
La mécanique de communication est bien rodée. Le commandement Sud de l’armée américaine (Southcom) publie un message son compte X. Il y est indiqué qu’un bateau a été détruit par un missile. À chaque fois est précisé le nombre de « narcoterroristes » décédés. Et une vidéo d’une explosion accompagne le post. Mais il n’est jamais précisé la localisation exacte de la frappe, la nationalité des occupants ni même le nom de l’organisation pour laquelle ils sont censés travailler. « L’administration Trump n’a jamais apporté la moindre preuve que les navires visés transportaient de la cocaïne », résume Laurent Giacobbi, chercheur associé à l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (Iris).
Depuis le lancement en septembre 2025 de ces frappes, l’Onu a recensé 68 attaques qui ont coûté la vie à 234 personnes.
Des narcotrafiquants bien connus des autorités ?
Pas vraiment. Un effort conjoint de 20 journalistes dirigé par le Centre latino-américain pour le journalisme d’investigation (Clip) a révélé l’identité de 13 des personnes tuées. Certaines ne présentaient aucun signe d’implication dans le trafic de drogue, d’autres effectivement y participaient.