Le parquet de Brest a indiqué qu’un ressortissant britannique a été interpellé par les douanes hier après-midi000000000000000000000000
Le 29 mai par Frédéric Ferrières
Contrôlés sur l’A9 à hauteur de Fitou, en février 2015, les deux occupants filaient vers l’Italie avec 58 kg de cannabis dans la voiture. Le conducteur a été condamné à trois ans de prison.
Le tribunal correctionnel n’a pas pu déterminer, vendredi, les destinataires de ce chargement de cannabis. Le GPS indiquait Place Saint-Pierre à Rome. Le prévenu, lui-même, n’a rien lâché sur le ou les personnes qui devaient réceptionner la marchandise sur la célèbre place, adresse officielle du Pape. Les spéculations sont donc ouvertes. Cependant, Karim Z. 27 ans, ressortissant espagnol né au Maroc, a dû faire face à des éléments concrets lors de son jugement. Il avait été interpellé le 21 février 2015 sur l’A9 à hauteur de Fitou et est en détention depuis.
Les douaniers vont contrôler un véhicule. Deux hommes sont à bord. Le conducteur, Karim Z., obtempère lorsqu’on lui demande ses papiers d’identité. Le passager prend la fuite. Et ne sera pas retrouvé. Le chien des douanes marque l’arrêt à l’arrière du véhicule au niveau du pare-chocs. Dans une cache aménagée, il va être retrouvé près de 56 kg de résine de cannabis et près de 2 kg d’herbe de cannabis pour une valeur estimée à 116 000 euros. Tout au long de l’instruction, le prévenu a nié les faits, mais devant le tribunal, vendredi matin, sa position a évolué : il a effectivement accepté le voyage mais avec la nuance : « Je ne connaissais pas la quantité« . Il devait être rétribué 3 000 euros pour ce transport. Le passager en fuite devait régler les frais afférents. Au sujet de ce dernier, par crainte de représailles, le prévenu n’en dira guère plus. Des éléments matériels dans la voiture vont être retrouvés : une carte bancaire laissée dans le véhicule, au nom d’un certain Mohamed, même prénom que le passager, mais pas le même nom de famille. Il sera découvert une permission de sortie de la maison d’arrêt de Barcelone au nom d’un tiers condamné pour trafic de stupéfiants . La voiture appartient également à un homme incarcéré pour… trafic de stupéfiants.
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Le locataire, qui selon Libération réglait en cash le loyer de 9 000 euros par mois, s’est volatilisé. « C’est la plus grosse prise depuis longtemps », se félicite François Hollande. Problème, le trafiquant s’avère en réalité être un indic de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS), enregistré au Bureau central des sources. Un « cador » du trafic international de drogue, « capable de toutes les audaces », selon une source judiciaire, et bien connu des services de police.
Le « baron de l’or vert » ou le « Mulhousien », ses deux autres sobriquets, a grandi à Bourtzwiller, un quartier de la ville haut-rhinoise. Il fait partie, selon le journaliste Jérôme Pierrat, de cette poignée de caïds des cités, qui se sont hissés avec une rapidité fulgurante au sommet du marché de la drogue, « au détriment des anciens du milieu traditionnel ».
Shit, immobilier et voitures de luxe
A 22 ans, Sofiane Hambli est déjà l’un des principaux revendeurs de haschisch marocain dans la région alsacienne. Il va échapper de peu à un coup de filet en juin 1997, dans le cadre d’une vaste opération anti-drogue menée par les gendarmes, baptisée « Paco68 ». Sofiane Hambli part en cavale, direction l’Espagne et sa Costa del Sol, un repère pour les trafiquants en tous genres. Comme l’écrit Le Monde, dans un dossier consacré au grand banditisme, les petits voyous devenus grands « ont élu ce bout de côte espagnole comme refuge. Porte d’entrée de l’Europe du Sud, c’est sur les plages alentour que se font, toutes les nuits ou presque, les livraisons de cannabis ».
Sofiane Hambli se planque dans la ville andalouse de Marbella et sa jolie marina Puerto Banus, à quelques encablures du Maroc. Dans ce paradis pour célébrités et princes saoudiens, mais aussi pour groupes mafieux internationaux, le Français fait prospérer ses affaires. Selon Les Dernières nouvelles d’Alsace, il réinvestit dans l’immobilier et le négoce de véhicules haut de gamme l’argent provenant du trafic de shit. Belles filles, belles voitures, belles villas… Sofiane Hambli mène la grande vie.
La justice française, elle, ne l’oublie pas. En juillet 1999, il est jugé et condamné par défaut à huit ans de prison pour trafic de haschich. Il faudra trois ans aux autorités judiciaires pour remettre la main sur l’affranchi. En mai 2000, la saisie de 300 kg de drogue à Vienne (Isère) permet de retrouver sa piste. Il est finalement arrêté en Espagne puis extradé en France en février 2002. Sofiane Hambli fait immédiatement opposition au jugement qui l’a condamné à huit ans de prison. Sa peine est ramenée à cinq ans de prison trois mois plus tard.
