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Dimanche matin, trois jeunes hommes ont été interpellés en flagrant délit rue de l’Arbrisseau.
Une importante quantité de drogue a été trouvée dans un sac jeté en fuyant la police. Le trio sera déféré ce jeudi.
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Dans la nuit du 6 octobre 2017, sur le parking du magasin Carrefour Contact de Loon-Plage, les enquêteurs de la PJ de Lille, en coopération avec la National Crime Agency, leur équivalent britannique, interpellaient deux Anglais liés au grand banditisme à l’échelle européenne, ainsi qu’un troisième homme, un agent des douanes britanniques, en poste entre Folkestone et Loon-Plage, au terminal ferry.
Un douanier britannique en poste au terminal ferry avait été arrêté en octobre 2017, sur le parking du magasin Carrefour Contact de Loon-Plage, en train de charger des armes de guerre et de la drogue, pour un montant de 3,5 M€, en compagnie de deux individus liés au grand banditisme.
Leur procès s’est tenu ce vendredi devant la cour de justice d’Isleworth.
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Le Collectif Themis vous invite à participer à l’atelier:
« La prohibition des drogues : alerte sur une criminalité légale? »
qui aura lieu dans la Salle Pavillon du Salon Des livres et l’alerte, le 4e salon du livre des lanceurs et lanceuses d’alerte le dimanche 18 Novembre 2018 à 14h, à la Maison des Métallos à Paris (L’entrée y est libre et gratuite)
Après des décennies de régime prohibitif, une unanimité se dessine: des organisations de terrain aux agences de l’ONU le dispositif légal de prohibition des « stupéfiants », n’est ni en mesure de protéger les droits fondamentaux des citoyen.ne.s, ni la sûreté ou santé publique. Si la réponse est aujourd’hui claire, ne faut-il pas lancer l’alerte ?
Panélistes :
* Bénédicte Desforges – Ancien gardien de la paix dans une unité anticriminalité des Hauts-de-Seine. Son livre, “Flic, chroniques de la police ordinaire” offre sous forme de chroniques, une plongée décapante dans le quotidien des ” flics de base”.
En disponibilité, elle continue à raconter ses histoires dans un blog : http://police.etc.over-blog.net FLiC
* Fabrice Olivet – Militant historique de la réforme des politiques de drogues, il est directeur de l’association ASUD – Autosupport des usagers de drogues. Historien de formation. Il est membre de la commission nationale des stupéfiants et des psychotropes de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM).
* Marc Francois Fievet – Ancien aviseur des douanes françaises, inscrit sous le matricule « NS 55 DNRED ». Simple citoyen dépourvu du statut de fonctionnaire, il a infiltré d’importants réseaux de narcotrafic. Implanté Gibraltar avec sa famille, il a ainsi approché le plus grand narco-broker de l’époque, Claudio Locatelli. Arrêté par la police canadienne en 1994, et condamné par la justice, Marc Fievet est “lâché” par l’administration fiscale française. Il passera onze année prison malgré un non lieu prononcé par la justice en France. Aujourd’hui transporteur routier, il est auteur de plusieurs livres. Il à inspiré le film “Gibraltar”.
* Emmanuel FANSTEN,(au milieu de la photo) journaliste à Libération et auteur de « l’Infiltré » avec Hubert AVOINE. Ce dernier a travaillé des années en secret pour l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS). Il a publié « l’Infiltré » de la traque du Chapo Guzmán au scandale français des stups chez Robert Laffont, où il a dénoncé des pratiques douteuses. Ses différentes missions l’ont amené à se demander si les trafics n’étaient pas encouragés plutôt que démantelés.
Hubert Avoine souhaitait participer au 4ème salon à la rencontre sur les politiques de drogues et leur prohibition. Il nous a quitté le 19 octobre. Malgré son absence ,son précieux témoignage éclairera nos échanges, et sera présent dans nos mémoires.
