayant un casier judiciaire ou faisant partie d’une organisation criminelle.

Au cours de sa sentence, Giuseppe Torre a tenté à deux reprises d’obtenir sa libération conditionnelle, en vain.

Durant l’enquête Colisée, Torre s’était retrouvé au centre d’un litige lorsque les dirigeants de la mafia, qui attendaient une importation de 118 kilos de cocaïne, se sont rendus compte que 100 kg avaient été ajoutés à leur insu, les responsables de cet ajout ne voulant vraisemblablement pas payer de taxes à l’organisation sur les kilos supplémentaires.

Devant les commissaires aux libérations conditionnelles, Torre a assuré que ce litige était aujourd’hui réglé.

C’est la cellule dirigée par Giuseppe Torre qui a notamment corrompu la douanière Marilyn Béliveau également accusée dans l’enquête Colisée.

Torre a oeuvré dans l’immobilier commercial durant plusieurs années et n’a pas toujours payé ses taxes et ses impôts, soulignent les commissaires aux libérations conditionnelles.

«Vous n’avez pas d’antécédent criminel mais votre association avec le crime organisé traditionnel italien (COTI) peut laisser croire à l’existence d’une criminalité cachée à travers les années. Selon l’information à votre dossier, il s’agit d’une criminalité de choix, nettement organisée et structurée», écrit la Commission des libérations conditionnelles du Canada dans une décision rendue le 14 avril.

Daniel Renaud

La Presse

00000000000000000000000000000000000000000000000

DNRED (DNED): mémoires de Jean-Pierre Cazé, infiltré dans les réseaux de la drogue

https://i0.wp.com/douanesinsignes.chez-alice.fr/medaille%20avec%20boite%20dnred%20lyon.jpg

DNRED échelon de Lyon .

Médaille remise aux agents de l’échelon de la DNRED de Lyon en 2000

pour fêter l’anniverssaire de sa création.

 ***

Jean-Pierre Cazé est un ancien douanier d’un genre particulier. Jusqu’au début des années 90, son travail fut d’infiltrer les réseaux de trafiquants de drogue en France et au Maroc pour le compte du service français de renseignement des douanes. Il témoigne dans un livre intitulé Au cœur du trafic, Mémoires d’un douanier infiltré, chez Nouveau monde éditions. Il répond à nos questions. 

Afrique Drogue: Travailler en tant qu’infiltré dans un réseau de trafiquant de drogue, cela consiste en quoi?

Jean-Pierre Cazé: Il faut d’abord avoir des « aviseurs », autrement dit des informateurs. Ces gens-là connaissent une organisation frauduleuse ou criminelle sur le point d’importer, par exemple, en France une quantité importante de drogue ou qui détient une quantité importante de drogue. Et c’est par l’intermédiaire de cette personne que l’agent va pouvoir être présenté à cette organisation, sans bien sûr que ses membres sachent qu’il est fonctionnaire…Ce fonctionnaire va agir sous couverture, sous un nom d’emprunt, une profession d’emprunt. Et cet informateur, qui connaît bien les voyous, va présenter ce « nouvel ami », bien le présenter pour qu’il soit accepté par l’organisation. Et ensuite, ce fonctionnaire va  vivre complètement en immersion au sein de l’organisation.

A.D: Justement, vous l’avez fait à plusieurs reprises. Dans votre livre, vous parlez d’une opération d’infiltration, réussie au Maroc. Racontez-nous comment vous avez fait. 

J-P C: Cela a duré plusieurs semaines, même deux mois. C’était un contact que nous avions du côté de Tanger qui nous informait qu’une bande organisée était sur le point de faire acheminer vers la France environ une tonne de résine de cannabis. A cette époque, c’était une grosse quantité. On parlait plus souvent de prises de 5 ou 10 kilos. Et donc l’occasion m’était donnée de m’infiltrer dans cette organisation au Maroc et de leur présenter la chose en étant transporteur. Il faut savoir qu’au Maroc, ce n’est pas dur de trouver des stupéfiants, de la résine de cannabis. Mais ce qui est compliqué pour les fournisseurs marocains, c’est d’acheminer la marchandise en France. Moi, j’avais ma qualité de transporteur routier. J’avais sous mes ordres des chauffeurs, des civils, que nous avions recruté à cet effet, pour pouvoir acheminer les stupéfiants du Maroc en France et suivre la progression du Maroc jusqu’en France, jusqu’à ce que les acheteurs viennent récupérer la marchandise.