Trafic en prison puis évasion
C’est dans ce contexte qu’il rencontre l’avocat Alex Civallero. Joint par francetv info, ce dernier se souvient d’un jeune « très actif, souriant, avec un contact facile ». Son client le tutoie d’emblée. Et se montre averti en matière de procédure.
Il sait ce qu’il peut tirer d’une personne. Il est manipulateur.
Pas question, pour Sofiane Hambli, d’arrêter son business derrière les barreaux. En juin 2002, un téléphone portable est découvert dans sa cellule de la prison de Mulhouse, ce qui lui vaut d’être transféré à Saint-Mihiel, dans la Meuse. Le détenu est alors placé sur écoute. Les enquêteurs l’entendent négocier la vente de « 50 caisses » à un intermédiaire, et promettre à un acolyte de lui « trouer les genoux avec une perceuse » après le vol supposé d’une tonne et demie de marchandise.
Selon les DNA, Sofiane Hambli charge son petit frère Hakim de récupérer des dettes auprès d’une dizaine de Marocains et d’Espagnols, pour un total de 6 millions d’euros. En octobre, il est mis en examen pour trafic de haschich, avec la complicité de sa famille… et de son avocat. Alex Civallero, renvoyé devant la justice pour lui avoir transmis des puces de téléphone contre rémunération, sera finalement relaxé.
En août 2003, Sofiane Hambli, qui purge désormais sa peine à Metz-Queuleu, prétexte des douleurs au poignet. Il est transféré à l’hôpital pour une radiographie. A la sortie de la consultation, un homme à moto surgit et menace les surveillants avec une arme factice. Sofiane Hambli saute à l’arrière du deux-roues et les deux hommes prennent la fuite.
Opération « baleine blanche »
Le Mulhousien s’envole de nouveau vers la Costa del Sol et reprend ses affaires. Il échappe à plusieurs tentatives d’arrestation. En 2004, les policiers espagnols mènent une opération contre son équipe au cours de laquelle trois tonnes de cannabis sont saisies. Interpellé, Sofiane Hambli réussit tout de même à s’enfuir après une fusillade durant laquelle un policier est blessé par balle. En 2005, une cinquantaine de personnes sont arrêtées et plus de 200 propriétés et véhicules de luxe saisis lors de l’opération « baleine blanche », la plus grosse jamais organisée contre le crime organisé et le blanchiment d’argent sur la Costa del Sol. Là encore, Sofiane Hambli échappe au coup de filet. Mais comme l’indique Le Parisien, plusieurs documents saisis attestent qu’il trempe dans plusieurs affaires immobilières louches autour de Marbella.
En attendant, la justice suit son cours. En mars 2007, il est condamné par défaut à dix-huit ans de prison pour le trafic de drogue en prison. Deux ans plus tard, les policiers espagnols retrouvent sa trace. Sofiane Hambli réapparaît en Espagne après s’être caché quelques mois au Maroc. Localisé à Benahavis, un village situé sur les hauteurs de Marbella, il est interpellé lors d’un déplacement en bord de mer. L’arrestation est mouvementée. Le fugitif, en possession d’un faux passeport et de 210 000 euros en liquide, tente d’effacer ses empreintes digitales en se frottant les doigts sur les barreaux de sa cellule. Selon i-Télé, c’est pendant sa détention en Espagne que Sofiane Hambli a été recruté par François Thierry, alors directeur de l’OCRTIS.
Extradé vers la France, il est incarcéré au centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville en janvier 2011. Jugé en sa présence, cette fois, il voit sa peine de dix-huit ans de prison ramenée à treize ans. Sofiane Hambli est alors défendu par Anne-Claire Viethel, spécialiste en droit immobilier. Selon Libération, elle est aussi accessoirement la compagne de François Thierry. L’Est républicain rapporte que le gros bonnet devient un détenu modèle et reçoit la visite de « costumes-cravates » en prison. Il profite de passe-droits, comme un portable dans sa cellule. A la fin 2014, après cinq ans et dix mois de détention, il bénéficie d’un régime de semi-liberté et rejoint la région parisienne.
« Logisticien » hors pair
Qu’a-t-il fait depuis sa libération complète en 2015 ? Nul doute que ce « logisticien » hors pair dans le transport de la drogue entre le Maroc et la France a remis le pied à l’étrier. L’a-t-il fait en partie pour le compte des stups de la police judiciaire ? La question fait grincer des dents au sein des hautes instances de la lutte anti-drogue, régulièrement secouées par des affaires illustrant les relations dangereuses entre « tontons » et « policiers ». Un risque proportionnel à la place de l’informateur dans la hiérarchie de la voyoucratie.