Pour en savoir plus, cliquez sur ce lien: Envoyé spécial Scandale chez les stups – 14 juin 2018 (France 2)
* Animateur du débat: Fabrice Rizzoli – Docteur en sciences politiques, il est chargé du cours « Géopolitique des criminalités » dans différents établissement universitaires : Sciences Po Paris, IRIS, HEIP… Il a fondé l’association Crim’HALT comme « alternative » pour impliquer les citoyens contre la grande criminalité en particulier à l’aide d’un plaidoyer pour l’utilisation sociale des biens confisqués aux criminels. Il enquête sur les mafias depuis de nombreuses années et lance l’alerte sur la présence mafieuse dans l’« économie légale ». Il a écrit « La mafia de A à Z, 162 définitions mafieuses » (Tim Buctu éditions, 2015).
Événement FB du salon: https://www.facebook.com/events/357390998032866/?active_tab=discussion
Programme complet: https://deslivresetlalerte.fr/wp-content/uploads/2018/09/programme_DLEA_2018.pdf
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Deux Albanais ont été interpellés mardi 13 novembre à Décines alors qu’ils quittaient un appartement, chargés de 550 grammes d’héroïne pure et 32 kilos de produits de coupe. C’est sur la base d’une information, selon laquelle des dealers menaient leurs petites affaires dans un appartement à Décines que les policiers avaient établi une surveillance.
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Le gérant et propriétaire d’un restaurant de Curis a été interpellé mardi 6 novembre. Il est accusé d’avoir revendu, pendant au moins deux ans, de la cocaïne à des clients de son restaurant afin de financer sa consommation personnelle.
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Quatre personnes, soupçonnées d’un vaste trafic de drogue à Albi, étaient mardi en garde à vue dans cette ville après une opération de police qui a permis la saisie de centaines de doses de cocaïne et de quatre kilos de cannabis.
L’opération de démantèlement de ce réseau a été menée par les policiers d’Albi appuyés par des éléments de la Brigade régionale d’intervention, soit une cinquantaine d’hommes qui sont intervenus simultanément lundi à Albi et à Toulouse.
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La « politique » anti-stups en France est décidée par les lois votées à l’Assemblée nationale après examen au Sénat.
Ces élus ont démontré qu’ils étaient trop souvent sous influence de lobbys (clubs de réflexion et d’influence dits aussi « think tanks », lobbyistes et cabinets de lobbying ou de conseils, avocats, associations et fondations etc.)
Sécuriser l’étude des propositions de lois à venir quant au fait que tous ces élus ne sont pas sous influence de produits illicites comme le cannabis, la cocaïne, l’héroïne, pour que les décisions prises le soient en parfait état mental.
Merci de signer cette pétition en allant sur:
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Depuis le 1er octobre, l’association SAFE, association de Réduction des Risques liés à l’usage des drogues, a été contrainte pour la première fois depuis 29 ans de cesser la distribution de seringues à distance, suite à des carences de financements.
Inclus dans le dernier Plan gouvernemental de lutte contre les drogues et conduites addictives, ce programme permet d’accueillir par téléphone ou par e-mail les usagers de drogues, de leur proposer un conseil personnalisé et de leur adresser par voie postale les seringues, les pipes à crack et tous les matériels de prévention nécessaires et adaptés à leurs besoins afin de réduire les risques infectieux : VIH, hépatite C, mais aussi bactériologiques et virales
Ce programme connaît un « succès » croissant.
En 2018, près de 380 000 seringues ont déjà été distribuées par le biais de ce dispositif. C’est déjà plus que les 355 868 de 2017 et que les 273 108 de 2016.
Contactée par « le Quotidien », la directrice de l’association, Catherine Duplessy, pointe du doigt les conséquences d’une régionalisation du financement de l’activité de distribution des seringues à distance, décidée unilatéralement par la direction générale de la Santé (DGS) en 2015. « Jusqu’en 2015, nous avions un financement global de 180 000 euros pour l’ensemble des régions, explique-t-elle. Il y a maintenant un financement déconcentré imposé, ce qui oblige à identifier, dans chaque région, des acteurs de terrains qui doivent prendre le relais. »
6 régions dans l’impasse « Bourgogne Franche-Comté, Corse, Normandie, pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte d’Azur et l’outre-mer »
Dans la pratique, le passage à un système moins centralisé ne s’est pas déroulé comme prévu…..
LIRE la suite:
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Dans une tribune au « Monde », un collectif de personnalités issues de la société civile appelle à l’ouverture d’un débat national sur les drogues pour que la France sorte d’une politique essentiellement répressive.