A.D : Comment faisiez-vous pour véritablement vous faire passer pour une personne impliquée dans le trafic de drogue, parce qu’il y a des codes, il y a des réflexes, il y a des choses que peuvent remarquer les trafiquants qui peuvent vous confondre…

J-P C: C’est tout ce qu’on appelait l’éducation de l’agent. Partir en infiltration, c’est toute une préparation en amont. Il faut changer sa manière de vivre, il faut changer sa manière de parler, son comportement, son aspect physique. On oublie tout, on est plus fonctionnaire, on est plus douanier. Moi, j’avais donc comme couverture camionneur qui avait une entreprise dont la situation était très mauvaise et qui voulait se refaire. Donc il me fallait de l’argent. Et j’acceptais de transporter des stupéfiants pour le compte de ces trafiquants. C’est comme ça que je devais me faire accepter. Mon aspect physique, c’était cheveux longs, le style un peu baroudeur.

A.D: Est-ce que, à un moment ou à un autre, vous avez pensé que vous alliez vous faire coincer?

J-P C: Je faisait tout, justement, pour ne pas me faire repérer. Mais c’est vrai qu’il ne faut pas faire d’erreur. Il y a des choses qu’il ne faut pas dire. On ne parle pas de cannabis, on ne parle par de haschich. On parle de n’importe quoi, de marchandise, de pommes de terre ou de chocolat…Il y a les attitudes aussi. Refuser un ou deux verres de bourbon, ça ne se fait pas non plus. En outre, j’avais appris absolument tout le fonctionnement des camions, toute la mécanique, justement pour que si on me posait des questions, je puisse répondre.

A.D : Est-ce que cela veut dire aussi parfois qu’il faut franchir la ligne rouge, pour être crédible vis-à-vis des trafiquants ?

J-P C: C’est une chose, dans la mesure du possible, qu’il ne faut jamais faire. Par exemple, il vont vous demander de consommer des stupéfiants pour voir si vous êtes bien de leur côté. C’est une chose qu’il faut toujours éviter. Moi je ne l’ai jamais fait, c’était ma ligne de conduite. C’est de toujours refuser mais avec des motifs valables.

A.D: Vous expliquez aussi qu’à plusieurs reprises vous avez été dans des situations où les trafiquants ou ceux qui voulaient acheter la marchandise que vous étiez censé transporter, ont demandé que vous leur montriez une partie de la marchandise afin qu’ils puissent l’emporter afin de prouver que vous étiez vraiment trafiquant et détenteur d’une grosse quantité de cannabis. Comment vous faisiez dans ces situations-là?

J-P C: C’était ça le gros problème. C’était la finalité de l’affaire. La marchandise était remontée en « livraison surveillée », était mise en dépôt. Et c’était le jour où les trafiquants venaient chercher la marchandise. Mais dans ce cas-là, ils n’arrivent pas comme ça avec un fourgon. Ils disaient: « Ok. Vous avez une tonne que vous avez ramenée. La tonne m’appartient, je l’ai payé. Maintenant, il faut que je sache vraiment de quel côté vous êtes, il faut qu’on soit sûr. Maintenant, vous allez lâcher par exemple, 25 ou 50 kilos. » Là, c’était un gros problème. On l’a fait une fois sur une affaire à Dijon. Ce qui nous a d’ailleurs valu de gros soucis ensuite avec la police et la justice. Pourquoi? Parce que, à cette époque, il n’y avait aucune loi encadrant cela. Aujourd’hui, un agent infiltré peut transporter de la marchandise, l’entreposer et même en céder à la fin, quand il ne peut pas faire autrement avant de remettre toute la marchandise.