On n’a jamais eu un indic avec une piscine sur le toit en plein Paris !
à francetv info
Une guerre des polices est à l’œuvre quant à la place des indics dans les enquêtes. Et la saisie des 7 tonnes de cannabis en plein Paris en est un épisode supplémentaire. Selon plusieurs sources, les douaniers ont volontairement court-circuité cette « livraison surveillée » de l’OCRTIS pour dénoncer les méthodes de leurs collègues, qui flirtent avec la légalité. Ces « coups d’achat » visent à laisser passer une certaine quantité de drogue sur le territoire, avec la complicité d’un trafiquant-indic, en vue d’interpeller le réseau de revendeurs. Mais dans le cas de l’affaire des sept tonnes, aucune interpellation n’a eu lieu, si ce n’est celle de Sofiane Hambli, arrêté le 22 février dernier à Gand (Belgique).
Extradé par hélicoptère comme Salah Abdeslam
Le baron de la drogue a été extradé, sous haute surveillance, par hélicoptère de la Belgique vers la France, quelques jours avant Salah Abdeslam. Les deux hommes ont d’ailleurs été représentés par le même médiatique avocat, Sven Mary. En France, c’est Joseph Cohen-Sabban qui assure la défense de Sofiane Hambli. Sollicité par francetv info, il a refusé de parler au nom de son client, indiquant avoir « reçu un mandat très précis à cet égard ». Devant les enquêteurs, Sofiane Hambli « est resté très évasif, laissant simplement entendre qu’il avait toujours agi sous les ordres de l’OCRTIS », indique Libération.
« Ce mec a 40 millions d’euros sur des comptes un peu partout en Europe. Ils lui ont créé un réseau logistique d’importation. Pourquoi ? », s’interroge un ancien responsable des stups auprès de francetv info. Et de s’inquiéter pour les suites judiciaires de l’affaire : « Hambli parle de l’OCRTIS comme de ses ’employeurs’. Il risque dix-huit ans de prison, il n’hésitera pas à aller raconter des saloperies sur les policiers. » Alex Civallero estime, au contraire, que son ancien client « saura se faire discret et se montrer conciliant, pour s’extirper de la situation ». Sofiane Hambli n’est sans doute pas fini.
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Par Baptiste Guiet, France Bleu Roussillon samedi 28 mai 2016
Les douaniers de la brigade de surveillance du Perthus ont mis la main mercredi sur une cargaison d’herbe de cannabis dissimulée dans des sacs de légumes.
Tout est parti d’un contrôle classique de routine. Mercredi dernier à la mi-journée, les douaniers interceptent un camion frigorifique au péage du Boulou. Le véhicule revient d’Espagne et il est immatriculé aux Pays-Bas.
La remorque contient 22 gros sacs de betteraves rouges destinées à la consommation animale. A l’aide d’une tige métallique, les agents les sondent un à un. Rien à signaler dans les premières rangées mais arrivés à la troisième ils rencontrent une résistance au milieu des légumes. Il s’agit d’un sachet plastique thermo-soudé bourré de cannabis.
Des dizaines de sachets plastiques
Le camion est alors vidé. Plusieurs dizaines d’autres sachets identiques sont découverts ainsi que trois sac de toile remplis d’herbe. Au total : 152,178 kilos de drogue.
Le chauffeur néerlandais âgé de 49 ans affirme qu’il ne savait pas qu’il transportait des substances illicites. Il a été remis aux policiers du SRPJ de Perpignan.
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Pour regarder l’émission: http://www.lcp.fr/emissions/ca-vous-regarde/274542-drogue-quand-la-police-devient-dealer
Durant ce mois de mai, la justice a affaire à deux histoires de grands flics qui flirtent avec la légalité, deux histoires d’indics, deux histoires qui posent question du lien trouble entre policiers et voyous.
Michel Neyret, icône déchue de la PJ lyonnaise dont il fut le numéro 2, comparaît depuis le lundi 2 mai au tribunal correctionnel de Paris pour s’expliquer sur les relations incestueuses qu’il a entretenues avec ses informateurs.
Un autre grand flic l’ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) François Thierry est soupçonné d’avoir laissé entrer en France plusieurs dizaines de tonnes de cannabis ces dernières années, d’après une enquête publiée Dans l’édition du lundi 23 mai par le quotidien Libération. En cause, la proximité de François Thierry avec le trafiquant de drogue Sofiane H., un des » indics » de l’Office.
Entre 2010 et 2015, il aurait laissé son indic, le principal trafiquant de cannabis en France à la tête du « troisième plus grand réseau de drogue » en Europe, la connivence va loin puisque la femme de François Thierry était l’avocate de Sofiane H.