Tribune. A l’heure où le Canada choisit de légaliser le marché du cannabis, un nombre croissant de pays amorce aujourd’hui des réformes majeures issues d’un constat partagé : l’échec des politiques publiques en matière de drogues fondées sur une logique de répression.
Cette prise de conscience s’observe au niveau international. En effet, le 27 juin 2017, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) invitaient l’ensemble des Etats membres à mettre un terme à la pénalisation de l’usage de drogues, favorisant ainsi la mise en œuvre cohérente des conventions internationales sur le sujet.
Pourtant, face à ce grand mouvement mondial, le gouvernement français s’entête à nager à contre-courant pour maintenir et renforcer un arsenal pénal qui a montré toutes ses limites. De fait, le projet de réforme de la justice pénale qui entend pénaliser tout citoyen majeur pris en flagrant délit d’usage de drogues d’une amende de 300 euros témoigne d’une vision de notre société déconnectée de la réalité et d’une incompréhension de la problématique.
Comme le reconnaissent les rapporteurs de la mission d’information de l’Assemblée nationale sur le sujet de l’amende forfaitaire délictuelle, ni le cadre pénal actuel ni l’amende forfaitaire ne sont à la hauteur des enjeux posés par la consommation de produits stupéfiants. Systématiser et standardiser la sanction au détriment de l’accompagnement et de l’orientation vers le soin ne constitue en rien une avancée. Si le souhait du gouvernement est d’optimiser les conditions de travail des acteurs de la chaîne pénale, ne serait-il pas plus responsable d’assumer une réelle dépénalisation de l’usage simple, à l’instar de la Norvège ou du Portugal ?
L’amende se justifie aussi sous l’argument protecteur d’un maintien de l’interdit pour les mineurs, mais seuls les majeurs sont concernés par cette mesure, qui reflète une réelle confusion entre l’interdit éducatif et l’interdiction pénale. Ce projet risque par ailleurs d’entraîner un regain de tension entre les forces de l’ordre et la population, ainsi qu’une charge croissante pour les services de la justice, notamment face aux nombreuses situations de défaut de recouvrement.
Cette réforme ne répondra pas non plus à l’objectif gouvernemental de modernisation de l’action publique. En effet, le renforcement nécessaire du centre national chargé de traiter ce contentieux et l’augmentation des contestations risque de neutraliser les économies de temps réalisées par ailleurs. Les moyens financiers consacrés à la justice sont de toute façon structurellement insuffisants.
Nous souhaitons enfin rappeler ici que la dépénalisation de l’usage simple est une étape nécessaire, mais insuffisante pour résoudre les problèmes liés à la lutte contre les réseaux criminels et la corruption. De fait, la question d’une potentielle régulation du marché des produits psychoactifs et l’élaboration d’une politique cohérente encadrant toutes les drogues devraient être une priorité pour le gouvernement.
Nous, personnalités publiques et associations professionnelles ou communautaires, auditionnées par les rapporteurs ou sensibles au sujet traité, signifions notre appel à un débat national sur les drogues. En un temps où tout bouge en ce domaine en Amérique du Nord comme en Europe, la politique de notre pays ne doit pas rester figée dans une dimension essentiellement répressive comme dans le projet de loi en préparation. Un débat national peut permettre d’aboutir à une solution prenant en compte tous les aspects d’une nouvelle législation en matière de drogues, efficace aussi bien au plan de la santé que de la sûreté publique.
Maintes fois amendée, la loi de 1970 a démontré toute son incapacité à protéger la population, notamment les plus jeunes. C’est un échec flagrant auxquels les territoires abandonnés de la République paient un lourd tribut. Sortons de l’impasse, il est grand temps de repasser à l’offensive, dans le bon sens cette fois.
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Liste des signataires : Maxime Atton, directeur de NORML France (National Organization for the Reform of Marijuana Laws France) ; Aurélien Beaucamp, président d’Aides ; Philippe De Botton, président de Médecins du monde ; Jean-Michel Delile, président de la Fédération Addiction ; Katia Dubreuil, présidente du Syndicat de la magistrature ; Michel Kazatchkine, Global Commission ; William Lowentsein, président de SOS-Addictions ; Laurence Roques, présidente du Syndicat des avocats de France ; Malik Salemkour, président de la Ligue des droits de l’homme ; Alessandro Stella, président d’ASUD (Auto-support des usagers de drogues).