A.D: Effectivement, vous avez mené ces opérations d’infiltration à une époque où ce n’était pas du tout encadré sur le plan législatif. Dans le livre, vous racontez que vous agissiez totalement sans filet et que cela vous a même valu d’être arrêté et de vous retrouver face à la justice, même si par ma suite vous avez été blanchi…

J-P C: Oui. C’est sur une affaire dans laquelle les trafiquants ont envoyé un homme de main chercher de la marchandise. Avant de la remettre, j’ai réussi à m’exfiltrer et à demander l’autorisation de mes supérieurs, qui m’ont donné l’autorisation. Donc j’ai « fait » 25 kilos, comme on dit dans le jargon du métier, pour que tout soit crédible. Et ils sont partis dans la nature. Et le lendemain, ils sont venus chercher le reste. Ils sont venus chercher 500 kilos sur 525 kilos. Et puis on a réussi à interpeller tous les trafiquants. Mais comme la loi n’avait pas encore été votée, on a eu les pires ennuis.

A.D: Aujourd’hui donc, le travail d’infiltration est encadré par la loi. Est-ce qu’elle couvre tous les cas de figure?

J-P C: Les fonctionnaires qui vont faire de l’infiltration sont toujours confrontés à ce qu’on appelle la mise à l’épreuve. C’est à dire que quand vous arrivez dans une organisation, on peut pour vous mettre à l’épreuve vous faire faire n’importe quoi. On peut vous dire: « ce soir on monte sur un braquage, tu seras chargé de conduire le véhicule ». Qu’est-ce qu’on fait? On se sauve ou on reste? Si on continue l’infiltration, on est obligé de participer au braquage. Le problème, c’est que s’il y a des problèmes, un blessé, voire un mort, qu’est-ce qui va se passer après? L’agent est en infiltration. Mais il est tout de même un peu complice…Donc je ne sais pas si la loi va assez loin.

A.D : Vous estimez que, aujourd’hui, pour lutter contre le trafic de drogue, on est obligé de faire de l’infiltration?

J-P C: C’est une technique qui est redoutable. Parce que quand vous êtes infiltré, vous entendez tout, vous voyez tout. Vous comprenez tout le système d’acheminement. Vous connaissez tous les personnages qui sont autour de l’affaire. Il est certain que quand vous avez un agent infiltré dans une organisation, il est sûr que cela fait mal parce que tout le monde tombe.

A.D: Avez-vous l’impression que le travail d’infiltration est devenu plus difficile par rapport à l’époque où vous la pratiquiez?

J-P C: J’ai fait cela pendant une vingtaine d’années. C’était une technique que nous avions empruntée aux américains. Cette méthode-là n’était pas connue. On avait une longueur d’avance sur les trafiquants. Aujourd’hui, ils savent qu’en France des agents pratiquent l’infiltration. Donc il est certain que les agents qui vont s’infiltrer, vont avoir un plus de mal à se faire accepter et à pouvoir pratiquer cette infiltration dans les circuits frauduleux.

Ecouter l’interview  diffusée sur rfi

source: http://afriquedrogue.blogs.rfi.fr/article/2012/05/06/memoires-dun-infiltre-dans-les-reseaux-de-la-drogue

°°°°°°°°°°°°°°

A l’époque, le ministre de tutelle de la Douane française était Michel Charasse.

Quand Michel Charasse était interviewé  par Elise Lucet***

L’interview de Michel Charasse par Elise Lucet

Quand Michel Charasse était interviewé  par Elise Lucet Dans une bibliothèque du Sénat.
***

 