Le puissant policier avait recruté en personne Sofiane H. et lui a permis d’importer d’importantes quantités de drogue en « livraison surveillée ». Cette technique, légale, permet à la police de laisser passer des stupéfiants sur le sol français afin de remonter une filière pour la démanteler.
Sauf qu’en l’espèce, le réseau mis en place par le trafiquant/indic n’a jamais été inquiété… contrairement à ceux de ses concurrents.
Sauf que depuis 2004, et la loi Perben II, le recours aux indics est encadré, ni un policier seul ni même une équipe d’enquêteurs ne peut en principe gérer seul son indic. Tous doivent désormais être répertoriés dans un fichier central.
Seulement pour démanteler un réseau, peut-on se contenter de la légalité ? Ne doit-on pas forcement user de techniques à la limite de la Loi ? Et cette zone trouble est-elle L’efficacité doit-elle primer sur le droit ? Les invités d’Arnaud Ardoin en débattent ce soir de 19h30 à 20h30 dans l’émission Ça vous regarde sur LCP.
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Par Gérard-Michel Thermeau.
Tout avait bien commencé pourtant. La loi du 19 juillet 1845 assimilait l’opium à un poison, le rangeant, au même titre que la morphine, dans la liste des substances vénéneuses et renforçant son contrôle à la vente. À l’occasion de l’Exposition universelle de 1851, les Français dénonçaient vertueusement les méthodes britanniques en Inde : l’administration fiscale britannique avait créé des bureaux de débit de liqueurs et d’opium pour favoriser les recettes de la taxe dite akbarie. Seuls des Anglo-saxons pouvaient ainsi faire fi de la santé publique pour remplir les caisses de l’État.
Dix ans plus tard, toutes ces belles intentions et ces nobles indignations avaient été oubliées. La Cochinchine était devenue une possession française : la conquête de l’Indochine commençait. Avec l’arrivée d’immigrants chinois, la consommation d’opium allait se développer. L’administration coloniale française vit tout de suite les profits qu’elle pouvait en retirer : l’opium fut taxé comme l’était l’alcool. L’impôt fut d’abord affermé à des Chinois mais la redevance annuelle rapportait peu en regard de l’accroissement continuel de la vente.
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Les juges ont terminé leur enquête sur l’affaire du vol de 52 kilos de cocaïne au siège de la PJ parisienne.
Près de deux ans après le rocambolesque vol de 52 kilos de cocaïne au siège de la police judiciaire parisienne, les juges ont achevé leurs investigations, a-t-on appris jeudi de sources concordantes. Les magistrats ont notifié le 24 mai la fin de leur enquête dans laquelle onze personnes sont poursuivies, a indiqué une source proche du dossier, confirmant une information du Parisien.
Ce qu’il va désormais advenir. Les parties ont désormais un mois pour faire des observations ou demander de nouveaux actes d’enquête. Ensuite, il appartiendra au parquet de Paris de prendre ses réquisitions, avant la décision des juges d’instruction de renvoyer ou non les protagonistes en procès.
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http://www.europe1.fr/faits-divers/vol-de-cocaine-a-la-pj-les-juges-ont-termine-leur-enquete-2755618
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LCP
ASSEMBLÉE NATIONALE
FRANCE (Drogue): quand la police devient dealer
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Il a travaillé en sous-main pour le compte de la France mais aussi pour les Etats-Unis : Stéphane V., jugé crédible par la justice, détaille les méthodes sans scrupules des Stups.
Le témoignage de Stéphane V. est tellement compromettant qu’il a aussitôt provoqué
l’ouverture d’une enquête préliminaire au parquet de Paris. Cet homme de 52 ans a été entendu longuement par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices. Libération l’a rencontré à deux reprises, plusieurs heures à chaque fois. De nombreux documents officiels prouvent qu’il a travaillé en sous-main pour l’Etat français, mais aussi pour le Département américain de la justice et la Drug Enforcement Administration (DEA), la puissante agence antidrogue des Etats-Unis. Une source jugée parfaitement crédible.
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Publié le 25 mai 2016
Le service des douanes de l’aéroport d’Orly, à Paris, a saisi plus de 460 kilos de stupéfiants en 2015. Un record, avec des saisies importantes de cocaïne en provenance des Antilles-Guyane. Explications.
Des bidons de rhum, des poulets, du poisson, des poulpes surgelés ou encore des cartons de fruits et légumes. Les trafiquants ne manquent pas d’imagination quand il s’agit de transporter de la drogue. En 2015, les services des douanes de l’aéroport d’Orly, à Paris, ont saisi plus de 460 kilos de stupéfiants, contre 440 kilos en 2014.
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Gros coup de filet. Neuf personnes (six hommes et trois femmes) ont été interpellées.