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Les cinq protagonistes interpellés mardi 6 novembre par les gendarmes de Haute-Saône sont âgés d’une trentaine d’années.
Ces quatre hommes et une femme sont soupçonnés d’avoir écoulé 7 kilos d’héroïne depuis début 2017.
Les suspects faisaient l’objet d’écoutes téléphoniques.
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Les agents de la Brigade de surveillance intérieure (BSI) des Douanes de Clermont-Ferrand, ont interpellé un routier espagnol ce samedi sur l’A 75 à Lorlanges en Haute-Loire.
Le conducteur de nationalité espagnole, âgé de 39 ans, conduisait le camion frigorifique quitransportait des palettes avec des denrées alimentaires en partie périmées (biscottes, croûtons…)!
il a été jugé ce lundi après-midi par le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay dans le cadre d’une comparution immédiate.
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par Claire Andrieux
Sofiane Hambli a récemment été remis en liberté, placé sous contrôle judiciaire dans une affaire où il est mis en examen pour trafic et pour laquelle il avait pourtant aussi travaillé comme informateur pour la police: la saisie de 7 tonnes de cannabis par les douanes à Paris en 2015.
Il avait été remis à la France par les autorités belges sur mandat d’arrêt en 2016, ce qui empêche la justice française de le poursuivre pour d’autres affaires aujourd’hui, en vertu du principe de « spécialité ».
Sauf s’il renonce à ce principe.
Sans surprise, il a refusé d’y renoncer vendredi, face aux policiers de l’IGPN, la police des polices. Le magistrat lyonnais va devoir demander une extension de compétence aux autorités belges pour pouvoir le mettre en examen et peut-être le remettre en prison.
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La France est le pays le plus répressif d’Europe en matière d’usage de stupéfiants, mais c’est aussi un de ceux où l’on trouve le plus de consommateurs, notamment chez les plus jeunes.
La guerre à la drogue et à ses usagers menée depuis presque 50 ans n’a pas eu les effets supposés par la prohibition : l’usage de drogues est insensible à l’arsenal législatif, et la prohibition ne profite qu’au marché noir et au crime organisé.
« >La répression est une entrave à la prévention, l’information, l’accès aux soins et la réduction des risques, qui devraient pourtant être des priorités absolues.
« >La répression des usagers n’est pas dissuasive, et elle a un impact insignifiant sur la résolution des enquêtes de trafic.
« >La répression de l’usage de stupéfiants est le carburant de la politique du chiffre, et biaise la statistique de l’efficacité de l’activité policière.
Policiers et gendarmes y consacrent un temps considérable sans aucun résultat global probant.
Le coût des procédures pour ce délit en termes d’argent public est exorbitant.
L’application de l’art. L.3421-1 du code de la santé publique est aussi le prétexte d’une pratique policière de ciblage et de multiplication des contrôles d’identité. Les relations entre la police et la population des quartiers populaires se détériorent, haine et brutalité réciproques s’enracinent.
« >La prohibition et la répression génèrent des effets délétères à tous points de vue.
L’usage de stupéfiants est une conduite individuelle à risques, mais ne cause pas de tort à autrui. À raison de plus de 90% de cannabis sur l’ensemble des usagers interpellés, ce délit mobilise pourtant de façon disproportionnée l’action de la police et de la justice.
Il est temps d’ouvrir un débat raisonnable, éclairé et réaliste, débarrassé des fantasmes et dogmes qui ont présidé à loi de 1970.
lire plus
https://www.stoplaprohibition.fr/
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Madame Corinne Cléostrate, (photo de gauche), directrice aujourd’hui de la DNRED, n’était pas au courant de ce qui se passait à Roissy…et donc n’a pas utilisé le 40! Pourtant elle était de 2008 à 2011, cheffe de la direction du renseignement douanier, à la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières) et de 2011 à 2014, elle a exercé en tant que directrice régionale des douanes et droits indirects à Roissy Voyageurs.Inquiétant quand même que cette spécialiste du renseignement n’était pas informé des dérives de ses collaborateurs!
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A lire, l’article de Thierry LÉVÊQUE, paru dans « Crocs de boucher »en avril 2015, qui dévoilait le rapport qui raconte comment des douaniers sont devenus millionnaires avec l’argent de la drogue pendant deux décennies.