Elise Lucet:
Invité de Pièces à conviction, Michel Charasse, bonsoir…

Quand Michel Charasse était interviewé  par Elise LucetMichel Charasse:
Bonsoir.
Elise Lucet:
Vous êtes l’ancien ministre du budget de 1988 à 1992 et sénateur du Puy de dôme, c’est la raison pour laquelle, nous sommes exceptionnellement au Sénat pour réaliser cet interview…Euh, vous ne souhaitez pas parler de, de l’affaire Marc Fievet…Est-ce que je peux vous demander quels étaient vos rapports, lorsque vous étiez ministre du budget avec ces aviseurs, je crois que vous avez souhaité les rencontrer, pourquoi ?
Michel Charasse: Lorsque je suis arrivé au ministère du budget en  mai…juin 88 , l’administration des douanes  dont l’une des fonctions importantes est de lutter contre tous les trafics …de drogue, d’argent,  euh, contre-façon..etc. prenaient par an à peu près 5 tonnes de drogue. Lorsque j’ai quitté le ministère le 2 octobre 1992, nous étions à 35 tonnes par an. C’est à dire multiplier par 5, par 7 pardon…
Elise Lucet: Ouais !
Michel Charasse : En, en un peu plus de quatre ans………..Vous pensez bien que tout ceci a nécessité une organisation
Elise Lucet: Honhon !
Michel Charasse: Ou une réu.. Ou .une réorganisation….Bien entendu ce n’est pas moi qui est tout inventé, mais j’ai donné à la douane beaucoup de moyens…avec l’argent du contribuable, pour en faire une véritable arme contre les trafiquants et notamment les trafiquants de drogues
Elise Lucet: Et parmi ces armes, il y avait les aviseurs
Michel Charasse : Et parmi ces armes il y avait la collecte de renseignement et dans l’ensemble des renseignements, il y avait bien entendu les renseignements fournis par les aviseurs…
Elise Lucet : Beaucoup ?
Michel Charasse :  Des aviseurs plus nombreux, mieux organisés, des relais mieux organisés par l’intermédiaire des , des, des correspondants que la douane pouvait avoir à l’étranger sous couverture planquée ou officielle, attachés douaniers dans les ambassades etc. etc…Donc bien entendu, on a dû beaucoup, enfin beaucoup a été dû aux renseignements
Elise Lucet : Ouais !
Michel Charasse : Et c’est d’ailleurs parce que l’affaire a pris une ampleur importante pendant le temps où j’étais au ministère, en  particulier avec la technique de ce que l’on appelle les livraisons contrôlées, c’est à dire l’infiltration de nos aviseurs ou quelques fois de douaniers d’ ailleurs, dans les réseaux de drogue
Elise Lucet : Ouais !
Michel Charasse:  Et de fonctionnaires donc, de la douane, dans les réseaux de drogue..Euh, qui a conduit à…  justement un incident grave. ..Euh…entre 90 et 92, qui s’est retrouvé devant le tribunal de Dijon, puisqu’à l’époque la législation française n’autorisait pas la livraison contrôlée,…le code pénal
Elise Lucet: Vous parlez des quatre douaniers qui ont été incarcérés.
Michel Charasse : Voilà, donc il y a eu l’affaire de Dijon  et ces douaniers ont failli être condamné et ..euh, ils ne l’ont pas été que parce que d’une part j’ai fait voter la légalisation des livraisons contrôlées….Comme je l’ai déclaré un jour, on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre,
Elise Lucet : Oui
Miche Charasse : Quand on fait la guerre on fait la guerre…
Elise Lucet : Ouais…
Michel Charasse : On ne fait pas la guerre avec le, avec le code pénal dans la poche ou avec des prières ou la bible ou le portrait de Mahomet.
Elise Lucet: Donc si on veut coincer des trafiquants, il faut utiliser leurs méthodes !
Miche Charasse: Donc, très bien euh…Il faut utiliser leurs méthodes, il faut aller les chercher là où ils sont.
Elise Lucet : Honhon.
Michel Charasse : Vous savez ce sont des tueurs, je parle pas du petit, du petit merdeux, du petit dealer, du pauvre gamin…
Elise Lucet : Non, non, on parle des Locatelli, des gens comme ceux qu’on a vu dans le reportage.
Michel Charasse : Etc… je parle, voilà, des gros. Ce sont des tueurs ! Par conséquent, on va pas attraper les tueurs en leur récitant des cantiques.
Elise Lucet : Alors, on en vient à la situation actuelle, si vous le voulez bien…
Miche Charasse : On tire d’abord et on discute après……………………….
Elise Lucet :……………….Euh, on va en venir à la situation actuelle si vous le voulez bien…
Michel Charasse : J’ai sur ce plan là, quand on a affaire à des tueurs, une notion  de l’Etat de droit qui est assez flexible…
Elise Lucet :.Michel Charasse, pour terminer, on a bien compris que vous ne vouliez pas parler du dossier de Fievet, mais est-ce qu’il y a en France … des aviseurs de la douane et là je parle pas forcément du moment où vous, vous y étiez, qu’on a laissé tomber…
Michel Charasse : ……………..A mon époque, je n’ai pas entendu dire qu’on avait laissé tomber qui que ce soit…
Elise Lucet : Donc, on laisse pas tomber les aviseurs ?
Michel Charasse :………Mais, on laisse tomber personne …Il faut laisser tomber personne. Lorsque vous êtes  engagé dans une bataille….Euh, et ben…Euh…Euh, vous faites le nécessaire pour sauver tous vos soldats…
Elise Lucet : C’est pas ce que Fievet a l’air de penser…
Michel Charasse : (6 secondes de silence).Chacun pense ce qu’il veut, moi je vous dis simplement que quand on voit les résultats qu’on voit, il faut bien que…euh, l’administration des douanes soit soutenue par son ministre et qu’elle soutienne tous ceux qui collaborent, fonctionnaires ou non à ses activités.
Elise Lucet : Michel Charasse, merci d’avoir répondu à nos questions.