Boulevard Clocheville, au terme d’une opération cousue main, dans la nuit de dimanche à lundi, vers 3 h, une perquisition était lancée à deux pas du bâtiment abritant la Caf de Boulogne-sur-Mer. Les effectifs du Raid (antennes Paris et Lille), de la BSU (Brigade de sûreté urbaine) Boulogne, de la sûreté départementale et les unités cynophiles, notamment, sont intervenus conjointement cette nuit-là, dans le cadre d’une commission rogatoire émise par la juge d’instruction.
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http://lecolonel.net/scandale-des-stups-complaisance-ou-incompetence/
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C’est sans doute la plus grosse saisie de cannabis réalisé dans le département des Yvelines depuis une quinzaine d’années. Huit hommes, âgés de 35 à 45 ans, étaient toujours en garde à vue ce mardi soir dans les locaux de la brigade des stupéfiants de la police judiciaire de Versailles. Les forces de l’ordre les ont interpellés, lundi soir, dans un entrepôt de Châteaufort, avec 1,2 t de résine de cannabis.
Les policiers des stups avaient été informés depuis plusieurs mois que ce petit entrepôt était utilisé par les trafiquants pour décharger leur marchandise, pour la cacher ou la répartir dans des véhicules plus légers sans doute destinés à livrer leurs gros clients. Durant plusieurs semaines, ils ont surveillé les lieux et les différentes personnes qui les fréquentaient.
Les policiers savent qu’une livraison en provenance du Maghreb doit arriver d’Espagne ce lundi : ils cernent discrètement la bâtisse. Et vers 18 heures, ils voient arriver un camion-citerne. « Un véhicule des plus incongrues dans le paysage, explique une source proche de l’affaire. C’était tellement inadapté que les convoyeurs ont été forcés de dételer le tracteur pour faire entrer la citerne dans l’entrepôt ».
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Le 17 mai, la brigade des douanes de Lyon a découvert 64,3 kg de résine de cannabis dans une Peugeot 206 break, interceptée au péage de Vienne sur l’A7.
La drogue était dissimulée à l’intérieur de trois caches aménagées dans le plancher du véhicule. Jugé en comparution immédiate lundi devant le tribunal correctionnel de Vienne, l’automobiliste a été condamné à 18 mois d’emprisonnement ferme avec maintien en détention ainsi qu’à une amende douanière de 128.600 euros (une fois la valeur de la marchandise).
La Peugeot a été confisquée au profit de la douane.
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Les enquêteurs de la Direction régionale de la police judiciaire de Versailles ont mis la main lundi soir à Châteaufort (Yvelines), sur 1,2 tonne de résine de cannabis.
Les forces de l’ordre, qui agissaient d’initiative après avoir recueilli un précieux renseignement, ont surpris huit hommes, quatre Français et quatre Espagnols, âgés de 20 à 50 ans, en pleine action. Ils ont été placés en garde à vue à Versailles et leurs auditions sont en cours.
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Par Benjamin Bruel
Pour démanteler un réseau, jusqu’où les relations entre policiers et trafiquants peuvent-elles aller ? L’affaire interroge la porosité entre les administrations policières et les milieux criminels.
Qui dirige la lutte contre le trafic de drogue ?
La Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Midelca) est au sommet de la pyramide politique en matière de stupéfiants. Depuis 1982, date de sa création, cette mission gouvernementale est directement placée sous l’autorité du premier ministre.
Elle est dirigée depuis septembre 2012 par Danièle Jourdain-Menninger, femme politique et ancienne conseillère municipale PS de Granville (Manche). La mission de la Midelca est principalement de coordonner l’ensemble des acteurs en matière de lutte antidrogue. Qu’il s’agisse de prévention, de lutte contre la toxicomanie ou de lutte contre les trafics, cette mission interministérielle se veut être le lien entre l’ensemble des acteurs en métropole et en outre-mer.
D’autres administrations sont impliquées. En matière de lutte contre les réseaux de trafic de stupéfiants, c’est évidemment auprès du ministère de l’intérieur qu’il faut se tourner. En son sein, l’Ocrtis dirige les différentes administrations (police, gendarmerie et douane) chargées de combattre les business illégaux sur le terrain. L’Ocrtis, dont François Thierry était directeur jusqu’au début de mars, a donc d’abord une mission de coordination.
Mais c’est également un service de police judiciaire à compétence nationale. L’Ocrtis centralise ainsi les renseignements sur les filières de trafic et procède également à des enquêtes sur l’ensemble du territoire. L’administration est aussi le représentant français auprès d’organes internationaux de lutte contre la criminalité : c’est un des correspondants d’Interpol en France.
La brigade des stupéfiants, mais aussi les services des douanes sont les principaux bras armés de l’Ocrtis. Sur le terrain, les brigades des stupéfiants sont les acteurs de la lutte contre les trafics. A Paris, les « stups » sont d’ailleurs le seul interlocuteur de l’Ocrtis en matière de démantèlement des trafics.