Douaniers « ripoux » et millionnaires : le rapport enterréDes trafiquants de drogue sanguinaires font la loi et s’échangent allègrement des montagnes d’argent par les lignes aériennes régulières, dans des grosses valises bourrées de millions d’euros en grosses coupures. La police est impuissante. La douane se sert au passage en interceptant à son profit une partie de l’argent, empêchant les forces de l’ordre de remonter les filières. Avertie, la justice ferme les yeux sur l’essentiel.
Suis-je ainsi en train de vous dépeindre l’Amérique latine au beau temps des cartels colombiens ou mexicains ? Pas du tout. L’Europe et la France, aujourd’hui. La police française a découvert le pot aux roses par hasard en 2012 et sept douaniers en poste à Roissy à la Brigade surveillance extérieure (BSE) ont été arrêtés.
Alors qu’il est apparu de suite que le manège de ces agents de l’Etat avec l’argent sale durait depuis au moins 20 ans, et que les douaniers avaient entassé partout dans le monde un fabuleux trésor qui se comptait en millions d’euros et peut-être plus, le dossier n’a pas été traité. Le tribunal de Bobigny ne devrait connaitre fin 2015 ou début 2016 qu’un dossier d’enquête tronqué, pour un procès tronqué.
Dommage, car l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS) avait tout dit dès le départ dans un rapport-choc, que personne n’a jugé utile d’exploiter jusqu’au bout. C’est trop bête.
Une malheureuse négligence ? Le manque de moyens du tribunal de Bobigny, totalement engorgé et où les juges d’instruction se succèdent à haute fréquence ? Une volonté d’enterrer une affaire potentiellement explosive pour la Douane et l’Etat français ? Les trois à la fois ? Mystère.
Heureusement, « Crocs de boucher » est là pour en livrer de bons passages de ce rapport évoqué par mes soins déjà dans Sud-Ouest, en exclusivité. C’est un document de onze pages , rédigé après les premières auditions et investigations et remis au parquet de Bobigny.
Comme on le lit sur la page de garde ci-dessous, un nom amusant a déjà été donné à l’affaire : « Harpagon », le personnage de l’Avare de Molière.

La police a bien le droit de s’amuser un peu, même si ce dossier ne la fait pas forcément trop rire. Ce document relate toute l’affaire en commençant par le début, le 12 avril 2012.
L’OCRTIS est sur une piste brûlante ce jour-là, celle d’une valise d’argent contenant 640.000 euros en espèces, et que deux passeurs doivent acheminer par un vol régulier vers la République dominicaine.
Cette technique qui peut paraître incongrue est pourtant utilisée de manière routinière par les mafieux européens assurant la distribution de la drogue en Europe.
Un autre suspect, lit-on, fait de son côté remonter « ces choses » à 1994 en ce qui le concerne, et se souvient qu’il avait alors été « initié par un ancien », ce qui suppose que la pratique existait déjà.

Un troisième suspect explique avoir commencé en 1997 et décrit la fièvre qui l’a saisi.

Un quatrième dit avoir ouvert son premier compte en Andorre en 1998 et avoue au passage détenir au moment de l’interrogatoire plus de 1,1 million d’euros. Il précise que son fils est informé.

La question est donc : une enquête a-t-elle été menée par la justice pour vérifier les patrimoines de tous les douaniers de la DSE passés par la BSE de Roissy sur les deux dernières décennies ?
Ils sont sans doute plusieurs dizaines au moins. Certains sont peut-être montés en grade…
Après des sollicitations infructueuses ces derniers mois, le parquet de Bobigny a fini par répondre par texto le 3 avril : « la seule nouveauté c’est que l’instruction touche à sa fin et que le dossier devrait être rapidement communiqué au parquet ». Le procès qui devrait se dérouler (si les délais habituels sont respectés), fin 2015 ou plus vraisemblablement en 2016, ne concernera que les sept douaniers pris sur le fait.
L’instruction a-t-elle au moins permis de recenser et de saisir les biens acquis avec l’argent de la drogue par les douaniers en Thaïlande, à Hong-Kong, en Afrique et mis au jour par les toutes premières perquisitions ? On n’en saura rien pour l’instant.