LIRE aussi:

DNRED, un service de renseignement français..

GIBRALTAR…Souviens-toi Jean Paul Garcia de la DNRED!.

0000000000000000000000000000000

SUISSE (Genève): Shimon Yelinek, homme d’affaires (trafiquant d’armes, de diamants et de drogue, participant au financement du terrorisme) client de HSBC

Shimon Yelinek, criminel polyvalent mais pour HSBC, un client sans histoire

Fiche de police sur Shimon Yelinekimage: http://s1.lemde.fr/image/2015/02/14/768×0/4576774_6_14f1_fiche-de-police-sur-shimon-yelinek_b8b7b94d5a0d1c2227d0d0d74d3c819e.jpg

Shimon Yelinek est un homme d’affaire Israélien basé au Panama. Derrière ce masque anodin se cache en vérité l’un des criminels les plus polyvalents que l’on trouve parmi les clients de HSBC à Genève : trafiquant d’armes, de diamants et de drogue, il a aussi participé au financement du terrorisme.

Son plus grand fait d’arme ? L’opération Otterloo.

Barco panameño Otterloo.Fin 2001, un chargement de 3 117 kalachnikovs et 5 millions de cartouches quitte le navire Otterloo, dans le port de Turbo, en Colombie. Achetées à l’armée du Nicaragua, les armes étaient destinées en théorie à la police du Panama. Yelinek s’arrange en fait pour les livrer aux Autodéfenses Unies de Colombie (AUC), un groupe paramilitaire d’extrême droite.

LIRE aussi: http://news.bbc.co.uk/hi/spanish/latin_america/newsid_2678000/2678657.stm

Ses compétences et son réseau de trafiquant d’armes, Yelinek, né en Israël en 1961, les développe en Afrique entre 1980 et 2001. Dans les années 80 et 90, Yelinek est le chef de la sécurité de Mobutu Sese Seko, le dictateur du Zaïre (actuelle République démocratique du Congo). C’est là qu’il se lie d’amitié avec Aziz Nassour, un diamantaire libanais. Proche collaborateur du dictateur Mobutu, ce dernier exporte à Anvers des pierres du Liberia et de Sierra Leone, entre autres. Tous deux sont ou seront clients de HSBC.

Al-Qaida a besoin de diamants

En 2000, Al-Qaida prend contact avec Aziz Nassour. La raison ? Le groupe terroriste désirait sortir son argent des banques pour acquérir des diamants, afin d’éviter d’éventuelles sanctions bancaires. Le groupe terroriste, qui avait déjà frappé les deux ambassades américaines de Tanzanie et du Kenya, avait besoin de préserver ses liquidités en préparation des attentats du World Trade Center, en septembre 2011. Le marché du diamant en Afrique de l’Ouest était une cible parfaite, comme le souligne un rapport de l’organisation non-gouvernementale Global Witnessvoile les étapes de cette affaire. En décembre 2000, deux membres d’Al-Qaida, Ahmed Ghailani et Fazul Abdullah Mohammed, approchent donc Nassour à Kinshasa. Ils sont notamment connus pour leur participation aux attentats contre les ambassades de Dar es Salaam et Nairobi en août 1998. Le contact se révèle prometteur.