En septembre 2013, la Midelca a dévoilé le plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les conduites addictives qui s’étendra jusqu’à la fin du quinquennat de François Hollande. Ce plan, qui comporte également un pendant lié à la santé et à la prévention, s’attache surtout à apporter des solutions à la lutte contre les réseaux.
Pour « intensifier la lutte contre les trafics », le gouvernement veut d’abord « agir en amont », c’est-à-dire prévenir l’entrée de la drogue en France. Parmi les mesures, on peut noter la volonté d’accroître les collaborations avec des services de police étrangers, ou la volonté de contrôler les nouveaux « vecteurs ». Internet est de ceux-ci, évidemment, puisqu’en 2012, 693 boutiques de « vente de drogue en ligne » étaient répertoriées dans l’Union européenne. Le « vecteur aérien » est aussi mis en avant : les trafiquants utiliseraient les aérodromes secondaires pour introduire du cannabis dans le pays.
La Midelca souhaite également lutter contre le trafic de drogue dans les villes, en fonction des différents « tissus urbains ». L’organisme veut ainsi coordonner les actions vers les « zones de sécurité prioritaire » pour lutter contre le trafic local. « Cette réponse doit être conçue en lien avec l’ensemble des administrations, des partenariats locaux (notamment associatifs), des collectivités territoriales et des habitants concernés », est-il expliqué dans le plan.
Le plan entend également poursuivre la lutte contre les grands réseaux disposant de « ramifications internationales » : au sein de l’UE, il existerait actuellement 3 600 groupes criminels actifs, dont la moitié serait impliquée dans le trafic de drogues, d’après Europol.
Deux derniers axes sont mis en avant par la Midelca. Le premier concerne les « grandes tendances émergentes en matière de production et d’offre », c’est-à-dire intensifier la lutte contre la « cannabiculture » : 4,6 millions de plants de cannabis ont été saisis en Europe en 2011. La dernière priorité concerne une « action ciblée » dans les outre-mer, notamment aux Antilles, où le trafic de cocaïne est particulièrement intense.
Commandée par la Midelca, une « estimation des marchés des drogues illicites en France » a été réalisée par trois chercheurs et publiée en octobre 2015. Plusieurs grandes tendances émergent du rapport :
Comment mesure-t-on l’importance d’une saisie de drogue ?
Régulièrement, la presse met en avant les quantités de drogues saisies grâce à une interpellation ou à l’interception d’un convoi de drogue. Il est difficile de mesurer l’importance d’une saisie, tant celles-ci peuvent sembler importantes.
Depuis 2007, on peut observer une baisse des quantités de cannabis saisies en France. Selon l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT), cela est dû à « l’importance croissante du marché de l’herbe en France », dont 158 000 plants ont été saisis en 2014 sur le territoire, le « plus haut niveau jamais observé ». Les saisies de résine de cannabis (36,9 tonnes) sont en baisse de près de 50 %, d’après l’OFDT, selon les données fournies par l’Ocrtis.
L’apparition de nouvelles routes empruntées par les trafiquants, dont le passage par la Libye, et de nouvelles techniques reposant, notamment à partir de l’Espagne, sur « des convoyages de résine (…) plus discret » : les go slow.
Ainsi, en 2014, les services de police et des douanes ont, en moyenne, collecté 128 kilogrammes de cannabis par jour en France. Les saisies de cocaïnes sont, en revanche, beaucoup moins nombreuses : 6,8 tonnes ont été interceptées en 2014, un chiffre en « nette augmentation », note l’Observatoire. La saisie de 1,4 tonne de cocaïne au Havre (Seine-Maritime) en février 2014 fait donc figure d’exception.