On image que l’avocat des douaniers, Daniel Merchat est ravi. « Que des pratiques illégales aient existé au-delà de la prescription n’a aucun intérêt. Je considère que l’élargissement des investigations au-delà de 2002 est une perte de temps et un gaspillage de l’argent public », nous a-t-il déclaré.
À ses yeux, les douaniers ont fait quelque part leur métier. « Ils ont estimé que dans le cadre de la lutte contre le trafic de stupéfiants, compte tenu de ce qu’ils percevaient comme de l’inertie, il était plus efficace de priver les trafiquants du produit de leur business, c’est-à-dire de leur argent. Ce sont des soldats perdus qui ont continué leur guerre contre les cartels par d’autres moyens que ceux que leur donnait la loi. » Pour un peu, il demanderait une médaille au lieu d’un procès.
Fermez le ban et dormez, bonnes gens!
Quant à la douane, elle a assuré en 2014 avoir fait le nécessaire pour mettre fin à ce qu’elle considère comme des « comportements totalement isolés ». C’est Hélène Crocquevieille qui était la directrice générale de la Douane française en 2014!
La douane peut continuer sa vaillante lutte « contre la criminalité organisée », dont elle se vante dans de belles brochures.
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Mardi, les policiers du commissariat de Martigues, rompus à la pratique de la police de sécurité du quotidien, ont rapidement exploité un renseignement pour mettre fin à l’activité de deux nourrices, le terme qui recouvre l’activité d’individus stockant chez eux le « matériel » inhérent au trafic de drogue. Les investigations des policiers les ont menés dans deux logements, dans deux quartiers de Port-de-Bouc bien connus pour abriter des trafics.
-Dans le premier, à Milan-sud, à côté du quartier des Amarantes, saisie de 104 kg de résine de cannabis, 99 g de cocaïne et des feuilles où la « comptabilité » du trafic était répertoriée. Deux personnes ont été interpellées.
-Dans la foulée, c’est à « Chicago », le surnom officiel du quartier Tassy-Bellevue, saisie de 6,3 kg d’herbe de cannabis, 85 kg de résine de cannabis, et une kalachnikov prête à servir, chargeur enclenché. Une personne a été interpellée, et a rejoint les autres en garde à vue.
Hier, le commissariat de Martigues a été dessaisi de l’affaire au profit de l’antenne marseillaise de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS) de la police judiciaire, qui devra déterminer si ces personnes, deux femmes et un homme âgés de 25 à 30 ans, sont « seulement » des nourrices ou si, bien qu’inconnues de la police pour trafic de stupéfiants, elles tiennent un rang supérieur.
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Aire de repos de Tavel – Autoroute A9
Les douaniers ont saisi 430 kilos d’herbe et 50 kilos de résine de cannabis dans un poids lourd immatriculé aux Pays-Bas.
La cargaison de drogue était dissimulée sous des tapis de gymnastique.
Le chauffeur n’a rien dit lors de sa retenue administrative douanière. Il a été remis à la Police.
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Une « déposition » passionnante et instructive. Il y a bientôt sept ans éclatait l’affaire Neyret [du nom du « superflic » lyonnais tombé pour ses liens avec les indics], impliquant également les deux chefs de la police judiciaire de Grenoble, le commissaire Christophe Gavat et son ancien adjoint, le commandant Gilles Guillotin. Le procès en appel s’est déroulé en avril. Poursuivis pour « trafic de stupéfiants, détournements de scellés, association de malfaiteurs », Christophe Gavat a été relaxé et Gilles Guillotin a été condamné à huit mois de prison avec sursis lors du verdict du 12 juin dernier. Qu’en pensez-vous ? Il faut préciser que l’enquête de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale), diligentée par le parquet de Paris, était centrée sur Neyret, et pas sur le commandant Guillotin et le commissaire Gavat. Pour preuve, les perquisitions de leurs bureaux à l’hôtel de police de Grenoble ont été faites plus d’une semaine après les 96 heures de garde à vue passées dans le cadre de trafics de stupéfiants et association de malfaiteurs. Pourquoi ? C’est du jamais vu en matière de procédure de stupéfiants… Combien de dealers aimeraient avoir le temps de faire le « ménage » en sortant de chez le magistrat instructeur ? Beaucoup… Joli cadeau de l’IGPN en tout cas. Quand l’affaire Neyret a éclaté, je n’ai pas été étonné puisque cela faisait des années que je dénonçais par écrits et paroles les vols de scellés et les protections douteuses. J’avais même été menacé hors service et en service à ce sujet.

