
La piste de la poudre blanche reste fraîche, voire très fraîche au Sahara, selon le dernier rapport du Global Initiative against transnational organized crime (Gi-Toc), publié en août. Le phénomène avait éclaté aux yeux du grand public à l’occasion de l’affaire Air Cocaïne, en 2009, après la découverte dans le désert malien de la carcasse d’un Boeing, incendié après avoir été délesté de sa cargaison de plusieurs tonnes de drogue. Certes, les routes terrestres étaient déjà très prisées des trafiquants de cannabis depuis le début des années 1990, et elles restent secondaires par rapport aux voies maritimes, toutes substances confondues. Mais leur contrôle est très convoité par les différents acteurs armés de la région.
Ces trafics affaiblissent les États de la région, rongés en profondeur par les organisations du crime organisé qui y trouvent des complicités ou contournés et combattus par des adversaires armés enrichis par l’argent de la drogue quand les autorités tentent (très rarement) d’y mettre bon ordre. Derrière des façades politiques diverses – souverainistes, indépendantistes, djihadistes ou communautaires –, les organisations et États de la région se rendent ainsi complices d’activités illicites qui enrichissent au premier chef les mafias latino-américaines et sahéliennes, et nourrissent les tensions locales. « Les revenus issus du trafic renforcent les économies de protection, dénaturent les institutions de sécurité et incitent les acteurs armés et politiques à maintenir le statu quo », écrit l’organisation basée à Genève dans son rapport intitulé « Cocaïne et conflit : Mali, Niger et Libye ».
Les groupes armés, y compris djihadistes, au cœur du trafic
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