À l’époque, Aziz Nassour montait une opération avec son cousin Samih Ossaily pour acheter des diamants au Revolutionary United Front (RUF). Soutenu par Charles Taylor, le RUF tentait de répliquer en Sierra Leone le coup d’état réussi de ce dernier au Liberia. L’affaire était donc conclue d’avance : le RUF avait besoin de vendre des diamants et Al-Qaida était preneur.

Les remords d’un diamantaire

Quel rôle Yelinek joua-t-il dans cette affaire ? Dans une des clauses de l’accord, Nassour s’engageait à procurer des armes au Président Taylor et aux rebelles qu’il soutenait, les RUF. Fin 2000, Nassour contacte son vieil ami Yelinek. Alors basé au Marriott de Miami et répondant au téléphone sous le nom de code « Sierra », le trafiquant israélien transmet la demande à son collègue Ori Zoller. Ancien membre des forces spéciales israéliennes, ce dernier exerce dans le commerce des armes au Guatemala. Le choix n’est pas sans raison : Zoller prend part à l’opération Otterloo qui est en train de se dérouler.

Des documents de la police belge, obtenus par Le Monde, ainsi que les emails échangés entre Yelinek et Zoller, dévoilent la composition et la technicité du deal. La cargaison devait notamment contenir des kalachnikovs, des lance-roquettes, des canons antiaériens et des canons antichars. Pour contourner l’embargo des Nations Unies sur les armes imposé au Liberia et à la Sierra Leone, Nassour se procure un certificat d’utilisation finale ivoirien. Utilisé dans les transferts internationaux, ce document sert à certifier que l’acheteur est bien le seul et l’unique utilisateur de la marchandise.

image: http://s1.lemde.fr/image/2015/02/14/768×0/4576773_6_0d7f_l-ex-president-du-liberia-charles-taylor-a_99613e4b55d400743574418ab6c45b94.jpg

L'ex-président du Liberia, Charles Taylor, à Accra (Ghana), en 2003. Il est l'un des instigateurs de la guerree civile de Sierra Leone. En 2012, le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, dépaysé à la Haye (Pays Bas), le reconnaît coupable de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre.

Cependant, l’affaire s’effondre. Début 2001, Ali Darwish, un diamantaire de Sierra Leone, décide de se repentir. Il avait notamment mis en lien Nassour avec Ibrahim Bah, confident du Président Charles Taylor et proche des rebelles du RUF. Il informe les autorités américaines du trafic d’armes illégal. Celles-ci n’agissent pas mais la confiance ne règne plus entre RUF, trafiquants et diamantaires.

Au même moment, la découverte du chargement de l’Otterloo fait scandale dans la presse latino-américaine. Yelinek est sous le feu des projecteurs. Après avoir été incarcéré au Panama entre 2002 et 2004 puis relâché grâce à des pots-de-vin virés de son compte HSBC, il disparaît dans la nature. Il refait surface en 2011. Il est alors le sujet d’une enquête de la Drug Enforcement Administration (DEA) et du Département du Trésor des Etats-Unis pour ses liens supposés avec le réseau de trafic de drogue colombien de Cifuentes Villa. Ce dernier est affilié au fameux et violent cartel mexicain de Sinaloa.

image: http://s2.lemde.fr/image/2015/02/14/768×0/4576772_6_ea70_scene-de-la-guerre-civile-au-liberia-en-2003_d6c671edb1e65452b1905acd378b0f27.jpg

Scène de la guerre civile au Liberia, en 2003, qui fut nourrie par les trafiquants de diamants et les trafiquants d'armes

Les données recueillies par Le Monde dans les documents « SwissLeaks » indiquent que Yelinek a pu maintenir des comptes chez HSBC Private Bank (PB) jusqu’en 2007. À cette époque, Yelinek possédait encore 860 000 dollars dans cette institution. Ses comptes étaient liés à des sociétés écrans : Ubicon Corp. et Fenco Holding Inc. Avec la collaboration de journalistes de la Süddeutsche Zeitung, Le Monde s’est procuré les certificats de constitution de ces entreprises. Possédant déjà des entreprises écrans au Panama, Yelinek a voulu varier. D’après les documents originaux, Ubicon Corp. et Fenco Holding Inc. furent créées en avril et juin 2004 dans les îles Vierges britanniques, respectivement au nom de Yelinek et sa femme, Limor Yelinek.