Benjamin Bruel
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En attendant, les trafiquants ont encore de beaux jours devant eux, puisqu’ils semblent décider de la quantité qui sera saisie, et quand.°°°
Jusqu’où les services de lutte contre le trafic de stupéfiants peuvent-ils aller pour infiltrer les réseaux ? Jusqu’où peuvent-ils couvrir les commeçants du shit pour en faire tomber d’autres ? Tant que cette guerre se mène loin des yeux et des oreilles du public, tout va bien. Dés lors que l’on ouvre la boite de Pandore, les dessous peu chics vous sautent à la figure. C’est exactement ce qui est en train de se produire, avec des avocats bien décidés à déstabiliser les services de l’Etat, des services souvent plus concurrents que fraternels et désormais, il fallait s’y attendre, des voyous qui se lâchent (ils auraient tort de s’en priver) dans les bureaux de la police des polices. Un déballage peu glorieux qui jette notamment la suspicion sur les pratiques de la police judiciaire, avec cet ex-indicateur qui raconte comment des policiers auraient participé au déchargement d’une cargaison de shit dans le sud de l’Espagne, comme le rapporte ce lundi 23 mai Libération…
Reprenons. Officiellement, tous les services de l’Etat travaillent main dans la main contre le trafic de stupéfiants. Deux des trois commissaires qui chapeautaient l’office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS), fleuron de la police judiciaire (PJ), ont été appelés à d’autres fonctions, pas forcément déshonorantes au demeurant, puisque son chef, le commissaire François Thierry, occupe désormais un rôle clef au cœur du dispositif antiterroriste, mais officiellement, on ne change pas une équipe qui gagne. Le shit est à tous les coins de rue, mais officiellement tout va bien…
Officieusement, c’est une autre histoire : les coups bas n’en finissent pas entre deux des principaux acteurs de la répression, les douanes et la PJ. Ultime rebondissement : le rapatriement en hélicoptère, par le GIGN (groupe d’intervention de la gendarmerie nationale), de Bruxelles, où il a été interpellé, à Paris, d’un voyou patenté, logisticien millionnaire du trafic de cannabis, à qui certains taillent un costume d’indicateur de l’Office des stups…
D’un côté, la DNRED (direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières) et ses plus de 700 agents, oeuvrant sous la coupe du ministère de l’économie et des finances ; de l’autre, l’OCRTIS, rattachée à la Place Beauvau. Deux services de pointe censés rouler dans le même sens, sauf qu’ils se retrouvent parfois concurrents sur le terrain, et qu’à force de mauvaises manières, c’est la crédibilité de la lutte contre le trafic qui s’en trouve affectée. Au cœur du dernier bras de fer en cours, les suites de la saisie de sept tonnes de shit par la douane, entreposées dans quatre camionnettes (louées dans la même agence) négligemment stationnées sur un boulevard du chic 16ème arrondissement, en octobre 2015. Sept tonnes importées en France sous très haute surveillance, puis que les douaniers étaient sur le coup depuis le chargement au Maroc, grâce à un aimable informateur visiblement soucieux de se débarrasser de quelqu’un… mais aussi l’Office des stupéfiants, qui avait également un correspondant au cœur du trafic en la personne du logisticien chargé du convoi : un camion chargé de dix huit tonnes de cannabis, cachées au milieu de plats à tajine. Une livraison surveillée en bonne et due forme, selon les termes consacrés, autrement dit une commande verrouillée par les services de l’Etat, sous le contrôle de la justice, pour piéger des trafiquants autrement intouchables.
Les douaniers savaient-ils que la PJ attendait beaucoup de la livraison de cette marchandise, espérant bien neutraliser un réseau de revendeurs ? Les policiers en ont aujourd’hui la certitude, ce qu’ils ont d’autant de mal à digérer que les douanes se sont offerts une saisie « sèche », sans arrêter le moins dealer. Et que cette neutralisation est en passe de déboucher sur le plus formidable pataquès que la lutte contre la drogue ait connu. Avec des conséquences que le ministre de l’Intérieur, Général de cette « guerre » contre la drogue, ne saurait ignorer.
D’abord confiée à l’Office des stups, l’enquête judiciaire a atterri entre les mains de la brigade des stupéfiants de la préfecture de police. Indices : plusieurs éléments matériels retrouvés dans les fameuses camionnettes (un ticket bancaire, des vêtements, une tranche de pizza…) ont permis d’identifier un homme que nous appellerons Imed, pour sa sécurité personnelle, lequel serait l’un des principaux informateurs de la PJ sur le marché du cannabis. Un homme que traitait en direct le chef de l’Office, eut égard au rang de ce « tonton » et à son passé dans le crime. Le genre d’informateur que tout « poulet » normalement calibré souhaiterait avoir dans son carnet d’adresses, à charge pour lui de le laisser se payer sur la bête. Un « collaborateur » sérieux et efficace. Un garçon d’une quarantaine d’années, « vif, intelligent et respectueux » selon son avocat, qui réussissait si bien qu’il avait cassé les prix, probablement l’une des raisons pour lesquelles il dérangeait tant ses concurrents. Sauf que cet homme dort en prison depuis son rapatriement aéroporté de Bruxelles, où il a été arrêté alors qu’il retrouvait sa compagne, venue lui rendre visite depuis Paris, cette prison qu’il avait réussi à éviter depuis cette fameuse incarcération en Espagne, durant laquelle des policiers français lui avaient rendu une visite intéressée.
Les douanes ont fourni plusieurs explications baroques au lendemain de l’enlèvement des camionnettes (à l’aide de grues empruntées à un dépanneur du Val-de-Marne). Elles ont expliqué avoir été alertées par un voisin, avancé l’idée que leurs chiens avaient détecté le produit par hasard, mais comment auraient-elles localisé le lieu de stationnement si l’un des véhicules n’avait pas été équipée d’une balise ? L’Office des Stups, lui, ne savait pas où elles étaient garées, ayant choisi d’attendre la livraison pour passer à l’offensive. Une fusée à plusieurs étages, puisqu’il s’agissait dans un second temps d’infiltrer un important réseau européen, projet malencontreusement tombé à l’eau.