En fait, parmi les trois braqueurs de la bijouterie Delatour, il y a l’indic X. Sur ce coup-là, il n’avait pas prévenu la PJ qu’il montait au « braquo ». Classique ! Parfois les indics aident la police, et d’autres fois, ils sont à leur compte. Là, X pensait qu’ils allaient cramer la voiture, effacer toutes les traces. Mais ça ne se passe pas comme prévu, il sait qu’il va être « accroché » par les gendarmes. Les indics jouent sur deux tableaux. Quand ça se passe bien, ils ne disent rien. Mais quand ils sont mis en cause dans la procédure, ils vont voir les flics en disant « je vous balance une affaire et vous me sortez d’une autre ». Alors pour se « rattraper » et pour avoir l’immunité adéquate, X balance quelques semaines plus tard un projet de braquage : celui du casino d’Uriage.
Karim Boudouda était aussi dans l’affaire Delatour et c’est lui qui tirait sur les policiers pendant que X conduisait. Ils sont de grands amis. Boudouda, ignorant le statut de son complice, lui propose de braquer le casino d’Uriage en lui servant encore une fois de chauffeur. X décline. Il vient enfin d’obtenir son immunité en « balançant » le projet et l’équipe. Lire la suiteA la lecture de l’article de Libération, « Gérard Fauré, une clientèle haut de came« , je ne peux m’empêcher de repenser à mon action d’infiltration pour le compte de la DNRED au sein des organisations criminelles qui m’ont à l’époque permis de constater la très grande proximité d’intérêts entre le sieur Pasqua Charles et les profits dégagés par le narcotrafic.
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Pasqua n’était guère cocaïnomane – «j’en suis sûr», atteste Gérard Fauré – mais l’argent parallèle du secteur a pu l’intéresser… Fauré, précoce dealer au Maroc puis un peu partout ailleurs continue en écrivant: « Moyennant la moitié de nos gains, il nous garantissait l’impunité sur des affaires juteuses et triées sur le volet, sachant exactement là ou il fallait frapper. »
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A l’époque, les fonctionnaires français de la DNRED et américains du DEA que j’eus en face de moi firent les sourds à mes déclarations.
Il y a quelques semaines, j’écrivais un article intitulé: FRANCE (Douane Française): lorsque NS 55, l’agent infiltré de la DNRED, partait à Bogotá
EXTRAIT
« Je retourne sur la Costa del Sol, mais je repense, sans cesse, à notre dernière conversation dans le bureau de Christian Gatard à l’échelon DNRED de Nantes. J’ai dit à Jo Le Squere que j’irai jusqu’au bout et que je mettrais Pasqua au placard. David May, le correspondant du DEA à Paris, est resté interloqué et sa suprême laideur, dont il use pour provoquer ses interlocuteurs par des manœuvres déstabilisatrices, ne me permettra pas de constater la moindre réaction…Mais, les gens du DEA connaissent bien les réseaux de Monsieur Pasqua. Les dernières informations recueillies à Marseille m’ont encore conforté dans ma position jusqu’au-boutiste ! Ce type qui est ministre de l’intérieur…. » Lire plus
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Le livre de Gérard Fauré s’achève sur cet hommage indirect à la police française: lors d’une perquisition à son domicile, 10 des 15 kilos de cocaïne disparaissent, tout comme 90 % des 300 000 euros logés dans un tiroir. «Je n’ai pas pensé un seul instant me plaindre de la brigade du quai des Orfèvres, dans la mesure où les vols qu’elle commettait chez moi ne pouvaient qu’alléger ma future condamnation.»
Lire tout l’article de Libération
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Dans Dealer du Tout-Paris(éditions Nouveau Monde), Fauré rembobine une vie à peine croyable, faite de braquages, d’allers-retours en prison et de voyages à travers l’Amérique du Sud à la recherche de la meilleure coke.
C’est en France que Fauré a gagné son surnom le plus fameux, celui de « prince de la cocaïne », quand il exerçait la fonction de pourvoyeur en poudre blanche de la jet-set parisienne des années 1980.
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