Malgré son profil de trafiquants d’armes et de blanchisseur d ‘argent pour le compte d’un cartel colombien, la filiale HSBC PB n’a pas ordonné la fermeture des comptes de Yelinek. Elle ne pouvait cependant pas ignorer les agissements de son client. Il avait été fiché à plusieurs reprises entre 2000 et 2011 par des agences de sécurité américaines, belges et latino-américaines.

Plus accablant encore pour HSBC, le Washington Post avait mentionné Yelinek dans l’enquête menée sur la filiale diamantaire d’Al-Qaida en Afrique de l’Ouest début 2000.

Après l’affaire Otterloo en 2001, son nom était partout dans la presse latino-américaine. HSBC PB semble donc fautive de complicité. Consciente ou pas ?

Cela reste à définir. Avec autant de signaux d’alertes, l’ignorance n’est cependant pas une excuse valable.

Aliaume Leroy

SOURCE et plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/02/14/shimon-yelinek-criminel-polyvalent-mais-pour-hsbc-un-client-sans-histoire_4576775_3212.html#FQhzFcTwgLAO4FAw.99

—————————————

* El  Otterloo

En los archivos de la Secretaría General de la Organización de Estados Americanos en Washington hay un informe de 40 páginas con siete anexos titulado: “Sobre el desvío de armas nicaragüenses a las Autodefensas Unidas de Colombia”. El documento 3687, de enero de 2003, confirma que Panamá sirvió de fachada para que los paramilitares recibieran en el golfo de Urabá 3 mil AK47 y 2 millones y medio de municiones traídas en el trasatlántico Otterloo.

Peloticas de goma declaradas en el manifiesto de aduanas ocultaban los fusiles. A finales de 1999 se configuró un canje de armas, en apariencia legal, entre la Policía Nacional de Nicaragua y GIR, una agencia privada de comercio de armas de Guatemala: la primera entregaba 5.000 fusiles AK y municiones de sus excedentes a cambio de pistolas y ametralladoras mini-Uzi de origen israelí. GIR encontró en Panamá a un interesado en los fusiles y municiones, el israelí-panameño Shimon Yelinek, quien a su vez presentó una orden de compra de ese arsenal por parte de la Policía Nacional local, que resultó falsa. El mismo Yelinek comisionó a la compañía marítima panameña Trafalgar Maritime Inc. para cargar 14 contenedores de armas en su único buque, el Otterloo, y transportarlos entre Nicaragua y Panamá, como declaró al zarpar el 3 de noviembre de 2001. Sin embargo, hizo travesía directa hacia Turbo, Colombia, donde lo recibieron dos días después empleados de Banadex, filial de la multinacional norteamericana Chiquita Brands, y lo descargaron otros de la naviera Turbana. El DAS de Colombia, disuelto entre otros motivos por su complicidad con el paramilitarismo, registró la llegada y no encontró nada irregular. El barco terminó anclado en Panamá en diciembre de 2001, después de ir a Venezuela y Surinam. El 14 de junio de 2002 el barco fue vendido por el panameño Julio Matute al colombiano Édgar Enrique Aarón Villalba, quien se lo habría llevado a Belice, mientras la naviera Trafalgar era disuelta. “El mejor gol que metimos”, celebró el después asesinado comandante paramilitar Carlos Castaño. Hubo cinco embarques similares hasta reunir 13 mil fusiles. Según la Fiscalía, el cartel de los Castaño llegó a contar con no menos de media docena de barcos, además de embarcaciones rápidas y aeronaves, que se movían hacia el istmo desde el Atlántico y el Pacífico.

fuente: http://www.elespectador.com/noticias/nacional/barcos-anclaron-guerra-colombia-articulo-521748

Lire aussi : SwissLeaks : qui sont les millionnaires africains de HSBC ?

Lire aussi : SwissLeaks en Afrique : des diamantaires en fuite

000000000000000000000000000000000000000000