« Un massacre », résume un cadre de la PJ, qui défend cette méthode consistant à s’appuyer sur des voyous installés au cœur du trafic, la seule permettant à ses yeux de réaliser des affaires. Un coup d’autant plus sévère que le « tonton » ne va être le seul à devoir s’expliquer : les policiers eux aussi seront entendus par les juges, peut-être même auront-ils droit à des perquisitions, même si celui que nous appelons Imed opte pour l’omerta, sa seule issue s’il tient à la vie. Sauf que dans la maison d’en face, aux douanes, on ne compte pas les points de la même façon : la seule chose qui compte c’est le nombre de tonnes saisies que l’on affiche en fin d’année, 150 tonnes environ contre 5 pour la PJ, un chiffre qui doit être en hausse si l’on veut obtenir les bonnes grâces du ministre des Finances. Quitte à le gonfler artificiellement, en actionnant l’importation de marchandise sur le territoire français ou en comptabilisant une drogue saisie en haute mer et destinée à un pays tiers, le tout en recourant à des méthodes très similaires à celles de leurs concurrents de l’Office, avec une petite nuance, d’ordre sémantique : aux douanes, l’informateur est appelé « aviseur ». Et une autre d’ordre financière : l’ « aviseur » est plus grassement rémunéré que le « tonton », des primes qui peuvent aller jusqu’à 1 000 euros par kilo de cocaïne saisi, comme ce fut consigné par la justice il y a 5 ans, lorsqu’éclata un scandale dont l’affaire des sept tonnes pourrait bien être une réplique.
L’histoire démarre par un courriel reçu en novembre 2011 par l’Office des Stups, où il était question d’agents « corrompus » de la DNRED accusés d’avoir purement et simplement détourné « plusieurs kilos de cocaïne avec l’assistance de trois informateurs », dont un certain « Pacho ». Un mail également adressé à un magistrat du Parquet de Paris, avec tous les détails. Une enquête préliminaire est lancée et voilà Jean-Paul Garcia, directeur de la DNRED, entendu à l’Office des Stups par le patron et son adjoint. Deux des douaniers visés dans le fameux mail ont déjà été mutés, avant dispersion des survivants de l’équipe, soutient le directeur, mais pas pour des raisons disciplinaires. Seule ombre au tableau à sa connaissance : ses hommes n’ont pu exfiltrer à temps une source lors d’une opération baptisée « Hard Rock Café », une livraison surveillée entre la Colombie et l’Italie, via la France, validée par le Parquet, au cours de laquelle l’aviseur, un certain Pacho, avait réceptionné plusieurs paquets d’une vingtaine de kilos auprès d’une passeuse…
« Je suis étonné qu’on puisse attacher autant d’importance à cette lettre anonyme », déclare le directeur de la DNRED sur procès verbal. Pour lui, on cherche à « déstabiliser le service ». Mais la machine judiciaire est lancée : les dix kilos mentionnés dans le mail dormaient dans un coffre du service, où ils sont saisis par la police. Incarcéré, Pacho, l’informateur colombien, ne se fait quant à lui pas prier pour raconter ce qu’il sait. Comment les douaniers en poste à Roissy prélevaient les valises contenant la marchandise et les sortaient de l’aéroport. Combien il était payé par kilo saisi. Combien les douanes lui doivent. Sans oublier de mentionner le grand projet qui se profilait lorsqu’il a été coffré : le transfert par avion de six tonnes de cocaïne entre la Colombie et le Maroc, puis leur acheminent sous contrôle jusqu’en France, à destination de clients russes et hollandais…
De là à imaginer que la saisie de sept tonnes et la mise à mal de l’un des meilleurs informateurs présumés de l’Office des Stups soit une réponse à cet épisode désastreux pour les douanes, il y a un pas que certains franchissent, mais qu’un douanier dément vertement : « Entamer une guerre avec la police serait crétin ».
En attendant, les trafiquants ont encore de beaux jours devant eux, puisqu’ils semblent décider de la quantité qui sera saisie, et quand.

Frédéric Ploquin
Journaliste à Marianne, j’écris sur la Place Beauvau depuis 1982. J’ai suivi le dossier « police » au Matin de Paris, puis à l’Evénement du jeudi, avant de poursuivre à Marianne.
Braquages spectaculaires ou foireux, traques vaines et coups de filets retentissants, coups de feu ciblés ou hasardeux, évasions en douce ou explosives, armes en stock et cocaïne en soute, il n’est pas un jour sans que flics et voyous ne fassent parler d’eux.
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